« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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Nuage — [Eugénie]

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Arrivé depuis bientôt deux ans, Jun vit sans remous. Il est de ces existences paisibles qui ne dérangent que rarement les autres et qui resteront peut-être pour toujours dans l'ombre. Il est un être banal, qui gentil, s'assied souvent et regarde la vie se faire. Lorsque vous lui parlez il vous écoute avec attention, et ses mains parfois viennent se perdre sur votre bras, réconfortantes. Distant, il ne parle que peu de lui, et lorsqu'il le fait vous l'impose sans vous demander votre avis.
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le Jeu 6 Juil 2017 - 23:39
« Des fois j’aimerais qu’il pleuve chez moi : que l’eau ruissèle le long des murs et que même assis sur mon canapé je me retrouve trempé. J’aimerais oui qu’un orage fende en deux le toit de mon appartement et qu’ainsi je puisse voir les étoiles. Enfin. La porte claque derrière moi alors que je retire mes chaussures, dehors déjà il fait sombre et pourtant, je ne cherche à allumer la lumière. Mon appartement est petit et le connaissant sur le bout des doigts, je n’ai besoin d’une quelconque clarté pour me repérer. Me passant une main sur le visage, je soupire : je n’ai pas fait grand chose de ma journée et pourtant je me sens épuisé. C’est comme si vivre m’essoufflait, et que chaque seconde passée à exister me rapprochait de la fin.

Je ne veux pas mourir, pourtant : ne sais par pour autant ce que je fais là. Quel est mon but, pourquoi suis-je né ? Parfois ces songes traversent mon esprit et seul je ne leur trouve aucune réponse. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, pourquoi je suis en vie : ne sais rien si ce n’est que je respire. Me rapprochant de la salle de bain, j’ouvre le robinet et y plonge mes paumes, ne tardant à venir éclabousser mes yeux, claquant mes joues. Je sens des gouttes perler sur mon front et le long de mes temps, mais ne cherchant à m’essuyer je me contemple dans la glace me faisant face. Qui suis-je ? Hormis un prénom, hormis le fils d'un homme ? J’aimerais trouver des réponses mais me sentant si vide sais qu’elles ne viendront ni ce soir ni demain.

Je flotte et me laisse emporter par le courant : ne suis qu’un corps mou partant à la dérive. J’observe et ne faisant que ça ne participe à rien, deviens témoin de ma propre vie, deviens spectateur de ma propre pièce. Je suis l’acteur principal et pourtant j’ai déserté la scène, ai préféré aller m’asseoir dans un des sièges réservés aux proches.

Et il ne m’est même pas douloureux d’être si creux. Certains se mettent à pleurer car ils ont l’impression de ne plus être rien : moi, cela me va. Peut-être suis-je fragile, peut-être en moi quelque chose oscille-t-il, menaçant à chaque instant de tomber et d'éclater. Me suis-je déjà énervé ? J’ai envie de hausser les épaules à mon propre reflet, et finissant par lui tourner le dos j’enlève mon t-shirt et me dirige vers la douche. Je pourrais y passer des heures mais ayant peur de disparaitre si je reste trop longtemps, je ne tarde à couper l’eau et à sortir, empoignant la première serviette qui me vient.

Ce n’est que lorsque je me change, enfile un haut trop grand et un vieux short que j’entends la pluie tambouriner dehors. Curieux, je jette un regard en direction de la vitre, me dirige vers le canapé juste à côté et m’y affaisse, contemplant les carreaux trempés. Ainsi je reste là, les bras posés sur le dossier, mon menton reposant sur le dos de mes mains : manque de m’endormir, bercé par le bruit de la tempête qui peu à peu se lève.

Mais quelqu'un sonne à la porte et n’attendant personne je sursaute. Me redressant, je me dirige vers l’entrée et en profite pour allumer la lumière : je ne pense pas à regarder de qui il s’agit, me contente juste d’ouvrir sans plus tarder.

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le Dim 9 Juil 2017 - 19:51
La soirée débutait mais, les lumières des lampadaires éclairaient déjà le goudron de Kingslaugh comme des étoiles dans un ciel d’encre. L’air était lourd et le ciel s’était colorié du gris charbonneux des mines de crayons ; peut-être qu’aujourd’hui, Dieu s’ennuyait terriblement alors il avait dessiné sur les nuages pensa-t-elle. Eugénie se sentait poisseuse, l’humidité ambiante collait à sa peau, à ses vêtements dans chacun de ses mouvements et de ses bruissements tandis qu’elle quittait le cinéma.

Eugénie fit la moue puis, elle pressa le pas en plongeant ses mains tout au fond de sa veste. Elle ne pouvait pas s’empêcher de jeter des coups d’œil inquiet aux nuages noirs, ah elle avait vraiment l’impression que la pointe des immeubles allaient les éventrer puis, que toutes les étoiles allaient lui tomber sur la tête. Et alors, ils avaient grondé au fond de leur gorge et alors, Eugénie avait senti la pluie alors qu’elle filait à droite en rasant les immeubles en de grandes enjambées. Les parapluies avaient éclos comme des fleurs de printemps dans les rues étroites.

Et puis, il avait plu, d’abord tout doucement puis, les gouttes d’eau avaient battu les fenêtres de façon très soudaine – à peine le temps d’un battement de paupière. Ça martelait dans ses oreilles et ça dégoulinait le long de ses cils trempés, ça s’infiltrait le long de ses vêtements, coulait entre les courbes de ses muscles. Eugénie s’était mise à courir jusqu’à un préau d’immeuble où elle prit refuge à bout de souffle. Elle se plaqua contre les briques froides pour se protéger du froid hivernal qui la transperçait jusqu’aux os et elle se demanda si sa peau mouillée n’allait pas givrer, elle aussi.

Vraiment, Eugénie n’avait pas de chance. La pluie déferlait sur la ville comme un raz-de-marée et elle entendait le roulement du tonnerre dans le ciel zébré. Elle se dandinait d’un pied sur l’autre d’un geste fiévreux, un peu fébrile comme si elle ne voulait pas l’avouer mais, qu’elle ne se sentait plus vraiment rassurée. Il avait fallu d’un énième éclair pour que son visage de Jun surgisse dans son esprit, de façon inopinée.

Eugénie avait froncé les sourcils, il lui semblait qu’il n’habitait pas loin, elle avait crû le retenir dans une bribe de souvenir et peut-être que ce n’était pas vrai du tout mais, Eugénie n’avait pas pris le temps d’organiser ses idées. Elle s’était jetée sous l’orage, ses baskets en toile s’enfonçaient dans les flaques d’eau immenses et ses yeux se perdaient sur noms de rue. Il lui semblait reconnaitre ce café dans le coin, ce graffiti sur le mur ou cette porte un peu étrange au milieu des lumières flottantes de la ville. Et finalement, à la lueur des néons roses d’un bar un peu miteux, Eugénie s’était engouffrée dans ce hall d’immeuble qu’elle avait crû peut-être familier.

Son doigt avait glissé nerveusement sur les boites aux lettres tandis qu’elle répétait du bout des lèvres des noms divers qui chantaient les sonorités de tous les pays mais, pas celui qu’elle cherchait. Ah ! Jun Itô, numéro 63. Elle avait tapé contre les boites de métal dans un sourire triomphant avant de se ruer dans les escaliers.

En à peine quelques minutes Eugénie s’était retrouvée devant une porte à tambouriner désespérément. Quand le visage du garçon apparut, elle pensa qu’elle allait pleurer de soulagement mais, Eugénie s’éclaira de son plus grand sourire. Elle baissa son poing encore en l’air, remettant de l’autre ses longs cheveux dégoulinants d’eau derrière ses oreilles. Elle avait fait une petite flaque de pluie devant chez lui.

« Ehh coucou. C’est encore moi ?! En faiit il pleut. Genre vraiment très fort et eh je peux rentrer hein dis ?J'ai pas de parapluie et je sais pas quoi faire mais, c'est une attaque surprise du coup ! Merciiiii beaucoup. » avait-elle débité à la vitesse de la lumière, déjà un pied dans l’appartement en espérant que ses épaules tremblotantes finiraient de l’apitoyer.


J'ai percé mes paupières pour regarder tout ce que je ne peux pas voir quand j'ai les yeux fermés.
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le Lun 10 Juil 2017 - 10:09
« Le couloir est mal éclairé et pourtant je n’ai aucun mal à y deviner Eugénie. Elle me parle et rit et je ne sais pas, elle est comme un feu d’artifices : me fait plisser des yeux tant elle rayonne. Elle est un ouragan et lui souriant, j’ai soudainement envie de la prendre dans mes bras. Je la connais depuis quelques mois et déjà m’apparait comme la personne m’étant la plus proche. Sommes-nous amis, pourtant ? Peut-être ne nous voit-elle que comme deux collègues… Enfin. Elle attend et moi je reste là sans rien dire, contemplant ses beaux cheveux mouillés, ses longs cils desquels perlent quelques gouttes argentées.

Tu es belle, que j’ai envie de lui dire.
Mais je me retiens et soudain sévère assène : « Non, tu ne peux pas. » Je laisse flotter ma phrase un instant entre nous, puis pouffe à mon tour de rire (doucement) : « Bien sûr, que tu peux ! Quoique attends, laisse-moi d’abord t’apporter de quoi te sécher. » Je lui souris et j’ai l’impression que tout en moi est gamin. Comment fait-elle ? Elle apparait et à présent à mes côtés chasse tout ce gris qui d’ordinaire m’enserre. Avec elle je suis un autre, un nouveau Jun : suis ce que j’étais avant que tout ne bascule. Lui faisant un petit geste de la main, laissant la porte ouverte je me presse jusqu’à la salle de bain.

Allumant la lumière je tombe sur trois serviettes, hésite entre les couleurs avant de réaliser qu’une d’entre elles est sur le radiateur : génial ! Ne réfléchissant pas plus longtemps, content de pouvoir lui apporter quelque chose d’un peu chaud, je retourne à elle et la lui tend… Non. La lui pose sur la tête ! « Voilà ! C’est mieux comme ça, non ? » Je suis un peu timide et pourtant je n’arrête pas de parler, c’est insensé. Me passant une main dans les cheveux, je l’invite à rentrer, lui montrant du doigt mes chaussures pour qu’elle comprenne qu’il est dans mes habitudes de les enlever sitôt le seuil de porte passé. « Dis-moi, tu veux te changer ? Je peux te prêter quelques uns de mes habits, ou même un de mes pyjamas, si tu peux appeler ça comme ça. » Ils lui iront sans doute un peu grands, vu qu’elle est bien plus fluette que moi. Je lui montre embarrassé comment je suis habillé, réalisant mon t-shirt large et mon short en tissu tombant sur le haut de mes genoux. Je ne ressemble à rien et c’est n’importe quoi mais tant pis.

Refermant la porte derrière elle je me tais : ne sais plus quoi faire si ce n’est attendre un signe, un geste. J’aimerais lui dire de faire comme chez elle et réalise soudain qu’elle est la première à ainsi s’inviter chez moi. Je ne sais pas ce que je peux lui offrir mais suis prêt à passer ma soirée à ses côtés si cela peut l’aider à se sentir plus confortable. Enfin. Il s’agit d’Eugénie et même sans moi je crois qu’elle serait capable de s’amuser. Elle m’apparait comme une étoile dans le ciel qui d’ici rayonne : et pourtant chez elle peut-être déjà est-elle creuse, éteinte. Elle est un contraste et lorsqu’elle sourit parfois je me demande si elle le fait vraiment, et non pas à retardement.

J’attends.

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le Mar 11 Juil 2017 - 12:18
Le sourire d’Eugénie s’était brisé en une moue boudeuse, perplexe et puis, il y avait eu le rire de Jun doux comme du chocolat et elle avait su que ce n’était qu’une mauvaise blague. Alors, la silhouette filiforme du garçon avait disparu dans la pénombre de l’appartement après un sourire plus léger qu’un nuage. Il existait quelque chose de tendre chez Jun sans qu’Eugénie ne sache si c’était dans ses yeux, dans ses mots ou bien dans ses gestes ; si Jun était une couleur, il serait probablement délavé, peut-être pastel mais, d’un pastel si pâle qu’il en semblerait presque s’effacer. Jun était tiède, jamais ni trop chaud, ni trop froid. Il avait l’air si facile de s’accoutumer à sa présence qu’Eugénie avait parfois peur de l’oublier aussi vite qu’un matin brumeux.

Il était revenu avec une serviette qu’il lui avait posé sur la tête – elle était chaude et elle sentait bon le propre. Eugénie l’attrapa entre ses paumes et la frotta contre ses cheveux trempés. Puis, elle laissa découvrir son visage, les joues roses de plaisir et se dessina un sourire jusqu’aux oreilles :

« Beaucoup beaucoup mieux ! Merciiii ! »

Jun l’invita à rentrer. Elle quitta sa flaque puis, ses chaussures, puis ses chaussettes qu’elle avait rangées précautionnèrent à côté de celles du garçon avant de faire quelques pas dans l’appartement en laissant derrière elle un chemin de gouttelettes. Elle parcourait les murs d’un œil curieux, caressait la forme des babioles entassées dans la pénombre, sur les petits riens accumulés et elle inspira très fort cette odeur qu’elle ne connaissait pas. Elle cherchait le bonheur Eugénie dans tous les endroits qu’elle n’avait pas encore exploré, peut-être qu’il était là au fond d’une tasse ou caché derrière une étagère qu’elle avait délaissé. Elle voulait apprendre comment on était heureux mais, peu importe ses efforts, la réponse semblait toujours immanquablement lui échapper.

Elle fit ainsi volte-face, les mains jointes du bout des doigts dans son dos et prit quelques secondes pour réfléchir. Ah elle entendait le bruit de l’eau qui dégoulinait de ses vêtements sur le sol, cela tombait comme de la bruine.

« Mhhh oui, s’il-te-plait mais, n’importe quoi fera l’affaire ok ?? » Elle ajouta après une courte pause en indiquant le sol : « Je crois que j’ai amené la pluie chez toi haha. Où est-ce que je devrais poser mes affaires ? »

Eugénie leva un sourcil interrogateur alors qu’elle replongeait ses doigts dans la serviette moite qui avait glissé lentement de sa tête à ses épaules pour essorer ses pointes d’où se déversait encore des ruisseaux. Elle rejeta ensuite ses cheveux électrisés d’un mouvement de tête, passant la serviette sur son cou, sur ses mains et son visage avec une infime satisfaction.



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le Mer 12 Juil 2017 - 0:33
« Il m’arrive de me dire, parfois, que j’aimerais tomber amoureux. J’aimerais oui alors que je joue la voir surgir derrière moi, m’enlacer, ses bras s’accrochant à mes épaules et sa tête se lovant au creux de mon cou. Je crois que je l’imagine sans peine : joyeuse, heureuse. Je suis conscient que je ne suis pas l’homme parfait et que cassé je ne ressens qu’à moitié mais… Serait-ce vraiment trop demander ? Je l’aimerais si pleine de vie, si pétillante ! Je l’aimerais oui et sais que de ses sourires elle ferait naitre en moi des émotions jusqu’alors oubliées. Et je mentirais si je disais que la nuit venue je ne la rêve pas, alors que lové dans mon lit je frissonne. Je suis seul et même si coupé de tout j’aime cette existence creuse… Quel homme pourrait s’avouer épanoui ainsi ?

Je ne suis pas assez hypocrite, pas encore.
Et Eugénie entre chez moi et enlève ses chaussures et je souris. Je ne sais pas si on peut parler d’amour avec un grand A mais lorsqu’elle est avec moi je me sens bien. Elle est cette amie dont j’ai besoin et qui pourtant des fois me laisse incertain. C’est comme si, lorsque je la dévisage au travail alors qu’elle ne me voit pas, elle menaçait de disparaitre. Est-ce idiot de penser que sa joie est éphémère ? Est-ce idiot d’avoir peur que soudain elle se révèle à moi toute autre, toute plate, grise et fanée ? Je ne veux pas et pourtant en moi quelque chose hurle, me dit de faire attention car au final ils sont tous pareils. Ceux qu’on aime ne restent pas.

La vie n’est pas éternelle.

« Tu peux les poser là. » je montre du doigt, me moquant bien d’où elle peut les mettre. Certains se sentiraient envahis, mais de mon côté ce n’est pas le cas. Eugénie est toute petite et elle pourrait bien mettre ses affaires où elle le souhaite que je ne les verrais pas : elle même pourrait se poser sur mon canapé et roulée en boule je me demanderais où est-elle passée. Sans me rendre compte je la regarde, laisse flotter les secondes : elle est toute mouillée et ça me fascine. Mes yeux glissent sur elle et finissent à ses pieds, où déjà une flaque se forme. Ah, vite, des habits ! Je sursaute et me retourne, me dirigeant vers ma commode et l’énorme sac à ses pieds : j’ai tant d’habits que je ne sais pas du tout lesquels lui prêter.

Le bleu lui irait bien mais je n’en ai pas, et je ne suis pas là pour refaire sa garde-robe, n’est-ce pas ? Me penchant, fouillant, j’ai l’impression que mon bordel va m’avaler tout entier. Cependant victorieux, je ne tarde à ressortir avec plusieurs affaires : retournant vers elle je les lui présente, content. « Alors j’ai ce sweat et ce jogging et sinon ce t-shirt et ce short ! » Les bas sont noirs mais les hauts de différentes couleurs : alors que le sweat-shirt est gris avec une énorme tranche de pastèque dessinée sur son torse, le t-shirt est noir et parsemé de petites étoiles jaunes et bleues. Je ne sais pas si un des deux lui plaira mais je ne vois pas quoi lui offrir d’autre ? Je ne veux pas lui proposer un vêtement que j’ai déjà porté et encore moins un qui n’a pas été lavé depuis longtemps. « Enfin bref, la paire que tu choisis est à toi pour la soirée ! Sur ce je te prête la salle de bain, tu peux même te doucher si tu veux ? Ce n’est pas compliqué pour allumer l’eau tu as juste à— » et me déplaçant tout en parlant je lui montre la salle d'eau et allume la lumière, content de ne pas être trop sagouin. La douche n’est pas très grande mais on y discerne facilement une poignée et deux autres coloriées de rouge et de bleu. « Tu fais comme tu veux je dois même avoir une brosse à dents propre dans le tiroir en dessous de l’évier ?? D’ailleurs tu as mangé ? » Je la regarde avec mes grands yeux que j’imagine tous ronds. Certains diront qu’ils sont avenants mais moi tout à coup je me sens paniqué : je parle trop. Je pense que je suis en train d’écraser son espace vital et soudain un peu blanc je balbutie : « Enfin ! Je me tais, je t’attends dans le salon. » Mes mains sont grandes ouvertes devant moi, montrant ma bonne volonté : je capitule face à moi-même mais surtout face à elle. Embarrassé je viens ébouriffer l’arrière de mon crâne et referme doucement la porte derrière moi, m’étalant sur mon lit.

