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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Collapsing - ft. Lorelei

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Personnage : Il ne sait pas se battre, il ne fait peur à personne. Tout ce qu'il a c'est une addiction aux calmants et des compétences de chirurgien. Il trouve son utilité dans les rangs d'Iwasaki en participant au trafic d'organes. Il garde secrète son allégeance. Plus facilement détestable qu'approchable, son sens pragmatique le rend tout de même utile, la plupart du temps.
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Clan Iwasaki
posté le Lun 8 Mai 2017 - 23:21 (1)
COLLAPSING

Ça a commencé au milieu de la nuit. Tourmenté par une angoisse quelconque, Junji n'arrive pas à ferme l'œil. Les battements de son cœur résonnent dans tout son corps, trop forts, trop vite. Jamais il ne parviendra à dormir dans pareilles conditions, même s'il a sommeil. Il sait qu'au bout de quelques minutes, il se réveillera, à nouveau, avec la frustration de ne pas pouvoir dormir paisiblement - pour une fois dans sa vie, est-ce trop demandé ? Une seule solution s'impose : se lever, prendre ses bêtabloquants et essayer de se rendormir par la suite.

Vacillant, il se tient sur ses deux jambes de peine et de misère. Rien d'étonnant, vu son état. Il s'appuie sur les murs pour marcher jusqu'à la cuisine. Il ouvre les lumières, sachant son colocataire à l'extérieur pour il-ne-sait-trop combien de temps. Aucun risque de déranger qui que ce soit - peut-être essaiera-t-il d'écouter un film dans le salon jusqu'à ce que le sommeil s'empare de lui.

Se hissant sur la pointe des pieds, il ouvre l'armoire qui lui sert de pharmacie. Il tend une main et attrape la plus près qui n'est nulle autre que celle contenant ses bêtabloquants, la secoue... vide. Un grognement s'échappe de ses lèvres. An non, ce n'est vraiment pas le moment le d'en manquer ! Il a toujours une bouteille de rechange, mais elle doit être restée à la clinique. Il n'ira quand même pas là-bas au milieu de la nuit ! Pas dans son état  en tout cas...

Que faire ? Il ne peut pas attendre au lendemain et sans dormir...

Ses yeux se posent alors sur une autre bouteille, tout au fond. Il la prend, la regarde, hésitant. Elle contient des cachets qu'on lui offert il y a quelques semaines, en tant que test. Une autre sorte de bêtabloquants. Il a déjà pris un comprimé, une fois, mais les maux de cœur qu'il a eu l'ont convaincu de garder sa « prescription » habituelle possédant aussi ses défauts, mais avec des effets secondaires plus « supportables » à son sens.

Si ce n'est que pour dormir, ça ne peut pas être si embarrassant, songe-t-il.

Il ouvre la bouteille, prend deux comprimés, les avale avec un verre d'eau tiède. Puis, se sentant à nouveau épuisé, il décide de retourner immédiatement au lit.

------------

Trois heures plus tard, Junji se réveille en sueur. Encore un cauchemar, aucune raison de s'affoler. Déterminé à se rendormir, il entreprend de se retourner, mais s'arrête au milieu de son mouvement, se sentant comme étourdi. Ça c'est un peu plus inquiétant, d'autant plus qu'il lui semble maintenant avoir la nausée. C'est pas vrai, il n'est quand même pas malade... ?

Il essaie de se lever, mais son corps ne veut plus collaborer. Tous ses membres sont tellement faibles, tremblants - il a à peine la force de se lever sur ses coudes. Ce simple effort l'a mis à bout de souffle. Sa tête tourne, elle est lourde, et il sent son coeur battre entre ses tempes - lentement, beaucoup trop lentement.

Ça ne va pas du tout.

Et ça n'ira pas mieux d'ici tôt.

Il ne peut pas rester comme ça, avec un chute de tension qui peut lui arriver à tout moment ou son cœur qui réagit si différemment à la médication, pas seul.

Par chance, son téléphone est tout près, sur sa table de nuit. Il parvient à l'attraper, de justesse, et contacte la première personne qui lui vient à l'esprit.

