« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

Forum urbain sf/historique avec paradoxes temporels
Avatars manga/illustrés, taille 200x320px - Forum tout public
Aucune limite de lignes ou de mots - Aucune condition d'activité
Lire le contexte

Partagez
Voir le sujet précédentVoir le sujet suivant

three degrees west of a hurricane || Nettie

avatar
Homme de main

this is why we don't get nice things

Nom de code : prototype-34
Avatar : raiden - metal gear

Messages : 66
Messages rp : 18
Date d'inscription : 26/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
D’aucun songerait qu’il y a comme— comme quelque chose de bancal chez lui lorsqu’il dévale les escaliers en trombe — se propulse hors de son appartement comme si sa survie en dépendait, lueur folle encore au coin des yeux. (Comme un décalage entre sa foulée décidée et les claquements de talon qu’elle ne produit pas contre le bitume gelé ; une dérangeante sensation de vide, infiltrée entre l’impérieux (la tenue de ses épaules) et le spectral (sa trajectoire qui ondoie, sans heurt, entre les passants) (et qui s’accroche, s’accroche, se dissipe, fait détourner le regard).)

(Et petit à petit, l’animosité s’écoule, s’efface, si bien qu’arrivé au point de rendez-vous, l’on pourrait croire à la supercherie.)


Installé dans un box, dos à la partie ouverte de la salle, il attend (et pour une fois, pour une fois son inoccupation n’est teintée ni de frénésie, ni d’une fatigue si extrême qu’elle le laisse, à peine conscient, suffisamment hagard pour ne plus avoir à penser). L’écharpe et les gants, adaptés aux températures extérieures, achèvent de dissimuler ses traits les plus particuliers. (Et oh, il n’essaie pas vraiment, a juste besoin de donner le changer, un certain temps ; ici il n’est, après tout, pas le seul à avoir été refait de la sorte.)

(Pour peu qu’il se tienne en laisse, il a appris à passer pour normal ; Pallatine aidant.)

D’un désœuvrement banal (prévu), il fait défiler un document quelconque sur la tablette recalibrée à sa main. L’horaire atteint, il lève les yeux vers le miroir endommagé et sale du bar médiocre et sans nom de Kolt dans lequel il a joué les pauvres hères venus s’abriter du froid durant le dernier quart d’heure. Là.
(Elle est entrée, observe le même petit manège que celui auquel il vient de se soumettre.)


Avec un grommellement indistinct digne du saoulard lambda, il ébranle sa carcasse trompeuse (souple figée imposante décharnée), et se dirige vers la sortie, laissant la porte se refermer derrière lui avec force courants d’air—dans son rôle jusqu'au bout. Quelques minutes plus tard, elle le rejoint. (Et lorsqu’il la dévisage, son regard a retrouvé sa clarté polaire.)

Pourquoi exactement fallait-il que cette mission lui soit échue.
avatar
Gangster

Les pages se tournent.
Avatar : J. Won Han

Messages : 73
Messages rp : 41
Date d'inscription : 15/08/2016
Voir le profil de l'utilisateur

Nettie boutonna un à un les fermoirs de son manteau noir, faisant glisser les petits cylindres dorés entre ses doigts pâles. D'une main légère, la jeune femme dégagea ses cheveux pour les laisser s'épanouir entre ses omoplates, ils se déposèrent sur la fourrure corbeau qui habillait sa nuque de la plus délicate des façons. Elle noua fermement la ceinture de son trench-coat autour de sa taille, remonta la fermeture de ses bottes sur ses mollets, puis posa sa paume sur la poignée de la porte. Ses yeux se plissèrent alors qu'elle vérifia, pour la dernière fois, la présence rassurante de ses deux Berettas fixés à sa ceinture. Dans la doublure de son manteau, des chargeurs supplémentaires et deux couteaux de lancer. Elle ne comptait pas réellement s'en servir mais il valait mieux être armée. Elle attrapa ses gants, la mallette que lui avait laissé Fred quelques heures plus tôt, puis s'engagea dans le couloir d'un pas décidé.
Dans le reflet de l'ascenseur, elle se répéta que ce n'était qu'une transaction anodine, elle ne serait pas confrontée à une situation délicate. Des armes contre de l'argent, un groupe d'indépendants habitué des traites avec les gangsters. Un coéquipier qualifié. En somme, une première mission qui ne pouvait que bien se passer.
Elle enfila ses gants, concentrée sur la sensation du cuir, doux, contre sa peau. Elle fit rouler ses articulations, étirant la matière sur ses phalanges fines.
Une mission dans laquelle elle pourrait faire ses preuves, enfin. Elle ne comptait pas foirer, pas ce soir.
Un dernier regard au miroir avant d'atteindre le rez-de-chaussée. Elle s'était vêtue de noir uniquement, cherchant la discrétion. Mais jamais, au regard d'une quelconque situation, ne se séparerait-elle de l'élégance. La fourrure, les bottes, le trench-coat. C'était simple, pratique, mais le résultat était là. Sa carrure n'avait rien d'impressionnant, loin de là, son visage portait encore les traces d'une adolescence trop vite avortée, ses cheveux blonds marquaient son innocence. Mais l'élégance était celle d'une femme. Nettie s'élança dans le hall, discrète ombre, puis sortit dans la nuit glaciale.

Sa foulée rapide et son pas leste la menèrent jusqu'à Kolt en un petit quart d'heure. Elle n'avait eu qu'une simple description de ce Nikolai, elle connaissait jusque là que les détails flous de leur rencontre. Elle ne se faisait pas trop de soucis, il l'attendrait. Elle le reconnaitrait. Les choses allaient se dérouler normalement. Le néon fatigué d'un bar à la devanture vieillie illuminait le coin de la rue. Sale, délabré, anonyme, parfait. Pour tout le monde, sauf pour elle. Avec sa gueule d'enfant, elle n'avait rien à faire dans un endroit comme celui ci. Pourtant, elle enfouit son nez dans la fourrure épaisse qui enceignait son cou, raffermit sa prise sur la discrète mallette, puis pénétra dans l'endroit comme il était prévu.
Elle prit place, balayant la salle d'un rapide regard, à une table un peu excentrée, près de la porte. La jeune femme ne s'attarda sur rien et, étrangement, parvint à maitriser la nervosité qui l'habitait pour jouer la parfaite nonchalance. Son ombre discrète passa presque inaperçue. Alors, assise, la mallette coincée entre ses deux pieds serrés, elle pianota sur son téléphone, le visage à demi dissimulé dans sa fourrure.
Elle le reconnu quand il passa près d'elle, la démarche, la carrure, le profil. Son cœur s’accéléra sensiblement, l'envie d'action se glissa dans ses membres là où elle pensait sentir l'appréhension. Ses yeux se rebaissèrent très rapidement vers son téléphone, elle attendit alors quelques instants. Cela lui parut des heures. Puis, elle rangea lentement son téléphone dans son manteau et sortit, entrouvrant à peine la porte pour se glisser à l'extérieur. Sa mallette dans la main, elle rejoignit l'ombre silencieuse qui l'attendait au croisement de la rue. Elle leva les yeux vers lui, il n'était pas excessivement grand. Bien plus qu'elle, certes. Mais, arrivée si proche de lui, elle se rendit compte que cette aura qui l'entourait le rendait plus imposant qu'il n'était en réalité.

"- Bonsoir."

Elle a un peu hésité à parler. Il ne semblait pas très sympathique à la vue de sa mine sérieuse et de son air polaire. Mais la jeune femme ne voulait pas éviter son regard, c'était là que tout se jouait. Elle ne savait trop ce qu'il pouvait y lire, elle s'efforçait de ne pas montrer à quel point tout cela était nouveau pour elle.

"- Je suis Nettie, enchantée, Nikolai."

La jeune femme ne put s'empêcher de placer les formulations d'usages. Elle se contrôlait encore tous les jours pour ne pas être plus cérémonieuse, pour ne pas s'offusquer d'un geste de la main quand, à son époque, on lui offrait un salut respectueux. Mais l'heure n'était pas aux présentations amicales.

"- Je pense qu'on peut y aller, alors."

La jeune femme hésita à lui avouer qu'il était son tout premier coéquipier, pour sa toute première mission. Sans doute le savait-il ? Ou bien le devinerait-il, peut-être.

"- As-tu déjà traité avec ce groupe ? J'ai entendu dire que c'était une transaction plutôt simple."

Peut-être devait-elle arrêter de parler ? Elle était plus nerveuse qu'à sa sortie du bar. Ce type la mettait mal à l'aise.


____________



Serguei vissa lentement le silencieux de son arme puis sortit un mouchoir de son sac et se mit à frotter le métal. Il n'aimait pas les traces de doigt, sauf si elles étaient empreintes de sang. C'était lui qui avait tout planifié, ce soir. Ils allaient marcher tout droit dans la gueule du loup. Ces gangsters s'étaient sûrement habitués à ces petites transactions de routine, à ces échanges mensuels et sans accrocs. Mais Serguei en avait assez, cette nuit cela se terminait. Il avait fait miroiter un joli pactole d'armes, un attirail tout droit venu du futur, créé par une bande de scientifiques Indépendants aux idées inspirées d'époques lointaines. Bien sûr qu'elles existaient, ces armes. Mais elles étaient à leurs bras ce soir, prêtes à être utilisées.

On ne plaisanterait plus avec lui. Ni les gangsters, ni les Iwas, ni aucuns d'entre eux. Pas après le carnage qu'il allait faire des pauvres ratés qu'ils avaient du envoyer. Ils allaient s'amuser.



Merci Ysrael ♥️♥️

La fragilité du cristal ne le rend pas faible, elle le rend délicat.

▽:
avatar
Homme de main

this is why we don't get nice things

Nom de code : prototype-34
Avatar : raiden - metal gear

Messages : 66
Messages rp : 18
Date d'inscription : 26/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
Lorsqu’il la voit s’avancer vers lui, sortant du bar anonyme, il la replace aisément, repérée alors qu’il quittait lui-même l’établissement ; elle s’était située à l’une des tables à l’avant du bar (bonne vision sur les nouveaux venus, mais trop près de la porte, trop à découvert — raisonnée mais inexpérimentée). D’un coup d’œil, il la juge rapidement ; les bosses déjà presque parfaitement dissimulées de ses holsters, une gueule d’ange, une aisance — une noblesse — quiète (elle se teinte de nervosité au fur et à mesure qu’elle s’approche de lui (une foulée souple puis deux puis —)), incapable de s’empêcher d’en dire long sur son précédent milieu. Et ses traits doux et harmonieux n’ont rien à faire dans ces ruelles, dans la fange, appartenaient à un tout autre monde que celui des accords entre la plèbe et le mufle d’un flingue, de la bassesse des bordels ; mais elle aura son utilité au sein des gangsters (il y a cette sorte d'évidence à son propos). Sans quoi, on ne lui aurait pas attribué la charge de cette mission. (Reste à savoir quel rôle lui-même vient y jouer.)

Face-à-face, la tension qui raidit ses épaules est d’autant plus patente pour qui sait la repérer, mais elle croise son regard, et au moins acquiesce-t-il à sa salutation, lui renvoie-t-il un de même (plus par nécessité de ne pas consciemment la mettre davantage mal à l’aise que par pure politesse (homme de peu de mots)).

Sans prendre la peine de répondre vocalement, il tourne les talons sur sa mi-proposition, la laisse prendre place à son côté, la guidant à travers les dédales de Kolt à enjambées anodines, ne laissant transparaître aucune agitation. À sa question, il se retourne vers elle, opine, pour cause, leurs membres sont des partenaires réguliers de la diaspora en matière de trafic d’armes, et d’une voix doucement empreinte de gravité, ajoute, apprends à ne jamais t’attendre à ce qu’une transaction de ce genre soit facile. Et pour l’instant, pour l’instant encore, ces mots n’ont rien de précurseur ; n’ont aucune prétention ; ne sont que quelques brindilles de conseil, si tu as des questions qu’il a appris à souffler en direction de ceux qui lui sont évidemment trop neufs. (Mais peut-être, peut-être aussi qu’au fond de lui il sent déjà le tonnerre rouler dans ses poumons, ce qui expliquerait le demi-sourire désabusé qu’il garde privé, n’affiche que d’un côté — celui opposé à la jeune femme.)

Leur destination se situe à la frange de Sharsfort, où les bâtiments se rapprochent du sol avant de laisser de-ci de-là suffisamment de place à quelques rares entrepôts, où s'agglutinent encore des édifices toujours plus modestes.


Contenu sponsorisé
Revenir en haut
Voir le sujet précédentVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum