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    Bienvenue à Pallatine, une ville située dans une dimension parallèle.
    À la population native s'est mêlée une foule de Terriens, partis volontairement de la Terreou arrachés contre leur grépour refaire leur vie ici, sans possibilité de retour. Divisés en groupes nommés diasporas, les habitants essaient de tirerprofit de la situation dans laquelle ils se trouvent.
    Mais depuis quelques temps, d'étranges perturbations temporelles viennent troubler le quotidiendes habitants de Pallatine.Phénomènes anodins ou présages inquiétants, chaque diaspora s'efforce de percer le mystère avant les autres.
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    { un retour sur Terre possible ?

    Intrigue 5 (+++)
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    { Ripped at every edge but still a masterpiece // Samuel.

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    il est de ces fantômes qui hantent les champs de batailles déserts, les semelles rougies par les sillons des attaques et l’œil avide du moindre survivant pour mieux fondre dessus. Pour le piller, ou le sauver -et lui en réclamer le prix du sang. Hart en est l'ombre, offrant un savoir et une dextérité hors pair d'un bras métallique rougi pour soigner, réparant les vivants et enviant les morts. Marquant les bien portants pour leur rappeler qu'ils peuvent finir en cadavres. Survivant et impassible, il méprise ce sentiment de confort et de sécurité qui oppresse les habitants de Pallatine quand lui lutte au quotidien contre le syndrome post-traumatique.
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    Ripped at every edge but still a masterpiece // Samuel
    le Ven 6 Avr 2018 - 1:44


    Le son est ténu et répétitif.

    Le métal clinquant légèrement sur la porcelaine, délicatement, dans un rythme régulier. Le propriétaire patiente en silence, absorbant le son léger comme seul repère pour oublier les gens autour, le murmure bas mais enjoué qui enfle par vague dans le café en attendant que passe le déluge et arrive son rendez-vous. Une table isolée, et débarrassé de son manteau trempé, il égrène un tapotement régulier sur sa tasse vide pour mieux occuper ses pensées après la longue marche dans les rues propres et entretenues de Saint-Juré, pour tenter de s’oxygéner et de se calmer. Le nez en l’air à regarder, comprendre, absorber toute la quiétude d’un monde décidément bien trop en paix pour ses yeux, en laissant ses pas le guider sans aucune forme de rechignement ou juste de direction. C’est un Hart qui a pu presque flâner tel un touriste dans les artères embellies avec un goût particulier, et faire le pied de grue devant le musée sans oser y mettre un orteil ; tout autant pour respecter la majesté de l’édifice, moderne, et surtout ce qu’il symbolise. Pas encore. Pour l’instant il reste en dehors, de là comme de tout, traînant et cherchant une raison valable, un motif de s’intéresser en toute légitimité à ce qu’il n’a jamais eu l’occasion d’appréhender : l’art. La culture. La musique. Celle dont parlent les livres, ou bien les cours de l’Institut. Il n’a souvenir que des chants de son pays, des voix, de quelques mélodies, mais presque aucune traître idée de ce qu’est un instrument ou même de leur utilité. Comment participer à ces manifestations quand la finalité et le processus sont bien trop éloignés de ses valeurs et de ses considérations aussi primaires que cartésiennes ?

    La pluie l’a surpris plus tôt que prévu, et comme chaque quidam rapidement envolé à l’abri, il s’est engouffré au lieu-dit de rendez-vous, peu enclin à se laisser détremper. L’humidité grippe déjà quelques nerfs synthétiques depuis son réveil, et l’orage en approche rappelle à tout greffé mécanique ou souffreteux d’articulations une douleur sourde caractéristique. La neige et son manque de défauts lui manquent, une fois de plus. L’ont lui a pris rendez-vous avec un camarade, un sympathisant à sa condition, certes Opportuniste comme celui qui l’a ramené et le pourvoie tant bien que mal, et à défaut de s’occuper, une minuscule once de curiosité l’a poussé à accepter à rencontrer ce S. Walker. La promesse de similarité physique, quoiqu’artificielle, y a largement contribué, sans même qu’il ne comprenne son statut ou son métier. L’heure dite approche. Le tintement aigu au dessus de l’entrée quand s’ouvre le battant, rameutant le bruit du fracas pluvieux à l’intérieur, lui fait relever le menton pour scruter l’arrivant. Une première similitude capillaire saute évidemment aux yeux, et il suit le regard clair d’abord alpagué un point derrière lui, par l’encombrant et étrange mobilier qui gît derrière sa chaise, contre le mur. Hart se redresse lentement, laissant l’inconnu se frayer un chemin entre les tables. Les phalanges inorganiques pianotent par habitude sur le bois de la table. Ils pourraient avoir le même âge. Aucun sourire ni émotion ne transparaît quand le scandinave prend la parole.

    - … S. Walker ?

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    Re: Ripped at every edge but still a masterpiece // Samuel
    le Lun 16 Avr 2018 - 6:21
    ripped at every edge but still a masterpiece
    ft. Hart


    Il est à Samuel de cet amour des amputés. Moins une tendresse, plutôt une compassion qui ne s'éteint jamais - de celles qui sont, d'une part, prêtées par sa muse, et de l'autre inéluctables à son être, à sa stature. De ces douleurs qu'il partage et partagera toujours, de celles qui, sans effort et sans plan, lie les hommes de cette condition là où ceux du passé seraient morts sans jamais connaître de nouveau leurs membres perdus. La malédiction des fortunés, que de renaître dans le métal, que de retrouver au bout de leurs nerfs le fer comme la chair, que de vivre ainsi, moitié homme, moitié quoi que ce soit. Il fallu à Samuel du temps pour l'accepter. Sans parler de l'adaptation, du retour de sa dextérité, de la douleur ni du deuil de ces organes qui lui ont toujours été nécessaires, de ce toucher qu'il ne ressentira plus jamais; sans parler de ceux-là, il fût difficile pour le pianiste d'accepter l'étranger greffé à son corps - jusqu'à ce qu'il apprenne finalement à le connaître.

    Depuis qu'il a enfin délié ses doigts, Samuel a souvent joué Inexorable en souvenir de cet homme sans nom dont le destin s'est croisé au sien un soir de concert. Fût en cet instant une amitié universelle, un combat silencieux se déroulant sous leurs yeux comme jusqu'à la fin des temps que depuis ses souvenirs viennent effleurer de temps à autre. Et sans qu'il y trouve quelconque nostalgie, sans jamais qu'il n'en vienne à espérer que les choses aient été différentes, qu'ils aient pu se connaître plus longtemps si plus superficiellement, deux forces opposées s'alliant entre les plis de l'espace temps, Samuel a trouvé en cet instant un désir, étrange et altruiste, que de savoir offrir à quelqu'un d'autre de cette camaraderie des hommes aux membres de fer. Personne d'autre ne sait connaître leur douleur, après tout.

    C'est pourquoi il a accepté d'en rencontrer un, un transféré de temps immémoriaux enfoncés dans les contrecoups de la guerre. Sans connaître trop de détails de sa vie privée, sans même savoir ni le contexte de son transfert ni son ancienneté au sein de cette ville hors du temps, seulement armé d'une date, d'une adresse et d'une heure de rencontre, vers lesquels il se dirige à pas posés à travers les rues de Saint Juré. La pluie a commencé à s'abattre alors que Samuel enfilait son manteau - il a attrapé le parapluie au pas de la porte et s'est engouffré dans le dédale des veines d'asphalte au son des gouttes contre l'imperméable. Ainsi il s'arrête devant l'entrée du lieu de rendez vous, ferme son parapluie et pousse la porte pour rejoindre la mélodie si familière (le fût-elle plus aux débuts de sa relation avec Amélie) d'un café populaire, du tintement des tasses et des voix sourdes de clients.

    Il se fraie un chemin à travers les tables après avoir rapidement remarqué son invité - de nouveau, les cheveux blancs des traumatisés et les phalanges métalliques lui rappellent l'inexorable un soir de concert. Quelques pas et ils se retrouvent - le scandinave (on le lui a bien dit) le questionne d'un air neutre, que Samuel accueille d'un sourire, une ombre, léger et avenant.

    » Appelez moi Samuel. «

    Et il tend la main, que leurs doigts tintent et cliquettent à l'unisson de salutations.

    » Enchanté. «


    Spoiler:
    « A man from time immemorial, entrenched in the aftermath of war »
    ça le fait quand mm beaucoup mieux



    » But the old woman said to her, “It means nothing to you, our suffering. We are just mortals, and you are reborn eternally. Everyone around you dies. Every time. It was too late for me when you entered my tent. Woe to those you love.” «

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    il est de ces fantômes qui hantent les champs de batailles déserts, les semelles rougies par les sillons des attaques et l’œil avide du moindre survivant pour mieux fondre dessus. Pour le piller, ou le sauver -et lui en réclamer le prix du sang. Hart en est l'ombre, offrant un savoir et une dextérité hors pair d'un bras métallique rougi pour soigner, réparant les vivants et enviant les morts. Marquant les bien portants pour leur rappeler qu'ils peuvent finir en cadavres. Survivant et impassible, il méprise ce sentiment de confort et de sécurité qui oppresse les habitants de Pallatine quand lui lutte au quotidien contre le syndrome post-traumatique.
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    Re: Ripped at every edge but still a masterpiece // Samuel
    le Jeu 19 Avr 2018 - 12:33


    L’orage prend de l’ampleur, à l’extérieur, et comme en écho la foule massée au chaud, entre amitié ou juste protection de l’ondée enfle en murmures et cliquetis ténus de vaisselle. Coincé au fond de cette faune bruyante et somme toute insoucieuse, le suédois arraché de son élément dilapide sa patience et son malaise de côtoyer autant d’individus sans aucunes pensées belligérantes que quelques regards curieux sûrement rapportés par sa dégaine et sa raideur. L’attention se reporte collectivement, un instant suspendu, sur l’arrivée de son rendez-vous, et il s’y joint par mimétisme quand celui-ci approche. Une voix avenante, parfaitement raccord avec l’aura d’amabilité et le ton courtois de présentation. Il émane de l’homme un calme déconcertant, presque humble quand il se présente et que se détournent les chuchotis consécutifs à son passage. C’est qu’il semble affable, mais avec cette ombre légère sur le visage qui ne légitime pas ce sourire, amène au possible comme tant d’autres avant lui. Hart pourrait s’y reconnaître, moins gentilhomme mais douloureusement habitué à cette douleur qui jamais ne quitte leurs traits, complaisante ou au contraire dure. Ils savent. Ils ont vécu ce même manque, cette même transcendance. Leur similarité physique détonne, et d’un œil extérieur ils pourraient sembler liés par un quelconque lien d’ichor ou une coïncidence heureuse, mais aucun autre qu’eux ne saurait ce qui les lie sans qu’ils ne le sachent encore par les métaux remplaçant quelques parties de leur humanité. Hésitant un moment, par oubli plus que par politesse, Hart ne profère aucun son avant de refermer la senestre autour de l’hybride d’homme et de métal qu’on lui tend. Sa poigne est plus forte, et sûrement renforcée de sensations grâce aux nerfs artificiels, contre celle qui ne réagit qu’à moitié. Aucune sensation dans les doigts. Classique.

    - Hart Rustning.

    Un bruit clinquant et nouveau, pour un échange de sensations sur le même ton ; obnubilé par cette création inconnue aux yeux de celui habituée à réparer les hommes en les greffant de corps étrangers qu’il ne regarde plus son vis-à-vis duquel il dérobe son visage sans même l’ébauche d’un sourire. Le regard étranger, souvent trop curieux et mêlé d’une pitié une fois détaillé d’une œillade le long de ses coups durs et qui l’horripile dans un monde superficiel trop prompt à plaindre son prochain. Sans relâcher la main tendue une fois serrée, il la soutient sans aucune demande préalable pour mieux regarder, paume ouverte dans la sienne, la jointure de ces phalanges inorganiques qui tranchent avec l’épiderme de leur propriétaire et plus encore avec le carmin en dessous. Ayant laissé son propre manteau de côté, il n’a que retroussé ses manches jusqu’au coude, pas assez pour dévoiler jusqu’où s’étire sa propre inhumanité. L’instant s’étire avant qu’il ne la lui rende, oublieux de politesse élémentaire et de ce qu’ils sont toujours debout au milieu du café. Sans un mot, il se rassoit et invite tacitement l’autre à faire de même en face, et sa propre chaise bute contre le meuble vénérable derrière lui en y arrachant un son de protestation de cordes vibrantes qui le détourne un instant surpris. Revenu sur l’Opportuniste, ses questions sont de ce ton froid qui le caractérise, accentué par son anglais plus proche de l’approximatif malgré la sûreté de ses mots et l’indiscrétion totalement assumée pour une entrée en matière.

    - C’est quelqu’un d’ici qui vous a fait ça ? En vous laissant le reste sans le remplacer ?


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    Re: Ripped at every edge but still a masterpiece // Samuel
    le Lun 7 Mai 2018 - 4:18
    ripped at every edge but still a masterpiece
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    La poignée s'étend longuement - Samuel sait deviner que du bout de ses phalanges métalliques, Hart Rustning ressent les sensations offertes de nerfs artificiels qui lui manquent. Au creux de sa paume humaine, il sait reconnaître les gestes plus affirmés, et les prothèses plus avancées que les siennes - plus solides, en comparaison au délicat de celles du pianiste, peut-être moins adroite ou moins précises, ou plus encore là où le futur de Samuel n'était pas assez avancé pour lui offrir ce qu'il a perdu (entre autres). Brièvement, à son arrivée à Pallatine, il a considéré se faire greffer de nouveaux doigts, avant de se décider à laisser cette opportunité à d'autres qui en ont plus besoin. Son fer est le sien, et s'en séparer reviendrait à de nouveau se détacher de ses doigts, destin dont il refuse de se pourvoir - sachant vivre désormais avec le cliquetis de ses prothèses, habitué aux mouvements précis des connexions nerveuses, et sans désir de réapprendre à jouer comme il y arrive toujours.

    Il se laisse aller à l'examen de ses phalanges de fer sans un mot, sans un geste. Elles cliquettent, doucement, sous le mouvement, la manipulation, tintement habituel que le pianiste n'entend plus que lorsque le silence est trop pesant. Un instant, vient s'immiscer dans ses neurones le souvenir carmin de cette prise d'otage à la réunion des Opportunistes, du cliquetis incessant de son angoisse, du traumatisme de Wilhelm. Il est dans un endroit meilleur désormais, loin des problèmes de la ville, dans une tranquillité dont il a longtemps eu besoin sans jamais oser ni se l'admettre ni se la permettre. Il manque à Samuel cette amitié comme un léger vide entre ses côtes, rapidement remplacé par la joie que son ami puisse finalement trouver la paix, peu importe où. Tiré de ses pensées alors que l'on relâche ses doigts de fer, Samuel reporte son attention sur son collègue et s'assoit devant lui sans un mot, ouvrant et refermant ses doigts comme pour en retrouver la sensation.

    » J'ai voulu garder les mains. «

    Son ton n'est pas froid, ni sec, mais absolument sans équivoque. Des milliers de fois, il a entendu cette question, des milliers de fois on lui a intimé de faire autrement, et pourtant jamais il n'a baissé les bras, jamais il n'a courbé l'échine. On ne remplace pas les mains d'un pianiste. Il sait vivre d'avoir ses doigts remplacés, sait se remettre de cette blessure qui a cessé de saigner il y a bien longtemps, sait vivre avec ces cicatrices - sans avoir la certitude que cela aurait été aussi volontiers le cas si on lui avait retiré jusqu'à la paume de ses appendices. Il devait les garder, pour savoir toujours tenir le visage de sa femme et ressentir sa chaleur - pour savoir garder quelques lambeaux de son toucher, sans quoi il aurait sans doute perdu trop de son humanité.

    » Je me doute que vous n'avez pas eu cette chance. «

    Il désigne, du bout du menton, le métal de son comparse.



