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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

.From those who fight. [Lorelei]

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Personnage : Tu grognes - tout le temps -
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Mais ça ne veut rien dire.
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Jeune altermondialiste
posté le Jeu 11 Mai 2017 - 16:42 (1)
Ce ne sont que deux centimètres. Deux centimètres entre le crochet de tes phalanges et le clavier de plastique dur, entre la corne de tes ongles et la quinzaine de touches incrustées dans le boîtier – un modèle archaïque, de toute évidence –, soigneusement chiffrées jusqu'au bémol, et tu ne te résous pas à en frôler le moindre symbole. Tu connais son numéro par cœur, pourtant, là n'est pas la question, mais tu ne sais pas, hésites, tergiverses, bringuebales entre ton envie d'appeler et la gêne stupide, pudique, de la laisser tranquille après tout ce qu'elle a fait pour tes yeux jaunes. Tu préférerais presque qu'elle ne réponde pas, que la tonalité sonne dans le silence et l'absence, t'offrant la possibilité de balancer le combiné par-dessus ton épaule et de sortir skater l'esprit libre dans le froid de janvier. Tu devines néanmoins qu'au-delà de la lubie éphémère il existe une véritable exigence d'agir, le devoir éthique de prendre de ses nouvelles, de s'enquérir de son rétablissement ; en un mot comme en cent, de faire la démonstration de ton souci. Oui, ce minuscule souriceau coincé à l'ombre de ton occiput et qui, par maladresse, par confusion, grignote parfois ton intelligence afin d'en libérer une flopée d'affection.
Le portable ne t'appartient pas tout à fait ; à la notion de propriété tu substitues celle d'emprunt, puisque Shawn t'a indiqué au moment de te le confier qu'il était à son frère et que celui-ci, en choisissant de rompre avec la diaspora Altermondialiste le mois dernier, l'avait volontairement abandonné avec l'ensemble de ses affaires. Depuis, ton meilleur pote camoufle son marasme – quand tu n'oses imaginer l'état de sa mère –, mais tu n'essaies pas de l'arracher à ses idées noires ni même de lui imposer ton avis sur ce brusque départ. Du temps où il était là, tu appréciais peu Niels et ses airs d'intellectuel méprisant, son arrogance toute cultivée façon faites-ce-que-je-dis-et-pas-ce-que-je-fais, sa manière de te passer devant sans te calculer chaque fois que tu invitais Shawn à te rejoindre ; il n'ouvrait guère la bouche que pour rabrouer ses interlocuteurs et faire valoir ses idées d'indépendance. Ce qu'il est devenu. Alors quand ton acolyte t'a annoncé que tu pouvais garder le téléphone, qu'il ne lui était plus d'aucun usage et que c'était même préférable qu'il ne le voie plus, tu l'as fourré dans ta poche sans un mot. Il n'empêche, le poids du cellulaire au creux de ta paume vaut bien une poignée de larmes.
Allongé sur le canapé de l'appartement, tu composes finalement le numéro de Lorelei en observant tes pieds dressés en direction du plafond. La plainte régulière résonne contre ton oreille, une fois, deux fois, tu te racles la gorge, trois fois, ça décroche – tu oublies de respirer.
« Salut, c'est... C'est Cameron. »

Quarante-sept secondes et deux lacets noués plus tard, tu dévales les escaliers de l'immeuble à toute vitesse pour transpercer l'éclat rasant de cet après-midi d'hiver, ta planche sous le coude et le bonnet de Sidney enfoncé sur ton crâne d'où pointent quelques flammes trop longues. Tu n'as rien emporté que le portable au fond d'une poche arrière, au cas où il se produirait une catastrophe durant les trois minutes qui te séparent des frontières de Kingslaugh ; à l'exception de ce rectangle d'électronique, tu ne possèdes que tes vêtements. Car s'il est une compétence que tu souhaites apprendre de Lorelei, c'est avant tout celle qui consiste à ne dépendre d'aucune aide, d'aucun autre support que soi – les vertèbres pour unique pilier et la coque solide de ton chef pour clef de voûte. Les images défilent au fur et à mesure de ta progression, pareilles à la pellicule de ces films dont les affiches s'exhibent dans ce quartier rouge, ici l'absolutely stunning du dernier réalisateur en vogue, là le troisième chef-d'œuvre d'affilée d'un obscur dramaturge reconverti dans le cinéma, là-bas le profil enjôleur d'une actrice engagée dans son premier film d'auteur et dont le minois affligé te rappelle, pétale tombant, les prunelles violines d'un garçon disparu.
Puis tu freines à l'angle d'une rue, les joues rosées de froid et d'effort – peut-être trop rapide – avant de guetter parmi la populace emmitouflée qui s'amoncelle sur les trottoirs la silhouette sauvage de ta complice. En toi s'imbriquent divers sentiments teintés d'impatience et d'appréhension, une vitalité méconnue que ronge toutefois un trac étrange ; comme si ce qui t'attend aujourd'hui se révèle trop grand pour que tu en sois digne et contre lequel tu jures pourtant de lutter afin de prouver ta valeur. Ou plutôt, d'en gagner une – enfin.
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Technicien
posté le Sam 20 Mai 2017 - 5:35 (2)
fight

ft. Cameron
Lorelei a eu deux semaines pour réfléchir.
Au départ, elle a pensé à faire de la recherche, pour savoir comment quelqu'un pouvait possiblement apprendre à se battre sans que ce soit par expérience. Sans que ce soit en s'étant pris des poings dans la gueules, des côtes brisées, des doigts fêlés, des bleus et toutes sortes de lésions. Mais elle a bien vite réalisé que les gens sur le web disent n'importe quoi, qu'ils ne savent rien, et que l'expérience est le meilleur moyen d'apprendre. Ce qui lui a fait réaliser que ça ne doit pas nécessairement être sa propre expérience - qu'elle peut apprendre à Smallrelei à se battre, en lui acheminant ses acquis à elle. Alors elle a fait autre chose qu'elle ne fait pas très souvent, et elle a réfléchi. Quand un poing arrive vers elle, que fait-elle? Qu'est-ce qui fait d'elle une combattante efficace? Se battre n'est pas que savoir encaisser les coups; c'est aussi savoir comment attaquer. Une chose qu'elle a toujours cru faire d'instinct, et pourtant qu'elle a appris au cours des années. Qu'elle saura apprendre à Smallrelei.

C'est pour ça qu'elle a attendu son appel avec impatience; parce qu'elle est assez certaine qu'elle saura lui apprendre au moins quelques trucs. Toute l'appréhension, l'inquiétude qu'elle avait pu auparavant rassembler s'est totalement envolée, ne laissant place qu'à une certaine fébrilité. Après tout, quel meilleur moyen de protéger quelqu'un que de lui apprendre à se protéger lui-même?

Elle est en train de nettoyer son glock quand son téléphone se mets à sonner (all the blood that we spilled) - elle dépose ce qu'elle tenait pour attraper le cellulaire et vérifier le numéro de celui qui appelle (cannot fill my empty heart) - ne le reconnaît pas et ainsi le reconnaît (on the beach we're dressed-). « Y'ello. » Un sourire fend son visage quand son interlocuteur se présente, et deux, trois mots plus tard, ils raccrochent et elle termine rapidement le nettoyage du glock. Portefeuille, clés et téléphone en poche, arme à sa ceinture, elle quitte son appartement pour se diriger à pas larges et impatients vers leur lieu de rendez-vous.

Un frisson parcours sa colonne vertébrale. Prolly shoulda worn somethin' warmer. Brr. Elle rejette le froid d'un coup d'épaule. Si elle peut le faire avec la douleur (pas que ça l'empêche réellement d'exister) elle peut bien le faire avec le froid. Il faut y croire pour le voir. Ou, enfin, pour le ressentir. Elle recherche, donc, à travers la foule, une tête de feu qu'elle reconnaîtra. Et elle la trouve assez rapidement - n'empêche, de faire garde du corps lui a permis de développer ses capacités d'observation, son attention aux détails. Elle fend donc la foule jusqu'à aller le rejoindre, et poser sa main sur son épaule avec une tendresse beaucoup trop sauvage pour être qualifiée de tel. « Hey, 'sup? » Avec un grand sourire, s'il-vous-plaît merci. « Prêt à apprendre à péter des dents? » Même s'il sait déjà comment; son saut-périlleux-into-breaking-a-guy's-jaw en est la preuve, et elle s'en souvient parfaitement.
ϟ NANA


Spoiler:
désolée du retaaaard
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Jeune altermondialiste
posté le Lun 22 Mai 2017 - 11:48 (3)
Dans ton souvenir, elle est une mercenaire auréolée de noir, un spectre massif aux éclats ardents ; l'obscur amas de ses vêtements claque au vif lorsque ses poings s'abattent sur les mâchoires de ses adversaires, et c'est toute une mécanique de l'instinct qu'elle déploie sous ta mémoire ébahie, une vision exacerbée par l'effet qu'elle a eu sur toi et qui la transforme en une espèce de lycaon solitaire, un loup peint de guerre qui te fixe d'un œil sauvage quoique – presque – affectueux. Puis l'instant d'après, elle s'en retourne fracasser coudes et genoux, et ne persiste dans son sillage que l'écho de ces craquements d'os meurtris, un hymne à sa brusquerie. À côté, tu observes tes paumes immaculées de beige et tu soupires, comme si en posséder des exemplaires griffés, robustes, parsemés de serpes et de nœuds coulants imposerait davantage le respect de tes pairs – ainsi que le tien propre. Comment c'est, songes-tu, d'avoir confiance en soi ? Ça ressemble à quoi, ce sentiment dont les adultes se rabâchent les oreilles à longueur de discussions et qui, semble-t-il, gouverne les rapports humains, façonne des carrières et entretient l'indéniable charme des élites ? Pas que tu veuilles l'utiliser à ces desseins, bien entendu ; il n'empêche qu'en recevoir un brin, tu ne demandes pas l'Unacer, ne pourrait pas te blesser. Car dans ta naïveté adolescente, dans tes illusions prétendument philosophiques, tu es persuadé que savoir te battre non pas t'offrira des autres cette estime qui te manque, mais t'assurera de l'intérieur cet amour-propre qui te fait tant défaut. Tu ne crois pas qu'il existe d'autres méthodes, plus saines, plus pacifiques. Ton corps en instance de combat serait l'unique vecteur de ta considération.
Il est d'autres raisons, pourtant. Que tu gardes pour toi.

Ton crâne file droite gauche en imitant le chariot d'une typewriter, décryptant la foule à la recherche de cette silhouette canine qui promit de t'enseigner les règles de la baston, ou plutôt son absence de règle sinon celle de rester en vie et intact autant que faire se peut – et si l'autre en face est à terre, c'est encore mieux –, mais tu n'as pas à jouer le bovidé devant un train plus longtemps puisqu'elle ne tarde pas à écarter les rideaux de badauds afin de te rejoindre, martiale en ses habits d'airain, et tu es incapable, lorsqu'elle t'aborde de cette manière – en ami, en frère – de contraindre ta joie ; sans les lui désigner pour qu'elle te les brise menu, tu dévoiles tout l'arc de tes dents en guise de salut.
« Pas qu'un peu, ouais ! » lances-tu en montrant ton poing serré.
Dans le cas contraire, tu n'aurais certes pas pris la peine de t'infliger un appel téléphonique. Ton regard glisse ensuite subrepticement vers son bras ; sous les épaisseurs de tissu tu devines sans mal les traces de l'entaille que le mec de Kolt y a dessinée, et l'odeur de cette ruelle souillée d'alcool, d'ordures et de fluides divers au rang desquels le sang et la sueur ont une prédominance – ne nous attardons pas sur les autres – se rappelle à toi sans te demander ton avis. Tu la balayes d'un geste mental ; dans l'air glacé de janvier, elle s'est cristallisée. T'accuserait-on de ressasser le passé si tu lui demandais ce qu'il en était ? Parce qu'en ce qui te concerne, tu n'as pas grand-chose à raconter. Ces deux semaines, avec Noël et le Nouvel An, ne furent en fin de compte qu'aussi mornes que le reste de ton existence, voire pire. En l'absence d'Ange, tu ne pouvais même plus espérer voir l'appartement être envahi de poinsettia, ne serait-ce que d'un sapin miniature décoré dans le salon, et les neiges de décembre ont chu devant une fenêtre qui ne donnait sur aucune lumière. D'accord, tu aurais pu te rendre chez Kshamenk pour les fêtes et t'éviter deux réveillons silencieux, cependant tu n'avais pas envie de t'être la pièce rapportée – quand la bienveillance de ses parents t'aurait davantage embarrassé que réchauffé. Peu importe, au fond. C'est passé. C'est déjà loin. Il y a trois jours, tu t'engueulais avec tes potes pour un projet absurde et depuis inextirpable de ton esprit. Il s'en est peut-être passé, des choses, après mot ; tu n'en relâches pas un mot – fais mine de te préoccuper d'autre chose. Et t'en préoccupes vraiment, comme pour camoufler ce que tu t'efforces de taire.
« Ça ira, ton bras ? C'est r'paré ? »
Oh, pas que tu doutes des compétences de Ness en la matière. Mais mieux vaut s'en assurer, quand bien même tu soupçonnerais Lorelei d'être de ceux qui se contrefoutent de leurs blessures – et tu ne pourrais l'en blâmer puisque tu fonctionnes pareil.
« On va p'tet pas rester là d'vant tout l'monde. S'tu connais un coin, j'te suis. »
Parce qu'effrayer la populace en vous battant comme des chiffonniers sous les balcons ne paraît guère l'idée du siècle.
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posté le Mer 31 Mai 2017 - 9:37 (4)
fight

