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    courgettes (mimi)

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    Re: courgettes (mimi)
    le Ven 25 Mai 2018 - 23:42
    C'est aussi un peu parce que je n'ai pas de dignité, vous savez, parce que je laisse les choses se faire. J'aime pas vraiment lutter pour des broutilles, et puis à un point dans ma vue je me suis rendu compte que je ne pouvais rien faire que pardonner. Sinon je devenais fou, aigri, je devenais ce que j'avais toujours détesté. Donc j'ai pardonné. Pas mes parents, parce que je les ai toujours trop aimés pour leur en vouloir. J'ai pardonné aux autres.
    Je peux pardonner ce que Dimitri me cache, quand bien même je risque d'accepter l'inacceptable. Des fois je sais, au plus profond de moi, qu'il a de quoi s'en vouloir. Il n'est pas innocent, mon Russe, il porte le poids de ses péchés, et il est malade parce qu'il s'est mis lui-même le fardeau sur son dos. Je ne sais pas trop comment je le sais, juste que ça me paraît évident, vu que j'ai fait pareil. C'est pas exactement pareil, sinon : ici, on a vraiment un air de culpabilité. Ça ne se loupe pas.
    C'est pas que ça me fait mal pour lui, je veux dire, je ne suis pas insensible à la douleur des autres mais j'ai du mal à la ressentir vraiment. Je la connais de façon intellectuelle, mais je ne fais que m'effrayer de leurs souffrances. Et c'est tout. Je suis un peu vide, en fait. Je n'arrive pas vraiment à m'émouvoir de mon propre sort, alors comment le pourrais-je face aux autres ? C'est peut-être pour ça que je peux facilement accorder mon pardon. J'ai simplement cessé de me préoccuper des choses. Et la façon dont on m'a traité, oh, qu'est-ce que ça change au fond ? Je suis pas cassé, que je sache.
    Juste, un peu handicapé parfois, par ce vide qui m'enveloppe.
    Enfin.
    « Je ne sais pas, non, mais c'est pas très important non ? L'important c'est que tu arrives à être heureux malgré tout ce que tu as fait. » Oui, Dimitri, je sais à quel point tu t'en veux.
    Moi j'ai regretté d'être né, parfois je le regrette toujours. J'aurais aimé être quelqu'un, en fait, quelqu'un qui n'aurait pas été programmé pour être celui que je suis. J'aurais voulu être une surprise que l'on n'attendait qu'à moitié. Prévue, sans qu'on sache vraiment en quoi elle consiste. Dimitri, il a de la chance, sur ce point, mais peut-être que ça lui a causé du tort, en définitive.
    « Tu sais, tu peux compter sur moi. »
    Je fais des promesses que je ne pourrai peut-être pas tenir. Je ne m'appartiens plus tout à fait et pourtant je crois pouvoir tout décider. Qu'importe, puisque je veux tout conjuguer ? Pour une fois que je veux me démener pour tout concilier, je suis prêt à me battre.
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    Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
    Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
    L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
    Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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    Re: courgettes (mimi)
    le Jeu 31 Mai 2018 - 22:09
    Un instant, j'envisage ce que ça ferait que d'être vraiment heureux. Ce n'est pas une sensation que je connais véritablement, je me contente d'en grignoter des parcelles lorsqu'elles me tombent sous le nez, mais c'est assez pour me faire comprendre que si j'étais heureux, je serais puissant - j'aurais l'illusion d'être invincible. Je me gaverais de ce bonheur comme je me gave maintenant de ma souffrance, jusqu'à abrutir les autres des mes élans idylliques, je volerais vers le soleil sans jamais perdre mes plumes. Je commence à comprendre que je suis quelqu'un de fondamentalement excessif, dans les sentiments, qui ne peut aspirer à la demi mesure. J'éclaterais comme une bulle si on laissait le bonheur s'emparer de moi, car au bout d'un moment, mes sentiments bouillonnants ne pourraient plus être contenu par la fragile écorce de mon corps. C'est peut-être pour ça qu'on m'a évité ce supplice. Au moins, le malheur, ça a un avantage, c'est qu'on veut qu'il s'arrête - au moins en apparence. Alors que le bonheur, on s'y noie comme des chiens qui succombent à la caresse masquant la piqûre, et soudain tout s'arrête, alors qu'on en a pas fini.
    Je dis pas que je préfère ma situation actuelle. Je dis juste qu'elle est peut-être plus adaptée à un type comme moi.
    Mais là, je nage en plein dedans. Cette confiance quasi-absolue que Cookie me prête me plonge dans un état d'extase absolue. Et excessif comme je suis, je pourrais couvrir ses mains de la preuve de ma reconnaissance éternelle. Il est bien la première personne à m'accepter tel que je suis, prêt à fermer les yeux sur les aspects les plus sombres de ma personnalité, et il est exactement le type de sauveur donc chacun de nous a besoin en ce bas monde. Quel dommage qu'il faille être si abîmé pour en arriver à une telle abnégation - en même temps que je l'aime pour sa bonté, j'ai curieusement pitié de lui. Il me prend des envies de le protéger de lui-même, de devenir le héros silencieux qui le gardera de ses propres travers - pour ainsi lui rendre la félicité qu'il a su me prêter pour quelques instants.
    Et je le vois de plus près, lui qui m'assure que je peux compter sur lui. Toute sa fragilité m'éclate en pleine figure. Je me rends compte qu'il n'aurait pas la force que je pourrais attendre de lui s'il fallait vraiment se reposer sur ses frêles épaules. Sincère, il l'est probablement, mais il est superficiel dans les sentiments - il ne prend pas la peine de se cacher derrière une barrière, tant il est vide. C'est peut-être pour ça qu'il peut si bien accueillir le trop-plein qui déborde de moi. Je doute que ça le remplisse.
    Je fais reposer mes deux mains sur mes épaules et le regarde droit dans les yeux.

    « Non. C'est toi qui dois compter sur moi. Je ne sais pas ce que tu as vécu, mais toi aussi, tu mérites d'être sauvé. »

    Il n'est peut-être pas d'accord. Si ça se trouve, il est heureux ainsi. Arracher Taichi à sa neurasthénie semble être sur le moment la chose la plus cruelle que je puisse lui faire - il a tant à gagner, mais aussi tant à perdre, pour que ça soit équilibré.
    Mais qu'est-ce que je peux faire ? J'aurais beau attendre toute une vie, Cookie ne m'offrira jamais la clé de ses soucis.
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    Re: courgettes (mimi)
    le Dim 3 Juin 2018 - 19:04
    Mais peut-être que je vais le regretter, ces mots qui sont sortis sans que j'y réfléchisse assez, et qui maintenant ne peuvent être repris.
    Mon affirmation pourra me hanter à l'occasion. Je pourrai rire de moi en songeant à ma stupidité. Enfin, pour beaucoup de gens, ce genre de scène serait très dramatique, avec une souffrance indicible au cœur. Moi, ce sera juste risible. Je le sais déjà.
    Pourtant je suis sérieux, tellement sérieux que mon sourire s'est un peu effacé. Mon sourire, c'est mon arme ; ma façon de me protéger du monde extérieur, en le désarçonnant. Souvent, il est difficile de savoir quoi faire quand son adversaire ne sait pas comment réagir. Avant je ne souriais pas, et on me traitait comme de la merde. Un jour je suis arrivé à Pallatine, et lassé des habitudes, j'ai juste souri davantage. Peut-être que c'est pour ça que le psy, il a été sympa avec moi. Il a cru que je m'en sortirais, vu que j'avais toujours l'air joyeux. Je sais pas s'il avait raison. J'aurais pu clamser pas mal de fois, quand même.
    Je ne m'attends pas forcément à ce que Dimitri me voue sa vie, mais je ne suis pas totalement surpris qu'il est prêt à me rendre la parole. Je ne le suis parce que bon, je le connais un peu à force. Je comprends bien qu'il est sensible à la douleur des autres ; il n'est pas de ces manipulateurs qui font montre d'une fausse empathie pour faire genre. Non, lui il s'inquiète pour de vrai, en fait il est assez fragile de ce point de vue. Un peu comme moi, d'ailleurs : on ne sait pas vraiment comment être comme les autres. On a peur mais c'est pas vraiment physique, plutôt mental, et en même temps ça fait un peu mal quand même.
    Je me demande quand même ce qu'il voit en moi.
    Tout, sans doute.
    « Ou les deux... mais tu sais, je le fais déjà ! regarde, je me ballade avec toi à la nuit tombée, et je n'ai pas peur. »
    J'ai confiance, voilà ce que je veux dire ; et je ne sais pas si mon message est très clair, j'aimerais que c soit le cas. Mais bon, moi et les mots, on sait ce que ça donne. Je pourrais déjà les jeter, tant ils sont faibles pour désigner ce que je ressens.
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    Re: courgettes (mimi)
    le Sam 9 Juin 2018 - 12:54
    Je le sens se dérober un peu, gêné par cet engagement que je suis en train de prendre pour lui. Peut-être n'aime-t-il pas non plus les contacts physiques, c'est une possibilité que je n'ai pas vraiment explorée, car je ne l'ai jamais vraiment touché - je ne suis pas adepte du contact non plus, mais ils deviennent nécessaires quand la tempête de mes sentiments devient trop violente pour être exprimée par des mots. Je n'insiste pas, et je le lâche, et je réfléchis à ce qu'il vient de me dire. C'est étrange, mais je peux voir dans sa phrase la réflexion de l'image qu'il se fait de moi - s'en rend-il seulement compte ? Il me prête une puissance que je n'ai pas, une assurance - celle de la sécurité, il fait de moi un bouclier, comme si je ne représentais pas le moindre danger. Ce n'est pas l'idée que je me fais de moi - je me vois comme un être faible que les frustrations rendent dangereux, détruisant indistinctement ce que je hais et ce que je chéris.
    Mais Cookie a peut-être raison de me croire, je ne lui ai jamais fait de mal, et je doute que ça puisse arriver. Je veux dire, il a ce pouvoir surprenant d'apaiser mes instincts prédateurs, sans me rendre inoffensif - car je pourrais le défendre, nous défendre tous les deux si un danger survenait sous le clair de lune, au risque d'y perdre tout mon sang. Pour un être que je ne connais pas tant que ça, c'est beaucoup donner. Il a raison de me croire. Sauf s'il doit me surestimer.
    Moi aussi, je suis mortel, après tout, mon frère m'a tué.

    « Tu sais... » glissé-je, hésitant. « Je ne suis pas si fort que ça, hein. »

    Je n'ai pas le cœur d'entretenir une image de combattant, j'aurais l'impression de le tromper si je le faisais, et je préfère qu'il sache que la nuit ne recèle pas moins de dangers du simple fait que je sois là.

    « Ou alors... »

    Non, ne fais pas ça. Tu es en train de te tromper. Tu es en train de t’enorgueillir d'une idée qui ne t'appartient même pas. Cette façade-là, c'est celle de mon frère, ce lâche, qui exsude le danger. C'est lui, le tigre de la famille, moi je ne suis que le chihuahua rageur qui mord salement les mollets.

    « Tu penses que moi, je peux être dangereux ? »

    (je dois avoir l'air flatté par l'idée)
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    Re: courgettes (mimi)
    le Lun 2 Juil 2018 - 15:08
    J'ai un peu envie de me frapper. Non, pas dans le sens littéral, je ne suis pas fou à ce point. Mais plutôt de me frapper mentalement pour mon incapacité à être un tant soit peu utile. Oui, c'est moi, Taichi le poids mort. Qui n'arrive même pas à être suffisamment convaincant avec ses mots. Chez moi, tout est dans le sourire, mais comme il fait sombre, Dimitri ne peut pas vraiment le voir. Il pourrait peut-être le deviner, s'il tournait la tête vers moi et abîmait ses yeux dans la pénombre.
    Enfin, je ne souris pas là.
    Je fais souvent semblant mais je n'y arrive pas à Dimitri. Je me suis juré que je serai toujours honnête avec lui, et je ne savais même pas que j'avais fait un tel serment avant cet instant précis. Mais quand il me lâche, je sais que j'ai pris la bonne décision. On peut être hypocrite pour protéger quelqu'un. Parfois c'est soi-même, simplement.
    Mais moi, je ne sais pas si j'arrive vraiment à faire la différence. Je crois que je prends ses mots de façon trop littérale, que je ne fais pas assez attention à toutes les nuances qu'ils peuvent receler. Ou plutôt : je choisis d'ignorer tout ce qui ne m'arrange pas. Je suis assez doué pour percevoir les sous-entendu quand ils me conviennent. J'ai cherché des traces d'amour pendant toute ma vie, je saurais les repérer. J'en ai décelé des fantômes qui s'accrochaient vainement à des remontrances ; des spectres d'affection si fades qu'ils s'étaient presque dissipés.
    Je ne peux m'empêcher de rire, je crois que c'est un peu nerveux. M'en veux pas, Dimitri. Je ne t'ai jamais vu comme dangereux, tu es comme un frère pour moi. Mais je ne le dis pas, et je fais bien, même si je ne sais pas pourquoi. Je sais juste qu'il n'aimerait pas que je lui dise ça. Je crois qu'un frère, pour lui, ce n'est pas la même chose que pour moi : il en a un, moi non. Je suis unique et peu désiré, je n'ai pas le droit de l'entraîner dans mes affaires.
    « Autant que moi, je présume ? » Je dis ça alors que je ne me considère pas vraiment comme dangereux. Je peux juste l'être, si besoin, parce qu'on a tous un tigre au fond de soi. Des fois il est un peu vieux et croulant, c'est quand on est lassé de tout. Le mien, il change d'âge comme je change de chemise, il se réinvente à chaque fois, mais il a envie de me protéger quand même. (De moi.)
    « Tu sais, Dimitri, j'ajoute d'un ton plus léger,je crois qu'on se fait tout un film sur la force. On sait pas vraiment ce que c'est, mais oh comme on la désire. C'est nul d'être faible. T'as pas le droit d'être fragile, sauf si tu veux charmer. Mais en fait, on est tous forts. Ce qui change, c'est autre chose. Si on est combatif ou pas. Si on résiste bien à la pression ou pas. Ce sont que des trucs comme ça, parce que tu sais, sinon, les gens comme moi, ils seraient juste faibles. Mais c'est pas vrai. C'est juste un truc qu'on se dit parce qu'on veut se flatter. »
    Les « gens forts ». Ah, que je déteste ça. Je déteste qu'on me dise que ma souffrance ne vaut rien sous prétexte que j'ai pas été maltraité. Qu'on me dise que j'ai qu'à rentrer dans le moule. Je souffre, c'est un fait. Et je sais aussi lutter pour certains trucs. Comme tout le monde. Faut arrêter les conneries, je crois.
    Je veux pas que Dimitri soit empoisonné par une telle pensée.
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    Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
    L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
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    Re: courgettes (mimi)
    le Jeu 12 Juil 2018 - 20:38
    Un instant de paix nous enveloppe, sans que je m'en rende compte, un peu comme si les mots, par la force immatérielle qu'ils transportent, avaient dressé une barrière invisible entre nous et le monde. Nous aurions tort de croire qu'il nous suffit d'ignorer les vicissitudes de ces rues pour nous en préserver, et pourtant, j'ai l'impression que le danger n'existe plus. L'attention retenue choisit de se porter vers cet autre qui secoue agréablement notre être, sans rien exiger de plus que ce qu'on pourrait nous en demander. On en oublierait presque que nos pieds foulent des papiers froissés et des cigarettes égarées. Je ne suis pas dangereux, je détourne simplement Cookie de ses problèmes, tout comme lui le fait avec les miens.
    Est-ce cela, l'amitié ?
    Je ne comprends pas grand chose à son discours sur la force : il s'épanche probablement de reproches qu'on lui a trop souvent adressés, et dans sa largesse, il oublie de me trouver. Je crois qu'il s'excuse d'être faible - faible au sens que d'autres que lui ont donné à ce mot, et qu'il conteste, assurément, parce qu'il n'arrive pas à s'y retrouver. J'aurais pu être aveugle à la force qui émane de Taichi ; elle n'a rien de brute ni de puissante, elle se fait plutôt insidieuse et apaisante ; inquiétante, peut-être, parce qu'on la voit pas arriver, mais lorsqu'elle frappe d'une caresse, elle submerge toute anxiété. Je pense que c'est ça, son truc. Mais alors, il a une force, alors que moi, je suis même trop faible pour m'aimer.
    Je suis pas con, vous savez : je sais que je suis chiant, que je m'apitoie sur mon sort, et que ça me rend assez lourd à supporter. Les gens ne m'aiment pas trop parce que je rapporte tout à mon sort, et ils ont tout de même raison. Même s'ils n'ont pas tous vécu autant d'horreurs que moi, je ne devrais pas écarter tous les tourments comme s'ils étaient insignifiants. Sauf qu'entre la théorie et la pratique, il y a un monde, et lorsque je m'échauffe, j'oublie que je devais me calmer.
    Je suis bleu mais je vois le monde en rouge.

    « Euh, ouais, ouais, sans doute, dis-je pour ne pas montrer que j'ai une fois de plus fait passer ma personne avant la sienne. Écoute, Cookie, t'es pas quelqu'un de faible, je crois. C'est l'impression que tu peux donner, au premier abord, mais en fait, non... »

    Me concentrer sur lui. Essayer de comprendre son être étrange, pour le simple plaisir de son amitié. Parfois, Cookie m'inquiète. J'ai l'impression qu'il ne saurait être brisé - et cela ne me semble pas naturel. Il semble voler sur les tempêtes et affronter les mers déchaînées, non parce qu'il est intègre, mais qu'il n'est plus entier.

    « T'es peut-être la seule personne qui résistera à ce monde, lorsqu'on sera tous usés, qu'on se mettra à pleurer parce qu'on a perdu notre honneur et notre dignité, toi, tu te dresseras toujours là, solide, et ta présence sera comme le dernier drapeau de l'humanité, à flotter sur l'océan de nos décombres. Moi, je serai même plus là : je me serai effrité à la première difficulté, sauf si bien sûr quelqu'un me sauve avant... »

    Mon rire fait enfin écho au sien. Me voilà dans le rôle dans la princesse attendant d'être sauvée, une image que j'ai toujours détestée (pour moi), et pourtant que je crois que c'est ma destinée, parce que je suis trop faible pour l'éviter.
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    Re: courgettes (mimi)
    le Ven 12 Oct 2018 - 12:17
    Il ne faut pas croire tout ce qu'on te dit, Dimitri. Ta vie est ta vie, tes forces sont tes forces. On a tous des atouts dans la manche. Mais parfois on a juste un peu plus de fragilité en retour. Je ne sais pas trop comment l'équilibre se fait. Je ne sais même pas s'il y a de l'équilibre en moi, en vrai. Sans doute pas. Je suis dans l'excès, l'un ou l'autre, ça dépend juste des moments. Un jour montagne que rien ne peut ébranler ; le lendemain brin de roseau dont on dispose sans y penser. On n'est pas des blocs monolithiques, après tout, mais on fluctue. Alors des fois ça va, et des fois non. On n'est jamais totalement forts, du coup. On ne peut pas l'être. On se brise à un moment.
    Mais je ne voulais pas m'apitoyer non plus. En fait je suis assez bien comme je suis. Pallatine c'est plutôt cool pour moi car ça m'a extrait d'un milieu nocif, et maintenant je limite les variations. Vous n'avez pas idée d'à quel point c'est important, pour quelqu'un capable de se faire du mal passivement. Il y a moins de jours où je ne mange pas, moins de jours où je m'endors n'importe où. J'ai changé, je m'en rends bien compte. Je ne sais pas si je suis moins faible qu'avant, je suis juste différent, et puis merde, on a bien le droit de sortir de cette putain de dialectique à un moment, non ?
    « Bah écoute mec, moi je me trouve un peu dangereux quand même. Donc je suis pas vraiment faible. Si je le suis c'est plutôt relativement à des gens qui ont trop de pouvoir, mais on est tous faibles face à eux, non ? Enfin c'est relatif, tu vois. C'est pas constitutif de mon être. »
    Je me gratte la nuque, retenant un rire nouveau, parce que bon j'ai déjà trop ri. Parce que dans ma tête, tout ça c'est clair, j'ai pas besoin d'expliquer ce que je sais dans le cœur. Mais Dimitri, ah, c'est une autre paire de manches. Je ne le convaincrai jamais avec des mots je crois, juste des actes et des sentiments. Non que ce soit ma spécialité, en fait.
    « Mais Dimitri, tu seras sauvé. T'as vachement plus de résilience que tu ne le crois. Et en même temps moins aussi, mais enfin... Tu vois l'obstacle, tu comprends ? mais c'est toi-même que tu dois considérer. Tu es premier, pas le monde autour de toi. » Un silence, puis j'ajoute, un peu résigné : « C'est sans doute très égoïste mais on est seuls ici, il faut bien. » Mais moi j'étais aussi seul là-bas. J'ai toujours été égoïste, au fond.
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    Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
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    Re: courgettes (mimi)
    le Dim 28 Oct 2018 - 15:32
    Je ne peux pas vraiment lui expliquer d'où je tire la conviction de ma fragilité, elle n'a sans doute pas la même réalité pour moi que pour les autres, mais si je tente de me mettre à sa place, je crois que je comprends. Ce Dimitri qu'il connaît, il est assez grand, surtout pour son époque, plus grand que lui ; et on peut cacher ses incertitudes dans des mètres de chair. Ce Dimitri est rude, impoli, il flirte avec l'interdit ; mais il est ridicule, narcissique, plongé dans les prétextes, engoncé dans son moi jusqu'au cou ; trop brute, sans doute, capable de se donner des impressions de force, dans cette violence mal retenue qui déborde du moindre de ses gestes ; et tout au plus dans son mal-être peut-on y voir la preuve de son inadaptation au monde. Cookie perce l'image du délinquant qui me colle à la peau, mais il oublie dans sa grande bonté de prendre de la distance et de me juger. Je l'apprécie pour ça, mais parfois, je crois qu'il est naïf à mon sujet.
    Ce n'est pas une sensation désagréable. 

    « Hey, tu m'offres une excuse toute trouvée pour être encore plus nombriliste, t'es sûr que t'es okay ? Même si t'as raison, en quelque sorte, qu'il faut penser à soi, mais... je crois que je le fais assez ? »

    Cette hésitation se comprend : c'est ce qu'on me répète à longueur de journée, et à force de le nier, j'ai bizarrement compris qu'il y avait une part de vrai dedans. Probablement parce que j'ai vu des gens sacrément tarés depuis que je suis à Pallatine, des gens tout aussi amochés que moi que je persiste pourtant à voir entiers, il me faut une dose de leur souffrance pour comprendre ce qu'ils ont traversé. 
    Ce qui ne fait pas de moi quelqu'un de mauvais.
    Je crois que la question est réglée, ou plutôt, ça m'arrange qu'elle le soit, et je m'approche ouvertement de Cookie pour lui passer un bras amical autour des épaules. Le sommet de son crâne m'arrive à peine aux yeux. Il ne dégage aucune chaleur, ce qui s'explique compte tenu des températures, mais son corps a la souplesse des vivants plutôt que la rigidité des morts. Étrange impression : je crois qu'il va me rejeter, et pourtant je prends le risque, en espérant pouvoir le supporter.

    « Assez discuté de nous, je crois qu'on est tous les deux trop bizarres pour bien s'intégrer dans ce monde et c'est pour ça qu'on arrive à s'entendre. Les promenades au clair de lune dans les bidonvilles d'acier, c'est bien pour nous. Mais je crois qu'on mérite autre chose. Y'a des choses ouvertes la nuit ? »

    Mon ventre se serre à la simple idée de retrouver mon appartement. Cette angoisse du vide qu'il va me laisser me pousse à prolonger mon séjour avec lui. Je le déteste pour ça. Tout paraît si simple avec lui. Si complet. Et puis soudain c'est la nuit.

    C'est vraiment la nuit...
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    Avatar : takao kazunari (knb)

    Re: courgettes (mimi)
    le Sam 3 Nov 2018 - 16:02
    A mon avis, il ne sert à rien de se prendre la tête avec ce qu'on ne peut pas changer. On ne peut pas être meilleur qu'on ne l'est après tout, il faut un changement de cœur et ça ne se provoque pas. Les gens qui se trouvent mauvais, qui mettent en avant leurs défauts, ce sont vraiment des gens bien. Parce qu'ils ont déjà la volonté de s'ajuster. Ce qu'ils veulent, c'est simplement l'adéquation entre leur être, qui est bon, et leurs actes, qui le sont un peu moins.
    « Je ne te trouve pas nihiliste, dis-je dans la nuit, tu ne fais que douter. Si tu penses déjà à toi mais que tes actes te hantent, c'est que tu ne le fais pas bien. »
    Quand je pense à mes misères, à ma négligence, mes désirs sont comme tués. Persuadé de toutes les mériter, je m'expose à la douleur et en oublie presque de respirer. Mais je dois changer, je dois cesser de me haïr - et Dimitri aussi.
    Nous sommes des êtres sans valeur, et pourtant nous coûtons plus chers encore que le plus gros diamant au monde. Il n'est rien qui ne pourra acheter notre âme, pas même nos loyautés, pas même les toits sous lesquels nous vivons. Nos actes sont à vendre, nos cœurs peuvent être corrompus, mais nos âmes, ah ça non, personne ne nous les prendra.
    Je crains la proximité physique mais je m'y suis quelque peu habitué. Lorsqu'on a voulu me toucher la première fois, j'ai dû clore les lèvres et accepter l'accolade toute amicale qu'on me proposait. Ça ne m'a pas tué. Ça ne m'a pas rendu plus fort non plus, en fait.
    « Y'a peut-être des choses ouvertes, mais je ne sais pas. Il faudrait plutôt dormir, je crois. » Et j'étouffe un bâillement, sans grande délicatesse.
    Mais je ne veux pas dormir non plus, si je suis dehors c'est pour échapper à la nuit que je crains.
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    Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
    Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
    L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
    Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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    Re: courgettes (mimi)
    le Mer 14 Nov 2018 - 19:06
    Mes tremblements de brindille se font de plus en plus forts sous mes habits. Je m'écarte prestement de Cookie avant qu'il ne m'interroge, regrettant de ne pas claquer des dents pour me trouver un alibi. J'eusse aimé pouvoir reproduire ces palpitations de la mâchoire que le froid nous tire, mais je ne peux pas détourner le visage, pas maintenant, pas alors que ses yeux fuyants me fixent. C'est la nuit, c'est cette chienne de nuit qui me fait cet effet-là : c'est le jour que j'aime dormir, lorsque je laisse le sommeil m'engloutir, parce que je sais qu'il ne m'aspirera pas la moelle. La nuit, c'est le repos éternel, c'est là que j'ai laissé mon frère et que repose un autre dimitri ; c'est la lutte contre l'infini, contre les petites choses qui se cachent dans les ténèbres, et les creux des sourires. Mon élément, sans doute, parce que je ne m'y sens pas à l'aise. Et je sais bien que ce n'est pas au repos que j'aspire...

    Je ne lui murmure pas d'excuses. Je pourrais, mais ça serait pas correct. Il a peut-être bien envie de dormir, et il ne me le dira pas. Ou alors c'est moi qu'il veut voir dormir. Parce qu'il sait que c'est ce dont j'ai besoin, et qu'il a mes intérêts à cœur. Comme tout à l'heure, lorsque je tutoyais les étoiles, et qu'il voulait me préserver des pavés sous nos pieds.

    « Tu as raison. C'est l'heure d'aller se coucher. Je... je t'ai assez retenu. »

    Quelle âme pure. Je me demande toujours ce qu'ils ont bien pu lui faire pour qu'il accorde si peu de valeur à sa vie. En toute franchise, je pourrais aller leur casser la figure pour la façon dont ils l'ont abîmé.

    « Bonne nuit. Rentre bien. Sois prudent. »

    Je ne m'esclaffe même pas de mes conseils de mère. J'attends qu'il soit parti pour retrouver toute ma fougue tyrannique.
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    Re: courgettes (mimi)
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