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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

.Et sous nos yeux le monde silencieux. [Lupe]

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Personnage : Transféré à seize ans pour satisfaire les intérêts de Chun-Lian, feu son Maître, Sansar entama son existence à Pallatine en qualité de prostitué. Ancolie - puisque tel était son surnom au sein de l'Hanafuda - fut éduqué par le Chinois en vue de lui servir de bras droit lorsque la maturité et la vérité auraient eu raison de son innocence. Aux côtés de son mentor, celui qui se fit ensuite appeler Temudjin dans une diaspora fraîchement établie - un regroupement de clans à l'époque - s'érigea en ambassadeur de la Maison et, de façon plus politique, devint coordinateur de l'ensemble du réseau de prostitution asiatique.
Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
Aujourd'hui, il n'est plus guère qu'un vieillard invisible, un fantôme attentionné loin des tourments du pouvoir. Ce qui ne l'empêche pas d'user de cette couverture pour continuer à cultiver son royaume depuis l'ombre et le secret.

#papyaimetoutlemonde
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posté le Ven 3 Mar 2017 - 21:24 (1)
...et alors la maîtresse a dit que les poissons n'ont pas de pieds du coup Chan-ho s'est levé tout d'un coup comme ça piouuf pis il a dit que c'était faux et qu'il avait déjà vu des poissons qu'ont des pieds « rétractables » qu'il a dit alors tout le monde a rigolé parce qu'y savent que c'est pas vrai sauf que moi je crois qu'il a raison Chan-ho parfois et là c'était une de ces fois...

Il tient au creux de sa paume ce noyau de chaleur, cette minuscule étoile de mer grippée à sa main de vieille roche, l'écoutant sagement tandis qu'elle noie le brouhaha des rues sous le flot ronronnant, semblable à une interminable marée, de vagues paroles ininterrompues. Elle est une ancre à laquelle il s'accroche parmi le babil de la ville, guidé autant qu'il est censé la guider, et ensemble ils cheminent le long des trottoirs d'où s'échappent d'autres écoliers dans le sillage de leurs parents. Les siens n'ont pas pu aller la chercher ; il y a trop de travail à l'épicerie et la fillette n'est pas encore assez grande pour qu'ils la laissent rentrer seule, d'autant que les quartiers ne sont plus si sûrs depuis l'été dernier. Alors ils ont demandé à Sansar de s'en charger – toutes nos excuses pour le dérangement –, ce qu'il a tout de suite accepté à défaut de le proposer de sa propre initiative – on ne lui aurait pas fait la requête qu'il l'aurait formulée lui-même. Moins parce que c'est rendre service à son entourage que parce qu'il apprécie entre toutes la compagnie de l'enfant, son allégresse naïve, sa délicate insouciance. Sachant qu'il est aveugle, elle ne le couvre pas d'attention, n'essaye ni de se faire plus mature qu'elle ne l'est déjà ni de le protéger d'un danger qui n'existe pas ; elle parle, juste, à la manière d'un fil tendu entre eux, elle pépie sans cesse en guise de contact, remplaçant le lien visuel par son ersatz auditif, et cela amuse l'ancêtre que de l'entendre sautiller d'un claquement de langue, sourire à travers un éclat de voix ou baisser la tête derrière un murmure.

...a du courage Megumi moi j'aurais jamais osé tu sais jamais si les garçons vont pas se moquer de toi si tu leur demandes de jouer avec eux ou s'y vont pas en profiter pour te lancer la balle super fort exprès pour que tu la rattrapes pas mais Megumi est hyper douée parce qu'avec son grand frère elle s'entraîne tous les samedis depuis qu'elle est toute petite alors...

Le mois de février est plus doux qu'à l'accoutumée. Les premières efflorescences des pruniers embaument les alentours de Spencer's quand l'air rosâtre de la fin d'après-midi parsème les allées d'une rafraîchissante lumière. Emmitouflé dans sa pelisse bleue d'hiver, sa chevelure attachée haut en un demi-chignon, Sansar reconnaît les arômes de la coriandre coupée et des algues sèches qui roulent au bas du restaurant de nouilles favori de Ronce ; plus loin, c'est la librairie d'Abigaëlle, dont la devanture abrite des œuvres rares aux senteurs terrestres ; à l'angle se dresse une pâtisserie altermondialiste où, dit-on, l'on prépare les meilleures brioches au sucre de Pallatine ; et de l'autre côté de la voie réservée aux piétons, un cybercafé rassemble une fois par mois pour une soirée endiablée les Geeks férus de jeux de rôle. Cette partie-là de la Cité ne dort jamais, selon la rumeur. Il est si facile de la confirmer. Son atmosphère est un délice aux sens du vieillard – toujours dense, épaisse de milliers d'âmes, lourde de leurs odeurs et de leur charivari persistant, pareil à une houle incandescente. Il s'y sent bien car il s'y sent vivant, encore un peu, s'extirpe de la torpeur qui est la sienne là-haut dans les montagnes et oublie, le temps de ramener la petiote chez elle, qu'il est un homme à l'agonie.
Quelque chose le trouble, cependant. Agite le lac serein de ses pensées. Quelque chose qu'il a remarqué depuis un bouquet de jours sans le confier à personne, puisqu'il croit que cela est dû à son âge, que c'est là céleste augure, de sorte qu'il le garde pour lui. Mais la sensation le rattrape toujours. Même l'enfant, dont la logorrhée semble éternelle, en subit soudain les aléas et dérape – déséquilibre à ses tympans flétris.

...lui dire quesielleveutbiens'asseoiràcôtédemoiàlacantinebahçameferaitplaisir...

Marmelade embrouillée de syllabes qui s'érodent devant lui à la faveur de son étonnement. Et ses phalanges qui se desserrent, à peine, surprises, libèrent la braise qui y frémissait – tentent d'en happer les ultimes fumerolles –, se referment sur le vide. Comme si on le bousculait au milieu du néant.
« Kun Thea ? » appelle-t-il. « Kun Thea ! » Le cri fébrile au bout des doigts.
Brusquement, la fragrance des pruniers volte à l'aigre ; les contours de l'univers s'écartent à des années-lumière de son épicentre, flageolent, se déchirent et laissent affleurer un relent d'angoisse. Car si la foule peut s'avérer plaisante à l'esprit sociable, elle se révèle à l'inverse redoutable lorsqu'il s'agit d'y retrouver les siens. Surtout à l'heure des belles affluences. Surtout à l'aveugle. Un constat qui n'empêche pas Sansar de jeter à la ronde les fantômes de ses iris dans le futile espoir d'apercevoir la gamine aux boucles noires ou le gribouillis rougeâtre de son cartable, de saisir à la volée le miaulement évadé de sa gorge. En vain. Le remous assourdissant de la ville a recouvert le piaillement de la fillette, a étouffé le gai pinson quelque part entre l'étal d'un maraîcher et une vitrine en réparation.
Ne jamais perdre de vue les enfants. Ça, il connaît. Ça n'est pourtant guère son talent premier.
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Personnage : Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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posté le Dim 5 Mar 2017 - 15:53 (2)
Décidément, il fallait vraiment arrêter de venir faire du jeu de rôle aussi tôt le matin. Depuis huit heures du matin ils avaient tous étaient attablés. Lupe avait plusieurs fois dit qu’elle ne viendrait pas parce que c’était trop tôt. Mais elle avait finalement capitulé car son Maitre de jeu avait joué sur son désir de jouer un chevalier. Elle lui ferait payer un jour, ça, il pouvait s’y attendre. Bien sûr qu’elle s’était beaucoup amusée. Comme d’habitude d’ailleurs. Mais la jeune geek n’avait qu’à peine trois heures de sommeil. C’est ça aussi de vouloir participer) plein d’évènement in-game et irl. Lupe savait qu’elle devait mieux gérer son temps. Mais elle n’y arrivait jamais. Encore moins quand il était question de chevaliers. Cette petite session de jeu de rôle lui avait permis de dézinguer son quota de monstre pour la journée. Et aussi de joueurs. Bah en même temps, pour trouver les pièges, on utilise un voleur non ? Donc logiquement, elle avait demandé à un des joueurs de partir en éclaireur. Elle ne pouvait pas savoir qu’il allait rater son jet bêtement et mourir dans d’atroce souffrance au fond d’un trou…au bout de dix minutes de jeu surtout. Ils avaient tous bien ri face à une mort si rapide. Tout le monde y était allé de sa petite remarque moqueuse face à tant de malchance. Mais heureusement, le maitre de jeu avait prévu un autre personnage pour le coup donc ils avaient pu continuer tous ensemble.

Enfin bref, il était temps que la jeune geek rentre chez elle. Il fallait qu’elle retrouve son PC et surtout son lit. Elle salua ses compagnons de jeu, paya les diverses consommations qu’elle avait pu prendre et sortit du cybercafé. Il y avait pas mal de monde dans la rue. Elle n’aimait pas cela mais bon, c’était une épreuve à passer pour retrouver son chez soi. Alors elle entra dans la foule, jouant un peu des épaules pour ne pas se faire marcher dessus et se faire emporter comme une bouteille par la mer. Rapidement, les gens remarquèrent ses habits un peu atypiques ainsi que le sabre qu’elle portait au côté. Une sorte d’espace se forma autour d’elle que seuls les plus courageux osaient traverser. Lupe souriait face à un tel spectacle. Le respect par la peur. Il n’y avait que ça qui marchait vraiment dans une foule. Même si, au fond d’elle-même la geek n’appréciait pas d’utiliser la peur pour se faire respecter. Ce n’était pas du tout chevaleresque. Mais bon, elle ne pouvait pas crier à tue-tête qu’elle n’était pas dangereuse. De toute façon, personne ne la croirait.  

Lupe décide donc, comme à son habitude, de fixer un point précis devant elle et d’ignorer les gens qui l’entourent. Deux personnes sont devant elle, une jeune fille tenant par la main une personne d’un certain âge. Ce dernier semble avoir quelques difficultés à marcher. La canne qu’il tient vise à aller dans ce sens. Mais, même si elle ne le voit pas de face, il dégage une aura puissante. Sa manière de se déplacer semble indiquer une forme de sérénité profonde. Lupe a l’impression de voir une force puissante et calme comme le flux et le reflux de la mer. Et la petite fille semble être une boule d’énergie qui gravite autour de cette force calme. Mais leur deux énergies n’entrent pas conflit. C’est une scène charmante à voir pour la geek. Il reste encore un peu d’amour malgré tout ce qui arrive.

Elle continue de marcher Lupe, concentrant son attention sur le duo devant elle. Mais, quelque chose vint. Quelque chose qu’elle n’avait jamais vraiment ressenti avant. Une sorte étirement du monde. De Pallatine. Le temps semble avoir été plié une fraction de seconde. Impossible de dire si le temps s’est allongé ou a raccourcis un instant. En tout cas, elle stoppe net en jetant des regards autour d’elle. La foule continue son mouvement inexorable. Personne ne semble avoir rien vu ou ressenti. Elle regarde à nouveau vers  la personne âgée. Mais quelque chose ne tourne pas rond. Le cerveau de la jeune femme lui indique qu’il manque quelqu’un sur ce qu’elle voit. Un élément important. La geek l’entend lancer des appels. Comme s’il appelait quelqu’un…Mais oui bien sûr. Il y avait une petite boule d’énergie à côté de lui. Une petite fille. Mais personne ne s’intéresse à lui. Il est panique, cela semble évident. Lupe n’attend pas une seule seconde et s’approche de lui. Elle pose une main sur le bras de l’asiatique pour le rassurer.

« Monsieur calmez-vous, dit-elle d’une voix douce quoiqu’un peu gêné. Je suis là. Je viens vous aider. »

Elle essaye de le regarder dans les yeux mais elle ne trouve rien à quoi s’accrocher. Son regard à lui en semble se fixer nulle part. Lupe comprend pourquoi il semble tellement paniqué. Il ne pourra jamais retrouver cette fille seule. Et pourtant, malgré la peur qui l’habite, son aura est toujours aussi puissante. L’expérience d’une vie entière avec ses hauts et ses bas. Lupe lance des regards autour d’elle. Que portait cette jeune fille déjà ? C’était une couleur que Lupe appréciait mais une couleur qui évoquait aussi une blessure. Un peu chaude. Du rouge. Elle portait un cartable rouge. Sa tête ? Non elle n’avait pas vu son visage. Par contre, elle avait vu ses cheveux. Elle avait des cheveux de la couleur de la nuit la plus sombre. L’image dans sa tête tentait de fuir mais Lupe la chassait comme du gibier. Il fallait qu’elle se souvienne pour savoir qui cherchait. Elle ne la voit pas pour l’instant.

« Monsieur, ne vous inquiétez pas, je vais vous aider. Je sais que nous ne nous connaissons pas mais j’ai vu ce qui est arrivé. Enfin je l’ai senti. Cependant, vous allez devoir rester près de moi et m’aider vous aussi. Je vais avoir besoin que vous répondiez à mes questions. Quels sont les directives que vous lui avez données si elle venait à se perdre. Doit-elle attendre sur place ou doit-elle rejoindre un lieu sûr particulier ? »
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Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
Aujourd'hui, il n'est plus guère qu'un vieillard invisible, un fantôme attentionné loin des tourments du pouvoir. Ce qui ne l'empêche pas d'user de cette couverture pour continuer à cultiver son royaume depuis l'ombre et le secret.

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posté le Mar 7 Mar 2017 - 23:21 (3)
Au creux de ses mains nichent le silence et la froideur – enfuie, la pelote de flammes, disparue, la rivière embrasée qui y creusait ses méandres – et Sansar sent l’angoisse serpenter au sein de son œsophage. Il ne craint pas pour lui, pourtant, mais bien pour elle, pour l’enfant qu’il a promis de ramener à ses parents, pour les dangers qu’abrite la rue aux mille passants ; combien de fois a-t-il entendu ces histoires de petits chaperons pourpres récupérés par les loups, combien de fois a-t-il fait la connaissance de ces petites âmes candides ramassées sur la chaussée pour ensuite les fourrer dans de trop grands lits déjà occupés ? Des décennies gâchées à baisser les yeux, négligeant dans l’ombre la détresse de ces jeunes esprits dont il fit partie, n’ont pas asséché sa conscience, bien au contraire. Et si son passif fut particulier, fruit d’une manipulation ourdie de longue date, il n’ose imaginer que l’on s’en prenne à Kun Thea. Si jamais cela se produit, il ne craint pas de cesser d’être ce gentil grand-père, de délaisser son manteau de vieillard impotent afin de se vêtir une fois encore de son armure ursine et de poursuivre les responsables jusqu’à déchirer leur myocarde entre ses griffes. Car il est ainsi, Sansar – d'un amour si puissant qu'il consume tous ceux qui oseraient en outrager les bénéficiaires.
Mais à cet instant, il a juste peur.
Il a si peur que ce contact sur son bras le fait presque sursauter – il ne l’a pas senti venir, obnubilé qu’il était par cette effroyable absence et malgré la douceur du geste. Voix inconnue au tranchant affûté, appliquée, souple. Parfum d’acier et d’aubépine, caresse de sycomore. Ses pupilles frémissent, tentent de cerner la silhouette apparue à son secours, mais tout ce qu'il distingue est un plumage de corbeau qui batifole dans les rayons déclinants du soleil – sa chevelure, peut-être. Un battement de paupières pour signifier qu'il a entendu. Un autre pour témoigner sa reconnaissance. Et  ses quatre autres sens qui se tendent déjà, alors qu'elle n'a pas fini de discourir, à la recherche de la fillette.

En d'autres circonstances, la sollicitude appuyée de la jeune femme aurait embarrassé l'ancêtre. Il aurait acquiescé à tant de bienveillance, l'aurait remerciée d'une courbette pour sa compassion avant de décliner son aide avec gentillesse mais fermeté, assez pour lui faire comprendre que ce n'est pas après quatre-vingt-six ans d'existence qu'il aurait besoin du soutien de quiconque pour se diriger. Ce serait tellement humiliant d'être pris pour un cadavre encombrant, une carcasse en sursis. Or, il sait que dans ce contexte singulier, une paire d'yeux efficiente ne serait pas de trop. Peut-être, avec un miracle, son interlocutrice a-t-elle conservé en mémoire les traits de Kun Thea ? Oh, il n'y croit guère, cependant il ne perd plus rien à rêver.
« Chère dame, répond-il enfin, brisant l'effroi qui glace ses cordes vocales d'une assertion étrangement sereine, elle ne s'est pas perdue. C'est moi qui l'ai égarée. »
Il n'y a bien que les adultes pour perdre les gamins – ces derniers se contentent d'échapper à la surveillance, de se libérer de son étouffante protection, de vagabonder là où le cœur leur en dit. Plus aucun carcan ne les retient. Ils ne font guère attention à l'inquiétude que leur comportement provoque chez leurs aînés ; l'enthousiasme de l'exploration, les bienfaits de l'émancipation naissante recouvrent trop vite ce genre de sommaires préoccupations. De fait, Sansar n'en veut pas à la petiote d'avoir lâché sa main et, s'il la retrouve, il sera bien incapable de le lui reprocher. L'anxiété qui est la sienne ne se transformera à nulle occasion en blâme ni en colère ; à l'inverse, elle ne sert qu'à faire croître sa hâte de la serrer de nouveau contre lui pour écouter les ricochets de son rire.
Lentement, en douceur, le vieillard vient effleurer les doigts que l'étrangère a posé sur son manteau, les soupèse, semble en graver les nervures et la texture de l'écorce, en redessine l'étroitesse des articulations et le calme plat des ongles. Puis en étreint l'extrémité tandis qu'il s'incline avec soin, et le geste fait fondre quelques mèches neigeuses par-dessus ses épaules.
« Vous me voyez des plus gêné d'ainsi bouleverser vos activités à cause de ma négligence. Mais je vous suis infiniment reconnaissant de m'accorder votre aide. » Un temps, de quoi porter le regard en arrière de sa mémoire et de se rappeler, quelque part au blanc milieu de ses souvenirs. « Elle aurait rebroussé chemin si elle avait remarqué qu'elle était seule. Je crois que quelque chose a dû attirer son attention et lui faire oublier le reste. Ce ne serait pas étonnant ; elle est à la fois dissipée et très concentrée sur certains détails. » Un mince sourire fend son visage à ce constat – pareil paradoxe n'est pas sans évoquer le caractère de Ronce, elle aussi sujette à ces distractions appliquées. Telle grand-mère, telle petite-fille ?
« Elle me parlait tout à l'heure de fleurs qu'elle souhaitait offrir à sa mère. Pensez-vous que nous pourrions demander à un fleuriste proche s'il l'aurait aperçue ? »
Toujours, le souci ne saurait ternir la politesse de l'Ancien.
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posté le Mer 8 Mar 2017 - 22:02 (4)
L’homme n’a pas semblé effrayé suite au contact physique que créa la jeune femme. Dans d’autres circonstances, la geek aurait pu imaginer qu’il avait vécu beaucoup de chose pour ne pas sursauter quand une inconnue venait vous toucher alors que vous ne l’aviez pas vu. Mais il y avait un problème plus urgent. Lupe balayait d’un revers de la main toutes les questions qui n’étaient pas pertinente pour cette personne dans le besoin à retrouver la jeune fille. À son tour, il établit le contact avec Lupe qui n’ôte pas sa main. Et pourtant, dans un geste si anodin, la jeune femme à l’impression d’être passé au crible. Comme si son interlocuteur l’identifiait en touchant simplement le bout de ses doigts. Cette sensation était véritablement étrange. La geek ne croyait vraiment que c’était possible…Enfin, impossible pour de vrai. Le fait que l’homme s’incline devant elle gêne beaucoup Lupe. Elle n’en dit rien de peur que le vieillard le prenne mal. Et puis, se serait comme refuser de l’aider selon son propre code de l’honneur. Alors, pour une fois, elle accepte de briser sa sphère d’intimité avec cet individu.  

Elle ne s’était pas trompée d’ailleurs au sujet de l’aura de ce sage. En lui faisant face, plein de sentiment envahir la jeune femme. Au-delà de ce que l’on pouvait voir de lui, Lupe avait l’impression de sentir le poids des années qu’il trainait derrière lui. Une grande noblesse et une bonté d’âme sans faille semblait se dégager de lui. Les mots de son vis-à-vis semblaient être choisis avec beaucoup de soin. C’est l’image qu’elle avait des chevaliers médiévaux. Sans le savoir, cet homme incarnait un idéal que Lupe souhaitait atteindre. Malgré toute l’admiration qu’elle pouvait vouer à ce sage, elle l’écouta avec la plus grande attention. Elle avait une petite fille à secourir après tout. Ainsi, peut-être qu’elle aurait pu rejoindre un fleuriste. Il ne restait plus qu’à trouver une personne exerçant ce métier. Lupe regarde à droite comme à gauche mais impossible de voir quoi que ce soit. La rue est véritablement bondé et sa taille n’est pas particulièrement pratique. Mais cela n’allait pas l’arréter.

« Monsieur, acceptez mon bras. Je vais vous guider dans toute cette foule. Nous allons la retrouver ensemble.  »

Elle offre ainsi son bras à cet inconnu si noble. Un bras sûr et serein. Elle a le devoir de devenir plus forte pour eux deux. Lupe devient les yeux du sage, et elle compte bien faire preuve de tous ses talents pour l’impressionner. C’est plus fort qu’elle. Elle a le sentiment de devoir tout donner pour aider cette personne. C’est bien la première fois que cela arrive. À l’exception bien sûr de ses amies administratrices et de ses parents.

Lupe cherche donc du regard n’importe quelle enseigne qui indiquerait la présence d’un fleuriste dans les parages. Elle ne demande à personne dans la rue. Les passants semblent particulièrement occupés à rentrer chez eux. Et puis de toute façon, elle n’aime pas compter sur les autres. Ce n’est donc qu’au bout de quelques minutes qu’elle trouve enfin un fleuriste. Elle s’en approche, soutenant toujours le sage. Lupe interpelle ensuite le propriétaire :

« Excusez-moi Monsieur ? Pardonnez notre intrusion dans votre magasin mais auriez-vous vu une petite fille dans ou à l’extérieur de votre magasin ? Elle portait un cartable rouge. Ses cheveux étaient d’un noir assez profond. »

Le fleuriste semble réfléchir un instant.

« J’ai en effet vu une petite fille telle que vous la décrivait. Elle était bien devant ma vitrine. Je l’ai salué mais elle semblait tellement admirer les fleurs que je n’ai pas cherché à attirer son attention. Par contre, la foule a soudain été dense. La petite a été comme happé par la foule vers la gauche.  
-Vous ne vous souvenez de rien d’autre Monsieur ? Un détail qui pourrait avoir son importance. Nous sommes véritablement embêtés. Elle accompagnait cette personne qui m’accompagne.  »

Lupe avait préféré jouer le jeu honnêtement. Elle aurait pu faire le choix de dire qu’ils étaient tous de la même famille mais, si leur interlocuteur avait pu déceler le mensonge, il se serait méfier et n’aurait rien dit de plus. De même, elle ne pouvait se permettre de mentir devant le sage. Cela aurait été particulièrement malhonnête. Elle ne dit rien de plus. Elle attendit un moment. Déjà pour que le fleuriste réfléchisse un peu mais surtout, pour permettre à l’aveugle de poser ses propres questions. Il semblait être un esprit vif. Et son handicap pourrait s’avérer être un atout pour déceler certaines choses qui pourraient échapper à la jeune femme.

HRP:
Juste comme ça, le code couleur du fleuriste est "B8860B" si tu as besoin de le réutiliser
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Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
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posté le Dim 12 Mar 2017 - 11:55 (5)
D'une oscillation du crâne, diaphane, presque imperceptible, Sansar accueille ce bras qu'on lui tend avant d'y accrocher ses phalanges, ces doigts blanchis pareils à cinq griffes d'aï qu'il glisse par-dessous le coude de la jeune femme afin d'en étreindre le vêtement, la peau, les muscles et les os, mais il ne serre pas cependant, paraît à peine les poser, sans appuyer nullement, juste de quoi sculpter le lien entre eux, rien au-delà du nécessaire. Du reste, et sans qu'il ne lui en fasse la reconnaissante remarque, la jeune femme calque son pas sur le sien, progressant du même rythme sénile à travers le flot agité des passants, et ensemble ils avancent au gré d'un étrange quoique serein silence, elle tout appliquée à sa tâche de guide, lui semblable à quelque racon anthropomorphique à la recherche des traces sonores de Kun Thea. En vain. L'acuité auditive que sa cécité lui prête en contrepartie est futile face aux marécages humains dans lesquels il vagabonde, ces milliers d'échos et de vapeurs auditives qui s'entrechoquent à l'intérieur de son cerveau sans qu'aucun d'eux ne l'interpelle – autant scruter la jonquille dans une marée de narcisses – tandis que de cet orchestre labile la fillette demeure la grande muette.
Plusieurs minutes s'échappent durant lesquelles le vieillard chemine, lèvres closes, parmi les arômes citadins, jusqu'à ce qu'éclose à deux pas de lui la fleur rafraîchissante de l'échoppe qu'il recherchait. La douceur froide des seaux d'eau où trempent tulipes et gerberas contraste avec le parfum mielleux du mimosa ; des branches de houx coupées s'écoulent des langueurs résineuses ; des primevères en pots comptent fleurette aux campanules et des roses aux corolles marbrées folâtrent dans leurs vases, hautaines, frivoles. À l'extrémité de ces mille tiges ondulent les visages de ses anciens compagnons – Sansar ne peut s'empêcher d'y penser. Il les revoit tous dans ces végétaux, de la plus humble marguerite au plus orgueilleux des lys, de l'œillet timide à l'insolente amaryllis, ces hommes et ces femmes qu'il a connus, aimés ou détruits tour à tour, celles et ceux qu'il a protégés au péril de son honneur, dont il a piétiné la fierté, qu'il a consolés, corrigés, embrassés, qu'il a gravés sur l'écorce de son cœur à la plume de héron. Très peu lui ont survécu. Ce ne sont pas des métiers à l'espérance de vie conséquente ; il le sait nonobstant sa remarquable longévité.

Ainsi songe-t-il, transi de souvenirs, aux côtés de la demoiselle qui prend les devants en s'adressant au fleuriste. Cependant, alors que toute son attention se porte vers les indices que ce dernier pourrait leur livrer, l'Ancien sent de nouveau combien l'air se dilate, se crispe et se détend à la manière d'une immense pâte entre les mains d'un géant ; les mots perdent de leur concrétion et se transforment en un magma de sons informes, un grondement souterrain d'où s'élancent encore quelques syllabes intactes, trop peu pourtant pour espérer en comprendre la signification – et Sansar tressaille, est saisi de vertige à la seconde où sa guide le désigne, accuse ses genoux qui menacent de se dérober sous sa tunique. Sa main tout à coup crochète le bras qu'elle entourait et son poids, sa masse millénaire, s'affaisse sur son bâton avec un soupir douloureux. Ses yeux clos essayent de dissiper le tourbillon, d'occulter ces silhouettes floues tanguant devant lui et de rétablir l'équilibre. Comment ? se questionne-t-il. Qu'est-ce qui cause ces malaises ? Il aurait vingt ans qu'il n'y aurait vu que bizarreries cognitives – mais l'âge en renforce l'oppression. La situation, aussi. L'inquiétude face à l'absence de Kun Thea.
« Cela ne vous dérange pas si je m'assieds un petit instant ? » relâche-t-il d'un souffle, le corps déjà en quête d'une chaise, d'un banc, même d'une marche d'escalier, n'importe quoi où il pourrait se reposer. Oh, il déteste se montrer ainsi, vulnérable et cacochyme, mais il n'y peut rien. Ses pensées ne cessent de tournoyer, de virevolter dans un torrent de cheveux noirs et de tissu rouge – puis le grigri que l'enfant porte à son cartable fait entendre son grelot et tout se calme. Là, quelque part dehors, si près et tellement loin, tinte un carillon familier. Illusion réconfortante.
« Je suis navré pour cela, reprend l'Ancêtre, d'un timbre déjà plus ferme. Cela va passer très vite, ce sont des choses qui arrivent. »
De plus en plus souvent, cependant. Ce qui n'est pas pour l'indifférer.

Le fleuriste, quant à lui, secoue la tête au sujet des précédentes interrogations. Une fois la frayeur d'imaginer un vieillard rendre l'âme dans sa boutique, il est parti chercher un verre d'eau et, après l'avoir offert à qui de droit, se tourne vers le chevalier à l'épée :
« Tout ce dont je me souviens, c'est qu'elle regardait les gueules-de-loups dans la vitrine et que d'un coup, quelque chose a attiré son attention. Elle a eu l'air de parler à quelqu'un que je n'ai pas vu parce qu'il était sans doute plus loin, et puis elle est partie. Pardon de ne pouvoir vous aider davantage. »
Le Mongol acquiesce à ces mots ; il reconnaît bien sa petite-fille dans cette énergie-là, telle une bourrasque de dents-de-lions emportés par la brise. Et apprendre qu'elle est sûrement allée rejoindre une personne familière le soulage un soupçon. Pas assez pour arrêter les recherches, néanmoins. Il est temps de se reprendre, de redresser ce squelette en déliquescence et de se remettre en route – appuyé sur sa canne, Sansar se relève avant d'incliner le buste devant l'homme.
« C'est déjà plus que nous ne pouvions l'espérer, cher monsieur. Vous avez toute ma reconnaissance. »
Et ses doigts, à l'aveugle, se tendent de nouveau vers le bras qu'ils auréolaient naguère.
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Personnage : Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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posté le Lun 13 Mar 2017 - 20:14 (6)
Lupe remarque la faiblesse du sage. Elle remarque qu’il assure sa prise autour de sa veste. Il semble qu’il essaye de s’accrocher mais évite de lui faire du mal. Il fait preuve de délicatesse. Cela ajoute au caractère, à l’aura à part qu’il dégage. Discret semble être le maitre mot chez lui. Comme s’il voulait éviter de bousculer le cosmos autour de lui. Mais, sur ce coup, il aurait mieux valu qu’il fasse savoir ce qu’il allait mal. Peut-être avait-il éprouvé cette même irrégularité que plus tôt. Quant à elle, elle devait être beaucoup trop fixée sur sa tâche pour flairer quoi que ce soit. Lupe l’aide donc du mieux qu’elle peut. Elle l’escorte jusqu’à la chaise la plus proche alors que le fleuriste apporte de l’eau au vieillard. La chevalière remercie le propriétaire avec ce geste simple de la tête qui lui est habituel. Mais, elle reste proche du vieillard, qu’elle touche pour lui prouver sa proximité si le problème refaisait surface.

« Tout vas pour le mieux. Il vaut mieux que vous soyez dans votre meilleure forme pour cette recherche. Et, cette petite fille que vous recherchez risque d’avoir peur si elle vous voit dans cet état. »

Leur interlocuteur se ressaisit vite et corrige l’erreur passé. La petite fille aurait vue quelqu’âmes du cercle de ses camarades ou amis et l’aurait suivi. La geek détestait cette histoire. Le risque de voir des mômes tomber dans des pièges était vaste.  Le rapt est odieux au possible. Il fait souffrir les familles et les proches. Il était facile de faire chavirer les gosses vers des choix bourrés d’erreurs. Et, du peu qu’elle avait vu de la petite fille, celle-ci semblait plutôt croquer la vie avec joie et crédulité.  Lupe était secouée par ces échos mais garda la bouche close. Elle voulait éviter de rajouter du poids sur les épaules du sage

« Cela est utile pour . Excusez-moi de vous avoir déranger.  J’espère que l’après-midi vous sera agréable. »

Lupe offre le bras que le vieillard recherche et l’aide à se relever pour sortir de la fleuristerie. Mais elle cogite pour trouver l’issue qui pourrait attirer la petite fille. Si elle aime beaucoup les fleurs, peut-être qu’attirer ses yeux avec le bouquet qu’elle a vu faciliterait les choses. Et, s’il la retrouve, alors se sera aussi le cadeau qu’elle lui fera.

« Excusez-moi cher ami. Je crois avoir  l’idée du siècle. "

Elle se faufile chez le fleuriste qui est assez surpris de les voir rebrousser leur route.

« Excusez-moi de ressurgir comme cela mais je me dois de solliciter votre aide. Je désir que vous fassiez preuve de votre art par le biais du bouquet de votre choix. Je désire la même herbe que la petite à observer par votre vitrine. L’homme que j’assiste saura mieux que moi qu’elle fleur choisir. »

Lupe laisse les deux hommes discuter du meilleur bouquet pour la petite fille. Elle scrute la rue avec le bête espoir de repérer la victime de cette irrégularité du cosmos. Mais sa trace est perdue.

Sansar supervisa les aspects décisifs du bouquet. Lupe sait qu’elle va payer. Il est impossible de laisser le sage perdre des sous sur cette idée patraque. Elle sort le portefeuille de sa poche et subit le prix qui lui est imposé. Le coup est rude pour sa bourse mais se sacrifice est impératif. Elle verse la somme qui lui a été divulguée et offre, pour cette fois, l’épaule à l’aveugle. Elle l’emporte au cœur du flux et du reflux de la foule.

« Que faire désormais ? Je sais trop peu de chose sur votre…cette petite fille pour savoir où elle a pu aller. Malgré tout, elle est avec l’âme charitable qu’elle a vu à ce que j’ai compris. Sauriez-vous si elle a des proches près d’ici ? Amis ou familles ? »
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Personnage : Transféré à seize ans pour satisfaire les intérêts de Chun-Lian, feu son Maître, Sansar entama son existence à Pallatine en qualité de prostitué. Ancolie - puisque tel était son surnom au sein de l'Hanafuda - fut éduqué par le Chinois en vue de lui servir de bras droit lorsque la maturité et la vérité auraient eu raison de son innocence. Aux côtés de son mentor, celui qui se fit ensuite appeler Temudjin dans une diaspora fraîchement établie - un regroupement de clans à l'époque - s'érigea en ambassadeur de la Maison et, de façon plus politique, devint coordinateur de l'ensemble du réseau de prostitution asiatique.
Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
Aujourd'hui, il n'est plus guère qu'un vieillard invisible, un fantôme attentionné loin des tourments du pouvoir. Ce qui ne l'empêche pas d'user de cette couverture pour continuer à cultiver son royaume depuis l'ombre et le secret.

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posté le Dim 2 Avr 2017 - 23:56 (7)
Tandis que s'esquissent les premiers indices de leur prochaine destination, Sansar tend une nouvelle fois son ouïe en direction du dehors, relâchant ses sens dans cet environnement à la lumière aveugle depuis l'intérieur assombri de la boutique jusqu'à son seuil éclairé, et les effluves floraux se dispersent peu à peu pour accueillir les fragrances du bitume, du plexiglas et des corps humains qui abondent le long des trottoirs. Ses rotules le font souffrir, bien qu'aucune marque ne passe sur son visage à l'exception d'un souci évanescent – puis l'étonnement dans ses sourcils relevés, lorsque la chevalière l'appelle ainsi qu'il l'aurait fait pour n'importe qui, cher ami, et son initiative. Ensemble, ils opèrent un demi-tour, signant leurs retrouvailles d'avec les corolles multicolores, avant que la jeune femme ne dévoile cette fameuse idée à qui de droit. En l'occurrence, le fleuriste et non le vieillard, qui loin de négliger une telle proposition, en souligne silencieusement l'intelligence. Un bouquet pour appâter l'enfant. Que de souvenirs dans ce stratagème inoffensif ! Que d'ornements n'a-t-il lui-même mandé afin de charmer de belles gens ! Que de rameaux n'a-t-il fait quérir en vue de séduire quelques gracieuses créatures ! Et que de fleurs, aussi, sur les dépouilles invisibles de fantômes adorés. Tellement de peine, de labeur, de désir, transporté par ces milliers de pétales. Et voici qu'aujourd'hui, ils sont adressés à une petit fille disparue. Innocente attention.
« Je vous écoute, monsieur. »
Le timbre de l'artisan indique qu'il est retourné à ses plates-bandes professionnelles ; dans le courant d'air arôme tilleul qui l'enveloppe, Temudjin peut presque deviner le mouvement de ses paumes qu'il a posées l'une par-dessus l'autre, l'infime inclination de sa nuque et la brève courbe à la commissure des lèvres, d'une tendre sollicitude.
« Une gerbe de mufliers ira très bien, en effet. Si vous en aviez des rouges, ce serait parfait.
Bien entendu, monsieur. Combien en souhaitez-vous ? »
Un temps. Une évidence.
« Sept, s'il vous plaît. »
Et voici le fleuriste paré à la fabrication de son orchestre ; les gouttes d'eau répandues sur le sol imitent un timide xylophone, le bruissement des feuilles lancéolées tel un sombre hautbois, la tonalité mineure d'une harpe qui remonte d'un bout à l'autre des tiges coupées, et l'orgue de leurs étamines fièrement dressées – mille gueules-de-loup pour une bouille de chat. Lorsque Sansar reçoit la commande, il a l'impression de revenir sept ans en arrière et de recueillir entre ses bras la forme minuscule et vulnérable d'un bébé, identique à ce que fut Kun Thea quand il la vit pour la première fois – une petite boulette endormie, un souriceau chétif. Un miracle. Avec un doux chagrin, il presse les fleurs contre son cœur et remercie le bouquetier.

La décision que prend sa guide de payer à sa place n'est cependant pas pour plaire à l'Ancien. Pour quelqu'un comme lui, c'est quasiment un affront que de lui retirer cette responsabilité, de prétendre qu'il ne peut subvenir seul à ses dépenses. Qu'importe qu'elle ne le considère pas comme un assisté ou qu'elle agit selon ses propres valeurs, indépendamment de la situation économique de celui qu'elle accompagne ; elle n'a pas à faire cela. Néanmoins, il est déjà trop tard pour l'en empêcher et l'Ancêtre ne veut pas perdre de temps en de vains arguments pécuniaires. Il a deviné sans mal que la demoiselle est aussi droite que son sabre – solide et intègre, au tranchant vif. Inutile de la braquer pour si peu.
« Vous n'aviez pas à vous sacrifier de la sorte, chère âme, lui fait-il toutefois remarquer une fois qu'ils ont quitté la boutique. Sachez que vos actes ne seront point oubliés et que ma dette envers vous est réelle. Si jamais votre vie vous amène un jour à avoir besoin de moi en retour, vous me trouverez à vos côtés dans la mesure de mes capacités. »
Sauf si la mort le cueille auparavant, évidemment. Et sauf s'il est question de porter préjudice au Clan. Mais cela, Sansar le tait. Non parce qu'il craint d'effrayer la mercenaire, seulement qu'il pressent que jamais elle ne mettra le pied dans les affaires de l'Iwasaki. Puisque rien, absolument rien ne rapprochera ces deux entités ni ne reliera leurs différences. Pas même lui, dont elle ignore tout – pour sa sauvegarde, c'est préférable.  
« Si vous préférez, vous pouvez la considérer comme ma petite-fille ; bien qu'elle ne soit pas de mon sang, elle fait partie de ma famille. Les siens tiennent une épicerie dans les environs d'Osatoka. Quant à ses amis... »
Un son l'interrompt. Un cri, plutôt, un appel à l'accent aigu qui déchire la marée humaine et dont le grand-père accuse la terreur avant d'en discerner la victime : une silhouette qui lui arrive à la taille, essoufflée, ses lunettes de guingois sur son nez épaté, un uniforme d'écolier à la chemise débraillée, en panique. Qui gigote, malhabile, qui s'affole en japonais :
« Monsieur Khan, monsieur Khan ! piaille-t-il en trépignant, c'est Kun Thea ! Elle a voulu aider Azumi-kun qu'était embêtée par des garçons de la classe et ils se bagarrent ! Venez vite, il faut les arrêter ! »
En douceur, Temudjin acquiesce à ce récit mal cousu avant de poser sur la chevalière un regard des plus sévères. Pourtant, c'est un sourire sincère qui finit par trancher lentement ses mâchoires ; cette explication suffit à l'apaiser en dépit du danger que peut encourir la gamine en proie avec ses camarades. Querelles puériles. Nostalgie.
« Il semblerait que ma petite partage des valeurs similaires aux vôtres, très chère. Voudriez-vous me conduire ? Nous ne serons pas de trop pour lui prêter main-forte. »
Peut-être les gueules-de-loup ne serviront-elles finalement qu'à acclamer les vainqueurs.
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Personnage : Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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posté le Jeu 6 Avr 2017 - 11:32 (8)
« J’ai fait cela de bon cœur. Je n’attends rien de vous. De plus, c’est plutôt à moi de vous remercier de me laisser vous aider. »

Lupe n’arrivait pas à savoir si le sage était honnête ou non. Elle avait envie de le croire. Elle le croyait d’ailleurs. Mais elle ne pourrait jamais se résoudre à faire appel à lui. La première raison, assez évidente, était qu’il semblait s’approcher tout doucement de la mort. La geek n’avait aucunement l’intention de venir embêter une personne qui profitait de ses dernières années. Il fallait qu’elle apprenne à se débrouiller toute seule. Et puis, Lupe ne fit pas remarquer à son compagnon qu’elle ne saurait de toute façon pas entrer en contact avec lui étant donné qu’il n’avait pas échangé leurs adresses ou ne serait-ce qu’un numéro de téléphone.  Elle laisse donc couler.

Alors que l’asiatique lui raconte son lien de parenté avec la petite fille, la jeune femme perçoit un cri. Elle n’arrive cependant pas à identifier sa provenance dans cette foule. Jusqu’à ce qu’un enfant arrive près d’eux et s’arrête auprès du vieillard. Lupe avait bien senti que le sage souhaitait s’arrêter alors elle en fit de même. Elle ne comprit absolument rien à ce que le marmot racontait. Certaines sonorités lui rappelaient la langue de sa mère mais sans plus. Elle n’avait jamais fait l’effort d’apprendre ne serait-ce quelques mots de chinois. Ce n’est que quand elle aperçoit le regard de son ainée qu’elle comprend que quelque chose ne va pas. Il a le regard dur. Lupe a presque l’impression qu’il va lui donner un ordre. Mais un ordre qu’elle serait prête à suivre. Même si cela incluait de descendre dans les abysses les plus profondes de Pallatine. Son sourire la rassure légèrement. Elle y voit comme un indice que la tâche, ne sera peut-être pas si ardue que cela pour eux.

« Je vous y conduit avec joie » répond-elle avec conviction.

Heureusement que l’enfant qui est venu à eux les accompagne. Sinon, elle n’aurait pas trouvé l’endroit d’où il venait. Le rythme de marche de Lupe était devenu légèrement irrégulier. Elle voulait courir à la rescousse de la petite. Mais elle ne pouvait pas aller trop vite sans risquer de mettre à mal le sage qu’elle aidait à marcher. Alors elle rongeait son frein et s’excusait plusieurs fois quand elle accélérait. Ils finirent par arriver sur les lieux d’une bagarre entre de jeunes enfants.  Un léger regard alentour fit remarquer à la geek la présence du sac de la petite fille qu’elle recherchait. Elle devait être dans la mêlée avec ses camarades. Mais comment arrêter un tel combat avec de simples mots. De toute façon, elle allait tenter le tout pour le tout. Lupe avait un second plan en tête.

« OOOOOHHHHHHH ! cria-t-elle à plein poumon. ARRÉTEZ VOTRE BORDEL ! »

Il y eut un moment d’hésitation dans le combat mais rien de durable. L’excitation du combat devait les pousser à continuer. Quand la diplomatie ne marche pas, quand les mots ne suffisent plus, les actes sont plus parlants. Elle susurre à l’oreille du sage :

« Excusez-moi pour mon plan. Je vais me montrer un peu plus…convaincante. Je vous abandonne un instant. »

Elle glissa son bras hors de l’étreinte de son compagnon du moment. Lentement, elle dégaine son sabre, tout en faisant en sorte que le maximum de personnes entend le frottement. Mais ce n’est toujours pas suffisant. Alors elle s’approche du groupe d’enfants en laissant sa lame rayé le sol. Elle se maudit d’autant abîmé son sabre mais elle n’aurait qu’à l’affuté à nouveau une fois rentré chez elle. Le son produit par le frottement la fait frissonner. On aurait dit une craie sur un tableau.

L’effet ne se fait pas trop attendre. Plus elle se rapproche du combat, plus les enfants prennent conscience du danger qui s’amène vers eux. Ceux qui étaient les plus éloigné du combat ont commencé à déguerpir. Puis la mêlée commence doucement à s’éclaircir. Une partie des enfants reculent apeurés. D’autres lancent des regards de défi à Lupe mais ne prennent pas le risque de faire une connerie. Même pour eux il y a trop d’inconnue pour agir. L’air menaçant que la geek a adopté joue peut-être un peu. Elle s’éclaircit la gorge et demanda d’un ton froid :

« Je recherche une certaines Kun Thea. Son grand-père est là pour la ramener. »

Tout en parlant, elle désigne le sage qu’elle avait laissé derrière elle.
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Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
Aujourd'hui, il n'est plus guère qu'un vieillard invisible, un fantôme attentionné loin des tourments du pouvoir. Ce qui ne l'empêche pas d'user de cette couverture pour continuer à cultiver son royaume depuis l'ombre et le secret.

