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    we don't believe what's on tv ❀ naga

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    Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
    En pratique, Naga est plus un hypocrite cherchant à apaiser sa confiance qu'un Altermondialiste convaincu, mais il a toujours su se débrouiller pour éviter que quelqu'un lui en fasse la remarque...
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    Avatar : Sanada Akihiko.

    Re: we don't believe what's on tv ❀ naga
    le Mer 25 Juil 2018 - 16:24
    La rapidité du trajet fut aspirée par les commentaires futiles de l'assistant ; on en oubliait presque qu'il n'y avait qu'un étage ou deux à descendre, à moins que ce ne fut l'anxiété, conjuguée à la densité de paroles qu'un homme pouvait faire tenir en une seule seconde, qui lui donna l'impression que le temps se ralentissait. Les miroirs lui renvoyaient les reflets démultipliés de leurs personnes, brouillant les traits de leurs visages sous des angles acérés, renforçant l'impression qu'il était seul. Naga accueillit l'ouverture de la porte avec un soulagement silencieux, et malgré son inquiétude, se précipita à l'extérieur dès qu'il le put.
    La salle qui s'étendait sous le club était plus vaste que ce qu'il avait imaginé : un véritable entrepôt où pouvaient tenir plusieurs rings, des bancs rembourrés et un discret bar dans le coin. Pourtant, ce qui le frappa de prime abord, fut le calme du lieu. Les coups portés au corps étaient discrets, amortis par le sable plutôt que par la chair, les clameurs réduites à de discrets ahanements, les commentaires silencieux. Il n'eut aucun mal à entendre la question de Sara dans ce silence, et il en oublia d'être heureux.

    « Non, jamais. Je... »

    Il manquait ce bourdonnement de ruche dans lequel les clubs baignaient, entrecoupé de chocs claquants ponctuant un rythme irrégulier. Il manquait cette odeur de sueur et de sang qui parfumait jusqu'au sol plastique où les pieds rebondissaient. Il y manquait surtout cette vie agitée, tumultueuse comme une tempête, qui expulsait l'air des bronches en cri, et qui parait les crochets d'un grognement essoufflé.

    « Ça y ressemble, mais ce n'est pas tout à fait ça, nota Naga d'un air concentré. Je veux dire, par rapport aux rings que j'ai connus sur Terre. »

    Peut-être n'avait-il jamais non plus mis les pieds dans ces clubs de gentlemen, où le sport tenait lieu d'excuse plus que d'activités. Naga ne savait plus s'ils avaient vraiment quitté le bar, ou s'ils étaient vraiment entrés dans le vif du sujet. Peu importe. Le sous-sol était pratiquement vide, et il y avait fort à parier que les personnes présentes avaient été triées sur le volet.
    Rassasié de leur surprise, le gangster se décida à intervenir, pour mieux s'effacer :

    « Si cela vous convient, je vais vous laisser visiter notre arène par vous-mêmes. À cette heure de la journée, peu de nos gladiateurs viennent s'entraîner, car le gros des combats se déroule pendant la nuit. Vous aurez donc tout le loisir d'admirer nos équipements. Vous pouvez aussi parler à nos sportifs, si vous le désirez, mais ne perturbez pas trop leur entraînement, ils sont parfois très occupés. Pour ma part, je vous attendrai au bar, j'ai des coups de fil à passer »

    Difficile de savoir si l'assistant les y encourageait ou tentait de les en dissuader : la menace était loin d'être évidente. Naga le remercia rapidement, se limitant à ce que la politesse lui imposait, et pour inciter Sara à s'éloigner de ce dangereux sbire, annonça à voix haute :

    « J'aimerais bien voir cet équipement dont il n'arrête pas de se vanter. Il y a quelques sacs de frappe, là-bas, et d'autres instruments qui doivent servir à d'autres arts martiaux que je ne connais pas. Je vais y aller. »

    Il n'osait pas demander directement à Sara de l'accompagner, mais il la regardait droit dans les yeux, et il espérait bien que l'invitation passerait. Son colosse surveillait avec attention les alentours, comme s'il craignait un danger immédiat, mais Naga était pour sa part plutôt soulagé - c'était calme, très calme, ce qui signifiait moins de personnes à provoquer.

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    Sara est la douceur incarnée et le visage angélique de l'institut Svensson ; arrivée paraplégique suite à une mauvaise chute, elle est privée de ses jambes et bénéficie des dernières technologies trouvées par l'Institut ; elle en fait la promotion à chaque sourire, à chaque fois qu'elle respire ; légende urbaine, tout le monde connaît la Princesse Améthyste ; on la prend surtout pour une pauvre gamine qu'il faut aider -parce que personne n'aimerait être à sa place ; ne s'offusque de rien et tait toutes ses envies pour garder une image parfaite ; joue le jeu pour permettre à l'Institut de mieux avancer.
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    Re: we don't believe what's on tv ❀ naga
    le Lun 20 Aoû 2018 - 12:59
    night drive on the boulevard of broken dreams
    + naga
    elle se concentrait sur une chose à la fois : les arabesques de l’ascenseur. les reflets des miroirs. le tintement de la lampe en cristal. le bruissement des portes. la vibration du moteur du fauteuil. les centimètres avalés par les roues.
    chaque unité semblait si lente, si importante, et pourtant tout s'enchaînait si vite. ils y étaient déjà.
    enfin, pour être exact, elle y était. elle s'était rendue compte, lors de son avancée vers cet autel aux alliances de fer, qu'elle n'avait plus le droit de penser pour deux. encore moins de parler.
    mais elle avait osé. elle l'avait dit, et elle voulait éloigner la vérité d'elle, et elle voulait qu'on la protège comme on l'a toujours fait alors même qu'elle cherchait à s'en défaire. quand elle sortira d'ici, elle ira sûrement pleurer. elle sent un peu de vide, de ceux qu'on rempli par des larmes qui n'ont pas de flacon où couler, qui n'ont pas de nom mais juste une fonction qu'on n'appelle pas.
    elle ira pleurer, et elle s'en voudra comme si elle avait tout lâchement abandonné alors qu'elle n'a fait que résister -pas assez, si vous le lui demandez.
    elle voit des choses qui n'existent pas quand il s'arrête de parler : des souvenirs qui remontent jusqu'à faire briller des yeux, jusqu'à faire saigner des hémorragies lâchement pansées, à peine oubliées, jusqu'à raconter des histoires qu'on dirait d'horreur mais qui sont bien de notre heure.
    sara était un paradoxe : elle abhorrait ces violences honnêtes et se ruait vers celles qu'on ne sentait pas de suite.
    elle le sait, pourtant. son esprit est une agérate. couleur ecchymoses.
    elle regarde le sol d'un oeil morne. elle se souvient soudainement qu'il faut qu'elle soit intriguée. impressionnée. engagée. curieuse. passionnée. alors elle relève la tête, regarde le haut plafond contre lequel les cris doivent résonner, observe les murs qui ont encore résisté, décortique la profondeur de cette salle si grande. (et si vide)
    (et si vide)
    (et si vide)
    ((c'est l'écho contre son crâne))
    merci énormément pour votre visite, monsieur. toutes vos anecdotes rendent cet endroit encore plus vivant. j'espère que nous auront l'occasion d'en reparler, un jour. elle a un sourire charmant. beau. chaud. c'est un soleil. un petit -de ceux qui ne vont jamais nous brûler.
    le majordome s'en va.
    et sara elle, elle aimerait soulager ses yeux à l'instant -mais ce n'est pas fini. ce n'est jamais fini.
    elle s'arrête, sara.
    elle regarde autour.
    elle ne voit que ça : des hommes, du sport, du sable.
    de la violence organisée.
    peut-elle les blâmer ?
    (non)
    il s'en va comme un bateau qui quitte le rivage pour d'autres aventures. il s'en va comme un oisillon qui sait qu'il peut voler. il s'en va comme un avion de papier destiné à voler pour l'éternité.
    et elle n'est qu'une sœur sur le rivage, qu'une mère dans un nid, qu'un enfant encore assis.
    elle regarde autour.
    elle ne voit que ça (partout (partout (partout)))
    ils ont beau se regarder, sara n'est pas là, et elle voit mais n'assimile pas, et elle entend mais n'écoute pas, et elle comprend. c'est là tout le nœud du problème.
    elle avance sans y penser. ses yeux sont vides. ils n'ont pas bougés, comme si naga marchait à la même allure que son fauteuil en gardant les pupilles braquées sur elle. elle fait un signe à son garde du corps. repos.
    elle le traite comme un chien.
    elle se déteste.
    faisons comme si cela m'intéressait. sa voix et son visage s'échangent : l'un devient vivant, l'autre semble mourir à chaque mot. si vous pouviez me rendre la tâche facile, je vous en serais reconnaissante. elle a envie de
    (vomir)
    (s'enfuir)
    (partir)
    sourire
    (jusqu'à encore trop en souffrir)


