« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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Portes ouvertes (Camil)

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Citoyen

jeune père veuf, toujours enfant dans sa tête, trop vite grandi.
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le Sam 8 Avr 2017 - 13:54
A peine le temps de déposer le gamin à l'école - le petit fréquente les rangs de l'école de l'Institut depuis qu'il est en âge de le faire - et déjà, je tente de me repérer dans le dédale de l'institution, essayant de repérer le secteur où aurait lieu les portes ouvertes. Je n'ai pas l'habitude de fréquenter cet endroit, je n'en connais que l'aire éducative, et encore, parce que je suis un parent d'élève. Un parent si jeune qu'on pense souvent que je ne suis qu'un grand frère - si seulement. Cette nuit encore fut éprouvante, et j'en porte les stigmates sur mon visage pâli de fatigue : de lourds cernes creusent mon regard amolli. Après quelques nuits difficiles de mon côté, voilà que le gamin s'est réveillé en hurlant en pleine nuit, la tête emplie des cauchemars qui hantaient son sommeil. Nous vivons dans un appartement minuscule, lui et moi, presque un studio qui se situe non loin de l'Institut ; il en aurait fallu moins pour me réveiller. Et parce que je ne sais pas du tout quoi faire dans ces cas-là, parce que les mots tendres que je devrais lui offrir et les caresses rassurantes que je devrais lui prodiguer me sont trop étrangères pour que j'en sois capable, je l'ai soulevé sans délicatesse, et l'ai glissé sous mes draps. Il s'est blotti contre moi, et bientôt son rythme cardiaque s'est apaisé. Quand sa respiration s'est calmée, j'ai su qu'il avait réussi à s'endormir - mais pour ma part, j'étais désormais bien réveillé, et je n'ai plus fermé l'œil jusqu'au moment où le réveil a empli le silence de sa rengaine habituelle. Je suis mauvais, le matin, et le gosse le sait ; il se montre adorable. Ce matin, j'ai surpris un éclat d'amour dans ses yeux paisibles. J'ai détourné le regard.

Toutefois, l'épuisement n'est pas un adversaire capable de me terrasser. Je ferai tout, ce matin, pour prouver que je suis tout aussi capable que les recrues actuelles. Dans le fond, je ne connais pas grand chose à la section sécurité ; je caresse ce rêve car je n'arrive pas à en avoir d'autres. Peut-être cela me fait-il penser à elle, dont le père était autrefois un grand responsable qui savait maintenir l'ordre. Peut-être tenté-je de compenser la famille dont mon gamin a été privé par la force des choses. A vrai dire, je préfère ne pas trop m'en soucier. Décrypter mes véritables motivations, cela reviendrait probablement à admettre que je ne suis qu'un paumé. Cela m'énerve, ce genre d'aveux qui n'ont rien de constructif. J'ai toujours avancé en niant les choses, je compte continuer à le faire. A cet instant, mes yeux distinguent la forme familière d'un papier orné d'une flèche. Les mots Journée Portes Ouvertes : Section Sécurité, tracé au Comic sans gras, m'indiquent qu'il s'agit là de ce que je recherche. Suivant la direction indiquée, je tourne plusieurs fois. Je ne sais pas du tout où je me trouve désormais, mais finalement j'arrive face à une grande porte de gymnase. Ma destination.

L'excitation fait battre mon cœur alors que je traverse le seuil. A l'intérieur, divers ateliers ont été proposés. Certains ont pour but de tester les potentiels candidats, et je ne me fais guère de souci pour cela : je suis, je pense, suffisamment entraîné pour les passer haut la main. Je n'ignore cependant que ceux qui les échouent n'ont à peu près aucune chance de réussir les épreuves d'aptitude. D'autres sont là pour présenter le métier d'agent de sécurité, ils me seront bien plus utiles, car pour le moment je me suis construit des illusions, et j'ai besoin de les consulter. Il y a normalement deux responsables qui se relaient pendant la journée : le matin, c'est le responsable de la sécurité qui devrait être là. Je l'ai abordé une fois, dans la rue ; un homme un peu effrayant, mais le fait de me sentir impressionné par lui m'a suffisamment agacé pour que je trouve le courage de lui adresser la parole. Il n'a cependant pas vraiment répondu à mes interrogations ; il est donc nécessaire que j'aille de nouveau lui parler. Un employé charmant tente de m'accueillir, mais je ne lui prête guère d'attention : je cherche M. Boyle. Je le trouve très facilement : cet homme a une aura particulière, un charisme magnétique qui pousse le regard à se tourner vers lui. Je dépasse donc l'employé désemparé, qui abandonne sa tache ingrate dans un soupir, et je me présente au responsable. A nouveau, l'appréhension me gagne, alors que j'observe sa tête mutilée, son regard glacé que j'assimile à celui d'un tueur. Cela me tape sur les nerfs, franchement. Et la colère me motive à lui tendre la main, dans un semblant de politesse. Bonjour, M. Boyle. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, mais j'ai quelques questions à vous poser. Mon ton semble arrogant - fier. Le voir chasse toute la lassitude qui menaçait de prendre le pas sur ma motivation ; cette fois-ci, je parviendrai à lui faire cracher une réponse, je me le promets.
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Sécurité
Son of the desert
c'est un homme brisé. la guerre est rarement jolie à voir, pire à vivre. il est amoureux. amoureux du désert.
il ne supporte pas, ne supporte plus la vue du sable.
mais il la recherche, recherche sa chaleur, son atmosphère. sa propre pesanteur. il vit sur une autre planète et il rêve souvent du désert, mais il ne faut pas lui en vouloir, à camil. il est persuader tout au fond de lui d'être utile et de protéger les citoyens de pallatine grâce à son boulot, mais à la surface, il doute de tout.
on lui a beaucoup menti, à camil, ce qu'il fait qu'il ne sait plus très bien à qui faire confiance. l'institut lui a volé des souvenirs, les effaçant grâce à l'hypnose, alors même à lui-même, il ne fait pas confiance. ca le rend vulnérable, et suicidaire sur les bords. il ne sait pas où il vit, là-bas dans le désert ou ici sur terre. enfin pallatine.
enfin vous savez bien, n'est-ce pas? ou bien êtes-vous perdu, vous aussi, entre avant et après?
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le Jeu 13 Avr 2017 - 13:38
CAMIL BOYLE
&
ALBAN ADDENS
LA FABRIQUE D'UN MONSTRE
C’est vrai, aujourd’hui j’étais irritable. Particulièrement irritable, même. Une bête sauvage qu’on avait excitée avant le spectacle, prête à rugir et montrer ses crocs pour la plus grande joie des enfants.


