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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

la force du destin. (hiraeth)

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Personnage : il est de ces gens qui ne se distinguent pas des autres. ni fragile ni fort, il est une force tranquille qui cherche à s'intégrer. patient, il observe le déroulé des saisons, attend son œuvre. sora n'est pas pressé. il n'a plus envie de vivre son existence pour lui-même - il cherche quelqu'un, un ami pour qui il offrirait sa vie. alors souvent il erre à pallatine. il sait se défendre. il ne se soucie pas vraiment des dangers. on dirait parfois qu'il n'est pas vraiment là, qu'il ne s'est jamais vraiment rendu compte qu'il avait quitté la terre.
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posté le Jeu 8 Juin 2017 - 14:27 (1)
Il s'était représenté le bonheur simple qu'il y aurait à observer le coucher du soleil se refléter dans la mer. Peut-être était-ce parce qu'il lui serait impossible de vivre une telle expérience que Sora avait tenté de la peindre dans son esprit : il avait déjà imaginé les teintes chatoyantes de l'astre faiblissant, répandant ses voiles roses le long de l'horizon, et l'eau coulant en dessous, en guise de miroir. Il avait ensuite tenté d'y ajouter le vent secouant ses cheveux, s'engouffrant dans ses vêtements, alimentant les vagues venant se briser à ses pieds ; l'air frais d'une journée ensoleillée d'hiver devenait clairement froid, et il se surprit à ressentir des frissons qui n'auraient dû être qu'imaginaires. En revanche, le son lui échappait. Il tentait d'appréhender au moins le balancement des vagues, mais de leur onde il ne voyait que le mouvement ; il ne savait pas s'il y aurait ou non des oiseaux, si le vent sifflerait à ses oreilles, ou si le silence lui crèverait les tympans. Il rouvrit les yeux. Il était à dix minutes de marche du rivage ; comme il se trouvait au sommet d'une butte, il pouvait l'apercevoir. Le soleil n'était plus très haut dans le ciel ; c'était l'hiver, aussi la nuit allait-elle tomber rapidement. Sora savait qu'il aurait dû rentrer rapidement. Un « ami » l'hébergeait pour la nuit ; cela le rassurait un peu, car il n'aurait jamais le temps de retourner à Pallatine avant que l'obscurité ne vînt s'emparer de son champ de vision. Le problème était cependant très simple : il n'avait jamais été qu'une seule fois chez lui, de sorte qu'il n'avait aucune idée de l'itinéraire qu'il devait emprunter.

Sora ne paniqua pas. Il n'avait certes pas de réseau ici, ayant vérifié ce détail moins d'une minute avant ; cela lui faisait bizarre, dans la mesure où même dans son ancienne campagne, il n'avait jamais eu ce problème. Il regagna le chemin qu'il avait emprunté : très clairement, il ne s'agissait là que d'un sentier secondaire, sans doute emprunté par les vieux ostréiculteurs qui venaient vendre leur production dans les hameaux voisins. Ces petits îlots d'habitation n'étaient probablement pas ceux qu'il recherchait, et Sora se surprit à se demander pourquoi la maison de campagne de son camarade de classe ne se trouvait pas près du trait de côte, ou au moins à Ocane. Mais peut-être y trouverait-il quelque chose. Il avançait pendant environ cinq minutes, remarquant que le soleil s'approchait dangereusement de l'horizon. Il glissa les mains dans les poches pour les protéger du froid qui régnait tout à coup. Puis il se mit à longer un ensemble de dunes basses, et guetta du regard les herbes qui poussaient sur leur versant, admirant leur ténacité. Quelques lignes de manuel de géographie passèrent devant ses yeux, et il ne prit pas conscience qu'il y avait quelqu'un sur son chemin. Il percuta l'homme qui s'était arrêté pour une raison qui lui était inconnue ; les mots lui échappèrent d'instinct : Oh, pardon. Puis il détailla celui qu'il avait cogné : ces longues mèches d'un incarnat profond, vif, souligné par deux rubis soutenus. Sora sentit son cœur louper un battement quand il se rendit compte que le visage lui était familier. Hé mais, on s'est déjà croisés, dit-il dans un souffle, n'osant croire à sa chance. Il s'était toujours dit qu'un jour, il irait le voir, lui parler. Il ne savait pas trop ce qui le retenait, peut-être était-ce la forme de ses dents qui l'impressionnait, ou bien sa façon de mouvoir, d'observer les autres, comme s'il n'était pas tout à fait humain. Mais la force de la coïncidence l'incitait à prendre les devants. Cette fois, c'était fait ; il comptait bien entamer la conversation.
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a été créé à partir de cellules souches ♡ dents de requin & cheveux rouges ♡ curieux de tout et surtout de l'inutile ♡ complètement innocent, apprend la vie ♡ hyperactif & malhabile (ok c'est un boulet) ♡ fana de biologie ♡ adore apprendre & a encore beaucoup à découvrir ♡ n'a aucune notion des normes sociales ♡ adorable & naturellement gentil ♡ s'inquiète de tout mais ça ne l'empêche pas d'agir sans réfléchir ♡ se trompe parfois dans les mots qu'il utilise ♡ a du mal à s'exprimer, à se faire comprendre ♡ angoisse d'effrayer les gens avec son sourire de canines ♡ petit ouragan qui risque de bousculer bien des choses
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posté le Ven 9 Juin 2017 - 17:29 (2)
nager
il y a la mer -et dans la mer, il y a la vie.
c'est ce qu'on apprend en premier. la vie est venue de l'eau.
est-ce que ce qui grouille dans l'océan, c'est plus vivant que nous, alors ?
je sais qu'on est comme des gouttes d'eau importées sur terre, qu'on en a dans toutes nos cellules ou presque, qu'elle nous construit ; pourtant, elle a l'air si peu solide, si fuyante, déserteuse. (il n'y a pas d'eau, dans le désert)
on m'a dit que j'avais des dents de requin. de squale. de sélachimorphe. de poisson cartilagineu. une dentition polyphyodonte, rangée sur des tissus fibreux par centaines. j'ai lu des choses -moi, je perds une dent toutes les deux semaines. comme le requin tigre. un superprédateur, on m'a dit.
