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    Dessine-moi un mouton - Camil Boyle

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    Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Jeu 9 Mar 2017 - 18:13
    Camil

    Camil Boyle

    feat Marco Adriano | Gangsta

    Caractère


    Dossier du Sujet 41, Promotion B612.

    Caractéristiques : terrien. 1m84. 64 kilos. 32 ans. Cheveux marrons, yeux bleus. Type caucasien.
    Particularités : cicatrice de la joue à l'oreille droite due à un éclat de bombe. Vétéran de la guerre de Syrie.


    Notes du doc. Bloom, chef du service psychiatrie : "le sujet 41 est un individu que je qualifierai de calme, maîtrisé, poli, respectueux du règlement. Il a obtenu la note maximale de Optimal lors du test de gestion du stress et est également un excellent élément quant à l'appréhension du danger. Sa réponse émotionnelle est des plus prometteuses, stable, basse lorsque face à une situation pouvant conduire à sa mort. Le sens du devoir est une notion profondément ancrée en lui, couplée à sa vision de lui-même comme, je cite, "un bouclier humain".
    Néanmoins, j'attire l'attention sur les tendances du sujet 41 à des cauchemars récurrent ayant trait à son passé en Syrie. Il serait judicieux de procéder à une altération des réminiscences problématiques avant la mise en fonction du sujet. Je conseille également la prise régulière d'un anti-dépressif à vie, les résultats d'une telle opération sur le sujet pouvant mener à une tendance suicidaire et à un comportement auto-destructeur. De plus, des séances hebdomadaires avec un psychologue seront à prévoir afin de s'assurer de notre réussite.
    Il ne reste pas moins que les qualités précitées font du sujet 41 un être tout à fait indiqué afin de remplir la fonction manquante de chef de la sécurité dans notre Institut. Je valide, Alma Bloom, chef de la psychiatrie, le dossier de Camil Boyle comme étant apte à la pratique de son futur poste.
    Docteur Alma Bloom, pôle Psychiatrie."


    Notes de l'ancien directeur de l'école, feu Alan Rakshaw : "Le sujet 41 est un élève assidu prenant plaisir à s'instruire. Ses sujets de prédilection sont l'Histoire, la Littérature et le Sport. Ses professeurs font état d'un jeune homme volontaire, discret, soigneux dans son travail. Il est à noter que monsieur Boyle dispose d'une nature propre à attirer la sympathie d'autrui et à servir de médiateur en cas de tension. Je valide donc la proposition faite de lui attribuer le poste de chef de la sécurité.
    Directeur Alan Rakshaw."


    Note du docteur Alma Bloom, chef du service psychiatrie : " Le sujet 41 a été opéré hier matin. Après ablation partielle de ses réminiscences les plus gênantes, il ne paraît ne conserver aucune séquelle. La batterie de tests effectués sur sa personne n'ont rien montré. Aucune altération de sa psychée n'est à observer. L'hypnose a duré quatre heures durant laquelle une demi heure a été consommée afin de calmer 41 s'étant rebellé. Il a sérieusement endommagé le practicien et s'est blessé durant son acte belliqueux, entraînant une cicatrice allant de sa joue à son oreille droite. Le protocol a permis l'injection du calmant B678x® ainsi qu'un changement de personnel. L'hypnose se poursuivra demain afin que le sujet 41 n'aie aucun souvenir quant à cet incident. La décision a été prise de faire de sa blessure une cicatrice de guerre.
    Ce rapport n'annule pas le précédent, ni l'avis favorable émis quant à la prise de fonction imminente du sujet.
    Docteur Alma Bloom, pôle psychiatrie."


    Note finale de l'ancien chef de la sécurité, Morgana O'Connor : "Camil Boyle n'inquiètera pas l'Institut ni ne compromettra sa sécurité. Il mourra pour la cause. C'est un loyal sujet. Son intelligence et ses réflexes acquis et perfectionnés au pôle sécurité en feront un bon négociant en cas de conflit. Je valide sa candidature au poste de chef de la sécurité."

    Je lis toutes ces pages noircies et bien d'autres, je lis mon dossier avec le même détachement froid dont je ferais preuve s'il s'était agit d'un étranger. Je suis cela, l'agent loyal, le bon toutou qu'on caresse ou dédaigne d'un geste de la main. Si ça leur plaît de penser ça de moi...

    Mais je sais que la vérité n'est pas comme indiquée sur ces feuilles mensongères. Soldat, ça veut dire feindre. Obéir. Masquer ses intentions derrière un visage de marbre. J'ai appris à sourire et à poignarder. À vomir et à rechercher la violence. Surtout, ne pas me dévoiler.

    Personne ne me connaît. Personne ne sait qui je suis. Je donne un nom différent aux autres. 41 est celui que je préfère, laissé libre à l'interprétation de chacun. 41, c'est mon numéro de série. 41. Ils ont cru que j'étais un robot, qu'on pouvait supprimer ce qu'ils voulaient de ma mémoire comme on effacerait le disque dur d'un ordinateur.

    Jamais je n'aurai dû avoir ce dossier entre mes mains. Je ne sais pas comment, ni pourquoi, ni s'il est vrai ou faux. Au risque de me brûler les ailes, je crois à sa véracité.

    41. Le nombre de coups de couteaux que je compte bien assénés à ces connards. La vengeance est comme le désert. Elle attend son heure avant d'agir; implacable, elle les aura à l'usure. Et lorsque son souffle chaud courira leur nuque, il sera trop tard. 41.

    Camil

    Âge: 32 ans
    Naissance: 04/11/1996
    Départ: 01/01/2025
    Présence en ville: 5 ans
    Nationalité: Française
    Métier: Responsable de la sécurité
    Statut civil: Célibataire

    Groupe: Institut Svensson
    Section: section sécurité
    Rang: responsable
    Nom de code: 41

    Taille: 1.89
    Corpulence: Elancé, musclé, passe-partout
    Cheveux: noir
    Yeux: bleus
    Autres: cicatrice sur la joue droite, oreille droite entaillée

    Histoire

    Il y a une foule de gens à mes pieds. Je suis placé sur une estrade dominant tout le monde, mis à côté d'autres camarades au regard reflétant le mien. Le tapis rouge me fait mal aux yeux mais je ne les dévie pas de leur trajectoire. Droit devant, garde à vous, main au béret. Mon fusil me manque, son poids rassurant et son métal luisant faiblement, son odeur de soufre me manquent. Je serre les dents. Au-dessus de ma tête se trouve une horloge dont le tic-tac agaçant m'empêche de saisir les mots du Président à notre égard. Je saisis "honneur", "sens du devoir", "dévouement", et autres termes qu'on colle à chaque discours fait sur des soldats revenant du front. Je compte et recompte dans ma tête alors que défilent mes frères d'arme à défaut de sang, même regard vide que moi, mêmes gestes mécaniques, même cadence de pas. Douze. Treize avec moi.

    "Camil Boyle."

    Je vois des sourcils se hausser devant un tel prénom de gonzesse, mais je m'en fous. Le moi d'avant qui aurait aimé enfoncer son poing dans la gueule de ces petits sourires en coin n'existe plus. Je monte les trois marches me séparant du Président. Poignée de main, photo, médaille épinglée, photo, poignée de main, photo, ombre. Je rentre dans le rang, l'hymne national résonnant une ultime fois, de plus en plus faiblement, alors que je retourne là-bas. Le soleil tape trop fort dans la cour du palais présidentiel, se reflétant sur les graviers d'un blanc aveuglant. Le jaune du désert me manque. Les traces du vent sur les dunes me manquent. L'eau au goût de fer me manque.

    On me tape sur l'épaule et je me rends compte que c'est déjà fini. Mon colonel me fait un geste, m'indiquant de le suivre. Le chef d'Etat-major ne cache pas sa peine. Il sait, lui, que nous n'avons rien à fêter aujourd'hui, et que les médailles sur nos poitrines ont percé notre cœur. Nous nous sommes battus pour la France qui n'a rien trouvé de mieux que de nous rapatrier, vivants et morts mélangés, par le premier avion. De la Syrie à la capitale, quelques heures pour tenter d'oublier, un verre de Coca comme seul réconfort et une serviette en papier pour essuyer nos larmes invisibles. Je serre les poings en m'installant dans la Jeep. Direction "la maison".

    Le silence dans l'habitacle en dit long quant au moral des troupes. Si nous étions plus nombreux à avoir survécu, nous aurions chahuté. Parler des copines ou des femmes nous attendant. De notre vie en dehors du terrain. Montrer, pour les plus vieux ou les plus émotifs, une photo d'enfant, de bébé né après notre départ. Maintenant, c'est autant de visages nous hantant, des prénoms portant le même nom, le même sang que nos amis morts, là-bas, loin de tout. Des familles endeuillées à qui nous avons tenu à remettre chacun une lettre racontant celui tombé au combat. On y va de notre anecdote, de nos louanges, essayant de se rappeler sans pleurer, parce que les soldats n'ont pas de larme. C'est dur. Si dur que j’aie mis deux semaines à écrire treize putains de cartes, dont trop avec trois mots à la con. Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis...

