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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

une nuit en plein jour. (eugénie)

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Personnage : il est de ces gens qui ne se distinguent pas des autres. ni fragile ni fort, il est une force tranquille qui cherche à s'intégrer. patient, il observe le déroulé des saisons, attend son œuvre. sora n'est pas pressé. il n'a plus envie de vivre son existence pour lui-même - il cherche quelqu'un, un ami pour qui il offrirait sa vie. alors souvent il erre à pallatine. il sait se défendre. il ne se soucie pas vraiment des dangers. on dirait parfois qu'il n'est pas vraiment là, qu'il ne s'est jamais vraiment rendu compte qu'il avait quitté la terre.
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posté le Ven 23 Juin 2017 - 19:13 (1)
La futilité de sa tentative apparut très clairement à Sora lorsque retentirent les premières notes du générique. Dans la salle presque désertée, où était projeté un film qui n'intéressait presque personne, Sora aurait presque pu tenter de s'intéresser à la projection. Mais les couleurs fades qui se peignaient à l'écran, les notes mélancoliques et trop hachées de shamisen, et cette lenteur des mouvements, des voix posées s'exprimant dans un souffle, tout cet ensemble berçait Sora et le poussait lentement dans les bras de Morphée. Il cligna des paupières, s'efforçant de faire battre en retraite le sommeil qui frappait à sa porte, mais la lutte était inégale. Il ne voulait pas admettre qu'une nuit blanche, que deux nuits blanches, qu'une veillée, que deux veillées, et ce travail dans lequel il s'enfonçait comme on plonge dans la mer, la tête la première, pouvait avoir raison de son endurance. Solide gaillard, il refusait de croire qu'il pouvait trouver aussi facilement ses limites physiques : il lui semblait qu'il pouvait encore repousser les premières barrières qu'il croisait, et passer de l'autre côté ne devait être guère difficile, il suffisait d'un misérable pas. Un pas qu'il avait de plus en plus de mal à faire ; et puis, franchir l'obstacle ne suffisait pas, car il fallait continuer le chemin. Sora n'en était peut-être plus capable. Il n'aurait pas dû arpenter la ville de fond en comble, il n'aurait pas dû partir en dehors de ses limites, il n'aurait pas dû se battre. Oui, il y avait cette voix dans sa tête qui ne cessait de lui dire : mais il ne sera jamais là, et elle insistait pour ne jamais prononcer son prénom, car il savait que son cœur se serait serré. Il le faisait déjà en pensant à cette campagne qu'il avait quitté ; oh, mais c'était là un de ces films contemplatifs, par certains côtés plus documentaires que fictions, où la poésie se mêlait au réel. Il ne s'y passait jamais grand-chose, mais Sora n'en avait cure : il se sentait jamais généralement apaisé par ce genre de productions. Peut-être trouvait-il à l'intérieur cette beauté qu'il avait toujours poursuivie, la beauté du regard qui se posait sur le monde - et il la figeait dans les mots, dans les concepts, dans les images rémanentes qui déformaient le vrai. Elle était cette souffrance que Sora ne parvenait pas à surmonter, ce mensonge qu'il s'accordait par convenance ; et puis ses yeux s'ouvraient alors sur cette autre proposition, et il pouvait en pleurer (à ceci près que ses yeux restaient secs, car il ne savait pas verser de larmes). Et aujourd'hui encore, les choses auraient dû se dérouler ainsi. La fatigue venait balayer ses espoirs comme un soudain coup de vent, et bientôt Sora abandonna.

Peut-être ne devait-il pas voir ce film qui parlait de son pays natal, à une époque qui était la sienne. Cela devait valoir mieux.

Il se renfonça dans son fauteuil, laissant reposer sa tête contre le dossier de tissu, les mains croisées sur le ventre. Ses yeux se renfermèrent, et très vite le sommeil le gagna. Sora sombra dans un sommeil sans rêve. Il rêvait souvent, mais il ne s'en souvenait jamais ; ce jour-là, son cœur était peut-être un peu frustré de ne pas avoir su résister, pourtant il y avait une curieuse paix en lui, une paix qu'il n'avait plus connue depuis que son meilleur ami lui avait arraché.
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Personnage : « we have calcium in our bones, iron in our veins, carbon in our souls, and nitrogen in our brains. ninety-three percent stardust, with souls made of flames, we are all just stars that have people names. » nikita gill
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posté le Dim 25 Juin 2017 - 12:13 (2)
Son soupir ricocha contre les murs sombres du hall vide tandis qu’Eugénie se laissait lentement glisser sur le bureau en faux-bois, que ses doigts pianotaient machinalement sur la caisse enregistreuse ou que ses yeux cherchaient une énième fois l’horloge en comptant chaque –interminable- seconde. Seuls quelques oiseaux nocturnes semblaient parfois fréquenter le cinéma à des heures trop tardives pour le commun des mortels, un mercredi soir, brisant de temps à autre le silence d’un film muet de sa soirée. Alors, Eugénie leur inventait des histoires, des passés tumultueux ou des vies extraordinaires, à toutes les époques et à tous les endroits. Elle répondait à des pourquoi inexistants pour combler le silence, pour gagner un peu de temps et probablement pour ne pas répondre aux siens.

Et Eugénie attendait, parce qu’elle savait qu’il n’en y aurait plus pour longtemps. Elle ne connaissait que trop bien cette partition d’habitudes parfaitement huilées : ici ou ailleurs, la routine avait toujours le son d’un métronome. Peut-être qu’elle n’était pas partie assez loin pour rattraper le bonheur pourtant elle avait crû dépasser le bout du monde cependant, elle n’y avait trouvé que l’ordinaire – comme si l’ordinaire était collé à la semelle de ses converses.

Elle avait vendu à un couple d’hiboux des tickets pour la dernière projection d’un film obscur ; à coup sûr, c’était les derniers ce soir, elle en était certaine parce que les jours ne faisaient qu’inlassablement se répéter. Ces soirs-ci, Eugénie fermait un peu plus tôt. Elle rangeait et comptait méticuleusement la caisse enregistreuse, descendait les stores du guichet, déboutonnait les premiers boutons de sa chemise puis, elle partait en catimini comme si elle craignait de manquer à la routine. Alors, elle longeait les couloirs jusqu’à s’arrêter devant une salle – trois, sept, neuf, peu importait – au petit bonheur la chance, au bon vouloir du hasard et elle s’y glissait sur la pointe des pieds. La salle était souvent à peine peuplée, voire déserte – Eugénie se demandait parfois si les gens n’y venaient pas simplement pour dormir.

Ce soir, elle ne vit personne. Elle se laissa tomber sur un siège, toujours avec cette discrétion que semblait imposer inconsciemment les salles de cinéma. Les images d’un autre monde au son d’une langue qui lui était inconnue défilaient sur l’écran. C’était des champs interminables bercés en été par le chant des grillons et des immeubles qui crevaient le ciel portant des inscriptions mystérieuses alors qu’elles ne devaient dire en réalité que tabac presse ou laverie automatique. C’était d’une incroyable banalité mais, cela avait un goût d’aventure dans la bouche d’Eugénie, un goût d’inconnu qu’elle cherchait désespérément. Peut-être que c’était pour ça qu’Eugénie aimait bien le cinéma, parce qu’elle y trouvait des histoires à se raconter.

Alors, qu’elle se laissait doucement porter par le rythme contemplatif - un peu traînant diront les critiques de blockbuster - de l’œuvre, Eugénie entendit la grosse voix du manager remplir les couloirs du bâtiment. Presque instinctivement, elle se laissa glisser jusqu’au sol juste avant que la porte ne s’ouvrit lourdement. Elle eut du mal à comprendre les chuchotements enflammés mais, il lui semblait avoir déclenché un ouragan après tout, c’était comme si le manager n’était jamais aussi agité que à ses trousses. Ainsi, elle ne perdit pas plus de temps à ramper en contre-bas puis, se faufiler dans une des rangées centrales en espérant y être le moins visible. Elle n’osa pas lever les yeux en entendant les pas lourds étouffés par la moquette de ses poursuivants se répandre dans la salle.

Il semblait à Eugénie que son cœur allait exploser dans sa poitrine en un feu d’artifice, il tapait si fort qu’elle n’entendait plus la musique de la projection. Elle se trainait plus vite sous les sièges en se mordant nerveusement la lèvre inférieure, espérant sûrement y disparaitre jusqu’à ce que sa tête se cognât contre quelque chose. Un instant, Eugénie resta perplexe face à la paire de baskets sous ses yeux – y avait-il quelqu’un finalement ? – puis, elle releva lentement les yeux vers un adolescent. Elle l’aurait fixé avec hébétude comme s’il ne devait pas être là si les pas lourds des employés ne la ramenèrent pas à la réalité. La jeune fille posa un doigt sur son sourire suppliant pour lui demander le silence et il lui semblait avoir croisé le regard de l’inconnu tandis qu’elle se roulait en boule sous le siège voisin.

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J'ai percé mes paupières pour regarder tout ce que je ne peux pas voir quand j'ai les yeux fermés.
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posté le Jeu 29 Juin 2017 - 20:22 (3)
Ses rêves étaient si légers qu'ils ne resteraient pas. Ils n'exerçaient pas la pression suffisante sur son esprit pour qu'il pût s'en souvenir à son réveil. Mais il garderait d'eux l'impression diffuse de sérénité qui s'en dégageait. On disait que l'on rêvait en noir et blanc, mais pour Sora, ces songes étaient pastels ; des roses tendres, comme les fleurs de cerisier pâlissant à la tombe de la nuit, des blancs cassés qui n'agressaient pas la rétine de leur pureté, des verts d'eau évoquant les ondes calmes des étangs, des gris de lin et des céladons évaporés. Ce monde-là lui rappelait les jardins au printemps, à l'éclosion des boutons des fleurs et des bourgeons aux arbres. Il était si agréable qu'il n'avait nulle envie de revenir à la réalité. D'ailleurs, celle-ci avait presque disparu de ses préoccupations ; il ignorait où il se trouvait vraiment, et ne percevait pas les tiraillements de ses muscles torturés par une position inconfortable, impropre au sommeil. Il ne restait plus qu'un seul lien : un visage d'une grande douceur, aux traits ronds et délicats, la figure d'un saint martyr parsemé d'incarnats. Jun. Le prénom brisa la tranquillité un l'instant, mais les couleurs demeurèrent. Bientôt Sora se sentit à nouveau en paix avec lui-même. Il n'était pas seul dans ses songes, c'était tout ce qui comptait.

Il se réveilla brusquement, mais ce réveil n'eut pas la brutalité des éveils subits ; ce fut pourtant bien un choc qui le tira des bras de Morphée, mais sans l'en arracher. Une légère collision avait délicatement frappé à sa porte, et Sora ouvrit les yeux. A ses pieds, il y avait une jeune femme accroupie, semblant visiblement chercher la discrétion. S'il eût été plus réveillé, il se serait probablement gaussé de la situation ; cependant, ses yeux plein de sommeil observèrent la jeune femme avec hébétude. Ses longs cheveux bruns lui tombant devant le visage lui rappelaient une cascade, et il fut persuadé que c'était un des éléments de ses rêves. Était-ce un signe ? A ses oreilles, la musique s'était accélérée ; les notes rapides tentaient de créer une tension qui finit par jaillir dans le cœur de Sora. Cela acheva de la réveiller, plus encore que la présence de la jeune femme ; mais il y avait dans cette subite convergence des évènements, la musique qui se hâtait alors même que la jeune femme tentait de se précipiter vers la sortie, et son réveil trop complaisant pour qu'il pût s'en plaindre, quelque chose de grandiose, de sublime même. En cet instant, Sora crut à la transcendance. Il en fut soufflé.

Mais la porte s'ouvrit ; s'il avait tendu l'oreille, peut-être aurait-il entendu des bruits de pas et de voix dans le couloir. L'écran projetait sur lui des teintes orangées ; sur la toile figurait un coucher de soleil, un soleil couchant qui évoquait tant la fin que l'on ne pouvait que jeter sa vie aux orties. Sora observa un homme entrer dans la salle ; il lui jeta un regard mauvais. Il n'avait pas envie qu'il s'approchât, non parce qu'il désirait sauver la fille, mais il craignait que leur position respective ne fût mal interprétée. Puis il reporta son attention à l'écran, comme s'il était passionné par le film. L'orange vira au rose, et sa gorge se serra. Il ne sut pas pourquoi, mais il fut persuadé qu'il s'agissait là de la tombée d'une nuit de printemps mêlé d'été.
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posté le Dim 2 Juil 2017 - 19:56 (4)
Les genoux pressés contre son torse et le corps plus tendu qu’un doigt sur une gâchette, Eugénie n’avait pas pu s’empêcher de fermer les yeux très forts pour contenir les battements de son cœur. Le tintement du koto s’était intensifié et il sonnait comme des tambours au rythme du martèlement contre ses côtes. Ça lui torpillait les viscères en un carnage de sueurs froides. Et sur les parois de sa tête en pagaille se projetaient encore les images pastelles de la campagne battue par le soleil et creusée par les rizières que l’on voyait par la vitre de la voiture ; elles tournaient en boucle, comme sur automatique.

Les secondes ne ressemblaient même plus à des secondes, elles s’étaient accrochées aux étoiles sur ses joues ou elles étaient peut-être parties en voyage mais, elles avaient un sens d’infinité qui faisait qu’Eugénie n’arrivait plus les compter. Elle attendait, sans vraiment savoir si elle allait se noyer ou bien s’échouer. Pourtant ça lui tordait le visage, ça lui chauffait les joues et ça lui faisait des papillons dans l’estomac toutes ces variables inconnues ; elle avait le cœur au bord des lèvres, une envie de vomir mais, Eugénie aurait voulu se repeindre de toutes ces couleurs le temps d’une éternité.

Elle entendit les pas lourds sur la moquette ramper dans la pénombre de la salle de cinéma, faisant vibre le sol à la lueur des couleurs d’un crépuscule. Il y eut un léger raclement de gorge, poli, timide de ceux qu’on vous apprend comme le sourire de commerçant, celui qui a la chaleur d’un feu de cheminée.

« Eeerm…bonsoir, vraiment désolé de vous déranger est-ce que par hasard vous auriez entendu quelqu’un d’autre rentrer ? »

La voix se cassait, excessivement gênée alors qu’elle débitait des mots à la vitesse d’un TGV. Eugénie crût reconnaitre Moriarty, une espèce de blanc-bec un peu maladroite et aux lunettes rondes qui lui mangeait le visage avec des bras interminables à ne plus savoir qu’en faire. C’était ce genre de garçon que l’on disait gentil pour ne pas dire un peu bête, qui avait toujours l’air d’avoir été laissé là sur un bord d’une autoroute.  

Eugénie avait retenu son souffle au creux de ses coudes et contracté jusqu’à ses doigts de pieds dans ses converses sales. Elle ne savait pas si Moriarty était seul, elle ne savait pas si le garçon l’avait dénoncé, elle ne savait pas si demain mais, c’était ça qui rendait le quotidien un peu vibrant. Elle tombait et peut-être qu’il n’y aurait pas de branches pour se raccrocher alors, elle se demandait quel bruit ferait son corps quand elle toucherait le fond, si elle soulèverait un océan avec ses os éclatés ou si elle ne serait qu’un murmure. Elle se demandait s’il y aurait autre chose que des tissus perforés, des entrailles et beaucoup d’hémoglobine, quelque chose à en faire pâlir les anges.

Alors, Eugénie calculait déjà le chemin vers la sortie entre ses expirations étouffées, prête à bondir, prête à courir.


Note:
hey rip méga rip je savais pas trop à quel point je devais faire avance l'histoire tbh si je devais m'arrêter là ou pas. eh si tu veux que j'aille un peu plus loin eh voilà tu peux m'envoyer un mp et j'essayerai de rajouter de la matière

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posté Hier à 22:31 (5)
Sora se savait sensible, mais d'une curieuse façon. Cela dépassait la simple empathie, cette émotion bizarre que l'on ressent face à un autre visage ; c'était plus profond que cela. Il lui suffisait d'un air doux, d'un souffle dans le dos, d'une couleur pâlissant sous l'éclat du soleil - et voilà qu'il s'envolait ailleurs, que son cœur faisait des bonds dans sa poitrine. Il était condamné, Sora, parce qu'il avait trop de vie à l'intérieur, un vide qui ne demandait qu'à se combler, et qui aspirait tout ce qui passait autour de lui. Le seul temps qui passait suffisait à réduire son cœur en miettes. L'attente était lourde, presque sépulcrale ; chaque respiration qui s'échappait de sa poitrine semblait être la dernière. Il n'aurait jamais dû céder à cet élan de nostalgie, songea-t-il ; il aurait dû admettre que le passé s'était éteint, qu'il pouvait tirer une croix sur ces évènements qu'il aimait tant qu'ils lui faisaient mal. Son pays était mort avec une part de lui-même. Mais il n'était pas prêt à l'admettre. Sora avait vu ce que le deuil pouvait faire - cela vous dévastait. Il ne voulait pas se laisser ravager par cette douleur-là.

Heureusement pour lui, l'homme qui venait d'entrer lui fournit une excellente distraction ; et Sora l'observa pendant quelques longues secondes en silence. Il évalua son profil ; un type probablement gentil, mais il était sans doute celui que la jeune femme fuyait. Sora savait que les apparences ne faisaient pas tout, et qu'il devait juger selon ses propres critères : une femme qui fuit, un homme qui poursuit. Il n'en avait pas besoin de plus. Du reste, il sut quoi dire sans avoir à mentir : Non, personne n'est rentré, désolé. Le ton était d'une grande douceur, semblant compatir avec cet homme qu'il embrouillait volontairement. Mais c'était vrai : il n'avait entendu entrer personne. Si elle l'avait fait pendant son sommeil, il ne pouvait avoir perçu le son caractéristique de la porte s'ouvrant. Et l'homme dut lire sa sincérité, car après un simple ah, okay, il s'en alla d'où il était venu. Sora attendit que la porte se refermât sur lui avant de tourner la tête vers la jeune femme et de lui dire, d'un ton identique à celui qu'il avait employé : Tu peux te relever à présent. Bien que tu ferais mieux de m'expliquer pourquoi j'ai dû te couvrir. Sora espérait qu'il ne lui faisait pas trop peur. Il ne voulait pas se mêler de ce qui ne le regardait pas, mais il était curieux. Que se passait-il donc pour qu'elle tentât de se cacher ainsi ? Inconsciemment, le Japonais avait envie de l'aider. Il ne s'en rendait même pas compte. C'était sans doute la preuve qu'il était perdu ; un damné du paradis, condamné à tout faire pour oublier qu'il n'était qu'un gamin.
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