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posté le Ven 21 Avr 2017 - 0:07 (9)
À présent que Sansar connaît la raison de la disparition de Kun Thea, il n'a plus de motif de s'inquiéter, ne serait-ce que des ecchymoses qu'elle pourrait recevoir en se battant avec ses camarades. Ce n'est pas un âge auquel on se luxe les épaules ou l'on se fracture les tibias à coup de pierres ; du bas de leurs huit ans les enfants se poussent, se griffent, se tirent les cheveux et se mordent, se lancent des crocs-en-jambes et s'agrippent le cartable pour se faire tomber, mais n'ont guère recours aux lames d'adultes, aux armes blanches ou noires, car ils ne possèdent pas ce culte de la victoire ni de la violence, cette nécessité de blesser pour vaincre, de meurtrir pour se protéger. Les batailles enfantines sont pleines d'orgueil et de maladresse, d'une mise à l'épreuve d'un soi qui attend de croître – Kun Thea ne craint rien que de voir cette fierté-là bousculée, méprisée, foulée au pied par les plus grands, et ce n'est pas un mal. Son caractère, cette roche dans laquelle elle a été sculptée, n'est pas de celles qui s'effritent aux premières secousses, pas davantage qu'elle se s'assouplit au passage du burin pour s'orner d'arabesques et de volutes doucereuses ; à de nombreux égards, la fillette tient de sa grand-mère et, si elle avait eu l'insigne honneur d'acquérir un surnom similaire, on lui aurait attribué sans hésitation celui de chardon. Les doigts courbés sur le bras de sa guide, Temudjin se réjouit toutefois que ce ne soit pas le cas.
L'extrémité des mufliers frôlent ses mâchoires à chaque enjambée – à ses côtés, le chevalier piaffe en silence, semble contenir son élan quand toute sa stature transpire l'empressement ; elle voudrait courir qu'elle s'en empêche, pour ne pas abandonner le Vieillard qui se meut avec, sans doute, une exaspérante lenteur. Devant eux qui leur ouvre la voie, le petit écolier trépigne lui aussi. Il s'éloigne puis revient vers le couple, paraît guetter des silhouettes à l'horizon, mais il leur faut un moment pour parvenir à l'angle de la ruelle où ils bifurquent de concert – et tombent sur l'agrégat poussiéreux d'une chiffonnade de gamins occupés à se disputer. Bien qu'il ne reconnaisse aucune voix à l'exception de celle de sa petite-fille, Sansar distingue les sonorités aiguës des garçons pré-pubères et les tendres crécelles des mômes en jupes emmêlées au sein d'une joyeuse cacophonie cousue d'insultes et de menaces au lait caillé. D'un point d'ouïe extérieur, c'en est presque amusant, si bien que l'Ancien ne quitte pas son fin sourire, même après que la jeune femme s'est mise à hurler – sans succès – pour ramener le calme parmi le troupeau. À ce murmure navré qu'elle libère contre son tympan il acquiesce, la laisse aller, en confiance, puis constate qu'au son du métal sur le pavé, au rauquement plaintif de l'asphalte nervuré, l'avalanche des mots peu à peu se disloque, se désagrège en morceaux de stupeur et fait apparaître des fêlures d'angoisse entre les plaques sonores ; bientôt les reliefs que traçaient les dialogues s'aplatissent, s'amuïssent, jusqu'à ce que résonne l'interrogation qui appelle, par réaction, l'écho délicat d'un petit pas appréhensif s'écartant des autres.

« C'est moi. »
Ce n'est guère ni la timidité ni la crainte de se voir houspiller qui enveloppe le lapereau isolé de sa garenne, mais plutôt la honte d'avoir faussé compagnie à son aïeul – on lui a enseigné le respect qui lui est dû et qu'elle oublie pourtant, moins parce qu'elle n'y réfléchit pas que parce que leur relation rejette toute distinction hiérarchique ; elle ne pense pas qu'elle doit obéir à son grand-père, qu'elle doit se montrer sage en sa présence et se soumettre à ses directives. Car Sansar ne donne pas d'ordres. Sansar ne lui demande pas d'être sérieuse et appliquée, de regarder des deux côtés de la route avant de traverser. Il ne lui impose pas de faire preuve de politesse ni de ramener de bonnes notes à la maison. Elle est, cela lui suffit. Elle vit, va et devient, et rien d'autre n'importe en dehors de cette parcimonieuse construction de son esprit, de cette libre croissance épanouie sans barrière aucune, pareille à ses cheveux en broussaille, à son col froissé, aux marques d'ongles sur ses bras nus. La moue farouche en travers du minois, que l'Ancêtre devine au reniflement qui s'en détache.
Cataracte grandissante de semelles dans sa direction. Puis l'ourson qui le percute avant d'enrouler ses manchettes autour de sa taille, négligeant les fleurs qu'elle bouscule en se serrant contre son ventre.
« Pardon papy Khan, j'ai pas fait exprès pis je t'avais pas oublié hein c'est juste qu'Azumi-chan bah les garçons lui ont piqué sa trousse et ils arrêtaient pas de l'embêter avec alors quand Kamio me l'a dit je suis allée l'aider tout de suite tu comprends c'était pas pour te laisser et... »
Une paume ridée descendue du ciel sur le haut de son crâne interrompt le flux de ses excuses. Se doute-t-elle seulement que ces chamailleries infantiles émeuvent le grand-patriarche au lieu de l'énerver, de même qu'il n'en veut pas outre mesure aux jeunes morveux qui, après avoir lâché quelques sifflements narquois, se taisent devant l'éclat d'acier luminant sous leurs yeux ? Je sais, chuchote le geste. Tu n'as pas à te faire pardonner de quoi que ce soit. Elle peut le sentir si elle le désire – dans le poids au-dessus de son crâne qu'il n'écrase, dans la chaleur ronde qui s'y répand, dans le parfum loquace des étamines penchées vers elle en signe d'offrande.
« Est-ce que vous avez réussi à récupérer cette trousse ? » demande-t-il alors, le regard au loin jetant son ombre en direction des autres enfants, de sorte qu'un courant d'air glacé les aurait cueillis qu'ils auraient réagi de façon identique. Un frémissement, une nervosité soudaine, nonobstant l'air amusé que leur adresse Sansar. Ils ne craignent rien de lui. De lui uniquement.
« T'es rien qu'une cafteuse ! » couine pour toute réponse l'un des mioches à l'intention d'Azumi, placée en retrait par rapport à la bande. Ce à quoi elle s'empresse de répondre, les larmes au bastingage de ses cils, d'un cri de poussin mouillé :
« Et toi un voleur débile ! »
Et les noms d'oiseaux de repartir à la volée.
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Personnage : Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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posté le Mer 26 Avr 2017 - 19:03 (10)
La petite fille ne tarda pas à sortir du rang. Lupe prit quelques secondes pour regarder la jeune fille. Malgré ses cheveux un peu emmêlé, elle reconnait la coupe de cheveux qu’elle portait au moment de sa disparition. Elle reconnait également les vêtements aperçus un peu plus tôt. Ce petit brin de jeune fille était mignon. À tel point que la geek aurait pu, dans un rare élan de tendresse, la prendre dans ses bras. Mais elle n’en avait pas le droit. Un tel geste pourrait être mal interprété. Pas par le sage bien sûr, il n’en aurait rien vu. Mais qui sait ce que les mots d’un enfant pouvaient faire croire à des adultes. Non pas que les enfants étaient des menteurs, cette idée n’avait pas sa place dans l’esprit de Lupe. Mais elle connaissait le sentiment de vouloir protéger des personnes qu’elle aimait beaucoup et la surprotection pouvait faire entrer n’importe qui dans une horrible spirale de paranoïa.

La petite ne semblait pas du tout avoir peur de Lupe, comme c’était le cas pour les autres enfants. D’un certain côté, la jeune femme se sentait en colère de ne pas être capable d’inspirer un minimum de respect à ces sales mioches. Mais d’un autre, elle se souvenait qu’enfant, elle pouvait montrer une pareille énergie pour lutter contre la tyrannie des adultes qui imposaient leur loi. C’était l’époque de l’insouciance pour Lupe. Une époque où il n’y avait qu’elle, l’école et sa famille. Une période où elle jouait beaucoup sans se soucier du lendemain. Quand il n’y avait pas encore les enlèvements. Quand elle n’était pas à la tête d’une communauté invisible. Quand cette même communauté ne se déchirait pas pour savoir s’il fallait lutter sur un pied d’égalité avec les diasporas. Lupe n’arrivait qu’à s’énerver toute seule, alors que la situation ne s’y prêtait pas le moins du monde.

La suite fit fondre le cœur de l’administratrice. La petite fille fonça droit sur le sage et le serra dans ses bras. Ce tableau qui se dessinait devant elle était magnifique. Et l’enfant qui se justifie ensuite. Une excuse se dessine à travers les mots qui sortent de la bouche de la petite fille. Mais elle affirme tout de même qu’il était de son devoir d’intervenir pour aider une amie victime d’un vol. Lupe ne pouvait que saluer un tel geste chevaleresque. Surtout à un tel âge. L’avenir de l’entraide était assuré si des enfants comme elle se multipliaient. Peut-être était-ce l’éducation de ce sage qui avait amené la petite à agir ainsi. Mais Lupe n’aurait pu l’affirmer. Le vieillard exprima ses propres sentiments envers l’enfant en déposant délicatement sa main sur la tête de la petite qui s’arrêta de parler. Toute tension semblait avoir disparu de la gamine qui redoutait peut-être d’être disputé. La geek, de son côté, envie la petite fille. Elle aimerait tellement sentir cette main millénaire ne serait-ce qu’effleurer ses cheveux. Lui faire comprendre qu’elle a fait du bon travail jusqu’à maintenant et que le sage était fier d’elle. Lupe expulse ce sentiment de son esprit. Elle ne doit pas penser ainsi. Ce qu’elle a fait, elle l’a fait pour aider cet homme. En aucun cas, elle n’a le droit d’espérer de lui la moindre reconnaissance. Un chevalier n’attend rien des actes qu’il effectue.

La question que la geek attendait tombe enfin. Est-ce que les enfants ont réussi à récupérer le butin volé ? Le regard que le sage lance vers le reste du groupe d’enfant provoque des frissons dans le corps de Lupe. Aurait-elle peur de l’ancien ? Sans aucun doute oui. Tellement de mystère entoure cette aura qu’il dégage. Il pourrait être un ancien tueur ou même un chef de gang. La geek ne peut cependant pas se faire à cette idée. Alors elle se contente de regarder en direction des gamins encore présents qui profitent de la question pour recommencer à se chamailler.

Lupe ne sait que faire dans une telle situation. Son sabre ne lui ait d’aucune utilité. Elle ne peut pas se permettre de l’abimer encore plus. Et, même si elle le faisait, les enfants étaient maintenant sûrs qu’elle ne ferait rien contre eux. Alors elle rengaine son arme. Elle maudit les enfants d’être comme ils sont. Elle se maudit elle-même d’avoir pu être comme ça. Car oui, enfant, elle se battait souvent avec ses camarades. Autant parce qu’elle aimait ça que parce qu’elle voulait faire régner la justice dans la cour de récré. Et soudain, une nouvelle idée germe dans son esprit. Elle se déplace, se rapprochant dangereusement des sacs des enfants. Lupe en attrape un premier, farfouille quelques secondes dedans, et en sort une trousse. Elle réitère l’opération sur quatre autres sacs, montant ainsi son butin à cinq trousses.

« Bon les enfants. Voilà, j’ai cinq trousses. Je ne sais pas à qui elles appartiennent mais vous pouvez être sûr d’une chose. Je ne les rendrais pas… A moins que l’un d’entre vous accepte d’échanger la trousse d’Azumi avec moi. Sauf si bien sûr, je tiens la trousse d’Azumi dans les mains. Dans ce cas, je rendrai sa trousse à Azumi. Pour les autres, je ne sais pas ce que j’en ferai. »

La balle était dans leur camp maintenant.
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Personnage : Transféré à seize ans pour satisfaire les intérêts de Chun-Lian, feu son Maître, Sansar entama son existence à Pallatine en qualité de prostitué. Ancolie - puisque tel était son surnom au sein de l'Hanafuda - fut éduqué par le Chinois en vue de lui servir de bras droit lorsque la maturité et la vérité auraient eu raison de son innocence. Aux côtés de son mentor, celui qui se fit ensuite appeler Temudjin dans une diaspora fraîchement établie - un regroupement de clans à l'époque - s'érigea en ambassadeur de la Maison et, de façon plus politique, devint coordinateur de l'ensemble du réseau de prostitution asiatique.
Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
Aujourd'hui, il n'est plus guère qu'un vieillard invisible, un fantôme attentionné loin des tourments du pouvoir. Ce qui ne l'empêche pas d'user de cette couverture pour continuer à cultiver son royaume depuis l'ombre et le secret.