Cette pensée n’était pas charitable envers le jeune homme me faisant face, regard déterminé, lueur de défi au fond des pupilles. Il semble m’en vouloir pour une raison que j’ignore. Il ne me lâche pas une seule seconde, son emprise visuelle me rendant d’autant plus méfiant. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas sa posture à la fois sûre de lui et distante, pieds solidement ancrés sur terre mais bras croisés sur sa poitrine en un geste défensif de survie. Il me fait penser à une proie. Un saumon venant défi l’ours de le manger. Mais que ressent le prédateur à l’encontre de sa nourriture ? De la surprise, sans doute, de ne pas la voir réagir en s’enfuyant loin de lui, pétrie de peur. Puis de la colère pour son appétit non satisfait. Ce qui le rend violent. Sadique.
Heureusement qu’il me reste un semblant d’éducation, et que je suis conscient de l’environnement m’entourant. Sinon, nul doute que je me serais rué sur mon PAMAS G1, – le seul objet que j’avais gardé de Terre – mis en position de tir et appuyé sur la gâchette jusqu’à ce que mort s’en suive.


« Il ne t’a rien fait, Camil. »

Je me compose rapidement un visage aimable, autorisant une légère crispation des lèvres, pâle imitation d’un sourire.



« Oui, je me souviens de vous. Vous êtes… Ah, je ne crois pas que nous nous soyons officiellement présentés. »


Bien sûr que je sais qui il est. Il avait fait l’erreur de s’adresser à un indic m’étant proche, qui m’avait tout de suite averti qu’un certain Alban Addens me cherchait. Je n’avais pas donné suite à cette affaire, ayant rapidement compris qu’il ne voulait de moi qu’une aide, un piston pour rentrer dans les forces de sécurité de l’Institut Svensson. Je me demande si j’ai bien fait. Le tuer n’est pas une option envisageable, et j’ai fait couler trop de sang, m’en rendant malade. Mais le dégoûter de son rêve pour qu’il me lâche les basques est une idée que je caresse. De plus, avec son petit gabarit, je ne le vois pas faire grand-chose face à un assaillant plus imposant.


« Il pourrait te réserver des surprises, Camil. »

Je déteste donner raison à ma conscience. C’est vrai, un pitbull enragé faisait un bon combattant, compensant sa taille par sa force phénoménale. Je pourrais lui laisser sa chance. Après tout, il devait être motivé, suffisamment pour se renseigner sur moi. Cela seul devrait suffire à me flatter… Sauf que je n’en ressens que de l’agacement. « Pour vivre heureux, vivons cachés », comme disait le dicton.


Je zyeute du côté des stands ouverts, soit le tir, l’endurance, le combat en réalité augmentée (un must have déjà plein à craquer) et un mini parcours du combattant. La foule est un mélange hétéroclite de badauds attirés chaque année par une sortie en famille à moindre frais, des professionnels composés à 90% de mercenaires souhaitant se reconvertir à une vie plus calme, et des jeunes en manque de sensations fortes et/ou en échec scolaire dont papa/maman ne savaient plus quoi faire pour leur assurer un avenir.

Je contemple la plèbe passivement, me replongeant dans mes souvenirs – ou du moins, ceux que je crois appartenir à mon passé, mes réminiscences les plus récurrentes. Je me revois adolescent de 18 ans viré de la DDASS ou son équivalent, seul au monde, sans attache nulle part, se tournant vers l’armée car ne sachant rien faire de ses dix doigts ç part taper, rendre coup pour coup, courir, courir, échapper à l’injustice de la vie m’ayant fait naître sans parents, du mauvais côté de la barrière. Une existence de chien errant.

L’armée avait attaché un collier autour de mon cou, m’avait tenu en laisse en manquant de m’étrangler, puis m’avait lâché après m’avoir aiguillonné sur le terrain de sable rouge. Avait tenté de m’enterrer. Avait presque réussi. Avait tué l’enfant. Avait créé l’homme. Le tueur. Je lui en veux, mais je sais que sans elle, je ne serais pas grand-chose. Une carcasse qui se traîne en attendant de crever, la drogue plein le nez. Je ne me fais pas d’illusion ; je ne dois ma survie qu’à l’armée. Mais je ne veux pas, je ne veux plus l’imposer à d’autres s’ils ont le choix. Ce putain de choix que je n’ai jamais eu.


