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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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birds in the night // EARL

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le Lun 5 Déc 2016 - 12:15

Il faisait humide et froid dans les rues de Kolt, où les danseuses du soir réchauffaient les vieux os de ceux qui faisaient glisser leurs vêtements sur leur peau, où les oiseaux du matin avaient laissé leur place aux murmures de la nuit et aux tendresses coupables. L'après-midi s'était éteinte depuis peu lorsqu'Elle passa la porte de l'Hirondelle, détaillant chacun des aspects de la rue dans laquelle le bâtiment était installé, l'oreille attentive aux murmures déjà audibles lorsque sa silhouette se démarqua du reste de la foule. Ils l'attendaient, parfois le regard inquiet ou un maigre sourire au bord des lèvres. Elle avait traversé la salle d'un pas ferme, marquant sa présence en relevant le menton et la poitrine, le regard attentif à chaque détail de l'établissement et de ses occupants – féminins pour la plupart.

Elle s'était planté là, devant eux – elles – et le regard brûlant d'une tendresse froide, elle avait esquissé un sourire, avant de hausser la voix, claire et affirmée, chaleureuse mais sans douceur, adressée à son public dont elle avait capté l'attention par sa seule arrivée.

«  ─ Je suis Circé, votre nouvelle patronne. Pour vous, je serai Madame. »

Elle s'était arrêtée, mais personne n'avait rempli le silence, le regard figé sur elle, peut-être sceptiques ou inquiets, perplexes. Elle avait laissé plusieurs secondes s'écouler, comme pour se prouver qu'elle avait toute leur attention. Et, remarquant qu'ils étaient pendus à chacun des mots qu'elle aurait pu prononcer, elle se rassura d'un soupire.

«  ─ Désormais, lorsque vous aurez un quelconque problème ou questionnement lié à votre place en cet établissement, c'est à moi que vous devrez vous référez. »

Son regard avait nettoyé la salle. Parmi toutes les charmantes demoiselles qui composaient son public se trouvait un homme qui devait avoir à peu près son âge. On lui avait parlé de Beast, on l'avait mise en garde contre son caractère et son attachement tout particulier à la Maison. Comme si elle pouvait craindre quiconque entre ces murs.. Elle reprit la parole, détachant son regard de la seule silhouette masculine dans la foule.

«  ─ J'imagine qu'il est inutile de préciser que j'ai été désignée par notre Parrain et que, par conséquent, défier mon autorité revient à défier la sienne. »

Elle haussa les épaules à l'approbation timide de quelques regards hésitants. Elle ne cherchait pas spécialement à être intimidante. Elle mettait les choses au clair, au cas où le fait d'être nouvelle avait incité des idées de mauvais ordre à se glisser dans leurs esprits. Mais elles avaient décidément été bien éduquée, puisque aucune des demoiselles n'avait osé lui couper la parole ou contester le moindre de ses mots – qu'avaient-elles à dire, de toutes façons..

«  ─ Enfin, je ne connaissais pas Birdy, seulement de nom. Je ne sais pas quelle patronne elle a été, ni l'affection que vous pouviez lui porter, mais sachez que je respecterai sa mémoire et l'Hirondelle, sous ma protection, restera l'Hirondelle que vous connaissez. »

Elle avait marqué la fin de sa prise de parole par un mouvement de tête, accompagné d'un vague mouvement de main qui les incitait à rejoindre leur place. Et dans la foule, son regard s'était à nouveau arrêté sur la Bête.
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L'Hirondelle

Quand on emmerde un peu son monde, on ne s'étonne pas qu'on finît par y être renvoyé un coup de pied dans les fesses. Videz les ordures, c'est son métier. Jurer et cracher, c'est sa marque de fabrication. Il peut être doux avec les femmes, dure avec les hommes. Mais présentez-lui un bon whisky et il l'avalera comme si c'était de l'eau. Et peut-être que vous aurez la chance d'être dans sa liste d'amis. Autrement, gare aux coups. Bordel !
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le Jeu 15 Déc 2016 - 10:30


Birds in the night

La porte s’ouvrit sur un corps gracile et envoûtant. Une longue chevelure argentée traversa la pièce tout en coupant l’activité en cours. Toutes les filles tournèrent leurs regards vers la nouvelle arrivée. La nouvelle patronne. L’atmosphère était pesante, le style à vous raidir le temps d’une tempête éphémère. L’inquiétude se laissait sur le vissage des employés quand les yeux d’émeraude balayèrent la pièce. Elle fixa la femme, puis Earl. Elles virent que la bête n’avait pas changé sa position, ni son comportement. Même s’il avait détourné le regard vers la femme, il avait toujours la tête relever et le torse bombé, comme un monstre prêt à sauter sur une proie.

«  ─ Je suis Circé, votre nouvelle patronne. Pour vous, je serai Madame. »

Cette douce présentation démontrait déjà l’état d’esprit de la femme. La bête grogna, sans dire un mot. Son attention se porta sur la barmaid, une femme droite et ferme. Un message semblait se transmettre en eux. Un regard qui disait : « N’attire pas ses foudres, Beast. S’il te plaît. » La bête s’en fichait. Seul mâle dans cet univers entièrement composé de femme, on pourrait croire que ce fauve était le dominant. Il exerçait son devoir de protection au moindre geste violent.

En tant que subordonné des Gangsters, Earl ne comptait pas défier l’autorité du Parrain. Au contraire, il lui remerciait sincèrement de désigner une remplaçante pour ses paperasses. Enfermé dans une pièce exiguë, il se sentait comme un animal en cage. À mainte reprise, il aurait pu s’énerver sur le mobilier, innocent, ou faire les quatre cents pas – soit dit en passant, il en a déjà fait deux cent soixante-dix pas. Une chose entraînant une autre, la pression sur ses épaules le poussa à fumer un peu plus chaque jour. Et si le tabac froid imprégnait ses vêtements, il mettait un point d’honneur à le faire qu’à l’extérieur. De plus, il se demandait si Ysrael avait informé de sa « menace » concernant son potentiel départ des Gangsters.

«  ─ Enfin, je ne connaissais pas Birdy, seulement de nom. Je ne sais pas quelle patronne elle a été, ni l’affection que vous pouviez lui porter, mais sachez que je respecterai sa mémoire et l’Hirondelle, sous ma protection, restera l’Hirondelle que vous connaissez. »

Tous les regards se tournèrent une nouvelle fois vers la bête, sans bouger. Les filles savaient toutes quelle serait sa réaction si Circé n’avait pas ajouté cette dernière réplique. Elle avait calmé la bête sur un point : tout restera comme avant.

Tout. Sauf qu’il n’avait pas Birdy dans cette pièce. Il n’avait pas sa petite sœur de cœur.

«  ─ J’espère bien. Je serais là pour m’opposer au changement. »

Ces mots fermes poussaient la bête à se relever, et inquiétèrent quelques filles. Bien qu’elles retournèrent à leurs occupations, elles observèrent la réaction de la nouvelle patronne, concernant le comportement d’Earl.

Il se plaça devant Circé, sans un mot de plus. Il la dépassait largement d’une hauteur de tête. Son torse et sa musculation imposante inquiétaient les mâles les plus faibles. Habituellement, il ne se montrait pas menaçant vis-à-vis des femmes, mais Circé s’était différent. Depuis le début, c’était une menace… même venue d’en haut.

«  ─ Je ferais mon travail, mais je ne m’oppose pas au patron. Cependant, je ne vous accepte pas. L’Hirondelle est, et restera, toujours à Birdy. Rappelez-vous-en, Madame, annonça-t-il, en insistant avec mépris sur le dernier mot.

La bête contourna la femme, sans le moindre regard. Il se dirigea vers son poste habituel, heureux de le retrouver. Cependant, un pincement subsistait dans son être. Caponne... avait-il abandonné ses recherches ?

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Tout viendra à qui sait attendre.

Earl Grey: Tout le monde, vous savez quel est la différence entre un vide d'ordure et Earl ?
Earl Grey: Il n'en a pas. C'est des ordures
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le Mar 3 Jan 2017 - 16:53

«  ─ J’espère bien. Je serais là pour m’opposer au changement. »

Un sourire naquit sur les lèvres de Edvige, le regard fendu entre un rire muet et une lueur de défi qui n'avait cessé de briller au fond de ses pupilles. Là-haut, on ne lui avait parlé que de lui, Beast, et de ses crocs acérés, prêts à déchirer la première imbécile qui prétendrait être la Nouvelle Birdy. Sauf que Edvige n'avait aucune intention de disparaître, elle. Un souffle chaud avait sifflé entre ses lèvres entre-ouvertes, remarquant que ses employées s'étaient toutes tournées vers leur protecteur.

«  ─ Je ferais mon travail, mais je ne m’oppose pas au patron. Cependant, je ne vous accepte pas. L’Hirondelle est, et restera, toujours à Birdy. Rappelez-vous-en, Madame. »

On l'avait prévenue, Edvige, qu'à force de les vider, la Bête s'était confondue avec les ordures. Il en avait presque l'odeur tant il respirait de.. sympathie. Mais les bêtes, qu'ils soient des lions ou des chions, ça se dresse, ça donne la patte et ça cache ses crocs quand les arguments sont bons. Un soupire s'échappa de ses lèvres, le regard fiévreux sous ses longs cils noirs dévorant la silhouette de la Bête qui lui échappait – lui glissait entre les doigts. Il transpirait d'amour pour cette Birdy, qui avait disparu du jour au lendemain, sans laisser de traces ou d'indices. Elle l'avait laissé, là, seul, abandonné, et il avait encore trouvé la force d'être dévoué. C'était certain, la Bête avait été apprivoisée, mais par une demoiselle qui n'avait laissé derrière elle qu'un souvenir regrettable.

Lui faisait-il une blague ? Ou voulait-il lui faire passer un test ? Intriguée, elle le suivit, s'arrêta dans l'encadrement de la porte contre laquelle elle s'appuya, et croisa les bras contre sa poitrine. Elle releva un sourcil, fascinée par l'inconditionnalité de sa dévotion.

«  ─ Ta loyauté est admirable, je me dois l'admettre. »

Elle plissa le nez, irritée par l'odeur écœurante des déchets qui lui rappelait les champs, la poussière et l'humidité. Et à lui, ça devait au moins lui rappeler quelle était sa place ; à côté des ordures. Elle haussa les épaules, pour marquer le manque d'intérêt qu'elle portait à ce genre de choses ; qu'il soit videur ou qu'il vende son corps, ça lui importait peu, à Edvige. Ce qui était important, c'est qu'il travaillait désormais pour elle, et qu'à défaut de ne pas toujours être agréable, il fallait au moins s'assurer d'un tant soi peu de respect.

«  ─ Sache que je n'ai pas l'intention de bousculer tes habitudes et ton quotidien confortables. On m'a demandé de gérer cet établissement, pas de le révolutionner. J'ignore quels espoirs tu as encore de revoir ton Oiseau, mais il va falloir te faire à l'idée que cette maison est sous mes ordres, désormais, et que de ce fait, je ne tolérerai aucune insubordination. »

Elle l'avait tutoyé, de sorte à marquer une certaine forme d'autorité, même s'ils devaient avoir à peu près le même âge.
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L'Hirondelle

Quand on emmerde un peu son monde, on ne s'étonne pas qu'on finît par y être renvoyé un coup de pied dans les fesses. Videz les ordures, c'est son métier. Jurer et cracher, c'est sa marque de fabrication. Il peut être doux avec les femmes, dure avec les hommes. Mais présentez-lui un bon whisky et il l'avalera comme si c'était de l'eau. Et peut-être que vous aurez la chance d'être dans sa liste d'amis. Autrement, gare aux coups. Bordel !
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le Mer 18 Jan 2017 - 20:35
Birds in the night

«  ─ Ta loyauté est admirable, je me dois l'admettre. »

Earl tourna la tête vers Circé. Il vit son regard hautain et sa lueur de dégout. Il vit les ordures à côté de l’entrée — pas très glamour —, et se rappela que les éboueurs devraient passer dans les heures à venir.

Pourquoi Circé venait-elle à lui, après que tous reprennent leur poste. Pensait-elle qu’il quitterait les gangsters en plein travail ? Alors qu’il devait s’assurer qu’aucun client non conventionnel ne pénètre à L’Hirondelle ? Ou alors s’assurait-elle que malgré les dires, il accueillait convenablement les clients ?

Earl devait le reconnaître, son amabilité égalait les portes des prisons. Aucun sourire, ni même un ton chaleureux ne s’échappaient de ses lèvres. Cependant, il se montrait tout même courtois face au client habituel.

Parler de loyauté sur Earl démontrait qu’on ne le connaissait pas réellement. La bête ne s’attachait jamais à quiconque sans véritable raison. L’Hirondelle, son lieu de travail, était une seconde maison. Rien de plus. Et Birdy devint sa petite sœur dès l’instant où il avait promis à sa sœur aînée de la protéger. Rien de moins.

Or, il a failli à sa dernière tâche...

« Ce n’est pas de la loyauté. Birdy avait construit tout simplement l’Hirondelle de la même façon que celui de la Terre. C’est son bébé. »

Sa voix s’était légèrement adoucie, paternelle. Earl s’appuya contre le mur au côté de la déesse. Les mains dans les poches par ce léger froid, il observa les rares passants d’un air absent.

Il s’en voulait encore de n’avoir rien vu. S’il avait réussi à décoder les signes, peut-être aurait-il réussi à éviter cette disparition ? Des actions possibles et réalisables auraient pu sauver la jeune femme. Birdy savait ce qu’elle faisait en rentrant dans les gangsters, Earl avait tout simplement suivi le mouvement afin de s’assurer que les erreurs du passé ne recommencent pas. Le viol… Le choc…

«  ─ Sache que je n’ai pas l’intention de bousculer tes habitudes et ton quotidien confortables. On m’a demandé de gérer cet établissement, pas de le révolutionner. J’ignore quels espoirs tu as encore de revoir ton Oiseau, mais il va falloir te faire à l’idée que cette maison est sous mes ordres, désormais, et que de ce fait, je ne tolérerai aucune insubordination.

 ─ Tu ne connais pas assez l’histoire pour connaître mes “espoirs” et mes “habitudes”. Je m’assure qu’aucun danger ne survient aux filles et je corrige ceux qui ont réussi à passer aux mailles du filet. Ensuite, si quelque chose arrive quand je ne suis pas là, mon numéro est le premier enregistré à la fois au bar et au portable dans le bureau. Je suis disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, même si c’est en dehors des heures professionnelles. Prends ça comme tu le veux. Justice. Violence. Défouloir. Mon seul confort c’est qu’on traite bien les femmes qui travaillent ici. »

Sa voix reprit son tranchant, mais le regard ne se tourna pas vers la nouvelle patronne. Il marqua une légère pause avant de reprendre.

«  ─ De plus. Tu as été choisi, j’ai pas mon mot à dire. Je t’ai dit que je suivrais les ordres, surtout si c’est en face des clients. Cependant, j’espère pour toi que ses ordres sont pour maintenir la maison. Parce que là, je serais capable de te rappeler que tu n’es qu’une seconde main. »

Earl la toisa longuement du regard.

L’heure de l’ouverture approcha et il devait prendre sa place. La demoiselle semblait avoir du répondant. La suite de leur collaboration dépendra du rôle auquel chacun se tiendra, sans empiétait sur l’un sur l’autre.

La bête détourna le regard. Puis, il quitta la pièce afin de se rendre à son poste.

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Spoiler:
PS : Si ton prochain poste est court, pas de souci.


Tout viendra à qui sait attendre.

Earl Grey: Tout le monde, vous savez quel est la différence entre un vide d'ordure et Earl ?
Earl Grey: Il n'en a pas. C'est des ordures
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