« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

Forum urbain sf/historique avec paradoxes temporels
Avatars manga/illustrés, taille 200x320px - Forum tout public
Aucune limite de lignes ou de mots - Aucune condition d'activité
Lire le contexte

Partagez
Voir le sujet précédentVoir le sujet suivant

sundaze •• anja

avatar
Citoyenne

« we have calcium in our bones, iron in our veins, carbon in our souls, and nitrogen in our brains. ninety-three percent stardust, with souls made of flames, we are all just stars that have people names. » nikita gill
Jukebox : ••
Avatar : ding yi - beloved (jaeliu)

Messages : 69
Messages rp : 23
Date d'inscription : 03/07/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Ven 9 Juin 2017 - 13:38
Une bourrasque glissa le long de ses avant-bras nus, apportant l’odeur salée de la mer et Eugénie leva doucement les yeux de la route d’asphalte comme si elle avait entendu son nom dans le rire des mouettes. Le vélo dévalait les pentes abruptes de la côte, épousait les virages qui laissaient découvrir en contre-bas quelques mètres de sable et se perdait à l’ombre des arbres bordant les chemins inanimés. Et si Eugénie fermait les yeux l’espace d’une seconde  – les doigts cramponnés au guidon – il lui semblait entendre le murmure du ressac contre les à-pic. Alors elle se mettait à pédaler avec plus d’ardeur encore, plus d’excitation malgré la fine couche de sueur poisseuse qui s’était déposée dans les creux de sa peau.

Elle roula jusqu’à ce qu’enfin l’amertume du bord de mer lui picota les yeux et il lui sembla entendre des éclats de rires entre les nuages timides. Eugénie ne connaissait pas bien la plage, elle n’avait vu que celle des vacances bondées de château de sable et de serviettes de toutes les couleurs où on allait dix jours par an. Les bandes de sable semblaient encore désertes à cause des températures tout justes printanières mais, Eugénie n’avait pas froid. Elle descendit lentement la fermeture éclair de sa veste, la respiration encore un peu hachée par l’effort puis, toujours appuyée sur sa selle sortit son portable de sa poche arrière.

[ 01:58 pm] Eugénie a écrit : Suis là, dis-moi quand t’arrives :3


Elle rangea l’appareil à sa place avant de mettre pied à terre et guida son moyen de transport jusqu’au parc à vélo le plus proche qu’elle enchaina avec un cadenas. Si elle doutait qu’on lui vole sa vieille bicyclette ici – le parking était presque vide – Eugénie en avait bien trop besoin pour tenter le risque. Elle avait dû économiser pendant des mois pour la racheter au fond d’un garage et Dieu savait qu’elle n’avait pas les moyens d’en acquérir une autre avant longtemps, bien trop longtemps.

La gamine resserra sa queue de cheval un peu lâche puis, empoigna son sac à dos rangé dans un panier à vélo. Eugénie s’approcha du bord de mer : des escaliers blancs incrustés dans le béton menait jusqu’à la plage bordée par une jetée en pierre – sûrement menait-elle à un phare. Un sourire pétillant avait éclairé de lui-même le visage d’Eugénie tandis qu’elle respirait l’air marin, très différent de la ville, peut-être parce qu’il n’y avait pas d’immeubles pour retenir les effluves de charbon et de plastique, pour crever le ciel bleu de l’été ; celui qu’elle voyait du fond de son jardin, dans sa vie d’avant. Et en se tenant là, Eugénie se demanda si elle se sentait un peu plus heureuse de vivre maintenant, mais, probablement que non au fond.

Doucement, elle sortit à nouveau son portable qui n’affichait pas de nouveaux messages. Avec une légère impatience, Eugénie s’adossa contre la rampe des escaliers et se mit à jouer avec le téléphone machinalement.


J'ai percé mes paupières pour regarder tout ce que je ne peux pas voir quand j'ai les yeux fermés.
avatar
Membre

"Only the sound of footsteps broke the dead's silence. One, two, thump. One, two, thump. One, two, thump. And, every time, she expected stillness. She expected the silence to stretch forever as she slipped and fell through bottomless holes, one after the other.

One, two. She held her breath. Two beats of her heart. The infinity of time.

Thump.

But there was no comfort in the way she so easily cheated death with every footstep. Only the inevitability of a life she no longer owned. She no longer deserved. "
Nom de code : anjaknowit
Avatar : Megurine Luka - Vocaloid

Messages : 65
Messages rp : 33
Date d'inscription : 30/04/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 11 Juin 2017 - 8:31
sundaze
Dès que tu as posé tes pupilles sur Eugénie, tu as voulu dessiner des constellations sur ses joues.
Du bout de tes doigts, faire de son visage une réplique exacte du ciel de nuit vous surplombant, passer des heures à peindre l'invisible sur sa peau. Tu as voulu et tu as vu la lune dans ses yeux, alors tu as voulu tendre la main et y toucher. Tu as voulu poser le long de ses constellations le souffle de ta vie, explorer silencieusement le creux de son cou, la courbe de son dos - dessiner les étoiles le long de ses épaules, te perdre dans l'espace entre ses omoplates. Tu as voulu poser tes os contre sa peau, tracer la ligne de ses clavicules du bout de tes ongles, esquisser le galbe de sa mâchoire du bout de tes lèvres.
Alors ton souffle s'est coupé, ton cœur s'est arrêté et tu as implosé, tu t'es éparpillée comme des morceaux de verre dans tes poumons, et tu as vomis ton cœur à ses pieds. Tu l'as regardé battre, là, au sol, et pourtant tu l'as senti, logé au milieu de ta gorge, déplacé là parce qu'il ne pouvait pas palpiter à travers les millions de papillons voletant entre tes poumons. Tu l'as regardée l'attraper d'un regard, d'un sourire, et tu l'as vu s'envoler jusqu'à rejoindre les étoiles dans son visage - et tu t'es dis, elle peut bien le garder, je n'en ai pas besoin. Alors tu lui as laissé ton cœur comme ton numéro de téléphone, ton pseudo sur chronosrep, et tu as fuis sur des ailes palpitant au rythme de ce que tu n'avais plus.

Depuis, tu vois des étoiles partout où tu vois les rappels de son existence. Depuis, tu parcoures la distance entre tes doigts de pupilles vacillantes en ne voyant dans l'air que ce qui devrait être rempli. Tu rêves de la courbe de son cou, du creux de ses reins, du coin de ses lèvres, du bout de tes doigts, encore et toujours, dessinant l'infinité à la surface de sa peau. Tu t'abreuves de sa présence, de ses mots comme de son parfum; tu t'enivres de son existence. Tu perds la tête - tu laisses ton esprit derrière quand tu la revois, avec ton cœur qui bats dans le fond de ses pupilles, avec le vide que ça fait sous ton sternum qui te grise - et tu oublies. Tu oublies, Anja, tant elle t'enfièvre, tant elle te soulève, tant elle t'embrase - peut-être ne restera-t-il que des cendres de toi lorsqu'elle en aura fini, mais tu n'en as rien à faire.

Tu la vois dans le ciel alors que tes pas te portent jusqu'à elle. Tu la vois dans chaque pli des nuages, dans chaque teinte peinte sur la voûte - tu hoquettes quand ton téléphone s'éveille brusquement, et les papillons fracassent tes côtes quand tes pupilles parcourent l'écran et lisent cette série de lettres toujours nichées sur le bout de ta langue.
(Tu attends de t'approcher de ta destination avant de répondre, et tes doigts pétillent alors que tu ressors finalement ton téléphone.) ‟j'arrive :)” Et tu sens sur le bout de tes sensations déjà l'électricité que sa présence fait courir le long de tes os, et l'anxiété qui se niche dans ta nuque et dans tes mains, le long de ton sternum. Tu l’aperçois et tes jambes vacillent - le vide au creux de ta poitrine s'agite et tu sens presque à nouveau ton cœur qui palpite.
Tu t'approches et tu ne sais pas t'empêcher de sourire. ‟Salut. Tu vas bien?” Avec ta voix comme une chanson, ta robe qui danse doucement avec la brise.

Parce que Eugénie, c'est l'univers, et tu es totalement perdue dans l'infinité entre les étoiles.
avatar
Citoyenne

« we have calcium in our bones, iron in our veins, carbon in our souls, and nitrogen in our brains. ninety-three percent stardust, with souls made of flames, we are all just stars that have people names. » nikita gill
Jukebox : ••
Avatar : ding yi - beloved (jaeliu)

Messages : 69
Messages rp : 23
Date d'inscription : 03/07/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 14 Juin 2017 - 17:43
Le téléphone vibra entre les doigts ennuyés d’Eugénie - un peu lasses de cette valse pour passer quelques morceaux de temps – puis, son pouce glissa jusqu’au bouton d’allumage. Elle n’avait pas vraiment besoin de vérifier, elle savait, c’était plus un automatisme qui s’était mécaniquement enclenché comme pour être tout à fait sûr que ce n’était pas une note vacillante dans cette partition toute tracée, une surprise inopinée. Mais, à peine cette pensée eut elle éclose qu’Eugénie entendit la voix chantante d’Anja.

Peut-être se sentit-elle déçue, à peine, que tout soit si anodin, si délavé comme les murs pastels de sa chambre d’enfant ne serait-ce qu’un instant mais, Anja était une aventure. Elle était à peine familière, encore à peine connue et ainsi, il restait tant de sourires illuminant ses joues creuses à découvrir, de jolies histoires à se raconter et d’un peu de bonheur à trouver, peut-être dans sa silhouette ou sous ses semelles. Après tout, il existait quelque chose de fascinant chez Anja, quelque chose qu’Eugénie ne comprenait pas vraiment ; c’était une énigme alambiquée, un puzzle compliqué. Elle avait toujours toutes ces petites lumières qui s’allumaient les unes après les autres au fond de ses yeux bleus et Eugénie croyait voir des étoiles à l’ombrage de ses pommettes retroussées. Eugénie y cherchait alors des trésors, elle voulait s’y perdre, y creuser avec ses propres mains dans cet océan scintillant mais, inexplicablement tout ce qu’Eugénie y trouvait c’était son propre reflet.

« Coucou ! Ça va, je commençais à cramer haha et toi ? » répondit-elle, en se redressant, dévoilant au passage toutes ses dents. « Il fait suuuuper bon, c’était vraiment une idée géniale de venir ici. On y vaa ?  »

La jeune femme indiqua la mer dans son dos d’un  geste de main, les yeux légèrement plissés de plaisir, d’excitation. Eugénie n’attendit pas de réponse, elle prenait rarement le temps en réalité -de les attendre - car les idées en orbite dans sa tête faisaient beaucoup trop de bruit pour qu’elle puisse probablement les entendre et déjà elle avait attrapé le poignet d’Anja doucement d’un air complice. Elle l’entraina à sa suite mais, rapidement les doigts fins d’Eugénie retombèrent dans l’air alors qu’elle dévalait à grandes enjambées les marches raides des escaliers métalliques.