ft. Cameron
Un sourire explose sur la face de Smallrelei, et celui de Lorelei s'élargit. « Atta boy! C'est c'que j'aime entendre! » Ça lui fait franchement plaisir, de voir qu'il est si enthousiaste à l'idée qu'elle lui enseigne ce qu'elle sait - pas que ça ne lui faisait pas plaisir avant, mais, avant, il y avait aussi cette inquiétude incrédule et cette incertitude totale face à la tâche qui l'attendait. Désormais confiante en son plan, il n'y a que l'excitation pour enserrer les muscles de Lorelei et peindre cet air enthousiaste sur ses traits. Elle imagine déjà l'instant où Smallrelei mettra des coups aussi solides que les siens, une étrange nostalgie nichée au fond de sa gorge; la nostalgie des autres, de ceux qui l'ont vu, elle, avoir cette évolution, et apprendre à se défendre sans en perdre des dents ou se briser les os. 'Really is a cycle, ain't it?

Elle ne remarque pas immédiatement l'attention qu'il porte à son bras gauche, dont elle a déjà oublié la blessure qui s'ajoute à son arsenal toujours grandissant de cicatrices. Elle repousse ses inquiétudes du dos de la main. « T'inquiètes, c'rien. » En réalité, ça aurait probablement cicatrisé bien plus proprement (voire ne pas laisser de cicatrice du tout) si elle avait fait plus attention, mais c'est de Lorelei que l'on parle ici, il ne faut pas s'attendre à un miracle. « Ain't my first rodeo. » Qu'elle illustre en retirant le haut de son bras droit de son hoodie et de sa veste de cuir, retroussant la manche de son t-shirt pour montrer la cicatrice à son épaule, assez imposante, plutôt large et malpropre (c'était avant qu'elle aie rencontré Junji), vestige du moment où elle a apprit que la lame est plus forte que les poings.

C'est pour éviter ce genre d'erreur à Smallrelei qu'elle s'implique comme ça envers lui. Pour lui éviter de devoir consteller son visage de balafres pâles, ou de ne le faire que par choix. Parce que c'est par choix qu'elle s'est tenue entre un homme armé et Smallrelei, et par choix qu'elle ne l'a tiré que lorsqu'il s'est trop approché, et ainsi par choix que la lame a tranché sa peau. Cela elle le revendique, et souhaite que Smallrelei puisse toujours le faire également si besoin s'en ressent. « Oh, ya. » Extirpée de ses pensées, elle prend un instant pour y retourner et réfléchir. Elle n'avait pas réellement pensé à un endroit, mais à priori ça ne devrait pas être trop difficile à trouver. « C'mon. » Elle lui fait signe de la suivre et fend la foule de nouveau, s'assurant que Smallrelei est toujours sur ses talons.

Elle irait bien dans une des maisons abandonnées qui semblent être d'anciens meth labs pour être à l'intérieur, mais c'est une très mauvaise idée. Plutôt, elle les dirige vers un cul-de-sac qu'elle sait très peu fréquenté, où ils pourront être tranquilles, malgré qu'elle aurait préféré un endroit avec un sol moins dur. On ne peut pas tout avoir. « V'là, this'll do. » Et puis, elle saute directement dans le sujet. « T'préfères qu'on s'penche sur quoi en premier; encaisser les coups ou les donner? » On ne tourne pas très longtemps autour du pot avec Lorelei.
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Jeune altermondialiste
posté le Mer 14 Juin 2017 - 15:26 (5)
Elle te fait rire, Lorelei – mais pas là. Pas à cet instant, où elle se prend d'exhiber ses blessures de guerre, où elle dévoile son derme abîmé, tranché d'un rai blême, qui t'arrache en retour un froncement de sourcils ; malgré toi, ton esprit convoque l'idée de la douleur ressentie et te propose du bout des nerfs un après-goût des chairs fendues par le fil de l'arme coupable. Il est probable qu'elle en dissimule de nombreuses autres, des comme ça. Il n'est pas faux que tu aies les tiennes aussi, néanmoins, bien qu'elles ne souffrent guère la comparaison – devant l'éclat d'une lame, les rats préfèrent se carapater plutôt que de fanfaronner – et tu te défends de rentrer dans une compétition stupide sur les stigmates de vos peaux ; certains rappels font mieux de rester invisibles. Or, quand d'aucuns s'encrent le corps ainsi qu'une mémoire illustrée, il existe dans cette balafre, le long de ses fibres à demi-luisantes, le souvenir de votre première rencontre.
Après avoir acquiescé à son invitation, tu emboîtes donc le pas à la combattante à la manière d'une barque entraînée par l'ebbe, tout en te maintenant derrière elle plutôt que coude-à-coude à cause d'une étrange timidité – à moins qu'il ne soit plutôt question de malaise ou d'humilité – et vous cheminez ainsi un bref moment avant qu'elle ne bifurque à l'entrée d'une venelle qui aboutit à une impasse, quelque peu similaire à celle dans laquelle vous vous étiez retrouvés ce soir de Kolt. L'histoire avait failli mal finir, alors tu te demandes s'il te faut approuver ce choix, cependant il t'apparaît clairement les avantages d'un tel lieu pour faire ce que vous avez à faire ; à l'écart de la circulation piétonne, enclavé entre des bâtiments plus fréquentables que ceux du quartiers aux alcools, ce qui en soi n'est pas très compliqué, et proche architecturalement parlant du genre de cul-de-sac où il est attendu de se faire emmerder sans possibilité d'une issue de secours. Dans un environnement clos, dépourvu d'échappatoire apparente, l'instinct fonctionne différemment – tu le sais. Et les enseignements de Lorelei ne te serviront à rien si elle te les dispense à l'air libre, au calme, dans un milieu aussi confortable que des fonds de pantoufles. Tu n'es pas là pour être dorloté.