    Je suis devant chez moi et il fait noir. Les clés rentrent étrangement dans la serrure. Je n'ai plus l'habitude d'un tel geste, ayant dormi pendant trois ans sous des tentes, à même le sol. Je pénètre dans le salon sur la pointe des pieds alors qu'il n'y a personne à réveiller. Les rares meubles ne comblent pas l'écho de ma respiration se répercutant contre les murs nus. J'allume la lumière, ôte d'un geste ample les grands draps blancs recouverts de poussière, les jette à la machine avec mes autres vêtements sales, range ma valise, fais mon lit, allume la télévision et décapsule une bière. C'est 20heures et le visage du présentateur a vieilli, pourtant la voix est la même. Je m'affale de tout mon long sur le cuir craquelé du canapé, contemplant depuis mon poste un monde en pire état que celui que j'avais laissé trois ans auparavant. La cérémonie de la remise des légions d'honneur ne dure pas plus de 30 secondes. Aucune mention de nos noms. Nous sommes des anonymes courageux, revenus triomphant de leur mission d'éradication du Mal. Je ricane. Foutaise.

    Un bruit me fait sursauter. Je me rends compte que j'ai balancé ma télécommande contre l'écran, le fissurant. L'image se trouble puis s'en va tout à fait. Made in China, je grimace, finissant d'un trait ma bière plus toute fraîche.

    Le luxe de l'eau chaude sur mon corps est la première chose que je savoure depuis mon arrivée. Je m'y attarde plus longtemps que nécessaire. Là-bas, les rares instants d'hygiène consistaient à se frotter avec du sable chaud jusqu'à ce que votre peau ressemble à s'y méprendre avec une merguez. Le contact de vêtements autres que mon uniforme me surprend. Presque trop doux, trop léger, ne sentant pas la sueur séchée et le souffre des balles, le métal chauffé, mais la lessive et la lavande.

    Je me couche sur un matelas me faisant l'effet d'un nuage inconfortable. J'ai l'impression de chuter sans fin. La dureté du sol me paraît une meilleure option, du moins pour ce soir. Je m'habituerai lentement à une vie normale, demain dès l'aube. Jusqu'à ce que je sois rappelé sur le terrain comme un chien désobéissant.

    J'étale une couverture par terre, réfléchis puis décide de rajouter un oreiller. J'ouvre ma fenêtre même si on est en plein mois d'octobre, et laisse le vent me calmer, me bercer. Je m'allonge, prenant soin de détendre chaque muscle de mon corps un par un en commençant par les orteils. Je respire, souffle. Recommence l'exercice. Je respire, souffle. Me détends. Recommence. Respire, souffle...

    Le désert est une immense étendue dorée, impitoyable. On y meurt de soif, de fatigue, de chaleur. Nos casques sont des casseroles dans lesquelles cuisent nos cervelles. Déjà que le Q.I du régiment ne doit pas dépasser la moyenne, qu'est-ce que ce sera en revenant à la maison... Je ris sous cape en imaginant ce spectacle. Coup de poing dans l'épaule.

    "Si t'as fini de rigoler comme un bossu, vas prendre ta douche. C'est ton tour."

    Marcel me tend un sceau de fer, me pointant du doigt l'amas de sable un peu plus loin où faire mes ablations.

    "Dépêche-toi, princesse, on n’a pas toute l'année."

    Son accent fleurant bon le Sud déforme ses propos mais je les suis sans discuter, me battant pour arracher de ma peau la crasse s'y étant incrustée et ne récoltant, comme les autres, qu'un rougeoiement peu seyant. Tant pis, le temps est écoulé, nous devons lever le camp. Nos guides syriens agitent leurs bras dans une chorégraphie apprise par cœur. Aussitôt nous nous jetons par terre, fusil en alerte. Le soleil se réverbère trop fortement sur les grains jaunes du sable qu'il en paraît blanc et blesse nos yeux déjà fatigués par tant de nuits écourtées. Je ne cille même plus pour chasser une énième poussière bloquée au fond de mon œil. Ça fait partie de mon quotidien. Tel le buffle piqué par les moustiques, à peine daignerais-je m'en soulager.

    Le signal de l'attaque nous parvient par un vaste nuage d'or et de diamants se dirigeant vers notre groupe. Les 4x4 roulent à toute allure dans le désert, déplaçant dans leur sillage un tourbillon de sable. Les premières balles fusent ; ils sont trop loin pour nous atteindre, ce n'est qu'un stratagème destiné à nous faire peur, comme la danse des All Black. J'entends un de mes camarades sortir un 'On vous emmerde aussi, bandes de branleurs' avec suffisamment de force pour que d'autres ricanent, sans pour autant relâcher leur vigilance. Le climat se tend, se tend, se tend. Les voitures sont de plus en plus proches et je ne capte plus que les battements lents de mon cœur, je ne sens plus que mon doigt crispé sur la détente, prêt à appuyer. Tous mes muscles sont là, sur ce bout de métal, attendant un ordre qui ne vient toujours pas. Le nuage se fait de plus en plus dense et bientôt je sais que nous ne verrons plus rien. Nos snipers positionnés plus loin, sur une dune en hauteur, invisibles, n'auront plus la chance de pouvoir les abattre à distance, si ça continue. Mais l'ordre n'a pas été donné, et nous obéissons, peu importe si ça nous mène à notre perte. On distingue presque les gentes des grosses roues dentelées. Justin, le plus croyant de nous tous, marmonne un 'Je vous salue Marie'. Est-ce que lorsqu'il baise sa femme, il prie aussi ? Je me le demande alors que le temps semble tourner au ralenti, chaque seconde durant des heures et pourtant on ne voudrait pas qu'elles finissent. C'est les rétroviseurs qu'on voit, désormais. Ils sont si proches et pas un seul ordre. Mais pas de coups de feu de leur part, non plus. C'est étrange. Ils devraient profiter de leur avantage pour nous décimer comme les merdes que nous sommes à leurs yeux. Nous, nous n'aurions pas hésiter à leur place. Pourtant, les moteurs vrombissent, vomissant une épaisse fumée noire nauséabonde. Puis cesse tout bruit. Ils descendent un à un, leur tête protégée par de longs turbans blancs savamment enroulés autour de leur crâne. Certains des camarades ont adopté cette technique afin d'éviter de cuire sous le casque. On dirait la légion étrangère. Ils s'avancent, droits, dignes je dois le reconnaître, les mains en l'air. Jamais je n'ai vu cela. Je ne comprends pas pourquoi ils ont tiré tout à l'heure, je ne comprends pas ce que l'un d'entre eux trimbale dans un sac rouge attaché à son épaule.

    Notre chef s'avance, et on frissonne. Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi on n'est pas au courant ? Il prend le sac rouge et déverse son contenu sur le sable chaud, et je comprends pourquoi le sac est rouge. Rouge sang. La tête coupée de l'homme a la bouche ouverte, la langue quasi bleue, les yeux révulsés et les traits marqués par la souffrance. Les coupures et les hématomes sur le visage ne mentent pas. Il a probablement été lynché à mort. Notre chef ne cille pas, mais un des camarades détourne les yeux. Un autre est soudain verdâtre. On en a vu des choses, moches moches moches, à pisser dans son froc et à vomir par-dessus son épaule. Mais là, on a touché le fond. Les regards pèsent tous sur le dos de notre chef, et j'entends presque les camarades se demander ce qu'on fout ici, témoins d'une scène trop bizarre pour de simples soldats comme nous. Notre chef marmonne quelque chose au groupe de djihadistes qui opinent du chef avant de repartir dans leur 4x4 sans un mot de leur part. La tête reste par terre, contemplant de ses yeux aveugles un ciel trop bleu trop parfait pour autant de violence.

    "Duchamps, enterre-moi ça."

    Justin n'a clairement pas envie de se charger du sale boulot, mais il prend le sceau à côté de moi, creuse comme il le peut un trou sommaire, fait rouler du bout de sa godasse la tête dedans avant de vite reboucher le tout. Le sac rouge reste bien visible, seul témoin de ce qu'il vient de se produire.

    Notre chef se détourne, et s'en va. On se relève et on le suit. Les soldats n'ont pas de pensée. Pas d'émotion. Pas d'arrière-pensée. On marche, on marche, on s'éloigne d'une intrigue nous dépassant. On marche et la voix de la tête serpente jusqu'à moi. Elle murmure, elle siffle des mots dans une langue qui n'est pas la mienne et que je comprends, pourtant, parce qu'ils viennent des tripes. Elle m'accuse, la tête, elle m'accuse de ne pas poser les questions. De ne pas me retourner et la ramener avec moi au campement, la laver, chercher sa famille et la leur renvoyer. Je sais à qui appartenait cette tête, un caïd bras droit d'un des groupuscules de Daesh. Je devrais me réjouir qu'il soit mort. Mais je n'y arrive pas. Même à mon pire ennemi, je ne souhaiterais pas une mort comme celle-là.


    "Et pourtant, cccc'est cccccccce que tu m'as ffffait ssssubir."

    J'ouvre les paupières, le soleil perce à travers les volets de ma chambre. Le sol en parquet craque lorsque je me lève. Le parfum de lavande des draps est rendu aigre par mon abondante transpiration. Mon pyjama est trempé de sueur. Je me dépêche de l'enlever avant de me doucher et de revêtir des vêtements propres. Le choix est réduit, se résumant à un jean vieilli ou un survêtement de sport. Quant au haut, une chemise froissée fera l'affaire. Un pull par-dessus, mon blouson de cuir, et l'air frais du matin qui finit de me sortir de mon cauchemar. Mais pas du désert, sa chaleur, ses caresses crissantes, son souffle incessant sur mon corps à fleur de peau.

    Les rues de Paris sont bondées d'un mélange de touristes et de racailles, de Titi parisiens et de Provinciaux estudiantins pensant trouver sur les bancs des facs la réussite sociale faisant défaut à papa maman. Je grimpe dans le métro et agrippe la barre métallique. Je suis immédiatement transporté de nouveau dans le désert, la sensation de mon armes serrée contre moi, amante endormie aux formes floues dans la nuit, peau froide et présence apaisante. Son odeur de soufre et de métal au repos m'aide à dormir.

    On me pousse et je sors de ma rêverie, me rendant compte qu'on m'a piqué mon portefeuille. Le pickpocket sort en courant et je me précipite à sa poursuite. Il a la foulée longue, le connard, mais j'ai avec moi les muscles de trois ans de combattant, l'endurance et les dernières traces de mon apogée, les 28 ans d'un corps pleinement fonctionnel. Je le rattrape et le plaque sans ménagement contre le mur sale de la bouche de métro, attrapant son bras coupable que je tords sans merci derrière son dos. Il hurle et je tords plus sauvagement encore. Les passants nous jettent des coups d'œil indignés mais ne trouvent rien à redire face à l'image d'un homme blanc musclé faisant une clé de bras à un noir maigre, le comprimant entre son torse et le carrelage crade de la station. Je ne sais pas ce que je lui dis, sans doute un mélange de leçon de morale et de menaces de torture comme on en avait l'habitude avec moi, lorsque je faisais les quatre cents coups dans la rue et que je me faisais serrer par les poulets. En parlant d'eux ils arrivent, toujours par groupe de quatre. Ils m'ordonnent de relâcher le gosse qui, lorsque je le regarde de plus près, doit avoir entre 15 et 17 ans. Un petit avec des grands yeux noirs et une coupe afro de rasta, un gosse de la Cité venu arrondir les fins de mois difficiles de maman femme de ménage et de papa soulard cognant sur lui comme un enculé après être rentré de sa cuite. Rien que les traces fraîches sous formes de croûtes noirâtres courant le long de ses tempes me racontent toute cette histoire, la tragédie de sa vie. Je desserre mon étau et l'oiseau s'envole, à coups de poings et de pieds comme on le lui a sans doute appris, se faufilant dans la masse d'usagers. Il me laisse seul face aux poulets, face à moi-même et à mes actes. Je leur explique la situation, ramasse mon portefeuille et leur montre mes papiers mais déjà je ne les intéresse plus. Ils s'en vont sans m'avoir écouté leur parler du désert, de son appel incessant, de son étreinte torride et de ses baisers mortifères. Ils s'en vont sans me laisser le temps de poser des mots sur ma vérité, sur ce jeune sans avenir que j'étais et qui a été transposé le temps d'un instant dans ce gosse obligé de voler pour survivre. Ce que j'aurais été si je ne m'étais pas engagé.

    Je poursuis ma route en direction du supermarché. Le bruit des voitures et de la foule m'oppresse. Tout va trop vite et tout est futile. Les publicités m'agressent, les vitrines des magasins sont sans intérêt. Je passe au rayon multimédia, hésite devant le dernier call of avant de me souvenir que j'ai bousillé ma télé. Merde. Mes seuls achats se résument à des pâtes, de la sauce tomate en boîte, des légumes et des produits de première nécessité dont un pack de bières. Une chose rose pâle attire mon regard et je l'embarque avec moi, payant tout par carte bleue. J'emprunte le même chemin pour rentrer chez moi, je mange sans prêter attention à mon assiette, je contemple pendant trois heures l'immeuble en face du mien et ses fenêtres voilées, ses lumières qui s'allument, les appartements qui se remplissent au rythme des arrivées de ses habitants, les cuisines qui s'animent et les parfums de plats maison s'échappant des fenêtres entrouvertes. Des bribes de vie, d'un quotidien avec femme homme enfant. Les vieux couples qui se disputent parce que la poubelle n'est pas sortie ou que la table n'est pas dressée. C'est toujours la même chose avec toi, tu dis oui mais tu n'en fais qu'à ta tête. Enfin chérie, ne t'énerve pas pour rien, tu ressembles à ta mère lorsque tu fais ça. Raté mon gars, je ricane alors que le pauvre hère n'a pas conscience de la raclée qu'il va se prendre. Je zyeute toujours vers le balcon situé au troisième, un peu à gauche par rapport au mien. La fenêtre nue montre tout lorsque les lumières sont allumées. Mais ce soir, ils sont en retard. Soudain, ça y est, il y a du mouvement. C'est l'enfant qui pénètre le premier, tout sourire édenté. Il est grand à présent, il doit avoir 7 ou 8 ans, un garçon aux cheveux bouclés, un beau métis ayant hérité de la même peau chocolat que sa mère qui ne tarde pas à le suivre. Ils se déchaussent et n'arrêtent pas de se parler le sourire aux lèvres. Ils traversent l'appartement, un t3 où chacun a sa chambre. Le garçon a l'air surexcité et je sais que c'est son anniversaire dans une poignée d'heures. Sa maman ira alors prendre son cadeau dans le placard de sa chambre et l'offrira à son fils, en même temps qu'ils dégusteront un gâteau au yaourt préparé la veille, comme chaque année. Je souris alors que le rituel se déroule exactement comme prévu. Je chantonne en même temps qu'elle un 'joyeux anniversaire' au petit dont je ne sais pas le nom, trop loin pour que je l'entende. Cette année, je le prénomme Elyas, comme notre guide syrien. Je le regarde déballer fiévreusement un beau vélo rouge, le même rouge que le sac dans lequel la tête a été transportée après avoir été tranchée. Le couteau coupe le gâteau, le couteau long, un couteau dentelé de chasse sans doute, au vu de l'irrégularité du bord, a découpé la tête du reste du corps. Le tronc et les membres gisent dans une flaque de sang brunâtre de la couleur du Coca que boivent la mère et l'enfant. Le goût sucré, chimique, est remplacé par celui métallique du sang qui gicle au fond de ma gorge. La tête coupée me parle de ma blessure, l'endroit exact où le couteau s'est planté avant de découper la tête.  Il a tranché, scié, saigné à blanc l'homme encore en vie.

    "Ils m'ont ssscié ssssaigné tranché comme un porc. Ils m'ont laisssé me vider de mon sssang après avoir joué avec moi. Ils ont laisssé leur ssssadisssme courir sssur mon corps. Et ccc'est de ta faute."

