« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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courgettes (mimi)

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le Dim 20 Aoû 2017 - 19:39
La nuit se levant fait mal aux yeux. On plonge dans l'obscurité, on force ses rétines à oublier la chaleur de la lumière, et puis progressivement, on leur rappelle ce dont elles ont été privées pendant tout ce temps. Bien sûr, ça n'arrive que lorsqu'on reste éveillé toute la nuit. Les gens qui dorment, ils s'endorment dans une pénombre douce, qu'ils ont eux-mêmes choisi, et quand leurs paupières se soulèvent, leur visage est éclairé par la lumière que filtrent les volets. Ou bien ils allument la lumière.
Quand on est dehors, on n'a pas d'interrupteurs et à Pallatine, il n'y a pas toujours des lampadaires.
Ce coin, il n'appartient à personne. Il est un peu comme moi quand j'ai débarqué ici. Un truc sans valeur que l'on regarde sans trop s'y intéresser. J'ai l'impression que ce quartier ne se bat pas. C'est miséreux, et les gens s'entassent dans de grandes maisons (ou de petits immeubles ? allez savoir) où ils se partagent un loyer trop onéreux. Ils ont sans doute pas les sous nécessaires pour rénover les rues, et je vais pas leur en vouloir pour ça, mais.
J'essaye d'en faire abstraction.
J'essaye beaucoup trop de choses, en fait.
Je lève les yeux vers le ciel encore étoilé ; c'est juste quelques points brillants sur la voûte grise, on ne voit pas très bien ; c'est un peu comme si je tentai d'attraper la lumière avec le regard. Ça ne marche pas très bien. Mais je vois un peu mieux. Et puis, si je dois marcher dans quelque chose, ça me laisse indifférent. J'ai qu'à nettoyer mes souliers.
C'est doux, d'être vivant.
C'est dur aussi.
Et je vois, alors que la pensée traverse l'univers de mon esprit telle une étoile filante, une silhouette qui se dresse sur un toit. Elle me stoppe net, me fait dévier de ma trajectoire. Je pense à une fin. Je pense à quelqu'un qui veut se donner la mort.
Alors je me poste au pied du bâtiment (ce n'est de toute façon pas très haut, un étage ou deux peut-être, ça dépend de comment on compte) et je crie dans la nuit finissante :
« Hé. Est-ce que je peux te parler ? »
Et j'attends la réponse. Le silence, tel qu'il s'installe entre nous, est assourdissant. Je n'entends même plus le son de ma propre respiration, pourtant je sais que mon souffle est toujours là, quelque part au coin de mes oreilles. Je n'entendrais plus un passant marcher. J'attends juste cette voix, que je ne peux imaginer, mais je sais que je la reconnaîtrai. Une voix qui viendra du ciel.
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Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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le Jeu 31 Aoû 2017 - 12:40
Mon cœur battant à tout rompre dans ma poitrine me fait mal. J'aimerais bien pouvoir faire abstraction de la douleur, mais je n'y arrive pas. À chaque fois que j'ai essayé, j'ai tenté de détourner mes pensées de mes abysses, mais elles finissent toujours par m'engloutir à nouveau. Ça me contrarie beaucoup. J'ai beaucoup réfléchi à ce phénomène ces mois passés, et j'en suis venu à une conclusion toute simple, si évidente que je suis pantois face à mon propre aveuglement. Quel meilleur moyen pour supprimer la douleur que de s'en causer une autre, plus forte, et pas la même occasion plus supportable ? Il me faudrait pour cela m'éclater en mille morceaux sur les pavés pour laisser s'écouler hors de moi ce sang que j'ai trop longtemps retenu à l'intérieur. Le sol est ma patrie, désormais, alors je flirte une dernière fois avec les hauteurs avant d'oublier le grisant vertige qui me prend à chaque fois que je contemple ce qui se trouve dessous moi.
Je ne sauterai pas, bien sûr. Je me contente de faire mes adieux.
Pallatine est si paisible, vue de nuit. La ville ne connaît pas la guerre ni les luttes fratricides ; ceux qui s'affrontent à l'ombre de ses buildings se sont depuis bien longtemps extirpés de la parenté qui aurait pu les réunir ; désormais inconnus l'un de l'autre, ils oublient qu'ils ont été proches un jour et tirent de là toute la force dont ils ont besoin. On souffre moins lorsqu'on n'a pas de lien, je le sais si bien. La diaspora tient lieu de famille, mais je sais qu'elle ne la remplace. Ô, je divague. C'est qu'il n'y a pas grand chose à voir. Ici, les voitures ne pétaradent pas, elles avancent en silence, tas de ferrailles isolées dans les rues de la ville. Les habitants ne crient pas, ils se reposent de leurs péripéties diurnes. Les animaux eux-mêmes semblent avoir disparu. Je ne sais pas ce que je recherche. Sans doute une lumière vacillante signifiant que quelqu'un se prépare à aller au lit. Ou au contraire une silhouette sombre s'échappant de son immeuble pour une nuit agitée. Je ne sais pas. C'est peut-être Ilya que je recherche malgré moi.
La douceur d'une voix en contrebas vient réclamer mon attention. Je m'arrache à ma contemplation des lieux et baisse les yeux sur celui qui essaie de me ramener à la vie. Je crois reconnaître cette ombre menue qui lève la tête vers moi. Je n'ai pas de raison de lui refuser mon royaume, je crois qu'elle s'inquiète pour moi. Alors je lui dis calmement à voix haute :

« Bien sûr, monte. »


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le Sam 9 Sep 2017 - 12:49
La distance qui nous sépare m'empêche de savoir à qui j'ai affaire. Je ne peux pas voir le visage bercé d'ombres qui se penche vers l'abîme, et je distingue mal la frontière entre chevelure et ciel. C'est qu'il fait encore sombre, et je distingue à peine le contour de sa silhouette. Je sais que c'est un homme, et ça ne me dit pas grand-chose, parce que des hommes il y en a beaucoup à Pallatine. Il y a moi, aussi. Ça pourrait être moi, en haut de ce toit. Si j'avais eu une autre forme de vie.
Je ferme les yeux, je les rouvre - je vois trop mal dans la pénombre de l'aurore.
Peut-être qu'au loin, un soupçon de rose colore l'horizon ; je n'ai jamais aimé les couleurs, mais je crois que j'aime les soleils qui se lèvent autant que les soleils qui se couchent, précisément parce qu'ils sont colorés. C'est un peu surnaturel, ces aubes et crépuscules où la teinte bleutée du ciel disparaît dans un chatoyant camaïeu de chaleur. C'est peut-être le seul moment où j'aime les couleurs chaudes, aussi.
Mais la nuit tient encore bon, elle lutte de toutes ses forces (contrairement aux gens du quartier) ; on sent qu'elle a de l'expérience, car à chaque fois c'est la même rengaine, et elle ne cède place au jour que pour se reposer. Et mon homme que je pense inconnu, là, se dessine dans le creux de la nuit. Je sens ma gorge se serrer. Je ne voudrais pas que tout s'arrête pour lui maintenant ; j'ai cet instinct qui me pousse à monter, à m'élever vers les cieux et vers lui, et alors peut-être aurais-je une utilité.
Il me dit de venir, et je lui hurle en retour : « D'accord, ne bouge pas. »
La porte d'entrée n'est pas fermée, et je la pousse du boit des doigts, le visage tordu de dépit en entendant son infâme grincement. Parce que le couloir est sombre, je vois mal les escaliers qui se dessinent dans l'ombre ; je les devine pourtant, des impressions vagues au coin de l'œil que mes pieds me confirment, et finalement je monte. Au dernier étage, une nouvelle porte ouvre au visiteur la splendeur d'un toit gris.
De dos, la silhouette m'est familière. Je crois reconnaître cette masse de cheveux noirs et cette tenue droite, qui n'est pas la tenue des suicidés. Non que je la connaisse parfaitement, mais je sais lire le désespoir quand il y en a devant moi. Je l'ai souvent vu dans le miroir. Et donc, je m'approche, et lorsqu'enfin son visage se tourne vers moi, son prénom explose sur mes lèvres.
« Dimitri. Bonsoir. »
Je ne m'attendais pas à le voir lui. Non que je le connaisse vraiment si bien. Je pense que nous sommes de ces connaissances qui se frôlent souvent, à tel point que leurs noms s'échangent et leurs yeux se croisent, mais qui ne savent jamais ce qui se cache derrière un tel regard. Et puis un jour, le destin fait qu'ils se rencontrent vraiment. C'est peut-être sous les étoiles déclinantes et la lune s'effaçant du ciel trop clair que nous nous parlerons vraiment.
« A quoi pensais-tu ? » Et je suis un peu sec, mais pas vraiment ; il y a un léger sourire au bord de mes lèvres, la réjouissance de le voir, et je crois que cela s'entend un peu dans ma voix. L'inquiétude est étouffée par ce sentiment paisible que nous pourrons enfin discuter tranquillement.
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Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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le Dim 17 Sep 2017 - 15:35
C'est de l'inquiétude que je sens monter vers moi, une inquiétude difficilement contenue d'une personne amoureuse platonique de l'humanité. Je pourrais lui dire que je ne compte pas me faire de mal, mais déjà sa petite silhouette a disparu dans les entrailles de l'immeuble, et pour un peu, je ressentirais la précipitation de ses pas cognant lourdement contre les escaliers - à ceci près que je suis incapable de ressentir les battements de ce cœur de verre et de béton. Je songe à soupirer, à me plaindre des conclusions hâtives que les esprits faibles s'empressent de tirer, mais je n'ai pas le cœur à le dénigrer. Ayant une petite idée de la personne qui désirait m'arrêter, je comprends bien qu'elle n'est pas motivée par un absurde attachement de la vie mais qu'elle exige de laisser sa chance à tous, même aux plus brisés. Mes lèvres se retroussent légèrement, sans moquerie, tandis que je me dis que la rencontre s'annonce intéressante.
La colère, la rage qui d'ordinaire m'anime, ne couve pas à l'intérieur de ma poitrine. Le foyer est éteint. Je me sens plus noble, plus proche de ce que ma famille aurait voulu pour moi mais que j'ai toujours rejeté. Je suis ce héros tragique qui a le choix de se jeter dans le précipice ou de résister à la vie - qui appelle la vie de tous ses vœux mais que les événements pousseront fatalement au précipice. Ok, je joue un peu, c'est vrai que contrairement à d'habitude, je suis calme, et je trouve la sensation vraiment étrange. Quand je n'ai pas quelqu'un sur qui gueuler, ou un reproche à adresser, je me sens si vide, si peu moi-même. Moi, je suis le type qui casse, pas celui qui apaise. Mais Cookie est si éthéré que mes poings ne sauraient que rencontrer si je venais à le frapper.
Car c'est bien lui qui se tient dans mon dos, avec sa vertu de gens heureux, qui s'approche de moi avec la ferme intention de m'empêcher de sauter. J'évite logiquement tout mouvement brusque, persuadé qu'il interprèterait mal ce geste. En se jetant sur moi pour me sauver, il risque bien de nous faire tous deux basculer. Je ne sais pas trop comment lui dire que j'ai besoin de jouer avec les limites de l'existence, de sentir qu'elle pourrait prendre un terme ici-même et maintenant si je le souhaitais, et de craindre un peu de m'y jeter moi-même par erreur en laissant glisser mon pied trop en avant. Je me contente de lui rendre son bonsoir, d'un ton solennel qui aurait fait plaisir à Ilya - mais qui, en retour, m'aurait reproché ce sens dramatique de la mise en scène et m'aurait accusé de vouloir attirer inutilement l'attention sur ma petite personne inutile.
Alors il est plus facile de révéler ce que je pense, comme Cookie m'y a invité.
Et, je l'admets, l'idée de l'horrifier m'a traversé l'esprit.