    » But the old woman said to her, “It means nothing to you, our suffering. We are just mortals, and you are reborn eternally. Everyone around you dies. Every time. It was too late for me when you entered my tent. Woe to those you love.” «

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    Re: Ripped at every edge but still a masterpiece // Samuel
    le Lun 14 Mai 2018 - 21:02


    L’examen au semblant sommaire d’une autre dextre artificielle ajoute brusquement un nouveau champ de possibilités pour l’apatride avide de savoir. Même à travers des nerfs recréés minutieusement de toutes pièces et par centaines le long de son bras glacé, il a pu apprécier la mécanique bien réalisée pour remplacer des doigts agiles et amputés pour une raison qui ne l’intéresse pas outre mesure. Malgré les apparentes cicatrices difficilement dissimulables pour un œil averti à la base de ses doigts. Les précieux fils inorganiques qui tissent un canevas précis et varié de sensations depuis son épaule ont elles su déceler, de pressions légères, celles manquantes au bout des mains fines de son interlocuteur. Que lui renvoient ces phalanges lisses et mieux entretenues que le fer gravé de runes et d’écorchures du suédois, à défaut de chaleur ou de gel comme la totalité des porteurs de greffons métalliques ? Son esprit file à toute allure, se bousculant entre hypothèses de diamètres trop courts d’attache aux jointures sûrement calibrées sur une échelle trop courte, retenant sous un masque neutre et apathique un flot de questions techniques plus ennuyeuses les unes que les autres. Son vocabulaire limité le retient plus efficacement que son habituel silence morose et austère. Les réponses seraient sûrement inconnues par le porteur, de toute manière, seul réceptacle d’une mécanique qui semble le dépasser ; un sourcil plus narquois qu’interrogatif se hausse à l’absurde mention de conservation de ses paumes, et il se remet à pianoter distraitement sur la table en fixant l’américain sûr de lui. Sans réponse sur l’identité du mystérieux autre individu capable du même savoir-faire que son humble personne, il doute un instant de s’être fait comprendre dans sa question avec son anglais bancal et accentué par mégarde. Intégrité compromise, longévité grossièrement amputée ou conseil peu avisé du prothésiste : Hart hésite surtout un instant quelle considération hasardeuse ou conséquence foireuse annoncer à l’homme.

    - Ce n’était pas une décision judicieuse, si vous voyez sur le long terme. Ou la praticité. J’espère que votre métier, quel qu’il soit, n’a pas trop besoin de ces deux-là.

    A part un nom, et un lieu de rendez-vous, ainsi qu’une diaspora –quoique cela puisse être d’une quelconque utilité comme renseignement pour lui-, il n’a aucune information sur la vie de son interlocuteur même si on lui a vaguement indiqué une reconnaissance existante pour le travail de cet homme. Ils partagent une hybridation peu commune, même si celle du plus grand des deux lui semble moindre en comparaison ; frères chimères involontaires, il ressent malgré tout un ersatz rare de solidarité (la compassion ne fait plus partie de son vocabulaire, en soi), de ce malheur métallurgique qui les lie tous, perdant d’une humanité si précieuse.

    Le terme chance le prend totalement au dépourvu. Chance d’avoir survécu, incomplet. Chance que n’ont pas eu des camarades, des frères d’armes, des compagnons honnis, des patients, des victimes. Chance de cette douleur lancinante qui voile de rouge son quotidien et laisse d’amers souvenirs sous ses yeux clos ; la chance eut été d’avoir un jour le droit de faire ses propres choix. De ne pas payer les tentatives avortées par des marquages honteux, comme celui qui barre son visage. Au déroulé dans son esprit d’images poisseuses de rancœur qui pincent ses lèvres en laissant un silence gênant s’installer, la seul main organique qui lui reste vient effleurer la limite entre chair et inhumain comme une conjuration, cette ligne vive là où aurait du demeurer son épaule gauche de désarticulation interscapulo-thoracique que ne dévoile pas sa chemise seulement roulée jusqu’au dessus de son coude carmin. Sa propre prothèse ne fait aucun bruit en se mouvant.

    - Je n’ai jamais eu la chance d’avoir le choix.

    La traumatisme est une valeur commune, comme plusieurs de leurs douleurs liées à la perte de membres. Mais Samuel a possédé plus de chance que son comparse, sur bien des aspects. La vraie chance eut été de s’éteindre dans le brasier qui a consumé son bras, peut-il se retenir d’ajouter.

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    Re: Ripped at every edge but still a masterpiece // Samuel
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