Arrivée aux derniers paliers, Eugénie dénoua ses lacets en équilibre sur un pied et en se balançant maladroitement à cause de ses gestes rendus secs par l’empressement. Dans un grognement, la deuxième chaussette glissa tandis qu’Eugénie posa avec contentement ses pieds nus sur le sable sec. Les morceaux de pierre et les débris de coquillages picotaient ses plantes de pieds et les grains s’enfouissaient entre ses orteils, le murmure de la houle sur le rivage infini semblait l’appeler et devant elle le ciel se noyait dans le reflet de la mer.

Réalisant cependant qu’Anja ne l’avait pas suivi, elle se retourna.

« Eeeh t’as l’air toute petite vue d’ici !  Woooho ! Anjaaaa ! Dépêche-toi ! A-ahh mais, ne tombe pas non plus hein ?! » se mit-elle à crier en gesticulant les bras dans les sens, ses chaussures dans les mains et Eugénie crut entendre son rire percer le coton des nuages.


J'ai percé mes paupières pour regarder tout ce que je ne peux pas voir quand j'ai les yeux fermés.
avatar
Membre

"Only the sound of footsteps broke the dead's silence. One, two, thump. One, two, thump. One, two, thump. And, every time, she expected stillness. She expected the silence to stretch forever as she slipped and fell through bottomless holes, one after the other.

One, two. She held her breath. Two beats of her heart. The infinity of time.

Thump.

But there was no comfort in the way she so easily cheated death with every footstep. Only the inevitability of a life she no longer owned. She no longer deserved. "
Nom de code : anjaknowit
Avatar : Megurine Luka - Vocaloid

Messages : 65
Messages rp : 33
Date d'inscription : 30/04/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 25 Juin 2017 - 2:57
sundaze
Elle parle de brûler et ce sont tes joues qui s'enflamment, quand elle plante ses pupilles dans les tiennes et qu'elle te perd dans les étoiles. Tu la sens fouiller dans tes entrailles à coup de battement d'ailes, et ton sourire s'étale sur ton visage comme une étoile filante. Tu fais un vœu devant elle, avec ton cœur qui palpite de l'autre côté de son regard. ‟Ça va.” (depuis que je suis ici avec toi), que tu ne dis pas, qui reste niché sous ta langue, là où tu gardes tous les secrets qu'elle créé. Que son sourire réalise alors que tu t'éblouis de sa lumière et de sa chaleur, alors que les papillons entre tes côtes battent des ailes pour former une brise qui ne te rafraîchis jamais. C'était une excellente idée de venir ici, elle a raison; parce qu'ici tu as la preuve que son sourire brille plus fort que le soleil. ‟Je te suis.” (-vrai jusqu'au bout du monde) que tu ne complètes jamais, que tu ne portes que dans tes jambes comme le savoir qu'elles sauront toujours te porter - et que si non, tu n'auras qu'à voler à ses côtés, avec les ailes qu'elle greffe le long de tes omoplates.
Ton thorax s'ouvre et ton cœur s'envole le long du hoquet discret qui te meut alors que ses doigts s'enroulent autour de ton poignet trop fin, et tu manques de vomir les millions de papillons qui volettent dans tes poumons. Tu sens les étoiles s'éparpiller le long de ta peau, comme cet instant où tu les dessineras le long de la sienne; comme un souvenir de ces rêves où tu goûtes son souffle. Puis ses doigts se détachent de ton être, et pourtant les constellations se dessinent toujours en picotement le long de ton épiderme alors que tu la regardes dévaler les escaliers comme autant d'ailes le long de tes côtes.

Tu n'as pas réalisé que tu t'es arrêtée, parce que tu étais dans l'espace entre le temps et l'univers, et elle se retourne vers toi. Tu descends les marches à ton tour, mais tu grimpes jusque dans les nuages alors que tu te rapproches d'elle, et tu rejoins le ciel quand tu la rejoins elle. Tu te baisses pour enlever tes sandales, et quand tu te redresses, ta respiration reste coincée dans ta gorge; elle fait de la mer un ciel de nuit constellé d'étoiles, et dans cet instant où tu n'as pas eu les yeux sur elle tu avais oublié à quel point elle était belle. Tu as voulu la rejoindre ici parce que tu voulais confirmer qu'elle est plus splendide que le coucher du soleil, mais maintenant tu réalises que tu n'en as pas besoin. Que jamais le ciel ne saura l'égaler. ‟On a vraiment bien fait de venir ici, il fait bien plus bon qu'en ville. On étouffe, là-bas.” Tu fais quelques pas pour la devancer, et tu observes les vagues qui viennent lécher le sable entre tes orteils. Les bras croisés derrière ton dos, avec ta robe dans la brise, tu as l'air de quelqu'un d'heureux. Et avec Eugénie dans ton dos, tu oublies simplement que tu ne l'es pas.

‟Alors? Tu fais quoi de bon ces temps-ci?” Que tu lui lances, pour entendre sa voix encore. Pour t'imaginer dans les espaces vides de son quotidien, t'immiscer sur un côté du sofa, la présence connue entre les plis de ses draps. Être la tasse de café laissée sur la table, le vêtement sur le sol de la salle de bain, le parfum dans le tissu de la couette. Un fantôme qui laisse derrière quelques papillons voletant le long de ses lèvres. Si elle est toutes les constellations de l'univers, tu seras l'espace entre chacune des étoiles. Que jamais elle ne sache oublier le bout de tes doigts le long de sa peau, que jamais elle ne sache oublier ton souffle le long de ses épaules. Des milliers de mots se bousculent sur ta langue, mais ce sont des secrets que tu garderas jusqu'à ce qu'ils nourrissent l'armée de papillons dans ta poitrine - jusqu'à ce qu'ils s'échappent tous si tu ne peux plus les en empêcher. Qu'ils s'envolent pour aller rejoindre ton cœur et le ciel dans le fond des pupilles d'Eugénie.
avatar
Citoyenne

« we have calcium in our bones, iron in our veins, carbon in our souls, and nitrogen in our brains. ninety-three percent stardust, with souls made of flames, we are all just stars that have people names. » nikita gill
Jukebox : ••
Avatar : ding yi - beloved (jaeliu)

Messages : 69
Messages rp : 23
Date d'inscription : 03/07/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 28 Juin 2017 - 16:50
Doucement, Eugénie leva les yeux sur le ciel bleu, bleu, si bleu qu’elle eut l’impression de se noyer dedans à l’infini. Elle tournoyât sur elle-même, elle tangua sur le sable sec qui picotait, elle avait l’impression de se fracasser contre les rochers avec l’écume et de rouler sur le rivage avec l’èbe. C’était comme si son rire avait rejoint celui des mouettes, là-haut bien au-dessus des vivants et que les secondes s’écoulaient en éternité. Elle inspirait avidement l’air marin par ses narines, par sa bouche, toutes ces odeurs âpres pour les marquer dans tous les recoins de ses entrailles extatiques. Elle avait continué d’agiter les bras en une marée euphorique qui chatouillait les plis tendres de ses coudes, le long de sa trachée jusqu’à son diaphragme, le fond de ses oreilles.

La mer avait allumé dans ses yeux toutes les étoiles de ses joues.

Et Eugénie avait implosée en des morceaux de coquillage au son du reflux, dans les confins du ciel plus bleu que l’océan. Le monde avait revêtu des couleurs extraordinaires, même pour un instant, et Eugénie s’y était oubliée comme à un matin de Noël. Demain, Eugénie repenserait avec nostalgie aux teintes vives, à cette chaleur crépitante, à ce sentiment vif et fugace de complétude mais, demain demain n’existait pas. Demain était un interminable hiver et aujourd’hui une fantaisie.

« On a vraiment bien fait de venir ici, il fait bien plus bon qu'en ville. On étouffe, là-bas.»

Elle ne savait pas, non si Anja avait croisé son sourire si grand qu’il en plissait tout son visage et si Anja ressentait aussi l’ombre menaçante des immeubles, l’odeur dégueulasse du bitume, la grisaille constante du e l’ordinaire parce qu’elle avait les cheveux sucrés comme un bonbon. Eugénie n’avait pu qu’acquiescer, peut-être parce qu’il n’y avait pas de mot pour décrire son ventre qui se gonflait d’hélium pour l’emmener exploser les nuages. Le quotidien l’étouffait, la ville lui rappelait l’implacabilité du destin mais, la plage déserte sonnait comme une nuée de colombes dans les eaux troubles de la routine.

« Alors? Tu fais quoi de bon ces temps-ci? »

Alors ? Alors, Eugénie aurait voulu lui raconter un millier d’histoires toutes plus rocambolesques les unes que les autres à la faire frémir de peur et palpiter d’excitation avec des jolis mots comme on en trouvait dans les livres. Elle aurait voulu d’une fortune hasardeuse, incroyable tandis que les teintes si fugaces de l’instant déjà se fanaient par les premières gelées. L’hiver ne cessait jamais vraiment.

Eugénie avait rejoint Anja face à la mer, les bras ballants le long du corps et Eugénie portait à l’ombre de son sourire toute la mélancolie de l’été. C’était une tristesse qui ne voulait pas se dire, une de celle que l’on taisait du bout des lèvres, qu’elle cachait sous tous les néons qu’elle allumait dans l’espoir d’avoir l’air d’être un peu plus que ce qu’elle n’était réellement.

« Mhhh. Pas grand-chose ? Je vends des places de cinéma et je nettoie des sols couverts de pop-corn et parfois je vais faire des courses pour une grand-mère. C’est…répétitif j’imagine. Haha désolée. » Elle avait rangé ses mèches derrière ses oreilles presque nerveuse avant que son sourire ne réapparaisse. « Maaais, je parie que tu as plus de choses à me raconter ?! Avec tes vidéos ? J’ai vu celle où tu jouais aux échecs !* »

Et peut-être qu'un tout petit peu, si peu qu'elle n'aurait jamais voulu le réaliser qu'Eugénie enviait Anja de briller comme un soleil devant la caméra et Anja d'être si spéciale, de rendre le quotidien si différent alors qu'il ne restait au fond qu'ordinaire. Peut-être qu'Eugénie se demandait comment Anja faisait pour peindre le monde parce que dans ses pots à elle, il n'y avait plus que des tons de gris. Peut-être qu'elle n'avait pas y penser parce qu'alors elle réalisait le silence dans sa tête.

« C'est cool comme spot non? On peut faire un truck sympa comme eh...un collier de coquillages ? Je sais pas en faire mais, ça doit se trouver...»


note:
*je peux changer si jamais, jsp trop quand tu situes ce rp dans le temps :chou :


J'ai percé mes paupières pour regarder tout ce que je ne peux pas voir quand j'ai les yeux fermés.
avatar
Membre

"Only the sound of footsteps broke the dead's silence. One, two, thump. One, two, thump. One, two, thump. And, every time, she expected stillness. She expected the silence to stretch forever as she slipped and fell through bottomless holes, one after the other.

One, two. She held her breath. Two beats of her heart. The infinity of time.

Thump.

