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    Bienvenue à Pallatine, une ville située dans une dimension parallèle.
    À la population native s'est mêlée une foule de Terriens, partis volontairement de la Terreou arrachés contre leur gré pour refaire leur vie ici, sans possibilité de retour. Divisés en groupes nommés diasporas, les habitants essaient de tirer profit de la situation dans laquelle ils se trouvent.
    Mais depuis quelques temps, d'étranges perturbations temporelles viennent troubler le quotidien des habitants de Pallatine. Phénomènes anodins ou présages inquiétants, chaque diaspora s'efforce de percer le mystère avant les autres.
    05/05 Installation de la version 5 (+++)
    28/02 Le forum fête ses deux ans !
    17/12 Installation de la version 4.1 (+++)
    01/11 Début de l'intrigue 4 (+++)

    { un retour sur Terre possible ?

    Intrigue 5 (+++)
    Une bien étrange rumeur circule depuis le mois de juillet : plusieurs personnes auraient effectué un voyage retour sur Terre, alors que l'Institut s'y est toujours refusé. Et les personnes sont en effet introuvables. Cette rumeur serait-elle fondée ?
    Avatars 200x320px - Tout public - Temps de jeu : juillet à septembre 2016 - Design et codage par Naga et Sneug - Crédits
    Tableau des diasporas
    Institut
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    Iwasaki-rengô
    Geeks
    Opportunistes
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    { Chronos Republic. Le seul forum où ta grand-mère est plus jeune que toi

    Les derniers transférés

    u43Unity Fortesee
    Autrefois connue sous le nom d'Unité 43, celle qui fut une déesse en chaise roulante est désormais amnésique et membre des geeks.
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    césarCésar Duncan
    Ce chef d'équipe à l'ascendance guerrière est un natif qui s'est engagé dans le travail pour atténuer la perte de ses proches. Il a notamment participé activement à la recherche des personnes disparues.
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    shaozuShaoZu Hwang
    Le chef du Lotus Rouge a passé une enfance paisible à Pallatine, avant de partir découvrir le monde. Engagé dans un petit groupe de l'Iwasaki-rengô, il a patiemment gravi les échelons jusqu'à occuper son poste actuel.
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    machiMachi Kobayashi
    Membre des Aces, elle a perdu son bras et son frère, et n'est depuis plus la même.
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    Originaire de Sierra Leone, elle a subi des mutilations avant d'être transférée en mauvais état à Pallatine.Elle est depuis devenue recruteuse pour les Opportunistes.
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    Enfant d'un amour plus fort que les différences, il s'occupe des nouveaux arrivants à l'Institut avec beaucoup de gentillesse.
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    Princesse destinée à la gloire, son transfert a probablement sauvé la terre d'un destin tragique...
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    31 ans, geek, métier au choix
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    19 ans, institut, responsable d'une équipe
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    Jenna Wisnuys
    37 ans, altermondialiste, présidente
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    29 ans, geek, ingénieur
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    Jack Smith
    34 ans, opportuniste, artiste graffeur
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    Abigail S. Clemens
    31 ans, Iwasaki-rengô, recruteuse
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    { echoes | ft. Cookie.

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    echoes | ft. Cookie
    le Mer 3 Jan 2018 - 7:47
    echoes
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    Samuel a fait un rêve, cette nuit là.

    Il a rêvé de ses pas qui se soulevaient pour ne plus toucher la terre; d'un coin de rue traversé à la course, d'une lumière s'étant éclipsée à sa vue et qu'il a poursuivi jusqu'à finalement la rattraper. Il a rêvé d'une étreinte, d'une chaleur étendue jusqu'au plus profondes profondeurs de ses os, d'un cœur battant contre le sien, de ses doigts de fer dans ses cheveux comme s'il avait de nouveau le toucher. De larmes et de pleurs silencieux, de sanglots étouffés contre sa poitrine, de rivières le long de ses joues jusqu'à couler sur des cheveux de blés, de quelques mots sans jamais qu'ils ne sachent exprimer l'univers s'épanchant toujours entre leurs côtes, toujours grandissant pour laisser place à une tendresse sempiternelle.

    Il a rêvé, et, dès ses pupilles ouvertes, son oreiller s'est taché de larmes. Profonds sanglots qui l'ont secoué jusqu'au cœur de son être, au creux d'un amour térébrant son tronc jusqu'à donner l'impression d'avoir les côtes ouvertes, béantes, un trou noir pour absorber l'univers. Sans ne plus savoir respirer, s'étouffant sur un deuil achevé mais revenu à l'attaque, chevauchant des souvenirs factices, l'espoir d'avoir finalement retrouvé ce qu'il a perdu. Ce n'était pas l'absence qui l'a ouvert, mais le contraste prenant entre la réalité et cet instant éphémère de bonheur pur et total, de l'impossible devenu vérité. De ces instants où, sans douter qu'il saura continuer, sans cracher sur tout ce qu'elle lui a donné, il se perd dans la douleur éternelle de devoir désormais vivre sans elle.

