« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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my fatal flaw. (ilya)

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Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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le Sam 8 Avr 2017 - 21:09
C'est l'histoire de deux frères
qui ne s'aimaient pas beaucoup.
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hiver 2016
Serrbelt

Dimitri & Ilya Kovalevski

C'est en me réveillant le matin que je me sens le plus en paix - à la faveur de la brume du sommeil qui tarde à me quitter et qui me libère des chaînes qui m'appesantissent pendant la journée. Mais ce moment de grâce ne dure jamais - j'ai la gorge sèche, et déjà, je dois me lever, alors que le réveil n'a même pas encore sonné et que je n'ai pratiquement pas dormi de la nuit. Je me sens carrément comme une zombie, et je crois que j'en ai l'allure, ah mais ai-je seulement le choix ? Ce n'est pas comme si je pouvais être autre chose.
Quand je m'inspecte dans le miroir, je m'étonne presque de ne pas trouver mes yeux injectés de sang - mais je n'ai frappé personne, et pour être honnête, je suis plutôt heureux ces derniers jours. Je souris - oui, c'est parfait, je ne suis pas en train de me forcer, le sourire plisse naturellement la commissure de mes lèvres, je crois que je suis heureux. Je songe à la journée qui m'attend : je dois seulement m'enquérir de l'état de santé de mon premier malade et m'assurer qu'il reçoit correctement ses soins et ses médicaments, mais cette tâche n'est pas trop contraignante et devrait me prendre tout au plus une heure ou deux. Je suis un peu plus inquiet pour ma deuxième patiente, qui a finalement consenti à rentrer à l'hôpital après avoir refusé à de nombreuses reprises par manque de moyens, mais je me reprends bien vite - si la vieille avait écouté mes conseils dès le départ, elle ne serait pas un état si grave aujourd'hui. Ça doit être bien de pouvoir travailler dans un organisme officiel avec des tâches et des patients déterminés, mais je n'ai pas cette chance, alors je fais ce que je peux avec les vieux débris qui ne peuvent pas se payer une couverture santé décente. Le seul avantage, c'est que ça me libère une bonne partie de la journée, puisque mon troisième patient ne m'accueillera qu'en fin d'après-midi, pour sa piqûre - et je ne peux m'empêcher de sourire à cette pensée. Sans doute parce que je pense que je peux lui faire du mal mais que je ne le fais jamais ? Oui, ça doit être ça, impossible que ça puisse être autre chose.
Je suis toujours un peu furieux d'avoir dû me lever trop tôt, mais je pense que ma journée devrait bien se passer.
Mon premier réflexe est de me rendre sur chronosrep où, comme un camé, je parcours les pages qui m'intéressent avec avidité. Je suis tellement absorbé par ma tâche que j'en oublierais presque de prendre mon petit-déjeuner, alors je réchauffe rapidement un café de la veille et ouvre une boîte de petits gâteaux pour calmer la faim qui me dévore un peu l'estomac. Je manque de rire trop fort en lisant le récit d'un accident stupide dans le quartier des Altermondialistes, mais je ne veux pas déranger mon colocataire alors qu'il est peut-être en train de dormir. Mais je me suis repris à temps. Mon passage dans la salle de bain est le plus court possible, et quand je sors quelques minutes plus tard, il ne me reste plus qu'à récupérer mes affaires et à partir pour éviter d'être en retard.

Deux heures plus tard, je retrouve ma liberté.
Je saute presque les marches de l'immeuble où je me suis rendu, comme un gamin enthousiaste à la veille des vacances. Je suis vraiment vraiment heureux de ces heures de repos inespérées, même si mes pensées s'égarent un instant vers Madame qui doit désormais être installée dans sa chambre d'hôpital. Puis, cette pensée formulée, je me permets de pousser la porte d'entrée avec vivacité et de me faufiler dans la rue avant même que la porte n'ait le temps de claquer violemment - ce qui ne manquera pas d'arriver, j'en ai conscience, mais ce ne sont pas franchement mes affaires.
Je suis heureux.
Je n'ai rarement autant savouré ces quelques heures de liberté qui s'offrent à moi.
Je sais exactement ce à quoi je ressemble : je ne peux pas empêcher un sourire idiot s'installer sur mon visage et faire pétiller mes yeux, j'ai les mains dans les poches et un air à siffler sur le bout des lèvres, et même si je m'avance avec les épaules en avant, tel un délinquant de bas étage, je ne pense pas qu'on puisse me craindre en cet instant. Je me sens capable de garder mon calme, et peut-être même de rire si l'on faisait une plaisanterie à mes dépens - je suis de ces humeurs joyeuses qui me font apprécier la vie.
Je remonte lentement l'avenue principal de Serrbelt en espérant me rendre dans un coin plus agréable de Pallatine - probablement Spencer's, qui vient tout juste de changer de propriétaire, et dont j'ai bien envie de voir l'avenir. Malgré l'heure matinale, il y a déjà foule dans les rues, sans doute la conséquence de ce mois de mars trop doux qui donne envie de sortir. Parfois, mon regard s'arrête tendrement sur certains d'entre eux. Cette femme et son enfant, par exemple, qu'elle a sorti de sa poussette pour le consoler un peu - mais le gamin est vorace et refuse d'entendre raison. Mon sourire prend une teinte moqueur, et je me dis que jamais je ne ferais l'erreur d'avoir un gosse - putain, c'est quand même la plus grosse connerie qu'on peut faire dans sa vie, non ? Très fier de moi, je me détourne de la femme et je continue mon chemin.
La couleur changeante de son regard clair, que j'ai toujours envié, s'impose à moi avec tant de force que je m'arrête, hébété.
Je ne peux pas m'enfuir.



14 février:

1er avril:
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le Dim 9 Avr 2017 - 0:50
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Ilya trouve en la menuiserie, travail manuel, artisanat personnel, une satisfaction assouvie et appuyée. Forge en cette occupation sa propre beauté, une paix fugace et superficielle qui pourtant miroite aux limites de son discernement, mare argentée qui recouvre les méandres ternis de son esprit. La taille, le façonnement du bois lui offre une maîtrise circonscrite sur son existence, sur le monde qui l'entoure. Il sait ainsi modeler ne serait-ce que le les billots des bouleaux de sa Российская империя natale, œuvrer et construire en ces fibres édifices qu'il n'a jamais su empêcher de s'écrouler. Il a besoin d'occuper ses mains, de construire de ses phalanges, de créer pour empêcher la violence de s'épancher de sa force. Il y trouve une productivité apaisante, qui allège si frugalement que ce soit le poids de l'échec sur ses épaules. Quiconque le connaissant n'aurait jamais attendu de son futur qu'il en viendrait à cet art si peu aristocratique, et pourtant il n'en ressent aucune honte. Se targue silencieusement de la poussière salissant ses mains, de la dureté s'établissant sur sa peau, des coins cornus des paumes de ses mains, résultats de son travail appliqué. Acharné en cela qu'il lui permet d'oublier les vestiges qui le hantent, les regrets qui le térèbrent - et simplement par cette droiture qui s'étend en vrille jusqu'à un perfectionnisme pointu. Il foule ainsi les rues poisseuses de Pallatine de son maintien élégant, accoutrant ses traits de sa solennité distinctive, flanquée en contrepartie d'une avenance subtile le rendant ouvert et estimé, en quête de matériaux primordiaux à son labeur.

L'acquisition du bois se fait promptement et efficacement, le laissant émerger de la boutique et réintégrer les veines bitumineuses de cette ville hors du temps. Soupir fleurissant ses poumons, il reprend son parcours, projetant en son esprit l'imminence de la reprise de son travail, de son retour au sein de son atelier. Perçoit quasiment aux contours de ses sens l'odeur coutumière de son ouvrage, l'ambiance d'une chaleur étrange et tamisée, d'une tranquillité singulière et nébuleuse. Solitude placide.

Qui se fracasse en amont, alors que tes iris galactiques se déposent et te foudroient sur la physionomie de ton cadet. Tes affres remontent le long de ta gorge abruptement et t'asphyxient - tu t'en étouffes et les vomis en un souffle jugulaire et siphonnant. Tes stigmates fleurissent de souffrance brûlante et corrosive - ton amertume s'épanche d'une brume noire et blanche qui sape et consume et empli tes os. Tu observes dans ses pupilles ces fastes écroulées et maudites qui forment ta vie, ta défaillance, ta faiblesse, et tes muscles s'empierrent de la nécessité de t'esbigner, de l'abandonner et de repousser - encore, toujours, vos retrouvailles. Mais tu es piégé. Embourbé de vos vestiges, de vos mémoires, de cette postérité qui vous lie - vous attache. Ce sang qui vous sillonne et vous assemble, vous enchaîne. Écarlate qui s'épanche sur ta langue alors que s'y déroulent et s'y nouent ses syllabes cyrilliques.
Димитрий.
Il te semble avoir craché son nom, bouffée d'air épanouissant les parois closes de ta gorge. Tu t'es contraint à la neutralité.


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Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
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le Mer 12 Avr 2017 - 14:24
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Je ne connais que trop bien ces traits pour les avoir vus figés en une moue dolente sur un visage livide - ils peuplent parfois mes rêves, entre deux traits de peinture rouge embrouillant ma vision. Je les connais d'avant, de ce passé que je m'efforce de fuir, et je les ai vus prendre mille expressions, de la joie à la colère, de la peur à la tristesse, et je peux affirmer sans mentir que je saurais reconnaître la moindre émotion qui viendrait les troubler. Peut-être aussi y vois-je un peu de mon propre visage en eux, un vague air de famille indésirable que je nie toujours avec véhémence, comme si cela changeait grand chose. En revanche, je reconnais nettement la gêne qui draine le peu de couleurs de son visage, et j'aurais aimé qu'il cache sa honte avec un peu plus de conviction. Qu'il ne prononce pas mon nom de cette voix rude et humiliante qui me donne l'impression que j'ai encore quelque chose à me reprocher.
C'est plus fort que moi : je baisse les yeux pour éviter son regard, pour cacher l'air contrit que mon visage prend et l'écarlate qui me colore les joues, pour qu'il m'oublie et passe son chemin. Je ne sais pas pourquoi, à chaque fois qu'il semble déçu de moi, je me comporte toujours comme si je lui demandais de me pardonner - avant de laisser la colère s'emparer de moi et lui crier de toutes mes forces d'aller se faire foutre. Mais cette fois-ci, la colère ne vient pas, la honte, elle, persiste. Je serre la gorge pour m'empêcher de pleurer - je pourrais exploser de larmes ici-même, en pleine rue, et sa seule réaction serait sans doute de me juger en silence, un air de dégoût faisant plier ses lèvres si gracieuses - que je déteste, elles sont si fines comparées aux miennes, je voudrais les éclater...
Je ne peux pas prononcer son prénom. Même si le mien n'était pas sorti de sa gorge avec tant de difficultés, je n'aurais pas pu me résoudre à prononcer ces syllabes familières qui me font tant souffrir. L'appeler mon frère est à peine plus facile, car impersonnel, mais cela me coûte un peu. La vérité, c'est que je ne voulais pas le revoir - jamais, pas après la dernière fois. Je voulais vivre avec mes souvenirs sans avoir à les confronter. Mais comment oublier quand des yeux pareils vous fixent avec une froideur telle que vous vous sentez vous englacer rien qu'à les regarder ? Comment oublier lorsque celui qui vous tourmente se retrouve brusquement face à vous dans la rue, alors que vous auriez pu l'éviter.
Je l'ai trop souvent déçu.
J'essaie d'avoir l'air détendu :

« Euh, salut. »

Mais avec le regard fuyant, la tête baissée et la gorge serrée, je ne vais convaincre personne que la situation m'indiffère.



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le Sam 15 Avr 2017 - 22:35
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Il brise votre regard partagé, se niche au creux du sol et tu entends le craquement de cette attache qui t'enchaînait à lui, à tes souvenirs - vestiges fumants, cendres froides que tu ne voulais pas - que tu ne voulais jamais - avoir à remuer, à voir de nouveau. Glacial sur lequel tu te brûle, blessure bouillonnante qui répands son pus en houles ignobles, infâmes, abjections détestables, âpreté qui te racle et te râpe la gorge. Tu t'asphyxie toujours dans ton propre ichor, amaryllis d'hémoglobine fleurissant sur ta langue, éclaboussant sur ton palet la première lettre de son prénom. Димитрий, ce stigmate écarlate qui toujours creuse ta poitrine et menace d'ouvrir tes côtes, de répandre tes entrailles à ses pieds; fissure qui désagrège tes fondations, qui te rends crochu, qui t'effondre et qui te perds dans des évocations nébuleuses - qui couvrent tes iris galactiques de nuages mats - qui posent au fond de ton œsophage ce goût métallique, amertume âcre et vermeil qui ruisselle le long de tes viscères, sang que tes veines ne savent jamais contenir. Phlébite brûlante qui toujours fend et déchire tes chemins vitaux, qui te laisse verser du haut de tes voies lactées des stries écarlates qui rayent et éraflent tes joues. Et du fond de sa gorge, du pli de sa langue, du nœud de sa vie ton cadet crachote deux mots, expressions, syllabes cyrilliques qui répondent aux tiennes d'une faiblesse que tu ne sais supporter - qui te donne envie d'écraser tes phalanges au creux de ses pommettes, qui te donne envie de le secouer et de lui crier mille discours, de te répandre sur lui comme une vague acide et acerbe, de le forcer, de poser en lui, même si tu dois pour cela enfoncer tes doigts jusque dans sa gorge, même une once de colère. Tu veux - tu as besoin - qu'il s'enrage et explose, qu'il s'abatte sur toi d'une puissance vengeresse, qu'il soit de l'autre côté de tes prunelles cette tempête qui se déchaîne et écorche tes poumons à chaque inspiration - chaque effort qui traverse tes voies, qui ouvre les parois de ton étouffement.

Tu tends tes doigts vers lui et t'écorches les phalanges, te brûles et ne flanche pas alors que tu agrippes son menton et relève son visage d'un geste brusque, imprévisible brutal, sévérité qui s'épanche de ton être et s'échappe jusqu'à aller cautériser les stigmates, les coupures au bout de tes mains. Ta peau s'incendie et ainsi stoppe l’hémoglobine dégoulinant et tachant ton âme. Flammes qui te dévorent et t'englobent, douleur qui s'écrie et tes pensées - tes émotions se calcinent jusqu'à n'être qu'une colère amère; qu'une rage que tu connais comme inadéquate et dans laquelle pourtant tu te plonges et te noies. Abusif dans lequel tu t'exaltes - dureté qui te permets d'oublier la douleur qui te ronges et te dévores.

Смотри на меня, когда ты со мной разговариваешь. (regarde-moi quand tu me parles.)
Tu retrouves ta sévérité - et ainsi ta contenance - et tu enfouis tout le reste derrière les flammes qui dévorent tes poumons et te permettent de respirer clairement de nouveau.


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le Mer 19 Avr 2017 - 21:29
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J'avais oublié.
Je me targue de bien connaître Ilya, et pourtant j'avais oublié tout de lui. Ce n'est qu'au moment où il me relève le menton que je me rends compte de tout ce que j'ai oublié de lui. Le plus paradoxal est que j'ai effacé de ma mémoire ce qui est le plus constitutif de son être, ce qui me blesse le plus chez lui et ce que pourtant j'exhibe toujours avec humeur lorsque je me plains de lui - avec des mots durs et gutturaux sur lesquels mon cœur maintes fois a saigné.
J'avais oublié que mon frère n'aime pas la faiblesse, et que c'est la raison précise pour laquelle il m'a rejeté - et mon père, sans aller à de telles extrémités, partageait son avis, pour une raison que je n'avais jamais comprise. Moi, je ne me considère pas comme faible, je sais casser des gueules si je veux, oh je me ferais aussi casser la mienne, mais ce n'est pas quelque chose que je crains au moment de m'élancer. Je suis doté d'autant de courage que de violence, et pourtant, ils s'obstinent à me mettre sous les yeux une faiblesse imaginaire que je ne puis totalement rejeter. Car je suis un lâche aussi, oh terriblement lâche, et depuis qu'il est devant moi, je n'ai qu'une envie, l'abandonner. Et je ne serai jamais aussi courageux qu'Ilya, qui parvient à prononcer mon nom. Qu'il doit détester cette part fuyante de ma personnalité qui me fait piétiner ses idéaux devant ses yeux. Pourtant, je ne parviens pas à éprouver de la honte - enfin, pas pour ça. J'ai bien d'autres choses à me reprocher avant.
J'avais oublié que la politesse était plus essentielle à mon frère que sa respiration, et qu'il ne me pardonnait jamais lorsque je faisais mine de m'en affranchir, ne fût-ce qu'un tout petit peu. Il se tient le dos droit, de cette démarche de militaire que je lui ai toujours envié mais qui n'a jamais été faite pour moi, et c'est sans doute pour cela que moi, le dos courbé, je me sens si petit à ses côtés. Et au moment même où il s'emparait de mon menton, je savais avec certitude les intentions qu'il avait en tête - une leçon de morale qui aurait pour but de me rappeler que je ne valais pas autant que lui. Mes yeux se fixent sur les siens, malgré la brûlure que cela provoque, par un réflexe entretenu par des années de sa discipline sévère. Je pourrais me convaincre que ce n'est pas Ilya qui me fait face, mais un inconnu qui possède ses yeux, mais me berner davantage ne servirait à rien et j'accepte la réprimande qu'il me fait avec l'indifférence de celui qu'on a trop souvent grondé. Non, ça ne me fait plus rien, ses commentaires, j'ai compris depuis trop longtemps que le problème ne venait pas de mon comportement mais de ma personne, et que rien de ce que je pourrais y faire n'y changerait quelque chose.
J'aurais aimé qu'il m'aime un peu.
Je le regarde, comme il m'a dit de le faire, mais je garde le silence ; je le provoque, obtempérant par le geste mais me rebellant en pensée. Je laisse mes pensées s'échapper, comme à chaque fois qu'il s'en prend à moi, pour éviter de le voir, de l'entendre, de sentir sa présence envahissante et indésirée. Il ne me touche pas. Je ne suis peut-être pas assez bien pour lui, mais il ne me touche pas. Il n'est qu'un élément du décor de ma vie dont je peux me passer. Ce n'est pas si facile que cela. J'ai envie de pleurer, de le serrer dans mes bras et de le frapper.
Et puis je décide de lui renvoyer sa cruauté :

« Alors comme ça, c'est tout ce que tu as à me dire ? - Et puis, tu me fais mal. Lâche-moi tout de suite. »

Je pourrais me dégager, mais ce n'est pas ce que je recherche. Je veux le voir abandonner la partie de lui-même, lui faire porter un tort qu'il mérite, et ainsi me venger de tout ce qu'il me fait subir.
Je prolonge mon regard jusqu'à l'aveuglement - la colère y est présente et étincelle en pépites sombres dans mon regard glacial - pour le clouer sur place et lui faire goûter de cette culpabilité qui m'empoisonne les veines.



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le Ven 21 Avr 2017 - 7:43
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Tu le soulève, tes doigts brûlants qui s'écorchent, ta peau qui s'égraine et qui fond, comme une bête qui dévorerait ta chair. Du bout de tes doigts se propage la nécrose; elle embrase tes veines et sectionne tes nerfs, ne laissant sur tes mains que tes os - ton squelette. Tu effleures son épiderme, ses os et son sang sous tes doigts, tu le sens battre et pulser, palpiter sous ta prise comme des griffes, comme tes os qui pointent derrière la mort qui te ronge. Sa mâchoire est une fleur, intacte, pétale inexistant de l'écarlate qui fleurit le long de ta gorge - le long de la sienne -, et sous la nécrose tu sais le vermeil qui tache tes doigts comme ce qui t'écorche et t'anéantis, tes stigmates que les flammes de l'enfer ne savent jamais suturer de leur langue ardente. Il t'enchaîne et t'ancre à lui, Димитрий, plongeant ses iris de mer tranquille (il y manque les étoiles qui percent tes galaxies) dans ton ciel de nuit, tes astres déchirent tes pupilles, reflètent sur ses vagues la lumière qui t'habite - qui t'éclaire, sibérienne. La gangrène termine d'englober ta main lorsque tu te perds sous ses flots et que tu t'asphyxie de sa houle qui te submerge, alors que tes poumons s'escarrent du sel qu'il y engouffre de son océan. Tu l'effleures et pourtant tu ne ressens pas au creux de tes jointures, posé le long de tes phalanges squelettiques son être matériel - tu ne sais plus savoir la vie qui palpite sous sa blancheur; engourdit de son éthéréalité, tu ne sais plus la force qui chemine le long de tes ligaments. Il impose et superpose sa présence à la tienne, s'infiltre et siège dans tes os de ses iris d'océan et pourtant tu ne sais le tenir - le ressentir - malgré que tes doigts soient refermés sur sa mâchoire. Léthargie de tes phalanges gourdes, tu ne sais plus habiter ta corporalité.
Ses mots percent tes nerfs de douleur, repoussent et inversent la mort qui a pris tes griffes - tu ressens de nouveau la brûlure de son être contre le tiens, le repousse et le rejette, l'expulse du creux de tes os pour t'habiter de nouveau. Tu te durcis et les flammes t'écorchent pour te dévorer à nouveau, contenance que tu as perdue si vite et sur laquelle tu reprends tes droits. Tu desserres ta prise sur son faciès, mais tu le gardes au creux de ta paume, ton frère. Maintenant que tu l'as rattrapé, tes doigts se scellent et l'enchaînent - tes affres fourmillent le long de ta force, s'épanchent en toi et te refusent à le laisser s'effacer sous tes os de nouveau.

Ты не должен быть здесь. (Tu ne devrais pas être ici.)
La phrase te tranche, te sectionne, te scinde et tu t'empales sur l'acier de la vérité, tes viscères s'étalent devant toi et à ses pieds - le sang s'échappe à la commissure de tes lèvres alors que tu t'étouffes et émets ton dernier souffle dans un gargouillis macabre.
Это неправильно. (Ce n'est pas juste.)


Spoiler:
j'ai faillis pleurer en écrivant ça salut


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L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
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le Sam 29 Avr 2017 - 19:49
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Dimitri & Ilya Kovalevski

En y réfléchissant bien, j'ai parfois l'impression que ma colère ne m'appartient pas. Je la sens me gonfler la poitrine et pulser dans mes veines, je la reconnais comme mienne, je sais que ce sentiment n'est pas celui d'un autre, et pourtant, je me sens étrangement détaché de ma colère qui étincelle en un regard rouge. Je sais, ce que je ne dis ne semble pas vraiment avoir de sens, mais c'est comme si, quelque part derrière ce bouillon flamboyant, je m'en foutais un peu. Peut-être que la colère est un état permanent chez moi et non une émotion comme la joie ou la peur. Je sais que je ne suis pas vraiment en colère contre Ilya - même si je le suis en même temps - parce qu'un tas d'autres sentiments peuplent mon être et s'écoulent en moi, et je pourrais mettre un mot sur chacun d'entre eux, mais je n'aime pas ça. Non, je préfère me dire que je suis furieux, ou que je ne sais pas ce que je ressens, parce qu'à chaque fois que je crois avoir compris mon cœur, celui-ci me prouve toujours l'étendue de mon ignorance. Je suis plus qu'un idiot, je suis un fou, et ça me va très bien d'être très fou. On pardonnerait plus facilement mes paroles incohérentes si je n'ai pas toute ma vie.
En cet instant précis, je ne me comprends pas, et je ne peux donc pas esquisser le tableau de mes sentiments imprécis. Ce qui importe n'est pas ce que je ressens, mais ce que je perçois, et dans le domaine, Ilya est le mystère le plus grand qu'il m'ait été donné de voir.
Je ne comprends pas pourquoi il refuse de me lâcher complètement comme je l'y ai intimé - et à vrai dire, cela me gêne, ce que je traduis par un grognement contrarié et un mouvement d'épaule qui le rejette. Je connais assez mon frère pour savoir qu'il n'est pas en train de me défier - il m'aurait obéi s'il n'y avait eu quelque chose qui lui pourrissait l'esprit de l'intérieur. Je le sens crispé. Cela ne lui ressemble pas. Ilya est droit et calme et paisible. Il ne fait jamais montre de cette hésitation nerveuse qui me caractérise plutôt. Ses propos, eux aussi, se font incohérents - on croirait m'entendre parler. Je crois distinguer un air fou dans son regard - non, je dois me tromper. J'ai déjà détourné les yeux avec un grand soupir, lassé de ce petit jeu qui m'inquiète tout de même un peu.
Je pourrais m'interroger sur le sens de ses paroles, mais à vrai dire, la seule chose à laquelle je pense, c'est que c'est moi qui devrais être en train de les prononcer. Je le déteste pour me voler mes mots, et j'en oublierais presque les excuses que je lui dois depuis trop longtemps. Ilya a vraiment le don de m'énerver, donc je ne lui en fais jamais, mais celles-là, vraiment me tenaient à cœur, et je lui en veux de me dépouiller. Cette fois-ci, il est hors de question que je le laisse me tenir ainsi : je me dégage brusquement, allant jusqu'à frapper sa main de la mienne, alors que ce n'était pas franchement nécessaire, et je fais un pas en arrière en montrant les crocs. Je le regarde d'en bas, caché derrière mes sourcils sombres, la bouche tordue en un rictus de rage. Je pourrais lui sauter à la gorge et frapper son visage de mes poings abîmés.

« Merci, je le sais déjà. » est la réponse que je lui fais d'une voix menaçante.

Et déçue.
Je sais déjà que je ne vaux rien à ses yeux, mais pourquoi a-t-il besoin de me rappeler que je ne suis pas assez bon pour Pallatine - même si les gens qui m'ont transféré m'ont jugé capable de m'adapter ? Pourquoi encore me rabaisser. J'en ai marre. Vraiment.
Mais brusquement, je me calme - et ça sort comme la longue expiration que j'exhale pour oublier, lentement mais très sûrement. Ilya n'a pas changé, mis à part cette agitation que je ne lui connais pas, mais je ne peux pas en dire autant de moi. J'ai le pêché collé au corps, et Ilya savait que ça finirait pas arriver. Mon père devait le savoir aussi, mais pourquoi personne n'a-t-il jamais songé à me prévenir ? Du calme. Cela ne sert plus à rien de ruminer ces pensées. Je laisse mes sentiments s'échapper et j'essaie de trouver la façon la plus objective de le formuler.
Mais naturellement, l'amertume se mêle à ma voix tremblante.