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    Re: we don't believe what's on tv ❀ naga
    le Dim 26 Aoû 2018 - 14:55
    Il n'y avait rien de rassurant dans ces lieux feutrés, emmurés d'une peau de velours impregnée de bruits et d'odeurs. Les regards curieux, déplacés, que leur lançaient les combattants choisis sur le volet lui renvoyaient l'image de sa propre étrangeté. Pas plus que la princesse, traitée avec courtoisie parce qu'il fallait bien la préserver, Naga n'appartenait à ce lieu. Les regrets du temps perdu de sa jeunesse, la nostalgie de l'insouciante énergie déployée dans une parade de coups bien calibrés s'étouffaient sous l'impact de ce mur de distance que les autres avaient dressé. Ces derniers souvenirs, traités d'une bienveillance irritée, s'asséchaient de l'idéalisme dans lequel ils avaient baignés, laissant Naga seul avec sa culpabilité.
    Le roulement léger du fauteuil dans son dos ne pouvait pas apaiser le sentiment de solitude qui l'oppressait. La conscience de Naga frétillait avec indignation du traitement qu'il avait subi plus tôt. Seul avec elle, son inquiétude se calmait, mais il ne se trouvait pas à l'aise pour autant. Il se sentait rugueux comme les cals précoces de ses mains, qu'il caressait nerveusement du bout des doigts, pour se rappeler d'où il venait, et ce qu'il avait fait. Au moins Naga savait-il à présent à quoi s'attendre avec elle, et pourtant, il ne parvenait pas à lui en vouloir complètement.
    Après tout, l'ignorance était sienne, elle lui allait comme un gant.

    « Merci. » glissa-t-il, révélant sa gratitude blessée.

    Mais Naga sentait que ses mots n'atteignaient pas Sara, repliée sur elle-même dans ce qu'il croyait être une attitude lasse et craintive, plutôt que du dégoût. Les efforts qu'il aurait pu faire pour combler le fossé qui s'était creusé entre eux étaient déjà hors de sa portée. Naga se serait menti en prétendant qu'il ne ressentait qu'une confortable indifférence - la vérité était que tout cela le préoccupait bien plus que prévu, et l'absorbait du mondeoù on aurait eu besoin de lui.

    « Je crois qu'il faudrait demander à notre charmant ami l'usage de certains de ces instruments, commenta Naga d'un ton guindé. J'ai beau venir de la fin du XIXe siècle, nos sacs de boxe étaient plus simples. Je crois qu'ils avaient conservé un aspect primitif, justement parce qu'il n'y a rien d'évolué à se taper dessus comme des singes. »

    Sa main, qui avait effleuré un sac de frappe marqué par les nombreux poings qui s'y étaient encastrés, retomba mollement sur le côté. Il ne savait pas s'il ressentait de la tristesse face à ces carcasses de son passé, ou si ces instruments coupaient définitivement le cordon avec la douce époque de son insouciance.

    « Je crois que j'aimerais bien me remettre à la boxe. » avoua-t-il sur le ton de la confidence.

    Ce désir secret, inassouvi, aux motivations si obscures, lui paraissait à présent si sincère, que Naga était prêt à oublier où il se trouvait, et pourquoi il était dégoûté.
    Un regard au colosse à l'œil égratigné qui s'avançait vers eux lui remit promptement les idées en place.

    « Vous avez l'air intéressés, annonça le gars dont la diction se trouvait étrangement claire et limpide. Une petite démo, ça vous dirait ? »

    Ses lèvres se retroussèrent sur un sourire où pas une dent ne manquait. Cette vision contredisait l'image de pirate dont Naga s'était instantanément fait de lui. Cet homme d'âge incertain aurait certainement eu la force de lui broyer les os avec la même nonchalence que Naga dévorant son petit-déjeuner, mais quelque chose, dans la retenue dont il faisait preuve, conservant une distance prudente et respectueuse, dans l'élocution claire et forcée, indiquait les instructions très précises qui avaient dû lui être données.

    « Si la demoiselle veut bien. » répondit délicatement Naga en s'effaçant.

    La curiosité cédait le pas à la nécessité de préserver au mieux son restant de dignité.

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    Sara est la douceur incarnée et le visage angélique de l'institut Svensson ; arrivée paraplégique suite à une mauvaise chute, elle est privée de ses jambes et bénéficie des dernières technologies trouvées par l'Institut ; elle en fait la promotion à chaque sourire, à chaque fois qu'elle respire ; légende urbaine, tout le monde connaît la Princesse Améthyste ; on la prend surtout pour une pauvre gamine qu'il faut aider -parce que personne n'aimerait être à sa place ; ne s'offusque de rien et tait toutes ses envies pour garder une image parfaite ; joue le jeu pour permettre à l'Institut de mieux avancer.
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    Re: we don't believe what's on tv ❀ naga
    le Sam 29 Sep 2018 - 9:56
    can you tell if i'm cold ? if i'm out of daydreams?
    + naga
    peut-être était-ce pire, de ne rien voir. ou plutôt : de pouvoir contempler le contexte, et d'imaginer ce que des Hommes feraient de tout ça. du sol de sable. des murs anti-bruits. des sacs de boxe. des ronds dessinés sur le sol. des fauteuils disposés tout autour. de l'absence de traces. de l'absence d'âme. C'était un endroit aseptisé, joliment décoré pour qu'on veuille bien croire qu'il était l'hôte d'une vie bouillante, mais la vérité c'est qu'il ne l'accueillait qu'en phase terminale. Elle repartait ensuite.
    Et Sara, elle aurait voulu admirer une forêt, où les feuilles se dressent quand elles sortent enfin du sol pour embrasser le soleil, elle aurait même aimé se sentir étrangère, pas à sa place, dans ces endroits de pure beauté, aux sens qui ne peuvent qu'échapper aux gens.
    A la place, elle se trouvait dans un sous-sol à l'odeur de javel, joliment déguisé comme une femme battue recouvre ses bleus, le sourire fier qui porte son amour à ce qui la déchire morceau par morceau. Elle aurait aimé que Naga la conforte. Qu'il lui parle d'autre chose, qu'il lui raconte de nouveau l'océan, et la fin du monde, et les poissons qui changent de couleur. C'était une peur poétique, au moins. Introspective. Ici, elle ne ressentait que de la crainte et son instinct de survie (il lui disait tu vas mourir tu vas mourir tu vas mourir au fur et à mesure que la normalité s'insérait dans son cerveau : accepter était une défaite finale).
    Et sa mélancolie arracha un regard de pure terreur dans les yeux de Sara. Elle n'a pas pu s'en empêcher, n'a pas pu le masquer, alors elle le porte assorti de son joli sourire, et on dirait une poupée mal assemblée, issue de deux carcasses abandonnées. Sara savait qu'il y avait beaucoup qu'elle ne comprenait pas. Elle avait saisi que l'Homme était un animal de compétition, et qu'il créait des choses juste pour pouvoir crier l'avoir gagné. Le sport n'était qu'une autre excuse. Qu'une autre fierté. Elle se souvient de son père, quand il croyait qu'elle dormait, et qu'il pleurait sur le lit dans les bras de sa femme. Il disait on court depuis la nuit des temps. Sara voulait ajouter : alors à quoi bon être le plus rapide ? Au final, peut-être que tout le respect qu'on leur donnait devrait aller à ceux qui repoussent vraiment les limites de la nature. Ceux à qui ils manquent des jambes, mais qui avancent quand même.
    Elle avait du mal à voir l'exploit dans le fait de battre quelqu'un sans besoin de survie. Mais voilà : Sara n'était pas quelqu'un qui connaissaient les envies animales. Elle n'a toujours été que frêlement humaine, et si on devait faire une analogie, on l'attribuerait sûrement au papillon.
    Un papillon se cache quand il a peur. Quand on lui effleure les ailes, on brise son camouflage trop délicat, papier transparent, écailles infinitésimale ; s'il ne peut plus tromper, il va sûrement décéder.
    Elle a l'impression que cette montagne lui racle sa poussière jusqu'à la cellule. Elle voudrait se fondre dans les murs, dans le sol, s'étouffer dans le sable pour avoir une excuse et sortir d'ici mais elle s'y attendait. Elle avait été dans le déni, avait refusé d'y penser, mais c'était évident. Ce qui la poignardait au cœur, ce qui venait empoisonner ses idées, c'était que Naga prenne part au massacre.
    Elle ne pouvait pas dire non. Elle ne pouvait pas laisser entendre que l'Institut se cachait les yeux derrière pour ne pas voir les films d'horreur que ses citoyens jouaient dans les rues de Pallatine, surtout pas maintenant. Elle avait toujours son sourire. Ce foutu sourire qu'elle arrivait à détester un peu plus chaque jour. N'avez-vous pas dit à l'instant que c'était votre souhait ? Elle était incapable de mentir en parlant d'elle, de dire allez-y, de formuler une quelconque confirmation : elle avait l'impression que ça lui couperait la langue, de trop feindre, de trop se martyriser. Alors elle fait comme souvent : elle ment à demi-mot.
    Et elle pense c'est de ma faute. Le retour à la violence de son ami -oh, elle ne sait pas si elle peut employer ce mot.


