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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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L'ennemi de mon ami n'est pas forcément mon ennemi - Tobias/Hafiz [FINI]

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Ce que Hafiz dévoila de son ancienne vie poussa Tobias à se redresser davantage, son corps se tendant vers l'Iranien malgré la distance qui les séparait. Comme si, ainsi, l'Autrichien pouvait mieux percevoir les sentiments sous-jacents aux mots, mieux comprendre ce que lui confiait ce voisin bien plus atypique que prévu. Et il se rendait compte, de plus en plus, combien l'homme et lui se ressemblaient. Tobias n'avait aucune idée de quelle époque parvenait Hafiz mais il semblait peu glorieux, et semblait avoir des relents de monarchie avec sa clique de serviteurs.

« C'est pour cela que vous avez rejoint les Altermondialistes ? Vous espérez un monde plus juste en mettant à contribution les biens de tous à la portée de chacun ? »

L'interrogation était légitime. Tobias s'était rangé auprès des Indépendants par refus d'entrer dans une diaspora craignant que, ainsi, sa liberté ne soit entravée. Il avait du composer avec l'antipathie ambiante envers ceux qui, comme lui, avaient décidé d'avancer à la lisière de cette société codifiée. Et à entendre quelqu'un comme Hafiz partager autant de pensées communes avec lui, Tobias voulait comprendre ce qui l'avait motivé. Hafiz se dévoilait comme étant un reflet opposé à sa personne, une sorte d'évolution qu'il aurait pu avoir si l'Autrichien avait choisi un autre camp.

« Que pourrions-nous faire pour rendre cette ville plus saine ? Vous pensez que... Les Altermondialistes auraient besoin d'aide ? Je vis, j'avance mais je n'ai encore rien fait de concret au sein de cette ville. Et... Je dois me racheter après ce que j'ai commis aujourd'hui. Si j'allais auprès des vôtres, que j'exposais mes intentions, est-ce qu'ils accepteraient mon aide ? »

Si leur objectif était bien d'aider les habitants de Pallatine, évidemment. Et si les Altermondialistes laissaient, à Tobias, sa pleine et entière liberté.
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Continuant de préparer le repas, Hafiz entendit bien la question de Tobias. Il hésitait fortement à répondre. Toutes les discussions de ce genre qu’il avait eu été particulièrement gênante. Mais il avait aussi rencontré des personnes qui l’avaient écouté sans le juger. L’iranien ne doutait pas de Tobias. Il était persuadé que ce dernier ne le jugerait pas pour ce qu’il était. Pour les choix qu’il avait faits. La preuve en est, le cuisinier était chez son voisin pour préparer à manger alors que leur groupe respectif avait choisi u camp opposé lors des derniers affrontements. Mais bon, c’était ce genre d’espoir qu’Hafiz espérait voir se développer à Pallatine, même s’il était limité aux personnes qu’il rencontrait. Il faudrait du temps à tout le monde pour y arriver. Du temps et des efforts.
Dans tous les cas, il devait être honnête avec Toias.

« Cette histoire est un peu compliqué. Quand je suis arrivé, j’étais totalement perdu. Je ne savais pas où j’étais, ce que je pouvais faire. Ce n’est que vers la fin de ma « formation » que je suis entré en contact avec les diasporas. De façon officieuse à ce que j’avais compris. »

C’est vrai qu’il avait été surpris de voir des groupes défilés au cours de cette période de formation. Personne ne leur avait rien dit et les représentants des différents groupes étaient restés assez discret.

« Disons que le discours des Altermondialistes est celui qui m’a le plus parlé. A l’exception de l’Institut, il me semblait le plus juste. Mais je ne savais pas quoi offrir à l’Institut donc j’ai rejoint les Altermondialistes. Comme vous l’avez bien deviné, je croyais que cette diaspora serait la plus à même de rétablir l’équité dans la société. Je voulais enfin trouvé un monde où tout le monde serait égal. Donc j’ai rejoint les altermondialistes. Je ne pense pas avoir eu tort. Nombre des membres de cette diaspora m’ont aidé à m’habituer à Pallatine. »

Hafiz ne voulait pas entrer dans les détails. Il ne voulait pas non plus  évoquer la principale raison qui l’avait poussé à rejoindre les altermondialistes : sa vie passée. Il n’était pas prêt à l’évoquer avec quelqu’un  qu’il ne connaissait à peine. Ou alors il avait peur de défaillir à nouveau comme c’était arrivé avec Naga. Il se remit donc à cuisiner et prépara son mixeur pour faire le potage. Il s’apprêtait à lancer l’appareil quand la voix de Tobias lui revint à nouveau. L’iranien fut particulièrement décontenancé au moment où Tobias envisagea de rejoindre sa diaspora. Hafiz devait la vérité à Tobias.

« Monsieur Gerhing, vous avez beaucoup de courage de vouloir rejoindre un camp que vous avez combattu. J’admire cela. Cependant, je ne peux pas vraiment vous le conseiller. Ne répétez pas ce que je vais vous dire. Ce n’est pas vraiment un secret mais il vaut éviter que cela se diffuse. AU sein des altermondialistes, il y a deux branches : ceux qui ont un rôle actif et les autres. Je suis dans la seconde catégorie. Je ne m’implique pas dans les affaires des diasporas. Je veux rester tranquille. Et, après avoir vu ce que j’ai vu ou entendu, je me suis rendu compte que les Altermondialistes avaient une vision très différente des choses par rapport à ce que j’imaginais.  Malheureusement, il y a une certaine volonté de prendre la place de l’Institut. Je ne comprends pas cette envie, surtout avec la mauvaise réputation de l’Institut auprès de la population. »

Hafiz ne devrait pas en dire autant. Il serait d’ailleurs mieux de continuer sur cette planche savonneuse. Mais il ne pouvait pas terminer sur une note aussi mauvaise. Il n’y avait pas eu que de mauvaise chose.

« Pour ma part, cette diaspora m’a permis de trouver des amis. Des gens de confiance. Mais je n’en attends plus rien aujourd’hui. Dans tous les cas, si vous souhaitez rejoindre les altermondialistes, il faut que vous soyez sûr de votre choix. Cette décision aura des conséquences qu’il faut prendre en compte. »

Bon, c’était le moment de mixer les légumes. Hafiz prit en main son mixeur et dit :

« Donnez-moi un instant monsieur Gerhing, je vais mixer les légumes. Désolé pour le bruit. »

Le cuisinier mit l’appareil en route et le laissa fonctionner pendant deux bonnes minutes, le temps que la préparation soit totalement liquide. Cela laisserait du temps à Tobias pour réfléchir à ce qu’il souhaitait. Pour sa part, Hafiz serait très content d’accueillir Tobias dans sa diaspora. Mais est-ce que l’intéressé le voulait vraiment ?


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« Oh non ! Ce n'est pas ce que je voulais... »

Mais le vacarme du mixeur, le hachage technologique des légumes, coupa court à sa diatribe l'obligeant à patienter. Il s'était mal exprimé et avait, involontairement, souffler la possibilité d'un changement de diaspora. Une chance que l'Autrichien ne soit pas tombé sur un fervent partisan des Altermondialistes, ou un de leurs recruteurs qui aurait, sans nul doute, sauter sur l'occasion pour lui faire signer un contrat, le lier jamais à la diaspora.

Néanmoins l'Autrichien ne pouvait se permettre de patienter davantage.

Appuyant sur ses mains l'homme se leva de sa couche, de ces draps qui suintaient la maladie et le médicament, la sueur et le renfermé. Pas à pas il gagna la porte de la chambrée, ses mains s'appuyant sur les murs pour ne pas flancher, évitant d'avancer trop vite, de rouvrir une plaie à peine refermée. Il ne devait pas réduire à néant l'ouvrage du bon docteur.

Appuyé contre la chambranle, il pouvait voir le dos de l'Iranien, observer sa danse au sein de la cuisine. Le mixeur se tut, laissant place à la voix du locataire de l'appartement.

« Pardonnez-moi je me suis mal exprimé. » Sourire d'un gamin s'excusant auprès de son professeur. « Je ne souhaite pas rejoindre les Altermondialistes. Je veux simplement me racheter... en les aidant. Mais en demeurant que je suis. Un Indépendant. Un marginal. Est-ce impossible ? N'acceptent-ils les bienfaits que de ceux rejoignant leurs rangs ? »

En ce cas il agirait autrement, il trouverait une autre voie, hors des sentiers battus. Comme il l'avait toujours fait.

« Je ne suis pas un homme à aimer vivre en cage. Aussi belle soit-elle. Le chant du rossignol n'est le plus beau qu'au sein de la Nature, auréolé de sa pleine liberté. Vous connaissez mieux les Altermondialistes. Si les actifs ne l'acceptent, les autres, les gens comme vous, l'accepteront-ils ? Seraient-ils pris à prendre la main tendue d'un étranger ? »

Et qui sait, là, se trouvait peut-être l'avenir de Pallatine. Une entente, quel que soit la diaspora de chacun. Une entente profondément humaine.

Tel un funambule sur sa corde, Tobias attendait le verdict – aussi bien concernant sa proposition que sur le fait qu'il s'était levé de son lit de convalescent malgré l'interdiction.

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Alors oui je sais que j'ai tout mon temps maiiis je tiens quand même ç m'excuser pour le délai. xD
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Une fois que les légumes semblèrent bien réduits en bouilli, Hafiz arrêta le mixeur. Il relança la cuisson et touilla la soupe quelques instants. Pendant ce temps, il perçut à nouveau la voix de Tobias. Celui-ci lui faisait comprendre qu’il s’était fourvoyé. Pour une fois, il était plutôt content de s’être trompé d’interprétation. D’un autre côté, il avait envie de s’excuser mais il se rappelait des reproches que Naga lui faisait sur le fait qu’il s’excusait tout le temps. Il décida donc de ne pas le faire. Même s’il n’aimait pas ça.

« Alors ne faites pas cela monsieur Gerhing, lança Hafiz. Les plaies sont encore trop fraîches. Vous vous présenteriez comme un ancien adversaire que mes « frères et sœurs » altermondialistes vous tomberez dessus à bras raccourcis. La diaspora à laquelle j’appartiens héberge un certain nombre de revanchard qui n’hésiteraient pas une seule seconde à vous réduire au silence ou simplement se venger. »

D’une certaine façon, Hafiz voyait Tobias comme une personne assez similaire à lui. Il é »tait content de rencontrer de telles personnes qui partageaient sa façon de penser.

« Ils accepteraient des bienfaits. Mais ils se montreraient très suspicieux vis-à-vis d’un individu qui ne souhaite pas les rejoindre. De plus, vous n’avez rien à vous racheter. Chaque parti à jouer, chaque parti à perdu. Ainsi va la guerre. Il est vrai que les gens comme moi sont prêts à accepter à être plus ouvert d’esprit mais il faut les trouver, ce qui n’est pas une mince affaire. Les seules personnes que je connaisse qui ferait cela sont, à part le médecin, mes collègues du restaurant. »

Bien sûr, l’iranien aurait pu parler de Naga mais il n’était pas sûr que celui-ci soit prêt à discuter avec quelqu’un qu’il avait peut-être affronté. Ce ne serait sûrement pas le bon moment. Il se retourna donc lentement vers l’embrasure de la porte et put y voir Tobias. Le blessé avait quitté son lit, sûrement à cause du mixeur. Il n’aurait pas dû.