« Eh bien, ce qui est fait est fait, affirmé-je avec humeur. C'est dommage, parce que moi, j'étais content de te voir. »

Ce n'est pas exactement un mensonge : je suis vraiment heureux de voir Ilya en chair et en os à Pallatine. C'est notre rencontre qui me blesse, et je détourne à nouveau les yeux.



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Il vous délie, ton frère, du creux d'une violence superflue - d'un coup qu'il t'offre du fond de la rage dans ses os (celle que tu veux qui y soit). Tes jointures éclatent et s’effritent sous le choc, sous son attaque, et ta main redescend jusqu'à ton côté mais tu ne bronches pas. La nécrose pulse, t'englobe puis se rétracte, te tues puis te ressuscites alors que tu ne cesses de t'asphyxier, alors qu'il ne cesse de ne pas comprendre - oh, comment le pourrait-il? Tu le sais Ilya, tu le sais qu'il te haïs, tu l'as toujours su depuis que tu as quitté le nid familial pour aller te perdre parmi les balles et le sang, entre les morts et les vivants, la guerre dans tes os. Tu le sais qu'il doit te haïr, sans quoi tu ne peux le protéger (sans quoi tu ne peux te protéger toi-même), et tu sais que pourtant tu ne peux jamais lui révéler la vérité. Même si elle est étalée à vos pieds chaque fois que tu extirpes des mots de ta gorge, même si elle danse derrière tes pupilles, même si elle bordure tes lèvres et qu'elle brûle ton œsophage comme les vomissures vermeils, comme le dernier souffle des égorgés. Comme la lame qui traverse ta nuque, métal sifflant qui brûle ta chair.
Il dit qu'il le sait, ton frère, mais il ne comprend pas. Tu t'effondres de l'amertume qui danse contre sa langue, qui lie ses mots et qui enlace sa psyché. Tu te perds, Ilya, et tu ne sais même pas paniquer de ces milliers de sentiments qui te déchirent et t'éparpillent, qui t'écorchent et te lacèrent. La violence bout dans tes os, tu la ressens et pourtant tu la réprimes, t'enchaînes et te pétrifies, transforme tes muscles en pierre pour t'empêcher de faire quelconque erreur.

Ты не понимаешь. (Tu ne comprends pas.)
Tu voudrais t'expliquer mais il continue de parler, de te démolir sans une once de remords. Du tréfonds de tes entrailles remonte ta colère, ses flammes qui lèchent le fond de ton estomac: il a du culot! Du culot, d'affirmer qu'il est heureux de te voir! Il n'y a rien de la joie dans ses yeux fuyants, dans ce balbutiement qu'il a osé qualifier de salutations! Oh, il ne te blâmera pas pour cela!
Счастлив? Не пизди! (Content? Ne me ment pas!)
Il a détourné le regard à nouveau, et les flammes de ta colère remontent le long de ta gorge à cette vue. Pathétique! Il ne peut pas, il ne doit pas être si pathétique! Tu agrippes son menton à nouveau, ignore la brûlure sur tes doigts et le retourne vers toi.
Я велел тебе смотреть на меня! (Je t'ai dis de me regarder!)
Tu ne le retiens pas, cette fois, alors que tu t'enflammes et le désigne, presque dédaigneux, du bout de tes phalanges.
Это то, что ты зовешь счастлив? Бегающим глазкам? Горечь? (C'est ça que tu appelle être content? Les yeux fuyants? L'amertume?)
Tu ne devais pas être celui qui perd son calme. Tu ne devais jamais l'être, et pourtant tu l'es, dans cet instant. Parce que tu ne devais pas, non plus, avoir tant de sang sur tes mains; tu ne devais pas toujours voir cette fleur écarlate éclaboussée sur sa mâchoire, tu ne devais pas quitter ta Российская империя, et tu ne devais certainement pas le retrouver ici. Димитрий, Димитрий, dont jamais tu n'as réussi à écrire les syllabes à la fin de tes lettres, de tes récits, de tes vomissures d'encre tâchant le papier. Et qui pourtant s'impose à ta vie, s'impose à ta présence - Димитрий que, блядь! tu n'as plus le droit de perdre!
Будь со мной честен! (Soit honnête avec moi!)


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Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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Je ne comprends pas, qu'il me dit, mais c'est lui qui ne comprend pas qu'à force d'affronter la déception et la haine je ne suis même plus sensible à ce qu'il me dit. Il pourrait parler de la pluie et du beau temps, pour l'attention que je lui accorde. La seule chose à laquelle je fais vraiment attention, ce sont les signes de réprobation qu'il m'accorde, les seuls en fait, puisque l'amour ou le respect semblent avoir définitivement disparu chez lui. En revanche, ce dégoût que je semble lui inspirer est bien réel et très visible sur ses traits - et pourtant, il a beau les déformer en des grimaces immondes, le visage d'Ilya reste encore beaucoup plus beau que le mien, cruelle moquerie du destin au moment où justement j'ai besoin de me raccrocher à quelque chose.
La différence entre nous, c'est qu'il est aussi beaucoup plus expressif que moi et qu'il prend le taureau par les cornes - se défiler devant un problème, ce n'est vraiment pas son genre, par contre, c'est le mien tout craché. Ilya n'hésite pas à me dire que je suis aveugle, alors que je lui cache depuis tout à l'heure ce que je ressens au fond de moi. Il a raison de douter de mes paroles, je ne suis peut-être pas aussi heureux de le voir que ce que je voudrais lui faire croire, mais je suis tout de même un petit peu sincère. Je me sens soulagé. Mais si seulement, si seulement il voulait faire l'effort de se montrer poli - poli selon mon acception - et ne pas remettre en cause mes affirmations aussi cruellement... ce serait trop lui demander ? Mais non, Ilya est honnête, Ilya est droit, et il voudrait que je me comporte comme lui, sans concevoir que je puisse avoir un caractère complètement différent, et que ce qui est bon pour lui ne l'est pas forcément pour moi.
Je le trouve un peu changé, Ilya. Il a toujours été à cheval sur les règles, les convenances, mais il n'a jamais encore fait preuve de cette excessivité  inquiétante, comme lorsqu'il me saisit une nouvelle fois le menton en me demandant une nouvelle fois de le regarder. Je dois l'admettre, il me fait un peu peur, Ilya, et je ne pensais pas qu'un jour, je commencerais à le craindre ainsi. Quelque chose ne colle pas du tout chez lui, je ne comprends pas cette obsession avec mon regard, je n'ai pas passé ma vie à le regarder dans les yeux, après tout. Il semble un peu... à bout. Une caricature de lui-même poussée jusqu'à l'extrême, l'image grossière que j'ai de lui dans la tête mais qui me paraît tout à coup un peu trop maladroite face à la réalité. Je le regarde parce que ça lui tient à cœur, mais je ne le fixe pas vraiment. Le malaise qui me gagne me fait paraître mon frère étrange et cogne mon cœur contre ma paroi abdominale d'un rythme effréné.
Qu'est-ce qui ne va pas avec Ilya ?
Qu'est-ce qui ne va pas avec moi aussi, c'est vrai, c'est ce que mon frère me demande, et je me rends compte qu'il n'a pas tort. Je l'ai toujours traité avec dédain et indifférence, pour me protéger de la blessure narcissique qu'il m'infligeait, mais il y a une petite différence en effet. Je me suis fait anguille, glissant entre ses mains, j'ai perdu de ma force pour revêtir l'habit d'une proie ; d'un loup noir, je suis devenu chaton, et si je griffe, c'est avec une faiblesse qui ne me ressemble pas beaucoup. Je laisse transparaître trop évidemment mes intentions de fuite, et il faudrait que je change mon état d'esprit, mais si je redeviens combattif, je me prendrai les mêmes coups qu'avant, et si je les mérite, je suis trop lâche pour les désirer. Je soupire fortement. Avec faiblesse, je me prépare encore à mentir.

