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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

Forum urbain sf/historique avec paradoxes temporels
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邪欲 | ft. Himiko

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Clan Iwasaki

the stars the moon they have all been blown out
this time the war and gore and blood are mine
it's the liars that are punished but the liars speak the truth
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Nom de code : 死線 (shisen; le point entre la vie et la mort)
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le Dim 26 Fév 2017 - 6:42
邪欲
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Personne n'est au dessus des tentations humaines. Personne ne danse sur les nuages, dans les hauteurs du paradis, hors d'atteinte de ce qu'ils désirent. La mort règne sur tous les hommes - le désir au fond de sa poche, entre les plis de sa noirceur; la fin de tant d'hommes, le bout de leurs doigts à quelques instants - à quelques espaces de leur convoitise. Peu importe les valeurs, les principes, les sentiments, les loyautés - chaque homme possède, dans son cœur, dans un coin parfois inaccessible, un coin refoulé; la pierre, la noirceur d'un désir, profond, plus profond que les autres - plus sombre, qui ne verra peut-être jamais le jour. Caché à la lumière du monde qui les croit bons.

Que ceux qui se targuent de droiture descendent en enfer tels les menteurs aux ailes brulées. Que l'on ne prétende pas la noirceur insoluble à soi - repoussée d'une lumière profonde - de bonté inébranlable. Tout homme a un point de rupture, caché dans le creux d'une panique, d'un désespoir assez fort, du pied du mur, des dernières tranchées. Et un homme poussé jusqu'à son point le plus bas, jusqu'au bout de la falaise, un pied dans le vide, à quelques espaces - à quelques instants de basculer - se tournera toujours vers son côté sombre. Qui s'épanchera, se déploiera dans cette fleur ténébreuse que l'on appelle désespoir - comme un animal sauvage.

Le désir de vivre - de survivre - poussera même le plus droit des hommes à des exploits - des entorses à leur moralité. C'est de ça (et d'autres choses), d'un égoïsme profondément humain dont l'industrie d'Issei se nourrit. Du désespoir des hommes; de ce désir profond de laisser l'air remplir ses poumons, plus longtemps - encore un peu, juste un peu plus - peu importe que cela soit au prix du souffle d'un autre. C'est notre air; le nôtre, qui nous revient de droit - auquel on a plus le droit qu'un autre. Que ce corps sans visage, dont on ne connaîtra jamais le nom - qui n'est qu'un sac d'organes - des nôtres. Que l'on prendra sans y penser une deuxième fois.

Cette fois, c'est simplement le paiement qu'Issei va chercher. En personne. La somme est conséquente de par l'urgence de la situation - l'on ne peut perdre ne serait-ce qu'une seconde, sinon il sera trop tard. L'on paie pour la rapidité, pour la vie de celle qui nous est chère - pour qui les secondes s'égrainent. Comme un sablier teinté de rouge, dont les grains tombent, erratiques, mixture de sable et de sang. Le temps qui se tord, s’accélère, saute une minute - deux - triche dans cette course contre la montre. Comme l'on triche, l'on triche pour gagner - mettre fin à une vie pour en continuer une autre.

Trop prudent pour envoyer quelqu'un d'autre - Issei pénètre dans les halls de l'Institut Svensson. Cherche du regard, un instant, son client - ne le trouve pas. Se pose dans un coin de la salle, croise les bras sur sa poitrine; prépare au coin de ses lèvres ce sourire camouflant la raison de sa visite. Il observe les alentours - pose son regard sur l'homme nerveux qui franchit le seuil du cadre d'un couloir. Une foulée d'un enthousiasme calculé - traînant du bout des talons cette urgence joyeuse des retrouvailles.
« Ezekiel, mon ami! » Un contact - sa paume contre son épaule, ce sourire étendu sur son visage.
« Je suis si content de te voir. » Son client n'offre qu'un sourire crispé - ses doigts serrent l'enveloppe comme un vice, l'empêche de trembler. Il l'offre, d'un geste hésitant - Issei ne lui répond qu'en assurance.
« Ah, merci beaucoup. » Son sourire s’adoucit - d'une gratitude frôlant ses lèvres s'échappant dans un souffle. Ezekiel lui offre un hochement de tête, bafouille quelques mots, tourne les talons. Issei l'observe partir.

Une dureté, fugace, imperceptible qui prend son regard. Insatisfaisant - l'homme manquait de naturel, avec ses yeux de bête apeurée. Tellement que Issei attend - s'attend à ce qu'on le soupçonne. Tient l'enveloppe entre ses doigts - sent le mépris l'envahir. Soit. Il attendra ici, quelques secondes - trente, soixante, cent-vingt - qu'on l'interpelle. Ne fuira pas à l'anglaise; ne fera pas naître plus de soupçons. Tranquille, posé, l'attitude de l'innocent.



君 が 明日 蛇 と なり
人 を 喰らい 始める として
人 を 喰らった その 口 で
ボク を 愛す と 吠えた として も
僕 は 果たして 今日 と 同じ に
君 を 愛す と 言える だろう か


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Each bullet is a piece of my soul. Each shot is a piece of me.
"Dans l'ombre du viseur, tous les corps se ressemblent. Il suffit d'un tir pour ôter la Vie. Dans l'ombre des mots, tous les poètes s'assemblent. Il suffit d'un son pour ôter l'Ennui. Je suis l'Horloge implacable qui frappe et sonne le glas des âmes ensevelies. Je suis l'esprit indomptable qui nourrit et affame le poids des siècles endormis. Meurs, oraison ternie, et deviens le spectre de mes nuits de misère. Corbeau naissant sur fond de tempête. L'oeuvre complète, je demeure."
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le Sam 4 Mar 2017 - 16:03


Une affectation inattendue

H. Ashida & I. Yoshigahara



Exilée sur le sol au milieu des huées, ses ailes d'enfant l'empêchent de marcher. La phrase résonne dans sa tête. Charles, ton vers est corrompu. Un sifflement en trop peut-être. Sous les toits, il y a le monde, grouillant, frémissant, vibrant. La chimère humaine aux mille visages qu'elle essaie de fuir à chaque instant - pas par choix, mais par habitude. On est puceau de tout, mais familier de l'horreur. On ne fuit pas éternellement. Les regards finissent toujours par se croiser, et c'est bien là le drame. Cette ruche, c'est Pallatine ; et dans le viseur se dessinent des myriades d'abeilles, reflets fantasques projetés dans l'oeil d'une femme-enfant, d'un esprit-incarné, d'une tueuse-humaniste. Murs ocres hantés par des fantômes venus d'un autre temps, ombres ternies par les douleurs des siècles passés s'accumulant, s'assemblant, s'embrassant dans une valse morne et sordide. Des places, des places, et toujours des corps qui se chauvauchent, qui se caressent, qui se perdent. Méconnaissance de soi comme de l'autre. Vagues de l'oubli. Ceci n'est pas une ville, c'est une image surréaliste. Son esprit divague, comme chaque matin, au sommet de sa tour de cristal, allongée à même la ballustrade, contemplant l'ardeur d'un monde recomposé de toutes pièces et qui se cherche. Un nouvel Eden. Donne-moi ta boue et j'en ferai de l'or. Plus de cendres, plus de cris, plus de pleurs, mais de l'existence. Habiter au lieu de passer.

Les sommets de l'Institut. L'endroit où elle n'ira jamais. L'endroit où elle travaille pourtant chaque jour, réticule pointé vers l'horizon, à scruter une menace qu'elle ne voit jamais venir. Une caméra se contente de surveiller. Mais elle n'est pas une machine. Derrière cette arme, il y a quelqu'un. Du moins, c'est ce que les apparences montrent. Et les apparences, bien que souvent trompeuses, dictent leurs lois aux vivants. Pour le meilleur comme pour le pire.

Matricule 064. Une voix, bien réelle, résonne dans son oreillette. Sans doute celle d'un ingénieur du contrôle central. Il ne connait pas mon nom de code, c'est dire. Cela fait quatre ans que je suis affectée ici pourtant. Elle ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire quand elle entend la suite du message. Ici le contrôle central. Vous êtes attendu à la rotonde de surveillance annexe dans vingt minutes. Veuillez quitter votre poste et vous présenter à l'heure. A l'heure. Le temps, cette inconnue qui fascine et tue. Le temps, cette poussière d'infini au creux de l'existence. Un soupir passe. Elle appuie sur son commutateur. Contrôle, ici Ravenshell, matricule 064. Je vérifie une dernière fois le périmètre 43. Donnez-moi une minute. Elle accroche son arme dans son dos et vérifie une dernière fois les environs à l'aide de ses jumelles optiques. Rien à signaler contrôle. Je mets les voiles.

Les vestiaires sont un endroit unique à l'Institut. Une scène sur laquelle les masques tombent, l'espace de quelques minutes. Un petit coin de tranquilité au milieu d'une mer d'angoisse et d'ennui. Un refuge dans la tempête. Qu'ils te font croire. Les caméras, elles, sont toujours là. Au nom de la sécurité, on sacrifie la liberté. Alors tu essaies de les ignorer, de te faire une raison. Mais ça ne change rien. On ne s'appartient plus. Elle range son arme dans son casier, mais prend soin de garder le 10mm silencieux attaché à sa ceinture. Règlement oblige. En cas de contre-offensive inattendue.

Affectation au hall d'entrée. Niveau d'alerte faible. Une mission ingrate mais nécessaire. Avec les évènements de ces derniers mois, l'Institut redirige un maximum de personnel vers les espaces publics  de la zone. J'espère juste que ce n'est que temporaire. Et la voilà, cette chimère humaine, ces êtres allant et venant dans le plus grand silence, comme des ombres venues tout droit de l'au-delà. Ces êtres qui fascinent et tuent. Ces êtres faits de mots plus que de chair et de sang. Assise dans un coin, c'est tout juste si elle ose se mêler à la foule. Des visages passent, des pas qui se pressent les uns contre les autres, et une étrange mélodie qu'elle perçoit de loin, comme dans un rêve, tandis que ses yeux scrutent sans relâche, à la recherche du moindre indice. Comportement suspect. Attitude douteuse. Elle le sait mieux que personne. Le danger peut venir de n'importe où, et n'importe quand. Il ne faut jamais baisser sa garde.

Le temps semble se figer un instant quand elle l'aperçoit. Il est assis là, à attendre, un sourire dessiné sur son visage sévère. Stricte rationalité. Dans son ombre, les pas d'un autre homme, qui le rejoint. Ezekiel, mon ami. Mais une autre voix, plus claire, plus mécanique, vient résonner jusqu'au creux de son tympan. Et alors tu sais ce que je lui ai dit au type ? Dans un rare accès d'énervement, elle appuie sur le commutateur si fort que son micro se met à siffler pendant quelques secondes. Bon sang, Scott, utilise une autre fréquence pour débiter tes âneries. J'essaie de travailler. Un temps, qui parait une éternité. Puis, la voix lui répond. Pardon, poupée, j'ignorais que t'avais été affectée au hall. J'espère que c'est pas trop frustrant de se retrouver là au lieu de vagabonder sur les toits. Faut dire que... D'un geste vif, elle coupe le canal de communication. Si ses supérieurs l'apprennent, elle risque une amende. Mais tant pis. Elle veut pouvoir travailler dans de bonnes conditions.

Pendant tout ce temps, elle n'a pas quitté du regard sa proie. Du moins, celui qu'elle pense être sa proie. Il est seul désormais - seul avec l'objet que son contact semble lui avoir remis. Mais elle n'est même pas sûre que cet objet existe. Peut-être n'est-ce que dans son imagination. Et si j'avais raison ? Mais alors, pourquoi ? Pourquoi procéder ainsi, à la vue de tous les agents de sécurité, et sous le regard des caméras ? Impossible de savoir ce que c'est sans aller vérifier par soi-même. Elle rallume son oreillette et passe sur la fréquence du contrôle central. Contrôle, ici Ravenshell. Demande autorisation à appréhender un suspect en zone publique.

Ici contrôle. Permission accordée. Opérez discrètement, et évitez de provoquer tout mouvement de panique. Nous restons à l'écoute.

Elle se lève. Son uniforme la trahit, et en dit long sur ce qu'elle fait ici. Lui, il peut jouer avec les masques. Moi, non. Je vais devoir être la plus rusée. Elle s'approche jusqu'à être à la hauteur de l'inconnu. Il ne peut toujours pas la voir. Puis, le plus naturellement du monde, elle prend place juste à côté de lui. Il doit avoir la trentaine, à tout casser. Peut-être même est-il plus jeune que moi. Mais tout ce qu'il verra, c'est une gamine habillée avec les fringues des agents de l'Institut. C'est ce qu'ils voient tous. C'est la seule chose qu'ils peuvent voir, après tout. Elle attend quelques secondes, espérant que l'homme brise le silence le premier, mais rien ne se passe. Une voix résonne dans sa tête. Reste sur tes gardes, Himiko.

- Vous attendez quelqu'un ?

Bon sang, je suis tireuse d'élite, je travaille pas au service des renseignements. Je sais pas faire ce genre de trucs. Puis, elle se ressaisit. Après tout, quelles autres options j'ai ? Lui flanquer mon arme contre l'abdomen et le conduire à l'écart ? Seulement en dernier recours. Je n'aime pas la manière forte. Je suis devenue soldat par circonstances, pas par conviction.









Study Mioto Hanazawa
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Lotus Blossom:

Une reine versant des larmes au coeur de la tempête
Un fleuve qui coule sous les vieux cerisiers en fleurs
Et ma voix qui se perd dans le tumulte du monde.

Un corbeau égaré sous des étoiles contraires
Une coquille qui se brise sous l'écume des vagues
Et mon chant qui s'efface, drame silencieux.

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le Mer 8 Mar 2017 - 7:24
邪欲
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Il glisse l'enveloppe dans sa poche du geste de celui à qui elle appartient - ce qui est le cas. Serait-il plus juste de dire qu'il appose à son geste la nonchalance de celui qui est en toute légalité. Ce qu'il n'est réellement jamais, doit-on le dire; les mimiques de l'innocent pliés dans ses membres pas habitude - un calme, total, contrôlé; en viendrait-il un jour à croire à ses propres impostures. Il s'accorde une conscience trop pointue, trop claire pour que ce soit jamais le cas - ce serait faiblesse, et ça il ne peut pas se le permettre; jamais. Il remarque, du coin de l’œil, l'agent de l'Institut qui se glisse à ses côtés; et pourtant feint l'inconscience à sa présence.

Il la laisse commencer, oriente son corps à moitié vers elle lorsqu'elle prend la parole; pose toute son attention sur elle à la manière de l'homme attentif, patient, ouvert. Garde au creux de ses pupilles, dans le pli de l'ombre du sourire qu'il a porté, l'air de celui qui vient de revoir un ami cher. Ezekiel, pourtant, n'est qu'un père dont le désespoir le repousse jusqu'à ses plus profondes tranchées, où il paiera pour échanger la vie d'un autre contre celle de sa fille. Un cœur, rien de moins, qui battra pour épancher en ces veines innocentes le sang taché de la mort. Un nouveau souffle, une nouvelle vie - Issei se targuerait de faire le bien si sa moralité le rendait stupide.

Vous attendez quelqu'un?
« Oh, non, plus maintenant. Il vient tout juste de partir; je ne voulais pas le déranger trop longtemps. Apparemment, il est très occupé. »
Il observe l'agente, un seul instant. Un visage juvénile - trop - flanqué d'un corps qui, bien que pubère, garde encore dans ses muscles les marques de la jeunesse. Une adolescente, tout au plus. Depuis quand l'Institut emploie-t-il des mineurs? Inexpérimentés, immatures - ils manquent de la force, de caractère et autre, que leurs aînés possèdent; par nature, Issei doute fortement de leurs compétences. Alors pourquoi? Peu de choses peuvent justifier ce choix.

Le manque de personnel, d'un, qui forcerait à l'emploi d'adolescents pour garder le périmètre. Ce qui est possible, bien qu'improbable. Il y a toujours des adultes qui cherchent du travail; acheter leur loyauté n'est pas nécessairement difficile. De plus, l'Institut étant en charge des transferts, toutes les pièces devraient être en leur possession pour remédier à un tel problème. Et pourtant. Voilà cette gamine, dans l'uniforme de l'Institut, qui se tient devant lui.
La méfiance - la fourbe d'Issei posent à son esprit une alternative. Qui soupçonnera une gamine? L'on se sentira sûr de soi face à l'adolescence, en sa qualité d'adulte, d'aîné - l'on baissera sa garde. Par arrogance. Sous-estimant son ennemi de raisons aléatoires.

D'une façon ou d'une autre, c'est une professionnelle. Issei se gardera bien de remarquer son âge; cela n'a rien à voir avec quoi que ce soit. Ce serait tremper dans les affaires personnelles; il n'ouvrira pas cette porte. Le moins il a besoin de mentir, mieux il se portera. Plus vite il pourra se remettre au travail; plus vite il apportera à cette gamine - la fille d'Ezekiel - ce nouveau cœur, qui battra à nouveau. Il se contente, donc, d'attendre qu'on lui permette de s'en aller. Dans sa posture cette interrogation; cette demande de permission, du civil qui ne saurait ignorer un garde.



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le Ven 17 Mar 2017 - 16:00


Opérations oppressantes

H. Ashida & I. Yoshigahara



L'Autre. Cette part de nous-mêmes que nous apprenons à craindre dès le plus jeune âge. Ce visage, ces traits, ce corps où tout diffère, et où pourtant tout se ressemble. Il parait si calme, si rationnel. Loin de toute démesure. Elle tente de remonter le fleuve, prise à contre-courant dans les méandres de son regard, enfermée dans l'intime enveloppe de ses mots qui enchantent et qui tuent - mais en vain. Apparemment, il est très occupé. Un éclair déchire le monde dans un murmure. Soupir de soulagement. Tout n'est qu'apparence et masques, prédateur et proie. Les idées se bousculent, caresses silencieuses, oraisons interdites, et meurent en un instant. Silence, ordonne le monde, silence. C'est dans les yeux de l'Etranger que se révèle la crainte la plus profonde de l'Homme. La mort. L'oubli. Il suffit d'un tir pour ôter la vie. Je le sais mieux que personne.

Une horloge de plomb sur fond lunaire, qui chante et aboie l'heure aux passants meurtris. Songe, songes, vicissitudes d'une vie qui n'est pas la leur, échos lointains perçus, d'un grand chant qui donne au monde sa couleur et son rythme. La tragique balançoire de l'architecte déchu.

Il ne doit pas me prendre au sérieux, c'est évident.
Elle se crispe. Son pouls s’accélère. La vibration est à peine perceptible. Elle croit entendre une voix dans son oreille. Une voix qu'elle ne connait que trop bien. Tu n'es qu'une enfant. Tu ne sais pas ce qu'est la guerre. Un frisson désagréable, de haut en bas - et puis plus rien. L'homme est toujours là, il la regarde - la dévisage peut-être - il attend. Loup à l'affût de sa proie. Victime consacrée, sacrifice humain à l'honneur des dieux impies. Sang de l'innocence versé. Je maîtrise la situation, contrôle. Pas besoin de renforts. Il devra se soumettre, tôt ou tard. Que pourrait-il faire d'autre, en présence d'un agent de l'Institut ? Jeune, jolie et armée. Il doit s'en poser des questions.

- Je vois. Un rendez-vous professionnel je suppose. Peu de gens viennent ici pendant leur temps libre pour rencontrer leurs... amis.

Elle marque un temps - peut-être même un point. Pourtant, il reste de marbre. Pas un sourire. Pas un son. Impossible de lire la moindre émotion sur ce visage. Le masque recouvre tout. Séverité et austérité. L'allure d'un prédateur solitaire chassant en eaux troubles. Prudent, mais jamais à outrance, pour ne pas éveiller de soupçons. Un animal énimement dangereux.

- J'aimerais vérifier votre permis de séjour à Pallatine s'il vous plait. Ce ne sera pas long, juste le temps de m'assurer que tout est en règle.









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le Lun 20 Mar 2017 - 1:19
邪欲
ft. Himiko
L'agente à l'air crispée. Nervosité par manque d'expérience? La rend-t-il inconfortable? Ou n'est-ce là qu'une façon de le pousser à baisser sa garde? À adopter une attitude plus avenante (alors qu'il l'est déjà pleinement), à la prendre en pitié? Peu importe. Issei conserve son calme, et son masque, attentif, innocent, ouvert et affable. Si simple, si habitué, bien lointains sont les jours où l'on pouvait voir danser dans ses pupilles les rouages de son esprit, de sa flatterie, des ajustements à son attitude. Désormais il ne porte qu'au creux de ses os ces secrets, les modifications subtiles de sa posture, lisses comme une ombre.

« On peut dire cela comme ça. »
Il n'ajoute rien de plus, adresse simplement à son interlocutrice le début d'un sourire, le pli léger de ses lèvres, ombre fugace qui ne reste qu'aux coins de sa bouche. Une inclinaison du visage, début d'un hochement de tête; tout dans les mouvements léger, subtils, jamais rien de brusque ou qui pourrait éveiller en l'agente quelconque idée d'agression. Il se fait modeste, sans prétention, n'occupant que l'espace de son propre corps - supprimant toute aura, toute impression de lourdeur de sa présence.

« Bien sûr, aucun problème. »
Il déplie sa posture quand elle lui demande ses papiers - fourre sa main dans sa poche, celle dans laquelle il a son portefeuille - pas celle où il a enfoncé l'enveloppe - et l'en retire de gestes lents. Il sort son permis et le lui tend doucement. Tout est en règle, évidemment; l'on ne brise pas plus d'une loi à la fois. De toute façon, il est énormément plus difficile d'avoir un permis illégal de séjour à Pallatine qu'il est de l'obtenir en toute légalité. Il n'y a pas vraiment le choix.

Il attend qu'elle termine son étude de son permis, patiemment, avant de s'adresser à elle.
« Je ne voudrais pas vous brusquer, mais je suis assez pressé. »
Ce n'est pas un mensonge; les secondes continuent de s'écouler, et avec chacune d'elles les chances de survie de la fille d'Ezekiel se font plus minces. Et si Issei n'est pas le meilleur des hommes, il a pourtant et toujours cette qualité de fiabilité, de perfectionnisme qui ne lui permet pas d'accepter l'échec. Le temps presse, et bien qu'il veuille avant tout n'éveiller aucun soupçon, il ne peut laisser cette agente le faire patienter jusqu'à ce qu'elle obtienne quoi qu'elle cherche de lui. Si tout est en ordre, le cœur qu'il volera l'attend déjà sur la table d'opération.

En attendant, il n'offre à l'agente de l'Institut que l'ombre d'un sourire, une sympathie, une excuse qui brille dans ses yeux. L'homme occupé qui ressent pourtant, à chaque fois, le regret de devoir plier les autres à son horaire. Pressé mais compréhensif.



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