« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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Rising Sun [Pv Etsuko]

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Ancien vice-commandant du Shinsengumi, aujourd'hui chef de brigade à l'Institut.

Ton histoire est celle d'un simple paysan qui a voulu s'élever, transcender les classes de sa société ; et devenir samurai, en adopter les valeurs et le mode de vie. C'est celle d'un homme qui a voulu rêver.

Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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le Lun 27 Fév 2017 - 14:00
Osatoka. Ce n’est pas si fréquent que l’on t’y trouve le soir. Habituellement, tu termines ta journée de travail et tu rentres directement chez toi – parfois, tu fais quelques courses. Ta préférence allant aux épiceries asiatiques, naturellement, même si tu as fini par t’habituer aux repas plus occidentaux ; on revient toujours à ce que l’on connaît, apparemment. Mais ce soir, tu as eu envie de changer un peu. Plutôt que de rester dans ton appartement à lire, à essayer de faire un peu de calligraphie ou de ressasser éternellement le passé, tu as décidé d’aller boire un verre. Seul. Ce n’est pas très gai, certes, mais tu n’avais pas envie d’importuner un ou une de tes collègues en lui proposant de t’accompagner à la dernière seconde. Sans compter que tu ne voyais pas qui inviter. Il y a peu de gens, à l’Institut, avec qui tu es suffisamment proche pour cela ; et c’est de ta faute, toi qui n’aimes pas te laisser approcher.

Tu as choisi un bar à saké discret, néanmoins. Petit. Intimiste. Tu aurais pu choisir un établissement plus grand, plus bruyant, pour te cacher dans la foule ; mais cela aurait voulu dire aussi plus fréquenté, ce qui signifie plus de chances pour toi de te faire reconnaître, paradoxalement. Non pas que tu aies quelque chose à te reprocher ; tu essayes de vivre ta vie avec honneur, sans regret. Mais tout le monde n’est pas de ton avis, notamment parmi les membres de l’Iwasaki-rengô, et tu le sais bien. Au point de critiquer le simple fait qu’un asiatique n’ait pas rejoint cette diaspora. Cette idiotie ! A croire que cela fait partie des règles implicites de Pallatine ; alors que tu as vu, au cours de tes interventions, des non-asiatiques parmi les yakuzas. C’était à n’y rien comprendre, mais tu laisses rapidement ces questions pour avaler ta première coupe de saké. Dans tous les cas, tu as essayé d’être discret. Pas d’uniforme de l’institut, mais des vêtements passe-partout. Cheveux coiffés différemment de l’habituelle queue-de-cheval que tu portes au travail. Une attitude moins renfermée et stricte qu'à l'ordinaire. Tu ne veux pas attirer l’attention sur toi ; parce que même toi, tu peux avoir envie de passer une soirée tranquille, à déguster un saké ma foi plutôt agréable. Il n’a pas le même goût que celui que tu dégustais à Kyôto mais c’est ainsi. On ne peut pas refaire le passé, ça serait une utopie de le croire. Et pourtant tu te laisses aller à fermer doucement les yeux, te laissant emporter par une sorte de nostalgie heureuse, en dégustant tranquillement ta boisson…

Jusqu’à ce que tu entendes le bruit, bien connu, de voix qui grondent, qui s’élèvent, qui montent comme une vague avant de s’écraser sur une plage. Tu rouvres les yeux, et tu vois plusieurs hommes penchés sur une table, s’attaquant à une troisième personne que tu ne peux pas voir. Ils se disputent, et d’après leur langage corporel, ils semblent prêts à en venir aux mains.

Evidemment.

Espérer de la tranquillité, c’était trop demander.


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Etsuko, un parfum de sable chaud au creux des reins, une image de cerisier en fleurs dans le ton de sa voix. Une femme perdue naviguant en eaux troubles. Un sourire, toujours, voilant la vérité, un passé qui ne veut pas quitter sa rétine. Un corps entre deux mondes et une question : pourquoi? Des poings et du sang la recouvrent sans qu'elle s'en cache. Il y a quelque chose de casser en elle et pourtant, on se sent attiré.
Soulevez le voile, n'ayez pas peur. La mort n'existe pas.