« Tu vois, la vérité, c'est que je suis vraiment content de te voir, enfin, je l'étais, mais maintenant, je n'en suis plus très sûr. »

Il est vrai qu'il est si facile d'oublier le soulagement coupable qui m'a saisi la première fois que j'ai aperçu Ilya à Pallatine. J'essaie de retrouver le fil de cette émotion et de la revivre, mais la gêne brouille les pistes et la colère me détourne de mon objectif. Je ne peux pas lui dire que je redoutais notre confrontation et que même maintenant, alors que je ne puis plus me dérober, je chercher toujours à m'y soustraire. Même sur Terre, mon frère ne se montrait pas tendre avec moi lorsqu'il s'agissait de se confronter l'un à l'autre.
Je m'agite un peu sous ses doigts lorsque je poursuis :

« Mais j'étais con, je savais que ça se déroulerait comme ça, et pourtant, j'avais l'espoir que ça se passerait mieux. Je me disais qu'avec quelqu'un d'autre... eh bien, je pourrais discuter. »

Quelqu'un d'autre qu'Ilya aurait pu m'écouter : il ne m'aurait pas rejeté d'emblée comme lui l'a fait. Nous aurions eu le temps d'échanger quelques amabilités avant que je lui donne des raisons de me détester. Et c'est vertigineux de penser que si Ilya savait, son comportement envers moi serait pire encore. Peut-être qu'il me tuerait, ou du moins, qu'il essayerait - mais bon comme il l'était, il abandonnerait mais trouverait d'autres moyens de se venger.
Et j'ai sur les lèvres des souvenirs d'un enfant brun et aimant me prenant dans les bras en souriant pour me rassurer.



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le Dim 7 Mai 2017 - 1:48
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Tu ne peux exercer quelconque contrôle sur ton cadet que par cet ordre, cet aboiement qui lui exige de planter ses pupilles dans les tiennes. Mais son regard te déchire jusqu'à ce que tu regrettes de le lui imposer - et pourtant tu ne recules pas. Tu n'en a pas le droit.
Repens-toi, Ilya. Repens-toi de tes péchés alors que tu brûles sous les flammes de l'enfer, alors que sa mer t'englobe et que tes étoiles s'éteignent, alors que tu ne fais preuve de force qu'en retenant chaque centimètre de ta chair. Tu te brides de cette violence qui embourre tes os sans que tu ne puisses l'empêcher, tu ressens remonter le long de ta gorge ces instants où tu renverses ton encre, où tu écroules les meubles et tu déchires les pages, destruction tempêtant sans scrupules, sans vergogne que tu n'arrives pas à supprimer. Tu la sens, cette violence qui fait son chemin sous ta peau, qui grince tes dents et fait vibrer tes muscles, tu la sens naître au creux de la colère dans ton estomac, tu te sens - pas galaxie, mais trou noir, qui dévore et te dévore tout à la fois. Tu rends tes épaules plus droites et tu passes tes mains dans ton dos pour y serrer les poings - pour qu'il ne les voit pas. Tu te fais cette tour qu'il attend de toi, aussi douloureuse soit-elle.
Tu as besoin qu'il refuse ta présence. Tu as besoin qu'il la regrette. Tu as besoin qu'il te repousse et te chasse, qu'il te refoule, te renie. Tu as besoin de le dégoûter, de sentir la haine sur sa langue et qu'il lie son russe en insultes et malédictions, pire! qu'il t'insulte en anglais, qu'il renie vos racines. Tu n'as pas besoin qu'il te haïsse pour son propre bien, pour t'effacer de sa vie et cesser de l'empoisonner - non - tu as besoin qu'il te haïsse jusqu'au fond de ses os parce que tu ne saurais te séparer de lui autrement, et que tu ne peux souffrir de l'avoir. Tu as besoin qu'il te haïsse de cet égoïsme viscéral qui a toujours guidé ton âme et que tu te refuses toujours réellement de reconnaître. C'est la droiture qui te meus, te ne cessera de t'en convaincre, et ce malgré que ton cadet t'aie crochu à coup de fer et de plomb. Oh, non, que
tu te sois crochu à coup de fer et de plomb.
Тут и говорить не о чем. (Il n'y a rien de quoi parler.)
Tu retrouves ta contenance parce qu'il te haïs. Parce que l'amertume pointe dans son ton sec. Les choses sont simples, ne le sont-elle pas? Il a joint la Рабоче-крестьянская Красная Армия, tu as joins les Белые. Il a renié sa famille, ses racines, il a renié tout ce qui a fait de lui ce qu'il a pu être, il s'est prélassé dans l'hypocrisie de n'avoir pu obtenir ses compétences que par l'aristocratie de sa famille et pourtant de s'en servir pour servir la plèbe. Tu le détestes et le méprise pour cela.
(Tu ne le détestes pas.)

Ты предал нас. (Tu nous as trahis.)
Il a laissé derrière lui cette famille qui lui a tout donné pour se joindre à ceux qui voulaient les voir destitués, souffrants. Il a joint la plèbe dans son soulèvement ridicule et hypocrite, joins cette révolte risible et absurde au nom d'une liberté chimérique et qu'il, de toute manière, possédait déjà. Il a rejoint l'ennemi, et pourquoi? Par esprit de rébellion, par contradiction? Parce qu'il jugeait que le monde était injuste? Parce qu'il souhaitait le changer? Tu ne le comprends pas, cela tu le lui accorde, mais lui non plus ne comprend pas. N'accepte pas que son chemin en est un qui ne mène que vers la souffrance; que s'il ne te suit pas, il va...
(Tu es sur un bateau en pleine tempête. Les vagues te charrient de haut en bas - tu grimpes le long de la houle pour pouvoir voir l'horizon mais soudainement la mer t'engouffre, te gifle et t'écrase. Tu sens le goût du sel sur le bout de ta langue, tes muscles pulsent d'épuisement sous l'effort requis pour te tenir droit à la proue, et tes pieds trempent dans l'océan qui remplit ton embarcation par l'énorme trou (comme une blessure béante qui suinte sous ta lame) au fond de la coque.)


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Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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le Lun 22 Mai 2017 - 1:16
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Je ne m'étais jamais rendu compte jusque là de l'étendue la haine que me porte Ilya. Je pensais que je l'avais simplement déçu, parce que je n'étais pas à la hauteur et que je ne remplissais pas ses attentes, mais je ne pensais pas goûter au souffle brûlant de sa colère dont je suis le seul et unique objet. Cette vérité qu'il me jette au visage manque de me faire chavirer, et je crains un instant de montrer trop clairement le choc que je ressens subitement - car il est bien la dernière personne au monde à qui je veux montrer l'étendue de ma faiblesse.
C'est bête, mais j'ai toujours cru qu'il avait pour moi un peu d'affection, que le fait d'être son frère me donnait le droit à un statut particulier qui, à défaut d'amour, m'offrait un peu d'indulgence et de pardon. Parce que je ne suis pas n'importe qui pour Ilya, je suis son frère, comme le prouve mon nom de famille identique au sien, et cet air semblable que nous portons au visage mais que toujours je réfute. Il n'est pas n'importe qui pour moi, en tout cas : il  a été un modèle que j'adorais et qui aujourd'hui me rappelle ma propre médiocrité, il est aussi un visage que je ne parviens pas à oublier et qui se présente toujours à moi sous ses traits les plus déformés. Il est quelqu'un envers qui je me sens quelque chose, des obligations peut-être, je ne sais pas trop, mais quelque part dans ma vie, il y a toujours Ilya qui me juge de son regard de pierre et qui attend quelque chose de moi. Je pensais bêtement qu'il devait ressentir quelque chose de similaire à mon égard.
Mais je me trompais, je le comprends désormais. Je suis un peu étonné de le voir me témoigner autant de haine. Et peut-être un peu anéanti. Putain, j'étais stupide. Je suis toujours parti du principe que, derrière ses dehors froids, il m'aimait un peu. Je ne me suis jamais dit que peut-être ce n'était pas le cas. Et maintenant je le sais : il ne m'aime pas, car il me déteste. Je suis probablement ce qu'il abhorre le plus au monde et il ne saurait garder son calme face à la vermine qui l'aborde en pleine rue. Bizarrement, ça me rend triste, de perdre mon innocence ainsi. C'est pour ça que je ne réponds pas tout de suite à son accusation.
Je les ai trahis, dit-il, et je ne me demande pas vraiment à quoi il fait référence - à ma vie entière, probablement. Je suis né trahison et je le suis resté toute ma vie. Mon premier crime a été celui de prendre une vie que je méritais - celle de ma sœur aînée, que je n'ai jamais connue, mais qui avait sans doute plus de valeur à ses yeux que la mienne. Ensuite, j'ai commis le crime de ne pas être à la hauteur. Indéfiniment. Jusqu'à ce que... mais il ne peut pas le savoir. Je cherche dans ses yeux étincelants la moindre paillette de vérité, une preuve à laquelle me raccrocher pour pouvoir lui répondre. Sait-il ? Je ne sais pas. Il n'a pas l'air de me reprocher cela en particulier. Comme si je pouvais le savoir, ceci dit. Je suffoque toujours sur l'effet de sa haine et je me demande toujours pourquoi.
Ah, ce gouffre de douleur qui s'est ouvert en moi - cela ne se voit pas, mais il risque bien de m'engloutir. Je sais qu'Ilya n'est pas la seule raison à cela - je me rends compte de tout ce que je ne pourrai jamais lui dire et qui pourtant me libèrerait. C'est dommage, tous les schémas si parfaits que j'avais construits dans mon esprit pour nos retrouvailles s'écroulent comme un jeu de cartes, et je ne parviens pas à lui en vouloir autant qu'il le mériterait. Ilya est la cause de tous mes problèmes, je le sais bien, c'est pour cela que je l'évite, en règle générale. J'essaie de me dire que ce n'est pas Ilya qui me fait du mal en ce moment.
Mais alors, pourquoi le goût salé d'une larme vient visiter mes canines ?
Je renifle brusquement.

