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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Pour un regard - ft. Samuel

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Personnage : Etsuko, un parfum de sable chaud au creux des reins, une image de cerisier en fleurs dans le ton de sa voix. Une femme perdue naviguant en eaux troubles. Un sourire, toujours, voilant la vérité, un passé qui ne veut pas quitter sa rétine. Un corps entre deux mondes et une question : pourquoi? Des poings et du sang la recouvrent sans qu'elle s'en cache. Il y a quelque chose de casser en elle et pourtant, on se sent attiré.
Soulevez le voile, n'ayez pas peur. La mort n'existe pas.
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Clan Iwasaki
posté le Lun 30 Jan 2017 - 21:01 (1)
Juste un regard
"Pourvu que les hommes nous regardent, amoureux de l'ombre et du pire"
Les dîner d’affaire étaient toujours une histoire de danse. C’était d’abord une ouverture timide, tout en retenue, musique classique de convenance. Les talons n’osaient pas encore claquer sur le sol lambrissé couleur doré, essayant de s’adapter à la cadence de l’autre. On se cherchait dans les inclinaisons de tête, on s’observait dans les formules de politesse, on se testait dans les poignées de main. L’ouverture se poursuivait par un premier mouvement introduit par le solo de chaises que l’on tirait afin que tous puissent s’asseoir en même temps. Le thème se développait alors, tout en murmures et chuchotements, rires gênés et excuses voilées. Déjà le tempo s’accélère, les phrases se bousculent, le cœur du sujet se dévoile. Bousculades. Se montrer convainquant. Vengeance. Filature. Informations. Meurtre. Tout se monnayait du moment qu’on avait les moyens. Et le piston, l’Iwasaki se différenciant des Gangster par le refus de prêter leurs services à n’importe quel individu. Il fallait être intronisé par un de ses membres, puis on vérifiait un par un les comptes et les intentions du futur client. C’était un procédé lent, agaçant pour les non-initiés, mais ça permettait au clan de survivre. De ne pas tomber sur n’importe qui.

Heureusement, ce n’était rien de tout cela ce soir. Le repas avait été organisé afin d’honorer un « petit-frère » s’étant récemment coupé la phalange d’un doigt afin de se faire pardonner un écart grave – il avait volé de l’argent pour couvrir les frais d’hospitalisation d’un de ses propres frères qu’il avait frappé car soûl – qui aurait été, dans d’autres circonstances, puni par l’exclusion définitive du clan. Il avait présenté la semaine dernière le membre en moins enveloppé dans un mouchoir blanc selon la coutume, et s’était incliné profondément, présentant à l’oyabun son signe de respect et son pardon le plus sincère. Il était de plus en plus rare d’avoir recourt à un tel degré de discipline, d’une part car les temps changeaient, d’autre part car ce geste marquait à vie l’individu comme faisant partie des yakuzas et l’empêchait de trouver un autre groupe et/ou un travail facilement. C’était pour le féliciter d’un tel courage et d’une telle résolution – il avait volontairement, et sans concertation avec l’oyabun ou ses supérieurs, procédé à l’automutilation – que son chef de division l’avait invité à dîner. Tu n’étais présente qu’en qualité de bras droit et tu savais que ta présence, même si non obligatoire, n’en était pas moins importante pour les deux hommes car tu étais la représentante de l’autorité suprême en son absence. Toi dînant avec eux signifiait que le clan Iwasaki pardonnait entièrement le fautif et le considérait de nouveau comme un membre à part entière de la famille, que le tords avait été effacé.

Les deux hommes s’étaient rapidement retirés, non sans avoir partagé avec toi une bouteille de saké, le sang des dieux, scellant votre accord tacite entre le fautif, son chef, et toi, représentante de l’oyabun. Le même liquide divin circulait dans vos veines et vous liait aussi étroitement que si vous étiez de véritables frères et sœurs. Un seul sang, une seule famille. Jusqu’à la mort.

Tu étais donc seule dans le petit restaurant familial, une gargote qu’il était malaisé de localiser précisément même si on était déjà venu plusieurs fois, ce qui la rendait extrêmement pratique pour des yakuzas souhaitant un peu d’intimité. Il n’y avait que les habitués ainsi que ceux dont le hasard avait voulu qu’ils dînent ici en cette soirée d’automne. Le restaurant allait bientôt fermer mais le patron, te reconnaissant, laissait ouvert le restaurant jusqu’à ce que tu t’en ailles. Tu avais tout le temps pour savourer cette heure si précise située entre 23 et minuit où la plèbe commençait à lentement s’endormir tandis que les activités frauduleuses battaient de leur plein. Un étrange espace-temps où les mondes du jour et de la nuit se croisaient, où le licite et l’illicite ne faisaient presque plus qu’un, où les frontières se brouillaient. Où tu avais remarqué le regard dégoûté que n’arrêtait pas de jeter un jeune homme assis un peu plus loin au comptoir sur le doigt récemment coupé de ton petit-frère et du gros pansement ne cachant en réalité rien de l’absence de la chair à cet endroit.

Tu n’arrives pas à détourner tes yeux de cet homme et de ce dégoût émanant de lui. Maintenant que tu es seule, il ne tourne plus aussi fréquemment la tête vers toi, mais tu sens de temps à autre le poids de son regard sur tes épaules. Tu n’aimes pas cela. Tu hèles un serveur et tu lui fais signe de servir un verre de liqueur de prune à l’homme aux cheveux argentés. Peut-être que la boisson fera les bons amis. En attendant, tu retournes à la contemplation des poissons rouges tout en savourant une énième coupe de saké.
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posté le Mar 31 Jan 2017 - 7:26 (2)
pour un regard
ft. Etsuko


Il y a de ces choses que l'on remarque.

D'emblée, d'un seul regard. Et Samuel regarde les mains des autres, sans faute. Les mains ne sont après tout que l'outil de l'homme pour interagir avec le monde. Là où les yeux sont la fenêtre de l'âme, les mains en sont la matérialisation, et ce qu'on en fait importe. Pour lui, pour qui il manque de ses mains, elles sont on ne peut plus importantes. Et pour un pianiste, qui se sert de ses doigts pour créer, pour mettre en forme tout ce qui vient du cœur, du plus profond de son âme, dira-t-on que rien n'est plus important.

Alors il y a de ces choses que l'on remarque. Tel un doigt manquant. Et bien que cette découverte éveille en lui une compassion, une empathie, voire une étrange camaraderie envers l'amputé, une pointe de dégoût traverse également les côtes de Samuel. À cette simple pensée envers celui qui lui a infligé son amputation, envers celui qui lui a volé ses doigts; celui qui, comme un autre, a pu trancher le doigt manquant de l'homme assis à cette table, un peu plus loin. C'est le dégoût d'un égoïsme qui pousserait l'un à enlever à son prochain.

Dans une autre situation, alors que l'amputé aurait été seul, par exemple, Samuel serait allé le voir. De cette curiosité, de cet intérêt que l'on porte à son pareil. Dans ce partage d'une douleur qu'eux seuls ont connus, une souffrance toute particulière de qui à qui l'on enlève une partie intégrale de sa propre enveloppe. De briser cette solitude amère de qui ne possède plus son corps. À qui il n'appartient plus totalement, une perte de contrôle d'une horreur sans réel pareil.

Peut-être assume-t-il les mauvaises choses. Mais dans un monde tel que celui où il pose son regard, dans cette ville maudite de violence, il n'est pas pessimisme d'assumer le pire. Seulement un réalisme appris, ancré dans un cœur qui se veut plus optimiste que cela. Dans un idéalisme enterré que l'on ne cesse de dépoussiérer par peur de le voir mourir. Ne pouvant souffrir de le voir mourir.

Alors, simplement il l'observe partir, cet homme au doigt manquant. Tout alors qu'il lève son verre à ses lèvres sous le cliquetis délicat de ses prothèses. Et puis il ne reste plus que cette femme, assise seule à leur table. Sur laquelle son regard se perd toujours, de temps à autres, ne pouvant repousser de son ventre ce dégoût des hommes qui prennent ce qu'on ne peut pas retrouver.

L'on pose un verre devant lui. Samuel incline le visage dans une interrogation. L'on lui explique que la femme assise seule à la table l'a fait commander pour lui. Il remercie le serveur, puis soulève doucement le verre et le porte à ses lèvres. C'est un goût sucré qui s'immisce entre elles, auquel il ne s'attendait pas. Il voile ses iris et incline légèrement le visage. Puis, il se lève, et se dirige d'un pas posé vers la table de cette femme, verre à la main.

» Je vous remercie pour ceci. Puis-je connaître la raison d'un tel cadeau? «

Curiosité piquée, d'une certaine façon, oui. D'un autre côté, un simple désir de montrer sa gratitude. Et de retourner la faveur, s'il le peut.
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Clan Iwasaki
posté le Ven 3 Fév 2017 - 10:42 (3)
Juste un regard
"Pourvu que les hommes nous regardent, amoureux de l'ombre et du pire"
Les poissons rouges n'ont aucune mémoire, à ce qu'il paraît. Le temps d'un tour de bocal, tout au plus. Ils virevoltent gracieusement d'un bord à l'autre, meuvent sensuellement leurs nageoires, leur danse faisant luire de mille couleurs leurs écailles telles des gemmes, se retournent et puis... Plus rien. Recommencent leur parade nuptiale pour un amant dont ils ont oublié le nom, présentent leur meilleur profil à une inconnue rencontrée et aimée l'heure d'avant. Tel est le destin des poissons rouges, aux souvenirs aussi éphémères que l'envol des papillons. Tu trouves ce fait un peu triste. Tu contemples leurs déplacements silencieux, leur monde aqueux, les regards globuleux et les iris immenses, aussi immense que l'océan que tu avais eu la chance de contempler étant petite, tes grands-parents habitant Okinawa. Tu avais vécu avec eux les plus belles années de ta vie, tes parents étant trop pris par leur travail pour avoir le luxe de s'occuper d'un bébé. Tu te rappelles de ces cinq années passées comme un rêve. De l'odeur iodé flottant en permanence dans l'air, de la petite maison typique avec ses poutres en bois, ses fenêtres de verre et de papier, les nombreux festivals avec leurs stands montés à la va-vite, les yukata confectionnés par Oba-san à chaque été, et de l'immensité du grand bleu.

Un parfum familier de liqueur de prune arrive jusqu'à ta narine que tu humes avec nostalgie avant que la question parvienne à tes oreilles. Tu secoues la tête, chassant les souvenirs en même temps que tu lui dénies l'accès à une réponse. Tu lui fais signe de s'installer sur un des hauts tabourets entourant le comptoir. Le raclement des pieds contre le bois vernis lorsque tu tires le siège vers toi est affaibli par la présence de feutre en dessous. L'odeur d'umeshu est toujours persistante. Tu te rends compte à ce moment-là qu'il tient le verre offert à sa main comme une offrande qu'il serait venu remettre à une déesse en signe de remerciement ou de dévotion. Tu aimes cette image s'inscrivant un temps dans ton esprit, vite remplacée par le retour au pragmatisme du réel.

Un deuxième coup d'œil à l'individu te renseigne quant à son identité - que tu n'avais pu jusqu'alors que deviner partiellement, la distance entre vos deux visages étant trop grande pour que tu te livres à des réflexions bien trop floues pour pouvoir t'y fier. Il est grand, svelte et élancé. Il possède cette élégance racée que certains recherchent mais n'atteignent jamais. Fier, son dos est droit, son maintien royal. Il a l'habitude d'être contemplé, admiré, car son corps ne trahit à aucun moment les petits tics indiquant un certain malaise à être ainsi observé de si près comme tu es en train de le faire. Il ne cille presque pas, ce qui te donne l'occasion de lever les yeux vers son visage long et anguleux pour la première fois. Peau blanche dénuée de cratères donc pas ou peu d'acné dans son adolescence. Joues rondes et rosées dénotant un appétit toujours comblé. Cheveux argentés dus à un évènement traumatisant dans son existence - encore un transfert 'raté' de l'Institut? - couplés à une paire d'yeux bleus d'une incroyable clarté. Toi la yakuza vivant dans l'ombre de tes crimes, tu as physiquement mal de contempler une telle luminosité émanant de lui. Tu clignotes des paupières, protégeant tes iris. Tu aimerais te frotter les yeux mais le maquillage t'en empêche. Tu ne voudrais pas te couvrir de ridicule en te travestissant en panda dès la première rencontre avec cet individu, qui plus est plutôt à ton goût. Un peu de contenance, tout de même...

Tu glisses une larme de saké au fond de ton gosier pour te rassurer, t'offrir du temps avant de trouver les bons mots. Le silence dans une conversation est tel le souffle de la vie, primordial, mais comme les tempêtes il ne devait pas se prolonger. La juste dose pour enivrer l'autre et lui donner l'envie de percer le mystère d'une femme assise seule, appartenant à un univers d'une si grande violence qu'elle côtoie des hommes aux phalanges coupées.

Ta voix n'est qu'un murmure espiègle de fée capricieuse :

« Y a-t-il une raison d'offrir un verre à un homme vous trouvant séduisante ? C'est bien pour cela que vous m'observez depuis tout à l'heure, n'est-ce pas ? »

Ton sourire se fait plus profond, plus intime. Non pas une grimace sociale mais une caresse de courtisane, une invitation au flirt, à la danse légère de l'érotisme naissant. Un domaine dans lequel tu aimes plonger tes ennemis, endormant leur méfiance avant de leur soutirer la vérité. Peu à peu les gens partent, vous laissant seuls vous apprivoiser, composer un duo, un quatre mains pour piano où la première note est un long silence.

Tu te focalises sur ses mains miroitant un instant sur la vitre de l'aquarium. Tu es attirée par l'éclat métallique qu'elles renvoient et tu mets du temps avant de comprendre sa provenance. Ce que tu as pris pour des gants à la Daft Punk sont en réalité bien plus époustouflant encore. Des prothèses ! Des prothèses d'acier et de cuivre bourrées d'électronique, des doigts retenus par de fines attaches semblable à des milliards de cheveux, un prodige d'orfèvrerie qui n'existait pas à ton époque pré-pallatinienne. Si tu n'étais pas habituée à croiser ce genre de petit miracle au quotidien, tu aurais fini bouche bée, comme la première fois où tu avais pu jouer à un jeu vidéo en réalité augmentée, un peu comme ton anime favoris étant enfant, Sword Art Online. Ton rêve de gosse à portée de main, de loin l'expérience la plus merveilleuse que tu avais vécue dans ce monde corrompu.

Il n'en reste pas moins que tu admires le chef d'œuvre tout en finesse mécanique, comprenant mieux le dégoût qu'il avait pu ressentir face à ton kohaï au doigt coupé. Contrairement aux transhumanistes du XXIIème siècle que tu avais pu rencontrer, le remplacement de ses mains par des prothèses n'avait pas été un choix mais une obligation. Qu'avait-il vécu pour en être réduit à de telles extrémités ? Voilà que tu étais curieuse, à présent, alors que c'était le sentiment que tu voulais faire naître dans le cœur de l'autre.

Tu pointes du menton ses mains d'argent, ta voix toujours caressante :

« Ça n'a pas dû être un bon souvenir... »

Tu revoies la jambe coupée de ton grand-père, due à son diabète, et l'escarre s'étant développé peu après, conduisant à sa mort. S'il avait eu la chance de vivre dans ce futur où les mains pouvaient être entièrement robotisées, aurait-il vécu plus longtemps ? C'est la question te taraudant à chaque fois que tu croisais des individus venant d'un futur technologiquement à des années-lumière de ce que tu avais connu. Et toujours ce goût amer des larmes n'ayant pas coulé le jour de l'enterrement qui venaient former une boule dans ta gorge, t'empêchant pendant une seconde de respirer. Ce poids sur ta poitrine. Et la phrase de ton grand-père te hantant : "je ne veux pas mourir. " Tu fermes ton esprit à cette voix venues d'outre-tombe et plonges encore dans les vapeurs du saké refroidissant au bord de la table, comme ton corps au bord d'un gouffre, flottant entre présent et passé. Les poissons rouges n'ont pas de mémoire, et tu les envies. Tout serait si simple si tu étais dans la même situation. Mais tu es humaine, une humaine à la longue mémoire n'oubliant presque rien. Surtout pas la cause de ses blessures invisibles à l'œil nu, ces blessures secrètes suintant toujours, à vif. Pas de répits pour les assassins, t'avait dit un jour l'une de tes victimes. Pas de répits pour les assassins...
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posté le Mer 8 Fév 2017 - 2:09 (4)
pour un regard
ft. Etsuko


Il se sent scruté, comme étudié d'un regard attentif, fouillé, comme pour découvrir ses plus profonds secrets. Trouver ce qui se cache dans le pli de ses lèvres, sous le cliquetis de ses prothèses, dans les recoins de sa tête, ce qui tient son dos droit et ses épaules carrées, son menton levé. Sent ce regard qui l'observe, qui s'immisce, qui tente de découvrir qui il est. Le laisse couler sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard, conscient, appréciatif que si l'on tente de s'immiscer, ce ne sera qu'un instant et que superficiellement, glanant les informations que l'on peut de son physique, de sa stature.

Tel le public le fait lorsqu'il entre en scène, alors que l'on tente de savoir, de connaître ce qui s'en vient, de lire en lui le moment où il s'ouvre, le trouver, voir cette porte, ce rideau qui se lève, découvrir ce qui se cache dans ce cœur si secret. Mais l'on ne le trouve jamais, ce moment, ne peut jamais le pointer du doigt, comme une transition, comme si cela se passait tellement lentement que l'on ne pourrait jamais le remarquer. Alors qu'il s'ouvre, qu'il se dévoile dès la première note. Mais que l'on oublie, dès la dernière, dès que l'écho du dernier accord s'échappe de la salle, l'on oublie de ces secrets qui ont été déversés jusqu'au siège, aux oreilles, à la conscience de tous ceux présents.

Alors il ne bronche pas, ne ressent aucun inconfort; il sait que sa vie privée est bien cachée. Que bien loin sont les moments où l'on écrivait page après page d'une biographie qu'il n'avait jamais voulu, exposant à tous voulant bien le lire l'histoire de sa vie, de son amour, de ses passions. Il n'avait jamais apprécié la lumière des projecteurs posés sur lui. D'être célèbre, d'être connu - peut-être l'aurait-il apprécié si cela ne venait pas avec cette investigation de sa vie, cette curiosité malsaine des masses. Comme si l'on voulait savoir, l'on avait besoin de savoir ce qui l'avait fait qui il était, ce qui lui avait acheté le succès.

Et bien ce n'avait pas été ses doigts, bien que le criminel les lui ayant enlevé, bien que son client les ayant reçus auraient voulu le croire.

Il ne porte pas le verre à ses lèvres, bien qu'il en aie envie. Se contente de poser son regard sur la femme devant lui, d'incliner son visage, légèrement, vers l'avant. Cachant, peut-être, le pli d'un souvenir au coin de ses lèvres.

» Vous me pardonnerez si je vous révèle que ce n'est malheureusement pas la raison de mon regard errant. Mon intérêt se trouvait plutôt en votre collègue - celui au doigt manquant. «

Désigne du chef ses propres mains, le métal de ses doigts contre le verre. Et, cette fois, il porte le verre à ses lèvres. Goûte la liqueur sucrée. Et il sourit, pour lui-même, de ce souvenir qui danse derrière ses iris, de ce sourire qu'Amélie lui avait offert, le premier. Et tous les autres. Qu'il voit, légèrement, reflété entre les lèvres de la femme devant lui, ou plutôt qu'elle lui rappelle. De ce jeu auquel il n'a pas joué longtemps, de ce jeu auquel il ne jouera plus jamais. Son cœur appartenant à une autre.

Il ne baisse pas le regard vers ses prothèses alors qu'elle les désigne. Il n'en a pas besoin.

» C'est bien pour cela que mon intérêt a été piqué. «

Il goûte de nouveau à la liqueur dans son verre, la laisse couler entre ses lèvres, le repose silencieusement. Puis, désigne du chef celui de sa compagne du moment.

» Je vous offre votre prochain verre. Comme ça, nous serons quittes. «
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Clan Iwasaki
posté le Dim 12 Fév 2017 - 17:21 (5)
Juste un regard
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Tu ne sais pas si tu es piquée au vif par sa remarque désobligeante ou si ta colère s'éveillant lentement dans ton cœur ne viendrait pas plutôt du dégoût de ton interlocuteur pour vos traditions, certes sanguinaires, mais portant en elles le poids des siècles. Tu ne lui en montres rien, cependant, te contentant de sourire aux yeux bleus, lacs glacés te rappelant les flaques d'eau gelées l'hiver, sur les trottoirs de Tokyo, ou encore les immenses icebergs que tu avais découverts au hasard d'un livre de géographie, au lycée. Est-il Russe ? C'est en tout cas l'impression qu'il te donne, impression trompeuse, tu le sais, chacun pouvant venir d'un passé ou d'un futur où rien n'est plus comme tu l'avais connu. Tu aimerais discuter de sa vie d'avant, l'interroger sur les circonstances de son amputation. La tristesse et l'air désolé qu'il t'adresse lorsqu'il reflète et rejette ton flirt t'en empêchent. Chasse gardée, monsieur signale. Tu ne peux que plier le genou et t'en aller voir ailleurs.

Pourtant tu restes assise, indécise quand à ton prochain geste. Vas-tu tourner les talons, prétextant un rendez-vous ou un mari inexistant hypothétiquement en train de t’attendre ? Vas-tu accepter son verre, le finir cul sec et l'oublier le jour d'après, perdue dans des vapeurs d'alcool ne faisant déjà plus effet ? Ou bien vas-tu rester comme cela, quasi mutique, sourire compréhensif et pourtant évasif sur des lèvres trop rouges pour une dame de 36 ans, tournant entre des doigts maigres une coupe vide ?

Tu détestes cela, ces moments d'errance. Te méfier de tout, de la tentative d'empoisonnement. Après tout, qui te dit qu'il n'est pas un gangster venu se venger d'un des leurs tué de tes mains, il y a si longtemps ? Un nom et un visage effacé flottant un moment à la surface de la mer avant de couler, secret oublié. Le pleure-t-on encore ?

Ta main se porte à ton visage et doucement caresse le grain de peau de tes joues rebondies. Les seules traces d'une enfance peinant à partir, comme si ton passé s'accrochait à toi, t'empêchant de plonger tête la première dans ton existence pallatinienne. Tes ongles griffent ton front, ta paume s'écrase sur ton œil tandis que tes doigts frottent ta paupière, chassant les premières traces de fatigue. Tu es méthodique, agissant par touches de peur d'enlever ton maquillage, masque Nô méticuleusement mis en place depuis des années. Tu lisses un pli imaginaire sur ta cuisse, le talon de tes chaussures brillant d'un éclat métallique sous les lumières tamisées du bar. Tu papillonnes encore, tentant une deuxième fois ta chance - qui sait, il est tard, tu as sans doute mal interprété les signes qu'il t'envoie- mais rien n'y fait, il paraît imperturbable. Ton sourire se crispe.

"Amour à sens unique ? Ou..."

Tes mots ne sortent pas, ta langue subitement collée à ton palais. Le passé, ce terrible passé compresse ta bouche avant de la coudre avec du fil de fer invisible. Ne filtre que les instants présents, volages soupirs.

Ta colère à l'égard de cet homme se mixe au sentiment d'appartenance à un même groupe, les amoureux solitaires. Yuuta vient encore affleurer à ta conscience, son odeur de jeune mâle impatient embourbant un instant tes sens. Sa présence t'intoxique plus sûrement que tout l'opium produit par ton clan. Chaque humain de sexe masculin te fait invariablement penser à lui. Tu vois partout son dos, sa manière de marcher, son regard droit, intransigeant, sa coupe de cheveux, la façon dont le soleil illumine sa peau couleur miel, son parfum de violence décadente et d'abus de pouvoir, sa fierté pour son nom, ses manières brusques, le son de sa voix où les mots se bousculent puis prennent les sifflements d'un serpent prêt à mordre. Cet homme, assis en face de toi, est-il intoxiqué, imprégné d'une présence aussi forte que ton amour pour Yuuta? Si oui, alors tu comprenais. Tu poses sur lui un regard compatissant, poses une moue aux lèvres tordues à demi recourbées, excuses de te montrer trop entreprenante, peut-être, limite indécente.

"J'espère qu'elle est plus jolie que moi..."

Tu ris mais ton rire sonne vieux comme le monde des amants solitaires, aimant à s'en crever par terre. Tu craques une allumette d'un paquet portant le logo du restaurant/bar/recoin de yakuzas et récemment de cœurs esseulés, et allumes une cigarette que tu cales au creux de ta bouche. Tu t'accoudes au comptoir et fais signe de la main au jeune serveur.

"Je vous préviens, je n'accepte les verres d'étrangers que s'ils les partagent avec moi."

Tu l'avertis d'un ton sans appel, murmure moqueur recelant pourtant assez de sérieux pour qu'on y croit. Tu commandes un Blue Lagoon, cocktail sucré à base de vodka. Tu t'étonnes toi-même de ton choix, préférant les alcools de ton pays natal et prisant peu les mélanges venus de l'Occident. Tu mets ça sur le compte des yeux trop bleus de ton compagnon de boisson improvisé. Tu comptes bien le faire boire, de grès ou de force, et lui sortir les vers du nez quant à ses sentiments réels pour ton kyodaï au doigt coupé. Mais pour l'instant, la boisson soudera ce pont invisible vous reliant, vous les rejetés de Cupidon.

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posté le Mer 15 Fév 2017 - 7:05 (6)
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Elle tique, peut-être, se frotte les yeux, comme pour chasser la fatigue, ou se cacher. À vrai dire, ce serait mentir pour Samuel que de prétendre que cette femme n'a pas piqué sa curiosité. Son collègue amputé à part, il aime ses manières. Cette étrange grâce dans ses mouvements, ces mots qu'elle choisi à mesure, sans se presser; cette lenteur, cette prudence dans ses façons. Ce sourire qui flotte sur son visage, honnête et faux tout à la fois, comme d'une transparence discrète. Il ne saurait trop l'expliquer. Il y a certainement une partie de lui, cachée dans un coin de sa tête, qui aimerait comprendre cette femme restée seule alors qu'on l'a quittée.

Il incline le visage lorsqu'elle pose son hypothèse sur la raison de son refus, de la façon dont il l'a repoussée. Il y a une certaine arrogance dans ces mots, quoi que ce puisse n'être qu'une confiance qui en est à la toute bordure. Comme si l'on avait besoin d'une raison pourquoi la refuser, comme si un manque simple d'intérêt n'était pas assez, pas possible. Qu'il fallait forcément une meilleure explication, qu'elle ne pouvait laisser un homme de marbre sans que son cœur ne soit déjà pris. Peut-être a-t-elle raison. Peut-être dans un monde où Samuel n'est pas Samuel, où sa muse n'est rien, où on lui a laissé ses doigts et jamais il n'est devenu pianiste; peut-être dans ce monde là se serait-il laissé allé au jeu.

Alors il se contente d'un silence posé. Parce qu'Amélie ne vit désormais qu'au creux de son cœur, ou entre deux pans de cuir de son portefeuille, qu'elle reste nichée sur sa langue sans que son nom ne traverse ses lèvres. C'est peut-être d'un égoïsme, de vouloir la garder pour lui; ou peut-être, plutôt, se contente-t-il de raconter sa beauté, son sourire dans ses pièces, alors que ces doigts de fer courent sur les notes. Que, simplement, ces souvenirs, cette alliance qu'il ne peut plus porter, qui grince qui glisse sur ses prothèses, ne sont que les siens. Qu'il n'appartient à personne d'en connaître l'existence.

Le oui reste bien calé dans sa gorge. Personne n'est plus belle qu'Amélie. C'est de part égale par désir de garder ses secrets nichés dans sa poitrine, et par manque d'envie d'insulter la femme devant lui que Samuel ne dit rien. Il se contente d'un léger sourire, doux, étirant à peine ses lèvres, un sourire un peu vide, un peu plein, de cette certitude qu'il ne révèlera rien. Qu'il conduira la conversation, le silence autre part s'il le peut. Qu'insister ne sert à rien; que seuls ses doigts sur son piano ne parleront jamais de sa muse.

Il incline le visage, à nouveau. Offre un sourire plus doux, une affirmation. Une acceptation de ses termes.

» Soit. «

Il boira avec elle. Il soulève le verre de liqueur de prune jusqu'à ses lèvres, le termine d'une grande lampée. Et lorsque l'on leur amène les verres, remplis d'un liquide d'un bleu profond, il ramène le sien vers lui. Dépose le paiement pour les deux sans un mot, offre un sourire au serveur comme tout remerciement, en plus du pourboire. Il tourne le visage vers la femme, soulève son verre de quelques centimètres sous le cliquetis de ses prothèses, et incline le visage comme seul discours. L'alcool a de nouveau un goût sucré entre ses lèvres. Il faut croire que sa compagne affectionne ce genre d'alcool.

Doucement, il repose le verre.

» Vous excuserez ma question si elle vous dérange. Mais qu'est-il arrivé au doigt de votre collègue? Vous comprendrez bien pourquoi cela m'intéresse. «

Peut-être aurait-elle voulu qu'on lui parle d'elle. Son attitude ne montre pas particulièrement le contraire. Mais ce n'est pas ce qui l'intéresse le plus pour l'instant; ou plutôt ce n'est pas ce dans quoi il se lancera tout de suite. De toute manière, ce ne serait que s'immiscer - déjà que cette question se tient à la limite de la bienséance. Mais c'est bien pour cela qu'il est assit ici, à ses côtés, de toute manière.
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Clan Iwasaki
posté le Lun 27 Fév 2017 - 18:02 (7)
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"Pourvu que les hommes nous regardent, amoureux de l'ombre et du pire"
Le cocktail arrive, son bleu électrique allume un reflet turquoise dans ton œil, renforcé par la lumière se tamisant de plus en plus. On pourrait croire à un rendez-vous romantique entre vous deux, vos deux têtes penchées au-dessus de vos verres se rapprochant, la voix de velours de l’homme murmurant de douces paroles à ton oreille. Mais dans un genre glauque, alors, car tu ne penses pas que l’on parle de doigts coupées ou d’autres sujets tout aussi… Juteux (tu ricanes intérieurement) lors d’une soirée galante. Au fond, tu n’en savais rien, n’ayant jamais attiré le regard d’un homme pour avoir connu ce genre de situation. Peut-être est-ce pour cela que tu t’autorises à papillonner avec la gent masculine, parce que tu sais que tu n’as aucune chance. Te trouves-tu belle ? Plantureuse ? Sexy ? Ça dépendait des jours. Et les hommes ? Apparemment non. A moins que tes atouts ne te rendaient que plus inaccessible encore, tout comme tes talons et ta mise toujours parfaite, ton grain de peau sans défaut et tes interminables jambes. Un échantillon de la femme fatale à la sauce japonaise, discrétion et classe, parfum de cerisier au creux des seins. Tu soupires, humes l’odeur citronnée de ton nouveau jouet, le fait claquer sur ta langue experte et le juge parfaitement dosé. L’alcool n’entache pas le jus de Cranberry, le zeste de citron vient parfaire la sécheresse de la vodka. Un petit quelque chose en plus le rend unique. Une deuxième lampée te met sur la piste d’un arrière-goût d’agrume, peut-être du yuzu. L’alliance est judicieusement trouvée, et c’est avec un plaisir de plus en plus prononcé que tu portes la coupe à tes lèvres se bleuissant au contact du liquide contenu dedans. Tu joues distraitement avec le verre, faisant danser le Blue Lagoon alors que ta bouche déverse une histoire millénaire. Les yakuza, leur code d’honneur, leur nécessité dans un univers de moins en moins certains, la limite floue les faisant se situer entre la police de proximité et la justice, les faisant flirter avec les petites frappes et les gros caïds lorsque la situation l’exigeait. Des Hommes de l’ombre que tu ne cherches pas à idéaliser, encore moins à vénérer. Tu présentes les faits, la violence, les meurtres, le trafic de drogue et de sexe, les combats de coqs, de chiens et d’humains, parfois, toujours organisés dans la plus grande clandestinité. Les matchs de sumo truqués, aussi. L’argent, l’alcool, les fêtes, les femmes, les excès, la mort. Dans la douleur. Une vie à fleur de peau, s’enflammant et se consumant en un temps record. Ton univers, tout ton univers, tu ne connais rien d’autre, ce qui rend ton récit si vrai. Pourtant, tu prends grand soin à ne surtout pas donner d’indice quant à ta place dans le système bien huilé. Es-tu simple spectatrice, prostituée de luxe, dealeuse ou épouse de yakuza ? As-tu vu beaucoup de films, ou de documentaire, as-tu lu des témoignages, as-tu été enrôlées contre ton grès dans cet engrenage sans pitié ? Tu ne lui dis rien. Sa question ne portait pas sur toi, et tu ne te livres qu’au prix le plus fort.