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posté le Sam 13 Mai 2017 - 14:21 (11)
Bruyante cacophonie d'orgueils miniatures : ainsi sont les enfants. Ceux-là ne dérogent pas à la règle ; ils sont conscients de posséder le monde au creux de leurs pattes, un monde aussi fragile et éphémère qu'eux-mêmes, mais ils ont tant à cœur de le préserver, de le choyer, de le confronter aux autres pour éprouver sa résistance qu'ils ne prennent pas gare à la susceptibilité de ceux-là et blessent sans intention de tuer quiconque dresserait son propre globe en travers de leur route. Face aux adultes, ils se heurtent indéfiniment, encarapaçonnés dans leur fierté, et leur caractère se forge à même les impacts qu'ils réitèrent sans paraître s'essouffler, petits géants en devenir, futurs tyrans de leur corps. Les insultes ne sont pas l'apanage de cette bande-ci ; aux mots ils privilégient les cheveux tirés ou les griffures, et les chemises d'écolier se froissent, se tordent et perdent leurs boutons sous les assauts répétés de ces dizaines de serres tendres. Sansar, qui ne distingue rien de la mêlée, n'est cependant pas insensible à son déroulement – ses tympans autant que ses nerfs perçoivent les vibrations infligées à l'air par l'énergie de ces mioches, les cri proies et les gestes rapaces, frémissent de cette vigueur toute puérile et néanmoins violente, jusqu'à ce que l'intervention de Lupe, soudain, ne ramène dans la ruelle un calme interloqué. Le Vieillard l'écoute se déplacer, curieux de ses velléités, les pulsations sèches de ses semelles sur le pavé et les cinq entailles décochées aux sacs ; puis il comprend. Il comprend, mais cela ne lui plaît pas. Moins que l'attitude de la jeune femme, ce sont ses mots qu'ils n'apprécient pas – bien que son visage demeure imperturbable, immuable de rides et de temps écoulé. Contre lui, Kun Thea tend le cou pour observer ce que le chevalier compte faire. Le silence fourmille d'appréhension.

En rang d'oignons nouveaux sur le carreau, les garçonnets regardent leurs pieds, se cognent des coudes pour que l'un d'eux se sacrifie, sauf qu'ils ne sont pas bêtes et que personne n'a envie de s'avancer pour rendre à l'épéiste ce qu'elle exige. Le dilemme les incommode : la honte des réprimandes contre l'embarras de la faiblesse, le refus de la défaite contre la gêne de la culpabilité. Qu'ils abdiquent face à l'autorité ou combattent l'oppresseur, d'une façon ou d'une autre, leur amour-propre s'en trouvera écorné. Et à cet âge-là, surtout dans un tel rapport d'altérité, toute marque de défaillance est une cicatrice éternelle en travers du visage.
L'ensemble des mineurs retient son souffle. Jetant un regard à son grand-père, Kun Thea s'agrippe davantage à la tunique azurée de l'Ancêtre qui lui caresse les cheveux en retour, en signe de réconfort. Juste avant qu'il ne s'avance vers son guide, trois pas frappés de sa canne comme d'un gong millénaire, pour s'adresser à elle d'un ton sévèrement doux :
« Très chère, permettez-moi d'intervenir... Il n'est pas de raison de les punir ainsi. »
Il sent le mur de stupeur et d'inquiétude que renvoient les enfants devant lui, une paroi nerveuse sur laquelle ricochent les paroles et se corrode le pardon. Alors Temudjin lève le parchemin de ses doigts en direction de Lupe, les fait courir le long de son bras jusqu'à rencontrer ses paumes où l'attendent le butin scolaire et, un par un, il se saisit des étuis pour les tendre aux garçons en demandant pour chacun à qui appartient l'objet qu'il détient. Chaque fois que l'un d'eux disparaît de son emprise, il ajoute « Tu peux rentrer chez toi, maintenant », à l'un, à l'autre, et bientôt il ne reste plus qu'une trousse, toutefois la voix bafouillante qui monte à ses oreilles lui indique qu'ils ont fini par bien tomber.
« C'... C'est pas la mienne... »
Ce qui ne l'empêche pas d'être subtilisée brusquement, presque avec rage – quand il ne s'agit en vérité que de scrupule – pour être rendue à sa propriétaire originelle ; et aussitôt le cinquième larron s'empare de son sac et détale ensuite pour rattraper ses complices au bout de l'allée.
Un mince sourire éclot sur le faciès satisfait de Sansar lorsqu'il se tourne vers Lupe, tandis qu'il lisse un pan de sa longue moustache avec la malice d'un matou hors d'âge.
« Eh bien, je crois que vous les avez tous fort impressionnés. » D'une inclination de la tête, il invite les deux fillettes à exprimer leur reconnaissance, ce qu'elles font d'une courbette – Azumi en japonais, serrant contre sa poitrine la précieuse trousse.
« Merci beaucoup Madame ! »
Et lui-même se joint au tableau, pliant lentement la nuque.
« Nous vous sommes reconnaissants pour ce que vous avez fait. Si vous n'aviez pas été là, l'issue aurait été différente. »
C'est dit sans tristesse aucune, pas même de ressentiment : la vie est composée de hasards, de coïncidences plus ou moins heureuses. Il n'y a pas à se soucier de quoi que ce soit. Subséquemment, une fleur de chair vient refermer ses pétales autour de ses doigts.
« Dis, dis, papy Khan, elle peut venir prendre le thé avec nous à la maison, hein, dis, elle peut ? Pis Azumi-kun viendrait avec nous aussi et on rentrerait tous ensemble comme ça, ce serait chouette !
Oh, eh bien, nous pouvons en effet lui demander si cela ne la dérange pas, répond le vieil homme avec amusement, après quoi il reporte son attention vers la dame au sabre. Accepteriez-vous ? Ce n'est pas loin d'ici.
Oh oui, oh oui, et les brioches de Grand-ma' sont les meilleures du monde !
Ta grand-mère fait des brioches, Thea-chan ? La chance ! »
Les enfants et leur insouciance : à croire que leur mésaventure n'est déjà plus qu'un lointain souvenir, un incident sans importance – mais en songeant aux fameuses pâtisseries de Ronce, Sansar conçoit tout à fait qu'elles puissent occulter le plus insupportable calvaire.
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Personnage : Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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posté le Mer 17 Mai 2017 - 11:03 (12)
Aucun des enfants ne semblent faire un pas vers elle. Ni même hausser la voix. Au moins, ils sont calmes maintenant. Lupe pouvait les comprendre. A leur âge, elle ne se serait pas non plus dénoncée dans une telle affaire. Se faire gronder par un adulte n’était pas très appréciable. Certains en profitent même pour jeter un coup d’œil au sage. Ils essayent de trouver en lui un sauveur ou tout au plus une aide. La geek commence à douter de sa façon de faire. Quand le vieillard se rapproche d’elle, Lupe serre machinalement les trousses dans ses mains. Aux mots qu’il prononce, elle comprend qu’elle a fait une erreur. Mais il est trop tard pour revenir en arrière. Elle est allé beaucoup trop loin pour cela. Alors elle détourne le regard, se contentant d’observer les enfants. Même eux semble impressionner par cet homme sans âge qui se tient devant eux. Le toucher du sage sur son bras est à la fois brulant et rassurant. Le contact de sa main sur les siennes fait tressaillir légèrement la jeune femme. Cette dernière à honte de son comportement. Elle a déçu cet homme qui lui a fait confiance jusqu’ici. La geek se rend bien compte qu’elle n’a fait qu’appliquer la loi du Talion à ces enfants. Des enfants qui n’ont rien fait d’autre mal que de jouer à un jeu un peu cruel. Ce n’est pas honorable. Ce n’est pas ce qu’aurait fait une chevalier.

Alors Lupe adopte une attitude des plus passives tandis que l’homme rend les trousses une à une aux garnements qui s’empressent de partir après avoir récupéré leur bien. La dernière trousse était d’ailleurs la bonne puisque l’un des gamins la saisit assez violemment des mains de l’ancien pour la rendre à la petite Azumi. Une fois que les garçons sont partis, le sage se tourne vers elle avec un sourire aux lèvres. Lupe lui rend un sourire gêné, alors même qu’elle sait qu’il ne le verra pas. Elle a honte d’avoir agi comme elle l’a fait. Elle ne trouve plus la force de regarder cet homme pour qui elle vouait une certaine admiration. Ils poussent les deux jeunes filles à la remercier. Et lui aussi les imite. Lupe ne peut s’empêcher d’avoir un léger mouvement de recul.

« Je n’ai pas fait grand-chose. Je me suis contenté de vous guider. C’est vous qui avait réglé la situation. Je n’ai rien fait de particulier. »

La geek aurait pu en ajouter encore. Dire qu’elle avait été inutile. Que ses prises de décision n’étaient pas les bonnes. Qu’elle voulait se donner à fond pour lui. Pour l’aura qu’il dégageait. Qu’elle n’était que le fruit  du courage et de la confiance en elle que le sage avait insufflé en elle. Mais elle garde la bouche close, de peur de vexer l’homme qu’elle admire tant depuis un bon moment maintenant. De peur que son regard et que les traits de son visage n’expriment de la colère envers elle. Déjà que la seule idée de ne pas pouvoir le revoir lui broyait les tripes. Sans  vraiment s’en rendre compte, elle avait attaché une grande importance à la vision que le sage pouvait avoir d’elle.

Et puis, Kun Thea décide à ce moment de proposer à son « grand-père » de l’inviter elle et Azumi pour prendre le thé. Le visage de Lupe s’empourpre d’un coup. La geek est gênée, profondément gênée. Alors que la jeune fille ne la connait pas, elle l’invite à venir chez elle pour boire le thé. Et avec le sage qui lui propose également. L’innocence des enfants étaient véritablement attendrissante. A nouveau, Lupe avait une profonde envie de prendre la petite fille dans ses bras et de la remercier à genoux de cette proposition. Elle aussi avait le talent du sage pour se rapprocher. Sauf qu’à l’inverse de Sansar qui attirait les gens par son aura digne d’un meneur d’hommes des temps anciens, la petite avait le pouvoir d’influencer la gens par sa douceur. Et puis, l’argument  des brioches étaient très tentant

« Je…Je…, hésite Lupe. Je ne voudrais pas vous déranger. Je veux bien accepter mais je ne veux pas que vous vous sentiez obligé. Je n’ai pas fait ça pour une récompense. Je ne veux pas que vous ayez cette image de moi. »

Lupe ne sait vraiment plus où se mettre. Aucune posture ne lui convient. Pendant ne seconde elle a les mains sur les hanches. Puis elle se gratte la tête. Puis elle se tient un bras dans son dos. Et enfin elle les croise. Certains de ses amis riraient aux éclats de la voir comme ça. Alors elle se contente de suivre le petit groupe. Elle reste non loin du sage, histoire de lui offrir son bras s’il venait à en avoir besoin. Elle garde également un œil sur les deux jeunes filles. Inutile de les perdre à nouveau dans cette foule. Mais une question vint trotter dans son esprit. Cette question pouvait paraitre déplacer mais la curiosité fut plus forte que la retenue.