    Je me retire de mon fauteuil avec vue sur mes voisins, sur leur insignifiant quotidien que je protège de Daesh, loin de mon pays, loin d'eux qui ne sauront jamais que je veille sur tout ce monde. Je suis les dernières traces de vie de la mère et son enfant métisse, suis les lumières qui s'éteignent une à une, le baiser sur le front du gosse pour lui souhaiter bonne nuit, la mère qui se retire et qui se laisse glisser dans ses draps, sortant une photo du tiroir de sa table de nuit, la contemplant et la rangeant à son exacte place avant de refermer le tiroir. Elle s'endort en rêvant de l'homme sur la photo. Je m'endors en rêvant d'elle, de notre gosse qui vient de fêter ses 8 ans, du vélo qu'on lui a offert, neuf, et de ses yeux émerveillés. De l'excellent gâteau et du babillage d'Elyas me posant pleins de question sur le désert. De ma voix qui raconte sa chaleur, son immensité, sa splendeur, l'or qui roule sous mes doigts, le temps qui ne s'écoule plus là-bas. Les dunes et la lune froide, les tentes, les récits des rares populations, tous pleins de djinns, de fées, de princes montés sur des purs sangs et aux habits brodés d'argent, au turban rehaussé de rubis et d'émeraudes. Je l'aurais bercé, aurais tu la mort rôdant à chaque pas que je faisais, les combats épuisants, le désespoir d'une guerre ne se finissant pas, les regards vides des populations marchant vers un exode forcé, se déplaçant de camps de réfugiés surpeuplé à un autre. Les maisons fantômes aux mobiliers anciens racontant l'histoire d'une famille utilisés comme barricade. Les enfants errant pour aller on ne sait où, personne pour s'occuper d'eux car tous morts. Le silence pesant d'un village à moitié en ruine. Rien. Pas un mot. La majesté du vol des oiseaux, rares, les mille pétales des roses de sable scintillant comme des diamants. Ça, à profusion. De quoi faire rêver et repousser la mocheté de la vie, la saleté de la mort et cette connerie de guerre. Encore et encore. Puis, lorsque Elyas se serait endormi contre moi, elle serait venue m'enlacer. Nous aurions alors traversé l'appartement jusqu'à notre chambre. Je l'aurais embrassé pour la première fois depuis trois ans. Mes lèvres se seraient doucement posées sur les siennes, timidement. Je l'aurais goûté du bout de la langue, reconnaissant ses contours pulpeux, puis j'aurais rapidement repris mon aisance et mes repères. Je l'aurais embrassée jusqu'à ce que nos poumons réclament de l'air à grands cris. Je l'aurais alors allongée sous moi, j'aurais vénéré chaque centimètre carré de sa peau, de son cou à ses jambes, j'aurais fait céder les barrières de tissu nous séparant. J'aurais embrassé et embrasé son corps, testant ses limites et les miennes, avant de céder à notre détresse et de ne faire qu'un avec elle, enfin. Je ne sais pas si ça aurait été tendre ou désespéré, la violence de tant de temps passé l'un loin de l'autre. Mais passionné, oui.

    Je laisse mon imagination broder, défiler, se déployer jusqu'à ce que je m'y perde et commence à m'y croire, ma main faisant de longs va-et-vient, préparant le terrain. Je me laisse glisser vers ma jouissance sous ses soupirs érotiques et je viens dans un râle que j'étouffe afin de ne pas réveiller notre fils. Je m'endors et je ne rêve pas, cette nuit-là.

    Le lendemain a un goût d'orgie périmée. Je me sens poisseux et même la douche n'a plus aucun effet thérapeutique sur moi, pas même l'odeur de mon shampoing. J'ai beau frotté, encore et encore, jusqu'à avoir la peau rouge comme dans le désert, ça ne sert à rien.

    "Tu es entaché, désorrrmais. Tu es à moi. A moi !"

    Je sors de la baignoire, nu, mes cicatrices luisant au jour naissant. Je ne prends que le temps de me sécher avant d'enfiler mon jogging et de partir loin, loin, courir sans m'arrêter, direction le désert. Au sud, à la lumière, à la chaleur courant sur ma nuque, baiser d'amante. Je vous dédie mon souffle erratique, précipité, mes foulées d'homme malade, délirant, mes crachats sur le bitume fumant. Ma sueur et mon sang bouillonnant, la connerie humaine et cette merde de mort ricanant. Je cours et je glisse, répondant à l'appel du désert. Il y a un grand jardin avec un petit lac en son centre. Je fais le tour à toute vitesse. Encore. Et encore. Et encore. Et... Je glisse, me foulant la cheville. Putain ! Je me rends compte que j'ai hurlé au bruit des pigeons s'enfuyant. Même eux ne veulent pas de moi, comme mes parents m'ayant abandonné à la DDASS. J'm'en fous. De ce passé de merde, de l'armée et ses délires sanglants, ses ordres dégueulasses et ces hommes qu'elle massacre sans prendre le temps de graver leur nom sur les tombes. Des anonymes dont seuls les proches se souviennent, jusqu'à ce que le présent les rattrape et les force à tourner la page. Merde ! Je pleure, je sens que mes joues sont humides. Je chiale comme un gosse, à gros sanglots et cris de condamné à mort. Je ne me sens plus vivant. Je n'ai plus envie de l'être. Je reste immobile et tente de bloquer ma respiration. Je ne gagne qu'une toux erratique.

    "Vous ne devriez pas jouer comme cela avec la vie."

    Je n'ai même pas la force d'emmerder le connard interrompant mon moment de nihilisme. A peine je tente un faible doigt d'honneur, mon dos à terre, mon bras cachant mes pleurs honteux.

    "Il y a une place pour vous, ailleurs. Vous pouvez échapper à tout cela, si vous le désirez.
    -Je vous emmerde, putain, vous me faites chier à me dire quoi faire, où aller, qui butez. Putain, allez tous vous faire enculer.
    -Des paroles fortes intéressantes, tout comme votre potentiel, monsieur Boyles.
    -Putain, d'où vous connaissez mon nom ?
    -...C'est écrit sur votre collier."

    L'enfoiré a raison ; je porte ma plaque d'identité, ne l'ayant pas encore enlevée. Elle me colle à la peau et me désigne pour ce que je suis, un tueur.

    "Vous n'en êtes pas un. Vous n'avez fait que votre devoir.
    "

    Il est dans ma tête ou quoi ? Je n'aime pas son ton condescendant ni l'air désolé qu'il prend. Il sort une carte de sa poche et me la tend, s'agenouillant pour se mettre à mon niveau.

    "Si jamais ne vous souhaiteriez en savoir plus. Ou tout simplement discuter, qui sait."

    Il s'en va comme il est venu, sans un bruit. Je contemple le bout de carton stylisé coincé dans le creux de ma main.

    "J.Karl Boyles."

    Je lis deux fois l'inscription pour bien être sûr que le destin/Dieu/le putain de Bouddha assis sur son rocher ou je ne sais quel connard qu'on a élevé au statut de divinité se fout de ma gueule. Coïncidence ? Je ne crois pas, comme dirait l'autre. Je retourne la carte de visite et déchiffre un nom bizarre, Pallatine. Ça ne me dit rien, sauf une vague allusion au grand méchant de Star Wars. Un 06 est marqué dessus. Je compose le numéro, prêt à incendier le connard de Providence, mais je suis stoppé net par un appel faisant bipper mon smartphone.

    "Allô?
    -Soldat première classe Boyles? Ici votre lieutenant Langlais. Vous êtes appelés sous le drapeau d'ici le 23 février. Préparez-vous à répondre à l'appel et à vous présenter à votre régiment à la date due.
    -Oui mon lieutenant.
    -D'ici là, portez-vous bien."

    Le clic et le tuuut tuuut indiquant qu'il a raccroché me fait ranger le mobile dans la poche de mon jean. En février... Si tôt. La colère et le désespoir, la douleur, font place à la froide détermination du soldat prêt à mourir pour la mère patrie. Celle que j'ai épousée lorsque j'ai prononcé mon serment en ayant rejoint mon régiment. Ai-je fais le bon choix ? C'est de toute façon trop tard pour le regretter.

    Je parcours en sens inverse et en marchant le chemin me ramenant chez moi. Paris se réveille avec la gueule de bois, à en croire les nombreuses flaques de vomi parsemant trottoirs et caniveaux. J'ai oublié qu'hier, c'était un vendredi ; ceci expliquant cela.

    Les rideaux en fer de la librairie grincent en se levant. Je m'arrête et attends patiemment que la boutique ouvre, avant de me faufiler timidement dans ce temple de la culture. Bien avant de partir, j'avais pécho une étudiante en lettres qui m'avait fait découvrir et l'amour, et les livres. C'avait été un choc pour moi ayant eu à peine mon bac de découvrir à 23 ans ce monde merveilleux s'ouvrant à moi. Elle m'avait d'abord prêté ses mangas, puis petit à petit, y avait mêlé des romans policiers. Des histoires d'amour. Des biographies. Des documentaires. Un peu de tout suivant mes goûts prononcés pour les intrigues bien construites, les personnages forts et les histoires se finissant mal. Comme la nôtre. À Elodie et moi. Elle m'avait quittée juste avant que je parte en Syrie, sur le tarmac de l'aéroport où elle avait eu le droit de m'accompagner avec le reste des proches des camarades. Faveur spéciale accordée à des hommes allant passer 3 ans de leur vie en Syrie, loin des leurs. Le petit hall de l'aéroport militaire était plein à craquer de familles essayant de sourire à leur fils ou fille partant si loin, avec aucune garantie de les revoir. Les larmes coulaient sur les joues des mères étreignant leur enfant avec l'énergie du désespoir, les recommandations des pères - injonctions - à prendre bien soin d'eux, à revenir en entier, et les pleurs encore plus amers des compagnes et/ou compagnons. Parfois, par la force de l'habitude, les deux parties soldat/proches se séparaient en se souriant de bout en bout. Une mission de plus, le quotidien de tout homme et femme servant la patrie. Un temps loin de l'autre avant de se retrouver, devaient-ils se dire. Je ne pensais à rien de tout cela. On venait de fêter nos deux ans de vie commune avec Elodie. La poche de mon uniforme était alourdie par la bague de fiançailles que je comptais lui remettre. C'était le jour de son anniversaire. Le jour des adieux. J'avais attendu le dernier moment avant de faire ma déclaration. Elle aussi. J'avais posé mine de rien un genou à terre, faisant semblant de lacer mes chaussures, sourire en coin, et elle m'annonça d'une voix tranquille qu'elle me quittait, qu'elle m'avait trompé avec sa meilleure amie, qu'elle était désolée et qu'elle espérait que je revins sain et sauf. Pour vous buter toutes les deux, je lui demandai en me redressant. Elle ouvrit de grands yeux où on y lisait le choc d'entendre de paroles aussi hostiles alors que je n'avais qu'adoration pour elle. La claque partit sans que je ne la visse venir. Mais ce qui me choqua le plus fut celle que je lui renvoyai à s'en décrocher la tête. La marque rouge fut disgracieuse sur sa peau si pâle. Ma main resta figée en l'air après le coup, comme n'en revenant pas de ce qu'elle venait de faire. Je dû avoir un air à faire peur car elle s'en alla sans demander son reste. Les camarades regardèrent la scène sans broncher, et je sentis la main de Marcel sur mon épaule qui m'entraîna vers l'avion nous emmenant en enfer dans le désert.

