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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

L'histoire d'une étoile qui s'éteint ♠ Ft. Camil Boyle

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Personnage : Lorsque la mort devient ton quotidien, tout est plus morne. Et, quand tu te rend compte que tu ne déteste pas ça, tout se transforme en folie. C'est ce que tu es. La définition même de la démence et de la mélancolie.
Enfin, tout n'est qu'illusion... n'est-ce pas ?
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posté le Ven 31 Mar 2017 - 17:10 (1)
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La journée fut mélancolique, ce jour-là. Le temps s'était suspendu. Le froid était mordant. Sorti de leur nuages de cendres, les perles de pluie s'étaient échappées, l'espace d'un instant. Ce n'était pas un déluge, seulement de petites gouttes qui tombaient et qui rendait le paysage maussade, mais aussi radieux. Elle était la bienfaitrice, celle qui guérissait les nénuphars. Cette pluie ressemblait à la passion entre toi et ce mort.

Tu avais décidé de sortir de ton logis, car de ta fenêtre, tu ne voyais que le mauvais temps et tu détestais cette horrible sensation de tristesse qui s'emparait de toi. Et, tu avais finalement atterrit ici, dans ce terrible quartier. Il était aussi beau qu'abominable. Un véritable comique que tu appréciais à sa juste valeur. Tu adorais te promener dans les ruelles de Pallatine. Tu aimais cette ville, et tu aimais ces habitants. Lorsque tu étais arrivée ici, le changement avait été déroutant pour toi. Des plus grandes étendus sauvages, tu avait touché terre ici, à Pallatine. Et, tu avais eu l'étrange sensation d'être à nouveau chez toi.

Cela faisait si longtemps que tu n'avais pas vu cette flamme de vie, et les vives émotions que tu ressentais en ville. Tu avais vu de nombreux et nouveaux visages, et tu avais eu la chance de faire des rencontres exceptionnelles. Jamais, tu n'avais regretté d'avoir atterrit ici. La quiétude que t'offrait cette nouvelle vie te permettait de faire tes recherches sans l'angoisse quotidienne que la Faucheuse décide de te prendre. Mais, depuis quelques temps, elle avait choisi de revenir sous une autre forme. Celle-ci était contrôlable, heureusement. Toutefois, elle restait l'ennemie numéro un de ce que tu essayais désespérément de préserver.

Tu te promenais en compagnie de ton fidèle parapluie rose dans les rues bondés de monde. Tu tournas dans une petite ruelle sans vraiment savoir où tu te rendais, à la recherche d'un peu de silence. Tu aimais le calme, mais tu aimais aussi la proximité des belles rues du quartier de Sharsfort. Alors, tu prenais souvent ses minuscules allées afin de trouver des endroits qui te permettrait d'avoir ce que tu souhaitais : le calme et le bruit de fonds des passants.
Peut-être devrais-tu te rendre dans l'ancien théâtre pour essayer de rencontrer ton corbeau noir adoré et ton Mot tant aimée ? Ou simplement marcher pour trouver d'autres amis au nom Mystère.

Soudain, tu n'entendis plus le son mélodieux de la pluie. À présent, il n'y avait plus que la résonance sourde de la mort.
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Son of the desert
Personnage : c'est un homme brisé. la guerre est rarement jolie à voir, pire à vivre. il est amoureux. amoureux du désert.
il ne supporte pas, ne supporte plus la vue du sable.
mais il la recherche, recherche sa chaleur, son atmosphère. sa propre pesanteur. il vit sur une autre planète et il rêve souvent du désert, mais il ne faut pas lui en vouloir, à camil. il est persuader tout au fond de lui d'être utile et de protéger les citoyens de pallatine grâce à son boulot, mais à la surface, il doute de tout.
on lui a beaucoup menti, à camil, ce qu'il fait qu'il ne sait plus très bien à qui faire confiance. l'institut lui a volé des souvenirs, les effaçant grâce à l'hypnose, alors même à lui-même, il ne fait pas confiance. ca le rend vulnérable, et suicidaire sur les bords. il ne sait pas où il vit, là-bas dans le désert ou ici sur terre. enfin pallatine.
enfin vous savez bien, n'est-ce pas? ou bien êtes-vous perdu, vous aussi, entre avant et après?
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posté le Dim 2 Avr 2017 - 21:15 (2)
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LA MORT D'UNE ÉTOILE
Le désert est lunaire. Couleur d’argent fondu, d’or blanc, de mer stellaire. Le vent dessine des rides sur cette étendue de neige brillante, balayant sans distinction sable et hommes de son souffle gelé. Le désert est mortel. Regards assassins aux coins de sa bouche tordue dans un rictus cinglant. Son sol n’est plus doux et accueillant comme au jour naissant, mais dur et gelé par les chutes de degrés. On ne trouve du réconfort que dans les étoiles luisantes là-haut, se moquant entre elles de nous. Que disent-elles ? Je ne sais. Elles sont muettes, et c’est tant mieux. Si elles avaient fait du bruit, elles m’auraient empêché de les contempler. Plonger mes yeux glaciers dans les leurs millénaires m’aide à rester éveillé. En cette nuit si incertaine, je ne sais pas sur quel pied danser. Sur aucun, sans doute : ordre d’immobilité. Au programme, contemplation céleste et écoute d’un téléphone, situé avec son propriétaire quelques centaines de mètres plus loin. La maison ruche n’a aucune fenêtre d’allumer, pourtant elle dégage un mince filet de fumée, sortant de son toit pour aller tutoyer les étoiles. Libre ; je l’envie. Moi, je ne suis qu’une statue. Je me fonds au sol et je sais que bientôt m’engloutiront les dunes. C’est mon souhait. Je ferme les yeux. A ma montre, trois heures. A mes pieds, trois hommes. Sur mes mains, leur sang. Dans mon âme, la mort.


