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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

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A coeur ouvert - ft. Issei

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Personnage : Etsuko, un parfum de sable chaud au creux des reins, une image de cerisier en fleurs dans le ton de sa voix. Une femme perdue naviguant en eaux troubles. Un sourire, toujours, voilant la vérité, un passé qui ne veut pas quitter sa rétine. Un corps entre deux mondes et une question : pourquoi? Des poings et du sang la recouvrent sans qu'elle s'en cache. Il y a quelque chose de casser en elle et pourtant, on se sent attiré.
Soulevez le voile, n'ayez pas peur. La mort n'existe pas.
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Clan Iwasaki
posté le Mar 7 Mar 2017 - 19:30 (1)



» A coeur ouvert

Tu t'amuses un instant à rejeter un nuage argenté de buée à la face de la lune qui éclaire d'un pâle rayon le trottoir sur lequel tu te tiens. Il n'est pas loin d'être minuit et les bruits de l'union entre deux êtres de chair reliés par leur sexe emplissent l'espace sonore. Donner rendez-vous dans un bordel, quelle drôle de manière de faire des présentations. Mais il fallait suivre les ordres et ne surtout rien laisser paraître de son trouble si l'on souhaitait faire carrière au sein de la diaspora. C'est en posant ton regard bleuté par les néons le plus loin possible à l'horizon que tu tentes de faire abstraction des activités de débauche ayant lieu à l'intérieur. Peut-être est-ce dû à la pleine lune, mais il te semble que les filles sont déchaînées. Les cris qu'elles poussent sont autant d'appel à la luxure que des gémissements de chatons noyés, un peu comme les chants traditionnels des geishas de Kyoto. Tu as de plus en plus de mal à supporter ces sons stridents sortant du fond de leurs entrailles, en même temps que tu te sens gênée d'être là, à l'entrée d'un misérable bordel, te tenant aussi droite et autant à l'ombre, prenant appuis contre un grand mur, que possible. Ton visage n'exprime rien, cependant. Un masque d'une froideur de glace, aussi froid que le vent mugissant à intervalle régulier venant accompagner les filles en plein labeur. Quelques voix d'hommes parviennent étouffées, dont celle de ta cible, plus aigüe que les autres, d'où la facilité à la tracer.

Une fenêtre s'ouvre au-dessus de ta tête. Tu t'accroupis au sol, main posée par terre assurant ton équilibre. Un instant tu crains d'être découverte, mais ce moment est vite dissipé par ladite fenêtre se refermant tout aussi subitement qu'elle s'était ouverte. De toute façon, ton long manteau noir, ton pantalon noir, tes chaussures noires et tes cheveux relevés en un sévère chignon caché par un capuchon noir, toute cette accumulation de noir te fondait dans l'encre nocturne du paysage, aquarelle monotone tracée d'un seul geste. Tu n'es qu'un trait de plus, fluide, se glissant à l'intérieur parmi les corps brûlant de désir, poches sonnant d'argent allant finir entre les seins de malheureuses mal traitées, exploitées. Tu ne t'attardes que le temps d'un battement de cils sur leur sort commun, leur existence d'oiseau en cage, carcasse remplie-vidée-remplie jusqu'à ce que la coupe soit pleine et qu'elle finisse soit par craquer, soit par vomir sous la forme d'un enfant le fruit d'entrailles ensanglantées. Cela faisait partie des activités les plus lucratives du clan, les putes, et ne méritait pas que tu perdes ton énergie à t'y intéresser car gérer par d'autres que toi, petite main ayant les préférences du tout nouveau oyabun, figure de l'ombre allant bientôt rentrer en pleine lumière, Wakagashira sur le point d'être nommée.

Mais ça, tu ne le sais pas encore. Tu n'as sur ton front que les vingt-huit ans d'une encore jeune femme perdant peu à peu ses illusions, le maigre ballot qu'il lui reste du moins.

Tu es dans la diaspora depuis suffisamment de temps pour connaître l'agencement de quasi tous les locaux, ayant servi en ta qualité de femme de main, de larbin corvéable à souhait, c'est-à-dire de coursière courant sur demande chercher/acheter/vendre/poster/prélever/menacer/tabasser/tuer tout et n'importe quoi, de la souris dans les greniers du Shateigashira à l'amant d'une femme adultère d'un haut placé. C'est les yeux quasi fermés, donc, que tu te diriges au fond du trou du cul du monde le plus sale qui t'ait été donné de voir, tu te dis, de ce merdier sombre à l'escalier de bois aux lattes pourries, tout au fond, jusqu'à être devant un mur. Tu actionnes une trappe, te faufilant jusqu'au sous-sol caché de l'ancienne et respectable maison de thé d'Osatoka, la première à Pallatine selon les dires, là où l'on stockait les thés, servant désormais de fumoirs à opium. Jetés à même le sol, des sacs remplis de noyaux de cerise servaient de canapé de fortune à des êtres rachitiques, paupières mi-closes, regard rivé vers un grand large fantasmagorique. Ça sentait le parfum entêtant de la fleur de pivot macérée avec la pisse et le vomi, les crachats et les toux qui régnaient en maître, un trou du cul encore plus insalubre si c'était possible qu'en haut. Ça te donnerait envie de remonter dare-dare à l'air libre, respirer goulûment le vent sec soufflant dehors, rentrer chez toi dans ta minuscule chambre et t'asperger d'alcool à 90 jusqu'à te brûler les cicatrices parsemant ta peau de pêche, croissants de lune rosâtres. Tu les as comptés un jour, tous ces bleus, ces coups, ces balles reçus, perdus, échangés par rafale ou offert, unique, sombre, cadeau empoisonné de ce qu'on pouvait nommé 'leçon' si on était masochiste, ce que tu étais, au fond, tu le reconnais, pour travailler pour des gens comme ça, prêts à crever sur un simple ordre. Est-ce l'idolâtrie qui t'a fait franchir les portes de l'Iwasaki dès ton arrivée à Pallatine, ou bien le charisme évident du nouvel Oyabun que tu avais soutenu sans faillir dans sa sanglante conquête du pouvoir, lui apportant ton charme, ta voix, tes formes rondes et sveltes, ta jeunesse et tes rêves, ton pragmatisme et ta débrouillardise ? L'idolâtrie, tu marmonnes, peu convaincue de ce mot alors que tu enjambes à pas feutrés les jambes, les bras, les corps entiers parfois des mollusques drogués s'agglutinant au sol, transporté dans un voyage synthétique dont ils ne rapporteront rien d'autre que des emmerdes supplémentaires, où ils perdront billets verts et santé.

Tu progresses mètre par mètre jusqu'à atteindre enfin ta destination, une latte de paille de riz plus propre que les autres sur laquelle tu t'assois en amazonienne, jambes repliées, dos droit, faisant face à un étrange jeune homme devant avoir à peu près ton âge, peut-être plus.

Tu l'observes sous tes cils alors que tu t'inclines dans un imperceptibles mouvement de la tête, te présentant à ton Shateï.

▬ Izanami, enchantée de faire ta connaissance. Tu excuseras ma rudesse mais allons droit au but. La cible est en haut avec Reiko, chambre tout à droite, premier étage. J'ai deux hommes mêlés aux clients prêts à passer à l'action. Dans cinq minutes ils seront dans la rue avec la cible. Je tenais à t'informer, comme ce qui était convenu entre nous. Pour la suite, nous le transférerons tu sais où. Et Père demande à ce que tu fasses le nécessaire, bien que je ne voie pas ce qu'il entend par là. Bien évidemment, la cible sera corrigée puis renvoyée chez elle.

Tu t'inclines de nouveau, te lèves et t'apprêtes à partir en compagnie de ton interlocuteur quand tu te rappelles d'un détail important.

▬ J'espère que tu n'as pas oublié tes outils. Nous n'avons que le nécessaire sur place, donc si tu as des préférences en termes de... Techniques (le mot sonne ironique et dur dans ta bouche de jeune fille) tu devras soit faire avec, soit apporter ce dont tu as besoin. On a le tuyau en fer, la planche, la cuillère, la scie, et deux trois trucs utiles.

Tu énumères vos instruments de torture d'une voix égale alors que vous refaites surface dans le monde de lumière et d'air frais, enfin. En parler aussi froidement pourrait le choquer, réalises-tu plus tard. Tu hausses mentalement des épaules, n'ayant pas grand-chose à faire de son opinion. Dans un univers sans pitié comme le vôtre, il fallait apprendre à assumer et à ne pas craindre les quand-dira-t-on. Tu n'es qu'une adulte ayant encore sur ses joues les ultimes traces de l'adolescence, les rondeurs d'une chair fondant pour former la femme que tu seras plus tard, un être plus dur, plus fermé, plus caustique et cassante et peu souriante, loin de l'image solaire et maternelle que ton rang de Wakagashira, l'expérience de la vie te fera atteindre plus tard. Un bout de femme enflammé par ces paroles et ces regards d'hommes pensant qu'elle n'avait pas sa place parmi eux, un individu blessé mortellement jour après jour par toutes les insinuations perfides, blessé sans jamais avoir le temps et l'énergie de s'en remettre tout à fait avant d'encaisser le coup suivant.

Tu apprendras, Etsuko, tu apprendras. Tu expérimenteras la douleur extrême et le plaisir suprême, tu sentiras le souffle de la mort se mêler à l'extase de la vie, le miel amer de la réussite sociale et de la solitude la plus complète. Tu auras le monde à tes pieds brisé en millier de morceaux à reconstituer, fillette, oui, tu auras tout cela et bien plus encore. Mais tu es là, droite, marchant d'une démarche assurée vers les ténèbres de minuit, visage de marbre, discutant de l'avenir d'un homme n'ayant pas d'autre tort que de ne pas avoir payé à temps ses dettes. Tu es là, impériale dans tes amples vêtements, drapée dans une majesté naissante, à soupeser du regard la proie immolée à ton culte de déesse sanglante. Le sang ne tardera pas à couler de nouveau sur tes mains délicates, constante de toutes ces années qui passent et trépassent, amenant ton existence à son apogée avant de la précipiter à son point final. Tu jauges de ton œil critique la figure pâle comme un linge, le corps ample de ce père de famille préférant passer ses soirées entre les cuisses d'une pute qu'entre des bras d'épouse. Tu as honte pour lui, et il ressent cette honte car il détourne le regard tandis que ses joues se colorent de rouge, signe de son repentis. Ça ne fait qu'exciter ta colère grandissante. Quel crétin. Incapable. Idiot. Menteur. Trompeur. Tu es jeune, fillette, si jeune et trop prompte à juger. Tu apprendras à arrondir les angles, plus tard. Pour l'instant, ton regard ne porte pas plus loin que le futur proche, un futur rouge sang.

▬ On l'embarque. Vite.

La voiture est garée juste en face, une camionnette de livreur où vous vous entassez à l'arrière, victime dans le coffre, masque à oxygène vissé au nez, injection de somnifère dans les veines. Le voyage ne durera pas plus d'une demie heure, de quoi gagner la campagne et éviter les regards, les oreilles inopportuns. Le jour ne tardera pas à se lever, sans doute, mais la nuit paraît sans fin. La voiture roule dans un doux ronron te plongeant aux portes du sommeil, mais tu essaies d'y résister. Tu avances une petite main nerveuse aux ongles courts quoique bien entretenus.

▬ Abe Etsuko. Ravie de faire votre connaissance. Pardonnez-moi ma rudesse de tout à l'heure, j'ai cru que nous serions en retard sur le programme (tu étais connue pour ta grande ponctualité et ta haine des retardataires) alors j'ai coupé court à la politesse. Vous devez être...


Souffle de vie, soupir de mort





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Clan Iwasaki
posté le Mer 15 Mar 2017 - 4:06 (2)
à coeur ouvert
ft. Etsuko | circa 2008


恥ずべき。
恥ずべき。
恥ずべき!

Il a encore le voyage dans ses os. La fuite gravée dans son âme, qui cogne contre son crâne comme un sōzu chassant tout calme, toute sérénité de son être. À coup de tige de bambou creuse, qui s'écrase sans cesse contre les parois de son cœur de pierre.
Clack. Il a échoué.
Clack. Il n'était pas préparé.
Clack. Il n'avait pas de plan.
Clack. C'était une erreur magistrale.
Clack. Honteux.
Clack. Tout simplement honteux.
Il subit sa colère; son amertume. La laisse bouillonner en son sein, détruire, déchirer, faire fondre son âme, ses organes. La laisse dévorer son estomac, ses poumons et son cœur - ressent comme une brûlure sa honte. Comme les flammes de l'enfer qui viennent lui lécher la gorge, remontant des profondeurs de sa poitrine. Il entretient ce feu depuis qu'on l'a découvert; peut-être depuis qu'il est passé à l'acte. Sachant dès le cœur de Taoka Kazuo arrêté qu'il avait commis une énorme erreur.

Enflé d'une confiance qu'il n'a pas méritée - d'une audace qui l'a jeté au bord du gouffre, ses doigts ensanglantés s'accrochant au rocher dentelé qui l'a gardé en en vie. Il a été stupide, imprudent, a manqué de préparation, de prévoyance; tout dans son plan (si on peut l'appeler ainsi - il répugne à l'appeler ainsi) était voué à l'échec. Bâclé, négligé, incomplet; manquant franchement d'intelligence. Il a vu l'opportunité et l'a prise, faisant fi de toute prudence, de toute logique. Aveuglé par cette soif de pouvoir qui l'étouffait; perdu dans ses propres lubies.

Plus jamais.
Plus jamais il ne sera réduit à fuir; à ramasser ce qu'il peut et fuir la queue entre les jambes. Plus jamais il ne marchera des kilomètres, ne profitera de la bonté (naïve) des hommes pour qu'on le conduise jusqu'au prochain point de son voyage - plus jamais il ne se fera passager clandestin au fond d'un bateau comme un insecte. Plus jamais. Le feu dans son ventre; les flammes dans son âme; qui ravagent tout sur leur passage, dans lesquelles il bouillonne, qu'il laisse - qu'il force à - l'habiter, le dévorer. Qu'il ne reste plus rien derrière - qu'il n'y aie plus rien à jeter.

À genou sur un tatami, il bouillonne et il attend. Il vient à peine d'intégrer l'Iwasaki-rengō - vient à peine de terminer sa formation à l'Institut. On l'a accepté à bras ouverts, sans savoir - il compte qu'on ne le sache jamais. Compte enfouir derrière lui ce secret de son échec, et ne jamais le dépoussiérer, même sur sa tombe. Il l'emportera dans les limbes; les lèvres cousues jusqu'à la fin de l'univers. Donc - il vient à peine d'intégrer l'Iwasaki-rengō, et on lui offre sa première mission; sa première affectation. Alors il attend, au lieu de rendez-vous: Izanami. Et elle se pose devant lui comme un papillon; il s'incline, plus profondément qu'elle.

« Shisen. Oaidekite ureshii desu. » (Honoré de faire votre connaissance.)
Puis il se tait et il écoute. Attentivement. Elle termine ses explications; il hoche la tête, formel.
« Wakarimashita. »
Pas un mot de plus, pas un mot de trop; là n'est pas le moment. S'il veut assouvir cette flamme qui brûle toujours entre ses côtes, s'il veut grimper les échelons il gardera une conduite exemplaire, parfaite, et ce jusqu'à ce qu'on lui permette quoi que ce soit d'autre que cette formalité totale et cette obéissance aveugle. Il ne se lève qu'après elle; s'arrête à mi-mouvement quand elle se retourne pour rajouter quelque chose. La poignée de sa trousse déjà en main, il ne lance qu'un 'hai' à son questionnement. Lui-même ne la questionne pas quant à sa liste d'outils tout à fait incongrus à son travail - sans doute ne lui a-t-on pas mentionné ce qu'il fait.

Ce n'est pas grave, de toute façon - il a ses outils. Et celui-ci n'est pas un de ces cas où la salubrité du lieu est tout particulièrement importante. Alors il la suit d'un pas égal, toujours à deux foulée des siennes. Il observe l'enlèvement de leur victime avec un calme posé de celui qui y est habitué. Ce n'est pas le premier - ce ne sera pas le dernier. Il s'engouffre dans la camionnette à la suite d'Izanami sans un mot, et s'y installe sans même un son. Il pose sa trousse sur ses genoux.

« Yoshigahara Issei. Il n'y a absolument aucun besoin de vous excuser. Le plus important est que nous ne soyons pas en retard. »
Il s'incline, autant qu'il le peut, en se présentant. Elle semble ouvrir une porte pour lui; peut-être cherche-t-elle simplement à meubler le silence, à faire s'écouler plus rapidement les minutes qui les séparent du lieu de son travail. Issei daigne ainsi rajouter quelques mots.
« Je ne prends - et ne vois - aucune offense à l'efficacité. »

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posté le Ven 24 Mar 2017 - 23:38 (3)



» A coeur ouvert

Dehors, la ville prend des airs de poulpe. Elle étend ses tentacules de verre et d'acier le plus loin qu'elle le peut, emprisonnant votre véhicule sur ses routes de bitume noir. Elle voudrait ne pas vous lâcher, la ville, mais bientôt vous rejoignez la route de capagne sinueuse menant à la zone agricole, délaissant gratte-ciel et polution pour un air devenant de plus en plus respirable.

▬"Ça vous ennuie si j'ouvre la fenêtre?"

Tu te surprends à considérer l'opinion d'un être socialement inférieur à toi, à attendre son hochement de tête, son "hai" lancé si bas et si franc qu'il n'est qu'un souffle silencieux s'affirmant dans le vent de minuit. Un insecte bourdonant à tes oreilles, c'est ce qu'ils doivent être à tes yeux. C'est ce que te disent les Anciens, ces hommes ayant l'habitude de gouverner, ces hommes te jugeant inapte à te tenir devant eux, fière, droite, sourire aux lèvres et vêtements bien coupés, formes mises en avant sans tomber dans la vulgarité. Tu recueilles les rares conseils qu'ils veulent bien t'offrir, faisant la sourde oreille quant à leurs trop nombreux commentaires désobligeant. Pense-t-il la même chose qu'eux, ce Yoshigahara Issei? A-t-il honte de s'adresser à une femme sur le ton du respect dû au rang supérieur que tu occupais par rapport à lui? Tu ne décèles rien de tel dans le timbre grave, plaisant de sa voix.

Tu l'observes en silence, ce drôle de compagnon de voyage. Il a quelque chose de l'ours, tu te dis. Peu locace, plutôt à observer qu'à agir. Un corps plus massif que la normale, bien qu'on ne puisse pas le qualifier de colosse. Un mec bien bâti avec de solides épaules, des jambes puissantes, un cou robuste. Il ferait un bon combattant, tu avais l'oeil pour remarquer ce genre de chose. Tu laisses traîner ton regard une dernière fois sur son torse comprimé dans sa veste. Un détail te fait sourire.

▬"Vous vous mettez souvent sur votre trente-et-un pour les activités que nous allons faire?"

Par là, tu entends bien sûr la torture. Non pas...le sport de chambre ou autre. Tu réalises trop tard le sous-entendu et rougis violemment. Tu es jeune, Etsuko, et sous tes 28 ans et tes formes charmantes, tu n'as pas encore expérimenté la vie d'une femme, une vraie. Tu n'as pas le flirt facile ni le détournement par ton rire crystallin brisant les plus dures des carapaces. Tu l'acquerras plus tard. Tu es inexpérimentée avec les hommes, et il doit le sentir, Yoshigahara Issei. Se moque-t-il de toi dans l'ombre de son esprit? Te trouve-t-il immature? Il est plus jeune que toi de deux ans, tu l'as lu dans son dossier, du moins les rares notes dont tu disposais sur lui. Tu ne sais rien d'autre. Ce n'est pas plus mal, tu te dis. Tu pourras te forger ta propre opinion de lui.

Tu remarques sa pochette, sagement posée sur ses genoux.

▬"Beau cuir, tu commentes, l'air de rien."

Dehors, vous poursuivez toujours la lune, menant avec elle une course contre la montre où seuls les premiers rayons du soleil vous départageront. Il n'y a rien d'autre à faire qu'à attendre, attendre et contempler le paysage lunaire prenant forme petit à petit alors que décélère le véhicule. Bientôt, vous mettez pied à terre. Il est temps de passer à la vitesse supérieure.


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Clan Iwasaki
posté le Lun 27 Mar 2017 - 5:41 (4)
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ft. Etsuko | circa 2008


Obéissant, il ne l'empêchera jamais de bien faire ce qui lui chante. Izanami est sa supérieure; il se demande bien pourquoi elle apporte un quelconque intérêt à son opinion, à ce qu'il pourrait bien en penser. Il se contente d'acquiescer, laissant échapper un son court, clair mais discret, une exclamation sans une once d'émotion ou de personnalité. Il se fera page blanche jusqu'à ce qu'on lui demande quoi que ce soit d'autre. Docile, presque - laissant gronder, alimentant ainsi la flamme qui dévore son être, s'en submergeant - se délectant de la douleur. De la honte. Ce n'est qu'ainsi qu'il pourra devenir plus fort.

Il sent le regard d'Izanami le scruter - l'étudier. Il se laisse soumettre à cette analyse sans jamais broncher, sans jamais bouger un cil; sans jamais que son propre regard ne s'écarte de ce point - du dos du banc devant lui, de la noirceur de la nuit qui assombri l'intérieur du camion, de ce rien qu'il fixe comme s'il pouvait y trouver toutes ses réponses. De cette expression neutre qu'il porte comme un masque, dans ce temps où il n'avait pas achevé d'effacer ses imperfections au coin de ses lèvres. Il apprendra, bien sûr, à perfectionner ce masque. Jusqu'à ce que même lui-même, s'il en venait à observer sa réflexion, n'y trouverait aucune bavure.

Maîtrisant pour l'instant cet art qu'il affectionne - ce fil sur lequel il danse, aux limites du mensonge et de la sincérité, brouillant les frontières; cette vérité crochue drapée de velours, dansant - vêtue de tous les costumes - au fond de ses pupilles. Il efface aussi vite qu'elle lui vient cette pointe de surprise à la question d'Izanami, cette confusion pas tout à fait innocente qui pointe au fond de sa gorge. Il se contente d'y opposer son expression inchangée, son ton neutre.
« Oui. Je suis toujours habillé ainsi, sauf lorsque la situation requiert autre chose. »
Ce n'est pas du tout le genre d'attirail qui fait tache d'où il vient - le contraire serait plutôt exact. Il ne voit pas réellement de quelle autre façon il pourrait être habillé; de toute manière, tacher ses habits serait preuve d'une erreur bien plus profonde que ses choix vestimentaires.

Il ne commente pas sur la rougeur que prennent les joues d'Izanami; n'avait pas pensé à quelque sous-entendu que ce soit au départ, et n'y songe qu'avec sa réaction. Il se contente ainsi de l'ignorer, autant par respect que par désintérêt. Il y a bien longtemps qu'il a reconnu son apathie face aux atouts de la gente féminine, surtout en comparaison avec ses confrères - il n'y porte aucune attention tant qu'il ne peut s'en servir à son avantage.

Il incline le visage lorsqu'elle complimente sa trousse.
« Arigatō gozaimashita. »
Le reste du voyage se passe dans un silence jamais inconfortable. Seulement celui dans lequel baignent deux êtres qui connaissent leur places respectives - Issei sait qu'il ne saurait faire la conversation sans quoi que ce soit de pertinent - et se contente donc de ne rien dire. Bientôt, la voiture s'arrête, et Issei pose une nouvelle fois ses pieds sur le gravier; agrippe sa trousse et passe de l'autre côté du véhicule pour ouvrir la porte à Izanami si elle le laisse faire.

Ils s'engouffrent dans le bâtiment qui accueillera leur amoralité, ces conséquences apposées à coup de scalpel sur un homme n'ayant sans doute pas mérité ça. Mais Issei ne s'est jamais soucié de ce genre de chose; d'une façon où d'une autre, ne pas payer ses dettes, se tenir debout, défiant face à l'Iwasaki-rengō, au Yamaguchi-gumi apportera son lot de conséquences. Et, subséquemment, sans aucun doute, de regrets. Il dépose sa trousse sur une petite table, à gauche de la chaise où l'on attache la victime, l'ouvre et en révèle le contenu. Quelques scalpel, des pinces, un forceps, un écarteur, un spéculum oculaire et quelques autres outils chirurgicaux.

Il s'écarte d'un pas alors que l'on termine d'attacher la victime, et enfile, à gestes posés et lents, un masque. Il en offre un second à Izanami.
« J'imagine que vous restez pour observer. »
Il ne voit pas pour quelle autre raison elle serait venue avec lui. Il déteste cela - sent déjà, même s'il n'a pas encore commencé, cet inconfort profond que l'on l'observe au travail. Pourtant il ne dit rien: là n'est pas sa place. Il se contente d'enfiler ses gants.

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posté le Sam 8 Avr 2017 - 21:09 (5)



» A coeur ouvert

Tu observes le masque qu’il te tend d’un air interrogateur. Perdue dans tes pensées, tu n’as pas remarqué le contenu de sa trousse, véritable arsenal de guerre chirurgical. Ton air perplexe – sourcil relevé en une interrogation qui ne franchit pas encore la barrière de tes lèvres, qui reste en suspens entre vous, s’étirant, prenant de plus en plus de place jusqu’à occuper tout l’espace – le renseigne plus facilement qu’une suite de questions bombardées à toute vitesse, borborygme incompréhensif. Que veut-il que tu fasses de cet objet ? Tu n’étais ni malade, ni sujette à une irrépressible envie de vomir à la vue du sang. Depuis le temps que tu es dans le milieu, tu t’es habituée à la violence, ces fleurs rouges teintant vos mains, les marques bleue, violette, rose que vous laissiez derrière vous. Le trouble né de la nécessité, du devoir de blesser autrui ne vient plus perturber tes sens. La différence entre Etusko et Izanami n’est qu’un voile si fin qu’il te colle au visage comme une seconde peau. Pile ou face, jour ou nuit, deux entités, la même personnalité. Tu ne te caches pas, ou à peine, de quoi conserver un reste de mystère, un secret de polichinelle, belle porcelaine.

« Je ne pense pas en avoir besoin. »

Tu rejettes et le masque, et l’invitation – son ordre ridicule, tu le corriges – à rester simplement spectatrice, bras croisés, bouche cousue. Il te connaît bien mal, Issei Yoshigahara, très très mal. Il en faudrait peur pour que tu exploses d’une colère froide, sèche, tes mots comme des coups de fouet striant sa langue d’impoli d’éclairs sanglants. Tu te retiens car contrairement à lui, tu sais où est ta place. Ta juste place.

Tu avances, sûre de toi, vers le corps sanglé du mauvais payeur fermement attaché à son trône de métal. Il n’a pas encore repris connaissance. Tu vérifies son pouls par pure prudence ; il bat régulièrement, paisiblement, n’ayant pas encore conscience de la douleur qui ne tardera pas à lui faire battre la chamade. Les cordes vocales pour l’instant au repos s’échaufferont en vaines suppliques – ton cœur est imperméable lorsque ton corps est à la tâche, ton esprit n’étant alors qu’un espace vierge de toutes pensées superflues. Tu observes sans l’once d’un remord l’homme au repos, Morphée et les somnifères le plongeant dans un sommeil artificiel. Rêve-t-il ? Est-il heureux dans ses songes ? Qu’il en profite autant qu’il le peut. Ça ne va pas durer.

Tu jettes un regard circulaire, te promenant dans l’espace clos du hangar transformé en salle de torture. Il ne fallait pas être claustrophobe ; les cloisons de tôle n’étaient percées d’aucune fenêtre. La seule source de lumière venait d’un néon blanc fixé vaille que vaille au plafond. Le sol, quant à lui, était recouvert d’une immense bâche de plastique blanc couinant désagréablement à chaque pas que tu faisais dessus. Le tout donnait dans l’ambiance des films noirs. Tu réprimes un petit rire fortement inapproprié en pensant que vous étiez terriblement cliché, tout de même, et que les cinéastes n’avaient rien exagéré dans le fond, ou si peau. Un corps humain ne pissait pas dix litres de sang, n’en déplaise à un certain Tarantino.

Un éclat argenté attire ton regard. Tu remarques sa provenance, non loin des doigts gantés de latex – avait-il peut d’éclabousser d’hémoglobine sa chemise d’un blanc immaculé ? – d’Issei, et ne peux t’empêcher de le questionner, cette fois-ci ouvertement :

« C’est pour quoi, tout ça ? »


Tu n’as plus rien de badine ni d’amicale, ton timbre de commandante perçant derrière tes yeux plissés accusateurs. Tu n’aimes pas ce que tu vois, encore moins ce que tu crois comprendre. La situation échappe à ton contrôle, ce qui t’angoisse. Tu essaies de ne pas le laisser paraître, mais tu échoues. Tes épaules se tendent, tes muscles se contractent. Tu es un fauve se préparant à attaquer. Bondir sur sa proie, viser la jugulaire, mettre à mort. Dangereusement immobile. Un mot de travers et tu tues. Mais tu n’es pas là où on t’a placée pour rien. Tu es patiente. Compréhensive. Ton avis peut changer, tout comme ton point de vue, du moment qu’on parvient à te convaincre. Tracer dans ton esprit un cheminement logique. Tu admettais être Thésée et avoir besoin de ton Ariane si tu voulais sortir de ton obscurantisme. Alors tu attends. Crispée, tu attends. La victime frémit tout comme toi d’impatience. Elle veut savoir à quelle sauce elle va être mangée. Tu veux savoir comment la cuisiner, et qui sera le véritable chef des opérations. Plus que tout, tu doutes d’Issei, cet homme sorti de nulle part, recommandé par un type louche à l’Oyabun qui, tu ne sais pas pourquoi, a accepté de l’accueillir au sein de l’Iwasaki. Tu n’aimes pas ça. Tu as peur des traîtres. Des couteaux dans le dos. Tu te méfies beaucoup trop, mais c’est ce qui t’a permis de survivre aussi longtemps, après tout.

Souffle de vie, soupir de mort





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Clan Iwasaki
posté le Ven 14 Avr 2017 - 5:47 (6)
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Elle le fixe de cet air confus, questionnement perlant au fond de ses pupilles, alors qu'il ne baisse pas le masque. Il attend, simplement; ne dira rien tant qu'on ne lui pose pas de question. Là n'est pas sa place. Il se contente, donc, de baisser le masque alors qu'elle lui affirme ne pas en avoir besoin; il ne s'obstinera pas. Même si, bien sûr, elle en aura besoin - risquer la mort du patient par un excès d'imprudence, voire un excès de zèle est totalement inacceptable. Issei n'acceptera pas une nouvelle erreur, un nouvel échec, et ainsi se contente de l'observer alors qu'Izanami se dirige décisivement vers l'homme attaché, leur victime. Il écoute, distraitement, le son désagréable que la bâche fait alors qu'elle y dépose ses pas - note qui se répercute, se marie au fond de son crâne avec les coups du sōzu.

Il suit son regard jusqu'à ses outils - observe passer, sur ses traits, ce questionnement, cette inquiétude. Le ton est dur, sec, et c'est à cet instant qu'elle fait totalement usage de son autorité sur lui; simplement, il se contente de délier sa langue, nouée autour des explications qu'il ne s'est pas permis à donner avant qu'on les lui demande. Ne l'a-t-elle donc pas informé de son rôle? Elle ne connaît clairement pas ses capacités; ce pour quoi on l'engage. Était-ce un oubli intentionnel de la part de leurs supérieurs? Et si oui, pour quelle raison? Bah. Ça n'a pas énormément d'importance pour l'instant.
« Le prélèvement d'organes. »
Pose-t-il d'un ton neutre, clair et efficace. Pourtant il ne juge pas nécessairement cette explication suffisante; il continue ainsi sur le même ton, totalement dénué d'audace, de mépris ou même de confusion.
« Je suis médecin légal thanatologue. Plus récemment, trafiquant d'organes. »
Certains l'appelleraient une descente en enfer; il n'y a trouvé qu'une façon plus libre, plus lucrative et plus utile (pour lui) de faire ce qu'il aime - moins que la mort, moins que sa réelle passion, mais aussi près qu'il peut s'en approcher. Peut-être une descente en enfer, mais dans ce cas cela ferait de lui un démon.
« On m'a envoyé ici pour exécuter la sanction sur le mauvais payeur, et du même coup prélever de quoi rembourser une fraction de sa dette. »

Le calme avec lequel il énonce ces simples faits pourraient mettre froid dans le dos aux non-initiés, aux innocents; mais pas à elle, il en est certain. Elle a été envoyée ici pour le superviser, le tester, presque sans aucun doute; il aurait facilement pu faire ce genre de mission seul, sachant que l'interception et le transport de la victime se faisaient par une équipe déjà établie. Nouvellement intégré à la diaspora, il est évident qu'ils voudraient observer ses capacités, tester sa loyauté, d'une façon ou d'une autre. Voilà peut-être pourquoi l'on n'a pas renseignée Izanami sur ses fonctions - ça, ou elle est une excellente actrice, face à laquelle Issei ne peut que lever son chapeau.

Ainsi, peut-être comprendra-t-elle que le masque lui est nécessaire; que la contamination du patient n'est pas un facteur que l'on doit prendre à la légère, et que sa survie est capitale. Après tout, les morts ne peuvent pas rembourser leurs dettes - quoi que, peut-être leurs entrailles le peuvent-elles, admettant que leurs organes soient en suffisante condition. Hypothétique dénué d'importance, pour l'instant; sa mission est de rendre le patient - la victime - vivant, et il ne s'y dérogera jamais.

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Clan Iwasaki
posté le Dim 11 Juin 2017 - 10:27 (7)



» A coeur ouvert

La révulsion ne te saisit que l’espace d’un battement de cœur, vite remplacée par la froide logique de celle qui sait que tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Tu regardes Issei sans vraiment le voir, regardes ses mains d’homme, des battoirs si grands que si l’envie lui en prenait, un seul suffirait à faire le tour de ton cou et le serrer jusqu’à ce que tu tombes inerte au sol. Pourtant tu n’as pas peur de lui. Réévaluant tes données sur le médecin – le thanatologue, tu corriges – tu peux enfin lui faire face à visage découvert. Il est imperturbable, une vraie armoire à glace. Tu comprends finalement que ce calme lui sert dans son métier non pas pour intimider les autres, mais pour ne pas les faire mourir par un geste déplacé.

Ton regard n’est pas aussi neutre lorsqu’il passe d’Issei à votre victime, tas de chair, tas de sang marchandé au prix fort dont il ne verra jamais la couleur de l’argent. Tu te dégoûtes de penser cela, tu te dégoûtes de ne rien trouver à dire à Issei, marchand de la mort, tabou absolu de la société, avec le commerce d’enfant. Mais au lieu des cris et des plaintes ne s’élèvent de tes lèvres que le soupir discret de ta respiration, paisible, onde à peine perturbée par les révélations précédentes. Tu souris, même, ricanant sous cape.

▬  Et dire que j’avais pris ma plus belle batte… 

Tu effleures du bout des doigts ton instrument de torture qui restera au repos ce soir, lui promettant son lot d’os à briser et de cris à entendre pour une autre fois. Tu es si jeune, Izanami, la violence comme une seconde peau emprisonnant tes sens, étouffant ton cœur, organe nébuleux ne crachant que le strict nécessaire dans tes veines. Le Clan avait besoin de tes bras, de ta colère, de ton acharnement contre les cibles désignées ? Tu répondrais présente. Encore et encore. Autant de fois qu’il le faudrait, autant de fois pour te salir à jamais, entacher tes mains jusqu’au crépuscule de ta vie. Contrat forgé par le sang, tu lui accordes à cette famille de loups jusqu’à ta vie sur un plateau d’argent.

Il en ira de même pour Issei, et même si tu te recules, lui obéissant en revêtant le masque chirurgical, ce n’est que pour mieux juger son travail, juger sa valeur, couteau aussi affûté que les siens prêt à sanctionner le moindre écart de conduite. Tu l’admires, tu admires son dos qui ne tremble pas, ses doigts qui ne tremblent pas, son menton qui ne tremble pas. Son front sec, ses yeux las, ses paupières délicates en forme d’amande. Son nez droit, la froide détermination l’habitant comme toi, le travail qui sera exécuté peu importe l’heure, peu importe les circonstances. Tu reconnais un bon ouvrier en lui – tu te détestes d’employer ce mot alors qu’un homme va payer le prix de ses dettes avec son propre corps, alors que vous allez voler (quoi ? un rein ? un bout de foie ?) dans ce qu’il a de plus intime et de plus immonde, de plus naturel, de vital, son enveloppe corporelle. Tu as envie de le réveiller et de lui crier de partir, de déguerpir au plus vite avant qu’il ne soit trop tard et qu’il vive avec le manque de ce qui ne peut être remplacé.

Mais tu t’assois sur ton trône – chaise de plastique blanc traînant dans un coin – que tu rapproches du spectacle sur le point de commencer, ni trop près pour qu’il prenne l’envie à Issei d’essayer son arsenal sur toi, ni trop loin pour ne pas louper ne serait-ce qu’une miette de ce qu’il va se passer. Celle qu’on allait torturer, c’était toi. Toi et ton humanité en lambeau, toi et tes hurlements muets. Toi et tes cauchemars. Mais tu dois tout au Clan, et jusqu’au bout de ton Enfer personnel tu iras pour lui. Pour l’Oyabun. Un petit sourire crispé naît sur le fil de tes lèvres, chose délicatement monstrueuse, tordant ton si joli visage en une moue ne te donnant presque plus rien d’humaine. Tu te fais glace, carapace, reine de l’hiver et gèles tes émotions, onde transformée en lac pétrifié, cœur aux battements lents, quasi inexistant. Même ta peau semble plus blanche que la neige alors que tu te tournes vers le médecin.

▬  Et bien, commencez. 

Que tu lâches d’une voix impériale, murmure audible uniquement pour ceux ayant déjà franchi la ligne rouge.

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pardon pour le temps de réponse... J'espère que la réponse t'ira, hésite pas à me mp ^^
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Clan Iwasaki
posté le Mar 20 Juin 2017 - 9:44 (8)
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Il sourit à son commentaire - sa blague. C'est une expression sèche, qui ne dévoile pas ses dents; dure et qui ne plie pas énormément les muscles de son visage, une réaction à un espace de la neutralité. Il ne s'amuse pas de la souffrance de ses victimes, ne s'amuse pas de la violence de leur milieu, ne fait preuve d'aucun sadisme; c'est plutôt une certaine complicité - non, une compréhension. Il reconnaît cette chose, ces choses qui les lient, malgré qu'ils ne se connaissent pas. Le sang qui tache leurs mains, qu'ils ne regrettent pourtant pas nécessairement pour autant. Signe de loyauté, de justesse ou de simple efficacité. Il n'y a rien de beau dans la violence, seulement elle est parfois nécessaire, et ceci tous deux le savent; ainsi connaissent les fondements de leur esprits mutuels. C'est une chose que le commun des mortels ne saura jamais partager, et ainsi une chose qu'ils partagent, silencieusement. Un savoir, des actes qui les lient par le sang - le leur, ou celui des autres.

C'est sous ce sourire qu'il se retourne vers la victime, l'examinant un instant. Les organes les plus lucratifs (le poumon, le foie, le coeur, le pancreas) sont évidemment impossibles à retirer à un patient vivant sans anesthésie, et sans beaucoup de matériel présentement indisponible à Issei, ou sans la mort du patient. Il y a, par contre, moyen de vendre une cornée et son implantation sur le marché noir pour un montant entre vingt-quatre mille et trente-mille dollars américains. Sur Terre, tout du moins; les prix devront certainement être ajustés à Pallatine, vu la clientèle restreinte. La demande d'une seule ville et la demande d'un pays tout entier ne sont pas réellement comparables. Dans tous les cas, il suffira ici de prélever un œil, le reste de l'opération et le transplant se feront plus tard. Et puisqu'il ne faut tout de même pas totalement handicaper la victime, on ne retirera qu'un œil; le gauche, souvent. Mais, réellement, ce n'est qu'une question de préférence.

S'assurant d'un regard que ses outils sont bien en place, Issei attend patiemment l'autorisation de le faire avant de se mettre au travail.
« Hai. »
La sensation désagréable le long de son dos, de sa nuque se manifeste déjà dès l'instant où il prend le spéculum oculaire entre ses doigts. Tels des yeux, un regard agitant le fond de ses organes, jugeant chacun de ses mouvements - oh, ce n'est pas le jugement qui le dérange, plutôt... l'imperfection du total. Il aimerait n'offrir que le résultat, œil en parfait état posé dans une glacière, victime au visage à peine abimé; plutôt, l'on doit observer son processus, avec le sang, les coupures - les cris, peut-être. Espérons que non; espérons que l'anesthésie temporaire (l'inconscience) durera jusqu'à après l'opération. Pas par inconfort face à la souffrance - plutôt parce qu'un patient qui tente de se défaire de son emprise est un patient qui se débat, donc qui bouge; et qu'une opération est beaucoup plus délicate et difficile lorsque son sujet n'est pas immobile.

Silencieusement, Issei vide ses poumons - moins un soupir, plus une respiration. Appréciation légère, fugace, de l'immobilité de ses mains. Et malgré l'inconfort, il commence à se mettre au travail - ne daignant jamais montrer quelconque malaise, quelconque agacement, et ce malgré qu'il soit dos à Izanami. Refusant toujours de laisser tomber son masque, se faisant toujours pilier d'obéissance. Posant de ses doigts précis le spéculum, révélant l’œil à prélever dans toute sa splendeur, et un vague instant Issei lamente le fait qu'il n'y verra pas la mort. Ne laissant pas une seule seconde à cette pensée, il s'arme d'un scalpel pour commencer la réelle opération. La douleur réveille immédiatement le patient, qui pousse un hurlement strident et panique totalement. Imperturbable, Issei se contente de continuer son travail, sans jamais même serrer les dents; poussant jusque dans son estomac tout sentiment d'agacement - là où il est dévoré par les flammes de sa détermination, de sa honte. Une minute - quarante-cinq secondes - plus tard, et la victime cesse de bouger; attachée, elle ne peut tomber mollement, mais il est clair que la douleur l'a fait s'évanouir. Tant mieux.

Issei s'efforce, ainsi, tout le long de l'opération, de rendre parfaits ces instants intrinsèquement imparfaits. Ne commettant aucune erreur, n'abîmant jamais l’œil, gardant un calme total et une stabilité englobant chaque centimètre de son être. Armé de sa honte, de sa colère, de cette détermination brûlante dévorant ses entrailles, il effectue ainsi son opération la plus réussie. Ayant auparavant eu cette arrogance, certaine légèreté au fond de ses doigts, jamais n'aurait-il pu atteindre un tel niveau de propreté; désormais défaits de ces défauts, ses jointures savent travailler avec une précision et une attention irréprochables. C'est ainsi qu'il scelle finalement la glacière, organe intact en son sein, et appose le bandage autour de l'orbite désormais vide. Retirant lentement ses gants, puis son masque, il se retourne silencieusement pour faire face à Izanami, attendant quelconque jugement, ou la permission de nettoyer et ramasser ses outils.

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