    Les livres brillent d'un éclat doré, poussiéreux. Des moletons s'accumulent sur leurs tranches parfois vieilles de plusieurs siècles, les pages renfermant des voix venues de l'au-delà. Entendrais-je celles de mes frères, endormies à jamais dans le désert? Entendrais-je Marcel, son corps morcelé, son sang éparpillé par le vent impitoyablement sec, en même temps que le souffle de la bombe le tuant d'un coup? La chair qui explose a une odeur de porc grillé insoutenable. Nous ne sommes que cela, de la poudre à canon. Les époques ne changent pas, je me dis alors que mon regard tombe sur une photographie en noir et blanc des Poilus, illustrant un livre d'histoire. Les soldats ne valent pas plus que les balles inombrables jonchant le sable. On les achète à la pelle, on les utilise en appuyant sans cesse sur une gachette invisible. Mais qui tire? Dieu? Foutaise. Le gouvernement, le Président, les Nations Unies, les Etats-Unis, le monde est ligué contre nous, pauvres cons pensant protéger notre patrie meurtrière. Coupable, je la désigne du doigt tout en montant les escaliers.

    Il me faut quelque chose pour me calmer. Mes yeux scannent les couvertures en papier glacé, s'arrêtant une poignée de secondes sur chacune le temps de déchiffrer les titres. "Voyage au bout de la nuit". Déjà lu. Glauque, la guerre du point de vue d'un autre con, mon frère d'encre. "Les vérités cachées d'une guerre qui s'enlisse". Je le feuillete et relève les incohérences de l'auteur n'ayant pas pris la peine ne serait-ce que de jetter un coup d'oeil à Wikipédia. "Le Petit Prince". J'en avais entendu parler de nombreuses fois, conte pour enfant facile à lire et bon marché, fable avec des animaux parlant et tout le tralala propre à ce genre de récit. Pourquoi pas. J'ai besoin de tendresse, d'un regard émerveillé de gosse sur un monde crade. Je le cale sous mon coude, parcoure quelques rayonnages et paie mon nouveau compagnon de papier. Lorsque je sors, Paris s'éveille au son des klaxons et des sirènes. Trois camions de pompier et quatre bagnoles de flics, dont une grosse fourgonnette des crs, descendent l'avenue à toute vitesse. J'assiste à cette folle traversée médusé, un brin inquiet, une boule se formant dans mon ventre. Je pressens le pire tout en souhaitant avoir tord.

    L'appartement est toujours vide, ma tv, toujours fissurée. Soupir bruyant. Pas de 20H ce soir. Ma paie ne me permet pas de faire trop de folies, surtout pour une durée limitée. J'attendrais de rentrer pour au moins un an avant de faire des dépenses excessives. Ça ne m'empêche pas de me jeter sur le canapé et d'entamer le livre sitôt mes pompes enlevées.

    Le labyrinthe de mots se tracent, les fils s'entrelacent et les destinées se croisent sur les traces d'encre, entre l'or du désert et l'argent des étoiles. Il y a la poésie sauvage des coeurs qui battent. Le courage de lion des petites gens. Le cri silencieux d'un être fissuré rafistolé par un brin d'homme plus grand que le plus immense des géants. Le vol d'un avion aux ailes cassées. Et le souffle bienveillant de la mort sachant attendre le tendre instant des amers adieux. Un dernier sourire rempli de larmes, je referme le recueil. Il est 22 heures, les lumières de l'immeuble d'en face sont éteintes pour la plupart, sauf celle de ma femme rêvée. Je l'observe pleurer dans sa chambre, serrant compulsivement la photo entre ses bras. Je lui murmure les paroles du Renard, de la Rose, et les derniers mots du Petit Prince parti pile à temps pour laisser dans nos coeurs une perle de sagesse. Je lui chuchote tout cela et bien plus encore, jusqu'à ce qu'elle se calme et finisse par s'endormir.

    La chaleur est terrible dans le désert. Le soleil est une arme plus fatale que le plomb des balles. On se traîne sur le sable infini à ne plus savoir qu'en faire. On se crève à vomir litres de sueur après litre de sueur. Manger devient une torture, déglutir, un acte de courage. Les lèvres virent au blanc cadavre, puis au rouge putrescent lorsque la peau sèche craque à la moindre syllabe prononcée. Le silence est de mise, et même Marcel a cessé de se plaindre de son ton chantant. Il n'y a que le souffle incessant du vent brûlant nos rétines le jour, gelant nos mains la nuit. Je ne sens plus rien, mis à part le feu du soleil. Je suis brûlé vif sans interruption jusqu'à 22 heures, puis congelé vivant jusqu'à 5 heures du mat. Même les chiens sont mieux logés, à l'ombre de leur caisse d'où ils ne sortent que pour pisser ou aller détecter les bombes. Il n'y a que la mort qui nous rend égaux, pour la plupart, animal et humain méconnaissables, partant en fumée dans une grande explosion labourant impitoyablement les chairs. Ne reste que des fleurs rouges aux pétales roses éparpillés aux quatre vents. On a cessé d'écarquiller nos yeux, cessé de gerber, cessé de crier notre haine de l'ennemi, de toute façon bien dérisoire dans cette guerre s'enlissant, formant une grosse dune où bourreaux et victimes sont empillés les uns sur les autres. Il n'y a que les nouveaux qui ont encore la force de brailler. Leurs jeunes coeurs hurlent à la mort, cette salope prenant les meilleurs toujours trop tôt. Et pas de mots à poser sur ce noeud se formant dans nos gorges, ce poison nous faisant nous désespérer de rentrer indemne, de pouvoir retourner à une vie normale. Tout n'est qu'illusion et on avance sans avoir le courage de rassembler les restes des morts. Il n'y a pas de croix, pas de sépulture pour la chair à canon. Ou si peu. Je vois déjà les lettres arriver dans les boîtes postales des familles, avec pour seule consolation l'intitulé "mort pour la France" et le titre de pupille de la Nation au gosse.

    "Quelle connerie, putain."

    "Garde ta salive. Tu vas en avoir besoin vu qu'on a plus d'eau."


    Marcel. Entendre le son de sa voix me fait du bien. J'ai l'impression de revoir la Méditerrannée lorsqu'on la survolée en avion pour rejoindre la Syrie. Je retourne au pays sans pour autant y être tout à fait. Je lui obéis, et nous nous enfonçons de nouveau dans le mutisme. Lorsque...

    "A couvert, à couvert!"


    On se laisse tomber au sol, se coulant sur le sable chaud alors que sifflent des avions de chasse. Le bruit caractéristique de leur vrombissement lorsqu'ils déchirent le ciel bleu nous fait à tous manquer un battement de coeur. Il n'y a que deux choses contre lesquelles on ne peut pas lutter: le désert et les bombes aéroportées. Abattre un chasseur en étant armé en tout et pour tout d'un bon vieux fusil mitrailleur, autant se battre avec un lance-pierre contre un tank. Une question reste figée dans l'air à laquelle personne n'a de réponse. Ami ou ennemi?

    "Tu vas mourrir! Vengeancccce pour les Sssyriens.  Vengeanccce. Vengeaaanccce!"

    Je ne peux qu'attendre prostré comme une bête, mon corps ne faisant qu'un avec la dune. Je ne peux qu'attendre que cesse le sifflement de la mort au-dessus de nos têtes, les yeux rivés en-haut, attendre le sursis ou l'enfer. Encore une fois, le temps s'étire lentement, encore une fois je ne sais plus comment se déroule son cours. Encore une fois, je suis sur pause, le monde est sur pause, et les avions trouent le bleu du ciel. Il n'y a que ce bruit devenant de plus en plus fort. On ne peut pas s'y soustraire. On ne peut pas se cacher. On ne peut rien faire pour arrêter sa course. L'avion passe, un, deux, trois, quatre. L'avion tire. Un, deux, trois, quatre. L'avion fait des trous. Un, deux, trois, quatre. L'avion nous rate. Un, deux, trois...

    "VA T'EN!"

    Qui crie? Qui bouge? Qui me pousse au loin, m'entraînant avec lui, dérapant, se casse la gueule et finit par chialer sur mon uniforme? Je ne vois rien. Je n'entends rien. Le monde n'existe plus. C'est un trou noir apaisant. Alors c'est ça, la mort? Tout un plat pour ce truc de merde? C'est le club Med, en fait! Penser seul, vivre éternellement dans ce noir me berçant. On signe où? Sur la fesse droite du Pape, comme disait mon grand-père adoptif, le seul à m'avoir appelé 'fiston'.

    Je pense à lui, à son fauteuil, sa maison de retraite et son fils ne voulant pas s'en occuper. Sa belle-fille au caractère fade se laissant marcher dessus par tout le monde. Ses mioches me traîtant comme un esclave, me rouant de coups derrière le dos de leur père. Mon prof de gym ayant capté le manège. Me donnant des cours supplémentaires soi disant parce que j'étais nul en sport. Tu parles. "J'vais t'donner deux-trois trucs utiles." Pas de gonflette, tout dans la tête. J'ai pris ma revanche, un jour où ils s'étaient tous ligués contre moi, ces merdeux. Coup de pied dans les couilles de Jordan, coup de boule sur le nez de Julia, coup de poing dans les dents de Stella. Crochet du droit dans le ventre de Jordan déjà plié en deux, j'attrape les cheveux de pétasse de Julia et je tire dessus de toutes mes forces, cognant sa tête sur celle de Stella, par terre à chercher sa canine, peut-être, ou le bout qui manque. J'attrape une paire de ciseaux sur le bureau de leur chambre, traînant mon trophée sans ménagement. Jordan fait mine de se relever, je lui marche sur la main, sentant quelque chose craquer sous ma semelle. Les ciseaux brillent d'un doux éclat lorsque je les brandis victorieusement avant de les enfoncer dans la toison capillaire et de couper couper couper tout ce qui se trouve sur le chemin. Jusqu'à ce que... "MAIS C'EST PAS VRAI MAIS TU ES UN GRAND MALADE! LACHE ÇA IMMÉDITAMENT! QU'EST-CE QUE TU ES EN TRAIN DE FAIRE À MES ENFANTS?! SORS D'ICI, VA T'EN, ESPÈCE DE TARÉ! VA T'EN! JAMAIS JE N'AURAI DÛ T'ÉCOUTER, EMILY, TOI ET TES IDÉES À LA CON! TU AS VU CE QU'IL A FAIT, HEIN, LE PAUV GAMIN COMME TU LES APPELLES?! Chuut... Julia... Julia.. Chuuut c'est fini, papa est là, il va tout arranger. CASSE-TOI DE MA MAISON. JE NE VEUX PLUS JAMAIS QUE TU T'APPROCHES DE MES ENFANTS! CASSE-TOI AVANT QUE J'APPELLE LA POLICE! Jordan, chuut... Ça va aller. Allez, Stella, viens là, viens ma chérie.  Le méchant garçon va partir, il ne te touchera plus jamais. MAIS QU'EST-CE QUE TU FOUS PLANQUÉE LÀ À REGARDER, PAUV CONNE?! APPELLE LE SAMU! LES POMPIERS! LA POLIIIIICE!"

    Je me souviens avoir couru, longtemps. Je ne savais pas quoi faire, ni où aller. Après la sensation délicieuse de l'adrénaline courant dans mes veines, couplée au sentiment puissant de rendre la justice, il ne me restait que l'épuisement et la peur du rejet profond. C'était ma treizième famille d'accueil. Les services sociaux m'avait prévenu que je m'approchais dangereusement de mes seize ans, l'âge où ils n'auraient plus à s'occuper "d'un cas aussi difficile que toi. Tu pourrais pas faire un effort, non? Te montrer gentil envers ces bonnes gens qui t'accueillent chez elles sans rien te demander en retour que de te conduire comme un enfant bien élevé et pas un fou furieux!" Ils ne savaient rien. Ils ne voulaient pas savoir. Comprendre que 'ces bonnes gens' ne voyaient en moi qu'un moyen de se faire du fric sur le dos de l'Etat. Et oui, garder un enfant 'situation précaire' c'était mieux payé que la Caf. Pas de problème de poids, pas de bébé à porter pendant neuf mois et à supporter pendant toute une vie. Si on s'était fait assez d'oseilles, ou si pour x ou y raison le gosse ne leur revenait pas, il suffisait d'inventer un problème quelconque de personnalité ou un comportement dérangeant. "Vous comprenez, c'est pas que je ne l'aime pas, ce gamin, c'est qu'il arrête pas de me regarder avec ces yeux... J'ai l'impression qu'il veut me tuer. D'ailleurs, je l'ai vu traîner près du cadavre du chat de ma voisine, mort écrasé par une voiture la semaine dernière. Il pleurait pas ni rien, hein, mais il regardait... Exactement comme il le fait tout le temps chez moi..." Et hop, affaire ajoutée au dossier, de plus en plus épais au fil des familles me rejetant pour la seule raison que la vache à lait était devenue un fardeau.

    "Tu pèses une vache morte, tu sais? Alors si tu pouvais nous faire un signe, voire te lever, ce serait sympa."

    Ma vision me montre une tâche jaune entourée de bleu et de rose. Je cligne plusieurs fois pour qu'elle se focalise sur quelque chose de tangible. Un visage. Lilian. Puis un deuxième, Elyas. Il me tend sa gourde sans un mot et me fait boire l'eau croupie qu'il reste. Je me sens mal de lui piquer sa ration, mais ça m'aide à retrouver mes esprits.

    "Il...il s'est passe quouuua? Je gargouille, encore groggy
    -C'était un avion ennemi qui a lâché des petites bombes artisanales. Certaines ne marchaient pas, d'autres oui. Bref, la grosse merde. Y'en a une qui a explosée près de toi. Ca a dû t'assomer, surtout le bruit. T'as du sang qui est sorti de tes oreilles... Et t'as de la chance d'être en vie."

    Je porte instinctivement une main à ma joue, mais Elyas me saisit le bras.

    "Non. Pas toucher ou risque infection. Grosse blessure visage tu as. Besoin de points. Cicatrice à vie, je pense."

    Je lis dans son regard la vérité nue en même temps qu'une vive brûlure se répand de ma joue au bout de mon oreille. Je sens que ça doit pas être joli. Mais je me rends vite compte que je suis maculé de sang. Ce n'est pas le mien, vu la quantité. Je regarde autours de moi.

    "Marcel... Il était à côté. Juste... A côté. Il va bien?
    -... Il t'a protégé avec son corps. C'est...
    -Son sang que j'ai sur moi. J'ai compris. "

    Je ne pleure pas. Je ne crie pas. On s'éloigne de quelques mètres, on plante nos tentes et on attend notre pick up. Le plan ne se préoccupe pas de nous, pauvres humains. Nous devons être des machines. De l'acier et des rouages bien huilés. Mais en plein désert, nous nous enraillons. Reste nos carcasses rouillant sous le soleil de plomb. Je ne peux m'empêcher de jeter un regard sur le carnage. Il y a un oeil qui me regarde. Un oeil vif, autrefois malicieux. Un oeil débordant de joie de vivre, d'amour de son prochain et d'orgueil de sa terre. Un oeil qui n'arrête pas de me fixer. Je me détourne. Mais Marcel est là.

    "C'est de ta faute. C'est de ta faute. C'est de ta faute."


    Je me réveille en pleurs. Ma blessure s'est rouverte, du sang s'en échappe. Mes doigts sont couverts de rouge. Rouge rouge rouge! Il n'y a que ça, je ne suis bon qu'à ça! Tuer tuer tuer!

    Je gratte ma blessure, je tire sur les fils faisant tenir les bords, je plonge un doigt et je gratte je gratte je gratte pour me purger de tout ce sang qui m'envahit.

    "Va t'en! Allez-vous en! Fichez- moi la paix! Silence! Dehors, dehors! Je ne suis pas coupable! Je ne suis pas coupable! Pas coupable!
    -Vous n'êtes pas coupable de quoi, monsieur Boyle?"

    Surpris, je fixe dans les yeux ma femme rêvée. Je lis sa plaque _elle est assise derrière son bureau, moi en face d'elle. Amélia Prévost. Elle est encore plus belle que dans mes fantasmes. J'aimerais la serrer dans mes bras, respirer l'odeur de sa peau, embrasser ses lèvres pleines, saisir ses cheveux et les caresser jusqu'à l'aube. Mais pour l'instant, je ne peux que rester la bouche grande ouverte. Je dois avoir l'air beau...

    "Vous avez commis un crime, monsieur Boyle? reprend-elle d'une voix de velours. Quelque chose pèse sur votre conscience dont vous n'arrivez pas à vous pardonner. Ça a à voir avec votre métier, peut-être. Ou votre entourage?
    -Putain, c'est l'inquisition ou quoi?"

    Je regrette immédiatement ma grossièreté. Je la regarde entre mes cils, ma tête honteusement courbée, nuque offerte à son regard neutre. Elle ne paraît ni fâchée, ni choquée. Elle consulte sa montre posément, note quelque chose sur son calpin et croise ses doigts sous mon menton. On dirait une déesse grecque à peau de nuit éternelle.

    "Monsieur Boyle, je dois vous prévenir que je n'accepte pas les cas difficiles. Cependant, je ferais une exception vous concernant. On a dû vous injecter un calmant afin de vous transporter à l'hôpital le plus proche. Si j'ai bien compris,vous avez commis des actes de violence agravée envers vous-même, résultant d'une agitation extrême due à votre état émotionnel et à la douleur. Vous vous êtes rouvert votre blessure et avez frappé à plusieurs reprises votre tête contre le mur de votre cuisine. Il se peut, compte tenu des faits, que vous ayez des troubles passagers de la mémoire, autrement dit, des difficultés à vous rappeler de ce qu'il s'est passé pendant ces dernières 24 heures. Permettez-moi de vous indiquer que vous êtes à l'hôpital de... situé au...arrondissement de Paris. Vous avez été pris en charge et soigné puis amené ici, en service de psychiatrie, afin que j'examine votre cas. Vous rappelez-vous de certains faits que je viens de vous mentionner, monsieur Boyle?"

    Je secoue négativement la tête. Elle grifonne de plus belle.

    "Vous souvenez-vous de la date exacte? Ou pouvez-vous la deviner?"

    Je sors mon portable de ma poche et lui montre l'écran. 26 décembre 2024. Elle me sourit.

    "C'est triché, ça, monsieur Boyle."

    Je lui rends son sourire. Et elle me...

    Blanc. Tout est blanc. Il y a quelque chose qui se bloque. Un voile imperceptible, un voile fait d'eau que je ne parviens pas à traverser. Je suis de retour chez moi. Je consulte mon téléphone. Il est 16 heures 30, 31 décembre 2024. La nouvelle année est sur le point de commencer. Un passage que j'effectuerai seul avec mes livres, ma bouteille de vodka et le crissement du désert en bruit de fond. J'ai trouvé sa voix, douce, maternelle, j'ai trouvé la voix du désert par un groupe de musique venu du grand Nord. Là-bas aussi, les déserts sont immenses. Des déserts blancs, avec plus de vie, emplit du craquement du temps qui passe et détruit les glaciers. Un désert devenant bleu, chaud, se transformant inexorablement en mon désert, d'or et de mort.

    Je ferme les yeux. J'emporterai de la Terre la voix du désert. Je ne veux rien de plus. Une photo volée de ma femme rêvée et d'Elyas/Marcel/Justin/Roger. Je les serre contre mon coeur, j'embrasse du bout des lèvres leur parfum idylique et j'y fous le feu. Ça brûle, tout brûle, mes livres, mes meubles, mon lit où je n'ai jamais dormi. Ma tv fissurée, mon canapé. Mes espoirs dorés, mes uniformes asceptisés. Mes désirs crevés. Tout. Brûle.

    Mais je suis déjà loin. Je suis déjà loin et je ne reviendrai pas. Adieu, monde pourri. Puisses-tu mourir le bec à l'air. Je ne déposerai plus une seule goutte de mon sang sur ta langue avide des ardents coeurs innocents.

    Je compose le numéro de J.Karl Boyle. Il ne me salue même pas.

    " Ça y est, vous vous êtes décidé?
    -Je suis prêt ."

    Hello, on m'appelle toujours Lawerance (Jean-Marie pour les intimes) et je suis toujours là même si je trouve plus les boutons pour poster. Mais c'est pas grave, j'en profite pour tatouer les fesses du pape, au passage, avec le nom du forum. Qui sait, peut-être que ça fera des émules.

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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Jeu 9 Mar 2017 - 18:20
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Jeu 9 Mar 2017 - 18:58
    Est-ce que c'est plus visible comme ça ? j'aurais dû faire cette manip plus tôt, mais ma flemme, voilà...
    En tout cas, bienvenue, je suis vraiment joie de voir un responsable sécurité. I love you En plus le choix d'avatar me paraît totalement approprié, que demander de mieux ? Malicieux Malicieux Malicieux bon courage pour tes rédactions !

    ___________________
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Jeu 9 Mar 2017 - 19:35
    Merci ^^

    Et oui, c'est mieux, merci chef !

    (je compte pas les nuits blanches avant de trouver ZE vava, puis je suis tombé sur marvin, puis... Evidence. Bwef, les joies des fof, quoi ! )
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    Sécurité
    Ancien vice-commandant du Shinsengumi, aujourd'hui chef de brigade à l'Institut.

    Ton histoire est celle d'un simple paysan qui a voulu s'élever, transcender les classes de sa société ; et devenir samurai, en adopter les valeurs et le mode de vie. C'est celle d'un homme qui a voulu rêver.

    Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

    Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

    Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Jeu 9 Mar 2017 - 21:07
    Boss Cool Cool Cool

    Bienvenue et courage pour ta fiche *w*
    (Et j'approuve, ton avatar est très stylé 8D )

    ___________________
    Spoiler:

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    BIR
    Le visage se cache dans les fleurs, les paupières se mélangent aux pétales colorées, semblables à la lueur de ses yeux. Les cheveux deviennent un feuillage sombre, parfumé, doux au touché. Lèvres fines, humides, appelant timidement les baisers, soupirant l'amour loyal et infini.

    CAMILLE se donnait, corps et âme, pour un homme autrefois : RODIN. Aujourd'hui loin de lui, son sang s'est transformé en sable glacé qu'elle tente de réchauffer par tout les moyens. Les piqures, l'opium lui donnent la force de piquer la pierre et de fouiller dans son imaginaire. CAMILLE, sous sa timidité touchante et charmante, est la passion qui irradie et dévore. Santé fragile, esprit parsemé et trouble, CAMILLE cherche des distractions pour échapper à la douleur : elle tomberait sous le poids de son cœur, mais CAMILLE boue trop. Mais tout est si puissant à l'intérieur que le corps ne peut que se mouvoir, courir, danser, aimer et enlacer. Détruire.

    Sculptrice, fleuriste, Proxénète, recruteuse, mécène. Paranoïaque, possessive et jalouse. En manque d'affection. Traumatisée par deux avortements. Haine et vengeance. Observe et détecte le talent, le fait s'épanouir avant de le détruire.
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Jeu 9 Mar 2017 - 21:49


    Mais tu déjà fabulous, dejaaaaaa. Hâte hâte hâte de lire la suite, Jean-Marie kun

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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Ven 10 Mar 2017 - 1:00
    huhu, merci merci.

    Va falloir que je mette le paquet alors... (pense à tout ses rps en retard)
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    Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Ven 10 Mar 2017 - 19:15
    Responsable de la sécurité, eh bien, eh bien, avec ce choix de métier, c'est la popularité assurée auprès des violets. I love you
    Mais rien que le début de ta fiche est classieux, vraiment magnifique, l'avatar qui colle au métier, la haute taille, j'aime quoi. Cœur
    Il y a une foule de gens à mes pieds.
    Cette phrase m'a fait beaucoup d'effet, je me suis demandée un instant si Camil n'avait pas un petit côté dominateur, mais en fait ça n'avait aucun rapport. Ceci dit, le début de ton histoire est vraiment super bien fait, on sent le militaire, on y croit vraiment, franchement bravo.
    Hâte de voir la suite & bienvenue aussi. ♥️

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    Le visage se cache dans les fleurs, les paupières se mélangent aux pétales colorées, semblables à la lueur de ses yeux. Les cheveux deviennent un feuillage sombre, parfumé, doux au touché. Lèvres fines, humides, appelant timidement les baisers, soupirant l'amour loyal et infini.

    CAMILLE se donnait, corps et âme, pour un homme autrefois : RODIN. Aujourd'hui loin de lui, son sang s'est transformé en sable glacé qu'elle tente de réchauffer par tout les moyens. Les piqures, l'opium lui donnent la force de piquer la pierre et de fouiller dans son imaginaire. CAMILLE, sous sa timidité touchante et charmante, est la passion qui irradie et dévore. Santé fragile, esprit parsemé et trouble, CAMILLE cherche des distractions pour échapper à la douleur : elle tomberait sous le poids de son cœur, mais CAMILLE boue trop. Mais tout est si puissant à l'intérieur que le corps ne peut que se mouvoir, courir, danser, aimer et enlacer. Détruire.

    Sculptrice, fleuriste, Proxénète, recruteuse, mécène. Paranoïaque, possessive et jalouse. En manque d'affection. Traumatisée par deux avortements. Haine et vengeance. Observe et détecte le talent, le fait s'épanouir avant de le détruire.
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Sam 11 Mar 2017 - 0:27
    Nonononononononononoooon. Non, genre. Tu as pas le droit de sortir ça en mode normal, tranquille... Je... Wow.

    Déjà, la référence au Petit prince avec le parallèle du désert à la fois beau et mertrier, terrible, qui revient sans cesse dans les rêves... C'est... je ne peux qu'aimer quoi...
    C'est, l'une des plus belles fiche que j'ai eu l'occasion de lire. C'est poignant, juste, précis et finement taillé dans les souvenirs du personnage, éparpillé mais tellement bien ficellé ! C'est juste... Wow. C'est fort, non seulement parce que ça sonne tellement vrai, bien trop résonnant avec aujourd'hui. Ce n'est pas facile de prendre ce thème et de se l'approprier ! C'est tellement éloigné de nous, comme ta partie histoire le dit si bien...

    "Va falloir que je mette le paquet alors..." Bah euh... Ouais ! Euh... Tu viens de le faire. je. Bah voilà. C'est long (et pas fini !!!!!!) mais comme c'est rafraichissant de finesse et de qualité !!

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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Sam 11 Mar 2017 - 10:57
    Arrêtons-nous un instant et mettons les choses au clair :

    - Tu es un de mes supérieurs
    - Tu as le même âge que moi
    - Nous avons des similitudes physiques
    - Nous avons tous les deux fait la guerre sans être soldats dans l'âme

    Bon je te fais un dessin, ou pas ? (un mouton alors)

    JE VEUX UN RP AVEC TOI Brille

    Plus sérieusement, ce que j'ai lu de l'histoire (visiblement incomplète) est très bien écrit ; j'ai déjà eu l'occasion de te le dire mais j'aime beaucoup la façon dont tu traites tes personnages masculins, avec toujours ce petit côté androgyne mais pas non plus trop prononcé.

    Bref, j'espère pouvoir sous peu te souhaiter la bienvenue chez les violets (tu pouvais pas choisir mieux qui a dit ça ?). Bon courage pour ce qui te reste à écrire.
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Lun 20 Mar 2017 - 1:33
    Histoire postee et finie. J'ai un peu fait nawak mais bwef.

    Et je me disais que ce serait cool que pallatine soit techniquement si avancee qu'elle pourrait retirer des souvenirs un peu a la inception couplee a hp et la pensine, mais l'hypnose me semble plus credible.

    S'il y a deja des choses a revoir, n'hesitez pas.

    Le mental (l'emmental haha bdm pardon1 heure du mat') arrive demain^^
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Mar 21 Mar 2017 - 11:38
    Comme d'habitude avec toi, ça claque, dans tous les sens du terme. Je pense qu'on devrait te décerner un prix pour les passages où tu décris la douleur liée au corps. C'est quelque chose que personnellement je fais très mal - et mes personnages sont toujours fortement marqués par leur psychologie au détriment sans doute de ce rapport intime à leur corps - et lire à travers ta plume ce déchirement existentiel et métaphysique mais transposé - que dis-je, intégré, car il y a une réelle originalité, une réelle spécificité de cette écriture du corps chez toi, de ce langage si particulier - il y a de quoi laisser sans voix.

    Culte du fragment et multiplicité des points de vue dans le caractère, explosion de la temporalité linéaire dans l'histoire, tout est parfaitement construit, régulé. Allegro ma non troppo. Alors oui, après, il y a ce discours direct, ce que tu fais dire à ton personnage, cette oralité que tu tentes d'approcher et qui n'arrive pas à me convaincre pleinement par rapport au reste - même si tu as en tête je pense cette idée du verbe comme déchet, parce qu'il limite, parce qu'il suggère mais ne signifie rien, alors on le rend laid, on le rend prosaïque, parce que c'est ça au fond le langage : on a tous un "putain" qui résonne au fond de notre tête avant de prendre la parole (et dieu sait que Camil l'aime ce mot).

    Un petit côté Emma que j'aime bien (tu sais de quoi je parle) même si je ne revendique en aucun cas la paternité d'un personnage aussi complexe que Camil. Danseur gracieux et soldat vulgaire, j'ai l'impression que ces deux aspects coexistent et provoquent dans ton personnage un conflit intéressant ; loin d'être la seule lutte contre l'horreur de la guerre - vécue comme telle - et l'expression incarnée de la beauté du corps masculin (car oui bordel, Camil est un bel homme, ça se lit à chaque ligne de ton travail), il porte pourtant sur lui les cicatrices de cette guerre qui n'était pas la sienne. Un pantin dansant qui revêt les stigmates de la stupidité humaine, de la violence jaillissant non plus entre proches (la famille, la femme aimée) mais entre membres de la même espèce animale - car les hommes que rencontre Camil ne sont que des bêtes, au mieux des bêtes apaisées, au pire des prédateurs, des bêtes féroces.

    L'une de tes meilleures présentations à mon sens (pour en avoir lu pas mal de ta main) et je maintiens ce que j'ai toujours dit : prédéfini ou personnage original, tu arrives à montrer, une fois de plus, que si partir d'une esquisse ne te fait pas peur, partir de rien devient un défi d'ampleur shakespearienne. Défi qu'à mes yeux tu viens de relever avec brio.

    Félicitations pour ta fiche Brille
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Mer 22 Mar 2017 - 17:48
    Bienvenue !
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Jeu 23 Mar 2017 - 1:46
    Himiko | Arrgh ! Arrete j'arrete pas de rougir, peu importe le nombre de fois que je lis ta critique (owi venere moi). Il y a tellement de chose a dire sur ce perso que j'aurais volontier fait trente pages mais bon, fallait bien finir quelque part^^
    Je ne vois pas en quoi tu trouves Camil beau (ok il est brun aux yeux bleus, modele de perfection masculine et il a des muscles discrets) dans mon ecriture, ni si tu fais allusion a sa beaute interieure ou exterieure, sachant que j'ai peu decrit cte derniere categorie.

    Apres, pour moi camil est qqn qui a ete eleve dans des cites genre 93 et autre. Il a ce double langage venant de ses origines, de l'armee aussi et puis cette poesie des mots qu'il apprivoise grace aux livres. Son langage, sa facon de parler n'est pas le verbe comme dechet mais plutot les traces de sa non education, son passe s'accrochant a l'argot qu'il utilise et qui parasite ses paroles. C'est qqn de calme mais je voulais contrebalancer ca par la rapidite de ses mots sans barriere, qqch dans le genre. Apres vu qu'il a muri et pris de l'age, sans parler de sa position sociale, il a arrete d'etre aussi vulgaire. Mais il lui reste cette haine devant un combat qu'il ne comprend pas. C'est comme lorsque qqn meurt d'un cancer et qu'on y peut rien. On a envie d'injurier la maladie, on a cte rage de voir partir qqn de cher. C'est ca qui motive ses putain et autre bordel de merde de mes couilles putain. Et autres. Enfin, selon moi ofc.

    Et oui,bien sur, emma et son cote nihiliste. Il a de ca, ce qui le rend plus fort mais plus dangereux. Je pense qu'il ne l'a plus une fois devenu chef de la secu. Il est conscient de son job et de ses responsabilites. Tout faire peter, ca le laisse songeur un instant puis vient la lucidite. Il ne condamnera pas des innocents pour des actes qu'ils n'auraient pas commis. C'zst qqn de direct, qui adresse ses griefs aux personnes concernees, point.

    Haha, Shakespeare. On revient toujours à lui, le pauvre. Il a bo' dos, faut dire ^^

    Zak | well, thx
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    Re: Dessine-moi un mouton - Camil Boyle
    le Sam 25 Mar 2017 - 8:53
    Je doute très franchement de pouvoir écrire meilleur commentaire que ce qui a déjà été fait, mais sache que ton personnage est magnifique et que ta fiche est superbe. Les mots sont assez faibles, mais tu t'appropries merveilleusement bien la psychologie du soldat, c'est poignant de réalisme et je t'admire énormément pour cela. Je dois dire aussi que c'est rare que je lise une histoire d'une telle longueur et que je trouve que tout y est à sa place. Pour le coup, on sent que chaque évènement de son passé a un impact énorme sur sa psychologie. Je suis désolé de ne pas avoir eu le temps de te valider plus tôt, j'espère que cela ne t'aura pas trop dérangé, en tout cas, c'est un personnage à suivre inrp, assurément.  I love you

    Camil Boyle

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