« Vous comprenez maintenant que l’homme au doigt coupé se l’est volontairement amputé afin d’obéir à un code strict de l’honneur. Il avait volé de l’argent à l’oyabun, l’équivalent du parrain pour les gangsters, et il devait réparer sa faute. C’est… (tu portes ton regard au plafond, cherchant tes mots). Ca peut sembler barbare mais c’est un engagement qu’il a pris envers son oyabun. C’est un geste de plus en plus rarement commis, l’amputation de la phalange, car irréversible. L’intégration à une autre diaspora s’en retrouve quelque peu compromis puisqu’il a marqué son corps comme appartenant en partie à l’Iwasaki. C’est un grand courage, de l’abnégation de soi, une volonté de fer qu’il a montré dans ce geste, s’assurant de rester dans la seule famille qu’il a. Il ne sera plus remis en question, à présent. Pas avant de commettre une autre faute, mais ça m’étonnerait qu’il refasse un faux pas. Après tout, on apprend de nos erreurs par les gifles reçues de nos parents, aussi violentes soit-elle. »

Tu reprends une gorgée de ton cocktail, surprise d’avoir autant parlé. Le silence se réinstalle entre vous, un silence intime que tu apprécies. Il signifie que tu te sens bien avec la personne assise en face de toi, assez pour te confier à travers cette histoire, sans pour autant lâcher le moindre indice quant à ton identité. Tu réprimes un rire alors que tu te rends compte que tu ne connais même pas le nom de l’homme aux cheveux d’argent. Tu interromps ses pensées.

« Veuillez m’excuser, mais pourrais-je savoir votre nom ? je viens de m’apercevoir que nous ne nous sommes même pas présentés. »

Tu lui souris, pas encore prête à te révéler tout à fait et pourtant demander cet effort à ton compagnon.
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posté le Mer 1 Mar 2017 - 1:11 (8)
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ft. Etsuko


Samuel éprouve une certaine amertume, posée au fond de son ventre. Comme un film, une couche mince recouvrant les parois de son estomac, un sentiment désagréable mais léger. Flou, peut-être, qui ne l'agrippe pas comme d'autres le font, mais qui flotte aux limites de son ressentit. Qu'il s'efforce de repousser, doucement, de ramener au devant de son esprit cette compassion, ce désir de comprendre l'autre, qu'il ne discerne pas clairement à travers le brouillard.

Mais il ne peut s'empêcher de voir une certaine forme de manque de respect dans la pratique. Un manque d'appréciation de ce que l'on possède, que d'autres n'ont peut-être plus; c'est se débarrasser d'une chance, avoir le loisir de choisir et choisir la mauvaise option. Celle qui déchire la chair, celle qui sectionne les os, qui coupe les nerfs et laisse couler le sang. Il y eût un temps où Samuel aurait tout fait pour retrouver ses doigts, et pourtant, en ce monde de barbares l'on se les retire de son plein gré.

Il ne comprend pas. Quelque chose se coince entre deux de ses vertèbres, les dernières bribes d'une colère éteinte il y a bien longtemps. Un sentiment d'injustice, profond, qui coule jusqu'au fond de ses nerfs, des extrémités coupée, connectée au métal, aux composant électroniques qui contrôlent désormais ses outils. Ceux avec lesquels il peut faire partie du monde. Il ne comprend pas, et quelque chose en lui refuse de comprendre.

Il y a quelque chose qu'il n'a jamais avoué à Amélie, qu'il a gardé au fond de son cœur, blessure minuscule qui n'a toujours pas totalement cicatrisé, et qu'il doute le fera un jour. De laquelle il sent parfois s'écouler quelques perles de sang, comme une aiguille qu'on enfoncerait au creux de sa chair. Une douleur teintée d'une nostalgie certaine, souvenir sans être amer. C'est une de ces seules souffrances qu'il a gardé pour lui, qu'il gardera toujours comme un secret, son poids à porter, qu'il ne souffrirait de partager. Parce qu'il n'y a pas de moyen de changer les choses.

Il y a une seule chose qu'il n'arrive pas, même maintenant, encore, totalement à accepter avec ces doigts de fer. Quelque chose qu'il avait toujours pris pour acquis: pouvoir toucher sa femme du bout de ses doigts. Pouvoir sentir courir le long de ses jointures sa peau, la douceur de son être; passer ses doigts dans ses cheveux, les sentir glisser contre sa peau. Tant de sensations, minuscules, qui lui ont toujours manqué, même lorsqu'il l'avait toujours à ses côtés.

Il ne comprend pas que l'on puisse vouloir se priver de cela, même partiellement. S'il pouvait le retrouver, s'il avait pu le retrouver, même partiellement, même sur un seul doigt, il aurait été tellement reconnaissant. Mais pourtant ceux qui ont le loisir de choisir, ceux qui pourraient garder ce qu'il a perdu décident de le perdre. Et il y a quelque chose, en lui, qui les méprise pour ça.

» Oui. Irréversible. «

Son regard ne relâche pas son interlocutrice, mais il ressent ses prothèses. Au contraire, le manque de sensation du métal contre son verre. Sa voix est tranchante d'un mépris secret, d'une intransigeance parfaite, sans jamais basculer du côté de l'agression. Toujours calme, simplement autrement plus froide, moins avenante, perdant d'une certaine douceur.

Et il l'écoute, attentivement, le reste de son discours. Il y a quelque chose admirable dans ce don de soi, mais le sentiment ne fait qu'effleurer Samuel. Il comprend - plutôt, il conçoit que l'on puisse faire ce genre de promesse, ce genre d'excuses, s'étaler devant ceux qu'on ne veut pas quitter pour qu'ils nous acceptent à nouveau. Mais pourtant, bien que sa logique, bien que sa raison lui intiment silencieusement de l'accepter, que ce n'est qu'une autre culture, une autre façon de vivre; il ne peut pas.

» C'est... intéressant. Je vous avoue que ce n'est pas du tout le genre de chose à laquelle je m'attendais. «

Il lui offre ceci comme toute réaction. D'une voix un peu plus douce, un peu moins froide, de celui qui tente d'accepter quelque chose qui lui est totalement hors norme. Sans vouloir l'offenser, réellement, et sans que ces mots rendent sa compagnie moins agréable. Silencieusement, il porte son verre à ses lèvres et y laisse filtrer quelques gouttes de son breuvage.

Il relève les yeux vers elle lorsqu'elle ouvre la bouche à nouveau. Une légère inclinaison du visage, l'image d'un sourire flottant sur ses lèvres.

» Samuel. Et le vôtre? «

Il est vrai que c'est élémentaire, et qu'ils ont totalement omis de se présenter. Et pourtant.
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posté le Ven 24 Mar 2017 - 23:14 (9)
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 Le milieu de la pègre n'était jamais ce à quoi s'attendaient les bonnes gens vivant dans leur enclos sécurisé avec leurs lois, leurs juges, leurs avocats et leur police. Eux, ils avaient de quoi se protéger, quelqu'un vers qui se tourner, une respectabilité à faire valoir, à brandir comme une carte de Monopoly "vous êtes libéré de prison". Avec leurs cheveux ramenés en arrière, leurs vêtements taillés sur mesure, leurs pompes cirées et leurs dents refaites, tout ce fric à n'en plus savoir quoi faire, c'était facile pour les favorisés de creuser leur petit bout de chemin, comme ça, en marchant à grande vitesse sur les sentiers tracés. Mais pour vous, les mis de côté, les laissés pour compte, vous qui étiez des inadaptés sociaux, il n'y avait aucune place au soleil. Que des reproches, des regards de travers, des aller-retour en taule où la rage d'un monde façonné pour vous rejeter ne devenait que plus forte. Personne d'autre que vous-mêmes ne connaissait cela et ne comprenait vos méthodes, jugées barbares. Cette violence, cette haine, ce dégoût jusqu'à vomir cette société et ses contraintes, vous la tourniez à l'intérieur de vous contre vous-même. Vous la transformiez en force pour servir un but commun. Enfin appartenir à un univers où votre histoire faisait partie d'un Tout rassurant! Enfin être reconnu! Compris! Ne plus passer pour un alien ou un dégénéré. Compter pour quelque chose. C'était ça que vous recherchiez avant tout. Et tu l'avais trouvé à l'Iwasaki-Rengô. Tu avais quelqu'un qui se souciait de toi, un toit au-dessus de ta tête, du riz dans ton bol et une bonne paie a laquelle tu n'aurais jamais pu rêver avec les maigres diplômes que tu possédais. Et lui, lui il osait remette en cause ce système qui, certes avait ses règles en dehors de la Loi des Hommes, mais qui t'avait reconnu pour ce que tu étais, un être humain. Pas un déchet. Pas une statistique criminelle issue de quartier défavorisé, un chiffre perdu, noyé au milieu de tant d'autres. Quelqu'un qui était capable de penser, d'agir, de réfléchir. Une femme, qui plus est! Et pour eux, pour ta famille, la perte d'un membre n'était rien. La souffrance n'était rien. Le sang versé n'était rien. Ou si peu à l'égard de tout ce qu'elle t'avait donné, et continuait de le faire.

"Abe. Etsuko Abe."

Ta voix claque comme une porte qui grince dans une nuit d'été, surprenant deux amants endormis. Giffle sur une peau de pêche. Tonnerre dans un ciel sans nuage. Un son brisant le peu d'intimité que tu essayais d'instaurer et que tu croyais acquis entre vous. Quelque chose qui ne te ressemble pas. En un mot comme en cent, tu es lasse de vous voir attribuer le même rôle, encore et encore. Les méchants. Ca te ferait rire, si tu n'avais pas peur de froisser Samuel Walker. Le Marcheur. Le piétineur, tu aurais envie de ricaner. Le piétineur d'honneur, piétineur des traditions. Ce n'est qu'un Gaïjin, tu te dis. Ce n'est qu'un étranger ne connaissant strictement rien à vos codes, et tu lui en as bien assez dit. Il ne faudrait pas que tu baisses ta garde et croies qu'il s'intéresse à toi. Peut-être travaille-t-il pour les Opportunistes, ou pire pour les Gangster. Pour l'Institut et ses incapables, ces scientifiques bizarres et leurs expériences 'top secrètes'. Tu te méfies et tournes dans ta tête les mêmes suspicions. Elles te fatiguent plus qu'autre chose alors tu décides d'enfreindre quelques lois de bienséances proprement asiatiques et de t'intégrer à celles que tu penses être américaines, voire anglaises avec le nom que portais Samuel Walker. 

"Je suppose que vous êtes Américain? tu le questionnes d'un ton redevenu doux, à croire que tu souffrais de bipolarité. Excusez ma brutalité, ma grand-mère est morte à cause de la bombe d'Hiroshima."


Tu laisses l'histoire de ta grand-mère au silence de connivence, aux images du passé et aux photos jaunies par le temps. Tu essaies d'oublier l'amertume de la souffrance inutile, la peau s'effritant comme du papier carbonisé, laissant entrevoir l'os en-dessous. Les traitements à n'en plus finir, les dialyses, les opérations. Et les médisances quant à ses tâches noires grandissant d'année en année. On disait qu'elle était un monstre. Personne ne la reconnaissait pour ce qu'elle était réellement: une victime. Les indemnisations étaient venues trop tard. Elle était morte depuis trois ans lorsque les premiers yens furent versés sur le compte de ta mère, heureusement saine de corps et d'esprit, n'ayant aucune malformation dûe à la bombe. Les Américains, avec cette histoire de famille, n'étaient pas les gens les plus appréciés chez vous. 

"Le pire est qu'il ne s'est même pas excusé, cet assassin... tu murmures d'un souffle doux cachant ta haine de cet homme mort sans procès, sans justice, dans le calme de sa maison."

Tu oublies, Etsuko, que le Japon aussi ne s'est jamais excusé pour la Chine et la Corée du Sud. Pour Pearl Harbor. Pour les femmes obligées de servir d'esclaves sexuelles aux soldats nippons. Tu oublies la douleur des autres. Mais c'est normal, tu ne l'as pas vue. Tu te concentres sur les images de ton passé, fragile femme, sur elles tu reposes ta force. Tu te redresses et lui souris, à l'Américain oublieux de tout cela, l'innocent petit Américain blanc, assez riche pour pouvoir se faire greffer des mains d'argent, tu lui souris comme tu sais que ta grand-mère aurait souri après avoir pardonné. 

"Pardon. Je vous accable d'un soucis qui n'est pas le vôtre. Changeons de sujet, voulez-vous? Que faites-vous dans la vie?"
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posté le Jeu 30 Mar 2017 - 3:44 (10)
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ft. Etsuko


Sa voix claque comme un fouet. Samuel se contente de l'encaisser en silence, statuesque. Il n'a jamais voulu la froisser; pense n'avoir rien dit qui aurait pu le faire. Peut-être n'accepte-t-elle pas son ignorance. Peut-être la prend t'elle pour une apathie, une indifférence qu'elle n'est pas, peut-être lit-elle, entend t'elle en sa voix cette inflexion de ce mépris qu'il ne saurait détruire. Qu'il aimerait fondre de cette empathie qu'on lui a prêtée, qu'il aimerait voir clairement et poser en sa poitrine solidement. Et pourtant, qu'il ne peut, qu'il ne souhaite réellement supprimer.

Mépris qui n'est pourtant jamais total. Qui est nuancé de ce désir de comprendre; de ce savoir, de cette connaissance de ces passions qui peuvent pousser l'un à des extrêmes. Qu'il saurait parfois ressentir, au fil des notes, qui l'habite, qui se creuse une place au fond de sa poitrine, qui explose son cœur et perce ses poumons, et qui s'efface aussi vite lorsque le silence retombe. Mais Samuel est doté de cette empathie détachée, de celui qui ne saurait ressentir l'objet de cette compassion qu'en des circonstances précises; que lorsque ses doigts de fer courent sur un piano.

Détachée mais qu'il garde pourtant toujours au point de son esprit, détachée mais seulement lorsqu'elle s'oppose à ce qu'il croit, à ce qui vibre dans ses os. Il n'a jamais été pourvu de cette empathie totale qui tourbillonnait en Amélie, bien qu'il l'aie hérité d'elle, ou aie tenté de le faire. Elle n'a pu que l'adoucir. Il trouve dans la communication humaine, dans ces mots que l'on se partage, dans ces idées que l'on ne peut jamais exprimer tout à fait, une tragédie profonde.

Pourtant c'est une tragédie qu'il apprécie. De pouvoir garder dans les profondeurs de son être ses secrets, son intimité que l'on ne saura jamais comprendre. Que lui seul peut connaître, d'instinct, comme une chaleur ou un trou dans sa poitrine, qu'il ne saura expliquer ni jamais dire, et qu'il connaît pourtant. Peut-être l'imperfection du contact humain l'empêche-t-il de communiquer les nuances de son dédain, jamais complet, mais peut-être cela vaut-il mieux.

Il hoche la tête - incline le visage, plutôt, légèrement, alors qu'elle assume, d'une voix plus douce, ayant perdu de son tranchant, qu'il est Américain. Et elle explique son coup de fouet sur le ton de l'excuse, que Samuel accueille et accepte de l'ombre d'un sourire.

» Vous êtes toute pardonnée. Vous avez toutes mes condoléances. «

Sourire qui s'efface, légèrement, derrière une compassion réelle dont il prend le ton. Pour Samuel, la bombe d'Hiroshima n'est qu'un souvenir lointain, que plusieurs pages dans un livre d'histoire. Une tragédie repoussée d'un siècle et demi, qui ne conserve à son époque aucun esprit pour l'avoir vécue. Rien en lui, rien en personne qu'il n'a jamais connu ne porte la responsabilité de cet acte. Ce n'est que l'erreur, l'atrocité posée par leurs ancêtres. Samuel n'a jamais ressenti quelconque responsabilité que ce soit, quelconque culpabilité face à cette page d'histoire.

Il comprend la douleur de son interlocutrice, comprend son amertume sans jamais la considérer réellement. Il n'est pas responsable de la bombe; ne le sera jamais, et il n'essuie cette réaction que par compassion. Parce qu'il apprécie, peut-être, cette femme, son attitude, cet instant qu'ils partagent. Elle s'excuse; il repousse ses excuses du dos de la main.

» Ne vous inquiétez pas. «

De ce ton posé et sincère. Il porte son breuvage à ses lèvres alors qu'elle change le sujet, repousse leur interaction vers quelque chose de moins lourd, de plus, sans doute, agréable. Il l'apprécie; et repose son verre, lentement, avant de répondre, avec ce calme et cette intention qui le caractérisent.

» Je suis pianiste. «

Peut-être ses doigts de fer fourmillent-ils à cet aveu. Comprendra-t-elle la douleur pour lui, d'avoir perdu ses doigts? Cela la rendra-t-elle plus compatissante envers sa vue du monde, de cette action répulsive qu'est l'amputation volontaire de ses membres? Peut-être. Peut-être pas. Samuel n'en a pas totalement cure, de toute manière. Il se contente de refléter la question avec un intérêt certain et sincère.

