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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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Encounter with the Devil - Ft. Seung Joo

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Clan Iwasaki

Il ne sait pas se battre, il ne fait peur à personne. Tout ce qu'il a c'est une addiction aux calmants et des compétences de chirurgien. Il trouve son utilité dans les rangs d'Iwasaki en participant au trafic d'organes. Il garde secrète son allégeance. Plus facilement détestable qu'approchable, son sens pragmatique le rend tout de même utile, la plupart du temps.
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le Sam 24 Juin 2017 - 23:21
Encounter with the Devil


Bientôt 21h. Junji lève le nez des documents qui jonchent son bureau. Les journées commencent doucement à se rallonger, mais ça ne change rien pour lui. Lorsqu'il songe à rentrer, c'est toujours au moment où l'obscurité englobe la ville. Comme si j'avais le choix, songe-t-il en passant une main lasse sur visage. Quand a-t-il pour la dernière fois quitté le travail à une heure dite décente ? Ses horaires s'étirent pour mieux accommoder le crime organisé depuis qu'il y a mis un pied - et dieu sait que les gens y appartenant ne connaissent pas la notion « d'heures raisonnables ». Peut-être est-ce une question de tradition, que tout se passe la nuit, mais le chirurgien n'y a jamais adhéré - n'a pas pu. Il l'a cherché, dira-t-on. Vous n'avez pas tort, dira-t-il.

Aujourd'hui encore, il est retenu à son bureau - sa situation l'oblige. Il n'y a plus personne, pas un blessé ou un malade dans la petite salle d'examen. Pourtant, il reste là, en attente d'une urgence quelconque (quand le sommeil ne se fait pas trop ressentir, il en profite pour rester plus longtemps sur place - c'est moins embarrassant pour les membres de son clan et c'est beaucoup mieux que de se faire réveiller une heure après avoir atteint son lit), mais aussi pour réceptionner une commande importante. Hors de question de laisser n'importe qui s'en occuper à sa place, ou même de demander de laisser la livraison à un endroit particulier - ce n'est pas le genre de service qui se demande, vu la nature du colis. Il n'y a que lui qui peut s'en occuper - car il s'agit avant tout d'une affaire personnelle.

Certes, une livraison à son bureau médical n'a rien d'étonnant (c'est entre autres pour cette raison qu'il choisit ce lieu) ; il pourrait s'agit de n'importe quelle drogue légale (ou non) utilisée dans son cabinet. On ne se douterait pas qu'il s'agit de ses bêtabloquants - et puis, généralement, il évite de trop en parler. C'est sa honte secrète - sa seule faiblesse, selon lui. Et non, il vaut mieux que pas trop de gens soient mis au courant. Il n'est pas naïf ; il sait dans quel genre de monde il évolue. Un mot de trop et ce ne sera pas long avant de se retrouver avec un couteau planté dans le dos. Les personnes en qui il peut avoir confiance (relativement) se comptent sur les doigts de sa main - et malheureusement, jamais il ne demanderait à une d'elle de s'occuper de cette tâche. Il a trop peur.

Question de se délier les jambes, il se lève et sort à l'extérieur, juste dans le cadre de la porte. La fraicheur de la nuit ne le dérange pas - sa piqure le réveille. Il restera là quelques minutes, le temps de se rafraîchir, avant de retourner entre ses quatre murs stérilement étouffants.  Il n'a rien à faire ; il ne fume pas, n'a jamais essayé, n' a pas l'intention de commencer - il a assez de comportements autodestructeurs comme ça, merci. Alors il croise les bras et laisse son regard se perdre dans la nuit de Pallatine, profitant de son silence - pour une fois.

Il ne se doute pas que ce calme ne durera pas.




« [...] the real cynics are the ones who tell you everything's gonna be all right. »
-George Carlin

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il était un de ces monstres qui sommeillent dans vos placards d'enfance. un homme brisé par l'existence, qui s'était réfugié dans un personnage pour annihiler ses souffrances. et pour seung joo, le temps passa. c'est désormais un garçon capable de s'adapter, et qui de plus en plus s'adoucit. la violence qui l'environne s'apaise progressivement. bientôt, croit-il, il trouvera l'équilibre qui lui offrira la clé du bonheur.
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Pendant longtemps, Seung Joo a passivement observé. Son existence ressemblait à une bobine qui lui aurait échappé des mains, et qui se dévidait au loin, si loin qu'il ne pouvait plus la rattraper. Entre ses doigts, il n'en restait plus qu'un fil, si frêle qu'il pouvait le briser s'il le désirait. Et un jour, il s'est mis à courir. Il ne croit pas qu'il soit possible de rattraper les années perdues ; elles sont parties en fumée, et même l'Institut ne saurait les lui rendre. Mais il peut les combler par autre chose. Par une envie de vivre, tout simplement. Alors Seung Joo a tenté de rattraper la bobine, et il a dit qu'il changerait. Il a dit qu'il deviendrait l'homme que l'on voudrait de lui, car il sait que cet homme-là sera l'écho de ses rêves. Le Coréen ne cherche pas à être quelqu'un en particulier : il veut juste être. Il y a peut-être quelqu'un qui se cache, derrière ce revirement de situation.
Alors que le soir tombe sur une journée qui lui a paru trop chaude pour la saison, Seung Joo enfile une veste légère anthracite, couvre son visage du masque des cauchemars, et va chercher la livraison. Hwang Seung Joo, livreur ; voilà une nouvelle étiquette qui sonne pauvrement à ses oreilles, comme s'il était à nouveau au bas de l'échelle ; et peu importe - il ne rêve pas des sommets d'où il pourrait darder sur le reste du monde un regard condescendant. Il a le fantasme du calme, ne souhaite rien tant que de calmer la fureur de ses poings ; être quelqu'un d'autre, un homme qui évolue dans la violence plutôt que d'en être le jouet. Et derrière ses paupières placides, il veut qu'une lueur douce, mais dangereuse, brille dans ses deux yeux.

Il connaît le quartier par cœur ; longtemps il en a battu le pavé, longtemps il a flotté sur les ailes de la nuit pour en découvrir le moindre recoin. Mais il est malgré tout des zones d'ombre que nul ne peut lever par lui-même : il a beau avoir gravé le moindre détail des façades hybrides dans sa mémoire, il ne sait pas ce qui se cache derrière. Ici, il sait qu'il y a beaucoup d'intellectuels ; des médiateurs, des médecins, des comptables se rassemblent un peu à l'écart de la plèbe, dans des appartements qui l'auraient fait rêver si seulement il avait aspiré à posséder quelque chose. Peut-être, un an plus tôt, Seung Joo se serait-il senti mal à l'aise, possédé par un sentiment de jalousie qui portait moins sur l'envie matérielle que sur l'aspiration à mener la même vie confortable. A présent, résigné, il en est aussi plus heureux : son existence, telle qu'elle s'est déroulée, a un sens. Il tient contre lui la valisette contenant les produits, dont il comprend à peine l'utilité - il lui semble qu'il s'agit de médicaments destinés aux personnes ayant des problèmes cardiaques, mais bon, visiblement on peut se droguer à tout et n'importe quoi. Lui qui est croupier, il sait que pour certains, la came ce sont les jeux d'argent. Il ne doute pas que sa diaspora est riche, avec cela ; la question est alors de savoir à quoi sert cet argent. Qu'achète-t-on si on ne peut se payer le bonheur ? C'est une question qui interpelle Seung Joo. Toutefois, il n'a pas vraiment d'en trouver la réponse ; cela lui paraît stupide.
Son œil droit lui fait mal. Rougi par une infection, il est envahi par une légère douleur, et lorsque Seung Joo regarde devant lui, les frontières entre les différentes choses lui paraissent bien floues.
Les lampadaires éclairent faiblement le pavé ; ils sont mal réglés, émettent une lumière jaunâtre qui parfois clignotent, donnant à la rue un air malade, fatigué, qui sied mal à l'importance des appartements. Un éclat de rire parcourt son torse, avant de mourir au creux de ses lèvres. Et le voilà avec son masque, avec ses tourments, en train de glisser sous cette lumière comme une créature de songes. Seung Joo ne cherche pas à effrayer le client, mais il ne veut pas mentir. Il saura se faire accepter comme il est, avec ses allures de monstre. Il veut y croire.
Puis il aperçoit enfin le client.