But there was no comfort in the way she so easily cheated death with every footstep. Only the inevitability of a life she no longer owned. She no longer deserved. "
Nom de code : anjaknowit
Avatar : Megurine Luka - Vocaloid

Messages : 65
Messages rp : 33
Date d'inscription : 30/04/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Jeu 6 Juil 2017 - 2:33
sundaze
Elle se rapproche de toi et les papillons remontent le long de ta gorge, pulsent sous ton thorax sans craquer les os. Tu les ressens caresser ton œsophage du bout de leurs ailes alors qu'elle illumine l'espace à tes côtés, mieux que les rayons du soleil. Sa voix comme une chanson, tu l'écoutes même si ta tête est partie il y a bien longtemps, elle aussi remplie de papillons aux ailes étoilées. Tu détournes le regard de la mer qui n'a plus aucun intérêt et tes pupilles dénotent les détails de son profil - la courbe de sa mâchoire, le galbe de ses os, les constellations que tu connectes déjà du bout de doigts éthérés. La marque effacée d'une vieille cicatrice comme un fantôme que tu rêves de guérir du bout des lèvres; d'aimer comme la traînée de flammes derrière d'une comète.
Tu te pourfends de ses excuses, de la façon dont elle range une mèche derrière son oreille, et du bout de la lame solaire qu'elle enfonce dans ton ventre, propageant de la chaleur le long de ton estomac, tu fais naître un sourire qui réchauffe tes joues. ‟T'excuses pas. Il en faut, des gens pour faire ça.” Et son sourire renaît, et tu exploses en picotements qui se perdent jusqu'au bout de tes orteils. Elle pose son regard, son attention sur toi et, un instant, tu t'envoles. Sous ses pupilles tu n'as plus rien pour t'accrocher au sol, et tu vis quelques centimètres au dessus de la terre. Comme tes chaînes qui se cassent sous les assauts répétés des baisers des papillons.

‟Oh, pas grand chose. Tu sais, j'enregistre tout à l'avance, donc si tu as l'impression que j'ai une vie totalement passionnante, c'est seulement parce que je rassemble tout ce qui est passionnant pour le mettre dans le vidéo. Comme je sors un vidéo par jour, ça donne l'impression que je n'arrête jamais de vivre des moments extraordinaires, alors qu'en réalité, entre chaque moment excitant, il y a de longs moments de rien.” Tu ne peux pas non plus lui raconter la façon dont tu l'as rencontrée, dont elle tient ton cœur dans le fond de son regard, ni lui expliquer les millions de papillons dans ton thorax. Et, pourtant, c'est bien la chose passionnante qui se déroule sous tes pas ces temps-ci; ce qui mets de la vie entre tes côtes saillantes. Ce qui est toujours sur le bout de ta langue, les lettres qui s'enroulent contre ton palet, ce dont tu rêves la nuit; c'est ce que tu voudrais raconter, où tu voudrais te nicher (entre les plis de son quotidien), puisque le tiens est fade si elle n'y pointe pas le bout de son nez.

Tu contemple son profil un instant, et tu aimerais pouvoir arrêter le temps pour savoir l'observer plus longtemps. Tu aimerais que se figent les secondes, pouvoir la fouiller du bout de ton regard sous tous les angles, sous toutes les coutures, sans jamais avoir à te soucier de ce qu'il y a autour de vous. Un instant, une bulle en dehors de l'univers, où tu pourrais vous immiscer pour l'explorer jusqu'à ce que l'éternité te fane et que les étoiles s'éteignent (qu'elles s'éveillent toutes au fond de son regard). Mais les secondes s'égrainent et elle brise le silence; tu songes, dès sa question passée la barrière de ses lèvres, que tu n'aimes cet endroit que parce qu'elle s'y tient avec toi - et que sans elle la mer ne brillerait pas.
Tu imagines les coquillages posés sur ses clavicules du bout de tes doigts; ta peau picote comme au contact. ‟Oui, c'est très joli.” Tu ris doucement, et ça éclaire tes yeux. ‟Ça doit être assez facile à faire. Puis, on ne pourrait jamais se plaindre que quelqu'un porte les mêmes bijoux que nous.” Un instant, tu baisses les yeux, puis tu t'agenouilles et tu attrape un petit coquillage. Tu te relèves, ignore les étourdissements qui te prennent parce que tu t'es levée trop vite, puis tu tiens ton petit trésor à la hauteur de ses clavicules. Tu mimes de l'imaginer avec une myriade accrochée à son cou. ‟Ça te ferais très bien.” Mais elle pourrait porter n'importe quoi, elle serait toujours éblouissante.


Spoiler:
tu me dis si t'as besoin de plus pour continuer? jsp si je t'ai donné assez pour te relancer. donc hésite pas à me le dire si non.
avatar
Citoyenne

« we have calcium in our bones, iron in our veins, carbon in our souls, and nitrogen in our brains. ninety-three percent stardust, with souls made of flames, we are all just stars that have people names. » nikita gill
Jukebox : ••
Avatar : ding yi - beloved (jaeliu)

Messages : 69
Messages rp : 23
Date d'inscription : 03/07/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 9 Juil 2017 - 19:49
Les yeux d’Eugénie s’éclairèrent au rire d’Anja et déjà une tempête d’idées s’était levée dans sa tête, elles chaviraient contre son plexus, emportant toute sa grisaille. Elles lui coupèrent le souffle et le son de sa propre voix s’était perdue dans celle d’Anja. C’était une si jolie idée un collier de coquillages après tout ; ça lui picotait le ventre d’excitation, ça chauffait comme des rayons de soleil.

« Il est joli ton coquillage ! Mhhhh…Attends ! »

Eugénie laisse tomber ses chaussures sur le sol puis, fit glisser son sac à dos sur son épaule qu’elle fouilla pour en sortir un morceau de tissu. Elle s’accroupit et installa le petit carré d’étoffe blanc sur le sol qu’elle sécurisa par des tas de sables aux extrémités. Elle lança en relevant les yeux vers la jeune fille, les doigts pleins de sable :

« On a qu’à mettre les coquillages là d’accord ? Et on les partagera ensuite. A pire du pire, tu prends la droite et moi la gauche si ça te va ? Parce que de toute façon j’imagine qu’on va avoir d’en récupérer beaucoup. Aaaah je devrais chercher comment ça se fait. »

A ses mots, Eugénie sortit son téléphone de sa poche et tapât comment faire un collier de coquillages ? dans la barre de recherches. Ses sourcils se plissèrent en une mine extrêmement concentrée tandis que son pouce droit faisait défiler les pages de textes. Elle avait cliqué sur le premier lien puis, le deuxième pour être sûre et vraiment le troisième c’était qu’elle ne trouvait pas de réponses qui lui plaisaient. Elle avait pris un air un peu déçue Eugénie.

« Boon, il va falloir un peu de matériel et j’ai pas de cordes non plus du coup on peut vraiment chercher les coquillages aujourd’hui et on fera les colliers avec une autre fois ? On a pas vraiment besoin d’être ici pour ça j’imagine. » La jeune fille marqua une pause pour scruter autour d’elle. « Mhh là-bas il y aura peut-être plus de coquillages ! »

Et Eugénie avait tendu son bras si soudainement qu’elle en perdit l’équilibre et en tombât en arrière sur les fesses, des cheveux devant les yeux. Elle dévoila toutes ses dents à Anja en soufflant sur ses mèches brunes qu’elle rejeta sur les côtés d’un mouvement de tête – à la façon labrador qu’une sirène, ce qui n’était pas très gracieux.

Mais, elle avait déjà bondi sur ses pieds sans laisser le temps aux protestations. Elle grondait comme un orage Eugénie, elle envoyait tout valser comme un ouragan et elle emportait tout dans ses vagues qu’elle projetait aussi loin que l’horizon. Elle voulait voir le monde tourner à une vitesse phénoménale qui lui aurait donné le vertige comme une constante montagne russe qui lui aurait renversé la tête dans tous les sens. Elle voulait faire du deux cent sur l’autoroute et elle emmenait tout ce qui se trouvait sur son sillon.

Elle était déjà loin Eugénie, déjà partie alors qu’elle entrainait Anja avec elle. Elle sentait les vagues minuscules se heurter contre ses mollets et éclabousser leurs vêtements de constellations ou alors c’était à cause de ses pas qui tapaient dans l’eau avec la force d’un tambour. Et puis, elle parlait vite, si vite, comme si elle avait peur que les mots ne lui échappent.

« Tu as une idée de couleur ? Ça serait bien si on était assorti non vu qu’on va les faire ensemble non ? »

Spoiler:
Nope t'inquiètes je peux la faire parler beaucoup et s'agiter dans tous les sens anyway! Je crois que tu es déjà partie du coup, ça t'attendra pour ton retour d'Alaska ♥


J'ai percé mes paupières pour regarder tout ce que je ne peux pas voir quand j'ai les yeux fermés.
avatar
Membre

"Only the sound of footsteps broke the dead's silence. One, two, thump. One, two, thump. One, two, thump. And, every time, she expected stillness. She expected the silence to stretch forever as she slipped and fell through bottomless holes, one after the other.

One, two. She held her breath. Two beats of her heart. The infinity of time.

Thump.

But there was no comfort in the way she so easily cheated death with every footstep. Only the inevitability of a life she no longer owned. She no longer deserved. "
Nom de code : anjaknowit
Avatar : Megurine Luka - Vocaloid

Messages : 65
Messages rp : 33
Date d'inscription : 30/04/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 9 Aoû 2017 - 4:57
sundaze
Tu te perds dans le silence. Dans chacun de ses gestes alors qu'elle laisse tomber ses chaussures et fait glisser son sac à dos sur son épaule (là où tu voudrais tes doigts); tu l'observes alors qu'elle s'accroupit, et tu as envie de tendre la main pour balayer les cheveux hors de son visage alors qu'ils tombent devant ses yeux. Tu hoches la tête quand elle te parle, avec sa voix qui te tire de ton univers (le sien), là où tu t'étais perdue, et tu t'y replonges sans un mot alors qu'elle s'affaire à vous offrir des réponses. Tu pinces les lèvres devant son air concentré, avec un sourire qui te les étire sans jamais que tes pensées ne puissent vocaliser ce qui se déchaîne au fond de tes os. Tu vois, dans chacun de ses gestes, dans chacune de ses expressions, toute la beauté de l'univers. C'est peut-être d'elle que sont nées les étoiles.
Ton cœur s'emballe quand elle implique que vous vous reverrez, comme si dans le fond de ce qu'elle a volé tu étais terrifiée qu'on te l'arrache. Tu hoches la tête à nouveau, parce que tu as un peu peur que si tu ouvres la bouche, tu laisseras s'échapper les papillons. Et tu l'observes tomber sans pouvoir rien faire, avec tes lèvres qui s'ouvrent sans qu'aucun son s'en échappe - tu as peur, un peu, un seul instant; et ce jusqu'à ce qu'elle relève les yeux vers toi. Son sourire fait éclater entre tes côtes des millions de papillons, et, une seconde, une seule, tu as l'impression qu'elle a fourré l'univers tout entier dans ton thorax, et que de ce sourire elle l'a libéré, qu'il s'épanche et t'en fasse le centre. Tu as l'impression que rien d'autre qu'elle n'existe; que tu mérites d'être en vie.

Et sans que tu n'aies le temps de te remettre, de rattraper ton souffle et de le renfoncer jusque dans tes poumons, elle t'attrape et t'entraîne sur ses talons. Tu cours, tu cours, Anja, derrière elle, comme si tu aimais le faire, comme si tu savais le faire, comme si plutôt que par tes jambes chétives, tu étais portée par des ailes. Le poignet qu'elle tient t'es la chose la plus précieuse, avec les vagues de chaleur qu'elle envoie le long de tous tes membres, et quand elle te parle à nouveau tu oublies ce que c'est qu'une couleur si ce n'est celle de ses yeux. ‟Le blanc, c'est bien, ça s'accorde avec tout - enfin, presque.” Et c'est aussi la couleur des étoiles dans le fond de son regard, et de la lumière qui t'éblouis dans le fond de ton crâne quand tu la regardes, et de l'écume qui chatouille vos pieds, et de cet instant qui t'emporte. Alors, peut-être qu'il n'y a pas de plus belle couleur que ça.

Tu aurais continué à courir avec elle pour toujours, mais tu t'arrêtes et l'arrête avec toi avant que l'impression que tes jambes vont flancher ne fasse son chemin jusqu'à ton cerveau. Pour rien au monde tu ne voudrais tacher cet instant de ta maladie que tu as oubliée. Alors tu vous arrêtes, et avec vous l'univers quand tu poses de nouveau ton regard sur sa silhouette. ‟Ici, c'est bien.” (Mais avec toi, n'importe où l'est), que tu n'ajoutes pas, qui reste coincé dans ta gorge, juste à côté d'un baiser. Comme celui que tu veux poser sur ses lèvres, avec ton poignet toujours entre ses doigts, et son regard qui fait virevolter les papillons dans ton estomac alors que tu oublies de respirer. Celui qui te fige alors qu'il tourne en boucle au fond de ton crâne, que tu ne peux pas enclencher parce que tu n'oses pas, comme un rêve flottant juste à la limite de la réalité - qui te rends folle, un seul instant, comme si tu allais finalement te jeter dans le vide et espérer que ses ailes se déploient et te portent.
Mais les secondes s'égrainent et ta conscience s'écrase dans ton crâne pour que tu songes à baisser les yeux, à te mettre à chercher des coquillages, comme si un collier lui servirait à autre chose qu'à avoir l'air fade lorsque comparé à son sourire. ‟Tu crois qu'on en aura besoin de combien, environ?” De coquillages, parce que tout le reste de ce qui est beau, la vie l'a mis dans son regard.
avatar
Citoyenne

« we have calcium in our bones, iron in our veins, carbon in our souls, and nitrogen in our brains. ninety-three percent stardust, with souls made of flames, we are all just stars that have people names. » nikita gill
Jukebox : ••
Avatar : ding yi - beloved (jaeliu)

Messages : 69
Messages rp : 23
Date d'inscription : 03/07/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Mar 15 Aoû 2017 - 23:34
Eugénie sentit ses talons s’enfoncer dans le sable mou et le bras d’Anja –si délicat qu’elle aurait dû craindre de le casser de ses manières si brusques- la retenir en arrière. Le monde se renversât sur lui-même à la vitesse des comètes et des planètes et pour une fois, c’était Anja qui le faisait valser. Elle avait l’air si fragile, dans les tissus amples de sa robe qui virevoltaient comme une nuée de papillons blancs derrières elle et Eugénie était une tempête, peut-être même qu’un jour, oh non, elle allait la briser sans faire exprès.

« Ici c’est bien. »

Eugénie hochât la tête avec un sourire qui disait d’accord, doucement tandis que son cœur battait lui si fort contre sa peau, elle pouvait l’entendre résonner entre sa cage thoracique et son souffle court s’étouffer tout au fond de sa gorge. Pourtant, Eugénie en voulait bien plus, elle voulait avaler tout cet air dans ses poumons avec les sourires solaires d’Anja, avec ses yeux plus doux que du chocolat qui disparaissaient derrière ses cheveux acidulés et la chaleur de son poignet entre sa paume. Peut-être que dans l’arborescence de ses veines bleutées, elle y trouverait la réponse du bonheur ou bien peut-être qu’elle comprendrait enfin d’où venaient toutes les étincelles des gens extraordinaires. Elle voulait se remplir de ces secondes comme elle avait collectionné pendant longtemps des images dans un coin de son bureau, elle voulait en avoir tellement que ça exploserait de partout ; ça serait joli comme un feu d’artifices.

Et Eugénie verrait enfin de quelle couleur était l’été qu’elle avait tant cherché.

« Beaucoup ! »

Elle avait expiré beaucoup comme s’il n’y en aurait jamais assez. Eugénie voulait sans doute tous les voir parce qu’elle ne faisait toujours tout d’une façon démesurée, elle courrait après des choses bien trop grandes pour elle qu’elle n’arrivait qu’à effleurer de ses mains orphelines d’une chaleur qui l’avait quitté depuis trop longtemps. Maintenant, tout sonnait bien plus creux que dans son souvenir et peut-être qu’Eugénie n’essayait finalement que de combler d’artifices le propre silence dans sa tête, qu’Eugénie se rêvait encore vivante alors qu’elle était déjà morte.

« Je sais pas prends tous ceux que tu trouves, on verra ensuite ! Je déclare la mission de recherche de coquillages ouverte ! »

Elle laissa glisser le bras d’Anja qui déjà semblait s’être perdu dans la mer de sable fin puis, à ses côtés. Ses doigts plongèrent entre les grains froids qui glissaient sur sa peau tout doucement et s’infiltraient sous ses ongles. Elle en sortit des coquillages tout ronds ou bien rayés, en forme de coquille d’escargot ou entortillés sur eux-mêmes, il y en avait aussi des cassés comme des roses, des gris, des blancs et ah un nacré ; minutieusement, elle n’entassa que les blancs entre ses pieds.

Les oreilles d’Eugénie se coloraient de rose et elle souriait de ce plaisir un peu nostalgique des souvenirs d’enfance de trouvailles qu’elle avait un jour fait sous le même ciel bleu. Elle format rapidement un petit monticule de vingt, trente, peut-être quarante coquillages.

« Je crois que je vais devoir choisir ensuite, au pire s’il y en a trop on peut toujours faire plusieurs colliers ou les ranger dans une boite. Ce sera bien, oui, sur une étagère. Tu as des étagères libres ? Je crois que j’ai jamais vu chez toi. »


J'ai percé mes paupières pour regarder tout ce que je ne peux pas voir quand j'ai les yeux fermés.
avatar
Membre

"Only the sound of footsteps broke the dead's silence. One, two, thump. One, two, thump. One, two, thump. And, every time, she expected stillness. She expected the silence to stretch forever as she slipped and fell through bottomless holes, one after the other.

One, two. She held her breath. Two beats of her heart. The infinity of time.

Thump.

But there was no comfort in the way she so easily cheated death with every footstep. Only the inevitability of a life she no longer owned. She no longer deserved. "
Nom de code : anjaknowit
Avatar : Megurine Luka - Vocaloid

Messages : 65
Messages rp : 33
Date d'inscription : 30/04/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 13 Sep 2017 - 7:25
sundaze
Il y a cette dimension dans ce que tu ressens pour Eugénie, ce qu'elle te fait ressentir, les explosions galactiques qu'elle déchaîne au milieu de ta poitrine pour faire de la place pour tous les papillons; il y a ce savoir que tu sais ce que c'est l'amour parce que tu l'as déjà ressenti, et que peut-être que c'est ça. Peut-être que tu es amoureuse d'Eugénie et de son sourire et de ses yeux qui ont capturé ton cœur et t'empêchent toujours de respirer - mais tu te refuses à être amoureuse et c'est bien là qu'elle se démarque; parce qu'elle ne te fait pas te poser la question. Jamais tu ne penses lorsqu'elle envahi ta vie, jamais tu ne te poses de questions, jamais quoi que ce soit d'autre que sa présence - celle qui te fais t'envoler, celle qui te consume jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de toi que cet essaim de papillons qui forment tout ce que tu constitues, et qui se pose sur le bout de sa peau de ses lèvres comme tu aimerais les explorer - n'habite tes neurones. Tu perds la tête, peut-être l'as-tu déjà perdue, quelque part entre toutes les étoiles de ses joues et de ses yeux. Et comme tu t'oublies, ses sourires se plaquent sur tes lèvres (moins littéralement que tu l'aimerais), et tu as la légèreté de toutes ces ailes qui battent entre tes côtes.
Un instant, alors qu'elle s'applique à chercher des coquillages, tu restes plantée là avec ton cœur dans la gorge et tu contemples l'univers dans chacun de ses mouvements. Comme si le temps allait s'arrêter, comme si ton vœux allait s'exaucer, et que tu allais pouvoir l'observer entre les plis de l'éternité. Là où s'est cachée cette sensation comme des millions de minuscules étoiles là où elle avait posé ses doigts - là où ton poignet picote de cette chaleur solaire, à l'endroit où ta peau se souvient déjà de son contact et t'exhorte de le retrouver.

Sans jamais revenir à la réalité tu prends la décision de te mettre à chercher quelques coquillages toi aussi, puisque tu aimerais voir son sourire briller comme il s'est brûlé dans tes rétines. Et pourtant alors que tu enfouis tes mains dans le sable et que tu lâches Eugénie des yeux, les papillons dans ton thorax se contentent de continuer de battre des ailes, te chatouillant les poumons, érodant tes entrailles jusqu'à ce qu'elles ne soient que l'immensité, le vide de l'espace (puisque tu espères un jour le percer de ses étoiles). Chaque coquillage sur lequel tu poses tes doigts te semble si fade lorsque tu lèves les yeux vers elle, et pourtant sans un mot tu les poses à tes pieds. ‟On peut en faire plein de colliers, les accrocher quelque part ou quelque chose comme ça.” Parce que tu aimerais garder toutes les preuves qu'Eugénie est réelle, et pas seulement un produit de tes rêves les plus fous.
Lorsqu'elle mentionne qu'elle n'est jamais venue chez toi ton estomac se désintègre sous le poids des papillons; tu l'imagines, une fraction de seconde, assise dans ton quotidien comme tu veux t'immiscer dans le sien (et tu oublies Hayden, tu oublies la balance dans la salle de bain, et le miroir dans ta chambre) et le cœur que tu n'as plus s'envole. ‟Je trouverais sûrement de la place. Et puis tu ne manques pas grand chose, c'est rien d'exceptionnel chez moi.” (Mais rien n'est exceptionnel quand elle t'engloutis, quand tu essaies de le comparer à elle.) ‟J'ai jamais vu chez toi non plus, d'ailleurs.” Même si tu l'as imaginé cent fois, comme tu imagines l'odeur de ses draps et la chaleur de sa présence. ‟Faudra que tu m'emmènes, un jour.” Et tu as l'impression de te jeter à l'eau, avec ton cœur au bord des lèvres et tes lèvres que tu retiens pour ne pas vomir tous tes papillons jusque dans sa gorge.
Contenu sponsorisé
Revenir en haut
Voir le sujet précédentVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum