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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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Une soirée incongrue - [Earl/Hafiz]

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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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le Dim 14 Mai 2017 - 11:10
Parmi les bonnes résolutions qu’Hafiz avaient prises, il y avait celle qui consistait à sortir un peu plus souvent avec ses connaissances et découvrir un peu plus Pallatine, en particulier de nuit. Alors ce soir, il avait été contacté par trois connaissances altermondialistes pour aller boire un petit coup. Il avait accepté assez facilement. Le rendez-vous avait été fixé à Kolt pour neuf heure du soir. Pour l’occasion, il avait enflé une chemise pourpre, surmonté d’une veste qui ne jurait pas trop avec et avait complété sa tenue par un jean. Il mangea très tôt pour une fois, pensant à en faire un peu plus pour que son colocataire ne soit pas pris au dépourvu par son absence. Bien sûr qu’il était capable de se débrouiller, mais Hafiz aimait bien rendre service à Naga. Il lui laissa également un petit mot sur le frigo pour le prévenir qu’il rentrerait sans doute tard. Puis, il se dirigea vers la ville. Le bar qu’il recherchait se nommait le « Fin des temps ». Ses amis lui avaient assuré que l’établissement n’était pas malfamé mais, depuis quelques temps, il ne s’arrêtait plus à ce genre de question. En entrant, il avait trouvé les trois compères assis à une table, leur consommation déjà bien entamée. Il alla chercher la sienne et les rejoignit.

Ils parlèrent un peu de leur boulot respectif mais ne s’attardèrent pas vraiment sur ses questions. Ils étaient là avant tout pour se détendre, pas pour évoquer leur vie de tous les jours. Cependant, avant de passer çà autre chose, les trois hommes invitèrent Hafiz à payer sa tournée sous le prétexte qu’il était arrivé le dernier. Après avoir fait semblant de s’opposer à une telle chose, il se rendit au bar et passa la commande. Un serveur ne tarda pas à leur amener les consommations et les discussions reprirent, l’alcool déliant un peu plus les langues. Les anecdotes se succédèrent sur des sujets divers. Hafiz y alla aussi de ses petites histoires. Pas question de laisser les autres monopoliser la conversation pendant que lui écoutait. Vint le moment où ils évoquèrent les dernières nouvelles liés à Pallatine. Ce fut un moment un peu moins joyeux de leur soirée. Mais leur conversation dériva rapidement sur ce qu’il devait faire après le bar. L’un d’entre eux préposa alors d’aller dans un autre établissement. Ses deux compagnons acceptèrent sans broncher, visiblement contents de l’endroit évoquer. Au vue de cette réaction, l’iranien n’eut pas le cœur à refuser. Pendant un instant, il crut voir l’un des trois hommes lui jeter un regard interrogateur mais il mit cela sous le coup de la lumière. Alors ils quittèrent le bar et s’enfoncèrent plus profondément dans le quartier.

Au bout d’une vingtaine de minutes, ils arrivèrent devant ledit bâtiment. Un léger coup d’œil sur le fronton l’informa du nom : l’Hirondelle. Un coin de son esprit l’informa que ce nom lui disait quelques choses. Peut-être que quelqu’un lui en avait parlé mais quand. Impossible de ce souvenir. Dans tous les cas, il suivit ses camarades dans le bar…pour découvrir que l’appellation de bar ne concernait que la moitié des activités de l’établissement. Il jeta un regard surpris à ses compères qui lui sourirent de toutes leurs dents. Ils l’incitèrent à aller un peu s’amuser et le laissèrent seuls, se séparant pour profiter des « plaisirs » du lieu. Ce genre d’établissement n’était pas le genre d’endroit qu’Hafiz fréquentait, pour la simple et bonne raison que les services proposés ne l’intéressaient pas. Il se dirigea donc vers le bar, commandant une bière. Les minutes défilèrent lentement. Plusieurs fois, il se fit accoster par des femmes lui proposant leur service mais il refusa à chaque fois. Mais il ne pouvait leur en vouloir. Ces gens ne faisaient que leur travail. C’est lui qui n’avait pas sa place ici. Alors il continua d’attendre, concentrant son regard sur les remous de son verre ou accrochant parfois le regard de la barmaid qui semblait le plaindre.


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L'Hirondelle

Quand on emmerde un peu son monde, on ne s'étonne pas qu'on finît par y être renvoyé un coup de pied dans les fesses. Videz les ordures, c'est son métier. Jurer et cracher, c'est sa marque de fabrication. Il peut être doux avec les femmes, dure avec les hommes. Mais présentez-lui un bon whisky et il l'avalera comme si c'était de l'eau. Et peut-être que vous aurez la chance d'être dans sa liste d'amis. Autrement, gare aux coups. Bordel !
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le Mer 31 Mai 2017 - 13:50
♟Une soirée incongrue ♟
“ Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service.” ▬ Earl Winchester

L’Hirondelle ouvrait ses portes afin d’offrir ses multitudes de plaisirs à ses clients. Une version d’un ancien lieu, existant sur terre dans les années 1920. Reproduite à l’identique par Ellie, l’ancienne patronne, l’atmosphère restait le même. Depuis sa disparition, Earl se considérait comme le plus ancien entre ses murs. Ici, comme autrefois, l’argent obtenu servait à renflouer dans la caisse d’un organisme, les gangsters. Son attachement à cette Diapora n’était pas solidement ancré au jeune homme, qui avait seulement pour origine : son attachement à Ellie. Sans elle, son attachement demeuré instable, voire quasi-inésistant. Cet attachement se limitait à une simple amitié nouée après une salle affaires.

Ellie avait tuée un homme qui l’avait agressé.

Earl s’est proposé à faire disparaître le corps, le faisant complice.

Si c’était à refaire, il le referait ; voir même tuer lui-même cet homme.

Earl s’assurait de la sécurité des filles durant les heures d’ouverture. On pouvait le qualifier de videur, surtout quand il intervenait face à l’insolence des clients. L’américain les rappelait qu’une seule fois à l’ordre, rappelant que les filles, en dépit de leur métier, avaient des droits. Si en général, les clients changeaient de comportement, il pouvait arriver à Earl de devoir sévir et les expédiait illico presto – sans les tuer. Il avait des soirs, comme ce soir-là, ou tout était calme. La bête pouvait bavarder et se détendre, ici et là, sans oublier la raison de sa présence. Vêtu d’un simple chemisier blanc coûteux, un quart déboutonné, et d’un pantalon moulant sombre, il se fendait dans ce décor vintage et cosy de rouge et blanc.