« À pas grand chose. » réponds-je, un peu brut. « C'est beau, la ville, la nuit. Les gens dorment. Les gens meurent. Et personne n'y trouve rien à redire. »

Parce que j'ai tout de même un peu peur de tomber, je me retourne lentement, théâtralement, pour contempler le jeune visage asiatique en dessous de moi. Un visage enfantin, adorable, et je me rappelle soudain que mes parents ont combattu ses ancêtres au début de mon siècle, et je me demande s'il m'en veut pour cette guerre que je n'ai pas souhaitée - ni critiquée. Pour lui, je ne suis rien, mais à mes yeux, il incarne un ancien ennemi de mon pays que pourtant j'accueille avec chaleur. (putain, quel traître je fais)
Le vide dans le dos me donne envie de frissonner, car je n'ai plus aucune mesure de la distance qui me sépare de lui et ça, ça me fout les jetons. Mais lâche comme je suis, ce n'est pas cette peur nouvelle qui va se remarquer, et je laisse échapper un rictus de défi envers cette gravité que je compte berner.

« Tu crois que si je saute, quelqu'un va m'arrêter ? »


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le Dim 17 Sep 2017 - 21:29
Un jour, j'ai hurlé parce que je n'arrivais pas à comprendre les pensées de la personne avec qui je parlais. Je n'étais pas vraiment en colère, mais le cri est sorti tout seul. C'était sans doute de la frustration, et je n'avais plus le cœur de la refouler. Je crois que dans le fond, j'avais un peu une idée, de ce qu'étaient ces pensées que je poursuivais. Et elles me faisaient peur, alors je ne voulais pas les comprendre.
Je me suis juré de ne plus jamais être comme ça.
Face à Dimitri, je ne pouvais m'empêcher de penser que, d'une certaine façon, je savais un peu pourquoi il était là. Il ne voulait pas mourir mais il ne voulait pas continuer non plus. Mais que les choses s'arrêtent, ça aurait été un problème aussi. J'en avais cet instinct, mais je n'avais pas envie de pousser davantage s'il ne m'en disait rien. Dimitri, il avait l'air tragique ; un je-ne-sais-quoi d'ironique marquait son front altier. J'ignorais d'où il la tirait, cette distance ; peut-être qu'il avait déjà franchi un pas vers l'autre monde. Je souris, un peu, sourire figé rapidement car je n'étais pas d'humeur. J'avais envie de le rassurer. J'avais envie de trouver les mots, les bons, les vrais.
Mais ce que je pouvais déjà lire dans ses yeux, c'est que ses paroles étaient elles-mêmes vraies et fausses à la fois. Il mentait autant qu'il disait la vérité, mais ça l'apaisait. Alors je ne dis rien. Ça me paraissait bizarre de continuer à sourire, mais je ne m'en empêchai pas vraiment. Enfonçant les mains dans les poches, je m'approchai du vide à mon tour. M'approchai de lui, de cet ange qui regarde au fond de l'abîme sans qu'elle ne regarde au fond de lui. Et je glissai mes yeux dans le vide, à mon tour.
Quelle que fût la vision qu'il avait, je la partageais en cet instant.
Mon frisson était le même.
Je me redressai ; j'avais envie de lui balancer des platitudes que j'étais le seul à penser, mais je savais que ça ne servait à rien. Je le connaissais déjà assez pour savoir qu'il ne les écouterait pas, et mine de rien cela me rendait un peu triste. Je n'aimais pas vraiment être désarçonné quand j'essayais de communiquer ma joie à quelqu'un.
Alors que je ne savais même pas d'où elle venait, cette foutue joie : j'étais loin de la ressentir dans mon cœur.
« Oui, moi. », je lui dis, parce que j'aurais vraiment essayé de l'arrêter s'il essayait de tomber - mais je savais qu'il ne le ferait pas.
Il y a des certitudes que l'on a, c'est un peu comme si elles tombaient du ciel. Je ne les avais jamais vues face à Dimitri, mais elles se sont imposées à moi lorsque sa silhouette s'est découpée sur l'horizon faiblissant. Et je savais qu'il n'allait pas sauter, qu'il y avait juste du vide en lui, beaucoup de vide, et que ce n'était pas normal qu'il était aussi calme. Mais il n'allait pas exploser, Dimitri, pas aujourd'hui, et ce n'était même pas de ma faute. Je n'étais responsable de rien, de toute façon je n'étais qu'un témoin qui essayait de devenir acteur.
« Tu sais, moi j'aime pas que les gens meurent. Même si c'est naturel. Mais les gens, ils meurent peut-être un peu plus ici. C'est pour ça que tu es là, non ? Ça se sent. On a envie de se flinguer. »
Je battis des paupières ; je n'avais jamais remarqué que des fois, j'avais peut-être un peu envie de me tuer. Peut-être un peu plus ce soir qu'à d'autres moments. Mais c'était très léger, juste une idée volante que l'on lâche bien vite parce qu'on se rend bien compte qu'elle ne sert à rien. Et une idée, ça doit servir à quelque chose. L'idée de rester en vie, par exemple, ou l'idée de sauver quelqu'un, bah ça aide à avancer. Et puis, ça rend heureux. Juste un peu. « Je suis content de te voir... » : murmurai-je, et je n'étais pas sûr qu'il m'avait entendu, ni même si je voulais qu'il m'entende. En fait, c'était mieux si je n'avais pas le choix et que je le découvre lorsqu'il rouvrirait la bouche. Déjà j'étais suspendu à ses lèvres.
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