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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Une soirée incongrue - [Earl/Hafiz]

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Personnage : Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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Technicien
posté le Dim 14 Mai 2017 - 11:10 (1)
Parmi les bonnes résolutions qu’Hafiz avaient prises, il y avait celle qui consistait à sortir un peu plus souvent avec ses connaissances et découvrir un peu plus Pallatine, en particulier de nuit. Alors ce soir, il avait été contacté par trois connaissances altermondialistes pour aller boire un petit coup. Il avait accepté assez facilement. Le rendez-vous avait été fixé à Kolt pour neuf heure du soir. Pour l’occasion, il avait enflé une chemise pourpre, surmonté d’une veste qui ne jurait pas trop avec et avait complété sa tenue par un jean. Il mangea très tôt pour une fois, pensant à en faire un peu plus pour que son colocataire ne soit pas pris au dépourvu par son absence. Bien sûr qu’il était capable de se débrouiller, mais Hafiz aimait bien rendre service à Naga. Il lui laissa également un petit mot sur le frigo pour le prévenir qu’il rentrerait sans doute tard. Puis, il se dirigea vers la ville. Le bar qu’il recherchait se nommait le « Fin des temps ». Ses amis lui avaient assuré que l’établissement n’était pas malfamé mais, depuis quelques temps, il ne s’arrêtait plus à ce genre de question. En entrant, il avait trouvé les trois compères assis à une table, leur consommation déjà bien entamée. Il alla chercher la sienne et les rejoignit.

Ils parlèrent un peu de leur boulot respectif mais ne s’attardèrent pas vraiment sur ses questions. Ils étaient là avant tout pour se détendre, pas pour évoquer leur vie de tous les jours. Cependant, avant de passer çà autre chose, les trois hommes invitèrent Hafiz à payer sa tournée sous le prétexte qu’il était arrivé le dernier. Après avoir fait semblant de s’opposer à une telle chose, il se rendit au bar et passa la commande. Un serveur ne tarda pas à leur amener les consommations et les discussions reprirent, l’alcool déliant un peu plus les langues. Les anecdotes se succédèrent sur des sujets divers. Hafiz y alla aussi de ses petites histoires. Pas question de laisser les autres monopoliser la conversation pendant que lui écoutait. Vint le moment où ils évoquèrent les dernières nouvelles liés à Pallatine. Ce fut un moment un peu moins joyeux de leur soirée. Mais leur conversation dériva rapidement sur ce qu’il devait faire après le bar. L’un d’entre eux préposa alors d’aller dans un autre établissement. Ses deux compagnons acceptèrent sans broncher, visiblement contents de l’endroit évoquer. Au vue de cette réaction, l’iranien n’eut pas le cœur à refuser. Pendant un instant, il crut voir l’un des trois hommes lui jeter un regard interrogateur mais il mit cela sous le coup de la lumière. Alors ils quittèrent le bar et s’enfoncèrent plus profondément dans le quartier.

Au bout d’une vingtaine de minutes, ils arrivèrent devant ledit bâtiment. Un léger coup d’œil sur le fronton l’informa du nom : l’Hirondelle. Un coin de son esprit l’informa que ce nom lui disait quelques choses. Peut-être que quelqu’un lui en avait parlé mais quand. Impossible de ce souvenir. Dans tous les cas, il suivit ses camarades dans le bar…pour découvrir que l’appellation de bar ne concernait que la moitié des activités de l’établissement. Il jeta un regard surpris à ses compères qui lui sourirent de toutes leurs dents. Ils l’incitèrent à aller un peu s’amuser et le laissèrent seuls, se séparant pour profiter des « plaisirs » du lieu. Ce genre d’établissement n’était pas le genre d’endroit qu’Hafiz fréquentait, pour la simple et bonne raison que les services proposés ne l’intéressaient pas. Il se dirigea donc vers le bar, commandant une bière. Les minutes défilèrent lentement. Plusieurs fois, il se fit accoster par des femmes lui proposant leur service mais il refusa à chaque fois. Mais il ne pouvait leur en vouloir. Ces gens ne faisaient que leur travail. C’est lui qui n’avait pas sa place ici. Alors il continua d’attendre, concentrant son regard sur les remous de son verre ou accrochant parfois le regard de la barmaid qui semblait le plaindre.
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Personnage : Quand on emmerde un peu son monde, on ne s'étonne pas qu'on finît par y être renvoyé un coup de pied dans les fesses. Videz les ordures, c'est son métier. Jurer et cracher, c'est sa marque de fabrication. Il peut être doux avec les femmes, dure avec les hommes. Mais présentez-lui un bon whisky et il l'avalera comme si c'était de l'eau. Et peut-être que vous aurez la chance d'être dans sa liste d'amis. Autrement, gare aux coups. Bordel !
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L'Hirondelle
posté le Mer 31 Mai 2017 - 13:50 (2)
♟Une soirée incongrue ♟
“ Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service.” ▬ Earl Winchester

L’Hirondelle ouvrait ses portes afin d’offrir ses multitudes de plaisirs à ses clients. Une version d’un ancien lieu, existant sur terre dans les années 1920. Reproduite à l’identique par Ellie, l’ancienne patronne, l’atmosphère restait le même. Depuis sa disparition, Earl se considérait comme le plus ancien entre ses murs. Ici, comme autrefois, l’argent obtenu servait à renflouer dans la caisse d’un organisme, les gangsters. Son attachement à cette Diapora n’était pas solidement ancré au jeune homme, qui avait seulement pour origine : son attachement à Ellie. Sans elle, son attachement demeuré instable, voire quasi-inésistant. Cet attachement se limitait à une simple amitié nouée après une salle affaires.

Ellie avait tuée un homme qui l’avait agressé.

Earl s’est proposé à faire disparaître le corps, le faisant complice.

Si c’était à refaire, il le referait ; voir même tuer lui-même cet homme.

Earl s’assurait de la sécurité des filles durant les heures d’ouverture. On pouvait le qualifier de videur, surtout quand il intervenait face à l’insolence des clients. L’américain les rappelait qu’une seule fois à l’ordre, rappelant que les filles, en dépit de leur métier, avaient des droits. Si en général, les clients changeaient de comportement, il pouvait arriver à Earl de devoir sévir et les expédiait illico presto – sans les tuer. Il avait des soirs, comme ce soir-là, ou tout était calme. La bête pouvait bavarder et se détendre, ici et là, sans oublier la raison de sa présence. Vêtu d’un simple chemisier blanc coûteux, un quart déboutonné, et d’un pantalon moulant sombre, il se fendait dans ce décor vintage et cosy de rouge et blanc.

Quand la seconde partie de la soirée s’approchait, il redoubla de surveillance. L’alcool pouvait avoir des effets néfastes chez les gens. Earl s’assurait que ces derniers restaient calmes et polis. Son regard parcourra la pièce du rez-de-chaussée jusqu’à ce qu’une prostituée s’approcha de lui en lui chuchotant à l’oreille. Elle lui prévenait que la barmaid avait localisé un client, retissant à la compagnie des filles. Ce client n’était pas de ceux qu’on craignait le plus, tant qu’il buvait, on le laissait. Néanmoins, il voulait qu’on le prévienne malgré tout. Le conflit entre les gangsters et les Asiatiques, les enlèvements des Opportunistes et l’atmosphère en général ; ces éléments poussèrent Earl à s’inquiéter sur la sécurité des lieux. Il préféra prendre les devants d’un potentiel danger et s’assurer que le client ne soit pas un fanatique.

Pensant que sa présence n’était pas due à la recherche du plaisir charnel, il décida d’envoyer l’une des filles lui servir de compagnie. La dénommée s’approcha de l’homme et parla quelques instants avec lui.

La conversation sembla tourner court face à la méfiance de l’homme. Elle s’éloigna de l’Iranien tout en faisant un clin d’œil à la bête. Ce dernier répondit par un hochement de la tête avant de s’appuyer au comptoir. Il commanda un verre de whisky, qu’il mit sur sa note. Puis, il se dirigea vers l’homme.