« Hum. »

Que répondre à ses accusations ? Que dire à quelqu'un pour qui vous n'avez aucune valeur, mis à part celle de punching-ball bien utile pour calmer vos nerfs, ou de faire-valoir pour que vous lui rappeliez à quel point vous valez mieux que lui ? Que dire à quelqu'un qui n'a jamais voulu voir ce que vous étiez mais toujours prétendu vous imposer son mode de pensée ? Ilya ne me voit pas. Mais il me remarque assez pour me considérer comme une gêne et pour m'accuser.

« J'avais mes raisons. »

Nulle excuse dans ma voix, j'ai réussi par un miracle à la rendre neutre, voire légèrement arrogante et satisfaite - et c'est ainsi que je me sens bien, autrement, j'ai l'impression d'être trop dépouillé. Ilya a piétiné mes souvenirs et mes espoirs, il mérite bien un peu de hauteur de ma part. Je sais bien que même si j'essayais, je ne pourrais pas le haïr autant qu'il me hait, et pourtant, je suis un spécialiste dans ce domaine. Il ne me reste plus qu'à m'apprendre à me détacher de lui, pour enfin disparaître, et faire taire ces remords qui m'apparaissent un peu moins justifiés.
Je le défie en croisant les bras, et une nouvelle fois, j'évite de croiser les yeux - et c'est délibéré, je le regarde à peine un instant avec fixité avant de faire balader mon regard, il aura compris cette fois que je ne veux plus regarder.

« Ah, mais qu'est-ce que tu pourrais y comprendre ? T'es le fils prodige, Ilya, le fils parfait, si parfait que tu n'as pas laissé de place à un autre. Fallait sortir de la route pour pouvoir respirer avec toi, tu prenais tout et t'as rien laissé pour moi. Et tu sais quoi ? Ça me fait aussi chier que toi qu'on parle de ça, parce que t'es le dernier à reconnaître que je suis ce que tu as fait de moi. »

Je prononce ces derniers mots si forts que des passants se retournent sur nous - même s'ils ne nous comprennent pas, ils auront remarqué que la discussion est houleuse entre nous. Je me sens coupable de ne pas avoir su garder mon calme, je m'étais promis plein de choses avec lui, mais finalement, ce que je veux garder pour moi ressort trop facilement.
Le pire étant que je l'accuse. Je comptais m'excuser, pour une fois, mais l'opportunité ne m'en ait plus donnée. Tsk. Je le regarde désormais d'en bas, de ce regard agressif que j'ai à chaque fois que je m'énerve un peu - ce qui m'arrive souvent. Je sais que mes arguments ne le toucheront pas alors je n'essaie pas d'argumenter : j'attaque. J'aimerais qu'il se sente coupable, pour changer.
Ainsi, peut-être, il pourra me pardonner.



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le Lun 22 Mai 2017 - 4:43
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Tu as besoin qu'il te déteste, Ilya, mais tu en souffres. De cette lame qui te transperce, de son regard qui te pourfend, comme une balle dans le cœur comme du plomb dans ta nuque, tu t'y étouffes et tu ne peux pas détourner ton regard - tu ne le dois pas. Mais tu souffres et tu sais que des commissures de tes lèvres s'échappent les perles écarlates de ton asphyxie, les restes de ta trachée que tu as déchiquetée - déchirée sous ces mots qui le frappent, lui, qui le pourfendent, lui, Димитрий, Димитрий, qui se sépare de toi - qui tranche l'air entre vous deux et dont la lame s'accroche sur les restes de la fibre du lien qui vous unit. Des chaînes qui vous accrochent, creusent des sillons sur vos épidermes en stigmates qui vous brûlent et vous torturent. Ces chaînes que tu as besoin de couper, ces chaînes qu'il attaque (sur lesquelles il tire pour te renverser) - celles qui te retiennent ancré à la réalité. Sans lesquelles tes pieds ne toucheraient plus à terre, sans lesquelles tes ailes pourraient s'étendre et plus jamais tu n'aurais à poser tes pupilles galactiques sur le monde en tant qu'égal - tu pourrais t'envoler, t'envoler, et les observer du haut du paradis qui tourbillonne au dessus de vos têtes; Archange de la droiture, jugement divin et éternel. Ton mépris comme une tour, ton arrogance un bouclier, ta droiture comme pilier - ta colonne de marbre, sempiternelle. Oui, sans Димитрий, sans doute, tu percerais le ciel et y prendrais cette place qui te reviens de droit - celle à laquelle tu ne peux plus jamais accéder.

Jamais tu ne sauras te repentir de tes péchés.


Ничто не может оправдать то, что ты сделал. (Rien ne peut justifier ce que tu as fais.)
Peu importe ses raisons et - oh, tu n'en as rien à faire. Tu lui en veux d'avoir joins l'ennemi, oh, bien sûr que tu lui en veux pour ça, mais tu lui en veux surtout de s'être ainsi opposé à toi, de s'être rangé de l'autre côté de ton canon alors que tu aurais pu (tu aurais dû, tu aurais dû) le protéger. Tu aurais pu faire de toi-même ce bouclier que tu as toujours voulu être quand l'innocence dansait toujours dans le creux de vos pupilles, tu aurais pu le protéger de tous les dangers du monde et l'empêcher de se briser, de se briser comme une poupée entre tes doigts - empêcher cette vie de soldat de lui labourer les os, empêcher, empêcher que ta vie ne s'écroule tout autour de ses yeux d'océan (empêcher ton bateau de couler).
Tu ne le détestes qu'à la mesure jusqu'où tu te détestes toi-même.

(Lui avoueras-tu, Ilya, lui avoueras-tu tout ce que tu as ruiné? Lui avoueras-tu le sang qui toujours dégouline en abondance de tes mains, lui avoueras-tu tout ce que ta lame a pourfendu, lui avoueras-tu, Ilya, tout ce dont tu es responsable? Lui avoueras-tu la mort qui te hante et celle que tu mérites, lui avoueras-tu le démon qui laboure tes viscères jusqu'au bout des entrailles sous tes ongles? Lui avoueras-tu ce qui te torture et te tue, le verre sur le bout de ta langue, la violence dans tes os, tout ce que tu déchires et détruis - tes côtes que tu brises jusqu'à savoir t'arracher le cœur?)

Tu méprises certainement cet instant où il lamente ta perfection (chimérique) comme un adolescent jaloux. Tu n'as jamais rien fait pour lui nuire - tu as toujours tout fais pour l'aider et tu ne t'es jamais attendu à ce qu'il le comprenne; il ne l'a jamais comprit.


« Это ты сделал меня тем, кто я есть. »

Il s'est échappé à tout ce que tu as toujours voulu faire de lui. Il s'y est défilé à chaque fois, il a toujours refusé de suivre ton chemin, il a toujours refusé de t'écouter et tu avais raison, tu avais raison parce qu'il ne t'as pas suivi et regardez où cela vous a menés. Il a refusé de t'écouter et s'est rangé de l'autre côté de ton canon et ainsi il t'a pourfendu et condamné à t'asphyxier du plus profond de ton être pour le reste de tes jours - il a refusé de t'écouter et ainsi il a détruit les chaînes qui vous attachaient - il a refusé d'être ce que tu voulais pour lui et il en a payé le prix des
dernières
lamentations
des égorgés.

Ты постоянно отказывалась то, что я хотел сделать тебя. (Tu as toujours refusé ce que je voulais faire de toi.)

(Et la vérité, tu la vomis comme tout le sang qui habite ton corps, comme tout ce qui déchire tes viscères, comme le poison qui vit dans tes veines et comme la mort qui te tord et te réduit en lambeaux de ce que tu aurais pu être. Ce que tu aurais dû, ce que tu aurais dû.)

Я не смог сделать вас тем, кем вы должны были быть, и ты мертв, Димитрий. И я был тем, кто тебя убил. (J'ai échoué à faire de toi ce que tu aurais dû être, et tu en es mort, Dimitri. C'est moi qui t'ai tué.)

La fleur écarlate éclot sur sa mâchoire, comme ta lame fendant sa chair - comme son dernier souffle, ce gargouillis macabre qui te hante toujours -
sans même que tu n'aies jamais pu lui avouer que tu l'aimais.