» Et vous? Vous semblez en connaître assez sur la culture des yakuzas. Quoique, cela n'implique absolument rien. «
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posté le Sam 8 Avr 2017 - 20:30 (11)
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  La réponse tombe comme un couperet, directe, franche, coup du droit que tu arrives à encaisser sans flancher, ou si peu. Il n’a pas l’air amer, Samuel, n’a pas ce visage fermé, ces poings crispés de ceux que la vie a amputés. Ses doigts de métal luisent d’un autre éclat à tes yeux, maintenant que tu connais leur histoire. Ils sont le cri d’une rage muette. Les témoins de l’injustice subie. Le choix qui n’en fût pas un, imposé de toute évidence par la violence des affamés.

« Vous êtes quelqu’un de fort. »

Ce n’est pas une question, ni un simple constat. Tu le trouves plus âgé maintenant qu’il t’a mis sans le vouloir dans la confidence. Il a un petit quelque chose de plus qui te plaît et que tu admires, telles les tasses à thé brisées et recollées avec de la poudre d’or, formant à partir d’ustensiles du quotidien des objets d’art. Qu’un type tout à fait banal au premier abord possède la force nécessaire pour non seulement se faire greffer, mais en plus exercer un métier nécessitant un certain doigté (tu ne trouves pas d’autres termes plus appropriés) et sans doute monter sur scène (l’assurance avec laquelle le blond peroxydé s’était présenté comme pianiste ne te laisse aucun doute quant au fait qu’il n’avait pas peur de se produire en public) ne peut que susciter ta fascination. Son mental doit être d’acier trempé, un homme à ne pas sous-estimer, sûrement. Tu plonges tes lèvres dans ton verre, songeuse. Tu aurais aimé le démarcher afin qu’il rejoigne l’Iwasaki-rengô, mais en l’entendant prononcer le nom de « yakuza » avec une certaine trace de dégoût sans y paraître, tu connais déjà sa réponse. Ce sera un non catégorique. Tu acceptes ta défaite d’un mouvement innocent des épaules, rajustant la position de tes vêtements.

« Je les côtoie assez souvent, oui, fais-tu évasivement. Lorsqu’on habite à Osatoka, on est bien obligé. Et puis, ils ne sont pas tous méchants, termines-tu avec un petit rire enfantin. »

Tu avais toujours eu des difficultés à appréhender le monde suivant l’opposition binaire « Bien », « Mal » qui te semble trop restrictive à ton goût. Il te fallait des nuances, quelque chose venant contrebalancer l’histoire de chacun, lui apporter ses touches de couleur. La rendre humaine, tout simplement. Cependant, tu sais que ta vision n’est pas souvent partagée, les gens préférant s’enfermer les uns les autres dans d’étroites cases toutes parfaitement étiquetées, afin de se sentir probablement plus en sécurité. De savoir à qui ils ont à faire. Ne pas avoir de prise sur l’autre vous faisant face a de quoi en angoisser plus d’un. Pas toi. Tu aimais découvrir pas à pas l’identité mystérieuse, apprendre à l’apprivoiser, être toujours surprise. Tu aurais fait un bon agent de recrutement si on t’en avait laissé l’opportunité. Mais tu ne regrettes pas ta position au sein de ta Diaspora. Jamais. Tu as payé très cher l’immense honneur d’être Wakagashira ; y gaspiller tes larmes reviendrait à te renier toi-même.

Pourtant, tu ne révèles pas cette information au pianiste. Tu la gardes jalousement au fond de toi, l’enfermant dans ton cœur, et avalant tout rond la clé du cadenas. Tu ne saurais dire pourquoi tu agis ainsi. Par jeu, par provocation ? Par culte du secret ? De la limite personnelle à ne pas franchir ? En tout cas, tu te retranches derrière le silence de ton sourire, la nonchalance de tes mouvements, l’intimité qui se développe et vous enrobe tous deux. Tu la laisses faire mais ne tente rien pour l’amadouer.

« Quel est votre compositeur préféré ? »

Tu changes de sujet, déviant la conversation vers ton vis-à-vis, le poussant à davantage de confidence afin d’y échapper de ton côté.

« Je dois vous avouer que je ne connais pas grand-chose dans ce domaine, tu t’excuses après qu’il t’ait livré sa réponse. »

Tu n’avais jamais eu le temps ni l’envie de t’intéresser à la musique classique tu jugeais – superficiellement et à la va-vite, tu le conçois – élitiste. Tu es plutôt ravie de te retrouver seule à seul avec un initié qui pourra peut-être te persuader du contraire.

« Je crois que je sais à peine faire la distinction entre un piano droit et un à queue, tu ris en te cachant derrière ta main. »
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posté le Jeu 13 Avr 2017 - 22:04 (12)
pour un regard
ft. Etsuko


Immuable. On en revient toujours à cela; à cet état de droiture, de force tranquille qui se manifeste et constitue Samuel. Il réceptionne le commentaire d'une simple inclinaison du visage, d'une nouvelle gorgée de sa boisson; oui, ce savoir l'a rendue plus empathique. A permis à cette femme de comprendre l'amertume, cette brume si légère qu'il souhaiterait souffler jusqu'à ce qu'elle se fade, qui agrippe sa colonne à l'idée que l'on puisse se mutiler soi-même, de son propre gré. De cette décision qu'il ne saurait réellement accepter.

» Oui. J'imagine qu'on ne peut jamais généraliser. «

Bien sûr, que les yakuzas doivent accueillir au sein de leurs membres des hommes biens, dont la droiture fût crochue par quelque événement que ce soit, par quelques circonstances. Samuel est conscient de son privilège en cette matière; mais il est aussi conscient que seule son exigence lui a permis de ne jamais être crochu, de ne jamais se casser, se contentant de se plier tel un roseau, et pourtant de conserver en ses os la force du chêne.

Sa force ne naquit jamais de quelconque cadeau divin et toujours de cette discipline, de cette exigence et de cette détermination dévorante au creux de sa poitrine. Sans oublier - jamais - cette inconditionnelle que fût sa femme, Amélie, celle qui a pu le porter, le soulever alors que lui même croyait ne plus jamais savoir se relever. Il a toujours puisé en elle sa force, et ne cessera sans doute jamais de le faire. L'ombre d'un sourire s'écoule sur son visage à cette pensée, tendresse fugace - le temps d'un battement de cœur.

Et pourtant, Samuel remarque également, le temps d'une pensée, que Etsuko a évité sa question. Soit. Il ne poussera pas plus; peut-être a-t-elle quelconque réserve face à son occupation professionnelle. Il n'assumera rien, ne sautera pas aux conclusions, et se contente ainsi d'ignorer cet évitement, de continuer sur la lancée de cette discussion, calme, agréable.

» Je dois avouer être assez partiel à Monsieur Kashiwa Daisuke, bien qu'il ne soit pas pianiste. «

Un japonais - coïncidence pure. Samuel a toujours trouvé dans la musique de Kashiwa Daisuke, mélange étrange de naturel et d'électronique, de calme et de passion, musique qui, bien qu'elle ne soit pas entièrement constituée d'instruments réels et physiques, est organique et profondément émotionnelle. D'une réalité que la majorité des compositeurs n'arriveront jamais à toucher du bout des doigts, une profondeur, une tangibilité (on le sent s'agiter au fond de sa poitrine, s'épancher et se contracter) à laquelle Samuel a toujours aspiré dans ses propres créations.

Réponse peu orthodoxe de sa part, à laquelle personne ne s'attendrait; il ne se souvient pas d'une seule fois où sa réponse à cette question n'a pas été rencontrée par de la surprise. L'on s'attend probablement à un certain élitisme de sa part, et pourtant Samuel a toujours trouvé en l'art, au contraire, une modestie profonde. Son monde est rempli de gens sérieux, essayant d'apposer à cette bête sauvage et magnifique leurs règles et leurs techniques; ceux-ci ne comprennent pas. Samuel préfère cent fois écouter un pianiste inexpérimenté qui s'écoule dans sa pièce qu'un professionnel trop absorbé par sa technique, robotique.

» Ne vous inquiétez pas. C'est une simple différence de son, de musicalité. Certaines pièces se prêtent mieux à l'un ou à l'autre, mais en général je n'y apporte pas énormément d'importance moi-même. «

Il termine tranquillement son verre, le déposant silencieusement, délicatement. Déposant ses doigts de fer sur le bord du bar, sa main droite commence doucement à pianoter un air - mystérieux, d'une certaine intimité, dénotant certainement un tranchant mélancolique, et pourtant agréable - qui tourbillonne silencieusement au creux de sa tête.

» Et vous? Vous devez bien écouter un peu de musique: quel est votre artiste favori? «
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sympathy for the devil
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Clan Iwasaki
posté le Mer 19 Avr 2017 - 18:15 (13)
Juste un regard
"Pourvu que les hommes nous regardent, amoureux de l'ombre et du pire"
  Tu ne peux contenir une exclamation à l’entente du nom familier de Kashiwa Daisuke. Avec ton expérience très limitée de la musique classique, il n’y avait qu’à travers les films d’animation et les jeux vidéo que tu te cultivais un peu.

