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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Pour up - Ft. Tae Joon

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Personnage : Héritier d'une fortune construite par ses parents dans le monde du spectacle. Sungmin vit dans un monde d'apparences.
C'est le gosse de riche typique qui ne se rend pas compte des injustices autour de lui. C'est l'élitisme pur. Une certaine cruauté dans son regard du monde extérieur à sa sphère ultra-privilégiée.
C'est encore un jeune qui n'est pas prêt à assumer toutes les responsabilités qui lui tombent dessus, mais déterminé à faire de son mieux. Le désir de faire son propre nom.
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posté le Lun 22 Mai 2017 - 23:54 (1)
POUR UP


16h. Sungmin retrouve son appartement. « Enfin ! » En soupirant, il se débarrasse de son manteau, le jette négligemment sur le premier divan (nouvelle acquisition, lignes droites, modernes, épuré, en cuir, blanc) qu'il croise avant de se diriger vers le bar aménagé au salon. Devant son impressionnante collection de bouteilles, il s'arrête et souffle un peu. Quelle journée il a eue... Passer toutes ces heures confiné dans un bureau, la tête plongée dans les chiffres, ça vous tue le cerveau ! Plus rien ne fait du sens, des symboles imprimés sur du papier, soi-disant cohérents, deviennent des hiéroglyphes, et vous essayez de tirer des conclusions à partir de cela... Non, pendant une heure ou deux, il en est capable, il n'a pas une cervelle de moineau, mais trop de temps à ne voir que ça, il déprime, tout bonnement. Sans doute tient-il plus de sa mère (l'artiste intuitive) que de son père (l'ancien artiste reconverti en entrepreneur gérant les risques pris par la mère). Peut-être qu'en le concevant, ils croyaient qu'il serait parfait - juste assez visionnaire pour trouver les bonnes affaires, mais aussi terre à terre et avec les chiffres en tête pour ne pas prendre de risques inconsidérés. Malheureusement né avec l'esprit trop « libre », il est plutôt doté d'une certaine impulsivité qui lui cause des problèmes.

Bref, pas le meilleur gestionnaire au monde. Et vu la soirée qui se dessine à l'horizon, il va avoir besoin d'un remontant. Il a un déjà un mal de crâne rien qu'à y penser (à la soirée, pas l'alcool, non, ça, ça viendra beaucoup plus tard). Le type qu'il a invité chez lui, c'est un comptable ? Un notaire ? Oh, qu'importe. Ce qu'il sait, c'est que le conversation risque grandement de l'ennuyer - à quoi d'autre peut-il s'attendre ?  Le gars, Tae Joon, doit l'aider lui et sa mère pour conclure la passation, un truc du genre. S'il le reçoit ce soir, c'est d'ailleurs seulement parce que sa mère lui a dit : « tu sais, Sungmin, tu devrais le rencontrer, parler de ce qu'il y aura à venir. C'est important la communication dans notre milieu et » bla bla bla. Il n'a rien contre le fait d'être sociable, mais une autre conversation autour des chiffres et des lois qu'il ne connait pas va le tuer.

Alors comment survivre ? Un mot : whisky. Il sort une bouteille, deux verres, remplit déjà le premier et y met un glaçon. Honnêtement, il préférerait boire une bière à même la bouteille, ou peut-être enfiler quelques verres de soju, mais devant recevoir un invité, il préfère garder une certaine distinction. Quoi que, en toute sincérité, il n'a pas envie que cela devienne une conversation trop formelle... S'il perçoit une brèche, n'importe laquelle, permettant de se sortir des chiffres, il l'exploitera, s'y enfoncera, jusqu'à ce que le sujet original meurt. Et la vérité, c'est qu'il a aussi deux ou trois choses à lui demander. Mais ça, nous y reviendrons en temps et lieu.

La première gorgée brûle sa gorge. Le détend instantanément. Il retourne au salon, s'installe dans l'un de ses divans blancs dernière mode. Regarde brièvement les dossiers étalés sur sa table basse depuis la veille, puis les ignore royalement. Il peut se détendre, encore un peu, jusqu'à ce qu'il entende la sonnette...

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Personnage : Taejoon n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé, il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi a-t-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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posté le Mer 24 Mai 2017 - 0:44 (2)

Allongé dans son lit, son poignet levé devant lui, Taejoon observait avec une certaine nostalgie sa montre faire passer les secondes. Il savait qu’elle n’était pas à l’heure d’ici, mais lui ne se sentant pas chez lui, ça ne le dérangeait pas. Il se demandait ce que ses amis faisaient, à ce moment-ci. Avaient-ils fini leurs études, étaient-ils enfin entrés dans cette vie active qu’ils convoitaient tous à reculons ? Il aurait aimé les voir dans leur robe de magistrat, aurait aimé, oui, prendre une dernière photo d’eux. Le pire était de se dire qu’il était arrivé ici sans rien si ce n’était ses habits du jour. Que dire de la photo de sa mère, soigneusement pliée dans le porte-monnaie qu’il n’avait jamais retrouvé ? Il se souvenait encore du jour où il l’avait prise, alors qu’ils venaient de découvrir un chien dans le jardin, ayant distancé son couple de touristes égarés. Enfin. Soupirant il avait tourné le visage, quittant des yeux cet unique objet qui le reliait à un monde auquel il n’appartenait plus. Il l’aurait presque, sous une colère subite, jeté de toute ses forces à terre. Il aurait aimé la voir se briser contre le mur, éclater en des dizaines de morceaux pour qu’elle aussi vive ce qu’il vivait aujourd’hui. Mais trop attaché, trop lâche pour se séparer, renoncer à ce qui le reliait à son passé il était resté immobile.

Midi était passé depuis longtemps et s’il était déjà sorti ce matin, il n’avait tardé à rentrer, ne prenant la peine de quitter ses habits avant de se jeter sur son lit. Inerte, il n’avait cherché à dormir, s’était juste laissé aller au silence, les yeux ouverts, fixant le vide. Et réalisant à présent qu’il ne savait exactement où il devait se rendre, n’y étant jamais allé jusqu’alors, il avait fini par se lever. Debout, il avait fait face au costume qu’il allait devoir enfiler. Qu’aurait-il donné pour rester dans son sweat-shirt, une casquette enfoncée sur la tête. Pourtant il aimait ça, les beaux habits : avait toujours été de ceux suivant les tendances, à soigner son apparence. Coréen pur souche, d’abord gamin de campagne puis jeune adolescent se découvrant Séoulite, il aimait les pantalons coupés courts et n’avait peur à l’idée de traverser une rue pleine de monde et de regards. Mais ici tout était différent et tous ne venant pas de son petit pays il se sentait fétu de paille happé par le vent. Simple grain de sable dans l’océan, il se découvrait une passion pour l’invisible : n’être la source d’aucun propos, d’aucune rumeur. Ne voulait plus briller et rire à gorge déployée. Il voulait se faire oublier et pourquoi pas s’effacer lui-même de ses pensées. Disparaitre à jamais pour ainsi pouvoir tout recommencer, réapprendre à aimer et désirer : réapprendre à rêver.

Las de lui-même, il avait passé une main sur son visage, était parti faire un brin de toilette et s’était finalement dirigé vers la glace non loin de la sortie. Son attaché case en main, il l’avait logé entre ses jambes le temps de nouer la cravate autour de son cou. Tentant de s’offrir un sourire, quoique maigre et fatigué, il s’était dit que tout irait et avait claqué la porte derrière lui.

La ville et son air frais le vivifient et arrivant à St-Juré Taejoon ne peut s’empêcher une moue ébahie. Les monuments sont immenses et impressionnants et les appartements si différents de ceux qu’il côtoie au quartier des affaires. Cherchant le nom de la rue indiqué, il finit par arriver devant l’immeuble et inspirant avec force y entre sans se retourner. Arrivé au #33, il n’hésite pas et presse la sonnette. Il ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, n’ayant jamais parlé au fils en personne, mais connait et maitrise déjà la situation. L’inconnu dans lequel il est plongé depuis son arrivée l’irrite et ayant enfin trouvé un travail ressemblant à celui qu’il exerçait avant, il s’est plongé dans les dossiers autant de fois que nécessaire, finissant par les mémoriser au point de pouvoir les réciter.

Et lorsque la porte s’ouvre c’est d’un sourire qui se veut professionnel qu’il amorce un « Enchanté, j’espère que vous ne m’avez pas attendu. ». Ne sachant pas exactement dans quelle langue parler, il se permet d’entamer en anglais, oubliant ainsi d’innombrables formalités. Car après tout, comment faire ? Devrait-il l’appeler par son nom ou son prénom ou les deux ? Devrait-il prendre la première particule de respect ou la seconde ? Le simple fait de ne savoir si il doit lui serrer la main ou s’incliner lui donne la migraine et il ne sait pas si il est heureux de rencontrer un comparse coréen ou au contraire anxieux à l’idée de tout faire foirer. Il aurait aimé, au fond, trouver quelqu'un le comprenant avec qui parler confortablement. Boire du soju autour d’un barbecue lui manque, et les rires lorsqu’ils perdaient au jeu et devaient mélanger les boissons aussi. Tout lui manque et voir un repère, un visage familier lui fait tout autant plaisir que peur. « Nous n’avons jamais été introduis directement l’un à l’autre, donc je me permets de me présenter de manière plus formelle. Han Taejoon, juriste de formation, tant bien même dans notre cas il s’avèrerait plus d’un cas de passation, d’harmonisation et de gestion. »

Maintenant ferme ta gueule et attends.
En souriant.

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posté le Ven 26 Mai 2017 - 22:12 (3)
Et enfin, on cogne à la porte. Sungmin ferme les yeux, une seconde, en soupirant. C'est parti pour une nouvelle rencontre - ou plutôt une nouvelle réunion s'il ne parvient pas à détourner la conversation des chiffres. Il essaie de ne pas se sentir agacé, mais c'est perdu. Il croit entendre sa mère railler qu'il est insolent et qu'il devrait plutôt s'efforcer de faire bonne impression. Le conseil est rangé dans une boîte, dans un coin, très loin, de son inconscience.  Oh, évidemment, il n'a pas l'intention d'être horrible avec Tae Joon, mais il préfère l'accueillir à sa manière, sans artifices, sans cette fausse politesse qui marque la majorité de ses relations (si l'on doit me détester, autant leur donner de bonnes raisons, pense-t-il). C'est lourd à la fin et, honnêtement, il n'a pas la patience pour cela ce soir.

En se levant, il a le vague espoir que ce notaire-il-ne-sait-plus-quoi sera plus rafraichissant que les autres professionnels de son entourage. C'est possible, après tout. Il lui sembla l'avoir déjà vu, une fois ou deux. Ils doivent avoir le même âge. Peut-être pourront-ils bien s'entendre. Peut-être pas du tout. Enfin, enfin, c'est à voir. Son verre toujours en main, il ouvre la porte. Le temps d'un clin d'oeil, la déception se lit sur son visage. Tae Joon a peut-être son âge, mais il n'en a pas l'air du tout avec sa tenue et, surtout, sa manière de s'adresser à lui. Il utilise peut-être une langue « neutre » de marques de politesse, mais Sungmin reconnait dans le choix de ses mots une certaine nervosité (causée par son rang, il n'en doute même pas une seconde - et si, souvent, cela lui plait de se savoir supérieur aux autres, cette fois-ci, il trouve que c'est trop). Alors il sourit, « polis », une fois que le juriste a terminé son introduction. Cependant, cet étrange rictus sous-entend à la fois la pitié et la moquerie.

« Enchanté. Sungmin. Tu bois ? »

Tout naturellement, il lui répond en coréen, familièrement. Il ne réalise pas qu'il le met dans le pétrin (ou peut-être que si, en fait, et que ce n'est qu'une manière de s'amuser). Mais vraiment, est-ce dans le but de l'écraser ou plutôt pour le mettre à l'aise ? Impossible à dire - il est capable du meilleur comme du pire. Et pour soutenir sa proposition, il soulève son verre à la hauteur de ses yeux, juste avant de le laisser entrer dans son appartement. Il le guide jusqu'au salon, lui indique les (tout nouveaux) divans avant de déposer son verre sur la table, à côté des documents.

« Installe toi. Tout devrait être là. » dit-il en désignant les feuilles juste devant lui. Il ne s'assoit pas immédiatement, prenant le temps de retourner ou bar pour chercher le deuxième verre et la bouteille de whisky. Et sans faire cas du « oui » ou du « non », il sert son invité, un sourire un peu plus aimable à la figure.

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posté le Sam 27 Mai 2017 - 14:24 (4)

« Et des fois la colère saisissait Taejoon. Furieux, il avait envie de crier, de tout casser. Les assiettes auraient pu voler, s’écraser contre les murs que ça ne l’aurait pas calmé. Et dans le regard de Sungmin quelque chose avait éveillé cette mauvaise humeur, qui comme un sursaut lui avait donné envie de se justifier. Il y avait eu un jugement, un léger air de pitié, de regarde-toi. L’accueillant un verre à la main, parlant en coréen de manière casuelle, laissant de côté toute forme honorifique il avait mis en avant des différences que le brun ne pouvait surmonter. C’était humiliant, et gardant son calme Taejoon avait du se faire violence pour garder son sourire.

Car tu crois que je n’ai pas envie d’être comme toi ? Aurait-il bien lâché. Il ne le connaissait pas mais face à lui son impuissance ressortait, explosait. Face à lui il se sentait insecte, se sentait comme certains de ces avocats qui sortant des bureaux subissaient son regard chargé de dédain. Je ne veux pas finir comme vous chuchotait-il alors, doucement, basculant son attaché-case sur son épaule. Et qui l’aurait voulu ? Donner l’impression de nager dans un costume trop grand, trop vieux. Posséder une cravate rouge ringarde, devoir courir après les clients plutôt que de ne plus savoir lesquels accepter et lesquels rejeter. Ils menaient une vie de minables, connus de personne, se démenaient pour le bien être de leur famille. Et peut-être était-ce admirable, oui, mais aussi décevant. A quoi bon faire ce genre d’études, se démener pour tomber si bas ? A quoi bon exceller pour devenir ça ?

Quelle frustration de se sentir comme eux. Quelle frustration de se dire qu’après des années d’études il se retrouvait là, à devoir sourire, à devoir se forcer face à quelqu'un à peine plus âgé que lui. Quoique, qu’en savait-il ? Peut-être avaient-ils le même âge, mais le simple fait d’y penser ne rendait le tout que plus amer. Si tu savais aurait-il voulu lui expliquer, lui narrant sa vie d’avant : ce qui l’attendait, là-bas. De larges bureaux en haut des plus grands buildings, maints voyages d’affaires, des dossiers à traiter dans les avions, des réceptions aux États-Unis. Des soirées, de retour, paisibles avec ses amis. Un monde sérieux tranché de moments gamins, de joggings délavés et de verres de soju s’entrechoquant.

Mais il avait tout perdu et se laissait faire, devenait lentement de ces personnes qu’il s’était juré de ne jamais approcher. De ceux devant s’incliner, serrer une paume des deux mains : d’une de ces personnes servant à boire plutôt que recevant. Et cela le frappait, le tuait. Il ne voulait pas céder à ce destin. Était tiraillé entre sa bonne quoique modeste éducation, les coutumes de son métier et ses mille ambitions. Au fond de lui une voix lui disait de se taire, de continuer à parler poliment, à faire son travail. Mais une autre, plus butée, lui disait qu’il n’était pas obligé. Et personne n’était parfait, tout le monde avait, ancré en lui, une part d’ego. Une part qui tirée, bousculée et bafouée faisait surgir un caractère fort voire emporté.

Celui de Taejoon remontait et lui susurrait au creux de l’oreille que peut-être tout aurait pu être différent. Il aurait pu, en effet, se ramener habillé comme il le faisait pour se balader. Il aurait pu, oui, sonner et parler en coréen. Aurait pu chercher une approche amicale plutôt que professionnelle, arrêter de tout prendre au sérieux. Mais cette approche était risquée, et professionnel elle le rendait profondément mal à l’aise. Superposant des masques depuis des années, surtout depuis son arrivée, il ne savait plus s’en détacher. Taejoon était d’apparence calme, doux : et sans doute l’était-il. Mais trompeur il se dérobait à sa personne et embrassait d’autres contours, d’autres idées.

« Je bois, oui. » Basculant vers sa langue natale, une moue indifférente avait frappé son visage. Son sourire avait fondu alors que pourtant, ses propos restaient respectueux. Ses yeux partant à la dérive, il avait contemplé sans le voir le clair apparement. Les canapés semblaient tout juste sortis de leur emballage, et assez luxueux. Soit.

Se rapprochant sans un mot de la table il s’éloigna de son partenaire, déposant sans demander la permission son attaché-case aux côtés des documents. « Tu as quel âge ? » finit-il par demander, se retournant juste à temps pour saisir le verre que Sungmin lui tendait, sa main libre se posant sous son coude tendu. Et si dans la culture occidentale cette question aurait été perçue comme agressive, originaire de Corée elle était plus commune que les comment vas-tu à tout vent. Et si le vous avait été progressivement remplacé par le tu, il n’en restait pas moins la présence du yo qui, essentielle, ne pouvait se permettre de disparaitre.

« Par quoi veux-tu qu’on commence ? Je pourrais t’expliquer de nouveau les procédures mais je pense que tu les connais déjà. Je te propose plutôt de me poser des questions, et de s’occuper de la paperasse ensuite. » Sourire. Décidant de ne pas se prendre au sérieux, de s'adapter à la personne lui faisant face, Taejoon boit une gorgée de whisky et ne tarde à s'adosser à l'accoudoir du canapé.


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posté le Mar 30 Mai 2017 - 22:44 (5)
Le changement opéré chez Tae Joon semble plaire à Sungmin. Quelque chose a brillé dans ses yeux, une lueur complice qui laisse entendre toute sa satisfaction. C'est une réussite pour lui. Il est parvenu à rendre le ton de la conversation beaucoup plus informel - il a un peu moins l'impression qu'il est en train de travailler, même si les dossiers sont juste là, devant lui, et qu'il a tout de même invité un inconnu chez lui. La détente n'est pas parfaite, mais tout cela lui tape beaucoup moins sur les nerfs qu'il ne l'a anticipé (ou peut-être n'est-ce que l'alcool qui fait son effet) (et il oublie que la conversation ne fait que commencer, qu'après les présentations, généralement, le vrai travail débute). Alors il prend place sur le divan face au juriste (il essaiera de retenir ce titre, il essaiera...), avec cet air de complaisance innocente, disposé à poursuivre l'entretient - dans la direction qu'il voudra bien prendre.

Mais il ne pense pas que ce soit un problème. La vérité, c'est qu'il croit déjà avoir cerné l'homme devant lui, qu'il pourra le manipuler à sa guise. Évidemment, c'est faux. Il ne peut pas comprendre ; il n'a aucune idée des sacrifices (involontaires) qu'il a du faire pour se retrouver ici, à quel point son égo a été usé sans aucune raison, ignore que Tae Joon, sur Terre, devait se trouver dans une situation à peu près semblable à la sienne - très confortable, respecté et avec la possibilité de contrôler sa vie comme il l'entend. Sungmin croit qu'il a affaire à un de ces fonctionnaires parmi tant d'autres, déçus de sa situation (mais il rêve ou tout le monde à Pallatine semble désenchanté ?) et devant se plier à des nouvelles contraintes seulement parce qu'ils ne peuvent pas se permettre de dire « non ». Alors il ne se doute pas de la colère qui bouille en lui, ne peut même pas l'imaginer (il n'a jamais rien perdu, lui). En fait, il n'a cet indice de différence seulement lorsqu'il lui demande son âge. Ah, donc il est réellement Coréen. Ça le fait sourire.

« 24 ans. Et toi ? Je peux me permettre de te demander depuis quand tu es à Pallatine ? »

Pas que ça change grand chose pour lui, au fond. C'est encore une politesse, mais tout de même justifiée par sa curiosité et son désir de rendre, encore une fois, toute cette rencontre beaucoup moins formelle qu'elle ne devrait l'être. En croisant les jambes, il prend une gorgée de whisky avant de poursuivre.

« Je me suis toujours demandé de quoi ça a l'air, la Corée. Mes parents ne m'en ont jamais beaucoup parlé. Ça ressemble à Pallatine ? »

Tentative vaine de dévier la conversation, il le sent. Mais il essaie - qu'a-t-il à perdre ? Peut-être bien que ce sujet lui servira un peu plus tard d'échappatoire, car Tae Joon ne démord pas de sa mission première. Même si son ton a changé, il demeure très professionnel (probablement que lui non plus n'a pas très envie d'être ici et qu'il souhaiterait régler ce dossier au plus vite avant d'empocher l'argent - tous les mêmes, les fonctionnaires).

Mais le juriste lui laisse une chance alors qu'il lui propose de lui poser des questions plutôt que de se lancer dans la paperasse immédiatement. Déjà, il l'apprécie beaucoup plus. Il ne sait pas s'il a vu dans son jeu ou non, mais il lui en est reconnaissant.

« Ça me convient. En fait, je me demandais combien de temps pouvaient prendre les procédures... Non pas que je suis impatient d'être à la tête de la compagnie, mais avec mon père... » Il marque une pause, très brève, en pinçant les lèvres. Quand il lève à nouveau les yeux sur lui, c'est une expression plus amère qui marque ses traits. « Enfin... On ne sait pas combien de temps il lui reste. »

Il ne faut pas se laisser prendre au piège ; Sungmin n'est pas du genre à faire dans les sentiments, pas avec des inconnus en tout cas et sans une quantité considérable d'alcool dans le sang - mais si le petit numéro du fils désolé de voir son père partir pour un autre monde peut lui permettre de s'échapper des chiffres, vous pouvez être sûrs qu'il mettra son bagage de comédien à profit.

L'hypocrite.

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posté le Mer 31 Mai 2017 - 0:12 (6)

« Ce garçon avait son âge mais à lui, on ne lui avait rien pris. Et souriant distraitement Taejoon avait amorcé un « de même » se voulant sobre. Si tout avait été différent, auraient-ils pu être amis ? Mais la relation qu’ils entretenaient était celle d’un avocat à son client, et telle une barrière de verre il ne pouvait s’y dérober, se résoudre à la briser. Ce garçon et ses parents allaient le payer, et une fois son travail achevé on déciderait quoi faire de lui : le garder au sein de l’entreprise pour diverses transactions, ou lui dire au revoir et ne plus jamais le revoir. Et quelle idée que d’imaginer ces choses-ci. Que connaissait-il de lui, après tout ? Avoir un âge, une origine en commun permettait-il réellement de tisser de tels liens ? Aimaient-ils seulement les mêmes choses, avaient-ils des valeurs sur lesquelles s’entendre ? Soupirant intérieurement, le brun avait rejeté ces hypothèses, se reconcentrant sur la conversation : « huit mois. ».

Ces deux mots avaient été amers, et soudainement distant Taejoon avait laissé son regard se perdre, dérivant au loin. Ce n’était que la question sur son pays d’origine, qui salvatrice, lui avait fait tourner la tête en direction de Sungmin. Bien sûr que non, « c’est tellement différent » avait-il fini par dire, une certaine douceur conquérant ses traits. Et si un sujet pouvait bien l’avaler tout entier, le propulser dans une de ses rares zones de confort, c’était bien celui propre à la Corée. Il y avait une nostalgie en lui, un manque d’abord féroce qui avec le temps avait appris à se taire, s’y faire.

Comment pourrait-il un jour oublier ? Il aurait pu lui en parler des heures : de ces montagnes immenses, de cette nature florissante tranchée par de multiples mégalopoles, de ces univers grouillants de monde et de bruits. C’était infini, oui, tout comme ces gratte-ciel si nombreux qu’on aurait pu croire que les supérieurs cherchaient à cacher les cieux, engloutir la population dans une réalité sans rêve ni trêve. Enfin. Quel monde de constates, aux monuments historiques entourés d’immeubles flambants neufs ! Il aurait pu, oui, décrire Séoul dans ses moindres détails, mais le sujet étant trop vaste il était resté en suspend.

La conversation retournant sans plus attendre sur les papiers étalés devant eux, Taejoon se redresse imperceptiblement. Un « j’imagine, oui. » sort de ses lèvres lorsque Sungmin évoque le peu de temps qu’il lui reste avant la succession. Pour autant, il ne s’excuse pas : à quoi bon ? Il n’a jamais connu son père et rares furent les récits à son égard. Ayant cependant lui aussi perdu des proches, il peut comprendre l’émoi que ressent son client. Si à l’époque revenir à la campagne chez sa mère lui procurait un certain plaisir, avec le temps il en était devenu réticent : n’appréciant voir le village se vider, celles ayant participé à son éducation disparaitre, rejoindre leur époux de l’autre côté.

Et puis, n’était-il pas à présent orphelin ? Lui sans repères, ayant tout perdu, jusqu’à ses plus proches amis. Il n’avait pas même une photo de sa mère, n’avait à chérir que de trop rares souvenirs. La réalisation était douloureuse, et il aurait pu devenir fou à l’idée de tous les oublier : et de l’être en retour. Vivaient-ils tous heureux, là-bas ? C’était impossible, n’est-ce pas ? Comment sa mère se portait-elle, avait-elle appris sa disparition, après tout ce temps ? Et c’était si difficile de se dire qu’il ne pourrait plus être là, avec elle : ni même la soutenir dans sa propre disparition. Que ferait-il si à la nouvelle elle s’effondrait, en tombait malade ? Serait-il le fils ayant tué sa mère ? Soupir, qui profond avait fait sortir toute sa frustration, déception.

« Quant aux procédures, sois rassuré, tant bien même sont-elles d’ordinaire relativement longues, il ne s’agit ici que d’une passation. » Et les conglomérats étant bien différents de ceux qu’il connaissait, ayant peu de règles, il n’avait pas réellement à se soucier d’un quelconque conseil d’administration. « Le réel problème est de te faire accepter comme héritier légitime. Même dans notre culture, alors que c'est d'ordinaire quelque chose de commun, c'est de plus en plus remis en cause. » De plus, le marché de l’art était complexe, les relations primaient et le moindre écart pouvait mettre hors course le plus brillant des concurrents. Mais cela ne le regardait pour l’instant pas, et si on le sollicitait comme médiateur par la suite il s’y confronterait, même si cela signerait alors la fin de son passé et le début de son présent.

Celui à Pallatine où le mot juriste n’existait pas.

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C'est le gosse de riche typique qui ne se rend pas compte des injustices autour de lui. C'est l'élitisme pur. Une certaine cruauté dans son regard du monde extérieur à sa sphère ultra-privilégiée.
C'est encore un jeune qui n'est pas prêt à assumer toutes les responsabilités qui lui tombent dessus, mais déterminé à faire de son mieux. Le désir de faire son propre nom.
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posté le Ven 2 Juin 2017 - 2:57 (7)
Un autre mélancolique : voilà ce que Sungmin a devant les yeux. Intérieurement, il soupire.  Tous les transférés à Pallatine ont ces moments, faut croire. La vie ici est donc si terrible, comparativement au monde « original » ? Quand même ! Ça ne peut pas être si mal... ou si bien, de l'autre côté. Il commence à apprécier le silence de ses parents. Non, jamais il n'aurait supporter les voir pleurnicher sur leur vie perdue - dieu merci, ils ne lui ont jamais donné cette impression non plus. Mais, hey, que connait-il vraiment de Tae Joon ? Rien du tout. Si ça se trouve toute sa vie était là-bas ! Il devrait se montrer plus compréhensif - mais son élan de sympathie s'arrête à une sourire et un hochement de tête compatissant. Et même si le sujet ne lui plait pas réellement (enfin, disons plutôt qu'il n'y voit pas encore un grand intérêt), il le prend en note. Il sent que le juriste en a beaucoup à dire sur la Corée (beaucoup sur le cœur). Et si le monologue est intenable, et bien la bouteille de whisky est à la portée de sa main...

Mais l'héritier est vite sorti de ses manigances lorsque le sujet qui les intéresse « vraiment » revient sur la table. La passation, toujours la passation, et les problèmes qui l'entourent. Il est agréablement surpris de voir que Tae Joon connait bien le dossier - et tout particulièrement les détails moins séduisants. C'est d'une bonne chose, d'un côté, car il n'aura pas à lui rappeler cette difficulté : se faire accepter comme héritier légitime de la compagnie, celui le plus apte à continuer dans la même lignée, à collaborer avec les mêmes contacts... D'un autre, il est un peu frustré que cette vérité revienne à la charge. Quoi ? Pourquoi ça doit être vraiment compliqué ? Et pourquoi devrait-il encore faire affaire avec les mêmes gens que son père ? Non mais vous le voyez Sungmin traiter avec des vieux ? Pas du tout, et il en a conscience. Il aime se croire faisant partie d'une nouvelle jeunesse avant-gardiste qui n'a pas besoin de l'héritage ancien pour faire avancer le monde.

Et c'est exactement ce qui paraît dans sa voix.

« Ne suis-je pas le fils de mon père et de ma mère ? Ça devrait suffire pourtant. Non ? Et y'a pas moyen de manipuler l'opinion publique avec un de ces papiers là ? Et puis qu'est-ce que ça peut leur faire, tant que l'argent continue à rouler... »

Non, Sungmin n'est pas prêt à gérer toute cette entreprise. Malgré son sérieux à la tâche et les bons résultats qu'il obtient à l'interne, il y a cette impulsivité et cette arrogance qui créent la méfiance chez les fameux collaborateurs qui, n'étant pas sur les lieux en tout temps, ne peuvent pas voir ses atouts.  C'est très énervant, au fond. C'est une sorte d'injustice qui lui tombe sur la tête ! Et cela le fâche tellement qu'il ne se rend pas compte qu'il glisse de la conversation première (ou en a-t-il conscience ? ) :

« Non, vraiment, je ne comprends pas quel est leur problème, dit-il après avoir bu une énième gorgée de whisky. Pourquoi mon héritage serait remis en cause ? J'ai l'air d'un mauvais type, moi ? »

Il pointe son visage, plante son regard dans celui de Tae Joon. Et cette fois, ce n'est pas une question rhétorique : il attend une réponse.

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posté le Sam 3 Juin 2017 - 8:05 (8)
« Une certaine douceur avait épousé les traits de Taejoon, témoin de l’incompréhension de son client. Il y avait chez Sungmin une frustration qu’il ne connaissait que trop bien, représentant l’actualité de la société Coréenne : là où auparavant la légitimité résolvait tous les problèmes, elle était à présent remise en question, pointée du doigt. Les grands conglomérats se retrouvaient menacés, les familles déchirées : comment faire parvenir l’ainé au sommet, si l’ensemble de la population le rejetait ? Il fallait alors faire preuve de malice, l’envoyer étudier aux quatre coins du monde, le former et lui faire faire des stages aux côtés des autres employés. Il fallait, oui, instaurer une atmosphère particulière où on pourrait se sentir proche du parcours de ce jeune héritier ayant pourtant déjà tout. Tout était dans l’accentuation de ses expériences en bas de l’échelle, de sa volonté d’être différent et d’employer en contre partie des cadres atypiques, voire désavantagés.

Il fallait faire rêver les étudiants, encourager ceux déjà présents au sein de l’entreprise : il fallait oui d’un seul coup devenir transparent. Mais au final, il ne s’agissait souvent que d’un subterfuge, que d’un écran de fumée finement sculpté donnant l’impression aux spectateurs d’en voir le bout alors qu’il était des plus opaques. Qui était assez fou, après tout, pour laisser l’entreprise familiale couler ? Les pères coréens se tuaient à la tâche pour subvenir aux moyens de leur famille, et une poignée plus âgée, arrivée au sommet, avait du mal à réaliser que ce qu’ils avaient construit était moins important que ceux l’entourant. Enfin. Lisant tous les matins les journaux, Taejoon avait suivi de près certains scandales où des grands groupes avaient du se résigner et céder face à l’assemblée générale. Les systèmes alors ancrés dans une culture ancienne s’écroulaient, conquis par une mentalité occidentale, jeune et propice au changement.

Allait-ce également être le sort de la famille de Sungmin ? Où allait-il finir par endosser le rôle qu’un chemin tout tracé lui proposait ? Soupirant, Taejoon avait passé une main sur son visage, la laissant trainer au niveau de son cou avant de la reposer sur sa cuisse. Tant qu’il serait l’avocat désigné du jeune coréen de 24 ans, il n’en démordrait pas : rendrait possible son ascension et son adhésion, ferait en sorte de montrer son sérieux et toutes les qualités qu’il devait, au fond, bien posséder. Il serait son protecteur et finirait bien par le connaitre, n’est-ce pas ? Souriant, il avait fini par répondre sobrement : « En quoi être le fils de tes parents rend légitime la passation ? Aux dernières nouvelles ce sont eux qui ont érigé l’entreprise, pas toi. En quoi as-tu participé à sa création, à son enrichissement ? » Et il n’y avait rien de provoquant, juste des faits qu’il se devait d’assimiler. Car n’était-ce pas là le problème ? Les employés, les gens n’étant pas nés avec de tels parents ne comprenaient pas cette légitimité. Il fallait donc la leur faire accepter : montrer que lui aussi, était de taille. Qu’il était bien le fils de son père, ayant hérité de la sensibilité et des qualités de sa mère. « Les papiers peuvent officialiser le tout, te faire monter comme certains dictateurs forcent leur fils sur le trône. Mais au final ce n’est pas suffisant : il faut aussi que le peuple acclame celui qui prend la tête du pays. » Son regard se perdant entre eux, il laissait s’échapper ces mots comme s’il s’agissait d’un simple bonjour. Et c’était sans doute là le côté effrayant de Taejoon, qui restait distant et indifférent peu importe la dureté de ses comparaisons. Certains en le voyant auraient pu croire en monsieur normal, se dire qu’il avait fini avocat par un quelconque miracle mais surtout beaucoup de travail. Et s’ils n’avaient entièrement tort, ses amis sachant les nuits blanches qu’il avait passées sur ses copies, ils n’avaient entièrement raison non plus. Sous ses airs de qu’en ai-je à foutre, de la justice ? il avait l’esprit sec et direct surprenant lors des audiences. Lors des exercices pratiques, il déstabilisait ses camarades de par son visage dépourvu d’émotion alors qu’il défendait un client suspecté d’avoir commis une poignée d’horreurs. Enfin. Là n’était pas le sujet, et généreux il conservait cette maladroite gentillesse qui lui faisait trop souvent défaut. « Leur problème est donc de se dire que tu n’es pas ton père, ni ta mère. Tu es certes leur fils mais avant tout un étranger. Ils ignorent tout de toi, ne se sont pas engagés envers toi et pensent ne rien te devoir. Ils ne savent que ce que tes parents leur raconte, mais ne croient que ce que les ragots affirment. Il suffit souvent d’un écart pour que la réputation d’un jeune héritier, pourtant sérieux, vole en éclats. » Soudain épris de vie, il avait redressé le visage, plantant ses yeux dans ceux de son client : « Certes, tu n’as pas l’air d’un mauvais type, mais il suffit d’un sourire en coin pour que du gentil gamin tu passes au titre d’odieux connard. » Et tout sourire avait disparu du visage de Taejoon, qui professionnel, avait fini par conclure : « Mais si tu me le permets nous travaillerons sur ça. Je ne doute pas de ton sérieux et de ton envie de reprendre l’entreprise parentale. N’est-ce pas là le plus important ? Ce n’est pas comme si on te forçait, et ce simple fait t’épargnera bien des migraines. » Soupirant, son esquisse était revenue, discrète. Ses épaules s’étaient détendues et il s’était imperceptiblement laissé partir en arrière, restant tout de même droit. « Je ne te connais pas plus qu’eux, Sungmin. La seule différence est que je suis de ton côté, et qu’à leur contraire je n’ai que faire de pauvres rumeurs. » Il préférait se concentrer sur l’homme dont tous parlaient lorsqu’il lui faisait face, avait toujours détesté ces jeux d’apparence où un trop jaloux allait à jamais salir la réputation d’un autre.

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posté le Mar 6 Juin 2017 - 0:15 (9)
Plus Tae Joon parle plus l'atmosphère semble s'assombrir. Certes, il s'est tenu loin des chiffres et des lois, n'est pas rentré dans les formalités étouffantes. Sungmin devrait en être satisfait. Cependant, c'est sur une autre pente glissante qu'ils s'aventurent - et si l'héritier est responsable de ce résultat (c'est tout de même lui qui a tendu la perche), rien ne l'a préparé à entendre un tel discours ce soir. Et ça lui déplait. Un peu. Beaucoup.

Il n'apprécie pas qu'on lui fasse la leçon - surtout lorsque cela vient d'une personne qu'il ne connait pas, qui ne le connait pas non plus. C'est exactement le cas de Tae Joon : qui est-il pour lui parler ainsi ? Oui, bon, d'accord, il est l'avocat responsable du dossier de la passation. Mais qu'est-ce que ça change au fond ? Il n'a pas à se mêler de la manière dont Sungmin devrait se comporter ou non. Non, lui parler de cette manière n'est pas justifié, encore moins que la comparaison entre son ascension à la tête de la compagnie et celle du fils d'un dictateur (c'est un peu extrême comme image, quoi que très juste) (mais dans le monde qu'est Pallatine, le berceau dans lequel a nagé Sungmin depuis sa naissance, comment voulez-vous qu'il comprenne les principes de la démocratie alors que ce sont les diasporas qui font la loi ?).

Mais étonnamment, il ne l'interrompt pas. Il vide le fond de son verre avant de se caler un peu plus dans son divan et croiser les bras. Il écoute, tout bonnement. Seul sa mâchoire contractée (comme s'il essaie de s'empêcher d'ouvrir la bouche) peut témoigner de son mécontentement. Ses yeux, eux, restent posés sur le juriste, patients et attentifs. Dur de savoir ce qui se passe derrière ceux-ci - car si la frustration est présente, il existe cependant une force mystérieuse qui parvient à la tempérer. Quand, enfin, Tae Joon termine son monologue, le jeune héritier laisse passer au moins deux secondes de silence avant de le rompre :

« Cela faisait longtemps qu'on ne m'avait pas parlé ainsi... »

Un vague sourire flotte sur son visage. Doucement, il se sert un deuxième verre. Laisse encore planer le silence pendant un moment - sa manière de faire paraître son irritation. Cependant, il s'arrête là, pour une fois. Non, il n'a pas l'intention de faire la démonstration de sa colère en lançant les remarques acerbes qu'il a sur le bout de la langue ou même en jetant carrément l'avocat hors de son appartement. Non, car même s'il n'aime pas ses propos, il ne peut dire qu'il a tort. Il doit reconnaître la vérité dans ses mots - et réaliser du même coup que Tae Joon sait exactement de quoi il parle, qu'il comprend le problème mieux que quiconque. Pour cela, Sungmin ne peut pas se permettre de le perdre - il est encore assez sobre pour le reconnaître.

« Tu me proposes de travailler sur ça... sur mon acceptation en tant qu'héritier légitime « socialement ». C'est bien ce que tu dis ? Tu ne dépasses pas un peu ton mandat ? Tout ce que ma famille te demande, c'est de t'occuper de la paperasse légale... »

Encore ce sourire collé à ses lèvres, il croise le regard de Tae Joon. Le remettre un peu à sa place, ça ne peut certainement pas lui faire de tort - même si son zèle est admirable... Mais ce n'est pas tout ce que Sungmin a en tête. Son expression devient soudainement sérieuse alors qu'il se penche légèrement, ses coudes appuyés contre ses genoux et sa tête au-dessus de ses mains.

« Mais je n'ai rien contre l'idée de déborder du cadre. Qu'as-tu en tête ? As-tu l'intention de changer ma réputation ? »

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posté le Mar 6 Juin 2017 - 15:54 (10)
« Les paroles de Sungmin glissent sur Taejoon sans qu’il esquisse le moindre mouvement. Sur son visage c’est une indifférence plate qui se lit, ses yeux trahissant cependant toute l’attention qu’il porte à son client. Il aimerait répondre lorsque le jeune héritier essaie de le remettre à sa place, mais poli, pince ses lèvres et laisse le discours toucher à sa fin. Il n’est ni blessé, ni remué par les propos : juge ne pas avoir encore dépassé son mandat. Car après tout, s’il est certes spécialisé dans la fusion acquisition des grands conglomérats, il reste et demeure avocat. Son métier est pluriel, et nombre sont les cas qui demandent un accompagnement. Au final, à quoi bon permettre l’ascension si par la suite tout s’écroule, tombe en ruines ?

Méticuleux, Taejoon désire faire de son travail un chef d’œuvre. Plus sérieux qu’on l’imagine, il refuse de faire face à l’échec et ne pense que rarement aux potentielles voies de retraite. Il se répète que tout se passera bien, et aime forcer le destin, pousser les portes pour qu’enfin on l’accueille, l’accepte. Et si sa douceur persiste, elle n’est qu’un trait parmi tant d’autres. Ses amis lui permettaient de se retrouver, de rester ce garçon généreux, mais sans eux il part à la dérive : c’est tout son amour qui est muselé, toutes ses facettes attentionnées qui disparaissent pour laisser place à ce professionnel à l’air blasé.

Souriant, il inspire, réfléchissant un instant à ce qu’il va répondre aux questions de Sungmin : « n’est-ce pas mon rôle de faire de toi l’héritier légitime ? Je ne crois pas que tes parents désirent que je m’occupe des papiers pour que par la suite tu sois impuissant face à des partenaires qui ne t’acceptent pas. ». Se passant une main sur le visage, il dévisage ce natif dont les traits semblent avoir été volés à son pays d’origine. « Tant que je serai à tes côtés, il est de mon devoir de faire en sorte que tout se passe pour le mieux. Si cela signifie que je dois aussi travailler sur l’aspect social, ça ne me dérange pas. Au final, qui es-tu, Sungmin ? Qu’est-ce qui t’anime, que désires-tu ? » Il ne connait, au final, rien de lui. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’ils se rencontrent enfin, et leur discussion ne permet qu’à moitié de discerner l’esprit sans doute compliqué du garçon. « Je ne sais rien de toi. Et hormis des rumeurs, les autres sont-ils plus avancés que moi ? » Un soupir perce ses lèvres, alors que penché en avant, ses coudes rencontrent ses cuisses : ses mains se liant. Pouvaient-ils seulement parler de réputation, alors qu’ils ignoraient tout de lui ? Pourquoi devait-il changer quelque chose qui n’existait pas ? Es-tu suffisamment important pour parler de ça ? aurait-il voulu lui demander, se retenant au dernier instant. Réputation par ci, réputation par là : mais qu’avait-il accompli ? Taejoon aurait aimé se lever et le secouer, lui dire que dans la vie il fallait agir : mais lui-même immobile, lui-même bloqué dans un entre-deux il n’avait ce droit, n’était pas crédible.

« C’est pourquoi je te propose de rester tel que tu es. Je ne conçois pas un avenir heureux pour toi si tu dois te forcer à être quelqu'un que tu n’es pas. Alors pourquoi ne pas travailler sur ce que tu es et ce que tu veux être ? ». Quel fou serait-il pour reprendre une affaire si celle-ci le forcerait à ne plus être lui-même ? Un peu de sérieux, Taejoon ne demandait rien d’autre. Car après tout, n’était-ce pas là le plus important ? Un réel désir d’apporter pierre à l’édifice : de continuer une oeuvre déjà bien entamée, et de l’aider à s’élever. Que ce soit pour lui ou ses parents… L’important était que l’envie soit présente, palpable, qu’elle lui permette de briller et d’être suivi. Son caractère parfois détestable ? Qu’en avait-on à faire, quand on savait qu’à côté il ne nous trahirait pas, tiendrait ses promesses et ferait tout pour allier les divers intérêts évoqués. Le monde était pavé de dirigeants tous très différents, et pourtant : tout semblait tenir, formant un équilibre certes des fois précaires, mais bien réel.

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posté le Jeu 8 Juin 2017 - 6:10 (11)
Sérieux, Sungmin ne peut pas plus l'être en ce moment. Lui qui, quelques minutes plus tôt, a espéré n'avoir qu'une conversation légère et superficielle (des présentations, des attentes, peut-être quelques plaisanteries polies, une main serrée et hop ! bon débarras), il ne s'est pas attendu à tomber dans un sujet aussi crucial. À quelque part, il est agacé de voir qu'il a perdu le contrôle de la conversation, mais en même temps, il doit s'avouer impressionné. Tae Joon sait manier les mots à la perfection. Ses idées sont claires, son discours posé. Un véritable avocat remarque-t-il avec un mince sourire. Mais il y a plus. Une ambition qui, lui semble-t-il, n'est pas complètement désintéressée. Est-ce étonnant ? Non, pas du tout. Sungmin sait que chaque personne qui compose son entourage veut quelque chose à un plus ou moins haut degré de perfidie. Il en a l'habitude ; cependant, il doit déterminer si ces desseins personnels finiront par lui nuire ou non. Et ce n'est pas l'impression que lui donne le juriste. S'il était carrément naïf, il irait jusqu'à croire qu'il est complètement honnête et empli de bonne volonté. Son instinct lui dit qu'il peut baisser ses gardes, un peu, et laisser tomber un premier masque.

« Je suis clairement pas assez saoul pour les questions existentielles... » glisse-t-il avec cet humour qui lui est propre. Ironiquement, il abandonne son verre sur la table, car malgré son commentaire, il réalise que ce n'est pas le genre de conversation qu'il peut se permettre d'avoir intoxiqué. Vaut mieux qu'il se rappelle de tous les détails de cette soirée - et qu'il évite de faire une connerie, ça, c'est certainement le plus important. Il s'est permis, jusque là, de prendre une image plutôt éloignée du futur dirigeant d'entreprise. Erreur. Nul doute que Tae Joon doit le prendre pour un espèce d'abrutis qui s'assoit sur ses lauriers - il croit le comprendre dans ses questions, voit des insinuations où il n'y en a peut-être même pas. Ça touche son orgueil. Pique sa volonté. Il ne va pas se laisser regarder de haut comme ça - mais il ne peut pas cracher non plus sur la main qui lui est peu à peu tendue. Quelle position inconfortable, vraiment. Tout ça parce qu'il a sous-estimé le poids de cette première rencontre

« Évidemment je veux prendre la relève de mon père. Je n'hésite pas une seconde à le dire. Ce n'est pas comme si la position qui m'est léguée me rend inconfortable ou m'intimide... Et je veux poursuivre ce qu'il a accompli. Faire mieux encore. Hors de question que je laisse l'entreprise sombrer. »

Il y a dans ses yeux cette résolution qu'il laisse, malheureusement, rarement voir. Oh, aucun doute ; la tâche qui va lui revenir prochainement ne lui fait pas peur. Il en saisit la gravité... mais il n'est pas encore prêt. Il est là, tout le problème. C'est la seule faille dans ce plan d'héritage : son manque d'expérience. Blâmez la maladie de son père ou le laisser-aller dont il peut faire preuve. Le fait est qu'il commence tout juste à faire ses marques dans le terrain de cette grande entreprise. Et seules quelques personnes ont pu apprécier son travail. Il n'a pas commencé en bas de l'échelle comme le voudrait une bonne leçon d'humilité, n'a pas pu se faire une réputation « publique » auprès des employés et des collaborateurs. À force de travailler dans l'ombre, on a fini par l'oublier ; et voilà qu'il arrive comme un cheveu sur la soupe, bouleversant l'équilibre de tous ces hommes et femmes. Admettons le : ce ne sera pas mince tâche que de le faire reconnaître comme le « bon » dirigeant pour l'entreprise.

« Va faire comprendre ça aux gens... » conclut-il en soupirant et croisant ses bras. « Comment je peux les impressionner s'ils ne me laisse même pas une chance ? Je ne peux quand même pas faire une campagne publicitaire pour me faire accepter ! »

Oui, tout cela est très agaçant à la longue. Comprenez : un jeune qui a eu l'habitude de réussir tout ce qu'il fait frappe un mur en se rendant compte qu'il ne s'agit pas seulement de « bien faire » pour être reconnu comme un dirigeant digne de ce nom. Il y a quelque chose d'angoissant à ça et, derrière toute l'arrogance dont il fait preuve, la peur de l'échec existe et l'anime.

« Alors je t'écoute. Concrètement, qu'est-ce que je peux faire ? C'est bien, l'idée de vouloir me connaître, de me poser des questions comme tu le fais, mais je ne peux pas inviter la moitié des collaborateurs à un speed-dating pour qu'ils apprennent à me connaître ! »

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posté le Dim 11 Juin 2017 - 0:03 (12)
« Les minutes passent et Taejoon attentif dévisage son client. Il aimerait lui dire de ne pas croiser les bras, mais ne voulant l’interrompre reste quiet, immobile. Sur son visage le sérieux ne faiblit pas, mais la confiance qui semble lui être peu à peu accordée fait s’adoucir ses traits : un sourire nait. Et il aimerait se lever, commencer à marcher, donner ses idées : laisser ses mains gesticuler au rythme de ses propos. Il aimerait oui tout exprimer de ce plan qui se créé, de cet avenir qui déjà se dessine. Mais ne voulant s’emporter, ne voulant se montrer grossier il laisse les secondes couler entre eux, le silence s’imposer. Ce n’est que lorsqu’il n’entend que leur souffle respectif qu’enfin il se décide à parler : « Ce que tu vas faire ? Tu vas être là, devant eux : tu vas leur montrer qu’à présent tu fais partie de l’affaire familiale et que tu ne la lâcheras pas. Partout où ils poseront les yeux ils ne verront que toi. »

Inspirant longuement, Taejoon dévisage Sungmin, cherchant à lui insuffler la force que lui même ressent en cet instant. Ne tenant plus il craque et se redresse, laissant ses pieds le guider au travers du salon : « Tu es jeune, tu es beau : tu portes sans doute le costume à merveille. » Se passant une main sur le visage, il réfléchit, finissant par asséner, confiant : « Pourquoi ne pas les séduire par ton allure puis par ton sérieux ? Ils ne veulent rien entendre ? Alors montre leur ! » Revenant au sofa, il s’y pose, son regard cherchant au plus profond de celui lui faisant face des réponses qui n'existent pas : « D’où je viens les apparences sont la clef de tout. Mais qu’on ose me dire qu’ici c’est différent ! Lorsqu’on voit la jeunesse devant nous, droite, souriante, notre regard ne se laisse-t-il pas entrainer, inconsciemment ? Laisse-moi te dire une chose, Sungmin : ils se croient sans doute capables de t’ignorer, mais le coeur a ses raisons que la raison ignore. Qu’ils le veuillent où non bientôt les ragots à ton sujet changeront et d’ici la passation tu seras déjà le favori des dames. Les hommes sont ceux gérant les affaires mais aux dernières nouvelles ce sont les femmes qui au foyer tirent les ficelles. » Haussant les épaules il se laisse aller à un sourire plus candide, quoiqu'un peu moqueur. Lui n’est attaché à personne et au fond croit encore pouvoir échapper à de tels pièges. Enfin. Se tenant droit il attend une réaction, un avis : n’a certes pas déroulé toutes ses idées... mais il faut commencer par le commencement, non ? « Sois impeccable, oscille entre sourire et sérieux, donne leur de l’attention lorsqu’elle est formellement nécéssaire puis détourne-toi. On désire toujours ce qu’on ne peut obtenir. Une fois remarqué on ne pourra plus nier ton travail : mais sache que pour l’instant il est plus dehors que dans ton bureau, à digérer des papiers qui doivent pourtant tout être sauf digestes. » Il n’a pas tenu et a repris la parole, devrait s’arrêter et fini par achever : « L’important est que tu ne te perdes pas de vue et que tu restes fidèle à toi-même. »

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posté le Mar 13 Juin 2017 - 2:30 (13)
Les bras toujours croisés sur son torse, Sungmin écoute le discours enflammé du juriste. Pas une seule seconde il le lâche des yeux - il ne peut pas. C'est un magnétisme qu'il connait bien - celui des acteurs, des orateurs et des leaders, celui qu'il s'exerce à maîtriser depuis quelques années - et il se laisse consciemment prendre au jeu, boit ses paroles comme un assoiffé au milieu du désert. Mais toujours les bras croisés. Réserve formelle, simple assurance pour ne pas se faire piéger - car des types comme Tae Joon, ils charment puis prennent les armes. Jamais ils ne doivent sentir qu'on leur accorde une confiance absolue - c'est à ce moment qu'ils révèlent leurs véritables intentions et qu'ils vous poignardent dans le dos. Non, l'héritier ne crois pas que l'homme face à lui soit un charlatan ou un hypocrite, mais il n'a pas de preuve du contraire. Il pourrait lui renvoyer toutes ses belles paroles : qui est-tu Tae Joon ? Qu'as-tu fait pour que je te reconnaisse ? Tu n'es encore rien, un inconnu dans le village qu'est la société de mon père, un inconnu vers qui tos les regards convergent. Évidemment que tu souris et tu es agréable ! - tu dois encore trouver ta place, te faire accepter dans ce petit monde bourgeois. Mais une fois cela accompli, quand tu ne seras plus « le nouvel arrivant », que deviendras-tu ? Un prophète de malheur ou un sauveur ? Et attention à ne pas faire trop de vagues, sinon tu seras crucifié...

Une fois le monologue assurément terminé, Sungmin ferme brièvement les yeux, revenant à lui-même et retrouvant un peu de rationalité. C'est difficile de parler après un tel flot de paroles motivantes. De quoi aveugler une petite troupe et la transformer en groupe révolutionnaire convaincu de pouvoir changer le monde du jour au lendemain par la seule force de sa volonté. Oui, ce genre d'emportement est dangereux, mais parfois nécessaire - Sungmin en a la preuve avec la vitesse à laquelle son coeur bat. Cela faisait longtemps qu'il ne s'est pas senti aussi animé pour l'entreprise qu'il recevra en héritage. Oui, il a besoin de cette source d'énergie, il le réalise maintenant. Il a besoin de Tae Joon à ses côtés. Mais ce n'est pas ce qu'il laisse entendre - pas immédiatement.

« Ce sont de précieux conseils... Non, plutôt une excellente stratégie. Je l'admets. »

Une grande entreprise de séduction, c'est faisable. Et même plutôt logique dans les circonstances qui l'entoure, il ne peut pas discuter de cela. Se montrer sceptique quant à cette entreprise relèverait sûrement de l'idiotie - ça ne fait de mal à personne de dorer son image. Et s'il a cru l'avoir déjà fait, il semble qu'il devra accentuer encore plus ses efforts, trouver des moyens pour être parmi les gens plutôt qu'isolé dans un bureau à faire un travail que peu verront et apprécieront directement. Devenir l'image même de l'entreprise, effacer jusqu'au souvenir de son père - oui, cela respecte totalement les ambitions de Sungmin.

Mais ce n'est pas ce qu'il veut exprimer. Non, à vrai dire, il feint une forme de méfiance. Réaction plutôt logique, aussi, car comment doit-il assimiler cette attitude emportée chez le juriste ? Encore une fois, à sa connaissance, il n'est engagé que pour la paperasse. N'import qui d'autre aurait probablement limité son travail à cela - mais pas lui. Pourquoi ? Peu importe ce qu'il peut dire, les « je ne dépasse pas mon mandat » ou « je veux seulement que tout se déroule pour le mieux », Sungmin est convaincu qu'il fait un pas de trop, qu'il commence à mettre son nez là où cela ne le regarde plus - ça ne peut que cacher un motif personnel. Cependant, il ne peut pas lui reprocher cet engagement. Il n'est pas assez fou pour gaspiller ce potentiel, la flamme qui, de toute évidence, l'anime derrière ses airs apathiques. Hors de question que Sungmin perde cela - il a l'intuition qu'il pourra lui être encore utile, dans le futur, lorsque la passation sera loin derrière lui - eux. Mais ce n'est peut-être qu'une réaction enthousiaste à la suite du discours du Coréen...

« Laisse moi te poser une question. » dit-il en déliant enfin ses bras. Il se penche vers son interlocuteur, se rapprochant légèrement. Il reprend, à voix basse, comme sur le ton d'une confidence : « Que veux-tu ? Oublis un instant qui je suis et pourquoi tu es ici. Dis moi seulement pourquoi tu t'impliques autant - parce que n'importe qui ne prendrait pas ce travail aussi au sérieux. Es-tu seulement en train de faire tes preuves pour infiltrer la société ? Ou as-tu peur de quelque chose ? »

On pourrait facilement croire que Sungmin fait preuve de mauvaise foi, qu'il ne cherche qu'à mettre Tae Joon dans l'embarras - mais la lueur qui brille dans ses yeux depuis toute à l'heure, éclat qu'il ne peut contrôler, le trahit et prouve qu'il est déjà converti.

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Personnage : Taejoon n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé, il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi a-t-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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posté le Mar 13 Juin 2017 - 12:21 (14)
« Sungmin reprend la parole et ses mots tout aussi lents que mesurés ne tardent à faire tomber un lourd silence. Les secondes passent et impassible Taejoon laisse glisser son regard, déviant de son client pour se perdre à côté. Son visage ne trahit aucune émotion, et absent il est perdu dans des souvenirs qui le lient à sa vie passée. Quel genre d’homme aurait-il été, si on ne l’avait arraché à Séoul ? Se spécialiser dans la fusion-acquisition des entreprises n’était pas un choix anodin, et il l’avait fait avant tout pour le succès et l’argent que ça lui apporterait. Mais cette décision n’avait-elle pas été possible uniquement car son meilleur ami l’avait accompagné, le suivant ? Ils avaient rêvé à deux d’un avenir tout tracé, des plus beaux appartements et de billets d’avion en première classe, coupe de champagne à la main.

S’il pouvait recommencer, quels choix ferait-il ? Peut-être était-il plus proche de la justice qu’il n’osait le penser. Peut-être oui déciderait-il d’être un avocat, un vrai : de ceux défendant les causes, remportant les procès. Peut-être serait-il resté dans le coeur du métier, au lieu de dévier, de prendre la bifurcation le liant au commerce et à la gestion. Et n’était-ce pas grâce à Pallatine qu’il s’en rendait compte ? Cette ville où l’ordre n’existait pas ? Quel choc cela avait été de réaliser qu’il n’y avait aucun tribunal, aucune loi. Ici il n’était rien, n’était qu’un homme parmi d’autre : son métier était inconnu des natifs et toutes ses années passées à étudier n'étaient que fumée.

« Je ne suis pas n’importe qui. » avait-il fini par sourire, ses mains se rejoignant : « tu ne sais peut-être pas ce que signifie le mot avocat mais pour moi il représente une bonne partie de ma vie. ». Un soupir franchit ses lèvres et pendant une seconde sur son visage perce une lasse fatigue. « Ce contrat que ta famille me propose est le premier et sans doute un des derniers qui me lie à ce que je faisais avant. Il me permet, aussi, de basculer plus naturellement vers ma prochaine occupation. C’est quelque chose qui me tient à coeur et qui dans une certaine mesure me permet de me retrouver, de ne pas m'oublier. » Ses paumes ne tardent à s’écraser sur son visage, et lorsqu’elles se retirent sa moue est de nouveau calme. Il ne l’a quasi jamais sorti depuis son arrivée, mais ne peut s’en empêcher : ses doigts glissent à l’intérieur de son costume et sortent d’une poche dérobée le badge qu’il n’aura, au final, jamais pu porter. Rond, il scintille : « Quand tu es avocat, il est naturel de vouloir bien faire son travail. Je dirais même que le sérieux est essentiel au métier ? Tous ceux qui ne le sont pas ne sont que des incompétents qui finiront un jour où l’autre par condamner des innocents. » Il se souvient encore de sa main levée alors qu’il jurait devant tous qu’il resterait droit et se battrait pour et aux côtés de la justice. « L’échec n’est pas envisageable. » et il aurait aimé, un jour, pouvoir de nouveau faire face à la cour. « Il me parait donc naturel de m’investir dans ce contrat. Premièrement il me tient à coeur, deuxièmement me permet de faire mes preuves, surtout vis à vis de moi-même, et troisièmement je pense qu’il est dans ma nature de vouloir faire les choses bien. Comment peut-on dormir l’esprit tranquille, sinon ? »

L’esquisse, douce, revient prendre possession de ses lèvres et dévisageant Sungmin, Taejoon attend. Il est un lac qui paisible ne laisse miroiter que son reflet, sa surface ; mais non mauvais il est facile d’outrepasser sa profondeur et les tempêtes qui parfois agitent son coeur. Qui, ici, arrivera à découvrir toutes les facettes qui l'animent ? Qu'il s'agisse de son côté plus professionnel, intransigeant ou de celui plus taquin ? Multiple c'est car personne ne le connait qu'il part à la dérive. Il n'a personne avec qui rire et se laisser aller, et seul il ne peut donc se raccrocher qu'à ce masque gris. Il ne sait plus si il est bon ou méchant, ne sait plus comment réagir : n'est plus qu'un pantin. Cela l'énerve et il a du mal à l'admettre mais lorsqu'il se dévisage dans la glace ce n'est plus un sourire innocent qui lui fait face mais une grimace déçue qui au fond lui murmure qu'il ne s'aime plus.

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posté le Sam 17 Juin 2017 - 1:41 (15)
Quand Tae Joon reprend la parole, c'est une toute autre sorte d'attention que lui prête Sungmin. Dans le silence qui a suivi sa dernière question, il a compris que cette conversation prendrait une nouvelle gravité. Encore loin de la légèreté à laquelle il aspirait avant le début de cette rencontre, elle se situe tout de même loin de la discussion professionnelle qu'ils devraient avoir. Ils tombent un peu plus dans l'intime, lui semble-t-il alors que le juriste lui présente son badge. Un petit objet de rien pour l'héritier (il ne semble pas fait de matériau précieux et n'est pas particulièrement beau - à ses yeux), mais il devine la valeur qu'il détient pour son interlocuteur à la façon dont il le tient, qu'il le lui présente. Et il parle de sa formation d'avocat avec un tel respect, de ses devoirs avec tant de sérieux, que l'héritier ne peut rien faire sinon l'écouter, avec tout son attention.

Bien sûr, il ne peut pas comprendre d'où vient Tae Joon ; bien sûr que son métier de juriste, ses notions en droit et ce qu'elles signifient sont comme une religion étrangère qui lui est présentée. Il ne saisit pas la gravité qu'il y a derrière toute cette vie, mais cela ne l'empêche pas de la regarder avec un mélanger de curiosité et de respect. Respect : mot clé dans cette phrase puisqu'il est tellement rare qu'il en fasse preuve ! L'exception à son insolence peut s'expliquer de différentes manières. D'abord, il n'est pas encore tout assez à l'aise pour se laisser aller à sa guise - il est encore en entreprise de séduction (relâchée) si on veut. Il se surveille (un peu) et fait (parfois) gaffe à ce qui peut sortir de sa bouche. Mais la raison la plus logique, vu le contexte, est sans doute que sa position d'auditeur, qu'il assume pleinement pour une fois, l'a forcé à faire appel à son empathie.

Et pour cette même raison, lorsque Tae Joon cesse de parler, il n'est plus certain de ce qu'il doit dire. Pas qu'il regrette d'avoir posé la question concernant ses intentions - cependant, il ne s'est pas attendu à une réponse aussi franche, personnelle et humaine. Ça fait changement des hommes d'affaires qu'il a à côtoyer tous les jours, desquels il doit toujours se méfier. Il bouge un peu dans son siège, cherchant à la fois ses mots et une position plus confortable. « Je comprends, oui » est la seule chose qui parvient à sortir de sa bouche pas trop maladroitement. Cette première phrase formulée, il semble se détendre un peu. Mais une hésitation est encore perceptible dans ses yeux. Devrait-il lui demander, oui, non, peut-être, attends encore Sungmin c'est une mauvaise idée, mais à quand la prochaine fois ?

« Tu as faim ? Je n'ai pas envie de sortir, je vais sûrement commander un truc et j'en ai toujours trop, alors si t'es pas trop occupé et que ça te dit... »

Ouais, bon, ce n'est pas la meilleure transition qui existe entre les sujets, Sungmin l'admet lui-même et c'est ce qui le fait grimacer brièvement. Sans y réfléchir, il reprend son verre entre ses mains, mais ne le boit pas. Et comme pour rattraper son erreur, il reprend : « Je comprends mieux tes motivations maintenant - et elles sont bonnes. En même temps, j'ai l'impression que ton métier - avocat, c'est ça ? - n'est pas de tout repos. Devoir toujours marcher droit... » Un temps. Un vague sourire flotte sur son visage. « On est peut-être pas si différents » conclut-il à voix basse, un peu plus pour lui-même que pour Tae Joon.


Spoiler:
Je justifie tout ça par Sungmin qui n'est pas assez saoul pour dealer avec des feels.

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