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Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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le Mar 6 Juin 2017 - 15:25
C'est l'histoire de deux frères
qui ne s'aimaient pas beaucoup.
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Dimitri & Ilya Kovalevski

Cette brusque poussée de colère éruptive n'a pas suffi à me calmer, loin de là : je me sens toujours bouillir à l'intérieur - à croire que l'étendue de ma fureur est sans limites lorsque c'est Ilya qui me fait face. Mais en même temps, face à un autre que lui, voilà longtemps que j'aurais joué des poings - comme je le disais tout à l'heure, je me sens un certain devoir envers lui, le devoir de rester calme avec lui, et de lui témoigner un minimum de respect en évitant de lui donner la correction qu'il mérite. Il a de la chance d'être mon frère, Ilya, je me tiens avec lui. J'ai des valeurs, on ne tape pas son frère, ça ne se fait pas. Alors même si je sens mes poings se serrer avec l'envie très forte de rejoindre sa joue et son nez, je me contiens du mieux que je peux. Parce que j'ai déjà déconné une fois et que je me suis promis que ça n'arriverait plus jamais. Il faut que je sois fort - et que je prouve à tous qu'ils se trompent.
Je manque cependant d'éclater de rire lorsqu'Ilya me reproche de ne jamais avoir voulu me conformer à ce qu'il attendait de moi. J'essaie de me rappeler à quel point je suis en colère contre lui, mais je trouve sa remarque tellement incongrue, et d'une certaine manière insolente, que c'est l'hilarité qui risque de me gagner. Il n'est pas sérieux, n'est-ce pas ? Il n'est pas con au point de me reprocher de ne pas lui laisser le contrôle de ma vie ? Je me demande encore une fois ce que je suis pour Ilya. Un objet qu'on expose bien gentiment pour prouver que l'on remplit parfaitement le rôle de grand-frère idéal ? Je ne vois pas d'autres explications pour comprendre pourquoi il veut tellement que je sois sous ses ordres. En tout cas, même si je ne ris - car sa remarque est risible mais certainement pas drôle et ne m'amuse pas -, je tombe clairement des nues et j'en oublierais presque de réagir.
À tel point que la suite de sa phrase se perd dans les méandres de ma stupéfaction - en même temps, je connais Ilya, je sais qu'il est très spirituel, alors cette histoire de mort, je m'en tape, parce que je n'ai aucune idée de ce que cela peut bien vouloir dire et il ne me l'expliquera pas. Mais ouais, j'aurais bien aimé qu'il reconnaisse de façon un peu plus claire qu'il se comporte avec moi de façon étouffante. Ça ressemble à des excuses ou à des aveux, c'est-à-dire ce dont je rêve depuis toujours, mais j'ai du mal à y croire. Ça cache quelque chose. Ça cache forcément quelque chose, parce que les choses ne sont jamais simples avec Ilya. Plus j'essaie de comprendre, et plus je me rends compte qu'il est en train de me surplomber de son mètre quatre-vingt entier, et qu'il joue un jeu où de toute façon le perdant sera toujours moi. Pourquoi essayer, dans ces conditions ?
J'aurais dû réfléchir davantage, tenter de percer les mystères de son langage sibyllin, mais j'ai clairement atteint les limites de ma tolérance. Ce qui veut dire, concrètement, que j'oublie de réfléchir à ce qu'il peut bien vouloir me dire et que je pète un câble. Tout simplement. Il peut se vanter, Ilya, d'être la personne capable de me faire exploser le plus rapidement : d'ordinaire, j'ai tout de même une patience inébranlable, puisque je traite des personnes âgées à qui il faut expliquer plusieurs fois la même chose sans jamais être tout à fait compris - et croyez-moi, comme situation, c'est toujours extrêmement agaçant. Mais en comparaison, Ilya est bien pire.
Donc je l'attrape par le col et je pousse violemment son visage vers le mien, front contre front, parce que je sais que je n'aurais pas la force de faire autre chose.

« Oh arrête tes conneries ! je lâche en hurlant à demi. Déjà, je pige que dalle à ce que tu me dis, et puis, t'en as pas marre de me parler comme si t'étais la Pythie ? » (je parle mal, mais j'ai de la culture, quand même) « Pourquoi j'allais suivre tes directives ? T'es pas mon père ! Juste mon frère, Ilya, mon frère. Les frères ne jouent pas au petit soldat avec leur cadet. Ils... »

Ma voix se bloque subitement alors que je m'apprête à lui dire ils les aiment, mais cette parole-là refuse de sortir. Je suis ce genre de personne qui rumine leur colère pendant des lustres, qui par son comportement laisse entrevoir son existence, mais qui ne parvient jamais à exprimer ce qui lui aurait permis de s'apaiser. Je n'arriverai jamais à dire à Ilya ce que j'aurais attendu de lui, même si je sais pertinemment que me montrer enfin pleinement honnête avec lui m'aurait aidé pour de bon. Je ne peux pas progresser tant que je n'aurai pas surmonté cet obstacle. Insurmontable.

« Enfin bref. » Je reprends d'une voix subitement posée, mais le regard fuyant. « Je suis sincèrement heureux de constater que tu éprouves bien un semblant de culpabilité à mon égard et j'ose espérer que cela marquera une évolution dans la façon dont tu te comporteras avec moi. »

Je joue les personnes raisonnables, avec d'autant plus de facilité que je suis en train de rabaisser mon frère et que cela fait un bien fou. Je l'admets, je profite sans réserve de ce trouble peu familier qu'il affiche. Il est si facile de faire semblant d'être meilleur que lui, même si l'on sait à quel point cela est faux. Cette mesquinerie me détourne aisément de ma colère, d'où ce calme olympien que j'adopte.

« Que tu comprendras que je ne suis pas qu'un morveux désobéissant et minable mais bien une personne digne de ce nom, qui fait des trucs sympas et même admirables, une personne vraiment formidable avec un grand cœur et une générosité sans bornes, un type qui est encore meilleur que toi, monsieur le héros solitaire, parce que je fais du mieux que je peux sans foutre la honte aux autres. »

Je marque une pause. J'ai franchement exagéré, là, je ne crois même pas à ce que j'ai dit (à part l'appeler héros solitaire, ça j'y crois tout à fait). Mais je crois que j'ai besoin d'exagérer pour qu'il m'accorde un tout petit fragment du respect auquel j'ai droit de sa part. Je doute qu'il se laisse convaincre par des moyens bien ordinaires. Il lui faut du grandiloquent, à Ilya, quelque chose de si fort que les anglophones appellent le sublime pour qu'il consente à m'adresser un ersatz de sourire. Quoiqu'il n'expérimentera jamais la peur associée à une telle notion. Il me regarderait d'un air absent et me dirait : ce n'est pas trop mal, peut mieux faire. Probablement. Mais ce serait déjà mieux que ce qu'il m'accorde habituellement.
Je conclus :

« À défaut, si tu pouvais juste éviter de me rabaisser comme tu le fais d'ordinaire et de piétiner ma dignité, comme cela semble être ma spécialité, j'en serais très content. »



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le Lun 12 Juin 2017 - 5:42
мой роковой недостаток

Tu te pourfends à ses pieds, la mort au bout des doigts, la nécrose au bout des phalanges, ta gorge ouverte et tes viscères giclant à même l'asphalte - tu te vides de ton sang alors que sa gorge éclate, sa peau se fend à nouveau, alors que tu entends le gargouillis du mot - du dernier mot qu'il aie jamais voulu te dire. Tu meurs comme tu l'as tué, devant lui, tes côtes ouvertes exposant ton intérieur, ton cœur qui bat encore alors que tu as longtemps voulu échanger ton souffle contre le sien. Tu aurais préféré qu'il te pourfende, tu aurais préféré que sa lame te transperce et t'égorge - tu l'aurais voulu, puisque tu n'aurais pas eu à vivre avec les conséquences. Puisque tu aurais pu te targuer de l'avoir protégé jusqu'au dernier instant, jusqu'à la dernière goutte de ton sang, gardant au fond de ta gorge (seulement ça) ces mots (Я люблю тебя, Я люблю тебя), que jamais il ne ressente la culpabilité du fratricide. Tu aurais voulu mourir sous son acier - échanger vos places, qu'il t'assassine et qu'il ne le regrette jamais. Qu'il te déteste jusqu'à vouloir te voir t'étouffer de ton propre sang, qu'il te déteste jusqu'à te voir mourir pour ses propres idéaux. Qu'il voit en ta mort cet idéal qu'il tente d'atteindre, la "liberté" de la plèbe que tu abhorres tant - qu'il observe dans tes étoiles noyées la fin d'une ère perdue - qu'il boive jusqu'au matin pour célébrer ton trépas, ultime barrière entre lui et les cieux.

Tu aurais voulu qu'il te déteste, afin de ne jamais avoir la culpabilité - l'échec - pesant sur tes épaules, craquant tes os. Ainsi tu t'étales devant lui, tu découvres ta plus large stigmate, l'écarlate qui remplit ton œsophage dans tes rêves - et il te rit au nez. Il vous rapproche, crâne contre crâne, que tu sentes la vie qui court toujours sous son épiderme, et il rejette du dos de la main toute ta souffrance, en fait son bouclier et son épée, et il te pourfend d'eux sans scrupules. Ici sa lame t'égorge, ici son acier traverse ta trachée, ici il te tue et te méprise - ici il remplit tout ce que tu veux de lui.
Ainsi tu obtiens ce que tu voulais. Tu obtiens son dédain, sa haine, qui tracent des sillons écarlates au coin de tes lèvres.

Ici il s'étale dans sa tirade grandiloquente, remplie d'orgueil et de hauteur - ici il t'abat enfin afin de te surmonter, toi, ultime obstacle entre lui et les cieux.

Mais tu ne meurs pas. Ton souffle remplit toujours tes poumons, ton cœur s'agite toujours dans ta cage thoracique, la vie court toujours sous ton épiderme. Il te pourfend mais tu ne sais mourir, tu ne sais t'éteindre ici et maintenant, t'écrouler et tacher le bitume de ton sang. Tes viscères ne giclent pas à ses pieds, tu ne le souilles pas de vermeil, et il ne versera pas de larmes de joie amères.
Tu ne meurs pas - tu le
détestes.

Tu délies ses doigts sur ton col sans hargne et sans rudesse. Tu te sépares de lui, silencieusement, et fais un pas en arrière. Tes épaules reculées, ton menton levé, ta posture droite ne te sont plus difficiles - ne sont plus jeux ni mensonges.
Я сам бы не смог сказать более четко. (Je ne peux pas être plus clair.)
Tu ne lui feras pas l'honneur de te répéter (tu ne saurais pas voir ces mots traverser ta gorge de nouveau).

Tu le détestes pour sa geignardise, pour sa faiblesse, pour cette rébellion futile et enfantine qui l'a poussé à vous trahir - tu le détestes pour son manque de droiture et de loyauté, tu le détestes de se tenir devant toi, victime éternelle de cette famille (de toi) qui n'a jamais fait que l'aimer. Tu le détestes comme tu méprises un enfant pleurnichant parce qu'il se juge manquant d'attention - tu le détestes pour ses pupilles fuyantes, parce qu'il essaie de te faire la morale sans même daigner te regarder dans les yeux - tu le détestes parce qu'il est pathétique, parce qu'il se plaint d'un traitement que tu ne lui as jamais infligé - parce qu'il n'a pas su se sentir aimé. Parce qu'il n'a jamais apprécié ce que vous lui avez donné, parce qu'il n'a jamais exprimé quelconque gratitude, parce qu'il a toujours voulu, voulu, voulu, sans jamais prendre ce que vous lui offriez. Tu le détestes de n'avoir jamais compris ou accepté la blessure béante et avide laissée par la perte de Мария - de n'avoir jamais daigné la considérer - de ne jamais l'avoir aimée.

Tu abhorres chacun des mots s'étant échappés d'entre ses lèvres - tu l'abhorres dans son état de victime. La victime, toujours oppressée, la victime, toujours lésée, toujours attaquée. Tu le détestes, puisque dans son illusion constante de martyr, tu vois cette plèbe ingrate qui a déchiré ton pays et brutalisé les tiens - celle-là même qui a conduit ta lame jusqu'au fond de sa trachée.

Хватит твоей мученической. (Cesse ton martyre.)
Tu reprends ton sac, le bois qui avait glissé de tes mains à un moment pendant votre altercation, et tu réajuste ton haut, ton col.
Так, я просто оставлю, поскольку я его причин, очевидно. (Enfin, puisque j'en suis apparemment la cause, je me contenterai de te laisser.)
Ainsi tu le dépasses, continuant ton chemin, sans jamais te retourner pour voir ou reconnaître la pointe de la lame traversant ta nuque.


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Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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le Mar 20 Juin 2017 - 23:28
C'est l'histoire de deux frères
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Dimitri & Ilya Kovalevski

Je ne dirai jamais que je suis mort, ou que je désire être tué.
C'est vrai, je ne suis pas forcément très friand des métaphores en règle générale, mais il y a infiniment plus que cela. Je connais la mort. Lorsque cette connaissance vous est douée, vous n'en doutez pas, vous savez que vous l'avez. Je vois régulièrement certains de mes patients les plus âgés ou les plus fragiles rendre leur dernier souffle - pas forcément littéralement, hein - alors on peut dire que je côtoie la mort assez régulièrement. Même sans mon vécu, c'est le genre de plaisanterie que mon métier aurait de toute manière interdit. Mes souvenirs abondent dans le même sens. J'ai vu la mort s'étaler en traînées rouges sur des chaussées blanches, et je n'ai pas oublié.
Comment pourrais-je ?
Je sais ce qu'est mourir, et je sais que je ne suis pas mort - et qu'Ilya ne pourrait pas me tuer. Impossible. Il a bien des défauts, et il sait tuer comme un ange, mais s'en prendre à l'un des siens s'oppose à ses valeurs. J'aurais un peu de mal à expliquer comment je sais tout cela, mais je sais pertinemment que même un traître de son sang n'a pas à craindre un coup dans le ventre de sa part. Je sais très bien que s'il devait me tuer, il ne le pourrait pas, même si on lui en donnait l'ordre. C'est d'ailleurs l'une des seules certitudes que j'aie sur lui à l'heure actuelle, et l'une des seules qui font que j'ai encore un peu de respect pour lui. Il ne me rejeterait pas aussi violemment. C'est tout simplement impossible.
Alors je hoche presque doucement la tête pour lui expliquer que ses métaphores ne m'atteignent pas. S'il refuse de me donner des explications supplémentaires, c'est qu'il estime que mon niveau de tolérance est supportable - ce qui ne m'énerve pas, j'en ai tellement l'habitude avec lui désormais que je ne peux même plus m'en vexer. En même temps, je suis déjà en colère contre lui, alors pour ce que ça change...
Et pourtant, Ilya parvient à repousser cette fureur au delà des limites que je pensais fixées. Certes, mon frère reconnaît qu'il est bien la source de mes tourments - non sans m'avoir reproché auparavant une tendance à une trop forte exagération... mais plutôt que d'y faire face, il décide de se retirer (ce sont ses termes exacts) et de me laisser en paix. Et croyez-le ou non, mais cela ne me réjouit pas du tout.
Je reste bouche bée, étonné de cette retraite inattendue qui ne saurait pour autant me satisfaire. Car ce ne sont pas mes accusations, qui doivent lui paraître bien légères, qu'Ilya rejette, mais mes sentiments. Il les nie de la plus horrible des façons en me faisant comprendre qu'ils ne valent pas la peine qu'il les écoute. Ilya est vraiment un formidable démagogue, capable de frapper exactement là où ça fait mal - et je reste bouche bée parce que je ne sais pas quoi faire d'autre.
J'ai perdu toute ma constance, et toute tentative pour me redraper dans ma dignité froissée ne fera qu'aggraver les choses. Adieu, ô grand discours grandiloquent tombé dans l'oreille d'un sourd ; je manque de bégayer alors que je tente en vain de trouver une répartie à lui servir pour reprendre l'ascendant sur lui.

« E-e-eh b-bien va-t-en si tu veux ! je me mets à lui crier, j'ai pas besoin de toi ! Et je suis beaucoup mieux sans toi ! »

Je continue encore à lui crier dessus alors que je sais qu'il ne peut plus m'entendre - je ne sais même plus quelles paroles j'ai pu prononcer à ce moment-là, mais je sais que ce n'est pas des choses qu'on devrait dire.
Je crie ma colère, je crie ma haine, je crie ma douleur surtout, et je finis par me rendre compte que des larmes ont commencé à couler sur mon visage dur et je ne songe même pas à en avoir honte - c'est toujours à moi qu'arrive ce genre de choses. J'essuie ces larmes indésirables en comprenant d'où elles viennent. Je ne devrais pas ressentir cela, mais c'est bel et bien la culpabilité qui m'étouffe.
J'ai tout gâché. J'avais espéré faire la paix avec Ilya, et au final, la rupture est toujours aussi prononcée entre nous. Si elle ne s'est pas encore agrandie. Je sais bien qu'il a sa part de responsabilité, peut-être au moins aussi grande que la mienne, mais en cet état, c'est moi seul que je blâme.
Les poubelles sont lourdes, mais elles ne font pas le poids lorsque je décide de les renverser pour me calmer les nerfs. Voir toutes ces ordures répandues ne m'aide pas forcément, mais pour ça, je ne ressens aucune culpabilité. Je pourrais continuer encore et encore. Mais je préfère arrêter là et m'éloigner du lieu du drame la tête haute, oublieux de tout ce qui a pu m'arriver.



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