Je me réveille désorienté. Il fait chaud, beaucoup trop chaud. Et c’est moite. Je renifle. Pas d’odeur de pisse, c’est déjà ça. Je me souviens que je m’étais fait dessus, une nuit, après avoir rêvé d’e u x. Je me lève et sans surprise, constate l’étendue des dégâts. Mon lit n’est qu’un amas de draps trempés de sueur. Si je ne fais rien, ça ne va pas tarder à sentir l’aigre. Je me déplace jusqu’à mon minuscule placard, y prélève ce dont j’ai besoin, et me mets à la tâche, vêtu en tout et pour tout de mon boxer. Je n’ai pas besoin de lumière ; je suis si habitué à refaire mon lit presque chaque matin que je ne prête plus attention à mes gestes. C’est la mémoire de mon corps qui travaille. Mon esprit, lui, sort de son état comateux tout doucement, se réhabituant petit à petit à la réalité. Les volets à demi clos dégagent de la chaleur. Quelques rais de lumière filtrent dans la cuisine lorsque je m’y rends pour déposer dans la machine mon linge sale. Je lance le programme à 90°, me fais chauffer une tasse de café, et file sous la douche. Le jet d’eau chaude est brûlant. Bien vite, la buée remplit la salle de bain. Je nage dans un océan de coton. Dans le désert, le sable fumait à l’aube et au crépuscule, le brutal changement de températures créant l’illusion d’une mer de nuages dorés. C’était un petit spectacle que j’adorais et qui me manque, maintenant que mon quotidien est fait de verre et d’acier. J’avais voulu fuir cette ambiance si peu naturelle, me réfugier dans un climat que je connaîtrais mieux, ou qui serait à l’exact opposé du désert, histoire qu’il ne vienne plus me hanter. Mais on ne trouvait pas beaucoup de distractions, et bien vite, je dû me rendre à l’évidence : la ville m’était indispensable.


Je déteste me montrer faible. Je déteste devoir à chaque fois retourner dans ces structures trop hautes, trop clinquantes, trop métallique. Contraindre mon corps à se mouvoir dans des espaces clos. Ne pas sentir le ciel au-dessus de ma tête, couvert par du béton et de la tôle. Mais j’y étais obligé. /div>

« Stupide syndrome de Stockholm. »

Je pense à voix haute, je me maudis de trouver de l’attrait aux bars, aux magasins, aux salles d’arcade. Je marche le plus vite possible. Je trottine. Je finis par courir, loin loin loin de la foule m’angoissant. Je veux être seul. Ne plus les entendre parler. De. Moi. Dans. Mon. Dos. Je. Vire. M a b o u l. Calme-toi, Camil, ralenti, Camil. Je m’appelle mais personne ne répond au bout du fil. Ça sonne dans le vide. Comme mes prières, comme mes attentes. Mes rêves. Tout. Part. En. Fumée. Et je veux les rejoindre.


Il y a une colonne sur ma droite, le genre d’œuvre d’art urbaine entretenant une forte ressemblance avec une verrue plantaire arrivée par hasard dans ce lieu tranquille. Bref, c’est moche et je ne ressens pas la moindre once de remord à l’écraser de tout mon poids, grimpant dessus jusqu’à atteindre son sommet, et de là, m’élancer pour atterrir sur le toit d’un immeuble. Il n’y a que de là-haut que je trouve ce que je cherche : moi-même. La ville se tait subitement. Il n’y a que l’envol des pigeons en bruit de fond, craintive créature s’écartant de mon chemin. Pas comme ces crétins d’humains pas assez évoluer pour faire de même. Ma cadence ralentit, mon souffle se délite. Je suis seul, enfin. Je m’arrête. Je savoure. Je souris.


Et le pas de trop, m’approchant trop près du bord, qui cède.



Et. La. C h u t e.



Crac.

CODAGE PAR AMIANTE
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Personnage : Lorsque la mort devient ton quotidien, tout est plus morne. Et, quand tu te rend compte que tu ne déteste pas ça, tout se transforme en folie. C'est ce que tu es. La définition même de la démence et de la mélancolie.
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posté le Mar 4 Avr 2017 - 18:15 (3)
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Ton souffle de braise laissa échapper sa chaleur dans l'air faisant apparaître un minuscule nuage entre tes deux mains glacées. Puis, soudainement, tu entendis de tes oreilles sourdes l'air se fendre en deux. Tes réflexes monstres relevèrent ta tête en une fraction de seconde, et tu vis cette étoile mourir sous tes yeux sans que tu ne puisses rien faire, sans que tes membres ne puissent bouger. Tu t'étais maudit à cet instant d'avoir aimé écouter ton père lors de ton apprentissage au combat. Aurais-tu été la même si tu avais évité son regard comme tu en avais l'habitude ? Tu rêvais d'ignorance, tu rêvais d'être l'Ignorance. Elle t'aurait montré le chemin de la quiétude.

Une seconde. Une seconde. Une seconde. Tu attrapas tes cheveux et les tiras. Une seconde. Une seconde. Une seconde. Ton pouls s'accéléra et tu juras. Tu la contrôlais, mais elle te contrôlait. En cet instant, aucune larme, aucun remords, aucun cri ne devaient sortir. Seul le silence devait te guérir. Cette seconde t'avait tué. Tu n'étais plus, elle n'était plus.

Soudain, un gémissement. Tu lâchas tout et relevas la tête, les yeux aussi froids qu'un iceberg. Et puis, tu vis encore. Tu aimais cette Vue. Tu aimais ce sens. Mais, tu n'aimais cette folie. Tu savais à présent. Tu savais que tu devais rester toi-même. Tu étais le marbre. Tu étais la sauveuse.
Tu t'approchas de lui, doucement. Tu te baissas et l'examinas, naturellement. Oui, le calme était la clé. Tu n'étais pas l'ignorante, elle l'aurait tué. Tu jurais dans ton esprit d'être aussi faible. Elle, cette tête, tu devais l'entraîner.

Tu regardas sa tête. C'était lui. C'était ce mort. C'était ta mort ? Tu secouas ta tête. Une illusion, oui, une illusion. Ta vie était une illusion. Alors, tu pouvais. Tu pouvais être qui tu voulais. Et, tu avais choisi d'être Caroline Smith.
Tu pris son pouls et soupiras. Sa flamme était encore là, mais sa jambe était brouillée. Non, seulement tordue. Tu attrapas un bâton et l'enfonças dans sa bouche afin qu'il le morde. Tu soupiras et le regardas dans les yeux. Il devait oublier. Et là. Crac. Un hurlement. La fin du supplice. Et, le dos collé au mur, tu souris. Non, ce n'était pas sa souffrance, c'était cette douce ironie.

« Accepter de vivre, n'est-ce pas une forme de suicide ? » Quelque part dans les nombreux livres que tu avais pu lire durant ta vie, tu avais vu ça de tes propres yeux, et tu n'avais pu t'empêcher de rire. Car, tu étais sûrement celle qui comprenait le mieux ces écrits. Maintes fois, tu avais voulu suivre les idées de ton cœur. Ce désespoir t'avait toujours entraîné. Tu étais dans ce bateau depuis si longtemps, incapable de t'enfuir. Car, tu avais peur. Peur de l'après. Peur des regards. Peur de ce mort. Peur de l'acte. Tu n'avais pas le courage monstre de cet homme. Mais, tu avais le tien. Celui de ne pas commettre l'irréparable.
Tu savais que cette obsession te hanterait toute ta vie quoi que tu fasses, et c'est pour cette raison que tu n'avais pas le droit de dire cette tirade de films sur le crime qu'il venait de commettre.

« C'est l'envie de voyager qui m'a montré la lumière, tu sais ? » Pallatine fut pour toi ta porte de secours. Alors que tout te fut enlevé, tu fus dirigée vers un endroit magique, une nouvelle vie. Pas le droit à l'erreur. Ton but te sourit et tu fus obligée d'oublier ces idées de cœur. C'était logique pour toi. Et, ces cicatrices ? Eh bien, c'est le futur qui te sourira. Non, tu ne te plaindras jamais, et tu n'évoqueras jamais ta démence.

Car, oui, aujourd'hui, tu oses l'avouer haut et fort. Tu es cette Caroline Smith pleine de folie et à jamais incomprise.
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mais il la recherche, recherche sa chaleur, son atmosphère. sa propre pesanteur. il vit sur une autre planète et il rêve souvent du désert, mais il ne faut pas lui en vouloir, à camil. il est persuader tout au fond de lui d'être utile et de protéger les citoyens de pallatine grâce à son boulot, mais à la surface, il doute de tout.
on lui a beaucoup menti, à camil, ce qu'il fait qu'il ne sait plus très bien à qui faire confiance. l'institut lui a volé des souvenirs, les effaçant grâce à l'hypnose, alors même à lui-même, il ne fait pas confiance. ca le rend vulnérable, et suicidaire sur les bords. il ne sait pas où il vit, là-bas dans le désert ou ici sur terre. enfin pallatine.
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posté le Mer 12 Avr 2017 - 12:00 (4)
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LA MORT D'UNE ÉTOILE
La chute paraît durer des heures. Je cille, je suis en haut. Je cille, je suis au sol. Et pourtant l’espace-temps entre ces deux battements de cils n’a pas la même consistance que d’habitude. Quelque chose s’est produit, mais quoi ? Je ne pourrai pas l’expliquer clairement. L’air était… Liquide, mon corps baignant dans cette étrange soupe, se retrouvant en état d’apesanteur pendant une courte éternité. Honnêtement, les secondes se sont étirées, élastiques, diluant l’huile du passé, l’eau du présent et l’air du futur pour en faire une solution incroyablement dense, emprisonnant mes membres dedans. Tout était sur pause. Je voyais distinctement le blanc gris des nuages, voyais l’envol des pigeons suspendus au ciel comme un mobilier de carton-pâte, voyais une femme étendre son linge. J’ai vu beaucoup d’autres images, encore, photos du quotidien sublimées par l’absolue immobilité des sujets que mon œil-caméra captait en instantanées. Je les ai oubliés, ces moments volés. Leur nombre impressionnant ne me laisse qu’un mal de crâne renforcé par la chute.


Ça m’a déstabilisé, ce temps qui n’en est plus un, ces minutes durant des siècles. Depuis peu, ce mal étrange quasi ubuesque a frappé la ville, s’invitant sans prévenir, repartant de même. Jusqu’à présent, ça ne m’était pas arrivé. Me retrouver dans pareille situation, je veux dire, où, bien que figé dans la courbe normale du temps – pouvait-on encore parler de normalité à Pallatine, ville-monde hors de tout ? – je continuais de vivre et de vieillir mais… Différemment. Plus lentement. D’une manière diffuse qui est loin de me plaire.



J’observe encore le ciel lorsque ma jambe éclate en un millier d’éclats de verre s’enfonçant jusque dans mes os. Par chance, je heurte plusieurs toits de tôle gondolée, ce qui me sauve probablement la vie. Mais pas mon dos et encore moins mes côtes ; je sens l’une d’elle céder à la quatrième chute, le « crack » bien sonore se répercutant en écho dans ma boîte crânienne.
J’atterris sans grâce au sol, comme un paquet de linge sale. Avant la douleur et les premiers gémissements, c’est le choc de la chute – ou plutôt, des successions de chutes – qui m’empêche d’hurler. Ça et le fait que je ne me sois pas remis de mon bug temporel, sans parler que je n’arrive pas à déterminer si je suis par terre pour une longue durée, ou si je vais continuer de chuter. Mon corps ne me permet pas de me relâcher immédiatement, retenant mon souffle en otage, ainsi que ma douleur. Je suis un moment ailleurs, flottant, membres de coton et vision trouble, paysages flous d’une ville de fumée. Pour avoir chuté pléthore de fois, c’est cet état-là que je recherchais en me laissant choir ainsi, oiseau bizarre à qui personne n’avait appris à voler. Alors je chute. J’endurcis ma carapace et je chute. Je largue les amarres direction le septième ciel, direction l’enfer. Rien ne peut être pire que là-bas, rien, aussi merveilleux. Lorsque je chute, je pense à eux. Je pense à nous, félins oubliés, griffes arrachées, assoiffés d’un sang impur abreuvant nos mitraillettes.
J’entends le bruit caractéristique du ratatatatata dans mon crâne. C’était la seule musique autorisée, au front. Tempo sanglant d’un flamenco mortifère. Et je danse, en équilibre au-dessus du vide.



Ma bouche s’emplit d’un goût ferreux. Reconnaît la texture épaisse du sang. L’accepte avec gratitude, comme une offrande faite à ma mémoire défaillante. De tout je doute. Sauf du sang emplissant mes poumons, le mien, le leur, mélangés et pourtant uniformément rouge. Je m’en délecte jusqu’à ce que je sente des mains, une voix, une présence étrangère s’affairant autour de moi. Je n’aime pas ça. Je grogne, feulement sauvage que j’aurais voulu rugissement puissant du lion, mais manque de m’étouffer. Quelque chose obstrue ma mâchoire. Je passe ma langue dessus, reconnaît du bois. Que diable fait-il dans ma…



« … !!! »


Hurlement inaudible, feu dans mes veines, incendie dans ma jambe.



Crack.



Ça n’arrête pas de faire crack.



« Aaaarrghh !!! »


Je réunis me dernières forces dans ce son primitif, animal blessé attention danger, expulsant tout l’air de mes poumons. L’effort de fait prendre conscience de mes côtes cassées, de mon bras ankylosé, de mes mains écorchées. Je souffre le martyr. Souffrir = vivre. Je suis vivant, un organisme en souffrance. Mais vivant. Vivant.
Vivement la mort. La mort et son silence. La mort et ses vagues de calme plat. La mort…

Et ses yeux d’or.



Je plonge mon regard glaciers dans celui un peu triste du désert, dunes orangées, étoiles argentées. Il a un sourire désolé, le désert, quelques plis de désaccord au bord des lèvres, la mort. Je suis désarçonné par sa jeunesse, ses joues rondes et la finesse de ses poignets en attestant. En la regardant de plus près, ma sauveuse, alors qu’elle se penche vers moi, je lui trouve un air de moineau affamé. Ses iris ne me mentent pas alors qu’elle me fixe, elle ne fait pas cela par bonté de cœur. Ses gestes assurés, la rapidité de leur exécution, tous ces signes qui ne trompent pas clament une volonté d’acier trempé. L’habitude de manipuler des poids morts. La douceur de sa peau de poupée n’est là que pour faire illusion, comme les jolies plumes des appâts de pêche. Le corps exprime quant à lui la vérité de celui qui donne la mort comme il soigne : sans rien n’attendre de personne. Ses mains ne font que frôler ma peau mais pourtant, j’ai la chair de poule. Pour l’avoir déjà vécue, je connais cette sensation. C’est pourquoi je n’exprime nul remerciement, nulle chaleur. Que la glace de l’indifférence cachant la peur de mourir par ces doigts pansant mes blessures. L’iceberg de mon regard se heurte à l’ambre du sien. Je suis acier ; elle est miel. Couleur rieur du meurtrier insouciant. Elle joue la comédie avec moi, ou elle s’autorise un petit pas de travers dans son quotidien macabre. Je n’aime pas ça.



« T’es qui, toi ? »


Le tout prononcé avec une agressivité de couteau tiré.


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posté le Jeu 11 Mai 2017 - 22:44 (5)
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Qui es-tu ? Oui, tu te posais encore la question...

Tu avais cherché la réponse partout, mais tu ne l'avais jamais trouvé. Alors, tu te l'étais posée à toi-même. Cela paraissait simple, mais ça ne l'était évidemment pas. Tu te retrouvais à chaque fois devant une page blanche, et tu n'en comprenais pas la raison.

Et puis, un jour, tu compris. Tu compris que tout cela n'était qu'éphémère, que tu ne serais plus qu'un maillon parmi la grande et longue chaîne humaine. Tu ne marquerais pas l'Histoire, c'était une évidence. Dans ton monde, tu l'avais presque détruit. Alors, tu n'étais vraiment rien. Serais-tu l'invisible ?

Le silence avait pris le dessus pendant que tu réfléchissais à la problématique que t'avait posé cet inconnu au regard aussi vide que l'univers. Mais, la question n'était pas là. Il voulait simplement connaître ton identité. Alors, tu souris. « Caroline Smith. Mais, appelle-moi seulement Caro'. À moins que tu es encore des rancœurs envers moi. » Et puis, tu souris à nouveau. Il était amer et triste. Sa souffrance était telle que tu n'arrivais pas à la ressentir. Tu n'avais pas expérimenté le suicide, et la vie qui continuait après ça. Avait-il déjà essayé de jouer à la Faucheuse avec lui-même ?

Tu te relevas et nettoyas tes vêtements avant de te rapprocher de l'inconnu. Non, tu ne lui avais pas demandé son nom. Tu attendais qu'il le fasse de son propre chef. De toute façon, en cet instant, son identité ne t'intéressait pas.
Tu l'aidas alors à se redresser, ignorant les potentiels cris et l'adossas sur le vieux mur en lui susurrant des mots gentiment. « Bon, je vais t'expliquer ce qui va suivre. Je n'appellerai personne pour t'aider et te soigner. Je te laisserai décider de ta vie, ou de ta mort. » Après l'avoir confortablement installé, tu commenças à l'examiner tout en continuant ton monologue. « Je t'avoue qu'à présent, un mort de plus, ou de moins ne me fera aucun mal. Alors, si tu t'attendais à ce que je te sermonne, tu es tombée sur la mauvais personne. » Soudain, tu sentis deux anomalies. Il avait quelque chose de coupant sur le haut du ventre. Et, tu pensais qu'il avait aussi une côte cassée. Rien de bien méchant, seulement horriblement douloureux. Tu soulevas alors, toujours en continuant de parler, son pauvre tee-shirt et fis une grimace en voyant la plaie. Ça devait faire un mal de chien ! Replaçant un bâton dans sa bouche, tu déchiras un bout de ta superbe et nouvelle robe. Tu retiras ensuite d'un coup sec le verre avant d'enrouler aussi vite que possible le bout de tissu afin de faire une compresse et arrêter le saignement.
« Mais avant que tu fasses un choix, j'aimerais savoir pour quelle raison tu as voulu t'ôter la vie. Tu es libre d'accepter ma requête ou non. Si je peux te faire changer d'avis, à la bonne heure ! J'aurais un poids de moins sur la conscience... De toute façon, tu n'auras pas le droit de bouger avant d'avoir parlé. Et, ne t'en fais pas, je resterais subjective jusqu'à la fin. »

Cette fois-ci, tu avais opté pour la carte de l'indifférence. Au fond de toi, tu savais pertinemment que dans tous les cas, tu ne le laisserais pas se tuer. Tu n'étais plus aussi forte psychologiquement pour pouvoir laisser quelqu'un, la pire des ordures même, mourir sous tes yeux. Tu étais simplement trop curieuse, et tu voulais le convaincre qu'il faisait une grave erreur.
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~~~

HRPG : Juste : Waouh ! Sérieusement,
j'ai adoré ta réponse. Elle était juste magnifique ! J'arrêtais pas de sourire pendant que je le lisais. J'ai vraiment apprécié écrire cette réponse, alors j'espère qu'elle te ferait ressentir le même sentiment que moi à ce moment-là.
Oh ! Et, désolée pour le retard, je ne pouvais pas écrire, car je n'avais plus de PC... Ni de Wi-Fi d'ailleurs. Mes réponses seront aléatoires, car cet ordi' ne m'appartient.

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on lui a beaucoup menti, à camil, ce qu'il fait qu'il ne sait plus très bien à qui faire confiance. l'institut lui a volé des souvenirs, les effaçant grâce à l'hypnose, alors même à lui-même, il ne fait pas confiance. ca le rend vulnérable, et suicidaire sur les bords. il ne sait pas où il vit, là-bas dans le désert ou ici sur terre. enfin pallatine.
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posté le Lun 12 Juin 2017 - 16:28 (6)
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LA MORT D'UNE ÉTOILE
Et soudain j'éclate de rire. Un rire gras, un rire gros, un rire malsain. Un rire de fou furieux, un rire de douleur comme un cri en plein coeur d'une tempête déboulant sur un vaste champ de ruines. Crise de rire pour cacher la souffrance électrisante, crise de pleurs hilares pour masquer la douleur telle une balafre sur un corps déjà mainte fois marqué de baisers violacés. Je me sens baisé par cette gamine se moquant allègrement de moi, cette gamine aux yeux d'or et aux mains de mère, cette gamine qui pépille la vie, qui pétille comme de l'eau gazeuse trop secouée, vomissant en un geyser la pression longtemps accumulée. Je me fous de ma gueule de vieux con, aussi, vieux trouillard qui encore une fois a raté sa sortie. Artiste sans tour de passe-passe, clown sans joie, danseur sans partenaire. J'en suis réduit à marcher sur un fils et me désarticuler, tituber, tomber, chuter, cracher mon sang sur les pavés pour attirer l'attention.


De cette foutue gamine.



Caroline. Caro pour les intimes. Et j'ai l'air d'en faire partie apparemment, ce qui redouble mon hilarité.



"T'aurais du t'appeler Mère Theresa ! (Je m'étouffe presque entre deux crises de rire, mes poumons en feu et mes côtes, surtout les cassées, demandant grâce) Sérieusement, c'est quoi ton problème? Retourne jouer à la corde à sauter et laisse-moi tranquille."

Je souffle enfin, retrouvant suffisamment de sérieux pour me calmer. Le soin qu'elle apporte à guérir cette chair qu'on appelle corps me touche et je me sens presque pudique à lui exposer mes blessures, physiques autant que psychiatriques, en plein dans sa gueule de petit ange. Presque. Parce qu'au silence attentioné avec lequel elle m'a bandé succède la grossièreté de ses mots mal employés. L'agacement remplace le rire. Je tique.


"Dis donc toi, t'as l'air bien placée pour me faire la leçon même si tu prétends ne pas manger de ce pain-là. Tu t'es prise pour qui? Ma mère? T'es un poil trop jeunette pour ça. Alors merci pour t'être occupée d'un vieux débris, maintenant va-t'en. Si c'est de l'argent que tu veux, t'es mal tombée. J'ai pas un rond sur moi."


Je lui dévoile l'intérieur de mes poches vides, sauf mon trousseau de clés et un vieux chewing-gum que je lui tends religieusement.


"Pour tes services, mademoiselle. Allez, ouste!"

Elle ne me remercie qu'en dévoilant mon torse et la blessure que j'essayais d'ignorer, feu flambant ma peau mise à nue par ses doigts si frêles. A peine le temps de protester qu'elle m'incendie d'une nouvelle flamme venant complètement cramer ma carcasse. Un instant je crains d'être réellement entré en combustion, sauf qu'aucune fumée ne s'élève au ciel, aucune odeur de porc grillé ne vient flatter ma narine. Le barbecue ne sera pas pour tout de suite.


J'aimerais hurler mais quelque chose m'en empêche. Ma fierté. Et un bâton obstruant ma bouche que je mords à pleine dent, le bois dévorant mon palais, amertume résumant le mal-être constant m'habitant. C'est un comble tout de même que moi, Camil Boyle, homme de presque trente ans, me fasse malmener par Caroline Smith, fillette de... Quinze? Seize ans? Mais pas le choix alors je la ferme, me contenant de la maudire quatre-vingt dix fois.


Elle me parle, je crois, même si c'est difficile pour moi de comprendre ce qu'elle raconte. J'ai du coton dans le cerveau, couplé à une incroyable envie de dormir. Ma chute m'a assommé et ce n'est que le soleil tapant trop fort, le ciel trop bleu et cette chieuse de première qui me maintiennent les deux pieds sur Terre.


Encore un suicide raté.



Je rirais bien une nouvelle fois mais j'ai trop mal pour ça. Ma respiration sifflante est la seule réponse qu'elle récolte, comme un coup de poing hargneux, comme un chien mordant la main de son maître. Je veux déguerpir, ne pas me confronter ni à elle à qui je dois la vie, ni à moi-même à qui je dois tout - ou presque. Mon malheur, ma survie, mes emmerdes, mon amour.


Le désert.



J'ai envie du désert. Mon regard se voile de sable chaud, mes yeux s'ancrent dans ceux d'or de Caro et ça y est, j'y suis. J'entends le vent siffler, je sens le soleil chauffer, je goûte à l'âpreté d'une existence hors du temps. Que des dunes et des plats, des pas qui s'effacent sitôt qu'ils se tracent, des routes qui n'existent sur aucune carte. En haut, un vol d'oiseaux sauvages chassant la chaleur écrasante remplacée en un battement de paupières par la froideur de la nuit, les étoiles enfin comme guide et la lune polaire. Désert glaçant, film d'horreur vivant, corps en marche vers un infini qui se dessine et s'obstine à être à portée de main mais si loin, si loin...


Coment expliquer cela à la petite ? L'enfant prendrait peur du désert alors qu'il n'est que douceur, caresse, morsure joueuse. Cheval libre lancé à plein galop. Le désert.


"Pour rejoindre mon ami."

Je ne sais pas si elle comprend, ma bouche toujours engluée autour du bâton, mais je m'en fous. J'ai envie de lui parler, de l'emmener dans le désert mais j'ai peur. Je suis jaloux qu'elle ne finisse comme moi par aimer le désert et qu'il l'aime en retour, m'abandonnant à une vie d'errance. Je veux expliquer sans partager, ouvrir mon jardin secret et me taire. Les mots se bousculent au portillon mais rien ne sort.


Il faut d'abord que j'apprivoise les souvenirs. Et je n'en ai quasiment plus. Rien de sûr sauf l'ombre du désir d'appartenir au désert.


CODAGE PAR AMIANTE

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posté le Ven 14 Juil 2017 - 17:20 (7)
The
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Enfin. Il se tait. Ce silence d'or te paraissait si triste, et si fort. Ce rire, si sournois. Ces paroles, si tranchantes. Soudain, tu songeais. Tu battais des paupières à plusieurs reprises. Tu levais les yeux au ciel. Tu retins ses larmes monstres et meurtrières. Tu aurais voulu être faible. Encore plus, du moins. Tu aurais voulu lui cracher à la gueule et pleurer à ses côtés. Oh oui, tu as trop vécu. Trop vu. Qu'avait-il vu, lui ? Sa petite amie, serait-elle morte ? Son père, sa mère, sa sœur peut-être ? Non, il était plus vieux, mais moins vieux que toi. Son cœur était trop faible, voilà tout. Le tien aussi, d'ailleurs. Mais, celui-ci avait plus peur.
Toujours et encore la mort. Elle te suivait comme une vieille amie. Tu ne la détestais pas. Tu étais elle. Non, elle était toi. Elle t'avait donné une sœur. Horrible, certes. Mais, elle était là. En haut. À t'attendre. Chaque erreur. Chaque folie. Chaque sentiment. Et, elle serait là. Comme un vieux tourment.

Tu baissas tes yeux dans sa direction, et les plongeas dans une profonde tristesse dans cet océan de mélancolie et de beauté. Tes larmes coulaient doucement, calmement. Tu voyais dans les profondeurs des abysses, les mêmes horreurs qui te faisaient crier, pleurer toutes les nuits. Tu t'arrachais les cheveux en criant aussi fort que possible qu'il s'en aille. Tu essayais de les frapper dans le vide, les voyant s'approcher trop près de toi.
Tu ne disais rien. Tu regardais. Sale habitude. Tu étais la gamine, pour tout le monde. Tu étais l'ignorante, pour tout le monde. Tu ne le niais pas. Ils avaient peut-être raison. Qu'étais-tu pour les contredire ? Mais, eux aussi, alors. Personne ne voit avec les yeux des autres. Personne ne peut ressentir la même souffrance, la même peur, la même joie, la même haine. Chacun voit à sa façon. Tu voyais le temps, toi. Il s'écoulait. Te narguait. Alors, tu répliquais en pleurant et criant. Jamais, tu ne l'acceptas. Tu le fuyais comme la peste. Tu avais peur qu'il te rattrape. Il était ton pire démon.

Et puis, une voix t'appela et te sortit des abysses en t'attrapant avec une force herculéenne. C'est alors que tu souris. Tu souris, car tu te souvins. De tout. Ce que tu étais, ce que tu fus et ce que tu avais laissé. Tu étais devenue la chaleur du torrent. La douceur d'une tempête. La fraîcheur d'un volcan. Le frémissement d'un brise. Tu étais devenue le tout et le rien. Tu étais devenue la mort et la vie. Alors, tu insufflas cette vie. Peut-être bien cette mort, à cet homme. Jacob, oui, c'était son nom. Tu t'approchas doucement de la voix. Tu l'embrassas. Gentiment. Comme une innocente enfant à son père. Seulement, tu n'étais pas innocente. Tu étais horrible et fourbe. La méchante petite gamine. Mais, il ne le savait pas, lui. Alors, tu jouas ton jeu. Tu frottas sa bouche, comme pour effacer ce baiser malsain, orchestré par cette voix horriblement envoûtante, ôtant par la même occasion ce bout de bois que tu avais posé ici quelque temps plus tôt. Sans jamais lâcher du regard l'océan, tu lui souris comme pour le remercier d'avoir accepté cette demande farfelue faite un peu plus tôt. « Eh bien soit, je serais l'ignorante. Alors, je t'en prie, explique à l'ignorant Mystère ce que signifie la vie. »

Tu aimais ce regard-ci. Il était si beau. Une beauté subtile. Une beauté mélancolique. Et, il racontait une histoire si triste que tes larmes ne cessèrent de couler à chaque mot que tu prononças. Ta voix était fière et sûre d'elle comme si elle voulait camoufler cette faiblesse aux yeux de l'océan. Rester forte à chaque instant était essentiel. C'était la seule et unique façon de rester à la surface. Mais, en cet instant, étais-tu réellement à la surface ? Tes yeux en démontraient parfaitement. Tu étais faible. Peut-être plus que quiconque.
Tu détachas tes yeux de cet océan fourbe qui te poussait à faire des choses malsaines à ton père. Tu fixas le sol, les sourcils froncés et le regard triste. Étais-tu une bonne fille ? Tu avais joué au grande en faisant ces stupidités. Une idiote, c'est ce que tu étais.

Non, il n'était pas ton père. Il n'était pas Jacob. Tu le savais. Parfaitement bien. C'était seulement un étranger qui avait voulu se suicider. Ouais, seulement. Mais, qu'est-ce qui pourrait excuser tes actes ? Toi, tu voulais seulement dire proprement au revoir à ton ami, ton amour.
Alors, il est vrai que l'on raconte que lorsque l'on embrasse quelqu'un, on signe un contrat à vie. Alors, tu avais décidé de signer ce contrat le temps d'une histoire. Non pas pour cet étranger, mais pour Jacob. Comme un dernier au revoir. Était-ce un mensonge ? Peut-être bien.
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HRPG : Excuse-moi pour ce si long retard ! Et deux fois de suite ! Mais, c'est bon, je suis stabilisée maintenant !! Mon ami a terminé ses examens. ^^

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