    Il s'assoit donc devant ces routes de noir et de blanc si bien connues. Ses doigts cliquetant, il pousse un soupir - plus une longue respiration, pour se vider de la douleur sourde qu'il transporte depuis le matin. Elle ne l'a toujours pas quitté. Et il sait d'expérience qu'elle restera là, dans sa poitrine, jusqu'à ce que le lendemain vienne l'effacer. Que de nouveaux rêves lui fassent oublier cette sensation si vive d'avoir tout retrouvé. Et pourtant il n'est pas amer; bien qu'il souffre, bien qu'il ne sache oublier cette étreinte imaginée, et bien qu'elle envoie constamment des vagues de douleur s'écraser contre ses côtes par intermittence, il ressent toujours la satisfaction, la joie d'avoir su vivre à ses côtés un bonheur mille fois plus puissant que toutes les souffrances de l'univers.

    Et c'est pourquoi, seul, silencieux, en cet instant, il dépose ses prothèses sur les notes et se lance, corps et âme, dans une pièce. C'est une pièce qui appelle à la familiarité, à la sécurité, à la tendresse et à la nostalgie sans mélancolie. Une chaleur que l'on connaît, à laquelle l'on veut toujours retourner, et à laquelle l'on retourne toujours; que ce soit un endroit, une personne, un geste, une pièce, une voix, un sentiment, un langage ou quelques mots. C'est là où on est à sa place, cet endroit que l'on ne quitte jamais très longtemps, que l'on transporte partout où l'on va, dans un coin de sa poitrine, caché précieusement sous ses poumons; Home.

    Et il pleure, silencieusement, sans sangloter, avec sa femme et son sourire nichés dans les battements de son cœur qui s'envole au fil de la passion qui le meut.


    Spoiler:
    le titre de la chanson est un lien, comme toujours
    aussi si tu veux que je rajoute qq chose pour avoir + de quoi faire, tu me dis



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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Ven 5 Jan 2018 - 13:04
    Je sais que je ne suis pas à ma place ici. Non pas parce qu'on me regarde bizarrement, mais parce que justement, personne ne me regarde. Leurs yeux glissent sur moi. Ils enregistrent ma présence, mais comme elle ne leur apporte rien, ils l'oublient aussi vite.
    Mais ça ne me dérange pas. J'ai l'habitude, et puis, si on me jetait des coups d'œil appuyés, je n'oserais certainement pas ne serait-ce que passer le seuil d'un théâtre. Ces lieux de culture m'ont toujours plu, mais chez moi, c'était un peu particulier. On n'y allait pas vraiment si on n'était pas introduits, sinon ça aurait été bizarre. Moi, on m'a jamais introduit. Alors je m'y suis glissé une fois, et j'ai vu ma mère. Elle a tordu les lèvres et puis elle a détourné la tête. Ça a été la seule, d'ailleurs. Les autres m'ont dévisagé, j'ai cru être un insecte dérangeant. J'ai jamais remis les pieds dans un théâtre depuis ce jour-là.
    Alors aujourd'hui, je tente. Je ne sais pas si j'ai le droit, mais je n'ai plus vraiment peur. A Pallatine, j'ai l'impression qu'il y a d'autres règles, la principale étant qu'on peut faire ce qu'on veut tant qu'on est suffisamment fort. Je suis encore insignifiant, je crois, mais j'ai du caractère. Donc tant pis si je ne suis pas censé passer par ce couloir, je contourne le panneau sans vergogne et je m'y enfonce avec un sourire flottant sur les lèvres.
    Si on me dit quelque chose, je dirai que je ne sais pas lire. C'est pas vrai mais il doit bien y avoir des analphabètes, ici.
    Je vagabonde, je n'ai pas de but, j'attends que quelque chose vienne à moi. Et ce quelque chose, ce sont des notes qui me prennent aux tripes. Là, subitement. Sans préavis, sans qu'on me dise, hey, Cookie, t'as envie de chialer un bon coup ? Ces notes de musique me frappent de plein fouet, expulsent l'air de mes poumons.
    Je ne pensais même pas que c'était possible, pas à ce point.
    Mais vous savez, si je n'aime pas la musique, ce n'est pas parce que je ne l'aime pas. C'est parce que ça fait mal. C'est une putain de douleur qui m'enserre le cœur et chaque fois j'étouffe et je crois que je vais mourir. Même les airs joyeux qui vous donnent envie de danser.
    Aujourd'hui c'est encore pire. Je lis la tristesse dans la façon dont le pianiste joue le morceau. Franchement, je n'ai aucune idée de ce que c'est, mais je ne crois pas que c'est censé être aussi triste. Il y a quelque chose en plus, c'est comme si le gars foutait son âme dans son morceau.
    Je ne sais pas où je vais, ce sont mes pieds qui avancent - mais pas moi. Je suis perdu, je ne reconnais aucune porte, aucune issue, et je ne m'en soucie pas vraiment. Mon regard commence à se troubler, et je lutte déjà contre la boule dans ma gorge. Contre les tressautements silencieux de mon corps, quand un sanglot se bat pour que j'éclate enfin.

