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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

comme au théâtre. (namaiki)

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Aces
posté le Lun 27 Fév 2017 - 20:58 (1)
Pendant de longues minutes, la seule pupille valide de Seung Joo se fixe sur la sphère de verre noire et rouge qui orne son orbite vide, libérée de son masque habituel.
Les lèvres plissées, le Coréen reste hypnotisé par cet œil - cette tache d'obscurité qui lui déforme le visage, l'assimilant au monstre qui se tapit dans l'abîme. N'attendant que de remonter lorsque sa garde sera relâchée. C'est avec ironie que sa bouche se tord lorsqu'il laisse échapper un soupir. Un monstre. Parfois, il se dit qu'il n'a pas besoin de Trauma pour l'être - il lui suffit de se laisser aller, de ne plus garder le contrôle de ses propres gestes. Sans se douter de tout le tort que ses attentes lui causent.
Seung Joo pense être seul dans les toilettes - du moins n'y avait-il personne lorsqu'il est entré, toutes les cabines affichant leur disponibilité, et le silence pensant dans la pièce. Ses pas l'ont brisé. Il n'y fait pas encore attention ; bientôt, quand ses pieds se poseront sur le sol, le son sera imperceptible. Pour le moment, il n'est qu'un homme normal - un croupier en tenue élégante, un sourire doux pendu au visage, et dont la blessure la plus infâme est occultée derrière un cache-œil. Normal - ce mot est si dénué de sens, mais Seung Joo lui en donne, parce que ce critère constitue un garde-fou. Lorsqu'il ôte le cache-œil, déjà, il ne se voit plus tout à fait de la même façon. L'être humain a déjà reculé en lui, laissant place à un avant-goût d'horreur. Cette saveur lui plaît bien.
Il s'arrache enfin à la contemplation de son faux œil, et plonge dans son sac pour récupérer le reste de ses affaires - masque et perruque. La perruque est la première à être enfilée ; couverture de neige qu'il ajuste jusqu'à ne plus voir la moindre trace sombre. (Parfois Seung Joo se demande, pourquoi le blanc. Pourquoi choisir l'incarnation même de la pureté ? sa propre symbolique lui échappe parfois.) Puis c'est le masque - voile noir, comme pour faire contraste, qui lui mange la bouche et une bonne partie du visage. Et Seung Joo se sent transformé - pourtant il est le même.
Mais le déguisement lui autorise une liberté qu'il ne s'accorde jamais. Comme si le fait d'effacer sa propre identité lui permettait de transcender les limites. Son sourire ne se voit guère sous le masque, mais quelque chose sur sa figure laisse transparaître la joie primaire qui l'envahit à chaque instant. Maintenant, que va-t-il faire ? Profiter des dernières lueurs du soleil pour laisser éclater sa vérité à la face du monde ? aller rejoindre Knut, où que celui-ci soit ? avancer dans les rues sans but précis, savourant la réaction de choc des autres passants ? Le Coréen s'est presque décidé quand, tout à coup, une porte entrouverte derrière lui arrache le privilège du choix. Non que cela le dérange. Il se retourne lentement, à la manière dont les méchants, dans les films, le font lorsqu'ils cherchent du regard le héros qui tente de leur échapper, et s'avance précautionneusement jusqu'à ladite porte. Il pourrait presque deviner le souffle anxieux qui s'enfuit pour se perdre dans ses oreilles. D'un geste brusque, il ouvre la porte en grand, ne se souciant guère de blesser la personne derrière.
« Bon, fini de se cacher, sors de là. »
Sa voix est sèche, dure - rien de particulièrement originale. Mais il y a aussi une tension, à peine perceptible à l'oreille, qui module le ton, le rendant plus cassant encore.
(En fait, Seung Joo est énervé.)
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Mordred
posté le Lun 6 Mar 2017 - 1:55 (2)
COMME AU THÉÂTRE
Je l'ai cherché.
C'est vrai. Je ne peux pas dire le contraire. Je suis fautif. Mais de quoi au juste ? On ne peut plus aller au toilette tranquille parce qu'un gars dérangé est entrain de changer de personnalité ? Alors c'était vrai...

Je l'ai littéralement cherché, c'est vrai. La curiosité est certainement ce qui me perdra... Mais j'ai entendu tellement de choses sur lui, je connais tellement de rumeurs à son sujet, comment résister à la tentation de ne pas vérifier ? SEUNG est quelqu'un d'assez discret d'ordinaire et délicat. Je dirais que sur ce point on se ressemble assez et en le voyant les premières fois je me suis demandé ce qu'un type pareil pouvait faire dans un gang comme IWASAKI. Un peu le genre de question que l'on doit se poser à mon sujet aussi... J'ai rapidement senti qu'il y avait un truc bizarre chez lui, tout comme il doit se douter que quelque chose cloche dans mon cas aussi. Alors je l'évite toujours habilement. Nous ne nous parlons pas, seulement pour nous saluer, mais nous avons un secteur très différent chacun, ce qui aide pas mal à échapper à quelconque contact...

Mais il n'empêche qu'il attise ma curiosité, avec son autre lui. Un autre qui fait tout son intérêt pour le gang je suppose, et je ne peux m'empêcher de l'envier. Assumer ce que l'on est réellement... Parce que je ne pense pas qu'il s'agisse d'un réellement dédoublement de personnalité, c'est trop précis, trop soigné, trop conscient en vérité.

Aujourd'hui, je ne sais pas ce qui m'a prit, je l'ai suivi, discrètement toute la journée, jusqu'à maintenant, lorsqu'il s'est faufilé dans les toilettes... J'avoue avoir hésité, mais qu'avais-je à perdre ? Les toilettes sont là pour tout le monde... Alors je me suis glissé dans une cabine en remarquant que lui s'avançait vers les miroirs. Il s'est longuement regardé avant de sortir de son sac un touffe blanche et un masque noir étrange. C'était une perruque qu'il enfila tout d'abord après avoir enlevé son cache-œil. Mes yeux s'ouvrent grands, complètement fasciné. Je regarde avec avidité par l'interstice de la porte entre-ouverte et parviens à capter dans le miroir la lueur rouge qui se déploie de sa pupille. Alors je souris, épaté en lâchant un soupire léger et inaudible. Je me suis trompé à son, Seung est étrange et particulier...

Il enfile la perruque, le masque... C'est flippant, je frissonne en me disant qu'il est temps de partir, mais au faux mouvement est provoqué par la peur qui m'envahit face à l'attitude de ce mec, et le bruit attire son attention, car il avait bien fait attention à être seul... Je le vois, par le trou de la porte, se tourner lentement et il m'interpelle avec une voix rauque, cassante et glacée.