« Impecc' », commentes-tu tandis que tu te débarrasses de ton skate pour l'appuyer à un angle, puis t'octroies une fraction de seconde pour réfléchir au dilemme de ton professeur – tu peux bien la considérer de cette façon, désormais. À l'évidence, les deux prêtent allégeance à ton impatience, car ils nécessitent chacun une méthode et des réflexes que tu trépignes d'apprendre. Et même si « donner des coups » sonnera toujours plus fort que les recevoir, même si la figure de l'attaquant t'apparaîtra toujours plus sûre que celle du défenseur – et parce qu'il est dans tes habitudes de mordre avant d'être mordu, d'abattre avant d'être abattu – tu ne peux toutefois nier qu'il n'y a rien de plus jouissif durant une bagarre que de découvrir sur le faciès de l'adversaire l'expression incrédule qui accompagne la prise de conscience de son mauvais calcul. Ce frémissement d'horreur, cette lueur terrifiée lorsqu'il se rend compte que les circonstances ne penchent pas en sa faveur, qu'il ne parviendra ni à te raisonner ni à te neutraliser, qu'il a intérêt à déguerpir vite fait ou prier à jamais pour que tu l'épargnes, ta rogne barbouillée d'euphorie conférant dès lors à tes gestes l'indifférence du condamné. Cet instant où la confiance d'autrui se décompose, où il ne subsiste plus rien qu'une plaine vidée de ses renforts sur laquelle se rue ta soif de destruction, et nul rempart pour s'opposer à ta suprématie. Tu n'aimes pas dominer, pourtant. Ce sentiment n'appartient pas au règne de tes ambitions – tu laisses volontiers ces renflements hégémoniques aux adultes et à leur orgueil –, mais tu aimes voir ceux qui te sous-estiment comprendre leur erreur une fois qu'il est trop tard, piétiner leur jugement d'une implacable semelle et fracasser leur vanité. Pas que cela arrive souvent, cela dit. Raison de plus pour en sublimer l'opportunité. Enfin, tout ça pour déclarer d'un ton ferme :
« Encaisser. »
En dépit de tes précédentes réflexions, tu devines qu'il existe une seconde justification à cette préférence, moins sensible peut-être, mais sans doute plus solide que ces jeux de violence aux résultats toujours fluctuants. Les événements de ces derniers mois, à débuter par la bataille d'Ivale, puis l'accrochage dans la zone désaffectée avec le type à la photo, la mésaventure de Kshamenk et la première histoire avec Lorelei, tous ces incidents convergent en direction d'une lucidité qui ne manque plus de te lacérer la rétine : à ce rythme, tu ne tiendras pas jusqu'à l'année prochaine. Il y a moins d'un an, ce constat aurait pu te barbifier – tu aurais haussé les épaules, et alors ?, tant pis, ce n'est pas comme si tu trouvais le moindre intérêt à survivre inlassablement – et justement, c'est cette lassitude qui s'était mise, en douceur, en silence, à disparaître, à s'écouler tel un châle de neige sous la chaleur de l'été, révélant des volontés jusqu'à lors inexistantes, ou bien tellement camouflées par les épaisseurs de l'hiver qu'elles demeuraient insoupçonnées.
Peut-être, en un sens, et sans en prévoir l'émergence, avais-tu décidé de vivre.
Une conviction des plus fragiles au creux d'une ville telle que Pallatine, où les choses vont rarement en s'arrangeant ; alors si tu n'étais pas prêt à lutter, non plus par ennui ou par déveine, mais par rage, par cette fureur d'orage, autant abandonner de suite et te mettre à creuser ta tombe. Une alternative hors de propos. Tu ne seras bientôt plus le seul que tu devras préserver.
« Surtout, t'r'tiens pas sous prétexte qu'tu m'montres, précises-tu avec gravité. Ce s'rait d'la triche. Frappe-moi comm's'tu l'voulais vraiment. »
Quand rien ne t'indique que ce n'est pas sa réelle intention...
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Technicien
posté Aujourd'hui à 2:06 (6)
fight

ft. Cameron
À son âge, Lorelei aurait très certainement voulu apprendre à frapper avant d'apprendre à encaisser. La meilleure défense est une bonne offense, non? Si l'adversaire se prends constamment des coups, il n'a pas le temps de les rendre. S'il est dépassé par une vague constante de douleur, si on ne se relâche jamais jusqu'à ce qu'il ne soit plus du tout en état, l'adversaire n'aura jamais même le temps de lancer un coup. Relentless. Longtemps, ça a été sa stratégie; à la limite, ça l'est toujours. Mais la réalité, c'est que cette attaque sans arrêt a le don d'épuiser à une vitesse fulgurante, et que si l'adversaire est toujours debout une fois qu'on n'a plus la force, c'est fini. C'est là qu'il faut tempérer. Et c'est pour ça qu'il faut savoir encaisser; parce que, dans la majorité des cas, on ne peut écraser un ennemi aussi rapidement et aussi totalement qu'on le voudrait bien. « 'xcellent choix. » Elle-même aurait dû apprendre à prendre les coups avant d'apprendre à les donner, surtout au vu de sa carrure. Il faut croire que des différences persistent entre elle et Smallrelei. Ce n'est pas plus mal.