    C'est un homme qui joue tout seul, et tout est blanc en lui. Émanation des cieux, aux ailes arrachées, dont les doigts se mouvent sur les touches avec une expertise que je ne saurais lui envier. Je crois que mon père m'a parlé des anges, un jour. Une fois où il a bien voulu discuter avec moi. Il se savait damné, et il n'avait pas l'espoir de me sauver. C'était bizarre car jusque là, je n'avais jamais rien entendu à cette foi étrangère. Je ne pensais même pas qu'il pouvait y adhérer.
    Je commence à comprendre, alors que je m'adosse à l'entrée. Je me fais silencieux, je crains jusqu'au souffle de ma respiration qui pourrait perturber la magie de l'instant. Qui es-tu ? Je te connais.
    Sans te connaître.
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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Mar 30 Jan 2018 - 7:31
    echoes
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    Il y a de ces souffrances saines et complètes, de celles qui percent et ouvrent, si aiguës qu'elles anéantissent le cœur, qu'elles ne laissent qu'un trou noir à être protégé par les côtes - celles qui vident la poitrine de tout organe, les veines de tout sang, les os de toute substance. Là où on ne voit pas d'issue, pas de fin à la douleur, qu'elle semble engloutir son être tout entier dans son univers aux étoiles éloignées, des galaxies éteintes aux soleils morts. Et pourtant, ce sont de ces souffrances qui en ont toujours valu la peine. Que l'on n'échangerait pour rien au monde - parce que dans ce vide entre ses côtes sont pliées les ailes d'un ange qui auparavant a soulevé des planètes entières, qu'elles cessent d'écraser son cœur. Dans ce grand vide auparavant vivait la lumière de tous les astres de l'univers, brûlait la tendresse ultime des amoureux, celle que l'on ne saura jamais déloger. Et que désormais, dans le trou béant dans sa poitrine, Samuel garde toujours cette flamme, cachée sous ses ailes, qui ne s'éteindra jamais.

    Qu'il souffre, qu'il souffre, ce n'est que naturel. Que le prix à payer, d'avoir vécu un bonheur qui ne mourra réellement jamais, d'avoir su vivre aux côtés d'Amélie pendant ces quelques années. S'il devait le faire à nouveau, Samuel n'hésiterait pas un seul instant à se jeter corps et âme, conscient des conséquences. Que l'on le plaigne, que l'on lamente sa malchance, il le comprend et pourtant le méprise. Qu'il aie perdu ses doigts et sa femme, soit, mais pour avoir autant à perdre il a fallu avoir tout ce qu'il y a à gagner. Et désormais, malgré tout, Samuel est toujours l'homme le plus fortuné du monde, d'avoir pu tenir Amélie dans ses bras, d'avoir pu jouer pour elle, d'avoir pu la voir sourire et rire, plus que quiconque. D'avoir su caresser ses joues du bout de ses pouces, d'avoir pu essuyer ses larmes et calmer ses sanglots - d'avoir pu vivre à ses côtés, d'avoir eu sa lumière et sa chaleur.

    Amélie a pu pousser son dernier souffle, et pourtant au cœur de son âme sœur elle ne mourra jamais. Même si son absence térébre et brûle, malgré que la douleur l'engloutisse et que les larmes roulent sur ses joues, chaudes, lourdes, Samuel se sait l'homme le plus fortuné du monde. Il le porte comme un amour bien plus profond que la souffrance, qui transcende la vie et la mort, plus grand, plus long que chacune des pièces qu'il aie jamais joué pour elle - toutes. Et ainsi, Home tire sur sa fin, et ses doigts de fer s'immobilisent. Du bout de sa paume, il essuie les larmes sur ses joues sans abîmer ses prothèses. Le silence s'installe, percé d'une respiration muette, d'une présence dans son dos que Samuel ressent. Un instant, il ferme les yeux, et ses ailes se déploient.

    Ce n'est pas une pièce triomphante. Pas de celles qui envoient ses doigts de fer danser à des vitesses fulgurantes sur le clavier, pas de celles qui se perdent en passion et en intensité, pas de celles qui meuvent les esprits et les âmes.
    Et pourtant c'est un triomphe. Cette pièce coincée entre ses neurones depuis des années, sans jamais qu'il ne parvienne à la glisser hors de ses doigts, et qui s'échappe en cet instant. Sans une pause, sans une hésitation, comme s'il l'avait répétée cent fois - comme autant d'autres, mouvant le bout de ses doigts (puis du fer); parfois seulement d'un sourire. Par son cœur qui s'envole, cette fois virevoltant dans le vide de sa poitrine, emplissant son être d'une lumière qui ne s'est jamais éteinte, qui ne s'éteindra jamais. Il a su la voir dans ses rêves - peut-être fût-ce assez. Assez pour débloquer ces routes immobiles depuis si longtemps, là où l'éternité lui semble soudainement trop courte pour contenir toute la tendresse qu'ils partagent.

