top 1top 2top 3votez pour nous, et n'oubliez pas d'entrer votre pseudo !
Naga
Naga Umiaktorvik
rex fondateur
indisponible
Seung Joo
Seung Joo Hwang
fondapatate
indisponible
Locke
Locke Melborn
modérateur
dc: stella
disponible
Namaiki
Namaiki Ikazuchi
modérateur
disponible
bannière
gif

Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

The heart asks pleasure first | ft. Moïra

avatar
Personnage : they say when you go up peak thirty-three
you find out what keeps you warm
you realize how precious it is.

it was gone now.
Nom de code : //
Avatar : Viktor Nikiforov - Yuri!!! on Ice
Messages : 93
Messages rp : 40
Date d'inscription : 21/12/2016
Voir le profil de l'utilisateur
Membre
posté le Mar 28 Fév 2017 - 4:12 (1)
the heart asks pleasure first
ft. Moïra



Il termine le concert, ce soir, d'une chanson particulière.

Loin d'être l'une de ses plus connues, l'une de celles que l'on entend pas par hasard. Que l'on ne joue, que l'on ne connaît que si l'on est déjà, au départ, intéressé par sa musique; que l'on ne mentionne qu'en bas de page dans les encyclopédies virtuelles. Et pourtant il l'aime - autant qu'il aime toutes ces pièces qui viennent de son cœur, toutes les pièces qui ont abouties à un résultat final, qu'il daigne montrer au monde, faire entendre à d'autres que sa muse, échos contre les murs de leur maison.

Il l'a composée, oui, mais pourtant cette pièce, celle-ci seulement, n'a jamais réellement été sienne. Elle lui est venue comme une ombre, comme un fantôme creusant un nid au fond de sa poitrine, remplissant son cœur, ses poumons, dans une inspiration farouche qui ne l'avait pas lâchée avant que la pièce ne soit complétée. Ça avait été une douleur, profonde, intense, inlassable, qui lui avait pris le cœur et l'avait serré dans un vice; il avait eu l'impression d'être noyé sous elle, comme engloutit par la mer, pourfendu de toutes parts de lames.

Un désespoir, si viscéral, duquel il ne pouvait s'échapper, l'étouffant, l'enveloppant dans cette douleur qu'il n'avait pas pu comprendre, pas pu reconnaître - qu'il n'avait comprise, qu'il n'avait pu ressentir, empathique, compassion plantée de cette souffrance qu'il avait partagée, que lorsqu'Amélie l'avait quitté. C'était la perte, la mort de la moitié de soi dont on avait tant besoin. Une absence, un vide dans sa poitrine, brisant ses côtes, engloutissant tout autour de lui - une absence si profonde, si réelle qu'elle en devenait moins le manque de quelque chose, et plus la présence de ce vide, lourd.

Comme si l'on s'était fait trancher en deux, comme si l'on avait perdu la moitié de soi et que l'on l'avait remplacée de verre dont les bords tranchants creusaient dans sa chair. Comme si toute lumière, toute chaleur était à jamais effacée de sa vie, sans espoir de les retrouver. Comme s'il n'y aurait plus jamais que cette douleur, ce désespoir, cette absence pour vibrer au creux de sa poitrine, comme les longues notes pleureuses d'un violon. Comme la solitude silencieuse, perçant son cœur qui ne veut, qui ne souhaite à nouveau qu'entendre quelques notes d'une sonate, d'une de celles qui manquent.

Et pourtant, malgré que la perte d'Amélie lui aie permis de comprendre cette souffrance, jamais il n'a pu l'habiter totalement. Cela lui est complètement contre nature, à lui, celui qui ne peut se targuer d'un désespoir total - celui dont l’exigence lui intime cette force tranquille, cette passion, cet espoir. D'un idéalisme qui ne lui permet pas de se languir amèrement, le portant plutôt de cette douceur nostalgique. Amélie l'a laissé, certes, mais elle a aussi laissé derrière le souvenir de ses lèvres, de son sourire, est restée au creux de lui à travers toute sa musique. En chaque note, chaque mesure, autant les lui offre-t-il qu'il la ressent à travers eux, qu'elle y vibre dans ces souvenirs qui font battre son cœur.

Mais ce qu'il aime de cette pièce, ce qu'il a toujours aimé, ce qui le pousse, ce qui l'a poussé à la jouer la première fois, dans un coin de son être auquel il ne croyait pas nécessairement avoir accès, c'est ce qui se passe outre le désespoir. Jamais au-delà de lui; il y prend ses racines, n'existe qu'en son sein. Ce n'est pas un espoir, non, pas totalement, pas assez pour le qualifier de tel, pas une nostalgie, car elle en serait trop douloureuse. C'est un souvenir, qui flotte aux limites de sa conscience; le sentiment que ce que l'on a perdu est plus proche, que l'on pourrait tendre le bras et l'effleurer de ses doigts.

C'est l'écho, profond, presque imperceptible, de ces quelques notes d'une sonate que l'on croirait presque entendre à nouveau; c'est un silence qui n'est plus total, plus absolu - ce sont les longues notes pleureuses d'un violon qui s'y joignent. Toujours seul, mais plus tout à fait. Comme la présence de ce que l'on a perdu, à quelques pas, courant d'air trop familier, rempli d'une chaleur que l'on ne croit plus jamais ressentir. C'est un sourire dont on se souvient, qu'on croirait voir si l'on fermait les yeux, un seul instant, qui ne nous échappe que quelques secondes après.

Un sentiment fugace mais éternel, qui flotte au fond de soi tel les larmes. C'est la qualité des étoiles, en laquelle elles percent la noirceur de la nuit sans offrir chaleur aucune, fragments éparpillés dans lesquels l'on se reconnaît. C'est ce miroir qui se tient devant soi où l'on recherche des traits perdus, entre deux ombres; c'est la peur, viscérale, de se retrouver seul à nouveau, mais le sentiment que l'on sera sauvé. C'est cette sonate, encore, toujours, qui résonne en soi malgré le silence, au rythme de l'aube qui s'approche.

Ces longues notes pleureuses de violon, qui ne font pas taire le silence; plutôt qui s'y marient, l'amplifient, qui ne ramènent jamais ces quelques notes d'un piano où l'on ne court plus. Simplement qui font l'annonce de cette musique qui reviendra; loin, beaucoup trop loin, alors qu'ils se retrouveront sous les étoiles - dans ce futur si lointain, alors que l'on ne se sent pas la force d'attendre.

Il n'y a pas de violon dans sa pièce, parce qu'il ne joue que des solos, et pourtant il l'entend, chaque fois. Au fond de sa poitrine, qui vibre le long de sa colonne vertébrale, mais qui n'est pas, certainement pas sien. Comme cette pièce qu'il ne fait qu'offrir, que jouer pour celle qui, au loin, sans qu'il ne la connaisse, sachant simplement qu'elle existe, quelque part, et que, du plus profond de son âme, il compatit pour elle; celle qui souffre - Aiko.

Et lorsqu'il descend de scène, ce soir là, c'est le cœur lourd, empli de cette souffrance qui n'est pas sienne. C'est l'âme qui se tend vers cette autre, inconnue, qui est venue le toucher sans jamais qu'il ne l'aie demander, et qui pourtant, lorsque ce fût son tour de perdre ce qui lui était le plus cher, avait été d'un réconfort étrange. Réconfort qui reste coincé dans sa gorge, qu'il ne peut qu'espérer envoyer, repayer un jour. Qu'il espère, chaque fois qu'il joue cette pièce, que son âme atteigne la sienne.

Il tourne un coin, passe une porte, et s'arrête brusquement alors qu'il bouscule quelqu'un. Il baisse les yeux, pose son regard sur une femme aux yeux bandés et fait immédiatement un pas en arrière, tendant ses doigts de fer vers elle. Effleurant son épaule d'un geste posé, pour signifier sa présence puisqu'elle ne peut s'appuyer sur son sens de la vue pour s'en assurer.

» Pardonnez-moi. Je suis affreusement désolé, je ne faisais pas assez attention. Vous cherchez quelque chose? Je peux vous aider? «

Elle ne peut pas reconnaître sa voix, puisqu'il ne parle pas sur scène, mais au vu de sa présence ici elle était sans doute présente pour le concert; sans se douter que l'homme qu'elle vient de bousculer est le pianiste qu'elle vient d'écouter.

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum