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    Bienvenue à Pallatine, une ville située dans une dimension parallèle.
    À la population native s'est mêlée une foule de Terriens, partis volontairement de la Terreou arrachés contre leur gré pour refaire leur vie ici, sans possibilité de retour. Divisés en groupes nommés diasporas, les habitants essaient de tirer profit de la situation dans laquelle ils se trouvent.
    Mais depuis quelques temps, d'étranges perturbations temporelles viennent troubler le quotidien des habitants de Pallatine. Phénomènes anodins ou présages inquiétants, chaque diaspora s'efforce de percer le mystère avant les autres.
    03/09 Début du mini-event : CREP School
    15/07 Intrigue 5, phase 2 (+++)
    05/05 Installation de la version 5 (+++)
    28/02 Le forum fête ses deux ans !
    17/12 Installation de la version 4.1 (+++)
    01/11 Début de l'intrigue 4 (+++)

    { un retour sur Terre possible ?

    Intrigue 5 (+++)
    Une bien étrange rumeur circule depuis le mois de juillet : plusieurs personnes auraient effectué un voyage retour sur Terre, alors que l'Institut s'y est toujours refusé. Et les personnes sont en effet introuvables. Cette rumeur serait-elle fondée ?
    Avatars 200x320px - Tout public - Temps de jeu : juillet à septembre 2016 - Design et codage par Naga et Sneug - Crédits
    Tableau des diasporas
    Institut
    Altermondialistes
    Gangsters
    Iwasaki-rengô
    Geeks
    Opportunistes
    Indépendants

    { Chronos Republic. Le seul forum où ta grand-mère est plus jeune que toi

    Les derniers transférés

    u43Unity Fortesee
    Autrefois connue sous le nom d'Unité 43, celle qui fut une déesse en chaise roulante est désormais amnésique et membre des geeks.
    (fiche)
    césarCésar Duncan
    Ce chef d'équipe à l'ascendance guerrière est un natif qui s'est engagé dans le travail pour atténuer la perte de ses proches. Il a notamment participé activement à la recherche des personnes disparues.
    (fiche)
    shaozuShaoZu Hwang
    Le chef du Lotus Rouge a passé une enfance paisible à Pallatine, avant de partir découvrir le monde. Engagé dans un petit groupe de l'Iwasaki-rengô, il a patiemment gravi les échelons jusqu'à occuper son poste actuel.
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    machiMachi Kobayashi
    Membre des Aces, elle a perdu son bras et son frère, et n'est depuis plus la même.
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    zahraZahra Siaka
    Originaire de Sierra Leone, elle a subi des mutilations avant d'être transférée en mauvais état à Pallatine.Elle est depuis devenue recruteuse pour les Opportunistes.
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    clarenceClarence Ichikawa
    Enfant d'un amour plus fort que les différences, il s'occupe des nouveaux arrivants à l'Institut avec beaucoup de gentillesse.
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    lexaLexa Beloff
    Princesse destinée à la gloire, son transfert a probablement sauvé la terre d'un destin tragique...
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    Naga
    admin // semi-dispo
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    Seung Joo
    admin // indispo
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    modo // semi-dispo
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    Camille
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    Lyov Solokovsky
    31 ans, geek, métier au choix
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    Ozo Svensson
    19 ans, institut, responsable d'une équipe
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    Jenna Wisnuys
    37 ans, altermondialiste, présidente
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    Ihsan Reyes
    29 ans, geek, ingénieur
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    Jack Smith
    34 ans, opportuniste, artiste graffeur
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    Abigail S. Clemens
    31 ans, Iwasaki-rengô, recruteuse
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    { à l'ombre de l'art. (ambroise).

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    à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Jeu 2 Nov 2017 - 13:24
    J'admire les gens qui sont capables de garder le sourire en toute circonstance. Parfois, je crois que si je peux les comprendre, c'est parce que je suis comme eux : on a des sourires factices et on les accroche à nos lèvres pour ne pas montrer que l'on veut pleurer. A force, j'ai appris à repérer les mensonges qui dansent sur les visages. Je me suis entraîné en regardant mon propre visage, jusqu'à m'en écœurer ; et j'ai vu ce qu'il y avait de faux dans mes traits tirés.
    Je l'entends dans les voix, aussi ; ce sont des inflexions douces et légères, si subtiles que l'oreille inattentive peine à les capter. J'ai appris à entendre la tristesse et le mal-être et l'incompréhension et j'ai appris à savoir quand un murmure naît d'un hurlement qui s'est mué en souffle.
    Mais moi, je peux souffrir ; c'est presque ma raison d'être. Les autres, c'est différent. Je crois qu'il y a peu de gens comme moi, des gens qui sont nés dans un monde mauvais et qui ont grandi de travers. Je ne crois pas que ce soit le cas d'Ari. Au fond, je n'en sais rien, moi, de ce qu'il a vécu ; je me fais sans doute une image construite à partir de mes suppositions et de mes propres fragments. Mais je pense qu'on l'a aimé, et à présent il est trop aimé, et pas assez bien aimé.
    La vérité, c'est que ça me fascine.
    Je ne l'ai pas avoué, si ce n'est à demi-mots ; j'ai conscience que ça a dû être bizarre, pour lui, d'être contacté par quelqu'un comme moi ; qu'on lui dise toutes ces choses-là, alors qu'il ne les avait pas demandées ; d'être invité à profiter du beau temps, un jour où je suis libre, et qu'on parle. Je n'ai pas dit de quoi, en fait je ne le sais pas moi-même. Je crois qu'il faut toujours parler avec son cœur et en improvisant. On ne doit réfléchir que lorsqu'on écrit - c'est bien pour ça que moi, j'y arrive pas.
    J'ai choisi un coin tranquille : un coin d'ombre à l'arrière du musée, un recoin reculé où ne vont que les habitués et les initiés. Moi, je ne suis ni l'un ni l'autre. Mais comme je ne suis rien, je peux aller partout. A l'ombre, l'air est un peu frais ; on supporte sans peine une petite laine. Emmitouflé dans un gilet blanc que j'ai refermé jusqu'au col, je sais qu'il me repèrera de loin. J'ai laissé mon blouson de gang à la maison ; j'ai enfilé mes vêtements de secrétaire (comprendre : un jean, un t-shirt) et je ressens à un type normal. Même si je l'ai jamais été, yakuza ou pas.
    Je glisse les mains dans les poches et j'attends, j'attends de voir s'il va venir, parce qu'il n'avait pas l'air très chaud, et puis il n'avait aucune raison de me rencontrer. Peut-être qu'il a des fans qui ont rêvé d'une rencontre qu'il ne leur a pas accordé. Alors, pourquoi moi. Pourquoi serais-je l'exception. S'il ne vient pas, c'est pas grave : j'aime bien être seul, aussi. Ça m'aide à oublier, juste un peu. Ça me fait croire que j'ai toujours été seul, c'est mieux que rien.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Dim 5 Nov 2017 - 16:19
    tu sais que le soleil se lèvera.
    c'est une affirmation que tu te dis chaque nuit, chaque fois que les ombres sont trop fortes que les volets ne parviennent plus à te faire croire qu'il y a d'autres choses dehors quand ça ne cogne plus que ça gratte avec des griffes stridentes que ça caresse pour t'emmener dehors.
    mais tu ne sors pas, la nuit.
    c'est une peur comme une autre ; tu as dans tes rêves les plus fous des loups-garous qui viennent t'égorger au plein milieu de la lune des horreurs sans origines qui t'engloutissent en une seule fois des mines qui explosent sous chacun de tes pas jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de toi -ton esprit est un endroit de violence
    mais tu ne sors pas, la nuit, ambroise.
    tu ne sais pas si c'est une envie de montrer que tu peux réfréner tes envies ou si c'est ton instinct de conservation mais ah. tu restes là. ton appartement est grand. et vide. il n'y a que toi et un canapé, perdu dans le salon au sol givré -de couleur et de chaleur.
    t'as encore ton ancien téléphone dans la poche, même si c'est le nouveau que tu tortures du bout de tes doigts.
    il y a un message qui a capté ton attention, quelqu'un qui a des verbes de valeur, qui te plante une hache directement en plein cœur -il n'a pas traversé la peau, ni les os. il est violence dans sa neutralité dans sa manière de serrer le papier de tes idées, de décacheter les flots les raz-de-marées.
    tu vas te noyer.
    mais tu sors, le jour.
    alors tu avances parmi les musées, ces savoirs trop peu explorés, en inconnu pas assez guidé. tu es en retard. tu ne presses pas le pas pour autant. tes paupières semblent lourdes mais oh, c'est les bouts de tes lèvres qui semblent faites de fer : tu essaies de les relever, sans succès.
    il faut y arriver.
    tu t'avances dans l'ombre des pierres -tu vois quelqu'un. c'est lui. forcément lui. eh, dis il est revenu, ton sourire t'aurais pas à manger ? cookie. bon ok c'était nul comme blague. on a déjà dû te la faire plein de fois, et c'est toujours de moins en moins drôle, même si ça paraît impossible. tu arrêtes de gesticuler, remets ton dos droit après l'avoir basculé en arrière. je connais. tu regardes autour : tout est fade. j'ai quand même faim, par contre. j'ai rien mangé ce matin. tu recules un peu, juste de quoi avoir des rayons de soleil pour réchauffer ton _________
    je suis ari ari avec beaucoup de bonheur comme accompagnateur.
    le soleil te fait une auréole.
    (are you happy there ? __) not particularly. but you're not very happy where you are, either
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Dim 26 Nov 2017 - 12:40
    Il entre dans ma vie comme une ombre formée par un nuage qui s'abattrait sur moi. Il est grand, Ari, bien plus grand que tout ce que j'avais imaginé ; je me l'étais figuré massif mais il me dépasse de bien vingt centimètres. Il me force à lever les yeux sur lui, mais ce n'est pas très grave ; sa blague stupide m'arrache mon premier sourire, et tout de suite je me mets à l'apprécier.
    Pour le coup, c'est moi l'idiot : je ne le connais pas vraiment, je n'ai vu de lui que sa peine car elle se lisait dans ses yeux ; je sais les mensonges dont il abreuve ses fans pour ne pas les inquiéter, et je n'en suis pas dupe, mais puis-je vraiment affirmer savoir ce qu'ils cachent concrètement ? Pour moi, c'est comme un vide à combler, et j'ai envie de le remplir de quelque chose de moi ; mais il y a déjà quelque chose de lui, et je voudrais aussi savoir ce que c'est.
    Ari a quelque chose de solaire et ça pourrait presque m'aveugler. Il me fait penser à moi, à la façon que j'ai d'éblouir les autres ; j'ai pas vraiment l'habitude d'en être l'objet. Mais je pourrais fermer les yeux et la forme de son visage s'imprimerait derrière mes paupières telle une image rémanente.
    « Bonjour. » : dis-je d'un ton doux, et je me retiens de lui tendre la main, ou de la poser sur son épaule, ou de m'approcher trop de lui, malgré mon envie.
    Car il m'attire comme un astre qui fait graviter autour de lui des corps trop faibles pour lui résister,
    (et je suis faible quand il s'agit de découvrir un cœur malade).
    J'acquiesce à ses paroles ; j'aime le son de sa voix, je le trouve un peu différent de celui qu'il adopte en ligne. Elle est plus calme, plus tranquille.
    « J'ai faim aussi, admets-je, allons acheter quelque chose. »
    Je sors de l'ombre, toujours souriant ; la lumière glisse sur mes yeux et je bats des cils comme pour l'en chasser. Je suis plus ébloui par Ari, cela dit. Je me porte à ses côtés ; je voudrais que nous marchions au même rythme et que nous avancions ensemble, et non côte à côte.
    « Je ne dérange pas, au moins ? » : demandé-je, parce que je ne suis pas sûr qu'il ne s'est pas forcé à venir, et je ne veux pas qu'il me subisse.
    Je voudrais qu'il accepte ma présence, et que celle-ci l'apaise un peu ; je n'attends rien de lui, mais peut-être finirai-je par en retirer quelque chose.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Mer 6 Déc 2017 - 16:56
    (à l'aide) il est tombé dans le piège.
    son sourire est comme une traînée de sang : un signe qui ne trompe pas, des gentillesses qui se gravent dans le cœur comme on marque un tronc d'arbre (avec un couteau, joliment, et on apprécie sur le moment pour tout rayer plus tard)
    (à l'aide) t'avais cru à d'autres possibilités ; mais tu sais que tes ailes de papier mâché sont si bien feutrées : même toi tu y croirais
    (à l'aide) ce soleil qui te chauffe la nuque ah pourrais-tu devenir icarus ? et te noyer. suffoquer. t'immoler.
    il n'a rien besoin de dire, et pourtant son bonjour est un appel ça se voit ça s'entend ça se ressent : il est comme jupiter (une planète qui a raté sa vocation, qui s'est fait voler la vedette par des paillettes et de la lumière) et même lui, il n'en a pas conscience
    c'est triste
    alors tu souris
    encore plus
    encore mieux
    et tout est si vide
    yep, allons-y ! tant d'en train alors que tu t'étrangle ; tu t'agace tellement oh ça te désespère et tu ne veux même plus essayer
    c'est un cas de mort-né(e)
    tu entames la marche : tu ne peux pas rester en place, sous peine de te liquéfier de rentrer dans la terre les pieds en premier et de ne jamais en sortir, engloutit par le goudron et tout ce qui fait ta gloire
    oh, non, ne t'inquiètes pas. on te dérange tout le temps. j'ai un emploi du temps assez souple, tout de même. ce n'est pas une plaisanterie mais elle est ponctuée d'un si joli sourire ah, on dirait que tu te dévalorises pour rire, pour mettre une si jolie atmosphère pour
    le mettre en avant, peut-être, pour montrer ta conscience des choses et ton ego dissimulé (qui n'attend que d'éclater tellement il est gonflé)
    et c'eeeest -par là ? je ne connais pas vraiment le quartier. changement de sujet -regarde comme tout brille, autour
    tout, sauf toi
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Mar 12 Déc 2017 - 20:53
    Je ne sais pas trop comment j'ai fait mais il a commencé à sourire. Je vois pas ça comme une victoire personnelle, mais ça me fait plaisir, quand même, un peu. J'aime pas vraiment voir les gens qui ne vont pas bien et qui essayent de le cacher mais ils n'y arrivent pas. C'est un peu comme moi, sauf que moi la joie s'étale tellement sur mon visage qu'on ne s'en doute pas. Je dissimule pas vraiment, vous savez. C'est juste que, dans le fond, je n'aime pas ne pas sourire. Et puis ça m'apaise d'avoir l'air d'aller bien. Sinon il y a des gens qui risqueraient de s'inquiéter, et j'en ai pas l'habitude. Normalement on ne doit pas s'inquiéter pour moi.
    Et moi non plus, je ne devrais pas me soucier des autres. Mais je n'y arrive pas. C'est un peu comme si je me sentais appelé par la tristesse des autres. Et puis, ça me donne une raison d'exister. Au moins une.
    On devrait tous être capable d'en citer une, lorsqu'on nous la demande. Alors moi j'ai trouvé la mienne.
    Je guide Ari, parce qu'il ne connaît pas le quartier, mais dans le fond je ne connais pas forcément mieux les lieux que lui. Je lui dis, « Par là » et je tourne dans une rue où le soleil brille encore plus fort, et je sais que les rayons glissent dans mes cheveux et me chatouillent la nuque ; et non, je ne suis pas beau, j'ai un abîme de laideur dans le cœur, mais peut-être que quelque part j'apaise. Je ne sais pas. J'aimerais bien.
    « Je t'emmène dans une boulangerie, c'est plutôt bon là-bas. » Maintenant je sais qu'il a du temps, alors s'il y a du monde il attendra à mes côtés. Je sais que ce ne sera pas très grave.
    On continue de marcher, et je ne sais pas pourquoi, mais je finis par lui faire cet aveu : « En fait normalement, c'est moi qui n'ai pas le temps. Mais des fois je le prends quand même. » Parce que, tant que je suis là quand on me le demande, et que j'obéis à ce qu'on me dit, on m'accorde quelques libertés. Comme celle de rencontrer quelqu'un, à la lumière du jour, sans les insignes de ma famille. Moi, ça me va ; et mes supérieurs, ils disent qu'il faut que je m'habitue à Pallatine. Je crois que c'est pour ça qu'ils me laissent sortir. Si on était au Japon, ils m'enfermeraient sans doute et je n'aurais pas d'autre vie que celle de l'apprenti. Alors j'ai de la chance, moi. Et avec encore plus de chance, je n'aurai peut-être jamais à tuer quelqu'un.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Jeu 21 Déc 2017 - 23:58
    tu ne connais pas le quartier : tu ne connais pas Pallatine. ça fait quelques mois que tu es ici et pourtant tout semble si étranger. ça te rassure, normalement, parce que c'est la sensation que tu as quand tu emménages dans une nouvelle ville un nouveau pays (une nouvelle vie)
    mais pas ici
    jamais ici -t'as ce sentiment d'oppression, l'impression que tu restera coincé enchaîné presque immolé
    que la machine t'a capturé
    saleté de technologies (elles t'ont rendues accro ont fait semblant de boucher ton trou noir et au final c'est elles qui t'aspirent)
    tu ne connais pas le quartier : tu te contentes de suivre des chemins sur ton téléphone, et tu te contentes de ne jamais regarder plus haut que ton écran, les yeux fatigués et la lumière bleue qui t'empêche de dormir.
    il t'entraîne dans des rues inconnues (tu te forces à ne pas regarder les panneaux, à ne pas apprendre les passages, à ne pas lire le nom des rues)
    il y a du soleil : il tape aussi fort que le marteau d'un juge (et il est sur vos nuques comme deux condamnés à mort -qu'avez-vous pu bien faire ?)
    d'accord, je te suis. et cet horrible sourire si plein si vivant si vibrant ; tu te demandes à qui tu as bien pu le voler, d'où tu as pu le copier oh d'où tu as réussi à le sortir -est-ce qu'une partie de ton âme n'est pas de cette consistance d'ectoplasme qui rend tout translucide ?
    il paraît que c'est bien de prendre son temps, parfois. mais moi, je n'en sais rien
    parce que tu ne sais pas grand chose -tu lis des articles des commentaires des réactions à longueur de journée, mais tu n'en retiens rien, et tu n'y apprends rien, et tu n'y aimes rien, si ce n'est la petite chaleur que ça allume au fond de ton cerveau (ça enflamme tous tes nerfs toutes tes connexions tout ce qui part de là-bas)(beaucoup trop de choses)
    tu aimerais ne rien dire, mais tu sais que ce n'est généralement pas ce que les gens attendent de toi. ils veulent que tu t'intéresses. que tu demandes, pour qu'ils racontent sans avoir l'impression de déranger, pour qu'ils déballent ce qu'ils crèvent de vomir, ce qu'ils n'osent pas ah pour qu'ils gravent des traces de leurs existences dans celles d'un autre
    parfois, tu as l'impression d'être un fleuve, et de récupérer les eaux de milliers de ruisseaux -ils se mélangent tous, te donnent forme, et tu les imagines de milliards de couleurs, mélange multicolores
    (mais tu sais qu'en réalité, ça ne donnerait que du noir. du noir du noir du noir, macabre)
    à quoi est-ce que tu occupes tes journées, du coup ? ça doit être assez important, pour que tu sois si occupé.
    tu te détestes.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Ven 29 Déc 2017 - 15:15
    Parler de moi, je n'aime pas vraiment ça. J'ai l'impression que je sors des mensonges quand je raconte la vérité. C'est comme si ma propre vie était si étrangère, qu'elle n'a rien de réel ; des fois je crois que je vis dans un conte de fées modernes, version adulte. Où en fait rien n'est vraiment enchanté, mais comme pour les enfants il y a une morale à en tirer.
    Je ne suis peut-être pas exactement vivant ; je suis peut-être une caricature de ce que je pourrais être, mais des fois j'arrive à me convaincre que je ne suis qu'une façade, et alors je me demande pourquoi mon cœur bat. Et pourquoi chacun de mes souffles porte-t-il la trace d'une émotion ? comme de mes poumons naissaient non une simple respiration, mais une partie de moi-même qui va s'échapper de mon corps ? je n'ai jamais compris.
    On approche de la boulangerie alors qu'Ari me pose la question ; je ne lui réponds pas de suite et lui fait signe de me suivre. Nous nous plaçons à la fin de la queue ; comme je m'y attendais, elle est un peu longue et commence dans la rue, juste à côté de la porte. Parfois c'est pire. Je ne suis pas un habitué des lieux : on ne l'est jamais quand on ne fait que tourner autour sans jamais y entrer.
    Je suis presque plus un voyeur ; ça ne me gêne pas.
    Mais finalement, je dois parler : parce que je sais des choses sur lui, très peu, pourtant déjà infiniment plus. Il ne sait rien de moi. Il ne connaît rien de mon nom, si ce n'est ce cookie que j'utilise en ligne et qui, au fond, me définit si bien. « Le jour je bosse comme secrétaire. Et je fais du ménage et de la lessive et parfois à manger. » Parce que c'est ça, mon rôle ; j'apprends, et pour cela je dois apprendre à n'être rien, à vivre au plus bas de l'échelle. Je crois que personne n'a jamais remarqué que ça ne me dérangeait pas du tout : j'ai jamais fait partie d'une hiérarchie, alors si j'ai une place, bah je suis déjà content.
    « La nuit, je reste debout, j'attends les ordres qui ne viennent pas. Souvent je ne bouge pas pendant dix heures. Je ne fais rien, il paraît que ça me forme. » Mais ça non plus, ça ne me dérange pas. Mon temps il a toujours été vide : je n'ai jamais su comment le combler, si ce n'est avec mon propre désespoir.
    Et puis maintenant, ce néant, il a un but.
    Je dois attendre.
    C'est un ordre qui se répète à l'infini comme un leitmotiv que j'entends ans le silence, et ça me fait sourire parce que j'aime bien y obéir.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Mer 3 Jan 2018 - 17:12
    je te suis
    parce tu n'arrivais pas à dire je suis et qu'il y a des restes des petits bouts qui bougent encore déjà trop morts pour qu'on les réanime pour que se donner la peine pour qu'on essaie : alors on regarde, et l'agonie installe son propre manteau d'interdits (pas le droit de lever les yeux, ni de les porter trop bas, pas le droit de pleurer, ni de sourire, pas le droit de partir, ni d'être trop présent)(deuil à ce qui n'est pas encore enterré)
    alors tu parles d'autre chose ; tu parles du bon et du mauvais temps comme on l'attend de toi : on ne t'aime pas pour ta cervelle, et même si tu avais un discours d'octogénaire, on t'aimerait pour la verve avec laquelle tu racontes, et tes jolis sourires, et tes rires communicatifs, et ta plastique parfaite
    après tout, le contenu ça peut se construire comme une armure
    (l'intérieur reste vide : cheval de troies inversé, plus personne à tuer)
    (la meilleure défense c'est de ne plus rien avoir à défendre)
    t'as les yeux qui dérivent avec le silence ; vague à l'âme comme si la planète était toute remplie de choses calmes -le bruit est sourd, constant, paisiblement horrible
    ah. t'as un air d'étonnement sur le visage mais ton esprit est aussi plat qu'un lac qui n'a pas vu de noyé depuis trois mois : il s'ennuie, et il regarde, et il n'aime pas les distractions qu'on lui propose ça a l'air d'être un bon fourre-tout, ce métier de secrétaire t'as compris que cookie est un larbin. peut-être que c'est faux. peut-être que c'est vrai. ça n'importe pas vraiment.
    il l'écoute. il sait ce que c'est, de ne rien faire, mais pas de la même manière. ambroise est son propre chef, et il n'arrive pas à travailler pour d'autres sans s'effondrer (pas assez bon pas assez bien pas assez), et il n'arrive pas à travailler pour lui sans se justifier (plein de mensonges plein d'illusions plein)
    ah. et tu te dis quel ennui si ça vous convient ... tu hausses des épaules, comme quelqu'un qui aspire à plus de vitalité à plus de liberté à plus de vérité. c'est le principal. mais tu te doutes un peu : ça doit convenir un temps, mais pas vraiment deux.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Sam 6 Jan 2018 - 19:48
    Nous nous sommes glissés dans la file d'attente, on a encore un peu de temps à patienter. Ça ne gêne pas. La compagnie d'Ari, elle est plutôt agréable ; il y a quelque chose de différent avec sa façon d'être en ligne. Non qu'il est plus décontracté, je ne dirais pas ça. Mais il force moins. Je lis sa surprise sur son visage, et c'est une émotion sincère. Ça me fait plaisir, parce que je n'aime pas les gens qui jouent leurs émotions. Parce que ce n'est pas bon pour eux. Même moi, je joue un peu ; je fais semblant d'être heureux. C'est pour ça, au fond, que je le suis pas vraiment.
    J'ai envie de sauver Ari. Je ne sais pas d'où ça vient ; c'est une impulsion soudaine, ça m'arrive parfois, mais normalement ça passe. Mais là, non. Quand je le vois, j'ai envie de lui sourire et de le prendre par la main et de lui dire que tout ira bien. J'ai envie de l'écouter me parler de ses doutes et je voudrais lui parler de mes propres incertitudes. J'ai envie d'un échange comme je n'en ai jamais eu avec quiconque. Oui, je crois qu'Ari, il me donne envie d'avoir un vrai ami, et pour moi ça veut dire, quelqu'un pour qui je serai là.
    Quelqu'un qui donnera du sens à mes sourires.
    (Ça me sauve aussi, d'ailleurs.)
    « C'est pas que ça me convient, je l'avoue parce que ce n'était pas mon ambition, à la base, de récurer les toilettes. Comme tu le dis, c'est un fourre-tout. Mais souvent on n'a pas le choix, quand on arrive ici. J'ai pas de compétences, en soi, alors quand on a voulu de moi, j'ai dit oui. » J'ai dit oui à des gens que j'aurais craint chez moi (parce qu'ils existaient encore, les yakuzas, mais ils étaient retors, ils étaient dans le paysage et on savait tous qui ils étaient, mais ils nous brisaient nos vies sans rien dire. Je crois que leur sourire ressemblait un peu aux miens.
    Un jour, il y a eu un homme - j'ai cru qu'il m'aimerait.
    Mais c'est du passé, tout ça. Et on avance ; encore une personne et c'est à nous. Je regarde Ari ; j'espère que les ombres de mes souvenirs n'ont pas dansé devant mes yeux, je ne veux pas l'inquiéter. « Mais toi, est-ce que tu fais te convient ? »
    Je sais que tu as choisi, Ari ; on ne se lance pas sur le web si on ne le désire pas. On choisit la vie réelle, parce que c'est plus sûr. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne le regrette jamais, qu'on n'a pas un moment où on n'aime plus ce qu'on fait.
    Tu peux me le dire.
    J'écouterai.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Mer 10 Jan 2018 - 19:36
    ils attendent. il paraît que c'est sa spécialité, à cookie. qu'il passe ses journées à le faire, et parfois même ses nuits, et sûrement toute sa vie.
    il attend aussi, ambroise. pas la même chose. il ne sait pas quoi, comme l'autre, mais ce n'est pas pareil. pas pareil. il n'a pas l'étrange constante de son compagnon d'un jour, il n'a pas la patience il n'a pas la sécurité il n'a pas de cordes qui l'empêchent de tout faire tomber (elles en viennent peut-être à l'étrangler)
    il se rend compte qu'il ne connait pas son nom. il sait bien vite qu'il n'en a rien à faire. il l'oubliera demain ; son visage son pseudo ses envies, il ne se souviendra seulement qu'il y a quelqu'un, et qu'il l'aime bien, et qu'il fait attention
    c'est suffisant.
    largement suffisant.
    on a voulu de lui, dit-il. ah.
    et ambroise n'a que des émotions vraies pour le sol qu'il regarde de trop près ; il a la tête baissée comme on le ferait normalement, comme on le ferait si on n'était pas vraiment de temps à autre suicidaire. il remonte le regard. apnée de mensonge.
    qu'il est beau.
    il sourit, de toutes ses dents, comme une constellation, une étoile, le soleil. comme tout à la fois. (si vide)
    ça laisse de la place à beaucoup de choses. tant d'espoir. il en a sous ses pieds mais c'est des piliers de sables et de sels ; ils fondent dans l'eau qui en vient à le conquérir. ambroise ne se débat pas. pas vraiment. juste quand il sait qu'il n'a plus d'oxygène. instinct de conservation. à des choix futurs. il a l'air sincèrement heureux pour cookie.
    peut-être l'est-il. ambroise n'a jamais cherché à comprendre ses sentiments. ses émotions. il a trop peur de les craindre. de trop les comprendre. de trop les approuver. de vouloir s'en isoler
    et de finir
    encore plus vide
    (si c'est possible)
    moi ? oh oui air satisfait sur son visage ; tout est si lisse si tranquille j'ai de la chance, énormément de chance il ne ment pas tellement je peux faire ce que je veux vraiment il se rappelle, les premières photos de tofu, quand elle n'avait que quelques semaines, et qu'on ne voyait pas sa tête derrière tous ses poils blancs et c'est juste fou. il se rappelle, et il aimerait y retourner. ah, tellement.
    la file avance.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Dim 14 Jan 2018 - 12:37
    Pour moi c'était important, qu'on m'offre une place quelque part. Je ne voulais pas qu'on se contente de m'en laisser une. C'est ce qu'on a toujours fait, vous savez : on m'a dit de me tenir dans ce coin-là, qui était disponible, et je l'ai fait parce que je n'avais nulle part où aller. C'est un peu comme les tourbillons de Descartes, en fait : si vous poussez, tout bouge. Et moi, ça me faisait peur. J'ai toujours été seul et quand on est seuls, on est faibles. Alors à Pallatine, je voulais changer ça.
    J'aurais vendu mon âme au diable pour être protégé.
    C'est mal, c'est immoral ; mais il y a un moment où la peur et le dégoût de la solitude prennent le pas sur l'éthique. Votre rationalité en prend un coup. Vous attendez juste qu'on vous dise que vous valez quelque chose. Juste la peine qu'on vous regarde. Je pense que vous sous-estimez à quel point c'est important. Quand on est seuls, on se dévalorise tellement.
    C'est pour ça que j'essaye d'être là pour les autres. Oui, dans le fond, j'espère peut-être recevoir quelque chose en retour. Un peu de reconnaissance, c'est déjà pas mal. Même pas de l'amour. Là, c'est trop demandé quand même.
    Mais bon, pas besoin qu'Ari me donne tout ça.
    Et puis les choix futurs, franchement, je me demande bien ce qu'il veut dire par là. Je n'aime pas ne pas comprendre - pas quand on parle de choses importantes. Je ne sais pas, moi, quels sont mes choix. Mais je préfère ne pas le lui dire. Le truc, c'est que je n'ai pas précisé que j'étais apprenti yakuza. Donc j'ai des options, mais pas tant que cela. Donc j'acquiesce, mais je ne suis pas convaincu.
    Je ne pense pas qu'Ari mente tout à fait. Il y a une part de lui qui dit la vérité, qui est persuadé de ce qu'il affirme. En même temps, c'est pas faux : c'est une chance d'être populaire, de pouvoir vivre de sa passion. Je ne devrais pas mettre les pieds dans les plats.
    D'ailleurs, c'est presque à notre tour d'acheter à manger. « Mais en même temps, tu travailles seul et tu ne vois jamais personne. Ça doit être dur, des fois. » Je n'en dis pas plus ; je ne veux pas lui donner la pression, je veux juste qu'il se sente libre de me parler s'il le veut, et de ne pas le faire s'il ne le désire pas.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Mer 17 Jan 2018 - 22:19
    mais qu'est-ce que c'est, taichi, que de se faire offrir une place ? n'est-ce pas pire, au final, que ne pas en avoir ? le mieux, en vérité, c'est de se battre pour elle. de savoir où on va, et ce qu'on veut, quitte à s'écrouler. c'est un récit héroïque, aux figures souvent trop timides ; pourtant, qu'est-ce qu'elles sont fortes. admirables. remarquables.
    il y en a d'autres comme toi, taichi. ils n'ont besoin que de confirmation, et d'un peu de débrouillardise. c'est ceux qu'on pousse pour qu'ils apprennent à nager, des oisillons qu'il faut faire tomber du nid ou plutôt, qu'il faut prendre sur son dos -et les emmener loin, leur montrer les beautés des montagnes enneigées, et au-dessus des océans qui rugissent, et sous les forêts boréales, et au milieu des immeubles. il y a tant de choses à offrir, et d'autres qui n'attendent que de tout saisir à pleines dents.
    et il y a ambroise. pas ari. ari, c'est un lion, une panthère, un aigle aussi vif que ses sourires. mais ambroise, il est dans un brouillard. il a perdu sa voix à force d'angoisser, de toutes manières on sait tous que les notes c'est plus important que la santé alors il a cravaché il a travaillé et il en a oublié
    plein
    de choses
    et il marche, parfois il nage, dans ce noctulescent ; envers endroit quelle importance. et c'est vrai. il ne rencontre jamais personne, si ce n'est des fantômes, ou des gens derrière une vitre ; parfois il croit qu'il est un animal de zoo, quelque chose qu'on observe, de curieux, mais avec qui on ne voudra jamais échanger de place.
    alors ambroise est un merveilleux menteur. il sait que trouver sa place est plus héroïque que l'accepter. il va la chercher à coup de détermination toute inventée.
    ah non, loin de là ! je rencontre plein de gens, tout le temps. c'est une partie du métier. sans que ce ne soit vraiment un métier, tu vois ? c'est juste ma vie, maintenant. il s'avance, sourit au vendeur. il lui commande un cookie, le moins cher. c'est sa vie, qu'il dit, parce qu'il est aussi vide que ses vidéos, que ces sujets sur lesquels il se renseigne en deux clics sur internet ; mais il est connu, alors il rencontre des gens, et c'est eux qui donnent du coeur à ce qu'il fait. c'est eux qui rende tout valable, et tout plus vrai. parfois il croit qu'il n'est que vecteur, vitrine, palissade, et au fond, ça lui convient.
    peut-être que c'est lui, le fantôme.
    il remercie vivement et prend son achat entre ses deux mains.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Mer 21 Fév 2018 - 15:52
    En vrai, je compatis : j'adorerais qu'on me laisse tranquille, mais je sais que je ne suis pas fait pour être seul. On a toujours besoin d'être isolé à un moment, pour panser ses blessures et se reconstruire ; lorsqu'on a le jugement détruit par le regard des autres, il faut du temps pour se réapprendre, pour découvrir qu'on en vaut plus la peine qu'on ne le croyait. Mais ce temps, il ne doit jamais être trop long ; et c'est la raison pour laquelle j'ai dit oui quand on m'a demandé de rejoindre un groupe. J'aurais dit oui à n'importe qui ; j'aurais vendu mon âme parce que je n'en pouvais plus d'être seul.
    Peut-être qu'Ari aussi, il n'en peut plus, sauf qu'il ne le sait pas. Il ne s'en rend pas compte parce qu'il a tout pour être heureux - sauf un truc. Le truc. Vous savez, l'homme ne peut pas vivre seul. La sociabilité est un besoin. On a beau dire, j'aime être seul, c'est vrai mais uniquement dans une certaine mesure. Je ne sais plus qui a dit qu'un homme qui s'enferme dans une cellule blanche finit par devenir fou. Et que l'homme abandonné sur une île déserte, il devient fou lui aussi. Moi je ne jouerai pas à ce jeu. On a toujours dit que je n'allais pas bien, et c'est vrai, mais au moins je suis lucide.
    Mais Ari, ça le rend beau aussi. Parce que lui, il a les yeux tristes (et je les vois, et je suis le seul à les voir), mais il partage mes ris, et il fait du bien aux autres. Il est comme moi, un de ces altruistes qui a détruit une partie de lui-même pour préserver sa raison. Et on vit comme ça parce qu'on reste mieux que les autres.
    Alors je crois qu'il ment, Ari.
    Mais je ne lui en veux pas : il a besoin de mentir ça l'apaise sans doute.
    De toute façon, c'est à mon tour d'acheter un sandwich : je prends un pain aux graines avec des légumes, et je ne sais pas où, dans le monde, on mange cela, mais j'aime bien les légumes. Les courgettes comme les poivrons ou les carottes, cuis puis refroidis. Je paye rapidement, ayant pris le temps de vérifier combien ça coûtait en yens ; c'est ce que j'aime à Pallatine, les prix sont toujours clairs, parce qu'on fait des tables de conversion. Et les marchands ne jouent pas trop à l'escroquerie (certains le font quand même). Je ressors avec Ari, et le soleil se cache derrière un nuage au moment même où nous émergeons de la boulangerie. Je mords dans le pain. C'est bon.
    « Je sais, mais c'est pas vraiment ce que je veux dire. » : dis-je quand je n'ai plus la bouche pleine. Et puis je m'arrête, parce que j'essaye de trouver le bon mot. C'est compliqué, de savoir quel terme correspond le plus à ce que l'on veut dire. Il n'y a jamais de corrélation exacte. C'est sans doute pour ça qu'on se déteste autant : on a du mal à se comprendre. On ne se rend pas compte qu'on a dit quelque chose qui peut être interprété différemment. Parfois, j'ai même du mal à me souvenir que les gens sont plus susceptibles que je ne le suis. Je n'arrive pas à leur en vouloir vraiment, moi. Si mes propres parents se sont foutus de moi, l'indifférence d'inconnus ne peut pas me faire grand-chose.
    « Plutôt... tu parles avec beaucoup de gens, mais tu en connais combien ? Avec combien est-ce que t'as de vrais liens ? Je dis pas ça pour être méchant, j'suis juste curieux. Des fois, tu as l'air... enfin. »
    J'arrête là, je ne sais pas si je fais bien de parler de ce genre de choses alors qu'il veut mentir. Je devrais être plus coopératif. Allez, faire des efforts, Cookie. Dis-lui juste à quel point il est solaire, avoue-lui que tes yeux s'accrochent à lui aisément, n'en veulent plus partir. Ça lui fera plaisir. Mais je sais bien, dans le fond, que ce n'est pas suffisant : il n'a pas besoin d'un fan en plus.
    Et moi, je sais pas être fan, de toute façon.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Jeu 1 Mar 2018 - 20:53
    il croque. il sait que pour chaque bouchée de pâtisserie, il devra faire des dizaines d'exercices. certains s'en amusent ; mais ambroise voit ça comme une punition, comme une nécessité -ses abdominaux bien dessinés génèrent plus de like qu'un tas de gras. c'est ce que son manager lui avait dit.
    il sait qu'il avait raison, et il sait que son capital sympathie en est pour beaucoup dans toute son histoire. c'est peut-être triste, il ne sait pas trop. il est encore au cœur de la tempête, pas assez loin pour en voir la fin, ni assez dépassé pour ne pas s'en rendre compte. il est dans un entre deux de toujours (et tous les yeux sur lui, et tout le reste et tout l'ennui)
    peut-être qu'il n'apprécie même pas ce qu'il est en train de manger. il sent le sucré de la pâte, le relief du chocolat ; il est sensé y avoir une harmonie, il le sait. quelque chose qui fait plaisir, quelque chose qui donne envie d'en manger encore plus, de ne pas s'arrêter, presque une addiction. mais ce qu'il a dans la bouche -ce n'est pas du sable, ni du verre. il a des adjectifs qui manquent. il ne ressent pas grand chose, à vrai dire.
    il n'avait même pas faim.
    alors il ne mangera sûrement pas ce soir. peut-être pas demain matin non plus. le temps le dira -du moins s'il s'écoule dans sa tête. ambroise perd souvent ce genre de notion.
    mais pas ari -parce qu'ari poste une photo par jour, et ari est un optimiste, et ari n'a que des belles choses à dire.
    mais toi, cookie -qu'est-ce que tu veux bien dire. (ambroise n'en a pas grand chose à faire)
    avec pas mal de gens ? il a un sourire interrogateur, des sourcils qui se froncent comme s'il ne comprenait pas vraiment la question on a des tas de choses en communs, des milliards de sujets desquels parler, et encore plein d'autres choses il acquièsce de la tête pour se confirmer lui-même tu sais, je ne suis pas une star enfermée dans sa tour d'argent il croque encore je ne suis pas une célébrité d'ailleurs, ahaha il rigole vraiment du fond du coeur (parce que c'est une épave, un vrai menteur)
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
    le Lun 7 Mai 2018 - 20:10
    Est-ce que je suis trop direct ? Est-ce que je ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas ? Comment je peux être sûr, moi, que je suis pas indiscret ? Je sais que je n'ai pas de tact, mais c'est normal, c'est une compétence que l'on affine en parlant avec les gens. Et moi, j'ai toujours été seul. Je ne sais pas à partir de quand on a le droit de poser des questions pour aider quelqu'un. Enfin, je crois que je suis quand même un curieux. C'est mal, non ?
    Je veux aider, c'est un besoin irrationnel et je le contrôle pas et je n'ai de toute façon pas très envie de le faire. Mais tout de même, si ça gêne Ari ?
    (Pourquoi suis-je soudainement assailli de questions, moi qui ne m'en pose jamais trop, parce que trop s'interroger c'est se rendre de la vacuité de son existence et c'est se faire du mal et je sais déjà trop facilement me faire du mal comme ça pour en ajouter alors j'essaye d'éviter de me questionner ?)
    C'est le moment de manger, en écoutant ses réponses. Je crois que j'aime écouter les gens, pour leur voix autant que pour leurs mots. Si Ari il est célèbre, c'est aussi parce que sa voix est hypnotique. Elle n'a rien à voir avec la banalité de mon propre ton. Je ne sais pas comment il fait : il y a une différence entre la façon dont il s'exprime dans ses vidéos et maintenant, mais je sais que ce n'est pas encore tout à fait sincère. Il n'a pas baissé son masque, et je ne le lui demande pas de toute façon, il ne me connaît pas assez. Mais je ne veux pas non plus qu'il me voit comme un fan ; un jour, j'espère, il comprendra que je l'ai aimé sans le connaître, parce que j'ai sans doute perçu de lui ce qu'il y avait de plus important. Une faille vers son être, qu'il aurait dû mieux cacher ; car d'autres que moi pourraient en abuser.
    Moi, je ne veux rien ; je ne veux pas me servir de sa notoriété, je ne veux pas non plus le forcer à devenir mon ami s'il n'en a pas envie. Je ne veux même pas le forcer à accepter mon aide, parce que bon, l'aide d'un inconnu, c'est chelou. A part chez moi, mais chez moi, on avait tous une bonne raison de venir en aide à quelqu'un. C'est après que j'ai appris à l'altruisme.
    Ari pense me dire oui quand il me dit non. Je sais pas analyser les gens, vous savez, je suis une vraie merde en empathie. Ici, vous êtes juste trop différents, vous vivez vos sentiments. Même Ari il vit dans une forme de mensonge qui lui fait plaisir. Je l'admire parce que moi, j'ai vécu dans le vide et j'en ai assez du silence.
    « A qui tu te confierais, alors, si ça n'allait pas ? »
    Vous voulez savoir que moi, je répondrais à cette question ? Je crois que vous le savez déjà. J'ai personne et c'est surtout parce que je ne laisse personne prendre cette place. Juste Dimitri, et encore, notre confiance n'est pas totale. Et puis je ne me confierais pas à lui, il comprendrait sans les mots. Enfin c'est pas pareil, parfois il faut savoir s'exprimer, il faut savoir dire les choses. Sinon c'est comme si elles n'existaient pas.
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    Re: à l'ombre de l'art. (ambroise)
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