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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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barbwire halos || Hiraeth

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le Dim 11 Déc 2016 - 20:32
Sa lame presse contre la gorge malpropre de la cible du jour, ne fait qu’inciser la crasse et repousser la peau, insidieuse, insidieuse, bien plus contrôlée (mécanique programmée commandée) que ne le laisse paraître la violence brute qu’il laisse transpirer dans son attitude (parce qu’il peut, parce qu’il en a envie, parce qu’il happe chaque opportunité à la volée, y enfonce les crocs indistinctement, et en arrache les lambeaux avec une joie se refusant toute honte). Et quelque part à l’arrière de son crâne (sous le rouge le noir et à travers eux) s’insinue des bribes de réalisation, qu’il rejette d’un grondement sourd (à l’extérieur, sa prise sur le revers de l’individu se resserre, contre son cœur dératé, défaillant).

Enfin, les mots se déversent des lèvres retroussées du pendard, long fil ininterrompu, à chaque nœud agité d’un à-coup, le temps que sa gorge serrée le tire par-delà l’audible. Il ne prend pas la peine d’y prêter attention — après tout, combien de fois a-t-il entendu semblable tirade dégobillée sans retenue — tout juste se contente-t-il de récupérer les informations attendues. (Il a fini. Il n’en a rien à faire. C’est fini.) D’un mouvement de bras, il l’envoie repeindre le mur (avec ses phrases achoppées sans intérêt, sa saleté et tout ce qui va avec), l’y assomme (pas trop, pas trop, a-t-il dit, il doit se souvenir de tout, se relever, retransmettre l’altercation à ses supérieurs hiérarchiques, pour que ce soit utile), et tête enfoncée dans ses épaules et mains dans ses poches sous le coup de la frustration, tourne les talons.

(Ça s’est formé sans s’annoncer, ça lui gratte contre la boîte crânienne comme des guêpes prises dans un mur ; ça flotte à grand-peine dans les eaux boueuses de sa conscience, surgit de la surface avec un hoquet.)

#

((Cela fait plus de six ans qu’il vit le temps comme uniquement organisé autour du pourpre qu’il fait couler sous ordre.))

#

Derrière lui, le tap tap tap d'un bruit de pas incessant lui égratigne les tympans.
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a été créé à partir de cellules souches ♡ dents de requin & cheveux rouges ♡ curieux de tout et surtout de l'inutile ♡ complètement innocent, apprend la vie ♡ hyperactif & malhabile (ok c'est un boulet) ♡ fana de biologie ♡ adore apprendre & a encore beaucoup à découvrir ♡ n'a aucune notion des normes sociales ♡ adorable & naturellement gentil ♡ s'inquiète de tout mais ça ne l'empêche pas d'agir sans réfléchir ♡ se trompe parfois dans les mots qu'il utilise ♡ a du mal à s'exprimer, à se faire comprendre ♡ angoisse d'effrayer les gens avec son sourire de canines ♡ petit ouragan qui risque de bousculer bien des choses