à vrai dire, je ne sais pas quoi en penser.
parce que la mer, c'est la vie, et que c'est la mort aussi. on pourrait dire la même chose pour nous. je crois qu'on ne peut pas juger.
alors j'observe, parce que c'est ce que tout scientifique fait. elle va et elle vient, elle grignote des centimètres, la mer, pour ne pas s'éloigner de la lune, et puis elle redescend quand sa compagne veut à nouveau d'elle. j'ai les pieds dans le sable, mais pas dans la mer. (la mer, c'est la peur)
il y a des poissons, près du rivage. quand je grimpe sur les rochers, il y a aussi des crabes, quelques crustacés. on s'émerveille souvent de ce qu'on trouve sur terre, mais il y a bien plus à voir dans l'eau. on m'a dit que toutes sortes de poissons apparaissaient ici -je me demande s'il y a des abysses.
je crois que j'aimerai bien les voir.
(si je savais ne pas paniquer)(un requin qui se noie)(la mer c'est la peur)
je sais que je sais nager. je sais que je nage des kilomètres, et que les vagues ne me font rien. je sais que j'ai pris conscience dans l'eau. je sais que je ne voulais pas la quitter. je sais que je veux encore y retourner.
(hiraeth)
et pourtant -la mer, c'est la peur.
alors je regarde. de près, mais tout de même de loin. quand les vagues remontent, je recule. quand elles s'abaissent, je marche dans leurs restes. quand elles les réclament, je bouscule des inconnus.
j'aurais pu regarder son visage en premier, si l'écume ne menaçait pas mes pieds -mais je m'enfuis, je remonte de quelques pas, je ne l'écoute pas.
je crois qu'il s'excuse.
je crois que je devrais m'excuser.
je me contenterai de le (me) pardonner.
et je relève la tête. il a la peau pâle. des yeux en amande, couleur de noix. des cheveux d'hérisson. c'est une description qui respire la nature, l'automne.
nous sommes en hiver -et nous avons les pieds nus, dans le sable d'une plage sans soleil.
quelle idée, vraiment.
bonjour je suis poli bonsoir je m'applique bonjour je bug.
je ne me rappelle pas de lui. je ne me rappelle pas souvent de grand chose, tant que ce n'est pas sous mes yeux -je le sais. maintenant, on s'est rencontrés. et je sourie. j'ai l'émail qui s'entrechoque parfaitement, des petits cailloux blancs en forme de poignards crantés ; j'ai cassé les dents qui ressortaient -celles qui saignent mes joues, celles saignent la peur. ___ (mais la mer n'a jamais peur)
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posté le Ven 16 Juin 2017 - 23:42 (3)
Cet homme aux cheveux rouges faisait sans doute naître le silence dans le cœur de ceux qui le croisaient pour la première fois, songea Sora, mais il ne parvenait plus à se souvenir de cette première fois les concernant ; il avait malgré tout la langue liée, puisqu'il n'avait jamais réussi à proférer le moindre son en sa présence. Pire encore, il n'avait pas réussi à s'approcher, sans que l'on pût dire qu'il était trop impressionné pour le faire : il ne comprenait pas pourquoi il avait trop tardé, et il aurait éclaté de rire devant tant de bêtise lorsqu'il put enfin plonger son regard dans le lac rubis du jeune homme : c'était là un regard innocent, après tout. Sora regretta d'avoir été si sot : comme tout le monde, il avait cru que la différence faisait peur et qu'il valait mieux s'en tenir éloigné. Il se promit de ne plus jamais penser comme cela, bien qu'il sût que ce n'était qu'une belle intention : pouvait-il tenir ce serment sans faillir ? Il devait encore le prouver. Bonjour, bonsoir, répondit-il au salut de son interlocuteur, choisissant de ne pas le mettre dans l'embarras en choisissant une des deux solutions ; après tout, au vu de l'heure, les deux solutions se valaient. L'air salé était un peu plus sombre que dans l'après-midi, mais le temps changeait vite. Du moins ne pleuvrait-il pas ce soir.

Amusé par le formalisme de l'autre homme, Sora se mit tout de suite à l'apprécier. Il n'y avait pas de raison à cela, juste la certitude que l'homme en face de lui était unique ; et cela le motivait à briser les conventions à son tour. Pour quelqu'un comme le Japonais, c'était en fait plus facile à faire qu'il n'y paraissait : il avait l'habitude de détruire ses propres habitudes. Il avait appris que cela ne faisait pas vraiment mal, pas même un hématome au cœur : il suffisait d'accepter que l'on devait changer. Aussi poursuivit-il : Non, pas encore. Il contredisait cette affirmation avec un brin de malice ; ses yeux brillaient, et ses lèvres étaient largement tirées. Il tendit la main avec douceur, lentement, décomposant son geste non pour éviter de faire peur à l'autre, mais parce qu'il voulait rendre l'instant plus solennel. Je m'appelle Isezaki Sora. Sora est mon prénom. Lycéen. Et toi ? A présent, songea-t-il avec chaleur, on pouvait dire qu'ils se rencontraient vraiment. La beauté de l'instant le submergea ; il sentit une boule se former dans la gorge, ses entrailles se nouer, et il crut qu'il allait pleurer.
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posté le Lun 19 Juin 2017 - 19:12 (4)
se noyer
et j'avance quand l'eau tire sa révérence, et je recule quand elle repars à l'attaque -quel étrange ballet que celui-ci, des hommes qui fuient la mer et de la mer qui mange les hommes ; on dit que les kraken sont ceux à craindre et peut-être est-ce vrai : n'y a-t-il plus apeurant que les rêves et les légendes ? que ce dont on ne connaît rien ?
je ne sais pas -je crois que je n'ai pas trop cette peur en moi. je parle sans trop me poser de question, et on me répond souvent pareil ; est-ce qu'on peut dire que les pensées peuvent être simplifiées ?
est-ce qu'on peut dire que les pensées sont compliquées ?
oh, qu'importe -bonjour, bonsoir, c'est du pareil au même, parce que dans un autre espace-temps, il n'y a peut-être même pas d'heure.
et l'autre avait sûrement raison -il n'y avait pas à vraiment réfléchir à ces notions de rencontre ; ce n'est pas maintenant, ce n'est pas juste avant qu'on se connaisse, c'est un flou entre, et quand on s'en rend compte, on peut seulement dire que c'était avant. et qu'avant, ce n'est plus vraiment ce qui importe. enchanté, sora. et vraiment -il y a cette pétillante simplicité qui entoure l'endroit, et je recule face à la mer, et je ré-avance vers lui.
je crois qu'initialement je m'appelle 2.5, mais du coup je m'appelle hiraeth, et les autres font pareil. un jour, je me rappelle que je me suis demandé pourquoi je raconte toujours tout de manière si spontanée, pourquoi je n'avais pas de filtre et c'est à ce moment-là que je me suis souvenu : je n'ai pas de temps non plus. du coup, j'étais une expérience, et maintenant je suis un scientifique ! enfin, je veux dire, c'est une sacrée progression mais ça c'est fait plutôt bien. je le dis comme si ce n'était pas grand chose, comme si ça arrivait tous les jours et ah
je crois qu'il n'y a plus grand chose à dire, de toutes manières.
ce n'est rien d'autre que la vérité, et il n'y a jamais besoin de rajouter quoi que ce soit à la vérité.
je recule, j'avance.
j'ai peur de la mer.
j'explique
enfin, pas vraiment -mais pareil que pour la vérité, il n'y a pas grand chose à ajouter
mais pas de l'eau et j'ai les yeux qui glissent vers ces vagues de monoxyde de dihydogène et de sodium. c'est étrange je crois. je relève les yeux, et ça dit je ne sais pas.
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posté le Mar 27 Juin 2017 - 11:03 (5)
La solennité de l'instant aurait dû être pesante ; elle fut légère et agréable. Sora comprit en cet instant l'utilité des cérémonials ; il ne s'agissait pas tant d'une tentative d'uniformiser les us, ou bien de traduire une grandeur dans l'échange effectué, que de créer le cadre propice à un sous-dialogue. Derrière chaque geste, comme la main que l'on tendait, il y avait un sens si épais qu'il n'était pas aisé de le saisir. Sora en fut certain en l'espace d'une seconde. C'était un de ces flashs dont la brutalité forçait à accepter ; il ne pouvait plus douter de cette vérité neuve qui avait fait jour. Ému de cette épiphanie, il ne sut pas s'étonner des étranges noms de Hiraeth ; il eut même la conviction que celui-ci ne mentait pas, alors même que ses mots étaient teintés d'un absurde qui aurait dû l'amener au doute. Mais non. Ce fut peut-être le cadre solennel qui l'amena à se fier aveuglément à cette parole. Cela, et l'écho des vagues qui toujours éclatait au fond de ses oreilles.

Hiraeth, l'expérience devenue scientifique - un mystère, donc, comme Sora l'avait perçu. Il fut satisfait de ce qu'il était capable de percevoir par un simple coup d'œil ; il disait souvent que la détresse était pour lui l'émotion la plus simple à détecter, car elle teignait l'âme d'une couleur si sombre qu'on ne pouvait la confondre avec une autre. Mais cette fois, ce n'était pas de la détresse : c'était tout l'inverse, et Sora reconnut la dignité d'Hiraeth à la lumière de son regard. Il avait, en face de lui, un homme hors du commun - son contraire parfait, songea-t-il en sachant à quel point lui-même pouvait être banal. La rencontre avait sans doute plus de sens pour lui que pour le nouveau scientifique (il devait avoir trop d'opposés pour s'intéresser à l'un d'entre eux en particulier). Sora serait égoïste ; il savait que cette fois, le voile grisâtre de la détresse commençait à descendre sur son propre être. Ne disait-il pas qu'il pouvait le voir ? Hiraeth ne le sauverait pas, cela lui était impossible ; du moins pouvait-il lui accorder un sursis bienvenu.

Il pourrait répliquer que ce qui est étrange, c'est Hiraeth lui-même ; mais l'affirmation mourut avant même de s'être formée dans sa gorge, car il ne la pensait pas. L'étrangeté est une norme relative, et dans son monde à lui, Hiraeth était un roi plein de gravité. On ne pouvait se moquer de lui, ni prétendre qu'il représentait une anomalie. Alors Sora prit au sérieux ses paroles. Cela l'apaisait, de toute façon. Parce que la mer est différente. La mer est eau, mais l'eau n'est pas mer. Ce qui vit dans la mer ne peut pas s'aventurer sur les terres. Et nous, les enfants de la terre, nous pouvons nous perdre dans la mer. Sora n'avait rien d'un poète, il ne savait pas manier les mots avec aisance ; aussi prononça-t-il chacun d'eux avec beaucoup d'application, et il se dit qu'il les empruntait probablement à quelqu'un. A plusieurs langues, à plusieurs voix ; seul le mélange était vraiment sien. Il n'avait aucun mérite ; mais il ne se voyait pas expliquer que la mer était salée, et que l'eau des plaines était chargée d'alluvions ; tout cela n'avait pas vraiment de sens. C'était pourtant tout ce qu'il savait. Lentement, il était arraché à sa propre voie, et il ne faisait rien pour lutter. Il aimait l'idée que les mots pussent avoir plus de sens qu'il ne l'avait cru autrefois. Cela voudrait dire qu'il aurait alors une prise sur le monde : il saurait se faire observateur, cette fois, non plus de la détresse seule, mais de tout le reste. Il voulait lire les sourires dans les yeux des gens. Tu veux qu'on s'éloigne ? Là-bas, la mer est moins forte. Ça ne voulait rien dire, se morigéna-t-il ; à l'ombre des arbres qu'il désignait du doigt, la mer était simplement plus lointaine. On la voyait moins, on l'entendait moins. Pourtant il sut qu'il n'aurait pas pu dire autre chose ; entraîné par Hiraeth sur une pente glissante, il ne pouvait plus s'accrocher qu'aux prises que l'homme lui laissait. Et si Hiraeth avait peur de la mer, alors cela voulait dire qu'elle était forte, et que l'on pouvait mesurer sa puissance. De sorte que ses mots, au final, devenaient plus concrets qu'ils ne devraient l'être.
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posté le Mar 27 Juin 2017 - 19:47 (6)
subsister
et je me demande, moi, si les autres ne savent pas autant que je ne sais pas - je me dis, peut-être qu'ils pensent savoir ce qui vaut mieux, qui est dieu, comment ne pas tomber amoureux. je me dis, peut-être, qu'ils pensent savoir, qu'ils acceptent ce que le destin leur amène et -tu vois, sora, je ne sais pas.
parce qu'il y a des choses simples (ça sonne comme de l'absinthe, une mort violente comme hyacinthe, une feinte)
parce qu'il y a des choses ardues (on y est presque perdus, mais jamais trop tendus, guidés par des vertus)
je crois -qu'on se complique la simplicité, et qu'on se simplifie la difficulté
alors au fond, n'y a-t-il plus qu'un vague nuage, quelque chose rentré dans l'usage ; dis-moi, sora, est-ce que tu crois qu'on perd la notion des choses ? (des ecchymoses, des métamorphoses, de tout ce qui nous oppose ?)
et tu vois, tout ça, c'est étrange, je crois.
mais c'est dur d'être sûr, alors je ne sais pas.
et j'écoute ; je crois que je n'ai pas autant écouté de ma vie : il y a le bruissement des vagues, le frottement du sable, la torpeur de mon esprit et le calme de tes dires.
tu parais presque sage.
pourtant, il y a bien longtemps, nous sommes sortis de la mer et le marin est devenu terrien, veut devenir divin ; on appelle ça l'évolution
est-ce que tu sens qu'on en fait partie ? (nous et ma myopathie, nous et ton empathie, nous et nos sentimentales autarcies) c'est triste, de se perdre dans son propre berceau et je sais de quoi je parle, crois-moi ; c'était si grand et si noir, un manoir au fond de ma mémoire, une grande pièce sans couloir
je sais juste
enfin
je crois, plutôt, que c'était de l'eau
est-ce que tu crois que ça serait bien de reculer, après être venu si près ? je demande -je ne sais pas
mais toi, peut-être, tu saura
parce que quelqu'un doit bien savoir
j'ai envie de te demander -plein de choses, tu sais celles qu'on oublie, qu'on efface à force de trop y penser, à force de trop vouloir les percer ; j'ai peur que ça m'arrive
ici ou là-bas, elle est toujours plus forte que moi je la regarde ; yeux dans le(s) vague(s)
parfois je me demande si la mer chante
on dit que les coquillages racontent des choses, quand on les collent à nos oreilles
peut-être ne disent-ils que ce que la mer leur a confié
et que personne d'autre ne peut décrypter
(alors elle va, elle vient, elle erre elle déambule elle vagabonde, en attendant de trouver ce qui lui manquait)(elle va elle vient et elle happe quelques humains)(à la recherche d'un traducteur d'un transducteur d'un interprète)
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posté le Jeu 29 Juin 2017 - 20:23 (7)
Sora était le genre de garçon qui pouvait beaucoup donner sans rien attendre en retour. Ce n'était pas par pur altruisme de sa part ; autrefois, il était sans doute plus égoïste que bon nombre des habitants de Pallatine. Mais les choses avaient changé, et désormais Sora savait comment vivre en tuant cette part de lui. C'était bien un meurtre qui se produisait à chaque fois, et face à Hiraeth, il sut qu'il pouvait encore se tuer un petit peu. Il pourrait passer la nuit avec lui dehors, oublier de rentrer. S'il pleuvait, s'il faisait froid, ce ne serait pas un problème : il oublierait volontiers les symptômes. Il était comme ça, Sora : il ne savait pas faire preuve d'affection autrement. C'était nocif pour lui. Car face à Hiraeth, il ne savait que s'effacer, ou s'accorder à son rythme. Il savait qu'il ne parlerait pas beaucoup de lui, alors même que dans sa banalité, il y avait des exceptions en lui. Il écoutait, Sora, peut-être était-ce même la seule chose qu'il sût vraiment faire.

Toutefois, Hiraeth n'était-il pas passionnant ? Il savait parfaitement comment lui répondre, alors que Sora se forçait à trouver les mots. Il savait que la mer était le berceau de l'humanité, mais de façon intuitive ; le Japonais l'avait appris dans les livres, sagement, sans remettre en question la connaissance qu'ils lui apportaient ; Hiraeth devait l'avoir deviné tout seul. Sinon, il ne l'affirmerait pas avec tant de mélancolie. Il réciterait la vérité comme Sora le faisait. Le jeune homme ne savait pas comment faire vivre ses paroles ; il lui semblait que sa langue était terne et plate, que les intonations dont il était si fier n'étaient en fait que des vaguelettes qui ne pouvaient se comparer aux sommets des autres voix. Hiraeth parlait doucement, et pourtant il y avait de la vie dans ses mots. Dans ce cas, rapprochons-nous, puisqu'il faut lutter, proposa Sora dans une totale absence de logique. Il se sentait stupide d'émettre une telle suggestion ; d'un autre côté, il avait envie de savoir comment Hiraeth y réagirait. Il commençait à comprendre qu'il n'était pas si simple de saisir la mentalité du nouveau scientifique : il était humain, mais il transcendait cette nature. Cela ne le rendait pas monstrueux. Simplement différent. Et la différence était sans doute ce qui plaisait le plus à Sora : il avait l'impression de s'enrichir, à mesure qu'il respirait l'air imprégné d'Hiraeth.

Et pour faire bonne mesure, il se décala de quelques pas. Il était juste à la bonne distance pour aller dans un sens ou dans l'autre ; il tournait le dos à la mer, mais les dunes ne parvenaient pas tout à fait à arrêter le fracas des vagues qui, lui semblait-il, s'était accentué depuis qu'il avait quitté le rivage. Le vent se levait ; cette nuit serait peut-être l'abri d'une tempête. En face de lui, il y avait les arbres et les chemins, le reste du monde des hommes ; et Hiraeth, sur le côté, se tenait à la frontière entre ces deux sphères. Sora sourit. Qu'est-ce que tu fais là, au fait ? Si tu as peur de la mer. Il a bien fallu que tu t'approches. Ce qui impressionnait surtout Sora, c'était que Hiraeth avait réussi à combler la distance entre lui et la mer, alors qu'il était protégé derrière les remparts de l'institut. Pourquoi l'avait-il fait ? Que cherchait-il au juste ? Sora n'était pas sûr de vouloir des réponses à ces mystères ; mais il savait que Hiraeth lui en donnerait d'autres. Alors il pouvait bien s'intéresser à la question, s'il n'en obtiendrait jamais la réponse.
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a été créé à partir de cellules souches ♡ dents de requin & cheveux rouges ♡ curieux de tout et surtout de l'inutile ♡ complètement innocent, apprend la vie ♡ hyperactif & malhabile (ok c'est un boulet) ♡ fana de biologie ♡ adore apprendre & a encore beaucoup à découvrir ♡ n'a aucune notion des normes sociales ♡ adorable & naturellement gentil ♡ s'inquiète de tout mais ça ne l'empêche pas d'agir sans réfléchir ♡ se trompe parfois dans les mots qu'il utilise ♡ a du mal à s'exprimer, à se faire comprendre ♡ angoisse d'effrayer les gens avec son sourire de canines ♡ petit ouragan qui risque de bousculer bien des choses
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posté le Jeu 29 Juin 2017 - 23:00 (8)
exister
elle est toujours plus forte que moi
parce que je n'ai pas encore dépassé ce qui m'a créé, parce que ça me grignote comme les eaux déchirent le rivage (à force de vagues), comme les eaux polissent les rochers (à force de patience) ; j'aurais aimé être mouette ou goéland, lui rire au visage depuis le ciel, nager à sa surface, repartir en un instant, profiter de la terre quand la mer m'inquiétait trop
de sa procréation je n'ai hérité que des dents et au lieu de me rapprocher de l'océan, ça me pousse vers le néant, m'éloigne du cohérent, m'invite au différent
je ne sais pas si j'aurais aimé être quelqu'un d'autre
je ne me suis jamais posé la question et oh, je ne veux jamais me la poser
(peut-être parce que je connais déjà la réponse, ou peut-être à cause de l'hésitation)
tu vois, tu penses que je sais, comme ceux qui savent sans connaître, comme ceux qui comprennent d'un coup, ceux qui parcourent des kilomètres ; la vérité, c'est que je lis, comme tu lis, et que je pense, comme tu penses
mais j'ai mes pensées qui flottent, pas dans la mer mais dans l'atmosphère ; elles ont pour ceinture un ballon d'une vive teinture alors on les voit on les admire, et parfois on veut les percer : c'est normal, ils sont trop visibles
tu vois, tu penses que je sais ; la vérité, c'est que je dis ce que j'ai lu comme je crois l'avoir lu, et c'est comme ça que l'on transforme les choses (c'est mal) et c'est comme ça que l'on sublime les choses (c'est bien)
et sûrement que tout est gris : je n'ai pas encore jugé
mais je sais que ta teinte n'est pas la mienne, ni celle de quelqu'un d'autre (parce que forcément, tu comprends différemment)
et tu parles
et tu parles
et rien ne m'épargne
j'ai
le cœur qui se serre à chacun de tes pas
promis
j'aimerais danser avec toi
mais
tout ce que j'entrevois
ce n'est
(émoi)(et moi)
on peut vivre par la peur. je crois que c'est pour ça que je suis là. c'est faux je suis né dans l'eau. j'ai mes souvenirs qui remontent dans mes yeux toi aussi, sûrement qui se cristallisent mais moi, ce n'était pas ma mère. juste une mer. et elle vient -elle est plus forte et je me demande, parfois, si elle n'a pas tenté de me noyer. elle est plus forte et je me demande, parfois elle est plus forte si ça n'aurait pas été mieux qu'elle réussisse. elle est plus forte, et elle roule sur ma joue, et le sel rejoint la mer
le cycle de l'eau
le niveau est trop haut j'ai la tête en morceaux le cœur au repos l’asphyxie par défaut des couteaux dans le noyau
assauts assauts assauts
peu importe le nombre de blancs drapeaux ils sont tous emportés par les flots
tu te sens trop vide mais crois-moi être trop plein ce n'est pas un cadeau
et je sais que non, mais parfois, je me demande, et se demander, c'est déjà à moitié tout avouer ça se sanglote entre le roulement de l'eau sur mes joues et le calme de ma peine plate -pas triste, pas vraiment, ou du moins pas pour moi alors je suis là, parce que j'ai peur, mais surtout parce que je suis encore là pour avoir peur
et tu vois, sora
tu passes son temps à te décrire à travers les autres
comme ton propre cosmonaute
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Personnage : il est de ces gens qui ne se distinguent pas des autres. ni fragile ni fort, il est une force tranquille qui cherche à s'intégrer. patient, il observe le déroulé des saisons, attend son œuvre. sora n'est pas pressé. il n'a plus envie de vivre son existence pour lui-même - il cherche quelqu'un, un ami pour qui il offrirait sa vie. alors souvent il erre à pallatine. il sait se défendre. il ne se soucie pas vraiment des dangers. on dirait parfois qu'il n'est pas vraiment là, qu'il ne s'est jamais vraiment rendu compte qu'il avait quitté la terre.
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posté le Ven 30 Juin 2017 - 19:36 (9)
Hiraeth laissait une forte impression sur Sora. A cheval entre les deux montres, entre la mer périlleuse et la terre salutaire, il avait l'air plus sauvage encore (comme s'il n'appartenait à aucune de deux sphères). Il était entre l'homme et l'animal, non pas sauvage mais différent ; une existence que l'on ne pouvait saisir par sa seule échelle de valeurs. Il parlait comme un homme brisé, mais il n'y avait pas la lueur vide et pâle dans ses yeux ; il parlait comme un enfant épanoui, mais il n'en avait pas la flamme. Sora ne comprenait sans doute pas Hiraeth, dans le fond. Même s'il l'avait voulu, il n'aurait trouvé aucune prise à laquelle s'accrocher, parce qu'il était trop simple. Il n'avait jamais songé à ses origines, il n'avait jamais pensé qu'il était né dans la mer ; l'était-il, d'ailleurs, ou avait-il vu le jour sur le plancher des vaches, les yeux trop faibles pour observer les étoiles ? La mer n'est pas ma mère non plus, dit-il, persuadé d'être insuffisant, mais ne s'en souciant pas. Peu importait, s'il l'était. Il se sentait curieusement bien, comme si cette conversation le dépouillait de son identité problématique ; il aimait cette impression de n'être plus qu'un esprit, à l'écoute, sans pouvoir rien faire.

Moi aussi, j'ai peur. Mais pas de la mer. Les mots tombèrent dans le silence neuf, empêchant ce dernier de s'installer. Sora ne comprit pas pourquoi il s'exprimait ; n'avait-il pas enfin l'occasion d'oublier qu'il existait ? Il ne comprenait pas trop ce rêve ; il n'était même pas sûr de l'assumer. C'était peut-être cette raison qu'il avait fini par s'exprimer. Le néant de l'être était encore trop effrayant pour lui ; et puis, Hiraeth ne serait-il pas moins ennuyé s'il recevait des réponses plus concrètes ? J'ai peur d'être seul. C'est peut-être la même chose que d'avoir peur de l'eau. Sous l'eau, tout était plus sombre dès lors qu'on s'enfonçait suffisamment ; une centaine de mètres retenait la lumière et l'empêchait de plonger vers les fonds. Il y avait ce silence paradoxal, quand on savait que le son s'y propageait quatre fois plus vite à l'air libre. Il y avait toujours un haut et un bas, une gauche et une droite, mais toutes les directions étaient possibles, il suffisait de choisir. Mais c'était vrai de la mer, surtout ; une piscine, une baignoire ou une rivière n'avaient pas cette profondeur. En fait, tu sais, Hiraeth, quand on a peur de l'eau, c'est qu'on a peur de la mer. Ta peur est différente. Sora avait commencé les cours de philosophie, mais il n'y était pas très bon. Il avait un bon sens logique, et était capable de fournir une réflexion argumentée ; mais il ne comprenait rien aux concepts. Ils manquaient de sens et de finalité à ses yeux (les deux, sans doute, peut-être l'un plus que l'autre). Avec Hiraeth, c'était différent : il faisait saisir le sens caché des choses par sa simple présence. Sora se sentit ému, il ne se souvenait pas d'avoir été encore plus heureux qu'en cet instant.
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posté le Dim 2 Juil 2017 - 14:20 (10)
questionner
je me suis toujours demandé : ai-je pleuré quand je n'étais pas encore né ?
je sais que j'ai pensé, et que j'ai su détester, mais l'eau tout autour ne m'était d'aucun secours malgré tout l'amour -parce qu'on m'aimait, pour ce que je portais et pas pour ce que j'étais, mais on m'aimait
et ça aussi, je me le suis souvent demandé : est-ce que j'en avait conscience ? avais-je une espèce de prescience ?
mais vois-tu, sora, la mer ne m'a pas laissé de mots ne m'a pas laissé de radeau ne m'a pas dessiné d'eldorado
et non, ta mère n'est pas la mer ; elle est juste ta mère et c'est pourtant tellement déjà
(et quand tu dis ça, je me demande : qu'est-ce que tu réfutes ?)(j'aime bien, parfois, m'imaginer des hommes qui viennent des étoiles, des personnes zodiac, des humains stellaires)(j'aime bien parfois, m'imaginer des hommes qui viennent du centre de la terre, des personnes cratères, des humains au corps de pierre)(et tant d'autres, tant d'autres sont nés dans mon esprit -mais vois-tu, je suis là, et j'ai peur de ce qui m'a donné moi)
j'écoute -derrière les larmes et l'eau et le sel (mais surtout la peur), et je crois que je le sais, c'est une chose dont peu se vantent, de n'avoir peur de rien, et c'est toujours faux, parce que personne n'est un robot
et peut-être que c'était la même chose, peut-être que j'avais peur qu'elle m'abandonne qu'elle me fuit qu'elle me refuse, peut-être que j'avais peur qu'au contraire elle me kidnappe me prenne en otage ne me laisse jamais m'en aller.
peut-être que j'ai peur de me perdre dans une masse d'eau, et toi dans une masse d'Hommes n'est-ce pas ça, au fond ? l'identité, la manière d'exister, une possibilité de s'affirmer ou peut-être que c'est la même chose (parce que les hommes viennent de la mer) mais que tu es plus courageux que moi (parce que les hommes ne sont que des gouttes d'eau) et que je suis coincé à l'étape d'avant (parce que les hommes ont besoin des autres, mais pas forcément de toi)
je ne sais pas si j'ai arrêté de pleurer
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posté le Lun 10 Juil 2017 - 18:58 (11)
Si la conversation continuait d'avoir cette tournure délicate, alambiquée, alors Sora allait probablement finir par retourner au silence un peu trop tôt. Serait-ce une mauvaise chose ? Une marche dénuée de mots n'empêchait pas forcément de découvrir l'autre. Il y avait un ensemble de signaux, que le Japonais apprenait lentement à décrypter, qui en disait long sur l'être que l'on côtoyait. Simplement, il ne parvenait pas à mettre des mots sur ce qu'il percevait de Hiraeth, et il refusait de le réduire à sa seule singularité. Mais que pouvait-il dire du scientifique, pour l'instant ? Il n'avait pas la rigueur d'un savant : il évoquait plutôt le poète, avec ses préoccupations métaphysiques et la force de ses métaphores. Sora se demanda si c'était là le secret du monde. Découvrir que la seule objectivité ne pouvait l'embrasser à elle seule. Peut-être s'était-il trompé de voie, songea-t-il ; et cette rencontre fut décisive dans sa future décision de ne pas poursuivre de carrière universitaire. C'était au moins quelque chose qu'il pouvait saisir : Hiraeth était unique, et doux. Il manquait de méfiance, ce qui le rendait facile à approcher, mais on ne pouvait probablement pas s'accrocher à lui : la prise était glissante.

Cela ne changeait rien au fait qu'il était perplexe et ne comprenait pas grand-chose à la conversation. Du moins, à la reprise de Hiraeth, qui en voulait synthétiser leurs problèmes, parvenait surtout à les rendre plus complexes. Sora acquiesça rapidement, moins par conviction que pour ne pas perdre le fil. Il était peut-être temps de confesser son ignorance, ou de cesser de parler. Définitivement. Le son de sa propre voix sonnait mal à ses oreilles ; parfois, c'était un bruit qui, à force de l'entendre, lui crevait le tympan. Ce n'était pas tant qu'il se détestait, bien plutôt qu'il se savait vide et inculte, et ne se pensait pas digne de la parole. Alors avance, choisit-il de dire, et il opta pour ce conseil abrupt, inadapté, parce qu'il ne voyait guère ce qu'il aurait pu dire d'autre : tel était le fond de son cœur. A celui qui était bloqué, ne pouvant avancer à cause d'un obstacle qu'il n'arrivait pas à percevoir, Sora ne pouvait que lui dire de trouver la volonté de continuer. La volonté, c'était ce qui lui avait manqué à lui, et il appliquait bêtement le concept aux autres, comme une solution miracle qu'il désirait partager. Mais si Sora avait réussi, cela ne voulait pas dire que d'autres en étaient aussi capables. Sora n'aurait jamais pu changer s'il avait été profondément déprimé. Au lieu de cela, il n'avait jamais souffert que d'un léger spleen, le genre de mélancolie dans laquelle on se complaît plus qu'on ne la subit. Hiraeth était différent : la réponse de Sora était sans doute inutile, inefficace. Voilà pourquoi elle ne pouvait tenir qu'en deux mots : elle était bien trop faible pour guérir l'ancienne expérience.
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posté le Lun 31 Juil 2017 - 15:53 (12)
in the ocean
il y a des temps suspendus -il faut savoir les attraper
délicatement, les envelopper de ses mains en papier mâché, pleines de fragilité
je sais que je ne suis pas commun ; on me dit plein de mots on me les donne parfois on me les jette et parfois on les libère difficilement : la vérité, c'est que je n'ai pas vraiment d'étiquettes, à force d'en avoir trop
alors oui, scientifique, poète, humaniste
pourquoi choisir
pourquoi choisir -et même les mots, pourquoi les trier alors qu'ils pourraient juste sortir
c'est ce que je me dis quand je te vois, sora, tes lèvres pincées et le visage fermé derrière le flou de l'eau qui brouille mes yeux à moi
il ne faut pas réfléchir -ou pas trop, comme quand on libère un oisillon tombé du nid : avec délicatesse s'il est timide, plus violemment s'il est farouche, mais jamais trop tôt, et certainement pas trop tard. j'ai entendu dire qu'il fallait les laisser partir quand ils commencent à faire attention à nous autant qu'on fait attention à eux.
alors j'attends
le fil qui retient le temps, on ne le sent pas, et pourtant
il est là, comme un funambule terrible qui tombe et qui devient marionnette de bois ; on peut en faire n'importe quoi
c'est ton acquiescement qui me brise le cœur en même temps qu'il rompt la corde
j'aurais aimé -que tu me dises n'importe quoi, même si ce n'était qu'un je ne sais pas quoi dire parce que ça aurait montré d'autres choses parce que ça creuse les esprits ça allume la lumière dans des cavernes un peu plus loin, et peut-être que tu aurais découvert des chemins escarpés entre d'autres abris, entre d'autres sujets, et peut-être que ta conscience aurait fourmillé comme la mienne le fait beaucoup trop
j'aurais aimé -que tu captures l'air suffisamment pour que je n'arrive plus à parler, pour que ton être surpasse le mien avant de repasser la main
j'aurais aimé -
j'aurais aimé pouvoir avancer
j'aurais aimé des mots plus doux des chutes moins abruptes mais la réalité c'est que j'ai besoin de brutalité (j'ai trop de douceurs alentour et trop peu de malaise intérieur -enfin, pas des comme ça)
et j'aurais aimé, vois-tu -
je tends mes mains
(je ne sais pas si tu es assez solide pour être mon ancre mon enracinement ; pas ma bouée de sauvetage non celui qui reste stable, au même endroit, en une douce monotonie, celui qu'on sait solide celui de qui on prend la main pour la broyer quand on sait qu'on a trop peur la nuit)
je tends mes mains et ça supplie, et ça dit aide-moi, et ça dit s'il te plaît, et ça dit tant d'autres choses
peut-être qu'avant, je me suis trompé
et que le silence était plein de bruit
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posté le Dim 6 Aoû 2017 - 12:39 (13)
Avance - et ainsi le silence tomba comme une chape de plomb sur le chemin littoral, enfermant Sora dans le tumulte de ses pensées.

Ses yeux glissèrent sur Hiraeth. Les mains tendues en avant, les yeux bercés par la détresse, il semblait l'implorer en silence, invoquer une compassion que Sora n'attendait que de donner. Il était bouleversé par la vulnérabilité qui se dégageait du scientifique ; sur ses traits soignés se lisait l'innocence d'un enfant qui peinait à comprendre le monde qui l'entourait. Ce que Sora pouvait deviner. Lui-même ne saisissait guère le sens de ces grands bâtiments froids qui se dressaient au loin dans son dos : étaient-ils debout pour protéger des âmes égarées, ou constituaient-ils la prison de ces désœuvrées ? Il ignorait la raison exacte, ne voulait pas la laisser effleurer son esprit.

Depuis toujours, Sora avait appris qu'il n'y avait nulle cause à ses malheurs. La douleur s'était nichée dans son cœur car elle y trouvait un antre confortable, et elle n'avait jamais reflué ; elle se contentait d'aller et venir à sa guise, et parfois lui laissait un répit apaisant, à peine suffisant pour lui redonner des forces. Et s'il y avait bien, dans le fond, un véritable fondement à ses souffrances, il refusait de se l'admettre. C'était son cœur qui était en tort, comme toujours ; il n'arrivait pas à le faire taire, et sentait trop souvent les larmes lui monter aux yeux. (Aussi prit-il les mains tendues de Hiraeth entre les siennes, et serra ses doigts entre les siens, laissant sa peau se réchauffer contre la sienne, et le rythme de son cœur battre contre le sien.) « Veux-tu en parler, peut-être ? » Sora n'était probablement pas en état de se constituer ancre, il était encore trop fragile ; mais il se nourrissait à la force du désespoir, et quoiqu'il arrivât, il parvenait toujours à avancer. Quand bien même ses sourires étaient tristes. Quand bien même il avait envie de mourir au fond de lui-même.
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