Je suis un idiot fini.
Ai-je seulement quelque chose de bon à lui préparer ?

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le Mer 12 Juil 2017 - 21:30
Ah, brusquement Jun s’agita, Jun s’embrasa de cette nervosité qu’elle ne lui connaissait pas –qui faisaient frémir ses doigts si fins- il vacillait comme une flamme de bougie dans des gestes trop grands pour lui alors que pourtant, Jun n’aurait même pas pu brûler une feuille de papier. Il était trop léger pour cela ; les nuages, c’était fait pour flotter dans les ciels bleus d’une après-midi d’été, paisiblement comme s’il était toujours l’heure de prendre le thé. Eugénie sourit, elle avait l’impression d’avoir découvert un trésor et elle voulut se plaire à penser qu’elle était la seule au courant, que c’était un secret entre elle et le moment, un secret qui avait un goût d’averse.

Elle laissa glisser ses affaires à l’endroit que le garçon lui avait indiqué, abandonnant sa veste trempée sur son sac inondé comme elle y aurait laissé une part d’elle-même. Peut-être en avait-elle envie au fond de laisser une odeur, une empreinte, juste quelque chose derrière elle pour que l’on se souvienne. Elle voulait briller comme le soleil mais, elle avait peur de s’éteindre comme les étoiles, Eugénie, tout doucement et sans un bruit.

Cependant, Jun déjà lui tendait des vêtements et elle aurait voulu lui dire que ce n’était important, elle avait envie de lui demander d’où lui venait soudain toutes ces lumières. Il était d’ordinaire si transparent mais, il semblait d’un coup si vivant, si brillant : ses mots remplissaient tous les recoins de la pièce, recouvraient même le clapotis de la pluie et déjà il l’entrainait à l’autre bout de l’appartement. Il parlait rapidement, il crépitait, il tournoyait - Eugénie en avait un peu le vertige. Jun ne lui laissait pas le temps et pourtant il s’était éteint aussi hâtivement qu’il s’était éclairé, dans un souffle.

Alors, le rire d’Eugénie avait éclaté dans entre les murs exigus de la salle d’eau tandis qu’elle attrapait les vêtements qu’on lui prêtait.

« Merci, oui j’ veux me doucher, non j’ai pas encore mangé, j'vais me débrouiller et promis je me dépêcheee ! » débita-t-elle avant que la porte ne referme.

Elle espérait avoir été entendue mais, elle n’en était pas tout à fait sûre. Il semblait y avoir tout un tas de pensées dans la tête du garçon, elles devaient faire beaucoup de bruits. Elle lâcha un soupire puis, posa les vêtements sur la cuvette –fermée- des toilettes et enleva un à un ses habits mouillés. Il y avait quelque chose d’indiscret à se dévêtir ailleurs que chez soi comme si l’on pénétrait dans l’intimité d’autrui à faire couler son eau brûlante, à se regarder dans son miroir ou à timidement user de son gel douche, que l’on voulait effacer les traces de son propre passage comme la vapeur de la douche estompait le froid de nos os ou la crasse de nos peaux.

Dans une expiration de plaisir, Eugénie éteignit l’eau puis sortit de la douche sur la pointe des pieds en attrapant une serviette. Il ne lui en voudrait probablement pas. Elle hésita un moment avant de se décider pour le sweat-shirt dont ses mains n’atteignaient pas les extrémités et le short noir – avait-elle un jour aimé faire comme on lui disait ? – qui de toute façon lui tombait à peine au-dessus du genou. Eugénie attacha ensuite ses cheveux grâce à un élastique sur son poignet en un chignon ébouriffé. Elle attrapa toutes les affaires qu’elle avait laissé derrière elle dont bien sûr les serviettes usagées avant de bondir hors de la salle d’eau en ouvrant grand la porte :

« TADAA ! De quoi j’ai l’air ? Je suis prête à….HIIIIIII ! »

Elle fut coupée nette dans son élan alors que son pied glissa sur la flaque d’eau qu’elle avait formé un peu plus tôt et Eugénie eut à peine le temps de respirer qu’elle tomba dans un fracas épouvantable, les affaires éparpillées et les quatre fers en l’air. Elle se redressa dans un grognement de douleur d’une main tout en se massant l’arrière du crâne de l’autre. Il lui fallut quelques secondes pour remettre de l’ordre dans son esprit et elle chercha presque immédiatement les yeux de Jun pour lui adresser un sourire immense.

« Ok tout va bien pas de panique ! J’suis encore vivante…enfin j’crois. Laisse-moi juste deux minutes pour me recoiffer. J’étais presque prête pour Miss Univers et…» Ses yeux s’arrondirent alors qu’elle remarqua les vêtements sur le sol qu’elle commença à ramasser d’une main tremblante. « Oh non tes affaires ??! Je suis si si désolée Jun ! Je…voulais pas…»


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le Dim 6 Aoû 2017 - 13:48
« Si Ai n’était pas morte, quelle aurait été ma vie ? Allongé sur mon lit, mes bras sous un de mes oreillers je réfléchis. Nous aurions continué à rire, et même si l’âge n’avait tardé à nous éloigner, je suis certain qu’il aurait aussi aidé, plus tard, à nous rapprocher. Peut-être aurais-je craqué et l’aurais-je amenée chez un tatoueur, lui aurais-je proposé ces mêmes dessins qui ornent aujourd’hui mes poignets : peut-être oui aurions-nous été deux moutons noirs parmi tous ces hommes en blanc. Nous aurions été deux bandits mais deux gentils, et je suis certain que même dans son travail elle aurait rayonné. Qu’aurait-elle choisi ? Aurait-elle fait comme tous, visé une grande entreprise ? Où après avoir broyé ces pensées que trop noires en serait-elle sortie grandie ? Je l’imagine et me dis qu’elle serait sans doute partie à la campagne.

Grand bien lui fasse ! Qu’il est bon parfois de s’éloigner de tout, de claquer la porte et de partir, s’en aller, fuir. Ce n’est qu’en quittant ce qu’on a toujours connu qu’on se rend compte à quel point nous ne savions rien. Ce n’est qu’en sortant de cette ville si immense et en retrouvant le vert de la nature et le chant des criquets qu’on se dit ah, c’est donc ça. La ville nous noie et de ses gratte-ciel si immenses nous rend aveugles. Nous ne sommes, au fond, que du bétail. Nous faisons comme les autres et pensons que ce n’est qu’en faisant tout ceci que nous réussirons notre vie. Nous sommes poussés par une société qui s’acharne et qui au final nous tue alors que nous devrions vivre, rire.

Nous sommes en vie ! Alors pourquoi ne pas respirer ? Pourquoi ne pas ouvrir les bras et tourner, virevolter, danser ? Pourquoi ne pas faire un doigt à ceux qui nous jugent, nous regardent et nous confrontent car nous choisissons d'être différents ? On clame que la différence est bonne et pourtant personne ne l’accepte : cela fait mal de voir quelqu'un d’heureux, d'épanoui. Les hommes sont jaloux et ils me dégoutent. Ils sont lâches, aussi, et se referment trop souvent sur eux. Ils trahissent et à la fin ils ne restent qu’eux : mettez deux hommes dans une cellule et n’en nourrissez qu’un, peu, mais nourrissez le. Pensez-vous qu’il finira par partager sa maigre portion du jour à celui qui n’en a pas ?

Non.
Il le laissera, se dira que s’il n’a rien c’est qu’il le mérite, justifiera son acte en rendant l’autre coupable, méchant. Et qu’il est rare de voir quelqu'un tendre sa main, naturellement, gentiment : qu’il est rare de trouver de vrais altruistes. Enfin.

La porte s’ouvre et me retournant Eugénie m’apparait dans mon sweat-shirt trop grand, ensevelie sous ses affaires et celles que je lui ai prêtées. Je pouffe à ses propos mais soudain la vois basculer et ferme instinctivement les yeux lorsque son corps percute le sol. Au fond, la situation est à mourir de rire : elle a glissé dans sa propre flaque dos. Mais inquiet, je ne peux m’empêcher de me redresser, me dirigeant vers elle, crispé lorsque je vois sur son visage la douleur passer : « Comment tu veux que je ne m’inquiète pas alors que tu viens de te rétamer devant moi ? Je suis certain que même le voisin du dessous a du se demander ce qu’il se passait. »  Me passant une main sur le visage, je lui demande : « Tu es certaine que ça va ? Tu ne t’es pas faite mal ? » Je la regarde, attendant qu’elle me réponde, guettant une blessure, quelque chose trahissant un probable oui, tout va bien.

Au lieu de l’aider à se redresser je m’accroupis, regardant de plus près l’étendue des dégâts : « T'inquiète pas pour les affaires, ça me donnera une excuse pour faire un grand ménage, le printemps approche, après tout. » La rejoignant dans son ramassage, je finis de rassembler le linge : « Puis c’est pas comme si tu avais cassé quelque chose, des habits ça se lave, un vase en morceaux c’est un peu plus compliqué à réparer. » Mon ton se fait léger et d’un sourire quoique calme j’essaie de l’apaiser. Prenant le tout et le balançant dans la corbeille un peu plus loin je me retourne, lui demandant : « Que veux-tu manger ? Tu as une allergie particulière ? J’ai des oeufs, je peux te faire une omelette ? » J’ai aussi des nouilles mais ce n’est pas super bon pour la santé d’en manger, alors autant se contenter d’oeufs encore frais et d’un bon bol de riz chaud. J’ouvre le frigo et jauge son contenu, cherchant un ou deux légumes pour accompagner le repas : j’ai des carottes et du concombre. Me demandant quoi choisir j’attrape par la même occasion quatre/cinq oeufs et allume le gaz.

Le temps passe et la poêle déjà est chaude, dans un bol j'ai cassé les oeufs et les ai mélangés, je ne tarde à les vider dans le récipient brûlant et me souviens soudain que dans la portière j'ai du jambon ! C'est ça ! Une omelette au jambon ! Je me précipite, arrache à moitié le sachet, le découpe à toute vitesse et le vide dans mon omelette qui déjà commence à être cuite. C'est terrible, les omelettes : une seconde de trop et les voilà trop compactes ! Je sais qu'au japon on les aime comme ça mais j'ai découvert à Pallatine qu'on pouvait aussi les apprécier baveuses, et je ne sais pas, depuis, c'est la révélation.

Le repas fin prêt je vide l'omelette dans les assiettes et sors du cuiseur à riz deux grosses cuillères pour chacun d'entre-nous : « Bon c'est pas un repas de roi mais j'espère que ça t'ira ! » Après avoir sorti le pichet du frigo je ne tarde à m'asseoir en face d'Eugénie : « itadakimasu ! »

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le Mar 8 Aoû 2017 - 22:50
Jun, Jun semblait si inquiet que ses mots fusaient dans les oreilles d’Eugénie sans qu’elle n’arrivât à les attraper plus que du bout des doigts. Elle ne l’entendit qu’à moitié, Jun, nerveux, Jun fébrile. Il chancelait comme un mirage, il avait l’air agité et peut-être même que c’était la pluie qui le rendait fiévreux, peut-être qu’il avait une maladie des jours d’averse au fond de son cœur ou que les gouttes s’étaient infiltrées dans les tuyaux jusqu’à en rouiller toute la machinerie. Peut-être que Jun était un nuage qui avait trop pleuré.

Eugénie baissa les paupières comme si elle réfléchissait puis, elle inspira lentement une longue bouffée d’air et posa doucement sa main sur l’épaule du garçon – qu’elle craignait de sentir s’évaporer contre sa paume – en relevant les yeux vers lui pour l’interrompre.

« Je vais bien Jun, hé ça a pas l’air mais, je suis en acier et en béton armé regarde ! » Elle souffla d’un clin d’œil en exhibant les écorchures parsemant ses avant-bras.

Jun sourit à nouveau, c’était mieux ; aujourd’hui les émotions de Jun ruisselaient sur son visage comme de la pluie. C’était un drôle de jour, sûrement parce que le ciel était si gris. Eugénie avait sûrement invité l’orage avec elle, caché au fond ses poches, quand elle avait passé le pas de la porte mais, elle avait oublié son parapluie.