— Bonsoir, monsieur, interpella-t-il. Je vous observe depuis tout à l’heure et je constate un manque d’intérêt pour la gent féminine.

Il l’observa, sans s’installer. Son ton courtois se mêlait au son festif des lieux, mais dans son regard, on pouvait lire une lueur suspicieuse.

— Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service, ajouta-t-il, d’un sourire moqueur.
   
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Technicien
posté le Jeu 1 Juin 2017 - 15:55 (3)
Hafiz avait vraiment du mal à garder une certaine dignité dans cet établissement. Il n’osait pas jeter des regards ailleurs que sur son verre ou sur les noms des bouteilles qui s’étalaient de l’autre côté du bar. Il était persuadé que s’il restait suffisamment longtemps à cette chaise, il connaitrait par cœur le nom des alcools en face de lui et pourraient les ranger dans l’ordre exact où ils étaient à ce moment précis. Il avait tout simplement peur que l’un de ses regards fixent le mauvais endroit par inadvertance et donc d’attentait à l’honneur d’une personne C’est pourquoi, à chaque fois que ses yeux se posaient sur quelqu’un, il regardait cette personne droit dans les yeux avant de détourner le regard. Il ne vit pas tout le manège qui avait lieu autour de lui. Il n’en eut conscience qu’à partir du moment où un homme lui adressa la parole.

Le cuisinier arracha son regard de son verre. Son ancien lui aurait sûrement sursauté à la remarque et aurait commencé à présenter ces excuses en suppliant qu’on le laisse partir. Mais plus maintenant. Pas dans une telle situation où il ne se sentait pas coupable. Il fixa son nouvel interlocuteur droit dans les yeux. Deux yeux  d’un bleu magnifiques qui auraient pu faire tourner la tête à n’importe qui. Enfin, à ceux qui y étaient réceptifs. Il put y discerner une pointe de suspicion sans toutefois être sûr que ce sentiment était tourné vers lui. Ce devait être la personne chargeait de la sécurité de l’endroit. Ce simple fait rassura légèrement l’iranien  qui comprit qu’il ne devait pas être dans une simple maison de passe au milieu d’un quartier chaud. Il y avait une réelle protection offerte ici aux travailleurs et travailleuses. Il se décida alors à parler.

« Il est vrai que je ne suis pas à la recherche d’une compagnie féminine. Mais la compagnie masculine n’est pas mon but non plus. »

Il avait annoncé cela d’un ton assez las. N’importe qui aurait pu sentir que le cuisinier savait qu’il n’avait rien à faire ici. Que sa présence n’était due qu’à une certaine forme de malchance.

« Je suis présent contre mon gré. Je pensais passer une soirée avec certains de mes amis dans un nouveau bar. Je n’étais pas du tout au courant du genre d’établissement dans lequel il m’emmenait. Si j’avais su croyais bien que je ne serais pas entré. Je fais un peu tâche ici. »

Hafiz n’avait pas voulu entrer dans les détails du pourquoi du comment il en était arrivé ici. Il pensait déjà passer pour un crétin de base alors inutile d’en rajouter une couche avec des explications qui pourraient le faire passer pour un niais. Oui il ne connaissait pas cet établissement. Et non il ne comptait pas y revenir. Non pas qu’il trouvait ça dégradant. Cet endroit ne lui correspondait tout simplement pas. Et alors qu’il pensait, il avoua à son interlocuteur :

« Croyez bien que je suis gêné d’être ici. J’essaye de faire en sorte de pas porter atteinte à l’honneur des personnes présentes ici. C’est pourquoi je me concentre sur mon verre. Je ne vois pas d’autres échappatoires. Je sais que je pourrais partir. Mais là encore, j’ai une bonne raison de rester. Mes fameux « amis » sont sûrement en train de « s’amuser ». Mais, au vue de la quantité d’alcool que certains ont ingurgité, je préfère être là pour intervenir en cas de problème ou tout simplement pour les ramener chez eux sans encombre. Voyez-moi comme l’ange gardien un peu con du groupe. »

Il appuya sa remarque d’un sourire triste et s’enfila le reste de son verre d’une gorgée. Il interpella la barmaid et lui demanda poliment de lui servir un verre d’eau.

