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L'ennemi de mon ami n'est pas forcément mon ennemi - Tobias/Hafiz [FINI]

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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Hafiz était resté prostré toute la journée chez lui. Il avait vu partir Naga. Il s’était douté que ce dernier rejoignait les altermondialistes pour repousser l’assaut des Iwasaki. Le cuisinier n’était pas sorti. Il avait appelé son patron qui lui avait assuré que, au vu de la situation, le restaurant serait fermé le reste de la journée. Il avait passé sa journée à faire le ménage dans la maison. Il avait frotté la moindre trace, passé des lingettes dépoussiérantes là où il n’y avait pas la moindre trace de poussières. Il n’avait eu que ça à faire. Son estomac le fit souffrir longtemps. Il se faisait du souci pour Naga. Que serait-il si celui-ci venait à perdre la vie dans cet affrontement. L’iranien avait suffisamment était témoin de la violence dont les gens étaient capables pour  s’inquiéter au point d’avoir un ulcère. Hafiz avait passé son temps à jeter des regards à son téléphone, s’attendant à tout moment à recevoir l’appel fatidique.

Il se décida, vers la fin de l’après-midi, à descendre les poubelles. Il avait réussi à se convaincre qu’il ne risquait rien à descendre au bas de son immeuble. Il ramassa les deux gros sacs qu’il avait remplis pendant la journée et se rendit dans le local à poubelle. Il n’y avait personne et ce n’était pas plus mal. Il balança ses sacs dans les containers vident le plus proche et s’apprêtait à remonter à tout allure dans son appartement quand le bruit de quelqu’un frappant à une vitre se fit entendre. Il se dirigea vers la porte d’entrée et, à travers le verre de la porte d’entrée, aperçut un asiatique soutenant une personne qui ne semblait pas très en forme. L’iranien courut jusqu’à la porte et l’ouvrit en grand.

« Attendez, je vais vous aider. Où habite-t-il ? »

Mais sa question ne demanda finalement pas de réponse. En soulevant le blessé, il put voir son visage et le reconnut aussitôt pour l’avoir croisé de temps en temps.

« Tobias ?! Je crois savoir où on va. »

Ensemble, l’asiatique et Hafiz portèrent Tobias jusque chez lui. L’appartement de ce dernier semblait vide. Son colocataire avait dû s’absenter. Ils le déposèrent doucement sur le premier lit qu’ils trouvèrent. Hafiz s’apprêtait à demander à son interlocuteur mais ce dernier lui dit quelque chose dans une langue qu’il ne connaissait pas et sortit en courant. L’iranien regarda un instant le germanique étendu sur le lit. Il semblait vraiment en mauvais état.
Les bandages de fortunes qui avaient été apposé sur son corps n’arrangeaient rien à ce tableau. Il ne pouvait pas le laisser dans cet état.

« Attendez ici monsieur Gehring, je vais chercher des bandages. »

N’attendant pas de réponse, Hafiz courut jusqu’à son appartement qui était juste à côté. Il fonça dans la salle de bain, récupérant toutes les compresses, de l’alcool et surtout des bandages. Puis le revint au chevet de Tobias et étala tout son matériel par terre. Il vérifia l’état du blessé. Il semblait respirer normalement et son pou était normal. Le plus inquiétant était le bandage qu’il avait autour du ventre. Il avait peur de ce qu’il allait trouver mais il prit la décision de passer outre. Il ne savait pas vraiment si Tobias l’entendait mais il lui dit :

«  Je suis désolé Monsieur Gehring, je vais devoir vous déshabiller un peu pour vous soigner. »

Il saisit délicatement le blessé et le redressa légèrement, juste assez pour lui permettre d’enlever ce qu’il avait sur le dos. Il s’attaqua ensuite aux bandages. Malheureusement, la personne qui s’était occupé de Tobias avait réalisé ce bandage comme un sagouin. Hafiz dut donc avoir recours à une paire de ciseaux pour l’enlever. Il défie le bandage et poussa un petit cri tout en se couvrant la bouche quand il vit la peau de Tobias. Il n’était pas dégouté de ce qu’il voyait, cela l’avait simplement surpris. Tobias avait deux hématomes assez visibles. L’un au niveau de l’estomac et un autre sur les côtes. Ce dernier avait d’ailleurs une couleur plus sombre que le premier.

Avec hésitation, Hafiz palpa la blessure. Il savait que c’était la chose à faire quand on soupçonnait une fracture ou une côte brisée. Il ne sentit rien d’anormal. Enfin, selon son diagnostic. Peut-être n’appuyait-il pas assez fort pour le sentir mais il n’allait pas tenter le diable. Il appellerait les secours une fois qu’il lui aurait fait un bandage correct. Il déroula une très longue bande qu’il avait rapportée de chez lui et l’enroula soigneusement et proprement autour de Tobias comme on roulait les feuilles de brick. Hafiz chercha ensuite les blessures ouvertes de son voisin mais ne trouva que des plaies superficielles. Heureusement car Hafiz n’aimait pas trop la vue du sang. Il se saisit d’un coton et nettoya les blessures les plus importantes pour ensuite les recouvrir de compresse.  

Il ne restait plus qu’à appeler un médecin pour être sûr que tout allait bien.


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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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L'Autrichien avait senti des mains le soulever ravivant la douleur qui avait transformé son corps en un amas de nœuds, de points de tension. Le blond n'avait pas eu la force de soulever les paupières, laissant son corps à la merci de tout individu qu'il soit Iwasaki ou Altermondialiste. Au sein de la brume délétère qui baignait son esprit Tobias percevait des voix, des éclats vifs, une tension qui retombait. La bataille était close, chacun retournait panser ses blessures, se terrer dans un coin.

Petit à petit Tobias regagnait sa conscience, marchant aux côtés de celui qui l'avait pris en charge. Soulevant les paupières l'Autrichien put discerner le profil typé asiatique, une vision qui serra son cœur dans une bouffée de soulagement. Il était aux mains d'un allié. Tobias sentit une tension se dénouer au creux de ses épaules. L'homme poussa davantage sur ses jambes soufflant, entre deux inspirations, l'adresse de son logement à l'homme qui le soutenait. L'asiatique eut un hochement de tête bref.

Tenter de tenir la tête haute jusqu'au bout fut un combat de tous les instants – et vain. Le menton de Tobias retomba contre son torse laissant le Iwasaki mener la danse, discuter avec Hafiz. Tobias tenta de parler à ce dernier reconnaissant, dans ce visage estomaqué penché sur lui, celui d'un voisin de palier rencontré de temps à autre, aussi bien dans le couloir qu'au rez-de-chaussé. Un visage quotidien, familier – non agressif. Les lèvres de Tobias se mouvèrent, tentant de parler, de formuler ne serait-ce qu'un mot. Mais, sentant les draps contre son dos, la protection des murs de l'appartement autour de lui, Tobias céda. Hochant simplement la tête en réponse aux inquiétudes de Hafiz.

Oui il attendrait. Il n'était nullement en état pour faire quoi que ce soit d'autre.

Tobias n'était plus qu'une poupée de chiffon qui se laissait manipuler par l'homme, l'aidant au mieux malgré la lenteur de ses gestes. Perclus de commotions l'Autrichien se faisait la réflexion que, vraiment, il n'était pas un homme de terrain. La langue de Tobias finit par se délier, laissant échapper une voix pâteuse comme si son propriétaire était malade.

« Merci monsieur... At-Tabarî. Je m'excuse de... vous infliger cela. »

L'entraide entre voisins était un acte noble. Mais c'était une chose d'aller quérir un sac de farine ou de participer à un repas de quartier, ça en était une autre de soigner votre voisin éclopé suite à une guérilla. Tobias se fit la réflexion qu'une telle scène aurait pu avoir lieu dans son pays natal alors que les SS sillonnaient les rues, terrorisant la population rien que par leur présence intimidante.

« Je n'aurais pas du aller là-bas... » Tobias parlait aussi bien pour lui-même qu'à Hafiz, tentant de combler ce silence tendu par le son de sa voix. « Ne sortez pas monsieur At-Tabarî. La guerre vient de se terminer mais à quel prix... »

La main de Tobias se posa sur l'hématome marquant son torse avant de se porter à son nez, son index redessinant le contour. Le roux avait-il réussi à le casser ? L'Autrichien espérait que non.

« Les Altermondialiste ont gagné... au parc. Je ne sais si cela est une bonne nouvelle. Mais... une chose est sûre. Je n'avais pas choisi le bon camp. »


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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Au bout d’un moment et au plus grand soulagement d’Hafiz, Tobias le remercia. L’iranien ne voyait pas pourquoi cela était si surprenant. Il l’aurait pour n’importe qui. Donc pour un voisin, c’était une évidence pour lui.

« Ne vous en faites vraiment pas. Vous n’avez pas à vous excuser. Vous avez besoin d’aide et je ne fais que ce que je dois. »

Il s’apprêtait donc à appeler un docteur ou en tout cas quelqu’un capable de faire un diagnostic sur l’état de Tobias. Mais, Hafiz ne s’attendait pas vraiment à ce que son voisin commence à qui raconter ce qui s’est passé. Oui. Le cuisinier savait qu’il ne valait mieux pas sortir. C’est pour cette raison qu’il était resté chez lui. D’une certaine façon, c’était même une chance pour Tobias car cela avait amené à la situation qu’il vivait maintenant.
Cependant, le fait que Tobias amène le sujet paralysa en quelques sortes Hafiz. Celui-ci voulait en savoir plus sans toutefois le demander explicitement. Il allait dire quelque chose mais Tobias continua à se confier.

Seuls quelques mots parvinrent véritablement aux oreilles du cuisinier : « Altermondialistes », « Gagner » et « Parc ». Il en laissa tomber le téléphone qui s’explosa sur le sol. Nous avons gagné. Cette idée aurait dû lui apporter une joie immense. La victoire de sa diaspora. N’importe qui ferait la fête à ses mots. Mais une seule question tournait dans la tête de l’iranien : à quel prix ? Il ne fit cependant pas part de cette pensée au blessé.
Ce n’est que quelques secondes plus tard qu’il prit conscience d’autres choses. Et Naga ? Faisait-il partie des vainqueurs ou de ceux tombé aux champs d’honneur ? Il y avait bien un moyen de répondre à cette question et il était sur le sol. Il ramassa lentement son portable, tandis que son esprit le pressé d’appeler son colocataire ou du moins d’essayer. Il composa le numéro qu’il devait appeler. Une femme lui répondit.

« Oui j’ai besoin d’un médecin c’est assez urgent. »

Il lui décrivit l’état de Tobias et répondit comme il put à toutes les questions posées. Il n’oublia pas non plus de donner l’adresse de l’Autrichien ainsi que le code de la porte du bas. Et pendant toute la conversation, son esprit le maltraité avec un ordre simple : Appelles Naga ! Appelles Naga !
Hafiz luttait contre cette voix qui venait du plus profond de lui-même. Si Naga avait survécu, alors il était entre de bonnes mains, des mains capables de le soigner véritablement. Il ne devait donc pas le déranger. Mais plus il y pensait, plus il serrait son portable dans sa main. C’était une véritable torture. Il fallait qu’il est autre chose en tête. Il s’intéressa donc à la deuxième chose qu’avait sous-entendu Tobias.

"À la vue de ce que vous me dites, vous étiez du côté des Iwasaki n’est-ce pas ? »

Mais, à ces mots, ces pensées retournèrent vers Naga. Les Iwasakis. Ces mêmes personnes qui les avaient attaqués eux, dans un parc. Un lieu de paix. Un lieu calme…qui ne devait plus avoir que la tête d’un champ de bataille. Et cet homme qu’il soignait et qui s’était retrouvé dans le camps des asiatiques. Hafiz aurait dû le détester. Lui en vouloir. Peut-être que la personne devant lui avait combattu Naga. Et qui sait, l’avait tué. Ou inversement. Peut-être était-ce Naga qui avait mis leur voisin dans cet état. Mais le cuisinier n’arrivait pas à haïr cette personne allongée sur le lit. C’était au-delà de ce qu’il était capable de faire. De toute façon, la vengeance ne mènerait à rien d’autre qu’à plus de mort. Lui ne pourrait pas lever la main sur Tobias. Des larmes perlèrent aux yeux de l’iranien.

« Pourquoi vous êtes-vous tous battus ? A quoi cela serait-il ? A prouver qui était le plus fort ! »

Il avait crié mais cela avait été atténué pour ses sanglots. De plus, la question n’était pas directement adressée à Tobias. Elle concernait tous les participants de ce combat. Et plus, que tout, cette question concernait Naga. Pourquoi avait-il voulu prendre les armes ? Il y avait-il tant de haine dans le cœur de Naga et qu’Hafiz n’avait jamais remarqué. Ce dernier ne pouvait l’admettre. Naga n’était pas comme cela. Naga était quelqu’un de bien.

Hafiz commençait alors à sentir le poids de la culpabilité peser sur ses épaules. C’était de sa faute si Naga était parti et ce, pour plusieurs raisons. Mais la première qu’il vit était que lui-même n’avait pas été capable de retenir son colocataire. Il n’avait pas trouvé les bons mots pour l’apaiser. Pour le convaincre de ne pas risquer sa vie pour rien. Maintenant, Hafiz avait le sentiment qu’il aurait dû l’accompagner. Non pas pour se battre mais pour le protéger. Cela aurait dû être sa raison d’y aller. Il l’aurait protégé au péril de sa vie.
Hafiz avait toujours mis la vie de Naga avant la sienne, même s’il le trait comme un égal, car il voulait que Naga se sente chez lui ici. Si Naga venait à disparaitre maintenant, il ne saurait pas quoi faire. Il n’aurait plus de raison de rentrer chez lui le soir. Il n’aurait plus de raison réelle d’appartenir à la diaspora des Altermondialistes. Il serait brisé définitivement. Il avait besoin de réponse.

L’iranien finit par tomber à genoux par terre, la tête entre les mains pour essayer de bloquer le flux de larmes qui risquaient d’inonder la chambre. Il devait poser une question.

« Monsieur…Gerhing, réussit-il à dire en déglutissant. Avez-vous croisé mon colocataire au cours des combats. Il a… il a les cheveux blancs et les yeux gris. Dites-moi s’il vous plait ? »

Il en était arrivé aux supplications. Il était prêt à tout donner pour une simple réponse.


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Alors que Hafiz appelait un médecin Tobias avait tenté de se redresser dans son lit, appuyant sur ses avants-bras, sollicitant ses muscles qui hurlaient grâce. Centimètre après centimètre l'Autrichien finit par pouvoir se caler, dos contre une portion du mur, les jambes ballantes. La soudaine explosion de Hafiz le prit de court, lui coupant la parole sous le coup de la surprise. Il laissa l'homme s'épancher comprenant, à demi-mots, que cet homme ne cautionnait nullement cette débauche de violence. Qui était-il, lui, Tobias Gehring, pour critiquer cette position ? Lui-même abhorrait la violence. Lui dont le pays avait plongé dans la déchéance simplement à cause d'hommes préférant faire rugir les armes plutôt qu'écouter les réclamations d'un peuple aux abois.

« Je pensais aider... » confia Tobias d'une voix oscillant entre le soupir et le chuchotement, une confession en demi-teinte. « Je pensais enrayer la machine... Mais elle m'a dévoré. »

Il le revit. Le sang qui marquetait le sol. La chevelure flamboyante de ce jeune homme qui n'était plus un enfant mais pas encore un adulte. Le sang sur sa batte. La colère qui pulsait dans sa voix et ses yeux – des yeux de bête enragée. Au moins s'en était-il sorti lui.

Le choc sourd de Hafiz tombant au sol poussa si bien Tobias à se pencher en avant que l'Autrichien lâcha un glapissement de douleur. Pourtant malgré la souffrance qui pulsait dans chaque fibre de son corps, l'homme se leva de son lit. Une main posée sur le mur, glissant sur un meuble pour s'y accrocher, l'Autrichien avança, cahin-caha jusqu'à son voisin.

« Relevez-vous voyons... » Tobias tendit sa main libre tout en craignant d'être emporté par le poids de l'homme lorsqu'il s'accrocherait à lui. « Je vois de qui vous parlez. Je... Il va bien. Laissez-moi juste... le temps de me poser. »

Tobias tira une chaise sur laquelle il s'assit, soupirant d'aise en sentant ses jambes fatiguées se relâcher. Il laissa Hafiz s'asseoir à son tour si il le désirait avant de reprendre.

« Il était au parc oui. Il s'est confronté à un homme des Iwasaki. » Tobias fronça les sourcils, un pli se formant entre eux tandis qu'il tentait de se remémorer ce nom. Il avait toujours eu des difficultés avec les consonances asiatiques. « Seung... Joo... Hwang. Ils ont mené un duel. Je ne sais quel est leur passif mais... on sentait que quelque chose d'important se jouait entre eux. Je n'ai pas pu tout suivre. J'avais mes propres tracas. » En la personne d'un adolescent roux. « Mais votre ami, Naga, s'en est sorti. Je l'ai rapidement aperçu filer avant de... » D'embrasser le ciment. « … sombrer. »

Le dos de Tobias reposa contre le dossier de sa chaise. L'homme se sentait comme libéré d'un poids après cette confession comme si, ainsi, il avait pu se décharger d'une mission. Il espérait que ses paroles, aussi hésitantes soient-elles, avaient pu rassurer cet homme qui lui avait prêté main forte avec une honnêteté dénuée d'arrière-pensée.

« Vous avez soif ? » demanda Tobias « Vous pouvez vous servir dans le frigo. Ce n'est pas grand-chose mais c'est tout ce que je peux vous donner pour l'instant. Je ne suis pas en état de tenir un fouet de cuisine, ou même un fusain. »

Et de grimacer, d'un sourire tordu, tentant de retrouver le rire alors que Pallatine sombrait dans un bourbier indéfinissable.

Spoiler:
Désolé pour le temps de latence. C'était un peu Bagdad ces derniers jours. ça devrait reprendre un rythme plus soutenu !


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Bien sûr qu’il avait été dévoré. La violence n’entraine que la violence. Plus elle est contenue, plus puissante elle est quand elle éclate. Aucun conflit ne pouvait finir en utilisant la force brute. Le combat finissait en général quand plus aucun des deux camps n’étaient capable de fournir de nouveaux combattants. Hafiz comprit que Tobias bougeait quand ce dernier laissa échapper un glapissement. Tobias n’aurait pas dû bouger et le cuisinier aurait dû l’obliger à se rallonger mais il n’en avait pas envie et, dans le cas contraire, il n’aurait pas été sûr de pouvoir bouger. La douleur était trop forte dans sa poitrine.