« Lorelei, il faut que tu viennes. Ça ne va pas du tout. »
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Technicien
posté le Lun 15 Mai 2017 - 10:16 (2)
walk it off

ft. Junji
Il y a à peine un an, elle n'aurait pas été endormie à cette heure. Enfin, probablement pas. Sauf si elle avait une livraison ou qu'elle recevait un client tôt le lendemain, le genre de personne qui n'est disponible que le matin et qu'elle ne refusera pas non plus de servir pour ça. Mais, bref, il y a à peine un an, elle aurait probablement été en train de faire une connerie ou une autre, avec une quantité non négligeable de cocaïne dans le système. Elle ressentirait presque la brûlure dans ses narines, l'irritation du moment où elle aurait décidé de prendre une pause, pour ne pas trop se détruire le nez sur le long terme (bien que c'était probablement déjà foutu - il y a longtemps que son odorat n'est plus ce qu'il était).

Le Junji d'avant l'aurait appelé à cette heure pour une urgence, bien sûr, mais il se serait attendu à ce qu'elle soit toujours réveillée. Les réflexes s'enclenchent quand même quand la sonnerie de son téléphone éjecte Lorelei du sommeil, confuse mais paniquée, alors qu'elle se jette sur l'objet pour répondre à une vitesse fulgurante, prenant à peine le temps de vérifier l'identité de celui qui appelle. « Shit. 'Sup?! » Elle ne s'attend pas exactement à ce que quiconque l'appelant au milieu de la nuit aie de bonnes nouvelles. Ses suspicions sont confirmés quand Junji lui parle, d'une voix faible, et elle bondit hors du lit avant même qu'il aie terminé de sa phrase. « Bouge pas, j'arrive. »

Elle enfile les premiers trucs qui lui tombent sous la main et est sortie de l'appartement avant même de pouvoir dire fuckin' shit fuck fuck shit whore fuck SHIT, bien qu'elle l'aie certainement pensé. Elle brise presque la clé dans la serrure tellement ses mouvements sont brusques, mais l'intimide pour tenir d'un bon juron avant de dévaler les escaliers jusqu'au hall d'entrée de son bâtiment et jusqu'à pousser la porte comme un éclair. Et elle court, Lorelei, jusqu'à arriver, et c'est une chance que Junji n'habite pas très loin parce que sinon ce serait elle qui se serait écroulée en passant le pas de sa porte.

Elle ne s'arrête pas devant elle même si tous ses muscles se figent d'un coup quand elle songe à cette possibilité là. La voix faible. Il n'y a pas d'autre signe, vraiment, mais qui d'autre appellerait-il pour ça? Et si elle ouvre cette porte et elle le trouve, étendu sur le sofa en train de crever d'une overdose? Elle fera quoi, cette fois? Et si elle ne peut rien faire? Et si... IT DON'T FUCKIN' MATTER. Elle active la poignée et se cogne contre la porte avec son momentum alors qu'elle n'ouvre pas. « Junji! C'moi! » Elle frappe la porte avec violence, farouche (inquiète (paniquée)). « S'tu viens pas ouvrir, j'défonce! » Ce n'est pas une menace: c'est une explication.
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Clan Iwasaki
posté le Sam 20 Mai 2017 - 6:15 (3)
Le combiné glisse entre les doigts de Junji. « Merde... » Il regarde sa main, dégoûté, essayant de l'ouvrir et la refermer à répétition. Exercice plus difficile qu'il ne devrait l'être. Aucune force. Un engourdissement débutant du bout de ses doigts et qui s'étend jusqu'à sa paume. Lui qui voulait tant empêcher ses tremblements, le voilà servi ! Aucun mouvement. C'est comme si sa main est en train de se pétrifier (il ne risque pas la nécrose, il le sait, mais pendant une seconde, l'image traverse son esprit - le mauve s'étendant tout le long de son bras, l'amputation nécessaire - un cauchemar qui lui donne la nausée ). Quelle drôle de sensation... Il a l'impression d'être si lourd que la plus petit mouvement lui demande un effort surhumain, mais en même temps il lui semble qu'un seul coup de vent le renversement. Vient l'évidence : il a perdu le contrôle sur son corps, ce qu'il n'aurait jamais du se permettre. « Imbécile. »

Il ne peut pas rester ici, pas comme ça... Lorelei va arriver et la porte est verrouillée, évidemment. Vivre « clandestinement » chez un trafiquant d'armes comporte beaucoup de risques. Personne, absolument personne, ne doit se retrouver ici sans qu'un d'eux soit au courant. Alors commettre l'imprudence de laisser la porte déverrouillée : jamais. Bref, Junji va devoir lui ouvrir - il ne tient pas vraiment à ce qu'elle défonce la porte ou brise une fenêtre (et il la sait capable de le faire). Et dans l'idéal, il préfère que les voisins ne soient pas alertés.

Alors il reprend à zéro. Respire, lentement. Les jambes d'abord, les diriger vers le bord du lit. Ça ne va pas si mal. Se redresser, c'est un autre défi. Reprenant appui sur ses coudes, il se soulève, ignorant sa tête qui tourne. Le voilà maintenant assis, sa main posée sur sa table de chevet, ses pieds frôlant le sol. Se lever, maintenant. Au même moment, un frisson parcourt son échine. Il tire son drap vers lui et le jette lamentable sur ses épaules. Ça ne change pas grand chose, il y a toujours ce froid à l'intérieur de lui. Mais bon. Reprise. Se lever...

Son pied droit se pose sur le sol, puis le gauche. S'aidant de son bras appuyé sur le meuble, il parvient à prendre une position à peu près verticale. Quand il sent sa tête se renverser, il s'immobilise, se concentre sur sa respiration, le temps que cela passe. Pas de chute de pression ; c'est  presque miraculeux, il peut se féliciter là-dessus. Mais il vaut mieux ne prendre aucune chance. Il se déplace comme un vieillard, un pied rejoignant l'autre à chaque pas. Ce n'est plus seulement sa main, mais aussi son épaule qui le soutiennent contre le mur.

À la vitesse d'une tortue, il parvient au salon. Au même moment, il entend frapper à la porte. Lorelei ! Il est soulagé, mais un peu inquiet ; est-elle venue si rapidement ou est-ce lui qui a brièvement perdu connaissance après lui avoir parlé au téléphone ? Sa mémoire lui fait défaut (honnêtement, comment-il peut-il espérer utiliser son cerveau dans un état pareil ?). Mais qu'importe. L'important, c'est qu'elle soit là.

Et qu'elle s'apprête à défoncer la porte.

« Non attends... »

C'est un râle qui s'arrache de sa gorge. L'a-t-elle entendu ? Il en doute. Il essaie de presser le pas de peine et de misère. Plus aucun meuble n'est à sa portée. Sa démarche manque d'équilibre, il risque de tomber à tout moment. Il parvient tout de même à la porte - enfin, disons plutôt qu'il s'écrase contre la porte, ses jambes ne le supportant plus. Ça, au moins, elle a du l'entendre.

Il défait le loquet - une première chose de faite. Ouvrir la porte se révèle plus complexe que prévu, vu sa position. Il n'a pas le choix, il entame un dernier déplacement pénible pour se diriger vers l'ouverture. Son épaule maintenant appuyée contre le cadre, il tourne enfin la poignée.

Il a sale allure, évidemment. Avec son visage pâle comme la mort et ses yeux cernés comme jamais, on dirait plus un revenant qu'un homme. Quelques gouttes de sueur apparaissent sur le haut de son front, ses cheveux collent à son visage. Il est complètement crevé - et pourtant, il trouve la force de sourire.

« Tu es venue... »

La phrase reste en suspend alors que ses jambes se font plus flageolantes, le menaçant d'une nouvelle chute. Il se retient de justesse et jure dans sa barbe.

« Ça t'embêterait... de m'aider ? Le divan... »

Il indique d'un mouvement du menton le salon, mouvement qu'il regrette immédiatement avec le nouveau haut-le-cœur qui le prend.
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Technicien
posté le Ven 26 Mai 2017 - 6:02 (4)
walk it off

ft. Junji
La main sur la poignée, les yeux écarquillés, elle fixe ses doigts alors qu'elle essaie d'entendre quelque chose, quoi que ce soit, venant de l'appartement que Junji; mais son ouïe est envahie du tambour dans ses tympans et de sa respiration, rauque, forte. Peace se resserre autour de la poignée, sans trembler, et elle attend. L'angoisse qui remonte comme un démon le long de son estomac, s'accroche à ses côtes - le compte à rebours commence. Après, elle défonce. Three... two... one... et puis le son de quelque chose (quelqu'un) qui s'écrase contre la porte et elle s'arrête à mi-mouvement, entend le loquet que l'on décroche et manque de se jeter sur Junji alors que la porte révèle sa silhouette.

Et il lui sourit, faiblement, mais il sourit, et elle manque de s'écrouler sous le soulagement. Il est là, debout, devant elle, il n'est pas mort, ni en train de mourir, il va bien, enfin, pas bien, mais assez pour se tenir et pourtant elle se rue sur lui pour l’attraper, le supporter quand il chancelle. Elle l'attrape, passe son bras dans son dos, le force, presque, à mettre son poids sur elle, et elle ne le lâche pas. « 'course qu'j'suis v'nue. » Son ton d'une douceur inhabituelle, comme si elle essayait de le rassurer. De se rassurer elle-même. Elle ajuste sa prise, doucement, et referme la porte derrière elle du pied. « Ya. J'te tiens. » Et elle l'accompagne (le porte) jusqu'au sofa, où elle le dépose lentement, attentive à toutes ses réactions, à tous ses mouvements.

Une fois Junji posé dans sa position idéale, elle ne bouge pas d'un pouce, tentant de faire taire son cœur qui bat toujours la chamade. « Qu'est-ce qui s'passe? Qu'est-ce qu's'est passé? Tu vas bien? 'Fin, non, clair'ment pas mais, tu t'en sortiras? T'veux qu'j'appelle, j'sais pas, un médecin? T'veux une couverture? T'arrives à respirer? T'veux quoi? T'veux pas r'tourner au lit? » Elle le bombarde de questions parce qu'elle ne sait pas quoi faire. Une overdose d'héroïne, ça va encore, elle a apprit quoi faire (pas assez vite, évidemment), mais une overdose, ou juste une surdose, de bêtabloquants? Bordel, elle sait à peine ce que ça fait, elle s'est mise à en vendre strictement pour lui (et parce qu'elle envisageait que la demande serait assez grande pour faire du profit, quand même, elle n'était pas Mère Theresa, business is business, comme dirait l'autre). Dans la liste des street drugs, les bêtabloquants ne sont pas exactement les plus connus, ni les plus populaires.

Alors elle a peur. Bordel de merde, elle a peur. De ne pas être à la hauteur. De ne pas savoir quoi faire. De ne pouvoir, une deuxième fois, que le voir mourir. Et ses mains continuent de trembler.
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Clan Iwasaki
posté le Lun 29 Mai 2017 - 22:39 (5)
Jamais Junji ne s'est senti aussi heureux de voir Lorelei. Certes, elle fait partie des gens qu'il apprécie, sincèrement, mais les circonstances particulières qui entourent son arrivée le rendent plus... redevable, disons. Non, ce qu'il ressent, ce n'est pas tout à fait de la joie, il ne s'en rendra compte que plus tard. Il est plutôt rassuré. Qu'elle soit là, maintenant, à ses côtés, est comme un baume sur son malheur. Il lui semble alors que la situation n'est pas si catastrophique. Sa vie est encore en jeu, mais, hey, si vraiment il doit faire un arrêt cardiaque, au moins il ne serra pas laissé à lui-même... Et aussi, c'est beaucoup plus facile de marcher appuyé sur elle. Sans son aide, probablement se serait-il laissé échouer au sol, sans même atteindre le salon, et passer le reste de la nuit étendu là. À éviter. Il ne veut pas non faire paniquer son colocataire, une fois qu'il rentrera, ou bloquer la porte de son corps... Enfin.

Lorsqu'il se laisser enfin choir sur le sofa, il adresse à sa sauveuse un regard qui traduit toute sa reconnaissance, n'ayant pas le temps d'utiliser sa voix pour la remercier tel qu'il se doit. Elle se met à le bombarder littéralement de questions. Il ferme ses paupières, brièvement, n'arrivant pas  à assez se concentrer pour saisir tous les mots qui lui sont adressés. Son cerveau est dans le flou. Il aurait envie de dormir, mais vaut mieux pas ; pas maintenant en tout cas, pas sans que son état se soit significativement amélioré, pas sans avoir donné quelques indications à Lorelei, pas tant qu'elle craindra autant pour sa vie (à elle aussi il veut éviter la crise cardiaque). Mais un morceau de phrase parvient à ses oreilles, le fait réagir, comme s'il a reçu une décharge électrique. Ses pupilles noires se mettent à chercher son visage, sa main fait un mouvement, comme pour arrêter son amie.

« Non... Pas un médecin. Personne ne doit me voir comme ça. »

Oh, Junji. Même au bout du rouleau, il ne peut pas oublier sa réputation, l'image qu'il doit maintenir. Encore aujourd'hui, il a du mal à parler de sa dépendance, est sur la défensive si l'on interroge trop à ce sujet. Alors le voir dans cet état, causé par ses bêtabloquants, ce serait l'humiliation certaine, la perte de respect, peut-être pas au sein de l'ordre des médecins, mais dans le clan Iwasaki, sûrement, et c'était amplement suffisant. Alors non, personne ne doit le voir ainsi, à moins que...

« À moins que je fasse un arrêt cardiaque, tu n'appelles personne. C'est compris ? »

Malgré la faiblesse dans sa voix, il y a quelque chose de mordant dans son ton, qui ne laisse pas place à la discussion. Et il soupire, longuement, sa cale un peu plus dans les coussins du fauteuil.

« Écoute moi. J'ai pris un... en fait deux bêtabloquants différents de ma... prescription habituelle. Et je réagis mal. Ça peut arriver. J'ai seulement besoin que tu m'aies à l'oeil, au cas où... »

Le reste de sa phrase reste en suspend. Il ne croit pas avoir besoin de compléter. C'est assez clair comme ça. Mais il ne veut pas y penser (même si c'est toujours dans un coin de son esprit) et il ne veut pas l'inquiéter plus que nécessaire (même si ça doit sûrement la hanter, elle aussi) et il sourit. Et essaie de convaincre elle et lui : « Ça va passer, j'en suis sûr. Il faut seulement... être prudent. »
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posté le Dim 4 Juin 2017 - 5:08 (6)
walk it off

ft. Junji
Ses yeux noirs trouvent les siens, paniqué, et le cœur de Lorelei descends dans ses talons tout en remontant dans sa gorge; une sensation si intense, si contradictoire, qu'elle a l'impression qu'elle va se vomir le corps. Elle ravale son cœur autour de la boule d'angoisse dans son œsophage, laisse les tremblement agiter ses mains et ses côtes se resserrer autour de ses poumons. Le cœur battant, les tympans comme des tambours, encore et toujours, elle se tait dès qu'il esquisse un mouvement, un mot. « Okay. T'inquiètes. » Elle n’appellera pas un médecin si Junji ne veut pas qu'elle le fasse. Et pourtant, alors qu'il termine sa phrase, elle lui lance un regard - pas déçu, plutôt exaspéré, inquiet. God dammit. « Junji... » Elle comprend qu'on ne veuille pas être vu dans un moment de faiblesse. Mais il y a de ces instants où il faut oublier ça, et accepter l'aide qu'on pourrait nous offrir.

Lorelei prend volontiers la responsabilité de le surveiller sur ses épaules. Elle supporte sur sa conscience la tension que cette situation lui impose, le fait qu'elle est la seule avec le pouvoir de sauver Junji si les choses en viennent à ça. Sans un mot, sans une arrière pensée, elle revit dans ces instants son plus grand cauchemar, juste à la limite de ses sens, à la limite de la réalité. Elle ne le déteste pas pour ça; ne ressent absolument aucun ressentiment pour lui, accepte silencieusement cette responsabilité. Et pourtant, il serait tellement plus facile d'avoir quelqu'un de compétent pour l'aider, la guider - quelqu'un qui n'est pas la victime lui-même.

À moins que je fasse un arrêt cardiaque. Il le dit totalement calmement, pose la possibilité là, tranquillement. Mais le sang de Lorelei se glace dans ses veines, et elle sent un long frisson lui habiter la colonne, son cœur remonter le long de sa gorge, une nausée secouer son estomac. La peur, l'angoisse l'enveloppent, et elle ne peut que les refuser d'un farouche coup d'épaule, s'ancrant férocement dans la réalité, dans l'instant présent. « Okay. T'veux qu'j'appelle qui? Ton boyfriend, là? » I-quelque chose. Elle ne saura probablement pas prononcer son prénom comme il faut de toute manière, mais c'est le seul autre médecin que tous les deux connaissent qu'elle connaît.

Il lui intime de l'écouter, et elle s'arrête presque de respirer. Comme pour se concentrer, empêcher la panique de la gagner. Il laisse la fin de sa phrase en suspens, et Lorelei tente de nouveau d'avaler la boule d'angoisse dans sa gorge. Elle se contente de hocher la tête lorsqu'il lui intime que tout va bien aller. Lentement, elle s'accroupit à ses côtés, s'assoit à côté du sofa, à sa hauteur. « J'suis là. Tu m'dis si y's'passe quoi qu'ce soit, si t'as b'soin d'quoi qu'ce soit, okay? Tu... T'veux qu'j'continue à t'causer, pas qu'tu t'endormes? » Il faut le garder éveillé. Ça, c'est nécessaire.
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Clan Iwasaki
posté le Mer 7 Juin 2017 - 6:23 (7)
Évidemment qu'il n'est pas raisonnable, Junji. C'est bien parce qu'il n'a jamais su faire de compromis avec lui-même qu'il en est là. Tout, du début à la fin, n'aura été qu'une question d'orgueil, de paraître à son meilleur à défaut de l'être réellement - car c'est dans le regard de l'autre que son succès est déterminé. Éternel insatisfait, rien n'a pu l'arrêter, rien n'a pu l'empêcher de s'épuiser pour de meilleurs résultats, encore et toujours. Qui sait ce qu'il lui aurait fallu pour l'arrêter, le remettre sur le droit chemin ? Peut-être une main sur une épaule, quelques mots, et sa vie aurait pris une toute autre direction... Mais l'heure n'est plus aux regrets. Même si son passé aurait pu être différent, ça ne change rien à sa situation présente, à l'enfer qui vient tout juste de s'ouvrir sous ses pieds. Tout ce qu'il peut faire, c'est s'accrocher, survivre, se démerder pour ne pas plus sombrer dans l'abyme qu'il a lui-même créé. Chacun de ses battements de cœur (trop lents) lui rappelle qu'il n'est pas encore temps de lâcher prise (c'est fou ce soudain désir pour la vie alors qu'elle est en péril - un instinct primitif qui l'a sûrement empêché de craquer plus souvent qu'il ne le croit).

Et Lorelei lui sert d'appui. Presque égoïstement. Combien de temps encore va-t-il devoir mettre sa vie entre les mains des autres ? À quelque part, il se dégoûte d'être aussi dépendant, de ne pas parvenir à avoir une vie bien rangée sans que quiconque ait à y entrer pour l'aider (le sauver, encore et toujours). Il n'y a rien de mal en soi à saisir les mains qui lui sont tendues, certes, mais à force de les utiliser pour grimper jusqu'au sommet, il a l'impression que ses propres moyens se sont atrophiés, qu'il a maintenant besoin de béquilles pour simplement se tenir debout dans son univers. Pour preuve, un simple « incident » comme celui-là, un maigre coup de vent, et il se voit obligé de l'appeler, elle qui ne devrait rien avoir à faire avec ses problèmes (s'il savait l'importance qu'elle a eu dans la vie qu'il n'a jamais vécue) pour le soutenir. Et si ça se trouve, elle ne sera pas la seule à être mêlée à ses erreurs. Il lui suffit de le mentionner pour que Junji se recroqueville (à moins que ce soit le froid), embêté et gêné.

« Issei ? Ce n'est pas... Enfin ce n'est pas important. Tu peux l'appeler, si vraiment ça ne va plus... »

Ne pas plus impliquer de gens que nécessaire, voilà seul son désir. Sa conscience a déjà du mal à accepter que Lorelei le voit ainsi - mais c'est une nécessité. Il est peut-être obsédé par la bonne image qu'il veut projeter de lui, mais pas au point d'y laisser sa vie. Et, accouplé à son embarras, il y a aussi le reconnaissance. Elle aurait pu ne pas venir, ne pas répondre, ne jamais se rendre compte que son téléphone sonnait. Et pourtant la voilà, ici et maintenant, à ses côtés, morte d'inquiétude (il s'en veut de lui faire peur ainsi) et prête à tout pour s'assurer qu'il ne clamse seul dans son appartement comme un déchet. Entre ses paupières irritées, il la regarde en se demandant ce qu'il a bien pu faire dans cette autre vie pour mériter tant d'attention de sa part. Il a envie de lui sourire, de la rassurer encore une fois, de lui dire qu'il ne lui arrivera rien, mais il n'en a plus le cœur ou la force. Plutôt, il enserre ses bras autour de ses jambes un peu trop grandes pour le divan et pose sa tête sur ses genoux. La position est un peu plus confortable - enfin, pour le moment ; nul doute que le mal de dos finira par arriver et le forcer à prendre une nouvelle pose.

« Enfin. Parlons, oui, mais plus de ça. » Impossible de savoir s'il parle de son état ou de sa relation avec Issei. Le connaissant, il pourrait s'agir de l'un comme de l'autre. Mais maintenant que cela est dit, voilà qu'il ne sait plus de quoi ils devraient parler. Pauvre Junji. Les conversations, ça n'a jamais été son point fort - surtout lorsqu'elles prennent un  tournant moins naturel et qu'elles ne servent qu'à camoufler ses véritables inquiétudes. Geste d'autodéfense pénible et contradictoire. Alors il reprend avec la première banalité qui lui traverse la tête : « Désolé, j'ai du te réveiller... »
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posté le Mer 14 Juin 2017 - 7:57 (8)
walk it off

ft. Junji
Issei, c'est ça. I would not have remembered that. Enfin, son prénom n'est pas extrêmement important, mais le fait que cette aide potentielle est là a le don de rassurer Lorelei. Même si elle n'a aucune idée de quelle genre de personne cet homme est, mais si Junji y est si attaché, ça ne peut pas être une mauvaise personne, non? Junji n'a pas tendance à se laisser trop marcher sur les pieds, et puis, elle lui fait confiance dans ses choix d'entourage. Et elle a tendance à faire confiance à ce Issei, aussi, si Junji est d'accord pour l'appeler si les choses tournent mal; si c'est le cas, c'est qu'il est compétent. Reste à espérer qu'il parle bien anglais, parce qu'avec un prénom comme ça, qui sait; et il faut dire que son japonais (?) n'est pas exactement à la hauteur. « Aight. Y'a son numéro dans ton téléphone, j'présume? En... en japonais, ou...? » En espérant que non, parce que bien sûr qu'elle ne saurait pas le lire. Et que si elle ne peut pas trouver son prénom dans la liste des contacts, elle aura beaucoup de difficulté à l'appeler, Issei.

It's fine. Doesn't matter. It'll be fine. Un léger silence s'étire, et alors qu'elle s'apprête à le briser, Junji le fait à sa place. « Aight, okay. » Elle ne sait pas trop s'il veut arrêter de parler de son boyfriend, ou de son état. Les deux, peut-être. Et puis, si c'est le cas, pourquoi? Y a-t-il quelque chose par rapport à cet homme qui le rends anxieux? Sinon, pourquoi ne pas parler de lui? Ça lui met la puce à l'oreille, mais tant que Junji ne confirme pas de quoi il veut qu'on ne parle plus, spécifiquement, il n'y a pas vraiment moyen d'en être certaine. Et ça ne sert à rien de se faire du mauvais sang pour ça, il y a déjà bien assez de choses desquelles s'inquiéter.

« Oui, mais c'pas grave. T'inquiètes. » Elle aurait pu mentir et dire qu'elle ne dormait pas, mais ce serait risquer qu'il ne l'appelle pas une potentielle prochaine fois par peur de la réveiller. Ainsi, elle établit clairement qu'il pourra la réveiller cinquante mille fois s'il en a besoin, et qu'elle accourra toujours à son secours. « J'préfère qu'tu m'réveilles qu'tu crèves dans ton sommeil, b'lieve it a' not. Quand j'ai dis qu'tu pouvais m'app'ler si t'avais ever un problème, j'mentais pas. Et ça inclue n'import'quand, aussi. » Qu'il l'appelle pendant un quart de travail, qu'il l'appelle pendant qu'elle est avec Smallrelei, elle laissera tout en plain pour venir l'aider. Même si elle sait que ce ne serait pas nécessairement le cas pour lui; il est franchement plus occupé, et son job est franchement plus délicat que le sien. Elle le sait, et elle ne s'en soucie pas. Même avant, elle savait qu'elle ne pouvait pas l'appeler s'il était en plein milieu d'une opération, même si elle avait une balle dans le corps; elle aurait attendu qu'il en sorte. Et elle l'aurait accueilli avec ce sourire stupide, confiante même avec du plomb dans les os, en lui faisant totalement confiance pour la sauver.

« Puis, d'toute, j't'ai beaucoup plus réveillé qu'tu m'as réveillé, ha. Le nombre d'fois où j'me suis pointée chez toi a'c la gueule en sang pr'qu'tu m'aides, j'saurais pas les compter; alors c'rien. Prends ça comme un rembours'ment de tout c'que t'as fais pr'moi. » Elle pince les lèvres, un instant, retrousse le nez. Fait la moue. « Même si, techniqu'ment, t'as rien fais d'tout ça. Mais j'sais qu'tu l'ferais, donc ça compte. » Elle ricane, un instant, lance les prochains mots à la blague; « Puis même s'tu l'f'rais pas, c'est toi qu'm'est redevable, maint'nant. » Elle connaît son tempérament, elle sait qu'il pourrait et va probablement le prendre sérieusement, même s'il sait qu'elle ne le croit pas; donc, elle se permet d'insister. « Mais, sérieusement, nan. T'm'dois rien. » Absolument rien.

« Puis, t'devrais être content, vu comment j'me suis calmée, en comparaison a'c avant. J't'ai même pas encore dérangé au beau milieu d'la nuit! »
ϟ NANA
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Personnage : Il ne sait pas se battre, il ne fait peur à personne. Tout ce qu'il a c'est une addiction aux calmants et des compétences de chirurgien. Il trouve son utilité dans les rangs d'Iwasaki en participant au trafic d'organes. Il garde secrète son allégeance. Plus facilement détestable qu'approchable, son sens pragmatique le rend tout de même utile, la plupart du temps.
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Clan Iwasaki
posté le Mer 21 Juin 2017 - 6:51 (9)
Que son état ne se détériore pas plus, voilà la seule chose que désire Junji en cet instant. Ne pas frôler la morte, ne pas avoir à l'appeler, lui. Oh, dans les faits, il aimerait bien le voir, Issei, ; mais pas en ces circonstances. S'il doit l'apercevoir ainsi, nul doute qu'il sera déçu ; et Junji n'aura que plus honte. À quelque part, il sent bien qu'il est aimé parce qu'il est utile, qu'il fait bien son travail. Sa situation actuelle, cependant, le classe plutôt au rang de déchet, une loque humain incapable de prendre soin d'elle-même, s'accrochant à la première main tendue vers lui. Qu'il se déteste. De par sa profession, c'est lui devrait aider les plus faibles - à quoi bon se dire chirurgien s'il est incapable de se tenir seul ? Il n'aurait aucune valeur. Et il craint que cette réalité éclate au visage de son compagnon et qu'il décide de rompre tout lien intime avec lui. Non, il ne supporterait pas cela. Et pourtant il n'a pas le choix ; car il lui reste encore assez de volonté pour vivre... ou assez d'égo pour ne pas se laisser mourir ainsi (quelle mort peu glorieuse, il faut dire...). Mais il ne faut pas se tromper : ça lui fait mal de lui donner son nom. Il s'exécute tout de même.

« C'est écrit en anglais, t'inquiète. I-S-S-E-I » épelle-t-il pour plus de précision. Ayant passé la majorité de sa vie en Amérique, il a un peu perdu le réflexe de sa langue maternelle, trouve plus simple de toute écrire dans une seule langue, celle qui lui a été la plus utile dans toute sa vie. Quoi que, maintenant dans le clan Iwasaki, on pourrait dire que ce n'est plus le cas - jamais il n'aura autant usé de son japonais depuis son départ du nid familial. Un étrange retour aux sources dans des circonstances plus que défavorables.

Doucement, il bouge un peu sa tête - son cou commence à lui faire mal à rester dans la même position. Chaque mouvement lui semble encore périlleux et, même s'il est assis, la sensation d'étourdissement s'accroche à ses tempes. Il ferme les yeux, brièvement, les rouvre immédiatement, comme de peur de s'endormir. Mais Lorelei est là, elle l'en empêchera. Cela le rassure, d'une part, mais de l'autre ça l'abat un peu plus, d'avoir à se fier sur elle. Pas qu'il ne lui fait pas confiance, au contraire, mais il l'a dérangée, au milieu de la nuit (comme il s'en est excusé), et même elle fait tout pour le rassurer, lui dire que ce n'est pas grave, une once de culpabilité pèse toujours sur son cœur, le fait houler - ah, non, ça, ce sont les effets secondaires des médicaments. Il reconnait ses efforts, les gratifie d'un maigre sourire. Ses yeux, fuyant, traduisent son inconfort.

« Je ne sais pas ce que j'ai fait pour mériter tout ça... Pas mes problèmes, mais ton amitié, j'veux dire. »

Il pince les lèvres. Ah non, les déclarations sensibles, ce n'est pas sa zone de confort, pas du tout. C'est sûrement la fatigue qui l'a fait parler trop vite, ou peut-être cette boule de culpabilité. Les relations humaines, elles dépassent son pragmatisme. Et s'il reconnait lorsqu'il est confortable ou non avec une personne, sait ce qu'il désire, l'exprimer, ça, demeure tout un défi. Son commentaire reste en suspend, mais il finit par le compléter : « Tu m'as connu et je devais avoir quoi, 60, 70 ans ? Ça m'étonne, un peu, d'avoir été quelqu'un de... mémorable pour toi. Au point de me reconnaître comme ça dans un café en plus... » Il se force à sourire. Essaie de donner un tournant un peu plus léger à la conversation. Plus facile à dire qu'à faire. Mais il a envie d'en parler - c'est beaucoup mieux que de prendre le risque de dormir. Cette vie future qu'il ne connaîtra jamais sera toujours une curiosité, comme un filet d'espoir qui l'empêcherait de tomber dans un abyme. Il resserre un peu ses bras autour de ses jambes. « Je répondais vraiment à tous tes appels ? »
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