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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

contingences (anna)

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Personnage : jeune père veuf, toujours enfant dans sa tête, trop vite grandi.
Avatar : bakugou katsuki
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Citoyen
posté le Dim 23 Avr 2017 - 21:38 (1)
Je préfère ne pas me souvenir du regard de l'enfant quand je lui ai fermé la porte au nez. Littéralement au nez, et derrière le panneau de bois que je verrouillais soigneusement, j'ai cru entendre l'éclat d'un sanglot. Je l'ignore, le refoulant aux marches de ma conscience, mais je ne parviens pas à l'oublier tout à fait. Ses yeux attristés ne m'ont pas quitté alors que j'enfilais manteau et gants, et à présent ils continuent de me hanter. Je pousse un soupir. Dois-je vraiment renoncer à vivre sous prétexte que j'ai un gamin à ma charge ? J'ai vingt ans, bientôt vingt-et-un, et je revendique mon droit à sortir le soir si j'en ai envie. Il est mardi soir, et les rues que j'ai l'habitude de parcourir en journée sont désertées lorsque le soleil se couche. Nul passant pour admirer le couvert des étoiles ; au niveau du regard, les fenêtres illuminées, derrière lesquelles se tassent les familles épuisées par deux journées de travail intense, sont les seuls signes que le monde dans lequel je vis n'est pas déserté. L'air est frais ce soir, et je regrette de ne pas avoir pris un châle pour m'en recouvrir les lèvres. Le gamin va aller se coucher de toute façon, il devrait déjà y être vu qu'on a dépassé les dix heures et demie. Je suis persuadé qu'une de ces mères parfaites, que je croise à chaque fois que je l'emmène à l'école, m'en ferait la remarque. Et à supposer qu'elle tienne sa langue, elle chargerait ses yeux de tant de désapprobation que je ne saurais m'y tromper. Mais ce n'est pas mon problème, moi, si le garçon se couche à minuit ou plus tard encore : demain matin, c'est lui qui sera fatigué. Peut-être que cela lui mettra un peu de plomb dans la cervelle, et qu'il apprendra de ses erreurs. (Je suis un mauvais père, je le sais bien.)

A l'angle de la cinquième rue, il y a un bar qui ouvre en semaine. Le seul du coin, en fait ; depuis mon studio, cela me fait une petite trotte, mais mon corps surentraîné ne compte pas l'effort. En une demi-heure, sans courir, je parcours la distance qui priveraient d'autres que moi d'une bonne heure de leur existence. Bien sûr, si j'étais avec le gamin, les choses seraient différentes ; pour aller plus vite, je le porterais peut-être. Est-ce qu'il n'aura pas peur, tout seul dans le noir ? Il a déjà beaucoup du mal à accepter que j'éteigne toutes les lumières, vu que je n'ai pas les moyens, je préfère économiser sur mes factures d'électricité. Factures d'autant plus élevées que mon propriétaire profite du fait que je n'appartienne à aucune diaspora. Mais tout de même : va-t-il allumer la lumière ? Ce n'est pas trop son genre, à mon gamin, il m'écoute - je crois que c'est simplement une habitude. Les mères parfaites trouvent toujours étranges de le voir si calme, si obéissant, elles n'arrêtent pas de me dire que je dois le maltraiter et que son comportement est anormal. En même temps, je ne sais pas trop comment je suis censé faire autrement et... minute, pourquoi est-ce que je me justifie, déjà ? Et pourquoi est-ce que je pense à mon fils alors que ce soir, j'ai décidé de m'évader de mon quotidien et donc de faire comme s'il n'existait pas ? C'est bien pour cela que je franchis le seuil du bar. Comme souvent, en semaine, il n'y a que très peu de monde, juste des travailleurs, généralement d'une trentaine d'années, qui veulent s'accorder une pause, et boire. Il n'y a pas beaucoup de jeunes dans le quartier, je suis presque le seul. Mais je ne fais pas tache pour autant : je suis devenu adulte quand j'avais quinze ans, et je partage un certain nombre de leur préoccupation. Je viens rarement ici, mais je suis un peu connu. On me salue, et je retourne le bonsoir avec un calme qu'on ne m'associe pas. Moi-même, je m'en étonne.