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le Sam 17 Déc 2016 - 10:43
you used to be alive, now you’re almost mythic
je ne connais pas la violence
ça transperce mon estomac comme un poing américain ça ouvre mes yeux à coup de cutter ça m'aveugle comme de la javel entre mes cils -ça brûle
ça fait pleurer ma scléra ça la rend rouge et détrempée comme pour faire le miroir de ce dont elle est témoin -ça brûle
ça se finit contre le mur comme un endormi comme un assommé comme un mort comme -ça brûle
je me trompe
je connais la violence
(mais pas celle-là)
et je regarde -ça me fait mal, alors que je n'ai pas les mains pourpres et que tout est fini, ça me fait mal de me dire et si
et pourtant
je sais que ça n'aurait pas été possible
et j'ai les bras qui pendent le long de mes flans j'ai les cheveux soulevés par la brise de la ruelle j'ai l'air penaud et les yeux qui brillent j'ai envie de crier de reculer et pourtant je ne fais qu'avancer
je crois que ça s'appelle la culpabilité
c'est la culpabilité aussi qui me fait prendre le visage du mort de l'endormi de celui qui respire c'est la culpabilité aussi qui me fait souffler qui devient moins lourde quand je me rends compte de son pouls c'est la culpabilité qui hait ma curiosité et c'est ma curiosité qui aide ma culpabilité
je crois qu'elles pourraient être bonnes amies, dans d'autres contextes
mais pour sûr, pas celui-ci
parce que curiosité -elle gagne toujours
(j'ai les pupilles ensanglantées qui glissent vers la silhouette un peu floue un peu sombre qui s'en va)
(j'ai l'envie de l'attraper de lui demander et d'essayer de comprendre et oh ça m'intrigue autant que ça me fait peur)
elle gagne toujours
même quand mes mains sont poisseuses et que je ne comprends rien
j'aurais pu l'héler j'aurais pu le taillader j'aurais pu partir j'aurais du le haïr j'aurais pu -
je laisse un paquet de mouchoirs sur le corps du tailladé ; je crois que ma logique me fait peur parfois
et je me relève -je le suis
comme si ça pouvait mener à quelque chose
(à quelque chose de bien)
(à quelque chose de bon)
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le Lun 26 Déc 2016 - 0:18
C’est à longues enjambées pressées qu’il dévale les rues (s’il ralentit, s’il ralentit et perd son élan, s’il perd son élan les ruelles se déroberont sous ses pieds (il tombe)). Et tout autour de lui, les bâtiments ne sont plus qu’un même ensemble fuligineux aux contours brouillés. (Tout juste ne fusionnent-ils pas, rentrant contraints et forcés en collision avant de se résigner et de se reformer en un ensemble neuf.) Il sent le noir encercler son champ de vision, spectateur. Ça flotte, intangible, insubstantiel, du vide refluant dans un rythme illisible au bord de ses yeux comme autant de chausse-trappes, il —
exhale.

(Il a dû oublier, quelque part, comme il oublie de s’inquiéter de l’heure et de la date, comme il oublie de répondre, comme il oublie de faire cas de son propre état. Comme il oublie.)

Et dans ce fouillis à l’entropie toujours croissante, se traîne dans son sillon une unique constante, une griffe trop peu émoussée qui s’enfonce tant bien que mal au niveau de sa nuque, y laisse la peau à vif sans pour autant trancher, un grattement contre l’intérieur de la face arrière de sa boîte crânienne, centaines de pattes de guêpes rognant l’os. (Et l'écho, incessant.)

Le bruit de pas qui collent aux siens depuis qu’il a abandonné l’assommé à son sort au fond d’une ruelle propice ne faiblit pas, tout juste fluctue-t-il lorsqu’il le teste en prenant un détour plus sèchement ou en traversant un passage davantage peuplé. Tap tap tap. Il ne cherche aucunement à se cacher, s’estomper, ne s’accorde aucune discrétion supplémentaire, se contente de ne posséder aucune lourdeur particulière. Est de trop, ne suffit pas, le travaille par son incongruité, finit par le pousser à l’action (sans réflexion) (il le laisse s’approcher) — lui fait faire volte-face.

Et c’est saisissant, ces nuances à mi-chemin entre carmin et vermeil (pas tout à fait sang et donc presque inhabituel) (trop vibrant, trop vivant), lorsqu’il saisit son pisteur à l’épaule, le bloque dos au mur. (La tension fiévreuse s’est dissipée sous le masque neutre et lisse et froid qu’il présente, tout juste tente-t-elle encore de faire se joindre ses clavicules en un même point, où sont parties se nicher anxiété et agression.)

(Il prend la peine de se faire clair, de dégager l’obstacle que présente parfois sa mâchoire inférieure refaite de son instrument vocal, et tout est net et détaché et abrupt (tout cliquette), tout ça pour lui demander à quoi tu joues, exactement ?



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le Dim 8 Jan 2017 - 0:03
say something loving
parfois l'air fait plus que 1,3 kilogrammes par mètre cube
parfois ça fait un peu mal de respirer comme si le dioxygène le diazote le dioxyde de carbone le méthane les gaz rares étaient plus mucilagineux, comme s'ils devenaient aussi visqueux que du granite au fond des alvéoles comme si le surfactant ne répondait plus aux détresses respiratoires
je crois qu'il n'y a plus grand chose qui répond aux détresses quand on n'est même pas sûr d'y être
je sais que je m'en veux que j'aurais du faire d'autres choses mais j'ai les mains poisseuses sans m'en rendre compte j'ai les ongles aussi rouges que les cheveux j'ai les dents de prédateur j'aurais peut-être eu l'air d'une mauvaise blague un soir d'halloween
il y a des gens -je crois que je les vois un peu, dans le flou de mes yeux
ils ont disparus -sans trop que je ne le crois
c'est étrange, que les constantes paraissent si changeantes (la densité la constante gravitationnelle le rythme cardiaque)
il se retourne
et je pense je l'aurais vu plus grand
et je pense je le croyais moins gris
et je pense je le voyais plus inhumain
j'ai la dureté du mur qui s'ajoute à celle de cet air aux senteurs de javel -ozone, trioxygène ; non, hypochlorite de sodium, oxydo-réduction, acides et bases
je crois que j'ai peur
mais pas comme il le faudrait
et je sens mes mains qui gouttent
ça ne fait pas de bruit mais c'est comme la pluie -érosion hydrique
je j'aimerais pouvoir, savoir quoi dire mais je -à la place je lève ma main je la passe dans mes cheveux comme un réflexe comme si c'était anodin comme si je ne comprenais pas et oh peut-être est-ce le cas je joue je ne sais pas quoi dire à rien et c'est la vérité je joue à comprendre j'essaie de me taire ce qu'il s'est passé ça ne fonctionne que trop rarement
je j'ai du mal à parler crois que jouer, c'est c'est enfantin c'est ce que je fais d'habitude sans que je ne veuille accepter le mot un mauvais verbe c'est un très mauvais verbe je sais je sais mais c'était pour vous reprendre parce que tu sais, je ne veux pas finir avec une rose dans le coin de la nuque -j'en ai déjà qui germent coincées entre mes vertèbres
et il y a un peu de carmin effleuré sur mon front
preuve de la situation


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le Lun 23 Jan 2017 - 21:49
À ses clartés artificielles — son parler désarticulé et vide d’inflexions vide de vie — à ses impulsions ses gestes douloureusement nerveux et déjà dilués — sa pensée rationnelle qui s’est brisée la nuque contre la garde-fou une fois encore (et toujours avec le même soupir de soulagement) — à sa respiration trop mesurée trop contrôlée, à, contre, il, a,

— il a cet embrouillamini incroyable, ces muscles trop fragiles — ces os trop fins trop secs — cette entité furieusement vivante, le sang qui bat son rythme trop beau trop fort ((affolé)) contre son bras incapable de le sentir ; a ces yeux plus riches plus saturés que les gouttes de sang incongrues qui hésiteraient presque à couronner son front (répliques miniatures de points de pénétration, porcelaines peintes de blessures par balle).

Au final c’est peut-être l’invraisemblance qui catapulte au fond de sa conscience ses routines aiguisées au fusil, le fait s’en défausser d’un coup d’épaule (prédateur à ses aises), le fait refermer sa poigne sur le tissu avant de le lâcher (cinglant alors même qu’il recule alors même qu’il laisse l’air autour du grand gracile retourner à ses habitudes, sans trop qu’on sache comment (comment il peut)), avant de daigner laisser échapper un éclat de rire.

(Acerbe, et où l’on discerne encore sans effort le flot bordeaux. (On préférera détourner le regard, on préférera bloquer sa vision d’une main qui ne sait oser.)) Et Hiraeth, Hiraeth il n’y a pas, pas consciemment en tout cas n’y a rien à comprendre emphase de plus que ce que tu as vu (jouer est un verbe qui ne s’applique pas à ses ruelles) à moins que tu n’aies affaire avec le même genre que l’engeance, l’engeance qui gît tout juste consciente contre un mur ord, l’engeance qui ne vaut pas moins ne vaut pas mieux que celle monolithique et trop blanche qui le tient toujours dos à la façade.

L’engeance dont les mots dévalent toujours (magma algide) sa lèvre amère, clairs et nets à outrance, cataracte n’ayant que trop tardé. Il questionne, presse, continuel, et l’interrogation n’a cette fois nul besoin d’être prononcée ; elle rôde (badaude ?) au fond de ses prunelles ; que pensais-tu être pour pouvoir m’arrêter.


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le Mer 1 Fév 2017 - 23:34
lullabies
je sais que j'ai l'air d'un pantin désarticulé -entre les os, comme des côtes de bois, entre les lèvres, comme des répliques de théâtre, entre mes yeux, comme des miroirs pâles, entre mes cheveux, comme des traces déjà périmées, dépouillées, oubliées.
il a brisé mes mots déjà fractionnés ; il a coupé mes cordes vocales déjà effilochées. il a entre ses doigts de fer mon squelette, mon obsolète jeunesse ; c'est mes planètes défaites, mes comètes qui halètent. le souffle qui se retient, les boréales qui brillent sans trop d'éclat. (c'est comme s'il les avait tous attrapés d'un coup, les aurores, avec sa main d'argent -l'appel des couleurs froides)
il a la face de la lune -d'argent
il a la face de la lune -sans ses compagnes étoiles, éclipsées par les réverbères, la lumière artificielle, la pollution lumineuse
ce n'est pas une chose triste, d'uniquement refléter les autres ; ça l'est quand on le fait sans trop savoir
je ne sais pas s'il sait
je ne sais pas s'il sait qu'il a du sublime en lui, de la couleur dans ses traits glacés, des khamsins qui viennent déblayer les glaces du désert -on brûle face au gel
c'est peut-être lorsqu'il se dégage qu'il paraît d'un coup dénué de chaleur ; un froid froid, pas de ceux que l'on connaît, que l'on aime parfois, que l'on recherche plus rarement
et pourtant, il rit
depuis ses lippes couleur de pêche, à moitié masquées, dévorées, isolées ; de sa gorge encharpée de ses sociabilités gercées de sa passivité noyée
il a la voix aussi cassée que moi, des éclats qui sortent entre les dents sans érafler les gencives -pourquoi tout ce qui me vient à l'esprit, ce sont des blessures des coups de la violence ((ses joues si pâles si lisses, peut-être onctueuses, peut-être malheureuses))
je ne sais pas si j'ai affaire avec le même genre. ((je crois que j'ai à faire avec le vivant))
j'ai les pupilles qui glissent en même temps que mon dos contre les briques (privé de mon appui privé de mes fils -pantin pantin marionnette)
je n'ai pas pour habitude de réfléchir -je ne le fais pas. je me questionne. (j'étais conscient avant d'être vivant ; je sentais avant de comprendre ; j'existais avant mes chromosomes ; mes méïoses étaient ma finalité -alors peut-on dire, dis-moi, que maintenant que je suis vivant, tout le reste meurt doucement ?)(peut-on dire, dis-moi, que ce sont mes affaires, quand je la porte au creux de mes côtes, qu'on se connaît comme deux étrangers qui prennent le métro aux mêmes horaires, les places en symétriques, le regard qui se touche et les sourires qui s'effleurent, presque des salutations mais pas encore, pas tout de suite, une rencontre promise à plus tard -mais pas dans trop longtemps)
je ne sais pas et je crois que tu dois comprendre, maintenant, que je ne sais pas grand chose -je connais mes formules de thermodynamique, je sais quantifier l'ordre le désordre des choses de l'univers, je sais prédire les cycles de cultures, les augmentations de températures, mais vois-tu je crois que vous êtes moins sauvage parce que je suis scientifique et pas mythique, je ne suis que logique -théorie devenue vérité, réalité, la vie qui fourmille entre les veinules, qui frémit à chaque battement raté, qui dit qu'elle est là sans trop insister
vois-tu, inconnu -on m'a dit que je n'aurais jamais vingt ans, alors j'ai préféré ne pas m'en inquiéter ; la faucheuse n'a pas ton rire : elle est bien plus chaleureuse

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le Sam 4 Mar 2017 - 23:56
Encore une fois, l'incongruité de ses mots tente de lui arracher un rire — manque son coup (le ricanement avorté (d'hyène) égratigne les parois de ses voies respiratoires sur son passage (elles et lui n'ont toujours eu que ça en commun : n'est ni charognard ni grégaire)). Sous ses yeux et contre le fracas à sa tempe, ses mots aussi frêles que ses bras ses jambes, qui faillent à le supporter aussi bien que le mur contre lequel il s'en est allé glisser (ultime appui (l’égratigne au passage (les accrocs fourmillent))), contre lequel il finit (et si l'on choisit l'aube comme début d'hui, ce n'est que le troisième qu'il laisse dans cette situation ; quoique plus conscient que les deux autres).

(la pensée le parasite un bref instant, se glisse sous la peau de sa nuque, trop effilée pour laisser trace de son passage : il n’aurait pas dû lui adresser la parole n’aurait pas dû les emmener se perdre dans les ruelles crasses de Serrbelt aurait dû s’en débarrasser immédiatement (aurait dû lui décerner le même sort que les précédents, à lui et au creux de son squelette à peine fini déjà meurtri, lui et les tâches albes qui parsèment les reliefs de son visage et de ses mains, différence se voulant à peine discernable contre son teint clair et qui pourtant, pourtant déjà crochète son regard (flouté)); se dissout en résidus âpres comme autant de poussières à l’arrière de ses rétines)

Et à ses habitudes, il ne se questionne pas (l’impulsion passe et passera toujours avant l’analyse ; agit d'abord et dépouille et réorganise la situation plus tard), ne sait pas ce qu’il compte faire de ce courant de vie flamboyant dont il a coupé les appuis, n’a jamais eu besoin de savoir. Ne revient pas sur ses faits et gestes et décisions (ni même ses inactions (puisqu’il y est absent)), le dévisage, et en cet instant on pourrait croire que c'est dans le vide plein de ses pupilles étrécies que viennent finalement se noyer tes astres et ton lustre (fin sans heurt ; et sans grandeur). Le venin clapote, docile, point à la surface (sait depuis longtemps se faire fugace).

(Parce que tu as raison, tu as raison, Hiraeth (tu émanes la peur et la logique). En face de tes rouages sans cesse réarrangés et de ton regard encore neuf et inquisiteur, de sa jeunesse criante : il y a ce chaos fait assassin, et tapie sous la sauvagerie animale et la résolution implacable qui s’y meut, le froid dans tout ce qu’il a de plus morne et de plus humain.)

Il ne bouge pas ; il semble attendre. (Il serait incapable de dire quoi.) Ne cille pas ; la contrariété ombre son front, l’agacement plisse le coin de ses yeux, le reste demeure illisible. (Tu devrais partir.)



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le Sam 18 Mar 2017 - 19:40
right and wrong and other things
vois-tu, inconnu, la faucheuse n'a pas ton rire
pourtant, elle en a beaucoup -
elle a celui qui s'étouffe quand on crache du sang à force de tousser ; elle a celui qui tache les murs blancs ; elle a celui des os qui craquent ; elle a celui des pulsions d'électrons ; elle a celui des aiguilles qui tournent ; elle a celui des questions inquiètes ; elle a celui des feuilles qu'on déchire ; elle a celui des feuilles qu'on ne veut pas lire ; elle a celui des électrocardiogrammes qui s'étouffent ; elle a celui des roues du corbillard qui roulent sur le gravier -et qu'on est encore là pour entendre
je sais qu'elle a beaucoup d'autres rires
j'ai juste pensé à ceux que je connais -et aucun n'est métallique, parce que s'il y a une chose que l'on peut reconnaître à la mort, c'est qu'elle est sacrément vivante ((dans nos esprits dans nos veines et dans nos oublis))
mais toi tu crisses, toi tu le gardes bloqué au fond de la gorge, comme si tu avais peur de parler et je ne sais pas vraiment comment juger ça
j'ai les yeux levés vers toi, sûrement trop de candeur dans mes joues froides, dans mes cheveux de feux, dans un contraste dérangeant -les mots enfantins, les pensées trop conscientes ; les lèvres gercées, déchirées, les dents qui tombent ; le blanc sur le blanc, des choses qui ne devraient pas exister.
j'ai les yeux levés vers toi -et je n'y vois rien
ou plutôt -je n'ai rien à y regarder, rien à noter, rien à y voir
(je ne sais pas s'il me montre qu'il est creux ou s'il ne sait pas qu'il l'est)
et il reste
il reste
il reste
il reste
et il n'y a toujours rien
mais il reste
et il reste encore
il reste en allongeant les secondes
en rendant même le temps un peu plus morne
il reste
et je crois qu'il attend quelque chose -je ne sais pas si j'ai le droit de lui dire qu'il (a l'air morne // mor(ne) // mor(né))
pourquoi est-ce que tu ne sais pas rire ?  et je dis tu parce que je crois que ce ne sont plus vraiment les mots qui importent, parce que la peur est passée même si elle est toujours tapie juste derrière mes ongles rouges, derrière mes dents (dedans), derrière mon intelligence
j'ai remonté les genoux contre mon torse, replié mes bras autour de mes jambes -je fais plus que leur tour, et j'aurais bien voulu jouer avec les autres, être celui qui irait le plus loin, et puis rire face aux autres exploits
mais voilà -peut-être n'a-t-il jamais appris


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