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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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I have crippling depression [Feat Dimitri Kovalevski]

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Encore une phase dépressive. Katarina était épuisée, malheureuse, alcoolique et affalée sur son lit, le visage neutre devant son écran d'ordinateur. Elle parcourait Chronosrep.net de long en large sans vraiment faire attention à ce que son écran affichait réellement. Son esprit était vide, envahi seulement par une mélancolie amer. Ce n'était pas si mal de déprimer ainsi, d'être vide, elle n'était pas stressée quand elle regrettait le passé. C'était déjà ça.
Aujourd'hui elle avait eut la flemme d'aller chercher et l'alcool et le chocolat, donc elle avait décidé d'embarquer sa bouteille de Baileys (histoire d'avoir l'alcool et le goût du chocolat en même temps) dans sa chambre et avait comme objectif de la vider avant minuit. Elle était déjà un peu pompette quand son regard se posa sur le pseudo de son ami Dimitri (qui par ailleurs avait encore changé). Elle avait alors décidé lui envoyer un message. Il ne fallait pas qu'il voit qu'elle allait mal, sinon, il aurait encore débarquer dans son appartement et aurait jeter son alcool et tout ses objets tranchants. Joyce aurait râlé, forcement, parce qu'il aurait fallu racheter tout les couteaux. Ou les récupérer dans la poubelle et les laver. Mais en général, Katarina les rachetait car elle était un sac à patate en matière de tache ménagère. Il fallait donc faire croire à Dimitri qu'elle allait bien. Elle avait juste envie de parler à un ami après tout, rien de bien compliqué.

« La vie c'est de la merde, un jour j'me tuerais »

Bon d'accord, Katarina n'étais pas très douée pour faire croire qu'elle allait bien. Du coup Dimitri avait débarqué dans l'appartement, il s'était mis à crier et forcement, elle, elle avait crié aussi. En russe, pour que Joyce ne comprenne pas. Mais Joyce était quand même sortie de sa chambre pour leur crier un « VOS GUEULES » magistral. Katarina lui avait répondu (en russe) d'aller se faire foutre. Mais Joyce ne comprenait pas le russe. Alors elle les avait tout les deux foutus dehors.
De fil en aiguilles et à force d'errer dans les rues en échangeant des anecdotes déprimantes sur leur vie respectives, Katarina avait eut une idée brillante, sans doute inspirée par les grammes d'alcool encore présents dans son organisme. Elle avait donc coupé en plein milieu de la conversation pour proposer son plan.

« Oui, Dimitri, ton frère est un connard...Bon, et si on allait ramasser des pigeons morts dans le hangar ? »

Dimitri avait du lui lancer un drôle de regard puisqu'elle se sentit obligée de se justifier.

« Pour réfléchir au sens de la vie, se questionner sur notre propre mort et sur la vanité de l'existence humain. Je pense que cela me serait très bénéfique. »

C'était pas tellement plus clair mais elle ne lui laissa pas le temps d'exprimer sa potentielle incompréhension.

« De toute façon, nous y sommes presque, c'est à deux minutes de marche environ, puis on ne dit pas non à une lady ! Puis tu m'a fait sortir alors que j'avais pas envie, c'est de ta faute si Joyce nous a virés! Donc laisse moi m'amuser d'accord!»

Elle ne lui laissa pas le temps de dire non. Quand Kat' est un peu ivre, elle laisse rarement le choix aux gens. Elle l'avait pris par le poignet et l'avait entraîné presque de force (ou bien il se laissait faire par pitié pour elle, au choix) dans la zone désaffectée. Une fois postés au milieu du terrain vague, elle avait écarté les bras et s'était mise à rigoler pour rien.

« Délabré et abandonné, comme ma vie sentimentale ! »


L'idée lui vint qu'elle aurait du amener sa caméra avec elle. Une chasse au pigeon mort aurait fait un bon vlog. Du moins c'est ce qu'elle pensait après avoir vidé les trois quarts d'une bouteille de liqueur (sérieusement, ne faites pas de vidéos quand vous êtes bourrés, vos employeurs peuvent voir après, votre famille et vos enfants vous jugerons). Elle se tourna vers Dimitri et lui adressa un grand sourire.

« Celui qui perd doit payer un coup à boire à l'autre, ça te va ? »
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Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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À travers l'écran, ce ne sont pas ses yeux qui se reflètent, ce sont ses cernes - deux courbes noires et profondes sur une peau blanchâtre qui suivent le trait de ses yeux sombres. Comme si toute trace d'âme avait disparu dans les méandres d'internet, ou bien avait été aspirée par la fatigue qui lui tiraille la cornée. Peut-être cesse-t-on d'exister dans le monde réel lorsque notre cerveau se plonge dans la virtualité incomplète d'un écran. Dimitri n'est plus, ou n'est plus que pur esprit, à mesure que, frénétique, sa main navigue de page en page, gorgeant son cerveau d'informations inutiles brassées sur le tas, destinées à lui faire oublier la détresse de son existence. Il serait critique, sans doute, s'il n'était déjà brisé ; Dimitri ne croit plus en l'intelligence, en tout cas la sienne, et croit vivre dans un monde où la métaphysique a déjà fini le champ du cygne. Il ne comprendra plus l'art ni la philosophie, tant que la traîtresse technologie viendra se positionner entre lui et les sphères supérieures de l'intellect que l'on appelle culture.
Les autres, ce n'est pas la même chose, et ce pessimisme apocalyptique que Dimitri s'inflige - dont il s'afflige en même temps - ne semble pas les concerner. Probablement parce que le rempart de l'altérité le coupe de cette racine de sensibilité d'où proviennent les rêves comme les doutes, et qu'il a l'impression d'être le seul à exister. Ces pantins de chair et de sang s'animent mécaniquement sous ses yeux, débordants d'une vie qui semble surpasser la sienne. Car contrairement à lui, ils ont droit à la vie - une certitude que Dimitri transforme en arme lorsqu'il rencontre quelqu'un de plus désespéré que lui.