« Hein ? …Ah oui, une omelette c’est parfait ! »

Elle se releva, le short un peu moite qu’elle recouvrit du sweatshirt, s’étira vers le haut avant de s’adosser contre le meuble le plus proche. Les flammes bleues de la gazinière jaillirent dans un crépitement mécanique sous le visage concentré du garçon. Il n’y avait pas assez de place pour deux dans la cuisine de toute façon.

Alors, Eugénie laissa ses yeux se perdre sur les mains qui battaient les œufs et sur la poêle qui crépitait doucement ; cela lui rappelait la silhouette de la sa mère baignant dans les dernières clartés froides des dimanches nuageux de la fenêtre de la cuisine, parfois, même elle fredonnait des airs d’une autre époque recouverts par le bruit de l’eau chaude. Eugénie ne pensait pas beaucoup à sa mère, ni à sa vie d’avant, probablement parce qu’il n’y avait pas beaucoup à se souvenir. C’était délavé, si étouffé que les couleurs de Pallatine l’avait avalé ; Eugénie avait attendue, longtemps, dans la cuisine le printemps qui annoncerait l’été.

Elle fit la conversation, pour ne pas entendre le bruit familier de l’horloge ou le tintement de la vaisselle mais, vraiment, elle parlât probablement plus à elle-même qu’autre chose. Ah, tu ajoutes le sel maintenant ? Moi je…Oh tu sais que…Au fait la machine a pop-corn a encore bloqué et…Moriarty est vraiment…tu en penses quoi ? J’aime bien…T’as entendu le dernier morceau de…

Jun finit par poser les assiettes sur la table et Eugénie par s’asseoir.

« Non, c’est très bien t’inquiète ! Merciii ! » Elle marqua une hésitation: « Ita…ma-mamasu ?»

Cependant, le ventre d’Eugénie n’attendit pas la précision et émit un long grognement. Elle tressaillit tandis que ses joues se colorèrent de honte, glissant ensuite ses mains sur son estomac comme pour le faire taire. Oh il lui semblait avoir oublié qu’elle avait le faim, est-ce que le temps était passé trop vite ou bien est-ce que c’était sa tête qui s’était noyée sous l’orage ?

« Ah…euh…Désolée. »

La jeune fille plongea ensuite sa cuillère le plat d’un rictus nerveux et avala avec embarras la première bouchée.
L’omelette brûlante fondait contre son palet, plus vaporeuse qu’un nuage. Elle souffla avec un peu plus de précaution sur les grains de riz qui s’échappaient du couvert. Sa gêne s’évapora en plaisir et Eugénie attrapait de trop grosses bouchées, exhalait un peu trop ou avalait un peu trop vite.

« Je te payerai un café d’accord la prochaine fois ? En fait non, t’as pas vraiment le choix. Ah attends je travaille pas demain mais, je suis coincée là-bas le week-end. Pffft j’avais oublié ça…» Elle fit une mine boudeuse. « Tu seras là ? En plus, j’ai. Trop. Eu. Une bonne idée. Genre aussi bonne que ton omelette là ! »


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Arrivé depuis bientôt deux ans, Jun vit sans remous. Il est de ces existences paisibles qui ne dérangent que rarement les autres et qui resteront peut-être pour toujours dans l'ombre. Il est un être banal, qui gentil, s'assied souvent et regarde la vie se faire. Lorsque vous lui parlez il vous écoute avec attention, et ses mains parfois viennent se perdre sur votre bras, réconfortantes. Distant, il ne parle que peu de lui, et lorsqu'il le fait vous l'impose sans vous demander votre avis.
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le Mer 9 Aoû 2017 - 23:51
« Jun ne riait pas beaucoup et lorsqu’il le faisait, cela était si doux qu’on ne le remarquait pas. Il chuchotait dans son bonheur, et rayonnait aussi faiblement que certains rayons matinaux au travers des rideaux blancs. Il était oui un être sensible et lorsq’Eugénie tenta de reproduire son bon appétit avant de rougir sous le bruit de son estomac impatient, il explosa d’un rire gamin, d’une voix basse, et vint y placer sa main automatiquement. C’était comme si tout en lui et sa culture faisait qu’il cachait sa joie : et lui-même ne s’en rendait pas compte. Il existait de manière silencieuse et ce n’était qu’en le surprenant de loin et sans qu’il ne le sache qu’on le découvrait comme lui-même s’ignorait. « I-ta-da-ki-ma-su ! » répéta-t-il plus lentement, pour qu’elle décompose chacune des syllabes, gentil. « Je suis content si ça te plait. » avait-il enchainé, un sourire heureux sur le visage, commençant lui même à manger. « Je serai là » si tu veux compléta-t-il entre deux bouchées, prenant le soin de bien mâcher avant de s’exprimer : il ne voulait pas créer d'accident, surtout après tous ceux qui venaient d'arriver.

Et quelle chance il avait, au final, d’appartenir à cette diaspora. Elle était certes une des plus craintes, mais de l’autre côté lui permettait d’avoir un foyer et plus encore un travail à l’emploi du temps fort malléable. Le cinéma leur appartenant il bénéficiait d’avantages qu’Eugénie ne pouvait même pas imaginer, et quelque peu coupable vis à vis d’elle il évitait de mettre en lumière. Chaque heure passée derrière le comptoir était une heure payée -et il essayait donc d’y rester le plus longtemps possible- mais il savait qu’on ne lui en voudrait pas de s’absenter ou de poser un congé d’un jour ou deux. Puis, après tout, son activité était double puisqu’au-delà de s’occuper du cinéma, il travaillait également en tant que traducteur pour les gangsters. Il se souvenait encore du jour où sa vie à Pallatine avait basculé et qu’il avait failli finir abandonné et tabassé dans une ruelle un peu craignos de Kolt. Heureusement les choses s’étaient passées différemment et il était à présent une sorte de couteau suisse, aux multiples utilités. Qui aurait cru qu’un japonais leur servirait à quelque chose ? Il était une sorte de dictionnaire culturel et un google traduction assez obéissant et désintéressé pour être utile, gardé. Enfin.

Secouant imperceptiblement la tête, il avait essayé de se concentrer à nouveau sur Eugénie et ses beaux cheveux, ses grands yeux : « Pourquoi ? » Il était curieux de savoir ce qu’elle lui réservait et attentif attendait, quoiqu’un peu méfiant : elle n’avait pas en elle quelque chose d’innocent, mais au contraire d’un peu farfelus qui lui faisait serrer les dents. Qui savait dans quels pétrins elle pourrait se fourrer ! Il espérait que toujours elle reste sauve et que sur son visage son sourire ne s’efface, tant bien même le devinait-il un peu creux, parfois, vu qu’il faisait écho avec le sien. « Je ne sais pas si je dois m’exciter ou avoir peur : allez, dis-moi ! » Et content, taquin, il avait repris une cuillère de son riz, y rajoutant un bout d’omelette.

Ne plus être seul dans ce petit appartement n’était au final, pas si mal.
Différent, rassurant : chaleureux.

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le Dim 20 Aoû 2017 - 22:11
Le sourire d’Eugénie s’étala jusqu’à ses oreilles, il était si grand qu’il allait probablement avaler toutes les constellations qu’elle avait déposé sous ses yeux. Elle planta alors ses iris pleines de malice dans ceux du garçon comme si Eugénie savait quelque chose d’incroyable, une vérité qu’on ne trouvait pas dans les livres, comme si elle allait réinventer le monde tout entier et au fond, au fond, pourquoi pas ; la pluie pouvait bien emporter tous les lendemains aux caniveaux, Eugénie en écrirait des nouveaux à l’infini. Elle espérait bien en découvrir un qui lui conviendrait et s’y agripper à deux mains.

« J’ai trouvé…» Elle marqua une pause pour s’armer d’une expression triomphale : «…un accès vers le toit. Je suis sûre qu’on peut y voir les étoiles et que le manager ne nous trouvera jamais héhé ! »

Ses yeux s’éclairèrent doucement de lueurs interstellaires, les unes après les autres et Eugénie scruta Jun d’un sourire complice, dans l’espoir de lui arracher un signe d’approbation, peut-être même une étincelle. Il était parfois aussi sérieux qu’il était ténu, probablement parce qu’il avait l’air d’avoir perdu toutes ses couleurs de ses sourcils trop droits et de ses commissures si timides. Mais, si c’était une maladie du cœur, Eugénie aurait voulu peindre tous ses tuyaux rouillés de rose, de bleu, de vert ou de jaune pour y inviter tous les jours le soleil qui parfois se mettait à y briller.

« Il fait peut-être un peu froid…Mhh tu sais ce qui nous manque ? Des écharpes ! Même qu’on devrait les fabriquer nous-même ! »

Elle sentait le son de sa voix, Eugénie, vibrer sur le dos de sa langue et taper contre ses dents, en se demandant si maintenant c’était elle qui parlait trop, si elle faisait, juste un peu trop de bruit. Alors, elle avala une cuillère de riz pour se faire taire.

« Ça te tente ? Les étoiles ou les écharpes d’ailleurs…»



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le Lun 21 Aoû 2017 - 10:29
« J’aime regarder le ciel, surtout au coucher du soleil. » avait admis Jun d’une voix calme, un doux sourire sur les lèvres. « La ville émet tant de lumière ici qu’il est difficile de voir les étoiles, avec la hauteur du cinéma, tu as raison, on les verra peut-être : ce serait vraiment bien. » Il se souvenait des soirs où se promenant à vélo, seul, il s’était arrêté pour s’allonger dans l’herbe, les bras ouverts, le visage offert aux cieux. La campagne était calme et il n’entendait que le train au loin, les oiseaux et tout près les criquets. Cela le rendait toujours nostalgique, mais la beauté de la voie lactée le rendait muet, effaçant sa tristesse : il aimait voir les étoiles, se demander si chez elles elles brillaient encore, ou s’étaient déjà éteintes.

Eugénie était un peu comme ça, elle brillait, s’illuminait et pétillait : mais peut-être était-elle vide, peut-être était-elle morte. Comment pouvait-on savoir, après tout ? C’était comme si elle était à des années lumières de lui, et avec un tel décalage, tout pouvait arriver, n’est-ce pas ? « Tu sais tricoter ? » avait-il finalement demandé : « On avait eu une activité tricot à l’école, donc je dois me souvenir de deux trois trucs mais de là à faire deux écharpes complètes il va me falloir de l’entrainement. » Il se sentait gamin, comme si cette conversation pourtant banale ravivait peu à peu en lui des couleurs qu’il croyait depuis bien longtemps ternies, oubliées. « Ça me plairait bien ! Puis comme ça quand il n’y aura pas beaucoup de monde au cinéma on pourra tricoter derrière nos comptoirs. » compléta-t-il, riant sans heurt : « Puis si tu manques de hoodies ou de sweats tu sais à qui demander, je pourrai toujours t’en prêter : je ne porte quasiment que ça, en hiver. » Il pourrait même lui en offrir un, après tout, cela faisait des années qu’il n’avait pas acheté un cadeau, avait donné quelque chose à quelqu’un.

S’étirant, poussant contre le dossier de sa chaise et basculant ses bras au dessus de sa tête, il avait complété, se relâchant : « J’ai hâte ! » Il s’imaginait sans peine la scène, Eugénie à ses côtés, leurs mains derrières leur tête pour ne pas qu’elles heurtent le béton froid. Sans doute s’exclameraient-ils en voyant des étoiles ressemblant aux constellations de la terre, peut-être en dessineraient-ils de nouvelles, leur donneraient des noms. « On fait ça quand ? » Plaisanta-t-il, taquin, pour montrer son enthousiasme.

Il se sentait content.

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le Jeu 24 Aoû 2017 - 14:39
Sa cuillère tintait tout doucement contre l’assiette pour racler les derniers grains de riz et morceaux d’omelette ; elle souffla lentement pour en chasser la vapeur qui lui picotait les narines. Sa vision se brouillait alors en des formes douces et chaudes, vacillait, tremblait un peu derrière ses cils. C’était comme faire de la buée dans les rues illuminées des soirées de décembre : elle se rappelait qu’elle expirait de toutes ses forces pour que les lueurs rouges, bleues ou jaunes des guirlandes se mélangent à l’odeur des marrons chauds et à l’ombre des vieux bâtiments. Et, dans un sourire Eugénie songea que le froid de la pluie et la chaleur ténue de Jun lui rappelait beaucoup de souvenirs, un peu magiques, quand les hivers n’étaient pas encore glacés.

Eugénie hocha négativement la tête, essuyant du dos de la main le coin de sa bouche.

« Alors on apprendra ensemble ! J’ai vu un livre la semaine dernière dans une vitrine pour apprendre tu sais et ahh j’espère qu’il y est encore ! »

Elle se redressa sur sa chaise, se balança nerveusement comme si, oh, il n’y avait pas assez de place entre ses côtes pour contenir son excitation et que ça débordait un peu par ses oreilles, par ses lèvres, de partout jusqu’à remplir lentement les recoins de la pièce. Elle avala un grand verre d’eau pour diluer ces émotions trop drue, pour les rendre plus pastelles – elles auraient fini par égratigner la délicatesse du moment, peut-être même Jun. Elle s’amusa à se demander si son sang était vermillon ou bien translucide, on ne parlait jamais du sang des nuages après tout.

« N’importe quand ? Ce soir ? Ce week-end ? Quand tu es là ? » Elle rajouta ensuite : « On est même pas obligé d’y aller quand on travaille en fait. Surtout si on y va quand le soleil se couche et puis s’il fait froid je peux te prendre un pull et puis, on peut y aller autant de fois qu’on veut. On a qu’à en faire notre repère secret ! »

Eugénie qui s’était à moitié relevée, portée par les idées qui se bousculaient en tous sens et escrimant son bras dans l’air, se laissa retomber enfin sur sa chaise dans un bruit sourd. Le bois grinça un peu sous son poids. Elle reprit sa respiration, à force de parler si vite elle avait le souffle court et les joues rosies.

« Ce serait bien comme endroit non quelque part où personne peut te trouver ? Je crois que j'aimerai y vivre des fois.»

A présent, un peu plus calme, elle rangea ses couverts dans l’assiette vide et tendit la main vers Jun pour récupérer la sienne, s’exclamant d’un clin d’œil :

« Merci pour le repas ! Top du top je recommande je vais écrire une critique dessus et tu seras célèbre ! »


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le Dim 3 Sep 2017 - 22:09
« Des fois la vie nous réserve des surprises, des petits quelques choses auxquels on ne s’attend pas. Et tu sais, Eugénie, je crois que tu en es un peu une : arrivée dans ma vie sans même que je ne pense à te demander. Je m’étonne parfois, réalisant à quel point je me suis habitué à ta présence. Tu ne le sais pas mais avant toi j’en ai vu défiler, des gens au cinéma. La plupart du temps on ne parlait pas, trop occupés à vivre nos vies, trop occupés à travailler. On était dans nos pensées, on était dans nos problèmes et notre routine. Il y a même eu un homme de plus de quarante ans ! Il n’est pas resté longtemps et apparemment avant que j’arrive un gamin bossait là mais on l’a retrouvé au pied d’un pont — on m’a dit qu’il n’avait pas sauté mais je n’ai pas cherché à comprendre.

Je crois qu’il ne fallait pas, de toute façon.

Et tu es différente d’eux, Eugénie : tu pétilles. Jamais tu ne sembles fatiguée, toujours tu me regardes, tu parles, t’ennuies et luttes, cherches à t’amuser. C’est comme si tu essayais de combler un vide, de rendre la vie plus palpipante, plus encombrante. Il faut oui vivre au point de ne plus penser, vivre et sentir. Il m’est rare d’apercevoir ton visage sans l’ombre d’un sourire ou d’une moue boudeuse : des fois je me dis que tu devrais être sur la scène, non celle vendant les billets. Tu pourrais te lancer dans le théâtre, faire des comédies musicales : et ça t’irait, n’est-ce pas ? La musique te va bien, la photographie aussi, du moins, si tu es le modèle.

L’art en général te correspond, quoique j’ai du mal à t’imaginer dans un musée, calme, concentrée. Et je te regarde et te lâche « On peut toujours regarder sur internet, au pire. » Je sais qu’il n’y a pas Youtube, ici, mais bon : on doit bien pouvoir trouver de quoi faire, non ? « Puis a deux on pourra s’aider je suis certain qu’on ira plus vite. » Je te souris et ne dis plus rien, laisse le silence flotter entre nous un instant. C’est amusant Eugénie quand tu viens vers nous tu nous donnes l’impression qu’on est tout, tout pour toi, tout ce qu’il manque à ce monde et pourtant : tu aimes la solitude, avoues que tu aimerais avoir ton coin secret, où te réfugier, parfois. Au final que sommes-nous, pour toi, si ce n’est des distractions ? Tu te suffis bien à toi-même, c’est la routine et le vide que tu cherches à éviter, pas le silence. Enfin.

« On va éviter d’y aller ce soir vu comme il pleut : on verrait que dalle. » Quoique au final, la pluie ne m’a jamais dérangé. Si tu veux y aller, pourquoi pas ? J’ai sans doute un k-way ou deux mais je sais que ça ne suffira pas : un peu de vent et nous serions fichus, trempés et sans doute malades dès demain ! « Mais le plus vite possible, je suis bien d’accord. » Ma voix est calme et les mains derrière ma tête je pousse contre mon dossier, m’étire quelque peu : t’écoutes dire que tu vas mettre des commentaires sympas sur ma page et j’ai l’impression d’être de retour chez moi, avec toutes ces applications bêtes à la tripadvisor ou que sais-je. On ne sait plus rien faire par nous-mêmes, de nos jours.

Nous sommes des assistés, où du moins l’étions, avant Pallatine.
Quel bond vers l’indépendance, la vraie.

« T’as intérêt à me mettre cinq étoiles, oui ! Je vais racheter l’immeuble et me lancer dans… Une activité de chambres d’hôtes, oui, tout à fait. » Je rigole et me lève pour débarrasser, déposant les assiettes dans l’évier et allumant l’eau pour les nettoyer de suite : t’avoir à mes côtés me motive, le faire seul dans le silence alors que la nuit approche n’est jamais très concluant, chez moi. Je dois le faire tout de suite ou sinon je peux dire au revoir et à demain. « Tu te rends compte que le tourisme ça n’existe pas à Pallatine ? C’est dingue quand même. » De vivre sur une île-État, de vivre dans une ville qui est… Le monde. Comment font les natifs ? Chez nous il y a le Japon mais aussi les Amériques ! Il y a tant de choses il y a un univers mais nous… Où sommes-nous ?

Y-a-t-il seulement quelque chose là bas, dans le ciel ?
Ailleurs.

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