Il y a déjà une femme qui est assise au comptoir. Elle détonne un peu dans le décor : avec ses longs cheveux bruns et son visage de poupée, elle aurait plus sa place dans les établissements plus branchés de Pallatine. Mais ses yeux, lorsque je croise son regard, ont une profondeur étrange ; ils semblent refléter une curieuse douleur, un manque qu'elle ne parvient pas à combler. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je m'installe à côté d'elle, sans lui demander si elle est d'accord - car soyons honnêtes, son accord je m'en tape. Une brune, s'il vous plaît. Comme d'habitude. Les yeux de la jeune femme me rappellent, l'espace d'un instant, le déchirement qui faisait luire les pupilles de mon gosse ; mais ce rapprochement n'est probablement qu'une illusion. Avec un soupir, j'ajoute : C'est encore plus calme ce soir, dis donc. J'accuse la fatigue ; il est bien rare de me voir sorti aussi tard. Je me demande pourquoi : je ne suis pas exténué non plus, après tout. Est-ce à cause de lui, encore une fois ? Je traîne vraiment un boulet derrière moi...
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Personnage : Anna, elle ne vit que pour elle. Elle ne partage rien, n'a rien à offrir, et ne fait aucune concession. Égoïste ? Peut-être, mais elle aime bien croire que c'est par compassion qu'elle agit comme ça. Car à trop vouloir son attention, vous finiriez forcément pas être déçu. A force des choses, elle a appris à apprécier la solitude. Elle ne laisse pas facilement les gens rentrer dans sa vie car elle ne veut pas des responsabilités que cela induit. Elle préfère se faire des amis d'un soir, qui n'ont ni nom, ni visage, des amitiés aussi fausses qu'éphémères. Mais elle sait qu'il suffit d'un peu d'alcool pour que l'illusion prenne forme, pour qu'elle s'enfonce un peu plus dans le mensonge. Pendant quelques heures, elle n'est plus "Anna", cette fille rongée par le passé et les doutes, elle n'est personne ... Car comme chacun, Anna a ses secrets, et elle ferait tout pour les faire taire.
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Citoyenne
posté le Lun 15 Mai 2017 - 1:44 (2)
Ce soir est différent des autres. Lorsque je me balade dans les quartiers de Sharsfort , il a quelque chose d'étrange, d'inhabituel. C'est comme la sensation que j'ai lorsque je sors dehors après un gros orage, quand l'air est encore humide et que règne ce silence assourdissant que laissent les intempéries derrière leur passage. Souvent, nous ne sommes qu'une petite poignée à errer dans les rues de Kolt, car il faut admettre que le quartier n'est plus aussi attrayant sans les habitués des bars et les effluves d'alcool flottant dans l'air. La pluie décourageait les plus vaillants à sortir le soir et transformait les lieux en une sorte de petite ville côtière qu'on déserterait l'hiver…
Aujourd'hui pourtant, le ciel est clair et pas l'ombre d'un nuage se profile à l'horizon… Mais la seule chose que je parviens à entendre, c'est l'écho de mes propres pas se réverbérant sur les murs. À cette heure-ci habituellement, je croise beaucoup de jeunes de mon âge qui arpentent les rues de la ville, chahutant joyeusement comme si le monde leur appartenait, avec ce petit air de défi dans leur regard qui les rendait invincibles. Plusieurs fois, j'ai passé des soirées en leur compagnie, car il n'a jamais été aussi facile de se trouver des amis quand on a cette envie commune d'ensevelir ses faiblesses sous de l'alcool. Alors on retombe à l'âge d'insouciance, quand tout est encore permis et que rien ne semble pouvoir nous arrêter. On chante à en perdre le souffle, on joue les funambules sur les murets, on rit aux éclats comme de grands enfants et on pleure pour le plaisir de se sentir vivant…

Malheureusement, ce soir, je n'ai trouvé personne avec qui m'échapper de ce monde un peu trop sérieux. Et je sens que les quelques verres que l'on m'a offert, n'a pas suffit à me rendre euphorique. Cela a plutôt ouvert une brèche à des pensées plus sombres, et je me sens un peu fléchir face à ce sentiment de solitude qui m'envahit ... Il y a quelques jours, j'ai eu vingt-trois ans, et la seule chose dont je me rappelle, c'est de cette boule au ventre qui ne m'a pas quitté de la journée. Peut-être ai-je simplement expérimenté, comme plein d'autres avant moi, cette peur irrationnelle de la vieillesse et du temps qui passe. Ou peut-être est-ce mon corps qui me fait payer ce rythme de vie que je mène depuis trop longtemps… Alors je repense à ces trois dernières années et j'essaye de comprendre ce que j'ai bien pu rater pour en arriver là, et perdre le contrôle de ma vie… Puis pendant une fraction de seconde, je revois mon père, et comme à chaque fois, l'angoisse me saisit. Je ferme les yeux, tente d'oublier, mais plus je m'efforce à le faire disparaître, plus le souvenir de lui se fait net dans mon esprit. Je me repose les mêmes questions, je retourne le problème dans tous les sens, je repasse en boucle les images dans ma tête, mais l'incompréhension cèle mes lèvres et me noue la gorge. Je n'ai pas les réponses et personne dans cette foutue ville n'est capable de me les donner…
Et ça me rend malade ...

Je m'arrête au milieu de la route. Il était temps de mettre fin à ça. Je commençais à avoir l'alcool mauvais et il n'y a rien de plus triste et lamentable que les états d'âme d'une ivrogne. Je décide de mettre un terme à cette soirée et de reprendre le chemin vers mon appartement. Je pense que je rendrais service à tout le monde si ce soir, je décide de rester raisonnable… Mais sans m'en rendre compte, je m'étais déjà beaucoup éloignée de Sharsfort et je me trouvais maintenant à ce qui me semble être l'entrée de Serrbelt. L'endroit n'était pas réputé pour être des plus accueillants et généralement, on conseillait aux nouveaux arrivants de ne pas s'y aventurer la nuit. Une raison suffisante pour que je choisisse finalement de rentrer dans le premier bar venu, malgré les bonnes résolutions que je venais de prendre quelques minutes plus tôt. Car tout le monde sait que mon manque de volonté est légendaire et mon amour pour la boisson démesuré. Assise au comptoir, je commande sans trop réfléchir un cocktail au nom étrange, puis je sors de ma poche quelques pièces de monnaie que j'arrange en petit tas. Peu après que le barman ait posé le verre en face de moi, j'entends derrière mon dos les portes du bar s'ouvrir et un vent frais s'engouffre dans la salle, faisant retourner plusieurs têtes vers celui qui venait d'entrer. S'en suit des salutations un peu basses, et le sourire habituel du barman qui accueille un client déjà aperçu dans son établissement.

Lorsque je sens sa présence à côté de moi, cela m'irrite passablement. Je ne me souviens pas avoir exprimé l'envie d'être accompagné ce soir. Mais je n'ai pas la force de rentrer dans un conflit maintenant. Je préfère l'ignorer, avec le maigre espoir que cela l'encourage à changer de place. Je porte mon verre à mes lèvres, mais le goût prononcé du rhum me surprend un peu et je sens mes yeux s'humidifier légèrement. Je ne suis définitivement pas habitué à ce genre de mélange et à la concentration d'alcool qu'il contient. L'homme assit à ma gauche commande une bière et je suis étonnée de la clarté de sa voix. Car de ce que j'ai pu constater, le bar est plutôt fréquenté par des personnes dans la trentaine, quarantaine. Je me tourne vers lui, curieuse de savoir à quoi il ressemble, et malgré le fait qu'il me domine de sa taille, je peux voir que les rides qui marquent son visage ne sont pas celles d'un homme mûr, mais plutôt celles de quelqu'un usé par sa journée. Nos regards se croisent quelques secondes… Avant que je détourne les yeux et reprenne une gorgée de ma boisson. Si je me sens un peu intimidée, je ne le montre pas, car je ne veux pas lui donner une raison de rester ici plus longtemps. Ce soir, je n'ai pas ni l'envie, ni le courage d'être cette fille drôle et avenante que tout le monde apprécie.

