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Ne faites pas ça! - [Jade/Lupe]

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Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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le Jeu 25 Mai 2017 - 10:30
Quand Lupe arriva devant le grillage de la zone désaffectée de Pallatine, elle se contenta de regarder le terrain qui s’étendait devant ses yeux. Cela faisait un bon moment qu’elle n’était pas venue ici. Cela s’expliquait simplement. Après tout ce qui était arrivé à Pallatine depuis plusieurs mois, les péripéties n’avaient fait que s’enchainer. Le plus dure avait été cette affaire concernant les enlèvements ainsi que la potentielle scission des geeks. Les choses semblaient s’être calmées depuis un moment mais la jeune femme préférait rester sur ses gardes. La vie lui avait appris à ne pas attendre que les évènements lui passent dessus. Heureusement, elle n’était pas seule face à ses problèmes. Certains amis, nouveaux comme anciens, l’avaient soutenu dans ces différents soucis. Il faudrait d’ailleurs qu’elle pense à les remercier tous autant qu’ils sont, d’une façon ou d’une autre.

Tandis qu’elle pensait, Lupe longea le grillage, à la recherche de l’ « entrée » qu’elle utilisait depuis maintenant quelques années pour se rendre dans cet endroit très calme. Après quelques minutes, elle trouva ladite ouverture dans le grillage et pénétra dans la zone. Ce territoire faisait normalement partie des possessions des geeks. Mais Lupe, tout comme ses amies administratrices, n’avaient jamais réussi à trouver une quelconque utilité pour cet endroit. Pendant un moment, elle avait pensé que les personnes souhaitant créer une milice geek voulaient s’entrainer ici. Mais elle n’était pas allée vérifier. Pourquoi pensait-elle cela ? Car c’est pour s’entrainer seule qu’elle venait parfois jusqu’ici. Son appartement ne lui laissait pas la place nécessaire pour se battre réellement. Et bien sûr, elle ne voulait pas être vue. Donc la zone désaffectée était le meilleur endroit pour cela.  Bon, elle se doutait que certaines personnes utilisaient cet endroit pour certaines affaires peu orthodoxe. Elle pensait plus particulièrement aux diasporas mafieuses mais cela ne devait pas se limiter à ces deux-là. Heureusement pour la jeune femme, elle n’avait jamais eu la malchance de croiser de tels individus.

Lupe continua sa route dans les allées inhabitées du lieu, jetant de temps en temps des coups d’œil dans les bâtiments, histoire de ne pas être trop surprise si quelqu’un apparaissait. Mais si on lui avait dit qu’elle verrait ce que son œil capta un instant, elle n’y aurait pas cru. Elle aperçut rapidement, en haut d’un immeuble, l’ombre d’une personne se découpant dans le ciel. Pendant un instant, la geek se demanda si elle ne devait pas se cacher un instant. Même si elle ne  savait pas si l’autre l’avait vu. Et puis, Lupe eut le sentiment que cette personne était un peu proche du bord du toit. Un peu trop même pour simplement observer l’horizon. Quelles idées pouvaient traversait l’esprit de l’inconnu à ce moment précis ? L’administratrice était trop loin pour ne serait-ce que les deviner si elle avait eu les capacités adéquats. Cependant, cette attitude n’était vraiment pas bon signe.  Lupe ne pouvait pas se permettre de laisser une personne gâchait sa vie comme ça. Il était de son devoir, autant de chevalier que de responsable de ce territoire, d’éviter un tel accident.

La jeune femme se mit donc à courir et entra prestement dans le bâtiment. Gravissant les marches quatre à quatre. Et tandis qu’elle montait, elle espérait que l’inconnu n’ait pas sauté. Le bruit de ses pas résonnait dans tout le bâtiment, à tel point que la personne en haut devait l’entendre. Peut-être était-ce un mal pour un bien. Car, après tout, l’autre personne ne serait pas surprise quand elle déboulerait sur le toit.


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le Sam 27 Mai 2017 - 0:34

J'entends à peine l'écho du temps qui me rattrape enfin. C'est une course peut-être. Les pas raisonnent quelques étages plus bas, précipités, un peu trop fort, un peu trop proches aussi. 
Mais je ne regarde pas en arrière. Mon futur est une descente qui se veut mortelle. 
Sauter. Vous pensez que je ne pourrais pas. Sauter. S'il suffisait de se laisser tomber. Chuter et s'accidenter. Serai-je à court de temps ? Je peux décider, ici et maintenant. Tout me pousse vers le bas, la physique, la loi de la gravité. Plus un corps est lourd plus il tombe vite. C'est fou, fou de savoir que l'existence ne tient qu'à un presque rien. Vite il faut penser, vite il faut se précipiter. On ne meurt pas avec une cérémonie, un grand récital pour dire adieu à la vie. Le suicide appelle une simplicité effroyable, nette et brutale. L'on devient son propre assassin, un meurtre sur soi-même. Si j'attends trop pourtant, c'est le temps qui me volera cet instant. Comme s'il y avait une heure précise, une seconde de fatalité ; avant il est trop tôt, après il n'est plus temps. La mort est un train qu'il faut prendre avant la fermeture automatique des portes. 
Je n'ai pas envie d'être dramatique. Les choses sont juste ainsi. Encore un peu, une petite voix dans ma tête répète que ce n'est presque rien. Une appréhension me fait ralentir, je me demande si Jean aussi y a pensé lorsqu'il s'est jeté. Quelle douleur recueillera l'éclat du corps ? Un verre souffre-t-il seulement lorsqu'il se brise ? 
Pour oser se tenir là, c'est qu'on a plus rien pour nous retenir. Et c'est peut-être l'instant fatidique pour faire le bilan de ma vie. 
Mais la vérité me bouleverserait presque. Il n'y a rien à dire. Je pourrais être une feuille blanche sur laquelle l'encre a oublié d'écrire. Mais ce serait encore s'accorder une innocence chimérique. Des larmes fictives se noient encore entre mes doigts. J'ai vécu trop peu. J'ai vécu trop vite.
La banalité me rattrape, ce n'est pas vraiment quelque chose que l'on prévoit. Sans le vouloir, un cadre officiel s'impose de lui-même, peut-être dans ce choix de vêtements trop stricts. Les carreaux parfaitement réguliers, lisses et gris d'un pantalon tailleur semblent juste confirmer une théorie ; et je sais quel genre de femme je suis alors. Vous savez celle qui s'enferme dans cette working attitude, celle qui se complaît dans son sens formel. A-t-on déjà vu quelqu'un de si plat ? Quand suis-je devenue si conforme ?
Je grapille encore sur le vide quelques timides millimètres. Un peu plus et j'y suis presque. 
Tout est une question de timing. 
Je pourrais ressentir un certain soulagement au crissement d'une porte qui s'ouvre trop précipitamment. Je pourrais me dire, voilà, trop tard. 
Et c'est vrai, j'ai ce battement en moi, toujours là, toujours vivant. J'ose un regard en arrière. En la regardant je sais ce qu'elle veut faire, c'est suffisant. Je m'attarde à peine sur ce qu'elle est, une intruse sans doute, une envoyée de la vie, ma bonne samaritain peut-être Et je voudrais lui dire que ce n'est rien, qu'il ne faut pas s'en faire, que demain sera un autre jour, qu'elle n'aura jamais besoin de culpabiliser. Il ne s'agit que d'une vie, de ma vie. Mais je sais aussi pour avoir trouvé Jean, son corps de noyé, pour n'avoir rien fait, qu'elle ne doit pas y assister.

« Je sais ce que vous allez essayer de faire. Je vous en remercie d'avance. Mais, vous avez assez de temps pour descendre. »


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le Mar 30 Mai 2017 - 10:13
La cage d’escalier parait interminable pour Lupe. Elle a perdit le compte du nombre de fois où elle arrivait à un palier. Les chiffres étant à moitié effacé ne l’aidait pas. Alors elle se basait sur des nombres assez aléatoires. Cela ajoutait une pression supplémentaire. Car, si la personne sur le toit sautait, il n’en resterait plus grand-chose quand elle aurait atterri. Il devait être horrible de mourir de cette façon. Sentir ses os se compresser au moment de l’impact. Sentir exploser l’intérieur de son corps. Un profond dégoût envahi la geek à l’image que son cerveau essayait de construire. Elle ne devait pas penser à ça. Elle devait venir en aide à quelqu’un qui était au bout du rouleau et qui allait sûrement faire une grave erreur. Alors elle essaya d’accélérer un peu l’allure. Mais sa tenue ne le permettait pas forcément. Elle ne s’attendait pas en se levant ce matin à devoir tenter de sauver quelqu’un. Malgré ses jambes douloureuses. Malgré sa respiration qui s’accélère. Malgré le sang qui tambourine dans son cerveau. Lupe continue de gravir les marches. Deux par deux puis trois par trois. Elle ne ralentit qu’à partir du moment où elle voit que l’escalier s’arrête à la dernière porte. Dans sa précipitation, elle pousse assez violemment la porte. Celle-ci semble hurler de douleur. Le bruit est insupportable  pour les oreilles de Lupe. Elle arrive enfin sur le toit. La lumière l’éblouie légèrement pendant un moment. Mais elle repère l’individu qu’elle a vue d’en bas. Une femme. Elle aussi la voit. Alors l’administratrice s’avance vers elle et ouvre la bouche pour commencer à parler. Mais elle est coupée dans son élan par son interlocutrice.

Le fait que cette personne prenne l’initiative de la parole surprend Lupe. Cette surprise fait prendre conscience à Lupe à quel point son système respiratoire lui fait mal. Elle n’a pas bien gérer son souffle durant l’ascension, trop occupé à penser à la façon d’aborder la discussion. Pensée qui n’avait servi à rien puisque c’était la jeune femme qui avait entamé la conversation. Alors la geek tentait de reprendre son souffle tout en surveillant cette mystérieuse personne du coin de l’œil.

« Je ne veux…pas partir, déclare difficilement la geek entre deux profonde respiration. »

Lupe se maudit de ne pas avoir fait attention à l’exercice auquel elle venait de se livrer. Elle était là pour aider cette personne mais elle n’avait plus le souffle nécessaire pour véritablement échanger avec. Qui sait ce qui pouvait arriver maintenant ? Lupe imaginait bien cette jeune femme sauter rapidement pour évier d’entendre quelqu’un la sermonnait, surtout avec un rythme haché par manque de souffle. Et puis, sa gorge était en feu. Elle aurait bien eu besoin d’une petite gorgée d’eau. Eau qu’elle n’avait bien sûr pas pensé à prendre en partant. Ah elle en ratait de belles la chevalière.

« Ne faites…pas ça, reprit alors l’administratrice avec plus de facilité. Je vous en prie. *Tousse ». Ne faites pas…une telle chose. Il…y a sûrement un autre…moyen. »

Lupe se trouve lente à parler et elle déteste ça. Elle ne préfère même pas imaginer ce qu’elle ressentirait si c’était elle qui était au bord du vide, prête à sauter. En tout cas, elle n’aurait sûrement pas envie d’écouter une personne au bord de l’asphyxie.

« Vous ne voulez pas revenir…s’il vous plait. Histoire d’en…parler un petit peu. »

Une quinte de toux étreint la gorge de la geek. Elle est violente et irrite profondément son système respiratoire. C’est ça de forcer sur sa voix quand on est essoufflé. La jeune femme maudit intérieurement l’anatomie humaine qui provoquait de tels effets. La fragilité du corps humain était aussi sa plus grande faiblesse. Le monde ne voyait l’Homme que comme une vulgaire poupée de chiffon.

« Allez, s’il vous plait…, venez à moi »

Lupe tendit la main à son interlocutrice en avançant d’un pas, histoire de l’inviter à la rejoindre.


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le Jeu 1 Juin 2017 - 22:21

Un autre moyen. N’y ai-je pas déjà pensé ? S’il y avait eu d’autres possibilités, d’autres axes, je les aurai trouvés. Mais non, il n’y en a pas d’autre, n’y en a sans doute jamais eu. C’est tout. C’est plus que cela ; il ne s’agit plus d’une question de moyen, cela fait longtemps maintenant. Ce n’est pas seulement ce monde, pas seulement sa faute si j’ai manqué de force, tué mes propres espoirs. Je crois que je n’ai plus cette envie simplement. Et s’il existait un moyen comme elle dit, que j’aurai pu ne pas voir, alors cela n’aurait rien changé. Je m’en persuade si facilement. Je sais, là, que perchée au bord du vide, c’est tout ce qui me fait envie. Rebrousser chemin me paraît difficile, impossible. Qui aurait pu dire que vivre était le plus dur. La vie comme la mort a ce goût d’implacable, cette fatalité aussi. Comme ça. Alors c’est peut-être parce que j’ai cette lâcheté en moi. Mais je suis sans doute déjà morte aux yeux de mes pairs, quelle différence cela leur ferait-il ? Et moi. Moi si je meurs. Ce sera tout aussi. Quelle peur y’a-t-il à avoir, puisqu’après il n’y aura plus jamais d’inquiétudes, plus de souffrances non plus, plus de pensées, plus rien. Le vide par le vide. Plus rien n’aura jamais plus d’importance. Est-ce vraiment effrayant ?
Et je voudrais qu’elle se taise enfin, qu’elle se roule dans son ignorance. Que croit-elle savoir de plus que je pourrais ignorer ? Ne sait-elle pas quel instant elle vient de gâcher ? Sa voix me parvient sans que je ne le veuille, et j’aurai voulu oui qu’elle se fasse balayer par le vent, revenir à cette solitude. Et que pourrais-je lui répondre ? Ses mots sonnent si creux en moi. Doucement, je refais face à ma mort future. La vie est derrière moi, sur ce toit trop lisse. Pourtant j’entends encore le souffle bruyant de l’étrangère, ses mots hachurés. Je ressens son effort bien sûr, envers moi. Une pensée me vient alors, si la situation avait été inversée, je ne serai pas là. Je n’aurai pas grimpé. Peut-être même serai-je allée voir son corps avec cette curiosité un peu malsaine que l’on peut avoir parfois. Je regrette presque alors ne pas pouvoir me voir, disloquée plusieurs mètres plus bas.
Tout avait été si préparé en fait. Tout m’avait conduite à ce moment. Et bien que l’idée s’était concrétisée brusquement au détour d’une rue, elle n’en restait pas moins la conséquence d’un long travail de réflexion. Je n’avais pas choisi un endroit bondé de monde, je voulais une intimité, la chute pour moi seule. Surtout, je ne voulais pas d’individu sorti de nulle part. Comme si changer d’avis après tout cela pouvait être seulement acceptable. Mais ça ne l’était pas.
Et elle tousse encore. Sa voix m’éreinte.
C’était donc ça que la vie avait décidé de m’envoyer pour me retenir ?
Le moment certes n’était pas parfait, n’avait pas besoin de l’être. Mais ce grognement existait trop, entachait trop l’instant.
Encore une fois, il n’y avait plus rien à dire.
Et je me détourne, je ne vois plus sa main tendue. Tout ça me parait si futile. Devrais-je pourtant me sentir flattée, que l’on pense à moi à cet instant final ? Une main tendue. N’était-ce pas la première fois vraiment ? Peut-être aurait-elle dû venir plus tôt et tout aurait été différent. Ou peut-être pas. Je pourrais refaire ma vie mille fois en pensées.
Encore une fois, qu’aurai-je pu lui dire ?
Merci.
Si ç’avait été un appel à l’aide sans doute. Mais ça ne l’était pas. Je n’avais pas besoin d’aide, pas d’un autre moyen. Je ne courrais après aucune amélioration.
Je n’avais jamais voulu être heureuse. Ou peut-être avais-je essayé, comme tout un chacun. Mais l’illusion s’était jetée aussi du haut d’une falaise. Jean avait tout emporté.
J’avais tout. Mais pourtant c’était comme si je n’avais rien.
Cela me semble si long, comme si le temps une fois de plus ou de trop s’était décidé à me ralentir. J’en étais prisonnière, et l’autre aussi. Nous étions soumises à ce caprice.
Je pourrais lui dire, vous ne comprenez pas. Rien ne me venait pourtant. J’étais las de devoir expliquer les choses, las de mettre des mots même sur ce qui m’arrivait. Las de devoir me justifier. Il n’était plus temps de parler, car il me semblait déjà avoir fait ça toute ma vie, en vain.

Un pas en avant.

Et c’est comme ça que je refusais la main qu’on me tendait, comme ça que je refusais l’aide. Il ne fallait y voir aucun désespoir, seulement l’expression d’une haute résolution ; la mort.
 

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Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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le Lun 5 Juin 2017 - 16:35
La femme ne semble pas écouter Lupe. Cette dernière est bien consciente que ses mots ne sont pas les meilleurs pour empêcher une personne de passer le voile qui sépare la vie de la mort. La geek se doutait qu’il pouvait exister des dizaines d’arguments, plus ou moins intéressants, pour tenter de convaincre l’inconnue de ne pas se jeter dans le vide. Peut-être même aurait-elle pu jouer sur une corde sensible. Mais elle ne la connaissait tout simplement pas. Elle ne pouvait pas savoir ce qu’elle avait vécu pour en arriver là et donc, ne pouvait adapter la discussion à son avantage. Et même si elle l’avait connu, il y aurait eu cette infime chance que ses mots ne pénètrent pas l’esprit de cette femme. Car oui, Lupe savait que choisir la voie du suicide était un moyen d’échapper à la vie. Un moyen ardu tout de même. Il fallait réussir à se convaincre de se faire mal au point de mourir. L’administratrice avait entendu nombre de personne en déprime annoncer qu’ils allaient se suicider pour au final ne rien faire. Il était facile de le dire. Moins facile de passer à l’acte. Cette inconnue semblait avoir fait un choix. Mais Lupe ne voulais pas la laisser faire. Alors, quand cette personne fit un pas en avant, elle cria et s’avança aussi d’un pas.

« NON ! »

Lupe se surprit elle-même. Sa voix avait résonné fort dans ses oreilles. Et, sans vraiment sans rendre compte, elle avait hurlé comme si elle avait donné un ordre à quelqu’un. Son intention n’avait jamais été là. Mais c’était arrivé. Son ton avait exigé que l’inconnue s’arrête avant de franchir e chemin de non-retour. La geek regrettait en partie cette réaction. Le pire pouvait arriver dans une telle situation. Peut-être que son interlocutrice allait sauter d’énervement. Mettre fin abruptement à la conversation pour montrer qu’elle en était capable. Que personne ne lui dicterait quand et comment elle mourrait. Et pourtant, Lupe ne s’excusa pas. S’excuser, s’était comme ne pas assumer. Or, ce n’était pas le genre de la jeune femme. Elle voulait absolument sauver cette personne.

L’esprit de la geek intervint à ce moment pour lui poser une simple question. Pourquoi venir en aide à cette personne ? Quel intérêt avait-elle à sauver une inconnue d’un suicide sûrement bien réfléchi ? Elle aurait pu répondre que c’était la simple envie d’aider une personne dans le besoin. La faire réfléchir au fait que la vie n’était peut-être pas aussi horrible que ça. Mais non. Il y avait une tout autre raison. Une blessure très récente. Tom. Tom qui l’avait soutenu dans ses derniers moments de doute. Tom qui l’avait sauvé de sa détresse. Bien sûr, s’il n’avait pas été là, elle n’aurait sûrement jamais envisagé le suicide. Elle n’aurait pas eu la force de caractère nécessaire pour sauter le pas. Et pourtant, Tom, l’un de ses piliers émotionnels, l’avaient quitté. Elle était heureuse pour lui, mais il avait laissé un vide en elle. Son départ lui avait fait comprendre la nécessité d’avoir des gens autour de soi qui peuvent nous aider à surmonter les épreuves. A nous rassurer. Alors oui, Lupe ne pouvait pas devenir cette personne pour l’inconnue qui lui faisait face. Mais elle pouvait peut-être l’aider.

« Attendez ! Madame je…Il doit bien y avoir quelqu’un que vous appréciez suffisamment pour vous rendre compte que votre disparition vous ferais manquer quelque chose. »

Lupe avait décidé de changer sa façon de faire. Au lieu de lui dire de ne pas le faire sans argument. De façon peut-être un peu plus agressive.

« Vous semblez encore jeune. Vous n’avez presque rien gouté à la vie. Et vous vous apprêtez à y mettre fin en un seul claquement de doigt. Vous pourriez tout sacrifier comme ça, ne sachant pas ce que l’avenir vous réserve. Peut-être n’avez-vous pas eu de chance dans votre vie. Mais les choses peuvent peut-être s’arranger. Si un Homme peut vivre près d’un siècle, alors toutes les rencontres qu’il fera ou les évènements auxquels il fera face vont le marquer d’une façon ou d’une autre. Que ce soit bon ou mauvais. Vous refusez donc, par votre geste, tout ce qui pourrait vous arriver et vous faire changer d’avis sur la vie. Vous vous privez vous-même de connaitre quelque chose d’unique. Vous vous en rendez compte j’espère ? Vous abandonnez la chance que vous avez de pouvoir vivre. »


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le Mer 7 Juin 2017 - 23:22

Et elle s’était arrêtée, une frustration naissante aux commissures de ses lèvres, un peu d’ennui aussi. La voix l’avait forcé à se retourner, trop lentement encore. Et elle s’était demandée pourquoi on lui opposait autant de résistance, pourquoi on s’évertuait à la faire tenir debout alors que ses jambes lui paraissaient si lourdes, qu’elle voulait juste s’écrouler comme tout château de cartes trop fragile et trop bancal pour exister, alors qu’il lui semblait que c’était là un nouvel ordre naturel, comme le vent emporte toujours les poids légers, fait s’envoler les feuilles, les plumes, comme il porte parfois les oiseaux, comme il emporte les pensées & les espoirs. Les paupières de Jade s’éteignent ; elle rêvait de la nuit comme d’une fin. Mais le non raisonnait encore, se répercutait comme un écho. Comment ça, non ?

Et l’autre jeune femme semblait si résignée à la sauver. Quelle erreur. Elle n’avait pas besoin d’être sauvée.

« Il n’est pas question d’affection. » Non il ne l’était pas, ou plus à ce stade. Et elle savait bien à quoi l’inconnue faisait allusion, et dire qu’elle ne pensait pas à eux, c’était peut-être vrai, pas tout à fait non plus. Elle s’était peu à peu détachée, et quoique les sentiments existaient toujours, elle parvenait malgré tout à les occulter. Et c’était comme une bulle qui assommait un peu ses pensées, sa raison aussi. Et comment Jade aurait-elle pu avouer qu’elle ne pensait qu’à l’après, qu’à des fantômes qui la hantaient, qu’une petite voix lui murmurait à longueur de temps que c’était l’unique choix qu’elle devait faire, l’unique projet qui méritait d’être réalisé ? Elle ne pouvait pas, ne pouvait pas admettre qu’une image dérangeait son esprit, qu’elle était en deuil d’elle-même.

« Je n’ai pas besoin de connaître cet avenir dont vous parlez. Je ne veux plus, je n’en ai plus envie. Cela fait longtemps. Et vous venez, vous, avec ces promesses d’avenir. Ce n’est pas si fou, je ne pense pas comme vous c’est tout. Je n’attends plus, vous comprenez. Mon corps vit mais mon esprit s’est perdu en chemin, je n’aspire pas. Je vais vous le dire autrement ; je n’ai pas goûté la vie vous avez raison, mais j’ai goûté la mort. Et il n’y a rien de plus obsédant que la mort, tout tend vers la mort, et même la vie. Ce n’est pas un sacrifice. »

Ca n’avait juste pas d’importance ou pas assez. Mais qui aurait pu le comprendre ? Elle ne pensait pas à tout ce qui n’adviendrait jamais comme elle en avait déjà fait le deuil.

« Vous voyez je suis fatiguée, et ma fatigue n’est pas physique. Il ne suffit pas d’un café ni d’une étreinte pour que cela passe. Parler n’y changera rien. C’est simplement ainsi. Vous voulez m’aider, mais me faire changer d’avis ce n’est pas m’aider. Je ne souffre pas, vous comprenez ? Je ne suis ni heureuse ni malheureuse. Je suis vide. Et ce n’est pas un vide que l’on peut remplir ; mes proches n’y sont jamais parvenus, comment le pourriez-vous, en seulement quelques minutes ? Il n’y a rien que vous puissiez faire, vous comprenez ? Ce n’est pas votre choix, ça ne dépend pas de vous. Je ne vous demande pas d’aide, je vous demande de partir. Pas de m’abandonner, seulement de vous en aller. »

Et elle parlait lentement, et la monotonie de Jade expliquait chaque chose sans jamais révéler l’essentiel, quoiqu’elle aurait semblé se découvrir parfois de ces quelques pensées intimes. Elle n’attendait pas qu’on la comprenne, seulement qu’on la laisse faire. Pourtant elle savait, pour avoir entendu la jeune femme, pour avoir écouté chaque mot, que rien ne lui serait facile. Il y avait quelque chose d’ardent enfin dans l’énergie de l’autre, quelque chose de si fort qu’elle se serait laissé écraser par tant de convictions. Et Jade avait eu ce sourire sombre, presque inquiétant. Il n’y avait rien à arranger, rien à réparer chez elle. Elle n’était pas un jouet mécanique dont il suffisait de remplacer les piles pour s’offrir un nouveau souffle. Il ne suffisait pas juste d’arranger. Il fallait avoir envie.

« J’attendais cet instant depuis longtemps. Je le voulais depuis longtemps, je n’osais pas parce que j’avais peur, parce que je ne pouvais pas. Mais aujourd’hui ce n’est pas le cas. Me faire renoncer, ce n’est pas me sauver, vous comprenez ? C’est seulement remettre à plus tard. Je ne dis pas que vous avez tort, mais ce que vous dîtes, c’est peut-être bien ce à quoi vous vous raccrochez, mais nous sommes différentes. Vous voulez vivre, moi je veux mourir. »

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le Dim 11 Juin 2017 - 14:43
Lupe écouta Jade. Avec beaucoup d’attention. Elle essayait de comprendre ce qui pouvait la pousser à un tel acte lourd de conséquence. Son interlocutrice à raison. Toutes deux ne partagent pas la même vision de la vie. La chevalière y accorde une très grande importance, estimant qu’elle vaut le coup d’être vécu de bout en bout. Que l’avenir réserve parfois des surprises. N’a-t-elle pas eu la chance de croiser Tom au détour d’un chemin ? Cette chance unique. Cette rencontre qui bouleverse une vie. Elle, Lupe, en a profité. Pas suffisamment longtemps à son goût. Mais elle a goûté à ce privilège rare. La geek avait était désespérée par le départ de son ami. Mais jamais elle n’aurait envisagé de sauter le pas. Cela aurait été trahir ses idéaux. Ces instants passés avec Tom. Elle s’était donc accrochée à l’idée que leur rencontre resterait inoubliable pour l’un comme pour l’autre. Il lui avait promis de l’écrire quand il trouverait le lieu qu’il cherchait tant. Sur le moment, au milieu des larmes, elle y avait cru. Aujourd’hui elle savait que les chances étaient minimes. Son interlocutrice n’avait peut-être jamais connu cela.

Les mots de la jeune femme sonnent un peu durement aux oreilles de l’administratrice. Elle déclare ouvertement ne pas avoir besoin d’aide. Qu’elle ne fait que suivre la fin logique de tout être. Et elle a raison aussi là-dessus. Quel que soit le temps que l’on passe à vivre, on finit toujours par disparaitre. C’est un fait. Mais il parait inconcevable pour Lupe de ne pas avoir un minimum envie de vivre. Elle ne croit pas non plus que cette personne ne souffre pas. Il y a quelque chose dans son passé qui la pousse à un tel acte. Mais la geek ne pose pas cette question trop personnelle. Elle n’en a pas le droit. Chacun doit pouvoir avoir son petit jardin secret. Une chose est sûre. Il doit bien exister une personne capable de raisonner son interlocutrice. Cependant, comme cette dernière le sous-entend, ce n’est sûrement pas elle. Lupe est bien incapable de régler les problèmes des autres. Du moins de se mettre à leur place la plupart du temps.

Malgré tout, ce que cette femme ne comprenait pas, c’était que si la chevalière tournait les talons maintenant, elle aurait le sentiment d’avoir abandonné quelqu’un à son sort. Sans avoir essayé jusqu’au bout de lui venir en aide. Lupe avait véritablement envie de sauver quelqu’un. De réussir quelque chose dans cette période de sa vie où elle avait été secouée comme une poupée de chiffon dans la tempête du destin. Il y avait une part d’égoïsme dans cette tentative de sauvetage. Lupe faisait ça autant pour elle que pour son interlocutrice.

« Mais si vous n’osiez pas avant, qu’est-ce qui a pu changer ? Cette peur que vous avez ressenti, c’est la peur de tout Homme face à la mort et la possibilité de mourir. Et puis, vous avez oublié un point. Sauté de cette hauteur à de grande chance de vous tuer, certes, mais si ce n’est pas le cas. Si finalement la mort ne vous accepte pas, vous serez dans un sale état, pendant des mois. Sans possibilité de retenter votre chance. Vous handicapant à vie. »

Lupe avait abandonné l’aspect très émotionnel des conséquences de la mort au profit d’un tout autre argument complètement fou. Enfin, un argument auquel elle ne réfléchissait. Elle réagissait sur ce que cette femme lui avait dit. Lupe avait le sentiment d’avoir un discours décousu. Mais, d’un autre côté, elle offrait une vision pessimiste du suicide. Elle faisait cependant en sorte de ne pas dénigrer le symbole même du suicide. Elle reconnaissait le courage qu’il fallait pour le faire.

« Et puis, si vous êtes si sûre de vous, comment se fait-il que j’ai eu le temps de monter jusqu’ici avant que vous ne sautiez ? Je n’ai pourtant pas été si rapide et discrète que ça. Je ne vous pousse pas à sauter, loin de là, mais votre assurance semble légèrement entachée. »


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le Mer 21 Juin 2017 - 22:47

Il y avait cette question dérangeante. Les yeux lassés de Jade avaient alors tenté de trouver une réponse dans le regard de l’inconnue, sans y parvenir toutefois. Elle ignorait ce qui avait produit ce changement en elle, ce qui expliquait qu’elle se trouvât là aujourd’hui parmi tous les autres instants qu’elle aurait pu choisir. Peut-être était-ce un choix qui la dépassait, qui n’appelait aucune logique, aucun rationnel ; il s’agissait peut-être d’un déséquilibre mental, d’une rare faiblesse d’esprit qui s’était imposée doucement. Cela se préparait en douce depuis longtemps, comme le lent cheminement de ses idées noires jusqu’à sa conscience. Il y avait juste des obsessions qu’elle ne parvenait pas à dépasser. Elle n’arrêtait pas de se dire encore que tout était déjà trop tard.

Ses yeux flanchaient encore vers ce qui semblait être le grand vide, la fin de tout aussi, précipitée et brute. Le monde semblait si petit alors, le sol si loin. C’était une hauteur vertigineuse. Et puis on ne pouvait que tomber ; Jade ne croyait pas que l’homme savait voler, qu’il pouvait très simplement déployer ses ailes l’air de rien, envoyer paître la nature.

Et quelle idée bête hein ! D’empêcher quelqu’un de mourir. Derrière son visage trop morne, trop froid, Jade savait s’agacer. Elle ressentait comme une poussée soudaine qui venait lui réveiller ses émotions mortes. Alors bien sûr elle désirait toujours se jeter, toujours la mort lui semblait être sa fin naturelle et prématurée. Mais quelque chose avait changé encore, avait eu le temps de modifier un peu son jugement. Elle ressentait cette appréhension bien normale que l’on peut avoir parfois lorsqu’on se perche trop haut, lorsque le ciel s’étend simplement sous nos pieds, dans des mesures inconvenantes et folles. Ca ne s’arrêtait pas seulement à ce pincement qui lui serrait la poitrine. La jeune femme avait fait mouche. Une plus grande lassitude encore l’avait saisie lorsque l’autre lui avait brutalement fait accepter une éventualité qu’elle n’avait pas même songé à espérer.

La mort pouvait ne pas l’accepter.

C’était indubitable, comme l’avenir demeurait incertain. Rien n’était jamais écris d’avance. Il ne s’agissait pas seulement de perdre l’usage de ses jambes. Certains états étaient pires encore ; être réduite à un état végétatif, voilà qui lui restait en travers de la gorge. Et c’était un argument tout à fait recevable, qui faisait écho pour la première fois. Il n’y avait rien à y redire.

Cette réalité était implacable.

Alors en étudiant une fois de trop la distance qui la séparait du sol, Jade avait eu une hésitation douloureuse. Finalement, ses jambes avaient mécaniquement amorcé un mouvement de recul.

« Taisez-vous. Je ne vous demande pas votre avis. »

Et sa voix brusque et cassante n’était le reflet que d’une singulière faiblesse. L’inconnue était enfin parvenue à jeter un doute, infime mais suffisant pour refréner les ardeurs suicidaires de Jade. Sans même en avoir conscience, elle s’était éloignée de quelques centimètres du bord.

« Peut-être que je n'aime pas précipiter les choses, peut-être que je veux choisir l'instant par moi-même, sans qu'aucun facteur extérieur ne vienne décider pour moi. Je n'aurai pas choisi une zone désaffectée si je voulais recevoir de l'aide. Vous ne voyez pas ? Votre présence est une gêne. »


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Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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le Mer 12 Juil 2017 - 16:52
Lupe ne savait pas trop ce que pouvait ressentir son interlocutrice. Cette dernière ne semblait plus bouger du tout. Etait-ce bon signe ou cela avait-il envenimé les choses ? La geek ne pouvait répondre à cette question. La psychologie n’était pas son fort en général. Mais, au fond d’elle, elle espérait que le doute se soit suffisamment immiscé dans le cœur de l’inconnue pour la dissuader de sauter le pas. Lupe ressentait une forme de victoire face à cet évènement mais ne laissa rien transparaitre dans son attitude. Et puis, cette victoire semblait très amère au fond de sa gorge. L’administratrice avait dû mentir pour arriver à ce résultat. Le problème étant que plus on s’enfonce dans le mensonge, plus il devient compliqué de lui faire garder sa logique. Ces moyens détournés la dégoutaient profondément. Mais elle devait protéger cette femme d’elle-même.

Le silence sembla s’étendre pour Lupe. Les secondes s’égrenaient tout doucement, accentuant la tension du monde qui l’entourait. Cependant, la jeune femme commença à reculer. Un certain calme envahi la geek tandis que les battements de son cœur ralentissaient. Elle était grandement rassurée. Les mots sévères de son interlocutrice touchèrent Lupe au cœur mais ne détruisirent pas la confiance que l’administratrice venait de trouver. Elle avait réussi, ne serait-ce qu’un instant, à faire réfléchir quelqu’un sans lui taper dessus. Lupe avait réussi à trouver les mots justes pour déstabiliser une personne visiblement en détresse. La geek écouta donc sa vis-à-vis tenter de se justifier tout je lui lançant un regard plein de compassion. Au fond, Lupe avait conscience que, suite à tout ce qu’elle avait traversé, elle aurait pu se trouver à la place de la jeune femme aujourd’hui. Leur place aurait pu être inversée. Ce que Lupe avait dit n’était simplement que ce qu’elle aurait aimé entendre pour qu’on l’empêche de faire une erreur.

« Cessez de vous voiler trop la face voulez-vous. Même si c’est bien une zone désaffectée, vous deviez vous douter que des gens passeraient par là. Que ce soit pour se promener, pour effectuer leurs petites magouilles ou je ne sais quoi d’autre. Il n’y a que deux endroits qui ne sont que très peu fréquentés : la montagne et l’océan. Les deux vous auraient offerts des dizaines de possibilité. Mais vous avez choisi de venir ici, au cœur d’une ville. Ville dans laquelle, chaque centimètre carré de terrain est contrôlé par une faction, cette zone autour de nous comprise. Ce que vous n’aviez pas prévu, c’est que quelqu’un s’intéresse à vous. Que quelqu’un ait le sentiment de devoir vous aider.»

Un instant, Lupe réalisé qu’elle avait bien failli hurler son appartenance à sa diaspora à cette inconnue et lui dire qu’elle en était l’une des dirigeantes. Mais, heureusement pour elle, ses réflexes sociaux étaient revenus au pas de course pour l’empêcher de faire cette erreur. La geek sentit un profond sentiment de fierté l’envahir. Ses paroles sonnaient comme les grands discours d’encouragement des chevaliers vis-à-vis de leurs soldats. C’était bien la première fois qu’elle ressentait cela.

« Alors certes je suis une gêne mais ce n’est pas une raison pour ne pas intervenir. Vous pourriez tellement faire plus que ça pour vous en sortir. Vous pourriez construire quelque chose d’unique ici. Vous semblez vivre dans un passé qui vous hante sans vivre le temps présent comme il se présente. Des chances vous sont offertes mais vous n’avez pas fait l’effort de les regarder en face. C’est à vous de prendre des initiatives. Ne laissez pas couler votre vie comme un bateau qui chavire. Allez de l’avant. »

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Désolé pour ce temps de réponse extrêmement long Oh


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le Ven 28 Juil 2017 - 23:15

Et elle m’inonde de ces kilomètres de phrases que j’entends, que j’éprouve, que je ressens sans comprendre. Et quoi ? J’aurai involontairement souhaité que l’on me sauve ? J’aurai inconsciemment espéré une remise, un temps de plus pour me regarder faiblir. J’aurai voulu vivre. Sottises. Sottises. Sottises. Pourquoi aurait-elle dû savoir cela, pourquoi aurait-elle dû croire qu’au fond, tout au fond, c’était ce que j’espérais ? L’abandon de soi apparaissait-il si horrible ? N’avais-je simplement pas le droit de me taire, de bannir cet instinct de survie animal, ce rattachement, physique, concret ; je ne voulais plus toucher le sol. J’aimais l’odeur du bitume, j’aimais les hauts grillages, l’odeur de rouille lors des jours de pluie, j’aimais l’industriel, les usines abandonnées témoins d’une activité passée, morte. J’aimais l’esprit d’une société qu’on avait déserté ; la laideur. La laideur des bâtiments, les briques trop rouges ou trop noires, la déchéance aussi. Je ne cherchais pas un cadre idyllique, car j’avais trop peur au fond de devoir hanter des lieux trop vivants trop paisibles trop beaux. Je voulais devenir le fantôme enchaîné, hurler sur de lourdes chaînes délaissées, m’engouffrer sous les lourdes portes, ébranler les structures massives. Là, juste y traîner une vieille existence. Que la voix se taise dans ma tête.

J’aurai pu, j’aurai dû outrepasser tout cela. Je ne pouvais pas pourtant, ou ne pouvais plus. La mort me trottait dans la tête semblable à une obsession. J’étais envoûtée par cette sombre et mystérieuse inconnue. L’était-elle vraiment ? Il ne pouvait rien advenir ensuite. Nous n’étions qu’un corps, l’âme n’était qu’une invention des philosophes et des ecclésiastiques. Il n’existait point de rédemption. Tout n’était que le résultat parfait de milliards de neurones, de vaisseaux connectés, d’une longue évolution. La mienne s’éteindrait ; celle de l’Humanité pérennisera au-delà de moi. Mais je suis souveraine de mon propre corps, de mon propre esprit. Je ne suis pas une demoiselle en détresse. Je ne comprends pas cet acharnement.

Il est si fatiguant de devoir expliquer tout cela.

« Et je devrais vous remercier pour votre intérêt ? »

Et je sentais ma bouche se tordre dans ce rictus un peu mauvais, un peu douloureux aussi. J’étais amère. Je ne voulais pas l’être pourtant, ne l’étais pas habituellement. Enfin, qui étais-je vraiment ? Il me semblait parfois que je m’égarais sans me souvenir. Avais-je été un jour pleine de joie, pleine de vie, pleine de rêves ? Je n’aimais pas l’idée d’être aigrie, mais je craignais de l’être lentement devenue, un peu malgré moi. Est-ce que ma vie n’était pas plutôt une sorte de prétention ? A qui est-ce que je pensais mentir ? Pas à moi-même.

Mais elle continuait à parler, à déblatérer ces mots. Elle aurait pu être pleine de sens, et pour un autre, elle l’aurait été probablement. M’en sortir ? Mais je ne comprenais pas. Me sortir de quoi ?

« Pourquoi voudrais-je construire quelque chose ici ? Tout est déjà fait, on vit dans une structure. Rien n’est à bâtir. Ne me faîtes pas vos grands discours. J’ai fait ce que je devais faire, je me suis occupée de mes affaires, et très bien. Ma vie est en ordre, fouillez et vous ne trouverez aucun pli.  »

Mais elle avait raison sur un point ; on me hantait. Ce n’était pas seulement mon passé, car je ne le connaissais pas, ou plus, il m’apparaissait lointain et mal défini. J’étais statique, le temps s’écoulait et je le suivais mollement. Si je disparaissais, alors un autre prendrait ma place. Je n’éprouvais aucune rancœur à ce sujet, je n’aspirais pas à être quelqu’un de singulier ; j’avais déjà accepté ma place dans la fourmilière. Je ne désirais pas m’élever au-dessus des autres.

Je ne suis pas une femme magnifique d’ailleurs, je ne fais pas de jalouses. Je ne suis pas laide non plus. Je plais comme je ne plais pas. Peu charmante, je n’étourdis pas les esprits, mais jamais l’on ne trouvera quelque chose à redire, qu’il s’agisse de mon physique, de mon professionnalisme. L’on me trouverait soignée, et studieuse. Qu’on se le dise enfin, ma vie ne ferait pitié à personne, je ne suis pas un déchet. Seulement accoutumée à une existence un peu morne. Mais il ne faut point confondre ce dernier point avec de l’ennui ; je n’ai pas toujours ce luxe, mon travail me demande beaucoup de temps et je lui en offre volontiers. Tout comme toutes ces petites choses que l’on fait pour satisfaire certains critères sociaux, on y fait peu attention et on les réalise souvent sans trop d’enthousiasme sans trop y penser aussi. Juste, je sais que je ne suis pas seule : nous sommes esclaves de nos habitudes, de nos existences aussi. On fait ce qui doit être fait, immanquablement.

« Des chances ? J’ai déjà prises celles qui m’intéressaient. Que ceux qui veulent vivre soient heureux d’avoir cette envie, d’avoir cet élan. Mais ne me blâmez pas de ne pas l’avoir, car je suis encore libre de mes pensées et de mon corps. Cette société a peut-être instauré ses règles pour faire de la vie un devoir, mais ne vous y trompez pas, ça n’en est certainement pas un. Vous vouliez m’empêcher de sauter ? Félicitations, vous venez d’y parvenir, mais épargnez-moi vos discours moralisateurs sur l’existence. »

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Lupe est une personne qui a une passion maladive pour deux choses: les chevaliers médiévaux et la fantasy. Rapidement, elle se découvrit un attrait tout particulier pour les jeux vidéos, ce qui ne l'empêche tout de même pas de lire beaucoup et de regarder des films (surtout de la fantasy). Sa passion pour les chevaliers la mena à suivre leur modèle d'honneur, ce qui explique pourquoi elle défend la veuve et l'orphelin... du moins, elle essaye de le faire. Elle porte toujours un sabre sur elle qu'elle peut manipuler.
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le Dim 6 Aoû 2017 - 14:45
Lupe n’avait pas particulièrement aimé la question rhétorique de son interlocutrice sur les « remerciements ». La geek avait le sentiment profond que la jeune femme tentait de l’énerver le plus possible pour la faire partir. L’empêcher de l’aider en décidant tout laisser tomber. Cela faisait effet. Lupe sentait la colère poindre au fond d’elle-même. Mais l’énergie que la femme mettait en œuvre n’était pas suffisante pour cela. Bien sûr, l’administratrice avait compris depuis un certain temps qu’elle n’était pas désirée dans cette situation. Mais l’autre ne voulait pas comprendre qu’elle ne lâcherait pas l’affaire comme ça. Lupe était chez elle en tant que coadministratrice des geeks. C’était son territoire. Et elle ne voulait pas que celui-ci subisse une mauvaise réputation à cause d’une égoïste comme cette suicidaire. Et puis, un mort ici entrainerait sûrement une enquête de la part de l’Institut, ce que Lupe n’aimait pas du tout. Donc non, elle ne partirait pas d’ici sans avoir atteint son objectif.

La geek encaissa la réponse de sa vis-à-vis sans broncher. Mais une chose était sûre : elle avait tort. Tort sur le fait que tout était déjà fait. Qu’il n’y avait plus rien à inventer. Pour Lupe, c’était le genre de discours qui amenait une société à tourner sur elle-même. Si tout le monde pensait comme cela, alors il n’y aurait jamais eu d’invention nouvelle. Or, chaque jour, des nouveautés étaient créées, qu’elles soient cachées ou publiques. Il n’y que comme cela que les Hommes évoluent. Et puis, l’administratrice n’était pas du tout convaincue par les dernières paroles de son interlocutrice.  Oui, une vie pouvait paraitre en ordre, mais ce n’était souvent qu’une impression. Jusqu’à il y a peu, Lupe aurait dit quelque chose de similaire. Mais les récents événements lui avaient fait comprendre que ce n’était pas vraiment le cas. Elle avait raté certains points tournants de sa vie. Elle ne pourrait sans doute jamais rattraper ses erreurs. Mais la vie devait être vécue comme ça. Chacun devait portait la charge de ses choix.

Lupe aurait pu partir au moment où son interlocutrice lui dit qu’elle n’allait plus sauter. Son but était atteint. Elle avait réussi ce pourquoi elle était montée. Mais elle avait le sentiment que la discussion ne pouvait pas se terminer ainsi. Elle n’avait pas tout dit et voulait répondre à ce que sa vis-à-vis venait de dire.

« Vivre n’est pas un devoir certes. C’est un droit que la chance, ou le destin si vous préférez appeler ça ainsi, nous accorde ou non. Nous ne sommes finalement que peu d’élus à pouvoir se targuer d’être en vie. Par contre, je ne vous crois pas quand vous dites que vous êtes libres de vos pensées. Je pense qu’elles vous enferment. Vos pensées vous piègent. Peut-on alors encore parler de choix ? Pour moi ce n’est pas si évident. Je pense plus que ce sont des habitudes. Mais bon, je ne pas une spécialiste. »

Elle avait lâché cette dernière phrase dans un profond soupir. Il est vrai qu’elle se voulait un peu moralisatrice. Le nier serait un mensonge. Mais elle ne voyait pas comment faire autrement. Du haut de ses expériences, elle ne pouvait pas espérer résoudre les problèmes de tout le monde. Cependant, il est clair qu’elle-même avait été prisonnière de ses pensées suite au départ de Tom. Cela ait brisé grand nombre de ses acquis. Son esprit ne lui avait pas permis de penser à autre chose et l’avait en partie empoisonné. Ce n’est qu’après avoir parlé de ses problèmes à d’autres personnes qu’elle avait réussi à en sortir progressivement. Peut-être que son interlocutrice ne manquait que de cela. Une personne avec qui partager ses soucis et ses hantises. Une personne proche d’elle. Pas une sinistre inconnue comme la geek.

Tandis qu’elle réfléchissait, l’administratrice fixait son interlocutrice avec attention, tentant de déceler un signe quelconque dénotant son envie de changer d’avis. Mais le langage du corps n’était pas un point fort de la geek. Si la jeune femme sautait tout de même, Lupe n’aurait pas le temps de la rejoindre. Elle attendait donc que l’autre daigne descendre du rebord du toit et revenir vers elle.


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le Jeu 7 Sep 2017 - 14:34

Jade ne changeait pas d’avis. Elle renonçait seulement. Fallait-il être si pressé ? Elle ne l’était plus à cause de cette inconnue qui lui avait arraché son droit à la mort. Et c’était difficile à accepter pour la jeune femme ; elle ne voulait plus écouter. Peut-être un fond de vérité caché tentait-il de l’atteindre, un peu de vrai oui dans les mots de sa sauveuse. Car n’était-ce pas ce qui venait de se produire ? Elle venait de lui sauver la vie. A présent, Jade sentait peser sur ses épaules le poids d’une dette. Une dette qu’elle ne se souvenait pas avoir demandé, alors qu’elle ne se sentait pas même redevable. Pour cela, il aurait fallu qu’elle accepte encore cette situation, qu’elle soit satisfaite de la tournure. Mais elle ne l’était pas ou ne voulait pas croire qu’elle pouvait l’être. Il y avait pourtant du soulagement, impromptu, qui la saisissait. Les battements de son cœur qui s’accéléraient, se remettaient à tambouriner dans sa poitrine, comme si on les avait suspendu un temps, comme s’ils avaient pu s’arrêter avant la toute fin.

Elle descendit complètement de sa position, et se sentit fébrile. L’énergie que tout ceci avait demandé était partie, l’avait quitté. Et son corps ne se maintenait plus tout à fait, les jambes flageolantes elle se laissa doucement choir, une main passée au-dessus du vide, elle pencha sa tête et regarda une fois de plus la hauteur. Mais elle ne menaçait plus de tomber cette fois. Un haut le corps la saisit enfin tout à fait. C’était comme si tout son être évacuait la pression. Cette fois, c’était bien terminé.

Elle ne s’accrochait plus pourtant. Et si les propos de la jeune femme étaient parvenus à la rendre pensive, elle ne répondit pas de suite. La tête un peu ailleurs, les pensées interdites, elle ouvrit la bouche. Un début de son qui mourut presque immédiatement au fond de son gosier. Deux secondes passèrent. Jade se vit avec étonnement ouvrir la bouche pour la seconde fois, avec la sensation étrange, délurée, d’être revenue en arrière.  Alors rien ne vint, et elle se tut tout à fait. Incertaine.

Et si elle tremblait, elle sentait pourtant ses muscles se détendre, les uns après les autres. La nature paraissait vouloir reprendre le dessus.  Sa figure se radoucissait à vue d’œil. Jade tourna la tête vers la jeune femme.

« Que faîtes-vous lorsque vos pensées vous enferment ? »

Enfin il fut question d’une ouverture à la discussion.



hrp:
Excuse moi pour le temps d'attente j'étais persuadée de t'avoir répondu et je viens de me rendre compte que c'était pas le cas Oo
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le Mer 13 Sep 2017 - 18:03
Enfin, la jeune femme se décida à descendre de sa position surélevée pour regagner la sécurité du toit. Bien que soulagée, Lupe évita tout de même de le montrer. Elle avait réussi à convaincre son interlocutrice mais pour combien de temps ? En effet, la geek n’avait aucune idée de la portée et de l’impact de ses paroles sur cette femme. Peut-être que dans quelques jours, voire quelques heures, une nouvelle envie d’en finir avec le monde allait l’assaillir et elle y succomberait, sans personne pour lui venir en aide. Il était donc du devoir de Lupe de faire attention à son attitude et de ne pas pousser l’inconnue dans les bras de la Faucheuse. Elle ne pourrait pas se le pardonner. Cependant, l’administratrice se rapprocha de sa vis-à-vis quand celle-ci se laissa tomber sur le sol. Elle aurait bien voulu la réconforter par un contact physique mais elle se retint. Encore une fois, elle avait le sentiment qu’une barrière assez hermétique les séparait.

Plusieurs fois, Lupe eut l’impression que la femme voulut dire quelque chose. Elle tremblait légèrement mais il semblait que cet état était plus dû à ce qu’elle venait de subir qu’à autre chose. Sur le moment, elle eut l’intention de lui donner sa veste mais elle ne la portait pas aujourd’hui. D’un autre côté, elle aurait voulu appeler les secours car son interlocutrice semblait en état de choc. Mais ne serait-ce pas prendre trop d’initiative. Lupe avait obligé la jeune femme à obtenir son aide alors qu’elle hurlait qu’elle ne voulait pas que quelqu’un vienne l’aider. Pouvait-elle donc lui imposer cela aussi ? La geek pensait que non. Alors elle resta là, à observer la jeune femme.

Et puis elle lui posa une question. Cette dernière eut l’effet de surprendre Lupe qui ne s’attendait pas le moins du monde à avoir une discussion avec sa vis-à-vis. Celle-ci n’avait pas cessé de l’implorer de partir. Et là, elle lui faisait une demande très personnelle. Malgré tout, la geek avait envie d’y répondre. Elle réfléchit donc un petit moment, cherchant plus ses mots qu’un réel exemple qu’elle avait vécu. Lupe l’avait déjà bien en tête. Cela l’obséder même depuis plusieurs semaines. Elle s’assit alors à côté de la jeune femme.

« Vous me posez la question à laquelle je tente de répondre depuis un moment. J’ai le sentiment de tourner en rond. Mes pensées reviennent toujours à leur point de départ. J’essaye simplement de ne pas trop y penser. Je me vide l’esprit et j’essaye de rencontrer des amis ou de voir ma famille qui me changent les idées. A la base, j’étais venu ici pour me détendre justement. Frapper dans des mannequins en bois pour me défouler un peu. Vider mon sac vers le vide. Mais finalement, le fait que je sois ici avec vous, m’a complètement fait oublier mes problèmes. Il m’a fallu une autre situation critique pour que je repense enfin aux autres. Que je sorte de ma prison. Et pourtant, je sais que quand je rentrerai chez moi, mes sombres pensées m’assailliront encore. Il n’y a pas de réelle solution à part le fait d’en parler et d’être patient. »

Lupe n’avait pas vraiment réfléchi à ce qu’elle avait dit. Ces mots venaient du plus profond de son cœur. C’était son état d’esprit au moment présent. Elle n’avait menti que sur un point. Le fait qu’elle puisse penser aux autres. Il lui paraissait évident qu’elle était venu en aide à la jeune femme dans le seul but d’essayer de se sentir mieux. Cela avait fonctionné en partie. Mais déjà, ses pensées revenaient vers le départ de Tom. Elle les repoussa du mieux qu’elle put, pour rester concentrer sur la situation. Elle ne doutait cependant pas que son visage exprima une certaine tristesse.

« Je sais que ce n’est pas évident mais vous devriez parler avec quelqu’un. N’allait pas voir ses psychologues qui vous prendraient votre argent en vous prescrivant des antidépresseurs. Préférait trouver une personne de confiance prête à vous écouter. Vous devriez bien vous êtes attaché à quelqu’un ici non ? Depuis combien de temps êtes-vous ici ?»

HRP:
Bah c'est pas grave. J'étais pas mal occupé de toute façon en août donc je ne peux pas t'en vouloir. Malicieux


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le Lun 16 Oct 2017 - 18:20

Elle n’avait plus la force de se lever, de paraître simplement. Rentrer chez soi, cela lui semblait absurde. Ca l’était d’ailleurs. Traverser la ville à pied, se mêler aux promeneurs, s’arrêter à une épicerie pour prendre à manger ; après tout elle s’était dit que cela n’arriverait plus jamais, que plus rien d’adviendrait. Certes, la vie vous laisse parfois démuni. Jade se sentait désemparée. Puis, surtout, elle n’aimait pas réellement le rapprochement entre son corps et celui de la jeune femme, car il y avait là un malaise qu’elle ne disait pas, qu’elle n’avait pas la force d’expliquer, de soulever. Jade préférait subir. Docilement, elle ne chercha pas à s’échapper, à fuir loin de cette conversation qu’elle avait entamée pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas. Elle ne fuyait jamais vraiment d’ailleurs, ne faisait que répondre à un appel comme si même la mort un peu plus tôt avait pu toquer à sa porte : elle s’était contentée d’aller ouvrir.

Mais cette barrière invisible toujours les séparait malgré la nouvelle proximité. Cela se métamorphosait de la sorte : un bras passé autour de ses genoux, un visage dévié, des yeux qui ne regardaient pas. Un espace scrupuleusement respecté, son corps qui jamais ne se tendait vers la forme glissée à ses côtés. C’était simplement ainsi. Jade avait besoin de temps.

Elle comprenait sans doute Lupe. Elle comprenait sans doute tout cela. Jade aurait aimé dire cependant qu’elle avait été assez patiente, qu’elle ne faisait que ça d’ailleurs ; cette impression curieuse d’avoir patienter toute sa vie. Et elle avait beau s’être penchée au bord du vide, tout de même, il apparaissait que le sac était encore rempli.

Lui parlait-on à cet instant seulement avec sincérité ? Jade se méfiait, mais d’une manière peut-être humaine, peut-être naturelle comme on se méfie toujours des étrangers, surtout lorsqu’ils paraissent nous vouloir du bien. C’était étrange. Etrange dans un monde ultra individualiste. L’altruisme sortait du commun de nos jours. Mais Lupe ne l’était pas, ou Jade ne voulait pas qu’elle le soit. Cela cachait quelque chose : cela cachait toujours quelque chose.

« Il n’y a rien à dire. »

C’était sans doute vrai, sans doute vrai qu’elle n’avait plus rien à dire ou qu’elle ne voulait plus rien dire. Elle ne se racontait pas, ni ne se vivait. Elle n’avait jamais réellement fait d’efforts. Elle s’attachait difficilement après tout, mais elle ne l’avouerait pas, car la solitude était une faiblesse confortable qu’elle préférait garder cachée. Le temps ne suffisait pas à lui construire des amitiés ; bien sûr elle pouvait apprécier. Mais apprécier quelqu’un ne signifiait pas qu’il fallait se livrer, tout dévoiler. Il y avait une forme d’impudeur là-dedans. Elle ne voulait pas connaître cette sorte d’abandon. De fait, elle ne ressentait pas le besoin de parler comme elle avait toujours vécu avec ses angoisses dissimulées.

« Je suis seule. »



hrp:
je m'éternise. et euh. jade est si peu loquace je suis désolée '.'
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