(comprenez qu'ils n'ont pas le droit d'être plus brisés que lui, car au fond, tous sont innocents, alors que lui, lui a commis le suprême crime, celui pour lequel Dieu darde sur vous son regard impassible en silence)

Il suffit d'un message de détresse pour que Dimitri s'anime à son tour, de colère. La haine qu'il porte au suicide s'explique par la propre faiblesse dont le jeune homme fait preuve face à une mort que, malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à désirer, alors même qu'il est le premier à la mériter, il le sait fort bien. Il ne peut pas comprendre que des innocents puissent tendre à l'idéal que le coupable admire sans oser s'y avancer. Chacun fait face à des difficultés, Dimitri le sait bien, mais on attend de chaque humain qu'il soit capable de surmonter les obstacles qui se dressent sur sa route - ce qu'il a fait, à chaque fois, avec une bravoure qu'il pense ne plus jamais être capable de solliciter.

(évidemment, tout cela est bien plus facile que de regarder en face l'attachement que l'on peut ressentir pour des personnes que l'on ne voudrait pas voir nous quitter)

Il en a dit, des choses, lorsque Kat a été forcée de lui ouvrir la porte - tant il tambourinait comme un fou. La retenue manque à Dimitri lorsqu'il s'engouffre dans l'appartement avec la ferme intention de mettre au rebut tout objet pointu ou menaçant qui pourrait mettre un terme à la vie de son amie. Violent comme un ouragan, bourrasque de vent qui se dirige d'instinct vers la cuisine, là où il sait que se trouve le véritable danger, ces instruments métalliques aux belles couleurs argentées et puis je t'ai déjà dit de prendre des couteaux lisses ! rappelle-t-il en s'égosillant. Dimitri voudrait en dire plus, mais Kat lui barre le passage, elle aussi crie, elle réplique, mais il n'entend pas ses arguments, car qui voudrait s'intéresser aux excuses suicidaires d'une alcooliques ? Dimitri attaque, Dimitri protège, sans compassion, sans délicatesse, c'est pour ça qu'il détruit - comme il a détruit son frère, même si ce n'était pas vraiment lui. Il détruit également la paix de ce foyer, lorsque la colocataire les met brusquement dehors, et il comprend qu'une fois de plus, il a merdé.
C'est sa colère qui est en cause, Dimitri s'énerve trop vite, car toute la violence qu'il n'exprime pas par les gestes, il la place en ses mots. Les poings se crispent plutôt que de frapper ce qu'il aime - et tant pis pour le reste, qu'il succombe à ce déluge furieux que Dimitri entretient dans son cœur. Il se sent plus calme lorsque Kat et lui se retrouvent dans la rue, et le détour lugubre que prend leur conversation apaise en partie l'orage qui dort en lui. Il a l'occasion de parler de son frère, par détour, sans prononcer son nom, simplement pour exprimer l'amertume que ce dernier suscite en lui - taisant l'amour profond qu'il lui porte et qui l'étouffe aussi.

(on ne sait plus trop ce qui les répare et les abîme)

Ton frère est un connard, allons ramasser des pigeons.
La phrase est incongrue, indifférente, insensible - et cette idée saugrenue qui vient clore le festival de cruauté qu'une toute petite phrase sait contenir. Dimitri ne sait pas s'il est choqué par le peu d'intérêt dont Katarina fait preuve face à une énième séance de plaintes sur son frère, ou si l'idée de ramasser des pigeons morts le dérange un peu. Les cadavres éveillent en lui des scènes froides et sanglantes, aussi pesantes qu'un corps brusquement privé de vie qui tombe dans vos bras - dont vous sentez la chaleur partir alors que vous tentez vainement de lui communiquer la vôtre. Mais ce ne sont que des pigeons, et le jeune homme n'a que mépris pour ces animaux à la vie dépourvue du moindre sens. Il a conscience que la sensation entre ses doigts sera différente, qu'ils seront froids et durs, en attente d'une sépulture qui leur sera de toute façon refusée.
Le temps pour lui de se décider quel sentiment domine en lui, Kat a tôt fait de lui expliquer pourquoi il devrait céder - quoique la notion d'amusement qu'elle brandit à propos de cette activité macabre a de quoi déranger. Mais la meilleure raison reste encore cette main sur son poignet qui le pousse en avant avec une force que l'alcool avait probablement renforcée - mais ce n'était là que le moindre de ses vices. Dimitri n'a pas refusé. Les mots qui lui auraient servi à négocier un retrait stratégique se sont effacés de sa pensée. Il n'aurait sans doute pas eu le temps de dire non : tout juste un attends qui espère moins ralentir que d'apaiser la tension que Kat inflige à son bras qui se meurtrit sous sa poigne. Mais il est déjà trop tard.
Le terrain vague s'étend à perte de vue, mais elle les emmène délibérément en son centre, comme pour mieux en profiter. Dimitri n'a jamais compris cette obsession du milieu, alors même que les angles donnent une bien meilleure vue, mais il suppose que l'envie d'être le centre du monde se superpose à une centralité spatiale que l'œil humain place approximativement là où ça lui semble être le mieux. Kat compare l'endroit à sa vie sentimentale, mais Dimitri se montre plus critique.

« Abandonné, je sais pas trop, t'as vu comment c'est fréquenté, par ici ? »

Il fait référence aux pigeons plus morts que vifs qui recouvrent à intervalles irréguliers le sol. Cette concentration intrigue Dimitri, qui songe que l'air est assez nocif pour les tuer, mais il est rassuré de voir Katarina faire preuve de positivité, pour changer, qu'il se dit que cela vaut bien le coup de risquer ses poumons pour les retirer. Il ne se sent pas trop enthousiaste à l'idée de les toucher, mais il faut bien que quelqu'un se dévoue à les débarrasser.
Sa motivation change du tout au tout lorsque Kat propose que le perdant paie à boire. Les yeux sombres s'écarquillent à l'idée du trou qui se creusera dans son budget si jamais il perd. La jeune femme a une sacrée descente et semble ne jamais en avoir assez. Dimitri a du mal à la suivre. Il ajoute, méfiant :

« Uniquement si tu perds. »

Il ne donne pas de contrepartie - il ne veut pas s'engager, et pour éviter de répondre de son geste, il s'éloigne rapidement vers le premier pigeon.
Dimitri a déjà vu des oiseaux morts, mais il n'a jamais pris la peine d'en regarder un de plus près. L'œil rond reflète le mouvement de son corps lorsqu'il s'agenouille, ce qu'il trouve particulièrement répugnant. Le plumage est bien lisse, de ces couleurs irisées qui lui donnent la nausée - Dimitri y trouve le rappel du vert particulier des ordures ménagères qui s'entassent dans les rues en attendant la collecte des déchets. La raison de la mort ne saute pas aux yeux - aucune poche de sang ne s'est formée sur les plumes et sur le sol, et le pigeon a l'air plus épuisé que souffrant. Mais il est bien mort, car il n'a pas bougé.

(bon, il va falloir le toucher)

La main se tend, dégoûtée, vers ce corps décédé qui se décompose sur place. Ne s'intéresse pas à la texture ni au poids de la chair morte sous les plumes lui chatouillant la paume. Se ferme à la légère odeur cadavérique qui émane de ce déchet organique. Ignore le coulé du corps qui s'adapte à ses doigts fermés. Ne pense qu'à le ramener à leur point de rendez-vous, afin de prouver que Dimitri aussi est courageux.
Mais lorsqu'il ramène son premier pigeon, il a l'occasion de remarquer qu'elle se montre bien plus rapide que lui.

hrp:
pardon, je croyais avoir répondu, en fait, j'avais juste oublié de poster le rp, quel boulet. face palm


14 février:

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« Abandonné, je sais pas trop, t'as vu comment c'est fréquenté, par ici ? »

Katarina fronce les sourcils, ne parvenant pas à déchifrer immédiatement le sens de la phrase. Encore emmêlée dans sa comparaison, elle croit que l'ami Dimitri parle encore de sa vie sentimentale. Elle croise les bras, mécontente.

« Traite moi de traînée, tant qu'à faire, je dirais rien, hein... »

Puis soudain, l'illumination divine. Dimitri parle des pigeons. Katarina se sent très conne. Bon, heureusement, il n'a pas l'air d'avoir entendu, puisqu'il répond à sa proposition sans rien laisser paraitre.

« Uniquement si tu perds. »


Moui, cela semble juste, Dimitri étant fauché et ne faisant en plus parti d'aucune diaspora pour compenser cela. La jeune femme hoche la tête, visiblement satisfaite. Elle voulait surtout passer du temps avec son ami après tout, puis ce qui est amusant dans un jeu, c'est la possibilité de perdre selon elle. Elle tourne ensuite la tête et est surprise de constatée le nombres de cadavres de pigeons qui jonchent le sol. A ce rythme, si il trouvaient une cargaisons de barils fuitant un liquide fluorescent, ce ne serait pas étonnant. Elle commence sa chasse répugnante, en ramasse un, puis deux, puis trois, sans sourciller. Avec l'aisance que l'apathie dépressive lui confère. En d'autre temps, elle n'aurait même pas oser regarder ces dépouilles qui avaient autrefois été des animaux. C'est bizzard la mort, vous étiez un humain à la peau douce et chaude, au cœur battant et aux yeux étincelants, et après, vous êtes cette chose raide, froide comme la pierre et vide de tout. Un véritable néant.

Katarina secoue la tête, elle n'a pas envie de replonger dans le désespoir. Elle tourne la tête vers Dimitri, qui semble hésiter longuement à saisir son premier pigeon. Pesant le pour et le contre. Ah, si il croit gagner comme ça...

« Tu crois que les pigeons, c'est comme les éléphants, qu'ils viennent tous ensemble crever à un endroit et tout ? »

Elle semble réfléchir sérieusement à cette idée fantaisiste, imagine un instant des pigeons habillés en noir, pleurants autour d'un cercueil et éclate d'un rire macabre. Puis son rire s'arrête, s’évanouit aussi vite que cette vision ridicule. Son regard reste perdu dans le ciel et elle se sent soudain envahie d'un immense désespoir. Elle soupire, ramasse le pigeon à ses pieds au moment même où Dimitri arrive, manque de peau. L'état de décomposition est trop avancé, l'animal vide littéralement ses tripes sur le sol et éclabousse au passage la robe de la jeune russe. Elle marque un silence avant d'éclater de rire tellement la situation lui semble soudain surréaliste. Puis elle se reprend, renifle. Se calme. Inspire, expire. Puis le désespoir revient.

