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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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Pour up - Ft. Tae Joon

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Taejoon n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé, il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi a-t-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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le Dim 18 Juin 2017 - 21:41
« Je ne dis pas non à un repas gratuit. » plaisante gentiment Taejoon, ne concevant pas une seconde de se laisser offrir le repas par son client. Ne se séparant jamais de son portefeuille, ce dernier est soigneusement rangé dans la poche de son pantalon. Et il aimerait demander s’il mange coréen, ou pourquoi pas vietnamien : se retient cependant, ne sachant pas si cela serait perçu comme déplacé ou non. Que se serait-il passé, s’ils étaient nés à la même époque, au même endroit ? Seraient-ils devenus amis ? Aurait-il pu quitter ce costume serré et s’habiller plus confortablement ?

Nostalgique car seul, Taejoon s’imagine une vie parallèle où tout serait différent. Il aimerait pouvoir montrer à Sungmin les merveilles de leur pays, les endroits typiques et restaurants en coin de rue où tous se retrouvent le soir venu. Ici il se sent si mal à l’aise, ne mange que peu et digère mal. La cuisine de sa mère lui manque et déraciné il a du mal à trouver un endroit lui proposant des menus qui lui rappellent son chez lui d’avant.

Secouant la tête, il se repositionne dans le fauteuil, rangeant son badge et saisissant son verre, jouant distraitement avec : « C’est un choix à faire. J’ai l’impression que si on décide de faire un pas de travers, de fermer les yeux pour cette fois, on continuera sur la lancée et ne retrouvera plus le chemin qu’on avait auparavant choisi d’emprunter. Je m’étais personnellement éloigné du côté très justice de mon corps de métier, mais à présent je pense que je n’aurais pas de mal à tenir le cap et rester droit. C’est quand on voit une ville comme Pallatine où il n’y a ni loi ni ordre qu’on comprend et le sens et l’importance du métier. » Souriant, son ton est neutre, démontrant de sa volonté de quitter ce côté sans doute trop sérieux qu’a pris leur conversation. Il voit bien qu’au fond le natif est mal à l’aise, et dans un désir de l’épargner Taejoon essaie de changer : « Nous avons le même âge, comment veux-tu que nous soyons si différents ? » Taquin sa moue se fait le temps d’un instant joueuse. « Dans d’autres circonstances ce simple fait aurait pu nous lier tels les doigts de la main ! » Et c’était vrai : quel soulagement était-ce de voir sur son lieu de travail quelqu'un partager ce point commun. On pouvait laisser tomber les formules de politesse et passer ainsi à un stade plus intime de la relation. Avoir le même âge, c’était un peu être dans le même bateau, être ensemble contre tous. On pouvait, à l’université, soupirer en coeur de ces sunbaes abusifs et de ces hoobaes naïfs. Il n’y avait rien de plus confortable que de se retrouver face à une personne ayant « mangé le même nombre de bols de riz » comme ils plaisantaient souvent lors de jeux, tous réunis.

Et il aurait soudainement aimé lui dire, d’un coup : tu sais Sungmin, ici je n’ai personne. Alors peut-être toi, tu aurais pu être quelqu’un, quelqu'un pour moi. Mais les choses font que nous nous sommes rencontrés ainsi, avec ce verre épais nous séparant. Et je ne suis pas assez fou pour le briser d’un coup, mais en moi il est douloureux de voir quelqu'un qui me ressemble et qui pourtant m’est inaccessible car je dois rester sérieux car nous sommes dans une relation d’avocat-client et — tout est si compliqué.

Tout est trop compliqué.
Je suis fatigué.

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Héritier d'une fortune construite par ses parents dans le monde du spectacle. Sungmin vit dans un monde d'apparences.
C'est le gosse de riche typique qui ne se rend pas compte des injustices autour de lui. C'est l'élitisme pur. Une certaine cruauté dans son regard du monde extérieur à sa sphère ultra-privilégiée.
C'est encore un jeune qui n'est pas prêt à assumer toutes les responsabilités qui lui tombent dessus, mais déterminé à faire de son mieux. Le désir de faire son propre nom.
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le Jeu 22 Juin 2017 - 3:09
Encore une fois, Sungmin écoute, attentif à ses explications. Hoche la tête, les lèvres pincées, réservé. Oui, toutes ces histoires de droiture, de chemin tracé sur un fil de fer le rendent quelque peu mal à l'aise. Il n'est pas prêt à subir un examen de conscience, pas aujourd'hui en tout cas - et disons que les quelques commentaires de Tae Joon lui ont suffis, qu'il a déjà sorti assez longtemps de sa zone de confiance. Heureusement pour lui, le juriste lit bien son esprit et s'empresse de dévier le sujet - enfin, il parvient à lui donner une tournure beaucoup plus légère. Cela fait sourire Sungmin, le détend immédiatement. Partiellement. Ses paroles le hantent encore - continueront sans doute pour tout le reste de la soirée. La manière dont il parle de Pallatine, de son chaos... Il n'y a jamais réfléchi lui-même, évidemment, et étant un natif, il n'a jamais eu de base de comparaison. C'est dans une ville « où il n'y a ni loi ni ordre » qu'il a grandi. Et il n'a jamais vu cela comme une mauvaise chose - seulement sa réalité, réalité dont il sait tirer profit. Oh, la crise existentielle est encore très loin du jeune héritier - mais l'idée que son monde puisse paraître anormal à un autre le trouble plus qu'il ne le devrait. Peut-être est-ce parce que ces mots sortent de la bouche d'une personne qui, d'apparence, lui ressemble.

Mais digne de lui-même, lorsqu'une perche lui est tendue pour se sortir d'un mauvais pas, il la saisit. Il décide d'oublier momentanément ces réflexions trop sérieuse pour cette soirée, et de se concentrer sur ses dernières paroles. Même s'il est encore question « d'autres circonstances » qu'il saisit pas, d'une référence à un ailleurs inconnu, il décide d'entrer dans le jeu. La même moue se reflète sur son visage alors qu'il penche sa tête vers la gauche. « Et pourquoi ça ne serait pas le cas ? » Question posée en toute innocence. Il ne comprend pas tous les enjeux qui se trouvent derrière celle-ci - ou peut-être que si, en fait. Peut-être qu'il ne fait cela que par défi, pour (enfin ! ) le détacher un peu de ce monde qui le ramène toujours en arrière - car Sungmin n'aime pas les nostalgiques. Et honnêtement, il ne comprend pas en quoi ce rapport devrait être si différent. Ils sont dans une relation professionnelle, certes, mais n'est-ce pas justement Tae Joon qui lui dit de travailler sur son image, de charmer son entourage ? Et bien cela commence maintenant !

Il repose son verre sur la table et se lève. Il a toujours été incapable de passer un coup de téléphone assis, allez savoir pourquoi. L'appareil en main, il fouille dans son historique d'appel, relève les derniers restaurants chez qui il a appelé. Ne pas prendre encore et toujours la même chose, c'est un caprice stupide mais, hey, que voulez-vous ? Il est Sungmin et il peut bien faire ce qu'il veut. Alors après une petite recherche sommaire, il finit par retrouver un restaurant qui lui semble idéal.

« Du chinois, ça te dirait ? Ou si ça ne te plait pas il y a du thaï... »


Spoiler:
Je dédie cette chanson à Tae Joon :


 

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Taejoon n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé, il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi a-t-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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le Dim 25 Juin 2017 - 0:48
« Tu sais Sungmin j’aurais aimé que nous nous rencontrions dans d’autres circonstances. Peut-être alors me serais-tu apparu comme moins distant. Car tu es là, tu es là et pourtant je ne peux rien faire. Tu n’es qu’un énième client, un homme que je me dois de voir sans visage. Et il y a bien certaines relations d’ordinaire professionnelles qui basculent vers quelque chose de personnel, mais est-ce vraiment nous ? Est-ce ce qui nous attend ? Je me demande si, en Corée, nous nous serions aimés. Ici je suis seul, je suis perdu : ici tout m’apparait comme étranger. Alors quand je te vois je reconnais mon chez moi, et pourtant tu n’es pas de là-bas. Tu me parles de commander du chinois ou du thaï et j’en crisserais des dents si je ne devais pas faire bonne figure. Sais-tu seulement à quoi ressemble la nourriture chinoise ? Hormis le canard laqué je ne vois pas de quoi tu parles : c’est mauvais, et tout le monde le sait. Tu dois être comme certains de ces occidentaux qui confondent le chinois et le vietnamien, qui ne savent même pas que les nouilles ne viennent pas forcément du Japon. Enfin. Je soupire intérieurement et me dis que finalement notre présent n’est pas si mal.

Là-bas nous ne nous serions peut-être pas aimé.
Peut-être n’aurais-tu pas tout eu, peut-être que la loi t’aurait rattrapé : peut-être n’aurais-tu été entouré que de personnes intéressées. Quoique, c’est peut-être déjà le cas ici : le monde dans lequel nous sommes a changé, mais les hommes, pas. Je te souris et je finis par te répondre : « Thaï, vietnamien, coréen : tout me va. » J’omets poliment ta première suggestion, priant pour que tu ne le remarques pas.

Et alors que tu te lèves et t'écartes, le téléphone à la main, je t’observe. Je ne sais pas quoi rajouter et pense donc à des et si à l’infini. Je n’aimais pas tant rêver auparavant, mais ici cela m’apparait comme une nécessité. Imaginer ce qu’il pourrait se passer, aurait pu arriver : je ne sais pas, cela me calme. Comment m’aurais-tu perçu si nous nous étions rencontrés pour la première fois dans une toute autre situation ? Si, par exemple, j’aurais porté des vêtements moins formels, aurais endossé mon sweat-shirt préféré et collé une casquette sur le haut de ma tête ? Que nous serait-il arrivé ? Maintenant j’ai l’impression que nous sommes piégés et qu’il faudrait être fou pour briser ce fin verre nous séparant. Je me répète, je le sais, mais c’est comme ça. Je n’ai pas l’habitude d’être seul et cette solitude me pèse, me fait tourner en rond : bientôt je serai fou et tout sera foutu.

Je macère, je macère et je me perds.
J’ai l’impression qu’une éternité est passée depuis que je t’ai parlé pourtant tu ne sembles pas avoir bougé. Je pense trop, et je m’étonne de ne jamais développer de grosses migraines : j’aimerais faire taire ces bruits qui jamais ne cessent, ces idées qui me suivent puis me hantent. Je suis las et j’aimerais tout arrêter, tout laisser tomber. Il me faudrait être riche pour être si sot, pour tout faire voler en éclats. Pourtant cela m’attire, pourtant je me dis que ce ne serait pas plus mal. Qui me dit de mener une vie si sérieuse ? Qui me dit, oui, de me tuer une fois de plus au travail ? J’aime ce que je fais, c’est indéniable, sinon je ne le ferais pas : mais ici tout n’a-t-il pas perdu son sens ? J’ai envie de me rouler en boule j’ai envie de crier d’hurler j’ai envie de me mettre à courir et de fuir.

Mais je nais pas envie de mourir — et donc, je reste là. Je reste là et je ne bouge pas je continue de vivre et pourtant j’ai l’impression de ne plus respirer j’ai l’impression de ne plus exister et pourtant oui encore et encore je reste là. Et j’ai envie d’amis j’ai envie de personnes qui me comprennent, j’ai envie de rire et toi tu es là tu as mon âge et pourtant alors que tout nous oppose, aveugle, je ne vois que nos maigres ressemblances. Je t’aurais peut-être détesté là-bas et toi de même mais je suis désespéré et tes traits familiers m’attirent et me tuent et j’ai envie de tout envoyer en l’air j’ai envie d’une présence, oui. J’ai envie de rire comme je le faisais et de me sentir heureux et complet comme je l’étais. J’ai envie d’entendre ma mère au bout du téléphone et de deviner son sourire, de me la représenter assise sur les planches en bois, ses pieds se balançant distraitement.

J’ai envie de choses que je ne peux plus avoir et j’ai envie de choses que je pourrais avoir et qui pourtant ne viennent pas. Et toi tu es là (encore) et tu me nargues, tu as tout mais peut-être pas mais je m’en fous et je suis fou. Je me passe une main fébrile sur le visage et ferme les yeux un instant. Je dois me reprendre même si je n’en ai pas envie, et c’est sans doute car en effet, je n’en ai vraiment pas envie que je finis par lâcher : « Car tu t’imagines assis à ton bureau, moi posé sur l’angle, en jogging, jouant avec les cordons de mon sweat ? »

J’avais failli basculer un mon cul à la place de moi, mais ma conscience hurlant, je n’avais dépassé les bornes. Mon visage impassible devait contraster avec mes propos et c’était avec grande peine que j’avais laissé surgir une ombre de sourire narquois.

Pourquoi pas, disait-il.
Il allait comprendre.

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le Lun 26 Juin 2017 - 4:53
Tellement insouciant, Sungmin ne se rend pas compte de ce qui bouille à l'intérieur du juriste. Non ; sa réalité est si éloignée de la sienne qu'il ne parviendrait même pas à imaginer un quart de ses soucis, des mille et un scénarios qu'il se construit, l'univers des possibles qu'il explorer au risque de s'y perdre. En fait, dès qu'il a sa réponse (à laquelle il répond par un OK formé par sa main), il ne lui porte plus la moindre attention. Son plus gros soucis, c'est de choisir quoi manger. Il faut dire, Tae Joon ne l'a pas vraiment aidé. « Tout me va », ce n'est pas vraiment une réponse. Que sait-il alors de ses préférences alimentaires ? Oh, du premier coup d'oeil, il se doute bien qu'il ne doit pas manger n'importe quoi (il a cet air de grand du monde (ou de wannabe), probablement que cela lui vient de son passé sur Terre, de sa fonction de « justicier » ou il ne sait plus trop quoi - un truc important ou qui du moins se donne l'air important) et déjà il commence à s'étonner qu'il ait accepté son invitation à dîner. Quel grand homme digne de ce nom mange de la livraison bon marché ? Bon, d'accord, lui le fait, mais c'est parce qu'il est paresseux et que cela lui donne l'impression d'être un homme parmi les autres. Mais Tae Joon ? Ah ! C'est de plus en plus surprenant !

Quoi manger, donc. Sungmin regarde les numéros qu'il a sous les yeux. Pour la peine, il a décidé d'étendre sa recherche : qui sait ? peut-être trouvera-t-il un nouveau restaurant pas trop mal. Il se rappelle brièvement de la « liste » énoncée par le juriste. Thaï, vietnamien, coréen... Il hésite - c'est un choix difficile, que voulez-vous ? Toutes des savoirs différentes (et dépendamment du restaurant, de qualité très variables). Plus y pense, moins il a envie de nouilles noyées dans la sauce soya. Encore quelques secondes de réflexion, et il se dit qu'il devrait peut-être donner une chance à un restaurant coréen - il a évité d'en manger pendant longtemps, depuis qu'il a quitté le domicile familial à vrai dire, fatigué par la cuisine de sa mère. Aujourd'hui sera une exception, aujourd'hui sera un retour aux origines qu'il ne connait même pas. « Va pour le coréen » déclare-t-il plus pour lui-même que pour Tae Joon (semble l'avoir oublié, mais il est encore là, dans le coin de son œil et dieu sait que c'est très certainement lui et ses histoires « d'ailleurs » qui lui ont donné envie de ce voyage culinaire).

Et alors qu'il s'apprête à appeler, ce volcan à l'extrémité de son champ de vision explose. Le commentaire a l'avantage de le surprendre ça oui, ça ne fait aucun doute. L'image est absurde, sortie de nulle part. Sungmin se retourne vers lui, visiblement à la recherche du sens de ses paroles. Il est encore décontenancé - mais il y a dans ses yeux cette lueur ambigüe. Amusée mais piquée. Et elle laisse prédire ce qui va suivre, alors qu'un coin de ses lèvres se soulève.

« Bah pourquoi pas ? T'es pas mal dans ton genre. Sweat ou trois pièces, ça me convient... »

Et le voilà le problème de Sungmin : il ne tolère pas qu'on essaie de le mettre en tort. Et c'est exactement l'impression qu'il a eue. Réflexe ? Une réplique franche et insolente qui, généralement, ne manque pas de couper le sifflet de ses interlocuteurs - quand il ne les offusque pas carrément. Après l'insulte, l'injure ; il retourne à son téléphone, consultant le menu dudit restaurant qu'il vient tout juste de découvrir.

« Tu préfères quoi toi ? » Relève la tête, marquant une pause (intentionnellement équivoque). « Gimbap ? Bibimbap ? Il parait que c'est leur spécialité... »


 

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Taejoon n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé, il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi a-t-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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le Mar 27 Juin 2017 - 23:44
« S’il ne s’agissait pas d’un sourire narquois, peut-être était-il carnassier. Sungmin semblait lui renvoyer la balle, certain que cela le ferait taire, mais Taejoon ne comptait pas démordre : il n’était pas de ceux perdant la guerre. Il pouvait flancher lors d’une bataille, mais se redressant pour la suivante il refusait d'abandonner. Avancer de la sorte qu’ils pouvaient être amis, que le respect n’existait pas et qu’on pouvait trainer dans la boue tout ce qui n’était pas soi, ça n’allait pas. Il voulait lui montrer que ses pourquoi pas répétitifs étaient voués à l’échec, et que ce mur de verre les séparant n’était pas à prendre à la légère. Si son client voulait le faire disparaitre, il devrait le briser : mais Taejoon lui ne bougerait pas.

Et peut-être se sous estimait-il, tant ses pulsions parfois le rendaient inconscient. Il se savait capable de se mettre à hurler d’un coup, de s’énerver et de tout foutre en l’air. Il se connaissait et même si souvent rien ne l’ébranlait, s'il restait calme et paisible face à tout, à tous : il lui arrivait de céder à la colère. La tristesse ne le parcourait que lors de rares occasions, mais la frustration savait faire son nid dans son esprit, et attendre le moment opportun pour faire éclore ses oeufs. Aussi haussait-il les épaules, mimait-il l’indifférence, étouffant tout de ces sentiments qui, ignorés, un jour allaient exploser.

« Tu n’as qu’à me dire, je ne suis peut-être pas ton ami mais j’ai promis d’être ton homme. » Son ton était plat et pourtant si ses amis avaient été là, ils auraient juré qu’il riait. S’il existait un domaine où Taejoon excellait, c’était bien celui propre à son pays : prétendre. Il était de ces personnes pouvant mentir avec un grand sourire, vous jurer que vous aviez raison et vous vendre des assurances qui ne fonctionneraient jamais. Mais honnête, il se contentait de se voiler la face, enchaînant les masques, se croyant au théâtre. Il ne mentait jamais mais c’était chez lui une habitude de changer ses traits, de moduler son expression qui cependant, n’arrivait à contrôler son sourire, tantôt poli, tantôt lui. « Quoique si tu avances que les deux sont possibles, je ne demande qu’à voir. » Ma garde-robe t'appartient et pourquoi pas ce que je suis.

Se passant une main sur le visage, il s’était forcé d’effacer ce petit air moqueur qui voulait, malgré lui, s’afficher. Taejoon était un homme d’ordinaire très heureux, et c’était bien car il l'était et voyait tout du bon oeil qu’il pouvait se permettre d’être si taquin. Cela ne lui ressemblait pas que d’être pessimiste, au pire il était réaliste. Il n’aimait pas ceux qui étaient incapables de se dire que tout irait, et qui s’enfonçaient toujours plus bas, toujours plus loin dans les méandres de leur esprit pseudo-dépressif. Il ne comprenait pas qu’on puisse choisir d’être malheureux et aimer s’infliger cette peine, alors qu’en un coup de pied au cul et deux mouvements on pouvait se surprendre à rire.

Pallatine lui avait prouvé qu’il pouvait déprimer, mais essayant de ne pas y penser, il faisait face. « Si tu aimes le riz et les légumes, le bibimbap conviendra parfaitement. Après si tu veux de la viande ils se ratent rarement sur le bulgogi, mais le bibimbap reste le choix le plus avisé. » Et que n’aurait-il pas donné pour en manger de nouveau ? Il était de ces coréens vivant la Corée et refusant de céder aux fast foods américains. Il ne comprenait pas qu’on puisse préférer un burger à un plat traditionnel, qu’on puisse s’extasier d’un unique sandwich alors qu’à côté on leur fournissait des dizaines de plats d’accompagnement ? C’était comme si le partage peu à peu s’effaçait de leur culture et révolté il aurait aimé crier.

Son changement de sujet s’était néanmoins effectué sans accroc, et sur son visage ce petit quelque chose d’indifférent était de retour. Il était poli, et sa politesse refusait de commettre la moindre faute. Il n’y avait que son caractère, qui bosselé, des fois trop fort, tambourinait en lui dans l’espoir de faire céder les portes derrière lesquelles il était piégé. « S’ils sont gentils, ils mettront même un oeuf. » S’affaissant, il avait souri, espérant que Sungmin ne change pas tout à coup d’avis et décide de retourner à son chinois qui ne l’était, évidemment, pas.

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le Jeu 29 Juin 2017 - 22:55
Toujours posté derrière son divan, Sungmin lève les yeux de son téléphone, observant son invité sans gêne alors qu'il lui répond. Oh, il sait déjà ce qu'il va dire : des excuses, toujours des excuses ! C'est qu'il est plutôt mignon, Tae Joon, à s'obstiner de la sorte. Que croit-il faire au juste ? Il n'espère quand même pas lui prouver qu'il a tort ? Quelle folie ! C'est monsieur qui lui dit d'être plus charmant auprès de ses employés, d'entamer une grande entreprise de séduction pour gagner leur respect, et lui se borne à lui dire qu'ils ne seront jamais amis. Ça lui donne envie de rire - pas que, en fait : il rit, doucement, en fermant les yeux et en secouant la tête. Appréciant la réplique. Constatant la galère dans laquelle ils se sont plongés. Ce n'est même pas son intention de faire de Tae Joon son ami - c'est la première fois qu'il le rencontre, ce type ! Il est quand même plus sélectif que ça dans ses relations (enfin, c'est ce qu'il veut se faire croire et c'est en oubliant tous ses one-night-stands - il insiste, d'ailleurs, sur le ONE : ce ne sont jamais des relations, il n couche pas avec les gens qu'il connait bien, les « amis » comme on dit ; déjà essayé, deux fois plutôt qu'une, et les choses deviennent beaucoup trop étranges à son goût (bref, rien d'agréable) - mais pourquoi les gens n'arrivent pas à comprendre que le sexe et l'affection sont deux choses différentes ? Roh lala). Bref, il n'a pas d'en l'idée de faire de son avocat son confident ou quoi que ce soit. Tout ce qu'il souhaite, c'est passer du bon temps (ensemble optionnellement) lorsqu'il n'est pas au travail - et pour ça, il a besoin que Tae Joon le voit autrement que son employeur et qu'il se détende un peu.

Mais non, vraiment, il ne comprend pas ce qu'il y a de si compliqué à ça. C'est quoi son problème au juste ? Il n'a pas pris sa blague sur le sweat ou le trois pièces ? Très bien. Mais inversement, il n'aime pas qu'on le contredise de la sorte. Ça l'a froissé, un peu, et tout ceci n'est plus qu'une question d'orgueil. Une fois qu'il a terminé de rire, il garde son sourire alors qu'il toise le juriste. Il reprend sur ce même ton plaisantin mais provocateur : « Je ne sais pas si c'est une promesse que tu es en mesure de remplir, d'être mon homme... »

Il range son téléphone dans la poche arrière de son pantalon, oubliant momentanément l'enjeu culinaire du moment. À pas mesurés, il revient plus près des divans, s'avançant jusqu'à ce qu'il reprenne son verre. Il a envie de le mettre au défi, ce cher Tae Joon, de la même manière qu'il la fait. Il ne veut pas être le seul à devoir lutter. Disons que c'est un caprice d'un pauvre enfant de riche qui manque de distraction. Son avocat tient absolument à ne pas faire un pas de plus ? Il le défie de lui prouver qu'il a tort ? Et bien pourquoi pas ? Sungmin n'est pas tout à fait sobre et toujours en recherche de distractions. De toute façon, il n'a rien à perdre - du moins à sa connaissance. Et c'est avec le même sourire carnassier qu'avait son invité plus tôt qu'il réplique :« On parie ? Je suis sûr que tu ne résisteras pas longtemps... »

(Tu es probablement seul, sans personne sur qui t'appuyer : c'est comme ça pour les transférés à Pallatine. Je t'offre ma main et je cogne à ta porte. Vas-tu ouvrir enfin ? Ce n'est pas le lune que je te demande, seulement une réponse.)

Il prend une bonne gorgée de sa boisson, maintenant diluée par le glaçon devenu eau, avant de reposer son verre. En ressortant son téléphone portable, il se laisse choir dans le divan face à Tae Joon, croise lâchement sa jambe droite par-dessus la gauche. Son visage se décompose dans une nouvelle expression neutre, comme s'il tentait d'imiter le visage blasé du Coréen. En deux trois clics, il est de retour sur le menu du restaurant.

« Je déduis que tu préfère le bibimbap. Je demanderai pour l'oeuf (il ne croit pas en la gentillesse gratuite). Ah, et du soju. Je n'en ai plus je crois... Tu prends combien de bouteilles ? »


 

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le Ven 30 Juin 2017 - 2:14
« Peut-être allait-il perdre, finalement. Sungmin s’était mis à parler et alors qu’il reprenait sa place sur le canapé, Taejoon avait serré des dents. Il y avait dans ses propos un petit quelque chose de provoquant, et mis à l’épreuve le coréen voulait saisir la perche qu’il lui tendait à pleines mains. Il voulait, oui, rétorquer d’un sourire narquois pourquoi pas. Mais mesurant les conséquences d’un tel acte, il s’était retenu, le visage impassible. Il n’avait jamais vraiment touché d’hommes de sa vie, la chose étant plutôt mal vue dans son pays. Et tant bien même partout dans le monde l’homosexualité semblait se faire peu à peu accepter, elle restait en Corée un sujet tout aussi récent que tabou. Il avait remarqué, avec un sourire, que les femmes semblaient plus facilement s’affirmer que leurs comparses masculins. Lui n’y avait d’ailleurs jamais réfléchi, n’était sorti qu’avec quelques filles de son campus, tantôt sérieux tantôt pas trop.

Découvrir de nouvelles choses ne l’effrayait pas, mais l’idée de se perdre en chemin souvent l’arrêtait. Il repensait lors de ces moments à sa mère, à tout ce qu’il lui avait promis de devenir et à tout ce qu’elle attendait de lui. Et s’il savait qu’il s’agissait de sa vie, qu’il n’avait pas à suivre la volonté d’un autre… il se sentait reconnaissant, redevable : ne voulait pas ternir leur relation et cette étincelle dans son regard. Enfin, elle n’était plus là.

Comme tous les autres.

Il était seul et cette idée lentement le tuait. Le soir alors qu’il rentrait chez lui, ne pouvant sortir comme il le faisait auparavant, il sentait ses épaules s’affaisser, son moral baisser. Et pourtant. Il savait qu’il allait bien falloir trouver le courage de tout recommencer : savait qu’il ne pouvait plus rester dans cet entre-deux, à vivre sans pourtant exister. Il voulait rire, ressentir, voulait en se regardant dans le miroir y découvrir un homme heureux.

Peut-être était là son tournant : ne plus rien lâcher.
Taejoon ne voulait plus perdre et baissait donc difficilement la tête face aux propos de Sungmin. Tu veux parier ton endurance ? avait-il failli lui balancer, mauvais. Je suis plutôt confiant. Et qu’il était dur de se retenir ! Se passant une main sur le visage, il avait pris son verre, le finissant cul sec. Le bruit qu’il avait fait lorsqu’il l’avait reposé l’avait fait sursauter, et souriant il avait réprimé un ricanement.

« Va pour l’amitié, alors. » Son ton s’était fait neutre, quoiqu’un peu taquin. Était-il battu, était-ce la fin ? Ou ne s’agissait-il que d’une bataille, que d’un round avant un autre ? Le tant attendu le suivant ? Taejoon ne lâchait prise et lorsque Sungmin lui avait une nouvelle fois demandé son avis, il avait sorti, l’air de rien : « Avec mes amis ? Au moins trois. » pour moi.

Là était un sujet où il se sentait à l’aise, aurait du mal à perdre face : « Tu as de la bière ? Sinon permets-moi de les payer. » Car n’étaient-ils pas proches, à présent ? S’amusant lui-même de la situation, il avait décidé de suivre le mouvement. Il voulait que le mur de verre se brise, que tout éclate ? Voulait que tout devienne embarrassant, que chaque sujet se finisse en une pente verglacée où il faudrait trouver un perdant, un tombé ? Bien.

Il ne répondrait plus de ses actes, ne chercherait plus à être parfait.
Jouerait, tout simplement.

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Héritier d'une fortune construite par ses parents dans le monde du spectacle. Sungmin vit dans un monde d'apparences.
C'est le gosse de riche typique qui ne se rend pas compte des injustices autour de lui. C'est l'élitisme pur. Une certaine cruauté dans son regard du monde extérieur à sa sphère ultra-privilégiée.
C'est encore un jeune qui n'est pas prêt à assumer toutes les responsabilités qui lui tombent dessus, mais déterminé à faire de son mieux. Le désir de faire son propre nom.
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le Mar 4 Juil 2017 - 22:18
Sungmin finit toujours par obtenir ce qu'il souhaite. Et qu'est-ce qu'il se sent bien lorsque cela arrive, surtout lorsqu'il a du se battre pour atteindre son but. C'est exactement ce qu'il se passe avec Tae Joon. Il a fini par obtenir ce qu'il voulait de lui : une réaction, tout simplement. Il ne supporte plus ce visage de juriste perfectionniste, droit et propre en toutes circonstances. Enfin, il sent qu'il peut s'éloigner du boulot et des bonnes apparences. S'en fera-t-il réellement un ami ? Oh, il en doute, mais il n'est pas là pour les prévisions à long terme. Tout ce qui lui importe, c'est ce passer du bon temps ici et maintenant. Et comme Tae Joon vient d'entrer dans son jeu, il a le premier réflexe de croire que tout est déjà gagné - jusqu'à ce que son rire parvienne à ses oreilles.

Il réalise alors qu'il a peut-être commis une erreur, qu'il a agi de façon irréfléchie. Peut-être bien a-t-il crié victoire trop vite, car oui, Tae Joon entre dans son jeu - et il semble tout à fait disposé pour y participer et le mener. Ça, ça lui plait un peu moins. En même temps, à qui la faute ? Si ça se trouve, il est le seul à avoir enroulé la corde à son cou - il ne lui reste plus qu'à espérer que Tae Joon ne bottera pas la chaise. Malgré tout, Sungmin sourit. Eh. How bad could it be ?

Il ira jusqu'au bout.

C'est le calme avant la tempête, une trêve avant la deuxième manche qui se prépare. Mais ils savent l'un comme l'autre que la paix, à partir de cet instant, n'est plus une option. Il presse encore quelques touches sur son téléphone avant de le porter à son oreille. Le volume est assez fort pour entendre la communication s'établir. Juste avant qu'on ne lui réponse, Sungmin a le temps de souffler : « J'insiste, je paie pour le repas. Si tu n'es pas à l'aise, tu me paieras un resto un de ces jours. »

Un sourire en coin et un clin d'oeil. Non, les hostilités ne prendront pas fin de sitôt ! Et elles se poursuivent en toute subtilité, dans sa voix alors qu'il commande du bibimbap pour deux, qu'il prend tout son temps pour se renseigner sur les plats d'accompagnement avant de se contenter du traditionnel kimchi. Il insiste pour bien avoir un œuf ans les bols et, finalement, demande pas deux, pas six, mais huit bouteilles de soju. Ne précise évidemment pas que tout cet alcool ne sera que pour deux personnes (alcoolo anonyme jusqu'à la fin). Quand enfin il raccroche, il soupire d'aise et dépose son téléphone sur la table.

« Qu'est-ce que tu disais déjà... Ah, oui ! La bière. »

L'avantage des aires ouvertes, c'est bien la communication entre le salon, la salle à manger et la cuisine. Quelques pas et il est devant le réfrigérateur. Digne de lui-même, il est certain qu'il possède quelques bouteilles chez lui - et étonnamment, la caisse est encore pleine. C'est qu'il est rare qu'il boive chez lui - ou qu'il soit chez lui, voyez ça comme vous voulez. Tout bonnement, il sort deux bouteilles ( « J'en ai encore beaucoup si tu veux - tu ne te gênes pas »), n'ayant aucune idée de ce que Tae Joon peut avoir en tête. Après le whisky, une bière ? Qui va être suivie par le soju qui devrait arriver d'une minute à l'autre ? Bah, pourquoi pas... Quoi que, il n'aurait pas dit non à une petite pause entre ses boissons - surtout considérant ce qui va sans doute suivre...

« Si tu veux autre chose, t'as qu'à le dire. Mon garde-manger est plutôt plein » annonce-t-il joyeusement en retournant au salon. Armé d'un ouvre bouteille, il retire le bouche d'une première bière avant de la tendre à Tae Joon. « Monsieur est servi. »


 

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Taejoon n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé, il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi a-t-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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le Mer 5 Juil 2017 - 0:42
« Et si Taejoon aurait d’ordinaire insisté pour payer, il n’avait cette fois-ci rien dit. Après tout, n’était-ce pas monnaie courante que d’offrir un repas à un ami ? Sarcastique, il s’était promis de lui rendre la pareille, s’imaginant déjà sans mal l’endroit où il le trainerait lorsque ce jour viendrait. Et si au fond de lui il était encore acide d’avoir du courber l’échine, il se surprenait à s’amuser de cette nouvelle situation. L’amitié ? Là était un sujet qu’il maitrisait, un terrain où il serait difficile de le faire chuter, tomber. Il était de ces personnes rayonnantes, heureuses d’être en vie : et son côté chafouin, un peu rentre dedans avait toujours fini par l’entourer de personnes toutes aussi agréables que formidables. Ils étaient tous de bons vivants, et se retrouvaient souvent, surpris, en accord de nombreux points. Alors jouer le jeu ? Bien sur, qu’il pouvait.

Que faisait Sungmin, d’ailleurs ? Pourquoi ne sortait-il que deux bières ? Curieux, le coréen l’avait observé faire, contemplant sans un mot sa précieuse bouteille se faire décapsuler. Son visage avait blêmi, puis reprenant des couleurs, il avait réprimé un fou rire. « Mais ! » Se passant une main sur le visage, appuyant très fort sur sa bouche pour qu’elle arrête de se fendre en une moue insolente, il avait fini par demander, poli : « Tu ne connais pas les soju bombs ? » Mais comment avait-il vécu ! Ses traits étaient trompeurs, et Taejoon s'y piégeant régulièrement ne pouvait que conclure qu'une fois de plus, il était tout sauf natif de leur pays d'origine. « C’est toute ton éducation qui est à refaire ! » avait-il laissé s’échapper sans s’en rendre compte, pensif, acceptant toutefois la bière lui étant offerte.

« Hyeong va t’apprendre, t'inquiète pas. » Pause : « … Quoique seonbae ? » Ses sourcils s’étaient froncés un court instant, réfléchissant sur la question avant qu'il éclate, radieux : « Ah ! Mais non, que dis-je ! Chingu. » Et s’il avait l’air innocent, il était clair qu’il s’agissait là d'un foutage de gueule de compétition. Taejoon se moquait de son client, et le faisant finement, il prenait ce petit air de rien qui lui allait si bien.

Il avait passé des mois à défendre les pires des assassins, à s’occuper de divorces grotesques où le but était d’extorquer la fortune de l’un pour la reverser à l’autre. Et s’il ne s’était agit que d’exercices pratiques, il avait toujours pris un malin plaisir à se donner à fond. Peut-être aurait-il du faire du théâtre, devenir acteur ! Quoique, rejoindre un groupe de fraudeurs et dévaliser quelques malheureux lui serait tout aussi bien allé. Il était né avec tant de facettes, si riche de tout mais surtout de lui qu’il pouvait se permettre d’être un autre tout en restant lui-même. Et il aimait ces jeux à double face, ces jouxtes verbales, ces défis et ces petites choses qui toujours pimentaient une relation.

Dire que Sungmin les-lui servaient sur un plateau d’argent.

« En Corée boire c’est tout un art ! Je pensais que tu connaissais ? Mais pas de soucis je vais te montrer, je suis certain que tu vas adorer ! On a plein d’astuces pour rendre l’alcool quelque chose d’à la fois plus amusant et… bon ? Je me disais que vu que nous sommes à présent amis… Nous pourrions boire comme tels ! Du coup il va me falloir quasi autant de bouteilles de soju que de bière, et deux fois plus de verre. » Se retenant de rire, il avait lâché un clin d’oeil gamin, taquin. Rien ne l’excitait plus qu’une bonne soirée entre amis après une lourde journée ! Il se souvenait encore des ratés ou s’explosant le front contre la table ses amis avaient découvert, horrifiés, que les baguettes n’avaient bougé et que la boisson ne s’était mélangée : lui avait toujours tapé du poing, sauf lorsque bourré il oubliait sa fierté.

Et il se fichait bien d’effarer son client, était bien trop certain de gagner la partie pour s’en soucier.
Il allait l’exploser : lui faire comprendre qu’à coups de pourquoi pas la monde n’avançait pas.

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le Jeu 6 Juil 2017 - 3:08
Peu à peu, le sourire de Sungmin fond alors que l'hilarité de Tae Joon croît. En quelques secondes, sa bonne humeur est réduite au néant et son visage ne traduit que deux humeurs : la honte et le mécontentement, ce dernier prenant le dessus sur son égo blessé. Pas une seconde, il ne le lâche des yeux, encore trop fier pour baisser le regard.  Et plus il détaille son visage, plus son humeur se noircit. Mais c'est quoi son problème à Tae Joon au fait ? Il lui demande de la bière et tout naturellement il lui en offre avec toute la meilleure volonté du monde ! Sans blague, sur le coup, ça lui a fait plaisir même (notez à quel point il peut se montre ô combien généreux avec ses « amis ») ! Il a cru s'engager pour du bon temps et puis finalement non : le juriste se moque ouvertement de lui. Et s'il a envie de lui crier par la tête qu'il n'a pas à le juger de la sorte parce qu'il ne connait rien à la culture coréenne, il s'est retrouvé complètement muet, le rouge lui montant aux joues pour une raison qu'il ignore. Comme s'il avait honte, mais honte de quoi pardieu ! Ah, peut-être ça, oui : ''Hyung va te montrer'' ouais c'est ça ! Qu'il les mette où il le pense ses putains de soju bombs ! (Respire, Sungmin) Non mais pour qui il se prend sérieusement avec ses grands airs de fin connaisseur ? Ah non, Sungmin n'est pas idiot, il sait reconnaître lorsqu'on se fout de sa gueule et c'est très exactement ce que son « ami » fait. Il l'arracherait s'il le pouvait ce sourire à la con et il les boirait comme il l'entend ses bouteilles de soju sans à se soucier d'un quelconque décorum !

(Respire, Sungmin, lentement. Reprends toi.)

Il soupire et roule les yeux, feignant une toute nouvelle indifférence. Sa mâchoire, par contre, reste serrée. Il aimerait bien exploser mais hey, opération charme n'est-ce pas ? Alors il tient le coup, comme il peut et préfère user de tact et de diplomatie... Enfin, comme il peut le faire - il n'a jamais été très doué pour ça. Et de toute évidence, sa contrariété doit se sentir deux étages au-dessus du sien. Joue le jeu, te laisse pas abattre (c'est toi qui a commencé tout ça) : ne montre pas ta frustration, pas trop enfin. Il force un sourire. « Il fallait le dire avant, chingu. Comment je dois deviner moi ? Ça a l'air d'un truc qui se fait seulement en Corée - autrement j'en aurais sûrement entendu parlé... » Des excuses, des excuses, mais il se convainc qu'il ne peut pas avoir tort. Bah oui ? Est-ce de sa faute que ses parents soient Coréens ? Est-ce de sa faute qu'il n'ait pas lié d'amitiés très fortes avec des gens venant de ce petit pays ? À quoi pouvait-on s'attendre ? Ce qu'il connait de l'alcool, il l'a appris dans les bars et les clubs de Pallatine, en digne « Pallatinien » qu'il est !

Oui, il n'a pas à se sentir coupable de quoi que ce soit ! C'est Tae Joon qui a commis une erreur. Mais il est prêt à la lui pardonner. Il est prêt à rentrer dans son jeu ou peu importe ce que c'est. Ça ne peut pas être si mal, ce qu'il entend faire avec la bière et le soju... enfin il l'espère. S'il lui fait boire quelque chose de pourri il jure qu'il va l'étouffer, en bon ami qu'il est ! Passer à autre chose. Oublier la moquerie (il n'est pas sûr de pouvoir le faire si facilement...). Se préparer pour les fameux sojus bombs. Il se lève et retourne à la cuisine, la deuxième bouteille toujours en main. « J'remets ta bière au réfrigérateur s'tu veux. J'vais sortir le reste quand le soju va arriver. Huit encore, c'est ça ? J'en ai assez. Les verres maintenant... »

Il se dirige maintenant vers les armoires posées en hauteur. Les ouvre et étire le cou pour constater qu'il n'en a que dix. Bah, ça peut pas être si dramatique, non ? C'est quoi l'idée aussi de faire un breuvage qui demande presque dix fois le nombre de verre que le nombre de buveurs ? Suffirait de boire à la bouteille, à ce point... Mais faut quand même les sortir ces verres. Et non, il n'a pas l'intention de se taper tout le travail seul - Tae Joon est peut-être son invité mais dommage, il ne connait pas très bien les règles de civismes (mensonge) et il a peut-être envie de le faire payer pour cet affront. Et c'est avec toute la grâce du monde qu'il l'interpelle : « Ya, viens m'aider un peu ! Je sais pas ce que tu veux avec mes verres... » Il en prend deux (seulement) et s'avance pour aller les porter dans le salon, mais s'arrête immédiatement. Merde il va quand même pas faire ça là ? Il vient tout juste de refaire la décoration ! Il refuse de faire souffrir ses nouveaux divans blancs dès leur première semaine, non ce serait une horreur ! Et puis y'a le tapis, et la table basse sur laquelle tous les dossiers sont encore posés... Non, non, mauvaise idée. « On va mettre ça dans la salle à manger... » Et encore, ça lui fait un peu mal au cœur. C'est si proche du salon... et tout à coup il regrette peut-être d'avoir que son logement soit aire ouverte.


 

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le Sam 8 Juil 2017 - 0:02
« Quelque chose dans l’air avait changé et frissonnant Tae Joon s’était demandé s’il n’était pas allé trop loin. Il y avait dans la vie des lignes à ne pas franchir, et froisser son plus gros client était surement tout sauf une bonne idée. Se passant une main sur le visage, il aurait aimé se coller une baffe : s’insulter d’être si impétueux, capricieux. Où étaient passés son calme apparent, son sang-froid et cette indifférence qui toujours l’accompagnaient ? Lui si professionnel depuis son arrivée à Pallatine se transformait sous l’impulsion d’un défi prétentieux en un gamin de moins de douze ans.

Il s’exaspérait et pourtant… Ne regrettait rien.
Car à quoi bon vivre s’il devait prétendre, être malheureux ? Il était de ces hommes visant haut mais refusant pour autant de laisser derrière eux ce qu’ils étaient, ce qu’ils voulaient. Et son but principal n’était-il pas l’épanouissement ? Il voulait rire tous les jours, réprimer ce sourire presque insolent qui persistant lui ferait mal aux joues. Il voulait oui être cette personne qui se réveillant le matin se disait qu’elle ne regrettait rien : et là était pour lui la clef du succès. Alors qu’importe qu’il perde l’estime de Sungmin, qu’importe qu’il se retrouve sans le sou car on l’aurait mis à la porte : il se relèverait et recommencerait. Après l’échec qu’avait été son arrivée ici, il n’avait plus peur de rien.

Si ce n’était se perdre lui même : car là alors, ce serait la fin.
Et était-il un connard ? Pas vraiment. Il aimait se montrer taquin, aimait se lancer dans des jeux à double tranchant mais n’aimait non plus blesser ceux lui faisant face. L’avait-il fait, à cet instant ? Peut-être et ceci l’avait tout d'un coup refroidi : « C’est vrai que tu es natif. Je ne sais pas, tu parles si bien coréen : tu ressembles tant à ce que j’ai toujours connu qu’à peine je te connais que déjà j’oublie. » Et pour une fois il n’y avait rien de sarcastique dans son ton, juste un visage neutre au tantôt sérieux, tantôt navré : « Je te demanderais bien de m’excuser, mais à la place et en tout bon ami je vais plutôt me racheter en te montrant à quel point ce que je te prépare peut être marrant. » A deux c’était bien sûr différent, beaucoup moins hilarant que lorsque tous étaient réunis, déjà à moitié bourrés mais… Il y avait un début à tout, n’est-ce pas ?

Se levant tout en parlant, il s’était dirigé vers son client, ne relevant le ya qui intime, restait insolent. « Bien sûr ! Après tu sais on a besoin de quasi autant de bières que de soju mais… Au pire les verres si j’en ai deux pour moi deux pour toi ça va ! Un normal un pour shot ! Après pour le clou de la soirée… Il en faudrait au minimum cinq de chaque mais au pire c’est pas la fin du monde. » Haussant les épaules il se positionne derrière Sungmin et attend qu’il libère l’espace pour attraper un maximum de récipients. Sans réfléchir il se dirige vers la table basse et ne s’arrête que lorsqu’il est rappelé à l’ordre : « Vraiment ? Je suis propre, pourtant ! » Un des rares de son groupe à ne quasi rien dégueulasser lorsqu’il effectue ses tournées : il se retient même de jeter les papiers imbibés d’alcool contre les vitres à côté ! Mais n’étant pas chez lui et ne pouvant lui imposer quoique ce soit, il obtempère, déposant tous les verres là où lui indique son ami.

Il ne sait plus quoi dire, se dit qu’il serait presque temps que la livraison arrive : « Surtout vu comment je suis fringué, je vais éviter d’en mettre partout. » Il s’observe et réalise qu’il n’est pas à l’aise : se passe une main dans les cheveux et de l’autre dénoue quelque peu sa cravate. Ah, enfin, il respire !

Ne joue plus, non plus : se rend compte qu’il a manqué d’humilier quelqu'un qui, pourtant, ne lui a rien fait. Et cela ne lui ressemble pas et décidant de stopper momentanément la joute, se perd lui-même dans la mascarade qu’ils ont créé. « Dis-moi si tu as besoin d’autre chose. » Sourire plus avenant que sympathique, mais l’intention y est.

Il ne sait pas s’il doit retourner s’asseoir ou juste s’accouder là à côté d’un quelconque comptoir.

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le Dim 9 Juil 2017 - 5:54
En portant les deux verres sur la table, Sungmin conserve une légère moue sur son visage. Pour la forme. Il a été offensé et il s'attend à des excuses digne de ce nom. On ne se moque pas des connaissances d'autrui, surtout lorsqu'ils n'ont pas une chance de les connaître. C'est une règle universelle ! Certes. Si sa vie avait été faite en Corée, très certainement qu'il connaîtrait tous les jeux d'alcool populaire - à moins de vivre sous une roche ou d'avoir choisi la vocation de moine, mais même dans un milieu aussi différent, l'héritier doute qu'il changerait du tout au tout (et puis il sait à peine ce que c'est, un moine, et on lui dirait qu'il vit une mauvaise vie selon de grands principes dictés dans des livres plus vieux que le monde et il se demanderait si vous n'êtes pas fou, qu'est-ce que vous dites, son comportement étant irréprochable pourtant !, mais passons). La réalité, cependant, c'est qu'il ne peut pas rester fâcher - ne le veut pas, surtout. Il s'est promis de passer la soirée à s'amuser, sans se prendre la tête - mais encore une fois, c'est une question d'orgueil. Sa fierté lui dit qu'il ne doit pas lâcher le morceau, continuer à lancer des piques passives-agressives, jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veule (enfin, ce que son égo veut).

Et heureusement, Tae Joon se reprend vite et lance les mots dont il a exactement besoin. La bataille n'aura pas été longue ; un sourire fend ses lèvres un peu malgré lui lorsque le juriste demande à se faire pardonné en lui montrant comment s'amuser. Enfin ils parlent la même langue ! Son « ami » est très certainement en train de le flatter pour s'assurer d'être dans ses bonnes faveurs, mais Sungmin ne peut pas lui en vouloir pour ça - il a toujours apprécié qu'on lui lèche les bottes (avec modération). Il ne se doute pas qu'un autre motif a poussé le juriste à retirer ses mots - mais il n'en a rien à faire honnêtement. La seule chose qui l'importe ici et maintenant, c'est comment il a l'intention de les faire marrer. C'est d'ailleurs avec cette curiosité défiante qu'il tourne la tête en sa direction pour lui répondre : « Je n'attends que de voir ça ! » (Tu es excusé)

Sitôt dit, sitôt oublié ; c'est incident fait partie du passé. Il inspire longuement et se recharge en bonne humeur, de même que cette attitude taquine qui, elle, ne l'a pas complètement quitté. Son pas est léger autour de la table de la salle à manger. Cependant, ses sourcils plissés indiquent un calcul mental très sérieux. Et oui, c'est un grand problème qu'il doit régler ! Quoi faire avec les verres ? Le fait est qu'il n'en a pas assez et que -honte à lui- il ne possède pas de verres à shooters. Bah oui ! S'il veut se saouler, il va dans un bar - ou encore, il boit à même la bouteille de vodka qu'il a chez lui - beaucoup moins compliqué - et s'il veut faire un mélange, il prend un grand verre ou une coupe (aucun standard). À quoi bon faire semblant et vouloir se donner de la classe avec des verres minuscules quand on veut juste oublier sa journée ? Enfin bon… Il se pose près du bar aménagé dans le salon, regarde derrière le comptoir même s'il sait qu'il ne trouvera rien (peut-être que des verres seraient apparus miraculeusement ! ) mais non. Tous ses autres verres sont de taille régulière - enfin, disons qu'y verser une bouteille de bière n'est pas un problème. C'est alors que ses yeux tombent sur les deux verres de whisky, vides, dans le salon. Un cadeau qu'il a reçu. Ils sont naturellement beaucoup plus petits - et environ la taille idéale pour des shooters (ou plus gros, un peu, mais bah, vraiment, vont-ils y faire attention ? ). La voilà sa solution ! Et en allant les chercher reprend, joyeux :

« Oh, c'est pas que je crois que tu salirais tout - t'as l'air d'un type assez consciencieux, merci - mais mes divans sont blanc et neufs. Et c'est pas que je suis superstitieux non plus, mais je préfère être prudent. » En allant porter les verres dans l'évier, il s'arrête un temps et se retourne vers lui. « Mais si vraiment tu préfères boire dans le salon, je te fais rembourser mes meubles s'il arrive quoi que ce soit » conclut-il dans un haussement d'épaules. Comme s'il s'agissait de remplacer une barre de chocolat…

Ce n'est qu'alors qu'il remarque l'inconfort chez son invité. Non seulement dans ses vêtements, mais en plus au milieu de son appartement. Plutôt que de se sentir désolé de ne pas lui avoir offert une place ou s'asseoir ou quelque chose à faire en attendant, il pouffe de rire. « Regarde toi. T'as l'air aussi à l'aise qu'un poulpe sous le soleil ! Tu veux quelque chose pour t'occuper ? » D'un coup de tête, il indique les verres dans l'évier. « T'as qu'à les laver - on va s'en servir comme verre. Pendant ce temps, moi, je vais aller me changer. » Car il est vrai qu'il est encore en tenue de travail - et si les chemises ce n'est pas de ça qu'il manque, il préfère tout de même porter quelque chose de plus confortable pour une soirée entre amis. Ses yeux scrutent alors attentivement la figure de Tae Joon - peut-être de manière un peu trop insistante, même- avant qu'il ne lance : « Ouais, on doit faire environ la même taille. Peut-être que ça va être un peu petit des épaules, mais je peux te passer un t-shirt si tu veux. »


 

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le Dim 9 Juil 2017 - 23:38
« Et se dirigeant vers l’évier Taejoon n’avait rien ajouté. Il ne savait plus quoi dire, et soudainement pensif avait commencé à nettoyer les verres. Comment pouvait-on être natif et pourtant avoir un appartement si vide ? Il était impensable de n’avoir aucun verre à shooter chez soi ! Comment faisait-il, lorsqu’il invitait des amis chez lui ? En avait-il seulement ? Peut-être était-il seul, peut-être n’avait-il qu’une personne dans sa vie lui étant proche, et encore. Et n’était-ce pas un peu malheureux de vivre ainsi ?

Il aurait aimé lui demander, tout à coup, s’il l’était.
N’était-il pas au final qu’un gamin ? Il avait son âge et pourtant il lui apparaissait comme un hoobae à qui il devait tout apprendre. Il était capricieux et tant bien même lui avait-il affirmé qu’il pouvait se montrer sérieux, Taejoon le voyait mal être autre chose que… Ça. Un adolescent tout sauf prêt à reprendre l’affaire familiale. Avait-il vécu ? Avait-il ri à gorge déployée ? Avait-il souri jusqu’à en avoir mal aux joues ?

Comment as-tu vécu, Sungmin ? Et il se sentait tout à coup si désolé, si navré pour lui ! N’avait-il donc jamais passé ses soirées à parler avec des amis, à jouer ? N’avait-il jamais été gamin, n’avait-il jamais fait de sport ? Que connais-tu ? hormis l’alcool et la luxure, hormis ce qui t’attend hormis toutes ces choses qui font que tu es si seul.

Peut-être qu’au final son client était plus isolé que lui-même ne l’était.
Et pourquoi pensait-il à ça, alors qu’il était en train de rincer les deux verres ! Secouant la tête, Taejoon avait essayé tant bien que mal de se raccrocher au réel. « Je suis plus confortable en sweat-shirt mais j’avais l’habitude d’aller boire en costard, donc l’un ou l’autre ça ne me dérange pas. » Il était déjà descendu de chez lui avec ses sandales en plastique, habillé comme un clochard car un de ses amis complètement défoncé l’avait appelé, en bas de chez lui. Il y avait aussi Daechul qui venait toujours pleurer à sa porte à trois heures du matin à chaque fois qu'il se faisait larguer.

Lui n’avait embêté personne, lorsque noona l’avait trompé. Et pourtant ! Qu’il l’avait aimé ! Il reconnaissait sans mal qu’elle avait été son premier amour, et qu’à jamais elle le resterait. Il se souvenait de ses longs cheveux bruns, de son sourire calme, paisible. Il se souvenait d’elle comme s’il l’avait croisée hier. Enfin. « Va donc te changer, ne t’embête pas avec moi ! Les t-shirts ça ne me va pas vraiment, en plus. » Il aimait se sentir bien et beau dans ce qu’il portait, avait du mal à s’assumer avec un haut tout simple. Il lui fallait souvent chercher une bonne heure avant d’en trouver une poignée qui lui allait à ravir. Et peut-être était-ce pour ça qu’il aimait tout autant l’automne que l’hiver : même un peu le printemps. Car ces saisons lui permettaient d’enfiler ces pulls qui lui allaient si bien, qui lui donnaient cet air désabusé et ce petit quelque chose de chafouin. Enfin. L’été et ses bermudas n’était pas mal non plus, surtout lorsqu’il avait sur son nez sa paire de lunettes préférée.

Essuyant distraitement les deux récipient, il s’était dirigé vers la table, les déposant avant de s’asseoir négligemment, un bras sur l’arrière de la chaise. Sa cravate était presque entièrement dénouée et il avait quitté ses habits de telle sorte qu’il n'avait plus que sa chemise : il respirait. Au pire il la foutrait en l’air ! Il ne savait pas vraiment s’il avait les moyens de s’en acheter une nouvelle mais se disait que s’il ne vivait pas ce soir il ne le ferait jamais.

Soupirant, il était resté là, seul, dans l’appartement.
Il ne se sentait ni gêné ni pressé de rentrer : n'était après tout chez lui nulle part, depuis son arrivée. Il était vrai que son appartement lui tenait à coeur, qu’il aimait son lit et la fenêtre juste à côté par laquelle il observait le temps mais surtout le monde y défiler. Ne sachant trop quoi faire en attendant Sungmin, il avait basculé sa tête en arrière, fermant les yeux un instant.

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Héritier d'une fortune construite par ses parents dans le monde du spectacle. Sungmin vit dans un monde d'apparences.
C'est le gosse de riche typique qui ne se rend pas compte des injustices autour de lui. C'est l'élitisme pur. Une certaine cruauté dans son regard du monde extérieur à sa sphère ultra-privilégiée.
C'est encore un jeune qui n'est pas prêt à assumer toutes les responsabilités qui lui tombent dessus, mais déterminé à faire de son mieux. Le désir de faire son propre nom.
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le Lun 10 Juil 2017 - 21:38
Sungmin se plait à se croire simple. Non, son caractère difficile n'est que mensonge et il n'est pas si insolent que son entourage le prétend - trop franc, ça ouais, sûrement, c'est vrai. Mais il lui semble que l'honnêteté est une qualité ? Enfin. Il veut croire qu'il n'est pas un monstre, que personne n'a véritablement de bonnes raisons pour se tenir loin de lui - veut oublier qui il est, l'hypocrisie de ses relations, le jeu du chat et de la souri qui se passe entre chaque regard et poigné de main, la nécessité de toujours être en haut de la chaîne alimentaire pour éviter que ses ennemis songent même à s'en prendre à lui. Oublie son éduction et ses principes de droiture, mélange ses deux personnalités (Kim Sung Min le fils de et Sungmin) - ne réalise pas que c'est ce qui le rend si imprévisible, que c'est la raison pour laquelle on ne peut pas lui faire confiance même si, au fond, tout ce qu'il cherche, c'est une épaule contre laquelle s'appuyer quand son monde s'apprête à s'effondrer, une main à tenir lorsqu'il est pris de vertiges, des doigts dans ses cheveux quand tout devient tout simplement trop dur et qu'il est épuisé - le confort et le réconfort. (Pourquoi n'y a-t-il pas droit ?)

Alors il sourit, il boit et charme (pas nécessairement dans cet ordre-là), sourit pour se croire heureux, sourit pour inviter les autres dans sa grande illusion. Et il sait comment paraître (et seulement paraître) pour manier ce rêve autour de lui - un miroir lisse au reflet aveuglant qui lui donne l'impression d'être mille alors qu'il est seul, définitivement seul, face à lui-même.

Mais évidemment, il ne pense pas à tout ça (éviter de le faire). Il se contente de jouer son « bon rôle », d'agir en fonction de son seul objectif : avoir du bon temps et Tae Joon aussi. Ah, pardon, mais il n'arrive pas à s'amuser comme il se doit quand quelqu'un tire la gueule ou a l'air coincé. Et peut-être qu'il en fait trop, mais il tient à cœur le confort de Tae Joon (enfin, dans la minute où nous en parlons, ce n'est pas une loi universelle…). Alors quand le juriste lui dit qu'il peut rester en chemise, il roule les yeux au ciel. Non, on ne la lui fera pas cette excuse. Et puis, c'est pas un peu impoli de refuser les offres de son hôte ? Il n'en a aucune idée en fait, maintenant que ça lui a traversé l'esprit… Il sait, cependant, qu'il ne faut pas refuser à boire - et ça jamais il n'a eu de problème à le respecter…

« Je t'apporte un sweat-shirt alors. »

Ses mots ne laissent place à aucune discussion. Aussitôt dit, il tourne les talons et se dirige vers sa chambre et entre dans son dressing. Quinze secondes de réflexion, puis il se change rapidement en jeans et enfile un t-shirt large - les manches flottent un peu autour de ses bras. Il devrait s'entraîner, faire de la musculation, il y a pensé quelques fois, mais il aime sa silhouette androgyne - et il sait, inversement, qu'elle plait à certains aussi. Ça lui convient - il sait en tirer profit. Enfin. Pour son invité, il trouve un sweat-shirt gris qu'il n'a jamais porté (ne sait plus, d'ailleurs, s'il lui appartient vraiment ou s'il ne s'agit pas d'un « souvenir »d'un ancien partenaire qui s'est effacé de sa mémoire - il ne le saura probablement jamais et puis les histoires qu'on ignore ne peuvent pas faire de mal ! ).  Ça devrait lui aller. C'est que pour ce soir après tout et s'il ne va pas à Tae Joon et bien tant pis ! C'est pas comme s'il lui offrait un cadeau ou quoi que ce soit non plus… Quoi que ça lui donnerait l'occasion de se débarrasser du sweat - et le prétexte d'en acheter un nouveau. Et bien c'est décidé : s'il lui sied bien, il le lui donnera. Après tout, on ne refuse pas un cadeau. Il prend la peine de le plier avant de sortir (une meilleur présentation donne toujours une meilleure impression). En retournant à la salle à manger, il passe près d'un portrait de famille qu'il ne regarde plus depuis des mois.

En voyant Tae Joon confortablement assis, la tête renversée et les yeux fermés, un sourire amusé étire ses lèvres. Il s'arrête même une seconde pour le regarder. Vraiment, il n'est pas mal dans son genre - et il le préfère avec cette allure nonchalante plutôt qu'avec ses grands airs de juriste. Mais il ne se fait pas d'idées ; après ce soir, jamais plus il ne pourra le voir de la sorte. Leur amitié est aussi fictive que les contes pour enfants. Et au levé du jour, elle mourra avec les souvenirs qu'il en aura gardé.

Mais en attendant, Sungmin continue à jouer le jeu. Ça aura valu ce que ça aura valu.

« Hey, tu dors ? C'est pas le moment, la soirée vient juste de commencer ! »  Taquin, il décide de lui ébouriffer les cheveux en passant derrière lui. Toujours ce sourire carnassier aux lèvres. Peut-être chercher à relancer les hostilités. Peut-être est-ce sa manière de jouer. Il lui présente le sweat-shirt. « Tu peux mettre ça - j'crois que ça devrait être à ta taille… Si tu veux la salle de bain est…»

La sonnette l'interrompt dans ses indications - et lui fait instantanément oublier ce qu'il allait dire. Son visage s'illumine comme celui d'un gamin alors qu'il se dépêche d'aller répondre à la porte. Ce n'est qu'une question de secondes, une courte conversation pour être poli, son portefeuille est juste à côté de la porte. Le temps de donner un généreux pourboire (il est tellement de bonne humeur, il se sent généreux) il est de retour à près de la table, leur commande en main.


 

(Fanart par faheej)
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Taejoon n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé, il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi a-t-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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le Lun 10 Juil 2017 - 23:26
« Le monde est vaste lorsqu’enfin nos yeux se ferment. Il y a dans ce néant qui nous accueille, dans ce noir profond une immensité encore inexplorée. Et qu’il est bon de pouvoir rêver, imaginer ! Qu’il est bon de pouvoir faire surgir un souvenir, une image. Lorsque je n’arrive à trouver le sommeil, le soir, je laisse mon esprit vagabonder, me raconte une histoire. J’invente cette fille qui marche sur un trottoir, décide de sa tenue et de sa posture, apprécie vaguement le mouvement que font ses cheveux lorsque claquant des talons elle avance.

Et je pourrais continuer ainsi des heures : continue souvent jusqu’à ne plus pouvoir, car enfin le sommeil vient, me happe. Et quelle vie ai-je lorsque je suis endormi ? Je ne me souviens que rarement de ce que mon esprit a tissé, lorsque le matin je me réveille, fatigué. Et n’est-ce pas ironique ? Se coucher épuisé et se réveiller tout aussi crevé ? Des fois je me dis que notre vie ne ressemble plus à rien, que notre monde veut faire tourner la terre à l’envers et les hommes aussi ! Je crois oui que nous marchons tous sur la tête et que la société dans laquelle nous vivons, la société que nous construisons est une société poubelle.

Je crois que nous sommes tous fous et que cette folie nous apparait donc normale. Bientôt il y aura des voitures volant dans le ciel il y aura des dizaines de choses incroyables et… Personne ne bronchera, car ce sera là, devant nous. A quel point pouvons-nous nous habituer ? Je crois qu’au final, à tout. Et cela m’effraie et pourtant je finis bien par oublier et passer ma journée comme si de rien était. Mes songes se bousculent et se poussent et sont si nombreux qu’au final ils viennent et partent, s’oublient alors même qu’ils s’annoncent.

Je me passe une main sur le visage et soupire longuement, détends mes épaules. Je ne sais pas ce que je fais ici ne sais rien et sais que je dis cela pour me rassurer. J’aime me répéter je ne sais pas pour ainsi ne plus penser. J’aime me noyer dans ce dialogue intérieur avec moi-même qui pourtant n’a aucun sens. Et j’entends du bruit au loin et je crois que Sungmin se rapproche mais je ne fais rien. Je reste là les yeux clos car je sais que chaque seconde passée à me reposer maintenant sera deux à trois minutes de gagnées ce soir, lorsque j’aurai enchainé les verres.

Il me parle et me passe la main dans les cheveux et je manque de sursauter, me retiens, un sourire aux lèvres. Cela faisait longtemps qu’on ne m’avait pas salué d’un geste aussi familier ! Je me sens nostalgique et ouvrant les yeux je le dévisage, serein : « Je ne dors pas, je me préserve. » Ma moue se fait joueuse et je sais alors que je ne prétends plus : c’est bien moi, là, taquin. M’étirant lentement je poursuis : « Au top, merci ! Je me sens comme un roi chez toi. » Je réprime un rire alors qu’il s’éloigne et me lève, me dirige vers le canapé pour y quitter ma chemise. Quitte à me changer autant mettre mes habits au même endroit, qui sait comment je me sentirai lorsqu’il sera temps de rentrer chez moi. Enfin. Enfilant le sweat je cherche du regard mon client (ami ?) qui est en train de payer : j’aimerais bien lui tendre un billet ou deux mais j’ai comme l’impression que son sourire s’évanouirait et qu’il me rembarrerait. Je ne veux pourtant pas passer pour un profiteur, mais bon… Passer pour un chieur ne m’apparait pas comme plus prometteur. Haussant les épaules je retourne à table, content d’avoir vu nos plats arriver : j’ai la dalle, putain.

Pourtant il n’est pas si tard mais cet après-midi m’a épuisé. Trop de choses à retenir trop de moments se succédant et d’atmosphères se modifiant. Je m’affale sur ma chaise et ne demande que trop tard : « Ça va aller ? » J’aurais pu lui demander si je pouvais l’aider plus tôt mais je ne sais pas, quelque chose fait que peu à peu je me sens chez moi. Peut-être car j’arrête de jouer à ce jeu, j’arrête de prétendre j’arrête toutes ces conneries et me laisse juste aller. Après tout, pourquoi pas ? « Ça a juste l’air trop bon ! » Je suis heureux de faire face à un plat typiquement coréen et sais que personne sur terre ne peux rater ce genre de plat. Du riz, des légumes… Comment peut-on se foirer ? Attrapant une bouteille j’insiste pour lui servir un verre, y mettant les deux mains, par habitude. Je sais que je lui ai promis monts et merveilles mais pour l’instant remplir mon estomac me semble être bien plus important : et puis, si nous ne mangeons pas nous allons finir ronds en moins de deux bouteilles et ça ma fierté ne l’assumerait pas. « Après ça promis je te mets la raclée. » Sur mon visage doit briller quelque chose d’un peu carnassier mais tant pis ! Ça doit bien faire huit mois que je n’ai pas mangé un plat qui m’a fait me sentir chez moi, et pire, qui a plu à mon estomac !

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