Quand la seconde partie de la soirée s’approchait, il redoubla de surveillance. L’alcool pouvait avoir des effets néfastes chez les gens. Earl s’assurait que ces derniers restaient calmes et polis. Son regard parcourra la pièce du rez-de-chaussée jusqu’à ce qu’une prostituée s’approcha de lui en lui chuchotant à l’oreille. Elle lui prévenait que la barmaid avait localisé un client, retissant à la compagnie des filles. Ce client n’était pas de ceux qu’on craignait le plus, tant qu’il buvait, on le laissait. Néanmoins, il voulait qu’on le prévienne malgré tout. Le conflit entre les gangsters et les Asiatiques, les enlèvements des Opportunistes et l’atmosphère en général ; ces éléments poussèrent Earl à s’inquiéter sur la sécurité des lieux. Il préféra prendre les devants d’un potentiel danger et s’assurer que le client ne soit pas un fanatique.

Pensant que sa présence n’était pas due à la recherche du plaisir charnel, il décida d’envoyer l’une des filles lui servir de compagnie. La dénommée s’approcha de l’homme et parla quelques instants avec lui.

La conversation sembla tourner court face à la méfiance de l’homme. Elle s’éloigna de l’Iranien tout en faisant un clin d’œil à la bête. Ce dernier répondit par un hochement de la tête avant de s’appuyer au comptoir. Il commanda un verre de whisky, qu’il mit sur sa note. Puis, il se dirigea vers l’homme.

— Bonsoir, monsieur, interpella-t-il. Je vous observe depuis tout à l’heure et je constate un manque d’intérêt pour la gent féminine.

Il l’observa, sans s’installer. Son ton courtois se mêlait au son festif des lieux, mais dans son regard, on pouvait lire une lueur suspicieuse.

— Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service, ajouta-t-il, d’un sourire moqueur.
   
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Earl Grey: Tout le monde, vous savez quel est la différence entre un vide d'ordure et Earl ?
Earl Grey: Il n'en a pas. C'est des ordures
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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le Jeu 1 Juin 2017 - 15:55
Hafiz avait vraiment du mal à garder une certaine dignité dans cet établissement. Il n’osait pas jeter des regards ailleurs que sur son verre ou sur les noms des bouteilles qui s’étalaient de l’autre côté du bar. Il était persuadé que s’il restait suffisamment longtemps à cette chaise, il connaitrait par cœur le nom des alcools en face de lui et pourraient les ranger dans l’ordre exact où ils étaient à ce moment précis. Il avait tout simplement peur que l’un de ses regards fixent le mauvais endroit par inadvertance et donc d’attentait à l’honneur d’une personne C’est pourquoi, à chaque fois que ses yeux se posaient sur quelqu’un, il regardait cette personne droit dans les yeux avant de détourner le regard. Il ne vit pas tout le manège qui avait lieu autour de lui. Il n’en eut conscience qu’à partir du moment où un homme lui adressa la parole.

Le cuisinier arracha son regard de son verre. Son ancien lui aurait sûrement sursauté à la remarque et aurait commencé à présenter ces excuses en suppliant qu’on le laisse partir. Mais plus maintenant. Pas dans une telle situation où il ne se sentait pas coupable. Il fixa son nouvel interlocuteur droit dans les yeux. Deux yeux  d’un bleu magnifiques qui auraient pu faire tourner la tête à n’importe qui. Enfin, à ceux qui y étaient réceptifs. Il put y discerner une pointe de suspicion sans toutefois être sûr que ce sentiment était tourné vers lui. Ce devait être la personne chargeait de la sécurité de l’endroit. Ce simple fait rassura légèrement l’iranien  qui comprit qu’il ne devait pas être dans une simple maison de passe au milieu d’un quartier chaud. Il y avait une réelle protection offerte ici aux travailleurs et travailleuses. Il se décida alors à parler.

« Il est vrai que je ne suis pas à la recherche d’une compagnie féminine. Mais la compagnie masculine n’est pas mon but non plus. »

Il avait annoncé cela d’un ton assez las. N’importe qui aurait pu sentir que le cuisinier savait qu’il n’avait rien à faire ici. Que sa présence n’était due qu’à une certaine forme de malchance.

« Je suis présent contre mon gré. Je pensais passer une soirée avec certains de mes amis dans un nouveau bar. Je n’étais pas du tout au courant du genre d’établissement dans lequel il m’emmenait. Si j’avais su croyais bien que je ne serais pas entré. Je fais un peu tâche ici. »

Hafiz n’avait pas voulu entrer dans les détails du pourquoi du comment il en était arrivé ici. Il pensait déjà passer pour un crétin de base alors inutile d’en rajouter une couche avec des explications qui pourraient le faire passer pour un niais. Oui il ne connaissait pas cet établissement. Et non il ne comptait pas y revenir. Non pas qu’il trouvait ça dégradant. Cet endroit ne lui correspondait tout simplement pas. Et alors qu’il pensait, il avoua à son interlocuteur :

« Croyez bien que je suis gêné d’être ici. J’essaye de faire en sorte de pas porter atteinte à l’honneur des personnes présentes ici. C’est pourquoi je me concentre sur mon verre. Je ne vois pas d’autres échappatoires. Je sais que je pourrais partir. Mais là encore, j’ai une bonne raison de rester. Mes fameux « amis » sont sûrement en train de « s’amuser ». Mais, au vue de la quantité d’alcool que certains ont ingurgité, je préfère être là pour intervenir en cas de problème ou tout simplement pour les ramener chez eux sans encombre. Voyez-moi comme l’ange gardien un peu con du groupe. »

Il appuya sa remarque d’un sourire triste et s’enfila le reste de son verre d’une gorgée. Il interpella la barmaid et lui demanda poliment de lui servir un verre d’eau.