« Dis, Dimitri, tu crois que l'on peut manquer à quelqu'un qui nous déteste ? »

La question est posée sur un ton très sérieux, d'une vois étrange. Katarina a l'impression de parler avec sa voix d'avant. Sa voix de jeune femme aristocrate. Elle ne reconnaît pas cette voix. Mais cette perte de repère ne la dérange pas. Si tout fout le camps c'est que tout va bien.

Cependant, elle hésite à continuer. Comme elle craignait que les mots même lui transpercent la gorge.

« Je...Enfin...Je me demandais si je manquais à mes parents. En fait, ce serait mieux que non. Car si je leur manque...Et bien, la personne qui leur manquerait n'existerait tout simplement pas. Ils me voit comme une jeune fille sage et bien élevée... »

Elle désigne le pigeon mort à ses pieds et sa voix s’empreint soudain d'amertume et de colère.

« Mais putain, tu vois bien que c'est faux, que je suis déglinguée, que je sert à rien...Comment une personne comme moi peut manquer à qui que ce soit ?! »

Elle avait cracher chacun de ses mots, jetant sur Dimitri une colère qui ne lui était pas destinée. Colère contre ses parents, contre l'aristocratie, contre son époque, mais surtout contre elle-même.

« Tu crois que tu manque à ton frère, toi ? Je veux dire, ton vrai toi, pas le toi qu'il voudrait que tu sois. Ton toi déglingué... »

Elle croise son regard avec ses yeux larmoyants, Katarina est perdue. Comme une petite fille qui cherche des réponses. Une petite poupée cassée qui voudrait tant être réparée. Puis un éclaire de lucidité la traverse, elle essuie ses larmes et soupire. Sa question était incongrue, Katarina sait que Dimitri n'aime pas parler de son frère de cette façon. En fait, elle n'aime pas non-plus parler de ses parents de cette façon. Elle regrette déjà de l'avoir fait.

« Pardon. Oublie-ça. C'est l'alcool, c'est tout... »

HRP:
No prob, t'inquiète  Nice
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Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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Même pour un mauvais perdant, il est des batailles qu'on n'a pas envie de mener. Celles qui impliquent plus que de courage : de surmonter une répugnance instinctive, alimentée par des souvenirs sanglants, lorsqu'on sait que le geste réminiscent ranime des délires cauchemardesques. Ce n'est qu'un pigeon, un petit oiseau insignifiant. Entre les mains de Dimitri, ce petit corps se transforme en totem de toutes ses craintes et de toutes ses horreurs, ce n'est qu'un prétexte - mais qu'est-ce qu'il est puissant, il l'entraîne dans les méandres d'un passé tortueux où il a déjà fait connaissance de la sensation de la mort et s'en sent définitivement touché.
Et c'est à cela qu'il sait que Katarina n'a pas tué - parce qu'il serait impossible, pense-t-il, que quiconque ayant fait une expérience aussi déchirante en ressorte aussi indemne. Il ne veut pas se dire qu'une indifférence aussi morbide cache des abîmes de détresse aussi profonds que les siens. L'ignorance est si pratique, elle l'aveugle, elle lui fait croire que Katarina pourrait être sauvée par la simple force de sa volonté, parce qu'elle a forcément vécu moins pire que lui - et lui fait méconnaître tous les symptômes de cette dépression qui se peint en lettres douloureuses sur le visage de la jeune Russe.
Dimitri parcourt bien plus rapidement les quelques pas qui le sépare du centre supposé de la décharge, précédé de se décharger de son fardeau. Le soulagement est palpable alors qu'il ouvre enfin la main et laisse tomber le corps - un de moins. Il n'a pas encore remarqué que celui de Katarina se vide en un amas sombre et gluant dans sa main.

« Parce que les éléphants, ça crève en groupe ? s'étonne-t-il. On voit bien que le meurtre de masse a pas été inventé chez eux, c'est trop glauque. »

Il accuse, Dimitri, mais il fait partie de ceux qu'il accuse par la même occasion - quand il peut se compter dans le lot des coupables, il ne manque jamais une occasion, c'est plus fort que lui. Il ne serait probablement pas aussi opposé aux guerres, aux conflits en tout genre, et surtout aux révolutions - plus grande connerie que l'humanité ait inventée. Mais alors que son regard glisse sur le pigeon en décomposition, il se dit que la chasse aux pigeons occupe sans doute la deuxième place de ce podium improvisé. La scène est répugnante, il préfère ne pas la regarder, mais elle reste plus supportable, car c'est un spectacle auquel il n'a jamais vraiment assisté.
Dimitri rassemble son courage pour partir à la recherche de son deuxième pigeon. Pour ne pas perdre de temps, il ordonne à ses pieds d'avancer, parce qu'il sait qu'il hésitera un peu face au prochain. Il doit se forcer à ne pas aller trop loin. Mais il trouve, dans la question que Katarina lui lance, un prétexte tout trouvé pour s'arrêter.
Et comment aurait-il pu faire autrement ? La question résonnait si parfaitement avec son âme qu'il n'a pas pu s'en empêcher. Cette question, il l'aurait pu se la poser d'ailleurs, mais à sa grande surprise, Dimitri se rend compte qu'il ne s'est jamais demandé s'il avait manqué à son frère. Il avait compris récemment que ce dernier ressentait de la culpabilité à son égard - mais cela ne voulait pas dire que c'était par amour pour Dimitri que ce sentiment était né. Peut-être le poids du crime suffisait-il à expliquer ce comportement perturbé qu'il avait pu observer chez son aîné. Mais Dimitri n'a jamais remis en question le manque de sentiments d'Ilya à son égard - car à ses yeux, il a toujours été évident qu'ils étaient ou inexistants ou négatifs. Du coup, il ne sait pas ce qu'Ilya pense vraiment de lui.
Dimitri se rend compte rapidement que la question ne lui est en vérité pas destinée : Katarina avoue s'interroger sur les sentiments de ses parents. Il peut alors contempler le gouffre qui existe entre elle et lui, cette différence de situation entre tous les deux qu'elle ne semble pas relever. La seule ressemblance entre eux tient à ce dégoût prononcé que leur propre personne semble provoquer. Là, Dimitri comprend ce qu'elle ressent, et il sait que ça ne servirait à rien de lui dire qu'elle se trompe, parce que les mots ne sauraient calmer cette infériorité ardente. Il la laisse déverser sa haine, elle en a bien le droit, après tout, il fait tout le temps ça avec elle.

« Je crois que tu te trompes. » dit-il enfin. « Je pense qu'au fond, tes parents t'ont aimée. Ils ont peut-être aimé une image, mais ils avaient de l'amour pour toi. Moi... je suis même pas sûr qu'ils m'aiment vraiment. Ils ne m'auraient aimé que si j'avais accepté de ressembler à ce qu'ils voulaient que je sois. Ils ont tout de suite su que j'étais claqué. J'étais un poids pour eux, une honte, alors que toi, t'as au moins pu donner le change. Alors oui, tu dois leur manquer. »

Dimitri veut absolument que Katarina soit la fille (mal) aimée et lui le garçon rejeté, parce que ça l'arrangerait, ça lui donnerait une supériorité dans le malheur qui justifierait tous ses comportements violents et abusifs. Il aime ce moment qu'il est en train de partager avec elle. Leurs trajectoires ne sont pas tout à fait parallèles, mais elles sont très semblables, assez pour qu'il se sente en confiance avec elle. Il peut rire et pleurer et se mettre en colère et se consoler sans ressentir la morsure honteuse de sa faiblesse, et ça lui fait un bien fou. Seulement, ce moment ne semble pas réciproque et Katarina, reprenant ses esprits, excuse l'alcool qui la fait divaguer. La colère monte immédiatement en Dimitri, qui se sent trompé. Il voudrait avoir quelque chose dans les mains pour pouvoir le jeter. À la place, il se précipite vers elle et se met à la secouer comme un prunier :

« Putain, mais arrête l'alcool, ça va te crever pour de bon. »

Bon, là, c'est plutôt Dimitri qui risque de la tuer, mais il arrête bien vite. Il lui lance un regard noir, qui illustre l'étendue de sa colère, mais il apprécie suffisamment Kat pour se retenir de la frapper. On ne peut pas dire qu'il soit raisonnable, il a juste peur de casser ceux qui sont assez proches de lui pour le toucher. Dans ces conditions, prendre un pigeon dans ses mains devrait être beaucoup plus facile.
C'est ce qu'il se dit, mais quand l'affreuse sensation de cadavre effleure sa peau, il ne peut s'empêcher une grimace. À présent qu'il l'a touché, il n'a d'autre choix que de céder à son envie de s'en séparer en le jetant sur sa propre petite pile. Les deux pigeons que Dimitri a ramassés se distinguent aisément sur le pavé, mais ceux de Katarina sont déjà assez nombreux pour ne plus pouvoir être facilement dénombrés. La grimace, que son élan de colère a éveillée en lui, s'accentue devant ce spectacle :

« T'es vraiment cinglée pour ramasser les pigeons comme ça, à mains nues, commente-t-il avec dégoût. C'est un truc que tu faisais souvent chez toi, les pigeons, ou alors t'as juste aucun problème avec les trucs morts qui traînent dans les décharges ? » demande-t-il enfin sans la moindre délicatesse.

Lui en a assez. Il n'a franchement pas envie d'en ramasser davantage, mais il ne veut pas non plus abandonner. Dimitri attend que son adversaire lui reconnaisse sa défaite, qui de toute façon est inévitable. Il se frotte nerveusement les mains, comme s'il pouvait enlever tous les miasmes dont elles regorgent. Ce spectacle, écœurant, cette déception, furieuse, lui donne envie de mettre un coup de projecteur sur Katarina, de la forcer à se confier sur ses plus dangereux secrets, sans raison, si ce n'est d'équilibrer cette relation où il se sent sur l'instant lésé.


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Kat écoute sans rien dire le discours de son ami. Les yeux baissés, vides. Ses parents l'auraient aimés, hein ? Elle essaye un instant de s'en convaincre, l'idée lui plaît bien tiens...

Puis une douleur vive sur la joue lui revient en souvenir. Une fois, deux fois, trois fois, tellement qu'elle n'a plus compter à force. Elle se rappelle l'enfermement dans sa chambre, les crises de paniques, les supplices sans réponses, à son père, à sa mère, à Dieu. Ce putain de Dieu qui n'a jamais répondu. Elle se rappelle sa mère, pleurant lorsqu'elle hurlait...

Elle pleurait pour Kat ?

