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Le silence entre nous - [Naga/Hafiz]

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Technicien
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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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le Ven 15 Sep 2017 - 12:49
Hafiz sortait du marché, les bras chargés de victuailles pour les repas de la semaine. Viande, poisson, fruits,, légumes, tout y était. Son esprit aurait dû être envahi d’idées de plats à préparer pour son colocataire ou de nouvelles recettes à essayer. Mais ses pensées ne cessaient de revenir vers les rencontres qu’il avait faits au cours des derniers mois. Et, au plus profond de lui, l’iranien savait que cela l’avait changé. Le Hafiz  peureux et peu sûr de lui suite au transfert avait laissé place à une personne plus confiante dans ses capacités et dans ses rapports aux autres. Chacun de ses inconnus l’avaient amené à réfléchir sur son attitude. Il avait appris à déceler des humeurs chez les autres qu’il ne pensait pas trouver. Lui qui croyait être un être faible apercevait enfin qu’il n’était pas seul. Tout le monde avait ses faiblesses. Il n’avait plus ce sentiment d’infériorité vis-à-vis des personnes avec qui il parlait. L’aboutissement de cette réflexion l’avait mené à candidater au poste d’adjoint de brigade chez les Techniciens. Et à sa grande surprise, il avait été désigné à ce poste. Le cuisinier avait été très heureux d’être coopté mais il savait que maintenant, ses devoirs envers la diaspora seraient plus importants. Mais cela allait de pair avec sa volonté de s’engager un peu plus dans la vie de Pallatine.

Cependant, il y avait un autre problème qu’il devait régler avant. Depuis quelques temps déjà, lui et son colocataire ne se parlait presque plus. Il se contentait des marques de politesse habituelles ou des demandes nécessaires à la vie en colocation, mais cela n’allait pas plus loin. Hafiz savait que c’était en partie sa faute. Il n’aurait pas dû laisser ses sentiments le submerger au point de se confier à Naga qui n’avait strictement rien demander. Plusieurs fois, l’iranien avait essayé de discuter avec le jeune altermondialiste mais il n’avait rien trouvé d’intéressant à dire. Aujourd’hui devait sonner l’heure du changement. Cette décision, il l’avait prise ce matin en allant au boulot et n’avait aucune intention de passer à côté. S’il ne le faisait pas maintenant, il ne le ferait sans doute jamais. Et tant pis si cela brisait le peu de relation qui restait entre eux. Hafiz avait besoin de s’endurcir. Malgré tout, plus il se rapprochait de chez lui, moins il avait envie d’avoir cette confrontation avec Naga. Un sentiment de peur lui nouait l’estomac. Il ne voulait pas brusquer son ami mais il n’avait pas vraiment le choix. Le cuisinier avait bien l’intention de faire la paix avec lui-même. Libéré de la prison de ses pensées.

Quand il entra dans leur appartement, le sentiment de peur avait disparu. Il ne sentait pas bien pas bien pour autant mais il se trouvait étonnamment calme dans une telle situation. Avant toute chose cependant, Hafiz rangea les courses presque comme un automatisme. Il se demandait comment il allait pouvoir aborder le sujet. Devait-il se montrer direct ou utiliser des moyens détournés ? L’iranien préférait la première approche, ne serait-ce que par honnêteté envers son colocataire.

« Naga ? Tu es là ? Héla Hafiz tout en se déplaçant dans le couloir qui menait au chambre. J’aimerai parler de quelque chose avec toi ! »


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Technicien

Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
En pratique, Naga est plus un hypocrite cherchant à apaiser sa confiance qu'un Altermondialiste convaincu, mais il a toujours su se débrouiller pour éviter que quelqu'un lui en fasse la remarque...
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le Ven 15 Sep 2017 - 15:24
Le soleil était agaçant et lui piquait les yeux.
On trouvait là le désavantage des saisons printanières et estivales : la lumière qui, subitement, se déchaînait à l'horizon. Une main levée au niveau de l'arcade sourcilière peinait à contenir les rayons les plus téméraires qui venaient se frotter à sa cornée. Il aurait fallu porter une casquette, ce à quoi Naga s'était toujours refusé, considérant cet objet comme dénué du style qui le caractérisait, et des lunettes de soleil qu'il avait malheureusement oubliées chez lui. Ses yeux se fermaient inexorablement sur cette lumière aveuglante qui refusait de baisser.
Les murs épais de la maison apportaient ombre et apaisement à un regard écarquillé.
La porte de sa chambre dans son dos le coupait du monde extérieur - un monde cruel et indifférent qui ne tenait aucun compte de ses aspirations profondes. Il avait vingt-cinq ans. Le nombre de ces années suçait l'air de ses poumons lorsqu'il y pensait. Il n'était pas préparé à ce quart de siècle qui lui paraissait trop vite passé. Une petite catastrophe qui détruisait les piliers de sa stabilité. La main était toujours crispée sur la poignée. Jusqu'à ce qu'il trouva quelque part en lui le courage de retrouver son souffle, tout au fond de ses entrailles, et de le propulser hors de lui. Son visage blanc retrouva ses couleurs en revenant à la vie.
La voix d'Hafiz retentit peu après, emplie d'une assurance qu'il n'éprouvait pas quelques mois auparavant. Naga n'était pas certain d'apprécier le changement. L'affection qu'il portait à l'ancien Hafiz, doux et réservé, ne survivrait peut-être pas à l'évolution de sa personnalité. Il n'avait pourtant pas fait beaucoup d'efforts pour éviter l'Iranien, ce n'était pas sa faute s'ils ne s'étaient pas beaucoup parlés. Naga pensait que son colocataire avait compris qu'il fallait respecter une certaine distance avec l'Inuit, qu'il ne désirait pas s'engager dans une relation amicale dépassant un certain degré d'intimité. Le caractère de Naga engageait d'ailleurs à respecter cette réserve que le jeune homme dressait telle une muraille entre lui et le monde. Non qu'il fût particulièrement froid ou insensible, en fait : il se faisait volontiers amical lorsque les circonstances l'y obligeaient, et à sa manière, il était sincère. dans ses sentiments. Mais il faisait trop souvent semblant, il ne faisait plus la différence entre l'illusion et la réalité. Il rouvrit la porte sans bruit et lança à Hafiz d'un ton totalement détaché :

« Si c'est par rapport au repas de ce soir, tu sais très bien que je n'aime pas les viandes en sauce, rappela-t-il. Pas la peine d'insister. »

Naga tarda à refermer la porte, comme il l'aurait fait si la conversation n'avait été amenée à aller plus loin. D'une certaine façon, il se doutait bien que quelque chose était en train de se tramer, et si son esprit ne le savait pas encore, son cœur, lui, le pressentait.




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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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le Mar 19 Sep 2017 - 10:41
Hafiz entendit la réponse de Naga et fut des plus étonné. Pourquoi lui rappelait-il cela après sa question ? Son colocataire devait bien avoir l’habitude de laisser le cuisinier faire le repas tout seul. Et puis, ce n’est pas comme si c’était nouveau. Depuis qu’il l’avait appris, l’iranien n’avait jamais fait un tel plat pour l’inuit. C’était étrange. Peut-être était-ce une façon pour le jeune homme de lui faire comprendre qu’il ne voulait pas parler pour le moment et donc qu’il faisait en sorte de cesser la conversation le plus tôt possible. Pendant un moment, Hafiz s’arrêta dans le couloir, se demandant à nouveau si ce qu’il faisait été une bonne idée. Peut-être que Naga avait eu une dure journée. Peut-être avait-il fait une mauvaise rencontre. Peut-être que…Non. Il ne devait pas se poser de telle question. Si Hafiz pensait comme cela, ce ne serait jamais le bon moment. La détermination pris le pas sur l’incertitude et le ragaillardit.

« Cela n’a strictement rien à voir avec la nourriture. C’est…au sujet d’autre chose. »

Le cerveau de l’iranien tournait à plein régime. Il tentait de trouver comment la commençait sans froisser irrémédiablement son colocataire. Car, même s’il l’aimait beaucoup, Hafiz trouvait que Naga était quelqu’un qui pouvait se fermer très rapidement quand une situation lui échappait. Il n’avait aucun doute sur le fait que cette discussion ait cet effet sur son ami. Cependant, il n’essayait pas d’avoir le beau rôle. Hafiz savait pertinemment qu’il risquait de s’emporter si cela ne lui plaisait pas non plus. Il avait besoin de dire les choses, quel qu’en soit le prix. Il arriva enfin devant la chambre de l’inuit, toujours à la recherche des bons mots qui éviteraient une dispute.

« Naga, il faut que l’on discute de cette colocation, c’est important je pense. Enfin, c’est important pour moi et je n’ai pas l’intention de partir sans en avoir discuté.»

Hafiz avait adopté un ton plutôt calme bien que lourd de sens. Sans même en avoir vraiment eu conscience, il avait annoncé la couleur à son interlocuteur. D’une certaine façon, ce n’était pas plus mal. L’iranien n’aurait pas à se cacher derrière des mots pour exprimer ce qu’il ressentait.

« J’aimerai savoir Naga. Depuis plusieurs mois, nous ne nous parlons presque plus du tout et nous nous voyons à peine. J’ai bien compris que tu n’étais pas le genre de personne à…t’attacher facilement aux autres et que tu souhaites garder une certaine intimité. Mais j’ai tout de même l’impression que depuis notre dernière dispute, un mur a été dressé entre nous et que tu m’en veux pour ça… Ou alors que m’en veux pour quelque chose.   »

En même temps qu’il parlait, Hafiz cherchait une autre raison possible qui ait amené cette distance entre eux. Etait-ce le fait qu’il n’ait pas participé aux affrontements contre les gangs asiatiques qui ait poussé Naga à se détourner de lui ? Pire, était-il au courant que lui, Hafiz, avait aidé Tobias à se remettre, alors qu’il avait pris parti pour les asiatiques ? Cependant, l’iranien n’y croyait pas trop et il ne pensait pas que le jeune pêcheur lui en tiendrait rigueur. Depuis qu’ils vivaient tous deux ensembles, ils avaient compris que leur point divergeait sur bon nombre de sujet.

« Je ne sais pas si c’est une illusion que je me fais mais c’est ce que je ressens au plus profond de moi. J’aimerai donc savoir si j’ai raison ou tort. »

Pendant toute la journée, Hafiz avait redouté cette conversation, s’imaginant suppliant et au bord des larmes. Mais alors qu’il vivait la situation, il se sentait bien. Les mots coulaient naturellement et il ne se sentait pas triste. Il cherchait simplement à connaitre la vérité sur tout ça.


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