« Mais si vous êtes venus pour me demander de partir n’hésitez pas. Je m’exécuterais sur le champ. »


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L'Hirondelle

Quand on emmerde un peu son monde, on ne s'étonne pas qu'on finît par y être renvoyé un coup de pied dans les fesses. Videz les ordures, c'est son métier. Jurer et cracher, c'est sa marque de fabrication. Il peut être doux avec les femmes, dure avec les hommes. Mais présentez-lui un bon whisky et il l'avalera comme si c'était de l'eau. Et peut-être que vous aurez la chance d'être dans sa liste d'amis. Autrement, gare aux coups. Bordel !
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le Jeu 15 Juin 2017 - 23:09
♟Une soirée incongrue ♟
“ Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service.” ▬ Earl Winchester

La plaisanterie d’Earl fut coupée nette, comme une épée tranchant un fruit avec une facilité déconcertante. Le ton las de l’homme démontrait une fatigue mentale de l’étrange client. Aussitôt, la bête pensa que l’homme se trouvât en ces lieux suite à un concours de circonstances, et il se demanda ce qui retenait ce dernier entre ses murs.

Retenant une réplique sanglante, l’employé de sécurité observa l’homme. Il chercha, dans ces iris bruns, une lueur trahissant un mensonge ou la possibilité d’une attaque. En ayant côtoyé sur terre des individus peu recommandables, la bête savait les reconnaître dès les premières secondes. En étant proche de lui, l’Américain se présentait comme une première barrière. Sa seule présence pourrait mettre en déroute toute tentative et, si cette possibilité soit vraie, réagir le plus promptement possible. Cependant, en se trouvant face à lui, et après avoir entendu sa première réponse, il classa cet individu hors de ce groupe.

C’était un innocent, en somme.

Earl s’installa sur le fauteuil en face de l’individu, sans invitation, et posa son verre sur la table basse.

L’individu relata la raison de sa présence, se lamenta sur le sort qui l’avait poussé à s’échouer au milieu des dentelles et des gloussements féminins sous un décor chaud et sensuel. En l’observant, Earl eut un sourire amical, voire accueillant. En l’écoutant, une phrase provoqua une réponse à double sens.

— Tu ne fais pas tache dans ce décor. Quoique… Le jean n’est pas au goût de la maison, répliqua-t-il, amusé.
Mis à part son désintérêt face aux services proposés par la maison, Earl se voyait mal de jeter un client qui consommait.

— Puis, tu es même agréable à voir, poursuivit-il aussitôt.

Le sourire aux lèvres, Earl cherchait uniquement à déstabiliser le client. L’homme omettait les détails sur le cheminement qui l’avait poussé à venir. Son silence suffisait à imaginer ce qui s’était passé. Son air gêné lui fit comprendre que ce sera la première et unique fois qu’il franchirait les portes de l’Hirondelle, sachant quel genre d’établissement.

À nouveau, l’individu s’exprima longuement. Dans son silence religieux, Earl l’écoutait avec attention, sans quitter le fond de ses iris. Ses amis s’amusaient égoïstement à son insu. La bête se demanda si cette soirée ne faisait pas l’objet d’une plaisanterie. Après tout, dès que l’alcool s’invite dans une soirée, des surprises s’invitaient dans le groupe. Et cet Iranien, à l’apparence banale, s’était pris les pieds dans les filets. Un idiot, en somme.

Quoique... Un bel idiot, pour ajouter un adjectif pour le caractériser.

— Ça te servira de leçon pour la prochaine fois. Ne te laisse jamais embarquer sans savoir où tu finiras.

L’Américain s’enfonça dans le fauteuil, sans détacher son regard du client. Les bruits environnants survinrent autour de lui sans qu’il prête attention. Perdu dans ces pensées, il chercha un mot qui qualifiait le rôle de son interlocuteur. Il avait entendu une fois un prénom auprès des jeunes, ceux d’une époque futuriste pour Earl. Mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. De plus, c’était un nom tout à fait banal et court. Un de ceux qu’il n’appréciait pas.

Benz… Buz… Bart… Ace… Glace ? Non… Sale, peut-être.

Earl se mit à soupirer, prit son verre et but le contenu d’une traite.

Le mot « âme » lui revint.

D’un seul coup, comme si une idée lumineuse traversa son esprit, il pointa l’individu du doigt.

— Tu es l’oncle Ben du groupe ! Euh… non… Ce n’était pas ça, le prénom.

En réalité, Earl n’avait plus suivi son client à partir de « Voyez-moi comme l’ange gardien un peu con du groupe. », tellement qu’il fut obnubilé par la recherche de ce prénom. Conscient d’avoir perdu toute crédibilité auprès de lui, Earl baissa les bras.

— Tu sais. Ce type sobre qui doit ramener ses potes bourrés en sécurité jusqu’à leur maison. C’est donc toi, ce euh...

La barmaid posa deux verres d’eau tout en fusillant Earl. Ce simple regard le rappelait à l’ordre et surtout de bien se tenir. Il lui répondit par un sourire et but une gorgée du nouveau verre. Il se mit à grogner en découvrant que lui aussi avait droit à un verre d’eau fraîche.

— Bref. Je ne vois pas d’inconvenant à ce que tu restes en ces lieux. Tant que tu fasses profil bas. Ici, les filles ne sont pas idiotes ou uniquement superficielles. Je pense que le temps te semblera plus rapide en discutant avec elles.

Le premier nom qui venait en tête, après le premier échec, était Elena, l’une des filles de joie. Belle et intelligente. Il appréciait son sourire et sa joie de vivre. La gentillesse qui la caractérisait attirait la bête et la poussa à s’endormir. Une chose surprenante, en sachant que la première femme réussissant à le calmer ne se trouvait plus à Palatine.

— Je sais que vous avez refusé celle que je vous ai envoyée, mais acceptez la seconde. Elle s’appelle Elena et je pense que vous pourrez apprécier son intelligence et la conversation avec elle, monsieur...
   
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Earl Grey: Tout le monde, vous savez quel est la différence entre un vide d'ordure et Earl ?
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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le Mer 21 Juin 2017 - 10:45
Hafiz sourit à la remarque de son interlocuteur sur son physique. L’iranien se sentait flatter mais il ne savait pas si l’homme voulait se moquer de lui ou s’il était sincère. Il n’arrivait pas vraiment à déchiffrer le sourire de l’homme de la sécurité. Il ne pouvait plus être choqué par de telle parole sortant d’une personne du même sexe que lui. A son époque, sur Terre, son interlocuteur aurait sûrement fini en prison pour atteinte à la morale et aurait peut-être subi le joug du fouet. Ou pire. Mais Pallatine avait ouvert de nouvelles possibilités au cuisinier, en particulier la liberté de s’exprimer librement selon ses sentiments. Ce moment était un nouvel exemple d’une telle liberté.

