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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Nuage — [Eugénie]

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Personnage : Arrivé depuis bientôt deux ans, Jun vit sans remous. Il est de ces existences paisibles qui ne dérangent que rarement les autres et qui resteront peut-être pour toujours dans l'ombre. Il est un être banal, qui gentil, s'assied souvent et regarde la vie se faire. Lorsque vous lui parlez il vous écoute avec attention, et ses mains parfois viennent se perdre sur votre bras, réconfortantes. Distant, il ne parle que peu de lui, et lorsqu'il le fait vous l'impose sans vous demander votre avis.
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Gangster
posté le Jeu 6 Juil 2017 - 23:39 (1)
« Des fois j’aimerais qu’il pleuve chez moi : que l’eau ruissèle le long des murs et que même assis sur mon canapé je me retrouve trempé. J’aimerais oui qu’un orage fende en deux le toit de mon appartement et qu’ainsi je puisse voir les étoiles. Enfin. La porte claque derrière moi alors que je retire mes chaussures, dehors déjà il fait sombre et pourtant, je ne cherche à allumer la lumière. Mon appartement est petit et le connaissant sur le bout des doigts, je n’ai besoin d’une quelconque clarté pour me repérer. Me passant une main sur le visage, je soupire : je n’ai pas fait grand chose de ma journée et pourtant je me sens épuisé. C’est comme si vivre m’essoufflait, et que chaque seconde passée à exister me rapprochait de la fin.

Je ne veux pas mourir, pourtant : ne sais par pour autant ce que je fais là. Quel est mon but, pourquoi suis-je né ? Parfois ces songes traversent mon esprit et seul je ne leur trouve aucune réponse. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, pourquoi je suis en vie : ne sais rien si ce n’est que je respire. Me rapprochant de la salle de bain, j’ouvre le robinet et y plonge mes paumes, ne tardant à venir éclabousser mes yeux, claquant mes joues. Je sens des gouttes perler sur mon front et le long de mes temps, mais ne cherchant à m’essuyer je me contemple dans la glace me faisant face. Qui suis-je ? Hormis un prénom, hormis le fils d'un homme ? J’aimerais trouver des réponses mais me sentant si vide sais qu’elles ne viendront ni ce soir ni demain.

Je flotte et me laisse emporter par le courant : ne suis qu’un corps mou partant à la dérive. J’observe et ne faisant que ça ne participe à rien, deviens témoin de ma propre vie, deviens spectateur de ma propre pièce. Je suis l’acteur principal et pourtant j’ai déserté la scène, ai préféré aller m’asseoir dans un des sièges réservés aux proches.

Et il ne m’est même pas douloureux d’être si creux. Certains se mettent à pleurer car ils ont l’impression de ne plus être rien : moi, cela me va. Peut-être suis-je fragile, peut-être en moi quelque chose oscille-t-il, menaçant à chaque instant de tomber et d'éclater. Me suis-je déjà énervé ? J’ai envie de hausser les épaules à mon propre reflet, et finissant par lui tourner le dos j’enlève mon t-shirt et me dirige vers la douche. Je pourrais y passer des heures mais ayant peur de disparaitre si je reste trop longtemps, je ne tarde à couper l’eau et à sortir, empoignant la première serviette qui me vient.

Ce n’est que lorsque je me change, enfile un haut trop grand et un vieux short que j’entends la pluie tambouriner dehors. Curieux, je jette un regard en direction de la vitre, me dirige vers le canapé juste à côté et m’y affaisse, contemplant les carreaux trempés. Ainsi je reste là, les bras posés sur le dossier, mon menton reposant sur le dos de mes mains : manque de m’endormir, bercé par le bruit de la tempête qui peu à peu se lève.

Mais quelqu'un sonne à la porte et n’attendant personne je sursaute. Me redressant, je me dirige vers l’entrée et en profite pour allumer la lumière : je ne pense pas à regarder de qui il s’agit, me contente juste d’ouvrir sans plus tarder.