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le Mar 21 Mar 2017 - 17:50


"Rising Sun"

Se regarder en chiens de faïence- Toshizo Hijikata



Les moments de paix n’étaient pas pour toi. Tout ce qui touchait de loin ou de près à la contemplation, la méditation, la relaxation, non, décidément, tu en étais privée. Il fallait toujours que ça bouge quelque part. Que ça gueule. Que ça casse. Et invariablement, tu réparais les dégâts. Pas. Un. Seul. Jour. De tranquillité. Tu en avais marre. Il t’arrivait de rentrer le soir, tard – ou tôt, ça dépendait des points de vue – fourbue, les yeux gonflés par le manque de sommeil, et tu n’arrivais pas à t’endormir à cause d’une bagarre stupide de tes Kohaï. Tu te levais, comme ce soir, tu remerciais la personne t’ayant prévenue, tu chaussais tes tennis, prenais ta batte de baseball – on pouvait y lire « esprit fort » peint en lettres rouge brillant – et claquais la porte de ton appartement.

Osatoka. Un quartier où tu aimais te promener, respirer l’air sentant les mille saveurs de la cuisine asiatique, une odeur de friture perdue entre deux bâtons d’encens et un brin de cerisier égaré. Chez toi. Tu aimais à le penser. Votre territoire. La fierté t’enorgueillissait. Ton lieu de boulot. Tes traits s’affaissaient pour reprendre leur sévérité, sourcils froncés, lèvres pincées. Ta démarche à elle seule indiquait ton mécontentement, tes talons résonnant sourdement sur les pauvres pavés. Les passants évitaient instinctivement de se retrouver sur ton chemin, changeant prestement de trottoir. Tu ne les remarquais pas, regard fixé droit devant, dos droit, poings serrés, batte bien en main. Si tu n’étais pas aussi furieuse, peut-être aurais-tu ris de toi-même : tu avais l’air d’une racaille prête à en découdre avec un gang adverse. Pitoyable image, bien loin de la classe toute féminine que tu incarnais les autres jours.

Tes cheveux volant tout autour de ton visage telle les mille têtes de la Gorgone, tu franchis le pas du petit bar à saké, saluant d’un bref signe du chef le gérant tout en lui ordonnant de partir. Il comprit tout de suite le message subliminal, détalant, enjoignant son équipe à faire de même, ainsi que les clients.

Tu prends une respiration profonde. Fais craquer tes jointures. Attires l’attention du groupe se disputant, trois hommes. Dont deux font partie de l’Iwasaki. Heureusement pour eux, ils ne sont pas connus pour causer des problèmes. Mais ça n’allait pas tarder. Dès que tu rentrerais chez toi, tu rédigerais un rapport sur les deux lascars, t’assurant qu’ils passent le restant de l’année à balayer les feuilles mortes de la demeure principale. Déranger la Wakagashira pour une histoire de baston… Quel manque de respect. Se rouler dans la boue, entraînant le nom illustre de leur Diaspora avec eux… C’est indigne. Oser priver de repas leur chef… C’est impardonnable. Surtout lorsqu’elle était en compagnie de Yuuta. Ça allait faire mal. Très mal. Si les trois hommes allaient s’en sortir en un seul morceau ? Certainement pas. Après tout, tu te dis en brandissant ton arme, tu avais une réputation à tenir. Ne t’appelait-on pas la Furie Impitoyable dans ta jeunesse ?

Ton regard se pose sur le dernier client encore présent. Il a l’air impassible, voire ennuyé par la bagarre sur le point d’éclater. Tu le fixes un instant de ton regard le plus noir, que tu essaies de rendre plus doux. Il n’y est pour rien. T’énerver sur sa personne ne sera pas bénéfique. Ta voix est pourtant dure, cassante lorsque tu t’adresses à lui :

▬« Vous devriez partir, monsieur. Je ne voudrais pas que vous soyez blessés. »

En regardant de plus près, un détail t’intrigue. Et tu le reconnais. Tes lèvres se retroussent en un rictus.

▬« L’Institut a envoyé son chien le plus fidèle pour taper sur des petites frappes de l’Iwasaki ? Tu ricanes puis redeviens sérieuse. Ce sont mes hommes. C’est à moi de les punir. Vous n’avez rien à voir avec tout cela. Allez-vous-en. »


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Ton histoire est celle d'un simple paysan qui a voulu s'élever, transcender les classes de sa société ; et devenir samurai, en adopter les valeurs et le mode de vie. C'est celle d'un homme qui a voulu rêver.

Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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le Dim 26 Mar 2017 - 18:40
Cette scène qui se déroule sous tes yeux est tristement banale, quand tu y penses. Des désaccords qui arrivent pour des raisons ridicules ou parfois pour une raison inexistante..Cela te rappellerait presque le passé, quand tu pouvais surprendre des bagarres de rues presque chaque fois que tu sortais. L’humanité n’a guère évolué depuis, c’en est presque navrant. Toi qui luttais pour construire un meilleur futur, d’une certaine manière ; tu te rends compte que tes efforts ont été vains. Parce qu’il y a certaines choses contre lesquelles on ne peut pas lutter, même avec la meilleure volonté du monde… Comme la nature humaine et ses parts les plus sombres. Ses pulsions de violence, notamment.  Vanité, vanité, tout est vanité, te rappelles-tu avoir lu une fois dans un livre ici à Pallatine, un soir où tu t’ennuyais chez toi.

Tu hésites encore à intervenir, néanmoins. La bagarre n’a pas encore vraiment commencé après tout. Et puis, honnêtement : ça t’ennuie. Les ennuis semblent te suivre partout où tu vas ; au point que tu ne peux même plus sortir pour te détendre sans qu’il se passe quelque chose. Le destin ? Ou une manière de te signifier que le concept de détente devrait t’être à jamais étranger, que tu n’en as pas le droit ? Ou juste une malchance formidable.  Ou un message fort clair : Osatoka est un quartier où tu n’as rien à faire, si ce n’est tes courses. N’espère pas faire plus ; oublie les bars, oublie le casino, oublie tout, pour ne garder que le Devoir et revenir à une vie  quasi-monacale. (Et les bordels, tu n’y penses même plus. Non pas que tu aies beaucoup fréquenté les maisons de passe de Pallatine. Pas du tout à vrai dire. Seul, tu resteras seul jusqu’à la fin de ta vie. C’est la promesse que tu t’es faite.)

Et puis les portes du bar à saké s’ouvrent, pour laisser apparaître une femme portant une batte. Tu t’apprêtes à lui conseiller de quitter les lieux, mais tu t’abstiens. Cette femme, tu la connais. Abe Etsuko. Japonaise comme toi, même si elle vient d’une époque bien plus tardive que la tienne ; mais à ton inverse, elle appartient à l’Iwasaki-Rengô. Sa présence ici ne peut pas être une coïncidence. Tu n’y crois guère, surtout dans ce genre de situation. Mais visiblement,elle ne t’a pas reconnu, te conseille de t’en aller. Si elle savait.

«Merci de votre sollicitude, mais vous n’avez pas à vous en faire pour moi.» répliques-tu d’une voix calme. Tu es un soldat entraîné après tout ; tu sais te défendre suffisamment pour ne pas t’inquiéter d’un petit conflit comme celui auquel tu assistes. Tu as connu bien pire, que ce soit ici ou ailleurs.

Mais voilà que finalement, elle réussit à percer ton “déguisement”.. et le fait de façon sonore. A peine les mots “chien de l’Institut” sont-ils prononcés que tu sens des regards tournés vers toi, des regards haineux. L’institut n’est pas spécialement aimé, tu l’as toujours su, mais voilà que tu te heurtes à cette haine de plein fouet. Cette méfiance congénitale. Des sentiments qui te sont bien connus.

«Si j’étais vraiment le chien le plus fidèle de l’Institut, j’occuperais une position bien supérieure à celle que j’ai actuellement.» Responsable de la section sécurité par exemple ; un poste que tu aurais refusé, si on te l’avait proposé. Mais pourquoi nierais-tu son affirmation selon quoi tu es ici pour le travail ? Qu’elle croit ce qu’elle veut. Révéler que tu voulais te détendre pourrait même apparaître comme une preuve de faiblesse, ce que tu ne peux pas te permettre.Elle par contre, te donne plus d’informations que tu ne l’espérais.« Et je ne vais certainement pas laisser un tel incident se produire devant mes yeux sans réagir, qu’importe vos arguments, Abe-san. Cela serait faire preuve de couardise...et d’un manque d’honneur assez considérable.»

Toujours cette politesse. Tu vaux mieux qu’un pleutre grossier et sans éducation.

«Parce que je ne suis pas un chien de l'Institut, mais un Loup de Mibuconclues-tu finalement en te levant ; hors de question qu’elle te toise, elle debout, toi assis. C’est une question de principe. Tu te sens presque revivre ; l’espace d’un instant, tu te sens redevenir le Hijikata de Kyôto. Fier, jetant son défi de devenir un samurai à la face du monde. Au point de te réapproprier le terme péjoratif dont on vous affublait : les loups de Mibu, du nom du village où se trouvait votre premier quartier général. Qu’ils pensent de toi ce qu’ils veulent. En cet instant, tu te fiches, même, que tu grilles ta couverture face à ces Iwasaki qui n’approuveraient, eux aussi, sans doute pas qu’un japonais ait rejoint l’Institut.


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le Jeu 6 Avr 2017 - 20:56


"Rising Sun"

Se regarder en chiens de faïence- Toshizo Hijikata



La fierté qu’il place en se présentant comme « loup de Mibu » est presque touchante. Elle paraît sincère, quelque chose de rare chez cet homme imperturbable, juste bon à courir inlassablement derrière les gens comme vous, Hommes de l’ombre. C’est cela que tu détestes le plus, sans doute. Plus encore que le fait qu’un asiatique ait rejoint les rangs de l’Institut et non pas ceux de l’Iwasaki-rengô.

Au fond de toi, tu reconnais la logique de cette décision. Connaissant le passé de Toshizô Hijikata, ça t’aurait étonnée de le voir s’allier à des gangsters. Il a, pour la seconde fois consécutive, choisi l’Ordre, la Justice, et tu ne sais quelles conneries pleines de majuscules histoire de donner dans la grandiloquence.
Ce que tu réprouvais chez ton compatriote était la rigidité morale n’ayant rien à envier aux statues de marbre. Pour lui, le monde se résumait en deux pôles : le Bien, le Mal. Il ne fallait pas être un génie pour deviner qui se rangeait dans quelle catégorie entre vous deux. Les termes de « circonstances atténuantes » lui étaient étrangers. Et tu n’avais aucune envie de lui faire un dessin pour l’aider à comprendre. Lui peindre votre quotidien de parias, vos lois millénaires, votre quête de loyauté et d’obéissance, le fil ténu vous unissant encore à la beauté. La liberté, aussi. Et l’apprentissage de soi-même. Savoir ce dont on est capable, ou pas. C’était une véritable philosophie de vie de vivre en tant que yakuza. C’était aussi un chemin qu’on empruntait rarement pour le plaisir, par vocation après avoir assisté aux journées portes ouvertes. Les yakuzas n’étaient pas des enfants de chœur. On ne leur avait jamais accordé la possibilité d’être des enfants tout court. Si on les écoutait parler d’eux, la plupart narrait des histoires d’une tristesse infinie. Le Clan était ce qui leur permettait de ne pas sombrer ; leur relation à l’Oyabun tenant d’un lien quasi mystique. Et ça, Toshizô Hijikata ne pouvait le concevoir. Il n’y avait que les règles cruelles d’une société données à un moment T qui comptaient. Les voyous à mater. Les civils à rassurer. Pour lui, vous étiez tous à mettre dans le même panier que les violeurs ou les tueurs en série. Ça te dégoûte. Le fait qu’il s’accroche comme un désespéré à sa politesse que donne envie de lui faire ravaler ses mots à coups de poings dans la gueule. Il traçait sciemment une ligne séparant ce qui était « bien », « poli » de ce qui était « mal », « grossier ».
Tu détestes le petit sourire que tu crois déceler sur ses lèvres. « Petit prétentieux » tu l’injuries dans ton for intérieur. Tu détestes qu’il se lève avec une grâce infinie, même si tu prends un plaisir malsain à le toiser d'une bonne tête. Tu détestes son dos droit, son corps fin et élancé. Encore plus, tu te détestes de le comparer à la beauté d’un katana dégainé, la lumière jouant sur sa lame nue comme els reflets des vies qu’elle a ôtées, pareils à ses yeux d’obsidienne, couleur encre paisible.

Quelqu’un trouve drôle d’hurler à la mort, singeant un loup, pour finir par ricaner bêtement. Tu lui assènes un coup sec de ta batte dans le ventre, le pliant en deux par la douleur.

« Urusei ! »

Tu lui jettes un regard noir englobant dans un même mouvement oculaire les deux autres zouaves. Le message est clair : ils n’ont pas intérêt à aggraver leur cas. Tu ne voulais surtout pas que Toshizô trouve à redire sur votre comportement. C’était certain que l’écrasante majorité d’entre vous n’aviez pas dépassé le lycée, mais cela ne signifiait en rien que vous manquiez de savoir-vivre. Du moins, c’est ce que tu aimais croire.

Tu t’adresses de nouveau à l’agent de l’Institut ayant décidément mal choisi son jour pour sortir se détendre :

« Comme vous pouvez le constater, je gère parfaitement bien la situation. Partez. Vous serez remboursé pour ce… gâchis. »

Tu indiques d’un signe de la tête son alcool à peine entamé, tout en indiquant au gérant – que tu sais terrer quelque part, attendant que l’orage passe – de redonner son argent mal dépensé à ton compatriote. Tu ne peux t’empêcher de lui lancer une dernière pique, du moins l’espères-tu :

« Il paraît que pour être chef chez vous, il faut être un fantôme. Ou avoir une case en moins. »

Tu fais évidemment référence à Camil Boyle, chef de la sécurité de son état, et aux ragots qu’on colportait dans son dos quant à ses soi-disant tendances suicidaires. Egalement au fait qu’on ne le voyait pratiquement pas en ville, à l’image même du chef énigmatique de l’Institut. Existaient-ils tous les deux ? Ou n’étaient-ils que des pantins qu’on agitait pour faire peur ? Tu t’en fichais pas mal, à vrai dire, plus concentrée sur le sort que tu réservais aux fautifs de toute cette affaire.

« A nous maintenant. »

Ton sourire n’a plus rien d’amical lorsque tu le leur adresses, tout en froideur où pinte un élan de sadisme feint.


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Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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le Ven 14 Avr 2017 - 14:34
Deux prédateurs en train de se toiser, de grogner avant de se battre, voilà à quoi vous ressemblez tous les deux en ce moment. Tu es le Loup de Mibu ; mais en réalité, tu comparerais plutôt Abe-san à une lionne. Féroce, dangereuse, et protectrice envers son clan, comme tu le constates encore une fois. Elle veut t’éloigner, pour punir elle-même ses « petits », ces malfrats de bas étage. Est-ce que sa punition serait pire que la tienne ? Allez savoir. Mais tu ne peux céder, parce qu’ils ont enfreint l’ordre public juste devant ton nez.  Alors même si tu t’es levé, tu ne bouges pas du bar à saké, et tu soutiens le regard de la Wakagashira sans ciller. Le dos trop droit, trop raide pour que cela soit naturel. Tu te fais inflexible. Trop fier, trop orgueilleux peut-être ; trop persuadé de ton bon droit pour avoir envie de partir. D'avoir l'air de lui céder.

Ce n’est pas que tu la méprises, cependant. Abe-san en elle-même n’est pas une mauvaise personne, tu le sens, elle est dévouée et protectrice, et ce sont des qualités respectables. Que tu respectes même, et que tu possèdes. Mais c’est ce qu’elle fait de sa vie que tu méprises. Rejoindre l’Iwasaki-rengô. Un repaire de yakuzas, de délinquants en tout genre.  Non vraiment, certaines choses te restent inconcevables. Même à l’époque du Roshi Gumi, vous n’aviez pas l’air d’un groupe aussi improbable. Et au moins, vous ne vous adonniez pas à des malversations.Enfin. L’un d’entre vous l’a fait et il a fini par le payer de sa vie. La preuve que vous ne plaisantiez pas avec le sujet.Et après, bien sûr, il y avait le Code qui interdisait de façon claire, nette, et précise de s’écarter de la voie du samourai.

Ton regard incisif glisse rapidement vers un des trois larbins lorsqu’il juge spirituel d’imiter le hurlement d’un loup dans le but d'essayer de t'humilier ; mais elle intervient avant toi, de façon plutôt radicale ; mais au moins, il faut convenir que c’est efficace. Toutefois, il est inutile de se leurrer, ce n’est pas pour toi qu’Abe-san l’a fait. Si tu te faisais attaquer en pleine rue et qu’elle passait par là, tu es loin d’être sûr qu’elle interviendrait, parce que tu sais trop bien que elle, elle te méprise.  Mais si les situations étaient inversées ? Peut-être. Ce n'est pas à elle que tu l'avouerais en revanche.

« Trop aimable », répliques-tu sarcastiquement. Sans pour autant bouger d’un pouce. Elle savait que tu ne céderais pas et tu savais qu’elle ne céderait pas – et que tu ne céderais pas. Dialogue de sourds s’il en était. Ce n’était pas qu’à cause de ce qu’il se passait ce soir ; c’était une véritable lutte de convictions. Une affaire personnelle. Peut-être aussi de diasporas ; entre l’Institut qui tentait de retrouver sa grandeur et l’Iwasaki-rengô toujours active. Deux mentalités différentes, aussi.

« On m’a déjà insulté de beaucoup de façons »,lances-tu sèchement, « mais sous-entendre que mes supérieurs manquent d’intelligence ou remettre en cause leur santé mentale, ça c’est une première. » Samourai de pacotille, loup de Mibu, lâche, ennemi de la Cour, la liste est longue. « Evitez de les insulter à nouveau devant moi. Simple conseil.»

Ton sans appel, bien qu’encore poli ; mais ton visage se ferme , pour devenir le masque du Vice-Commandant démoniaque. Tu aimerais éviter le conflit armé entre vous deux, si c’est possible. Tu refuses à créer davantage de désordre.

« Arrêtez ça. Ils ont troublé l’ordre public, cela relève de l’Institut. »

Tu te glisses entre elle et ses trois subordonnés, comme un rempart. Ces trois jeunes fous, tu les veux pour toi. Et amèrement, tu regrettes l’absence de vraies prisons à Pallatine.

..Mais c’est là que tu perçois un vacarme venant de l’extérieur, qui te fait tourner la tête. Un bruit de vitrine brisée –apparemment celle du magasin d’à côté-, suivi de rires. Des rires gras, puant l’auto-satisfaction. Le rire de personnes ayant commis un délit.

« Qu’est-ce que.. ? »

Tu croises le regard d‘Abe-san. Surpris d’abord, puis tu reprends ta contenance, serrant les mâchoires. Tu détestes ça, de laisser échapper une proie ; mais là, il y a urgence, surtout que tu entends des bruits de course. Cependant, en te dépêchant un peu, tu peux sûrement les rattraper.  Avant cela, une dernière question à ta compatriote :

« Vous n’aviez rien vu dehors ? »

Prêt à foncer à l’extérieur si la Wakagashira confirme le contraire. Heureusement que tu as toujours ton arme à feu avec toi, tiens.


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le Mar 13 Juin 2017 - 15:58


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Se regarder en chiens de faïence- Toshizo Hijikata



Tu tournes la tête en même temps que le loup de Mibu. Le bruit du verre brisé, vitrine éclatée à coups de batte comme celle que tiens présentement dans ta main, ou d’un autre objet contondant, résonne trop fort dans votre silence à couper au couteau. La nuit t’empêche de saisir la situation exacte, ce qui t’agace alors que monte ton inquiétude couplée à ta fureur lorsque tu perçois très distinctement les rires adolescents des malfrats. Ça te donne des envies de meurtre. Ta poigne se resserre sur ton arme, prête à tabasser les petits merdeux se permettant de telles bêtises.
Tu fais signe à ton kohai de faire silence et de te rejoindre, et vos deux corps bandés sont comme des chiens excités attendant d’être lâchés. Il sort une arme à feu de sa poche, geste que tu approuves d’un bref hochement de tête. Toi-même tu n’as en tout et pour tout que ta batte qui, même si solide, ne servirait à rien contre les balles d’un pistolet. Tu te maudis de ne pas avoir emporté un arsenal plus important avant de partir de chez toi, bien que tu n’aurais jamais imaginé te retrouver dans pareil pétrin. Zyeutant ton environnement immédiat, tu t’empares rapidement de trois couteaux et une fourchette que tu glisses dans tes poches, te souvenant brusquement de ta jeunesse et des mêmes gestes effectués des années auparavant, dans un autre monde. Pour un peu tu serais nostalgique. Pour un peu. Mais ce n’est ni le moment, ni le lieu.

« Pas à ma connaissance, non. »

Chuchotement de circonstance pour ne pas attirer l’attention, même si vous êtes hors de vue pour l’instant. Tu jettes un coup d’œil à Toshizô, prêt à s’élancer à la bataille au moindre signe. Tu le trouves touchant, vieux reste de soldat au garde-à-vous. Vous vous ressemblez avec votre posture de chats aux aguets, et ça t’arrache l’ombre d’un sourire que tu ravales sitôt fleuri sur tes lèvres. C’est acide comme sensation, lame plantée en plein cœur. Tu regrettes de ne pas pouvoir lui faire confiance, lui cacher au fond de toi tes émotions en demi teintes. Sitôt nées, sitôt éteintes. Comme la flamme d’une bougie qui lentement vacille, étrange danse sans partenaire, pont suspendu entre deux îlots solitaires. Tu ne lui en veux pas, du reste. Tu ne t’en prends qu’à toi-même et tes craintes, ta fierté idiote pour ta seule famille – aussi corrompus puissent être les membres la composant. C’est une histoire contée de long en large et en travers, celle de la fille malfrat et de l’homme justicier. Sauf que contrairement aux attentes du public, nulle scène de baiser torride entre les deux protagonistes ne viendra conclure le film. Nulle romance pour atténuer l’animosité, la justifier. Que la méfiance teintée de respect entre deux ennemis de longue date.

Le respect et la connaissance des habitudes de l’autre.

« Je suppose que vous avez de quoi vous défendre au-cas-où. (Tu pointes ton menton vers ce que tu sais être la crosse de son pistolet.) N’hésitez pas à vous en servir. »

Tu as l’air de lui donner carte blanche, ce que tu fais en un sens. Osatoka était presque comme ta maison. Immense appartement aux innombrables pièces, couloirs sans fin, secrets mortifères. Un quartier que tu connais comme ta poche pour l’avoir depuis si longtemps fréquenté.

« Si on passe par l’arrière-boutique, on pourra les voir sans être vus. Et aviser une fois la situation éclaircie. »

Tu ne t’adresses plus à Toshizô Hijikata comme à un ennemi mais d’égal à égal. Tu sais reconnaître chez autrui les qualités et les défauts le composant, et l’ancien du Shinsegumi se révèlera tout aussi efficace que toi pour planifier votre plan d’attaque.

Te dirigeant vers le fond du restaurant, tu guides les deux autres hommes – l’un t’obéissant aveuglément, l’autre te donnant l’impression d’agir plus par instinct que par choix – jusqu’à une sortie discrète non éclairée. Fermant les yeux, tu tentes de faire le vide en toi, rassemblant toute la concentration dont tu pourrais avoir besoin. Lorsque tu les rouvres, tu es enfin habituée à l’obscurité nocturne. Tu te l’appropries comme d’autres revêtent une seconde peau, masque voilant tes traits, pupilles dilatées. Tu as toujours aimé ces heures, quelques instants avant l’aube, où la noirceur se faisant plus dense, était presque palpable.

Le manteau noir de la nuit.

Un miroir routier vous permet de regarder la scène de casse, la bande de voyous armés tout comme tu le pensais de batte de baseball et autres instruments tout aussi raffinés. Tu as envie de ricaner devant le pavé que tient le plus jeune d’entre eux, à peine sorti de l’adolescence. Sauf qu’il s’agissait de ton territoire. Tu ne permettais aucune bavure, encore moins des dégradations volontaires.

Tu te rapproches de Toshizô, si près que les mèches de ses cheveux frôlent ton visage. Te penchant vers lui, tu lui murmures à l’oreille :

« Ils sont cinq. De dix-huit à vingt-cinq, vingt-six ans. Le plus petit doit faire 1.55 et le plus grand, 1.90. Ils sont sommairement armés mais leurs vêtements amples m’empêchent de savoir s’ils ont des armes à feu. »

Tu fais ton rapport comme si tu parlais à l’Oyabun : directe, précise et concise, sans oublier les formules de politesse. C’est un champ de bataille sur lequel vous allez pénétrer. Et dans ce domaine, l’homme à tes côtés est beaucoup plus expérimenté que toi. Tu le reconnais et tu sais que tu n’as pas d’autre choix que de t’en remettre à lui. Momentanément, tout du moins. Surveillant les casseurs du coin de l’œil, tu te retournes vers le capitaine :

« Quelle sera votre approche ? »

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Ancien vice-commandant du Shinsengumi, aujourd'hui chef de brigade à l'Institut.

Ton histoire est celle d'un simple paysan qui a voulu s'élever, transcender les classes de sa société ; et devenir samurai, en adopter les valeurs et le mode de vie. C'est celle d'un homme qui a voulu rêver.

Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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le Mer 28 Juin 2017 - 18:04
L’atmosphère change d’un coup - la tension si palpable que l’on pouvait sentir entre vous deux est retombée. Pour le moment du moins,  les quatre yakuzas (enfin, surtout Abe-san) et toi n’êtes plus à couteaux tirés, concentrés sur quelque chose de plus urgent.  Votre animosité, cette colère que vous éprouviez tout à l’heure devant l’attitude de l’autre, elle est à présent dirigée vers un ennemi commun, donc vous ne connaissez pas encore le visage - mais cela ne saurait tarder, et au vu des rires que tu as entendus, tu ne te les figures que trop bien. Des jeunes en perdition sûrement. Dommage pour eux tu n’es pas un berger pouvant les ramener dans le droit chemin, mais le vilain croque-mitaines qui va leur faire passer le goût de faire des imbécilités pareilles. Plus rapide, plus expéditif, plus efficace. Plus cruel peut-être. Mais tu n’es pas un homme bon envers tes  ennemis, ni même compatissant.

Enfin cela a peu d’importance. Ce qui compte maintenant, c’est d’interpeller rapidement ces fauteurs de trouble. Avec ou sans les membres de l’Iwasaki - et visiblement, plutôt avec que sans. On s’est attaqués à leur quartier après tout, et ils veulent le défendre, ce qui est compréhensible et presque...louable, même si tu crèverais plutôt que de l’avouer à haute voix. Et donc, comme toi, tu as pour mission de faire respecter l’Ordre et la Loi partout, vous ne pouvez que trouver un terrain d’entente sur cette affaire. Ce qui t’arrange d’un côté. Mais peux-tu leur faire confiance ? Peux-tu leur confier ta vie ?  Peux-tu faire suffisamment confiance à Abe-san ? Peux-tu lui confier tes arrières, ton dos ? Comment être sûr qu’ils ne te laisseraient pas crever comme un chien si tu venais à être blessé ? Réponse à toutes ces questions : tu ne le peux pas, et c’est bien ce qui t’ennuie.

Cependant - la dernière phrase d’Abe-san sonne comme si elle, elle te faisait presque confiance. Alors, peut-être... Elle ne te semble pas du genre à trahir un allié en plein combat, surtout que c’est son territoire qui est attaqué. Alors tu pèses le pour et le contre, tu espères - et tu décides de lui faire confiance jusqu’à un certain point. Mais si elle trahit cette confiance, elle le regrettera amèrement. Foi de Toshizô.

« J'ai toujours mon arme sur moi» , chuchotes-tu  sérieux comme les pierres, avant de la suivre dans le dédale du bar à saké. Sortir désarmé, pour toi, est invraisemblable, impensable - tu te sentirais tellement vulnérable, et, en réalité, presque nu. Autant porter une pancarte indiquant “attaquez-vous à moi.” Même si ce n’est peut guère adapté de porter ton arme de service en dehors de tes heures - tu t’en moques comme de ta première paire de tabis, ta sécurité passe avant tout.

Abe-san se penche vers toi pour te parler à l’oreille, son visage frôlant tes cheveux, presque ta joue - et tu te surprends à avoir un léger frisson. Voilà longtemps que personne, a fortiori une femme, ne s’est trouvé si près de toi. Un côté agréable, mais inopportun, incongru, car rien ne doit te distraire. Heureusement -tu sais reprendre le contrôle de toi-même. Tu n’as pas vécu plus de six ans d’ascèse physique et mentale pour te laisser perturber de la sorte ; et les informations qu’elle te donne sont plus préoccupantes. En tout cas, tu es tombé juste : des jeunes. Bien évidemment. Gangsters peut-être, mais tu ne t’avancerais pas. Cette diaspora n’a pas le monopole de la destruction de biens d’autrui - quand bien même l’inimitié avec l’Iwasaki-Rengô est connue et reconnue.

« La prudence de toute évidence.  » marmonnes-tu d’abord, avant de lui lancer un regard pensif - mais déterminé. « Déjà, on ne se précipite pas dehors comme des imbéciles, ça serait le meilleur moyen de les faire fuir - et peut-être de tomber dans un piège. Mais j’ai plusieurs idées. Soit, on sort tout de suite pour régler le problème, en espérant qu'ils n'aient pas d'armes à feu. Soit ce bar dispose de plusieurs sorties, auquel cas on peut former des équipes pour les encercler. Soit... Vous appelez quelques-uns de vos...collègues présents dans les environs -armés de préférence, mais pas des accros de la gachette - pour coincer leur fuite, et nous, nous sortons. »

Cela signifiait accorder un peu de confiance et de crédit à l’Iwasaki-rengô,  et t’associer avec eux alors que la simple idée te donnerait des boutons habituellement, mais justement...La situation n’était pas  vraiment habituelle.


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