« Bon, fini de se cacher, sors de là. »

Il donne l'impression de parfaitement savoir qui se cache dans la cabine, comme si son œil rouge pouvait déjà me voir. Je détourne les yeux de la fissure dans la porte et regarde autour de moi, légèrement paniqué. Mais je sais quoi faire. J'ouvre la fermeture éclaire de mon pantalon et tire la chasse d'eau avant de sortir, l'air occupé à remettre mon pantalon en place pour ne pas le regarder tout de suite.

« Quoi ? Je pisse trop fort ? »
Ai-je ricané de façon tout à fait naïve et enjouée en me rapprochant des lavabos où SEUNG m'attend de pieds fermes.

Je lève ensuite les yeux, toujours avec un sourire satisfait collé à la figure, et en le voyant je sursaute, ne feignant aucunement la surprise et peur. Je reste figé un moment en le dévisageant comme si je ne l'avais absolument pas vu se changé quelques minutes plus tôt, avant de me gratter la nuque en évitant à tout prix son regard flippant.

« Ah, c'est toi SEUNG... Pardon je pensais que c'était quelqu'un d'autre ! »

Je me faufile timidement vers un évier, celui qui reste le plus éloigné cet étrange personnage qui n'est plus tellement Seung et se fait appelé Karma.  Mais j'ai évidemment fait exprès de ne pas l'appelé correctement. L'eau coule sur mes mains alors que je les savonne en tremblotant d'un air pas tranquille.

« Tu vas... Quelque part comme ça ? »
Demandé-je sur un ton tout à fait insouciant alors qu'il s'agirait en vérité d'une provocation.

Je sens parfaitement que SEUNG est agacé, la façonne dont il me regarde ne laisse pas de doute, mais NAMAIKI est un gamin qui ne devrait pas tout à fait s'en rendre compte, alors je feins l'ignorance au maximum. C'est un peu risqué, mais cela m'amuse assez.

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Aces
posté le Sam 25 Mar 2017 - 14:09 (3)
Tel un arc tendu pendant de trop longues secondes, menaçant de rompre l'équilibre à la moindre faiblesse, Seung Joo se redresse de tout son mètre soixante-six. Il ne lui manque que quelques malheureux centimètres pour se trouver à la même hauteur que l'homme qui se cache à l'intérieur des toilettes, mais ces centimètres semblent avalés par l'air imposant qui émane de la créature. Le roi du vide envahit l'espace, le comprime, comme si ce monde lui appartenait. Seung Joo n'est plus tout à fait humain, en apparence. Pourtant il y a un cœur qui bat en rythme à l'intérieur de cette poitrine, et du sang qui lui cogne aux oreilles, et un souffle qui s'échappe de sa narine pour se perdre dans l'ombre de son masque. Ce n'est jamais qu'une illusion qui danse devant les iris affolées, une silhouette d'obscurité qui se découpe dans un faisceau de lumière. On oublie qu'il vit, on oublie qu'il a des sentiments - lui aussi omet volontairement cette vérité essentielle, asservi par le déni de ses déficiences. Seung Joo, dans le fond, n'a jamais changé ; il laisse simple la bride lâchée à sa faiblesse. Dans cette mascarade teintée d'insanité, il y trouve sa liberté. Et il peut comprendre que le processus fascine. Qu'il y a, dans la précision de gestes mille fois répétés, dans l'application à défigurer son être, une beauté lautréamontienne inespérée. Comme si, subitement, c'était la nature même de l'homme qui se révélait - un homme, sommet d'abomination qui jamais n'aurait dû exister.
Il n'est pas dupe de cette comédie, Namaiki, il sait que ton regard s'est posé sur lui. Il sait que tu t'es nourri de ce spectacle qui a remué les tréfonds de ton âme. Il n'a qu'un œil, mais il est observateur. La peur qui teinte ta prunelle, le tremblement qui parcourt tes membres, n'ont plus aucun secret pour lui ; ils se font le confident de cette crainte que tu ne peux retenir face à Trauma. Tu ne remarques rien d'autre que ce fantôme pâle, à la face mangée de ténèbres. Il te laisse passer, Seung Joo, car il sait que tu veux sauver les apparences ; il n'a guère envie de lutter contre toi, de te pousser à admettre ton mensonge. Cela ne lui apporterait rien. C'est un autre instinct qui le pousse à attendre que tu coupes l'eau du robinet pour s'approcher de toi. Sa tête se glisse dans ton cou, mais tu ne sens pas son souffle contre ta peau ; c'est à peine si tu l'entends caresser la tissure qui lui recouvre la bouche. Son unique œil glisse sur les mèches qui te dérobent à son examen, se coule sur ta peau pâle, cherchant à capter l'éclat de ta pupille d'or. Son corps frôle le sien, dans un élan où se mêlent passion et sommation, fracassant amas de sentiments dont le sens lui échappe également.
« Que dirais-tu de m'accompagner, si tu es si curieux ? »
Dans le timbre glacé de sa voix, les émotions s'emmêlent, comme des pinceaux trempés de couleurs contraires. Il y a cette pointe de colère qui menace de vous déchirer, et cette excitation nouvelle, née des idées de tourments qu'il rêve de t'infliger.
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Mordred
posté le Sam 1 Avr 2017 - 0:30 (4)
COMME AU THÉÂTRE


Qui à peur ?
Moi ou le NAMAIKI que je feins d'être ?

Je ne m'amuse plus. À peine quelques secondes sont passées depuis que mes mots ont résonné dans la pièce, pourtant l'atmosphère à changée. L'ai-je énervé davantage encore ou bien est-ce que je commence à peine à me rendre compte de la véritable aura qu'il dégage ?

Je ne sais plus. Je me suis complètement perdu.

J'ai peur. Ou c'est autre chose qui fait frissonner mon dos, grincer mes os... C'est complètement différent lorsqu'à présent, il se rapproche. L'eau du robinet ne coule plus, je garde mes mains trempées posées sur le socle du lavabo, figé par quelque chose. Par SEUNG peut-être, mais il ne me touche pas... Il est là, silencieux, me regarde, me scrute. C'est sûrement ça qui me met mal à l'aise. Maintenant je veux partir. Je l'ai assez vu jouer à la poupée, se pomponner avant d'entrer en scène je-ne-sais-où. Je veux m'en aller. Mais je suis bloqué. Par lui.

Il se rapproche, doucement mais inévitablement.
Je suis presque sûr qu'il va me tuer. C'est extrême. Non, pas me tuer, me remettre à ma place ? L'air tremble de violence.

Soudain ça change et fait vibrer mes sourcils. Variations de mouvements dans l'air. Mélanges d'impulsion qui me répugnent parfaitement. Ou peut-être que j'ai simplement mal interprété jusqu'à présent ? C'est quoi ce bordel... Il ne me touche pas, il m'effleure avec cette délicatesse tactique et précise, cruelle et dérangeante. Je ne sens rien, mais j'imagine parfaitement son souffle qui glisse dans ma peau et imprègne jusqu'à mes neurones.

Froid et chaud. J'ai envie de vomir.
Ne me touche pas. Ne me touche pas. Ne me touche pas. Je vais lâcher : je vais le frapper, j'ai envie de le tuer, moi. La peur vient à faire briller mes yeux de fureur qui se reflètent dans le miroir, alors je baisse les yeux. Je retiens mon souffle pour ne pas me laisser aller. Je garde mon calme sans parvenir à étouffer le malaise dans lequel il me met, cette terreur gluante et collante qui m'engourdi.

Pire lorsque ses lèvres se tendent vers mon cou, que j'essaye de dégager en fermant les paupières, les traits du visage tirés par le dégoût. Ce type est plus taré que je le croyais...

« Que dirais-tu de m'accompagner, si tu es si curieux ? »

J'en ai vu assez, merci.


« Je ne voudrais pas te déranger. M-merci quand même. »



Dis-je en profitant de ce moment pour m'éloigner vers le séchoir, l'activant pour passer mes mains sous l'air chaud, l'évitant absolument du regard.


« J'ai pleins de choses à faire aussi, hein. Et puis tes affaires ne me regardent pas, tu vois. Restons-en là ! »



Ma voix tremblote. Jeu ou je, KARMA a le talent pour les mélanger. Mais je lui envoie tout de même un sourire bon enfant en finissant de sécher mes mains.

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Aces
posté le Mer 5 Avr 2017 - 11:15 (5)
Seung Joo se perd. Cela lui arrive très souvent : il lui suffit, pour cela, de lâcher les rênes de sa retenue. D'abandonner le déguisement du gentil croupier tout mignon à la bouille adorable qu'on aime tant le voir porter. Pour lui, c'est aussi aisé que de respirer. Il se glisse dans son rôle comme dans une seconde peau ; mais pour lui cela, il lui fait un agneau à sacrifier. Namaiki est une victime de choix : l'innocence se dessine sur le moindre trait de son visage. L'ombre de la peur, qui lui obscurcit le regard, et la confusion la plus totale, parviennent à calmer un peu la colère initiale de Seung Joo, à la chasser pour la remplacer par les instincts du prédateur. Mais ce n'est pas tout à fait comme d'habitude, pour autant : le Coréen est capable de ressentir la nuance. Cette fois, il est aux commandes ; mais surtout, il le sait.
Paradoxalement, c'est peut-être la première fois que Seung Joo ne serait pas capable de tuer quelqu'un.
Namaiki doit payer pour son affront : cette certitude glaçante ne quitte par les méandres de sa tête. Il est certain qu'il ne le lâchera pas. Il est buté, Seung Joo. Il n'abandonnera pas ; il n'y a donc qu'une unique réponse à sa question, et il attendra de l'entendre de la bouche du Japonais. Il veut que les syllabes se forment d'elles-mêmes sur sa langue effarouchée, que ses prunelles restent colorées d'appréhension. C'est ainsi qu'il aime les choses. Seung Joo, il est tordu, il n'a ni les mêmes désirs ni les mêmes attentes que les autres - et ça en devient difficile, de savoir ce qu'il désire véritablement. Parce que ses maux s'entendent encore dans le moindre de ses mots.
Il n'attend probablement pas ce que l'on pense ; il trouvera sa satisfaction dans cette torture psychologique à laquelle il excelle de plus en plus. Rien ne lui plaît plus que les battements de cœur affolés, la complexion pâlie de crainte, les lèvres inquiètes qui se tordent dans le silence. Voilà ce qu'il veut ; lui le sait ; à présent, il doit l'obtenir.
Toucher sa victime, c'est lui la déstabiliser, envahir son territoire. C'est clamer qu'elle est à soi et qu'on ne la lâche plus. C'est écouter ses protestations, et les nier par un simple et malheureux geste. Seung Joo est devenu fort à ce jeu ; et, lorsque Namaiki refuse, la pression s'accentue. Doucement, très doucement ; c'est à peine perceptible. Juste des doigts légers qui se déposent sur son épaule, sans en imprimer (encore) la marque.
« Voyons, tu pourras attendre demain pour les faire. Tu ne vas pas mourir ce soir. »
C'est une promesse ; mais quelque chose, dans la voix de Seung Joo, une tension volontairement incluse, laisse entendre que, peut-être, c'est l'inverse qui est juré. Que Namaiki ne verra pas le soleil se lever demain matin. Bien sûr, ce n'est qu'une comédie ; mais l'intérêt n'est-il pas de prétendre ?
« Ça me ferait très plaisir, vraiment... »
Et sa prise légèrement s'affermit.
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Mordred
posté le Ven 7 Avr 2017 - 0:22 (6)
COMME AU THÉÂTRE

On ne me touche pas. On ne me touche pas !

Je ne sais pas d'où vient cette révulsion. Homme comme femme, l'impact d'une autre peau contre la mienne me donne la nausée, m'exaspère, m'énerve. Oui, un impact, une météorite qui marque et brûle à chaque contact. Personne ne comprendrait, personne n'imagine. Je ne sais pas pourquoi ce malaise me poursuit depuis si longtemps, depuis toujours sûrement. Je ne sais pas d'où il vient, mais il provoque la panique incontrôlable, peut importe qui. Même la plus belle des femmes, je ne pourrais pas effleurer ses lèvres sans en souffrir...

Alors ce n'est pas SEUNG, particulièrement, qui provoque une telle panique en moi. C'est juste la proximité... Il en joue, sans savoir réellement. Il doit croire que c'est un pouvoir qu'il a... Il se croit si spécial... Mais ne l'est pas. Il est pathétique. C'est ce que je vois et perçois, c'est ce qui résonne au fond de moi, caché et enfoui sous la peur : il me fait pitié. Son petit jeu de masque est ridicule, mais effrayant à la fois. Ça pique quelque part en moi, dans le ventre ou près du cœur. Assume ! Assume au lieu de te cacher ! Si tu ne peux pas garder le rôle, fais un choix. Sous la peur, gratte l'énervement face à cette liberté qu'il s'accorde. Que j'envie peut-être. Moi, je contrôle. Lui non. C'est ce que je me dis, mais...

Ça monte, le compteur s'enflamme en moi, mais je n'arrive pas à savoir quel chiffre s'affiche. Je ne peux pas me concentrer... Il y avait déjà ses yeux qui me transperçaient, me déshabillaient sans gêne en examinant chaque parcelle de moi. Je sentais son regard, il me caressait ou me poignardait, je ne sais pas... Mais maintenant il me tient, sa main posée sur mon épaule. Au moins il n'y a plus tant d'ambiguïté, il cherche juste à me retenir. La prise n'est pas forte, mais je frissonne avec la sensation que la pression fait craquer mes os. Je tourne légèrement le visage pour le regarder alors qu'il m'immobilise.

Les sentiments remontent jusqu'à mes pupilles, qui s'élargissent et grincent. Mes paupières sursautent un instant, un léger rictus brise les traits lisses de ma peau. Ça m'échappe, je sais qu'il le verra, mais peu importe : il me cherche. Ce court instant révèle que je suis peut-être pire que lui, mais l'ombre disparait vite, elle n'est qu'un avertissement. Je laisse la peur me bercer de nouveau, me calmer aussi : ma mâchoire s'adoucit, je dégluti avec un regard frémissant d'effrois. La transition est sèche, pas naturelle. Mais qu'importe... Il me tient.

« Voyons, tu pourras attendre demain pour les faire. Tu ne vas pas mourir ce soir. »

Vraiment, vraiment bas SEUNG. Je m'interdis de sourire, de rire ou de soupirer en levant les yeux. C'est si petit... Je suis un peu déçu. Tant que c'est difficile de garder la pause... Alors un petit sourire en coin m'échappe, me sauve. Ce sourire que j'essaye de rendre amusé dans le désespoir, mais je crois que mes yeux rient trop pour le rendre convainquant. Quelle menace merdique ! C'est ce que lui hurlent mes yeux, moqueurs, mais pourtant je ne dis rien. Je me fiche bien de savoir s'il veut me tuer ou pas -je pencherais davantage pour un oui franc- car je sais qu'il ne peut pas. Et il croit tenir les rennes avec ça ? Avec moi ça ne prend pas.

« Ça me ferait très plaisir, vraiment... »

« Quoi ? De me tuer ? »

Demandais-je sur le ton de la blague, avec une voix enfantine emplie de naïveté, en lâchant de petit rires timides.

Ma voix est douce, sinueuse, elle vient se lover contre le cœur de SEUNG en se frottant contre sa poitrine comme une caresse, puis s'infiltre en lui à force de se plaquer sur sa peau avec un acharnement charmant. La force de la sincérité d'un enfant imitée à la perfection, au point que j'y crois même. J'essaye d'oublier sa main qui serre fort, pour répondre à la violence par la douceur, désarmante lorsqu'on l'utilise avec effronterie. Énervante lorsqu'elle s'approche tant du vrai. Je tais la hargne de mes yeux qui se moquent et se débattent à la fois Ne me touche pas, ne me touche pas répètent-ils, et mon corps aussi voudrait suivre le tremblement. Mais je contrôle. L'éclat se transforme en lueur naïve mais puissante, une flamme d'enfance qu'on ne peut pas éteindre. On pourrait s'y m'éprendre. Il sera pas piégé, mais n'aura pas gagné.

« Tu sais comment sont les boss ! Je n'y peux rien. Et puis, tu sais bien qu'en un soir beaucoup de choses peuvent arriver. »

Répondis-je avec un mouvement brusque de l'épaule pour dégager sa main. Ce genre de geste sec et intransigeant qui ne colle pas avec ma voix et mon allure.

« Mais si tu es si familier avec moi, c'est que tu es prêt à m'offrir un verre ?


Je suis un sourire, un éclat de rire cristallin qui pourrait briser les miroirs, un regard terrible d'enfant merveilleux. Je suis une tendresse tranchante. Ne me sous-estime pas, petite et pitoyable poupée cassée, cachée et tarée.

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Aces
posté le Mar 18 Avr 2017 - 22:14 (7)
Pour Seung Joo, il est un fait indéniable, qu'il n'a nul besoin de prouver : il est la source de la terreur de Namaiki. Sa vision est un tourment pour l'âme, un affront pour les yeux effarouchés qui ressentent le besoin de s'en détourner. Comme un chien, il devine les relents de l'effroi lorsque ceux-ci glissent sur la peau de sa victime. C'est comme une odeur dans l'air, un peu aigre mais douce en même temps ; comme un tremblement qui roule jusqu'à ses doigts plantés sur la chair de sa victime, qui peuvent ainsi ressentir les effets de la tétanie en l'autre. Inertie que brise un sursaut, qui n'échappe pas au prédateur. Ce sont deux corps qui se tiennent debout l'un à côté de l'autre, solidarisés par le pont de cette main ancrée dans l'épaule de Namaiki, et malgré leurs différences, malgré leur distinction initiale, en cet instant, Seung Joo pense être capable de les unir par la simple force de sa pensée. Fusionnant ses sensations avec ses perceptions de Namaiki, il le sent sous son joug, à même de le contrôler, comme s'il était devenu l'esprit et le Japonais le corps. Pourtant c'est faux ; ce n'est jamais qu'une illusion qui survit aux limites de ses paupières. Juste suffisante pour lui permettre de respirer.
(Pourtant l'espace d'un instant, c'est un chasseur qui s'est éveillé en Namaiki, et Seung Joo n'a rien vu, car sa méfiance s'est émoussée.)
Maintenant il n'a plus qu'à attendre. Seung Joo se retrouve suspendu aux lèvres de Namaiki, qu'il contemple comme un trésor dont il ne parvient pas à trouver la clé, et qu'il espère voir s'ouvrir devant ses yeux ébahis. Car les pupilles révoltées du Japonais ne sauraient suffire, oh non ; elles ne sont que l'avant-goût de son paradis. Elles expriment les pensées cachées de son corps ; mais les mots, eux, ne sont jamais totalement sincères. Ils sont toujours tordus, pliés par la nécessité de masquer ses intentions, de ployer sous les attentes de l'autre. Et les mots tant attendus finissent par éclater ; ils sont projetés de la bouche de Namaiki avec douceur, adoucis d'une allure de plaisanterie à laquelle Seung Joo ne croit pas. C'est pourtant avec sérieux qu'il répond, passant sa main libre sur la mâchoire de Namaiki, dans un geste doux, presque sensuel, à ceci près qu'il évoque plutôt le berger qui tente d'apaiser une brebis égarée.
« Non, voyons. » Et il n'en dit pas plus, le Coréen, car tout littéraire que son éducation a été, ce n'est pas par la parole qui s'exprime le mieux. Il aurait beau démentir, le Foudroyeur ne le croirait pas. Pourtant il n'a rien d'un menteur. Il est dans la retenue, tout au plus.
Il ne s'attend pas à la tournure que la situation prend. Namaiki tente de se dégager, c'est assez normal ; mais sa contre-attaque, surprenante, conduit le croupier à retirer sa main, et à l'observer pendant de longues silences dans le plus parfait silence. Namaiki ne peut rien voir, mais derrière le masque, le sourire a disparu. Ah, au final, Namaiki est probablement capable de se défendre - si tant est qu'il a compris qu'il devait simplement déplacer le champ de bataille.
« Évidemment, répond-t-il comme si c'était une évidence, et le connaissant c'en est peut-être une (ah et cette voix, n'est-elle pas un peu différente, plus sobre, dénuée de toute tension, comme s'il se montrait simplement sérieux ?) Mais je sais que j’essuierais un refus, alors je ne prends pas la peine de demander. »
D'où lui vient cette conviction ? Il l'ignore lui-même. Mais ce rappel soudain et inattendu brise complètement l'ambiance ; la colère du Coréen disparaît, et son envie de s'amuser avec Namaiki a perdu de sa saveur. Il attend, histoire de voir comment le Japonais va réagir ; est-il seulement conscient qu'il a désamorcé la bombe ?

Spoiler:
wth
sry sérieusement, ma honte est sidérale & j'assume tellement pas
vraiment pas
tu mérites pas ça
pardonne-moi
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Mordred
posté le Jeu 27 Avr 2017 - 2:02 (8)
COMME AU THÉÂTRE
Je ne l'aurais pas cru, mais pendant un long moment, KARMA se tait et me scrute. Un moment qui me parait durer une éternité et durant lequel la surprise de ce silence me donne du mal à garder le sourire, garder la merveilleuse marque de l'innocence sur mon visage. Du mal, à imaginer la suite. Si ce silence m'est favorable ou pas. Pourtant cette tension désagréable qui me collait à la peau semble s'être envolée dès que sa main ne m'a plus touché, dès que nos regards, chacun aussi fort que l'autre, se sont croisés.

J'ai dû le surprendre. Puisque maintenant il fait froid. S'en est même glacial, cette rigidité étrange qui le prend et qui me fait presque plus peur. Je ne sais plus à quoi m'attendre puisque l'accalmie semble être venue. Mais peut-être n'est-ce qu'une façade... je reste suspendu à ses lèvres. Je venais tout au plus de lui faire à mon tour une proposition... Est-ce que cela le perturbe à ce point de se retrouver face à quelqu'un qui lui vole l'initiative ? C'est assez amusant finalement, cette fierté qu'il niche en lui.

« Évidemment, mais je sais que j’essuierais un refus, alors je ne prends pas la peine de demander. »

C'est à mon tour d'être un peu surpris, mais à peine quelques secondes, avant que je ne puisse m'empêcher de lâcher un rire clair, sans prendre la peine de le déguiser en gloussement, en me frottant l'œil.

« Quoi, tu abandonnes si vite ? »

Je ne devrais peut-être pas, mais la provocation me parait si évidente et tellement tentante, que je ne me gêne pas de la lui cracher au visage. Après tout, je sens que j'ai fais tourner la balance, qu'un jeu étrange est entrain de commencer. Il avait commencé vainqueur pour que je lui vole finalement la première place. Alors je profite de ce petit instant durant lequel le troublant KARMA est troublé, ne mène pas le jeu. Peut-être est-ce ça qui le dérange : ne pas guider ? Vraiment, mon sourire s'élargi alors que je lâche un petit sourire en reculant vers la sortie, sans le quitter des yeux. Mes chaussures glissent sur le sol lisse, sans bruit. Une moquerie enfantine brille dans mes yeux quand je le dévisage et que je m'éloigne sans vraiment chercher à m'enfuir pour autant.

« Tu fais pareil, avec les femmes ? »

Ai-je répliqué en dévoilant le sourire blanc de la jeunesse, doucereusement insolente avant de me tourner en soupirant en poussant la porte de sortie d'une main et en lui faisant un signe de l'autre.

« Bah. Aller, tu viens ? Tu devais m'emmener quelque part, mais je te préviens : je ne suis pas une femme, moi. »

Et sur ses mot, mâché avec désinvolture, je passe le seuil de la porte. Après tout, j'étais venu pour l'observer... Mais je crois surtout que, pour le coup, je suis vraiment con : Il doit préférer les gosses, ce pd.

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H.R.P:
Lol, je commence à m'y faire p'tain ! Désolé, j'étais obligé de sortir une insulte gratuite à la fin Malicieux
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Aces
posté le Dim 30 Avr 2017 - 21:25 (9)
Réduit au silence, le jeune croupier dévisage longuement Namaiki, comme si le fait de contempler son visage pouvait lui permettre de capturer une partie de son essence. Une telle croyance est ridicule, mais il lui faut bien se raccrocher à quelque chose. Seung Joo veut surtout chasser de son esprit une pensée dérangeante, qui menace de prendre le pas sur sa raison. S'il la laissait l'envahir, alors il serait obligé d'admettre qu'il a changé, qu'il n'est plus le même qu'avant - qu'autrefois, une telle remarque ne l'aurait jamais perturbé, que jamais il n'aurait laissé glisser le masque ; et à présent, il parvient à peine à le retenir entre ses doigts frêles. Comment faisait-il, se demanderait-il alors, pour maintenir l'illusion ? Sans doute y avait-il une magie à l'œuvre, et Seung Joo a perdu ses pouvoirs. Peut-être est-ce cela, de grandir : le monde perd progressivement son enchantement, ne laissant plus qu'au regard adulte des visions ternes et crues de la réalité. Le Coréen n'avait pas envie de vieillir. Mais à présent, il perçoit le poids des ans qui lui voûtent les épaules, et il a peur.
C'est d'ailleurs la seule véritable émotion qu'il ressent, en attendant la réaction de Namaiki - une crainte dont il ne parvient pas à deviner l'origine, mais qui emplit le vide de ses pensées. Il ne se rend même pas compte de l'admiration qu'il peut ressentir pour les traits du Japonais ; il a toujours eu une préférence marquée pour les femmes, mais le visage du Foudroyeur est d'une grande douceur, comme si la nature avait décidé de graver la gentillesse dans la moindre saillie de sa figure. Un visage qu'il apprécie, mais une âme qu'il ne connaît guère ; comme souvent, il pourrait peut-être y avoir plus, si tant est qu'il en ait envie. Ce désir ne naît jamais en lui, et aujourd'hui non plus, il se refuse à voir le jour. Cela n'empêche nullement la situation d'être extrêmement gênante.
Le rire de Namaiki explose à ses oreilles comme une bombe à retardement dont il attendait la fin du rebours - et il trouve que c'est curieux, Seung Joo, de ne pas être étonné par une telle réaction, comme s'il l'avait prévue. Il ne sait pas trop d'où cela vient ; mais un tel mépris dirigé contre lui, paradoxalement, lui donne la force de réagir.
« Oh, ça va, ça va. Avec les femmes, je suis plus délicat quand même, tu crois quand même pas que je les aborde avec mon masque déjà ? »
Ah, mais avec les femmes, les choses sont différentes ; Seung Joo est plus attentif à leurs réactions, peut-être aussi parce qu'il se sent moins à l'aise avec elles. Il s'est toujours demandé ce qu'il y avait dans la tête d'une femme, son éducation traditionnelle le menant à croire qu'elle ne peut avoir tout à fait les mêmes préoccupations que lui. Mais avec les hommes, ma foi, à quoi servent vraiment les précautions ? Surtout avec quelqu'un comme Nama.
Namaiki se dirige vers la sortie, à la surprise de Seung Joo - depuis quand pense-t-il qu'il a le droit de prendre l'initiative ? - mais le Coréen le rejoint rapidement. Il envahit le seuil, et décroche précautionneusement son masque, laissant apparaître un visage dont l'amabilité dispute celle du Japonais.
« Pfff, toi qui disais que tu ne voulais pas passer la soirée avec moi, tu es bien pressé. »
La voix de Seung Joo paraît plus jeune - comme libérée. Bien sûr, lorsque le tissu n'obstrue pas ses lèvres, cela n'a rien de surprenant ; mais tout de même. La différence est flagrante, et il est certain que Namaiki saura la percevoir.
« Allez, on va boire un verre. Amicalement, ou pas, comme tu préfères. » Il passe son bras autour des épaules de Namaiki, et encore une fois le geste est différent, d'une neutralité déconcertante au vu de la proposition. « Si tu n'as pas peur que je te traite comme un homme, évidemment. »
Le rire naissant fait trembler sa voix.

hrp:
avoue que tu ne t'attendais pas à ça
j'ai pas pu résister
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Mordred
posté le Lun 1 Mai 2017 - 5:53 (10)
COMME AU THÉÂTRE
Je ricane doucement, ralentissant le pas en arrivant vers la porte.  

« C'est vrai que ce n'est pas rassurant comme apparence. »

Il y a toujours son souffle dérangeant qui traîne quelque part sur moi, comme si sa main avait marqué mon épaule au fer rouge. Comme si tout ces rapprochements étranges qu'il avait fait vers moi ne m'avaient pas quitté, ne cessent de me démanger. J'ai envie de me laver les mains une deuxième fois, même si je sais que quelque chose à changer, que ce danger-là est passé. Un étrange virage chez SEUNG s'est opéré et me donne l'impression qu'il ne se souvient même pas de tout ce qu'il m'a fait et de la quantité de choses qu'il aurait pu faire. Il ne sait sûrement pas à quel point cela tremble fort en moi, quelle amertume s'est glissée et pique le bout de mes doigts.

Et lorsqu'il s'approche encore, mon cœur se soulève de nouveau. Je me prépare à une énième vague d'étrangeté, un nouveau déchaînement de KARMA. Car ce n'était sûrement pas SEUNG qui s'était penché sur moi, ses lèvres cachées remuant bizarrement, son regard fouinant entre les failles de ma peau, mais bien KARMA. J'ai Jeté de l'eau sur le démon, un instant, mais est-ce qu'il s'est encore réveillé ?... Mais aux paroles suivantes de SEUNG, un soulagement profond que je ne dévoile pas me rend moins soucieux. Le ton est différent, la voix s'élève, légère, j'entends le tissu du masque qui glisse, SEUNG l'a enlevé et l'ombre de KARMA s'évapore. Elle ne libère pas uniquement SEUNG et son bras qui m'entoure ensuite ne me dérange pas, sans que je sache vraiment pourquoi. Nous avançons assez pour enfin fermer la porte des toilettes derrière nous.

« Allez, on va boire un verre. Amicalement, ou pas, comme tu préfères. Si tu n'as pas peur que je te traite comme un homme, évidemment. »

Il souffle un rire près de mon cou. Amicalement ou pas ? Je reste un peu surpris, crispant légèrement mes sourcils en m'arrêtant de nouveau pour lentement tourner mon regard vers lui. J'esquisse un sourire en essayant de saisir s'il y a encore un petit jeu là-dedans.

« Tu me traites comme un homme mais tu enlèves ton masque comme tu le fais pour les femmes ? »

Il y a de quoi se poser des questions...

Dis-je en soulevant le recoin de mes lèvres, un sourire léger qui s'évanouit quand j'examine les traits de son visage que je n'avais pas encore vus d'aussi près. Peut-être est-ce un peu trop proche d'ailleurs, alors que nos yeux sont à la même hauteur. J'ai l'étrange impression qu'il était plus grand avant. Mon regard glisse un instant son menton, ses lèvres, la courbe de son nez, assez petit et arrondi, et s'attarde un peu sur ses deux yeux déparaillés. Calmement, je me dérange pas de détailler chaque centimètre de sa peau et j'ai l'impression de m'y retrouver finalement.

Parce qu'il s'en dégage la même douceur que celle que je vois dans mon miroir le matin. Et finalement, il a beau être tout proche, ses manières ont tellement changé que je ne suis pas révulsé, c'est même moi qui m'approche et reste figé en le regardant. Un peu fasciné peut-être, mais surtout incapable de saisir pourquoi il se cache pour dévoiler un être qui n'a même pas l'air d'être tout à fait un secret... J'hésite un instant en continuant de faire vaciller mon regard sur ses traits.

« Je ne comprend pas pourquoi tu portes ce masque. La perruque à la limite, ça te va très bien les cheveux blancs... Mais je me demande ce que ça t'apporte d'être terrifiant. Je n'ai pas l'impression que ça te sauve de quoique ce soit. C'est aussi un atout d'être beau, tu sais... »

Et je lui tiens face, continuant de regarder, cherchant à comprendre doucement, sans être insistant. Je le dévisage, troublé de me retrouver face à un reflet si semblable au mien, il suffit de se laisser porter au-delà des deux yeux étranges qui brillent sans que je sache pourquoi. Un peu loin, je reste silencieux un moment, le visage complètement détendu par la contemplation, fixé et suspendu aux lèvres de SEUNG.

« Tu es bien plus beau sans ton masque. »

C'est spontané, doux et sincère, parce que je viens seulement de m'en rendre compte. Que le contraste avec le SEUNG d'avant me frappe profondément. Ça m'échappe, glisse de ma bouche sans que j'ai a feindre l'innocence. Peut-être parce que ce n'en est pas. Et je le regarde encore, sans pouvoir me détacher. Perdu je ne sais pas où, dans la fossette creusée entre son nez et ses lèvres.
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H.R.P:
ahahaha. C'est juste super ambiguë parce que ça fait genre : j'enlève mon masque parce que tu es une femme délicate et je vais te draguer délicatement mais il dit le contraire xD Nice et le corps du "amis ou pas" ça aurait pu faire le même coup que : "je te tue ou pas"
C'est super marrant les lightmotif dans ce RP !

Bon, un moment je me suis dit : Je vais faire NAMAIKI embrasser SEUNG, , ça aurait été parfait, mais je me dis que ça ne lui ressemble pas. Et en même temps je refais un autre scénar dans ma tête est je me dis : quoique....
Argh, ça me tue grave, j'ai voulu lancer les dés, mais vu qu'ils sont vraiment pas cool avec moi depuis que je les utilise je l'ai pas fais
((Mon cerveau est trop pas d'accord, il est coupé en deux partie qui se font la guerre je crois))
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Aces
posté le Lun 22 Mai 2017 - 13:12 (11)
Seung Joo n'est peut-être pas tout à fait à l'aise face à ce garçon qui est parvenu à le déstabiliser aussi facilement. Il sait cependant que, ne serait-ce qu'un an plus tôt, la situation aurait été différente. Jamais il n'aurait perdu la flemme qui le vouait à la violence ; peut-être l'aurait-il frappé, défigurant ce doux visage sans le moindre remords, se réjouissant même de voir sa peau meurtrie, sa chair rougie par l'impact. Et puis, il l'aurait dragué une fois suivante, la tête emplie du souvenir de sa meurtrissure. Voilà que Seung Joo abandonne bien vite le masque. Peut-être est-il vraiment Trauma, finalement. Peut-être est-ce lui qui a envie de faire du mal aux autres, que c'était là le sens de ces accès de colère qui le gouvernaient quand il était enfant. Et qu'importe ? si cette brutalité est sienne, alors le Coréen peut en contrôler le déchaînement.
Seung Joo aime être maître de lui. Pendant des années, il a perdu le contrôle de son existence - sa résistance brisée lui a volé son œil, Pallatine lui a volé son passé (et peut-être était-ce pour le mieux). Seung Joo tente d'oublier qui il a été, de se réinventer chaque jour. Et parfois, il oublie l'homme qu'il était, comme s'il n'avait fait qu'incarner un rôle. Il se fond dans la masse. Dans ces moments-là, il peut oublier que Namaiki est japonais, qu'il est de ces ennemis sans qui sa vie aurait été un long fleuve tranquille. Et alors ? Pour une fois, il peut faire une expression - ce gamin n'était probablement pas né de ce temps-là.
D'ailleurs, sa façon de lui répondre le fait sourire. Un de ces sourires charmants, innocents, qui rappellent à quel point Seung Joo peut être jeune. Seung Joo lui adresse un clin d'œil - et le néant envahit sa vision pendant une fraction de seconde.
« Je n'ai jamais dit que je ne l'enlevais pas pour les hommes. »
Après tout, il n'a évoqué que le cas où il aborde une femme - mais le reste... Le regard de Namaiki le cloue sur place, brisant net l'élan de ses pensées. Seung Joo se laisse dévisager, portant son attention sur ses deux yeux - oh, comme il pourrait en être jaloux. Il y a quelque chose qui change en eux, comme une lueur qui s'allume et en chasse une autre. Peut-être est-ce pour cela qu'il se met à lui faire des compliments. Heureusement, Seung Joo a conscience de son charme ; il se sait mignon, sait que son apparente candeur est attirante. Il ne s'attendait pas, cependant, à ce que Namaiki le remarque aussi vite, lui qui tremblait de peur il y a quelques minutes encore.
Ils ne bougent plus, et le temps semble suspendu.
Seung Joo manque de l'embrasser.
Mais ce serait trop brusque, trop insatisfaisant ; aussi préfère-t-il une autre approche. Pas du tout ce à quoi il s'attendait en entrant dans ces toilettes, pas du tout ce qu'il pensait survenir entre un voyeur et lui mais... pressant son corps contre celui de Namaiki, il le force lentement à reculer. Ses yeux sont fixés sur lui - le valide, empli d'une bien curieuse tendresse ; et le mort, le rouge, celui qui n'exprime que haine et sauvagerie, mais si figées qu'elles perdent en intensité. Seung Joo se demande si, lorsque le Japonais parle de son beau visage, il sous-entend que cette difformité mérite aussi d'être admirée.
Pendant quelques secondes, le croupier ne dit rien.
« Je sais. » : finit-il par répondre, offrant un magnifique exemple de totale modestie.
Puis enfin il parvient à détacher son regard des yeux de Namaiki. Il déteste la difficulté qu'il ressent à agir ainsi, comme s'il était condamné à se laisser envoûter par toute personne qu'il trouve charmante. Pourquoi lui, d'ailleurs ? Ne devrait-il pas s'énerver de l'avoir surpris à un moment gênant ? D'avoir perturbé ses plans ? Il ne pourra pas voir Knut ce soir. Cela lui fait mal, et pourtant. Pourtant il arrive très bien à l'accepter.
« Mais je ne te savais pas intéressé. Tu n'as jamais vu que le masque, n'est-ce-pas ? »
Dans sa bouche, cela sonne presque comme une accusation. Comme s'il reprochait à Namaiki de s'être laissé berner par les apparences - alors qu'il n'y pouvait rien. Tout le monde s'y laisse prendre, c'est même une nécessité pour Seung Joo - l'objectif qu'il tente désespérément d'atteindre. Baisser ainsi sa garde en devient presque douloureux ; cela revient à abandonner. Seung Joo a vraiment l'impression d'être défait, en cet instant. Et cet échec n'est peut-être pas ce qui le dérange le plus, finalement...
« La prochaine fois... ne me dis pas que je suis beau si tu ne souhaites pas de moi ce que je souhaite de toi. »

hrp:
fzejfezjf je meurs mais genre vraiment.
c'est parce que tu as dit qu'il a failli l'embrasser alors je n'ai pas pu m'empêcher d'en faire une référence ok.
tout est de ta faute de toute façon, genre "tu es beau" t'as cru qu'il allait réagir comment. Rolling Eyes
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Mordred
posté le Sam 3 Juin 2017 - 3:42 (12)
Comme au théâtre



NAMAIKI // SEUNG

« Je sais. » Me répond-il, presque fier de lui, d'une voix suave toute consciente de son charme.

Il me sort ainsi de ma fascination, me faisant lentement reculer. Pas de ses mains, mais de son corps entier qui me repousse. Davantage pour chercher à reprendre le contrôle plutôt que pour me rejeter, puisque je sens dans son œil qui brille une attraction, la prothèse devenant un aimant. Mes pas cèdent, même si je lâche un soupire amusé et vivace en hossant les épaules. Je recule, je me laisse guider un peu, pour lui faire plaisir, pour le rassurer. Profite, je te rend ton pouvoir un court instant. Grognent mes yeux, répondant silencieusement à son regard bicolore. Mes deux pupilles palpitent, loin de la lueur distraite qui les remplissait lorsque j'examinais son visage, sa beauté. Je n'ai pas l'intention de le laisser jouer avec moi trop longtemps. C'est moi qui joue maintenant.

« Mais je ne te savais pas intéressé. Tu n'as jamais vu que le masque, n'est-ce-pas ? » Dit-il en détournant le regard subitement.

Je fronce légèrement les sourcils, sans parvenir à saisir exactement pourquoi le dédain ou la déception résonnent dans ses mots, mais je ne perd pas mon sourire en coin qui révèlerait presque une cânine mortelle blanche et lumineuse. Le monstre reviendrait-il à la charge ? Pourtant la virulence ricoche à peine sur mon visage, elle s'évapore, m'éffleure tout juste, car je sais qu'il a un faible, il n'a fait que le prouver depuis le début et n'a pas l'air d'avoir tout à fait compris.

« La prochaine fois... ne me dis pas que je suis beau si tu ne souhaites pas de moi ce que je souhaite de toi.

Nous nous sommes mal compris j'ai l'impression... » Ai-je immédiatement répliqué en gloussant doucement.

Ma voix est enjouée, amusée des belles paroles de SEUNG. Une jolie réplique, bien charmante avec un petit piquant de véhémence, qui semble toujours vibrer quelque part, dans la poitrine de SEUNG. Alors en levant haut le menton pour le dépasser légèrement, sans craindre de frôler son visage et de le percuter en cessant de reculer, je dévoile mon sourire, éclatant de victoire. Avoir l'allure du vainceur fait gagner et j'entretiens le silence, pour qu'il se perdre dans les innombrables sens de mes paroles.

« Pourquoi suis-je venu t'espionner maintenant d'après toi ? Dans des toilettes... Seul ?   »

Encore un silence durant lequel je roule des yeux vers le ciel en soupirant, surjouant la jeunnesse dédaigneuse et charmante, tout en douceur et lumière, avant de le dévisager de nouveau en me penchant vers lui.

« Parce que je n'avais jamais vraiment vu le masque, au contraire ! J'ai été piqué par la curiosité en me demandant : pourquoi ? »

Un dernier sourire de victoire triomphante et amusée, battant des cils, dans une ivresse étrange et non retenue. Peut-être un peu moqueuse, mais surtout curieuse.

« Alors je te demande, SEUNG-SAN : pourquoi tu caches ce joli visage pour faire comme si tu étais effrayant ? Tu l'es sûrement sans aussi parfois mais... » Ai-je demandé en étirant mes bras autour de son cou, toujours plus proche, me laissant presque basculer sur lui. « Après tout, ça te donne un style. »

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Aces
posté le Ven 9 Juin 2017 - 19:43 (13)
Si Seung Joo pouvait reculer, analyser la situation, alors il se rendrait compte que son problème tient à un seul détail : il ne parvient pas à comprendre les intentions de Namaiki. Est-il voyeur et désireux de se repaître de l'horreur qui exsude de ses pores ; est-il voyeur et attend-t-il simplement de recevoir ce que le Coréen voudra bien lui donner ? Le problème, c'est que ledit Coréen n'a rien de concret à offrir ; il est bien trop divisé lui-même. Seung Joo est dans le jeu, et pourtant il y a une part de lui qui ne peut s'empêcher de réfléchir (alors même que c'est douloureux), cette part de lui qu'il n'a jamais réussi à faire taire et qui l'oblige à se mentir. Un reliquat du temps où réfléchir était un droit qu'il était prêt à défendre au péril de sa vie. Il avait ensuite compris que le plus effrayant n'était peut-être pas de mourir ou de finir mutilé. C'était d'être dépouillé de ses pensées, de les voir arrachées à soi comme on lui a arraché l'œil. Seung Joo savait que son esprit n'aurait pas tenu, qu'il aurait fini par se persuader de sa culpabilité. Et cela lui fait peur encore maintenant. Réfléchir, se dit-il, c'est trop dangereux ; les opinions sont des armes qui se retournent vitre contre vous. Pourtant, même dans ce jeu très simple, il ne peut s'empêcher d'essayer d'aller trop loin, d'interpréter jusqu'au mouvement des yeux de Namaiki. Et il n'y parvient pas complètement. Qui y arrive, sinon celui qui dispose d'un entraînement qui n'est pas à sa portée ?
La question du Japonais l'oblige d'ailleurs à mettre en route ce cerveau qu'il voudrait vainement éteindre ; et très vite Seung Joo trouve une réponse à offrir, une façon de contredire Namaiki qui lui convient plutôt bien.
« Je crois plutôt que tu voulais voir le masque. Mon visage est connu, je le porte toute la journée. » Façon de dire à Namaiki qu'il n'est pas dupe de ses intentions. Il ne ment même pas : il suffit de passer dans le casino pour apercevoir sa frimousse ; et bien d'autres occasions sont possibles. C'est plutôt l'observer sous sa forme de Trauma qui pose problème : il l'adopte souvent la nuit, quand la luminosité n'aide guère à détailler le masque, et dans l'action il devient presque impossible de la contempler vraiment. Enfin, cela ne le dérange pas vraiment.
Ce qui le dérange, c'est de sentir le poids du corps de Namaiki contre le sien, de le voir tenter pitoyablement de prendre l'ascendant sur lui. Débutant, songe Seung Joo ; et s'il devait se battre, il profiterait certainement du mouvement pour le désarçonner. A la place, il préfère laisser un trop grand sourire fleurir sur son visage.
« Je suis malade. » : répond-t-il en toute simplicité, comme si cela répondait totalement à la question posée.
Cela dit, au vu de son sourire un peu idiot, Namaiki risque de ne pas remettre en cause cette affirmation. Et, comme pour confirmer cela, Seung Joo comble l'espace qui les sépare pour voler un baiser au Japonais. C'est la première fois qu'il embrasse quelqu'un qu'il devrait considérer comme un ennemi, alors il y met peut-être un peu de malice, un peu de brutalité. Mais le contact est bref, et une seconde plus tard le Coréen en rajoute déjà une couche :
« Ne joue pas avec le feu, Namaiki. Il n'y a rien que je ne puisse pas faire. »
Il y a des choses qui le rebutent, c'est vrai - mais il en est malgré tout capable, il l'a découvert à Pallatine. Alors briser un jeune homme qui a cru pouvoir s'amuser avec lui en s'en tirant indemne, oui, c'est vraiment quelque chose de simple pour lui.

hrp:
tu l'as cherché.
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