« Vous n’êtes pas mal non plus cher monsieur, répondit-il à son tour. »

Par contre, l’iranien ne répondit pas quand son interlocuteur lui fit part de son conseil. C’est vrai qu’il avait simplement fait confiance sans trop poser de question. Il s’était douté de quelque chose mais ne s’était pas imaginé cela. Comment pouvait-il vraiment justifier sa présence ici ? Il aurait pu se mentir en disant que c’était une réminiscence de son comportement passé. Une certaine naïveté face à une société qu’il ne connaissait pas et une confiance profonde placée même dans les personnes qu’il ne connaissait pas depuis longtemps. Mais, au fond de lui, l’iranien avait le sentiment d’être venu par simple curiosité. Savoir où il allait lui avait peu importé. Il n’avait rien demandé en sachant intimement que l’endroit où leur petit groupe allait se rendre ne serait pas un lieu où il aurait ses habitudes. Et s’était le cas. Mais il s’était montré curieux. Curieux de voir jusqu’où il pouvait aller. Maintenant il avait la réponse. Ce lieu était une limite. Il se sentait mal à l’aise et ne pouvait même pas adresser la parole à quelqu’un.

Puis, il remarqua que son interlocuteur semblait songeur. Il donnait l’impression de chercher un lointain souvenir. Perdu dans les méandres de son esprit. Et puis, tout à coup, il le pointa du doigt et asséna sa phrase. Hafiz aurait pu sursauter mais, les effets de l’alcool aidant, il n’avait pas bougé. Un « Ben ». Que voulait-il lui dire enfin ? Son vis-à-vis ne semblait pas d’ailleurs sûr du mot qu’il cherchait. Puis, il lui décrit ce qu’il tentait vainement de trouver comme nom. Hafiz fut prompte à la détente. Il connaissait la réponse pour l’avoir entendu très récemment de la bouche d’une personne venant de la Terre. Autrement, il n’aurait sûrement jamais connu.

« C’est pas Ben que vous cherchez mais Sam je crois » annonça-t-il avec un sourire triomphale.

Au même moment, la barmaid arrivait, les bras chargeaient de leurs deux verres d’eaux. Hafiz la remercia profondément avant qu’elle ne regarde son interlocuteur. Le cuisinier ne fut cependant pas assez bien placé pour deviner ce que ce regard signifiait. Le sourire du garde sembla indiquer que c’était quelque chose de drôle. La barmaid reparti alors, les laissant tous  les deux face à face. Hafiz but une bonne gorgée d’eau. Cela le rafraichit légèrement mais son esprit était toujours un peu embrumé par les relents d’alcool. Il avait peut-être un peu trop abusé pour une fois. Mais il n’y réfléchi pas plus en détail car son interlocuteur reprit la conversation. Il l’écouta de bout en bout puis répondit calmement.

« Monsieur, je tiens à souligner que je n’ai jamais pensé que les femmes ici présentes sont des idiotes ou des femmes superficielles. Je respecte leur travail même si je ne suis pas la personne qui profite de leur service. Peut-être que dans d’autres circonstances je serais venu ici pour chercher autre chose que des amis mais ce n’est pas le cas. Et oui, j’aurais aimé discuté, mais je ne suis pas le plus doué pour cela. Mes sujets de discussions ne sont pas des plus intéressants. Imaginez que je vienne ici et que je commence à parler cuisine. L’ambiance ne me parait pas la plus approprié. On me prendrait sûrement pour un taré. »

Hafiz ne réfléchissait pas vraiment à ce qu’il disait. Les mots sortaient tels quel de sa bouche sans vraiment être des arguments de poids. Il ne savait même pas si son interlocuteur avait insinué que lui, le cuisinier, prenait les femmes pour de simples objets. Il ne pensait plus très clairement et n’était pas sûr de comprendre. L’iranien but encore une fois à son verre avant de déclarer :

« Elena. Je connais une Elena que j’ai rencontrée dans le restaurant où je travaille. Une femme très sympathique et curieuse d’ailleurs. Elle correspond très bien à votre description. Sa conversation est forte intéressante même si, malheureusement pour moi, je n’ai pas beaucoup le temps de parler pendant le service. C’est aussi une très belle femme, attirant les regards des autres mais pas forcément pour son bonheur. Enfin, si nous parlons de la même, bien sûr. »

Il se souvenait de ses traits, de ses questions un peu personnelles auxquelles il avait répondu avec une grande joie. Cela avait été un plaisir de discuter avec elle. Cela serait amusant de la voir ici. Dans son esprit embrumé, Hafiz se souvenait de lui avoir demandé où elle travaillait mais ne se souvenait pas bien ce qu’elle lui avait répondu. Maudit alcool.

« Ah et, pardonnez-moi de ne pas l’avoir fait plus tôt. Je m’appelle Hafiz at-Tabarî, déclara-t-il en tendant la main à son interlocuteur. Le Sam d’un groupe d’un groupe d’ivrogne. »

Il avait ajouté cela avec un petit clin d’œil à l’attention de son interlocuteur. Puis son regard commença à balayer la foule qui se trouvait derrière le siège de son vis-à-vis. Il ne faisait plus vraiment attention à ce qu’il regardait sans toutefois s’attardait. C’était simplement le fait d’observer la foule dans l’espoir d’y trouver un visage familier. Puis son attention revint sur son interlocuteur.

« Depuis combien de temps travaillez-vous ici ? Cela n’a pas l’air d’être de tout repos quand même. Il y a beaucoup de client à ce que je vois. Comment faites-vous vous pour garder un œil sur tout ce qui se passe ? Enfin, quand il n’y a pas un con comme moi qui vous empêche de le faire. »


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L'Hirondelle

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“ Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service.” ▬ Earl Winchester
La honte monta rapidement sur le visage d’Earl. Le nom avait la même consonance, mais ce n’était pas le même visage. Et à croire ce que son interlocuteur venait de lui dire, il avait tout faux sur un point : Sam n’était pas une personne proprement parlée, mais la désignation d’un individu qui avait la mission de ramener les ivrognes. Si c’était à Earl de jouer à son rôle, ses partenaires devraient se réparer à un bon coup pied dans le derrière avant la fin de la soirée.

Cette conversation avec le client lui plaisait. Il ressentait chez cet Hafiz at-Tabari une bonne éducation, gentleman auprès des demoiselles. En l’observant du pied à la tête, Earl se doutait que sa première visite serait sûrement la dernière. Sauf si, à nouveau, il devait remettre les pieds sur ce sol. Il se lamentait sur son seul sujet possible auquel il penserait aborder, la cuisine. Et cela le faisait rire en pensant qu’il avait parfaitement raison. Ce n’était pas vraiment le style de la maison. Mais un petit cours de cuisine, comme soirée à thème, cela ne le dérangerait pas.

— Vous êtes cuisinier ? C’est quel genre de cuisine ? Il faudrait me passer l’adresse. J’y passerais un de ses quatre.

Earl eut un sourire, bref et timide. Puis, il réalisa que son masque professionnel tombait. Il referma son visage aussitôt.

La mention d’une Elena, lui rappelant la sienne, l’aida beaucoup. C’était une demoiselle qu’il appréciait. Une citoyenne travaillant dans un club dirigé par les gangsters. La description que lui donnait l’Iranien se superposa à celle qu’il connaissait. Étaient-elles la même personne. Si c’était le cas, on pourrait dire une certaine sincérité de son aura. D’ailleurs, elle travaillait ce soir-là, à l’étage au-dessus de leur tête. Il se demanda s’il devait l’appeler un instant, s’assurer s’ils parlaient de la même personne, jusqu’à ce que son interlocuteur se présentât tout en lui présentant la main.

Earl la serra sans la moindre hésitation.

— Earl Winchester. Je bosse ici comme agent de sécurité.

Le gangster lui rendit son clin d’œil. Puis, il s’empara de son verre et but le fond de celui-ci avant de le reposer. Durant son action, il n’avait pas quitté des yeux Hafiz, remarquant son regard observateur. Il se tourna brièvement, s’assurant que tout allait bien et si ses collègues avaient bougé pour une affaire. Mais tout restait encore calme.

Puis, le questionnement de l’altermondialiste (oui, je sais. Earl ne le sait pas) ramena son attention vers lui.

— Je travaille depuis l’ouverture de l’Hirondelle. Je connaissais la fondatrice de la maison depuis longtemps. À vrai dire, on venait de la même époque sur la Terre. C’était une petite fille tout à fait charmante. Mais elle m’inquiétait quand même, car elle n’avait pas sa langue dans sa poche. On peut dire que j’avais plus les yeux déviés vers sa personne que le boulot.

Il se mit à rire brièvement.

— C’est très simple. C’est le principe de la toile d’araignée. On a plein de petits yeux partout et j’ai un œil qui fait 360° de tour sur lui-même, plaisanta-t-il. Non. On a des caméras, et d’autres personnes qui m’aident à la sécurité. Alors, un homme tel que toi n’est pas prêt de nous empêcher de bosser correctement, répondit-il plus sincèrement.

C’était la question la plus simple du monde. Malgré l’ambiance des lieux, des caméras ont été installées de façon à ce qu’on ne remarque pas leur présence. Les agents de sécurité semblaient d'être eux aussi des clients, si on ne faisait pas attention.

— En plus, vous m’êtes sympathique, Hafiz. C’est un délice de converser avec vous. Dommage que vos amis vous abandonnent de cette façon. Si c’était moi, je serais resté à vos côtés.

Il leva la main pour attirer l’attention de la barmaid. Dès qu’elle s’approcha d’eux, il commanda un autre verre pour Hafiz. « un cadeau de la maison ». Tout en sachant que son vis-à-vis ne semblait pas à être à son premier verre.   
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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le Lun 11 Sep 2017 - 16:57
« Oh vous savez ce n’est pas grand-chose. Je fais essentiellement de la cuisine du Moyen-Orient. Mais il m’arrive aussi de  cuisiner des plats venus de partout. De plus, je ne suis pas tout seul. On est tout une équipe internationale. Et si vous voulez passer, eh bien n’hésitez pas. »

Tandis qu’il répondait, l’iranien sortit de son portefeuille une carte professionnelle et la tendit à son interlocuteur. Il avait toujours trois ou quatre petites cartes de ce genre pour les curieux. Pendant un  bref instant, Hafiz aperçut le sourire d’Earl. Mais celui-ci referma son visage. Comme s’il ne pouvait pas se permettre de se laisser aller. Le cuisinier pouvait comprendre. L’homme de la sécurité devait incarner une forme de menace pour tous ceux qui avaient de mauvaises intentions. Il ne fit donc aucune remarque et fit comme si de rien n’était. Il fut d’ailleurs très heureux d’apprendre le nom de l’homme qui lui faisait face. Hafiz préférait savoir à qui il parlait. Il l’écouta raconter comment il avait fini ici. Ainsi il avait connu la propriétaire sur Terre. Il avait vraiment eu de la chance d’avoir trouvé quelqu’un de proche. C’était plutôt rare d’après ce qu’Hafiz savait. Par contre, le cuisinier ne put s’empêcher de remarquer que son interlocuteur parlait au passé. La propriétaire avait-elle changé ? Avait-elle disparu pendant les récents événements ? L’iranien ne posa pas de question, préférant éviter de rappeler à cet homme de mauvais souvenir.

Hafiz rigola ensuite à gorge déployé à la blague de l’agent de sécurité. C’est vrai qu’il aurait pu se douter qu’il avait un système de surveillance ainsi qu’une équipe pour le soutenir. Mais force est de constater que les autres membres de la sécurité n’étaient pas reconnaissables au premier coup d’œil. Earl lui-même semblait n’être qu’un client lambda.  Les caméras quant à elles étaient tout bonnement invisibles aux regards néophytes de l’iranien. Peut-être devrait-il conseiller à son patron de faire de même au restaurant. Après tout, il n’avait ni agent de sécurité ni de caméras. L’établissement n’était équipé que d’une simple alarme qui fonctionnait seulement lors de la fermeture. Peut-être que cela pourrait les empêcher de subir une nouvelle attaque dans le futur.

Hafiz fut un peu surpris de la remarque d’Earl à son sujet, mais cela le toucha beaucoup. Il n’avait pas eu le sentiment de s’être montré particulièrement aimable devant son interlocuteur. Il lui était donc reconnaissant de ce soutien inattendu. Il apprécia également le fait que l’agent lui offre une autre consommation et ce gratuitement. Il ne put cependant s’empêcher de dire :

« Vous me gâtez beaucoup. Mais j’accepte avec plaisir ce verre. Par contre, ce sera le dernier pour moi. Je ne suis pas sûr de pouvoir tenir la route si je venais à en prendre un autre. »

Ce cadeau représenterait le troisième verre de la soirée dans son esprit. Enfin, il n’en était plus très sûr. Mais cela n’avait pas de réelle importance. L’ivresse ne l’avait touché qu’une seule fois dans sa vie et il comptait bien que cela ne se reproduise jamais. La soirée devenait de plus en plus à son goût finalement. Il avait eu de la chance de tomber sur Earl et ce, grâce à ses « amis » qui l’avaient fait venir ici. Il penserait à les remercier quand ils sortiraient complètement saouls, histoire qu’ils ne s’en souviennent pas le lendemain.

