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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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à la croisée des chemins (kat)

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jeune père veuf, toujours enfant dans sa tête, trop vite grandi.
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le Mer 7 Juin 2017 - 22:31
Certaines requêtes paraissent très simples aux yeux de ceux qui les émettent. C'est d'autant plus vrai lorsqu'il s'agit d'un innocent enfant, totalement inconscient des difficultés liées à l'organisation d'une journée. J'aurais dû dire non. En me repassant la scène dans la tête, il m'est aisé de pointer du doigt mes erreurs, et surtout de penser que j'aurais facilement pu refuser sa demande. Après tout, le petit s'est levé le matin en me demandant à sortir. Il voulait, disait-il, grimper sur des manèges ; il m'a expliqué qu'il y avait plusieurs installations réalisées pendant toute la semaine dans le quartier (bon, avec ses mots simples, mais il ne faut pas me demander de retranscrire le langage d'un enfant). Pourquoi ai-je dit okay ? je ne sais pas trop. Je me revois encore, étonné d'avoir laissé échapper un oui que je ne pensais pas, et incapable de le reprendre sans perdre la face. Bravo, Alban. J'ai probablement cédé face à l'insistance de son regard, face à la perspective de son sourire. En le voyant fleurir sur son petit visage, je savais que j'étais défait, mais curieusement je me suis senti bien. Comme si j'étais presque content que le morveux ait eu raison de moi.

Le chemin est loin jusqu'à ce petit festival de quartier, dont le thème est l'entente entre voisins et l'entraide - toutes ces conneries bien jolies qui avaient plus de sens dans mon hameau que dans cette ville sans âme. Le chemin est loin, mais je n'ai pas les moyens de me payer un taxi, et je n'ai pas de bicyclette ; aussi porté-je le petit sur mes épaules. Juché sur moi comme un nain sur les épaules d'un géant, il observe les rues grises en émettant de drôles de sons, qui s'apparentent probablement à des mots dans son langage puéril - ou peut-être ne s'agit-il que de gazouillis sans sens. Ce jour-là, je porte une invention de mon patron, une drôle de montre censée recueillir des données sur mon corps, mais jusque là je n'ai réussi qu'à faire cuire des œufs à la coque avec. C'est un bandeau massif de métal noir, flexible sans une certaine mesure, qui épouse mon poignet presque à la perfection. Quelques clous d'acier et des petites diodes dont l'usage m'échappe font, par défaut, office de décoration un peu douteuse. Le gamin ne le regarde même plus : il était au défait fasciné par le bijou, mais désormais il fait partie de moi. Le patron a dit qu'il pouvait le clipser à un dispositif un peu plus complet servant à se déplacer, mais ça me dépasse complètement. Non, en fait, tant que j'en sors en un seul morceau, je m'en fous.

Sur une petite place que je n'ai jamais arpentée, seulement aperçue au loin alors que j'allais faire quelques courses, deux ou trois chapiteaux ont été dressés en frôlant les façades des bâtiments voisins. Au fond, sur une estrade, un groupe joue une musique criarde et populaire, d'un mauvais goût affligeant mais de circonstance vu l'occasion. En entendant les notes pauvrement rythmées, le petit tape des mains, essayant de reproduire la cadence, sans y arriver. Le bruit me gêne, et je claque la langue pour lui en faire part, mais bien sûr, un gamin de six ans n'a aucune subtilité ; aussi continue-t-il de plus belle. Bien qu'irrité, j'abandonne ; je devine que si je lui hurle dessus, les regards se tourneront vers moi. Cela dit, je ne connais ici personne. J'ai choisi ce festival parce qu'il n'y aurait aucune de mes fréquentations habituelles. Je suis donc un type vraiment correct, pour me soucier de ne pas choquer les gens du coin.

Je fais descendre l'enfant de mes épaules lorsque nous débouchons sur la place, et tout de suite le gamin s'approche du seul manège des lieux. Cela dit, c'en est un beau : pas le vieux carrousel minable, aux allures baroques avec ses dorures en plastique, qui tourne sur lui-même en agitant sous le nez des enfants un ridicule pompon. (Ce qui est tant mieux, sinon j'aurais moi-même arraché le pompon et menacé le vendeur de me filer une place gratuite pour le gamin.) Évidemment, cela veut dire qu'il est plus cher, et je rattrape l'enfant par le bras. « Seulement un tour pour le moment. Je t'en payerai un autre plus tard. » Il acquiesce, presque comme un enfant sage ; il semblait sur le point de protester, et c'est probablement ce qu'aurait fait un autre garçon de son âge. Pour ma part, son obéissance m'arrange bien. Nous prenons place dans la petite file d'attente (deux-trois personnes à peine) qui achètent un billet. Comme je n'aime guère patienter sans rien faire, je jette un coup d'œil à la foule - et là, je la vois. « Putain. » : m'écriai-je, m'attirant un certain nombre de regards appuyés, notamment ceux de mon fils. Je sens la désapprobation dans ses yeux, et le vide se fait dans mon esprit.
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C'est la seconde fois qu'elle arrive dans ce monde. Bien évidemment elle n'a aucun souvenir ni même connaissance qu'elle a déjà vécu à Pallatine, qu'elle y a eu un enfant et qu'elle s'y est suicidée.

Arrivée depuis 2032 pour reprendre sa vie à partir de zéro, Katherine est une jeune femme de 21 ans sure d'elle et pleine de vie. Elle commence à travailler comme détective privé indépendant et c'est une experte pour aller fouiner dans les affaires des autres et y dénicher ce qu'ils ne veulent pas dévoiler...
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le Ven 9 Juin 2017 - 12:07
A la croisée des chemins | Alban Addens & Katherine Millet


Depuis quelques jours, je pouvais entendre le bruit d'un petit festival depuis mon appartement. En journée, lorsque je ne me trouvais pas à mon domicile cela ne me dérangeait pas trop mais le soir, même avec les vitres et volet fermés je pouvais encore entendre les musiques des manèges et les cris de joie des gamins. Il faudra que je songe à faire installer un double vitrage à mes fenêtres... J'habitais à a peine deux rues de ce festival et cela faisait trois soirs que je devais supporter toute cette agitation. J'étais au courant lorsque j'ai visité l'appartement, qu'il était au cœur d'un quartier assez animé -ce n'est pas ça qui me dérange- mais la cacophonie des manèges n'était pas agréable... D'ici quelques jours, ils allaient s'en aller, il fallait donc que je prenne sur moi.

Cet après midi là je n'avais pas de travail donc plutôt que de me morfondre sur mes comptes à la baisse, j'avais rendez vous avec une voisine que j'appréciais bien pour aller jeter un œil aux festivités. Je m'étais habillée et préparée et je l'attendais sur le pallier lorsqu'elle m'envoya un sms : elle était désolée mais elle avait un imprévu et me proposait de remettre notre virée à une prochaine fois. Je lui répondais que ça n'avait pas d'importance et soupirai.

Je n'avais pas prévu d'y aller à la base : ce n'était pas le genre de rassemblement que j'affectionnais avec tous ces gamins qui crient et courent partout... Insupportable. Mais maintenant que je m'étais habillée et que je m'étais motivée à sortir je n'allais pas retourner m'enfermer chez moi par une si belle journée...

Je sorti alors de mon immeuble et me dirigeai vers l'origine du bruit. Il y avait des couleurs et des lumières à provoquer une crise chez les épileptiques. Les musiques des manèges -qui auraient pu ne pas être dérangeant- étaient recouvert par les cris joyeux des enfants. Qu'est ce qui m'a pris de vouloir sortir dans un endroit pareil. La curiosité peut être... Mais maintenant qu'elle était satisfaite je comptais bien m'en aller. Même si je n'avais aucune envie de retourner chez moi, en ville je trouverais bien d'autre choses qui soient plus susceptibles de me plaire.

C'est lorsque je me retournai que je croisai son regard.  

- Bordel.

Ce mot sorti tous seul de ma bouche comme un murmure. J'espérais qu'il ne m'avait pas vu mais nos regards s'étaient croisés et je savais qu'il m'avait lui aussi aperçu. D'ailleurs la joie se dessina sur son visage comme elle se dessina sur le mien. Je serrai les dents et me retournai brusquement, pressant le pas pour sortir de cette foule et m'éloigner de cet individu. J'espérais qu'il n'allait pas me faire le même scandale qu'il avait fait en ville il y a quelques temps, je n'avais pas besoin de cela, ni aujourd'hui, ni aucun autre jours...

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le Ven 16 Juin 2017 - 23:41
Katherine était là. Je ne savais pas pourquoi elle avait à nouveau croisé mon chemin, comme si le destin nous poussait sur la route de l'autre dès qu'il en avait l'occasion. Son regard croisa le mien, et je sus qu'elle savait que j'étais là. Ma première réaction, une fois que je repris mes esprits, fut de cacher mon fils derrière moi ; il lui ressemblait un peu trop, et même si elle ne se douterait probablement pas de la réalité, je n'avais nulle envie que leurs similitudes me sautassent à nouveau aux yeux. Il me suffit de fermer les paupières pour m'en souvenir : je pouvais superposer leur visage et voir les différences, là où le gamin tenait plus de moi, et là où il avait pris d'elle. Mais lorsque je voulais poser la main sur l'épaule de mon enfant, je ne rencontrai que le vide. Surprise : le petit avait quitté la foule et courait dans la direction de cette femme. L'avait-il vue ? Avait-il remarqué que nous nous étions regardés avant de détourner les yeux ? Je l'ignorais, mais je voyais qu'il n'était plus qu'à quelques pas d'elle. Il avait probablement profité des quelques cours instants où le temps s'était figé pour nous deux pour combler en partie la distance, et à présent que Kat avait repris sa marche d'un pas rapide, il se mit à courir. Je l'appelai par son prénom, avant de crier : « Reviens ici tout de suite ! » Mais l'enfant ne m'écouta pas, alors que j'étais persuadé qu'il m'avait entendu. Courant toujours, il s'approcha de la jeune femme et lui toucha la jambe, lui posant une question qui s'approchait de bonjour, vous êtes une amie de papa, mais dans sa langue enfantine. Une dizaine de pas plus tard, j'étais à côté du gamin, et je le soulevai sans ménagement, insensible au petit cri de surprise qui jaillit de sa bouche.

Je tins le gamin serré contre moi, mais ne pouvait l'empêcher de tourner le visage pour observer plus attentivement la femme que nous venions de rejoindre. La présence de mon fils était un poids : je ne pouvais pas la rejeter violemment comme je l'avais fait jusqu'à présent, parce qu'il pouvait m'écouter. Et puis, à présent que les deux étaient proches de moi, je pouvais me rendre compte de détails que je ne voulais pas remarquer : la teinte noire de leur chevelure était de la même nuance, et leur raideur intenable qui me donnait du fil à retordre pour que la coiffure de l'enfant ressemblât à quelque chose était vraisemblablement un héritage commun. Il avait mes yeux, mais le nez et la bouche ressemblaient plutôt à ceux de Kat. Je détestais ces ressemblances : par certains côtés, on avait l'impression de voir une version enfant de cette femme. « Je n'ai pas fait exprès, l'avertis-je d'office d'un ton un peu froid, mais malgré tout plus doux que celui que j'avais emprunté la fois précédente, aussi j'espère qu'il en est de même pour vous. » J'avais l'intention de m'en tenir là, mais l'enfant me donna un léger coup de poing sur la poitrine, pas suffisant pour me faire mal, juste pour que je puisse le remarquer. De mauvaise grâce, j'ajoutai : « Bonjour. » Et voilà qu'en plus, je donnai un mauvais exemple à mon fils que j'avais déjà bien du mal à éduquer. Heureusement qu'il parvenait quand même à prouver que j'avais réussi à lui inculquer des choses. Malgré tout, j'étais gêné, et mes joues avaient rosi. Ce n'était pas évident de se retrouver face à la mère de son gosse quand celle-ci ne sait même pas qu'elle l'est.
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le Mar 20 Juin 2017 - 9:57
A la croisée des chemins | Alban Addens & Katherine Millet


J'avais déjà fait demi tour et j'étais déjà en train de m'éloigner lorsqu'on m'attrapa la jambe. Je baissai les yeux et je vis un enfant qui semblait vouloir me dire bonjour. Avant même que je me demande d'où il pouvait bien sortir, l'homme que je tenais tant à éviter arriva et me le décrocha en l'attrapant dans ses bras. Je fronçai légèrement les sourcils. Un homme comme lui ? En garde d'un gamin ? En espérant que ce ne soit pas le sien d'ailleurs sinon pauvre gosse. Je n'appréciais pas particulièrement les enfants -je n'avais aucune envie d'en avoir ni même d'en élever. Vous imaginez un peu le calvaire d'une femme enceinte ? Pas d'alcool, toujours à surveiller ce qu'elle mange, victime de sautes d'humeurs et de douleurs incessantes. Non il n'y avait rien qui pouvait me donner envie. Pire encore après la naissance ! D'avoir un nourrisson qui te réveille la nuit, qui ne sait que crier et pleurer. Et bien évidemment cela ne s'arrange pas en grandissant, ils deviennent de petits humains trop gâtés... Non, je ne serais jamais mère. Du moins je n'en ai pas l'intention. Il est vrai que si je tombais enceinte il me serait impossible d'abandonner un petit gars comme mes parents l'ont fait mais je ne me sens pas capable d'être une mère douce et attentive. De toute manière, je fais attention donc pourquoi tomberais-je enceinte ?

Je chassai mes pensées en secouant la tête. Je pouvais reconnaître dans l'enfant que cet homme portait dans ses bras certaines ressemblances avec ce dernier maintenant qu'ils se trouvaient à côté. Il devait être son père. Pourtant il n'avait pas l'air bien plus âgé que moi... Je ne sais pas si je devais compatir, qui suis-je pour juger les gens ? -non je plaisante j'adore ça- mais peut-être l'avait-il voulu ce gosse. Mais je m'abstins de tout commentaire. S'il n'avait pas commencé à s'énerver je ne voulais pas lui donner une raison de le faire.

- Je n'ai pas fait exprès, aussi j'espère qu'il en est de même pour vous.

Je fus surprise lorsqu'il m'adressa la parole sans me crier dessus et le fut encore plus lorsqu'il ajouta un bonjour. Peut-être n'était-il pas un cas désespéré finalement ? Je souris cette fois : pas d'un sourire sincère ni même chaleureux, juste un sourire courtois.

- Bonjour

Je réfléchis à ce que je pouvais dire mais rien ne me vint. En fait je n'avais tout simplement pas envie d'engager la conversation. Je n'avais pas envie d'avoir à faire à cet énergumène, même si aujourd'hui il avait l'air plus calme que notre dernière rencontre il m'avait laissé une mauvaise impression et je ne l'appréciais pas. Aussi je m'empressai de couper court à la discussion avant de le laisser parler.

- Et bien.. Je vous souhaite une bonne journée à vous deux

Et je lui tournai le dos, prête à battre en retraite encore une fois. Je croisai les doigts pour qu'il ne m'appelle pas -on ne sait jamais ce qui peut se passer dans la tête des gens...


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le Jeu 29 Juin 2017 - 20:21
Ce qui me faisait mal était moins l'impact du petit poing contre mon torse que la perspective de devoir feindre la civilité vis-à-vis de Katherine. Je bouillais intérieurement ; j'avais envie de la frapper, mais mes bras enroulés autour du gamin m'en auraient de toute façon empêché, même si j'avais voulu céder à la pulsion. Ma haine devait être visible sur mon visage. Haine violente, non sans fondement, mais qui se déversait sur la jeune femme sans entraves, dans toute la brutalité de mes sentiments à mon égard. Contre moi, l'enfant était un peu crispé ; il percevait sans doute l'animosité qui m'animait, et cela me força à me détendre un peu. Dans le fond, ce qui me dérangeait plus, c'était que Kat pouvait voir l'enfant. Elle avait devant les yeux ma plus grande fierté et ma plus grande honte, et en sa présence, j'avais envie de prouver à quel point mon gamin était super, même s'il avait un père comme moi. Elle eut au moins la décence de ne rien dire et de me répondre poliment, avant de s'excuser. J'étais prêt à la laisser partir. Vraiment.

Mais le petit poussa un cri, qui voulait sans doute dire, attendez. Ce n'était pas très net mais le sens me parut presque évident, et je me demandai s'il l'était aussi pour Kat. Après tout, elle n'avait pas répondu à sa question ; peut-être ne l'avait-elle pas comprise. Ce que j'espérais, c'était que le petit ne se rendît pas compte qu'il nous ressemblait à tous les deux. Je savais à quel point il pouvait s'interroger sur sa mère, et même s'il n'osait rien de me demander, je lisais la question dans ses yeux. Il rêvait d'avoir une femme qu'il pourrait appeler « maman », comme la majorité de ses petits camarades. Il rêvait de la famille type, alors même qu'elle n'était, au fond, qu'une construction : il y avait des familles avec deux papas, ou deux mamans, et il y avait des familles avec une seule maman, et il y avait nous. Sans doute la pire combinaison possible. L'enfant leva la tête vers moi, et je tressaillis en découvrant la lueur accusatrice de son regard. Parfois, nous n'avions pas besoin de parler pour nous comprendre ; sans doute était-ce dû au fait que je n'étais pas très bavard, et que je l'avais habitué aux conversations silencieuses. Mon fils était un gamin sensible, plus qu'il n'aurait dû l'être à son âge. Il m'évoquait ces enfants battus qui apprenaient très tôt à décrypter le comportement des autres. Alors j'étais persuadé qu'il lisait en moi comme dans un livre ouvert.

Il devait savoir à quel point je pouvais l'aimer, ce vaurien.

Irrité par ce constant contre lequel je ne pouvais rien, j'étais forcé d'admettre mon impuissance. Cela n'arrangeait rien. Poussant un profond soupir, je finis par dire : « Ça va, j'ai compris. Hé, Kat ! » J'étais à peu près sûr qu'elle avait aussi peu que moi qu'elle n'avait pas eu envie de cette discussion ; mais moi, j'étais pieds et poings liés. J'eus beaucoup de mal à prononcer les mots suivants : « Je vous dois des excuses sincères. » J'ignorais pourquoi j'ajoutais ce dernier mot, sans doute pour qu'elle n'eût pas l'impression que je me forçais ; dans le fond, c'était bien le cas. Je me portais à sa hauteur, nullement dérangé par le poids du gamin que je soulevais comme s'il avait la légèreté d'une plume. Il enfouissait sa tête contre ma poitrine, et le haut de sa chevelure me caressait le creux de la gorge. Je doutais d'avoir l'air dangereux. « Vu que vous êtes mon amie. » J'ajoutais cela surtout pour le gamin, pour qu'il comprît bien ce que je faisais ; au fond, je n'en pensais pas un mot, et j'étais persuadé qu'elle s'en rendrait aisément compte.
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le Lun 3 Juil 2017 - 16:13
A la croisée des chemins | Alban Addens & Katherine Millet


C'est alors que je pensais que j'étais débarrassée de lui que je l'entendis m'appeler. J'allais me retourner prête à lui raler dessus de nouveau -je vois pas pourquoi il en aurait été autrement- mais ce qu'il dit me surpris et me laissai sans voix.

-  Je vous dois des excuses sincères. Vu que vous êtes mon amie.

Mais ce qu'il rajouta manqua de m'étouffer. Etait-ce à cause du gamin qu'il se comportait ainsi ou tout simplement qu'il avait quelques soucis de caractère. Parce que je ne croyais pas un mot de ce qu'il disait. Si ces mots étaient censés être sympathique son ton et son attitude ne l'était pas. Il y a des gens dans le monde que je ne supportais pas, même une présence peut parfois m'être désagréable. Et ce gamin en faisait parti.
D'ailleurs ce "gamin" devait certainement avoir un nom, il connaissait le mien je ne sais d'où mais je ne pouvais pas mettre un mot sur le sien, non que ça ai de l'importance pour moi...

J'esquissai ce qui pourrait ressembler à un sourire et lui répondis froidement.

- Oh? Maintenant je suis votre amie ? C'est bien dommage parce que vous n'êtes pas le mien. Même si votre comportement est plus civilisé que la dernière fois ce n'est pas ça qui va me pousser à faire connaissance.

Le gamin qu'il tenait dans ses bras me regardait avec des yeux ronds. Voilà pourquoi je n'aimais pas les enfants, j'avais envie de lui dire d'aller voir ailleurs si j'y étais mais si je faisais cela il m'aurait répondu en pleurant -dans la mesure où il aurait compris l'expression- aussi je l'ignorais purement et simplement. Je n'étais jamais à l'aise avec ses petits humains. Et d'ailleurs pourquoi m'a-t-il donc abordé ce gamin ? Il est vraiment aussi chiant que son père ! Heureusement que j'en ai pas des comme lui...

- S'il vous plait, ne vous adressez pas à moi comme si j'étais votre ami alors que je vous considère comme une personne détestable.

Rien dans le ton que j'empruntais pouvait sembler agressif, seules mes paroles pouvaient être considérées comme tel. Je n'avais aucune envie de faire ami ami avec cet énergumène et cela commençait déjà à m'agacer qu'il essaie de jouer à ce jeu après le cirque de la dernière fois...

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le Lun 24 Juil 2017 - 19:50
Voilà, j'étais un papa modèle : je présentais des excuses quand j'étais en tort (ou du moins, quand on estimait que j'étais en tort, ce qui faisait une sacrée différence) et je me montrais poli. Qu'est-ce que je n'aurais pas fait pour lui. Cette rencontre faisait partie de ces moments où se révélait une de mes plus grandes faiblesses : j'aimais sans doute profondément mon gamin, mais je ne voulais pas l'avouer. J'aurais pu louper un entretien auprès de la sécurité de l'Institut, juste pour lui. Et je ne voulais certainement pas que Kat se rendît compte de cela ; non qu'elle eût une véritable raison de m'en vouloir - je doutais qu'elle se servirait d'une de mes failles pour me faire du mal. Mais c'était personnel : je n'avais pas envie d'en montrer trop à la femme que je tenais responsable de mes malheurs (même si elle n'avait rien fait, au fond). Une femme qui, de plus, n'avait pas l'air de comprendre que la présence d'un enfant nécessitait certains aménagements. Comme, par exemple, d'éviter de lui montrer un mauvais exemple, en soulignant le fait que son papa était surtout en train d'essayer d'arrondir les angles tout en lui inculquant une leçon de savoir-vivre. Bah, cela ne m'étonnait pas trop : Kat, elle avait toujours été comme ça. Elle ne savait pas taire sa franchise, et je m'étais souvent pris la tête avec elle parce qu'elle n'arrivait pas à parler calmement au gamin. Il est vrai que Kat n'avait jamais aimé les enfants, tandis que j'y avais été toujours été indifférent. Cela faisait une différence, au bout du compte.

« S'il vous plaît. Vous ne me connaissez pas suffisamment pour savoir si je le suis vraiment. Ce n'était qu'un malentendu. » J'insista beaucoup sur le dernier mot, même si c'était faux - je l'avais prise pour une autre, mais je ne m'étais pas trompé pour autant. Et je savais pertinemment qu'elle ne pouvait pas comprendre que j'avais des raisons légitimes de lui en vouloir. La présence de mon fils me rendait plus lucide, m'obligeant à tenir en laisse mon caractère impulsif. Et à présenter des excuses que j'essayais de rendre sincère. Dans le fond, cette rencontre m'évoquait des scènes familiales qui n'avaient jamais réussi à s'effacer totalement de ma mémoire. J'y étais heureux. (Rien que d'y penser, mon cœur se serra.) « Si quelqu'un se montre désagréable, c'est vous. Rien ne vous empêche de reconnaître sagement que j'étais en tort. » Contre moi, le gamin continuait de regarder la jeune femme d'un air de totale incompréhension. Je ne pus m'empêcher de songer à quel point il lui ressemblait. Papa, c'est qui ? demanda la petite voix. Et je songeai que je n'avais pas envie de lui mentir, pas plus que je ne voulais admettre la vérité devant Kat. J'optai donc pour une position intermédiaire, et adoptai un ton railleur quand je lui répondis : C'est ta mère. Ce n'était pas un mensonge. Je voulais juste que Kat y croit. Le moment n'était pas bien venu pour mon gamin d'apprendre la vérité, et il se tint muet, incapable de dire quoique ce fût. Je sus que je l'avais choqué, et je m'en mordis les doigts.
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le Mer 26 Juil 2017 - 14:00
A la croisée des chemins | Alban Addens & Katherine Millet


- S'il vous plaît. Vous ne me connaissez pas suffisamment pour savoir si je le suis vraiment. Ce n'était qu'un malentendu.

Un malentendu. Je haussai les épaules, si c'était vraiment le cas il n'aurait pas fait tout ce cirque la dernière fois et se serait rendu compte de son erreur bien avant. De plus il connaissait mon nom et cela, il n'avait pas pu l'inventer. S'il voulait se faire passer pour le gentil devant son fils qu'est ce que cela pourrait bien me faire ? De toute manière, j’espérais, une fois de plus, ne plus avoir à le retrouver. J'agitai alors la main comme pour chasser les mouches en lui répondant d'un ton détaché.

- Très bien dans ce cas, nous ne nous connaissons pas et nous allons chacun poursuivre le cours de notre vie de notre côté.

Je me retint d'ajouter un trèèèèèès loin l'un de l'autre mais cela n'aurait fait qu'ajouter de l'huile sur le feu. C'est curieux, il est rare que je me retienne de dire quelque chose que j'ai sur la langue mais j'étais lasse de sa personne et si je pouvais me défiler en vitesse c'était mieux.

J'allais tourner les talons mais c'était sans compter la question du gamin. Peut importe ce qu'allait répondre son père, après tout pour l'enfant j'étais déjà "une amie de papa" mais la réponse de l'homme me surpris encore plus et me laissai abasourdie :

- C'est ta mère.

Le gamin n'avait rien à répondre et sur le même moi non plus. Je devais même tirer la même tête d’étonnement que l'enfant. Après quelques secondes de vide je me repris et affichai un sourire forcé.

- Tu sais, je n'aime pas les gamins mais j'aime encore moins les mecs qui mentent et encore encore moins ceux qui racontent des bobards aux enfants.

Sa mère ? Et puis quoi encore, si j'avais un enfant je le saurais, je suis une femme et jusqu'à preuve du contraire je l'aurais senti passé le bébé. Je ne pouvais pas coucher, mettre enceinte et disparaître comme pouvait le faire des hommes.. Je ne tenais pas de liste mais je savais très bien avec qui j'avais couché dans ma vie et certainement pas ce mec là. De plus ce gamin avait l'air d'avoir quoi ? Six ans peut être ? J'en avais vingt et un, calculez c'est impossible.

Si j'arrivais à me calmer en revanche les paroles de cet homme me mirent hors de moi. Je m'adressai cette fois ci au gamin qu'il portait pour dissiper le malentendu avant qu'il ne s'imagine quoi que se soit. A son age on est prêt à croire tout ce que raconte ses parents et inventer ce genre de chose n'est pas une bonne idée pour lui.

- Je suis désolée petit mais quoi qu'il dise je ne suis pas ta maman. Si j'avais un fils je l'aurais su et je suis sure qu'il aurait été aussi formidable que toi. Mais c'est pas le cas.

Je n'étais pas très doué avec les enfants alors je ne savais pas si mon message avait été clair ou pas et s'il avait compris ce que j'ai voulu lui dire. Mais j'avais tout de même essayé de nuancer mes paroles parce qu'au père je n'avais qu'une envie c'est de lui crier n'importe quoi.

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le Mer 2 Aoû 2017 - 21:56
Je n'avais jamais menti à mon garçon.
J'avais fait bien des choses que l'on pouvait me reprocher, des choses qu'un père ne devrait pas faire à son fils - non qu'elles fussent vraiment graves, en vérité, mais elles n'étaient pas appropriées. Je l'avais laissé seul la nuit, alors qu'il ne dormait même pas ; j'avais refusé de le laisser jouer à sa guise quand je n'étais pas d'humeur à le voir s'amuser à mes pieds ; j'avais refoulé nombre de ses désirs en les frappant de l'infâme qualificatif de « caprice ». Mais le mensonge, ça non, jamais. J'avais encore un peu de morale en moi, inculquée par des parents qui l'estimait trop, et qui m'avaient chassé lorsque je m'en étais éloigné (il était manifeste qu'elle était à leurs yeux plus importante que moi). Non, je ne mentirais pas. Si je le devais, j'étais prêt à adoucir la réalité, à simplifier un fait que l'enfant ne pouvait comprendre. Mais je m'en tenais à la vérité, pure et entière, et je voulais que le petit s'en rendît compte. C'était pour moi une question vitale : si je lui mentais, il ne me ferait plus confiance ; or j'en avais terriblement besoin, pour nous deux. Je ne pouvais pas le protéger s'il m'en voulait, ni m'occuper de lui s'il ne m'en laissait pas l'occasion. C'était là la nature de notre lien : le petit m'acceptait tel que j'étais, avec mes brusques explosions de colère et mes tempéraments peu commodes, parce que j'étais trop attaché à lui pour lui faire du mal. Oui, je l'aimais, et je détestais l'admettre ; mais m'aurait-il posé la question, là encore, je n'aurais pas menti.

Bien sûr, cette Katherine-là ne pouvait s'en rendre compte. L'ancienne, celle que j'avais connu, m'aurait cru sur paroles. Elle me connaissait assez pour savoir que j'étais trop honnête ; je ne cachais que peu de choses, tel mon abominable penchant pour la lecture, mais de toute façon cela se ressentait dans mon langage châtié. J'étais probablement le seul type de Pallatine capable de péter un câble avec autant d'élégance qu'un vers hugolien. Et comme j'étais agacé par Kat, je n'étais pas très loin de l'agresser à nouveau. Il me fallut beaucoup d'efforts sur moi-même pour m'en tenir à ma résolution, et pour ne lui offrir, en retour, qu'une répartie acide et moqueuse : « Qui a dit que je racontais des bobards ? Le problème, Kat, c'est que ni vous ni moi ne mentons. » Il y avait du mystère dans ma voix, du moins me plaisais-je à y croire ; de toute façon, elle n'allait rien remarquer. Pendant ce temps, mon fils était fasciné par cette femme qui, tout en le rejetant, le complimentait. Il était trop petit pour percevoir la nuance, et semblait surtout s'ébahir du fait qu'elle le trouvait formidable. Je n'eus pas le cœur de lui dire qu'elle mentait probablement plus que moi en cet instant : cela se sentait qu'elle n'aimait pas les gosses (et de toute façon, je le savais déjà), et il était fort probable qu'elle voyait mon bébé comme un sale morveux dont il fallait moucher le nez. Sauf que c'était mon sale morveux, et je lui avais déjà torché le cul suffisamment pour ne plus en être vraiment dérangé.

« Ne vous énervez pas, ajoutai-je en luttant contre l'envie de la tutoyer à nouveau, mais je crois que vous ne comprenez pas le fond du problème. N'allez pas raconter n'importe quoi à mon fils. » Elle ne comprenait sans doute pas, et je fus pris, l'espace d'un instant, par l'envie de lui dire que j'avais été amoureux d'elle. J'aurais pu lui parler de l'inconstance de ses sourires, de l'éclat aventureux de ses regards - comme je les avais aimés, au point de tout perdre pour elle. J'avais presque envie de lui dire à quel point elle comptait pour moi, et que chacun de ses mots ne faisaient que rouvrir une ancienne blessure que j'avais cru fermée jusque là.
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C'est la seconde fois qu'elle arrive dans ce monde. Bien évidemment elle n'a aucun souvenir ni même connaissance qu'elle a déjà vécu à Pallatine, qu'elle y a eu un enfant et qu'elle s'y est suicidée.

Arrivée depuis 2032 pour reprendre sa vie à partir de zéro, Katherine est une jeune femme de 21 ans sure d'elle et pleine de vie. Elle commence à travailler comme détective privé indépendant et c'est une experte pour aller fouiner dans les affaires des autres et y dénicher ce qu'ils ne veulent pas dévoiler...
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le Ven 4 Aoû 2017 - 16:40
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-  Qui a dit que je racontais des bobards ? Le problème, Kat, c'est que ni vous ni moi ne mentons.

Je haussai les épaules. En fait je n'en avais rien à cirer de ce qu'il pouvait raconter au gamin : cela ne me regardait pas. Je n'appréciais juste pas qu'il raconte n'importe quoi à mon propos. Qu'est ce que je pourrais bien faire si un jour un ado débarque en me disant qu'il est mon fils sous prétexte que le père lui a raconté n'importe quoi ? Je secouai la tête

- Ne vous énervez pas, mais je crois que vous ne comprenez pas le fond du problème. N'allez pas raconter n'importe quoi à mon fils.

Et c'est lui qui me demande de ne pas m'énerver ? C'est l'hôpital qui se fou de la charité ! J'étais vraiment à deux doigts de m'énerver mais si ce mec faisait l'effort de ne pas haussai le ton je n'allais pas mettre de l'huile sur le feu. Et être la première à crier sur l'autre aurait signifiait que je ne valais pas mieux que lui. Je respirai donc un grand coup avant de répondre calmement et froidement, en faisant abstraction du gamin qui avait toujours les yeux fixés sur moi -bon sang que c'était gênant.

- Ecoutez, jusqu'à preuve du contraire, un homme peut avoir un enfant sans le savoir mais je tiens à signaler que biologiquement, pour une femme c'est chose impossible. Hors je sais très bien que je ne suis jamais tombé enceinte. Ni de vous, je réprimais une grimace à cette pensée, ni de personne d'autre. Cependant si vous avez une autre explication allez y ! Je suis toute ouïe !

Il avait raison, je ne comprenais pas le fond du problème.  Peut être était-il vraiment tombé sur la tête, l'idée me trottait depuis notre première rencontre, mais pour qu'il élève un enfant il ne devait pas être si con que ça sinon on lui aurait retiré le gamin. Hors je ne comprenais pas pourquoi il s'entêter à mentir à mon propos...

A l'écoute de notre discussion, certains passant avaient ralentis le pas pour écouter ce que nous disions et certainement pour colporter ensuite toutes sortes de ragots. Habitant le quartier depuis peu, je n'avais pas envie qu'une vilaine rumeur vienne me coller dans les pattes alors d'une main je fis signe aux gens de dégager et soupirais.

- Allons ailleurs si vous voulez continuer...  
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le Mar 8 Aoû 2017 - 12:19
Je n'étais plus très loin du point de rupture. Le moment où je risquais d'imploser et de laisser échapper ma colère. Ou peut-être cette fois-ci serait-elle différente : ce serait au tour des larmes, qui rouleraient le long de mes joues. Et pourquoi pas ? N'avais-je pas le droit à un peu de compassion, moi aussi ? N'avais-je pas le droit d'être faible par le moment ? Je voulais que l'on me reconnaisse le droit d'être faillible. De pouvoir me tromper, et d'être pardonné malgré tout. J'avais oublié que Kat ne comprenait pas cela. Elle était tout simplement trop forte ; cette version-là n'avait probablement jamais commis de grande erreur qui la dévasterait. Elle décidait que tout le monde était responsable de leurs actes, rejetant toute circonstance atténuante. Je n'étais pas ainsi. Du moins, je ne pouvais plus l'être. Voilà déjà six ans que j'avais compris que je n'étais pas aussi dur que je le voulais. Et parfois je voulais juste baisser les bras ; je désirais simplement être dans la moyenne, car j'en donnais déjà tellement. Ce n'était pas étonnant si je tombais de fatigue ensuite.

Bref, j'excusais volontiers mes erreurs, et si je savais que mon comportement était mal passé, je faisais des efforts surtout pour le gamin. Sinon, je ne m'en serais sans doute pas donné la peine. Mais ça me désolait beaucoup de devoir me justifier constamment. Je commençais à en avoir marre. Comment ? n'avait-elle donc pas compris, elle qui était si intelligente ? On l'envoyait dans un autre monde, et elle continuait de croire à des racontars sur la « réalité biologique » ? J'étais lassé ; je n'avais même plus envie de profiter de cette fête, je voulais arracher Kat de mes regards, et me réfugier dans le répit de mon appartement. Je serrai fort mon gamin contre moi ; je le sentais répondre avec sa petite énergie d'enfant. Il devait probablement se rendre compte de ce qui se passait ; il avait cette tendance à deviner mes humeurs sans que je ne m'exprime, ce que j'aurais trouvé admirable si cela n'était pas déplacé chez un enfant si jeune. « Laissez tomber. Ça, c'est bien quelque chose que je n'ai pas envie de vous dire. » Mon ton était glacé, et je commençai déjà m'éloigner, sans dire au revoir - c'était un mauvais exemple, mais je n'avais plus envie de me perdre en politesse. C'était beaucoup, beaucoup trop énervant pour moi.
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le Dim 13 Aoû 2017 - 12:14
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- Laissez tomber. Ça, c'est bien quelque chose que je n'ai pas envie de vous dire. 

Je restais abasourdie. Après tout ce qu'il m'avait sorti, après les conneries qu'il avait débité, après toutes les sautes d'humeurs qu'il m'avait provoqué. Il allait simplement partir comme ça. Un coup il s'excuse, un autre il me sort une affirmation sans queue ni tête et l'instant d'après il me demande de laisser tomber et se casse comme ça sans rien dire. Il se foutait de ma gueule.

J'étais encore plus énervée par cette réaction -alors que je consentais  l'instant d'avant à un compromis. Il m'avait déjà tourné le dos et commençait à partir, cette fois alors que j'aurais du le laisser filer c'est moi qui réagis. Je serrai alors les poings et criais.

- T'ES UN PUTAIN DE CONNARD, CASSE TOI AVEC TON PAUVRE GOSSE J’ESPÈRE POUR LUI QUE TOI NON PLUS T'ES PAS SON PERE !

Tous les regards s'arrêtèrent sur moi et firent la navette avec l'homme avec qui je parlais précédemment. Je savais pertinemment que le gamin m'avait entendu et franchement, je n'en avais rien à faire. Certains passant baissaient les yeux, d'autres murmuraient entre eux. Qu'ils pensent que je ne suis qu'une femme rageuse je m'en moquais mais je voulais juste dire mes quatre vérités.

Je restai là campé sur mes positions, j'ignorais comment il allait réagir, je voulais qu'il sorte de ses gonds. Que son gosse se rende compte à quel point son père est un gros salaud..

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le Dim 20 Aoû 2017 - 12:18
J'étais prêt à tout laisser tomber. A oublier l'existence de cette femme, à ignorer ses insultes (que je refusais d'admettre un peu justifiées, jamais), à ne plus penser qu'à mon fiston qui, collé contre mon torse, regardait la forme de sa mère s'éloigner. Après tout, elle était juste une version alternative de sa mère, donc ce n'était pas très grave. Je pouvais gérer tout cela. J'étais persuadé que j'y arriverais. Jusqu'à cet instant.

Elle avait hurlé et je ne pouvais pas prétendre que je ne l'avais pas entendue. Et d'ailleurs, cela n'avait jamais été dans mon intention : je ne reculais pas devant les insultes. Quand elle souhaita que je ne fusse pas le père du gamin, je vis rouge. Comment osait-elle ? Elle qui avait détruit ma vie, elle voulait peut-être qu'en plus, je fusse cocu ?! Ah, elle ne comprenait pas ce qu'elle disait, et ce que cela représentait pour moi ; c'était sans doute la pire insulte qu'elle pût me faire. Je laissai doucement glisser au sol l'enfant ; il me regarda de ses grands yeux tristes, mais il avait l'air de comprendre. Son teint était pâle. Je pense qu'il ne saisissait pas toute la situation, mais qu'il savait lire en moi comme un livre ouvert ; il pouvait donc voir que j'étais hors de moi.
La colère était comme un feu qui bouillonnait dans mes veines ; ma vision était réduite et ma respiration saccadée m'arrachait des larmes aux yeux. Ou peut-être avais-je commencé à pleurer de rage, sans même m'en rendre compte.

Je comblai la distance entre elle et moi, l'empoignai par le col. Le visage déformé, je lui crachai à la figure : « Retire-moi ça tout de suite, salope. » Mes yeux lançaient des éclairs. Je ne me souciais plus du gamin, là ; c'était sans doute quelque chose que l'on pourrait me reprocher. Mais je ne pouvais pas laisser passer cela. Je ne pouvais pas.
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le Mar 22 Aoû 2017 - 18:47
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Sa réaction était encore plus vive que ce que j'avais imaginais. Je n'étais pas sadique mais je me délectais de la colère que j'avais provoqué en lui. Il m'avait cherché, voilà la seule chose qu'il pouvait attendre de moi maintenant. J'étais une salope j'en était consciente mais à cet instant je n'en avais rien à foutre, je voulais avoir le dernier mot et lui rendre au centuple les mauvaises humeurs qu'il avait provoqué chez moi.

- Retire-moi ça tout de suite, salope.

J'affichai un sourire faussement sincère alors que je n'étais pas forcement en position de supériorité vu de l'extérieur mais il paraitrait que je ne connais pas les limites à ne pas franchir. Plus d'une personne m'a déjà fait remarqué que je ne savais pas quand m'arrêter et plus d'une situation m'a fait regretté de ne pas avoir pu me stopper. Celle ci en fera peut-être parti, demain je pourrais peut être avoir quelques remord pour le gamin. En fait non, je ne pourrais en avoir que si Monsieur Connard continu son cirque et nous fait une démonstration de ses talents de violence. J'ai la langue bien pendu mais je n'aime pas être valdingué, ce n'est jamais agréable, pour personne.

- Oh oui dans ce cas, je m'excuse. Je marquai une pose comme au cinéma pour donner plus d'impact aux propos qui vont suivre. Vu que vous êtes mon ami.

J'avais toujours ce sourire détestable aux lèvres. Mais cette fois ci, mes yeux se posèrent sur le petit bout d'homme qui se tenait debout derrière son père sans savoir que dire ou que faire.
Dans ma tête, j'avais envie de lui dire joyeusement voici l'homme qui se dit son père mais je me retins tout juste en redonnant mon attention à monsieur Connard.

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le Sam 9 Sep 2017 - 12:48
Je réagissais au quart de tour, cela n'avait rien d'étonnant. N'importe qui me connaissant bien pourra vous dire que je tends à être impulsif ; que je m'énerve pour un rien ; que je suis très susceptible. Je sais très mal gérer ma colère. Tout cela est un fait : si on me provoque, je réplique violemment. Et Kat en faisait désormais l'expérience. Ce qu'elle voyait désormais, cette bête féroce qui s'agrippait à elle et la fusillait du regard, ce n'était pas vraiment l'instinct du père qui cherche à protéger son petit ; sans doute une telle préoccupation teintait-elle un peu mes réactions, mais dans le fond, j'étais bien plus proche du ressort qui, après avoir été compressé, vous explose à la figure. Et je ne mâchais pas mes maux ; je ne voulais pas non plus rentrer dans le jeu que j'avais fini par abandonner. Je ne pensais pas avoir tort. Et franchement, avouez que vous-mêmes, vous n'auriez pas apprécié qu'on vous dise la même chose.

J'étais en rage. Mon gamin m'observait de loin et ne devait sans doute pas s'en étonner ; s'en émouvoir, en revanche, c'était une autre paire de manches. C'était le cadet de mes soucis en cet instant : je sentais mon cœur se tordre dans ma poitrine, j'avais envie de vomir en pensant que la femme que j'avais aimée pouvait me rejeter à ce point - d'accord, d'accord, ce n'était pas elle, je veux bien l'admettre, mais ce n'était pas si évident que cela de me le rappeler. Elle me rappelait trop ma Kat, et jamais elle ne m'avait tant blessé que le jour où elle s'était ôtée la vie en sachant pertinemment qu'elle me laissait tout gérer tout seul. Elle avait, dans ses yeux dénués de vie, la même ironie dont Kat faisait preuve à présent, comme si elle conservait le contrôle malgré tout. Et je me demandais, moi, comment elle faisait pour avoir autant de pouvoir sur moi. Peut-être que c'était moi qui lui avais laissé les rênes, et ne les lui avais jamais reprises tout à fait. Cette fois encore, elle parvenait à dompter cette part de moi qui aurait pu la tuer tout de suite. Non pas avec les mots, quoique ceux-ci étaient déjà douloureux. Non, elle leva les yeux juste derrière mon épaule, et je sus dans quelle direction elle regardait.

Cela me fit l'effet d'un coup de poing en plein ventre.

Écœuré, je la lâchais, mais sans me calmer pour autant. Mon regard était noir et lui promettait mille tourments que je n'étais pas en mesure de lui imposer. « Laisse tomber. » Les deux mots tombèrent tels deux pierres plongeant d'un coup dans le cours glacé d'une rivière ; je les prononçais sans haine, mais la fureur courait malgré tout dans le fond de mes yeux. « C'était pitoyable de t'en prendre à mon gosse. » Elle avait bien de la chance que son geste avait fini par me rappeler la présence du petit, et à me ramener à moi-même. Mais je pris une décision en cet instant. J'allais la revoir. J'allais la trouver, laisser mon petit entre de bonnes mains, et j'allais lui en faire voir de toutes les couleurs. Je lui ferais regretter le suicide qu'elle n'avait pas commis, l'insulte qu'elle n'avait pas voulu laisser passer.

Je ne voyais vraiment pas comment je pouvais être en tort.
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