    Il la nommera Eternity, puisque malgré sa mort, Amélie ne l'a jamais quitté.


    Spoiler:
    c'est???? la mort c'est l'introspectif infini et ça avance pas mais c'est tlm un moment important pour Sam je ????? tu me dis si tu veux que je rajoute un truc pour que tu puisses + rebondir mais jsp???



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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Lun 26 Fév 2018 - 21:27
    Je ne me savais pas sensible. Je crois qu'au fond de moi, j'ai toujours refusé de l'être, et j'ai fermé une fenêtre sur une partie de mes ressentis. Parfois, on n'a juste pas envie de se rendre compte qu'on a des sensations : c'est pas exactement douloureux, justement proprement inconfortable. Ça ne veut pas dire qu'elles n'existent pas, ni même qu'on en est amputés. On a juste posé un couvercle sur elles. Moi, je pense que j'ai verrouillé une partie de ma sensibilité, parce que je ne voulais pas être vulnérable. Sourire, c'est une carapace, et j'ai adopté cette armure parce qu'elle effaçait mes fragilités.
    Aujourd'hui tout s'écroule, tel un château de cartes balayé par une douce brise.
    Car cela n'a rien de violent ; ce qui l'est, c'est la réaction que cela provoque en moi, les larmes qui ne demandent qu'à couler, la pression de ma poitrine émue. En vérité, ce ne sont que des notes qui caressent mes oreilles, et je les laisse faire, car l'étreinte est tendre. J'ai senti de l'amour contrarié dans cette musique et c'est sans doute ce vers quoi mon cœur tend. Mon cœur, qui a aimé à la folie, qui s'est lassé d'attendre un retour, sans jamais abandonner. Mon cœur, qui s'est fermé aux autres mais a laissé une ouverture pour mes parents. Et je ne sais pas, finalement, ce qu'a vécu ce pianiste ; c'est là la magie de l'instant, qui veut que nos expériences se rejoignent, en des secondes éphémères, dont l'air ne gardera nulle trace une fois que les notes se seront tues.
    Voilà, j'ai simplement envie de pleurer, je veux redevenir l'enfant que j'aurais dû être et enfouir mon visage contre des corps adorés.
    Il y a quelque chose de mortel dans cette musique ; je sens que je me noie, que j'abandonne quelque chose. Et je le sais, j'ai laissé ce qui m'était précieux derrière moi quand je suis parti, mais avais-je le choix ? Ce que j'avais dans le cœur ne m'avait jamais appartenu : je l'avais volé et il était temps que je le rende.

    A présent, c'est le silence, et je regarde le pianiste essuyer délicatement les larmes qui lui ont roulé le long des joues. C'est une de ces visions de grâce dont on est parfois frappés : c'est un moment d'extase qui nous plonge dans la stupeur, une réminiscence d'un ravissement. J'en garderai à jamais le souvenir, je le sais, et pourtant ce sera trop faible. Rien n'égalera cette béatitude.
    C'est pourquoi je n'ai pas bougé, j'ai attendu de longues secondes dans le silence. J'ai retenu mon souffle impie mais je ne pouvais pas m'empêcher de le laisser s'échapper.
    Je crois qu'il m'a entendu.
    A un moment (mais je ne sais pas lequel, car les secondes s’égrainaient et j'ai perdu le compte, je ne voulais pas me perdre dans le temps), j'ai quitté ma position liminaire et je me suis approché. Doucement. Je voulais lui laisser le temps de s'habituer à ma présence, et s'il le désirait de s'en aller. Il n'est en rien obligé de m'accorder son attention.
    J'ai commencé à applaudir, je n'ai rien dit car ma voix était rauque et m'aurait probablement abandonné en cet instant.
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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Lun 26 Mar 2018 - 4:10
    echoes
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    Ce n'est pas la perte qui donne à cette pièce sa douleur tranchante. Ce n'est pas l'absence, ce n'est pas la mort - ce n'est pas la séparation qui déchire ses côtes en deux hémisphères, pas le vide qui voit les larmes rouler sur ses joues, puisque jamais ce ne sont ces choses qui ont su mouver ses doigts. C'est le souvenir, tout comme s'il était présent, c'est un instant où, du bout des doigts, Amélie l'effleure sans un mot - c'est un moment si éphémère et qui pourtant a tout de l'éternité, une infinité de secondes qui ne s'écoulent jamais. Comme jamais, même après qu'il aille rejoindre sa bien-aimée dans la tombe, ne s'échappera le dernier souffle de leur amour. Samuel le sait comme il sait tout d'elle, des certitudes qui ne s'éteignent jamais - que même après la mort, leur lien transcendera les règles de l'univers, s'épanchera à travers les étoiles et sera la dernière chose qui reste lorsqu'il ne restera plus rien. Sans savoir ce qu'il y a après la mort, il sait pourtant qu'ils se retrouveront un jour, d'une façon ou d'une autre. De l'autre côté d'un rideau rouge ou dans les abysses sombres du néant, entre les nuages ou derrière les étoiles, l'éternité courbera l'échine devant eux ou se mariera à leur immuabilité.

    Qu'elle ne puisse le voir que dans ses rêves pour l'instant - soit. Il en souffrira jusqu'à ce qu'il la retrouve tout en sachant que de tous les moments qui le porteront encore sur cette terre, jamais il ne sera seul puisqu'il conserve toujours Amélie en son sein - qu'elle ne sache le rejoindre, peu importe. La pièce meut ses doigts, se déroule finalement dans l'univers, tourbillonne dans l'air; un ode à leur éternité, une manifestation de sa tendresse, sans arrogance, sans pudeur, seulement remplie d'une certitude immuable et sempiternelle, ce savoir que l'on ne pourra jamais la lui enlever. Qu'il puisse pleurer et crier, qu'il puisse souffrir de ne plus l'avoir à ses côtés, que ses côtes puissent s'écrouler et crever son cœur - il le vivra jusqu'à la toute dernière goutte de son sang, puisque cela doit être le cas. Mais il vivra aussi le calme, la tendresse et la chaleur, dans ses souvenirs et dans le présent - vivra l'après-midi d'automne calme, l'odeur de la pluie sur les feuilles mortes; observera le ciel de nuit éclatant de lumières et de galaxies, jouera ses pièces préférées dans le silence ou sous l'éclat des applaudissements.

    Il n'est pas condamné au malheur - ne saurait l'être d'avoir eu Amélie dans sa vie. Sa lumière restera toujours pour donner au monde une teinte plus belle, sa chaleur pour y donner du sens. Voilà aussi l'éternité.

    Ainsi la pièce s'achève et pourtant le silence ne tombe jamais. Sous les applaudissements Samuel courbe l'échine et essuie ses larmes de nouveau, sourire douloureux sur son visage. Puis, il se redresse et se retourne pour faire face à son unique spectateur, ses ailes toujours ouvertes le long de son dos. Elle ne sauront plus jamais se recroqueviller ni rester pliées entre ses côtes.

    » Je peux vous aider? «

    Serein et calme, malgré les larmes qui ne cessent de s'échapper de ses paupières. Il garde ses sentiments au creux de lui-même, égoïstement, ne parlera pas de ce qui vient de se passer, de ces notes qui viennent de finalement s'échapper de ses phalanges métalliques, puisque cela ne regarde que lui. Ne cherche pas à obtenir l'opinion de son interlocuteur, puisqu'elle n'a aucune pertinence en ce moment qui lui appartient. Il n'est pas forcé de le partager - peu importe ce que cet homme y a trouvé. Et Samuel se permet tout de même de souhaiter qu'il y ait pris même une minuscule fraction de tout ce que lui-même a su recueillir.



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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Lun 7 Mai 2018 - 21:13
    Pourquoi j'ai mal.
    Pourquoi j'ai l'impression qu'on m'arrache le cœur.
    Ce ne sont pas des questions, ce sont des plaintes qui n'éveillent pas de ressentiment. C'est un peu comme si la douleur était une bénédiction ; et vous savez, je suis pas maso, non, juste amorphe. Quand on ne ressent plus rien, on en vient à espérer la libération, et qu'importe si c'est de la souffrance. Je crois que cette musique a brisé quelque chose de moi - une digue qui retenait des émotions confuses. Je ne suis pas submergé, mais je crois que je vais me noyer à petit feu. Dans le silence, les notes retentissent encore, s'étiolent avec lenteur.
    J'applaudis, et c'est la première fois que je ne sens pas mes mains, parce qu'il y autre chose pour occuper ma pensée.
    Je me sens bête, maintenant. Le pianiste me remarque et me porte son attention, et allez savoir pourquoi, mais je m'en sens indigne. C'est bête parce que ce n'est qu'un homme ; des traits angéliques ne font pas de vous un séraphin. Mais non, je suis là devant lui, comme s'il me transcendait par sa seule présence. Je suis trop loin pour lire sur son visage, mais je crois qu'il pleure aussi. Cette certitude naît de mon cœur à défaut d'être confirmée par mes yeux.
    Il ne peut pas m'aider, je crois qu'il devrait d'abord s'aider lui-même. Mais il a sans doute besoin d'une distraction ; c'est une question de logique, parce qu'à sa place même moi je serais effondré, et pourtant il ne reste plus grand-chose à débâtir. Je ne tombe pas de très haut, mais c'est tout comme ; la douleur ne s'affirme pas avec la distance. Ou peut-être que si, et que j'ai simplement toutes les autres douleurs qui se réveillent au même moment.
    Je ne trouve qu'une seule question à poser, et je me maudis parce qu'elle est nulle, elle brise un peu la magie de l'instant, et je sais bien que la réponse me laissera indifférent.
    « Comment s'appelle cette musique ? »
    Peu importe son nom : je crois pas que je ressentirai encore la même chose. Vous savez, j'y connais rien en musique, juste assez pour savoir qu'on ne joue pas le même morceau de la même façon. Les musiciens, ils y mettent quelque chose, c'est pour ça que des fois ça passe, et d'autres pas. Et peut-être que parfois, c'est parce qu'on a l'estomac plein et pas trop de soucis et qu'on demande juste à être frappé. Mais à d'autres, c'est toute la salle qui est envoûtée, des dizaines, des centaines de vie qui n'ont rien à voir les unes avec les autres, et qui n'auraient jamais dû s'accorder.
    Je crois qu'on a été en diapason, tous les deux, pendant un instant - pour des vécus que nous ne pouvons partager.
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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Mer 16 Mai 2018 - 7:12
    echoes
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    Le silence n'est pas douloureux, puisque de nouveau on le connaît pouvoir être brisé. Puisqu'au fil de l'éternité, plus jamais ce pianiste ne se taira de l'amour de sa vie, ni de la tendresse qui meut toujours ses os, ni des souvenirs qui tourbillonnent comme une tempête dans sa poitrine et soulèvent toujours ses côtes. Plus jamais ses doigts de fer ne seront de pierre, et dans ce moment de pause, de silence, il vit de s'arrêter et contempler l'étendue de l'univers qui se déroule sans jamais savoir englober ce que le destin n'aura jamais su leur arracher - jamais à défaut de l'avoir tenté. Que plus jamais il ne sache poser ses paumes sur ses joues ou essuyer ses larmes de son métal, il en composera mille pièces qui exploseront jusqu'à faire mourir la fatalité; sans dépit, seulement animé de tout ce que les mots ne pourront jamais construire.

    Il ne maudit pas la fatalité de s'être posé dans leur chemin, ne s'étend pas à chercher vengeance ou amertume - il aime trop Amélie, l'a trop aimé et l'aimera trop toujours pour la tacher de tel ichor. Elle n'a pas besoin de lui, comme il n'a pas besoin d'elle, tout en sachant que son existence se retrouve illuminée de par sa présence. En sachant qu'elle a construit son être il sait tout également qu'il ne lui doit rien, que de leur union ils n'ont trouvé que l'amour éternel, qu'une tendresse sempiternelle et que le savoir que la solitude jamais n'étreindra leur âme - pas un sens à leur existence. Qu'ils savent se construire indépendamment puisque jamais ils ne s'offriront la moitié d'un être, qu'ils partageront leur entièreté; que leur force n'est pas de ne faire qu'un, mais qu'à deux ils savent soulever des montagnes.

    Que se déroule devant leurs yeux, fermés ou ouverts, l’entièreté de l'univers qui ne sait contenir leur tendresse - qu'ils ne se sont jamais retenus mais soulevés jusqu'à ce que se déploient leurs ailes. Que jamais ils ne mourront d'être l'un pour l'autre. Que même une pièce ne sait vivre qu'une fraction de tout ce qui les habite - exponentiellement plus éloquente que les mots et pourtant exponentiellement inadéquate à décrire l'infini sans être assez.

    » Eternity. «

    Que ce mot ne sait montrer rien de leur flamme immortelle et invincible, plus que l'étendue de l'infini, du temps, de l'espace. Mais c'est tout ce qu'il offrira ici, dans le silence brisé de nouveau d'une voix sans doute enrouée par ses pleurs qui ne se sont pas tout à fait taris. Du dos de sa paume humaine, Samuel éponge ses joues des chutes de ses sanglots, de ses épaules pas tout à fait immobiles, de ses respirations tremblantes. Mais il ne faut pas se méprendre; Samuel est heureux. De ses ailes toujours déployées qui ne font pas d'ombre dans la lueur de la pièce.

    » Êtes-vous libre ce soir? Je donne un concert, et j'aimerais vous y inviter. «

    Que le seul spectateur à ce moment sans équivoque soit remercié, d'une façon ou d'une autre. Que dans ce que Samuel ne partage pas, il puisse reconnaître quoi que ce soit lui offrant quelconque chaleur. C'est ce qu'Amélie aurait voulu. Ce que Samuel veut.



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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Jeu 31 Mai 2018 - 20:38
    Je suis pas du genre sensible. Je comprends pas trop pourquoi les gens pleurent pour un rien, comme ça, devant un film ou un livre ; pour moi c'est trop artificiel. Je ne suis pas fait pour la fiction, je suis là pour rencontrer de vrais gens, pour me cogner à eux. Et je me cogne à cet inconnu qui a joué du piano. Il n'a pas joué pour moi, mais un peu quand même, parce que mes oreilles ont écouté et que sa musique était faite pour être entendue. J'en suis persuadé. Ce genre de choses, on les partage.
    Eternity, c'est un nom auquel je ne m'attendais pas. Il s'infiltre en moi et j'ai presque envie de rire, parce que je le trouve très approprié. « C'est joli, dis-je, c'est qui le compositeur ? » Comme si j'allais le connaître.
    Mais j'éprouve de la curiosité vis à vis de cet homme, de sa souffrance. Je n'ai pas envie de la contempler telle qu'elle, ce serait m'y repaître ; je laisse cela aux voyeurs. Qu'est-ce qui se cache donc derrière ses beaux yeux clairs ? Quelle histoire ses mains retracent-elles ? Je suis, je dois le dire, fasciné par lui, intéressé par un passé et une sensibilité qui ne m'aurait jamais été accessible en d'autres circonstances. Je serais passé à côté de lui, indifférent, sans comprendre que peut-être je loupais quelque chose.
    Lui, il n'a rien à attendre de moi ; je ne saurais être autre chose qu'une oreille.
    (Pour un artiste, c'est peut-être déjà pas mal ?)
    « Oh, euh... » Je suis désarçonné. J'ai envie de dire oui mais ça veut pas sortir comme ça. C'est un peu comme si mes lèvres étaient scellées par le poids de l'interdit. Je ne mérite pas vraiment cette invitation, même si je comprends peut-être un peu sa musique : j'ai juste pas le droit. Je suis pas une personne belle. Ni même désirée.
    Je me sens comme un parasite qui a pris forme humaine, qui a commencé à se faire accepter, mais bien par miracle.
    « Euh, pourquoi pas... mais toutes les places sont déjà prises, non ? je veux dire... »
    Ma protestation meurt sur mes lèvres.
    Merde, qu'il arrête de me regarder comme ça, comment je suis censé me rappeler ma place maintenant ?
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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Mar 12 Juin 2018 - 3:49
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    Un sourire s'étale sur son visage alors que questionné par l'inconnu. Pas arrogant, pas entendu, rien de dur ou d'égoïste. Ce n'est pas tout à fait de la fierté, mais pas de l'humilité non plus. Peut-être juste de la joie. De la satisfaction d'avoir pu briser des chaînes qui longtemps l'ont hanté, de s'être finalement libéré du poids inconnu d'une réalisation pas tout à fait acquise avant ce moment. Alors il se désigne, du bout de ses doigts de fer, d'une inclinaison du visage;

    » Moi. «

    C'est lui, le compositeur. Comme si souvent, comme il ne joue presque que ce qui s'échappe de ses neurones, de sa poitrine. Composé à l'instant même, comme il ne l'a plus fait depuis si longtemps. Comme le démangent encore quelques unes qui n'ont pas pu s'échapper plus tôt - comme il se retournerait tout de suite et jouerait la pièce qu'il appellera Inexorable, ou Lotus, ou Longing, ou celle qui lui gratte la colonne avec quelques lambeaux d'angoisse, celle dont il n'a pas trouvé le nom - celle dont il ne le trouvera peut-être jamais. Mais il reste toujours là, flottant un instant dans le silence, avec Eternity toujours fichée dans ses extrémités, avec son cœur qui bats, l'écho d'une douleur beaucoup plus douce qu'amère.

    Le jeune homme devant lui hésite, et Samuel se contente d'attendre. Patient, il recevra une réponse - ne sera pas insulté d'un refus, mais doute fortement le recevoir. Devant son inquiétude, Samuel ris doucement, de ce genre de son si peu fort que l'on croirait l'avoir rêvé - et qui tremble légèrement, dans le même mouvement que ses épaules, de ses larmes qui ne se sont pas tout à fait taries encore maintenant.

    » Non. Si je vous l'offre, c'est qu'il y a de la place. «

    Et s'il n'y en avait pas eu, il l'aurait invité au concert du lendemain, ou celui d'après encore. Ce ne sont pas les représentations qui manquent. Malgré que le spectacle risque de changer de programme maintenant que Samuel a retrouvé ses ailes - il lui reste encore du temps pour faire quelques changements même avant le concert de ce soir. Il lui ferait plaisir que le jeune homme puisse assister à la première publique d'Eternity, qu'il puisse la vivre dans un autre contexte que celui-ci.



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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Lun 2 Juil 2018 - 15:18
    Je ne lui dirai pas tout, à mon pianiste prodige.
    C'est une évidence et pourtant une part de moi s'insurge contre mes protestations hypocrites. C'est pas vraiment ça, ce que je voulais exprimer : je voulais plutôt lui rappeler qu'il n'était pas digne de moi de mettre les pieds dans la salle de concert. J'ai juste cette certitude, ancrée au fond de moi depuis le jeune âge, un interdit que je n'ose pas tout à fait transgresser. Je cède à la curiosité, mais quand les choses deviennent concrètes, je cherche juste à m'échapper.
    Qu'est-ce que j'y entends, à la musique, de toute façon ? je ne peux pas dire que j'aime cela, ou que je la comprends. Je vis juste avec mes sentiments exposés, presque comme s'ils étaient à vendre (mais je crois que le prix est un peu trop fort, personne ne le payera). Et lui, c'est carrément un compositeur. Non que je sache vraiment de quoi il en retourne, mais enfin, il est capable de créer quelque chose d'aussi joli. Je ne peux pas ne pas le respecter. Bon, ok, je respecte tout le monde, alors c'est plutôt une question d'estime, je dirais. Il est un peu différent des artistes tels que je me les représentais, plus sympa entre autres, mais on n'est quand même pas du même monde. Et même si on venait de la même ligne spatio-temporelle, on ne le serait pas. Donc, je devrais dire non.
    Mais je ne sais pas pourquoi, je n'arrive plus à le faire quand il me dit qu'il y a de la place.
    Il y a quelque chose de doux dans la réaction du pianiste, dans le regard qu'il pose sur ma personne et auquel j'aimerais bien me soustraire. Parce que c'est inconfortable, quand on pense pouvoir être lu comme un livre ouvert, et je crois qu'il peut le faire. Quelque chose de fragile aussi. Il est comme un équilibre instable, et moi je suis la brise qui peut souffler pour tout balayer.
    Ah, merde, je déteste ça, vraiment.
    Je baisse les yeux, subitement absorbé par la contemplation de mes chaussures qui auraient bien besoin d'être nettoyées de toute cette poussière. « Euh, ok. Si vous voulez. » J'ai l'impression que je cède face à l'ennemi, ce qui est stupide parce que j'apprécie sans doute plus cet inconnu que les inconnus des théâtres de mon propre monde. Mais je ne bouge plus, je ne dis plus rien ; j'ai l'impression de commettre un sacrilège, un second.
    Il n'a pas le droit de me faire connaître l'extase si c'est au prix d'un tel bousculement.
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    Re: echoes | ft. Cookie
    le Sam 14 Juil 2018 - 6:34
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    Le silence, posé dans la pièce, flotte sur quelques particules de soleil. C'est un instant figé dans le temps, plus grand, trop grand que même cette ville toute entière ne pourrait pas le contenir. Il est possible de se lier sans se comprendre - ce moment en est la preuve. Puisque le jeune homme posé devant Samuel ne peut même concevoir tout ce qui vient de se dérouler sous ses yeux, dans le creux de ses tympans, et pourtant subsiste désormais entre lui et le pianiste un de ces liens qui ne se briseront jamais. Il ne faut pas trop y apporter d'importance, puisque même Samuel ne peut être certain qu'il ne l'oubliera pas au profit de la vague si intense d'amour qui s'est posé dans sa poitrine et de ses ailes déployées, et pourtant même si un jour l'image du visage de cet homme s'effacera peut-être de ses neurones, ce qui s'est enchaîné entre eux ne disparaîtra jamais. Un éternel minuscule, mais éternel tout de même.

    » Bien. «

    Samuel incline le visage doucement, et quelques dernières larmes s'échappent d'entre ses paupières sous ses yeux fermés. Quelque chose en lui s'agite, comme le savoir qu'Amélie aurait voulu qu'il partage ce moment ainsi. Qu'il pose, tant qu'il le peut, une once de l'éternité qui s'est dévoilée à lui au cœur de l'inconnu, qu'il en prenne quoi que ce soit. Un seul instant partagé ainsi peut changer toute une vie, lui avait-elle dit une fois.

    » Le concert se déroulera ici, au théâtre de Saint-Juré, à vingt heures trente. Vous en avez peut-être vu l'affiche: il a pour titre Lilies. «

    Peut-être serait-il sage, à cet instant, pour Samuel de se lever et aller soumettre aux techniciens les modifications au concert de ce soir. Et pourtant, il n'en fait rien. Un seul instant, les responsabilités attendront. Il vient tout juste de déplier ses ailes, et n'est pas tout à fait prêt à les ranger immédiatement. Plutôt, il achève d'essuyer ses larmes dans un coin de sa paume, puis s'adresse à nouveau à l'inconnu.

    » Puis-je savoir votre nom? Je devrai en informer quelques personne, qu'ils puissent vous laisser entrer. «

    Ensuite, lentement, il se retournera vers ces routes de blanc et de noir lui ayant si longtemps échappées. Et, du bout des doigts, il jouera finalement dans l'univers ces pièces si longtemps enfermées, jusqu'à ce qu'il n'aie plus rien à leur donner et qu'il puisse quitter cet endroit libéré de ces poids à ses phalanges. Sans plus jamais que le silence ne l'embourbe.



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