Peut-être oui, sa mère au moins l'aimait peut-être. Puis elle se souvient de son sourire hypocrite lorsqu'elle lui montrait le vieillard qui partagerait sa vie et l'engrosserait d'un enfant dont elle ne voulait pas, qui violerait son intimité sans vergogne, qui la traînerait dans la boue, la briserait suffisamment pour en faire sa chienne. « N'est-ce pas un homme charmant ? », c'est tout ce qu'elle avait trouvé à dire.

Katarina n'est plus sure de rien. Elle voudrait croire que Dimitri a raison, mais rien à faire, l'idée refuse de faire son chemin. Trop peu de preuves à l'appui, le dossier est classé sans suite. Elle se frotte la joue instinctivement. Puis soudain, sans qu'elle comprenne trop pourquoi, Dimitri la prend violemment par les épaules et la secoue comme un forcené.

« Putain, mais arrête l'alcool, ça va te crever pour de bon. »


Elle fronce les sourcils, ne comprenant pas vraiment d'où vient cette colère soudaine. Elle n'a pas la force d'affronter ça. Elle n'en a pas l'envie. Tout de suite, elle voudrait que Dimitri se la ferme, baisse les yeux comme elle et vide son sac une bonne fois pour toute sur son passé pour qu'elle puisse le faire avec lui. Mais elle sent une barrière, quelque chose qui l'en empêche, quelque chose qui la répugne. Elle aime bien Dimitri pourtant, mais elle a toujours senti en lui quelque chose qu'elle ne supportait pas quand elle lui parlait de ses malheurs.

« T'es vraiment cinglée pour ramasser les pigeons comme ça, à mains nues. C'est un truc que tu faisais souvent chez toi, les pigeons, ou alors t'as juste aucun problème avec les trucs morts qui traînent dans les décharges ? »

Colère. Une boule de colère se forme dans sa gorge. Une bourrasque, quelque chose de si intense qu'elle n'arrive pas à le maîtriser. Elle aurait accepté cette remarque de n'importe qui. De ses parents, des membres de l'institut qui l'avaient examinés comme un cobaye, de son « futur mari », de n'importe quel autre connard, mais pas de lui. Pas de Dimitri.

D'un geste violent, elle le pousse en arrière, d'une force qu'elle ne pensait pas avoir et se met à crier. Hurler peut-être, elle ne sait pas, elle ne sait plus. C'est juste la colère qu'elle ressent.

« Tu veux savoir ? Ouais, je faisait ça tout les jours, et je les bouffaient crus pour le petit déj' ! C'est pour ça que mes gentils parents qui m'aiment très forts voulaient me foutre chez les dingues ! Mais ça doit être ça, l'amour, hein, loin des yeux près du cœur comme on dit ! »

Elle jette violemment ce qui lui reste du corps de pigeon sur le sol, un craquement sinistre se fait entendre. Sa respiration est sifflante, elle peine à trouver son souffle.

« Tu sais c'est quoi ton putain de problème ? Tu veux toujours me dire que ça va, que tout va bien pour moi. Mais non, ça va pas. Et c'est pas en le répétant que ça deviendra vrai ! Tu veux savoir pourquoi je bois ? Pour oublier ! Tu veux savoir pourquoi je ramasse des pigeons crevés ? Parce que j'aimerais être à leur place ! Et tu sais pourquoi je te gueule dessus ? Parce que tu me fais chier à vouloir être le plus malheureux du monde, c'est pas un putain de concours ! »

Katarina n'arrive pas à calmer sa colère. Elle déglutit, ses poumons la brûle, elle regrettera ce qu'elle est en train de dire, elle le sait pertinemment, mais elle n'y peut rien.

« Tu vois, je croyais que toi au moins tu m'écouterais sans me juger comme un con, mais t'es pas différent de mes parents ou même de ton frère, tu veux que tout soit parfait autour de toi selon tes petits critères mesquins, et si quelque chose ne te convient pas, tu jette ! Je sais pas si c'est typiquement russe mais c'est typiquement con ! »

Elle se met à pleurer comme une madeleine, renifle comme un bébé, essaye d'essuyer son visage en vain. Elle se sent meurtrie, blessée, humiliée par Dimitri. D'autant plus qu'elle le considérait comme son ami, presque comme un confident. Bien sur, elle connaissait ses piques de colères, ses petites crises mais là, quelque chose bloque, quelque chose en elle a explosé. Elle peine à comprendre. Elle essaye d'essuyer une fois de plus son visage couvert de larme, de reprendre sa respiration. Peine perdue. Elle finit par s'effondrer sur le sol comme la petite poupée cassée qu'elle est.

« C'est...C'est pas de ma faute, m-moi, si j'suis nulle... »

Elle renifle, ramène ses genoux contre sa tête, reste prostrée, misérable. Elle se sent misérable, à jeter, à détruire. A exterminer comme un nuisible. Elle se sent soudain plus proche que jamais des pigeons morts qui jonchent le sol.