    Spoiler:
    ................. JE N'AVAIS PAS VU QUE TU AVAIS REPONDU MAIS JE HURLE JE SUIS DESOLEE BORDEL la prochaine fois crie-moi dessus ok merci ily

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    Re: we don't believe what's on tv ❀ naga
    le Sam 13 Oct 2018 - 12:05
    Telle une plume qui ignore que la brise qui la portait se nourrissait de la force d'un ouragan, Naga ne comprit qu'au dernier moment jusqu'où cette conversation l'amenait.

    « Ce... ce n'est pas la même chose. » s'empressa de corriger Naga.

    Cet enthousiasme envieux se calma d'un coup lorsqu'il se rendit compte que Sara semblait étroitement associer la tendresse qu'il portait à une discipline qu'il avait déjà abandonnée, et la tentation de voir deux corps faits de violence s'entrechoquer sous ses yeux.
    La présence du colosse aux dents carnassières freinait l'expression honnête de sa pensée. Non seulement il aurait été offensant d'avouer que cette atmosphère de bestialité raffinée le mettait à l'aise, en soulignant l'écart qui existait entre cette arène sanguinaire et l'expérience qu'il avait pu connaître dans son propre club de quartier, mais cette fierté souvent mal placée lui inculquait assez de prudence pour le dissuader de s'attaquer aussi peu entraîné l'un de ces bouchers. La douleur qu'il anticipait n'en valait pas la peine.
    C'était dans ses souvenirs que se nourrissait son désir, d'autant plus fort que la nostalgie se manifestait éclatante par les absences qu'il constatait autour de lui. Les coups claquants malgré les protections n'étaient pas ce qui tirait de lui cette envie de se remettre à la boxe, mais ce néant de camaraderie qu'il constatait chez tous ces adversaires. Les sentiments amicaux qu'ils pouvaient se porter l'un l'autre étaient de fait étouffés par cet instinct animal qui les portait à la victoire ou les noyait dans la défaite.
    Était-il si bête ? Ce n'était pas cela que Naga voulait montrer à Sara concernant son ancienne activité.
    Le boxeur l'avait d'ores et déjà rangé dans la catégorie des couards et portait un regard déçu sur lui.

    « Bah, si ça vous intéresse pas... Eh, Jax ! Toi, tu ne vas pas dire non à un combat, non ? »

    Ledit Jax, qui finissait son échauffement, répondit un grognement que le colosse interpréta comme un acquiescement. Il se tourna vers les invités en faisant preuve d'une courtoisie qui ne collait pas à son regard de prédateur.

    « Si vous changez d'avis et que vous voulez voir, on est juste à côté. Vous n'avez qu'à me faire signe, ok ? »

    Naga le trouvait étrangement amical, mais il ignorait si ses a priori sur les personnes qui fréquentaient ce genre de club étaient partiellement infondés, ou si cet homme, en plus de savoir jouer des muscles, était aussi un excellent acteur. Il lui donnait en tout cas la chair de poule.
    Se penchant vers la princesse, qui parmi cet océan de testostérone apparaissait comme le dernier îlot de tranquillité, il lui souffla à l'oreille :

    « Allons-nous en d'ici. On en a déjà assez vus, c'est assez pour aujourd'hui. »

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    Re: we don't believe what's on tv ❀ naga
    le Lun 12 Nov 2018 - 12:18
    can you tell if i'm cold ? if i'm out of daydreams?
    + naga
    Sara trouvait toujours de quoi se culpabiliser dans les distances qu'elle mettait entre ce qu'il se passait et ce qu'elle pensait.
    Avant, ce n'était pas un problème : elle riait quand il y avait matière à rire, elle pleurait quand il n'y avait rien d'autre à faire, elle réfléchissait quand on le lui demandait. Elle a toujours eu cette spontanéité rafraîchissante qui brisait ce quatrième mur qu'on pouvait sentir face à ces gens célèbres, presque d'un autre monde.
    Elle l'avait toujours -rien ne pourra sûrement lui enlever. Elle avait juste un peu changée, au cours des années. Surtout la dernière.
    Les polémiques ne l'avaient pas épargnée, bien sûr que non. Mais au-delà de ces joutes entre diaspora, au-delà de ces piques aux opportunistes, au-delà du réveil d'une violence lascive, terriblement tentatrice, Sara pensait pouvoir s'en sortir indemne.
    Maintenant que les choses se sont calmées, elle se sent terriblement vide -de réponses, mais aussi de questions.
    Alors voilà : la jeune Sara, si optimiste et si plein d'espoir, avait maintenant peur du savoir.
    C'est exactement tout le conflit de ce moment présent. Elle comprenait, supposait ce qu'il se passait ici, mais elle ne voulait pas savoir. Elle ne voulait pas qu'on lui dise c'est vrai ou pire, qu'on nie pour rendre tout plus joli : elle était certaine qu'elle déciderait que c'était un mensonge, et qu'elle n'en imaginerait que de pires choses. C'est ce qu'il se passait avec Naga. Après tout, ce n'était que logique. Le pêcheur semblait si mélancolique d'un passé perdu, gaspillé peut-être, qu'elle ne pouvait s'empêcher de croire qu'il refusait soudainement pour des soucis sociétaux plutôt que personnels. Peut-être aussi avait-il peur, également. Mais Sara n'imaginait pas un instant que sa réponse soit uniquement basée sur sa non-envie de participer.
    Ce que Naga lui dit par la suite la fit rire.
    Un rire fort, clair, qui contrastait avec son expressivité sourde d'auparavant ; un rire soudain, non maîtrisé, qui n'existait que par la nervosité qu'elle ressentait mais qui paraissait si fin, si bon vivant qu'il en était indiscernable des autres. On aurait pu croire qu'on lui avait raconté une blague, ou qu'on lui avait dit un non-sens sans pareil. C'était un rire bref, mais un rire cristallin -qui venait poignarder ce qu'il restait de sain. Vous ne comprenez pas, Naga. Le choix ne m'appartient pas. Elle aurait pu dire nous, mais elle se dissociait de plus en plus de lui à chacun de ses choix. Elle pensait qu'il se douterait à quoi s'attendre. Elle devait avoir tord -ou peut-être estimait-il être trop bien pour mentir comme elle, ou peut-être imaginait-il autre chose pour la si chétive, la si jolie, la si innocente Princesse Améthyste. Ah, comme il devait tomber de haut. Mais partez donc, si c'est ce que vous désirez. Elle continuait de chuchoter juste assez pour qu'il l'entende. Pour qu'il comprenne : elle est honnête en évitant de dire les vérités qu'il ne faut pas savoir.
    Elle n'attend pas plus -elle trouvera une excuse, si jamais il décide réellement de s'en aller. De s'enfuir. De l'abandonner. Parce que c'est ça qu'on voit, dans ses mots froids, désillusionnés, dans ses mains qui s'accrochent à ses accoudoirs, dans le mouvement hâtif de son fauteuil. Elle rattrape les combattants, les accompagne comme un espèce d'arbitre, un genre d'entité supérieure, un ange peut-être. Messieurs, peut-être pourriez-vous me montrer un peu de sport ?
    Ah. Quelle comédie.

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