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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

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Juste un souffle silencieux - ft.Van Minh

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sympathy for the devil
Personnage : Etsuko, un parfum de sable chaud au creux des reins, une image de cerisier en fleurs dans le ton de sa voix. Une femme perdue naviguant en eaux troubles. Un sourire, toujours, voilant la vérité, un passé qui ne veut pas quitter sa rétine. Un corps entre deux mondes et une question : pourquoi? Des poings et du sang la recouvrent sans qu'elle s'en cache. Il y a quelque chose de casser en elle et pourtant, on se sent attiré.
Soulevez le voile, n'ayez pas peur. La mort n'existe pas.
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Clan Iwasaki
posté le Lun 30 Jan 2017 - 17:32 (1)
Fragilité
"Sublime silence, autour de moi tu danses, et puis l'oubli"
La voiture glisse sur le bitume nocturne et tu te laisses bercer par le doux ronronnement du moteur. Ton écharpe de fausse fourrure est comme un animal s’étant lové autour de toi, soyeux et prévenant, te servant d’oreiller. Les virages s’enchaînent, la ville s’éloigne. Bientôt, tu ne distingues plus qu’une mince ligne à l’horizon où se découpent les plus hauts gratte-ciels, vite réduits à l’état de microscopiques petites vagues. Puis, plus rien. Juste des tâches de couleurs. Le brun de la terre. Le vert de l’herbe. Le jaune du blé et des fleurs de colza. Le rouge des rares coquelicots survivant le long des entrepôts. Tu ne viens pas souvent à la campagne donc chaque occasion est bonne pour entrouvrir la fenêtre afin de respirer un air pur où se mélangent l’humus et la dernière rosée du matin. Il est relativement tôt ; tu as l’impression de chasser les premiers rayons du soleil dans un ciel violet traînée de feu. C’est beau. Un spectacle dont tu ne te lasses jamais. Tu voudrais avoir l’occasion de l’admirer plus souvent et tu jalouses secrètement les ramasseurs de pavot qui ont cette chance, même si leur travail est ingrat.

C’est d’abord le blanc immaculé des fleurs qui attire ton regard lorsque la voiture pénètre sur le domaine. Les fleurs de pavot cultivées pour la fabrication du latex – donnant ensuite le fameux opium – sont telles des feuilles de papiers washi avant d’être peintes. Le jaune au milieu est un soleil miniature, centre de toutes les attentions. Quelques hommes de mains sont d’ailleurs occupés à l’arrosage et à la prévention contre les insectes. Leur masque bien en place, ils vaporisent une poudre verte allant se perdre dans les sols fertiles. Tu observes d’un œil indolent le travail de ces honnêtes gens allant pourrir la vie de certains au bout de la chaîne. Tu sais pertinemment que derrière la beauté vespérale de ces champs se cache un poison emprisonnant les esprits les plus fragiles, les poussant à la folie. Comme toutes choses t’entourant, la mort rôde autour de toi, nuage invisible, brume mystique. Les Hommes ne sont que des gouttes d’eau dans un océan trop vaste pour le saisir dans son entièreté. C’est avec ces mots en tête que tu poses pied à terre, ton chauffeur t’ayant déposée devant une grosse boîte de conserve à taille humaine où les idéogrammes du clan Iwasaki sont à peine visibles, le rouge fané par le soleil.

Le sol est humide et tu te félicites d’avoir chaussé de solides rangers. Ici, tes plus beaux kimonos n’auraient pas survécu une seule seconde, souillés par les petites flaques de boues parsemant le chemin pavé. Tu t’arrêtes un instant devant les fragiles pétales, ne les touchant que par la vue, souriant face à leur beauté simple. Tu aimerais avoir la peau aussi parfaite que ces fleurs, cette beauté simple et si éblouissante. Regarder la nature s’épanouir en cette matinée de printemps te met face à ton propre corps s’étiolant inexorablement. Les crèmes et les onguents, les fards et les artifices envahissants tes tiroirs ne feront sous peu plus illusion. Tes 36 ans, que tu masques sous des effets de magicienne, pèsent sur tes épaules face à la jeunesse insolente des premières fleurs écloses. Un instant, tu es tentée d’écraser l’innocente sous la poigne de ta main, presser sa fragilité de vierge jusqu’à la réduire en bouillie, puis abandonner son cadavre à tes pieds avant de l’écraser de ton talon boueux. Ton sourire s’élargit, tu te moques de toi-même et de ta susceptibilité de vieille fille, de tes chimères et de ta jalousie, de ton amour à sens unique, et de tellement de choses encore que ton sourire révèle tes dents, ton sourire élargit ta bouche en un joli trait, ton sourire étant ton arme fatale. On ne savait jamais ce que tu pensais réellement, du moins jusqu’à ce que les mots tranchant sortent de tes si jolies lèvres d’un ton sans appel.

C’est comme cela que te trouve le chef des Aces, Van Minh Mai, accroupie, souriant aux champs de fleur, quelques rayons de soleil accrochés à tes cheveux attachés en une queue de cheval, vêtements simples et sans chichis. Tu l’entends, ou plutôt tu perçois sa présence avant de le voir, habituée à l’aura de calme et d’assurance le précédant toujours. Sans te relever, tu le salues d’une voix joyeuse, un peu boudeuse :

« Ohayo gôsaimasu, Minh-kun (tu aimais bien utiliser son surnom lorsque tu étais sûre que vous étiez seuls.) Je t’ai envoyé un sms mais tu ne m’as pas répondu… Je voulais te rendre ton livre, alors me voilà. »

Tu te relèves lentement, prenant soin à ne pas faire craquer ton genou encore douloureux après un « travail » exécuté la soirée d’avant, et inclines la tête devant le jeune homme.

« Tu vas bien ? »

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Aces
posté le Ven 3 Fév 2017 - 18:31 (2)

Nine o'clock
- Monsters still spleep.


juste un souffle silencieux

feat Etsuko Abe


Le faible souffle du vent effleure les cheveux de Van Minh tel une douce caresse. Il se tient là, debout dans ce champ immense où des gens travaillent à tirer profit de chaque plantation. Un travail exécrable pour des gens honnêtes et d'autres, moins honnêtes. L'industrie dans laquelle il est plongée; dans laquelle il est le chef n'est pas quelque chose d'honnête en soi. Il ne le sait que trop bien et pourtant, il est là, à observer ses gens cultiver des plantations pour les transformer en quelque chose de bien pire. Une chose qui détient une emprise totale sur les esprits les plus faibles de ce monde. Une addiction, une dépendance.  Il n'essaie pas de l'arrêter, bien au contraire, en fait. Il travaille à la propager; à propager l'un de plus odieux poison de ce monde. Ce n'est pas comme si ça le dérangeait vraiment tout compte fait. En même temps...

Un nouveau souffle, cette fois un peu plus fort, fait voltiger ses mèches noires devant son visage. Nonchalamment, sa main vient emprisonner quelques mèches derrière son oreille afin qu'elles n'entravent plus sa vue. Depuis combien de temps est-il là à regarder ce qui l'entoure? Il sait pourtant tout ce qu'il possède de terrain en tant que chef. Il sait aussi que ses hommes font de leur mieux pour donner le meilleur poison possible. Comment peut-on apprécier ce travail quand on ne considère sa marchandise que comme du poison? Il n'a pas le temps pour apprécier ça, il le fait, c'est tout. Il suit son instinct. Le vietnamien bouge enfin sur le sol boueux du champ de campagne où ils sont établis, lui et le reste de son gang. Enfin, une bonne partie. Car tous ses membres ne sont pas affairés ici, à cultiver. Il pense entre autre à Seung Joo... Secouant légèrement la tête, Van Minh s'efforce de sortir de ses pensées tout en se retournant. Il n'avait pas réalisé à quel point il s'était éloigné dans les champs, car il ne voyait presque plus le laboratoire d'où il se trouvait. Enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon noir, il avance dans les flaques de boue, salissant ses souliers et son pantalon.

Aujourd'hui, il dégageait son calme et son assurance habituels. Si quelques journées, il paraissait envahi par sa folie imminente, il avait d'autres journées où son calme plat l'envahissait et où presque rien ne pouvait l'atteindre. Et cette journée en était une. Il se croyait presque en paix avec lui-même. Quelque chose de totalement faux en soi. Pourtant, il se plaisait à y croire un peu. Van Minh arrive enfin derrière le laboratoire et se prépare à entrer quand il entend le bruit d'un moteur. Penchant la tête sur le côté, il se demande qui cela peut bien être. Intrigué de recevoir de la visite si tôt le matin, il contourne l'édifice tranquillement. Après quelques instants, il put enfin apercevoir une voiture luxueuse sur le chemin de terre menant à son domaine. Ce n'est qu'en se rapprochant un peu plus qu'il remarque la jeune femme accroupie au sol, le sourire aux lèvres. Le chef du gang s'approche encore un peu et elle daigne enfin lever son visage vers lui et alors, il s'arrête totalement. Sa voix à la fois boudeuse et joyeuse parvient jusqu'à ses oreilles.

« Ohayo gôsaimasu, Minh-kun. Je t’ai envoyé un sms, mais tu ne m’as pas répondu… Je voulais te rendre ton livre, alors me voilà. »

Van Minh ne fait pas attention à comment Etsuko l'appelle, c'est devenu une habitude de sa part de l'appeler comme ça. Certes, il ne tolérerait pas qu'elle l'appelle ainsi en public, mais lorsque tous deux sont seuls, rien ne l'empêche de faire ce qu'elle veut de son prénom. Ils communiquaient souvent par sms, mais ça arrivait souvent au vietnamien de ne pas traîner son portable partout où il allait. La raison de pourquoi il n'avait pas répondu à son message. Van Minh l'observe se relever doucement sans pourtant perdre de sa grâce toute féminine, alors que lui-même ne bouge absolument pas. Il ne dit rien, car il hait avoir à se justifier.

« Tu vas bien ? »
« Comme toujours, Etsuko-chan. »


Vil mensonge. Cependant, rien ne paraît sur son visage ni dans sa voix. Le problème avec lui, c'est qu'on ne savait jamais quand il mentait, ce qui le rendait encore plus intimidant dans son assurance parfaite.

« Désolé de ne pas avoir répondu, mais je suis certain que tu en connais précisément la raison. Rentrons, avant que tu ne te salisses encore plus dans toute cette boue. »

Sur ces mots, le chef des Aces rebrousse chemin vers l'entrée menant à l'intérieur du laboratoire. Il savait qu'elle le suivrait sans hésiter dans son antre. Sur le chemin menant à son bureau, il songe au livre qu'elle lui a emprunté. Lequel était-ce déjà? Il en possédait toute une collection qu'il ne savait même plus quel livre Etsuko avait choisit. De toute façon, elle lui en empruntait à une fréquence tellement élevée qu'il ne s'en souciait plus du tout. Il savait de source sûre qu'elle le lui ramènerait à chaque fois. C'est comme ça entre eux. Et pourtant, leur relation était beaucoup plus compliquée que ça.

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Clan Iwasaki
posté le Sam 4 Fév 2017 - 10:33 (3)
Fragilité
"Sublime silence, autour de moi tu danses, et puis l'oubli"
Van Minh a toujours été comme cela, détournant tes tentatives de flirt d'un revers de la main, te présentant son dos comme guise de bienvenue. Tu le suis presque en trottinant afin de ne pas te laisser distancer. Il ne prend même pas la peine de se retourner, ni de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule. Van Minh a toujours été comme cela, dédaigneux des convenances, ne les respectant que si cela l'arrangeait. Sa longue foulée féline fait claquer ses talons sur le sol en lino, et ça fait un majestueux clac-clac-clac. Tes jambes l’accompagnent d'un poc-poc-poc-poc-poc plus rapide, petits pas de souris essayant d'échapper à la course du prédateur. Ou plutôt de se jeter dans la gueule du loup, en ce qui te concernait. Van Minh a toujours été comme cela, un bolide lancé à pleine vitesse, une balle suivant sa trajectoire jusqu'à trouver et percuter de toute ses forces le cœur de sa cible. Tu as l'impression de lui courir après sans parvenir à l'effleurer. Le saisir dans un instant de grâce. Tout ce que tu gagnes dans votre relation est ce regard à la fois tendre, scrutateur et hautain, comme s'il n'arrêtait jamais d'analyser tout, tout le temps. Son amie ? L'étais-tu vraiment ? Tu resserres l’anse de ton sac à main dans ton poing, l'ajustant sur ton épaule alors que vous dépassez un énième couloir tout de béton et de tôle.

Ces matériaux résumaient bien le personnage, lorsqu'on y repensait. Le béton de son corps et la tôle de son psychisme, malléable, modulable, changeant, tout en bosse et en aspérité, en creux profonds et longues platitudes. Tu ne savais jamais sur quel pied danser, ni que lui dire et comment. C'était une improvisation, un entrelacs de murmures arabesques et de non-dits rôdant entre vous. Ton secret dédain pour les femmes hommasses, le sien pour Yuuta. Il ne te disait jamais rien mais faisait tout sous-entendre. Lire à travers les mots, les modulations de sa voix comme un rouge-gorge enroué. Sa voix couleur de sang écaillé, de vieille pute aux mille vies. Tu l'aimais, son accent de conteur de village, de marin d'eau douce, son ton de m'emmerde-pas-ou-j't’en-colle-une, son silence comme une braise rougeoyante, vif, un éclat de couteau avant le meurtre de ses mots.

"Minh-kun, tu m'emmènes dans une allée sombre pour m’embrasser ? Tu as honte de le faire au grand jour ? Ce n'est pas comme cela que tu arrêteras d'être puceau."

Tu le chambres dans le creux de l'oreille, se trouvant suffisamment près de lui pour pourvoir humer son parfum d'homme - eau de Cologne, fumée de cigarette, opium et quelque chose d'autre rappelant le cuir, ou les carcasses de viande en train de sécher. Tu captes toutes ces odeurs et laisses la marque de la tienne sur lui - eau de toilette, fumée de cigarette, thé vert et quelque chose d'autre rappelant l'encens, ou les feuilles de cerisier mouillées pressées entre les doigts - t'arrogeant un droit d'amante sans le vouloir et sans le posséder.

Tu pénètres dans son bureau, lieu visité si peu, tout compte fait, et tu t'assois dans le fauteuil de l'invité après y avoir été conviée. Ton regard bascule déjà dehors et tu flottes entre l'ici et l'au-delà, captant les bribes de votre conversation à venir alors que tu contemples les champs d'opium. Les mains des Hommes travaillent inlassablement, marquant le temps aussi sûrement que les aiguilles d'une montre. Tu clos les paupières et te laisses aller à l'indolence que permettaient les visites de courtoisies, bien loin du protocole et des manières guindées.

" L'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches. "

Tu as envie de débuter votre petit plaisir d'intellectuels par du Céline, cette fois-ci. La dernière fois, c'était la confrontation de la pop culture (“ je vais lui faire une offre qu'il ne pourra pas refuser. “) et de l'image des gangsters lors de votre vie pré-pallatinienne. Bien sûr, vous n'abordiez jamais ce que vous étiez, ni ce que vous faisiez, encore moins le nom d'un proche. Juste des bribes de littérature. "Des mots, des mots, des mots " comme dirait Hamlet, mais contrairement à lui, vous n'étiez pas dégoûtés du langage, mais amoureux de lui. De ses perles, de ses écueils, de ses imprécisions et imperfections. Des mots d'esprit, des mots d'amour, des mots blessant ou encore des mots d'adieux. Vous étiez le temps d'un après-midi des collectionneurs à l'affût de la pièce rare que vous cherchiez à tâtons et à travers un labyrinthe digne de Dédale. Car après tout, vous n'étiez que des nains juchés sur des épaules de géant.

Van Minh a toujours été cela. Un compagnon de lecture. Quelqu'un qui ne méprisait pas l'Art ni la connaissance mais s'en délectait. Malheureusement, ces domaines n'intéressaient qu'un nombre très réduit de personnes au sein de votre diaspora. Si réduit qu'il ne contenait que vous deux, couple étrange et improbable, et pourtant assorti avec vos cheveux noirs corbeau, vos yeux bridés et votre beauté froide, intimidante. Votre détachement d'un monde sombrant dans l'illettrisme, aussi, où vous vous réfugiez dans vos tours d'ivoire, toutes de papier et d'encre.

"L'Art est inutile, Minh-kun, et j'ai bien peur que ce cher Oscar ait raison. Je n'arrête pas de pousser les jeunes à la lecture. Ils me disent 'oui' mais le cœur n'y est pas. Les seuls livres qu'ils ont lus sont des notices d'utilisation ou des magazines porno. J'en reviens à croire que je fais partie des vieilles de l'ancienne génération, à remiser avec Temudjin, et ça me donne le cafard. Le mot même de ‘culture ' est devenu synonyme d'élitisme et de gros mot, parfois. Tu t'en rends compte ? On ose dire que Hugo n'est pas actuel. Que ce qui compte est le rap, le RnB et je ne sais plus quel délire transhumaniste du XXIIème siècle. Il faut que ce soit instantané, immédiat, quelque chose qui te brûle et ne te lâche plus. La lecture prend trop de temps, est trop lente, trop contraignante. Et les gens de Pallatine ne savent plus écrire sans T9 ou correcteur automatique. Du grand n'importe quoi. "

Tu reprends ton souffle que tu ne pensais pas avoir coupé durant ton monologue, laissant le silence se réinstaller entre vous comme un vieux manteau souvent porté. Tes joues reprennent leur pâleur habituelle sans que tes yeux ne perdent leur éclat quasi sauvage dû à ton précédent état d'excitation. Ta poitrine se soulève à un rythme plus régulier, et tu t'enfonces davantage dans ton fauteuil. Geste de la main.

" Pardon, je ne sais pas ce qui m'a pris, ce n'était pas convenable. Je te prie de m'excuser. "

Signe de l'importance que tu accordais au vietnamien, tu t'excusais pour un rien et aussi facilement.

Ton regard se détourne des champs de fleurs, ayant désormais perdu tout attrait, pour se concentrer sur les yeux froids de ton ami. Tu lui souris, un sourire gêné n'illuminant pas ton visage. Tu es dans l'ombre de tout, ici. De ta diaspora ignorant tes liens avec le chef des Aces. De la famille Iwasaki. Du monde extérieur ne connaissant rien de toi. Et de lui qui t'observe et t'observe. Tu es coupée de tout dans ce bureau. Pourtant tu apprécies cette bulle hors du temps, cet espace protégé où peu importe ce qu'il se passera, ce sera gardé secret. Un jardin sans fleur mais plein de paroles.
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Aces
posté le Dim 2 Avr 2017 - 5:10 (4)

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juste un souffle silencieux

feat Etsuko Abe


Leurs pas se faisaient entendre dans les couloirs de béton et de tôle. Van Minh gardait le silence, fidèle à son habitude. Sa foulée était grande, mais agile, tandis que celle d'Etsuko était plus courte, frénétique. Elle était plus petite que lui et donc plus courte sur jambes, mais il ne s'en souciait pas. Si elle n'était pas capable de le suivre, il s'en fichait, de toute façon, il préférait être seul. Même si leurs conversations intellectuelles lui plaisaient beaucoup. Van Minh préférera toujours les ténèbres seul qu'accompagné. Au moins, il pouvait laisser libre cours à ses émotions les plus sombres. Pinçant les lèvres, il ouvrit la porte de son bureau et laissa la jeune femme entrer en premier, puis referma par la suite. Il faisait noir. Plus noir que nul part ailleurs dans ce laboratoire. Le chef des Aces n'aimait pas la lumière. À croire qu'il pourrait être tenté par les ténèbres...

Une lumière tamisée illuminait la pièce sobre et la petite baie vitrée de son bureau était camouflée derrière des rideaux fins. Cependant, ils n'empêchaient pas de pouvoir voir à l'extérieur. Van Minh massa doucement sa nuque en soupirant avant de s'avancer un peu plus, observant Etsuko qu'il convie à s'asseoir. Ce qu'elle fit, alors qu'il se servait un verre de scotch avant d'aller la rejoindre. Il ne lui en offrait pas, car il n'en avait plus l'habitude et aussi parce qu'elle irait certainement se servir seule. Leur relation était ambiguë et la difficulté à la cerner était exquise. Van Minh la considérait comme une amie, mais il y avait autre chose dont il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Cependant, cette relation le satisfaisait amplement pour qu'il ne pousse pas plus la réflexion. Il but une gorgée d'alcool en contemplant le visage impassible de la dame face à lui dont le regard était perdu.

« L'Art est inutile, Minh-kun, et j'ai bien peur que ce cher Oscar ait raison. Je n'arrête pas de pousser les jeunes à la lecture. Ils me disent 'oui' mais le cœur n'y est pas. Les seuls livres qu'ils ont lus sont des notices d'utilisation ou des magazines porno. J'en reviens à croire que je fais partie des vieilles de l'ancienne génération, à remiser avec Temudjin, et ça me donne le cafard. Le mot même de ‘culture ' est devenu synonyme d'élitisme et de gros mot, parfois. Tu t'en rends compte ? On ose dire que Hugo n'est pas actuel. Que ce qui compte est le rap, le RnB et je ne sais plus quel délire transhumaniste du XXIIème siècle. Il faut que ce soit instantané, immédiat, quelque chose qui te brûle et ne te lâche plus. La lecture prend trop de temps, est trop lente, trop contraignante. Et les gens de Palpatine ne savent plus écrire sans T9 ou correcteur automatique. Du grand n'importe quoi. »

Van Minh l'écoutait sans rien dire, son simple regard dur et froid planté dans le sien porté vers la baie vitrée. Il appréciait ses mots, c'était comme une mélodie à ses oreilles. Il n'avait pas la chance d'entendre de si belles paroles d'ordinaire. Il n'y avait qu'avec Etsuko et Clay qu'il pouvait entretenir une telle conversation intellectuelle. Le silence planait désormais entre les deux jeunes gens. Le chef des Aces comprenait la déchirement qu'elle vivait, car lui-même savait trop bien que l'art n'était plus la même qu'autrefois. Et même. Il fallait se rendre à l'évidence: l'art qu'ils aimaient n'était plus aussi actuel. L'époque à laquelle avait existé de tels écrits était plus près de celle d'Etsuko que de la sienne.

« Pardon, je ne sais pas ce qui m'a pris, ce n'était pas convenable. Je te prie de m'excuser. »

Elle reporte enfin son regard sur lui qui ne bouge pas et qui la fixe. Elle lui sourit, mais ce sourire est timide et il n'illumine pas son visage délicat. Un visage tellement plus en douceur que celui de Van Minh qui, au contraire, est dur. Tout comme son regard. L'une de ses mains se fraie un chemin dans sa chevelure d'un noir de corbeau, avant qu'il ne prenne la parole. Enfin.

« Il faut se rendre à l'évidence, ma chère Etsuko-chan. Cet art n'est plus ce qui est actuel. Le mode de pensée à bien changé depuis quelques années. Et comme tu le dis si bien, la lecture prend trop de temps et elle est lente. Les jeunes aujourd'hui ne prenne plus le temps de s'instruire; ça ne les intéresse pas simplement parce qu'ils n'en comprennent pas les subtilités. Ils ne savent pas écrire, car ils ne lisent pas. Tout le monde préfère la facilité et la simplicité à la complexité d'un texte bien écrit. Ne te prends pas la tête avec ça, ça n'en vaut pas la peine. Tu te blesseras si tu continues sur cette voix. Même si je comprends très bien ta détresse. Simplement, tu devrais te contenter de continuer à apprécier l'Art à sa juste valeur à la place de tenter de l'inculquer à des enfants qui n'en ont que faire. »

Sa voix était chaude et doucereuse. Un certain dédain pointait dans sa voix alors qu'il déblatérait ces paroles. Ça avait beau être la réalité et il avait beau le comprendre ça ne l'empêchait pas d'être vexé par toutes ces personnes incultes. Cela l'irritait de devoir l'admettre, mais s'il ne le faisait pas, il continuerait de se leurrer. Van Minh but le reste du scotch contenu dans son verre et grimaça. L'alcool fort l'aidait à se garder dans le droit chemin et ne pas céder à ses pulsions parfois trop fortes et trop sombres. Ses prunelles de couleur noisette balayèrent la pièce avant de se poser de nouveau sur Etsuko. Il l'avait fait simplement dans le but de cacher une étincelle dans son regard. Une étincelle qu'il ne voulait pas qu'elle voit. Ce petit quelque chose qui indiquait sa défaillance mentale. Ainsi, elle ne pourrait pas se douter qu'au fond, il est plus faible que ses émotions.

« Et si, au lieu de se plaindre, nous parlions d'autre chose? »

Il était légèrement irrité - et fatigué - et son sous-entendu était on ne peu plus clair. Van Minh sous-entendait beaucoup de choses au quotidien et avec Etsuko, il sous-entendait beaucoup trop de choses, principalement concernant Yuuta. Un personnage que le chef des Aces n'appréciait pas du tout. Tout comme cette conversation, d'ailleurs. Il détestait se plaindre de quelque chose qu'il ne pourrait pas changer, de toute façon.

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Thx pour le cadeau ♥
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posté le Mar 6 Juin 2017 - 20:45 (5)
Fragilité
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Tu crains un instant d’avoir fatigué le chef des Aces par tes jérémiades de petite fille. Même si tu attendais vos rendez-vous avec hâte et que chaque instant passé avec ton mystérieux hôte t’ouvrait les portes d’un autre univers, si vaste, bien à l’abris derrière les murs de vos visages masqués, il n’en restait pas moins que tu avais tendance à parfois trop te lâcher, ne sachant plus qui de la Wakagashira ou qui de l’amie tu devais jouer le rôle. Car tout n’était que prestation, mise en scène minutieuse de vos deux esprits se sondant mutuellement. Une danse aérienne dans laquelle tu venais de faire un faux-pas. Et trop tard pour le regretter.

Tu retiens ton souffle sans t’en apercevoir, tes doigts délicats blanchissant alors que tu les crispes autour du verre que tu peines à porter à tes lèvres. Tu es pourtant assoiffée mais tu n’oses ni faire un geste, ni provoquer le moindre bruit qui pourrait rompre le silence s’étant installé entre vous, à couper au couteau.

Van Minh statufié, yeux mi-clos et entouré de ses chères ténèbres avait quelque chose de terriblement beau. Ses traits fins et exotiques n’étaient plus que pointes et angles qu’acérait l’obscurité. Son visage semblait flotter dans les airs au milieu de cet océan de noir, seule prise sur ses émotions qu’il te laissait saisir par à-coups, fugitivement. Tu en étais réduite à être une voleuse collectant le moindre haussement de sourcil parfaitement épilé, la moindre respiration plus forte que l’autre.
Tu faisais tâche dans cet univers où tout respirait la virilité, la maîtrise de soi et le culte de l’ascétisme esthétique. Que le strict nécessaire. Solide, luxueux, mais rien de superflu. Un bureau. Une chaise. Un canapé. Deux verres. Une bouteille. Van Minh n’autorisait pas à ses goûts de s’exprimer autrement que par la simplicité. Tu l’admirais pour cela, sans te douter qu’il cachait quoique ce soit de dangereux derrière ces apparences trompeuses.

Enfin, tu ne te doutais de rien… On ne pouvait pas être un saint et occuper le poste de l’homme assis en face de toi, tu le savais. Tout comme toi, tu sentais tapie dans l’ombre la bête féroce prête à tuer. Entre les plis de son front se cachaient les instincts primaires de survie élémentaire, nécessaire si on voulait durer plus d’un an dans le milieu de la pègre. Et tu te doutais qu’il était loin d’être un tendre envers les subordonnés qui n’exécutaient pas ses ordres à la minute même.

Soudainement, l’homme s’anime. D’un leste mouvement de la main, il remet en place quelques mèches rebelles. Félin. Féroce. Fascinant. Ses mots ne t’apaisent pas et ne sont pas destinés à l’être, même s’il essaie d’y mettre de la bonne volonté. Mais c’est de la pensée brute, sévère, implacable. Il n’y a aucun miel enrobant le grincement de ses dents, aucun geste venant contrebalancer la dureté de son regard. C’est une pierre brute qu’il pose par-dessus la fragile base sculptée que tu avais lancée au début de votre échange, quitte à l’écraser complètement. Van Minh s’en fichait de se montrer tendre avec toi. Ou plutôt, il le faisait, mais avec une brusquerie qui, loin de te rebuter, le faisait paraître touchant à tes yeux. Enfin une petite marque d’attention, un « tu » que tu savoures et que tu aimes à entretenir dans votre jardin secret.

« De quoi voudrais-tu parler ? »

Tu caches ton sourire derrière ton verre. Tu sais très bien quel genre de renseignements intéresserait ton compagnon, mais tu aimes te faire désirer. Rectification : tu adores ça. Même si tu sens aux épaules tendues la fatigue l’habitant, il n’échappera pas à un petit jeu du chat et de la souris.

« De tes liens avec le Lotus, peut-être ? »

Tu prononces ce dernier mot comme si tu mangeais une prune acide. Tu sentais qu’il se passait quelque chose de louche entre les Aces, le Lotus et le Mordred, sans parvenir à saisir quoi exactement. Tu avais beau tourner et retourner le problème dans tous les sens, rien à faire, tu restais dans le flou. Tu espérais donc tirer quelque chose de ton vieil ami, provoquer chez lui une quelconque émotion pouvant justifier ton sentiment d’inquiétude. Tu espérais néanmoins avoir tort. Tu n’avais pas envie de te lancer une nouvelle fois dans une guerre fratricide te rappelant désagréablement les débuts de l’Iwasaki. Et surtout pas maintenant alors que vous veniez à peine de récupérer l’Oyabun.

Tu souris, mutine, au vietnamien, lui faisant comprendre que tu blaguais. Non, décidément, tu n’étais pas prête à sacrifier votre amitié au nom de la politique. Pas encore. Mais de son côté, tu ne pouvais pas en être aussi sûre.
© ASHLING POUR EPICODE


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