L’iranien releva la tête vers son voisin, les yeux remplis d’espoir quand son interlocuteur lui signifia qu’il voulait lui apporter une réponse. Il attrapa la main de Tobias, peut-être un peu brutalement mais son but était simplement de l’aider à se tenir debout sans trop de problème. Il l’écouta attentivement, le laissant s’asseoir et se mettre à son aise. Lui-même resta sur le sol. Il aurait voulu lui dire merci mais les mots restaient bloqués au fonds de sa gorge.

Il ne connaissait pas cette personne avec un nom asiatique. Naga ne lui présentait pas toutes les personnes qu’il connaissait. Rien que de savoir qu’il s’était affronté rassurait l’iranien de ne pas avoir rencontré cet homme. Il saurait se souvenir de ce nom s’il le réentendait jamais.
C’était parfait si Naga s’en était sorti. Il imaginait bien son colocataire avoir quelques marques des combats mais ce ne serait sûrement que superficiel. Peut-être que son passé de boxeur l’avait aidé. Hafiz n’aimait pas particulièrement les sports de combats, ces derniers étant trop souvent présenté comme des moyens de régler les conflits par la force. Mais, quand ce genre de sport présentait avant tout un aspect défensif, cela ne gênait pas Hafiz. Naga ne s’était jamais caché et il n’avait jamais utilisé ses connaissances contre le cuisinier en cas de problème. À ce moment précis, l’iranien était en grande partie rassuré.

« Merci… merci infiniment monsieur Gehring, réussit-il à dire en sanglotant. »

Sans réellement s’en rendre compte, Hafiz tenait toujours la main de Tobias. Ce contact le réchauffait. Oui il tenait la main d’un ennemi mais il n’y pensait pas. Il était avant tout en contact avec un autre être humain. C’était le plus important. Hafiz rigola facilement à la boutade de Tobias. Après un moment aussi tendu, cette remarque remontait son moral.

« Non merci. Je n’ai pas très soif. Je suis même sûr qu’en essorant le sol, on pourrait remplir un gros réservoir avec tout ce que j’ai pu pleurer. »

L’iranien s’essayait lui aussi à la blague. Il avait maintenant besoin de se changer les idées. Ces principales peurs s’étaient envolées. Il jeta tout de même un regard à son portable qu’il avait laissé tomber non loin de là. Rien ne pressait. Naga l’appellerait s’il devait venir le chercher. Ou alors il se verrait quand il rentrerait.

« Mais j’aimerais savoir une chose monsieur Gerhing. Que pensez-vous maintenant des Altermondialistes ? Sont-ils tous devenus vos ennemis ou n’avez-vous pas changé de façon de penser suite  à ses affrontements ? »

Il laissa les mots pénétrer dans l’esprit de son vis-à-vis avant de lui révéler le paradoxe de la situation.

« Je me dois d’être honnête avec vous. Je suis moi-même un altermondialiste. Sachant cela, accepteriez-vous toujours de me faire confiance et de rester chez vous pour vous aider ? Pour ma part, je n’ai pas l’intention de vous abandonner. Quel que soit votre camp, la guerre est perdu pour nous tous. Nous devons nous entraider pour reconstruire. Qu’en dites-vous ? »

HRP:
Tu n'as pas à t'excuser pour cela voyons. Rien ne presse Malicieux


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Rire était le propre de l'homme. Rire rappelait à chacun d'eux qu'ils demeuraient humains, faillibles mais désireux d'avancer, emplis d'espoir. Les doigts de Tobias serrèrent la main de l'iranien, son rire faisant écho au trait d'esprit de l'homme. Un rire qui s'éteignit lorsqu'il fut question des Altermondialistes. La surprise arrondit le regard de l'Autrichien alors qu'il apprenait que celui qui venait de l'aider n'était autre qu'un membre des Altermondialistes. Un membre qui, par solidarité à sa diaspora, aurait pu aisément l'abandonner à son sort ou l'achever. Pour venger le sang versé de ses compagnons. Mais autant la surprise figea Tobias qu'elle ne lui fit pas lâcher la main de Hafiz. Un geste qui lui sauverait peut-être la mise à l'avenir.

« Je... »

Tobias déglutit, sa langue frôlant ses lèvres, cherchant les mots. Sa main libre glissa sur son front.

« Je ne m'attendais pas à cela. » avoua-t-il la voix oscillant entre la stupeur et le rire nerveux. « Vous m'avez aidé monsieur At-Tabarî. Vous auriez pu très bien appeler vos comparses Altermondialistes et leur donner ma position. Me constituer prisonnier. » C'est cela que l'on accomplissait durant une guerre, n'est-ce pas ? « Je vous fais confiance. »

Tobias pencha la tête en arrière inspirant longuement. Il se devait de déclamer toute la vérité à cette homme – sans aucun faux-semblant, ni compromis.

« Je n'ai rien contre les Altermondialistes. J'ai aidé les Iwasaki car... je pensais leurs revendications légitimes. Ils recherchaient des membres disparus. Je crois bien... non, j'en suis certain... leur situation m'a rappelé ce qu'a vécu mon peuple avant... avant que je sois à Pallatine. À cette époque je n'ai guère fait grand-chose. J'ai voyagé, recherché la liberté ailleurs. Je voulais être utile, aider des gens. » Un haussement d'épaules accompagna ces paroles. « Vous pouvez remarquer combien j'avais tort. Je n'éprouve aucune haine envers les Altermondialistes. Pas comme les gangsters dont je déplore les méthodes et la pensée. Vous n'avez rien à craindre de moi. »

L'Autrichien osa même ajouter en désignant, du menton, les bandages qui le recouvraient.

« Je fais un piètre guerrier. J'ai plus de chance de me blesser que de porter atteinte à autrui. »

Une sonnerie retentit poussant Tobias à tourner la tête tel un chien à l’affût. Le son provenait de l'interphone à l'entrée signalant l'arrivée d'un visiteur qui avait du appuyer sur la sonnette au rez-de-chaussée.

« Je crois que le médecin est arrivé. D'ailleurs... » Tobias eut un froncement de sourcils, se rappelant des propos de son colocataire lors de leur rencontre, de son refus de voir un médecin. « … Vous savez s'il travaille pour l'Institut ou ? »

La méfiance était revenue, celle qu'il éprouvait envers les diasporas, sachant combien son statut de Indépendant pouvait lui nuire.


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L’iranien remarqua que ses dernières paroles avaient fait mouche chez son voisin. Il s’y attendait un peu mais cacher la vérité n’était pas la meilleure chose à faire. Il se devait d’être honnête, surtout quand il se trouvait sous le toit de Tobias.

« Jamais je ne vous aurez laissé en pâture aux membres de a diaspora. Ils sont plusieurs à faire des actes que je condamne fortement. C’est pour cette raison que je ne m’engage pas dans l’administration des altermondialistes. De plus, les morts ont été trop nombreux aujourd’hui. Votre mort ne changerait rien. »

Hafiz sentit que Tobias se détendait un peu. L’utilisation du mot « confiance » était un bon révélateur de ce phénomène. Étrangement, le blessé décida de ce justifié. Hafiz n’avait pas recherché ce résultat. Mais, maintenant qu’il se lançait, le cuisinier n’allait pas l’empêcher de parler. Déjà parce qu’il voulait savoir mais surtout parce que Tobias avait peut-être besoin de parler à quelqu’un de ce qu’il avait sur le cœur.

« Vous n’avez pas eu tort monsieur Gehring. Vous avez choisi un camp selon vos convictions. Et quelles meilleures convictions que de retrouver des personnes disparus qui courent peut-être un danger mortel. Je ne pourrais jamais vous juger pour ce que vous avez fait. Les autres n’en ont pas le droit, encore moins ceux qui ont participé. La seule chose que je peux critiquer c’est le moyen d’y arriver. Les Iwasaki auraient dû privilégier le dialogue au lieu de lancer une attaque surprise. Mais bon, nous ne pouvons pas refaire le passé. La seule chose à faire est de panser nos plaies et de faire en sorte que ces évènements ne soient pas oublier pour éviter qu’ils ne se répètent. »

Cette ambiance de confession entre les deux hommes prit fin quand la sonnette résonna. Hafiz pensait que c’était le médecin qu’il avait appelé. Ou alors le colocataire de Tobias était en train de renter. Son interlocuteur était plus tenté par la première possibilité. De plus, il sembla retrouver une certaine forme de crainte. L’épreuve qu’il avait subie au parc devait avoir été très violente pour qu’il soit dans cet état pour une sonnette. Peut-être pensait-il que des altermondialistes allaient venir le chercher jusqu’ici.

« Ne vous inquiétez pas monsieur. J’ai appelé un médecin en qui j’ai confiance. Et, si cela peut vous rassurer, je resterai avec vous pour la durée de la visite. Laissez-moi un instant, je vais aller lui ouvrir. »

Hafiz se précipita dans l’entrée de l’appartement et décrocha le petit appareil. Il demanda à la personne de s’identifier, pour bien être sûr que c’était le médecin. Ce fut le cas. Le cuisinier lui ouvrit donc la porte du bas et lui indiqua l’emplacement exact de l’appartement. Il l’attendit quelques instants et l’invita à entrer. Le médecin était un homme de taille moyenne, les cheveux mi-longs de couleur noir avec des favoris. Il connaissait ce monsieur depuis le moment où il avait emménagé dans le quartier du port. Il lui décrivit rapidement ce qu’il avait pu remarquer sur Tobias et lui indiqua les gestes qu’il avait faits. Ils se rendirent ensemble dans la chambre de Tobias et fit les présentations.

« Monsieur Gerhing, je vous présente monsieur Hortellano. Ayez confiance en lui, il ne m’a jamais fait faux bond. »

Hafiz espérait avoir un peu rassuré Tobias. Il faudrait sûrement du temps à ce dernier pour pouvoir faire à nouveau confiance à des gens extérieurs. L’iranien se plaça dans le coin de la pièce, près de la porte. Il n’y aurait aucun problème.


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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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Tobias avait embrassé les propos de Hafiz à bras-le-corps trouvant, à chaque seconde qui défilait, au sein de cet homme un quasi-reflet. Un individu qui abhorrait l'usage de la violence autant que lui. Oh oui dialoguer aurait été une bien meilleure voie. Néanmoins l'Autrichien avait la conviction, amère, que la tentative de pourparler aurait connu une conclusion sanglante. De ce qu'il avait pu voir les Diasporas préféraient le sang et les coups que les longs conciliabules. Amère société trop pressée.

Le réconfort de Hafiz posa un baume sur les plaies de Tobias, le poussant à relâcher la tension, nœud au creux de ses omoplates. L'homme avait l'allure d'un individu du passé, loin de ces coloris de cheveux extravagants et de ces tenues éclatantes que portaient les habitants venus d'un futur clinquant. Une vision qui aida Tobias à se rassurer, le profil du médecin lui rappelant celui qu'il avait pu fréquenter, lors de sa prime jeunesse autrichienne.

« Monsieur. » Tobias salua l'homme d'un hochement de tête, n'osant pas tendre la main pour une poignée de main. Il venait d'une époque où l'on donnait du monsieur et un profond respect aux érudits, et n'avait jamais pu se départir de cette habitude. « Je m'excuse par avance du travail que vous allez devoir mener. Ce n'est guère reluisant. »

Avec cela le sourire tordu, grimaçant, empli d'excuses sincères. Finissant d'ouvrir sa mallette, l'homme demanda plus de précisions à Tobias sur son état. Ses mains aux longs doigts, véritables araignées, palpèrent la chair tandis que Tobias expliquait les coups reçus, leur nature. Hortellano fronça des sourcils – Tobias n'aurait su dire s'il était préoccupé par ce qu'il découvrait, ou si ce n'était qu'un signe de concentration. Ôtant les bandages de fortune menés par Hafiz, le médecin déploya bande de gaze et ciseaux. Tobias se sentit emporté dans un tourbillon de gestes professionnels alors que le docteur menait sa danse.

Lorsque Tobias se devait de tourner pour aider le médecin, ce dernier demandait l'aide de Hafiz – aide-soignant improvisé.

« Cela évitera d'appuyer sur les plaies. Bien, soulevez... Parfait. » Se tournant vers Tobias, il ajouta. « Votre guérison prendra du temps. Vous avez de la chance de n'avoir aucune côte fêlée. Une batte peut faire beaucoup de dégâts. »

Le dernier coup de ciseau donné, le docteur s'enquérit de savoir s'il pouvait utiliser le lavabo. Tobias lui indiqua la direction de la cuisine. L'Autrichien se frappa alors le front.

« Monsieur At-Tabarî. Désolé de profiter encore de votre gentillesse mais... Je me dois de payer ce monsieur.  Pourriez-vous prendre mon porte-monnaie qui se trouve dans ma sacoche ? Elle est accrochée à la paterne de l'entrée. »

Parmi les feuillets de croquis et les craies grasses, l'homme trouverait facilement ce porte-monnaie en cuir presque passé.


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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Hafiz était content. Tobias n’avais pas eu l’air de trop se méfier du docteur Hortellano. C’était une bonne chose. Une relation médecin/patient était toujours meilleure quand il n’y avait pas de tension entre les deux acteurs. Tobias paraissait même gêné de devoir faire venir le praticien. L’iranien connaissait suffisamment son docteur pour savoir que celui-ci s’amusait beaucoup que les gens s’excusent à tout bout de champ. Il avait plusieurs fait remarquer à Hafiz que ce n’était pas sa faute s’il était malade ou s’il se blessait. Mais, le tout avait du mal à entrer dans la tête de l’iranien. Comme il l’avait promis, le cuisinier resta dans le coin de la pièce pendant que le spécialiste posait ses questions aux blessés. Il fut d’ailleurs étonné de la violence des coups que Tobias décrivit au médecin. Il n’avait définitivement pas envie de faire partit des combats qui avaient eu lieu. Il dût d’ailleurs plusieurs fois aidé Hortellano à bouger le corps de Tobias. Hafiz avait peur d’aggraver les blessures de Tobias et donc allait très doucement. Voir trop doucement au goût du médecin qui tenta de rassurer son aide-soignant de fortune. Le médecin n’avait pas particulièrement de chance car il devait s’occuper de deux personnes en même temps.

Une fois que Hortellano eut fini son travail, Hafiz put remarquer la différence majeure qu’il existait entre sa manière de faire des bandages et ceux d’une personne diplômé en médecine. Ce qu’il voyait était propre, bien ordonné et il ne semblait pas y avoir de surplus. L’iranien avait un peu honte de ce qu’il avait fait avant. Il devrait vraiment penser à prendre quelques cours auprès de particuliers pour apprendre à faire de meilleurs bandages. Peut-être existait-il des formations. Mais bon, il y avait plus urgent. Le médecin partit nettoyer son matériel et Tobias demanda à Hafiz de trouver son porte-monnaie dans sa sacoche. Le cuisinier avait vu cette dernière dans l’entrée de la maison au cours de ses multiples allers et retours. Cependant, il n’aimait pas fouiller dans les affaires des autres, même pour leur rendre service. De plus, c’est lui qui avait dérangé le médecin, pas Tobias. Ce dernier ne serait de toute façon jamais au courant. L’iranien rejoignit ainsi le docteur Hortellano dans la cuisine.

« Je vous remercie docteur d’être venu aussi vite. Je n’aurais pas pu l’emmener ailleurs.
-Vous avez bien fait Monsieur at-Tabarî, le rassura Hortellano. Cependant, il va falloir le surveiller. A-t-il un colocataire ?
-Oui il en a un mais je ne sais pas où il est. Mais je peux m’occuper de lui.
-Je vous laisse vous organiser. Pensez à bien changer ses bandages régulièrement. Au moins une fois par jour.
-Je le ferais. Et, concernant vos honoraires, envoyés moi la facture, je payerais pour lui. »

Hortellano ne dit rien. Il se contenta de soupirer et de poser sa main sur l’épaule de l’iranien avec un regard lourd de sens. Il finit de nettoyer son matériel et revint, accompagné de Hafiz, auprès de Tobias pour lui indiquer les règles à suivre au vu de son état. Pas de geste brusque, pas trop d’effort. Enfin le b.a.-ba quoi. Il indiqua aussi qu’il reviendrait régulièrement prendre des nouvelles du blessé pour voir si rien ne clochait. Hafiz le raccompagna jusqu’au palier et le salua. Le cuisinier revint aux côtés de Tobias.

« Alors ?  Ne vous avais-je pas dit que vous seriez entre de bonnes mains ?  Le docteur Hortellano est le meilleur que je connaisse. Je vous laisserai sa carte si vous avez un problème vous ou votre colocataire. Mais en attendant, je vais devoir m’occuper de vous. Alors vous resterai allonger ici pendant que je vais vous préparer un petit plat. »


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Tobias salua le médecin tout en le remerciant tandis que l'homme quittait l'appartement, laissant à nouveau l'Autrichien aux soins de son voisin. L'homme eut un sourire épanoui en entendant l'Iranien lui proposer de lui mitonner un bon petit plat. C'est que Tobias allait presque y prendre goût à toutes ces attentions. Il redevenait un enfant, enfoui sous les draps chaleureux de son lit, l'oreille aux aguets en écoutant sa mère préparer le repas qu'elle lui apporterai au lit – privilège du malade alité.

« Vous êtes vraiment trop bon avec moi. Je ne sais pas si notre cuisine saura vous fournir. Mais vous allez peut-être cuisiner chez vous ? Vous êtes sûrement plus habitué. »

La cuisine des deux artistes se muerait probablement, rapidement, en une terre étrangère aux yeux de Hafiz. Tobias s'assit dans sa couche, dos contre le mur contre lequel était collé sa tête de lit. Rester immobile était déjà difficile pour lui, lui qui n'aimait rien tant que le mouvement.

« Vous partagerez le repas avec moi ? J'aimerais profiter de l'occasion qui nous est accordé pour discuter. Parler de tout, de rien. Le temps que nos colocataires respectifs reviennent à la maison. »

À deux l'attente serait probablement moins longue et, surtout, moins éreintante pour les nerfs. L'Iranien semblait être homme à rapidement plonger dans le gouffre de l'inquiétude et Tobias ne voulait pas le laisser seul, cloisonné au sein de son appartement, se rongeant les sang jusqu'à pas d'heure. À deux ils pourraient se soutenir, parler de sujets divers tout en évitant, tacitement, celui qui nourrirait leurs inquiétudes mutuelles.


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« Oh ne vous en faites pas pour moi. Je peux cuisiner dans un grand nombre de cuisine, la vôtre, j’ai eu l’occasion de la voir, est bien agencée et bien organisée. Donc, si cela ne vous dérange pas, j’aimerai cuisinier chez vous. J’amènerai cependant mes propres aliments, cela va de soi. »

Quand l’iranien vit Tobias bouger, il eut un mouvement vers le blessé pour l’aider mais Tobias ne semblait pas avoir eu besoin de son aide. Il aurait dû éviter de faire cela seul. Il aurait dû lui demander de l’aider. Cependant, Hafiz ne se permettrait pas de faire cette remarque. Il abusait déjà en quelques sortes de l’hospitalité de Tobias. Il n’allait pas en lui donner des leçons.

« Ce serait une grande joie pour moi de diner avec vous. De plus, dans votre état, je me dois de garder un œil constant sur vous pour qu’il ne vous arrive rien de pire. »

Il avait adopté un ton faussement réprobateur pour souligner sa plaisanterie. L’heure n’était maintenant plus à l’inquiétude. Tobias était fermement harnaché de bandages et, selon les dires de l’autrichien, Naga se portait bien. Du moins avait-il eu la capacité de sortir du charnier. Il n’y avait donc plus de raison de se ronger les sangs. Tobias avait été un pilier particulièrement important pour rassurer Hafiz dans son état. Il saurait s’en souvenir quand ce serait nécessaire. Avoir un tel voisin était très réconfortant. Le cuisinier pensa d’ailleurs à faire se rencontrer Tobias avec Naga. Pourquoi ne pas organiser un petit repas entre voisin. Chacun amenant un petit truc. Peut-être même qu’il arriverait à convaincre le pêcheur de ramener un petit poisson pour l’occasion. Mais bon, il y avait beaucoup plus important à faire sur l’instant.

Il quitta la pièce et retourna au pas de course dans son appartement. Il trouva un carton dans un coin de l’appartement et commença à le charger de divers ingrédients et de quelques ustensiles de cuisine qu’il n’avait pas vue dans la cuisine de ses voisins, notamment un robot mixeur. Il revint dans l’appartement et déposa fardeau dans la cuisine de Tobias. L’iranien rejoignit ensuite l’autrichien dans sa chambre pour lui faire une proposition.

« Le chef vous propose un petit potage de légumes, accompagné de quelques pommes de terre sautées. Pour accompagner tout cela, je propose des filets de poulet. Si vous êtes d’accord, je m’y mets de ce pas. N’hésitez pas d’ailleurs à me parler de loin. Par contre, je vous interdis de vous lever seul. Quel qu’en soit la raison. Vous avez entendu le médecin. »


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Tobias imita presque un salut militaire alors que l'Iranien l'invitait à ne pas sortir de sa couche. Le tranchant de la main se posa sur son front, sa voix émit un « À vos ordres cap'tain ! » presque comique tant son ton n'avait rien de l'inflexion sérieuse qui doit accompagner, habituellement, cette phrase. Patiemment l'Autrichien attendit le retour de son cuisinier attitré, hochant la tête lorsque Hafiz lui narra le menu.

« Surprenez-moi ! Vous avez de la chance, l'appartement est petit. La voix porte loin d'un bout à l'autre tant qu'on laisse les portes ouvertes. »

Ce qui pouvait aussi avoir son désagrément si on souhaitait conserver une certaine intimité.

Les mains de Tobias saisirent un carnet qui traînait sur sa table de chevet, fouilla au sein du tiroir encombré. Le fusain lui laissa une trace noire alors qu'il ôtait un crayon à papier, vérifiait que sa mine était bien taillée. Il devait s'occuper les mains. Cela l'aiderait à oublier, pour un temps, que ces mêmes mains avaient frappé, fait naître la douleur au sein de corps étrangers mais tout aussi humains que lui, fait surgir le sang hors des veines. La mine gratta sur le papier, croquant un profil – celui de Hafiz – cherchant à en saisir la teneur, la singularité.

Les yeux de Tobias suivaient le manège de ses doigts mais sa voix s'adressait à l'Iranien, occupé au sein de la kitchenette.

« Avant de venir à Pallatine, où viviez-vous, monsieur At-Tabarî ? Vous avez un accent mais je serais incapable de le définir. » Tobias laissa passer quelques instants avant de reprendre, se disant que se confier permettrait d'alimenter la conversation. « Pour ma part j'ai vécu en Autriche avant de mener un voyage aux États-Unis. À une époque où les... ordinateurs n'existaient pas. »

Parler du passé éviterait de revenir sur le sujet des diasporas, thème sensible.


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L’iranien rit à gorge déployé quand il vit la mimique de Tobias parodiant un salut militaire. Les deux hommes n’étaient plus aussi sérieux qu’avant la venue du médecin. Une sorte de camaraderie s’était insinuée entre les deux hommes, enfin selon le point de vue d’Hafiz. C’était très agréable. Cela faisait très longtemps que le cuisinier n’avait pas eu une telle conversation avec quelqu’un. Surtout qu’il ne serait pas attendu à le faire avec son voisin. Il espérait sincèrement que cette bonne entente de palier durerait dans le temps. De plus, Tobias sembla beaucoup apprécier la proposition de menu que lui soumit Hafiz. En même temps, il était persuadé que proposer des pommes de terre  ferait mouche. Presque tout le monde aimait les patates. Hafiz partit donc au fourneau, notant bien la remarque de Tobias sur la possibilité de communiquer.

L’iranien commença à éplucher l’ensemble des légumes. Cela ne lui prit pas très longtemps, il n’était que deux à manger après tout. Pour le potage, ce serait un peu de potiron, des carottes, des poireaux et des patates. Il rajouterait peut-être un peu d’épice si le goût n’était pas au rendez-vous. Il lança tout de suite la cuisson des légumes dans une grande casserole et se lança dans la préparation des pommes de terre sautées. Après les avoir épluchées et coupées en morceaux, il se lança dans la phase de cuisine la plus précise : faire dorer les patates sans les bruler. Mais, sa concentration ne l’empêchait pas de répondre à son hôte. Au nom de son interlocuteur, il s’était douté que son voisin était un germanique mais il aurait été bien incapable de deviner sa nationalité. Il tiqua un moment quand Tobias lui dit qu’il avait habité aux Etats-Unis. Hafiz n’aimait pas particulièrement ce pays, notamment car il avait participé à la destruction de son pays mais il ne pouvait pas le reprocher à Tobias. Chacun faisait ses choix. E plus, cela ne signifiait pas qu’il était d’accord avec ce qu’avait fait ce pays.