Il ne le reconnaît pas tout de suite, mais au bout de quelques secondes (et il s'étonne de cette facilité, surtout avec ses yeux malades), un nom et un visage s'imposent à lui. La première émotion que Seung Joo ressent est de la peur. Une peur primaire, primitive, dénuée de tout fondement ; et il se déteste à cause de cela. De quoi a-t-il peur, au juste ? certainement pas de Junji ; cet homme ne mérite pas son respect, quand bien même il a pu se montrer conciliant ; mais il a face à lui quelqu'un de dangereux pour lui. Un homme qui pourrait bien détruire toutes ses ambitions et balayer ses espoirs. Et pourtant, il tient désormais un secret en main. S'il achète des bêta-bloquants aux Aces en prenant tant de précaution, c'est qu'il désire cacher cet achat qui n'a probablement rien à voir avec ses activités. Mais Seung Joo ne désire pas avoir affaire à quoique ce soit avec lui, il ne veut pas porter ce poids. Heureusement que son masque coupe toute vision de ses lèvres tremblantes. Il s'approche en luttant pour retrouver son calme, et il y arrive. Quand il se poste devant Junji, il le toise d'un ton sérieux, ôte le masque d'un geste rapide, et s'incline obséquieusement devant lui, comme un acteur montant sur les planches salue son public.
« Votre livraison est arrivée, monsieur Ohno. »
Son ton mielleux contraste avec la dureté habituelle de sa voix. Relevant les yeux, il darde son regard écarlate sur Junji. L'œil qui ne voit pas, et l'œil qui s'abîme. Il n'arrive pas tout à fait à distinguer ses traits, mais il est à peu près persuadé d'être capable de saisir l'essence des émotions qui traversent le visage du Japonais.
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Clan Iwasaki

Il ne sait pas se battre, il ne fait peur à personne. Tout ce qu'il a c'est une addiction aux calmants et des compétences de chirurgien. Il trouve son utilité dans les rangs d'Iwasaki en participant au trafic d'organes. Il garde secrète son allégeance. Plus facilement détestable qu'approchable, son sens pragmatique le rend tout de même utile, la plupart du temps.
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La nuit et le froid enveloppent Junji dans une étreinte confortable. Bien appuyé dans le cadre de la porte, ses bras croisés autour de son torse, il laisse sa tête se relâcher et ferme les yeux quelques secondes - ne somnole pas. Il n'a pas sommeil, pas encore, mais il trouve une certaine paix à cet instant. Les bruits ambiants se confondent et se perdent pour devenir une onde sonore qui rythme ses pensées - lent, constant, comme le bruit les vagues s'échouant contre des rochers. L'air naturellement frais lui fait le plus grand bien - rien à voir avec la climatisation. Ce n'est peut-être pas l'oxygène le plus pur (il n'oublie la pollution ambiante propre aux grandes villes et aux quartiers sales), mais il en a l'habitude. Tout sa vie il l'a vécue en citadin. Les gratte-ciels, les néons et les rues étroites ne lui font pas peur - ils lui rappellent sa jeunesse, à quelque part. Peut-être que s'il ouvre les yeux maintenant, il ne se retrouvera plus dans cette ville infernale, mais plutôt sur son balcon, à LA. Son angoisse de vivre aurait disparue et il ne vivrait plus comme une marionnette au bout des doigts de la mafia locale. Il serait tellement bien, loin de tout ce qui pourrit son existence, loin de ses problèmes, de ses déceptions... Mais lorsque ses paupières s'ouvrent, il désenchante. Sa vie n'est pas celle dont il rêvait.  Ne le sera jamais. Il doit s'y faire.

Un frisson parcourt son échine. Le temps devient inconfortable. Il devrait rentrer avant d'attraper froid. Il pivote sur ses pieds, mais arrête immédiatement ;  un mouvement dans l'obscurité attire son regard. Incertain, il s'arrête, reprend sa position initiale. La forme se meut tranquillement. Avance-t-elle dans sa direction ? La chose est encore trop loin pour qu'il le sache. Plus curieux qu'inquiet,  il décide d'attendre et de guetter. Sous la lumière des lampadaires, il reconnait une silhouette humaine. À nouveau, il est pris d'un frisson ; mais il ne s'agit plus du froid. L'être lui rappelle vaguement quelque chose. Un sentiment de crainte se glisse en lui. Peut-être qu'il ne devrait pas rester là à le fixer...

Or, à un moment, il devient clair que l'homme (car il doit bien s'agir d'un homme) se dirige vers lui. Ce constat le rassure : si ça se trouve, il s'agit tout simplement de son livreur. Voilà, aucune raison de s'inquiéter ! Ce n'est pas le même type que d'habitude (il n'y a jamais eu de type « habituel »), mais est-ce réellement étonnant ? Dans cette diaspora de fou, n'importe quoi peut arriver - et si le clan d'Iwasaki lui assure une certaine sécurité, il n'est pas dupe et a conscience du danger qui le guette presque à chaque coin de rue. La cause de décès non-naturelle la plus populaire n'est plus les accidents de voiture, disons...

L'homme s'approche encore un peu. Junji distingue maintenant son visage... ou plutôt l'horrible masque qui couvre sa bouche. Un nouveau vent d'angoisse l'entoure. Évidemment, personne n'a l'air très régulier dans cette ville, mais à ce point... Qui diable voudrait se faire passer pour une sorte de monstre ?

Ce n'est que trop tard qu'il réalise qu'il fait face à un réel monstre.

Il reconnait cet œil borgne - reconnait ce visage, maintenant que le masque est arraché. Et ce n'est plus l'angoisse qui l'habite, mais bien la peur.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » Il ne l'a pas écouté, n'a pas encore remarqué la petite valise qu'il porte dans ses mains. Réellement, il ne comprend pas pourquoi cet être est venu à sa rencontre. Qu'est-ce qu'il peut bien lui vouloir ? Oh non. Il serait venu pour se venger ? À cette pensée, le chirurgien ressert ses bras contre lui, inconsciemment. Certes, la manière dont il s'est comporté lors de leur première rencontre pourrait facilement alimenter ce  désir - lui-même, à bien y penser, n'aurait certainement pas digéré les mots qu'il a lancé (mais sur le moment, il lui semblait que c'était totalement justifié - quelle erreur). Alors il ne peut s'agir que de cela - le Coréen n'est là que pour lui défoncer le crâne, c'est la seule explication possible... jusqu'à ce que ses yeux se posent (enfin!) sur la valise qu'il porte.

Tout fait beaucoup plus de sens soudainement.
Mais ça ne le rassure pas - au contraire.

Qu'est-ce qui serait mieux, entre se faire égorger ou de voir son secret tomber entre les mauvaises mains ? Comment est-ce que cela a pu arriver ? La vie a réellement une dent contre lui. Il voit déjà sa vie se changer en enfer : non seulement il est à la merci de sa diaspora, mais aussi de cet individu. Car nul doute qu'il possède maintenant la meilleure arme pour se venger ! Son existence est complètement foutue. La seule option qui lui reste, pour espérer le meilleur (le moindre des maux), c'est de parvenir à s'excuser, à montrer qu'il regrette - et encore, c'est en supposant que cela soit assez pour qu'il soit pardonné (on ne sait jamais avec des types comme Seung).

... À la condition bien sûr qu'il ait compris ce qui se trouve dans la mallette. Est-ce le genre d'information qu'on communique aux livreurs ? Junji se le demande. Si ça se trouve, son cas est encore bon. Ça le rassure, à moitié. Discrètement, il soupire, délie enfin ses bras - simule la détente après sa première réaction défensive.

« Pardon. J'ai été surpris » (des excuses) « Combien je te dois ? »

Oui, peut-être que la situation n'est pas aussi mal qu'il ne le pense. Peut-être qu'il a encore une chance de s'en sortir. Peut-être que cette rencontre va prendre fin ici et maintenant. Il aura ses bêtabloquants et le Coréen s'en ira, sans plus aucun plus aucun souvenir de lui. Oui, terminer cela le plus rapidement possible, c'est tout ce qu'il souhaite - c'est la seule façon de s'éloigner assez du danger.

Et pourtant, à mieux le regarder, il n'a pas l'impression de faire face au même monstre meurtrier et sadique qu'il a rencontrer. Non, plutôt, il voit plutôt l'image d'un pauvre gamin rebelle qui cherche à repousser le monde par la laideur de son masquer pour mieux se protéger. Et il lui fait pitié, avec son œil infecté.

Spoiler:
Ok bon je comprends pas trop ce qui est arrivé je savais que ça allait être une réponse relativement longue après l'Avoir planifiée mais je ne pensais pas que ce serait si long ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait 800+ mots en RP alors 1k je gflkjgfdlkgjfdl
Sinon, j'avais pensé intégrer le moment où Junji lui propose de regarder son oeil, mais euh c'est assez long comme réponse déjà, non ? /OUT/ Mais si ça te bloque, je peux ajouter encore un petit paragraphe, sinon ça va attendre à mon prochain post donc voilààààà Agonise




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il était un de ces monstres qui sommeillent dans vos placards d'enfance. un homme brisé par l'existence, qui s'était réfugié dans un personnage pour annihiler ses souffrances. et pour seung joo, le temps passa. c'est désormais un garçon capable de s'adapter, et qui de plus en plus s'adoucit. la violence qui l'environne s'apaise progressivement. bientôt, croit-il, il trouvera l'équilibre qui lui offrira la clé du bonheur.
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Seung Joo peut se glisser dans un rôle qui n'est pas le sien de coutume. Il peut jouer bon nombre d'émotions, afficher des couleurs qui lui sont étrangères, incliner son âme sous le poids de la douleur comme celui de la tendresse. Mais il est une chose qui jamais ne changera : cet œil rouge, sombre, implacable souvenir de ses incidents passés, qui darde sur le monde un regard figé et froid, inquiétant et prophétique. Alors le Coréen pourra bien habiller son visage de toutes les émotions du monde, l'œil jamais ne changera. Ne commence-t-il pas à s'emparer de l'autre, d'ailleurs, en le contaminant de sa rougeur, teintant d'écarlate le blanc de son regard ? Dans la nuit tombante, malgré le sourire de sa voix et de sa bouche, Seung Joo s'apparente à un monstre. Et il n'est rien qu'il ne puisse faire (s'en convainc-t-il). L'inéluctable ne saurait rien changer.
Pourtant, l'air est empli de cette étrange saveur de renouveau - saveur peu familière, que l'on peine à apprécier au premier abord, et qui se traduit par cette lourde tension qui pèse sur la ville, un peu comme l'air s'épaissit à l'approche de l'orage.
Cela ne suffit pas, car jamais une impression ne suffit pas ; mais c'est déjà un début.
L'espoir rehausse les épaules voûtées de Seung Joo, lui donne la force de former ce sourire avec sincérité.
(Junji le verra-t-il ?
Probablement pas ; il a toujours eu le cœur aveugle.)
Il parvient à résister à son élan premier, qui le pousse à répliquer d'un ton acerbe, lorsque le chirurgien lui demande ce qu'il vient faire ici ; il vient de s'exprimer, et il sert cette même innocence feinte, conservant son calme et le silence. Il faut du temps à Junji pour comprendre, pour qu'il puisse assimiler les évolutions de leurs rapports ; le Coréen le lui laisse, malgré l'impatience que lui inspire ses réactions ridicules.
Junji tend le bras pour recevoir la mallette, et Seung Joo ne la lui offre pas. Ses bras demeurent inutilement plaqués le long de son corps, et il a grand peine à ne pas se frotter les yeux ; au pire, décide-t-il avec amusement, il pourra prétendre ne rien voir, et n'avoir pu répondre au mouvement du Japonais comme il aurait dû le faire. (Il ne peut cependant prétendre que cela ne le divertit pas. Son rire, il le réprime au fond de sa poitrine, comme un simple tremblement de l'air qui agite ses poumons.)
« La même somme que d'habitude. » : répond-t-il d'un ton si neutre que Junji ne peut s'y tromper : il s'agit là d'un test.
On lui a dit, Seung Joo, de ne pas offrir sa confiance à n'importe qui - en particulier à quelqu'un à qui ses instincts hurlent de ne pas se fier. Qui a dit cela ? est-ce feu son père, ou Van Minh, ou un autre supérieur qu'il a oublié depuis longtemps ? Peu importe : la leçon est gravée dans son cœur.
Ils savent tous les deux combien le chirurgien doit, de toute façon.
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Seung Joo sourit et Junji réprime un frisson. Aussi honnête et sincère le Coréen est-il, Junji ne parvient pas à le sentir. Non. Il le regarde et tout ce qui lui revient en mémoire, c'est ce corps mutilé, cette violence qui coule naturellement dans ses veines. Un monstre de cruauté qui se baigne dans le sang de ses victimes. Un être imprévisible, incontrôlable - plus bête qu'homme. Et merde, est-ce que cette chose est au moins capable de compassion ? De sentiments ? Il voudrait répondre non, Junji, se voulant la seule victime de l'histoire, mais il sait qu'il est, à quelque part, tout aussi monstrueux que lui ; il l'a vu, après tout, tremblant comme une feuille et le suppliant presque de ne pas le laisser seul à devoir se débrouiller avec un corps. Il l'a vu, vulnérable, à sa merci - et il le voit, devant lui, en contrôle et sûr de lui-même, assez droit pou que ce soit le chirurgien qui se retrouve à son tour en détresse. Et une question habite son esprit :

Qui es-tu, Seung Joo ?

(Je voudrais réduire à celle d'un animal t on existence sur terre. Je voudrais t'effacer de ma vie, te balayer du revers de la main et ne plus jamais penser aux soucis que tu me causes. J'aimerais que ce soit un autre devant moi, un autre que je n'aurais pas connu aussi faible et brisé - comme ça, je ne serais pas perdu entre l'envie de te pardonner et le cauchemar que tu m'inspires. Tu es une nuisance, un tache supplémentaire dans ma vie déjà assez souillée par Pallatine, mon addiction, moi-même. Je veux te mépriser, t'écraser, mais je n'y parviens pas. Tu es l'épine dans mon pied ; la croix que je dois porter. La goutte qui fait déborder le vase.

Et pourtant, je ne peux pas te haïr. Pas totalement.

Alors je tremble et je préfère me tenir à l'écart. Oublier.

Ta présence ici me réveille d'une  belle illusion.)

Il lui suffit d'un mouvement - ou plutôt l'absence de réponse chez Seung Joo lorsqu'il tend la main pour saisir la mallette - pour comprendre que le Coréen non plus n'a rien oublier. Ah, il aura bien essayé, Junji, de faire semblant, comme si leur première rencontre (malheureuse) n'avait jamais eu lieu. Qui des deux a l'air le plus idiot maintenant ? Pour une fois, il n'a plus le choix : il doit affronter la réalité en face - et mettre un terme le plus rapidement possible à ce combat qu'il engagé malgré lui.

Alors il sourit. Rit un peu, même, en déplaçant son poids sur un pied. On pourrait lui donner un air arrogant, mais il ne faut pas se tromper : s'il se moque de quelqu'un en ce moment, c'est lui et lui seul. Qu'il a été ignorant ! Qu'il aurait du se taire, en voyant le cadavre irrécupérable ! Si seulement il avait su ce que l'avenir lui apporterait, qu'il se serait fait un ennemi dans sa diaspora et que celui-ci détiendrait maintenant son secret… Mais il baisse les armes, ses contente de sortir une liasse de billet d'une poche de son pantalon (connait, effectivement, le montant exact de sa commande régulière - à quoi bon le cacher ?), compte lentement le montant avant de le tendre au livreur, comme une main offerte en gage de paix.

« Tout y est. Tu peux recompter si tu veux. »

Faire la paix. Effacer la peur et le passé. Ah, Junji lui-même y croit à peine. Mais que lui reste-t-il ? Il ne souhaite pas vivre comme un gibier, toujours à vérifier ses arrières - il a déjà assez de stress comme ça dans sa vie, il n'en veut pas plus. Comment alors se débarrasser du problème Seung Joo ? Il n'y a qu'une seule réponse qui lui vient en tête : faire la paix. Aussi utopique cela en a l'air (aussi désespéré cela est-il). S'excuser ? Non, il n'est pas encore prêt à ça. Il est doté de cet orgueil des étudiants en médecine qui ne commettent jamais d'erreurs. C'est bien tout ce qui lui reste de ce passé « glorieux ». Et ce sont sans doute ces compétences qui sauveront la mise.

« Ton œil. » ajoute-t-il soudainement, comme après une vague d'hésitation. Sentant qu'il doit préciser un peu sa pensée, il penche un peu sa tête pour indiquer son œil valide, rougi par une infection.

« Veux-tu que je l'examine ? »

Oui, elle est peut-être là, sa porte de sortie. Peut-être qu'en montrant qu'il n'est pas aussi horrible que Seung Joo le croit (qu'il comprenne qu'il n'y a qu'un seul monstre entre eux deux), il désamorcera tours désirs de vengeance qu'il conçoit en secret. Peut-être qu'il a tort aussi et que rien ne changera ; mais il n'a plus rien à perdre, là où il en est. C'est pas un brin de générosité qui va le tuer.

« Je ne te chargerai pas. » croit-il bon d'ajouter (le besoin de se justifier). « Tu es un membre d'Iwasaki, alors… »

(Alors je te dois bien ça, mais si j'ai envie que tu disparaisses au plus vite.)




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Seung Joo déteste cet aveu qui s'infiltre dans son esprit, qui refuse d'en sortir ; cette pensée insidieuse qu'il a pu refouler pendant un petit moment finit par repartir à l'assaut, le forçant à la reconnaître.
Mais quelque chose l'attire en Junji.
Il ne saurait dire quoi. Peut-être est-ce un besoin de le briser, comme la façon la plus brutale mais aussi efficace de couper les ponts avec lui. Le Japonais est un danger que le Coréen ne veut pas affronter. S'en tenir à distance paraît la solution la plus fiable ; mais il ne peut s'empêcher, à présent que les deux hommes se font face, presque yeux dans les yeux, de remarquer les similitudes entre les deux. Alors peut-être est-ce un besoin d'être compris, cette fois.
Parce que Junji craint les autres, les supérieurs sans nom ni visage et qui pourtant ont du pouvoir sur eux, en théorie sur le seul plan du travail - en pratique, jusqu'au moindre souffle qui s'échappe de leurs poumons.
Parce que Junji a des faiblesses, qui reposent aussi entre les mains d'un homme qui ne les mérite pas.
Parce que Junji aussi est un monstre, à sa façon.
(mais différente, mais bien réelle)

Finalement, le chirurgien se résigne au payement, et le croupier compte lentement les billets, plus pour se donner une contenance qu'autre chose. Avec sa vision réduite, il est censé faire d'autant plus attention à ses gestes, mais quelque chose lui souffle que Junji est digne de confiance. Bien sûr, cela l'agace : la confiance n'est pas quelque chose que l'on donne aisément. Pourtant, Seung Joo devine que, petit à petit, il abaisse ses barrières. Peut-être est-il en fait forcé de les baisser, mais cela importe peu.
Il ne veut pas d'un secret à user - il veut simplement qu'on oublie le tueur -
cet homme qu'il n'est pas,
cet homme qu'il incarne.
Il regarde Junji à travers l'œil affecté. Bien sûr, de la part d'un homme qui a de l'expérience en matière médicale, il fallait s'attendre à une remarque ; puisque l'œil est presque aussi rouge que son compère, il se fait remarquer. Cependant, Seung Joo ne pensait pas avoir le droit à temps de générosité de la part de Junji.
Il le regarde avec des yeux neufs.
(choqués)
Il sent un déclic, quelque part au fond de son cœur.

Et le sourire qu'il offre à Junji se nimbe d'une tendresse inespérée, d'un voile de douceur que l'on n'attendait pas dans le monstre. Les yeux sont calmes, quoique malade ou inerte. Junji peut y lire du soulagement, une émotion violente que Seung Joo ne contrôle pas et qu'il décide de ne pas masquer.
« Pourquoi ? » : demande-t-il, malgré sa réticence à refuser, parce qu'il ne peut pas sauver sur l'occasion.
Empochant ses billets, il sait qu'il est désormais libre - qu'il peut vaquer à ses occupations, tant qu'il rapporte l'argent dans un délai raisonnable. Il peut s'attarder. Ce n'est donc pas le problème - mais d'où vient cet élan de générosité de la part du chirurgien ?
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Il ne sait pas se battre, il ne fait peur à personne. Tout ce qu'il a c'est une addiction aux calmants et des compétences de chirurgien. Il trouve son utilité dans les rangs d'Iwasaki en participant au trafic d'organes. Il garde secrète son allégeance. Plus facilement détestable qu'approchable, son sens pragmatique le rend tout de même utile, la plupart du temps.
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Pourquoi, Junji ; oui, pourquoi ? C'est fini, il pourrait lui claquer la porte au nez maintenant qu'il a ses médicaments. Plus rien ne devrait le retenir, pourtant il est encore là et il lui ouvres sa porte, à l'assassin. Il n'est pas fou, il n'a pas perdu la tête et ce ne sont pas de quelconques pulsions suicidaires qui le motivent à se jeter dans la gueule du loup - au contraire. Il a l'air libre, mais la vérité est autre - et il le sait. Des fils invisibles enserrent ses membres et sa gorge et dictent ses gestes, ses pensées, menaçant de briser le misérable pantin qu'il est. C'est l'instinct de survie moderne qui le guide ; cette maladie affectant les hommes et les femmes qui n'ont jamais eu à craindre la faim ou perdre leur toit. Elle se manifeste par une obsession pour le futur -car si vos soucis ne sont plus dans le présent, ils se trouvent partout à l'exception d'où vous êtes- et avec elle la peur de tomber plus bas que ce que vous avez connu. Et vous ne vivez plus dans le présent, vous êtes ailleurs aussi, à planifier, à prévoir, à anticiper le pire et à éviter les dangers comme on se bat contre des moulins à vent. Elle est là la réponse en fait : Junji, véritable homme de son temps effréné, est incapable de ne voir que la fin de cette conversation avec Seung Joo. Il pense déjà à la prochaine fois qu'il aura à le rencontrer, à ce que devra ressembler leur rapport à ce moment. C'est logique (zélé), c'est défensif, c'est ancré en lui avec son angoisse. Mais essayez de le voir expliquer ça à Seung Joo. Il ne peut pas, voilà. Il en a ni les moyens  ni la volonté.

Alors son visage se s'assombrit une seconde après que le Coréen ait ouvert la bouche, comme s'il n'a pas compris la question ou qu'il est déçu. Pourquoi, au fait, Seung Joo n'accepte-t-il pas tout simplement son offre ? A-t-il besoin de justifier une bonne action pour être digne de confiance ? - Et bien justement, c'est qu'il ne s'agit pas d'une bonne action proprement dit. Son offre n'est pas désintéressée et le chirurgien est bien le premier à le savoir ; c'est pour cette raison, sans doute, que le « pourquoi » du Coréen le dérange autant. Il ne peut pas lui dire « parce que j'attends de toi que tu me laisses tranquille par la suite - on sera quitte » même s'il s'agit du fond de sa pensée. Ce serait lui donner raison, lui prouver qu'il est un être exécrable qui ne pense qu'à lui-même, à sauver sa peau. Qu'il est lâche Junji, incapable d'affronter le danger seul lorsqu'il arrive à lui - incapable de reconnaître ses torts, incapable d'assumer ses actes. Ne soyez pas trop dur avec lui : il est effrayé par ses propres spéculations.

Et Seung Joo qui lui sourit, comme si c'était un cadeau qu'il lui offrait, une énorme faveur. Un temps, Junji se sent mal. A-t-il vraiment raison d'avoir peur d'un type comme lui ? Peut-il encore le voir comme un monstre ? Le début d'un sourire se forme son visage avant qu'il dévie son regard ; comme une excuse ; non, il n'arrive pas à le voir autrement. Mais il peut bien faire semblant, pour le moment.

« Je te le dois bien. Non ? »

Ce n'est pas tout à fait un mensonge, pas tout à fait la vérité. Il aime se tenir sur la ligne du milieu, sans prendre une position éclairée, croit qu'il devient plus difficilement atteignable. Et avec Seung Joo, il a l'impression qu'il doit redoubler de prudence dans ses démarches pacifiques - ne réalise pas que le problème vient probablement plus de lui-même que du Coréen. Mais c'est tellement plus facile de se voiler la face. Alors il fait un mouvement vers la porte, l'ouvre et s'arrête, invitant le jeune homme à rentrer.

« Et on est dans le même camp, après tout. »




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il était un de ces monstres qui sommeillent dans vos placards d'enfance. un homme brisé par l'existence, qui s'était réfugié dans un personnage pour annihiler ses souffrances. et pour seung joo, le temps passa. c'est désormais un garçon capable de s'adapter, et qui de plus en plus s'adoucit. la violence qui l'environne s'apaise progressivement. bientôt, croit-il, il trouvera l'équilibre qui lui offrira la clé du bonheur.
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Seung Joo n'est pas habité aux élans de générosité. La charité est un concept qui lui est étranger : non pas le fait de venir en aide à un individu, car qui sait ce que l'on en retire ; mais plutôt de le faire sans rien attendre en retour. Car le Coréen est à peu près persuadé que cette proposition de Junji provient soit d'une intention si cachée qu'elle ne ressortirait pas aussi aisément, soit d'un élan du cœur, auquel cas il ne le comprend guère. C'est pourtant vers cette seconde option que Seung Joo penche désormais ; il le devine au regard étrange que lui adresse le chirurgien à sa réponse, et qu'il parvient à détecter malgré son infection. Peut-être est-ce parce que le croupier connaît bien les expressions négatives : la déception, la colère, la douleur, le remords. Il sait les reconnaître avant même qu'elles ne s'imprègnent sur un visage ; elles ont chacune leur propre teinte, si caractéristique qu'elles se devinent à distance.
Mais Junji a raison : ils sont dans le même camp, après tout, et feraient mieux d'enterrer la hache de guerre. Voilà comment l'interprète Seung Joo : comme une façon de nouer une trêve.
« Eh bien, d'accord. Merci. »
Il est subitement gêné, Seung Joo ; désarçonné par une offre qu'il ne pensait jamais recevoir, par une tentative de conciliation qui désamorçait les conflits futurs. Seung Joo est prêt à se laisser entraîner ; il fait signe à Junji de l'emmener dans son antre, là où il sera le plus vulnérable. Il sait bien que cela équivaut à entrer dans la gueule du loup, à se mettre à la merci d'un ennemi potentiel. Et pourtant, Seung Joo veut y croire.
Qui d'autre se serait inquiété de son œil ?
Knut, peut-être - inquiet d'apprendre que cette blessure pourrait handicaper son partenaire de combat. Naga ferait peut-être une remarquer, mais sans plus ; de même pour Etsuko. Taejoon s'inquiéterait, mais ne pourrait rien faire pour lui. Et le reste...
Aussi Seung Joo entre-t-il dans l'immeuble, avec la sensation qu'il risque de perdre quelque chose qu'il est prêt à céder.

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dsl que ce soit court, mais je ne voyais pas trop quoi ajouter. :/
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Le Coréen accepte son offre. Ça l'étonne presque, mais au fond, Junji est soulagé - car s'il s'était borné, s'il avait refusé son offre et tourné les talons, le chirurgien se serait retrouvé avec le même problème qui lui pèse sur la conscience depuis des mois. Et il ne peut pas tolérer ça, ne supporte pas de vivre dans la peur à un degré supplémentaire. Certes, il se méfie déjà de ses propres membres, mais il y a une énorme différence entre garder ses distances et devoir fuir, toujours. Si une seule (et dernière, il l'espère) confrontation est tout ce qu'il lui faut pour retrouver une relative paix d'esprit, et bien il est prêt à prendre le pari, travailler à se faire pardonner par ses actions plutôt que ses mots. Qu'a-t-il à perdre après tout ? On le déteste déjà - comment pourrait-il arriver plus bas ? Ah, si, on pourrait l'attaquer, le mutiler, mais Seung Joo n'y penserait pas, pas alors que c'est lui qui lui tend la main, alors que ses intentions ne sont pas malveillantes. N'est-ce pas ?

Toutes ces considérations le rendent étrangement silencieux, comme solennel. Peut-être est-ce parce qu'il sent l'épée de Damoclès suspendue juste au-dessus de son cou - un faux mouvement et il perd. C'est un peu le même sentiment qu'il avait, sur Terre, lorsqu'il entrait dans une salle d'opération en urgence en sachant que les chances de survie du patient étaient faibles (un risque à prendre, il va mourir si on ne fait rien). Mais si son cœur s'arrête sur la table, c'est lui qu'on va blâmer (vous l'avez tué), malgré tous ses efforts, malgré toute sa bonne volonté (vous l'avez laisser mourir), il se sera battu pour rien (pourquoi l'avez-vous laissé partir ? il ne pouvait pas mourir). À la porte de sa clinique à Osatoka ou de l'OR de son hôpital à LA, il sent ses mains commencer à trembler.

Il ouvre le chemin, guide rapidement Seung Joo à travers la petite salle d'attente où il y au ne secrétaire à des heures plus normales et le fait passer immédiatement à son cabinet - la salle d'opération se situant derrière une autre porte. C'est un bureau atrocement sobre et dépersonnalisé. Chez lui, on aurait retrouvé ses diplômes sur les murs et des bonzaïs sur le bord de sa fenêtre. Ici, il n'y a rien - qu'une table d'examen, son bureau et un classeur débordant de dossiers. Il y a aussi une partie de sa collection de livres de médecine qu'il a du refaire en arrivant à Pallatine (il regrette les siens, mais il doit avouer que l'avancement médical d'ici ne lui déplait pas - il a eu du « retard » à reprendre même s'il a fait un bond dans le passé. Des fois, y penser lui donne mal à la tête).  

« Assieds-toi. »

Ce qui lui donne mal à la tête aussi, c'est comment il doit parfois se séparer de sa principale fonction, chirurgien, pour devenir un médecin généraliste. Qu'y peut-il ? Il n'y a pas beaucoup de médecins à Pallatine et, heureusement, sa formation inclut naturellement un volet général. Mes les yeux… A-t-il réellement les compétences pour passer un examen à un son œil ? S'il ne s'agit que d'une conjonctivite, il suppose qu'il pourra l'aider. Si son problème est plus grave, et bien…

« Je ne suis pas un ophtalmologue » dit-il en mettant ses gants « alors ce sera un examen superficiel. »

Enfin, il se retourne en direction de son patient. Oui, Seung Joo est, pour le moment, un patient parmi tant d'autres. Il n'a pas à s'inquiéter, à le traiter différemment… Il doit oublier le meurtrier, le monstre qu'il a vu. Inspirant longuement, il se rapproche de lui, avec à la main un ophtalmoscope. « Ça va briller… Essaie de ne pas fermer ton œil. Ça ne va durer qu'une minute. »

Et les quelque secondes que durent l'examen, Junji a le temps de se faire une idée. L'infection s'est propagée jusqu'à la cornée - il doit sûrement avoir de la difficulté à voir… Un début de kératite. Rien de très grave, si c'est bien contrôlé… et si ce ne l'est pas, il aurait besoin de l'opérer. Il va peut-être attendre, avant de lui dire ceci - lui proposer un traitement, si possible (n'a pas envie d'avoir sa vie entre ses mains).

« C'est une kératite. Ça peut très bien se traiter ou être une véritable plaie, ça dépend de la cause. Est-ce que tu te sens malade ? Difficulté à respirer, toux ? Il pourrait s'agir d'un virus. Ou d'une bactérie. Je ne crois pas qu'un champignon ou un parasite en soit la cause - c'est une bonne nouvelle si tu veux. Dans tous les cas, il faut commencer un traitement rapidement sinon il y a des risques que cela se propage à l'autre… »

Il s'arrête au milieu de sa phrase. Imbécile, il allait vraiment le dire ? Possibilité de se propager à l'autre œil. Lequel ? Pinçant les lèvres, il se retourne brièvement pour ranger son matériel et rétablir l'éclairage. La pièce devenue soudainement beaucoup plus claire, il lui semble qu'il ne voit que lui, Seung et son œil unique infecté. Et la question lui brûle les lèvres.

« Je dois savoir pour établir le diagnostic… Mais tu n'as pas perdu l'usage de ton œil à cause d'une infection, n'est-ce pas ? »

Spoiler:
Je fais une entorse pour l'examen avec ophtalmoscope qui demande généralement de mettre des gouttes dans l’œil pour dilater la pupille seulement pour gagner du temps dans le RP Je me voyais mal juste te faire répondre à ça / Junji qui demande son accord. Je préférais aller jusqu'au bout pour qu'il lui pose la question sur son oeil. Agonise Mais si ça ne te convient pas je peux couper (ça fait étrange de proposer ça) x)

Sinon, j'ai compris que la différence entre la conjonctivite et la kératite, c'est l'emplacement de l'infection (la cause peut être n'importe quoi en somme) et comme j'ai compris que Seung voyait mal, j'ai déduit que la cornée devait être affectée donc kératite. Agonise

Sinon, voilà quelques-uns des liens que j'ai consulté hier soir à propos des maladies de l'oeil, si ça t'intéresse (of course).
http://www.docteurclic.com/maladie/keratite.aspx#p1
https://www.chudequebec.ca/patient/maladies,-soins-et-services/m-informer-sur-ma-maladie-ou-ma-condition/conjonctivite-a-adenovirus.aspx
https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/biosecurite-biosurete-laboratoire/fiches-techniques-sante-securite-agents-pathogenes-evaluation-risques/adenovirus-types-1-2-3-4-5-7-fiche-technique-sante-securite-agents-pathogenes.html
https://ophtalmologie.pro/conjonctivite-folliculaire-aigue/

Et finalement, pardon si je dis n'importe quoi. Mort de rire Malgré mes recherches, j'ai quand même fait lettres quoi /OUT




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A présent qu'il a pénétré dans l'antre de Junji, le jeune homme se sent tout à coup pris d'une brusque vague de panique. Peut-il réellement faire confiance à ce chirurgien qui, après tout, excelle dans le trafic d'organes ? Il a beau analyser la situation, et peser le pour et le contre, Seung Joo sait bien que parfois, il n'est pas possible de découvrir la vérité par ces simples joutes d'argument. Il faut y aller au feeling - et son instinct lui hurle le danger. Le cabinet est affreusement vide ; cela lui rappelle curieusement une salle d'interrogatoire dans laquelle il est passé une fois. Les meubles étaient différents, le bureau d'alors étant plus étroit, et la chaise bien plus inconfortable que ne paraissait l'être le siège destiné aux patients. Mais il y a, dans les deux cas, cette même aura de dépouillement. Il s'agit de pièces qui invitent à la nudité du patient, dévoilant aux regards des professionnels des secrets enfouis dans son corps et dans son âme. Oh, Seung Joo se demande bien quelle confidence se terre dans son œil malade - mais il n'est pas certain de vouloir l'en déloger.
Obéissant à l'ordre qui lui est intimé, Seung Joo s'assoit au bord de la table et se laisse faire. Quelque chose le met en confiance : il lui semble que Junji s'est débarrassé de ses propres craintes pour se glisser dans un rôle. Et, ainsi, les appréhensions de Seung Joo s'envolent. Il le laisse examiner l'œil, et se rend compte qu'il y a dans ces gestes plus de douceur qu'il ne s'y serait attendu. Bien sûr, le Coréen est habitué à ce qu'on le touche avec plus de délicatesse encore ; mais de la part du chirurgien, cela lui paraît étrange.
C'est un peu comme de voir une bombe menaçant d'exploser dans quelques secondes, et voir qu'un héros parvient à couper le bon fil à temps, lui sauvant la vie et taisant ses angoisses sans penser spécialement à lui.
Seung Joo déglutit difficilement ; lorsque Junji s'éloigne de lui, et lui énonce son diagnostic, ce n'est certainement pas de la haine qui étincelle dans son regard mutilé.
Instinctivement, il porte la main à son œil de verre ; ce n'est guère par coquetterie qu'il éprouve des difficultés. Mais peut-être n'a-t-il pas envie de livrer à son tour une part de ses faiblesses à Junji. Pourquoi diable devraient-ils se faire confiance ? Parfois, Seung Joo se demande s'il n'y a pas quelqu'un derrière eux qui, prenant acte de leur inimité, s'est décidée à les rapprocher. Un curieux coup de pouce du destin, ironiquement.
Et il finit par admettre :
« En fait, si. »
Et il ne dit plus rien pendant un instant, se complaît dans le silence qui emplit le vide du cabinet. Il aime se souvenir qu'il est à Pallatine, en cet instant, et que la présence de Junji lui est bien plus agréable que l'homme qui s'était penché sur son front en déposant un rire aux creux de ses cheveux.
« En dehors de cela, ça va. Mais c'est quoi ton traitement ? Et... t'as l'intention de me le faire payer combien ? » Nulle agressivité dans le voix hésitante de Seung Joo. Il n'a aucune idée de ce qu'est une kératite et de ce qu'il est censé faire, et puis, vers quel autre médecin peut-il se tourner ? Junji n'est pas moins fiable qu'eux, au final. Après tout, Seung Joo sait qu'il se drogue, et Junji sait qu'il a besoin de son aide. Il est prêt à le lui rappeler, si cela s'avère nécessaire.
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Il s'est trompé sur le cas de Seung Joo.
Oh.

Il n'attendais même plus de réponse, s'apprêtant à revenir sur ses pas. Évidemment que le Coréen ne lui dirait rien sur son œil absent ! C'est une porte sur son passé et, comme l'assumait Junji, sur la violence qui englobe sa vie. On ne perd pas son œil comme on attrape un rhume quand on est dans un groupe comme l'Iwasaki Rengo. La banalité prend alors des teintes d'horreur pour le commun des mortels. Il s'est dit qu'il avait du le perdre en se battant ou merde allez savoir s'il ne s'agissait pas d'un rite initiatique obscure dont il ne tient pas à connaître les origines. Non. Quand on s'appelle Seung Joo et qu'on se balade en pleine nuit affublé d'un masque monstrueux, on ne peut pas être simplement une victime de la vie et de son temps ; on ne peut pas être innocent.

Mais en fait, si.

Le silence qui les englobe à la suite de cette déclaration a l'effet d'un coup donné à l'estomac pour le chirurgien. Il a eu tort et ça c'est toujours difficile à admettre, mais parce qu'il ne s'agit pas d'un simple détail qu'il lui faut rectifier, c'est toute sa conception du Coréen qu'il doit revoir. Peut-être que ce gars a déjà eu une vie banale, comme lui, pré-Pallatine, pré-Iwasaki. Peut-être qu'il a du surmonter nombre d'injustices que Junji ne pourrait jamais imaginer. Mais surtout, toutes ces possibilités le force à considérer ceci : Seung Joo est un être humain, ou en tout cas l'a déjà été. Et c'est lui qui agit de façon inhumaine en le forçant à porter le masque du Diable. Et le pire c'est qu'en ce moment il ressent une bouffée de sympathie qui le trouble. Qu'on le rassure : il est impossible d'avoir pitié d'un monstre, non ?

Et si tu n'es pas un monstre, qu'es-tu, Seung Joo ?


Sa réflexion prend fin lorsque son patient relance deux questions, bien accrochées au  réel, au concret. Ça lui permet de reprendre son souffle et passer à autre chose. Du moins, partiellement et temporairement, car de nombreuses interrogations font la ronde entre ses deux oreilles. Si c'est vraiment une infection, comment s'est-il manifestée ? Quand ? Dans quelle condition ? Et comment s'est-il retrouvé sans œil, qui le lui a enlevé, comment… Tant de questions qui laissent place à mille et une propositions cauchemardesques. Non, vaut mieux garder cette porte fermée pour le moment… Et puis, d'où lui vient cet intérêt soudain pour l'histoire de cet homme ? Enfin. Vaut mieux ne pas s'attarder. Plus loin il sera, mieux Junji se sentira. Il lui tourne le dos un instant pour fouiller dans une armoire -une pharmacie plutôt sommaire, contenant surtout des analgésiques. Mais il finit par trouver ce qu'il cherche. Une petite bouteille qu'il tend à Seung Joo.

« Des gouttes antibiotiques. Deux fois par jour. Si au bout d'une semaine il n'y a pas d'amélioration, on devra considérer d'autres solutions. En ce qui concerne le prix… »

Ah, oui, le prix, c'est toujours problématique. On dira ce qu'on voudra, mais soigner la plus bête des infections, ce n'est pas donné à tout le monde. Qui sait tous les efforts qu'il a du fournir pour cumuler ces médicaments essentiels dans son bureau - parce qu'évidemment les hommes d'Iwasaki ne se présenteraient pas à l'Institut ou à une pharmacie contrôlée par celle-ci, ce serait beaucoup trop simple. Et très certainement qu'il pourrait en profiter, Junji, se garder une marge de profit pour la peine, mais il a d'autres priorités. Le calcul est donc fait rapidement.

« Ton silence sera suffisant. »

Il n'a pas besoin de s'expliquer. Assurément, le Coréen a compris (enfin, il assume qu'il a assez de logique ou d'intuition pour saisir de quoi il parle). De toute façon, il n'a pas envie de s'attarder sur la question ; c'est déjà assez humiliant comme ça. Et sitôt dit, il se met à ranger son matériel, comme pour clore l'entente. Les épaules tendues, des mouvements secs. Non, lui-même ne semble pas tout à fait satisfait de l'entente qu'il propose. Peut-être a-t-il l'impression qu'il a abandonné trop facilement, qu'il donne trop de pouvoir à Seung Joo seulement à la condition de son silence. Ce n'est pas vrai qu'il se laissera prendre otage. Alors il précise, trop tard, trop vite :

« Par contre, si un jour tu veux consulter pour ton œil manquant, on reparlera d'un prix. »




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Devoir suivre les conseils d'un médecin qu'il n'aime pas n'a rien d'agréable, c'est vrai. Mais pour Seung Joo, ce n'est pas si grave. Il y a tellement pire, dans la vie : il lui suffit de plonger dans son passé et d'en tirer une expérience au hasard, il y a fort à parier que l'histoire en elle-même soit bien plus dure que la situation actuelle. En partie parce que Seung Joo se rappelle bien plus de ses malheurs que de ses bonheurs : ses souvenirs concernant la fin ont toujours été plus vifs. Parce que c'est plus proche chronologiquement, et parce qu'il en est resté marqué. Mais à ce stade, ce n'est peut-être plus vraiment traumatique. Seung Joo arrive à accepter ses souffrances comme un passage nécessaire de son existence. Et à présent, son agressivité s'affaisse doucement. Au moment même où il commence à accepter qu'il est violent. Il a envie d'autre chose, désormais. Et sur un plan purement pragmatique, faire évoluer sa relation avec Junji constituerait sans doute une première étape décisive. Il ne pense pas être en mesure d'apprécier l'homme, mais peut-être arrivera-t-il à la respecter.
Il est encore heureux qu'il n'ait pas pu voir comme une lueur de compassion dans le regard de Junji. Cela l'aurait énervé, et aurait gâché tous ses efforts.
Au lieu de cela, il le voit tout juste fouiller dans son armoire et lui tendre un flacon. Des gouttes dans l'œil. L'idée fait grimacer Seung Joo. Il sait très bien pourquoi cette perspective ne l'enchante guère : il a le souvenir de gouttes qui devaient le guérir, mais qui lui brûlait tant qu'il passait le plus clair de son temps les yeux fermés. L'ennui, c'est qu'il a un peu du mal à recoller cet instant précis dans la marée de ses souvenirs. Quand donc était-ce ? Il ne se souvient même pas de l'état de son regard, et s'il avait encore son autre œil. Malgré tout, il les tend ; son esprit répète le mot confiance en boucle, comme pour le forcer à laisser tomber sa garde définitivement.
Seung Joo fronce cependant les sourcils. Le prix ne lui convient pas : il est beaucoup trop faible. Il pourrait lui dire, à Junji, qu'il comptait garder le silence de toute façon : il ne voit pas l'intérêt d'agiter un secret sous le nez de quelqu'un. Surtout qu'il est sûr que cela finirait par se retourner contre lui. Tout manipulateur qu'il peut être, le Coréen a trop de secrets lui-même pour jouer à ce jeu-là. Mais il se tait : il n'a rien d'autre à proposer, aussi répond-t-il :
« D'accord. Tu as ma parole. »
Il a l'impression d'arnaquer Junji, en lui arrachant un prix qu'il était déjà prêt à consentir. Mais tant pis, ce n'est pas comme s'il avait vraiment le choix. En revanche, sa seconde proposition l'intéresse bien plus. Elle l'interpelle car Seung Joo y lit un mauvais présage.
« Tu veux dire, si l'infection se répand ? »
Il ne voit pas vraiment comment cela pourrait être possible, vu qu'il n'y a pas d'œil, mais bon s'il y a des microbes, qui sait, ils peuvent quand même se propager et faire des dégâts. Seung Joo sent sa gorge se serrer. Voilà une perspective qui ne lui plaît pas du tout. « Comment on évite ça ? »
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La bonté, Junji n'y croit pas. Les actions ne sont jamais tout à fait désintéressées et les bons mots servent celui qui les prononce. Voilà pourquoi il se cache derrière sa misanthropie ; il préfère qu'on le laisse tranquille, qu'il n'ait rien à redevoir envers quiconque. Mais on ne peut pas passer sas vie dans une tour d'ivoire, il faut interagir, parfois - et c'est avec méfiance qu'il le fait, anticipant le pire (parce qu'en espérant le meilleur, il est invariablement déçu). Et il crois avoir la bonne chose en exigeant le silence de Seung Joo contre son examen (autre leçon apprise : les services rendus ne s'oublient pas si facilement que des promesses lancées en l'air), mais ça n'enlève rien à cet arrière-goût désagréable accentué par l'expression douteuse du Coréen (c'est tellement fatiguant de jouer à ce jeu (jeu dans lequel il est souvent le seul joueur)). Il expire, lève les yeux vers les néons accrochés au plafond. Bah, ça passera. C'est un moindre mal. Et ça lui donne une raison de moins de craindre Seung Joo.

Pauvre Seung Joo, d'ailleurs, soudainement inquiété par des paroles lancées en l'air. C'est au tour du chirurgien de froncer les sourcils. Il lui a pourtant bien dit qu'ils pourraient en parler plus tard et si son patient le voulait bien. Allons, c'est un peu de sa faute maintenant que la question est mise sur le tapis : c'est lui qui a fait l'offre. Pourquoi au juste ? Par gentillesse ? Allons, il ne cerne pas encore assez la Coréen pour ça - il a peut-être admis son humanité, mais ça ne suffit pas. Pour assurer ses arrières, encore une fois ? Oui, ça lui ressemble plus. En même temps, n'est-il pas en train de montrer une forme de souci ou de bienveillance à son encontre ? Il aurait pu lui dire de dégager maintenant que l'histoire de son œil était réglée et le prévenir que les prix seront plus hauts la prochaine fois qu'il viendrait le voir. Mais non : tomber dans la pure méchanceté, ça ne lui ressemble pas non plus (il n'est pas un monstre). Alors il ne lui reste plus qu'à clarifier son offre (qui n'en est pas vraiment une, si on se dit qu'il ne fait que jouer son rôle de médecin jusqu'au bout). Il prend le temps de s'appuyer contre son bureau avant de commencer :

« L'infection elle-même ne peut pas se transmettre à l'autre œil, comme il est absent. Ce qui peut arriver cependant, c'est que la plaie s'infecte. Je ne sais pas comment on a refermé l'orbite… » Si son orbite est réellement fermée. On l'a peut-être renvoyé en lui disant de se trouver un œil de verre pour se débrouiller. Il reprend en se corrigeant : « … ou même si on l'a laissé ouverte, si tu n'as pas eu problème jusqu'à présent, je ne m'inquièterais pas trop. Je te recommande seulement d'être prudent. Lavage de mains, ne pas gratter la cicatrice, ne pas mettre n'importe quoi par-dessus si ça démange et rester attentif à s'il y a des anomalies, des rougeurs, du pus, etc. Les soins de base quoi. Après si tu souhaites que je l'examine pour être certain qu'il n'y a pas de raison de s'en faire, c'est à ta guise. De même si jamais tu songes à avoir une prothèse… La chirurgie est ma véritable spécialité après tout. C'est de tout ça qu'on pourra parler une prochaine fois. »

Le chirurgien termine en penchant un peu la tête sur le côté, une expression toujours aussi neutre collée à son visage. Il ne fait que son travail.




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il était un de ces monstres qui sommeillent dans vos placards d'enfance. un homme brisé par l'existence, qui s'était réfugié dans un personnage pour annihiler ses souffrances. et pour seung joo, le temps passa. c'est désormais un garçon capable de s'adapter, et qui de plus en plus s'adoucit. la violence qui l'environne s'apaise progressivement. bientôt, croit-il, il trouvera l'équilibre qui lui offrira la clé du bonheur.
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Sans doute Seung Joo a-t-il mal évalué Junji. Non, c'est même tout à fait certain : il ne peut pas prétendre bien le connaître, et il s'est toujours figuré le chirurgien comme un homme froid, distant, qui ne prête guère attention aux autres, et surtout pas à leur douleur. Ses protestations vis-à-vis des frasques du Coréen lui ont toujours semblé relever bien plus d'une vaniteuse tentative de plaquer sa belle morale sur la situation, sans jamais se remettre en question, ni considérer la réalité. Junji l'étonne. Dans le bon comme dans le mauvais sens du terme.
Le mauvais sens, c'est qu'il a l'air bien plus fragile que Seung Joo ne le pensait. Un colosse aux pieds d'argile : un homme que l'on peut entraîner dans son sillage, si tant est que l'on expose un peu de sa propre vulnérabilité. Le croupier ne voit pas assez bien pour lire toutes les émotions qui passent sur le visage du chirurgien, mais il est persuadé que celles-ci ne sont pas aussi effacées qu'elles devraient l'être. Et malgré sa fâcheuse tendance à vouloir causer du tort aux autres, Seung Joo conserve une part d'honneur qui l'empêche de profiter vraiment des failles que les autres lui tendent. Car dans le fond, sa vue est peut-être un problème sérieux, et qu'il aura du mal à gérer tout seul ; mais le professionnalisme de Junji, en revanche, pourrait bien se retourner contre lui.
Très franchement, Seung Joo n'a aucune idée de ce qu'il veut dire par orbite refermé : est-ce qu'il parle de la cicatrice ? Il y fait attention en tout cas, s'efforce de nettoyer la plaie avec soin, parce qu'il préfère ne prendre aucun risque. Dans le fond, les conseils de Junji sont du bon sens ; il y prête donc beaucoup moins attention qu'à une certaine information.
« Une... prothèse ? »
Il devine qu'il a l'air intéressé, mais d'un autre côté, il peut se le permettre : il sent que Junji ne représente pas une menace pour lui. La réciproque n'étant pas tout à fait vrai. Il pourrait très bien tout balancer, et nier sa dette. Mais une prothèse... Seung Joo se demande à quoi elle servirait. Est-ce pour faire plus joli que son œil de verre ? En soi, il l'aime bien, il est joli et il a un côté rétro tout à fait compatible avec l'image qu'il souhaite dégager. Mais si une prothèse peut lui apporter quelque chose en plus...
Le voilà à nouveau tout ouïe.
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