C’est pourquoi je suis si peu coopératif avec Alban et sa détermination d’homme assoiffé. Je ne lui souhaite pas ma vie ; je ne veux pas le briser. Parce qu’il me ressemble beaucoup trop. Cette flamme qui brille dans ses yeux me disent ce que je crains de comprendre : la course inexorable vers la mort. Sa recherche inconsciente du sommeil éternel. Il croit sans doute se donner un but dans la vie. Qu’il est naïf !
Moi aussi, j’ai cru sauver la veuve et l’orphelin. Protéger les civils avec les canons de mes armes. La chute n’en a été que plus dure. Se faire arracher ses rêves innocents par celle-là même à qui on a dédié notre vie, la patrie, c’est un couteau planté en plein cœur.


Je soupire discrètement en constatant qu’il se tient toujours devant moi. Je lui indique la chaise en plastique et d’un geste, l’invite à poser son derrière dessus.


« Je vous en prie, asseyez-vous. (J’attends qu’il ait pris ses aises avant de poursuivre.) En quoi puis-je vous être utile ? »

La technique de la diplomatie est toujours la meilleure. C’est ce qu’on va voir.


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le Mer 19 Avr 2017 - 21:19
Je suis déterminé : aujourd'hui est mon jour de chance, et je suis à peu près persuadé qu'en maîtrisant mon tempérament, je parviendrai à me faire accepter de cet homme. Même s'il n'est pas responsable du recrutement à lui seul, ce que j'ai compris m'a fait prendre conscience de la place du responsable. Si je ne l'ai pas dans ma poche, je n'ai pas à me présenter : il a trop de pouvoir sur l'Institut. Je ne le connais pas, j'ignore tout de sa personnalité, mais je me demande s'il ne serait pas du genre à s'adonner à quelque vengeance sournoise. J'ai besoin d'argent, j'ai besoin de ce poste dont j'ai envie, mais je ne suis pas facile à vivre, et s'il est aussi irritable qu'il a l'air en cet instant, je ne pourrai jamais travailler pour un homme comme lui. Du calme, Alban. Tu peux bien réussir à calmer tes nerfs sensibles pendant le temps d'une entrevue. Tu y parviens bien avec ton gamin, non ? Très franchement, cela constitue probablement un argument que je pourrais sortir si jamais je ressens le besoin de me justifier de ma nervosité. Oui, dans les situations qui l'exigent, je pense être autre chose qu'un chien fougueux. Et pourtant, je déteste les gosses. Alors si je peux supporter de vivre avec un enfant, je peux bien gérer cet individu qui se croit meilleur que moi.

Je suis effronté, je suis audacieux, et je ne reculerai pas devant cette épreuve. Cette fois, M. Boyle est coincé avec moi, et cela le force à faire montre de plus de politesse que ce à quoi j'ai eu droit lors de notre première rencontre. Cette dernière est presque effacée désormais, aujourd'hui constitue un nouveau départ ; tout au plus demeure-t-elle un moment de premier contact, comme lorsqu'on prend rendez-vous pour la première fois avec un spécialiste par téléphone - on lui parle déjà, mais sans vraiment le voir. Avoir employé les services d'un informateur pour savoir où il se trouvait correspondrait alors à l'acte de recherche du numéro dans l'annuaire. Rien de bien important. Il me demande de me présenter, implicitement, mais même moi je puis comprendre une telle demande. Pourquoi pas, cela ne me dérange nullement. Ce qui m'ennuie, en revanche, c'est qu'il ne me regarde pas. Ses yeux flottent au dessus de moi, dans cet espace qui dessine dans mon dos et dont je n'ai nullement conscience. Que regarde-t-il au juste ? Cherche-t-il un échappatoire, ou trouve-t-il quelque chose qui soit plus intéressant que moi ? Oh, cela me tape sur les nerfs, et je me retrouve à serrer le poing de la main qu'il n'a pas voulu serrer. Mon bras retombe le long de mon corps ; et moi qui pensais qu'il serait plus poli, ce n'est qu'une apparence. La brûlure de l'humiliation menace de me faire perdre le contrôle, et de l'agripper par le col pour le forcer à me regarder dans le blanc des yeux. Ce serait aisé : il fait à peu près ma taille, ne me dépassant que d'un ou deux centimètres. Je pense que je vaux autant que lui : oui, je suis plus jeune, et du coup beaucoup plus expérimenté ; ma peau est lisse et dénuée de toute blessure ou cicatrice qu'aurait apposé la vie sur moi ; je suis encore un peu un enfant, et j'ai déjà un gamin à ma charge (une très mauvaise chose pour l'enfant, à mon avis). Je suis innocent, et pourtant je ne suis pas exactement comme ceux de mon âge. Je me demande s'il s'en rend compte, ou s'il ne voit juste qu'un bébé de vingt ans qui n'a jamais eu à se soucier de la vie de quelqu'un d'autre.

Et s'il ne m'invitait pas finalement à m'asseoir, alors je lui aurais dit quelque chose. Au lieu de cela, je m'assois sur le siège en plastique qu'il m'indique ; la chaise se tord légèrement sous mon poids. Puis je le dévisage pendant quelques secondes. Encore une fois, j'ai l'impression qu'il ne me voit pas. Il est probablement perdu dans des images que j'ai éveillées, mais qui n'ont rien à voir avec moi. Il doit plaquer sur ma personne ses expériences passées. A vingt ans, peut-être était-il plus irresponsable que moi. Alban Addens, commencé-je par rappeler, et la simplicité de mon ton, l'abrupte annonce de mon nom laisse supposer que je me vexe un peu de son accueil. Les yeux toujours fixés sur le visage de cet homme, dont je contemple les cicatrices avec un brin d'admiration, d'envie et de peur, je continue : Pardonnez la question, mais parmi tous ceux qui participent à cette journée, combien ont une chance de rejoindre vos rangs ? Je choisis une approche indirecte ; les questions concrètes n'ont pas semblé efficaces face à lui la dernière fois. Puisqu'il semble observer les stands proposés par les organisateurs, je décide donc que je vais porter la conversation vers eux. Je pense qu'il ne s'attend pas vraiment à ce que je fasse preuve de subtilité. J'y suis pourtant meilleur qu'il n'y paraît. Il aurait tort de ne voir en moi qu'en blanc-bec avec des difficultés à calmer son tempérament.
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c'est un homme brisé. la guerre est rarement jolie à voir, pire à vivre. il est amoureux. amoureux du désert.
il ne supporte pas, ne supporte plus la vue du sable.
mais il la recherche, recherche sa chaleur, son atmosphère. sa propre pesanteur. il vit sur une autre planète et il rêve souvent du désert, mais il ne faut pas lui en vouloir, à camil. il est persuader tout au fond de lui d'être utile et de protéger les citoyens de pallatine grâce à son boulot, mais à la surface, il doute de tout.
on lui a beaucoup menti, à camil, ce qu'il fait qu'il ne sait plus très bien à qui faire confiance. l'institut lui a volé des souvenirs, les effaçant grâce à l'hypnose, alors même à lui-même, il ne fait pas confiance. ca le rend vulnérable, et suicidaire sur les bords. il ne sait pas où il vit, là-bas dans le désert ou ici sur terre. enfin pallatine.
enfin vous savez bien, n'est-ce pas? ou bien êtes-vous perdu, vous aussi, entre avant et après?
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le Sam 20 Mai 2017 - 14:41
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Il ne lâchera rien, je me dis alors qu’il s’assoit à la place indiquée. Il n’est pas là pour s’informer mais pour conquérir, vaincre l’adversaire que j’étais en lui démontrant l’étendue de ses talents. Il est jeune, et pourtant empreint d’une gravité que je n’entraperçois que maintenant. Son admission est une question de vie ou de mort. Un individu motivé.


« Pourquoi le refuser, Camil ? »

J’ai envie de soupirer. Objectivement, il était presque le candidat idéal. Une musculature présente, une taille finalement respectable, une voix assurée avec un timbre clair et des mots choisis.
On dévaluait trop l’importance des mots. Une phrase pouvait avoir mille et une signification suivant sa composition. Appel de guerre ou de paix, de soumission ou de défi, autant d’interprétations possibles suivant le vocabulaire employé. Mon oreille prêtait attention à cela, même si ma bouche n’en faisait pas autant.


Sa question me laisse pensif. Je n’étais pas mis au courant des nouveaux candidats, et nous ne tenions pas de liste commune. A vrai dire, nous nous défions annuellement sur qui parviendrait à recruter le plus de candidats, ou le meilleur profit. Je ne participais pas à ces paris, me contentant de les observer de loin avec l’ombre d’un sourire.
Cependant, au vu de l’heure matinale, ça m’étonnerait qu’il y ait beaucoup d’inscrits.


« Je ne peux malheureusement pas répondre à cette requête, monsieur Addens (je prends plaisir à enfin pouvoir le nommer en face-à-face) mais si ça peut vous rassurer, je pense que notre quota est loin d’être rempli. »

Pour l’instant , j’ai envie de rajouter. Je réprime un sourire machiavélique, ne souhaitant pas faire croire au jeune homme que je me moque de lui. Ce ne serait ni correct, ni courtois, ni intelligent de ma part. Je me contente de croiser les doigts et d’appuyer mon menton contre, m’en servant comme repose tête.  


« Puis-je savoir à mon tour ce qui vous a motivé à rejoindre nos rangs ? Non pas que je m’en plaigne, mais je suis curieux de voir quelqu’un d’aussi jeune que vous avec aucune quelconque forme d’expérience dans la matière, ou aucune affiliation avec un groupuscule armé. Votre cas est… intriguant. »

Je commence malgré moi à entrevoir les possibilités, des portes ouvertes si Alban Addens réussissait à intégrer mon unité. Et puis, du sang neuf ne serait pas de refus. Depuis l’arrivée de Stella, on ne pouvait pas dire que nous croulions sous les demandes. Moins populaires que le secteur Recherche et Développement, c’était principalement le salaire et les horaires infernales qui faisaient fuir les possibles nouvelles recrues. Nous n’étions pas les mieux logés, même si nous n’avions pas à nous plaindre étant donné le nombre grandissant de personnes n’arrivant pas à joindre les deux bouts à Pallatine, allant grossir les rangs des mafieux tel que les Gangsters et l’Iwasaki. Les filles se prostituaient alors et les garçons revendaient de la drogue. Des petites mains qu’on sacrifiait du lundi au dimanche, 24/24H. Je frissonnais en pensant à Lorelei et son minuscule appartement, son pistolet toujours chargé, son attention exacerbée, son corps tendu par l’appréhension du danger.
Que faisait-elle ? Où était-elle ? En sécurité, je l’espère. Même occupé comme je l’étais à présent, je pensais toujours à elle. Stupide complexe du grand-frère.


« Bien, si vous n’avez pas d’autres questions, je vous prie de bien vouloir remplir ce questionnaire. »

Je lui tends une feuille A4 bourrée de QCM, pleins de cases et de choix cornéliens. Lui fournissant un stylo estampillé « INSTITUT SVENSSON », je lui laisse le temps nécessaire pour y répondre et me le rendre, complet. Prenant 5 minutes pour le lire rapidement, je dénote tout de suite le caractère trop impulsif d’Alban, contrebalancé par un pragmatisme à toute épreuve et une maturité que je ne lui soupçonnais pas. Je ne lui cache pas une ébauche de sourire, sans trace de moquerie cette fois-ci.


« Et bien, un sacré tempérament, monsieur Addens ! Ça me plaît. »

Je me lève et lui indique de me suivre, nous dirigeant vers un petit bureau à l’écart de la foule et caché à son regard par des tentures blanches. Une petite dizaine de machines attendent au repos d’être activées. J’en pointe une du doigt, un innocent ordinateur un peu vieilli, avec une drôle de manette.


« Je vous prierai de bien vouloir fixer l’écran de cet ordinateur. Des points jaunes et rouges y circulent librement (j’allume l’appareil). Au bout d’un instant, les rouges vont se teinter en jaune. L’exercice consiste à les repérer et les suivre le plus longtemps du regard. Lorsque l’image se figera, je vous demanderai de bien vouloir sélectionner les anciens points rouges devenus jaunes à l’aide du joystick. »

Le teste de concentration visuelle Un classique servant deux buts précis. Vérifier la vision et la mémorisation du sujet testé, ainsi que son attention. Un troisième était quant à lui officieux : vérifier si le sujet était un ancien joueur intensif de jeux vidéo et/ou un pilote de chasse. En sachant que la moyenne était, sur 10 points rouges, de 3 voire 4 repérés et mémorisés, elle s’élevait jusqu’à 7, 8, parfois 9 si les personnes appartenaient aux catégories citées. Le 10 sur 10 n’avait été atteint qu’une seule fois, et c’était un cyborg. Autant dire qu’il avait triché.
Si Albans faisait un bon score, peut-être que je le présenterais à Himiko Ashida, notre seule et unique sniper d’élite. En avoir un deuxième serait un gros atout et me permettrais de remodeler le planning pour laisser la jeune femme souffler un peu.


Mais avant de dresser des plans sur Mars, mieux valait attendre les résultats de l’examen.

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le Mer 24 Mai 2017 - 21:28
Je me trouve curieusement concentré, signe peut-être que je considère cette rencontre comme cruciale pour mon avenir. Cela me paraît étrange : il me semble que je suis rarement ainsi, sauf peut-être quand la situation à laquelle je suis confronté se rapporte à mon gamin. Cette fois-ci, cela n'a rien à voir : on ne parle que de moi. Mais peut-être mon égoïsme est-il justifié, ce qui me permet de conserver une apparence tranquille, malgré ma fébrilité. Je n'apprécie pas particulièrement Camil Boyle : je le trouve assez impoli - comme moi, à ceci près que ces témoignages d'indifférence sont beaucoup plus violents que les insultes édulcorées que j'aime employer. Mais je dois reconnaître que sa présence parvient à me discipliner ; peut-être est-ce un bon signe. Je me connais assez pour savoir que je ne peux pas totalement me faire confiance : j'ai trop d'ego pour être à la tête. (Bien sûr, si quelqu'un ose m'asséner cette vérité à la figure, la sienne risque de ne pas apprécier le résultat.) Peut-être pourrais-je laisser cet homme prendre le dessus - mais pas trop. Pas lorsqu'il s'agit de reconnaître mes compétences, que je sais indéniable. Je m'entraîne beaucoup trop pour qu'elles soient négligeables. Et s'il arrive à me faire trouver un équilibre, alors il n'y a plus d'autre problème que celui de mon inexpérience. Problème qui affecte tout le monde, à un moment ou à un autre.

En attendant, j'en veux. J'arriverai à pousser les portes de l'Institut et à en revêtir les couleurs. C'est mon rêve, même si je ne peux pas vraiment l'expliquer : je ne souhaite pas appartenir à un groupe, mon expérience m'ayant prouvé que le groupe est au contraire une entité répressive, dangereuse vis-à-vis de ses membres récalcitrants, face à laquelle il est nécessaire d'inhiber certaines pulsions qui lui sont jugées contraires. Et puis, s'engager dans des forces de sécurité n'est ironiquement pas ce qui se fait de plus sûr : s'il m'arrive quelque chose, il n'y a personne pour s'occuper de l'enfant à ma charge. Mais la paye est bonne, peut-être suffisante pour compenser tous ces risques. Et puis, je ne sais pas - j'ai sans doute simplement envie d'être reconnu. De porter un uniforme qui me distinguera de la plèbe. Cela me paraît des raisons suffisantes. Mais sont-elles suffisantes pour cet homme ? Je ne suis pas très doué pour les beaux discours - mes mots servent à blesser, pas à convaincre. « Un besoin d'adrénaline, peut-être ? Je n'ai pas de job fixe, là, et je pense pas être doué pour faire grand-chose d'autre, vous savez. » Il ne pourra pas me reprocher de ne pas être honnête. Je suppose que c'est sans doute une très mauvaise idée, d'exposer son désarroi lorsqu'on espère décrocher un poste, mais ce n'est pas un entretien d'embauche. Je me sens nerveux. J'ai envie de serrer les poings et de taper dans quelque chose pour décompresser - n'importe quoi, peut-être M. Boyle lui-même. Je me retiens car je ne suis pas non plus stupide à ce point.

En revanche, je ne m'attendais pas à ce qu'il me tende un formulaire. En fait, j'avais d'autres questions, mais l'opportunité est trop belle, alors je ferme ma grande gueule et je m'empare du stylo. Je le trouve un peu dur à remplir, non que ces interrogations soient volontairement difficiles, mais je me demande bien à quoi elles servent. Nerveusement, je réponds aux questions en essayant de ne pas trop réfléchir à ce que je coche. Je joue peut-être mon avenir, mais je crois que si j'échoue, c'est que je ne suis pas prêt. Puis je tends le QCM à M. Boyle, qui l'examine. Son regard est indéchiffrable - non que je sois capable d'y lire quoique ce soit, de toute façon, analyser le comportement des autres n'est absolument pas mon fort. Il finit par noter mon tempérament, et je hausse les sourcils, hésitant sur l'interprétation que je dois en faire. Dois-je me sentir offensé qu'il ait probablement remarqué que je suis une tête dure, ou dois-je considérer que si ça lui plaît, c'est que c'est bien ? Bah, n'y réfléchissons pas. Il n'empêche que j'ai vraiment besoin d'un punching ball, là, l'angoisse et la fatigue sont en train de me tuer à petit feu.

Camil Boyle m'emmène dans un espace séparé par des cloisons blanches, derrière lesquelles se tiennent des machines. L'une d'entre elles est pour moi ; subitement, l'appréhension s'évapore, laissant la place à une excitation qui m'est plus coutumière. Je ne suis pas dans mon élément, mais c'est tout comme : on dirait bien qu'il me fait passer des tests ! Quand je vais raconter à mon gamin ce soir... cette pensée me semble bizarre. Pourquoi aurais-je besoin de partager ma joie avec lui ? Peu importe, je me place devant l'écran, tentant de me concentrer. L'exercice a l'air super dur. La mémorisation, ce n'est pas trop mon fort, et assez vite, je me sens perdu. Du coup, j'essaye de me concentrer sur deux d'entre eux, ça me paraît tout à faisable. Quand l'exercice se termine, indécis, je m'empare du joystick et décide de tenter le tout pour le tout. L'un des deux points est une certitude, le second l'est un peu moins. J'hésite presque à en sélectionner un troisième de façon totalement aléatoire, avant de me raviser. Puis je me tourne vers l'homme qui m'a soumis à ce test, sans me laisser impressionner. Je ne vois pas trop à quoi ça sert, et ça m'énerve un peu, mais j'essaye de ne rien en laisser paraître : « Alors ? » Si jamais il se montre déçu et me dit que c'est terminé, je crois que ça va se finir en bagarre. Même si j'ai l'intuition que c'est un combat que je ne remporterais pas.

hrp:
je suis désolé si cela ne relance pas trop, mais je ne sais pas du tout comment camil pourrait réagir et ça détermine vraiment la réaction d'alban. :/
au passage tout mon respect pour ce rp, tu m'as mis à genoux. Agonise
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c'est un homme brisé. la guerre est rarement jolie à voir, pire à vivre. il est amoureux. amoureux du désert.
il ne supporte pas, ne supporte plus la vue du sable.
mais il la recherche, recherche sa chaleur, son atmosphère. sa propre pesanteur. il vit sur une autre planète et il rêve souvent du désert, mais il ne faut pas lui en vouloir, à camil. il est persuader tout au fond de lui d'être utile et de protéger les citoyens de pallatine grâce à son boulot, mais à la surface, il doute de tout.
on lui a beaucoup menti, à camil, ce qu'il fait qu'il ne sait plus très bien à qui faire confiance. l'institut lui a volé des souvenirs, les effaçant grâce à l'hypnose, alors même à lui-même, il ne fait pas confiance. ca le rend vulnérable, et suicidaire sur les bords. il ne sait pas où il vit, là-bas dans le désert ou ici sur terre. enfin pallatine.
enfin vous savez bien, n'est-ce pas? ou bien êtes-vous perdu, vous aussi, entre avant et après?
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le Sam 17 Juin 2017 - 0:00
CAMIL BOYLE
&
ALBAN ADDENS
LA FABRIQUE D'UN MONSTRE
J'hésite avant de lui répondre. Épaules tendues, cou rentré, regard trop franc, brûlant, ton tranchant et poings serrés si fort que je vois ses jointures blanchir à vue d'oeil, il a l'air prêt à commettre un meurtre. Il me rappelle un pitbull enragé ayant trop peur de son maître pour le mordre, mais guettant l'instant propice pour le mettre à mort. Je n'ai pas envie de rentrer chez moi après m'être donné en spectacle en train de corriger un gamin trop stressé, n'ayant pas eu la petite tape sur l'épaule et le grand sourire qu'il espérait. Mais je n'ai pas envie de lui mentir et de lui faire monter à la tête des rêves chimériques. Ni à lui, ni à moi. Surtout pas à moi.


"C'est..."

J'ai envie de lui dire "décevant" mais ma bouche ne veut pas prononcer ce mot-là. Je sais quel poids terrible s'abat alors sur la victime. Le rythme cardiaque qui s'accélère. Les larmes qui montent aux yeux. La pulsion de frapper quelque chose, n'importe quoi ou n'importe qui. La haine de l'autre et surtout de soi. La honte de soi. La mésestime de soi. Je ne suis pas là pour casser en deux les opportunités se présentant devant moi. Il va me falloir user de diplomatie. Intérieurement, je sais que ça va être une expérience proche de la catastrophe.


"Ce n'est pas le résultat que j'espérais."

Je finis par trouver un compromis qui, je l'espère, ne démolira pas le moral de ma jeune recrue d'un coup trop dur.



Ma jeune recrue. Déjà je me l'approprie.



Je me gifle mentalement et poursuis ma phrase.


"Mais je suppose que personne n'est parfait. Suivez-moi, monsieurs Addens. "


Je ne veux pas qu'il parte. Étrangement nos rôles s'inversent et je ne retrouve à le conduire dehors, sur un champ d'entraînement. Tout en veillant à ce qu'il ne s'échappe pas, j'enlève ma veste de costume (j'ai l'impression de ressembler à un pingouin ainsi vêtu) et, retroussant mes manches, désigne du doigt les pneus de camion, immenses bêtes au repos, sagement alignés sur le gazon verdoyant.


"Je suppose que vous savez ce qu'il vous reste à faire."

Sans lui laisser le temps ni de répondre, ni d'esquisser un geste, je saisis la bride entourant l'un des pneus et, me mettant en position, je tire dessus de toute mes forces, tractant la masse titanesque le plus vite possible. L'épreuve du cent mètres ne devait pas durer plus d'une minute. 60 secondes avec des bras en feu, un corps tendu comme un arc, les doigts tranchés par la corde nue rentrant dans la peau tel un couteau dans du beurre. Mais c'était un passage indispensable. Ca représentait et la volonté de mener à bien une mission confiée, et l'endurance du candidat, et sa force. L'épreuve ultime que ceux n'étant pas soldat ne comprenait pas, la prenant pour un simple concours stupide de qui a les plus gros biscotos. Alors que rien n'était plus éloigné de la vérité.


Les pneus représentaient la dureté du métier. Le rocher de Sisyphe, la voûte céleste portée par Atlas. Le châtiment infligé à l'Homme par l'Homme, lui infligeant de tuer pour la patrie, mourir pour la patrie, se sacrifier pour la patrie. Tout faire et tout taire, jusqu'à la plus grande souffrance, pour protéger les autres. Se donner à deux cent pourcents. Franchir tous les obstacles. Et le principal, s'oublier soi-même. Ne pas écouter les os qui se cassent, les muscles qui se déchirent, la chair qui se perce et le sang qui coule. Passer outre notre carcasse qui finira dans un cimetière, ou dans un pays étranger, anonyme parmi tant d'autres. Nous ne sommes rien d'autre que cette force pure, collective, quasi tangible obéissant à l'injonction du supérieur. Bouge le pneus. Cours. Plus vite. Plus loin. Demi tour. Plus vite. Plus loin. Retourne le pneus. Souffle. Respire. Vis. Bats-toi.


"Alors Camil, pas trop dur ton premier jour dans le bataillon?"

J'ai une voix dans les oreilles qui résonne comme si elle appartenait à quelqu'un de réel. Je me retourne vivement mais je n'aperçois que le visage un peu perplexe d'Alban. Est-ce que j'ai parlé à voix haute ? Non, il doit sans doute s'inquiéter de mes yeux grands ouverts et de ma bouche en forme de O, lèvres contractées prêtes à émettre un son qui pourtant reste bloqué dans mon gosier. Un nom. J'ai un putain de nom sur le bout de la langue, une figure, des traits, un physique qui se dessine sur le sable pâle de mes souvenirs. Je m'apprête à les saisir lorsqu'une tempête s'élève et toutes traces se perdent, formant dunes et plats, paysage immuable où l'Infinité prend enfin sens.



Rien.



Je n'ai encore capté.



Que du vide.



L'écho de mon passé m'échappe et mon présent n'est qu'une succession d'actes manqués.
Inutile d'inquiéter davantage le seul témoin potentiel de ma folie latente, dormante, serpentine, assassine. Me saisissant de ma montre, je la chronomètre et ne laisse pas le temps (je ne lui permettrai pas de me remettre en question; quant à s'en poser, lui seul est juge) à Alban de s'inquiéter de mon état. Chassant la sueur d'un geste de la main, je lui fais signe de se préparer.


"Prêt? Trois...deux...un...partez!"

Je lâche le chien sur la cible à abattre. J'ai l'impression de saisir des bribes d'images, floues, de moi, je crois, à son âges, peut-être, maladroit, efflanqué, maigrelet, jeunet, revanchard et têtu comme un vieux Corse. Mon chef me mettant un peu de plomb dans le crâne. L'armée comme une mère pour moi. La discipline comme seule lueur d'espoir. Phare dans une existence de ténèbres. Et l'envoi sur le terrain, linceul d'or d'une vie trop brève.


Le désert. On en revient toujours au désert.



Il faut que je me concentre sur autre chose. Mais la tignasse blanche du petiot m'entraîne encore dans le désert.



Fait chier.

CODAGE PAR AMIANTE

hrp:
Comment ça je t'ai mis à genoux?
Mais non, faut pas ! ^^
Et pardon du retard Q.Q


CADO:

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jeune père veuf, toujours enfant dans sa tête, trop vite grandi.
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le Dim 25 Juin 2017 - 19:24
C'est peut-être l'épitaphe que l'on pourrait apposer à ma tombe : ce n'était pas un mauvais bougre. Non pas un homme gentil, non pas un de ces héros qui auraient donné leur vie pour sauver quelqu'un d'autre qu'eux-mêmes - alors même que j'ai peut-être, au fond de moi, le courage nécessaire pour sacrifier mon existence. Non pas un homme méchant, sombre et colérique, quand bien même j'explose facilement. Juste un type dans la moyenne, qui a tenté de faire de son mieux, et qui aurait pu sombrer un peu plus dans les ténèbres de son âme ; mais il a résisté juste assez pour être dans la norme. Voilà ce que je pense être ; et si, en cet instant, je suis prêt à sauter à la gorge de Camil Boyle si sa réponse ne me satisfait, ce n'est point par bassesse. Je sens que mon cœur s'affole déjà, et les affres du doute, qui jusque là m'étaient inconnus, commencent à me faire perdre mes moyens, m'obligeant à recourir les moyens les plus primaires pour me défendre. Un de ces connards de psys dira sans doute que je suis un homme blessé, qui ne peut plus offrir autre chose que sa méfiance et sa colère ; je n'y crois pas vraiment. J'ai juste mal, quelque part au fond de moi. Et si je n'étais que médiocre ? je ne sais pas si je pourrai supporter cette blessure narcissique. Mon ego est plus fragile que l'on ne croit habituellement.

Et je ne suis pas parfait, c'est vrai, mais j'ai encore une chance. Alors je desserre les poings que j'avais refermé sans même m'en rendre compte, geste automatique qui pourrait bien me jouer des tours s'il s'avère que je ne sais pas me contrôler. Mais qu'on ne s'y trompe : dans le silence buté que j'aborde alors que je l'accompagne au test suivant, transparaît l'inéluctabilité de la défaite. Avoir des rêves, je le comprends subitement, nous expose à la vulnérabilité ; c'est comme d'ouvrir sa chemise et d'exposer sa poitrine nue au regard de l'assaillant, lui laissant tout le loisir de la transpercer, si tel est son désir, sans la moindre entrave réelle ou imaginée. Si je veux ce poste, je laisse du pouvoir à M. Boyle. C'est une sensation désagréable, et j'ignore où je trouve la force d'accepter de le laisser mener, sans vraiment lutter contre lui. La réponse git peut-être dans le regard doux d'un enfant malheureux. Deux prunelles que je veux rendre fières m'impose le mutisme, et c'est les lèvres dangereusement closes que j'accompagne M. Boyle au dehors. Je suis tout de suite surpris par la caresse du vent qui effleure ma joue, et la brûlure d'un air d'hiver, mordant et gelé. Devant nous, des rangées de pneus, se tenant les uns à côté des autres comme des enfants avançant en rang - ou peut-être plutôt, la ligne blanche et grise des tombes qui jalonnent les cimetières militaires. Si je comprends bien, je dois courir avec sur une distance qui me paraît à la fois courte et longue. C'est que les distances sont relatives : ce que l'on peut accomplir en une journée se réduit à une peau de chagrin lorsque l'on transporte un fardeau. Comme un fils que l'on n'a jamais désiré, et dont on ne se séparera pas.

Je regarde M. Boyle. Ce qui n'est censé être qu'une simple explication, m'aidant à saisir le sens de l'exercice, me frappe par le caractère particulier de la démonstration. Je ne suis pas un être observateur, mais je ne peux pas ne pas lire la détresse sur son visage. Je sais que quelque chose se passe en cet instant, j'en mettrais ma main à couper ; mais le drame est à l'intérieur de lui-même, et il ne me concerne pas. On dirait qu'il pleure sans larmes. Peut-être est-ce ainsi que sanglote un homme adulte. (Et je ne peux m'empêcher de me demander où sont mes pleurs, s'ils demeurent nichés au fond de mon cœur ou s'ils roulent le long de mes joues.) Et lorsqu'il me regarde enfin, se rend compte que je le dévisage, je me rends compte que cet homme n'est pas plus fiable que moi, en vérité. Une vague de respect pour lui m'envahit. Je me dis que c'est peut-être à ce genre d'homme que je pourrais confier ma vie. Un homme qui, hanté par ses démons, me la ferait peut-être perdre.

Je ne suis pas suicidaire.

Mais c'est déjà à mon tour de m'élancer, et je commence par estimer prudemment le poids du pneu avant de partir sur les chapeaux de roue. Il est lourd, bien plus lourd que tous les poids que j'ai eu à tirer jusque là, à une exception près. Je sens que ce que je vais vivre, c'est un peu comme un avant-goût de l'enfer - mais un avant-goût seulement. Je ne suis pas stupide au point de croire que je vais vraiment souffrir le martyr ; mais très vite la douleur afflue à travers tout mon corps. Je la sens se jouer de mes doigts soumis à la pression, s'amuser de mes jambes alourdies, arracher l'air de mes poumons à vif. Et j'avance. J'ai déjà perdu la notion du temps, en fait, cela fait des secondes, et des secondes encore - mais ensuite ? Je crois que j'avance. La distance entre le point d'arrivée et moi-même se comble, alors même que la confiance que j'ai en moi commence à se vider de toute substance. Suis-je bon ? me demandé-je en reprenant mon souffle, suis-je suffisamment bon pour éveiller son intérêt ? Si j'avais plus d'air, je crois que j'aurais éclaté de rire en plein dans ma course. Voilà que je me mettais à me soucier de l'avis de cet homme, ce type qui m'a mal répondu et ne semble pas très enthousiaste à m'accepter. Tout ça parce qu'il a quelque chose que je n'ai pas, parce que ses braises presque éteintes lui donnent la force de surmonter les obstacles que mon feu ardent ne sait briser. C'est sans doute cela qui me donne la force de continuer, cela et l'expression triste de mon gamin lorsque je le quitte. Lorsque je m'arrête, je me retiens de m'effondrer ; je découvre que j'ai encore assez d'énergie pour le toiser droit dans les yeux. Mon regard est peut-être mauvais, mais je ne sais pas comment le regarder autrement sans me trahir. Au fond de moi, je rêve de lire dans son œil une étincelle dont je pourrais saisir le sens. Je souhaite qu'il y ait un échange, une communication silencieuse, qui marquerait un début. Je n'ai jamais ressenti ce besoin avec personne, pas même avec Kat. L'amour le plus fort ne saurait concurrencer cette insoutenable soif de reconnaissance. A ce stade, j'aurais tué pour la lui arracher.

Merde, ce n'était pas censé se passer comme ça. Je ne pensais pas redevenir un enfant devant lui.

hrp:
Aucun souci pour le retard, tu avais tes raisons. (:
J'ai une forte admiration pour les gens capables de mettre dans leurs rps les résultats de leurs recherches. Ayant du mal à aller dans le concret, je n'y suis pas très doué. Mais j'espère que ça te va, je culpabilise de ne pas te donner plus de matière. Si vraiment tu veux que je fasse bouger un peu plus Alban, n'hésite pas à m'envoyer un mp et je le ferai avec plaisir.

ps : il paraît que je ne dis pas assez quand j'aime un rp, mais j'aime énormément ce rp.
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