« Mais si vous êtes venus pour me demander de partir n’hésitez pas. Je m’exécuterais sur le champ. »
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L'Hirondelle
posté le Jeu 15 Juin 2017 - 23:09 (4)
♟Une soirée incongrue ♟
“ Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service.” ▬ Earl Winchester

La plaisanterie d’Earl fut coupée nette, comme une épée tranchant un fruit avec une facilité déconcertante. Le ton las de l’homme démontrait une fatigue mentale de l’étrange client. Aussitôt, la bête pensa que l’homme se trouvât en ces lieux suite à un concours de circonstances, et il se demanda ce qui retenait ce dernier entre ses murs.

Retenant une réplique sanglante, l’employé de sécurité observa l’homme. Il chercha, dans ces iris bruns, une lueur trahissant un mensonge ou la possibilité d’une attaque. En ayant côtoyé sur terre des individus peu recommandables, la bête savait les reconnaître dès les premières secondes. En étant proche de lui, l’Américain se présentait comme une première barrière. Sa seule présence pourrait mettre en déroute toute tentative et, si cette possibilité soit vraie, réagir le plus promptement possible. Cependant, en se trouvant face à lui, et après avoir entendu sa première réponse, il classa cet individu hors de ce groupe.

C’était un innocent, en somme.

Earl s’installa sur le fauteuil en face de l’individu, sans invitation, et posa son verre sur la table basse.

L’individu relata la raison de sa présence, se lamenta sur le sort qui l’avait poussé à s’échouer au milieu des dentelles et des gloussements féminins sous un décor chaud et sensuel. En l’observant, Earl eut un sourire amical, voire accueillant. En l’écoutant, une phrase provoqua une réponse à double sens.

— Tu ne fais pas tache dans ce décor. Quoique… Le jean n’est pas au goût de la maison, répliqua-t-il, amusé.
Mis à part son désintérêt face aux services proposés par la maison, Earl se voyait mal de jeter un client qui consommait.

— Puis, tu es même agréable à voir, poursuivit-il aussitôt.

Le sourire aux lèvres, Earl cherchait uniquement à déstabiliser le client. L’homme omettait les détails sur le cheminement qui l’avait poussé à venir. Son silence suffisait à imaginer ce qui s’était passé. Son air gêné lui fit comprendre que ce sera la première et unique fois qu’il franchirait les portes de l’Hirondelle, sachant quel genre d’établissement.

À nouveau, l’individu s’exprima longuement. Dans son silence religieux, Earl l’écoutait avec attention, sans quitter le fond de ses iris. Ses amis s’amusaient égoïstement à son insu. La bête se demanda si cette soirée ne faisait pas l’objet d’une plaisanterie. Après tout, dès que l’alcool s’invite dans une soirée, des surprises s’invitaient dans le groupe. Et cet Iranien, à l’apparence banale, s’était pris les pieds dans les filets. Un idiot, en somme.

Quoique... Un bel idiot, pour ajouter un adjectif pour le caractériser.

— Ça te servira de leçon pour la prochaine fois. Ne te laisse jamais embarquer sans savoir où tu finiras.

L’Américain s’enfonça dans le fauteuil, sans détacher son regard du client. Les bruits environnants survinrent autour de lui sans qu’il prête attention. Perdu dans ces pensées, il chercha un mot qui qualifiait le rôle de son interlocuteur. Il avait entendu une fois un prénom auprès des jeunes, ceux d’une époque futuriste pour Earl. Mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. De plus, c’était un nom tout à fait banal et court. Un de ceux qu’il n’appréciait pas.

Benz… Buz… Bart… Ace… Glace ? Non… Sale, peut-être.

Earl se mit à soupirer, prit son verre et but le contenu d’une traite.

Le mot « âme » lui revint.

D’un seul coup, comme si une idée lumineuse traversa son esprit, il pointa l’individu du doigt.

— Tu es l’oncle Ben du groupe ! Euh… non… Ce n’était pas ça, le prénom.

