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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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La peur ne se fuit pas, elle se vit - Jürgen Fischer

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Jürgen

Jürgen Fischer

feat Création Originale | J. Won Han

Caractère

Deux hommes étaient postés dans la pièce : l’un confortablement installé dans le canapé en cuir du cabinet et l’autre, prostré devant la bibliothèque où trônait une multitude de livres couverts d’une pellicule de poussière. Ils portaient des coupe-vent couleur marine avec inscrit dans leurs dos en blanc : « Police Criminelle Berlinoise ».  Derrière un immense bureau en bois massif, engoncé sur une chaise, se tenait une femme de la cinquantaine finissante. Son regard était posé sur un cadre en plastique qui abritait une photographie d’une petite fille souriant à pleine dent et qui lui ressemblait, étrangement. Elle était pâle, les traits tirés et les yeux cernés, travaillé par son travail. Devant elle, érigée sur le bureau, une petite plaque dorée indiquait : « Dr. Eveleen Hermann » et derrière-elle, une copie du « Cri » de Dali la surplombait. L’homme sur le canapé renâcla et Evelenn leva immédiatement la tête, arrachée à ses songes. « - Pardonnez-moi, votre présence m’irrite et je suis tenue par le secret professionnel. Vous ne tirerez rien de moi.
- Des vies sont en jeu. Nous ne cherchons guère à connaître ses traumatismes mais, simplement établir un profil psychologique. Vous étiez sa psychologue, personne ne peut mieux nous aider que vous et croyez-moi… nous avons raison de penser que Jürgen Fischer est une femme dangereuse. Vous ne l’aviez pas remarqué hein ? Ou peut-être ne l’aviez-vous pas dénoncé ? Et si… on la retrouvait à tirer son coup avec un mort émasculé ? Criblé de plaies encore luisante de sang et elle, qui en aurait jusque dans la bouche alors qu’elle gro…
- Il suffit ! le coupa-t-elle brusquement. Ses appendices se crispèrent sur le cadre en plastique. Elle le serrait contre elle. Un soupir lourd en déception s’éludait de ses lèvres. Elle reprit la parole d’un ton chancelant : Madame Fischer ou plutôt, Jürgen… est… elle répond aux critères d’une psychopathe. Son comportement est antisociale, elle n’a aucun ami, n’adresse plus la parole à sa famille et discute uniquement par l’interface du web. Hum… Elle est introvertie mais, guère timide. Jürgen n’a aucun mal à faire preuve de franchise, parfois de vulgarité, elle est… honnête avec elle-même, avec les autres. Elle fait souvent part de ce qu’elle ressent. Sa voix est très monotone, constamment monocorde, blasée, un souffle mortuaire… Du moins, elle m’en donne l’impression. Elle a une obsession pour la torture tant psychologique que physique. Ce domaine l’intéresse sans qu’elle ne puisse passer à l’acte. Cette patiente présente sans incertitude un trouble obsessionnel-compulsif : elle a besoin de tout contrôler et dès que quelque chose lui échappe, elle devient anxieuse puis, violente. Elle est colérique.
- Cette violence et cette colère, ce trouble, se ressentait-il dans vos séances interrogea l’homme debout, les bras croisés sur le buste et les muscles saillants sous son coupe-vent.
- Oui mais, pas que. Elle avait des interactions sociales avec moi ou d’autres personnes, trouvées sur des forums, des sites, que sais-je. Parfois, il lui arrivait d’avoir des accès de colère car une de ses personnes développait une relation intime avec une autre personne et cela lui échappait… Elle a aussi eu des relations sexuelles dans lesquelles son besoin de contrôle était omniprésent, comme une paraphilie. Jürgen est… elle recèle de paraphilies diverses mais, elle est ce qu’on appelle en psychologie une « perverse passive ». Elle n’osera pas passer à l’acte car, pour l’instant, elle ne développe pas de syndrome de psychopathie extrême qui lui empêcherait d’avoir de l’empathie. Ma patiente souffre énormément de ce besoin de contrôle, de violence, de cet attrait pour la torture inassouvi car, elle sait pertinemment que c’est « mal ».
- Curieux. Nous avons retrouvé une femme chez elle. Elle était nue, fermement attachée, la corde rongeait sa peau et des entailles parsemaient sa peau. D’après son témoignage, elle a été violée, étranglée, torturée par celle qu’on dénomme « Bishop » sur l’Internet et qui répond à la description physique de Mademoiselle Fischer.
La doctoresse avait le regard vide. Ses élucubrations internes dessinaient sa patiente, assise à la place de l’homme sur le canapé, les cuisses écartées, la capuche rabattue sur la tête et l’incisive qui se plantaient nerveusement dans sa lippe. La silhouette s’effaçait pour cet homme qui d’un geste de la main, l’ordonnait à continuer.
- Peut-être un trouble de psychopathie s’est développé. Elle a une démarche atypique qui vous permettra de la reconnaître : elle a le dos voûté, la tête rentrée dans les épaules et toujours une capuche rabattue. Elle se sent nue, sans. Les bars la fascinent car ils sont l’organe vital des villes où le sang affluent constamment, le sang étant le peuple pour elle. Mademoiselle Fischer est sapiosexuelle et… elle a un quotient intellectuel supérieur à la moyenne ainsi que des connaissances multiples dans divers domaines : neurosciences, sociologie, psychologie, littérature, elle est passionnée par tout et rien, c’est un génie. Vous aurez du mal à la retrouver : elle réfléchit constamment. Elle ne parle jamais sans avoir pesé chaque mot au préalable. Son cœur est émaillé par son intellect. Elle… enterre ses sentiments, ses émotions mais, elle en ressent. Ce n’est pas quelqu’un de mauvais, elle peut aimer, elle a aimé, simplement que… dans sa logique des choses, on peut torturer la personne qu’on aime. Je lui ai fait comprendre que cela ne fonctionnait pas ainsi mais, j’ai apparemment échoué. Elle aime les endroits isolés et sa passion principale reste l’informatique ainsi que les théories du complot. Quand elle a des recherches… illégales à faire, elle se déplace jusqu’à des cyber-cafés et use d’un VPN ou un acronyme similaire pour cacher son adresse I.P. Vous avez la personnalité de Fischer, je ne peux rien vous dire de plus souffla-t-elle, sa dernière phrase fut dite à voix basse, aussi faible qu’un murmure. »
Les deux hommes échangèrent un regard entendu avant de se lever. Les banalités furent de rigueur avant qu’ils quittent la pièce avec une poignée de main solennelle. Le plus grand sortit un cliché froissé de la poche-arrière de son pantalon : une photographie de Jürgen Fischer en train de sourire. Brusquement, il n’était plus certain de savoir de qui il s’agissait.

Jürgen

Âge: 23 ans
Naissance: 29/11/1997
Départ: 2018
Présence en ville: 6 mois
Nationalité: Allemande
Métier: Informatrice / Hackeuse
Statut civil: Célibataire

Groupe: Geeks
Section: Aucun
Rang: Aucun
Nom de code: Bishop

Taille: 1.66
Corpulence: Silhouette fine mais légèrement ahtlétique
Cheveux: Châtain foncés
Yeux: Brun
Autres: Tatouage de pieuvre de l'omoplate gauche jusqu'à la nuque

Histoire

1995, Berlin.

Une odeur putride s’échappait de la maison. Un silence de mort y régnait. Inquiet, un voisin avait fini par téléphoner à la police et une équipe de trois agents fut envoyée sur place. La porte céda dans un fracas sonore aux coups d’épaule d’un des officiers. Des pleurs d’enfant se firent entendre alors qu’ils étaient accueillis par la mort. Les effluves qui assaillaient leurs narines suffisaient à les convaincre : la maison empestait la putréfaction. Ils avançaient à pas prudents, jetant des œillades à la dérobée dans chaque pièce et ce, jusqu’à découvrir un spectacle morbide. Un des officiers se retira dans une pièce parallèle à la cuisine pour vomir pendant que les deux autres toisaient le spectacle avec dégoût. Une femme se tenait étendue dans sa cuisine dans une immense flaque de sang coagulé, nue, inerte, livide, froide, morte. Son corps était parsemé d’hématomes, de contusions et elle portait les marques violettes d’une strangulation sévère. Une entaille de cinquante centimètres ouvrait sa chair qui tressautait comme les pans d’une chemise. Elle avait été émasculée.
Les pistolets relevés, le groupe se divisa pour fouiller la maison. Des photographies présentaient une famille de trois membres : le père, la mère, un enfant d’approximativement deux ans sur les plus récentes. Guidés par les pleurs, l’un des officiers récupéra l’enfant, à l’étage, dans un de ces lits en bois qui ressemblent à une cage. Sa grenouillère était imbibée de sang ainsi que ses draps. Elle ne cessait de pleurer et se tortillait faiblement, les joues creusés, le teint pâle, elle n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Sans plus attendre, le policier ordonna de dépêcher une ambulance à l’adresse du drame et avala les escaliers de grands pas avides. Il tenait l’enfant tout contre lui. Ses deux collègues le rejoignirent quelques minutes plus tard alors que la sirène de l’ambulance aboyait au loin, le moteur, lui, rugissait. « - Des traces du père interrogea-t-il d’un ton las.
- Aucune. Sûrement cet enfoiré qui a fait le coup. On va le retrouver. »
Ils se turent et observèrent l’ambulance prendre place sur le trottoir. Une heure plus tard, la scène de crime était sécurisée et la police criminelle s’agenouillait à la recherche désespérée d’indice.

Le lieutenant Capestan s’était endormi dans un fauteuil. Une trace de bave séchée souillait la commissure de ses lèvres et il émettait un léger ronflement qui résonnait dans les couloirs de l’hôpital. Les infirmières l’observaient en échangeant quelques moqueries. Une femme s’approcha de lui avant de tapoter sur son épaule. Il se réveilla, s’essuyant du revers de la main avant de bredouiller un semblant d’excuse. Elle était élancée, portant une grande blouse blanche et des mocassins qui l’étaient tout autant. « - Monsieur Capestan ?
- Oui pardonnez-moi, les derniers jours ont été rudes…
- Haha, ne vous en faites pas, vous n’êtes pas le premier à vous endormir ici. Hum… l’enfant est en bonne santé. Elle se remettra rapidement de… l’incident physiquement quant à… sur un plan plus psychologique, il y a trois possibilités envisageables.
- Lesquelles ?
- Elle peut tout occulter dans un coin de sa mémoire et cela risquera de ressurgir plus tard sous forme d’un syndrome post-traumatique ou, elle peut être poursuivie par ces images toute sa vie, assez clairement ou encore, reproduire le même schéma que le bourreau. Un suivi psychologique sera nécessaire.  Vous êtes certain qu’elle a assisté aux faits ?
- Selon la police criminelle, oui avoua-t-il en haussant les épaules d’un air déconcerté.
- Pauvre enfant. »

2010, Berlin.

L’alcôve étriquée était plongée dans une obscurité quasi-totale. Seul l’écran de l’ordinateur offrait une lumière qui dansait sur le faciès de Jürgen, lui donnant des allures hideuses de créature chimérique. Elle aimait l’obscurité et elle connaissait sa chambre par cœur : des lourdes poutres striant le plafond à la peinture craquelée qui surplombait son lit. Une odeur de renfermée régnait ainsi qu’une chaleur oppressante à cause des deux tours d’ordinateur qui étaient constamment en train de travailler. Le tapotement rythmé de ses doigts sur le clavier résonnait jusque dans le couloir mais, ses parents adoptifs ne s’en souciaient guère plus. Ils habitaient un petit appartement dans une banlieue reculée de Berlin. Jürgen suivait des cours par correspondance à cause d’un retard de motricité sociale et n’avaient aucun mal à l’école « invisible » comme l’appelait son père. Durant son temps libre, elle aimait découvrir les sombres aspects de l’Internet, s’entraîner à hacker des interfaces, des sites internet ou encore, jouer aux jeux-vidéos.
Une goutte de sueur perlait le long de sa tempe gauche. Elle tapait furieusement sur le clavier alors que des lignes de codes apparaissaient à l’écran. Hacker de petits sites internet sans importance était devenu lassant aussi, elle avait vu plus grand en décidant d’hacker le système informatique de la gendarmerie du coin. Sa mère adoptive avait écopé d’une amende pour excès pour stationnement interdit et, elle comptait bien la faire disparaître en intégrant leur base de données par des requêtes MySQL faussées. L’astre lunaire cédait à son homologue solaire tant il était tôt. L’aube se levait et l’adolescente n’avait pas fermé l’œil de la nuit mais, le résultat était à la hauteur de ses espérances : l’amende avait disparu du circuit informatique et personne ne recevra jamais de lettre. L’oreille soucieuse, elle écoutait le bruissement des feuilles sous les cajoles du vent, le parquet qui grondait sous les lourds pas de son père adoptif puis, le bruit de la cafetière fumante. Des effluves de café ne tardèrent pas à se faufiler sous le pas de sa porte. À pas feutrés, elle se leva, ouvrit lentement sa porte qui gémit d’un grincement strident avant de s’élancer dans les couloirs. « - B’jour m’sieur chuchota-t-elle à son père dont les yeux étaient encore fermés par le sommeil. Il se pencha hasardeusement pour déposer un chaste baiser sur son front.
- Mademoiselle… que faites-vous debout à cette heure-ci grommela-t-il.
Monsieur Fischer était un homme aux traits particulièrement doux qui contrastaient avec sa stature imposante, ses épaules carrées et son cou aussi large que celui d’un bœuf. Il travaillait comme ouvrier dans une usine de fabrication de voiture. La famille Fischer avait une vie moyenne, ni aisée, ni trop pauvre et ils s’en contentaient.
- Je sais qu’en ce moment nous sommes dans une période orageuse dit-elle d’un ton solennel. Elle faisait allusion à l’application bancaire de sa mère où un soleil apparaissait quand les comptes étaient fructueux et où l’orage y était dessiné quand ils approchaient un découvert. Donc j’ai décidé de faire sauter l’amende de maman ! J’ai hacké le site internet de la gendarmerie de la région. Ce n’était pas difficile avec quelques…
- Quoi ?! la coupa son père. Ses yeux s’écarquillèrent soudainement, le sommeil envolé. Quand ils avaient décidé d’adopter Jürgen, on les avait prévenus : elle risquait peut-être de poser quelques problèmes. Il émit un grognement sourd avant de s’engoncer dans sa chaise. Un soupir lourd en déception s’éludait de ses lèvres. L’adolescente l’observait avec une lueur de satisfaction dans le regard. Il vint tendrement épouser sa chevelure d’une caresse avant de reprendre la parole : Jü’… il faut que tu comprennes que… certes, tu es douée en informatique, c’est formidable, tu nous aides en plus mais, tu n’as pas le droit de faire ça. La Loi l’interdit. Et on doit en toutes circonstances écouter la Loi. Compris ? »
L’adolescente hocha dubitativement la tête avant de se lever pour quitter la pièce d’un pas las. Elle était déçue que la vie soit régie par la Loi. Ce n’était pas la première fois qu’elle s’y confrontait, à cette Loi et elle ne l’aimait pas.

Un bourreau traînait sa victime par les pieds dans les ruelles vides d’une Allemagne florissante. La carotide tranchée laissait affluer le sang, le corps se vidait peu à peu, marquant le sol d’un sillon morbide. Le pavé était crasseux et la tête inerte d’une ravissante brune – certainement une prostituée, rebondissait mollement dessus. Il s’agissait-là des dernières évocations sonores de ce corps. Une chaleur intense prenait naissance aux creux des reins du tortionnaire. Il fit volte-face pour observer son chef d’œuvre, des marques de son emprise sur son cou jusqu’à la chair parfaitement tranchée par la lame, les artères et quelques viscères semblant virevolter sous le vent frais, aussi fébriles que des feuilles. L’odeur acide du sang lui chatouillait les narines et elle s’humecta les lèvres. « Jürgen, à table hurlait une voix féminine au loin. »
L’adolescente ouvrit les paupières avant de se redresser, maintenant assise sur son lit. Sa main était encore dans son boxer, ses doigts humides et luisants alors que les effluves de l’exaltation embaumaient la pièce. Elle émit un grommellement avant de  s’extirper de sa couche pour se hâter jusqu’à la salle de bain. « Je me lave les mains et j’arrive m’man. » La chaleur obstruait toujours son bas-ventre comme une sphère incandescente, pesante, qui n’aurait de cesse de la consumer si l’envie n’était guère satisfaite. Rêveuse, elle retrouvait son visage à la place de celui du bourreau avant de murmurer : « C’est malsain… non ? Non, si je ne le fais pas vraiment, ce n’est pas malsain. Puis… ils m’ont toujours dit que j’étais un être à part souffla-t-elle finalement. » Elle s’essuya les mains sur un vieux torchon avant de se hâter jusqu’à la cuisine. Un long couloir la séparait de sa chambre, heureusement.

2018, Berlin.

Sous le ciel opaque, la ville avait revêtu ses oripeaux d’hiver. Une pluie fine et grasse vint contraindre les citadins à marcher la tête basse, le regard fuyant, abattus par cette journée qui commençait seulement. Le menton enfoncé dans son sweat, elle manœuvrait parmi la forêt de parapluie du boulevard, avançant à grands pas suivie d’une femme de deux ans son aînée. Elle bifurqua sur la gauche, longeant une petite ruelle sombre bordée de bars miteux et ce, jusqu’à arriver dans un square. Une fois traversé, elle se retrouva devant un imposant immeuble en briques rouge d’un style anglais. Elle ouvrit le portail rouillé qui gardait l’entrée et tapota sur l’interphone pour ouvrir la porte. Elle s’effaçait ensuite pour laisser entrer son invité. « Troisième étage, l’appartement sur ta gauche indiqua-t-elle avant de s’élancer à son tour dans les escaliers. » Elle avalait les marches de grands pas avides. Une fois sur la pallier de son appartement, elle enfonça la clé et dut forcer pour que le mécanisme encrassé cède. Les deux femmes entrèrent et elle referma derrière-elles, à double-tour. « - Sympa l’appartement. Tu le paies seule interrogea son invité en observant du carrelage impeccable au plafond légèrement poussiéreux.
- Oui. Je suis partie assez tôt de chez mes parents. On n’avait pas la même vision des choses et c’était compliqué. Depuis, plus de nouvelles alors je travaille dur pour le payer seule. J’te serre un truc à boire ?
- Volontiers, tu as une bière ?
- Verre ou à la bouteille ?
- Bouteille. » Jürgen sortit deux bières du frigidaire puis ouvrit discrètement un placard. Elle profitait de l’instant où son invité lui tournait le dos, jaugeant son lieu de vie, pour glisser dans l’une d’entre elle un cachet de ghb obtenu sur le deepweb. Elle tendit la bière à la ravissante jeune femme, ses pupilles inquisitrices épousant ses formes avant de revenir sur son visage, une esquisse carnassière étirant ses lèvres. « Santé ! »

Jürgen descendait les escaliers en sautant le tiers des marches. Sa vision était nébuleuse, son cœur cognait sa poitrine si fort qu’il semblait pouvoir en sortir à chaque battement et elle avait la nausée. Ses mains étaient tâchées de sang et ses articulations blanches tant elle avait serré les poings. Courir devint difficile sous la pluie battante qui n’avait cessé. « C’est un abus sexuel, de la torture, peut-être un homicide prémédité…j’ai merdé, j’dois me tirer d’ici rugit-elle pour elle-même, la colère la submergeant soudainement. » Trois étages plus haut gisait au sol le corps de la jeune femme qu’elle avait invité chez elle pour partager un bon moment, étranglée, frappée à multiple reprise, dans sa cuisine, une plaie peu profonde sur les flancs. Un sourire malsain fendait ses joues, le genre de sourire impossible à réprimer, celui de la satisfaction la plus intense, l’apogée de l’allégresse, la réalisation d’un fantasme. Elle respirait bruyamment dans les rues et finit par ralentir la cadence. Elle ne pourrait plus jamais retourner chez elle mais, chez qui se diriger maintenant ? La capuche rabattue sur la tête, le dos voûté et les œillades furtives balancées sur les côtés, elle errait dans la rue.

2015, Pallatine.

Une tasse de chocolat chaud fumante était posée sur le rebord de la fenêtre. L’astre lunaire élevé dans le ciel, dessinait de ses raies les ombres des bâtiments : elles s’animaient comme des sorcières un soir de sabbat. Jürgen aimait particulièrement les observer, accouder au rebord, le vent caressant son visage et une clope fermement maintenue entre la lippe et sa supérieure. Elle inspirait une bouffée, la fumée dévorant ses poumons, ses artères, son cœur avant de ressortir en deux remparts distinctes par ses narines. Brusquement, elle écrasait la fin de sa cigarette dans le cendrier jonché de cadavres de tabac. Un lourd soupir s’éludait de ses lèvres. Elle bascula sa tête en arrière, puis vers l’avant avant de s’éprendre de sa tasse et de souffler délicatement dessus. Les arômes et la fine fumée furent avalés par une rafale. Elle fronçait les sourcils, fermait les paupières. Elle se concentrait tant bien que mal mais, les derniers évènements ne lui revenaient pas. Dans la rue, elle courrait, elle fuyait le destin s’imaginant déjà enfermée en prison ou internée car elle aurait plaidé la folie passagère. Et là, tout s’éteignit, plus rien, un blanc impossible à combler, une perte de mémoire. La tasse vidée, elle la reposa brutalement sur le rebord dans un fracas sonore. Elle n’aimait pas les pertes de mémoire, synonyme de perte de contrôle. Ses appendices étaient fébriles alors qu’elle tapotait sur l’arrête du rebord. « Je les aies eu. Ils m’ont trouvé saine. Madame Hermann aussi me trouvait saine et voilà ce que je fais. J’ai du mal à comprendre où je suis… pourquoi. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit d’une prison. J’ai commis un crime grave même si elle devrait être en vie. Enfin, je dois arrêter de parler seule. Il faudrait que j’achète un chat déclara-t-elle finalement avec une once de fierté. » Cette nouvelle idée lui fit oublier ses colères passagères. Elle déposa la tasse dans l’évier avant de se hâter dans un coin où trônait un ordinateur portable. Une petite chaise en bois lui faisait office de fauteuil – bien que peu confortable, ce n’était pas cher au moins.
Du travail l’attendait. Dans ce monde nouveau – car elle était certaine qu’il s’agissait-là d’une réalité alternative, elle n’avait pas de travail. Le seul revenu financier qu’elle avait réussi à se dégoter était la vente d’information par internet. Jürgen était une crack en informatique et rare étaient les systèmes qui parvenaient à lui résister. Elle passait donc ses soirées à s’infiltrer dans les sites web d’organisations, les profils sociaux d’individus lambda, et ce, à la recherche d’information qu’elle n’avait aucune honte à revendre ensuite. Et quand elle aurait fini, elle pallierait l’ennui de sa nuit en flânant sur la section « Nouvelles Technologies » de chronosrep.net. Elle aimait discuter, donner son avis, décrypter les messages codés derrière les dires anodins mais, elle aimait par-dessous tout, faire partie d’une diaspora sans besoin sociaux. Le pouvoir l’intéressait toujours, ici comme ailleurs et elle était prête à tout pour écraser les autres.

B'jour !
Vous pouvez m'appeler Neloh !
J'ai plus de la vingtaine, j'aime lire (car les mots qui font souffrir soignent vos maux) et le sport, notamment la boxe (car tapper sur les gens c'est cool).
Quand je n'écris pas, je joue à Lol.
Fin de l'histoire.
À plus !

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Gangster
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Né dans une montage des monts Hanghai en Mongolie - peuple nomade fuyant la tiranie des maîtres des terres - a apprit à chasser dès son plus jeune âge, à l'arc puis au fusil - a quitté son peuple pour voyager et vivre seul - s'est fait enrôlé par les Mandchous pour participer à la Révolte des Boxers en 1900 - y a échappé grâce aux soulèvement du mouvement indépendantiste - a participé à plusieurs actions mais s'est fait recruter contre son gré la même année.

Entré chez les gangsters car ils l'ont attrapé les premiers - tueur à gage ou traqueur refusant la plus part du temps les propositions, ne travaille comme tueur qu'en cas de nécessité ou lorsqu'il juge son action "louable" dans une certaine mesure - possède un petit restaurant (Ūlynn) qu' il gère seul où il confectionne aussi ses propres thés pour les vendre - hait l'institut et ses employés.

Jeune homme doux de nature, simple et bienveillant - Toujours poli et bien sur lui - Parle avec un léger accent assez charmant - aime les femmes, les femmes l'aiment souvent en retour -

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Bienvenue Jurgen ! Cœur

Ton personnage a un fort potentiel et ta fiche est très bien écrite ! Cependant, nous avons discuté et nous aimerions que tu effectues quelques petites retouches à ta fiche... Dans l'unique but de rendre ton personnage plus cohérent et qu'il puisse mieux s'intégrer à l'univers de forum.

D'abord, on aimerait que tu rajoutes davantage de nuances dans le traitement de ton personnage et notamment sur sa personnalité. Que Jürgen soit dérangée ne nous pose pas de problèmes (après tout on a toute un palette de perso pas vraiment recommandable ici )

En vérité, on voudrait s'assurer que tu sois toi même très claire sur la psychologie de ton personnage et ses troubles. Tu choisis une approche extérieure et très technique... C'est un sacré défi. S'approprier des termes si précis n'est pas toujours évident et pour la plus part ils n'évoquent rien (pas grand chose) et on peut facilement s'y perdre.
Ce qui nous intéresserait, serait de voir comment Jurgen vit avec et comment elle supporte ces fantasmes , ce qu'est son comportement intérieur, peut-être ? Visiblement elle est très intelligente, sociopathe, toujours enfermée, violente... Pour l'instant Jurgen nous semble être très (trop) brute, trop extrême... Apporter un peu plus de subtilité à sa personnalité, des faiblesses, sans pour autant la dénaturer, la rendrait beaucoup plus intéressante, touchante et facile à appréhender.

Jurgen a écrit:Le pouvoir l’intéressait toujours, ici comme ailleurs et elle était prête à tout pour écraser les autres.
Cette relation au pouvoir n'a pas vraiment évoquée... Vouloir contrôler et posséder d'accord, mais le pouvoir, c'est encore une autre échelle (c'est assez logique par rapport à son rapport au hacking, mais dans ce cas là, ces revendications sont complètement différentes Sceptique ) C'est peut-être à creuser un peu plus ?

De plus il y a un petit point qui nous chipote. Et il concerne son transfert. Elle peut être une extraordinaire manipulatrice, mais l'institut ne laisse pas passer n'importe qui. "ils sont des boulets, mais pas des incompétents" Ils ont toute une flopée de médecins, de psychiatres qui suivent avec beaucoup d'attention chaque futur citoyen de Pallatine. Ça nous parait improbable qu'ils ne se rendent pas compte des troubles de Jurgen surtout que durant le temps de transfert, elle serait soumises à toute sorte de test et ce pendant presque un an !
Du coup... elle aurait pu être soumise à un temps de transfert plus long que la normale afin d'être "soignée", elle aurait pu par exemple dire qu'elle ne veut plus avoir à supporter ce qu'elle est et qu'elle veut changer (que ce soit vrai ou pas...) et qu'elle se soumette à des traitements (peut-être un peu drastique) dans le simple but de pouvoir rejoindre Palatine (sachant que ne pas y aller, signifierait.... disparaitre. L'institut se débarrassant des personnes jugées trop dangereuses ou inaptes.) Pas de doute que la volonté de survire de Jurgen va ressurgir et prendre le dessus. Mais elle ne peut juste pas glisser entre les doigts de l'institut (surtout si elle a un passé si trouble...)

Cœur Cœur Voilà voilà ! N'hésite pas à revenir vers nous pour nous poser des questions et surtout prend ton temps, pas de soucis ! Jurgen peut vraiment devenir un sacré personnage, il ne lui manque que quelques petits trucs pour créer une étincelle ! courage courage !


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Technicien

Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
En pratique, Naga est plus un hypocrite cherchant à apaiser sa confiance qu'un Altermondialiste convaincu, mais il a toujours su se débrouiller pour éviter que quelqu'un lui en fasse la remarque...
Avatar : Sanada Akihiko.

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Coucou et bienvenue. I love you
J'aime beaucoup l'avatar que tu t'es choisi, ce réalisme est franchement époustouflant.
Je ne sais pas si tu as vu le message de Yaru ou pas, dans le doute, je remonte le sujet. Sache qu'on ne fait pas ça pour t'embêter, on pense aussi à la jouabilité du personnage, au fait que tu risques d'avoir du mal à trouver des rps ou à participer à l'intrigue par exemple si tu renfermes trop le personnage sur lui-même. Bon courage en tout cas pour modifier la fiche. I love you


yamamoto senpai ♥yamamoto senpai ♥ flocons

Spoiler:

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Aces

il était un de ces monstres qui sommeillent dans vos placards d'enfance. un homme brisé par l'existence, qui s'était réfugié dans un personnage pour annihiler ses souffrances. et pour seung joo, le temps passa. c'est désormais un garçon capable de s'adapter, et qui de plus en plus s'adoucit. la violence qui l'environne s'apaise progressivement. bientôt, croit-il, il trouvera l'équilibre qui lui offrira la clé du bonheur.
Nom de code : trauma (+ sneug pour ceux qui ne savent pas prononcer son prénom)
Avatar : kaneki ken

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Coucou !
Vu que tu n'as pas donné de nouvelles depuis plus d'un mois, ta fiche sera archivée dans une semaine environ. N'hésite pas à nous dire, dans le cas où tu passes, si jamais tu as édité ta fiche depuis, qu'on puisse lire à nouveau. (:




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