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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Clair-obscur — [Jade]

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Personnage : Tae Jung n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi s'est-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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posté le Mar 6 Juin 2017 - 10:55 (1)

« Le jour n’est pas encore levé que déjà la silhouette de Tae Joon se découpe au travers de la foule. Habillé sobrement, son éternel sweat-shirt à capuche sur les épaules, il déambule. Sa journée est chargée mais matinal il a décidé d’aller se promener, aimant se mêler à tous ces gens pressés. L’air frais claque sur son visage, et appréciant la sensation il se tient droit, s’offre à lui. Son esprit vagabonde et ses yeux perdus dans le vide il s’imagine où vont tous ceux qu’il croise. Ont-il un travail, ou errent-ils comme lui le fait en ce moment ? Vont-ils rejoindre quelqu’un, rentrent-ils chez eux ? Curieux il aimerait savoir : aimerait qu’on vienne à lui et lui dise tout de ces inconnus dont les visages lui échappent. Ils ne sont, après tout, qu’un ensemble flou le dépassant ou le croisant, parfois l’accompagnant.

Les minutes coulent, roulent tout contre lui : le séparant du présent pour le jeter dans un futur imminent. Mais lui, immobile, oublie d’avancer. Il se laisse oublier de l’instant et emporter par le passé. Il n’est qu’un monument, qu’une sculpture passée qui ne demande à être rénovée. Il se sent vide et c’est alors une tristesse sans fond qui s’empare de lui. Indolore, elle le plonge dans les méandres de son être, forçant la mélancolie et lui coupant toute envie. C’est face au musée de St-Juré qu’enfin il pense trouver refuge. L’art lui manque et depuis son arrivée il n’a jamais mis les pieds dans l’édifice. Il se souvient encore des après-midi passés en solitaire dans ceux de Séoul : en retire un sentiment de confort mais surtout de recueil. Sensible, il aime dévisager les tableaux et leur octroyer une histoire. Imaginer le peintre assis face à sa toile, observant le paysage de sa fenêtre et s’en inspirant est chez lui source de sérénité. Ses colères s’estompent face au bleu du ciel, ses frustrations s’endorment avec la brume matinale et ses peines s’oublient au travers d’un champ de coquelicots. Assis sur un banc il pourrait passer des heures à absorber cette atmosphère vétuste, à regarder d’autres lui découvrir la beauté d’une peinture, y chercher le sens pour finalement y découvrir mille sensations.

Mais alors que le lieu vient à peine d’ouvrir, ce n’est pas une toile qui attire son attention : c’est une silhouette familière, qui au loin et entre toutes ces oeuvres lui donne l’impression d’en être une à son tour. Il n’y a personne et seule parmi cet art elle semble elle aussi avoir été choisie puis déposée ici. L’image est amusante, et s’avançant doucement Tae Joon la rejoint sans un bruit. A quelques pas d’elle il hésite à rester ainsi, à ses côtés mais pas trop : tels deux inconnus observant côte à côte une pièce fraichement ajoutée au musée.

Souriant il finit par briser l’instant : « vous semblez prendre racine, Jade. » mais cela vous va bien. « Ce lieu en cette heure précise semble avoir été fait pour vous. » et quelle surprise, que de vous retrouver là. Quel hasard, même : là était la coïncidence qu’il avait attendu sans savoir, le frappant soudain au moment où il s'y attendait le moins.

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posté le Mer 7 Juin 2017 - 21:13 (2)

Parfois je sens mon pas qui s’accélère sans raison, trace des chemins qui n’ont plus de secrets pour moi ; mais à d’autres moments ce sont les mocassins vernis qui traînent contre le marbre, et mes regards vont et viennent langoureusement d’un tableau à un classeur, d’un classeur à une feuille. Les intercalaires filent encore entre mes doigts, et puis au milieu du silence presque sacré, presque religieux du lieu, le son de la plume qui tapisse le papier d’encre noire. Mes lèvres tombent encore, des murmures qui glissent silencieusement contre les pages doubles.
Il y a enfin cette concentration que rien ne semble pouvoir troubler, la sensation de se noyer lentement dans une seule et même tâche ; s’oublier. Le bruissement fluet et délicat du stylo berce cette monotonie du travail, et c’est plaisant pourtant. Rien d’autre ne semble avoir d’emprise ici. Les matinées au musée me font l’effet d’une seconde nuit qui commence, prolonge mes errances spirituelles d’une nouvelle tranquillité qui ne s’entrecoupe bien que dans mes pensées.
Bien sûr il y a toujours ces soupirs qui courent contre ma bouche comme ces habitudes fatiguées qui nous serrent, comme ces automatismes qui nous sauvent, ces déjeuners sans saveurs. Alors seulement il arrive que toutes ces œuvres figées dans le temps ne suffisent plus, et je les côtoie tellement et mes yeux ont déjà tant explorés de leurs moindres recoins, leurs moindres parcelles, chaque détail, que j’y reviens encore avec lassitude. Et j’ai honte de ne voir que des objets parmi tant d’autres. C’est là où je vis le mieux pourtant que je me perds inlassablement, moi mon être et le goût, dans ces contemplations mécaniques et stupides.
Quelque chose me chiffonne pourtant. La culture m’offre une paix fatiguée et lourde, que les pas des quelques passants ne savent plus troubler. Mais je sens encore des regards dérobés, la sensation oppressante d’une intimité dévoilée. Je voudrais me cacher, mais les couloirs sont nus, vides et ouverts. Il n’y a nul recoin où se réfugier. Et comme ces tableaux, d’une certaine manière, je m’expose sans doute plus que je ne le désire. Des picotements nerveux courent depuis mes doigts, et ma bouche frétille. Soudain je m’agace. Et c’est trop tôt pour cela, l’instant m’échappe. Je veux me croire insignifiante, me rassurer pour mieux me convaincre de la banalité qui m’entoure. Mais l’appréhension est plus forte, elle s’insinue en moi comme un doute, un mauvais pressentiment, la sensation d’une rupture qui se projette dans l’ombre.
Et je sens dans mon dos le fantasme d’une vague entité qui me hante.
Sa voix pourtant vient d’ailleurs, semble provenir de si loin encore qu’elle me fait frémir, me bouleverse et me secoue encore d'une brusquerie trop douce. Il y a cette sensation familière bien sûr, et presque désagréable. Je voudrais parfois conserver cette certitude, celle d’être seule avec moi-même. Un rythme éclate. C’est cruellement réel.
Et je me tourne presque trop vite, presque trop rapidement. Et je ne doute à aucun moment de ce qui me fait face, et l’inconnu m’est plus familier qu’il ne devrait en réalité l’être ; plus troublant car inattendu. La fâcheux imprévu. Il brouille ma vue, obscurcit le champ d’un nouveau voile de grisaille. C’est à cet instant peut-être que tout se perd, que tout m’échappe. Le bruit sec du classeur contre le marbre, et le glissement des feuilles qui jonchent le sol semblable à une chute automnale.
Je suis rendue à lui. Et tout son être me chavire dans ces courants d'incertitudes.
Comme on se plie aux saisons, comme l’arbre se dévêtit naturellement de sa robe florale.
Et il est presque trop près soudain, trop tout simplement.
Et ce sourire qui vous percute comme si ce n’était rien.
Je voudrais m’emporter pourtant, mais mes joues seules s’empourprent, s’énervent de cette couleur trop vive qui me rend trop sanguine, de cette apparition trop brusque et indésirée.
Et je sais que je n'ai l'air de rien à me fâcher, que cela ne me va pas. La vivacité me rend bizarre.
J'hésite.
« Vous vous moquez de moi ! Quelle indélicatesse me faîtes-vous… »
Et mes plaintes meurent, car ma voix me lâche, et je m'abandonne moi-même dans cet étonnement qui me pince. Il me revient notre parenthèse sur ce banc, les mots. Et je voudrais disparaître et je voudrais qu'il disparaisse, qu'un tableau s'anime et qu'il s'engouffre dans un paysage trop vaste pour qu'il ne devienne enfin qu'un détail parmi les autres.
Rien n'est plus effrayant que l'inconnu qui vous saisit et vous emporte dans cet aveuglement de soi. Son souffle me caresse de mille tourments.
Je sens que je suffoque, que je vais suffoquer, que j'ai déjà suffoqué. J’aurai voulu l’accuser plus vivement encore, pointer sa dérangeante existence du doigt, pointer  cette brutalité qui n'en était pas. Car on aurait ri de moi ; il avait l'air si doux.
Mais il fallait que ce soit moi, mais il fallait que je sois la seule à le savoir, à m'en rendre compte. D'une certaine façon, il ne pouvait plus se cacher à son tour : je l'avais remarqué, et le remarquant il était pour mon plus grand désarroi devenu une oeuvre de plus dans ma mémoire, une de celles qui vous enlacent d'émotions odieusement vaines et douloureuses.
Avait-on idée de se glisser si sournoisement dans la vie d’un autre ?
« Ne dîtes pas de telles choses, c’est embarrassant. Vous êtes embarrassant. »

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posté le Mer 7 Juin 2017 - 22:38 (3)
« Le silence vole en éclats et immobile Tae Joon contemple le classeur s’échapper des mains de Jade. Il ne pense à bouger lorsque ce dernier touche le sol et s’éventre, faisant s’éparpiller tout autour d’eux des dizaines de papiers. La scène lui parait improbable mais belle : il se surprend à apprécier la vue de tout ce blanc, toutes ces taches de couleurs partant à la dérive. Ses yeux sont à terre et il manque les rougeurs de Jade : ne revient à elle que lorsqu’elle vocifère. Sa voix est basse et pourtant forte : elle résonne dans le musée qui vide de monde fait d’eux les seuls témoins du crime. Qui a bien pu assassiner ces dossiers, qui répandus au sol donnent l’impression de se noyer ? « Comment pourrais-je me moquer de vous, Jade ? » finit-il par répliquer, posant un genou à terre pour réparer la casse qu’il a causé. « Même si je le voulais, je n’y arriverais pas : nous ne nous connaissons, après tout, pas. » pas assez. Il lui aurait fallu deviner ses pensées, se souvenir d’une quelconque manie : mais dans son esprit ne sonnait qu’un Jade qui orphelin n’avait ni nom ni occupation. Lorsqu’il la dévisageait il ne voyait que ses longs cils, que son teint blême : était incapable d’avancer quoique ce soit à son sujet.

Se redressant il lui avait fait face, hésitant un instant à garder les papiers sous son bras, de peur qu’elle ne les refasse tomber. Devait-il être poli et les-lui rendre, ou devait-il les faire otages ? « Je suis surtout embarrassé de vous avoir fait perdre vos moyens. » Et il était difficile de déchiffrer son visage, qui impassible ne laissait transparaitre qu’un demi sourire. Il n’y avait dans sa voix aucune moquerie, et dans son regard la taquinerie n’était présente. Il n’était qu’une statue qui douce ne laissait que difficilement transparaitre ses émotions. Et pourtant. Tae Joon était un être distant, mais attentif. Il n’était de ces existences hostiles, n’hésitait à tendre sa main si on la lui demandait. « J’en conclus donc que nous sommes tous deux embarrassés : ne trouvez-vous pas qu’il s’agit d’un bon compromis ? » Sa moue se fendant complètement, avait finalement commencé à pétiller dans ses yeux un petit quelque chose de farfelus. Il était le chat jouant avec la souris, qui pourtant lui vouant une affection étrange, la voulait comme amie.

Il aimait Jade sans la connaitre, appréciait cette relation inconnue : ne voulait franchir les frontières, briser les barrières. Il aimait ce flou presque artistique qui qualifiait leur lien, pouvait ainsi rêver de tout mais aussi de rien. Son imagination était florissante mais emprisonnée dans un esprit qui ne laissait entrevoir que rarement l’homme sensible qu’il était. Bbasculant les dossiers sur son épaule, il avait lâché : « Que diriez-vous de vous asseoir, Jade ? ». Il n’était pas moqueur mais plaisantin, restait sobre et sérieux : ne voulant prendre le risque de vexer sa chère anglaise. Ainsi prostré, il avait attendu, gentil, obéissant.

Elle lui aurait demandé de s’allonger qu’il l’aurait fait.
Mais partir était non.

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posté le Jeu 8 Juin 2017 - 0:49 (4)

« En effet, comment le pourriez-vous ? » Répéta-t-elle doucement, sans en être cependant convaincue. Et son visage avait suivi cette descente. Il avait posé un genou à terre après tout, ses jambes s’étaient raidies presque tout naturellement. Pensive, elle l’avait observé faire, sans malaise pourtant à ce qu’il y ait un homme là, un Tae Joon à ses pieds. Et cela avait calmé un peu de ses ardeurs paniques, une torpeur réflexive l’avait envahie. « Vous surgissez de nulle part, vous dîtes des choses étranges et vous mettez tout sens dessus dessous ; vous êtes un homme dérangeant, je n’ai pas envie de vous connaître. » Pourtant, à se voir ainsi, n’était-ce pas d’une certaine façon ce qui était en train de se produire ? Ne l’avait-elle pas dit dès leur première rencontre, qu’ils risquaient de devenir plus que des étrangers. Et lorsqu’il s’était redressé, qu’elle avait pu contempler encore ses traits, comme une nouveauté offerte dans ce musée presque poussiéreux, elle avait gardé cette simplicité dans le regard et dans la voix. Les réflexions de Jade coulaient directement depuis le fleuve secret de ses angoisses, de ses peurs inavouées. Cela lui donnait une sincérité étrange dont on n’aurait pu vraiment s’offusquer.
Elle devait se vexer en outre plus aisément que n’importe qui. Tae Joon la touchait aisément. Et ses petites moues se révélaient au grand jour, des petites moues contraintes, pas vraiment vilaines sinon passagères, et elle se renfrognait juste comme ça. Quelques instants qui ne duraient jamais. Quoiqu’elle n’oubliait pas, quoiqu’elle n’était pas rancunière.
Elle détourna le regard enfin, n’osant le scruter trop longtemps alors qu’il recommençait. Là, et il prétendait ne pas se moquer d’elle. Quel homme pouvait rétorquer de cette façon ?  « Que dîtes-vous encore ? Vos mots ne sont pas celui d’un homme embarrassé. Savez-vous seulement l’être ? Rien ne semble vous ébranler. » Après tout, il était l’homme qui se permettait de s’asseoir tandis que le temps filait, sans qu’il ne soit pour autant jamais trop tard.  « C’est vous qui êtes fait pour ce lieu. »
Et elle avait soupiré encore, mais un fin sourire avait percé ses commissures. Tae Joon était vraiment étonnant, et il réveillait en elle les échos d'une conscience qui se taisait depuis longtemps. Par moment, bref, elle se détendait. Cela ne durait que quelques secondes. Peut-être aurait-on pu confondre ce sentiment avec une profonde fatigue.
« Comment, vous voulez vous asseoir maintenant ? Passez-vous votre temps assis ? Cessez de dire des bêtises. »
Et redressant légèrement la tête, un fait pourtant dérisoire auquel elle n’avait pas réellement prêté attention, ou si peu, attira finalement ses regards.
Dès lors qu’il y avait eu cette passation, l’obsession était née. Jade avait retrouvé ce calme apparent, l’ébullition faussement sage qui s’empare toujours de l’animal patient mais pressé de fondre sur sa proie, un qui-vive dans ses regards placides, dans ses yeux qui soutenaient ceux de l’homme mais sans désirs. Seulement une envie.
« Tae Joon. »
Et sa voix avait caressé, mielleuse, l’air de quelques secrets dont elle devait avoir le secret. Et les notes suaves semblaient faire appel à une séduction timide, jouant de ce timbre suppliant dont savent parfois faire preuve les femmes pour obtenir ce qu’elles veulent.
Jade savait exactement ce qu’elle souhaitait.
Elle se décala vers l’avant, avec une prudence excessive.
« Tae Joon, soyez gentil, rendez-moi mes dossiers. Ils sont très importants. »
Plus importants que vous. Et la voix restait posée, mais elle avait eu cette confiance qui sûrement s’était laissé ébranler, dès lors qu’elle avait dû faire face à ces mots, à cette assurance tranquille qu’il affichait. Tae Joon la dépossédait. Il lui arrachait ses épaisseurs avec une force facile ; il la déconcertait. Et auprès de lui, il devenait indéniable qu’elle ne possédait plus rien. Jade croyait alors qu’en disposant de son classeur, c’était aussi d’elle d’une certaine façon dont il disposait. Elle pensait sans doute que récupérer ses biens lui aurait rendu un peu de sa consistance. Mais il semblait les tenir si loin d’elle, car son épaule lui paraissait inaccessible ; il étai cet étranger qu’elle n’osait toucher.
Sa main néanmoins s’était élevée dans une tentative d’approche, mais son regard jamais n’avait dévié de celui de Tae Joon. Car elle fouillait encore dans les yeux bruns un signe qui lui aurait accordé cette permission de toucher qu’elle demandait indirectement par ce geste suspendu, arrêté tout juste à quelques centimètres de cette main.
« S'il vous plait. »

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posté le Jeu 8 Juin 2017 - 1:19 (5)
« Si auparavant le rire de Tae Joon résonnait partout où il allait, léger, depuis son arrivée il était devenu muet. Pourtant, lorsque Jade l’avait accusé de rester assis trop souvent, il y avait eu cet air sur son visage trahissant une envie. Son sourire avait bougé et s’était tordu (presque tendrement). Une seconde était passée et luttant intérieurement il avait finalement laissé filtrer : « Je m’inquiète simplement pour vous. ». La réplique était sobre, mais agrémentée de son éternelle esquisse, elle se voulait légère. Il aurait aimé lui expliquer plus en détails : ses jambes à lui pouvaient tenir des heures sans faiblir, mais si elle en le voyant lâchait ce qu’elle avait entre les mains… N’était-il pas plus prudent qu’ils s’asseyent tous les deux ? Evidemment il ne la suivrait que par compassion, se retrouver debout à côté d’elle se reposant étant plutôt embarrassant.

S’approchant de lui, de nouveau calme, elle lui avait demandé ses dossiers. Sans plus réfléchir Tae Joon les-lui avait tendus, agrémentant l’acte d’un « bien sûr. » se voulant poli. Mais promettez-moi de ne pas vous enfuir en courant avait-il manqué d’ajouter, taquin, se retenant au dernier moment. Jade était un oiseau rare et à trop le bousculer il risquait de le faire s’envoler : et comment retrouver ce qui était parti, perdu dans ce ciel infini ? Il y avait une précaution désabusée qui dansait dans son esprit, contrastant avec son air indifférent : « vous faire plaisir me fait plaisir. ».

Et surpris, il s’était rendu compte que sa main tendue vers Jade n’avait lâché les dossiers. Il les lui avait offerts spontanément, mais ne s’en était détaché pour autant. Il était un robot cassé, dont les mécanismes s’enchainaient avant de brutalement s’arrêter. « Ah. » avait-il commenté, l’air absent, « je crois que ma main est bloquée. ».

Et enfin, le sourire en coin, il avait laissé transparaitre dans son regard une ombre d’amusement.

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posté le Sam 10 Juin 2017 - 20:05 (6)

Quelle idée étrange et toute faîte était-ce là ? Le rictus que Tae Joon m'arracha à cet instant avait le goût iodé de la mer. Je déglutissais péniblement. Les rougeurs sur mes joues me rendaient bougonne, et je sentais comme une fièvre qui me prenait au corps. De quel droit encore prétendait-il s'inquiéter ?
J'avais trop de fierté pour me complaire dans cet aveu que je percevais rieur, trop tendre pour se moquer vraiment.
« Vous devriez peut-être vous inquiéter pour vous-même, monsieur Han. »
Et j'éprouvais une singulière difficulté à cerner, comprendre et connaître l'individu qui me faisait face. J'oscillais tantôt entre un agacement qui frisait l'impatience et cette docilité habituée forgée dans le vide et l'ennui d'une ville qui s'engourdissait dans sa propre linéarité.
Je n'avais point besoin d'un surplus de considération.
J'avais l'habitude de voir défiler autour de moi ces existences pressées et abandonnées sous lesquelles je me laissais ensevelir, non pas par plaisir mais seulement avec cette constante résignation qui me constituait entièrement. Je prenais un bain de foule, une vague de murmures alourdie dans mes oreilles ; je m'éparpillais à mon tour, m'oubliant, me noyant...
L'ombre de Tae Joon était celle du changement.
Il me semblait soudain assister à une situation de crise sans pareil. L'on ne m'aurait pas cru si j'avais accusé cet homme ; une hérésie de l'instant. Il me tourmentait avec une douceur renversante, la subtilité de ses sourires me le rendait à la fois incontournable et terrible. Peut-être me faisait-il face avec cette assurance nonchalante, cette humeur coquine qui me froissait par l'absence que cela m'évoquait.
Il m'appelait des silences.
Je me perdais dans ses regards qui ne me troublaient pas, parfois je dévisageais encore la courbe de sa lèvre, intensément, j'y voyais une provocation qui n'était pas nécessaire, un sens aiguisé qui me transperçait malgré moi. Tae Joon m'affolait.
Et puisqu'il en était ainsi, je sentais un noeud qui tirait sur ma poitrine. Mes vêtements soudain me démangeaient. Je redoutais la brutalité de mes gestes. Mes lèvres se taisaient mais continuaient de vibrer imperceptiblement à la recherche d'un maigre équilibre.
Avait-il seulement idée de mon désarroi ?
Je laissais ses mots courir contre ma peau. Je faisais en sorte qu'ils ne s'y insinuent pas trop. Je voulais retrouver la sécurité d'une opacité dérobée.
Doucement, presque trop lentement, mes doigts parcouraient l'épaisseur du classeur, survolait ce qui déjà ne paraissait plus m'appartenir. Dans ce prolongement de moi, Tae Joon avait capturé une partie de mon être.
Non.
C'était inexact, je le savais.
Je m'y étais abandonnée, comme on se laisse choir dans la tiédeur de ces après-midis chaudes. Ma pensée s'était engourdie. Et je rêvassais dans l'ombre d'une angoisse tranquille qu'il me murmurait, je me rafraîchissais de ses sourires comme on se laisse éclabousser, j'étais rendue toute entière à l'amusement qui scintillait du fond de ses prunelles.
Alors seulement je me sentais défaillir, follement.
« Vous m'enquiquinez ! »
Mes nerfs crissaient comme la traînée d'un pneu sur la route.
« Vous voyez bien que vous vous moquez ! Il ne me plait pas que vous jouiez ainsi avec moi, ne me faîtes pas regretter de vous avoir rencontrer ! » Et je savais quel timbre prenait ma voix, je savais reconnaître mes suppliques. Il ne s'agissait pas seulement de ces fichiers. J'aurai voulu qu'il me libère de cette emprise inconsidérée. « Tae Joon... S'il vous plait... »
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posté le Dim 11 Juin 2017 - 0:48 (7)
« Sur le visage de Tae Joon c’est tout un monde qui s’effondre : son sourire dégringole et disparaissant une indifférence tout aussi nouvelle que familière reprend possession de ses traits. Aussi, distant, il répond platement : « très bien. ». Dans son regard c’est une nostalgie particulière qui dévisage le classeur, alors que ses doigts encore agrippés caressent la surface qu’ils ne vont tarder à lâcher. « Vous savez, Jade, vous êtes mon étrangère préférée. » et remontant lentement ses yeux vers elle, il lutte contre l’esquisse qui cherche à fleurir sur ses lèvres. Il est sincère et pourtant dans sa voix traine ce petit quelque chose de passé. Car à ainsi l’aimer inconnue il ne peut se permettre de la connaitre. Que fera-t-il lorsqu’un nom viendra agrémenter son prénom ? Que fera-t-il oui lorsqu’il saura tout de cet esprit qu’il sent à la fois vide et complexe ? Jade est un paradoxe et il l’aime dans sa brume, dans cet entre-deux qui l’anime. Il aime l’imaginer, la rêver : déteste l’idée de ne plus pouvoir rien inventer à son sujet. La découvrir toute entière serait une drame : il se lasserait, s’éloignerait et partirait. Lorsqu’il la voit c’est son reflet qu’il cherche, lorsqu’il lui parle c’est une double discussion qu’il mène : avec elle mais surtout avec lui-même. Tae Joon se retrouve dans l’air creux de Jade et deviner tous ses secrets l’y chasserait. « C’est pourquoi je vais vous laisser vous enfuir. Car si vous pouvez me percer à jour, je ne veux pas vous percer à jour. »

Enfin il sourit et lâche les dossiers, sa main s’ouvrant et ne se refermant : faisant un signe, un au revoir prématuré alors qu’encore ils sont là, se faisant face. « Sachez d’ailleurs que je ne suis pas méchant : et encore une fois, je vous le demande, comment pourrais-je me moquer de vous ? On ne se moque pas des étrangers, mais tendrement de nos amis. » Douce sa moue l’est mais durs sont ses mots : « Et étant une personne que j’apprécie de loin, nous ne le sommes donc pas, amis. » Enfouissant ses mains dans ses poches, c’est une partie de son âme qui se révèle, tout aussi taquine qu’aride. « Sur ce je vous laisse, ne vous embête plus : ai bien trop peur de découvrir sous vos rougeurs ce que vous êtes. »

Il se retourne et s’éloigne, disparaissant du musée alors que les visiteurs enfin commencent à entrer.

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