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posté le Dim 9 Juil 2017 - 19:51 (2)
La soirée débutait mais, les lumières des lampadaires éclairaient déjà le goudron de Kingslaugh comme des étoiles dans un ciel d’encre. L’air était lourd et le ciel s’était colorié du gris charbonneux des mines de crayons ; peut-être qu’aujourd’hui, Dieu s’ennuyait terriblement alors il avait dessiné sur les nuages pensa-t-elle. Eugénie se sentait poisseuse, l’humidité ambiante collait à sa peau, à ses vêtements dans chacun de ses mouvements et de ses bruissements tandis qu’elle quittait le cinéma.

Eugénie fit la moue puis, elle pressa le pas en plongeant ses mains tout au fond de sa veste. Elle ne pouvait pas s’empêcher de jeter des coups d’œil inquiet aux nuages noirs, ah elle avait vraiment l’impression que la pointe des immeubles allaient les éventrer puis, que toutes les étoiles allaient lui tomber sur la tête. Et alors, ils avaient grondé au fond de leur gorge et alors, Eugénie avait senti la pluie alors qu’elle filait à droite en rasant les immeubles en de grandes enjambées. Les parapluies avaient éclos comme des fleurs de printemps dans les rues étroites.

Et puis, il avait plu, d’abord tout doucement puis, les gouttes d’eau avaient battu les fenêtres de façon très soudaine – à peine le temps d’un battement de paupière. Ça martelait dans ses oreilles et ça dégoulinait le long de ses cils trempés, ça s’infiltrait le long de ses vêtements, coulait entre les courbes de ses muscles. Eugénie s’était mise à courir jusqu’à un préau d’immeuble où elle prit refuge à bout de souffle. Elle se plaqua contre les briques froides pour se protéger du froid hivernal qui la transperçait jusqu’aux os et elle se demanda si sa peau mouillée n’allait pas givrer, elle aussi.

Vraiment, Eugénie n’avait pas de chance. La pluie déferlait sur la ville comme un raz-de-marée et elle entendait le roulement du tonnerre dans le ciel zébré. Elle se dandinait d’un pied sur l’autre d’un geste fiévreux, un peu fébrile comme si elle ne voulait pas l’avouer mais, qu’elle ne se sentait plus vraiment rassurée. Il avait fallu d’un énième éclair pour que son visage de Jun surgisse dans son esprit, de façon inopinée.

Eugénie avait froncé les sourcils, il lui semblait qu’il n’habitait pas loin, elle avait crû le retenir dans une bribe de souvenir et peut-être que ce n’était pas vrai du tout mais, Eugénie n’avait pas pris le temps d’organiser ses idées. Elle s’était jetée sous l’orage, ses baskets en toile s’enfonçaient dans les flaques d’eau immenses et ses yeux se perdaient sur noms de rue. Il lui semblait reconnaitre ce café dans le coin, ce graffiti sur le mur ou cette porte un peu étrange au milieu des lumières flottantes de la ville. Et finalement, à la lueur des néons roses d’un bar un peu miteux, Eugénie s’était engouffrée dans ce hall d’immeuble qu’elle avait crû peut-être familier.

Son doigt avait glissé nerveusement sur les boites aux lettres tandis qu’elle répétait du bout des lèvres des noms divers qui chantaient les sonorités de tous les pays mais, pas celui qu’elle cherchait. Ah ! Jun Itô, numéro 63. Elle avait tapé contre les boites de métal dans un sourire triomphant avant de se ruer dans les escaliers.

En à peine quelques minutes Eugénie s’était retrouvée devant une porte à tambouriner désespérément. Quand le visage du garçon apparut, elle pensa qu’elle allait pleurer de soulagement mais, Eugénie s’éclaira de son plus grand sourire. Elle baissa son poing encore en l’air, remettant de l’autre ses longs cheveux dégoulinants d’eau derrière ses oreilles. Elle avait fait une petite flaque de pluie devant chez lui.

« Ehh coucou. C’est encore moi ?! En faiit il pleut. Genre vraiment très fort et eh je peux rentrer hein dis ?J'ai pas de parapluie et je sais pas quoi faire mais, c'est une attaque surprise du coup ! Merciiiii beaucoup. » avait-elle débité à la vitesse de la lumière, déjà un pied dans l’appartement en espérant que ses épaules tremblotantes finiraient de l’apitoyer.

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posté le Lun 10 Juil 2017 - 10:09 (3)
« Le couloir est mal éclairé et pourtant je n’ai aucun mal à y deviner Eugénie. Elle me parle et rit et je ne sais pas, elle est comme un feu d’artifices : me fait plisser des yeux tant elle rayonne. Elle est un ouragan et lui souriant, j’ai soudainement envie de la prendre dans mes bras. Je la connais depuis quelques mois et déjà m’apparait comme la personne m’étant la plus proche. Sommes-nous amis, pourtant ? Peut-être ne nous voit-elle que comme deux collègues… Enfin. Elle attend et moi je reste là sans rien dire, contemplant ses beaux cheveux mouillés, ses longs cils desquels perlent quelques gouttes argentées.

Tu es belle, que j’ai envie de lui dire.
Mais je me retiens et soudain sévère assène : « Non, tu ne peux pas. » Je laisse flotter ma phrase un instant entre nous, puis pouffe à mon tour de rire (doucement) : « Bien sûr, que tu peux ! Quoique attends, laisse-moi d’abord t’apporter de quoi te sécher. » Je lui souris et j’ai l’impression que tout en moi est gamin. Comment fait-elle ? Elle apparait et à présent à mes côtés chasse tout ce gris qui d’ordinaire m’enserre. Avec elle je suis un autre, un nouveau Jun : suis ce que j’étais avant que tout ne bascule. Lui faisant un petit geste de la main, laissant la porte ouverte je me presse jusqu’à la salle de bain.

Allumant la lumière je tombe sur trois serviettes, hésite entre les couleurs avant de réaliser qu’une d’entre elles est sur le radiateur : génial ! Ne réfléchissant pas plus longtemps, content de pouvoir lui apporter quelque chose d’un peu chaud, je retourne à elle et la lui tend… Non. La lui pose sur la tête ! « Voilà ! C’est mieux comme ça, non ? » Je suis un peu timide et pourtant je n’arrête pas de parler, c’est insensé. Me passant une main dans les cheveux, je l’invite à rentrer, lui montrant du doigt mes chaussures pour qu’elle comprenne qu’il est dans mes habitudes de les enlever sitôt le seuil de porte passé. « Dis-moi, tu veux te changer ? Je peux te prêter quelques uns de mes habits, ou même un de mes pyjamas, si tu peux appeler ça comme ça. » Ils lui iront sans doute un peu grands, vu qu’elle est bien plus fluette que moi. Je lui montre embarrassé comment je suis habillé, réalisant mon t-shirt large et mon short en tissu tombant sur le haut de mes genoux. Je ne ressemble à rien et c’est n’importe quoi mais tant pis.

Refermant la porte derrière elle je me tais : ne sais plus quoi faire si ce n’est attendre un signe, un geste. J’aimerais lui dire de faire comme chez elle et réalise soudain qu’elle est la première à ainsi s’inviter chez moi. Je ne sais pas ce que je peux lui offrir mais suis prêt à passer ma soirée à ses côtés si cela peut l’aider à se sentir plus confortable. Enfin. Il s’agit d’Eugénie et même sans moi je crois qu’elle serait capable de s’amuser. Elle m’apparait comme une étoile dans le ciel qui d’ici rayonne : et pourtant chez elle peut-être déjà est-elle creuse, éteinte. Elle est un contraste et lorsqu’elle sourit parfois je me demande si elle le fait vraiment, et non pas à retardement.

J’attends.

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posté le Mar 11 Juil 2017 - 12:18 (4)
Le sourire d’Eugénie s’était brisé en une moue boudeuse, perplexe et puis, il y avait eu le rire de Jun doux comme du chocolat et elle avait su que ce n’était qu’une mauvaise blague. Alors, la silhouette filiforme du garçon avait disparu dans la pénombre de l’appartement après un sourire plus léger qu’un nuage. Il existait quelque chose de tendre chez Jun sans qu’Eugénie ne sache si c’était dans ses yeux, dans ses mots ou bien dans ses gestes ; si Jun était une couleur, il serait probablement délavé, peut-être pastel mais, d’un pastel si pâle qu’il en semblerait presque s’effacer. Jun était tiède, jamais ni trop chaud, ni trop froid. Il avait l’air si facile de s’accoutumer à sa présence qu’Eugénie avait parfois peur de l’oublier aussi vite qu’un matin brumeux.

Il était revenu avec une serviette qu’il lui avait posé sur la tête – elle était chaude et elle sentait bon le propre. Eugénie l’attrapa entre ses paumes et la frotta contre ses cheveux trempés. Puis, elle laissa découvrir son visage, les joues roses de plaisir et se dessina un sourire jusqu’aux oreilles :

« Beaucoup beaucoup mieux ! Merciiii ! »

Jun l’invita à rentrer. Elle quitta sa flaque puis, ses chaussures, puis ses chaussettes qu’elle avait rangées précautionnèrent à côté de celles du garçon avant de faire quelques pas dans l’appartement en laissant derrière elle un chemin de gouttelettes. Elle parcourait les murs d’un œil curieux, caressait la forme des babioles entassées dans la pénombre, sur les petits riens accumulés et elle inspira très fort cette odeur qu’elle ne connaissait pas. Elle cherchait le bonheur Eugénie dans tous les endroits qu’elle n’avait pas encore exploré, peut-être qu’il était là au fond d’une tasse ou caché derrière une étagère qu’elle avait délaissé. Elle voulait apprendre comment on était heureux mais, peu importe ses efforts, la réponse semblait toujours immanquablement lui échapper.

Elle fit ainsi volte-face, les mains jointes du bout des doigts dans son dos et prit quelques secondes pour réfléchir. Ah elle entendait le bruit de l’eau qui dégoulinait de ses vêtements sur le sol, cela tombait comme de la bruine.

« Mhhh oui, s’il-te-plait mais, n’importe quoi fera l’affaire ok ?? » Elle ajouta après une courte pause en indiquant le sol : « Je crois que j’ai amené la pluie chez toi haha. Où est-ce que je devrais poser mes affaires ? »

Eugénie leva un sourcil interrogateur alors qu’elle replongeait ses doigts dans la serviette moite qui avait glissé lentement de sa tête à ses épaules pour essorer ses pointes d’où se déversait encore des ruisseaux. Elle rejeta ensuite ses cheveux électrisés d’un mouvement de tête, passant la serviette sur son cou, sur ses mains et son visage avec une infime satisfaction.


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posté le Mer 12 Juil 2017 - 0:33 (5)
« Il m’arrive de me dire, parfois, que j’aimerais tomber amoureux. J’aimerais oui alors que je joue la voir surgir derrière moi, m’enlacer, ses bras s’accrochant à mes épaules et sa tête se lovant au creux de mon cou. Je crois que je l’imagine sans peine : joyeuse, heureuse. Je suis conscient que je ne suis pas l’homme parfait et que cassé je ne ressens qu’à moitié mais… Serait-ce vraiment trop demander ? Je l’aimerais si pleine de vie, si pétillante ! Je l’aimerais oui et sais que de ses sourires elle ferait naitre en moi des émotions jusqu’alors oubliées. Et je mentirais si je disais que la nuit venue je ne la rêve pas, alors que lové dans mon lit je frissonne. Je suis seul et même si coupé de tout j’aime cette existence creuse… Quel homme pourrait s’avouer épanoui ainsi ?

Je ne suis pas assez hypocrite, pas encore.
Et Eugénie entre chez moi et enlève ses chaussures et je souris. Je ne sais pas si on peut parler d’amour avec un grand A mais lorsqu’elle est avec moi je me sens bien. Elle est cette amie dont j’ai besoin et qui pourtant des fois me laisse incertain. C’est comme si, lorsque je la dévisage au travail alors qu’elle ne me voit pas, elle menaçait de disparaitre. Est-ce idiot de penser que sa joie est éphémère ? Est-ce idiot d’avoir peur que soudain elle se révèle à moi toute autre, toute plate, grise de fanée ? Je ne veux pas et pourtant en moi quelque chose hurle, me dit de faire attention car au final ils sont tous pareils. Ceux qu’on aime ne restent pas.

La vie n’est pas éternelle.

« Tu peux les poser là. » je montre du doigt, me moquant bien d’où elle peut les mettre. Certains se sentiraient envahis, mais de mon côté ce n’est pas le cas. Eugénie est toute petite et elle pourrait bien mettre ses affaires où elle le souhaite que je ne les verrais pas : elle même pourrait se poser sur mon canapé et roulée en boule je me demanderais où est-elle passée. Sans me rendre compte je la regarde, laisse flotter les secondes : elle est toute mouillée et ça me fascine. Mes yeux glissent sur elle et finissent à ses pieds, où déjà une flaque se forme. Ah, vite, des habits ! Je sursaute et me retourne, me dirigeant vers ma commode et l’énorme sac à ses pieds : j’ai tant d’habits que je ne sais pas du tout lesquels lui prêter.

Le bleu lui irait bien mais je n’en ai pas, et je ne suis pas là pour refaire sa garde-robe, n’est-ce pas ? Me penchant, fouillant, j’ai l’impression que mon bordel va m’avaler tout entier. Cependant victorieux, je ne tarde à ressortir avec plusieurs affaires : retournant vers elle je les lui présente, content. « Alors j’ai ce sweat et ce jogging et sinon ce t-shirt et ce short ! » Les bas sont noirs mais les hauts de différentes couleurs : alors que le sweat-shirt est gris avec une énorme tranche de pastèque dessinée sur son torse, le t-shirt est noir et parsemé de petites étoiles jaunes et bleues. Je ne sais pas si un des deux lui plaira mais je ne vois pas quoi lui offrir d’autre ? Je ne veux pas lui proposer un vêtement que j’ai déjà porté et encore moins un qui n’a pas été lavé depuis longtemps. « Enfin bref, la paire que tu choisis est à toi pour la soirée ! Sur ce je te prête la salle de bain, tu peux même te doucher si tu veux ? Ce n’est pas compliqué pour allumer l’eau tu as juste à— » et me déplaçant tout en parlant je lui montre la salle d'eau et allume la lumière, content de ne pas être trop sagouin. La douche n’est pas très grande mais on y discerne facilement une poignée et deux autres coloriées de rouge et de bleu. « Tu fais comme tu veux je dois même avoir une brosse à dent propre dans le tiroir en dessous de l’évier ?? D’ailleurs tu as mangé ? » Je la regarde avec mes grands yeux que j’imagine tous ronds. Certains diront qu’ils sont avenants mais moi tout à coup je me sens paniqué : je parle trop. Je pense que je suis en train d’écraser son espace vital et soudain un peu blanc je balbutie : « Enfin ! Je me tais, je t’attends dans le salon. » Mes mains sont grandes ouvertes devant moi, montrant ma bonne volonté : je capitule face à moi-même mais surtout face à elle. Embarrassé je viens ébouriffer l’arrière de mon crâne et referme doucement la porte derrière moi, m’étalant sur mon lit.

Je suis un idiot fini.
Ai-je seulement quelque chose de bon à lui préparer ?

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posté le Mer 12 Juil 2017 - 21:30 (6)
Ah, brusquement Jun s’agita, Jun s’embrasa de cette nervosité qu’elle ne lui connaissait pas –qui faisaient frémir ses doigts si fins- il vacillait comme une flamme de bougie dans des gestes trop grands pour lui alors que pourtant, Jun n’aurait même pas pu brûler une feuille de papier. Il était trop léger pour cela ; les nuages, c’était fait pour flotter dans les ciels bleus d’une après-midi d’été, paisiblement comme s’il était toujours l’heure de prendre le thé. Eugénie sourit, elle avait l’impression d’avoir découvert un trésor et elle voulut se plaire à penser qu’elle était la seule au courant, que c’était un secret entre elle et le moment, un secret qui avait un goût d’averse.

Elle laissa glisser ses affaires à l’endroit que le garçon lui avait indiqué, abandonnant sa veste trempée sur son sac inondé comme elle y aurait laissé une part d’elle-même. Peut-être en avait-elle envie au fond de laisser une odeur, une empreinte, juste quelque chose derrière elle pour que l’on se souvienne. Elle voulait briller comme le soleil mais, elle avait peur de s’éteindre comme les étoiles, Eugénie, tout doucement et sans un bruit.

Cependant, Jun déjà lui tendait des vêtements et elle aurait voulu lui dire que ce n’était important, elle avait envie de lui demander d’où lui venait soudain toutes ces lumières. Il était d’ordinaire si transparent mais, il semblait d’un coup si vivant, si brillant : ses mots remplissaient tous les recoins de la pièce, recouvraient même le clapotis de la pluie et déjà il l’entrainait à l’autre bout de l’appartement. Il parlait rapidement, il crépitait, il tournoyait - Eugénie en avait un peu le vertige. Jun ne lui laissait pas le temps et pourtant il s’était éteint aussi hâtivement qu’il s’était éclairé, dans un souffle.

Alors, le rire d’Eugénie avait éclaté dans entre les murs exigus de la salle d’eau tandis qu’elle attrapait les vêtements qu’on lui prêtait.

« Merci, oui j’ veux me doucher, non j’ai pas encore mangé, j'vais me débrouiller et promis je me dépêcheee ! » débita-t-elle avant que la porte ne referme.

Elle espérait avoir été entendue mais, elle n’en était pas tout à fait sûre. Il semblait y avoir tout un tas de pensées dans la tête du garçon, elles devaient faire beaucoup de bruits. Elle lâcha un soupire puis, posa les vêtements sur la cuvette –fermée- des toilettes et enleva un à un ses habits mouillés. Il y avait quelque chose d’indiscret à se dévêtir ailleurs que chez soi comme si l’on pénétrait dans l’intimité d’autrui à faire couler son eau brûlante, à se regarder dans son miroir ou à timidement user de son gel douche, que l’on voulait effacer les traces de son propre passage comme la vapeur de la douche estompait le froid de nos os ou la crasse de nos peaux.

Dans une expiration de plaisir, Eugénie éteignit l’eau puis sortit de la douche sur la pointe des pieds en attrapant une serviette. Il ne lui en voudrait probablement pas. Elle hésita un moment avant de se décider pour le sweat-shirt dont ses mains n’atteignaient pas les extrémités et le short noir – avait-elle un jour aimé faire comme on lui disait ? – qui de toute façon lui tombait à peine au-dessus du genou. Eugénie attacha ensuite ses cheveux grâce à un élastique sur son poignet en un chignon ébouriffé. Elle attrapa toutes les affaires qu’elle avait laissé derrière elle dont bien sûr les serviettes usagées avant de bondir hors de la salle d’eau en ouvrant grand la porte :

« TADAA ! De quoi j’ai l’air ? Je suis prête à….HIIIIIII ! »

Elle fut coupée nette dans son élan alors que son pied glissa sur la flaque d’eau qu’elle avait formé un peu plus tôt et Eugénie eut à peine le temps de respirer qu’elle tomba dans un fracas épouvantable, les affaires éparpillées et les quatre fers en l’air. Elle se redressa dans un grognement de douleur d’une main tout en se massant l’arrière du crâne de l’autre. Il lui fallut quelques secondes pour remettre de l’ordre dans son esprit et elle chercha presque immédiatement les yeux de Jun pour lui adresser un sourire immense.

« Ok tout va bien pas de panique ! J’suis encore vivante…enfin j’crois. Laisse-moi juste deux minutes pour me recoiffer. J’étais presque prête pour Miss Univers et…» Ses yeux s’arrondirent alors qu’elle remarqua les vêtements sur le sol qu’elle commença à ramasser d’une main tremblante. « Oh non tes affaires ??! Je suis si si désolée Jun ! Je…voulais pas…»

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