« Excusez-moi monsieur. Tout à l’heure, vous m’aviez dit qu’elle n’était pas de votre sang mais que vous la considériez comme telle. Comment vous êtes-vous connus ? Peut-être étiez-vous amis avec ses parents ? Parce que, même si elle n’ait pas de votre sang, il y a quelque chose en elle qui me fait penser à vous. »
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Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
Aujourd'hui, il n'est plus guère qu'un vieillard invisible, un fantôme attentionné loin des tourments du pouvoir. Ce qui ne l'empêche pas d'user de cette couverture pour continuer à cultiver son royaume depuis l'ombre et le secret.

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posté le Mer 24 Mai 2017 - 23:23 (13)
La voix de Lupe trahit, pire que sa modestie, son inconfort ; elle refuse la reconnaissance, niant son implication et ses efforts, ce qui attriste Sansar lorsqu'il perçoit le timbre assombri de ses paroles – pourquoi ne peut-elle, ne veut-elle assumer son rôle ? Quel voile s'est déposé devant sa vision pour en occulter la clarté, tenture translucide où filtre la grisaille, à moins qu'il ne s'agisse d'un sentiment plus profond, enraciné quelque part entre un blâme adressé à la Lupe d'autrefois qui s'est greffé et a crû dans les veinures de son tronc jusqu'à limer sa confiance en elle, jusqu'à émousser son ambition. Cependant, Temudjin se garde de relâcher le moindre commentaire qui soulignerait son impression : se préoccuper d'une tornade miniature est déjà suffisamment épuisant pour qu'il n'ait pas à se soucier d'affûter une lame dont il ignore le véritable tranchant. Il remarque néanmoins sa gêne à l'instant où Kun Thea l'invite – l'emporte dans sa bourrasque –, sa respiration semblable au rebond d'un ricochet à la surface d'un étang, fugace, et la tonalité saccadée de ses paroles. Quoi qu'il réplique, le Vieillard devine que la chevalier ne sera jamais tout à fait convaincue, qu'une part d'elle-même songera toujours qu'il y a là dédommagement, dette à effacer, récompense obligatoire, alors que nulle contrainte ne préside à cette proposition hormis le simple plaisir d'une compagnie éphémère, le moment fugitif d'une convivialité à la saveur briochée. Juste être ensemble et discuter de la pluie.
Les deux petites, sitôt la réponse de la dame donnée, s'échappent pour ouvrir la route. Elles gambadent l'une à côté de l'autre, les mains serrées sur les bretelles de leurs cartables colorés, et des bribes de rires viennent résonner dans les pavillons usés de Sansar, en tapissent les parois nébuleuses et les fibres enténébrées avec la pureté d'un Murano. Plus qu'au bras de Lupe disponible à côté de lui, ce sont à ces éclats de verre que se raccroche le grand-père, et s'il préserve une certaine proximité d'avec la combattante afin de savoir où s'agripper s'il perd le compte de ses foulées, la conversation des fillettes lui sert d'aiguille pointant le Nord. De là où il se trouve, il en capte la douce chaleur, pas celle moite des mois d'août ni l'épaisse touffeur des radiateurs, mais le rayonnement subtil et rassurant de l'aurore à travers une vitre, le léger toucher d'une paume aimée en travers du front.
Un sourire entendu s'allonge sur son visage à l'intervention de son ancienne guide. Cela l'amuse qu'elle ait relevé cette ressemblance, quand d'aucuns jugeraient qu'il existe entre la petiote et l'ancêtre autant de similitudes qu'entre un lionceau de mer naïf et une orque au crépuscule de son voyage.
« Oh, vraiment ? » Il a beau projeter son regard au loin afin de s'appuyer sur ses contours, il ne distingue d'elle qu'un amas d'écume et revient aussitôt convoquer ses seuls souvenirs pour satisfaire la curiosité de l'épéiste. Kun Thea. Le lapereau endormi au creux de ses mains le jour de sa naissance, les effluves du savon hypoallergénique et les pépites charbonneuses incrustées dans ses orbites, étoiles de jour aux reflets d'onyx, l'extrême finesse de la pierre à encre avec laquelle fut peinte sa chevelure, l'embrouillamini de ses premiers mots – ananas papaye à pot – la seconde de silence avant les pleurs, la pression autour du pouce de ses doigts pas plus grands qu'un bout de phalange adulte, son parfum de riz au lait à la vanille, la timidité de sa première chanson lors de la kermesse en maternelle, et puis sa manie d'écraser les biscuits de fortune pour n'en récupérer que la prédiction à l'intérieur, les clochettes qu'elle suspend à la fenêtre de sa chambre, la ferveur avec laquelle elle dépose les offrandes à son grand-père au pied de l'autel qui ouvre sur l'appartement familial, son rire aigu, les froissures veloutées de ses robes, son « Papy Khan ! » enthousiaste à la sortie de l'école, sa façon de retrousser le nez en soufflant en cas de contrariété, son crayon fétiche qui dessine un mochi à la pêche dans la marge de son cahier – on le reconnaît parce qu'il a deux feuilles au-dessus du corps, à ne pas confondre avec le mochi à la fraise qui a des grains partout, attention –, ses insultes bafouillées quand elle s'énerve, ses moui moui qu'elle miaule si elle ne veut pas aller au lit et ses bisous de bonne nuit pour lesquels elle le force à se baisser, encore, plus bas, jusqu'à ce qu'elle puisse, en se hissant sur la pointe des pieds, lui embrasser maladroitement le coin du nez.
Les enfants grandissent, les sentiments aussi.

« Sa grand-mère est ma plus proche et irremplaçable amie. Nous nous sommes rencontrés alors que nous n'étions que de jeunes adultes et nous avons mûri ensemble. Puis elle s'est mariée, a adopté trois enfants dont l'aîné, qui a repris la boutique de ses parents, a découvert à son tour le miracle d'être père. Je n'ai pas eu cette chance, mais depuis le début ils m'ont accepté à leurs côtés et c'est ainsi que cette famille est devenue la mienne. » Il laisse échapper un silence, le temps de poser sa respiration. « Il ne se passe pas un jour sans que je les remercie pour l'amour qu'ils m'ont offert et qu'ils continuent de m'offrir. Cette existence est bénie. »
À l'heure où il partira à son tour, il s'agira sans aucun doute de son ultime phrase ; voilà qui clora avec une parfaite sincérité plus de quatre-vingt ans d'une vie plus lumineuse que celle des monarques de Thèbes, des rois de Versailles ou des empereurs aztèques.
« Et vous, chère dame ? Connaissez-vous des gens auprès de qui vous vous sentez aimée et qui voient en vous toutes les qualités dont vous êtes dotée ? »
Et si tel n'était pas le cas, eh bien... C'est presque s'il ne se serait pas proposé.
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posté le Lun 12 Juin 2017 - 13:38 (14)
Les deux jeunes filles ne cessent de discuter. Lupe avait l’impression que quel que soit l’endroit où elles auraient pu être, elles auraient fait vivre l’endroit. La ville qui semblait pourtant si menaçante sous certains aspects devenait le terrain de jeu des deux fillettes. Le temps semblait s’écoulait plus lentement. Le ciel laissait passer les rayons du soleil, donnant à la scène un éclairage presque divin. La foule donnait l’impression de s’écarter à leur passage comme dans la mer face à Moïse. Leur conversation guidait les pas du sage et les siens. Elle avait le sentiment que même si elle avait eu un handicap similaire à Sansar, elle aurait retrouvé son chemin. LE sage semblait d’ailleurs heureux de la situation. Il sourit même à la question de la geek. Cette dernière avait également l’impression que sa demande ravivait de nombreux souvenirs chez l’ancêtre. Des pensées heureuses qui devaient sans doute le rendre un peu nostalgique.

Lupe écouta avec attention la réponse de son interlocuteur. Elle ne perdit pas la moindre miette de ce magnifique récit. C’était une histoire simple, sans fioriture. Quelque chose qui pouvait arriver à tout le monde. Pendant un instant cependant, la jeune femme se demanda si le sage n’avait pas aimé la grand-mère de Kun Thea. Pas forcément d’un amour passionnel. Juste une relation des plus platoniques. Mais elle n’avait pas le droit de poser la question. Elle préféra s’imaginer que ces deux personnes avaient vécus heureux chacun de leur côté tout en gardant le contact. Elle n’imaginait pas non plus l’ancêtre jalouser l’élu de cette fameuse amie. La situation telle qu’elle était le rendait sans doute heureux. Et puis, il avait eu la chance d’être accepté dans cette famille. Malgré l’absence de lien du sang, une tout autre forme de lien s’était formée.  Il y avait vraiment des gens bien pour créer de telles communautés. Peut-être qu’un jour, elle aussi aurait la chance d’appartenir à quelque chose d’aussi beau.

Après s’être ainsi dévoilé, le sage demanda à Lupe si elle aussi avait des personnes qui l’avaient soutenu. Elle aurait pu répondre de but en blanc que oui, sans pousser la réponse plus loin. Mais elle se devait de répondre avec autant de sincérité que lui.

« En effet, il y a certaine personne qui me sont chers. Bien évidemment ce sont mes parents en tout premiers lieu. Ce sont eux qui m’ont soutenu dans mes choix. C’est eux qui ont en grande parti fait de moi ce que je suis aujourd’hui. »

Oui. Son père lui avait montré son tout premier jeu vidéo sur lequel elle avait passé des heures. Sa mère, elle, l’avait toujours soutenu quand elle avait eu des problèmes à l’école. C’est aussi elle qui lui avait appris à coudre pour pouvoir porter les vêtements qu’elle désirait. Malgré le fait qu’elle ne les voyait plus aussi souvent qu’elle le voulait, elle les tenait au courant de l’évolution de sa vie en solitaire. Sa mère désespérait de ne pas la voir déjà en couple avec une autre personne. La geek n’aimait pas trop ce genre d’allusion à sa vie sentimentale mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il faudrait d’ailleurs qu’elle les appelle dans les prochains jours.

« J’ai aussi deux magnifiques amies qui me permettent de m’exprimer librement à la face du monde. Qui me poussent vers l’avant dans ma passion. En informatique surtout. »

Kristina et Victorine. Les deux amies sur lesquelles elle pouvait compter le plus. Même si leur relation n’était pas toujours au meilleur, leur petit groupe de trois réussissait à survivre aux épreuves. Enfin, jusqu’aux évènements récents. Lupe n’avait plus trop de nouvelles de la part de ses consœurs. Malgré tout, bien qu’inquiète, elle avait le sentiment que ses deux amies allaient très bien. Peut-être avaient-elles besoin de prendre un peu de repos. Leur discussion lui manquait beaucoup. Il faudrait que Lupe tente d’organiser une rencontre bientôt. En espérant qu’elles acceptent.

Et puis Lupe hésita un moment. Elle aurait aimé prononcé le nom de Tom. Elle aurait voulu en parler. Mais pouvait-elle encore en parler comme un de ses soutiens. Ils avaient vécu des choses fantastiques ensemble. Il avait été là quand elle en avait eu besoin, surtout à la fin. Il avait était l’encre à laquelle elle s’était rattachée. Il était son Excalibur à elle. La personne qui lui redonnait foi en elle-même. Celle qui lui donnait sa force et l’envie de continuer. Et pourtant il était parti. Loin. Vers un inconnu qu’elle ne verrait jamais. Alors est-ce que ce serait mentir au sage de le présenter comme un soutien. Non sans doute. Elle reprit donc la parole mais cette fois de façon plus triste.

« Et il y a aussi un homme qui m’a soutenu récemment dans les épreuves que j’ai dû affronter. Il a été là quand j’ai eu besoin de lui. Il avait eu le chic d’arriver au bon moment. Il a été capable de trouver mes qualités là où je ne voyais que des défauts. »

Lupe avait senti sa gorges se serrait légèrement à ses mots. Mais elle avait contenu son chagrin encore récent. Elle ne voulait pas embêter le sage avec une telle histoire. Et puis, il fallait qu’elle reste forte. Elle ne pouvait pas cesser d’espérer maintenant. Il lui avait promis de lui écrire alors elle attendrait cette lettre.

« Je crois avoir fait le tour. Ce n’est peut-être pas beaucoup mais ils sont là. Alors je m’en contente. »

Lupe aurait pu citer en plus Lorelei. Mais ses sentiments n’étaient pas encore clairement définis pour la garde du corps. Elle ne savait pas comment interpréter leur rencontre et ce qui pouvait en découler. Chacune s’était dévoiler à l’autre dans un violent combat. Pouvait-elle l’appeler « amie » maintenant ? Lupe n’en était pas sûr. Il faudrait la rencontrer à nouveau. Prendre le temps de discuter pour savoir comment cette rencontre avait influé leur relation.

La geek avait eu l’impression de parler beaucoup. Encore une fois, elle s’était dévoilée à un inconnu. Mais cette fois avec des mots plus qu’avec ses poings. Lupe avait l’impression de changer doucement. Comme si elle était moins sanguine. Plus réfléchie dans ses actes. Même si parfois elle pouvait rester impatiente.

« Sommes-nous encore loin de chez votre ami ? »
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Personnage : Transféré à seize ans pour satisfaire les intérêts de Chun-Lian, feu son Maître, Sansar entama son existence à Pallatine en qualité de prostitué. Ancolie - puisque tel était son surnom au sein de l'Hanafuda - fut éduqué par le Chinois en vue de lui servir de bras droit lorsque la maturité et la vérité auraient eu raison de son innocence. Aux côtés de son mentor, celui qui se fit ensuite appeler Temudjin dans une diaspora fraîchement établie - un regroupement de clans à l'époque - s'érigea en ambassadeur de la Maison et, de façon plus politique, devint coordinateur de l'ensemble du réseau de prostitution asiatique.
Bien qu'il reprit le rôle de Chun-Lian au décès de celui-ci, ses efforts pour perpétuer les traditions héritées de l'ancienne mode furent vains ; la prostitution moderne dévora ses forces et, au moment où l'Iwasaki-rengô sortait officiellement de terre, Sansar se retira dans les montagnes.
Aujourd'hui, il n'est plus guère qu'un vieillard invisible, un fantôme attentionné loin des tourments du pouvoir. Ce qui ne l'empêche pas d'user de cette couverture pour continuer à cultiver son royaume depuis l'ombre et le secret.

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posté Hier à 23:10 (15)
L'interrogation de Sansar n'était ni un retour de politesse ni même l'audace d'une curiosité, plutôt l'expression d'une naturelle compassion qui le poussait à s'assurer que les personnes qu'il estimait ne manquassent de rien – confort, confiance, amour, tout ce qui autrefois avait pu lui faire défaut lorsque, enrôlé à son insu dans une guerre diplomatique, il n'avait éprouvé ces trois dons qu'à l'aune de sa servilité. Et s'il avait fini, après de longues années, par y trouver son bonheur ainsi qu'une pépite d'or sous un amas de limon, il ne souhaitait cette expérience à personne. Aussi espérait-il que la réponse de Lupe fût positive, même si elle ne souhaitait pas lui communiquer davantage qu'un simple acquiescement ; que la jeune femme se contente d'un « oui » et il s'en contenterait de même. C'est pourquoi l'Ancêtre se sentit honoré qu'elle daignât se dévoiler un soupçon, qu'elle osât entrebâiller la porte plus que pour y glisser un mot solitaire, et il recueillit sa déclaration avec un silence caractéristique des marques de reconnaissance. La description que l'épéiste offrait de ses proches, qu'ils fussent parents ou amis, trahissait son affection, autant dans les termes qu'elle employait que dans le ton les accompagnant. Tout presque aveugle qu'il était, Temudjin captait ces vibrations emplies de gratitude et de saine fierté, ces tendres ondulations jaillies des ventricules, et le portrait en filigrane de ses propres père et mère aurait pu lui embuer les yeux s'il s'était souvenu d'eux. Malheureusement – à moins que ce ne fût une chance – il ne se rappelait que leurs noms : la saveur de leur voix, le son de leur épiderme, le parfum de leur sourire et jusqu'à la texture de leur ombre s'entremêlaient et s'embrouillaient en un brouillard blanchi, une nuée blême, quasiment incolore, semblable à sa vision sur le déclin. Il n'était plus en mesure de les pleurer, ne serait-ce que de les regretter ; un fantôme aurait eu plus de consistance – eux n'existaient tout simplement plus.
L'hésitation de la Geek résonna dans leurs pas, qui allèrent un instant en ralentissant. Ce fut comme si, l'espace d'une réminiscence, la silhouette de cet inconnu s'était appuyée sur les épaules de la brune et avait freiné sa progression, agissant à l'inverse de ce pour quoi ils s'étaient aimés. Il arrive parfois que l'on doive supporter les âmes de ceux qui nous soutenaient auparavant, esprits lourds d'affection et de fidélité certes, mais écrasants tout de même, à la doublure amoureusement tissée à même les nerfs, et en convoquer l'absence a pour effet de tirer sur les fils et d'enflammer nos larmes. Que Lupe se fût arrêtée sur cet homme en particulier, Sansar en comprenait la valeur. Et il la comprendrait d'autant mieux qu'il voyait la présence de sa guide s'amoindrir afin de laisser la place à ce complice disparu, à la mélancolie incarnée par cette amitié enfuie – bon gré ou mal gré.
Devant eux les fillettes ont pris de l'avance et le vieux Mongol en vient à se demander si Azumi, une fois devenue adolescente, puis adulte, continuera de côtoyer Kun Thea ou si Kun Thea, réciproquement, persistera à qualifier Azumi d'amie ; à leur âge, les relations se tressent et se dénouent plus facilement qu'une chevelure, bien que les séparations n'en soient pas moins douloureuses. Il ignore s'il aura encore la possibilité d'entendre les échos enjoués de sa petite fille durant plusieurs années ou s'il s'agit là de sa dernière représentation avant le rideau final – et cette pensée le fait respirer plus fort, plus profondément, plus vivant.
« Il n'est pas besoin de beaucoup lorsque la qualité est au rendez-vous », admet-il en conclusion, moins pour philosopher que pour signaler à son interlocutrice qu'il a suivi la conversation de bout en bout. À quatre-vingt ans passés, trop de gens s'imaginent – à tort ou à raison – que demeurer attentif plus d'une minute lui est difficile. Plus d'une fois, user de ce préjugé lui a cependant servi. Au loin, le babil aigu des écolières s'est mué en un éclat plus massif.
« Nous y sommes. Si vous apercevez une enseigne rouge aux symboles dorés... »
Lui ne la distingue pas du reste des devantures bariolées de la rue. Il reconnaît néanmoins l'endroit à sa manière, par son flair, par le pot-pourri inédit des odeurs aux environs de l'épicerie, ces effluves mêlés de la laverie d'à côté, des sacs de riz basmati et des kakis mûrs étalés devant la boutique, par le brouhaha familier des riverains philippins, par cette douceur plus subtile de l'air qui lui indique comme personne qu'il est rentré à la maison.

« Grand-ma' ! s'écrie Kun Thea sur le seuil du magasin, Grand-ma', on a des invités ! »
Derrière elle, Azumi salue humblement la vénérable qui sort à leur rencontre, tandis que les deux adultes finissent de les rejoindre. Sur le visage de l'aïeule se dépose d'abord l'étonnement, aussitôt recouvert par une gaieté silencieuse ; en guise de salut, elle coule ses mains contre celles de Sansar dont les phalanges se mettent à lui caresser l'épiderme, telle une page de braille à déchiffrer et sur laquelle ses frôlements liraient à voix haute l'inquiétude qu'elle n'ose exprimer.
« Bien le bonjour à tous. Que nous vaut cette équipée ? »
Dans son dos, le père de Kun Thea a déserté le comptoir-caisse pour embrasser sa fille et entendre l'explication de ce débarquement impromptu, ce que s'empresse de fournir la petiote une fois son baiser rendu, non sans une certaine gêne mâtinée d'héroïsme :
« J'ai perdu papy Khan en sortant de l'école parce qu'Azumi-kun était embêtée par Chan-Ho et ses idiots de copains alors y a la dame qui l'a aidé à nous retrouver et à faire fuir les garçons avec son épée...
Une épée ? Eh bien, ils devaient être coriaces ! s'esclaffe le paternel en jetant un œil à l'arme en question tout en frottant le crâne de son enfant – on dirait qu'il ne croit pas trop à cette histoire, à moins qu'il n'ait l'esprit occupé par des cargaisons de pâte de soja ou de liserons d'eau. C'est un vrai ? Vous n'y êtes pas allée de main morte.
Mais elle les a pas touchés, hein, c'était pour leur faire peur ! conteste la fillette devant le regard ostensiblement amusé de son père qui ajoute alors, d'un ton de nouveau sérieux, à l'adresse du chevalier :
Merci à vous d'être intervenue ; il est devenu rare de rencontrer des gens prêts à aider des inconnus, ces derniers temps. Est-ce que vous auriez le temps de prendre un thé ?
Avec de la brioche ! »
À ces mots, Azumi pouffe derrière sa paume. Kun Thea se sent rougir avant de faire écho à son rire. Ronce, quant à elle, désigne d'un mouvement de tête une porte close dans le fond de l'épicerie, camouflée par une rangée de rubans colorés, et invite la petite troupe à s'y rendre tandis que son fils aîné prend congé, demandé par son commerce.
« Installez-vous dans le patio, je vous apporte un plateau tout de suite. »

C'est à cet instant, une fois que les deux gamines se sont échappées en direction du jardinet, ce carré d'herbe où s'enracine une table en bois cerclée de bancs de pierre à l'ombre d'un érable, que la grand-mère prend le temps de dévisager ses invités ; Ronce est un bosquet sec couronné d'un chignon aussi blanc, haut et strict que le puits de ses iris est noir, sa taille menue et sa nature souple. Sa physionomie de fleur épineuse, à la limite de l'aridité, contraste pourtant avec la délicatesse de ses gestes, avec sa mine de vieille fauvette derrière laquelle brille toujours la désinvolture de sa lointaine jeunesse. Elle ne porte qu'une longue tunique, d'un bleu de mûre et ceinturée d'une cordelette de lin, si sobre par rapport aux parures dont elle s'était ornée avec dédain durant les décennies de Chun-Lian, mais Sansar est convaincu que cette simplicité lui convient mieux. Précédant son insistance, il lui tend le bouquet qui ne l'a pas quitté. Les corolles entre ses bras bruissent à l'image d'un cœur languide.
« Un cadeau de ta petite-fille, explique-t-il en mandarin, ce à quoi elle répond dans la même langue, une lueur moqueuse au coin des lèvres :
Rappelle-moi de la remercier, menteur. »
Et le temps d'un échange, d'un frôlement, leurs deux êtres retrouvent la proximité qu'ils partageaient à leurs vingt ans. Juste avant que Ronce ne coupe court à leur intimité en se tournant vers Lupe, repassant en anglais pour s'en faire comprendre :
« Entrez donc, vous n'avez rien à craindre. Vous êtes la bienvenue. Ce vieux brigand s'est-il excusé de vous avoir importunée ? »
C'est alors au tour de Temudjin d'esquisser un sourire – après quoi il s'échappe vers la cour intérieure d'un mouvement impérial – inutile de parlementer en compagnie de femmes.
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