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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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we don't believe what's on tv ❀ naga

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Arrivées & Éducation
DE CE VIOLET TRISTE DU NOM D AMÉTHYSTE
Sara est la douceur incarnée et le visage angélique de l'institut Svensson ; arrivée paraplégique suite à une mauvaise chute, elle est privée de ses jambes et bénéficie des dernières technologies trouvées par l'Institut ; elle en fait la promotion à chaque sourire, à chaque fois qu'elle respire ; légende urbaine, tout le monde connaît la Princesse Améthyste ; on la prend surtout pour une pauvre gamine qu'il faut aider -parce que personne n'aimerait être à sa place ; ne s'offusque de rien et tait toutes ses envies pour garder une image parfaite ; joue le jeu pour permettre à l'Institut de mieux avancer.
Nom de code : Princesse Améthyste
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le Dim 28 Jan 2018 - 12:41
we all have learn to kill our dreams
+ naga
Il y avait des journées où on ne pouvait que se forcer.
Elle s'était réveillée ce matin en sachant pertinemment qu'aujourd'hui allait être l'une d'entre elles. Elle a attendu un peu, au bord de son lit, comme si quelqu'un allait venir et lui dire c'est bon, tu peux te rendormir, mais les miracles sont bons pour les spectacles et les mots. Pas pour les gens comme elles -et parfois elle avait l'espoir qui voyageait un peu trop loin de ses pensées.
Elle s'était tirée de ses rêves comme elle s'est tirée de son lit : un peu brusquement, mal réveillée, et sûrement un peu désabusée. Elle avait pris son temps pour petit-déjeuner, essayant de penser à quoi la journée allait bien pouvoir ressembler. A vrai dire, elle n'avait que des idées maussades, et elle préféra les faire s'envoler plutôt que trop les répéter -elle regardait ses fleurs qui habitaient tous les murs de son appartement, juste à sa hauteur, et elle admirait les couleurs, et la vie, et la joie.
Elle profitait tant qu'elle pouvait encore.
Une heure plus tard, elle était à l'Institut. Invitation officielle voulait dire tenue imposée ; elle avait toujours son mot à dire mais aujourd'hui elle avait le cœur mou comme une poupée de tissu -elle approuvait sans sourire, et elle se laissait tirer les cheveux, et elle se laissait se camoufler derrière du maquillage, et elle se laissait dans un coin de son cerveau.
Une heure plus tard, elle était à Kingslaugh. Elle a toujours trouvé le nom terriblement ironique ; elle ne savait pas trop si le roi était sensé se moquer ou rire avec les habitants. Probablement les deux, comme tous ceux qui dirigent de manière un peu brute. Elle s'est rendue compte, Sara, qu'elle essayait de ne pas penser à ce qui allait arriver, mais c'était là, juste devant elle. Le Léviathan. On lui avait tout dit dessus et elle avait tout appris par cœur. Elle devait savoir, et en même temps s'étonner de ce qu'on pouvait lui dire, et rire, et faire des suggestions qu'elle savait déjà vrai, et rire encore, et apprécier le spectacle. Elle n'était même pas entrée qu'elle voulait déjà sortir.
Elle s'avançait, doucement, flanquée de deux hommes de main qui ne la rendait que plus agoraphobe.



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Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
En pratique, Naga est plus un hypocrite cherchant à apaiser sa confiance qu'un Altermondialiste convaincu, mais il a toujours su se débrouiller pour éviter que quelqu'un lui en fasse la remarque...
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Il observait la devanture en se demandant s'il allait vraiment entrer.
Naga était un jeune homme raisonnable, malgré ses excès : il tenait à la vie. Très peu de comportements à risques, très peu de fréquentations douteuses, il consommait la bonne dose de fruits et légumes bio, faisait du sport en suffisance et gardait une juste distance avec toutes ces substances dont on ne savait que trop bien les effets négatifs sur la santé. Parfois, il succombait à la tentation d'une nourriture trop grasse et trop salée, mais ces petits plaisirs, inoffensifs, étaient temporellement assez espacés pour ne pas être nocifs. Naga était fier de son mode de vie et le revendiquait.
Mais l'insolence de ses actes lorsque Sara était concernée l'effrayait. Ce n'était pas de l'amour, de cela il en était sûr, car il avait perdu l'habitude d'aimer. Ses sentiments à son égard s'assimilaient davantage à un instinct protecteur tel qu'on peut le développer à l'égard de quelqu'un qui pourrait vous sauver - une terreur de l'absence si forte qu'elle pourrait vous pousser à tout faire pour l'empêcher de s'en aller. Ce n'était pas de l'amitié non plus, nom qu'il ne croyait pas vraiment pouvoir mériter, Naga ne faisait pas grand chose pour les autres, et il le savait. Il ne servait pas à grand chose, il n'avait pour eux aucun intérêt. Il se savait simplement motivé par un sentiment d'inquiétude, assez puissant pour l'enjoindre à quitter son petit village de pêcheurs pour affronter les pires quartiers de la grande ville.
Ville que Naga connaissait, évidemment. Il en avait passé, des après-midi et des soirées à en explorer les quartiers, jusqu'à en tirer une expérience empirique à faire pâlir de jalousie un natif bien renseigné. Kingslaugh ne faisait pas partie de ses secteurs préférés, trop de gangsters, pas assez de boutiques de mode. Et parmi les bâtisses innocentes qui s'alignaient le long de la rue, le Leviathan trônait comme une verrue sur un visage abîmé. Le rez-de-chaussée aux allures de club anglais était un endroit convenable pour une princesse, mais Naga le savait, sous son parquet lustré s'écoulaient des torrents de violence et de sang dans la plus totale impunité. Ce contraste, plus encore que les combats qui se déroulaient en sous-sol, tirait à Naga des frissons. Savoir que le propriétaire était ouvertement aux gangsters n'arrangeait pas les choses. Naga ne voulait pas voir Sara là-dedans, même s'il se doutait qu'aucun mal ne lui serait fait. Ne lui restait qu'à se convaincre qu'il ne faisait que lui rendre quelque chose qu'elle lui avait donné pour se motiver à y aller.
Mais devant la façade élégante, Naga doutait du courage qu'il était capable de mobiliser. Il se sentait sur le point de renoncer à ce beau projet, de tourner les talons sitôt que Sara serait entrée et ressortie, afin de se rassurer. Maintenant qu'il y songeait, c'était la meilleure chose à faire, se contenter d'observer.
Il rebroussa chemin, pour se cacher, pour mettre un peu de distance entre ce sombre établissement et sa personne, le cœur lourd et dégoûté. Le roulement d'un fauteuil sur la chaussée le fit stopper brusquement, puis la silhouette, plus petite que nécessaire, qui apparaissait, et enfin ces grandioses yeux violets, qui accrochait votre âme comme du scotch, et il n'était plus temps de se défiler.
S'éclaircir la voix, une fois, deux fois, pour retrouver un sentiment de dignité, calmer les battements de son cœur à l'idée de sa lâcheté, trouver une excuse, n'importe laquelle, pour expliquer son abdication de dernière minute.

« Tiens, bonjour, Sara ! fit Naga, légèrement forcé. Qu'est-ce que tu fais par ici ? »

La fausseté de sa voix résonnait à ses oreilles comme un orchestre mal coordonné. Il n'entendait que le gouffre séparant ses paroles affétées et l'évasion de son corps contrariée par une situation qui le contrariait profondément - car ce qu'il aurait voulu dire, ce n'y va pas qui aurait dû franchir ses lèvres, avait disparu en même temps que les dernières miettes de sa fierté.


yamamoto senpai ♥yamamoto senpai ♥ flocons

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because it's what we want to see
+ naga
Elle avait la gorge serrée, une impression d'humidité d'atmosphère qui se contracte qui enserre son cou comme pour la noyer dans l'air (on appelle ça étrangler il paraît). C'était une sensation qu'elle n'avait pas souvent. Elle avait l'habitude de la froideur des mots qu'on lui lançait parfois, elle avait l'habitude de la sécheresse de son manque d'imagination quand elle ne savait plus quoi dire, elle avait l'habitude de la brûlure des sourires sur ses joues, elle avait l'habitude -mais ça, c'était comme aller perdre un peu de son âme, la casser sur un côté, et vouloir y aller.
Elle ne sait pas pourquoi personne d'autre qu'elle n'a pu y aller à sa place. Elle ne sait pas pourquoi l'Institut a accepté, pourquoi elle, elle et ses dix-neuf ans, devait être témoin d'une autre violence que celle qu'elle avait eu toute sa vie. Elle trouvait que c'en était déjà bien assez -mais voilà : elle était là.
Elle s'était habillée différemment de d'habitude. Un pantalon habillait ses jambes, et même si sa couverture le dissimulait, on pouvait deviner sa taille haute si l'on y aventurait le regard. Ça la rendait maigre, plus encore qu'elle ne l'était, et elle avait un air de cadavre qu'on avait essayé de lui enlever avec de la poudre de soleil. Son haut était violine, comme ses yeux, en col bateau qui commençait à la fin des épaules, suffisamment bouffant pour qu'on ne se rende plus vraiment compte de la finesse de ses bras. La couleur pâle parvenait presque à flatter son teint, mais c'était sans compter sur les réactions d'un corps qui ne veut pas faire ce qu'il a à faire.
Et pourtant, elle avait ce sourire si léger sur le visage -une sorte de paix, peut-être.
Et, peut-être, un salut. N'était-ce pas comme ça qu'on les appelait ? Ceux qui viennent nous sauver, un peu, au moins pour un temps. Au moins suffisamment. Oh, je- Elle le dit spontanément, un peu trop vite, entre surprise et l'envie de s'enfuir. Elle reconnaît son visage. Elle l'a déjà vu, elle lui a déjà parlé. Ils avait discuté de la mer, et de la fin du monde -de la vraie limite, de celle qu'on ne voit pas dans les films de catastrophe. Elle a un sourire qui lui monte aux yeux, un peu d'humidité qui migre de sa gorge à ses pupilles -elle essaie de tout mettre loin dans ses pensées. Tout va bien. Tout va bien. Naga ! Elle se souvient. Bien sûr qu'elle se souvient. Quelle belle surprise. Merveilleuse, même. J'ai reçu une invitation de la Diaspora des Gangsters, pour me rendre au Léviathan. Et vous ? Et si Naga paraissait vraiment tendu, Sara semblait aussi calme que d'habitude -pourtant son coeur cogne cogne cogne contre sa poitrine. Il a envie de s'échapper. De s'en aller.



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Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
En pratique, Naga est plus un hypocrite cherchant à apaiser sa confiance qu'un Altermondialiste convaincu, mais il a toujours su se débrouiller pour éviter que quelqu'un lui en fasse la remarque...
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le Lun 12 Fév 2018 - 21:30
La maladresse qui exsudait de ses gestes le couvrait davantage de honte que l'inquiétude légitime qu'il ressentait à l'égard d'une fille qui était pratiquement une étrangère pour lui. Quelques mois auparavant, lorsque son bras n'avait jamais connu autre chose qu'une naturelle unité, et que l'os n'avait chatouillé la chair au moment de se briser, la perspective de se trouver ainsi, haletant et hésitant, lui aurait paru chimérique. Naga, c'était cette belle assurance, couverte d'un léger sourire narquois, jamais dupe de la petite comédie qu'il jouait au reste du monde ; c'était cette allure élégante, travaillée, soutenue par des mots pompeux au sens vaporeux ; c'était cette certitude, absolue et sans cesse croissante, qu'aussi longtemps qu'il donnerait le change, personne ne saurait voir la face cachée de Naga, et personne n'aurait le droit de la critiquer. Il n'était pas cet homme ennuyé qui se laissait porter par des émotions et qui venait au secours de personnes qui ne comptaient pas assez lui - lui qui avait pourtant déjà abandonnés ceux à qui il tenait le plus.
Mais porter le tablier ne lui allait pas, et en plus, cette nouvelle pratique, que son colocataire tenait tant bien que mal de lui inculquer, insufflait en lui de mauvaises habitudes (de faiblesse) contre lesquelles Naga devait lutter. Il avait peur pour les autres. Il ne considérait plus que leur montrer son visage comme une tragédie. Peut-être se reconnectait-il seulement avec les sentiments qu'il avait essayé d'éviter toutes ces années (et ça faisait mal). Mais si c'était le cas, comment faisaient les autres pour vivre avec cette dose de honte et l'assumer sérieusement ?
Heureusement pour lui, il n'était pas le seul que la situation dérangeait. L'hésitation de sa réponse initiale, ce bonjour qui n'était jamais vraiment sorti, cette bonne surprise (espérait-il) quand elle l'avait reconnu, l'appréhension, qui la faisait révéler précipitamment la raison de sa présence comme elle le ferait d'une cible dont on se chercherait à se débarrasser en la jetant à terre, tout indiquait que Sara ne se réjouissait pas de la visite qu'elle s'apprêtait à effectuer aux gangsters. Naga se surprenait à comprendre ces sentiments, alors qu'il y avait toujours été si opaque, mais peut-être savait-il - après tout, que le propriétaire du Leviathan était un géant qui n'était pas fait d'argile, et que tout gangster avait les dents pointues - et ce savoir lui donnait la certitude qu'il se devait de faire quelque chose.
Il ne savait pas comment la rassurer. Il avait vaguement essayé, quelques mois auparavant, de faire la même chose avec un cadet, et il y était miraculeusement arrivé, mais c'était bien le seul succès auquel Naga pouvait se rattacher. À la vérité, il n'y connaissait rien du tout. Il ne savait répondre à la détresse qu'il commençait parfois à apercevoir dans les yeux de ceux qui l'entouraient - et ça le rendait fou. Il n'aurait jamais cru que des envies altruistes sauraient faire battre pour de bon. Et pourtant

« Tu veux que je vienne avec toi ? » s'imposa comme une évidence au moment où Naga croyait perdre pied.

Et l'évidence chassait à grands coups la surprise qui aurait pu s'emparer de lui à l'idée qu'il avait su se comporter de façon convenable, pour changer.
Car sa proposition était bien évidemment convenable, pour ce qu'il en savait. Le sentiment d'être accompagné ne calmait pas les angoisses, mais donnait l'impression (illusoire ?) d'avoir quelqu'un sur qui se reposer. Pour cette raison sans doute, Naga n'avait jamais été atteint par le sentiment de solitude, terrible fléau dont il était bien ravi de se passer. Il ne pouvait pas faire grand chose, Naga, même s'il avait de l'allure et une belle carrure à force de remonter les lourds filets. Il avait tenté de reprendre la boxe, à une ou deux reprises, et il n'avait pas tout perdu, mais il sentait que ce n'était plus pareil. Naga ne pourrait pas défendre Sara si un véritable danger se présentait, mais on s'illusionnait comme on peut. Un bref sourire, sincère, amoindri par la tension qu'il ressentait

« Ils n'ont pas stipulé que tu devais y aller toute seule, n'est-ce pas ? Et puis... j'ai envie d'entrer. »

Il fermait les yeux un instant. Derrière sa frousse, le désir de découvrir les coulisses du club se faisait sentir, léger et fuyant, mais de plus en plus appuyé, à mesure que l'idée prenait la forme d'une éventualité. Jamais ce désir n'aurait pu devenir assez fort pour le pousser à agir, mais à présent, il allait pouvoir s'en débarrasser.


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