« Permettez-moi une question voulez-vous ? Est-ce que vous profitez des services du lieu où vous travaillez ? Attention, je ne veux pas sous-entendre que vous utilisez votre poste pour obtenir des faveurs des autres employés. Juste, est-ce qu’il vous arrive de côtoyer l’Hirondelle quand vous n’êtes pas en service ? Ou il y a-t-il une sorte de barrière qui rend cela infranchissable ? Et puis autre remarque. Il n'y a pas d'homme proposant ses services ici, du moins je n'en ai pas vu à part vous au début de notre conversation. C'est un choix de votre patronne? »

Hafiz se rendait bien compte de l'indiscrétion de ses demande mais il était très intéressait par Earl et par l'établissement en question. Il voulait se rendre compte à quel monde il avait affaire mais surtout, il essayait d'en savoir un peu plus sur son interlocuteur.


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Quand on emmerde un peu son monde, on ne s'étonne pas qu'on finît par y être renvoyé un coup de pied dans les fesses. Videz les ordures, c'est son métier. Jurer et cracher, c'est sa marque de fabrication. Il peut être doux avec les femmes, dure avec les hommes. Mais présentez-lui un bon whisky et il l'avalera comme si c'était de l'eau. Et peut-être que vous aurez la chance d'être dans sa liste d'amis. Autrement, gare aux coups. Bordel !
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♟Une soirée incongrue ♟
“ Peut-être préférez-vous la compagnie des hommes. Si c’est le cas, je suis à votre service.” ▬ Earl Winchester
Earl rangea la carte de visite dans la poche de sa veste, au niveau du torse, sans quitter son attention à Hafiz.

Le verre offert fut rapidement posé sur la table basse entre les deux interlocuteurs quand ce dernier lui questionna sur sa vie professionnelle. Earl eut un rictus à peine perceptive. Il fallait surtout bien le connaître pour savoir que c’était un de sa part. Jamais il lui était venu de profiter des plaisirs de son lieu de travail. Pour la simple et bonne raison qu’il préférait mettre une barrière entre sa vie professionnelle et privée afin de rester lucide. Bien évidemment, il y a eu des rapprochements avec une demoiselle dans l’Hirondelle, mais ils avaient décidé d’arrêter au bout de six mois dans un accord commun.
Depuis, Earl n’avait plus renouvelé l’expérience.

Pour ce qui est de l’absence d’homme prostitué dans le salon…

— Il est vrai. Il est tentent de profiter de la peau suave de ses fleurs fraîches et sensuelles, de profiter de ce parfum délicat. Cependant, je garde toute même mes distances par rapport à ma fonction. C’est un choix personnel. Comment pourrais-je travailler convenablement, si je pense que ma douce est en proie d’autres hommes. Je ne pourrais pas. Alors que par le passé, cela ne m’aurait pas dérangé. Je crois qu’avec l’âge, l’habitude ou l’atmosphère de Pallatine, je m’éloigne de mes vieux démons terriens.

L’agent de sécurité courba l’échine, croisa les doigts au-dessus de ses genoux.

— Mais je n’ai pas dit que je m’abstins de toute vie sexuelle, je l’avoue, ajouta-t-il avec un sourire charmeur.

Earl laissa une pause silencieuse à Hafiz, afin qu’il puisse digérer ces informations. Il ne se sentait pas tout à fait proche de lui, pour lui révéler son côté frivole, ni que Pallatine lui a offert une nouvelle vision des relations entre hommes. Par le passé, les mœurs de son époque ne lui auraient pas permis de se rendre compte de son attirance sans la crainte d’être considéré comme un malade. Dans un sens, Pallatine ouvrait des portes insoupçonnables.
Puis, il reprit :

— Pour ce qui est de l’absence des hommes. Dans les années 1930, on trouvait plus de prostitués femmes dans les rues que les hommes. Et comme je vous l’avais dit plus tôt, cette Hirondelle a été reconstruite par rapport à l’ancienne. Pour l’instant, nous n’avons jamais eu de demande, ici, dans ce genre, expliqua-t-il calmement. Du coup, ce fut effectivement un choix de la patronne, attaché à sa vie terrestre.

Earl observa longuement Hafiz, se demandant si l’absence d’homme lui était finalement préjudiciable. Ces refus de côtoyer les femmes pourraient provenir par une attirance pour des partenaires du même sexe.

— Si monsieur le veut, je remonterai la remarque pour qu’on réfléchisse à la question. Et si ce projet s’ouvre, peut-être que monsieur accepterait de revenir, poursuivit-il. Si je puis espérer un retour dans ces lieux de son plein gré, cette fois-ci.

À ces phrases, Earl voulait s’assurer qu’il ne s’était pas trompé sur le penchant de « son client » en le sondant. Dans un sens, il maudissait son cadre professionnel, car il se serait permis de parler franchement, sans le moindre détour.

L’américain observa furtivement sa montre, attaché à son poignet. Les amis de ce dernier ne semblaient pas d’être de retour maintenant. Et aucun grabuge n’avait été signalé à leur encontre. Cependant, comme ces derniers étaient alcoolisés, il aurait préféré prévenir l’un de ces collègues.

Or, il n’avait aucun prétexte valable sans attirer l’attention de l’Iranien.
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le Dim 12 Nov 2017 - 16:37
Hafiz écouta avec attention la réponse de son interlocuteur. Et il ne pouvait que lui donner raison. Comment un homme pouvait rester serein si la personne à laquelle il tenait le plus au monde passait de main en main ? Pas lui en tout cas. Ses pensées dérivèrent un instant vers Anyse. Bien sûr elle n’aurait jamais bossé dans un endroit pareil, ça il en était certain. Mais, dans le cas contraire, cela n’aurait fait que lui provoquer des insomnies et un stress croissant. Aurait-il pu le supporter ? Sans doute que non. Il balaya rapidement cette simulation de son esprit et se reconcentra sur ce que disais son vis-à-vis. Point intéressant, son interlocuteur lui précisa bien que cela n’avait toujours pas été le cas. Même s’il ne s’y attendait pas, il ne fut pas surpris non plus. Depuis qu’il était ici, il savait qu’il ne fallait pas juger en avance les gens. Il y avait bien trop de différence entre la vie sur Terre et celle de Pallatine. Des milliers de mœurs venaient s’entrechoquer dans cette ville cosmopolite.  Sa remarque suivant provoqua d’ailleurs un sourire chez l’iranien.

