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Disturbance - Ft. Lorelei [Terminé]

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Clan Iwasaki

Il ne sait pas se battre, il ne fait peur à personne. Tout ce qu'il a c'est une addiction aux calmants et des compétences de chirurgien. Il trouve son utilité dans les rangs d'Iwasaki en participant au trafic d'organes. Il garde secrète son allégeance. Plus facilement détestable qu'approchable, son sens pragmatique le rend tout de même utile, la plupart du temps.
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le Mar 31 Jan 2017 - 3:49
DISTURBANCE

Junji était vieux jeu. Du moins, c'est comme ça qu'on l'a souvent qualifié. Dans son « autre vie », ses proches lui reprochaient souvent de ne « pas être assez ouvert sur le monde et aux autres », qu'il devrait « s'initier à la culture populaire, côtoyer les bars, surfer sur des sites de rencontres » parce que ce n'est pas en restant cloitré chez soi qu'il allait vivre l'aventure et rencontrer des gens qui bouleverseraient sa vie. Tous ces arguments assaisonnés de bonnes intentions n'ont jamais fait sortir l'homme, jeune et moins jeune, de sa caverne pour partir à la découverte de l'inattendu.

La vérité, c'est qu'il n'a jamais voulu être dérangé. Il ne voulait pas que sa vie change radicalement par « l'Amour » ou la « Passion » - il avait déjà essayé, et vraiment, non, tout compte fait, il était bien comme ça, avec son existence qui ressemblait plus à un lac qu'à une mer houleuse... Enfin, il croyait être bien ;  le début de sa trentaine l'aura contredit, mais ça, c'est une autre histoire.

De là « vieux jeu ».

Certes, il n'était pas réellement fermé à la modernité comme le veut le sens propre du terme, mais il avait certaines petites habitudes « à l'ancienne » qu'il trouvait, en réalité, plutôt charmante. Elles le mettaient à l'aise. Parmi celles-ci, la lecture dans un café. Ah, bonheur suprême ! C'était peut-être l'un des seuls moments où il acceptait d'être entouré de gens - mais il savait que nul oserait le déranger. Les conversations, généralement jamais trop fortes, se changeaient en un bruit de fond à la fois vivifiant et apaisant. C'était la vie, mais il n'avait pas à s'en mêler. Il était entouré, mais n'avait pas à interagir avec qui que ce soit. Bonheur suprême !

C'était ce petit plaisir qu'il s'accorderait aujourd'hui.

En sortant de chez lui, l'air frais du matin lui piqua le visage. Il resserra son foulard rouge (une rare couleur qu'il se permettait de porter) et se mit en route, son livre sous le bras. Entre l'arrondissement du cinéma et du casino, il y avait quelques rues commerçantes passantes peu importe l'heure de la journée. Junji marchait, les bras croisés contre lui-même et contre son livre, en essayant d'éviter le plus de collision avec les piétons pressés possible. Quand son épaule frappait celle d'un inconnu, il rentrait sa tête entre ses épaules et marchait plus vite - non, il ne parlait jamais et de toute façon, sa silhouette frêle avait tôt fait de se fondre dans la foule avant qu'on ne lui demande des représailles...

Dix minutes plus tard et plusieurs personnes croisées dont il avait évité le regard, le voilà au café. Lorsque la porte se ferma, une clochette tinta. Junji soupira d'aise et sourit. Enfin. Le paradis. Il salua la barista qu'il a appris à connaître au fils de ses nombreuses visites (enfin, connaître... il connaissait son nom et elle savait qu'il prenait à chaque fois « un café-décaféiné-dans-un-bol-pas-de-lait-pas-de-sucre » et qu'il détestait discuter de la pluie et du beau temps) et s'installa au fond à une table pour deux, près de la baie vitrée.

La machine à infuser se mit en marche. Junji enleva son manteau, le laissant sur le dossier de la chaise. Il déposa soigneusement le livre sur la table et l'ouvrit à la première page. Les quelques autres clients à l'intérieur ne faisaient pas attention à lui, pas plus qu'il ne faisait attention à eux. Il plongeait dans un autre monde, il fuyait les soucis présents pour plonger dans le fiction.

Le bonheur suprême.
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ft. Junji
Il y a quelque chose qui se tord dans le cœur de Lorelei lorsque apparaît dans la périphérie de son regard cette silhouette.

Elle se tourne d'un coup, cherche son regard. Oui, il a les cheveux noirs plutôt que presque totalement blanchis, oui, sa posture est un peu plus droite, sa peau plus lisse, il y manque ses pattes d'oies au coin de ses yeux et le creux sur le coin de ses lèvres. Mais il n'y a aucun doute à avoir. C'est Junji. The hell...? Elle se rappelle cette histoire de ligne du temps. Du fait que des gens de différentes époques se retrouvent à Pallatine. Mais elle n'avait jamais réellement imaginé que ça pourrait la concerner, elle. Comme si c'était de ces choses qui n'arrivent qu'aux autres.

Et, clairement, ce Junji vient d'un monde où il a été transféré bien avant qu'il ne fasse son chemin vers elle. Sauf si, dans ce temps alternatif, elle est née plus tôt. Ou qu'elle a commencé à dealer bien plus jeune. Une infinité de possibilités se bousculent dans la tête de Lorelei. Does this mean...? Qu'elle pourrait réparer ses erreurs. Qu'elle pourrait redonner à cette petite sœur désespérée le sourire de son grand frère. Bien avant qu'il n'aille se shooter jusqu'à la mort dans un coin crade par sa faute.

FUCK! Il n'y a pas de retour en arrière possible. Alors elle s'élance à la poursuite de Junji, juste avant qu'il ne quitte son regard, juste alors qu'il s'engouffre dans un petit café. À travers les gens qu'elle bouscule sur son passage, ignorant quelconque commentaire. Comme si elle ne voyait que devant elle, ses périphéries cachées par une noirceur chancelante. Elle pousse la porte et se dirige sans autre forme de procès vers la table où est assis Junji, y plaquant ses mains dans le tintement des ustensiles.

Puis, elle se fige. What the hell are you doin'? You're s'pposed t'start over, 'FUCK'S SAKE. Mais elle a toujours su, dans un coin de sa tête. Que même si elle n'arrêtait jamais de courir, le passé la rattraperait éventuellement. Et il est là, maintenant, devant elle. Devant ses yeux, comme une matérialisation physique de tout ce qu'elle veut fuir. Tout ce qui lui manque. Toute cette putain de solitude qui lui agrippe le ventre, ce savoir qu'elle n'appartient nulle part. Nulle part sauf le seul endroit où elle ne peut jamais retourner. Nulle part sauf l'endroit où elle tuera, encore, si elle y retourne.

Elle ferme les yeux, serre les dents, tourne son visage. FUCK! Puis elle plante son regard dans celui de Junji, soupire et se redresse, enlève ses mains de la table. « Fuck. Désolée. J'sais pas si tu m'r'connais. Ou si t'm'as ever connu, même. C'est Lorelei, si ça t'dis quoi qu'ce soit. Je... J'te vendais tes cachets. » Il n'y a plus de retour en arrière. You're a fuckin' moron.
ϟ NANA




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le Dim 5 Fév 2017 - 21:33
Ses yeux parcouraient les premières lignes (Il était tout près de huit heures quand Jabob) quand un bruit atroce le fit sursauter. Tout son corps se contracta, son coeur se mit à battre fort. Merde, il va quand même pas prendre une double dose seulement parce que... Parce que quoi au fait? Qu'est-ce qui avait causé ce vacarme et l'avait sorti de sa paix intérieur? Il leva les yeux. Une fille, devant lui. Il ne l'avait pas remarquée, mettez ça sur le dos de sa quasi-crise cardiaque, et, tout compte fait, il aurait peut-être préféré ne pas la voir. Elle lui fait franchement peur, à le regarder, comme ça, ses bras sur la table... Et puis ça le frappe. Est-ce possible que ce soit une personne qu'il ait bousculée dans la rue par inadvertance? On lui en voulait? On allait quand même pas lui casser les jambes ici, dans ce café si paisible? Ou pire, ses mains! Ça serait la fin de sa carrière, de sa vie, bonjour les ennuis, les dettes et...

Et il devait se calmer. À tout prix. Une bonne inspiration, c'est le truc qu'on lui a donné, voilà, c'était déjà mieux, il allait pouvoir retrouver le contrôle sur lui-même, demeurer rationnel et, surtout, garder son calme... Pendant ce temps-là, la fille parlait. Il ne l'écoutait pas, jusqu'à ce qu'il entende «J'te vendais tes cachets.»

À nouveau, son coeur manque un bond. Jamais on n'aura vu Junji se lever aussi rapidement pour plaquer sa main sur la bouche de la fille.

Ça lui prit seconde de trop pour réaliser son erreur. Quelle imbécile il était! Il ne l'a jamais vue de sa vie, il était prêt à le jurer, elle faisait probablement erreur sur la personne, jamais elle ne lui avait vendu de cachets, ça non, impossible, alors pourquoi tu continues à te comporter comme un idiot? Ce n'est pas du tout hygiénique...

Soudainement très gêné, il retira sa main aussi prestement qu'il s'était levé et marmonna un «pardon» avec quelques autres formules pour s'excuser complètement incompréhensibles. Il attrapa machinalement une serviette de table et essuya sa main. Ses yeux, eux, parcouraient la salle entière mais évitaient de se poser précisément sur la personne à qui il devait faire face. Il avait trop honte. Après ce qui lui sembla une éternité, il trouva la force d'énoncer plus (ou moins) clairement : « Je... je crois que vous faites erreur... Je ne sais pas de quels ca- de quoi vous parlez. Je ne vous connais pas, mademoiselle... »

En se débarrassant de la serviette de table, il fit le constat que sa main tremblait toujours.

Voilà que sa journée idéale se transformait en un cauchemar.




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le Jeu 9 Fév 2017 - 10:58
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ft. Junji
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans ces traits intacts. Dans cette peau lisse, ce teint plus clair, plus rose, moins gris. Ces rides aux coins de ses yeux, aux coins de ses lèvres, effacées par le temps. À l'envers. Comme si c'était une autre personne. Parce qu'il n'a pas vécu, n'avait pas vécu ce qui avait fait de lui celui qui avait croisé son chemin. Mais c'est lui, quand même. C'est lui, avec ses yeux, ses cheveux, le pli inquiet de ses lèvres, l'angoisse au fond des iris. Comme si c'était une photo, une photo qui se tient devant elle. Un passé que Junji lui-même avait repoussé du dos de la main, s'enfuyant au Bronx comme elle s’en enfuit maintenant.

C'est ironique, un peu. D'une ironie douloureuse, de cet échec retentissant à fuir. Parce que le passé la rattrape. Encore. Et encore. Et encore. Même si elle court. Il y a toujours les mains des siens qui s'agrippent à ses chevilles. Désœuvrée, perdue, elle n'a rien qui lui permettrait de les semer. Rien vers lequel travailler, rien dans lequel se noyer pour oublier. Pour oublier ce meurtre, pour oublier les larmes de crocodiles d'une petite fille qui a perdu son grand frère, pour oublier la sensation, l'humidité de ses pleurs contre son t-shirt, qui lui colle toujours à la peau.