En réalité, Earl n’avait plus suivi son client à partir de « Voyez-moi comme l’ange gardien un peu con du groupe. », tellement qu’il fut obnubilé par la recherche de ce prénom. Conscient d’avoir perdu toute crédibilité auprès de lui, Earl baissa les bras.

— Tu sais. Ce type sobre qui doit ramener ses potes bourrés en sécurité jusqu’à leur maison. C’est donc toi, ce euh...

La barmaid posa deux verres d’eau tout en fusillant Earl. Ce simple regard le rappelait à l’ordre et surtout de bien se tenir. Il lui répondit par un sourire et but une gorgée du nouveau verre. Il se mit à grogner en découvrant que lui aussi avait droit à un verre d’eau fraîche.

— Bref. Je ne vois pas d’inconvenant à ce que tu restes en ces lieux. Tant que tu fasses profil bas. Ici, les filles ne sont pas idiotes ou uniquement superficielles. Je pense que le temps te semblera plus rapide en discutant avec elles.

Le premier nom qui venait en tête, après le premier échec, était Elena, l’une des filles de joie. Belle et intelligente. Il appréciait son sourire et sa joie de vivre. La gentillesse qui la caractérisait attirait la bête et la poussa à s’endormir. Une chose surprenante, en sachant que la première femme réussissant à le calmer ne se trouvait plus à Palatine.

— Je sais que vous avez refusé celle que je vous ai envoyée, mais acceptez la seconde. Elle s’appelle Elena et je pense que vous pourrez apprécier son intelligence et la conversation avec elle, monsieur...
   
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Technicien
posté le Mer 21 Juin 2017 - 10:45 (5)
Hafiz sourit à la remarque de son interlocuteur sur son physique. L’iranien se sentait flatter mais il ne savait pas si l’homme voulait se moquer de lui ou s’il était sincère. Il n’arrivait pas vraiment à déchiffrer le sourire de l’homme de la sécurité. Il ne pouvait plus être choqué par de telle parole sortant d’une personne du même sexe que lui. A son époque, sur Terre, son interlocuteur aurait sûrement fini en prison pour atteinte à la morale et aurait peut-être subi le joug du fouet. Ou pire. Mais Pallatine avait ouvert de nouvelles possibilités au cuisinier, en particulier la liberté de s’exprimer librement selon ses sentiments. Ce moment était un nouvel exemple d’une telle liberté.

« Vous n’êtes pas mal non plus cher monsieur, répondit-il à son tour. »

Par contre, l’iranien ne répondit pas quand son interlocuteur lui fit part de son conseil. C’est vrai qu’il avait simplement fait confiance sans trop poser de question. Il s’était douté de quelque chose mais ne s’était pas imaginé cela. Comment pouvait-il vraiment justifier sa présence ici ? Il aurait pu se mentir en disant que c’était une réminiscence de son comportement passé. Une certaine naïveté face à une société qu’il ne connaissait pas et une confiance profonde placée même dans les personnes qu’il ne connaissait pas depuis longtemps. Mais, au fond de lui, l’iranien avait le sentiment d’être venu par simple curiosité. Savoir où il allait lui avait peu importé. Il n’avait rien demandé en sachant intimement que l’endroit où leur petit groupe allait se rendre ne serait pas un lieu où il aurait ses habitudes. Et s’était le cas. Mais il s’était montré curieux. Curieux de voir jusqu’où il pouvait aller. Maintenant il avait la réponse. Ce lieu était une limite. Il se sentait mal à l’aise et ne pouvait même pas adresser la parole à quelqu’un.

Puis, il remarqua que son interlocuteur semblait songeur. Il donnait l’impression de chercher un lointain souvenir. Perdu dans les méandres de son esprit. Et puis, tout à coup, il le pointa du doigt et asséna sa phrase. Hafiz aurait pu sursauter mais, les effets de l’alcool aidant, il n’avait pas bougé. Un « Ben ». Que voulait-il lui dire enfin ? Son vis-à-vis ne semblait pas d’ailleurs sûr du mot qu’il cherchait. Puis, il lui décrit ce qu’il tentait vainement de trouver comme nom. Hafiz fut prompte à la détente. Il connaissait la réponse pour l’avoir entendu très récemment de la bouche d’une personne venant de la Terre. Autrement, il n’aurait sûrement jamais connu.

« C’est pas Ben que vous cherchez mais Sam je crois » annonça-t-il avec un sourire triomphale.

Au même moment, la barmaid arrivait, les bras chargeaient de leurs deux verres d’eaux. Hafiz la remercia profondément avant qu’elle ne regarde son interlocuteur. Le cuisinier ne fut cependant pas assez bien placé pour deviner ce que ce regard signifiait. Le sourire du garde sembla indiquer que c’était quelque chose de drôle. La barmaid reparti alors, les laissant tous  les deux face à face. Hafiz but une bonne gorgée d’eau. Cela le rafraichit légèrement mais son esprit était toujours un peu embrumé par les relents d’alcool. Il avait peut-être un peu trop abusé pour une fois. Mais il n’y réfléchi pas plus en détail car son interlocuteur reprit la conversation. Il l’écouta de bout en bout puis répondit calmement.

« Monsieur, je tiens à souligner que je n’ai jamais pensé que les femmes ici présentes sont des idiotes ou des femmes superficielles. Je respecte leur travail même si je ne suis pas la personne qui profite de leur service. Peut-être que dans d’autres circonstances je serais venu ici pour chercher autre chose que des amis mais ce n’est pas le cas. Et oui, j’aurais aimé discuté, mais je ne suis pas le plus doué pour cela. Mes sujets de discussions ne sont pas des plus intéressants. Imaginez que je vienne ici et que je commence à parler cuisine. L’ambiance ne me parait pas la plus approprié. On me prendrait sûrement pour un taré. »

Hafiz ne réfléchissait pas vraiment à ce qu’il disait. Les mots sortaient tels quel de sa bouche sans vraiment être des arguments de poids. Il ne savait même pas si son interlocuteur avait insinué que lui, le cuisinier, prenait les femmes pour de simples objets. Il ne pensait plus très clairement et n’était pas sûr de comprendre. L’iranien but encore une fois à son verre avant de déclarer :

« Elena. Je connais une Elena que j’ai rencontrée dans le restaurant où je travaille. Une femme très sympathique et curieuse d’ailleurs. Elle correspond très bien à votre description. Sa conversation est forte intéressante même si, malheureusement pour moi, je n’ai pas beaucoup le temps de parler pendant le service. C’est aussi une très belle femme, attirant les regards des autres mais pas forcément pour son bonheur. Enfin, si nous parlons de la même, bien sûr. »

Il se souvenait de ses traits, de ses questions un peu personnelles auxquelles il avait répondu avec une grande joie. Cela avait été un plaisir de discuter avec elle. Cela serait amusant de la voir ici. Dans son esprit embrumé, Hafiz se souvenait de lui avoir demandé où elle travaillait mais ne se souvenait pas bien ce qu’elle lui avait répondu. Maudit alcool.

« Ah et, pardonnez-moi de ne pas l’avoir fait plus tôt. Je m’appelle Hafiz at-Tabarî, déclara-t-il en tendant la main à son interlocuteur. Le Sam d’un groupe d’un groupe d’ivrogne. »

Il avait ajouté cela avec un petit clin d’œil à l’attention de son interlocuteur. Puis son regard commença à balayer la foule qui se trouvait derrière le siège de son vis-à-vis. Il ne faisait plus vraiment attention à ce qu’il regardait sans toutefois s’attardait. C’était simplement le fait d’observer la foule dans l’espoir d’y trouver un visage familier. Puis son attention revint sur son interlocuteur.

« Depuis combien de temps travaillez-vous ici ? Cela n’a pas l’air d’être de tout repos quand même. Il y a beaucoup de client à ce que je vois. Comment faites-vous vous pour garder un œil sur tout ce qui se passe ? Enfin, quand il n’y a pas un con comme moi qui vous empêche de le faire. »
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