« C'est encore plus calme ce soir, dis donc »

J'hésite à répondre, mais je sais au fond de moi que le silence n'est pas une solution. Je lui dis sur un ton un peu détaché :

« À vrai dire, j'suis pas du coin… C'est la première fois que je viens dans ce bar ... »

Je pose mon coude sur le comptoir, et repose nonchalamment ma tête sur le dos de ma main pendant que je mélange mon cocktail. Puis je reprends

« Mais je n'ai pas l'impression que vous ayez vraiment votre place ici non plus ... »

J'esquisse un sourire. La phrase se voulait intentionnellement ambiguë, et je ne pouvais m'empêcher d'en être amusée. Pourtant, tout ça ne me ressemble pas. Je sais que la fatigue a tendance à me rendre amer, et aujourd'hui plus qu'un autre jour. Je penche légèrement ma tête pour mieux l'observer, et lorsque je vois les traits tirés de son visage, je ressens comme une petite pointe de culpabilité… Très rapidement balayée par l'absence de compassion dont je fais naturellement preuve.
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Citoyen
posté le Dim 21 Mai 2017 - 22:46 (3)
La pinte est rapidement posée devant moi, mais je n'y touche pas de suite ; sa mousse m'empêche de noyer mon regard dans le liqueur ambré, m'empêche de contempler le reflet troublé de mon visage. Je suis cependant persuadé qu'un pli d'inquiétude me barre le front ; que mon regard se fait soucieux, je peux en imaginer les nuages qui le voilent. Et je déteste cela, je me sens prévisible - car je pouvais prévoir cette difficulté, c'est précisément pour la contrer que je suis venu ce soir, en laissant mon fils à la maison. Dans cet élan d'égoïsme que je conçois comme un acte de rébellion, je tente d'oublier son existence, l'espace d'une heure ou deux ; je veux profiter de cette jeunesse qui m'a été arrachée, et laisser mes rires emplir l'atmosphère en lieu et place des éclats de colère que je laisse exploser à la moindre occasion. Oh, mais je suis éreinté ; le bas du dos me brûle et mes paupières s'alourdissent. Comment fais-je donc pour trouver l'énergie de me plaindre ? Parfois, je me le demande.

Je trempe mes lèvres dans le breuvage.

La jeune femme à côté de moi, avec ses yeux mélancoliques et ses longs cheveux qui frôlent le comptoir finit par me répondre - c'est en fait sa première fois ici, et elle me trouve tout aussi étranger qu'elle. Je lui lance un regard furieux en reposant brutalement mon verre ; quelques gouttes éclaboussent la surface d'ébène qui nous séparent. « Ah ouais ? Qu'est-ce qui vous fait croire ça ? » : demandé-je d'un ton volontairement agressif, penchant mon grand corps dans sa direction dans un mouvement menaçant. Je ne fais pas exprès, je ne cherche pas à l'impressionner ; cela vient tout seul. Je ressens le besoin de lui faire du mal, de lui faire comprendre qu'elle se permet une remarque que je ne tolérerai pas. Mais peut-être est-ce une ombre qui modifie la perception que j'ai de son visage, peut-être est-ce la pensée obsédante d'un enfant seul qui se retourne dans son lit, qui me poussent à ajouter : « J'essaye d'oublier, comme tout le monde non ? » Et je me rassois tranquillement sur ma chaise, me saisissant à nouveau de mon verre. Je me demande si elle va s'étonner de la transition brutale entre ce début de fureur et le calme apparent qui semble me reprendre ; mais mes doigts tremblant effleurant le verre trahissent l'état de mon cœur.
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