« Kashiwa Daisuke-sama ! »

Tu caches ta surprise derrière la paume de ta main, étouffant un ton excité. Rares étaient les gens avec qui discuter – aduler pour ta part – du génie de l’artiste, de son travail mélangeant tradition et modernité avec une dextérité si brillamment exécutée. A vrai dire, Samuel était la première personne à qui tu révélais tes goûts musicaux, n’en ayant jamais eu l’opportunité auparavant.

Ton regard sur le jeune homme perd toute trace d’agressivité ou de jugement sévère pour ne se teinter que de la joie pure de parler de vos points communs. Tu ne le remarques pas mais tu rajeunis dans ces rares moments de détente à deux. Tu sembles briller de l’intérieur, émettant un halo de bonheur, une bulle vous coupant des tracas du quotidien.

Tu te revoies adolescente appréciant dans l’espace privé de sa chambre les dernières sorties cinématographiques, n’arrivant pas à te décider qui du studio Ghibli et de ses deux fondateurs, ou de CoMix Wave et de Makoto Shinkai avait ta préférence. D’un côté, l’exotisme et le dessin enfantin de Miyazaki Hayao, la poésie et la justesse de ton de Takahata Isao, les larmes versées sur le Tombeau des lucioles, les rires provoqués par Mes voisins les Yamada. De l’autre, la technique de Shinkai Makoto, ses histoires dépouillées de la vie de tous les jours et l’incroyable réalisme de ses décors. Choix cornélien. Sans parler de Hosoda Mamoro et le thème de la famille si bien exploité dans Yuuki et Ame, et de son esthétisme coloré dans Summer Wars. Le panthéon de Dieux que tu vénérais en cachette, sans parvenir à les départager.

Il en allait de même avec les compositeurs de ces réalisateurs d’exception. Même si ton cœur penchait en faveur de Joe Hisaishi – il était un choix aisé, tu l’admettais, sa musique plus accessible et surtout plus connue que celle de ses concurrents – il n’empêchait pas ton oreille d’être charmée par l’OST du Jardin des Mots et son piano sublimant l’histoire d’amour, tout en magnifiant les scènes de pluie, un chant, un ode à la nature, à la mélancolie du temps passant trop vite, joyeuses notes valsant entre méditatives et furieuse, moments d’intensité d’une vie fragmentée et vécue jusqu’à son paroxysme. C’est à l’écoute de « Greenery Rain » que tu avais eu un coup de foudre, sublimé par les paysages d’un Tokyo aqueux, vert, et d’un jardin magique où tomber amoureux relevait d’un défi gardé secret entre le torrent d’une rivière à flot et les paisibles rideaux de glycines chargés d’eau.

« Moi aussi j’aime beaucoup ce compositeur que je connais grâce à sa collaboration avec Shinkai Makoto-san. Sans indiscrétion, quel serait votre morceau préféré ? »

Tes questions et tes réponses se font sans gêne, le débit plus rapide de tes mots dénotant ta confiance en ton nouvel ami, même si le terme ne sera utilisé pour vous décrire l’un l’autre que bien plus tard.

« Mais je dois donner ma préférence à Hisaishi Joe-sama. J’aime aussi les airs de Jazz, même si je suis incapable de me souvenir des compositeurs, ou même des titres ! »

Ton rire est plus franc ; tu abandonnes petit à petit ta réserve naturelle, sortant de ta coquille, aidée en cela par l’alcool et le verre vide que tu repousse plus loin, jouant distraitement avec l’ombrelle le décorant.

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posté le Sam 22 Avr 2017 - 9:29 (14)
pour un regard
ft. Etsuko


Etsuko s'allume véritablement dès que les syllabe constituant le nom de Kashiwa Daisuke s'échappent d'entre les lèvres de Samuel. Il y trouve une beauté et une chaleur qui se répandent tranquillement le long de ses os, longeant sa colonne vertébrale et s'étendant en vrilles contre ses côtes, sentiment agréable qui voit la musique flottant aux limites de son esprit se concrétiser, plus réelle. Il y attribue désormais, au creux de cette mélancolie mystérieuse, la chaleur qu'elle dégage et la qualité solaire de son sourire. Sa main droite pianote - do-ré mi-fa sol-mi sol-sol-do - pourtant son esprit ne s'attarde pas sur cette frustration, le savoir que la pièce restera sans aucun doute coincée au fond de son crâne, sans qu'il n'ai moyen de la ramener jusqu'à l'existence.

L'instant présent lui est réellement agréable. Il a su capter et conserver l'intérêt de son interlocutrice, qui semble s'ouvrir comme une fleur devant ses yeux, et il puise en cette lumière qu'elle tamise jusqu'à lui un confort certain. Picote aux extrémités de sa chair cette chaleur réelle, moment d'intimité qu'elle arrive, à ses côtés, à cultiver; comme si la mention de Kashiwa Daisuke avait réellement abattus les murs entre eux, et que l'appréciation hésitante qui planait auparavant comme une brume, arrêtée par ce qui les séparent, s'épanchait finalement pour les lier silencieusement.

» Je suis content de l'entendre - en Amérique, tout du moins, il était grossièrement méconnu. Enfin, beaucoup moins qu'avant sa mort, mais tout de même. «

Et pourtant ce compositeur de talent - de génie - est tout de même parvenu à ses oreilles, à le séduire et l'inspirer, peut-être, à devenir ce que Samuel est aujourd'hui.

» Je suis assez partiel à stella, de program music I, ou encore à meteor, de program music II. «

Il avait longuement pleuré la première fois qu'il avait écouté la seconde. Sans qu'il ne sache l'expliquer ou comprendre pourquoi, la pièce l'avait frappé droit au cœur, le serrant sans jamais vouloir le lâcher. Encore aujourd'hui, il lui arrive de voir ses pupilles s'embuer de larmes lorsqu'il prend le temps de s'en submerger. C'est peut-être l'étrange mélancolie pourtant débordante d'espoir, de joie, d'une certaine manière, de la passion, fougue impétueuse du violon, ou le calme pourtant ardent, vif, incompressible emballement du piano. Les premières notes qui soulignent, prédisent une pièce tragique qui pourtant ne vient jamais.

Meteor lui rappelle Amélie, sans aucun doute. Dans toute sa vivacité, son dynamisme, son désir ardent et implacable de dépasser les limites de son esprit et de son corps, dans cette fougue qui l'animait et peignait de larges sourires sur son visage, celle qui peignait aussi ses airs appliqués - la façon dont son nez avait de se froncer lorsqu'elle était absorbée par sa tâche. Cet élan insolent et débonnaire qui la poussait à se jeter comme une vague, inlassable, sur ceux qui avaient besoin d'elle, et cette bienveillance suprême qui pardonnait tout; ces traits qu'il aimait - aime - et pourtant qui la déchiraient, parfois. En ces moments, toujours, il en voulait au monde d'oser la blesser.

De la même façon, Stella lui rappelle lui-même. Sans qu'il ne sache se l'expliquer avec autant de clarté, un passage de la pièce spécifique a toujours posé en lui cet étrange sentiment de familiarité, d'une connaissance si ultime que l'on ne peut se l'attribuer qu'à soi-même. De la seizième minute de la pièce jusqu'à sa vingt-troisième, il lui semble ressentir son âme habiter son corps, se connaître complètement et se comprendre jusqu'à la moelle de ses os. Et pourtant ce n'est pas pour laisser le reste de la pièce en reste - elle impose à ses sens un sens si net d'une histoire, naissant au bout de ses doigts.

» Ah, Monsieur Hisaishi. Excellent choix. «

Des airs qui lui sont beaucoup moins familiers, mais qui parviennent tout de même à danser le long de ses synapses. Musique qui parvient avec une facilité déconcertante à arracher à l'auditeur des sentiments et à les faire tourbillonner au fond de sa poitrine, talent impressionnant auquel tous les artistes aspirent.

» Je dois avouer que, d'une certaine manière, le jazz vous sied. Je vous en jouerai bien un air, un jour, si vous me le permettez. «

Il repousse, à son tour, son verre vide qui siège désormais sur le comptoir devant lui alors qu'il lui fait sa proposition, un sourire doux éclairant son visage. Invitation sincère; il apprécie trop sa présence pour accepter de ne plus jamais la revoir.
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