« P-puis toi aussi t'es n-nul avec tes remarques à la con... »
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Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
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Sous ses doigts, Katarina n'a pas résisté, elle l'a laissé approcher, elle l'a laissé se saisir d'elle, elle l'a laissé la secouer. Mais cela ne veut pas dire qu'elle n'a pas bronché. C'est le lot commun de tous les êtres vivants que de réagir, et si elle ne rejette pas sa poigne, c'est que les mots plus que les actes l'ont blessée. Dimitri pourrait voir, peut-être, les signes lents de cette colère qui gonfle en elle, symétriques aux siens dans leur intensité, s'il ne considérait l'instabilité de son amie comme la raison qui dicte ses gestes et qui par la même la discréditait. Il a beau l'apprécier, Dimitri se sent souvent désemparé par ses comportements suicidaires, qui vont à l'encontre de ce qu'il croit devoir penser - que la vie est forte et qu'elle doit toujours l'emporter.
Le choc l'emporte en arrière, et il comprend très vite ce qui l'a causé. Il vacille, un peu, recule d'un pas ou deux, mais ne se laisse pas tomber - il ne peut pas perdre la face, pas alors qu'il est responsable de l'explosion qu'il a causée. Dimitri trouve cela beau, la colère, lorsqu'elle éclate de tous les côtés. Il pense qu'il n'existe pas d'émotion plus honnête et spontanée, par le dévoilement qu'elle provoque chez ceux qui, dans une autre situation, se serait drapés dans leur dignité. Il en oublierait presque que les paroles de Katarina lui sont destinées, qu'elles accusent sa grandiloquente tendance à se victimiser. Elle a raison reconnaît une petite voix de ses pensées. Dimitri ne l'aurait jamais reconnu avant d'avoir vu Ilya tout retourné à Pallatine - ses perspectives sont inversées, et il se dit que, peut-être, ils sont deux à partager cette douleur. Mais très vite, cette petite voix se tait, anéantie par l'indignation qu'il ressent à l'idée de se voir justement critiquer. Il essaie d'en placer une, mais avec Katarina qui laisse libre cours à sa colère, il n'arrive pas à dire grand chose. Dimitri brûle pourtant de se justifier, de lui faire comprendre qu'il n'est pas seulement inférieur, mais aussi cassé, que ce n'est pas sa faute s'il n'a pas su remplir les attentes que les autres se font de lui et d'ailleurs, même elle, il l'a déçue. Mais il a le sentiment que tout cela ne servirait pas à grand chose.
Il pourrait exploser à son tour, il n'attend que l'occasion idéale de renchérir, et ne bredouille pour le moment que des syllabes erratiques qui prouvent surtout qu'il ne sait pas par où commencer. Mais il en a marre, Dimitri, de cette vie où il finit toujours par être le coupable, pourquoi toujours lui, il est sûr que Katarina en a davantage après ses parents qu'après lui, mais c'est lui qui prend, et de son point de vue, c'est tout sauf juste. Il a beau savoir que son point de vue est probablement erroné, et qu'il aurait besoin d'être seul et à tête reposée pour tranquillement analyser la situation, Dimitri n'en reste pas moins profondément indigné.
Mais, chose imprévue, Katarina se met à pleurer, et la culpabilité l'emporte sur la colère, car Dimitri sait être la cause de ce déluge salé.

« Allons, allons... » réussit-il enfin à dire avec maladresse.

Mais il ne fait aucun effort pour la consoler, ce n'est pas la peine, il ne sait pas comment on fait. Il se sent mal à l'aise de l'observer se répandre en flots devant lui, preuve qu'il l'apprécie malgré tout, car cette preuve de faiblesse ne parvient pas à l'irriter.

« C'est que... » commence-t-il avant de s'arrêter brusquement.

... t'es juste trop bizarre a-t-il failli dire dans un moment d'honnêteté. Dimitri ne sait pas vraiment ce qui a pu se produire dans le monde de Kat, si ce n'est que sa famille lui a foutu la pression au point de la faire craquer - mais comme lui a résisté, et que contrairement à elle il ne s'est jamais demandé s'il avait été aimé, Dimitri pense qu'il est ressorti plus fort d'une situation plus compliquée. Et surtout, il a la certitude qu'elle n'a jamais ployé sur le point de sa propre et immense faute, qu'elle a toujours été innocente des crimes qui lui ont été attribués - et cette différence, fondamentale, creuse entre eux un fossé qui séparera à jamais Dimitri de ceux qui n'ont jamais fauté - et qui, enfin, le rapproche de ce frère si maladroitement détesté.

« Rah, putain, je sais que j'suis nul, t'avais pas besoin de le rappeler ! »

Une personne normale aurait probablement pris la remarque avec le sourire et aurait saisi l'occasion de s'excuser. Mais cela dépasse de loin les compétences de Dimitri, qui ne peut s'empêcher de paraître un peu irrité lorsque, pleurant encore, elle trouve le moyen de les mettre dans le même panier. Mais on le sent moins agressif par la même occasion, ce Dimitri qui a bien été mouché - on sent juste qu'il a été vexé parce qu'il a entendu et frustré par ses difficultés à s'exprimer. Il se sent libre de toutes les horreurs face à son frère, même si ce dernier ne les a pas méritées, mais face un tiers qu'il sait avoir blessé, il se montre plus prudent, mais pas moins dangereux pour autant. Mais au moins peut-il encore l'accuser, ce dont il ne se prive pas :

« C'est un peu ta faute, aussi, tu parles jamais, réplique-t-il. Et quand tu parles, on sait jamais si t'es sérieuse. Parce que... » Dimitri hésite un peu, mais il se lance quand même. « quand t'as bu, par exemple... enfin voilà. Genre, je sais même pas si t'étais vraiment sérieuse pour ces pigeons ou si c'était juste une façon de te moquer ! »

Il se montre plus incisif sur la fin, trouvant brusquement l'inspiration dont il a besoin pour achever sa tirade, car effectivement, avec tout cela, il n'a toujours pas compris si elle a déjà joué avec des pigeons auparavant ou non. La question l'intrigue plus qu'il veut bien l'avouer, il aimerait bien savoir quand est-ce que toute cette folie a commencé. Surtout que ça lui évite de penser à autre chose, et que cela détourne Katarina de la véritable souillure de son âme blessée.
Il s'accroupit face à elle, toujours sans la toucher, et la stabilité de sa posture suggère qu'il s'agit de quelque chose auquel il est habitué. Au sol aussi, Dimitri est habitué - on dit que l'air y est plus frais, plus pur que celui qui s'élève quelques centimètres au dessus, ce qui paraît bien con, mais c'est la science qui le dit.

« Allez, j'ai perdu, et je t'offre un verre... de jus de fruit. » s'empresse-t-il d'ajouter. « Pas d'alcool, ce n'est pas bon pour toi, par contre, un peu de vitamine te fera du bien. Et puis, c'est sucré, ça devrait te plaire, non ? »

Dimitri n'y connaît pas grand chose en traitement des addictions, car ce n'est pas sa spécialité, mais il sait que le sevrage est difficile, et que la remplacer contre une habitude un peu plus saine peut aider. Il espère secrètement l'aider, mais vu le gouffre où elle se trouve, il doute empirer la situation.
Et enfin, hésitant, clairement mal à l'aise parce qu'il fait, Dimitri tend doucement la main vers Katarina : une demande de paix qui ne comprend cependant pas la promesse de ne jamais recommencer.


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Katarina s'attendait à une rafale de colère et d'insultes mais Dimitri s’excuse. Enfin, pas vraiment, mais Kat à finit par comprendre que Dimitri n'était pas le genre de personne à pouvoir clairement s’excuser et qu'il fallait voir au delà des mots pour comprendre. Pourtant, malgré ça, elle ne lui pardonne pas, bien sur elle pleure mais la colère est toujours en elle. Alors elle se roule en boule, littéralement, tête contre genoux et bras enroulés autour des jambes, elle ne bouge plus, elle veut faire taire cette colère. Elle ne veut pas blesser ceux qu'elle aime. Pas encore.

Dimitri s'accroupit devant elle. Ils sont au même niveau maintenant. Il lui tend la main, l'appelle à la paix. Lui propose un verre...De jus de fruit. Katarina aime le jus de fruit. C'est sucré et c'est rafraîchissant. Une lueur d'envie passe en elle, l'envie de passer un bon moment avec son ami, de parler de tout et de rien et de faire de cette horrible journée une bonne journée. Mais elle sait qu'elle ne peut pas en rester là, c'est plus fort qu'elle, elle va continuer à dire des horreurs. C'est comme ça.

« J'ai pas envie »


Sa voix est étouffée, toujours prostrée, renfermée sur elle-même. Katarina tente toujours de calmer sa respiration, d'aller mieux. Ses émotions bouillonnent, s'entrechoquent. Chaque choc lui créer une douleur générale. D'abord le cœur, puis la poitrine entière, puis jusqu'au moindre bout des doigts, lui brûlant les joues, lui tournant la tête, lui crispant les mains, la resserrant un peu plus dans sa position, comme une statue sur le point de se briser. Comme un navire à travers la tempête.

« Je sais pas ce que t'a vécu, et oui, si ça se trouve t'as vu des horreurs sans nom, subis et commis des atrocités. C'est ça que tu veux entendre ? Oui, t'as sans doute souffert plus que moi. »

Elle lève la tête, ses yeux sont rouges, ses cheveux en bataille, ses traits tirés dans cette expression hybride de colère et de tristesse. Un simple geste pourrait la faire glisser vers l'un ou l'autre.

« Et c'est sans doute ça le pire. Savoir que t'as le droit de me traiter comme ça parce que t'as vu pire. Savoir que t'as raison sans pouvoir rien faire... »

Elle baisse la tête, l'air lui manque encore, il ne faut pas qu'elle se remette à pleurer. Elle n'a pas envie, elle a l'air stupide quand elle pleure. Stupide et laide, comme disait sa mère. Une Lady ne pleure pas, une Lady n'est pas une petite fille.

« L'alcool, c'est pas le problème. Le problème il est quelque part là-dedans. »
Elle montre sa tête du doigt « Je suis cinglée, les gens de l'institut ont dit un truc comme ça, trouble de l'humeur...Ou un truc du genre. C'est à vie qu'ils disent, j'étais foutue avant même de naître. »

Elle regarde son tas de pigeons morts sans rien dire. Et ça lui vient comme une claque dans la gueule. Oui, elle est folle. Oui, c'est glauque. Elle dégrise. Elle se trouve soudain immonde, laide, folle. Elle se demande comment on peut l'aimer. Elle qui blesse et enlaidit tout ce qu'elle touche.

« Tu sais, je déconnais pas, ces pigeons, je les envie vraiment. J'aimerais juste disparaître, personne ne se soucierait plus de moi. Personne aurait plus à me supporter ou à m'entendre me plaindre de tout et de rien. »

Elle se lève, titube un instant. On dirait qu'elle va s'effondrer en pièce mais elle tient bon, retrouve son équilibre et reste droite, immobile.

« Alors ouais, t'as sans doute vécu pire et je suis sans doute en train de me plaindre pour rien, mais j'ai pas les armes pour me défendre contre tout ça moi, on me les a jamais données. »


Un résidus de colère se fait encore entendre dans sa voix. Léger, mais toujours présent.

« Je...Je crois que je vais retourner chez moi. Joyce doit être calmée maintenant. Et elle, elle me jugera pas pour être une alcoolique. »

Elle a un sourire amer.

« Il y a vraiment que moi pour préférer les drogués aux gens normaux... »
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