« Vous n’êtes pas le seul à vous poser cette question, répondit Hafiz avec bonne humeur. Je suis Iranien d’origine. J’y ai passé ma vie. Moi non plus il n’y avait pas d’ordinateur. Cependant, même s’ils avaient existés, je n’aurais pas eu l’occasion d’en utiliser. J’étais au service du chef d’État de mon pays donc cela aurait été compliqué. »

Autant être honnête directement avec Tobias. Le cuisinier n’avait rien à cacher à son voisin. Surtout que cela n’avait pas vraiment d’importance. Par contre, il ne ferait pas la même erreur qu’avec Naga. Il ne s’épancherait pas sur la dureté du régime.

« J’étais cuisinier sur Terre. C’est là-bas que mon maitre m’a appris tout ce que je sais aujourd’hui. Mais j’ai aussi pu améliorer mon savoir en venant ici, notamment sur la cuisine africaine et d’Extrême-Orient. Et vous ? Que faisiez-vous en Autriche ? Enfin, quel métier exerciez-vous sur Terre ? »

Hafiz n’osa pas demander à quelle époque il avait pu vivre en Autriche. Il savait que l’histoire des pays germaniques avaient connus une période assez sombre dans les années 1930-1940. Il ne voulait donc pas faire remonter des souvenirs que Tobias auraient peut-être voulu oublier.


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Les confessions intriguaient Tobias plus qu'elles ne répondaient à ses questions, en faisant naître de nouvelles interrogations. L'Autrichien ne connaissait de l'Iran que quelques vagues échos empreints d'exotisme – le pays lui était aussi inconnu qu'une contrée fantasmée. Et les yeux de Tobias s'arrondirent alors que la langue de Hafiz se déliait, traçant son passé en quelques points de couleurs, en véritable impressionniste. Cet homme avait œuvré comme cuisinier auprès d'un chef d’État ? Tobias n'osait pas même imaginer le monde dans lequel Hafiz avait du évoluer, ni le sommet de son talent qui avait du atteindre des sommets.

« Je crois que mon repas va être encore plus savoureux que je ne le pensais. » ne put s'empêcher de lâcher l'Autrichien à voix haute. « Vous avez du côtoyer des gens de haut-standing. »

Qui sait peut-être des artistes renommés. Tobias laissait les hommes politique et illustres par leur richesse aux autres. Il ne leur portait aucun intérêt sans quoi il aurait rejoint son ami au sein des Opportunistes depuis bien longtemps.

« Je n'avais pas de véritable métier. Du moins pas jugé comme tel par la société. Je dessinais au gré de mes envies, parfois sur demande pour gagner un petit pécule. Avec un ami on voulait changer le monde. Lui à la plume de l'écriture, moi avec mon fusain. » Un silence se fit entendre seulement troublé par les échos des pommes de terre dans la poêle, grésillement. « … Nous avons échoué. Et pourtant, ici, je veux recommencer. Peut-être qu'à force de répéter la même chose, le cercle se brisera ? »

La voix de Tobias s'était élevée de quelques notes, galvanisée par l'espoir.

« Je ne suis pas de ces fatalistes qui demeurent assis, la tête coincée entre leurs mains. Je veux croire en l'humain et à ce qu'il a de bon en lui. Pallatine peut encore être sauvée. Ce qui est advenu aujourd'hui... peut éviter d'être répété. Je ne sais pas encore comment, mais j'en suis persuadé. »

La voix de Tobias s'était suspendue se rendant compte qu'il avait effleuré le sujet qu'il avait voulu éviter. L'Autrichien se redressa dans son lit, tentant d'apercevoir Hafiz à travers l'entrée de la chambrée.


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L’iranien lança l’eau pour la soupe.

« Oh ne vous imaginez pas cela. Quand je dis que j’étais au service du Shah d’Iran, disons plutôt que j’étais plutôt un serviteur. Certains diraient esclaves mais je ne vois pas les choses comme cela. Mon rôle se limitait à la cuisine et au service. Les invités ne devaient pas me voir. »

Hafiz sourit en se rappelant de toutes les techniques que sont maitres lui avaient appris pour se glisser dans une salle sans attirer l’attention. Se glisser dans les ombres, esquiver les gens à la dernière seconde. Il aurait largement put faire assassin que l’entrainement n’aurait pas été différent. Sortant de ses souvenirs, l’iranien écouta avec attention l’histoire de Tobias. C’était quelque chose d’assez nouveau pour le cuisinier. Il avait toujours été enfermé dans le palais à travailler, comme tous ses collègues. Les seules personnes qui pouvaient se permettre de dessiner étaient les hommes d’états et les membres de la famille du Shah. Les artistes étaient souvent des étrangers, européens et américains. Peut-être qu’après son  départ, les choses avaient évolués mais il n’en saurait sans doute rien. Hafiz diminua un peu le feu des patates avant de répondre à Tobias.

« Je pense que vous avez raison de poursuivre votre objectif. Je soutiens la même chose que vous. Pallatine est une seconde chance pour l’Humanité de changer les choses. De créer une société qui place tous ses habitants sur un pied d’égalité. Ou, en tout cas, les rendre plus transparents. Pour ma part, quand je rencontre une personne, j’ai toujours tendance à penser qu’il y a quelque chose de bon en elle. Je me suis parfois trompé. Mais en même temps, je ne me permettrais de juger. Certains ont été marqués par leur époque, notamment par la violence. Il ne sera pas évident de leur montrer la chance de cet endroit. Mais il faut persévérer. »

Ca y est. Hafiz se prenait maintenant pour un grand penseur. Il avait des rêves, comme beaucoup de gens. Le premier était tout simplement la paix. On l’avait sauvé du chaos. Il ne voulait pas y retomber. Les évènements actuels le rendaient tristes mais la situation avait été particulièrement tendue. Même l’Institut n’avait pas réussi à calmer les diasporas. D’ailleurs, cette mystérieuse personne qui avait piraté l’Institut le jour de la conférence était sûrement un de ces anarchistes que Hafiz avait pu entendre sur les places de marché d’Iran. Hafiz, voyant que l’ébullition prenait  bien, fit glisser les morceaux de légume dans la casserole. Il y ajouta un peu de sel et de poivre et commença à mélanger le tout. Il retourna également ses pommes de terre sautées pour ne pas qu’elles soient brulées que d’un côté.

« Vous ne devez pas perdre espoir Monsieur Gerhing. Plus les gens penseront comme vous, plus nous auront de chance de trouver ce dont nous rêvons. Un endroit où les gens prennent plaisir à vivre sans la peur constante d’une guerre civile. »


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