« Mais…Monsieur Gerhing ? Que faites-vous debout ? Le médecin vous a dit de rester allongé. Ce n’est pas bon pour votre corps de le mettre à l’épreuve. Je vais vous aider à vous installer. »

Il se rapprocha de Tobias d’un pas décidé mais ne le toucha pas. Cela ne se faisait pas d’attraper une personne sans son autorisation. Il avait encore beaucoup de mal avec les familiarités d’usage, surtout avec des personnes qu’il ne connaissait pas depuis longtemps comme Tobias. Alors oui, le cuisinier s’était occupé de l’autrichien un peu plus tôt, mais c’était parce qu’il en avait besoin. Maintenant que le docteur avait fait son travail, il n’y avait plus de raison de toucher l’artiste. Hafiz invité donc Tobias à se reposer sur lui et à lui prendre le bras pour le reconduire jusqu’à sa couche. Et, adoptant un ton un peu paternaliste, dit :

« Et puis, avant de vouloir aider les autres, aidez-vous vous-même à guérir de vos plaies. Vous aurez tout le temps de réfléchir à ce que vous voudrez faire après. »

HRP:
Tu es tout excusé  I love you


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C'en était désespérant. Douloureusement désespérant. Tobias avait tenté d'allumer une lanterne d'espoir au sein de cette mer huileuse et Hafiz l'avait mouché. Il lui faudrait trouver autre chose, une alternative, creuser aux abords des diasporas. Altermondialistes, gangsters, opportunistes, Iwasaki... Tous ces mots n'étaient que des étiquettes sur des bocaux au contenu similaire. Apprendre que, même au sein des Altermondialistes, existaient tant de revanchards laissa un goût amer dans la bouche de l'Autrichien. Un soldat devait avoir la même saveur sur les lèvres lorsqu'il voyait le no man's land pour la première fois.

« C'est absurde. » souffla l'Autrichien en regagnant son lit qu'il haïssait déjà. Il n'avait jamais pu supporter l'immobilité. « La guerre, toujours la guerre. Sans confiance on n'arrivera jamais à rien. »

Et ça le rongeait à vif. Elle semblait le suivre partout cette fichue guerre. Même à des années-lumières de l'Autriche.

« Je ne peux pas accepter cela. » asséna Tobias et sa voix frappa, tel la faux coupant les épis d'un champ de blé. Oh non il ne pouvait se résigner.

« J'irais les voir. J'attendrais, j'observerais. Mais je ne participerais plus à une telle guerre de gangs. Je ne veux pas être le complice de la folie de cette ville. »

Il y avait de bien meilleure couleur que le rouge pour trancher sur la grise morosité de Pallatine. Le poing de Tobias frappa son genou, froissant à peine le drap qui le recouvrait à nouveau.

« Et je ne veux pas me résigner. J'ai vu des gangsters détruire les œuvres d'un artiste. J'ai vu un enfant participer à l'hallali aujourd'hui. Et alors que je veux tendre la main, il faudrait que je me confronte à des individus n'ayant aucune confiance en son prochain ? Non, unmöglich. »

La colère faisait vibrer la voix de l'Autrichien, puisait dans sa langue natale pour exprimer ses émotions. Ses doigts s'entrelacèrent alors qu'il croisait les mains, songeur.

« Monsieur At-Tabarî... Merci. Vos propos m'ont été fort utiles. Ils risquent de me guider dans les jours à venir. »

Déjà un projet se creusait dans l'esprit de Tobias.
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Hafiz voyait très clairement que sa réponse ne plaisait pas à son interlocuteur. Mais celui-ci lui avait demandé d’être honnête, ce qu’il avait fait. Il savait que cela pouvait faire mal à l’autrichien mais lui cacher la vérité aurait sûrement été bien pire. La faible confiance qui avait pu s’installer entre les deux hommes aurait volé en éclat. Mais Tobias accepta tout de même de retourner dans son lit, accompagné par l’iranien. Malgré tout, il fustigea le monde, les habitants de Pallatine qui ne voulaient pas retrouver un semblant de paix. Le cuisinier comprenait parfaitement la colère de son vis-à-vis mais ne trouvait pas les mots pour le réconforter. Il semblait également faire la promesse de ne plus devenir un combattant. Était-ce une promesse qu’il faisait à Hafiz ou bien à lui-même ? L’iranien ne le saurait sans doute jamais bien qu’il aurait été présomptueux de croire que la promesse lui était adressée. Ce devait être un serment adressé au monde qui l’entourait. Le cuisinier resta auprès de Tobias pendant que celui-ci continuait à évacuer toute la colère qui le rongeait. Il aurait pu l’empêcher de s’autoflageller mais l’autrichien lui en aurait peut-être voulu. Surtout qu’il ne lui avait pas été d’un grand réconfort.

Les derniers mots de Tobias transpercèrent pourtant le cœur d’Hafiz. Ce dernier ne comprenait pas pourquoi cela lui faisait tant de mal. Il avait le sentiment que son interlocuteur soulignait l’incapacité de l’iranien à trouver les mots juste. Et oui, Hafiz n’aurait pas pu trouver de mots plus justes pour dissuader l’artiste de mettre en place son plan de rapprochement entre les diasporas. De plus, Hafiz ne voulait pas que ses propos soient utilisés pour suivre une ligne de conduite. Ce serait beaucoup trop lourd pour lui d’apprendre que quelqu’un qui l’ait écouté soit mis en danger.

« Tobias, ne faites pas d’erreurs je vous en conjure. Il est inutile de se mettre en danger avec de tels idéaux. Car, dans le cas contraire, personne ne pourrait mener le combat avec vous ou tel que vous l’envisagiez. »

L’iranien ne s’était pas rendu compte d’avoir utilisé le prénom de l’autrichien plutôt que son nom comme il l’avait fait durant toute la conversation précédente. Peut-être que la peur que ressentait Hafiz pour l’artiste était montré d’un cran suite à l’air songeur de son voisin. Le cuisinier avait souvent vu ce visage sur des interlocuteurs. Cela montrait en général qu’ils avaient quelque chose derrière la tête mais rarement pour le mieux de leur intégrité physique.

« Réfléchissez bien avant de faire quoi que ce soit. Les nerfs des habitants sont encore à vif après tout ça. Les brusquer risquerait de les mettre sur la défensive et pourrait les rendre agressif. Moi aussi j’en ai marre d’être terrer chez moi. À m’inquiéter pour les personnes que j’aime sans savoir ce qui leur arrive. De toute façon je ne suis bon qu’à ça. Mais si personne ne le fait ce serait pire. Les non-combattants seront toujours confronté à ce genre d’individus quel que soit le lieu où l’époque où l’on vit. Je voudrais faire quelque chose mais, pour l’instant, il n’y a que l’espoir qui peut nous aider. Vous pouvez me traiter de lâche mais je ne changerai pas ma façon de penser. »


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« Je ne vous traiterais jamais de lâche. » asséna Tobias en relevant la tête, le sourire aux lèvres mais le regard pourtant dur. Acéré comme une lame. Une dureté qui n'était nullement adressée à Hafiz mais qui n'était que le reflet des pensées qui tourbillonnaient dans l'esprit de l'Autrichien, tels des poissons s'agitant dans une mer houleuse.

« Car vous n'en êtes pas un. » continua-t-il, emplissant le silence de sa voix. « Je respecte votre choix. Mais... Hafiz... » L'Iranien ayant prononcé son prénom, l'artiste en fit de même comme pour mieux le prendre à parti. « Même si ce changement je dois le mener seul, je dois le faire. Je suis resté bien trop longtemps sur le banc de touche. J'ai toujours souhaité changer les choses, rendre la vie meilleure. Si je cesse de faire ça, quelle raison me restera-t-il de vivre ? »

Wilhelm souffla une voix ténue. Wilhelm, oui. La raison qui l'avait mené à Pallatine. Son ancre et lien vers le passé. Mais si Tobias s'écorchait au point de retirer toute une part d'elle-même – cette part qui savait rêver, espérer, était prête à toute folie sans réfléchir aux conséquences – alors il ne serait plus lui-même. Juste une ombre. Comme Wilhelm.

Et ça, il se le refusait.

« Je ne prononcerais pas votre nom à qui que ce soit, ni ne dirait à quiconque ce qui y a eu lieu aujourd'hui dans cet appartement. Vous n'avez rien à craindre de ma part. Mais laissez-moi voler et me brûler les ailes. Je ne peux pas vivre comme un fantôme, ou une ombre. Je tenterais quelque chose et concernant ce qui adviendra... » Tobias écarta les bras. « Qui vivra verra ! »

Le sort en était jeté.

Je ne sais pas si tu as une idée pour la suite mais je pense que, sinon, on peut amener vers la fin ? Pauvre Hafiz qui fait face à un Tobias trop obtus. ='D Quoi qu'il arrive merci beaucoup pour ce RP !
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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En entendant la réponse de Tobias, Hafiz eut le sentiment d’être allé trop loin dans ses propos. Tobias ne faisait que défendre ses idées. Qui était-il lui pour l’en empêcher ? Il savait ce que c’était une vie où l’on n’avait pas le choix. Une vie qui dépendait du bon vouloir d’une seule personne et de ses caprices. La détermination qui brulait dans les yeux de Tobias indiquait qu’il avait déjà choisi sa voie. Personne ne pourrait plus le faire changer d’avis. Enfin, si quelqu’un le pouvait, ce ne serait pas l’iranien.

« Je suis désolé de m’être emporté. Je respecte votre choix mais faites bien attention à  vous. Et sachez bien que je me moque que vous donniez mon nom ou pas. Ce n’est pas ce dont j’ai le plus peur. Je n’ai pas peur pour moi. J’ai surtout peur pour mon entourage. Entourage dont vous faites partie maintenant en tant que voisin. Bon allez, il faut que je retourne au fourneau pour finir le repas. Il ne se fera pas tout seul. »

Le cuisinier s’esquiva donc ainsi. Jetant un coup d’œil dans la grande casserole, il fut heureux de voir que son potage n’avait pas brulé. De même, les pommes de terre avaient bien dorée. Heureusement qu’il avait pensé à baissé la plaque de cuisson. Bon, il ne restait plus qu’à préparer les blancs de poulet. Il sortit une poêle et l’imbiba d’huile. Il lança la plaque chauffante pendant quelques secondes puis plaça délicatement les deux morceaux de poulet. Le grésillement de la viande en train de cuire indiquait la rapidité de cuisson. Il baissa légèrement le feu et retourna régulièrement la viande pour qu’elle ait une couleur uniforme.

Le temps que tout soit prêt, Hafiz sortit deux assiettes et deux bols. Une bonne odeur s’échappait maintenant de la cuisine. L’iranien lui-même avait maintenant l’eau à la bouche. Ils étaient heureux de partager un bon repas avec Tobias. Il remplit les deux bols avec le potage. Il vérifia bien que la portion de son voisin ne comporte aucun morceau non mixé. C’était un minimum pour un cuisinier de restaurant. Il s’occupa ensuite du plus consistant. Il déposa le poulet au centre de l’assiette et l’entoura de pommes sautées. C’était une présentation simple mais Tobias ne lui aurait pas non plus demandé une présentation gastronomique non plus. Il chargea l’ensemble des plats sur un plateau et y ajouta les couverts ainsi que les serviettes.

« Attention Tobias, j’arrive avec le tout. »

Il souleva le plateau délicatement pour éviter de tout envoyer valdinguer. Il alla très doucement et débarqua dasn la chambre du blessé.

« L’assiette de Monsieur est servi » déclara Hafiz avec emphase pour parodier ce qui se passerait dans un vrai restaurant. Mais attention, c’est très chaud. »

Il déposa le plateau sur le lit et s’installa dans une chaise non loin.

« Bon appétit Tobias. »


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L'odeur des pommes de terre lui rappelaient chez lui – l'Autriche, les cafés de Vienne, les soirées et journées passer à vouloir changer le monde. L'Autrichien remercia le cuisinier, souffla sur sa bouchée avant de l'avaler, sentant la chaleur crépiter dans sa bouche. Explosion de saveurs et de sensations.

« C'est délicieux ! » souffla-t-il entre deux bouchées, une évidence qui méritait, néanmoins, d'être formulée. « On sent que vous avez de l'expérience en la matière. C'est chaleureux. À votre image. »

C'était une forme d'Art, en un sens. Sous l'esthétique pouvant paraître sommaire se cachait un tout autre décor. C'était de l'Art éphémère qui laissait son empreinte dans les gens mais ne pouvait être savourée qu'un temps.

« Il faudra que j'aille goûter votre cuisine plus souvent. Vous travaillez dans un restaurant de Pallatine ? Une telle maîtrise ne doit pas rester cantonnée à votre appartement. »

Chaque bouchée lui réchauffait l'âme et le cœur, semblait lui redonner des forces. Son dos s'amollit contre les oreillers, ses blessures se calmaient – bêtes apaisées par la nourriture offerte.

« Si un jour nous menons une fête des voisins. » Ce genre de rite pouvait-il exister à Pallatine ? Ce serait un bienfait. « Il faudra que vous nous partagiez des plats de votre pays. Je n'ai jamais eu l'occasion de manger iranien. »
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« Je vous remercie de votre compliment Tobias. Pour ma part, je trouve qu’il manque une légère pointe de sel. Mais je dois chipoter. »

Hafiz se contentait de manger, tout en jetant des regards à Tobias quand celui-ci ne le regardait pas. Il n’avait pas vraiment envie de dire quelque chose. Déjà parce qu’il était en train de manger mais aussi parce qu’il  ne voulait pas ramener sur le tapis la question des futures actions de Tobias. L’ambiance chaleureuse était enfin revenue et il ne fallait surtout pas la détruire.

« Oui, je travaille à Le voyage de la dégustation. C’est un petit restaurant altermondialiste à Sundlaw. L’endroit est calme et la bonne entente y règne en général. Nous acceptons les personnes de toutes les diasporas sans discrimination. Mais il faut savoir que je suis aidé par une petite équipe aussi. Je ne fais pas tout ça seul. Et en plus, ça permet d’échanger sur les façons de faire ou de se remettre en question parfois. »

L’iranine  n’était peut-être pas un expert dans ce domaine mais il semblait que son voisin ne souffrait plus beaucoup de ses blessures. C’était sûrement dû au fait qu’il se détendait.

« Oh mais je serais prêt à cuisiner les spécialités d’Iran à qui le demande. J’aime cuisiner pour les autres donc il est vrai que je serais très heureux d’y participer. Mais rien ne nous empêche de d’organiser cela par nous-même. Je pourrais faire des petits flyers à poster dans les boites aux lettres du quartier. Cela permettrait à tout le monde de présenter les plats de chez lui. Ce serait une découverte enrichissante pour tout le monde. »

C’est vrai que cela pouvait être une bonne idée après tout. Et, sans l’avouer à Tobias, Hafiz pensait que cela pourrait le rapprocher des gens du quartier qu’il ne connaissait que trop peu à son goût. Il passait ses journées au restaurant ou à faire des emplettes. Il ne rencontrait donc que les producteurs, les pécheurs et les vendeurs, ce qui représentait une petite minorité de la richesse des rencontres que proposaient Pallatine.

Tandis qu’il pensait à cela, il remarqua que son assiette s’était vidée. Il n’avait pas eu la sensation d’avoir mangé autant. Pour tout dire, il n’avait pas vu le temps passer non plus. Cela prouvait donc qu’il avait été en bonne compagnie. Il se leva donc et dit :

« Je vais faire un peu de vaisselles. Je ne vais quand même pas vous laisser avec tout le capharnaüm que j’ai fait dans la cuisine. »

Il quitta donc la pièce et s’employa à nettoyer tout le matériel de cuisine à la main. Cela une bonne demi-heure à bien récupérer, en particulier le mixeur et les casseroles. Une fois que tout fut fini, il rechargea tout ce qui lui appartenait dans le carton qu’il avait emmené depuis son appartement et déposa celui-ci dans l’entrée. Il n’allait tout de même pas partir comme un voleur. Il revint donc auprès de l’autrichien.

« Bon, il semble que vous alliez mieux. Je vais donc retourner à mon appartement, histoire de guetter le retour de mon colocataire. Il se pourrait qu’il soit rentré pendant que nous mangions. Et il faudra que je m’occupe aussi de lui. Si vous veniez à avoir un problème. Une douleur ou simplement l’envie de parler, n’hésitez pas à me contacter par téléphone. Je vous note mon numéro et celui du docteur sur un bout de papier. »

Il s’exécuta sur le champ, sortant une carte de visite et, récupérant un stylo, y nota le numéro du docteur. Il déposa ledit papier sur la table de chevet de Tobias.

« Bon, je vous souhaite bonne chance pour votre rétablissement. Et à très vite j’espère. »


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Le voyage de la dégustation. Tobias se nota scrupuleusement l'adresse, la griffonnant sur un coin de son carnet lorsque Hafiz le quitta, le temps de faire la vaisselle. Il se devrait d'y faire un détour. Le projet de l'Autrichien continuait de germer en lui, s'épanouissant – de plante verte il se faisait fleur. Il ne serait probablement plus présent au sein du quartier pour profiter de cette fête des voisins. Ou, qui sait, se permettrait-il une visite de courtoisie ? L'Autrichien avait confiance en l'avenir, aussi incertain soit-il.

Lorsque l'Iranien lui tendit sa carte, Tobias lui indiqua d'attendre. Doucement, ne voulant pas déchirer la feuille en deux, Tobias ôta une page de son carnet pour la remettre à Hafiz. Ce n'était guère qu'un croquis, une esquisse griffonnée à l'aide d'un crayon en papier. Sur la feuille blanche se détachait le profil de Hafiz – son regard perdu dans le lointain, un sourire à peine esquissé sur les lèvres, les cheveux ombrant son visage.

« Ce n'est pas grand-chose mais je tiens à vous offrir quelque chose pour vos services. Prenez. Vous me blesserez à refuser. »

Son index tapota la carte posée sur la table de chevet.

« Et je veillerais à voir le docteur régulièrement. N'ayez crainte. Prenez soin de vous également Hafiz. De vous et de votre ami. »

Un sourire.

« J'espère que nous nous reverrons dans de meilleures conditions la prochaine fois. »
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Alors qu’il s’apprêtait à lui donner sa carte, Tobias le fit patienter quelques instants. Il sortit un de ses carnets et tendit une feuille à Hafiz, noircit par des coups de crayon. En voyant le dessin, Hafiz n’avait pas eu besoin d’explication pour savoir ce qu’il représentait. L’iranien n’avait pas les mots pour exprimer son bien-être. Personne n’avait jamais eu l’idée de le dessiner. En même temps, Hafiz ne se considérait pas comme un modèle digne d’un artiste. Il était profondément touché par ce geste.

« Oh non, je ne refuserai pas ce cadeau. Cela me touche beaucoup que vous ayez fait cela pour moi. Je ne le mérite pas. »

L’iranien savait déjà où il afficherait cette œuvre d’art. Sa chambre était assez vide. Ce dessin permettrait de remplir l’espace au-dessus de son bureau. Comme ça, à chaque fois qu’il lèverait la tête, il pourrait se souvenir de la rencontre avec son voisin. Il se souviendrait de la douleur qu’ils avaient partagée. De cet espoir d’entraide entre les diasporas qui pouvait naitre.

« Oui, nous nous reverrons très vite. Je viendrais quand même vous voir régulièrement pour me tenir au courant de votre état. Bonne journée à vous. »

Hafiz fit une profonde révérence, comme s’il s’était adressé à un haut dignitaire d’Iran. Il quitta la pièce et posa délicatement le dessin sur son carton. Prenant ce dernier à bras le corps, il quitta l’appartement de Tobias et rejoignit son propre chez lui. Peut-être aurait-il la chance d’y trouver Naga. Malheureusement, la porte était verrouillée. Donc son colocataire n’était pas rentré. Pas encore tout du moins. L’iranien entra donc son appartement et, avant même de commencer à ranger son matériel, il fonça vers sa chambre. Récupérant un peu de pâte à fixe, il en plaça aux quatre coins de la feuille de papier et l’accrocha au mur. La vision du dessin accroché fit naitre un sourire sur son visage. Sourire qui ne disparut pas durant le reste de la journée.


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