« Aight. En vrai, apprendre à encaisser, c'est apprendre à 'ller contre ses instincts premiers. » Elle se place en position de combat, les poings levés, le corps vers l'avant, en position pour avancer, jamais pour reculer. « Ton instinct, c'est d'reculer. D't'éloigner d'la menace. Mais s'tu recule, tout c'que tu fais c'est lui donner plus d'opportunités d'frapper. T'bouges toujours mieux et plus vite s't'avances. » Elle fait un pas en avant, comme pour illustrer ses propos. « C'concept là est important; il r'vient dans l'attaque, 'ssi. Mais bref; si t'avances, en plus, t'as des chances de; A, l'désarçonner, parc'qu'il s'y attend pas, et B, interrompre une partie d'son momentum. Les deux sont utiles. » Elle fait un nouveau pas, jusqu'à le rejoindre et illustre ses propos d'un coup de poing au ralentit. Elle le lance, puis l'arrête juste en avant de son nez. « See, s't'restes là, mon bras à l'temps d'se déplier au complet, d'lancer toute sa force. » Puis, elle l'agrippe par l'épaule avec sa main libre, alors qu'elle répète l'expérience, mais cette fois le fait avancer d'un pas. « Mais s't'avances, tu t'prends l'coup 'lors qu'est pas fini, et y'a moins d'force. » Elle recule d'un pas, rétablissant une nouvelle distance entre eux. « Mais y'a pas qu'ça. Si, par 'xemple, l'coup vise ta tête; t'avances, oui, et t'essaies d'faire que l'poing s'écrase contre ton front; j'te jure, les jointures sur l'crâne, ça t'éclate. Et toi, comme ça, t'minimises les dommages. Pour prendre un coup à'tête, faut 'ssi qu'tu tendes les muscles d'ton cou, et qu'tu serres la mâchoire. Ça va t'empêcher d'partir dans tous les sens. »

Nombre de choses apprises un peu par hasard, juste en se prenant des coups, encore et encore, en essayant des trucs et en les subissant quand c'est elle qui attaque. Des choses qu'il lui aurait été bien plus utiles si on les lui avaient dit avant qu'elle se mette à vouloir se battre avec n'importe quel connard qui la regarderait d'une façon qu'elle n'aime pas. En ce sens, que Smallrelei soit moins agressif qu'elle est une excellente chose. « Pour c'qu'est d'prendre un coup au corps, t'essaies d'tendre les muscles d'ton abdomen, sans jamais rentrer ton ventre. Et t'essaies d'encaisser sr'les côtés, pas qu'ça t'atteignes d'rectement dans l'estomac ou les organes vitaux. » Ça coupe moins l'air, et ça se prends toujours mieux de cette façon là. « Autre chose, qu'est t'jours valide: quand tu t'bats, tu r'gardes l'adversaire. T'jours. S'tu l'r'gardes pas, t'peux pas l'frapper; s't'utilise tes yeux, t'peux trouver des ouvertures, des faiblesse, 'ssi. Puis, c'une question d'agression aussi, d'montrer qu't'as pas peur. S'tu montre pas la faiblesse, l'adversaire a l'impression qu't'en a pas. » Un combattant qui fait peur est généralement un combattant gagnant. De toute façon, c'est presque juste dans la tête, le combat. Faut croire qu'on peut gagner; savoir qu'on va gagner, que l'adversaire n'a aucune chance, et si on ne doute jamais, c'est lui qui va commencer à le faire. C'est comme ça qu'on gagne des combats qui ont l'air perdus d'avance de l'extérieur.

« T'veux essayer un coup? J'me déchaîn'rai pas sur toi tout d'suite, mais si j'vois qu't'commences à comprendre, j'vais monter l'intensité. Ça t'vas? » Il a bien beau lui demander de ne pas se retenir, elle ne va tout de même pas le tabasser, quand même. Ce n'est pas très pédagogique, si elle ne peut lui apprendre quoi que ce soit que par sessions de dix minutes, parce qu'après ça il est tellement plein de bleus avec la gueule en sang qu'il ne peut pas continuer. Ce serait assez contre-productif.
ϟ NANA
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