bannière

« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

Forum urbain sf/historique avec paradoxes temporels
Avatars manga/illustrés, taille 200x320px - Forum tout public
Aucune limite de lignes ou de mots - Aucune condition d'activité
Lire le contexte

Partagez
Voir le sujet précédentVoir le sujet suivant

courgettes (mimi)

avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 20 Aoû 2017 - 19:39
La nuit se levant fait mal aux yeux. On plonge dans l'obscurité, on force ses rétines à oublier la chaleur de la lumière, et puis progressivement, on leur rappelle ce dont elles ont été privées pendant tout ce temps. Bien sûr, ça n'arrive que lorsqu'on reste éveillé toute la nuit. Les gens qui dorment, ils s'endorment dans une pénombre douce, qu'ils ont eux-mêmes choisi, et quand leurs paupières se soulèvent, leur visage est éclairé par la lumière que filtrent les volets. Ou bien ils allument la lumière.
Quand on est dehors, on n'a pas d'interrupteurs et à Pallatine, il n'y a pas toujours des lampadaires.
Ce coin, il n'appartient à personne. Il est un peu comme moi quand j'ai débarqué ici. Un truc sans valeur que l'on regarde sans trop s'y intéresser. J'ai l'impression que ce quartier ne se bat pas. C'est miséreux, et les gens s'entassent dans de grandes maisons (ou de petits immeubles ? allez savoir) où ils se partagent un loyer trop onéreux. Ils ont sans doute pas les sous nécessaires pour rénover les rues, et je vais pas leur en vouloir pour ça, mais.
J'essaye d'en faire abstraction.
J'essaye beaucoup trop de choses, en fait.
Je lève les yeux vers le ciel encore étoilé ; c'est juste quelques points brillants sur la voûte grise, on ne voit pas très bien ; c'est un peu comme si je tentai d'attraper la lumière avec le regard. Ça ne marche pas très bien. Mais je vois un peu mieux. Et puis, si je dois marcher dans quelque chose, ça me laisse indifférent. J'ai qu'à nettoyer mes souliers.
C'est doux, d'être vivant.
C'est dur aussi.
Et je vois, alors que la pensée traverse l'univers de mon esprit telle une étoile filante, une silhouette qui se dresse sur un toit. Elle me stoppe net, me fait dévier de ma trajectoire. Je pense à une fin. Je pense à quelqu'un qui veut se donner la mort.
Alors je me poste au pied du bâtiment (ce n'est de toute façon pas très haut, un étage ou deux peut-être, ça dépend de comment on compte) et je crie dans la nuit finissante :
« Hé. Est-ce que je peux te parler ? »
Et j'attends la réponse. Le silence, tel qu'il s'installe entre nous, est assourdissant. Je n'entends même plus le son de ma propre respiration, pourtant je sais que mon souffle est toujours là, quelque part au coin de mes oreilles. Je n'entendrais plus un passant marcher. J'attends juste cette voix, que je ne peux imaginer, mais je sais que je la reconnaîtrai. Une voix qui viendra du ciel.
avatar
Citoyen

Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : weiss☆star. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)

Messages : 54
Messages rp : 33
Date d'inscription : 20/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:40
Mon cœur battant à tout rompre dans ma poitrine me fait mal. J'aimerais bien pouvoir faire abstraction de la douleur, mais je n'y arrive pas. À chaque fois que j'ai essayé, j'ai tenté de détourner mes pensées de mes abysses, mais elles finissent toujours par m'engloutir à nouveau. Ça me contrarie beaucoup. J'ai beaucoup réfléchi à ce phénomène ces mois passés, et j'en suis venu à une conclusion toute simple, si évidente que je suis pantois face à mon propre aveuglement. Quel meilleur moyen pour supprimer la douleur que de s'en causer une autre, plus forte, et pas la même occasion plus supportable ? Il me faudrait pour cela m'éclater en mille morceaux sur les pavés pour laisser s'écouler hors de moi ce sang que j'ai trop longtemps retenu à l'intérieur. Le sol est ma patrie, désormais, alors je flirte une dernière fois avec les hauteurs avant d'oublier le grisant vertige qui me prend à chaque fois que je contemple ce qui se trouve dessous moi.
Je ne sauterai pas, bien sûr. Je me contente de faire mes adieux.
Pallatine est si paisible, vue de nuit. La ville ne connaît pas la guerre ni les luttes fratricides ; ceux qui s'affrontent à l'ombre de ses buildings se sont depuis bien longtemps extirpés de la parenté qui aurait pu les réunir ; désormais inconnus l'un de l'autre, ils oublient qu'ils ont été proches un jour et tirent de là toute la force dont ils ont besoin. On souffre moins lorsqu'on n'a pas de lien, je le sais si bien. La diaspora tient lieu de famille, mais je sais qu'elle ne la remplace. Ô, je divague. C'est qu'il n'y a pas grand chose à voir. Ici, les voitures ne pétaradent pas, elles avancent en silence, tas de ferrailles isolées dans les rues de la ville. Les habitants ne crient pas, ils se reposent de leurs péripéties diurnes. Les animaux eux-mêmes semblent avoir disparu. Je ne sais pas ce que je recherche. Sans doute une lumière vacillante signifiant que quelqu'un se prépare à aller au lit. Ou au contraire une silhouette sombre s'échappant de son immeuble pour une nuit agitée. Je ne sais pas. C'est peut-être Ilya que je recherche malgré moi.
La douceur d'une voix en contrebas vient réclamer mon attention. Je m'arrache à ma contemplation des lieux et baisse les yeux sur celui qui essaie de me ramener à la vie. Je crois reconnaître cette ombre menue qui lève la tête vers moi. Je n'ai pas de raison de lui refuser mon royaume, je crois qu'elle s'inquiète pour moi. Alors je lui dis calmement à voix haute :

« Bien sûr, monte. »


14 février:

1er avril:
avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Sam 9 Sep 2017 - 12:49
La distance qui nous sépare m'empêche de savoir à qui j'ai affaire. Je ne peux pas voir le visage bercé d'ombres qui se penche vers l'abîme, et je distingue mal la frontière entre chevelure et ciel. C'est qu'il fait encore sombre, et je distingue à peine le contour de sa silhouette. Je sais que c'est un homme, et ça ne me dit pas grand-chose, parce que des hommes il y en a beaucoup à Pallatine. Il y a moi, aussi. Ça pourrait être moi, en haut de ce toit. Si j'avais eu une autre forme de vie.
Je ferme les yeux, je les rouvre - je vois trop mal dans la pénombre de l'aurore.
Peut-être qu'au loin, un soupçon de rose colore l'horizon ; je n'ai jamais aimé les couleurs, mais je crois que j'aime les soleils qui se lèvent autant que les soleils qui se couchent, précisément parce qu'ils sont colorés. C'est un peu surnaturel, ces aubes et crépuscules où la teinte bleutée du ciel disparaît dans un chatoyant camaïeu de chaleur. C'est peut-être le seul moment où j'aime les couleurs chaudes, aussi.
Mais la nuit tient encore bon, elle lutte de toutes ses forces (contrairement aux gens du quartier) ; on sent qu'elle a de l'expérience, car à chaque fois c'est la même rengaine, et elle ne cède place au jour que pour se reposer. Et mon homme que je pense inconnu, là, se dessine dans le creux de la nuit. Je sens ma gorge se serrer. Je ne voudrais pas que tout s'arrête pour lui maintenant ; j'ai cet instinct qui me pousse à monter, à m'élever vers les cieux et vers lui, et alors peut-être aurais-je une utilité.
Il me dit de venir, et je lui hurle en retour : « D'accord, ne bouge pas. »
La porte d'entrée n'est pas fermée, et je la pousse du boit des doigts, le visage tordu de dépit en entendant son infâme grincement. Parce que le couloir est sombre, je vois mal les escaliers qui se dessinent dans l'ombre ; je les devine pourtant, des impressions vagues au coin de l'œil que mes pieds me confirment, et finalement je monte. Au dernier étage, une nouvelle porte ouvre au visiteur la splendeur d'un toit gris.
De dos, la silhouette m'est familière. Je crois reconnaître cette masse de cheveux noirs et cette tenue droite, qui n'est pas la tenue des suicidés. Non que je la connaisse parfaitement, mais je sais lire le désespoir quand il y en a devant moi. Je l'ai souvent vu dans le miroir. Et donc, je m'approche, et lorsqu'enfin son visage se tourne vers moi, son prénom explose sur mes lèvres.
« Dimitri. Bonsoir. »
Je ne m'attendais pas à le voir lui. Non que je le connaisse vraiment si bien. Je pense que nous sommes de ces connaissances qui se frôlent souvent, à tel point que leurs noms s'échangent et leurs yeux se croisent, mais qui ne savent jamais ce qui se cache derrière un tel regard. Et puis un jour, le destin fait qu'ils se rencontrent vraiment. C'est peut-être sous les étoiles déclinantes et la lune s'effaçant du ciel trop clair que nous nous parlerons vraiment.
« A quoi pensais-tu ? » Et je suis un peu sec, mais pas vraiment ; il y a un léger sourire au bord de mes lèvres, la réjouissance de le voir, et je crois que cela s'entend un peu dans ma voix. L'inquiétude est étouffée par ce sentiment paisible que nous pourrons enfin discuter tranquillement.
avatar
Citoyen

Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : weiss☆star. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)

Messages : 54
Messages rp : 33
Date d'inscription : 20/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 17 Sep 2017 - 15:35
C'est de l'inquiétude que je sens monter vers moi, une inquiétude difficilement contenue d'une personne amoureuse platonique de l'humanité. Je pourrais lui dire que je ne compte pas me faire de mal, mais déjà sa petite silhouette a disparu dans les entrailles de l'immeuble, et pour un peu, je ressentirais la précipitation de ses pas cognant lourdement contre les escaliers - à ceci près que je suis incapable de ressentir les battements de ce cœur de verre et de béton. Je songe à soupirer, à me plaindre des conclusions hâtives que les esprits faibles s'empressent de tirer, mais je n'ai pas le cœur à le dénigrer. Ayant une petite idée de la personne qui désirait m'arrêter, je comprends bien qu'elle n'est pas motivée par un absurde attachement de la vie mais qu'elle exige de laisser sa chance à tous, même aux plus brisés. Mes lèvres se retroussent légèrement, sans moquerie, tandis que je me dis que la rencontre s'annonce intéressante.
La colère, la rage qui d'ordinaire m'anime, ne couve pas à l'intérieur de ma poitrine. Le foyer est éteint. Je me sens plus noble, plus proche de ce que ma famille aurait voulu pour moi mais que j'ai toujours rejeté. Je suis ce héros tragique qui a le choix de se jeter dans le précipice ou de résister à la vie - qui appelle la vie de tous ses vœux mais que les événements pousseront fatalement au précipice. Ok, je joue un peu, c'est vrai que contrairement à d'habitude, je suis calme, et je trouve la sensation vraiment étrange. Quand je n'ai pas quelqu'un sur qui gueuler, ou un reproche à adresser, je me sens si vide, si peu moi-même. Moi, je suis le type qui casse, pas celui qui apaise. Mais Cookie est si éthéré que mes poings ne sauraient que rencontrer si je venais à le frapper.
Car c'est bien lui qui se tient dans mon dos, avec sa vertu de gens heureux, qui s'approche de moi avec la ferme intention de m'empêcher de sauter. J'évite logiquement tout mouvement brusque, persuadé qu'il interprèterait mal ce geste. En se jetant sur moi pour me sauver, il risque bien de nous faire tous deux basculer. Je ne sais pas trop comment lui dire que j'ai besoin de jouer avec les limites de l'existence, de sentir qu'elle pourrait prendre un terme ici-même et maintenant si je le souhaitais, et de craindre un peu de m'y jeter moi-même par erreur en laissant glisser mon pied trop en avant. Je me contente de lui rendre son bonsoir, d'un ton solennel qui aurait fait plaisir à Ilya - mais qui, en retour, m'aurait reproché ce sens dramatique de la mise en scène et m'aurait accusé de vouloir attirer inutilement l'attention sur ma petite personne inutile.
Alors il est plus facile de révéler ce que je pense, comme Cookie m'y a invité.
Et, je l'admets, l'idée de l'horrifier m'a traversé l'esprit.

« À pas grand chose. » réponds-je, un peu brut. « C'est beau, la ville, la nuit. Les gens dorment. Les gens meurent. Et personne n'y trouve rien à redire. »

Parce que j'ai tout de même un peu peur de tomber, je me retourne lentement, théâtralement, pour contempler le jeune visage asiatique en dessous de moi. Un visage enfantin, adorable, et je me rappelle soudain que mes parents ont combattu ses ancêtres au début de mon siècle, et je me demande s'il m'en veut pour cette guerre que je n'ai pas souhaitée - ni critiquée. Pour lui, je ne suis rien, mais à mes yeux, il incarne un ancien ennemi de mon pays que pourtant j'accueille avec chaleur. (putain, quel traître je fais)
Le vide dans le dos me donne envie de frissonner, car je n'ai plus aucune mesure de la distance qui me sépare de lui et ça, ça me fout les jetons. Mais lâche comme je suis, ce n'est pas cette peur nouvelle qui va se remarquer, et je laisse échapper un rictus de défi envers cette gravité que je compte berner.

« Tu crois que si je saute, quelqu'un va m'arrêter ? »


14 février:

1er avril:
avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 17 Sep 2017 - 21:29
Un jour, j'ai hurlé parce que je n'arrivais pas à comprendre les pensées de la personne avec qui je parlais. Je n'étais pas vraiment en colère, mais le cri est sorti tout seul. C'était sans doute de la frustration, et je n'avais plus le cœur de la refouler. Je crois que dans le fond, j'avais un peu une idée, de ce qu'étaient ces pensées que je poursuivais. Et elles me faisaient peur, alors je ne voulais pas les comprendre.
Je me suis juré de ne plus jamais être comme ça.
Face à Dimitri, je ne pouvais m'empêcher de penser que, d'une certaine façon, je savais un peu pourquoi il était là. Il ne voulait pas mourir mais il ne voulait pas continuer non plus. Mais que les choses s'arrêtent, ça aurait été un problème aussi. J'en avais cet instinct, mais je n'avais pas envie de pousser davantage s'il ne m'en disait rien. Dimitri, il avait l'air tragique ; un je-ne-sais-quoi d'ironique marquait son front altier. J'ignorais d'où il la tirait, cette distance ; peut-être qu'il avait déjà franchi un pas vers l'autre monde. Je souris, un peu, sourire figé rapidement car je n'étais pas d'humeur. J'avais envie de le rassurer. J'avais envie de trouver les mots, les bons, les vrais.
Mais ce que je pouvais déjà lire dans ses yeux, c'est que ses paroles étaient elles-mêmes vraies et fausses à la fois. Il mentait autant qu'il disait la vérité, mais ça l'apaisait. Alors je ne dis rien. Ça me paraissait bizarre de continuer à sourire, mais je ne m'en empêchai pas vraiment. Enfonçant les mains dans les poches, je m'approchai du vide à mon tour. M'approchai de lui, de cet ange qui regarde au fond de l'abîme sans qu'elle ne regarde au fond de lui. Et je glissai mes yeux dans le vide, à mon tour.
Quelle que fût la vision qu'il avait, je la partageais en cet instant.
Mon frisson était le même.
Je me redressai ; j'avais envie de lui balancer des platitudes que j'étais le seul à penser, mais je savais que ça ne servait à rien. Je le connaissais déjà assez pour savoir qu'il ne les écouterait pas, et mine de rien cela me rendait un peu triste. Je n'aimais pas vraiment être désarçonné quand j'essayais de communiquer ma joie à quelqu'un.
Alors que je ne savais même pas d'où elle venait, cette foutue joie : j'étais loin de la ressentir dans mon cœur.
« Oui, moi. », je lui dis, parce que j'aurais vraiment essayé de l'arrêter s'il essayait de tomber - mais je savais qu'il ne le ferait pas.
Il y a des certitudes que l'on a, c'est un peu comme si elles tombaient du ciel. Je ne les avais jamais vues face à Dimitri, mais elles se sont imposées à moi lorsque sa silhouette s'est découpée sur l'horizon faiblissant. Et je savais qu'il n'allait pas sauter, qu'il y avait juste du vide en lui, beaucoup de vide, et que ce n'était pas normal qu'il était aussi calme. Mais il n'allait pas exploser, Dimitri, pas aujourd'hui, et ce n'était même pas de ma faute. Je n'étais responsable de rien, de toute façon je n'étais qu'un témoin qui essayait de devenir acteur.
« Tu sais, moi j'aime pas que les gens meurent. Même si c'est naturel. Mais les gens, ils meurent peut-être un peu plus ici. C'est pour ça que tu es là, non ? Ça se sent. On a envie de se flinguer. »
Je battis des paupières ; je n'avais jamais remarqué que des fois, j'avais peut-être un peu envie de me tuer. Peut-être un peu plus ce soir qu'à d'autres moments. Mais c'était très léger, juste une idée volante que l'on lâche bien vite parce qu'on se rend bien compte qu'elle ne sert à rien. Et une idée, ça doit servir à quelque chose. L'idée de rester en vie, par exemple, ou l'idée de sauver quelqu'un, bah ça aide à avancer. Et puis, ça rend heureux. Juste un peu. « Je suis content de te voir... » : murmurai-je, et je n'étais pas sûr qu'il m'avait entendu, ni même si je voulais qu'il m'entende. En fait, c'était mieux si je n'avais pas le choix et que je le découvre lorsqu'il rouvrirait la bouche. Déjà j'étais suspendu à ses lèvres.
avatar
Citoyen

Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : weiss☆star. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)

Messages : 54
Messages rp : 33
Date d'inscription : 20/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 24 Sep 2017 - 22:24
Je n'attendais pas vraiment de réponse à ma question. Je savais très bien qu'aucune d'entre elles ne m'aurait vraiment satisfait, à cause de mes sentiments contradictoires. J'aurais voulu que quelqu'un m'arrête, soit là pour m'empêcher d'attenter à mes jours et me tende cette main que j'ai toujours attendue sans jamais la voir s'avancer vers moi. C'est évident, tout le monde renonce à la mort lorsque la vie vaut la peine d'être vécue. Mais j'aurais aussi voulu mourir pour mettre un terme à tout ça, à ce gâchis dans lequel je patauge depuis toujours. J'aurais surtout voulu me jeter dans le vide avec l'amertume de celui qui sait que sa disparition n'impactera personne et ne changera pas la face du monde - pas la moindre ridule pour le regretter.
Mais, symétrie parfaite, Cookie prend place sur le bord du toit avec moi, son regard englouti dans cette ville putride où nous vivons tous les deux. Je ne jette pas un coup d'œil vers sa figure innocente qui contemple la nuit, malgré l'envie qui me taraude de savoir ce que lui comprends de ce paysage nocturne. Je préfère le battre froid, comme je sais si bien le faire, parce que je ne peux pas avouer que je peux éprouver de l'affection pour quiconque, quand bien même jouer au solitaire me tue. Je ne souris pas du tout. L'air profond de celui qui est plongé dans ses pensées mais se laisse envahir par leur nocivité traîne sur mon visage. Je dois avoir l'air ailleurs et malheureux, je le sais. Je laisse Cookie me répondre, et je ne sais si la valeur qu'il accorde à la vie qu'il sauverait me satisfait. Il ferait mieux de me laisser mourir. Mais je me serais énervé contre lui s'il m'avait laissé tomber.
Je le laisse interpréter ma présence ici. Il n'aime pas la mort et je ne peux pas la blâmer, vu que je la crains aussi. Ce n'est pas tant la mienne qui m'effraie que celle des autres. Et en quelques mots, il a tout compris. Je ne peux plus rester indifférent : je tourne la tête vers lui, sans pour autant que mon visage se ranime.

« On crève beaucoup trop dans ce merdier. » glissé-je, sarcastique. Je me laisse rejoindre le sol, corbeau aux ailes sombres effectuant le grand saut. « C'est pour ça que je ne me laisserai pas tuer. »

Un reproche, peut-être pas - après tout, il s'est préoccupé de moi, et je voudrais le remercier, si je le pouvais seulement. Je me sens toujours étrangement remis à ma place avec Cookie. Quelque chose, dans son attitude, me fait me retenir. Il irradie quelque chose, ce garçon, quelque chose qui donne envie d'être heureux, et j'en ressens les effets de plein fouet. Je pourrais en redemander, de ce calme qui me fait oublier mes soucis. Tout le monde, en effet, désire s'abreuver au fleuve de l'oubli. Mais Cookie n'est qu'un homme, il ne pourra jamais me sauver.

« Moi aussi, je suis content de te voir. » lui dis-je enfin d'un ton radouci.

Il pensait peut-être que je ne l'entendrais pas, tant il avait parlé bas, mais mon oreille avait entendu, alors naturellement, je lui rends ce qu'il m'a offert. C'est tellement étrange, ces personnes qui vous rendent inoffensifs, on se surprend à vouloir les aimer en retour.

« Descends quand même, c'est dangereux, là-haut. »


14 février:

1er avril:
avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Sam 30 Sep 2017 - 20:34
Je suis comme ça : parce que je n'aime pas trop penser par moi-même (en fait, je crois que je pense mal, alors forcément, cela ne peut pas me rendre heureux), j'aime bien écouter ce que les autres ont à dire. Ça m'arrache à moi pendant l'espace de quelques secondes ; des instants de répit où j'oublie jusqu'à mon existence, mais où je suis tout entier tourné vers celle de l'autre. Je suis sûr que si je disais ça à Dimitri, il n'aimerait pas. Il aurait peut-être même un peu envie de se taire, parce que personne n'aime quand on les force à parler. Et puis, Dimitri, sa parole elle est un peu bloquée ; on sent qu'il cache des choses. Je crois qu'il voudrait d'abord les cacher à lui-même, mais qu'il n'y arrive pas très bien. Peut-être que quelque chose lui rappelle sans cesse ses échecs. Je comprends très bien ce que ça fait : moi aussi, je voudrais les oublier. Même si je crois que je n'ai jamais vraiment échoué. Est-ce qu'on échoue quand on ne tente rien ?
Dimitri, il est hanté, alors il n'ose jamais tout dire. S'il se confiait, il se briserait sans doute en même temps. Et je ne pourrai pas ramasser les morceaux, parce que j'ai déjà bien du mal avec les miens, ça me prend tous les bras. Quand on est bancal, on ne peut rien soutenir. Je ne suis pas d'un grand secours à ce Russe, en fait ; mais j'essaye, et puis je souris. Il paraît que ça suffit, juste sourire, et c'est un geste que je fais sans même m'en rendre compte, ce mouvement des lèvres qui signifie, je suis là, j'écoute, si tu tombes je te rattrape. Même si c'est un peu faux. Je suis juste là à écouter. En fait, c'est déjà bien.
Tout le monde ne peut pas en dire autant.
Je ne crois pas que Dimitri saurait m'écouter ; mais ce n'est pas très grave, de toute façon, à mon avis s'il le faisait, il finirait par éclater de rire. Et je ne sais pas si ça me ferait du bien ou si ça m'assènerait le coup de grâce. Peut-être les deux à la fois, d'une façon bien paradoxale.
En tout cas je suis rassuré parce qu'il ne mourra pas, pas ce soir, pas sous mes yeux. Je sais qu'il va crever un jour mais je ne veux pas en être témoin. C'est lâche, je le sais, mais si cela devait arrêter, je lâcherais sans doute l'affaire. J'ai pas envie. J'aime bien mon équilibre : malade à l'intérieur, et plus que joyeux à l'extérieur.
Alors à mon tour je descends de là ; et je passe un bras autour de ses épaules, parce que je me rends compte que je ne l'ai jamais touché, Dimitri, pas comme ça en tout cas, et le type que je suis censé être est tactile. Parce qu'il a si confiance en lui qu'il abaisse ses barrières. En vrai elles sont si hautes que même moi, je n'arrive plus à les percer.
« Bien, bien. Et si tu me racontais pourquoi tu es monté, toi, si c'est si dangereux ? Tu sais bien qu'on meurt assez, pourquoi tu risques ta vie ? »
Moi je sais pourquoi : c'est parce que je ne suis pas logique. Quand on vous arrache un bout du cœur, il vous manque une case, vous tournez plus rond. C'est un peu comme si subitement, vous observiez votre vie avec distance ; vous pouvez agir, mais franchement, ça ne vous concerne pas assez pour que vous vous en donniez la peine. En fait, quand on ne ressent plus grand-chose, on devient un peu flemmard.
Alors ma vie je peux la risquer : je l'aime à la folie, mais un amour un peu froid, qui me glisse entre les doigts, un amour qui ne sert à rien puisque je n'ai pas envie de prendre soin de son objet.
Je crois que Dimitri est un peu comme moi. Mais j'ai envie d'entendre confirmation, dans sa bouche, qu'il est différent. Ça me ferait plaisir. Il ne vient pas du même monde que moi, et je voudrais que le sien fasse naître des souffrances qui ne sont pas les miennes. Parce que mes douleurs, vous voyez, je les exècre tant elles sont ridicules. Je suis un de ces malades des temps modernes, les éternels insatisfaits qui n'ont pas vraiment de raison de se plaindre. Juste qu'ils manquaient de liberté.
Eh, c'est peut-être important, la liberté, finalement.
Donc peut-être que Dimitri, il n'est pas libre non plus, et que plus que ses souvenirs eux-mêmes, c'est l'impossibilité de s'en extraire qui lui cause du tort. A ce jeu-là, on est deux, hélas. Je ne pourrai pas les lui voler, je ne sais pas comment on fait.
avatar
Citoyen

Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : weiss☆star. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)

Messages : 54
Messages rp : 33
Date d'inscription : 20/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 8 Oct 2017 - 14:00
Au sommet de cette rembarde, balloté par un vent intérieur qui doucement vers le sol l'attire, son corps léger oscille imperceptiblement au rythme détendu de sa respiration. Ce regard inassumé que je glisse sur lui, presque à mon insu, me fait prendre conscience de la beauté que j'ai dû revêtir lorsque je flirtais moi-même avec la lune. Ma main doucement se tend vers ce dos fragile, imaginant se faire la bise qui le ferait chuter, mais la culpabilité qui m'assaille me rappelle à quel point je le détesterais. Je ne veux plus répandre de nouvelle tache écarlate sur le sol, une seule m'aura déjà largement suffi - les autres ont disparu, oubliées dans le tourbillon de ma haine.
Je me redrape de mon indifférence, le nez vers les étoiles à demi-cachées, comme si ce spectacle absolument divin ne faisait que provoquer en moi un dégoût indescriptible. Il est vrai que je ne me sens pas tout à fait bien, mais je ne sais pas quelle partie de moi, présente ou passée, a provoqué cette nausée. Dans le doute, je les écarte toutes les deux avec la mauvaise foi de celui qui ne reconnaît jamais ses torts. Je renifle d'un air irrité, pour me défendre d'avoir des pensées lyriques et pour bien montrer que les forces avec lesquelles je joue - ces sentiments absurdes et un brin morbides que je développe en faisant face au vide - ne sont pas belles mais perfides.
Je renifle aussi pour cette question sincère qui interroge trop parfaitement mes fondements. Les questions de Cookie sont ainsi, elles cisaillent, elles tranchent dans le vif, elles ne vous laissent aucune excuse derrière laquelle vous abriter. Elles vous demandent des comptes sans les exiger et, pour cette raison, vous vous sentez obligé de les rendre, sans pour autant y être forcé. Les esquiver est impossible, vous n'avez pas les armes nécessaires pour les rejeter, votre force n'est rien, vos poings ne vous servent à rien, quand c'est de la gentillesse qu'il faut vous protéger. Moi, en particulier, n'y ai jamais été habitué, je me sens désarmé face à cette tendresse dont je ne parviens pas à comprendre l'origine. Sans doute Cookie est-il de ces personnes chez qui la bonté est un caractère naturel, et c'est pour cela que le regard qu'il porte sur moi est empli (d'un peu de tristesse) et de générosité.
Je me retourne brusquement, comme agacé, et c'est avec un soupçon d'arrogance que je réponds :

« Parce que si je meurs comme ça, ce ne sera pas ma faute, je ne l'aurai pas voulu. »

Ça n'aurait été qu'un bête accident que l'idiotie de mon cœur aurait provoqué. Je pense que je suis le genre de personne qui mérite de mourir en côtoyant les hauteurs, sauf que je n'arrive pas à m'élever assez haut pour véritablement me mettre en danger. Alors je cherche des alternatives. Comme ça, si je m'écrase sur les pavés, cela veut bien dire que je n'avais pas ce qu'il faut pour vivre. Mais je ne suis pas encore tombé, et même, Cookie est apparu. Comment l'interpréter ?
Pourtant, je ne veux pas mourir, je veux m'accrocher à la vie comme la vermine que je suis, et je m'avilis chaque jour de plus en plus pour me donner l'impression que j'existe. Je ne pourrais pas exprimer à voix haute cette horreur viscérale, quand bien même elle n'est pas un traumatisme, parce qu'elle me semble évidente et sensible. J'aurais l'impression d'exprimer des banalités qui ne valent pas la peine d'être mentionnées. Je pars du principe que tout le monde, ou presque, est investi de la même envie. La seule différence réside dans le degré que ce désir de vie imprègne dans la chair.
Et Cookie, je le sens, peut s'accrocher à la vie en conservant toute sa dignité.

« Et toi ? Pourquoi tu le fais, si tu n'aimes pas les gens qui meurent ? » demandai-je d'un ton presque doux.


14 février:

1er avril:
avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 11 Oct 2017 - 12:17
Parler de mort au sommet d'un toit, c'est peut-être un peu glauque. Peut-être que c'est même moi qui suis glauque, parce que ça ne me dérange pas du tout. J'ai l'impression que c'est philosophique. Que j'apprends les secrets de l'univers quand je débats avec quelqu'un de suicide et de mort violente. Il se trouve que la mort, ça fait partie intégrante de la vie. Je crois que c'est stupide de vouloir la nier, de la reléguer à une partie noire. Parce que ça devient le domaine des emos dramatiques, et pour ma part je les trouve stupide, ces gens qui glorifient la mort. En vrai, ils en ont juste peur, vous voyez. Alors ils en font leur dieu, c'est leur façon à eux de l'exorciser.
Moi je ne suis pas comme ça. Dimitri non plus. Mais sans doute pas pour les mêmes raisons : je pense qu'il a peur de la mort parce qu'il la connaît trop bien. Dimitri, c'est le genre de mec qui a l'air d'avoir du sang sur les mains, mais avec un regard trop doux pour qu'on y croit vraiment. En fait, je n'en sais rien du tout. Juste qu'il n'est pas moi, mais qu'on considère le sujet avec le même sérieux.
Par exemple, cet agacement dont il fait preuve lorsqu'il me répond. C'est bien la preuve que c'est important,. Sa raison, elle est cruciale, sans elle, ses actes le renverraient à un simple suicide pour tenter, et ce serait une insulte pour les gens qui veulent quitter leur propre vie. Mais ça le rend unique, Dimitri ; fascinant, même. Je me demande si les gens intéressants ne sont pas les gens avec des blessures. Ceux à qui on a volé une partie d'innocence et qui passent leur temps à hurler dans le silence. Des déconnectés, comme moi ; des torturés, comme lui. Et puis on se laisse entrer par eux, par nous, moi aussi je suis dans son sillage, je laisse Dimitri prendre une partie de mes rênes parce que je sais qu'il m'emmènera dans une autre partie de cette ville, que je ne connais pas.
« Tu as raison. » : finis-je par dire.
Non parce que je suis d'accord, en fait, mon opinion on s'en fout un peu. Mais parce que l'agressivité latente de Dimitri en impose, et que ses avis à lui se forcent à moi. Non que je sois réticent à les accueillir, de toute façon. J'aime bien, moi, quand les gens s'affirment. Ça m'évite d'être le seul à exposer mes vues. Je sais que ces vues, elles sont un peu étranges ; parce que mon monde, il était étrange lui aussi, et que j'étais encore plus étrange parce que je n'y étais pas totalement intégré.
« Moi, c'est juste pour faire peur. Cela dit, si je devais mourir, je pense que ce serait parce que je manque d'amour. » Ce n'est pas que je ne sais pas aimer, je crois que je sais le faire, mais on ne m'a pas aimé. Et ça, ça manque. J'aurais voulu qu'il y ait quelqu'un pour me dire que j'en valais la peine, vous voyez, juste ça. Sinon, je suis mal. Je sais objectivement que j'ai de la valeur mais franchement, mon cœur se convainc surtout que je ne sers à rien.
avatar
Citoyen

Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : weiss☆star. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)

Messages : 54
Messages rp : 33
Date d'inscription : 20/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 22 Oct 2017 - 14:56
Je m'attends à tout et à rien, je m'attends à une réponse qui désarçonne et une réponse qui étonne, je m'attends à la simplicité d'une âme faussement simple qui endort ma vigilance à grands coups de banalités. Je me prépare à une attaque qui n'aura pas lieu. Car Cookie n'est pas de ceux qui vous submergent de leur personnalité - il est poli, un peu réservé, et sous ses airs innocents doucement érode vos défenses sans que vous le remarquiez. Il me déconcerte, Cookie, de son entière simplicité, il ne semble pas fabriqué, il ne semble pas superficiel non plus, il vous offre simplement sa présence dans sa plus entière plénitude. Je me demande toujours si son âme est vraiment aussi intacte que ce qu'il dit. Ce n'est pas que Cookie est faux. Il est juste à côté de la vie.
L'honnêteté de sa réponse est surprenante, mais moins lorsqu'on songe à qui l'a donnée. On ne s'attend pas forcément à ce que Cookie soit le genre de personne à se faire peur de la sorte, même pour des raisons aussi étranges qui lui ressemblent tant, mais lorsqu'il évoque de sa voix douce et étrangère tout semble soudain logique. Il vous donne envie de lui dire que vous l'aimez, qu'il doit vivre parce que vous l'aimez, même si les sentiments que vous ressentez pour lui ne vont guère plus loin que de l'amitié. Mais Cookie a besoin que vous lui rappeliez que sa présence compte pour vous et qu'il a des raisons de vivre. Parfois, le gouffre de son cœur me fait peur. Le calme qui l'entoure est si grand qu'il étouffe la douleur profondément enfouie en lui. Se souvient-il seulement qu'il a mal ? J'en doute. J'aimerais pouvoir faire quelque chose pour lui. Mais comment réparer quelqu'un qui ne semble pas brisé ?
J'esquisse un geste vers lui que j'annihile bien vite - je ne sais pas quoi lui dire. Je ne suis pas celui qui lui tendra la main. Je me contente de cheminer à ses côtés en espérant qu'il saura suivre. Je ne crains pas tellement pour sa survie, Cookie est loin d'être fragile, mais il perdra peut-être l'envie de vivre. Il disparaîtrait dans le silence le plus total avant que quelqu'un ne se souvienne de lui. Et je ne peux rien faire. Comme toujours.
Je le regarde comme un chien, cherchant, humant la raison de sa venue ici. Je ne crois pas à la providence, il n'est pas venu là pour me sauver. Le hasard seul a guidé ses pas jusqu'ici. Il aurait pu venir hier, ou demain. Il aurait pu venir dans une heure ou deux. Il a eu de la chance de tomber sur moi. Mais ce détour n'est pas la raison de sa sortie. Ça ne me dérange pas. Personne ne désire vraiment ma présence ici.

« Je vois. » est ma réponse, alors que je ne vois rien du tout.

Je sais que vous vous dites que j'ai bien compris Cookie, ou que du moins j'en donne l'impression, mais je vous assure que ce n'est pas le cas. Je ne fais que décrire ce que mes sens me montrent de lui, et je sais à quel point cette vision que j'ai de lui est fausse. Ce n'est ni mon cœur (que je rejette avec force pour les douleurs qu'il m'inflige) ni mon instinct qui me souffle ceci. C'est l'expérience qui me le dit. Transposer les mystères de mon existence sur lui m'aide à comprendre que je me fourvoie sur lui. La correspondance n'est pas parfaite, mais elle vaut pour ce qu'elle m'indique. Et ce que je pressens me fait sentir à quel point je suis petit face à lui.
Je me tourne définitivement vers lui, désormais, je ne le fuis plus. Plus aucun de nous ne risque de s'éclater la tête sur les pavés, alors nous avons le temps. Je ne pourrais pas rire.

« Que venais-tu faire par ici ? »


14 février:

1er avril:
avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 22 Oct 2017 - 15:15
En fait, je suis un peu pathétique, peut-être même beaucoup, mais c'est ce que j'aime chez Dimitri : il ne me regarde pas comme si j'inspirais la pitié en lui. Les gens comme lui, de toute façon, ils ont déjà trop de problèmes en eux ; ils ne vont pas s'apitoyer sur le sort de quelqu'un quand ils ne connaissent pas la source de leurs maux. Et j'aurais du mal à lui dire que chez moi, c'est juste mon existence, et la façon dont elle s'est déroulée ; c'est mon monde qui m'a tué progressivement, chaque jour un peu plus, et j'ai appris à sourire parce que sinon, on aurait cru que j'étais déjà mort. Mais il m'a toujours resté une petite étincelle de vie, et elle continue de battre dans ma poitrine. Elle se serait sans doute éteinte, si j'étais resté. Au moins, je suis encore humain. Et Dimitri aussi.
Je pense que je laisse les gens plongés dans le noir. Dimitri me dit qu'il voit, mais c'est manifeste qu'il ne voit rien. Et en fait, ce n'est pas grave, parce que je n'ai pas essayé de m'expliquer ; sinon, j'aurais employé des termes plus clairs. Le truc, c'est que je ne suis pas cryptique : je suis tellement franc qu'on dirait que je hurle dès que je dis quelque chose. Moi, ça m'arrache les oreilles, le son de ma voix rauque et douce et qui s'égosille sans que je le veuille. Je crois que si je n'étais pas moi, je ne m'aimerais pas beaucoup. Dimitri, il a du mérite. Alors je ne lui dirai rien s'il ne voit pas, s'il ne me demande rien ; je suis là pour lui de toute façon, parce que je crois que son fardeau est plus lourd que le mien. On dirait qu'il est écrasé par une pierre, quand je suis enseveli sous une masse de petits cailloux.
« Moi ? oh, mon patron m'a libéré le reste de la nuit, alors j'ai eu envie de me promener. J'en avais besoin. J'en ai marre de laver du linge sale, tu vois, même si c'est probablement la seule chose que je sais faire ici. »
Quand j'explique que je suis un apprenti yakuza, tout le monde s'imagine que j'apprends à manier des armes et plein de trucs cools. En fait, pas du tout. On m'apprend surtout à ne pas broncher, mais franchement, je bronche pas beaucoup. Pour moi le plus dur, c'est d'apprendre à gérer ma vie. A faire le ménage et la lessive et la cuisine. C'est quelque chose que j'ai fait depuis toujours mais jamais comme ça ; jamais pour quelqu'un d'autre. Et tout à coup, ces tâches insignifiantes se mettent à compter. En fait c'est dur, plus dur que de devoir attendre debout pendant dix heures que le patron rentre sans bouger de mon coin.
« Après j'irai dormir mais bon, j'ai rarement le droit d'avoir toute ma nuit, alors j'en profite, tu vois. Je me ballade même si les lieux sont laids. C'est intéressant, je crois. » Et puis on y fait de belles rencontres, et on parle avec des gens que l'on ne voit pas souvent. J'ai bien fait de refuser de répondre à l'appel de mon lit ; de toute façon, je dors toujours assez peu.
avatar
Citoyen

Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : weiss☆star. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)

Messages : 54
Messages rp : 33
Date d'inscription : 20/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 22 Oct 2017 - 15:58
Je ne connais pas beaucoup la vie de Cookie, je sais qu'il est un yakuza mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Je m'imagine qu'il doit tremper dans le crime, mais cela colle si peu à l'image que je me fais de lui que ses occupations m'apparaissent dans un flou artistique à chaque fois que je tente d'en saisir le contour. Pourtant, Cookie pourrait tuer et conserver sa simple indifférence chaleureuse. Rien de ce qui pourrait lui arriver ne semble pouvoir ébrécher sa carapace harmonieuse.
Je ne sais pas trop ce qu'est ce « linge sale » qu'il évoque avec lassitude. Je n'arrive à déterminer s'il faut prendre l'expression au pied de la lettre ou s'il faut y voir une métaphore pour une activité crapuleuse dont il désire me cacher la véritable nature. Bon sang, c'est quand même dingue que la criminalité. On n'a pas besoin d'être comme moi pour porter des pêchés. Je veux dire, j'ai des tas de trucs à me reprocher, mais en aucun cas je ne suis un criminel. Je ne l'avais jamais remarqué jusque là.
Je ne sais pas trop ce que je suis censé répondre, si j'ai le droit de lui en demander plus ou s'il restera aussi évasif. J'aimerais comprendre quel intérêt il trouve à sortir alors que le paysage est, de son propre aveu, si laid. Ne devrait-il pas être ailleurs, en train de boire un peu, en écoutant de la musique et de regarder des filles légèrement vêtues et lourdement maquillées dodeliner devant lui en attendant qu'il trouve le courage de les appeler ? Je crois que c'est ce que font les jeunes aujourd'hui. Mais je me rends compte que ça ne lui irait pas. Les fantômes hantent les lieux les plus lugubres tout comme Cookie arpente les rues sans but. Je crois que si je lui demandais, il ne saurait même pas pourquoi il le ferait, alors il me sortirait une excuse un peu bidon à laquelle pourtant il croirait dur comme fer.
D'une certaine façon, ça m'embête un peu qu'il ne me demande pas non plus ce que je fais ici - j'aurais voulu qu'il me renvoie la question, même si je n'y aurais peut-être pas répondu, car je ne sais ce que j'aurais pu lui dire honnêtement. Je sais pourtant que Cookie s'intéresse à moi et à ce que j'aurais pu lui dire, l'indifférence n'est pas un défaut dont je peux le taxer. Mais l'addiction que j'ai développée à cet intérêt hypocrite que les autres vous manifestent en vous renvoyant vos questions est si ancrée en moi que je me sens négligé par cette réponse correcte qui ne recentre pas assez l'attention sur moi à mon goût. Alors je fais le serment de ne rien dire. Les raisons pour lesquelles je me trouve ici se dilueront dans ma conscience quand j'aurai oublié enfin pourquoi je suis venu. Déjà, j'essaie d'effacer les traces que mon parcours a laissées - attitude dont je suis familier mais le contenu émotionnel de mon passé est trop fort pour se laisser ainsi supprimer. Je ne suis plus qu'un instant, un hasard qui se trouve ici, et je ne veux plus avoir la moindre raison d'agir.
Mais cela me renvoie une fois de plus à ce Cookie qui refuse de m'en dire plus sur lui.
Je n'ai pas trop le choix, je crois, si ce n'est de me confronter à ses réponses sybillines.

« Le linge sale, c'est au sens propre ou au sens figuré ? » demandé-je enfin sans la moindre diplomatie.


14 février:

1er avril:
avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Lun 23 Oct 2017 - 20:40
On croit que ma vie est passionnante ; mon psy surtout, il y a cru pendant tout mon séjour à l'Institut. Je ne sais pas trop pourquoi. Est-ce que c'est si intéressant de savoir comment ça se passe dans mon monde à moi ? C'est peut-être parce que je souris tout le temps, j'ai l'air si heureux qu'on se dit que c'est peut-être l'utopie tant attendue, la solution à tous les problèmes.
En fait, non, pas du tout.
Ma vie n'a rien de passionnante. Ça a toujours été un amas de vide, et ça m'a amené à penser que peut-être le vide avait une consistance. Qu'il est pesant comme l'est l'air - et pourtant cette idée-là n'avait rien d'évidente à l'origine. Et maintenant encore, c'est beaucoup de néant. On crève d'ennui chez les tueurs. J'aimerais bien le dire à Dimitri, lui que je pense plus meurtrier que moi : quand on passe de l'autre côté, on perd quelque chose qui enchantait le quotidien. C'est pourquoi on est meurtri. Mais moi, de toute façon, je ne l'ai jamais eu. Je ne sais pas si je tuerai quelqu'un un jour : je ne veux pas. Mais je peux détruire des existences, paraît-il. Avec le sourire.
Un jour peut-être, je m'en irai, à l'heure où blanchit la campagne.
Moi, je pense que pour Dimitri, c'est l'inverse. Il a eu quelque chose que je n'ai pas eu, et le vide est venu après. Parce que ça ne lui sied guère, ce genre de douleur, on sent plus grand, plus noble que cela. Si ça se trouve, c'était un aristocrate avant. Et maintenant il souffre, Je reconnais les gens comme moi, parce qu'on n'est pas nombreux : il y a peu de personnes pour hurler des rires, vous savez, ce n'est pas si facile à faire que ça. Il faut être un peu monstrueux soi-même. Mais je crois que c'est précisément pour ça qu'on est les plus humains, parce qu'on ne prétend étouffer le monstre. Dimitri, c'est un peu mon inverse, mais lui aussi il hurle des rires. Les siens ne sont juste pas joyeux.
Et je lui souris avec douceur, parce que sa question me surprend, alors qu'en vérité il ne faudrait pas. Les rumeurs, après tout. « Au sens propre, tu sais. Je fais un peu office de larbin. » Et ça ne semble pas me déranger, parce que dans le fond, être un larbin ça veut dire qu'on existe aux yeux de quelqu'un. Et j'ai l'habitude, aussi, de tenter de mériter ce qu'on me donne. Si c'est un toit, de la nourriture, je ne pourrai jamais l'accepter sans rien. J'aurais l'impression qu'il faudrait que je sacrifie une partie de moi à mon donateur.
J'en ai un peu assez de donner des parties de moi.
Moi aussi je voudrais être entier, je voudrais pouvoir me lever le matin et me dire, aujourd'hui encore, je ne vais rien perdre, je vais tout gagner.
Moi je suis un perdant, et Dimitri il l'est aussi.
C'est pour ça qu'on s'entend, dans le fond.
avatar
Citoyen

Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : weiss☆star. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)

Messages : 54
Messages rp : 33
Date d'inscription : 20/11/2016
Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 25 Oct 2017 - 21:02
La réponse de Cookie a une sincérité qu'on ne pourrait qualifier de fuyante ; au contraire, elle vous fait face et s'impose à vous dans toute sa vérité, et vous vous rendez compte que ce brin de jeune homme n'a aucune intention de vous mentir. Je le regarde attentivement, cherchant à trahir la moindre omission, un souffle irrégulier, un mouvement palpitant, hasardeux, une ombre qui se cache dans le regard et l'assombrit de l'intérieur, mais je ne trouve rien du tout. C'est toujours le même Cookie, simple, entier, et toujours souriant, qui me fait face, et je ne peux que croire qu'il a effectivement littéralement lavé son linge. À se demander pourquoi je doute encore ; je crois que je suis incapable de tout à fait lui faire confiance. Je crains trop ce que sa banalité me cache pour rester impassible. Il doit probablement me sentir un peu perturbé. Différemment de d'habitude, je veux dire, car je ne crie pas et on ne peut même pas dire que j'ai peur ou que je suis mal à l'aise. Mais quelque chose me dérange et m'empêche de trouver du repos, même lorsque mes démons m'épargnent et dansent leur ronde silencieuse là où je ne peux les remarquer.. 
Je peux quand même me féliciter de me montrer si calme de l'extérieur. Mes tics nerveux que l'irritation de mon esprit exacerbe sont les grands absents de cette scène dramatique. Juste mon regard, perçant comme une lame d'acier, et plus sombre que sa couleur naturelle. Mais Cookie n'a pas peur de mon regard. Il ne fait que sourire davantage quand il le voit. Ma première arme avant les poings est impuissante face à lui.

« Du linge sale... un larbin... » je répète en espérant qu'il me contredise.

Mais bien sûr, rien ne vient : il m'a probablement dit la vérité, parce qu'il ne m'avouera ce qu'il n'a pas fait. Je ne voyais pas les jeunes yakuza comme des larbins, mais il me semble maintenant que leur société est hiérarchique, donc c'est possible que Cookie n'ait pas beaucoup de crédit parmi eux vu qu'il est nouveau. Je n'ai pas d'autre choix que de le croire, de toute manière. Et si je veux en savoir plus, je dois l'interroger.
Mais pourquoi ne veut-il pas en savoir plus sur moi ? Cette question commence à me tirer la sueur du front. Il aurait au moins dû me poser une question. Me demander comment ça va, pourquoi je suis là, ou même si j'ai envie de mourir. Son silence marque cependant un désintérêt dont je suis moins gêné que vexé. L'irréalité de ce personnage bloque toute la compassion dont il pourrait faire preuve à l'égard d'un autre. S'il n'eût été si peu enclin à la discrétion, on l'aurait taxé d'égoïsme, mais cette explication colle si peu. L'égoïste, c'est moi. 
(j'en ai assez de me charger de mes pêchés et de me flageller de mes faiblesses en attendant un châtiment qui ne viendra jamais ; mais si je ne le fais pas, j'aurais d'autres choses à me reprocher)


14 février:

1er avril:
avatar
Clan Iwasaki
jsp quoi prendre comme icon rn pardon
///
Nom de code : cookie
Avatar : takao kazunari (knb)

Messages : 36
Messages rp : 11
Date d'inscription : 20/08/2017
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 29 Oct 2017 - 14:55
Lentement je m'érode.
Je laisse traîner derrière moi des lambeaux de fierté, comme du tissu qui se déchire au moindre de mes pas, et qui me rappelle, quand je tourne la tête en arrière, d'où je viens. Chaque jour, je suis un peu moins complet, un peu plus faible encore. Et je ne sais pas d'où elle vient, toute cette énergie ; c'est peut-être ce qu'on appelle énergie du désespoir, vous savez, ces dernières réserves que l'on tire de ses tripes. Je ne sais pas si c'est vrai. Mais j'ai bien besoin de croire à quelque chose. Sinon les certitudes s'effacent, et on vit dans le noir. Je n'aime pas agiter mes paupières devant l'obscurité, j'ai l'impression d'être aveugle et ça me donne envie de pleurer.
En fait, faire le ménage, le linge, la vaisselle et toutes les corvées, c'est juste une façon de repousser l'échéance. On m'abrutit de tâches censées m'enseigner la docilité, mais je crois qu'en fait, ça me rend juste encore moins présent. Je n'ai jamais vraiment été là, et ça ne s'arrange pas avec le temps. Quand je frotte une assiette, je ne peux m'empêcher de penser à un ailleurs. Parce qu'il y a des rêves, ils n'abandonnent jamais, ils veulent toujours vous poursuivre alors même que vous leur dîtes non. J'ai aucune autorité, au final. Même pas sur mes propres pensées. Je rêve d'un endroit où je ne souffre pas, où l'amour que je reçois est réel et propre et tout beau. Je n'en demande pas beaucoup, au final.
Je me demande ce que Dimitri veut, lui. S'il s'occupe des vieux, c'est sans doute parce qu'ils seront toujours pires que lui. Ils vont mourir, peut-être dans longtemps, mais c'est sûr qu'ils vont mourir. Alors que lui, il pourrait encore tourner pendant dix, vingt, trente ans, tourner en rond et ne jamais comprendre comment il a fait pour ne pas être heureux. Mais des fois ils sont malades, et des fois ils sont bien portants, alors au moins on n'est pas toujours confrontés à la même déchéance. Oui, Dimitri cherche peut-être des gens dont le déclin est plus proche que le sien. Moi, c'est un peu pareil, je vais surtout bien quand je dois être là pour les autres.
Et je balaye de la main notre discussion - parce que le linge, vous voyez, j'en ai un peu soupé ces derniers temps, j'ai l'impression de sentir l'odeur de la lessive dans les narines, cette écœurante saveur de propre que l'on teinte de relents floraux censés être agréables. Perso, ça me donne surtout envie de vomir, quand je respire trop ça.
« Mais assez parlé de moi, je suis sûr que toi, tu as d'autres choses à me raconter. Des journées difficiles, peut-être ? C'est pour ça que tu te ballades à la tombée de la nuit et que tu montes sur les toits ? »
J'ai envie de savoir. J'ai besoin de distraction, oui, je suis un roi qui réclame son divertissement ; je pourrais m'en excuser auprès de Dimitri, mais je ne suis pas sorti pour parler de moi, pour m'engouffrer dans mes propres problèmes. Je veux juste qu'il me dise qu'il est comme moi, mais pas tout à fait ; et je veux qu'il m'ouvre la porte vers ses spécificités. Ça n'a rien de bien compliqué, n'est-ce-pas ? Dimitri, il sait très bien se faire entendre quand il en a envie - ou c'est peut-être moi qui sais l'écouter, qui sais lire entre les lignes.
Contenu sponsorisé
Revenir en haut
Voir le sujet précédentVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum