« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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Fever { Lena

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Avatar : J. Won Han

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le Ven 25 Nov 2016 - 22:38

Nettie posa ses mains sur ses côtes, le souffle court. Sa respiration erratique soulevait frénétiquement sa poitrine et la sueur perlait sur son front. Quelques mèches d'un blond pâle y étaient collées, témoignage des efforts qu'elle avait mis à l'entrainement. Depuis plusieurs semaines, tous les deux jours, c'était la même routine. Course, renforcement musculaire, assouplissements, maniement des armes et combat au corps à corps. Tout cela avant d'attaquer sa journée de travail durant laquelle elle apprenait toujours davantage sur les rouages du casino. Elle partageait ces moments avec Lena, dont la forme physique n'était pas à remettre en cause. L'Irlandaise était très vite dépassée par les exploits corporels de la Russe qui maniait toutes les armes avec virtuosité, couteaux comme armes à feu. Elle se faisait régulièrement maitriser au corps à corps et même si chaque semaine elle s'améliorait un peu plus, elle ne faisait pas le poids.

L'entrainement avait été éprouvant. La course et la musculation étaient simples, éreintants mais simple, le reste en revanche était plus compliqué. Pas physiquement non, mentalement. La proximité de la russe était une véritable torture pour ses nerfs. Chaque geste dirigé vers elle l'obligeait à avoir un mouvement de recul, elle fuyait son regard d'émeraude comme la peste. Pourtant elle mourrait d'envie de la toucher, cela lui manquait. Depuis presque trois semaines elle avait brusquement coupé tout contact. C'était mieux pour sa santé mentale, car à chaque fois qu'elle la touchait elle sentait de longs frissons dévaler sa colonne vertébrale. Le moindre frôlement de ses doigts brulait sa peau, sa voix roulante et coulante à l'accent rauque provoquaient un émoi qu'elle ne s'expliquait pas. Son regard impénétrable la perturbait à chaque fois qu'elle le croisait et son cœur ne cessait de battre furieusement dans sa poitrine. Alors elle ne parlait plus beaucoup, gardait ses distances et restait concentrée sur les tâches que l'on lui imposait.

Aimer une femme.

Une hérésie.

La croix semblait peser lourd autour de son cou à chaque fois qu'elle y pensait.
Elle ne pouvait pas aimer une femme. Ce n'était pas possible, c'était tabou, c'était interdit.

Pourtant cette chaleur sous sa peau, son sang bouillonnant et son ventre sans dessus dessous à la moindre approche... Tout cela la poussait à penser le contraire. C'était si déstabilisant, si perturbant et troublant qu'elle perdait ses moyens à chaque fois que son prénom surgissait dans son esprit. Il devenait même difficile de la regarder s'entrainer, son attention s'obstinait à se fixer sur son corps, le détaillant sous toutes les coutures. C'était plus fort qu'elle, elle n'arrivait pas à s'en empêcher, cela la fascinait purement et simplement. Cette passion dévorante grandissait chaque jour qu'elle passait loin d'elle, et elle avait récemment pu définir ses sentiments comme étant du désir. Mais elle n'avait jamais désiré personne.
Brusquement, Nettie se redressa. Elle lança un regard en coin à Lena, souffla, puis s'avança vers le bâtiment.

« Je file prendre une douche avant le service, j'ai besoin de me rafraichir. On se voit en bas. »


Elle serra les poings. Elle eut envie de sourire, mais elle ne pouvait pas sourire sans la regarder dans les yeux. Et elle ne pouvait pas la regarder dans les yeux, tous ses sentiments auraient été trop limpides. Lena aurait peut-être pu comprendre rien qu'en croisant son regard et elle ne voulait pas qu'elle la repousse. Rien ne semblait être réciproque, Lena était égale à elle même. Ni froide, ni chaleureuse, emplie d'un mystère et d'une aura qu'elle ne parvenait pas à percer et qui la troublait trop pour que cela soit anodin. A des années lumières de l'aimer.

Nettie pressa le pas, mettant de la distance entre elles deux. Elle ne jeta pas un seul regard en arrière de peur de vouloir faire demi tour. Elle remonta les étages, utilisant les escaliers de service pour être sûre de ne pas la croiser, si bien qu'elle fut à bout de souffle en arrivant à sa chambre. Et encore plus dégoulinante, si cela était possible. Elle rentra dans sa chambre, se débarrassa de ses vêtements, puis se jeta sous la douche. La jeune femme était en ébullition, elle eut besoin d'une douche glacée longue d'au moins quinze minutes pour se remettre les idées en place. Ses mains vinrent couvrir son visage, elle grimaça. C'était dur, tellement dur de se tenir éloigné d'elle. Lena lui manquait, leurs discutions lui manquait, rire avec elle lui manquait. Elle voulait lui parler de tout, partager ses journées. Il était difficile pour elle de déterminer de quelle façon elle désirait la jeune femme, il lui semblait quelques fois n'éprouver qu'un intérêt platonique cependant... Souvent, très souvent c'était vraiment différent. Elle désirait son corps, elle désirait ses lèvres, ses mains, sa poitrine, son souffle mêlé au sien, ses doigts mêlés aux siens et son être contre son être...

Nettie frappa son crâne de ses deux paumes tendues, poussant un grognement frustré. La douche ne changeait rien. Elle devrait se faire violence cet après midi.
Les sourcils froncés et le cœur tambourinant dans sa poitrine, la jeune femme sortit de la douche, se sécha et passa les vêtements des employés du casino. Elle était si préoccupée qu'elle ne sentait presque plus les douleurs de son corps dues à l'entrainement. Le pas raide et décidé, Nettie remonta le couloir vers l'ascenseur. Elle pressa le bouton d'appel puis attendit, les bras croisés et le visage fermé.
La porte s'ouvrit très peu de temps après.
Bien sûr, Lena était à l'intérieur. Juste elle, personne d'autre.

« Oh, Lena. » Balbutia Nettie, le regard fuyant.


Comme à reculons, elle avança dans la cabine et se posta à côté d'elle. Quelques mètres carrés autour d'elles, quasiment rien entre elles. Son regard s'épingla sur la porte qui se referma, la laissant coincée, prise au piège avec ses sentiments déroutants.



Merci Ysrael ♥️♥️

La fragilité du cristal ne le rend pas faible, elle le rend délicat.

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le Ven 25 Nov 2016 - 22:47
A bout de souffle et couverte de sueur, Lena récupérait une bouteille d’eau qu’elle avait déposé non loin de là et la descendait quasiment d’une traite. L’entraînement avait été harassant, comme à chaque fois depuis plusieurs semaines. Les exercices n’étaient pas les seuls responsables, car, loin d’être insensible à la fatigue d’un effort physique, elle était habituée à ceux-là depuis longtemps. En revanche, la souffrance qui la ravageait été d’une toute autre nature. Une douleur pesait en permanence sur son coeur, une pression constante appuyait sur ses poumons, lui coupant le souffle, lui faisant parfois tourner la tête quelques instants, la laissant hagarde face à une situation qu’elle s’était promise de ne plus subir.
Elle avait laissé une brèche dans son cocon d’acier et la peine s’y était insinué, lentement, tendrement, sans qu’elle ne puisse y mettre un terme à temps. La peine la plus violente qu’un être puisse avoir à supporter au cours de sa vie. Elle avait aimé, oui, mais avait été repoussé. Malgré les mises en garde que son esprit n’avait cessé de lui hurler, elle n’avait réussi à faire autrement face à tant de grâce et de douceur. Tant de beauté et de tendresse.

Puis la distance.

Froide distance... Même lorsqu’elles étaient si proches l’une de l’autre.

Elle ne savait pourquoi, elle ne comprenait pas, mais les mots n’avaient jamais été prononcés, peut être avait-elle espéré sans raison ? Peut-être n’avait-elle jamais eu aucune chance de la garder auprès d’elle ?

« Je file prendre une douche avant le service, j'ai besoin de me rafraîchir. On se voit en bas. »

Une nouvelle fois, ces mots résonnaient comme le dédain que son amie éprouvait dorénavant pour elle, à la limite de l’aversion.

Une nouvelle fois, son coeur se fendait, se brisait, s’effondrait presque, ne tenant plus que par un fil.

Si faible fil…

Elle la voyait s’éloigner physiquement, mais la savait déjà loin, avant même qu’elle n'eût quitté la pièce.

L'incompréhension de la première semaine avait laissé la place de nouveau à la déprime. Plus grande que la précédente, plus douloureuse, plus éprouvante. Chaque seconde devenait une torture pour son esprit, son coeur, son âme…

Elle devait tenir pourtant. Elle ne pouvait faire autrement. Même si la volonté n’était que feinte, elle n’avait que ce choix, le seul autre étant encore trop extrême, même dans son état.

Elle prit l’ascenseur pour rejoindre sa chambre.

Insupportable chambre déjà pleine de souvenirs.

Les larmes commençaient à s’accumuler aux abords de son regard éteint de tout bonheur. A peine entrée, la porte refermée derrière elle, elle s’appuyait un instant contre celle-ci, ne pouvant retenir un dernier sanglot bien trop éprouvant à contenir cette fois. Sa respiration l’étouffait, son coeur battait difficilement, seule la peine glissait aisément sur ses joues.

Quelques longues minutes s'étaient écoulées avant qu’elle ne parvienne à se ressaisir, se redressant alors, séchant ses pommettes et se dirigeant finalement vers la salle de bains. Lena jeta ses vêtements à même le sol avant de prendre place sous la douche. Elle tournait alors le bouton et l’eau chaude lui réchauffait le corps et le coeur l’espace d’une seconde. Les larmes commençaient à être de nouveau proche, mais la russe ne souhaitait pas craquer une nouvelle fois. Elle augmenta lentement la chaleur du thermostat, lentement, régulièrement, laissant juste assez de temps à sa peau de s’habituer à la température qui commençait à être assez élevée pour envahir la pièce d’une légère vapeur, comme si par cette manœuvre, elle voulait tromper son être, lui faisant artificiellement ressentir la chaleur qui lui manquait tant. Elle sortit finalement après quelques instants, enfilant son uniforme qui était déjà prêt à être portait. Elle attacha ses cheveux en chignon, comme à son habitude, puis, après une dernière grande inspiration, elle franchissait enfin le pas de la porte, arborant une fois de plus un visage impassible et sans émotion.

Elle rejoignait l’ascenseur à nouveau et prit place à l’intérieur. Elle s’adossait à l’une des parois et fixait son reflet dans le miroir face à elle. Elle n’avait pas pleuré beaucoup, par chance et rien ne pouvait être remarqué sur son faciès. L’effort le plus grand pour elle était à venir maintenant. Parvenir à tenir face aux centaines de personnes qu’elle allait croiser. Face à ses collègues. Face à cette collègue en particulier. Celle qui n’allait pas quitter son esprit de la journée, qu’elle croiserait probablement, qu’elle verrait la repousser encore et encore. Un frisson lui parcourra l’échine à cette pensée. Elle baissa alors la tête, fermant quelques instants les yeux.

Puis l’ascenseur ralentissait, les portes s’ouvraient.

Puis cette voix, reconnaissable entre des milliers d’autres, lui faisant instinctivement relever les yeux sur elle, espérant capter ce regard qu’elle n’avait pas croisé depuis bien trop longtemps.

« Oh, Lena. »

Ses mots traduisaient sa gêne, son regard fuyant confirmait ce constat.

Lena lui souriait pourtant. D’un de ses sourires tristes. Un sourire de regret. Le regret de ne rien pouvoir offrir de mieux, celui que l’on affiche lorsque aucun mot ne peut être prononcé.




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le Ven 25 Nov 2016 - 22:51

Nettie serra les poings. Pourquoi l'immeuble était-il si haut ? Pourquoi fallait-il qu'il y ai tant d'étages ? Le silence était pesant, il écrasait ses épaules d'un poids stupéfiant, un poids qui compressait sa poitrine si fort qu'elle peinait à trouver de l'air. La respiration haute, les épaules crispées et les bras croisées, Nettie s'était statufiée. Cela faisait cinq secondes à peine qu'elle était rentrée dans l'ascenseur. La tension avait prit possession de son corps avec une puissance telle qu'elle ne parvenait pas à se détendre, à penser à autre chose. Lena était là, juste à côté d'elle, si elle tendait la main...

Elle secoua sensiblement la tête, cherchant à se débarrasser de ces idées bien trop dangereuses. Ses doigts se mirent à tapoter ses avants bras avec frénésie, quelques secondes plus tard, elle triturait la croix autour de son cou, puis ses cheveux encore légèrement humides. Elle lissa son t-shirt, remit en place un bouton, maltraita le lobe de son oreille, mordit l'intérieur de ses joues, passa d'une jambe à l'autre, observa sa montre sans être capable de lire l'heure. Son regard s'aventura sur le plafond, elle détailla après cela la moindre aspérité du sol, les coins, les boutons lumineux des étages. Ils descendaient si lentement, bon sang.
29...

Encore quinze étages.

L'Irlandaise ouvrit la bouche, cherchant quelque chose à dire, mais ne sachant plus comment aborder la conversation, elle la referma. Elle posa sa paume contre la paroi de métal et s'y appuya. Ses ongles vinrent taper sur l'acier, provoquant un petit cliquetis qui alla jusqu'à la mettre elle même sur les nerfs. Pitié, l'ascenseur devait s'arrêter. N'importe quel étage aurait fait l'affaire, elle pouvait prétexter un rendez vous rapide, elle pourrait inventer une excuse, n'importe laquelle. Il n'y avait absolument rien de distrayant à détailler un ascenseur, d'autant qu'elle évitait le miroir. Elle ne voulait pas croiser le reflet de Lena. Tous ses efforts auraient été réduits à néant.

Son corps était parcouru d'une énergie électrique, son ventre bouillonnait et son cœur battait si fort qu'elle sentait le sang marteler ses tempes. Un instant fit tout chavirer cependant. Un coup d'œil lancé de côté qu'elle ne put retenir. Son cœur s'emballa bien plus encore, si cela était possible. La crise cardiaque était-elle envisageable ? Elle arrêta de bouger lorsqu'elle vit le regard de Lena, fixé droit devant elle. Son profil, son visage, son expression. La mèche de cheveux qui glissait et ondulait dans son cou, ses cils noirs roulant sur ses paupières délicates, ses sourcils légèrement froncés et...

« Et merde. »

Leurs regards fusionnèrent, Nettie fut foudroyée par ses orbes émeraude. Elle franchit la distance d'un pas. Puis elle la plaqua sans douceur contre le mur et noua ses lèvres aux siennes avec hâte. L'envie s'éprit de son corps tout entier alors qu'elle l'embrassait avec fièvre. La jeune femme eut la sensation d'imploser, le désir ravagea sa raison à mesure qu'elle se perdait contre son corps qui lui avait tant manqué. C'était encore meilleur que ce qu'elle s'était imaginé, le courant électrique qui faisait vibrer son corps était grisant. Peut-être était-elle brutale mais au moins libérait-elle ce feu qui brulait en elle depuis trop longtemps. Ses mains se pressèrent sur sa nuque, dans son cou, sur sa taille, dans ses cheveux, tremblantes.

C'était bon.

Vraiment bon, à des années lumières de ce qu'elle avait pu imaginer. Il lui semblait respirer de nouveau, elle se perdit si intensément dans l'étreinte qu'elle oublia toute notion de temps, d'espace. Il n'y avait que Lena, Lena et son parfum, et sa bouche qui ne la repoussait pas, son corps brulant contre le sien.
L'ascenseur ralentit. Nettie interrompit le baiser, haletante, les yeux fermés. Elle mordit sa lèvre rougie et demeura quelques instants immobile. Puis les portes s'ouvrirent, inondant l'espace de lumière. L'Irlandaise recula précipitamment, les yeux écarquillés. Que venait-elle de faire ? Qu'est-ce qui lui avait prit ? La panique, vicieuse, envahit ses veines comme un venin.

« L-Lena, pardon... »

Nettie se jeta hors de l'ascenseur, écartant les quelques personnes qui voulaient y monter. Elle trébucha contre un homme, mais, lancée, ne s'arrêta pas. Elle ne voulait pas affronter le regard de la russe. Pas après ce qu'elle venait de faire, elle venait de... De... Disjoncter. Son esprit avait cessé de fonctionner pendant plusieurs secondes, elle avait cédé à cette tentation qu'elle s'était interdite. Sa petite taille lui permit de se faufiler entre les tables de jeu en évitant les clients. Filant comme une fusée, elle prit à peine le temps de se retourner pour voir que Lena la suivait. Alors elle força l'allure, se glissa sous le plateau d'un serveur qui manqua de tomber à son passage, contourna les croupiers, passa derrière le bar. Elle dérapa sur une flaque d'eau près des tireuses à bière, se rattrapa maladroitement au meuble, puis reprit sa course effrénée vers les cuisines. Elle ne pouvait pas. Il fallait qu'elle disparaisse... Elle avait embrassé Lena. Et pas qu'un peu. Elle courut,  slaloma entre les cuisinier, entendit les protestations des commis qui, troublés, la regardait passer à toute vitesse. Les pas de Lena retentissaient derrière elle, elle força l'allure. Elle poussa une porte au hasard et fonça à travers un couloir qui donnait sur une porte. Sa poigne décidée s'abattit sur la poignée.

Fermé.

Elle força, actionna le mécanisme, mais...
C'était fermé.

Son poing s'abattit sur le bois. Elle appuya son front contre la surface dure, ferma les yeux.

Elle ne voulait pas se retourner. Elle avait trop honte. Elle était juste là, derrière elle, elle arrivait.

Ce n'était peut-être pas plus mal après tout. Les choses allaient être mises au clair.
Mais elle demeura le dos tourné, la main obstinément posée sur la poignée.



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le Ven 25 Nov 2016 - 22:57
Cet ascenseur n’avait jamais paru aussi étroit, aussi lent, aussi silencieux. Elle s’efforçait de fixer uniquement son propre reflet face à elle, évitant à tout prix de regarder son amie postée juste là, à ses côtés. La torture était à son comble, l’esprit de Lena luttait avec elle-même afin de contenir sa tristesse de ne pouvoir réagir. Elle était tétanisée, droite, appliqué à garder un visage fermé. Les efforts qu’elle faisait n’étaient pas lisible sur son visage, sa respiration était calme, mais son coeur était serré dans sa poitrine, prêt à s’éteindre à la première douleur que l’irlandaise lui infligerait de nouveau malgré elle.

Mais cette douleur n’arriva pas.

Une seconde. Un clignement de paupière. Un soupir. Une pensée.

Puis ce corps tout contre le sien. Ce corps qui lui avait tant manqué. Son corps chaud qui la repoussait contre la paroi froide. Ses mains fébriles qui la parcouraient. Et ses lèvres. Seigneur… Ses lèvres. Celles qu’elle n’aurait jamais espéré sentir contre les siennes. Et cette force, cette fougue soudaine. Les sentiments, les sensations, tout étaient flous, incompréhensibles et pourtant tellement agréables. Le contraste de cet instant avec tous ceux qui l’avait précédé engourdissait ses sens, ses gestes, son être en totalité. Elle ne pouvait pas réagir. Elle ne voulait pas réagir.

Nettie l’embrassait avec ardeur, la touchait avec une brutalité sauvage que jamais elle n’avait vu chez elle. Elle ne cherchait pas à l’en empêcher, elle ne voulait pas non plus risquer de faire quoi que ce soit qui puisse l’interrompre. Elle ne profitait que de l'extrême bonheur que ce baiser faisait naître en elle, envoûté par celui-ci. Son souffle mêlé au siens était comme une bouffée d’oxygène, de l’air pure directement injecté dans ses veines. Son corps si froid revenait à la vie, son coeur en miette se ravivait, se renforçait. Ses lèvres la guérissaient. Elle la faisait revivre.

Il lui fallait une seconde pour réagir lorsque ce moment fut stoppé par celle qui l’avait provoqué.

Elle ouvra les yeux et entendit le pardon de Nettie. Elle remarqua la panique dans son beau regard métallique, ajoutant à l'incompréhension de la situation. Puis la fuite, une nouvelle fois. Nettie sortait en courant de l’ascenseur, bousculant les clients sur son passage. Sans même prendre le temps de comprendre, le corps de Lena se jetait à la poursuite de l’irlandaise, comme-ci cette fois chaque partie d’elle-même se refusait à être une nouvelle fois repoussé. Pas maintenant, pas après un tel baiser.

Nettie courait vite et se faufilait aisément entre les obstacles. Ce dernier point n’était pas une qualité de Lena à cet instant. Pas qu’elle ne puisse pas, mais là, elle ne cherchait qu’à suivre Nettie à la trace, ne voulant pas risquer de la perdre de vue. Chaque client, chaque croupier, chaque serveur que Nettie évitait avec agilité, finissaient par être percuté quelques secondes après par l’une ou l’autre des épaules de Lena, ponctuant leur traversé des salles par des bruits de verres brisés et de jetons roulant sous les tables.

L’émotion était trop forte cette fois. Les larmes retenues jusqu’alors s’écoulaient sur les joues de Lena sans qu’elle ne s’en rende compte. Il n’était plus question pour l’instant de contrôler une image ou un sentiment. Les lèvres de Nettie avaient achevé de briser la carapace de la russe.

Lorsqu’elle tourna dans ce couloir proche des cuisines, elle ralentit finalement. Elle était là, face à elle, face à une porte close. Elle n’avait plus de moyens de fuir. Lena avançait toujours, mais très lentement maintenant. Sa respiration était forte, son corps entier tremblait, son coeur tambourinait dans sa poitrine et les larmes n’avaient pas cessé. Elle qui d’habitude paraissait si effacé, si détaché, elle affichait enfin ce qui semblait être son vrai visage. Un visage de peur, de douleur, de tristesse, mais aussi d’envie, de désir, d’espoir. Elle espérait, oui. Elle approchait de Nettie et se trouvait à quelques centimètres d’elle, toujours silencieuse. Elle observait sa nuque, sa tête baissée, remarquant sa main agrippée à la poignée.

Sans réfléchir, Lena fit la seule chose dont elle avait envie à cet instant précis. Elle glissait ses doigts sur chaque flanc de l’irlandaise, entourant délicatement sa taille de ses mains puis de ses bras, la rapprochant d’elle, se rapprochant d’elle, plaquant son corps contre le sien. Elle sentait alors sa respiration, tout aussi forte que la sienne. L’arête de son nez vint caresser sa nuque, lentement, son souffle rapide et chaud s’abattant contre sa peau.

« Ne me repousse pas… Je t’en prie. » La voix si forte et dure habituellement était, cette fois, faible, tremblante, hésitante. Une énième larme ponctua cette phrase, venant s’écraser dans son cou. « J’ai besoin de toi. » Murmura-t-elle encore plus faiblement.


Après ses mots lourds, difficiles à prononcer, elle déposa ses lèvres terrifiées sur sa nuque, l’embrassant avec délicatesse, sans brutalité aucune, comme pour simplement ressentir de nouveau ce contact délicieux qui les avait menées jusque dans ce couloir.




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le Ven 25 Nov 2016 - 23:03

Elle s'attendait à se faire hurler dessus, bousculer, elle s'attendait au dédain, au dégout, elle avait peur de tout et de rien à la fois. Oui, elle avait peur que rien ne se produise, le silence de Lena aurait été pire que tout. Pire qu'une gifle, pire qu'un rire, pire qu'un flot de paroles incontrôlées. Elle ne pouvait pas se retourner, sa main était agrippée à la poignée, elle cherchait une issue à sa honte, à sa terreur. Mais sa poigne se fit faible lorsqu'elle sentit les mains de la russe sinuer sur ses côtes, sur son ventre, ses bras fins se nouant autour d'elle. Ses jambes lui parurent bien faibles en cet instant, elle tremblait. L'arrête de son nez se glissa sur sa nuque, lui provoquant un irrépressible frisson qui remua son corps d'une façon bien visible.

« Ne me repousse pas… Je t’en prie. J’ai besoin de toi.»

Nettie lâcha un profond soupir, sa tête se renversant contre l'épaule de la jeune femme. La fragilité de la voix de Lena serra son cœur, elle qui d'habitude était si forte paraissait si vulnérable en cet instant. Sa voix, soufflée, était presque brisée, chamboulée de larmes. La main de Nettie tomba, inerte, le long de son corps. Les lèvres de son amie vinrent papillonner dans son cou dans un contact intime, doux et léger qui lui arracha un sourire tremblant.

« Je... »

L'Irlandaise se tut durant quelques secondes. Puis elle se retourna subitement, enfouissant son visage dans le cou de la jeune femme.

« Je t'en supplie, ne pleure plus. S'il te plait...»

Ses bras vinrent entourer sa taille, elle se serra dans ses bras, tout contre elle, sans parvenir à rajouter un seul mot. Sa gorge était nouée, prise dans un étau d'émotion si complexe qu'elle ne parvenait pas à organiser ses idées. Alors elle ne la repoussait pas ? C'était inespéré, inattendu, elle ne l'avait pas envisagé. Et maintenant la jeune femme se sentait tellement bête d'avoir fuit, tellement stupide de l'avoir blessée. C'était toujours pareil avec elle, elle agissait sans réfléchir, sa spontanéité avait heurté plus d'une personne de son entourage. Mais elle n'avait jamais voulu faire de mal à Lena, c'était bien le contraire. Elle avait voulu éviter de l'étouffer, la laisser respirer et mettre ses propres sentiments de côté. Mais elle n'avait jamais au grand jamais pensé que ce qu'elle ressentait pouvait être... Réciproque ? C'était bien cela, n'est-ce pas ?

« Je suis perdue, Lena, pardon, je suis tellement désolée, je ne voulais pas te blesser. Je suis totalement déboussolée, depuis plusieurs semaines j'ai l'impression d'être une autre personne, tout est sans dessus dessous dans ma tête. J'ai l'impression qu'à chaque fois que je te regarde... de l'électricité cours partout dans mon corps, je n'arrive plus à penser, je dors mal, je suis terrifiée, mais je ne peux pas te virer de ma tête... Je ne comprends pas, et, toi... J'ai envie de te voir tout le temps, de te toucher, dès que tu es dans une pièce en même temps que moi c'est une torture. »

La jeune femme s'interrompit, la voix rendue  fébrile par l'émotion. Elle relâcha la pression de ses bras autour du corps de la jeune femme pour redresser la tête vers elle. Ses yeux d'orage vinrent attraper ceux de Lena, son index tremblant essuya les sillons des larmes qui avaient coulé sur ses joues. Puis elle glissa la pulpe de son doigt sur la courbe des lèvres de la jeune femme, fascinée par l'ourlet délicat de cette bouche qu'elle désirait tant. Le contact était si doux qu'elle la toucha à peine, la frôlant avec délicatesse.

« Moi aussi j'ai besoin de toi, Lena. Mais je ne comprends rien, avant aujourd'hui tu... Quand j'ai pris mes distances tu n'as pas changé de comportement, j'en ai déduis que... Que ça ne te manquait pas...  Pourtant toi tu m'as tellement manqué, si tu savais. »

Nettie écarta une mèche des cheveux de la jeune femme, l'esprit en désordre comme à chaque fois qu'elle se tenait trop proche d'elle. Elle profitait de cet instant volé au détour de ce couloir, dans le silence mat et feutré des lieux. Le désir grondait toujours dans ses veines, pourtant elle se retint. Elle avait besoin de réponses, de gestes, de quelque chose. Elle ne pouvait plus continuer, elle était épuisée par ses nerfs mis tous les jours à rude épreuve.




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le Ven 25 Nov 2016 - 23:15
Un soulagement immense s’empara de Lena alors que Nettie se retournait finalement pour l’enlacer et se blottir contre elle. L’irlandaise ne s'enfuyait pas, elle restait là, s’accrochant à elle à son tour. Les larmes s’arrêtaient enfin, mais les tremblements augmentaient quelque peu. La russe était sous le choc de cette attention que portait de nouveau Nettie sur elle. Elle avait attendu, espéré, souffert même et finalement, elle avait réussi à la retrouver, plus proche que jamais.

« Je suis perdue, Lena, pardon, je suis tellement désolée, je ne voulais pas te blesser. Je suis totalement déboussolée, depuis plusieurs semaines, j'ai l'impression d'être une autre personne, tout est sans dessus dessous dans ma tête. J'ai l'impression qu'à chaque fois que je te regarde... de l'électricité cours partout dans mon corps, je n'arrive plus à penser, je dors mal, je suis terrifiée, mais je ne peux pas te virer de ma tête... Je ne comprends pas, et, toi... J'ai envie de te voir tout le temps, de te toucher, dès que tu es dans une pièce en même temps que moi, c'est une torture. »


Chaque mot qu’elle prononçait semblait être tout droit sortie de l’esprit de Lena. Les sensations qu’elle lui décrivait été les mêmes, la peur, l’envie et la douleur. Mais la russe restait toujours silencieuse, resserrant faiblement sa prise sur sa si délicate proie. Puis elle sentit à l’inverse que Nettie la relâchait légèrement. Avant même que la peur d’un nouveau rejet ne s’annonce, leurs yeux se fixèrent une nouvelle fois face à face. Ce doux regard lui avait tellement manqué ces dernières semaines que son coeur se serra un peu plus dans sa poitrine devant cette vision.
Et le contact de son index sur la peau, sur sa joue puis sur ses lèvres. Un frisson traversa son dos alors, lui arrachant un léger vacillement.

« Moi aussi, j'ai besoin de toi, Lena. Mais je ne comprends rien, avant aujourd'hui tu... Quand j'ai pris mes distances, tu n'as pas changé de comportement, j'en ai déduis que... Que ça ne te manquait pas... Pourtant toi tu m'as tellement manqué, si tu savais. »


Lena s’en voulait maintenant. Cette manie de ne rien laisser paraître, de ne jamais autoriser son entourage à percevoir ce qu’elle peut penser ou ressentir avait bien failli lui coûter la présence de Nettie à ses côtés.


« Je.. C’est une mauvaise habitude que j’ai adoptée depuis longtemps. J’ai du mal à...» Les mots se coincer dans son gosier, elle déglutissait légèrement avant de poursuivre. « Je ne pensais pas que tu… qu’on... qu’on ressentait la même chose l’une pour l’autre. Je ne voulais pas... tu sais... que tu te sente mal à l'aise avec moi.»


Elle bredouillait comme jamais, cherchant chaque parole, ne sachant simplement pas exprimer les sentiments qui la submergeaient. A son tour, elle approcha lentement sa main du visage de Nettie et caressa lentement sa joue du dos de son index, dessinant simplement l’ovale de son visage.

« Je t’assure que tu m’as manqué. J’avais l’impression d’étouffer, je… j’avais besoin… tu...»


Avant même qu’elle ne parvienne à terminer sa phrase, elle déposa de nouveau ses lèvres contre celles de l’irlandaise. La tension était bien trop forte, tout comme les émotions qui continuaient de se déchaîner en elle. Elle avait besoin d’elle et ne savait comment lui dire avec des mots.

A l’inverse du baiser que lui offrit Nettie quelques instants plus tôt, celui de Lena était doux, tendre, sans brutalité aucune. Sa main glissa lentement vers l’arrière de sa tête, ses doigts glissant entre quelques-unes de ses mèches, la seconde se chargeant simplement de maintenant leurs corps l’un contre l’autre dans une douce étreinte.

Comme le premier baiser qu’elles avaient échangé, celui-ci avait l’effet d’une bouffée d’air pur, les battements de coeur de Lena s’amplifiaient et sa respiration s’intensifiaient. Elle aurait voulu que rien ne puisse jamais les interrompre. Et pourtant, c’est elle-même qui mit fin à ce second baiser, venant appuyer son front contre celui de Nettie alors, comme espérant qu’elle puisse ressentir ce que ces mots ne pouvaient exprimer.




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le Ven 25 Nov 2016 - 23:55

« Je t’assure que tu m’as manqué. J’avais l’impression d’étouffer, je… j’avais besoin… tu...»

Nettie eut à peine le temps d'enregistrer les quelques paroles de la jeune femme avant de se faire assaillir par ses lèvres. Son cœur bondit dans sa poitrine, ses mains se crispèrent dans son dos. La surprise de ce contact encore inhabituel lui arracha un petit sursaut. C'était si doux cette fois ci, plus doux que tous les contacts qu'elle n'ait jamais eu, mille fois plus délicat que le baiser qu'elle lui avait donné quelques minutes auparavant. Beaucoup plus tendre, si tendre que l'Irlandaise se sentit littéralement fondre dans ses bras. Une myriade de frissons de plaisir escaladèrent son échine lorsque la main de Lena se glissa jusqu'à sa nuque, dans ses cheveux, sur sa peau. Cette fois ci, c'était elle qui était incapable de faire le moindre mouvement. Focalisée de tout son être sur ce contact suave, elle avait omit le monde extérieur. Rien n'était plus important que cela en cet instant précis.

Cela s'arrêta bien trop vite. Elle la vit se reculer, son être tout entier protestant de la sentir s'éloigner. Lena déposa doucement son front contre le sien, mue par une tendresse qui la fit une nouvelle fois chavirer. Nettie ouvrit brutalement les yeux, le souffle court.  Ses grands yeux gris vinrent détailler le beau visage en face du sien, un sourire immense vint dévorer ses joues, dévoilant une émotion pure qu'elle n'avait jamais exprimée en face de Lena. C'était si bon. Un poids se relâcha dans sa poitrine lorsqu'elle se répéta une nouvelle fois que la russe ne s'enfuirait pas cette fois ci, qu'elle n'avait plus besoin d'omettre ce qu'elle ressentait pour elle. Elle pourrait... Être à ses côtés, tout simplement. La regarder. La toucher. Cela semblait si anodin, pourtant c'était une telle libération. C'était énorme. Elle ne savait pas du tout comment s'y prendre.

Se déchainait en elle un maelstrom de sentiments, une passion qui lui était inconnue. Son cœur ne semblait pas vouloir se calmer, leur proximité n'arrangeait rien. Ses joues avaient prit une teinte écarlate, ses yeux brillaient avec intensité. Sa main tremblante vint se saisir de celle de Lena. Dans un geste innocent, elle déposa sa paume sur le haut de sa poitrine, presque sur son sein. Dans sa cage thoracique palpitait avec violence son cœur malmené, il battait si fort qu'elle sentait son sang bouillir jusque dans ses tempes.

« Tu vois, tu sens... Ce que tu me fais, c'est ça. » Sa voix était plus rauque qu'elle ne l'aurait soupçonné.  « Jamais personne ne m'a fait ça. »

Nettie serra les doigts de la jeune femme dans les siens avant de fondre sur ses lèvres une nouvelle fois. Elle ne parvenait pas à maitriser le feu qui irradiait ses veines, elle ne pouvait contenir cette passion dévorante qui la faisait se jeter sur elle. A présent qu'elle avait la permission, elle ne pouvait se contenir. Elle voulait l'embrasser. Toutes ses pensées fusaient dans sa tête à mesure qu'elle ravageait ses lèvres avec une fougue qu'elle ne se connaissait pas. Cela avait le goût de l'interdit qu'une éducation lui avait imposée, cela avait le goût d'un plaisir intense et brut, un désir sans nom qui hérissait la chair de poule sur ses bras. Elle déposa ses lèvres dans son cou, jusqu'à l'orée de ses clavicules, sur son menton. Son corps encore tremblant se pressait contre le sien.

« Quand tu es si proche de moi je ne peux plus rien contenir. »

Nettie enroula ses bras autour de son cou, pressant davantage la pointe de ses pieds contre le sol pour s'élever à sa hauteur. Elle s'appuya contre la porte, l'entrainant avec elle. A mesure qu'elle l'embrassait avec toujours plus d'impatience, ses mains vinrent se glisser sur ses bras, sur ses épaules, dans sa nuque. Elle caressa la moindre parcelle d'épiderme nue qu'elle pu trouver sous ses doigts, s'arrêtant à l'orée de son t-shirt. Elle n'avait pas l'assurance d'aller plus loin, pourtant elle s'était déjà tenue à demi-nue contre elle. Mais maintenant tout était différent. Elle redécouvrait ce corps qu'elle avait abreuvé de son regard, elle embrassait cette peau qu'elle avait tant voulu toucher. Elle caressait ses lèvres des siennes et oubliait toutes les barrières qu'elle s'était imposées.



Merci Ysrael ♥️♥️

La fragilité du cristal ne le rend pas faible, elle le rend délicat.

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le Sam 26 Nov 2016 - 1:46
Le contact de sa main sur la sienne lui fit reculer légèrement la tête, observant alors le mouvement de leurs mains jointent jusqu’au buste de son amie. Nettie déposa la paume de Lena sur son coeur, lui faisant ressentir les battements de celui-ci. Chaque battement cognait au creux de sa main à la manière d’un tocsin que l’on sonnerait, comme la prévenant qu’elle ne mentait pas, qu’elle aussi ressentait ces sentiments qu’elles partageaient l’une pour l’autre.


« Tu vois, tu sens... Ce que tu me fais, c'est ça. Jamais personne ne m'a fait ça. »


Et alors que ses doigts s’insinuaient entre les siens, les lèvres de l’irlandaise retrouvèrent leur place contre celles de la russe. Cette dernière ne protesta pas, évidemment. Elle se délectait de chaque nouveau contact qu’elle pouvait partager avec son amie. Lena ne savait plus réagir lorsque Nettie l’embrassait, elle était vulnérable à ses lèvres, vulnérables à ses caresses, à ses regards, à son souffle, aux battements de son coeur qui résonnait en rythme avec le sien. Ces bras passaient autour de son cou était comme un verrou si faible et si fort qui les retenait ensemble, unis comme jamais avant. Chaque parcelle de son être ne vivait plus alors que pour ressentir ce que Nettie lui faisait ressentir. Chaque seconde prenait une minute pour leur laisser enfin le temps de le passer ensemble, rattrapant celui bêtement perdu à douter et à se fuir.


Le temps était suspendu une nouvelle fois. Le lieu qui les entourait n’existait plus. Il n’y avait plus qu’elles qui comptaient. Rien d’autre n’avait d’importance.


Lena avançait alors que Nettie reculait pour s’appuyer contre la porte derrière elle. Rien n’aurait pu lui faire détacher ses lèvres des siennes cette fois. Ni l’une ni l’autre n’avait l’intention de mettre fin à leur baiser.


Puis un cliquetis résonna juste derrière elles, sans même qu’elles ne s’en rendent compte, bien trop éprise l’une de l’autre.


La poignée, si fermement figée une seconde plus tôt, s’abaissa et la porte, si fixement maintenu dans son encadrement l’instant précédent, les repoussa brutalement, les sortant violemment de leur étreinte.


Par un réflexe naturel, Lena se dégagea de la porte en emmenant Nettie dans ses bras, la gardant contre elle. Un homme entra alors dans le couloir, une caisse entre les mains, remplis de provision visiblement destinée aux cuisines. Il s'apprêtait à pester puis s’arrêta pour observer Lena et Nettie, ne les ayant pas remarquées avant ça. Alors que Lena regardait Nettie qui semblait prise d’une peur panique à la vue du nouvel arrivant, l’homme se mit finalement à hurler sur les deux jeunes femmes.


« Qu’est ce que vous faites ici ? C’est pas une salle de repos ! Dégagez de là ! »


Sans même attendre la moindre réponse, l’homme s’éloigna en laissa la porte ouverte derrière lui. Et alors que Lena le suivait du regard pour vérifier qu’il sortait bien du couloir, elle sentit le corps de Nettie s’éloigner du sien rapidement, se dirigeant de nouveau vers la porte, cette fois ouverte.


Lena repartit alors à sa poursuite, la rattrapant bien plus rapidement cette fois. A peine quelques pas avaient suffit à lui saisir le bras alors qu’elle remontait les marches de la cage d’escalier sur laquelle donnait la porte de service.


La russe l’enlaça sans lui laisser le choix, profitant de l’avantage physique qu’elle pouvait avoir sur elle et la plaqua contre elle, l’enlaçant fermement pour ne pas lui laisser une nouvelle opportunité de céder à la panique.


« Ce n’est rien ma douce, ce n’est rien. On ne fait rien de mal, d’accord ? On est ensemble maintenant, personne ne pourra rien contre ça. Même s’ils essayent, je ne les laisserai pas, tu m’entends ? »


Les gestes de Lena se faisaient une nouvelle fois hésitants alors qu’elle tentait de rassurer Nettie. Elle n'hésitait non pas par doute cette fois, mais par peur. La peur que Nettie ne s’éloigne d’elle, trop effrayée par le regard des autres.


Elles avaient déjà été bien trop loin pour faire marche arrière et Lena, d’habitude si enclin à abandonner était, cette fois, bien décidée à s’accrocher à celle qui lui avait tant manqué durant tout ce temps.




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le Mar 13 Déc 2016 - 23:03

Nettie baissa les yeux vers les escaliers en béton, le cœur battant. Le menton posé sur l'épaule de Lena, elle ferma les yeux pour savourer l'instant. C'était étonnant, troublant, détonnant, perturbant. Elle s'était posé tant de questions, avait tant douté. En quoi était-ce différent de ce qu'elle avait pu ressentir pour un ami ? Pourquoi avait-elle ce besoin intense d'être en sa présence ?

Elle avait fuit, elle fuyait toujours un peu. C'était effrayant, le moindre regard que l'on posait sur elles la tétanisait au plus haut point. Elle craignait le jugement, elle ne voulait pas avoir honte. Lena n'était pas quelqu'un de qui on avait honte. Elle était belle, pas belle comme toutes ces femmes apprêtées que l'ont pouvait croiser au casino. Elle était vraiment belle, son visage était une symphonie d'harmonie et son sourire faisait s'allumer un brasier dans son corps. Ses traits étaient empreints d'un naturel poignant, touchant, qui ne se révélait que lorsqu'elle abaissait son masque bien construit. C'était en ces instants que son cœur s'était emballé pour la première fois, lorsqu'elle l'avait vraiment découverte. Touchante, sublime, au delà du beau. Délicate, même derrière cette façade de froideur. Elle avait rêvé de se serrer contre elle, elle avait rêvé de cette bouche dans laquelle roulait son accent coupant, saillant et paradoxalement si doux.

Plus rien n'existait lorsqu'elle était contre elle. Le regard des autres n'avait aucune importance, celui de son dieu non plus. Elle voulait être à ses côtés, tout simplement. C'était si bon de la tenir, de la sentir du bout des doigts, puis contre ses paumes, faire rouler ses ongles sur sa peau par dessus son t-shirt. Elle ne voulait plus faire semblant de ne rien ressentir pour elle. Non, elle ne voulait pas avoir honte de Lena. Elles étaient ensembles, maintenant. Elles étaient deux, enlacées, soudées. Comblant la peine, la tristesse, la colère et la violence. Deux, c'était tout.

"- Désolée, j'ai eu peur." Souffla-t-elle.

Le regard de Nettie chercha celui de Lena. Un léger sourire flotta sur ses lèvres, vaporeux et doux.

"- J'ai cru... Je... Pardon..."

Elle s'en voulait de penser de cette façon. Elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir tout cela, on lui avait inculqué ces mensonges. Tout se brisait peu à peu. Une femme avec une femme ? Un homme avec un homme ? Etait-ce si contre nature ? Les sentiments qui abreuvaient son corps semblaient pourtant être les plus beaux du monde. On lui avait apprit, dans cette époque lointaine, qu'il ne fallait pas désobéir, qu'il fallait écouter le Seigneur... Mais tout cela était emprunt d'une telle beauté qu'elle n'y voyait que de la grâce. La main de Nettie grimpa le long du bras de la jeune femme, elle frôla sa joue, son visage, ne disant rien pendant de longues secondes. Son regard clair semblait sonder sa comparse tandis que son esprit tournait à cent à l'heure.

" On m'a mentit toute ma vie tu sais, Lena. Je croyais qu'une femme avec une femme c'était... C'était laid, c'était affreux et pervers, dénué de toute humanité. Une chose exécrable."

Elle mordit l'intérieur de sa joue pour contenir son émotion.

"Mais tu es parfaite."

Elle eut un sourire dévorant, lumineux et solaire, puis elle l'embrassa sans se poser plus de questions.

" Je ne peux pas te promettre que ce sera simple. Je ne sais pas ce que je vais dire, ce que je vais faire, je risque de douter, de me poser des questions. Mais rappelles toi que tu es parfaite."

L'obscurité de l'endroit les berçait dans une ambiance intimiste et paisible, le silence accueillait leurs émotions à bras ouverts. Nettie glissa ses deux mains sur le visage de la brune, caressa ses tempes, sa peau, incertaine et pourtant sûre d'être à la bonne place.

" Je ne sais pas comment faire, vraiment. Je n'ai aucune idée de comment faire. Mais tant pis si ça me prend des jours, des mois, je veux être avec toi."

Il lui semblait que cet instant pourrait s'étirer durant des heures, elle aurait pu rester là. Mais le bipeur à sa ceinture s'activa, sonnant le début de leur service. Nettie se dégagea lentement de sa chaleur, à contre cœur. Elle attrapa sa main, glissa ses doigts dans les siens. Comment reprendre le cours normal de sa journée à présent ?



Merci Ysrael ♥️♥️

La fragilité du cristal ne le rend pas faible, elle le rend délicat.

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