Et elle sursaute, quand Junji bondit vers elle - plaque sa main contre sa bouche. Comme pour l'empêcher de blasphémer. De révéler son secret. Elle reste là, surprise, les yeux écarquillés, comme celle qu'un souvenir vient de toucher. Comme si une photo avait bondit hors de son cadre pour l'atteindre. Comme si les mains sur ses chevilles s'étaient finalement refermées, et qu'elle se sentait chuter. Ses genoux écorchés sur l'asphalte. Don't you fucking dare.

Puis, le contact se brise. Comme une bulle qui éclate, Junji se rassoit brusquement, marmonne des excuses. Elle se contente de le fixer, toujours interdite. Fourre ses mains dans ses poches, pour cacher ses tremblements. Comme le lendemain d'une nuit trop arrosée, comme un mauvais comedown de cocaïne, comme l'adrénaline qui se vide de son système. Et elle serre les poings, dans le fond de ses poches. Get a fucking hold of yourself. You're better than that. Même les syllabes de ses pensées sont étrangement détachées. Comme si les mots, les pensées étaient trop lourdes.

(Elle a peur. Affreusement, affreusement peur de rechuter. Comme un addict qui essaie d'arrêter, comme si le sevrage de sa vie, de cette vie qu'elle avait abandonné se faisait plus difficile. Elle a peur que son passé la rattrape, de voir les fantômes de tous ceux qu'elle a tués. D'échouer. De débouler la montagne, le mur qu'elle a construit pour échapper à ses torts. De tuer. Encore.)

((Mais elle ne le réalise pas réellement.
Ce n'est qu'un étrange sentiment au fond de sa poitrine.
Qu'elle ne reconnaît pas.))

« Don't fucking lie to me. » Presque un grognement. Puis, plus doucement. « Je sais qu'c'est toi, Junji. On a juste... Pas dû se rencontrer yet. Dans la réalité d'où tu viens. » Elle détourne le regard. Se sent bouillonner de l'intérieur. Et elle enrage, de sa propre faiblesse, de cet état dans lequel tout ça l'a mis. Y'won't go back. You're better than that. You're fine. You're fine.

we used to be giants/we used to climb mountains/we used to be gold/
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le Ven 17 Fév 2017 - 1:33
Ses mains tremblaient, particulièrement la droite, toujours la droite. Il la serra dans un poing, dans un vain effort de la contrôler. Junji n'avait d'yeux que pour elle. Dans ses prunelles, une haine envers lui-même, envers ses problèmes, mais qu'il camouflait toujours avec ses cheveux noirs qui tombaient par-dessus ses paupières. Une barrière physique qui empêchait les indiscrets de trop s'inquiéter pour lui, qui a fini par l'empoisonner et nourrir son isolement. Un réflexe adolescent, irrationnel, qu'il avait bien essayé de supprimer en thérapie, mais elle n'avait pas pu durer assez longtemps.

Personne n'avait pu réellement lire en lui. S'il y avait eu quelqu'un d'assez délicat, patient et brave pour l'affronter, peut-être qu'il ne serait pas ici, à Pallatine, et peut-être qu'il ne se serait pas retrouvé au Bronx, dans un futur qu'il n'aurait jamais connu. Et cette étrangère qui semblait si bien le connaître ne serait pas ici, devant lui, et, surtout, il n'aurait pas tous les problèmes qui l'accablent.

La violence de ses mots le ramena sur terre, loin de toutes ses réflexions sans queue ni tête.  Elle avait toute son attention. Elle connaissait son nom. Elle disait qu'ils ne s'étaient pas encore rencontrés. Elle connaissait son nom. Elle l'avait poursuivi jusqu'à ce petit café pour lui dire ceci ? Qu'elle le connaissait ?

L'étrangeté de la situation lui fit quelque peu oublier son anxiété. Sa main se délia, lentement, et ses doigts se posent sur le bout de la table, comme appui.

« Tu me connais. »

Citer l'évidence lui semblait la meilleure façon d'entrer dans la matière. Entre l'affirmation et l'interrogation. Il n'était pas certain de la manière dont il devait aborder le sujet, mais il était sûr d'une chose : sa curiosité était piquée. Qui était cette fille ? Où l'avait-il connue ? Quand ? Pourquoi ? Et en même temps, la peur : et si cette vie qu'il n'a jamais connue était pire que sa présente ? Et si, au contraire, elle était meilleure ? Regretterait-il cette rencontre ?

« Pourquoi... »

Il s'arrêta et pinça les lèvres. ''Pourquoi m'as-tu suivi ?'' Non, ce n'était pas vraiment ce qu'il voulait savoir. C'était autre chose, mais il ne savait pas quoi au juste. Tout se bousculait dans son esprit. On l'avait bien mis au courant que des dimensions parallèles existaient et que, sans aucun doute, devait-il se trouver un différent lui parmi l'une d'elles. Mais il avait toujours eu du mal à accepter cette idée pour une simple raison : jamais il n'a pu se projeter dans le futur, s'imaginer ce qu'il serait dans une semaine, un mois, un an, dix ans. Il n'arrivait jamais à s'imaginer avoir un futur.

Et l'idée d'en avoir un, alternatif ou non, le remplissait de cet espoir qu'il avait appris à tuer avec le temps.  

Il releva brusquement la tête, regarda à gauche, à droite, comme si son environnement le préoccupait soudainement. À la fin de ce manège, il osa affronter le regard de cette étrangère qui, de toute évidence, en savait trop sur lui.

« Veux-tu t'asseoir ? Je... je crois qu'on a discuter. »

Et dès que ces mots furent prononcés, il détourna le regard.

La curiosité gagnait, mais à quel prix ?




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le Dim 19 Fév 2017 - 5:48
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ft. Junji
oh my dear how did we get like this

Tu me connais. Elle hoche la tête. Comme si c'était une question. Pas de sarcasme, de ce doux venin qui aurait habituellement été éjecté d'entre ses lèvres avec un sourire. Bien sûr qu'elle le connaît. Sinon elle ne l'aurait pas suivi, sinon elle n'aurait pas pu connaître son nom, ni le dosage, le prix de ses calmants. De qui elle les achetait, à quel prix, du lieu de leur rendez-vous, quand ce n'était pas chez elle; elle ne saurait pas à quoi ressemble sa voiture, à quoi il ressemble, comment ses yeux brillent ternement quand il lui fait la morale. Tiens toi tranquille. Stay out of trouble.

as we broke down/we gave in

I'm tryin'. Elle lève les yeux vers lui quand il commence sa question. Reste accrochée à ses lèvres quand il ne la termine pas. Fait face à son échec. Comme si Junji allait se lever, l'agripper et la replonger dans ce monde qu'elle fuit. Comme s'il allait lui remettre de l'argent dans les mains, attendant patiemment qu'elle lui tende ses cachets. Comme s'il la regardait, là, maintenant, en attendant quelque chose d'elle. Mais il ne la regarde pas. N'attend d'elle, peut-être, que des explications.

we fell into the dark

Elle ne s’assoit pas tout de suite quand il le lui demande. Comme pour empêcher la soudaine curiosité de s'échapper d'entre ses lèvres. Où Junji se procure-t-il sa drogue, désormais? Pas d'elle, clairement. Alors il en a une autre source. Il n'a pas besoin d'elle. N'a pas besoin de la tirer à nouveau dans ce qu'elle veut éviter. Et il ne le veut pas, de toute façon.

Quelque chose s'allume en Lorelei.

Si Junji, celui qu'elle connaît, était ici... Il serait content qu'elle s'en soit sorti. Elle ne lui avait rien annoncé, elle avait coupé les ponts avec tout le monde avant de partir, avant même de savoir qu'elle pouvait littéralement changer de monde. Pour ne pas rechuter. Parce qu'elle savait que la tentation aurait été trop grande. Mais il l'aurait soutenue. Elle le sait, il ne l'aurait pas détesté pour ce choix qu'elle a fait. Ne l'aurait pas poursuivie, n'aurait pas essayé de la ramener.

Alors pourquoi celui-ci le ferait?

Why're you so scared? You've got this. You're better 'n that. You're stronger 'n that.

Alors elle s'assoit, tranquillement. Sent l'angoisse qui s'échappe par tous les pores de sa peau, ses mains qui deviennent stables à nouveau. Baisse les yeux, un instant, pour rassembler ses morceaux. Passe sa main dans ses cheveux. Et du même mouvement, elle relève le visage; plante son regard dans celui de Junji. « J'sais qu'c'est bizarre pour toi qu'j'dise ça, mais... T'm'as manqué. » Un sourire. Minuscule. D'une sincérité, d'une humilité totalement inhabituelles. « Qu'est-ce qu'tu veux savoir? »

but we can be taller/we can be stronger/we can burn brighter than that/we can be gold again
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le Sam 25 Fév 2017 - 22:08
Pause. Soyons honnêtes : Junji n'a aucune idée de ce qu'il fait. La situation est tellement incroyable, impossible (ajoutez tous les synonymes que vous voudrez). Il ne peut pas penser. Certes, dans le monde où il est plongé, une rencontre telle que celle-ci est, somme toute, logique. Mais quelque chose dans son cerveau n'arrive pas encore à l'accepter. Il n'arrive pas à concevoir que cette femme, qu'il ne connait absolument pas, le connait. Ça le dérange parce que qui était-il pour elle ? Quelle image s'attendait-elle à voir de lui ? La décevrait-il ?

Que voulait-elle ?

Cette question lui vint trop tard, au moment même où elle prenait place devant lui, comme il l'avait invitée à le faire. Que venait-il de provoquer ? Sa chute ? La leur ? Son psychothérapeute le lui avait déjà dit : l'enfer est pavé de bonnes intentions. Dans quoi venait-il de plonger ?

Ses mains posées sur ses genoux et ses épaules légèrement voutées, on aurait dit qu'il s'attendait à ce que quelque chose lui tombe sur la tête. Et c'est presque ce qui arriva, lorsque la fille prit la parole. ''Tu m'as manqué''.

Encore des sentiments partagés. C'était à la fois comme une douche froide, un choc, quelque chose qu'il ne peut pas avaler (Ils étaient si proches que ça ? Il n'arrivait pas à y croire, non...), mais aussi une douche chaude, quelques mots qui, il ne pourrait pas se l'expliquer, le remplissent de chaleur. Il ne savait pas s'il devait sourire ou non.

Et nous en venons à ce moment fatidique : Junji devait s'exprimer. Sa question (''Qu'est-ce que tu veux savoir?'') le jeta au pied du mur. Il n'avait jamais été doué pour meubler des conversations avec des inconnus. On lui demandait maintenant de diriger l'entretien ? L'angoisse le prit à nouveau aux tripes. C'était toujours comme ça: parfois, il se détendait et quelques secondes plus tard, voilà que sa gorge se nouait. Il ne savait plus quoi dire.

Mais que voulait-il savoir, au juste ? Beaucoup de choses, ce n'était pas le problème ! Peut-être était-ce plutôt qu'il y avait trop de choses qui l'intriguaient. Des choses qu'il aimerait connaître, mais des choses qu'il redoutait aussi. Comment parviendrait-il à poser les bonnes questions, celles qui le satisferaient, sans le décevoir ? Voulait-il toute la vérité ou rien qu'une portion ? Celle qu'il préfèrerait ? Que voulait-il, vraiment ?

Tellement pris dans ses pensées, il ne s'attendit pas à voir son bol de café apparaître sous ses yeux. Il sursauta et perdit alors toutes ses élaborations de questions. Il repartait à zéro. Le silence commençait à se prolonger, il devait dire quelque chose, vite... et préféra prendre de longues gorgées de son café, ''pour se calmer''.

Quand il redéposa le bol devant lui, il est toujours aussi mal à l'aise, mais il parvient à prononcer ceci : « Qui étais-je pour toi ? Ou... suis-je, je ne sais pas vraiment ce..

Il se tut en reprenant une autre gorgée de café (plus modérée, cette fois-ci).

Qui était-il pour elle. C'était probablement la bonne chose à demander. C'était la question qui le hantait depuis qu'elle est arrivée devant lui.

Il prit une serviette de table et essuya ses lèvres. En attente de sa réponse, ses yeux étaient rivés sur sa boisson.




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le Lun 27 Fév 2017 - 3:31
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ft. Junji
Elle l'observe. Sa façon de bouger, la façon dont il pose ses gestes, son regard fuyant - elle les a connus. Pas nécessairement longtemps, jusqu'à ce qu'il soit à l'aise avec elle, mais d'une façon ou d'une autre, il y a quelque chose d'étrangement réconfortant dans tout ça. Que même s'il n'a pas le même visage, pas exactement, il y a certaines choses qui ne changent pas. Un absolu, une certitude à laquelle elle s'accroche, sans vraiment s'en rende compte, qui pose un baume sur sa solitude. Et elle ne le lâche pas des yeux quand il bafouille; l'attend avec cette patience totalement contraire à l'habitude. Uncharacteristic.

« J'tais ton dealer, au départ. T'm'as jamais vraiment expliqué pourquoi, et t'm'as jamais dis d'où tu v'nais, mais t'as déménagé à New York y'a deux ans, 'viron. Du coup, t'avais plus personne pr'te vendre tes cachets: qu'qu'un t'as parlé d'moi, et voilà. » Une pause. Elle rassemble, à l'avant de sa tête, dans sa poitrine, quelques souvenirs. Avec un sourire nostalgique qui flotte sur son visage, son regard qui fouille distraitement les traits de Junji, remarque les ressemblances, les différences. Comme un miroir, un peu flou. Un peu étrange. « 'Près, on avait pas juste une relation professionnelle. On s'aimait bien, j'crois. Parfois, quand j'avais b'soin qu'on m'recouse, qu'j'avais pris un coup trop fort, j'me pointais chez toi en plein milieu d'la nuit pr'qu'tu m'suture. » Le sourire étire ses lèvres, un peu plus, dans un petit rire. Pas amer - mais qui aurait pu l'être. « Ça t'mettais t'jours au moins un peu en colère. Tu m'disais qu'fallait qu'j'me calme, qu'à c'rythme là j'allais être défigurée à l'automne. Mais tu m'recousais t'jours quand même. Même si t'savais qu'j'changerais pas, et que j'r'tournerais m'blesser et que j'r'viendrais vers toi à des heures, heh, inopportunes. » Une pause, pour réfléchir, un instant, peut-être. « Avant qu't'arrive c'tait mes potes qu'me recousaient. Mais 'sont pas chirurgiens, du coup c'tait quand même vach'ment plus propre quand c'toi qu'le faisait. » Elle pointe la cicatrice à sa lèvre, malpropre, crochue, puis celle sur son nez, nettement plus droite, soignée.

« Bref, c'est... T'étais qu'qu'un sur qui j'pouvais compter. J'savais qu'si un jour j'me prenais une balle, t'faisais partie des personnes qu'j'appel'rai pr'v'nir me chercher et m'la r'tirer. Parce que j'savais qu'tu viendrais. » Sourire en coin, chuckle. « 'Reus'ment, j'n'ai jamais eu b'soin. » Et elle détourne le regard, un instant, lève le bras pour aller gratter l'arrière de sa nuque. Comme une gêne, une hésitation. Et elle la conquière à l'instant; repose ses yeux sur Junji, animée d'une sincérité farouche. « Du coup, in a way, j'suis contente d'savoir qu't'es ici. C'est... réconfortant. »
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Il ne sait pas se battre, il ne fait peur à personne. Tout ce qu'il a c'est une addiction aux calmants et des compétences de chirurgien. Il trouve son utilité dans les rangs d'Iwasaki en participant au trafic d'organes. Il garde secrète son allégeance. Plus facilement détestable qu'approchable, son sens pragmatique le rend tout de même utile, la plupart du temps.
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le Mar 28 Fév 2017 - 2:32
Il n'aurait pas du poser une question, il n'aurait pas du... Il aurait du faire semblant de ne pas savoir de quoi elle parlait quand elle avait mentionné ses cachets, il n'aurait pas du réagir en entendant son prénom, il n'aurait pas du...

Ce qui n'était au départ qu'une question innocente pour répondre à sa curiosité venait d'ouvrir une porte sur cet abyme intérieur qu'il ignorait. Mais en l'écoutant parler, il en venait à affronter ses démons.

Ainsi, dans une autre vie, il avait toujours ses problèmes de dépendance. Il avait fui la côte ouest pour se retrouver à l'autre bout de l'Amérique, à New-York. Quelque chose avait du énormément le déranger - il n'était pas friand des voyages. Il devait avoir des ennuis. D'énormes ennuis. Dans une autre vie, il était encore un incapable, il avait une vie qu'il ne contrôlait pas. Était-ce donc ce à quoi il était destiné, vraiment ? Si, vraiment, une forme de divine existait et décidait de sa vie, que lui avait-il fait pour mériter un sort aussi misérable même dans une vie qu'il n'a pas vécue ? Et s'il était le seul responsable de son malheur, pourquoi a-t-il suivi le même parcours ? Où a-t-il encore trébuché? Where did I fucked up again?

Il le présentait. Il savait que c'était une mauvaise idée de la questionner, mais évidemment la curiosité l'avait emporté. Et maintenant, il regrettait. Son cynisme reprenait le dessus. Quel contraste avec le visage si tendre de son interlocutrice. Mais il ne pouvait empêcher ses lèvres de se courber dans un rictus amer - et pour le cacher, il but encore une gorgée de café.

Mais derrière cette façade, cette pauvre grimace, se cachait une autre vérité qui allait au-delà du conscient de Junji. Son discours le faisait souffrir, mais ce n'était pas parce qu'il constatait encore une fois l'échec de sa vie, non. C'était la sincérité de cette fille lorsqu'elle lui affirmait qu'elle pouvait compter sur lui. C'était une plaie qu'il possédait et qu'il ignorait lui-même - et elle venait, sans s'en rendre compte, d'y tourner un couteau cruellement.

Il ne pouvait pas lui en vouloir, non, ce serait hypocrite. C'était quand même lui qui avait voulu savoir. C'était de sa faute. Il aurait du s'attendre à être bouleversé - et alors prévoir que la meilleure action possible était de se taire. Il était le seul responsable de sa situation - et c'était lui seul qui pourrait reprendre le dessus de ses émotions.

Tâche difficile.

Il essaya d'abord de voir le positif. « Je suis content pour toi... » murmura-t-il d'une voix quais-inaudible, plutôt pour lui que pour elle. Essayant de se convaincre. Ses mains serraient son bol de café, prêts à le lever à tout moment. Un doigt grattait la porcelaine. Ça n'allait pas, non, ça n'allait pas du tout. Trop de choses se bousculaient encore dans son esprit et, la seule solution qu'il trouva, impulsivement (à l'opposé de ses habitudes), fut de l'inonder de toutes cette dernière question qui lui pesaient sur le cœur :

« Étais-je... (il hésita un temps) heureux, au moins ? » Il osa la regarder dans les yeux. « Nous étions proches... à quel point ? Est-ce que... »

Une boule dans sa gorge l'empêcha de prononcer un mot de plus. Encore une fois, il but une longue gorgée de café et détourna son regard vers la gauche, observant derrière la vitre les passants. Il essayait de se concentrer sur autre chose, n'importe quoi, pour ne plus avoir à affronter ça.

Quel masochiste. Encore une fois, c'était lui qui s'était amené jusque là.




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ft. Junji
Elle l'observe toujours. Lorsque son être s'extirpe de ses souvenirs, elle pose son regard sur Junji, son attention sur lui à nouveau. Il a l'air... contrarié. Bouleversé, peut-être, même. Et Lorelei ne comprend pas vraiment; lui offre une inclinaison de la tête, sur le côté, pour le montrer. L'empathie n'a jamais été son fort, pourtant, cette fois, elle essaie. Il y a une sorte de douleur qui s'enfonce comme un pieux dans sa poitrine. Sourde, sans qu'elle ne s'en rende réellement compte. Qui bat au rythme de son cœur, pour qu'elle ne le réalise pas.

Il y a peut-être quelque chose en elle, qui espérait que Junji trouve un certain réconfort dans sa présence. Qu'elle ne soit pas la seule à être heureuse de le voir. Il lui semble incongru que ce ne soit pas le cas, injuste. Quelque chose qui éveille en elle une colère, sourde, légère, qui flotte aux limites de ses sens sans qu'elle ne s'en rende totalement compte. Ce n'est qu'un sentiment qui vibre au creux de sa poitrine, qui lui donne un peu envie de tout casser.

The fuck's going on, brain. Elle laisse son regard planté dans celui de Junji, comme si c'était la seule chose qui le gardait là, avec elle. Il marmonne quelques mots - elle ne les comprend pas. « Quoi? » D'une voix toujours douce - bien qu'un peu moins qu'avant. Elle n'arrive pas à identifier la source de la colère qui monte doucement en elle, ce qui a le don de la mettre encore plus en rogne. Calm, 'Lei. Calm. Elle prend une grande respiration. Ain't nothin' t'be angry 'bout.

Est-ce que Junji était heureux? Elle réfléchi. Il n'avait jamais eu cette étincelle qu'elle avait connue chez d'autre, mais... elle ne s'était jamais vraiment posé la question. Ça lui tombe dessus lourdement. Et si il avait été malheureux, sans qu'elle ne s'en rende jamais compte? S'il avait passé ces années à souffrir, et qu'elle ne lui avait jamais offert de réconfort? Elle n'a jamais été douée pour ça. C'était toujours lui qui la réparait, pas le contraire. I... don't fuckin' know.

« J'imagine que oui. » You lyin' fuck. Y'have no fuckin' clue. Maybe y'should've asked. « On était assez proches. Assez pr'qu'tu m'recouse à chaque fois. » Yet y'wouldn't've known if he'd wanted to fuckin' die. Et ce confort qui l'avait soulevée quelques instants auparavant se voit teinté d'une culpabilité étrange.

Elle lâche un long soupir. Y'know there ain't no point worryin' 'bout that now. Elle a tout de même l'impression que le temps a posé un mur entre elle et Junji. Ce temps qui a bougé à l'envers, qui le voit se tenir devant elle, maintenant, vingt ans plus jeune qu'elle ne l'a jamais connu. Et il y a la culpabilité qui monte en elle, qui pousse ces mots hors de sa gorge alors qu'elle ne veut que leur contraire. « J'suis contente d'te r'voir, oui, mais t'sais... Si ça t'rends trop, uh, inconfortable d'm'avoir ici... J'peux t'laisser tranquille. » Parce que l'inconfort, le désarroi clair de Junji commence à peser sur sa conscience. Maybe y'should've left him alone. Un éclair de regret passe en travers de ses pupilles.
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Junji attend - non, il appréhende - le verdict. Comme si son cerveau n'était pas assez occupé comme ça, il tente de rationaliser toute cette histoire (dans l'intention de se calmer, mais cela fonctionne-t-il vraiment ? Là est la question). Il se remet en question. Pourquoi est-il dans un état pareil ? Il n'a aucune bonne raison ! Un oui ou un non, qu'est-ce que ça  change au fond ? Le moment est idéal pour lui donner un tape sur l'épaule, lui sortir de la philosophie à deux sous avec une phrase bidon comme « C'est le moment présent qui compte ! Tu n'as pas à t'inquiéter pour ce qui n'est pas arrivé ! ».

Se le dire, c'est facile. Se convaincre, c'est autre chose. Il est à deux doigts d'abandonner et de reprendre son café (qui diminue à une vitesse fulgurante - heureusement qu'il s'agit un décaféiné) quand, enfin, la vérité éclate.

''J'imagine que oui.''

La réponse lui suffit, enfin, il a décidé qu'elle lui suffit. Il ferme les yeux, brièvement, baisse la tête. Sourit, un peu. Ça lui prendrait beaucoup plus pour être convaincu, il le sait, mais il veut y croire, ne serait-ce qu'à moitié, qu'un instant. Ça lui fait du bien. C'est inexplicable, mais c'est comme ça. « Oui » ; il y a une chance qu'il ait été heureux dans cette vie inconnue - du moins il en avait l'air ! C'est assez comme ça.

Junji pourrait encore tomber dans le panneau, poser de nouvelles questions, demander des précisions, mais il s'assagit - il ne veut pas retomber dans cet état misérable. Vaut mieux le laisser dans ses illusions. Ce « oui » est large, il lui donne de quoi rêver (car à partir de ce moment, cette vie qu'il n'a jamais connue lui appartient. Il l'imaginera telle qu'il le voudra en se basant sur cette prémisse et personne ne pourra le contredire, démentir son petit bonheur... sauf cette fille.)

Elle soupire. Junji relève la tête, la regarde.  Le laisser tranquille... La plupart du temps, il prie pour que ce soit ce qu'on lui offre. Mais pas cette fois.

« Non, non... Reste. »

Il est le premier à être surpris de cette soudaine ouverture (mais pas si soudaine que cela ; la fille a poussé une porte chez lui en premier, il ne faut pas s'étonner de le voir patiner de la sorte). Ses yeux se collent au plafond alors qu'il s'explique (et trouve une explication du même coup).

« Enfin si tu veux, je ne veux pas te retenir non plus. Seulement... »

Il s'empourpre. Ses doigts pianotent sur la table, s'arrêtent, se posent sur le rebord. Il sort de son manteau un morceau de papier et un crayon. Il y griffonne une ligne (qu'il espère lisible) et le tend à Lorelei.

« Si t'as besoin, à un moment... C'est l'adresse de mon cabinet. Ne le crie pas sur tous les toits, mais voilà, si t'as un soucis... Je pourrais te recoudre. »

C'est maladroit, mais c'est sincère. Il veut pouvoir faire quelque chose pour elle. Certes, il ne pourra jamais être la même personne qu'elle a connu, il n'est pas fou, mais il ne veut pas la voir complètement disparaître.

C'est qu'il croit avoir une dette envers elle, maintenant qu'elle lui a rendu espoir.

C'est un bouleversement qui, peut-être, pourra être profitable.




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ft. Junji
À peine une seconde passe après qu'elle aie proposé de partir, et pourtant elle a l'impression que des années s'écoulent. Elle ne veut pas perdre ce réconfort. Elle ne veut pas perdre cette pointe qui brise sa solitude, cette présence, ce savoir que, si quelque chose arrive, elle aura quelqu'un vers qui se tourner. Qu'elle aura quelqu'un à protéger. C'est étrange, de se dire ça, et pourtant c'est vrai. Elle a besoin de son clan, de ces personnes qui prendront toujours la priorité sur tous les autres. Et Junji; le Junji d'avant en faisait partie. Elle veut... elle a besoin que celui-ci aussi.

Non, non... reste. Il y a une chaleur qui se répand en Lorelei. Qui fait naître un sourire sur ses lèvres, qu'elle ne tente même pas de repousser. Un soulagement qui soulève sa poitrine. Même si ce n'est pas un engagement, ce n'est pas une promesse, au moins c'est sincère; elle le sent. Elle le sait. Elle le saurait, si Junji mentait. Elle le sait, comment il ment. Elle le connaît. « Non, t'inquiètes. J'reste. »

Elle l'observe alors qu'il griffonne quelque chose, puis lui tend le papier - la calligraphie n'est pas extrêmement claire, mais elle arrive à le lire. Elle a apprit à lire la calligraphie de Junji, avec le temps. Elle relève les yeux vers lui quand il lui explique ce qu'il lui a tendu, et elle sourit. D'un sourire sincère, qui vient du creux de son cœur. « Compris. » Une pause; elle n'a pas l'habitude de se sentir comme ça. Pas l'habitude d'être aussi mushy, aussi fragile - quelque chose en elle trouve ça étrange. Ça la rend presque inconfortable, mais elle est trop contente pour le ressentir vraiment. « Merci. B'coup. »

Elle fourre le papier dans la poche intérieure de sa veste; elle copiera l'adresse dans son téléphone plus tard. Elle ne veut pas détourner son attention de Junji. Puis, une idée anime ses pupilles; ses épaules se redressent. « Oh. Attends. Tu m'prête ton stylo? » Elle agrippe une serviette de papier sur la table, y griffonne son numéro de téléphone, puis la tends à Junji à son tour. « Si jamais t'as b'soin d'qu'qu'chose... » Puis, son regard se fait plus insistant, son ton plus autoritaire. « Si jamais 't'arrives quoi qu'ce soit, t'as des problèmes ou literally anything, tu m'appelles. Compris? » Et elle insiste. « Qu'ce soit une question d'vie ou d'mort, ou qu't'aie b'soin d'qu'qu'un pr'changer une ampoule. » Et elle énumère. « Qu'qu'un t'donne des problèmes, qu'on t'menace, qu'on touche à un d'tes ch'veux! j'vais leur péter les rotules. » Les termes sont posés, et elle y tient. Elle ne supporterait pas qu'on lui fasse de mal sans aller le venger avec la colère brûlante de mille soleils. « J'suis sérieuse. » Ça se voit dans son visage.
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La situation est étrange, aucun doute. Elle a tout pour déranger, mettre mal à l'aise ce cher Junji. Portant, au fond de lui-même, il se sent bien. C'est insensé, c'est inexplicable, mais il y a une impression de chaleur qui se diffuse dans son torse et qui l'apaise. Sa tête s'est calmée. Il se pose moins de questions. Son cerveau a moins de réticence à accepter la réalité de Lorelei qu'il n'a jamais connue ‒ celle où il aurait possiblement été heureux ! C'est ce qu'elle lui a affirmé et il lui fait confiance. Il estime, inconsciemment, que cette jeune personne est digne de faire partie de son entourage.

Alors, il lui prête son stylo sans hésiter, la regardant griffonner avec une curiosité sincère. Son numéro de téléphone. Il hausse un sourcil, surpris (mais flatté) par cette délicatesse. Tandis qu'elle se lance dans les détails de son offre, un sourire timide flotte sur les lèvres du chirurgien. Vraiment, c'est trop mignon comme attention... et un peu troublant, considérant qu'elle lui propose de casser des jambes pour le venger. Mais devrait-il lui dire qu'elle n'a pas besoin de faire ça ? Qu'il fait partie d'une diaspora, qu'il est protégé et qu'elle risque de s'attirer des ennuis avec le clan si elle n'est pas prudente ? Il détaille son visage. Non, il n'en a pas le cœur. Elle semble si sérieuse ‒ et peut-être est-ce ce qu'elle faisait pour le Junji qu'elle a connu ?

« C'est très gentil, dit-il doucement, mais je ne veux pas que tu aies de problèmes par ma faute... Ce n'est pas que je ne veux pas de ton aide ! Non. Seulement, je ne voudrais pas que tu sois blessée en voulant me défendre... »

Avant de ne dire quelque chose de trop qui heurterait les sentiments de la jeune femme, Junji se tait et prend finalement le papier qu'elle lui a remis. Il le plie soigneusement et le range dans sa veste, signe qu'il accepte son offre, même si il n'est pas chaud à l'idée de violences possibles. Comment donc un homme comme lui, aussi passif qu'un marais, a pu se lier d'amitié avec un torrent comme elle ?

En encerclant ses mains autour de son café, il réalise tout d'un coup qu'elle n'a rien à boire. La pauvre ! Comment a-t-il pu être aussi aveugle ? Il balbutie :

« Ah ! Veux-tu boire quelque chose ? Excuse moi, je n'y ai pas pensé... » Évidemment, il oublie complètement les circonstances exceptionnelles qui entourent cette conversation. C'est presque comme s'il la connait depuis des semaines maintenant.

« Je te l'offre, il n'y a pas de problème. Enfin, si tu veux, bien sûr... »

Ses doigts tambourinent contre sa tasse, dans l'attente de sa réponse.  

HRP:
Est-ce que Junji va pouvoir appeler Lorelei pour casser les jambes d'Issei quand il va lui briser le coeur ? /OUT/




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ft. Junji
Il s'inquiète pour elle, encore, et ça fait naître un léger sourire au bout de ses lèvres. Et il balbutie, comme s'il avait peur de la blesser, se reprendre, puis continue de s'inquiéter. Elle repousse ses mots du dos de la main, l'agitant en secouant la tête. « Ça va, ça va. D'toute manière t'devrais avoir capté qu'j'm'attirerai des problèmes d'une façon ou d'une autre. J'préfère l'faire pour une bonne raison. » Which y'are. Et son sourire prend ce tranchant confiant, presque doux qui, d'une certaine façon, lui correspond étrangement. Sa douceur est farouche, son feu brûlera jusqu'à pouvoir réchauffer Junji, et embraser ses ennemis. C'est à ça qu'elle sert, Lorelei: à protéger les siens.

Un léger silence plane alors qu'il serre son café entre ses doigts. Son regard est encore étrangement attentif, remarquant chaque changement dans sa posture, chaque mouvement dans ses muscles, chaque pli de son visage. Comme si elle tentait de l'étamper dans sa mémoire, dans ses rétines, comme si elle n'y croyait pas. C'est qu'elle a un peu l'impression que ce n'est qu'un rêve, et qu'elle va bientôt se réveiller, dans son lit, seule. Pourtant la réalité a de ces détails qui lui indiquent que ce n'est pas le cas. Son sourire s'élargit légèrement.

« Uh. » L'offre de Junji la prend un peu par surprise, mais lui fait vachement plaisir. « Ya. Sure. » Elle n'a pas vraiment soif, mais elle saute sur l'opportunité de partager un café avec Junji. Comme si leur rencontre était normale; comme dans le bon vieux temps. « Thanks. »
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