« En même temps, qui pourrait vous reprocher d’avoir une vie sexuelle. C’est votre corps. Vous en faites ce que vous voulais. Et puis, pourquoi se privait si des personnes sont réceptives à vos charmes. Non franchement, je ne vois pas de problème à avoir une vie sexuelle épanouie. »

Heureusement que le cuisinier ne tenait pas ce genre de discours dans son pays d’origine. Il se serait fait fouetter voire châtrer pour cette façon de penser. Le plus important pour lui, c’était le consentement mutuel des personnes concernées. Après, quel que soit le sexe du ou des partenaires, cela n’avait plus d’importance. Et, en regardant Earl, il ne pouvait pas l’imaginer abuser d’une personne, même s’il n’était pas avenant aux premiers abords. Aurait-il pensé cela s’il n’avait pas discuté avec lui ? Probablement que non. Ou alors il lui aurait laissé le bénéfice du doute. Enfin, travailler dans une maison close devait parfois exciter un peu les sens. S’il travaillait ici et qu’il n’avait jamais succombé, alors pourquoi succomberait-il en dehors.

L’explication du vigile sur les raisons de l’absence d’hommes et sur l’origine de la maison close provoqua un regain de curiosité chez l’iranien. Ce n’était donc pas une question de principe ou de dégoût. Finalement, ce n’était que comme une étude de marché. Comme il n’y a pas de demande, alors pourquoi y aurait-il une offre. Même si d’une certaine façon cette idée de voir la maison close le dérangeait, il avait conscience que le but de ce genre d’établissement était de faire du chiffre. Il n’y avait donc rien à ajouter. Mais au moins, cela donna quelques informations à Hafiz sur les modes de vie qui pouvaient exister ailleurs que dans son pays à cette époque.

La proposition d’Earl aurait pu, dans d’autres circonstances, être totalement alléchante. Il fit un sourire sincère à son vis-à-vis avant de répondre :

« Non, ne vous embêtez pas. Je ne reviendrai pas si ce projet se mettait en place. Je ne pense même pas revenir un jour. La seule raison qui pourrait me donner envie de revenir ici, se serait de discuter à nouveau avec vous, un bon verre à la main, comme nous le faisons maintenant. »

Il aurait pu dire qu’il n’était pas le genre de personne à venir ici ou à payer quelqu’un juste pour passer du bon temps. Cela n’aurait pas été absolument faux. Mais il ne pouvait pas non plus affirmait que, jusqu’à la fin de sa vie, il n’aurait pas côtoyé cet établissement dans des circonstances exceptionnelles.

« Cela n’a bien sûr rien à voir avec ce lieu ou avec les gens qui y travaillent. Je penser juste avoir trouver la perle rare dans cette ville et je…je…disons que je suis attaché à cette personne et souhaite lui rester fidèle. Être ici ce soir est une véritable épreuve. Donc, je suis désolé de devoir décliner votre offre. »

D’une certaine façon, Hafiz le sentiment d’avoir donné de faux espoirs à Earl sur son possible retour ici. Il n’avait pas pensé que sa question, issue de sa curiosité, provoquerai des sous-entendu qu’il ne voulait pas laisser. Sa demande avait sans doute parut très ambiguë. Il devait faire attention. Cependant, il repoussa rapidement cette idée quand une envie pressante lui rappela qu’il avait beaucoup bu. Il se leva, assez rapidement et dit tout en partant :

« Excusez-moi un instant, je reviens tout de suite »

Et sans attendre de réponse, il fonça vers les toilettes. Il revint quelques minutes plus tard, prêt à finir sa boisson et pourquoi pas prendre un petit verre d’eau pour finir. Ses pensées allèrent un instant vers ses camarades qu’ils n’avaient pas revu de la soirée. Soit ils étaient encore occupés, soit ils étaient suffisamment imbibés pour l’avoir oublié. Mais, cette simple idée ne dérangea aucunement l’iranien. Il avait fait la rencontre d’un interlocuteur fort intéressant. Sa soirée était plus productive que prévue. Il revint donc se réinstaller, espérant que Earl ne soit pas parti pour une intervention musclée.

hrp:
Désolé pour le temps de réponse. Je n'avais plus la force après le boulot Malicieux


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le Ven 17 Nov 2017 - 11:18
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Hafiz lui offrit l’opportunité tant attendue. Et il le remercia mentalement sans qu’un changement survînt sur son visage. Il se redressa au même instant que son hôte, et bougea uniquement quand ce dernier disparut de son champ de vision. Il se dirigea vers son collègue et se plaça à côté de lui, les mains croisées devant. Il lui offrit les informations obtenues par l’Iranien.

Aucun signalement n’avait été constaté à l’étage.

Cependant, l’un de ses collègues serait tout même envoyé en repérage, histoire de s’assurer que tout se passerait bien. Rassuré, Earl lui tapota l’épaule, se dirigea vers le tableau de pointage avant d’y placer sa demi-heure de pause. Il pensa qu’il devrait informer la nouvelle patronne de son extra, par simple acquit de conscience. Et aussi parce qu’il avait l’habitude de faire ce genre de rapport avec Ellie.

Hafiz était pour lui un homme intéressant et plaisant. Le genre qu’Earl appréciait d'approfondir la relation. Durant leur conversation, il avait noté à la fois son malaise sur un sujet, mais qui rebondissait rapidement. Il devait l’avouer, il faisait exprès pour mieux le connaître et savoir où cela s’arrêtait. L’homme semblait droit et loyal, ce qu’il appréciait. En même temps, il provoquait un contraste vis-à-vis des tiraillements du gangster. Sa propre loyauté, sa diaspora l’avait obtenu uniquement parce qu’il voulait protéger Ellie d’un destin tragique en étant sous les ordres d’Al Capone. Lui retirer ce pilier et sa loyauté si facilement obtenue s’effritait lentement. Et si la bête restait encore dans cette cage, ce n’était uniquement par ce que l’Hirondelle existait encore, mais surtout qu’il avait rien pour contrebalancer sa position.

Revenant à sa place, il vit Hafiz qui était revenu.

— Déjà de retour, annonça-t-il en s’installant. J’avais quelque chose à faire avant ma pause et c’est réglé.

Contrairement à son arrivée plus tôt, Earl retira sa veste et la posa sur le fauteuil. Puis, il remonta les manches de son chemisier clair. Durant son action, il regarda Hafiz tout en se demandant quelle serait sa réaction s’il voyait la face cachée de sa personnalité, brutale et insolant. Et en dépit de sa pause, il savait qu’il devait tout même garder une prestance.
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le Dim 3 Déc 2017 - 10:04
« J’espère que je ne vous ai pas empêché de faire votre travail comme il fallait. Si c’est le cas, j’en suis sincèrement désolé. »

Hafiz ne s’était pas vraiment rendu compte du temps qu’il avait passé en compagnie d’Earl. Un rapide coup d’œil sur sa montre le lui indiqua et il ne put cacher une grimace de surprise. Était-ce les effets de l’alcool, sa discussion avec Earl ou bien les deux qui l’avaient mené à laisser s’échapper tant de temps. Quel qu’en soit la raison, cela ne lui déplaisait pas forcément. Il avait toujours reculé lorsqu’on lui proposait de sortir. Cette soirée lui montrait qu’il avait sans doute eu tort de ne pas se montrer un peu plus extraverti depuis son arrivée. Combien de rencontres intéressantes avaient-ils pu rater à cause de cela ? Il ne le saurait sans doute jamais mais il pouvait commencer à se rattraper.

Reconcentrant son attention sur Earl plutôt que sur des questions qu’il devait laisser derrière lui, il vit on interlocuteur se mettre un peu plus à l’aise. L’iranien interpréta cela comme une invitation à poursuivre leur discussion. Lui-même déboutonna ses manches, celles-ci devenant soudain gênantes. Il se rassit à son tour, peut-être un peu trop rapidement. La tête lui tournait légèrement. Il devait faire un peu plus attention à sa consommation d’alcool pour la suite sinon c’est lui qui finirait par faire une boulette dans l’établissement. Il essaya de se redonner une certaine constance avant de relancer Earl :

« Est-ce que vous vous voyez toujours ici dans cinq, dix voire même vingt ans ? Je ne parle pas de tous les accidents et risques qui incombent à votre travail. Ils ne sont pas vraiment prévisibles. Mais justement, sans ses facteurs risques, est-ce que vous envisagez votre carrière uniquement ici ? »

Cette question était une façon pour Hafiz de savoir si Earl avait trouvé sa voie ou si ce n’était qu’une activité temporaire. Et sa réponse ne mènerait aucunement à un quelconque jugement de la part d’Hafiz. C’était de la simple curiosité de la part de l’iranien. Il la posait souvent aux gens qu’il rencontrait, en particulier car il ne savait pas beaucoup faire la conversation. Et sans doute parce que, dans son propre cas, son travail représentait beaucoup et qu’il ne se voyait pas en changer avant très longtemps. Si ce n’est jamais. Il avait trouvé ce qu’il avait envie de faire depuis longtemps. Après, il pouvait sans peine s’imaginer quitter son poste actuel pour un autre restaurant, pour des raisons divers et variées. Mais ce n’était pas encore au goût du jour.

HRP:
Je suis désolé pour le temps que j'ai mis à répondre. J'ai pas eu beaucoup de temps cette semaine Pleure


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le Mar 12 Déc 2017 - 19:15
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Earl rassura Hafiz en balançant la main de gauche à droite pour lui faire comprendre que tout ceci était du passé. En réalité, l’Iranien ne l’avait pas plus embêté qu’un autre et une petite entorse dans son temps de travail ne se serait pas fait ressentir. Surtout qu’il n’avait eu aucun mouvement suspect durant cette soirée. Tout ce qu’aimait en réalité Earl.

Puis, il pointa du doigt son interlocuteur avec un sourire charmeur.

— Ne t’inquiète pas, mon cher Hafiz. Si tu ne me déranges pas. Bien au contraire, tu m’as sortie d’un ennui des plus totals.

Le gangster rigola légèrement. Quand il y pensait sur la situation, c’était un peu comme s’il prenait la place de ces dames, en lui tenant compagnie. Néanmoins, il refusait de s’exprimer avec une joie simulée. Il appréciait beaucoup Hafiz, sa personnalité pour le faire. De plus, en le voyant légèrement titubant, il se rendit bien compte que son vis-à-vis avait absorbé un peu trop d’alcool pour la soirée.

Il pensait qu’il représentait un bien piètre Sam dans ce genre de situation et il devait se montrer plus compatissent. Il ne savait pas quoi dire jusqu’à ce qu’Hafiz démontra un certain intérêt pour sa personne et son avenir.

— Honnêtement, je me vois travailler ici jusqu’à la fin de mes jours. J’ai voué à me montrer loyale envers le maître de ces lieux. Ces murs. Tant qu’ils seront debout, même écorché, je continuerais à y demeurer. Et rien ne me ferait changer d’avis.

Si la question avait été demandée autrement, Earl lui aurait donné une tout autre réponse.

Son arrivée à Palatine aurait pu signaler un nouveau départ pour cet homme. Loin des guerres des gangs, il se serait vu dans un travail plus enclin à la sérénité. À l’instant où il avait franchi les portes de l’institut, Earl avait commencé à entreprendre des recherches dans une activité manuelle. Il se serait essayé à la charpente ou même en menuiserie, comme son père. Mais tout fut chamboulé à la première disparition d’Ellie. Il l’avait retrouvé parmi les gangsters et il l’avait tout simplement suivi, car il craignait pour sa sécurité. Au final, il faisait ce qu’il avait tout simplement l’habitude de faire : se tenir prêt à envoyer une châtaigne au premier signe de conflit.

— Les vieux démons nous retiennent sur ce que nous savons de mieux à faire, et pourquoi je changerais ? Conclut-il avec une pointe d’amertume.

Ce n’était pas réellement une question. Il ne s’attendait pas à recevoir une réponse de la part de son interlocuteur.

— De plus, c’est un peu comme si je vous disais s’il vous resterait toute votre vie un cuisinier, reprend-il avec amusement. Dites-moi, Hafiz, est-ce que vous avez une passion ou un plaisir du quotidien en dehors de votre cuisine ?
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