so i bare my skin and i count my sins // Östen

le Mar 15 Mai 2018 - 12:04


Le refus est net, se passant d’arguments ou de justifications. Une fois de plus. Le Scandinave est venu, patientant d’abord comme des pairs venus d’époques variées pour entrevoir l’un des membres du personnel de l’Institut. Pour la cinquième, ou peut être sixième fois. Parcourir une portion de cette prison ouverte à tous, de ce point de chute temporel banalisé lui laisse un arrière-goût des plus amers ; son séjour forcé entre ses murs est assez récent pour que l’odeur légèrement aseptisée une fois le seuil franchi, plus impersonnelle et acide que celle de son appartement le mette profondément mal à l’aise. Plus de six mois à côtoyer des étrangers perdus comme lui, sans se faire comprendre correctement de prime abord puis l’apprentissage difficile d’une langue anglicane aux arcanes mystérieuses, l’isolement, le… il chasse la pensée importune, serrant un badge temporaire dont il possède déjà plusieurs exemplaires, en attendant en retrait le responsable qu’on lui a promis cette fois. Une fois de plus, il n’est venu que pour réclamer un bien, sa lame ionique : improbable allitération futuriste miniature d’un sabre laser, parfaite pour cautériser et se défendre rapidement, qu’on lui a retirée de l’encoche prévue à cet effet le long de son coude mécanique à son arrivée. Qui n’existe pas dans cette époque, dans ce monde, et dont la dangerosité flagrante seule suffit à ce qu’il ne remette jamais la main dessus malgré ses protestations et réclamations. L’ironie veut qu’il porte gravé dans son épiderme une cicatrice effarante liée à une arme similaire, un coup d'épée brûlant qui a tenté de le trancher en deux de haut en bas : un argument supplémentaire pour lui refuser sa demande et remettre dans ses mains une arme blanche et le moyen de tuer quelqu'un d'un geste souple.
La tentative se solde par un échec supplémentaire, et quand il hausse le ton pour protester, irrité, c’est escorté par la sécurité qu’il est raccompagné vers la sortie pour la troisième fois. Le même homme dépositaire de l’autorité et qu’il dépasse toujours d’une courte tête, qu’il connaît depuis son séjour lui impose calmement d’arrêter de revenir malgré son argumentaire rôdé. Son ton dénie toute protestation, et sa stature appuie sa déclaration, laissant Hart en déroute et frustré.


* * *


L’alcool a fait passer la pilule amère. La facilité d’accès à tant d’établissement de débauche et de liquides de qualité impressionne suffisamment le trentenaire qui se fait de plus en plus habitué des bas-fonds durant des soirées entières d’errance fascinée. Quelques heures après son échec, dans une nuit largement entamée et passablement imbibée, l’apatride plutôt lucide et assez maître de ses mouvements malgré sa consommation élevée de spiritueux traîne dans Kolt, peu pressé de retrouver ses pénates. Alpagué par de charmantes silhouettes sur sa route, il les ignore cette nuit-là, préférant rentrer se terrer seul dans son refuge après une balade pour laisser le temps à son organisme d'assimiler autant de liqueurs : des clients peuvent surgir à n’importe quelle heure en réclamant à cris et surtout à corps une main secourable. Perdu dans ses pensées, légèrement désorienté, il finit par se retrouver dans un dédale de ruelles inconnues aux néons blafards ou éteints, à la population disparate et peu avenante. Rapidement filé par deux chalands sûrement attirés par l’appât du gain qu’il a dispensé sans discrétion au comptoir plus tôt, il accélère le pas sans penser un seul instant au danger. Eux le sont plus s’il tente de se défendre, l’expérience l’a déjà prouvé dans ce quartier quand il a mis en déroute violemment quelques aigrefins trompés par son apparence faiblarde quelques nuits plus tôt. Finalement acculé dans une impasse sombre, il reste de marbre quand tout objet de valeur lui est réclamé d’un ton agressif contre promesse de représailles le cas échéant. Leur nombre a doublé et il repère l’éclat de lames dans la pénombre. L’esclandre qui s’ensuit suite à sa non réaction est brouillonne, et il ne saisit aucune des phrases brutales crachées dans différentes langues pour le menacer.

Qu’ils soient de l’un ou autre camp illégal, il n’en a cure et par la force de l’habitude la lame glissée hors de sa botte met hors d’état de nuire l’un d'eux dans une gerbe de sang et un cri, tandis qu’il laisse glisser inconscient un deuxième dont il a garroté la gorge d’un bras artificiel. Le même bras qui dévie les coups de couteau lancés vers son thorax ou ses points vitaux dans des crissements aigus. Les individus s’interpellent sur des tons acrimonieux, réfléchissant à comment l’arrêter plus qu'à attraper sa bourse. Clairement, l’argent n’est plus le seul motif, quand une banale vendetta semble être devenue leur raison principale d’action. Un troisième tombe, touché au flanc, mais le suédois commence à faiblir par la quantité de spiritueux ingérée qui ralentit ses mouvements, et un coup à la nuque sournois et  bien placé l’assomme légèrement pour le jeter face contre terre, ses bras rapidement maîtrisés pour l'empêcher d'agir. Se débattant de rage, l’emprise sur son faux bras se relâche grâce à sa force et lui permet de frapper à la jambe l'un d'eux, avant qu’il ne sente une botte impérieuse appuyer sans pitié sur son omoplate, à la jointure entre chair et métal, alors que deux soudards motivés semblent s'y mettent pour tordre le membre infernal. Immobilisé alors qu’il jure dans sa propre langue, personne ne lui fait les poches et il finit par perdre son sang-froid quand les deux larrons entreprennent de tirer de toutes leurs forces. Un flot d’imprécations fleuries dépasse le seuil de ses lèvres dans la panique qui s’ensuit, rapidement changé en cri de douleur contenue puis délivré sans filtre alors qu’ils tentent de lui arracher son greffon. La mécanique résiste, solidement amarrée et prévue pour supporter deux fois son poids et des tensions extrêmes ; pas celle qu’on lui impose dans un angle improbable, et les nerfs artificiels serpentant le long de la prothèse cramoisie et qui font sa fierté lui laissent l’impression réelle d’un bras arraché, une cruelle réminiscence de son pire cauchemar.  Le fer gémit, tordu, comme son propriétaire nez dans la poussière, et entre des phrases qui fusent autour de lui sur le prix à en tirer ou le juste retour de bâton, le bras cède par endroits plus fragiles dans des crissements lancinants. La douleur atroce le fait hurler quand il sent l’acier abdiquer sous l’épaule, arrachant un par un câbles fins et vis de la partie supérieure de son membre; jusqu’à la rupture dans une résonance de fin du monde qui lui coupe le souffle après un dernier cri inhumain. Une nausée acide le prend aux tripes, à l'idée saugrenue de son propre sang étalé en flaque sous sa chair en lambeaux. Ne lui reste attaché au torse que le début de sa prothèse, une épaule inorganique en reliefs coupants et tordus, en lignes artificielles orphelines et doucement crépitantes, la naissance irrégulière de la partie supérieure de son bras comme la gueule d'une créature aux dents rouillées tournées vers les belligérants. Des paroles résonnent et une débandade semble s’organiser alors qu’ils le tiennent toujours quand il a arrêté de bouger, trop choqué pour réagir, pas assez imbibé pour réagir correctement à l'afflue terrifiant de douleur qui remonte dans toutes les parcelles de son torse et de sa tête. Et d’autres voix moins belliqueuses interpellent, interrogent et accourent; et il en perçoit les intonations sans les comprendre après l’expérience intolérable.


le Dim 29 Juil 2018 - 12:25
so i bare my skin and i count my sins
hart
Deux personnes discutent dans une pièce sombre. On n'entend pas ce qu'elles se disent, des efforts sont fait pour garder cette conversation secrète avec beaucoup de professionnalisme. On comprend au moins que leur honnêteté est questionable, pourquoi s'isoler de la sorte autrement ? Une poignée de main met fin aux brèves négociations et les deux parties se séparent. La discrétion est telle, c'est comme s'il ne s'était rien passé.

On retrouve l'une des deux parties plus tard, dans la soirée, vagabondant dans les rues de Kolt. Il s'agit de Monsieur Depoortere. Il était habillé sérieusement plus tôt, et pourtant voilà qu'il se balade dans le quartier le plus dangereux de Pallatine en pyjama. Rendant leur sourires aux différentes femmes de joie qu'il croise et s'arrêtant de temps en temps pour observer quoique ce soit de suffisamment attrayant, sa décontraction parait insolente et son accoutrement ne laisse pas indifférent. Beaucoup de gens se moquent, d'autres se retiennent de le renvoyer d'où il vient.

Notre homme jette des coups d'œil de temps en temps à sa montre de poche avec un air satisfait. De quoi ? C'est ce que se demande toutes personnes captivés par son étrangeté. Puis comme tout homme qui guette le temps, vint le moment de s'éclipser. Alors que les personnes qui l'observait reprennent petit à petit leur activité, lui s'aventure dans des rues plus sombres du même quartier. Un hurlement vient lui indiquer la direction.

Sans se précipiter, il arrive finalement devant une scène effroyable. Un homme gît au sol entouré d'un groupe d'hommes malveillant. Un d'entre eux tient fièrement le bras d'un autre comme s'il s'agissait d'un trophée.

- Mais que se passe-t-il ici ?

Butin empoché, les brigands se précipitent pour s'enfuir en entendant l'arrivée d'un témoin. L'agent de l'institut accours vers l'homme au sol. Quelle surprise de retrouver ici et dans cet état l'un de ses poulains.

- Hart ? Pauvre petite chose, mais que t'ont-ils fait ?

L'homme transféré par monsieur Depoortere il y a deux ans de cela se trouve aujourd'hui dans un piteux état. La dernière fois que l'agent avait aperçu son poulain, il était encore si menaçant avec son bras métallique, il n'a désormais face à lui qu'une petite créature inoffensive et terriblement affaiblit. Notre homme, accroupit aux côtés de son poulain, ne sait pas trop comment s'y prendre, alors il essaye de ne pas le toucher pour ne pas aggraver le cas d'Hart. Son visage, quant à lui, dessine beaucoup de détresse.


+1
le Mar 31 Juil 2018 - 1:21



Le choc a été brutal. Quand l’extension métallisée a cédé, à moitié à sa surprise, surtout à son horreur, la saccade lui a brusquement coupé le souffle. La douleur consécutive enfonce des aiguilles chauffées à blanc autour de son épaule, remontant entre son épine dorsale et ses flancs qu’il imagine grêlés d’échardes. L'odeur forte de sang lui tourne la tête, et celui au sol est en partie le sien de quelques coupures. Il lui faut toute sa pensée cohérente, auparavant embrumée par l’alcool et la perte d’équilibre après coup à sa nuque pour tenter de faire un état des lieux correcte et réfléchi. Rester en position sécuritaire, sur le flanc, ignorer les quelques escarmouches sur sa peau et la nausée. Retenir la bulle acide qui menace dans son estomac, mais pas sa main organique qui tente de venir comprendre ce qu’il reste de leur œuvre barbare à la racine de son bras. Elle rencontre un relief déchiqueté et pointu, en câbles fins et pièces diverses qui teintes ses doigts d’une poix qui manque de faire vaciller son cœur au bord de ses lèvres : huile, sans doute, mais aussi sang échappé du travail acharné au creux de son épaule et qui a sûrement laissé des pièces entailler ou s’arracher de leur emprise dans sa chair avec de la violence. Sa chemise enlevée au bar a du faciliter leur accès, laissant ses deux bras nus pour profiter de la fraîcheur de la soirée. La douleur le ramène à la réalité, la douleur est ce qu’il craint par-dessus-tout sans que personne ne le sache. Le bruit de course approchant coupe court à son action, et il cherche désespérément du regard son surin favori lâché dans la débandade pour tenter de remettre la main dessus au plus vite ; il doit se défendre, rapidement. Ne pas rendre le contenu de son estomac, ou pire, céder à la faible inconscience de quelques secondes. Quand la silhouette s’approche et parle, il se retourne en serrant la lame courte, prêt à frapper au plus près pour l’épingler au sol et lui extorquer ce qu’il doit savoir. Le bout de la lame qu’il serre d’une main ensanglantée est surplombé par un visage loin d’être inconnu, et il lance son bras dans l’intention de le frapper malgré ça sans sommation. Sans rancune. Un râle quand il commet l’erreur de bouger trop vite, pour se relever. Il doit les rattraper.

- Östen.. qu’est-ce que… fais là? Ne… Ne touche pas.

Il doit mal dissimuler sa peine. L’œil vitreux, l’accoutrement toujours un peu misérable. Sa diction anglaise approximative, l’alcool lui faisant oublier la langue dans laquelle ils échangent habituellement pour lui laisser ses mots prononcés d’une voix rauque et douloureuse.  Au cri de l’homme, la foule s’est dispersée comme une nuée d’oiseaux en emportant le meilleur, et même s’il a cru reconnaître leur ethnie il va se passer des jours pour qu’il le retrouve. Et leur fasse payer. Ravalant une colère submergée de peine, peinte violemment sur ses traits, il compte rester un moment au sol pour ne pas se brusquer et ingérer une douleur déjà connue. Presque rien à côté de son bras explosé une première fois, ou de l’amputation, puis de la greffe.  Ou de. De ce dont il ne veut plus penser. Un bousculement mixte de pourquoi ont-ils fait ça (il a déjà une idée), comment ont-ils su (un mystère, celle-là), et qui a payé assez cher pour trouver des fous pour le défier sans mourir et surtout pour s’échapper avec sa possession la plus précieuse ?

- C’est toi? Qui a envoyé. Tout ça.

La violence. Il doit résister et ne pas laisser éclater sa colère. Il souffre, et refuse de laisser approcher un guignol tout aussi peu honnête que lui. Fouiner, et sûrement pas étranger à cette embuscade. Un râle quand il essaie de retourner ; plutôt risquer l’inconscience que de le laisser l’aider, même s’il est incapable de la moindre action vu le choc. Les rattraper, ne pas sombrer. But.





+5
le Ven 3 Aoû 2018 - 10:52
so i bare my skin and i count my sins
hart
L'attitude du "mentor", si l'on peut dire, ne convainc pas. D'un geste rigoureux mais fatigué, la victime fraichement amputée de son bras mécanique attaque Östen avec une lame. Ce dernier, tombe à la renverse pour esquiver le coup. Son poulain ne se laisse pas approcher, déterminé à se lever malgré la douleur, même dans cet état il reste une menace.

Cet homme peut paraitre si suspect, même s'il n'avait rien à voir dans cette histoire, les doutes à son égard auraient tout de même été justifiés. Encore sur les fesses, il regarde son protégé dans les yeux. On peut lire dans les yeux de l'agent la peine, la peine de voir son poulain dans cet état, la peine de se faire traiter de la sorte, ou alors s'agit-il une nouvelle fois de son jeu d'acteur.

- Envoyé quoi ? Qui étaient ces gens ? J'ai entendu du bruit au loin alors je suis venu voir.

Une promenade nocturne dans les quartiers de Kolt ayant viré au drame, le malheur d'être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Tout en gardant une distance de sécurité, l'agent baisse les yeux et se frotte les mains sur son pantalon blanc, les fesses toujours clouées au sol.

- Ce n'est pas contre moi que tu dois diriger cette lame, et tu n'es pas en état d'aller retrouver ces hommes maintenant. Tu devrais te soigner, je ferais ce qui est en mon pouvoir pour t'aider.

Sa voix se veut rassurante, même s'il y a peut de chance que le natif suédois ayant connu la guerre se laisse berner si facilement. Il regarde le bras manquant de son protégé, était-ce douloureux ? Il a du mal à imaginer, lui dont le corps est encore intact.


+2
le Mer 8 Aoû 2018 - 1:01



Le fond d’alcool qui lui brouillait les sens s’est prit une sorte de douche froid et surtout acide par le choc subit, et l’odeur huileuse de son ichor troublé en flaque par terre finirait presque par lui retourner l’estomac vide. Pas besoin de savoir la composition exacte qui teinte le pourtour du vestige de son bras pour ajouter un autre genre de douleur à l’expérience, l’idée suffit largement. Le sifflement de la lame rate l’agent à quelques dizaines de centimètres sans effort. Par réflexe, Östen est un ennemi à abattre, une teigne dont il essaie de se débarrasser depuis l’exact moment où il a su son implication dans son transfert forcé. De la minute où il a pu revoir son visage au sourire faux de beau-parleur la dernière nuit au camp, avant que Svea le vende sûrement à sa place. Son attitude l’horripile à un point non conventionnel, son besoin de patronage forcé a fait jurer à Hart de lui faire passer goût de la manipulation humaine par le biais d’une lame fichée à divers points névralgiques de son anatomie en cas d’occasion fortuite ; ajoutant à cela la propension du sieur à frayer avec le mauvais côté de la justice, et un accident arriverait bien plus vite. Sa voix éraillée par son cri suinte tout son mépris perpétuel pour l’homme qui le toise beaucoup trop calmement.

- Le hasard… ?! Toujours aussi faux.

Assez de conscience restante pour se morigéner à poursuivre ses agresseurs, ou du moins à juste se relever pour rassembler un fond de dignité et s’éloigner de l’agent. Très lentement, il finit par retourner sur ses genoux, et son bras restant, ponctuant la manœuvre de râles à moitiés contenus. Inspirer profondément. Il s’est fait avoir stupidement, et va leur faire payer –même sur la touche, il refuse de reconnaître son infériorité numérique et l’issue déjà prévisible depuis bien avant l’altercation.

- Je n’ai pas. Pas besoin d’aide !  Surtout pas de toi !

Il finit par retourner sur ses pieds, loin du stable et évidemment déséquilibré. Évaluant au jugé les dégâts par le nombre de zones pulsant de douleur le long de son échine. La douleur logée entre sa colonne et le début du métal remporte presque la palme, cadeau gracieusement laissé par l’individu ayant jugé bon d’utiliser tout son poids sous son pied, à une jointure délicate. Ils vont payer. Très cher.

- Je peux me soigner seul. Essaie, et je te fais la même c-c-chose.

Sa menace semble dérisoire dans son état. Ses côtes s’en sortent mieux, et quelques coupures à rajouter au lot ne sont pas vraiment importantes. Les contusions en nombre sont plus préoccupantes, et le projet de partir à la poursuite de ses agresseurs en leur faisant potentiellement passer l’envie de recommencer, ou juste la vie, est suicidaire dans son état. Il finit par ranger la lame sale sa botte, refusant de s’apitoyer sur sa perte principale en évitant même de tâter le ravage. Les lignes orphelines de nerfs artificielles sont à même de donner une idée précise au milieu du maelström de souffrance. Il faudra au suédois des jours et des moyens considérables pour réparer le carnage, à condition déjà de retrouver la partie manquante. La zone touchée et ses ramifications font passer une simple inspiration pour une poignée d’aiguilles avalées et il titube franchement en essayant de marcher dans la direction la plus probable. Tout pour ravaler et obstruer l'idée de la perte déjà subie un jour. Pas encore.

- J’dois… j’dois le récupérer. Les faire payer, surtout, vite.




+4
le Jeu 23 Aoû 2018 - 6:21
so i bare my skin and i count my sins
hart
Les mots de l'agent ne parviennent pas à toucher. Hart est l'un de ces protégés dont il est difficile de gagner la confiance, entre son passé difficile, les conditions de son transfert, et les différents masques qu'il a pu apercevoir chez Depoortere. Ce dernier regarde, impuissant et toujours au sol, son protégé qui souffre et qui lutte pour se relever. La proposition d'aide est immédiatement rejetée, tant qu'il parvient à se lever il n'y a pas de raison d'intervenir non plus, mais Östen surveille tout de même au cas où il ne tiendrait pas sur ses jambes pour lui porter secours.

- Tu ne devrais pas forcer de la sorte...

L'agent reste calme et essaye toujours de le rassurer, seulement Hart doit être si concentré à se relever qu'il n'a pas du l'entendre. De toute façon, il n'en aurait visible pas tenu compte pour autant. Même debout, l'état du poulain reste misérable. Le regard de l'agent ne vacille pas sous la menace, à l'inverse de son protégé qui ne lui avait jamais paru aussi faible. Il veut se soigner seul, mais en est-il seulement capable ? Ne s'apprête-t-il pas seulement à foncer tête baissée à sa propre perte ? Il commence à s'éloigner, lame rangée.

- C'est du suicide, si tu y vas dans cet état.

Et puis, pour aller où ? Sait-il seulement où sont passé ses agresseurs ? Östen profite de ne plus être menacé par la moindre lame pour se lever, sans difficulté dans son cas. L'homme en pyjama s'approche, bien moins complexé maintenant qu'il ne risque plus grand chose. Il observe de plus près le trou béant où figurait il y a encore peu de temps l'étrange bras métallique.

- Tu ferais vraiment mieux de soigner tout ça.

Main sur le menton, il essaye au mieux de comprendre comment est faite la structure futuriste servant à maintenir son bras.

- Allons à l'institut ! Je suis sûr qu'ils sauront te requinquer en moins de deux !

Tout ça lui parait comme une illumination après avoir comprit qu'il ne comprendrait pas comment fonctionne tout ça simplement en regardant. Il change également de ton, comme si son dynamisme allait permettre au demi-macchabé à ses côté de retrouver un peu de vitalité.


+4
le Ven 24 Aoû 2018 - 23:04



Les deux premiers pas sont hésitants, plus esquissés pour tenter de conserver son équilibre que de vraiment avancer alors qu’il s’est relevé beaucoup trop vite. Le troisième lui donne l’impression d’avoir commencé à traverser une sorte de désert par l’ampleur de la tâche qui s’amorce devant lui. La voix d’Östen lui parvient tantôt de loin, tantôt comme s’il chuchotait à son oreille avec la sensation la plus désagréable de la terre, couplée à l’espèce de tournis qui l’a prit dès la tête redressée. Il s’en occupera plus tard, beaucoup plus tard, la première mission est surtout de partir à la poursuite de la bande déjà loin depuis plus d’une dizaine de minutes. Un autre pas, et il se rattrape in extremis pour ne pas basculer.Evidemment qu’il faut s’occuper de ça, ce qui manque et semblerait beaucoup plus effrayant à la lumière du jour, et qui l’empêche de se tenir correctement debout pour pallier avec ses deux bras. L’idée de dangerosité de son entreprise, parfaitement rationnelle et sensée, ne lui effleure pas l’esprit une seule seconde : c’est exactement dans sa nature, et il a depuis beaucoup trop longtemps appris à ne pas craindre la mort. Au contraire, l’accepter à bras ouvert et flirter régulièrement avec est exactement une partie de partie de son plan général.

« Ce s’ra pas la première fois. J’ai… rien d’autre à perdre. »

Sa voix oscille sur les mots, l’ébriété réduisant le peu de vocabulaire qui lui reste pour rendre à moitié inintelligible ses phrases. Chaque inspiration le transperce de part en part, et l’impression que quelqu’un continue d’appuyer de tout son poids sur son épaule défoncée est totalement intolérable. Il agite une main pour tenter de repousser l’agent, sans succès, et étouffe un cri en se crispant en tentant de le chasser naturellement de l’autre main manquante ; bouger le moignon métallique qui lui reste d’épaule relance une pléthore de poignards dans son thorax et il serre les dents à se les briser.

« Jamais… jamais j’irai à l’Institut. Jamais !»

Il a fui à sa sortie de l’Institut, presque réussi à disparaître pour ne pas remplir la tâche programmée par le clan Opportuniste qui l’avait demandé –ce n’est pas pour bêtement se servir sur un plateau dans un état de faiblesse dont ils pourraient tirer partie pour mieux l’exploiter plus tard. Il est sûrement le seul à pouvoir se réparer, et ne se fait confiance qu’à lui-même pour se soigner. Hors de question d’aller aux urgences. Un pas de plus et il tente de se baisser pour attraper son manteau jeté au sol avant l’altercation, intendant de s’en servir pour pallier au froid qui l’enveloppe des suites du choc brutal. Pour dissimuler et éponger le sang par la même occasion. Le suédois refuse de reconnaître qu’il a besoin d’aide, et le mouvement relance une pique de douleur aigue ainsi qu’un vertige qui lui coupent brutalement les jambes. Retenir l'acidité de l'estomac, ou rester conscient, c'est la première option qui l'emporte. Il commence à s’écrouler, voulant par réflexe amortir sur son bras gauche sans succès.



+2
le Dim 26 Aoû 2018 - 15:01
so i bare my skin and i count my sins
hart
Malgré les efforts effectués par le suédois pour repousser son agent, ce dernier reste aux côtés du souffrant. Il ne l'arrête pas dans sa marche, mais se met à son rythme tout en gardant son niveau de décontraction habituelle. Östen ne rate pas une miette des paroles de son poulain, qui commence légèrement à se confier. Cela lui fait esquisser un petit sourire qui passera inaperçu, avant de reprendre un air plus sérieux.

- Allons, on a toujours à perdre. Je suis sûr que t'as encore un tas de choses que t'as envie de faire !

Le refus de retourner à l'institut en tout cas est clair, malgré son manque de vocabulaire en anglais, le mot jamais fait décidemment parti du vocabulaire du suédois qui l'utilise pas moins de trois fois. Pour autant, vagabonder jusqu'à la base d'on ne sait quel gang n'est pas une meilleure destination que l'institut. Il est au moins certain de sortir vivant de l'un des deux. Östen conserve son air décontracté et étire ses bras avant de placer ses mains derrière la tête.

- Pas d'institut alors... je m'étais dit que c'était la meilleure solution pour te remettre sur pied. Tu sais là-bas tout le monde ne veut que ton bien.

Il prend une petite pause, prenant un air pensif en regardant vers le ciel nuageux de Palatine. Peu d'étoiles sont visibles, mais la lune suffit avec quelques lampadaires au loin à éclairer la petite ruelle. Puis une nouvelle idée lui vient, alors il se tourne vers son ami doigt tendu vers le ciel.

- Tu n'as qu'à venir chez moi ! Ou alors laisses moi te raccompagner chez toi. Je peux te porter sur le dos si tu veux, je serais ton fidèle destrier !

Pas peu fier de son idée, l'agent lui adresse son plus beau sourire. Bien que sur le point de s'écrouler, tant qu'Hart tient debout il redoute sûrement toujours de se prendre un coup de couteau sur un malentendu, alors il garde quand même une sorte de distance et ne lui impose encore rien.

C'est à ce moment là que ses jambes cèdent. Östen regarde d'abord l'homme gésir au sol, le doigt toujours dans la même position.

- AH. Il est tombé...

Il plie les genoux pour observer le macchabée de plus près. Il positionne d'abord sa main sur son menton d'un air songeur, puis se gratte frénétiquement la tête -certainement pour accélérer le brain storming qui s'y déroule. Sa première décision est de retirer la lame qu'Hart avait déployé plus tôt, et d'un geste méticuleux, la balance dans un coin. Ensuite seulement, il se décide à le prendre dans ses bras et commence à se diriger hors de cette ruelle.  

Östen ne vagabonde pas longtemps avant de s'arrêter devant un bâtiment. Ayant les mains prisent, il dirige le pied du souffrant vers l'interphone. Une personne décroche, mais aucun bruit ne sort de la machine. L'agent se contente d'adresser son plus grand sourire à la camera en mettant en évidence le corps qu'il porte.

Peu de temps après, une jeune femme arrive en trombe pour ouvrir la porte. Elle a les cheveux bruns attachés en arrière.

- Il est tombé.

Comme si ça allait la rassurer, il se prononce avant qu'elle ai le temps de poser la moindre question avec un plus petit sourire, plus malicieux cette fois. Elle le laisse rentrer en s'enfonçant le front dans la main.

Son appartement est petit mais cosy. De vieux draps propres ont été mis sur le canapé pour installer Hart dessus. Des emballages de pansements et autres objets médicaux sur le côté laissent penser que les premiers soins ont été apportés au souffrant qui est désormais sous une couverture. La propriétaire des lieux s'est absenté et Östen quant à lui n'a pu s'empêcher de fouiner dans les bouquins de la dame pendant son absence.


+1
le Mar 4 Sep 2018 - 1:24



Il se souvient vaguement de la sensation du béton gelé sur son visage. Moins de l’impact de tout son long après une pique de douleur lancinante, et encore moins du fil de ses pensées dilué dans une nausée désagréable. A quoi bon, après tout ? Il a besoin de repos, pas d’une course suicidaire dans des ruelles coupe-gorge, et encore moins dans son état. Autant se laisser glisser quelques instants dans le noir après une vague sensation de balancement peu désagréable.


*

Il reprend connaissance après un temps incertain, regagnant le monde des vivants conscients avec une certaine difficulté. Des fragments de souvenirs de son passage depuis la station debout à celle allongée, sous un plaid qui a vu de meilleurs jours ; d’un mal de crâne semblable à une machinerie rouillée qui lui enserre le crâne sans pitié, ou de cette impression d’avoir avalé un rouleau complet de papier crépon –le rouleau en prime. La soif l’a réveillé, le manque crucial d’eau, suivi de beaucoup trop près par la douleur nichée sournoisement sous son épaule quand il se redresse péniblement dans le canapé, s’aidant seulement de son bras droit pour se ramener assis dans une pièce inconnue. Sans la vision et surtout la connaissance de la disparition déjà ancienne de son ancien bras gauche, la sensation laissée par l’arrachement brutal ressemble en tous points à une réalité beaucoup plus salissante en terme de sangs et autres résidus. Les nerfs artificiels déchirés envoient des informations contradictoires à leur source bio-organique par la voie d’aiguillons chauffés à blanc enfoncés avec une régularité d’horloge dans son thorax. Un ressenti plaisant, à la limite de l’intolérable, rendu possible grâce au voile de l’alcool, et de ce qui a pu lui être administré contre la douleur : quelques pansements et autant douleurs mineures engourdies plutôt que piquantes sont les témoins évidents de l’affaire. Il regardera plus tard l’état des plaies, et de leur consolidation : il ne fait confiance qu’à sa propre expertise pour son propre bien –le drap sur lequel il repose possède des traînées rougies de son fait qui n’augurent rien de bon. D’un regard circonspect, il cherche le coupable du regard, en plus d’essayer de comprendre où il se trouve ; quand son regard éteint se pose sur Östen, nonchalamment installé dans un coin de la pièce éclairée faiblement, il se raidit perceptiblement. Réfrénant la colère qui pourrait monter à l’idée même que cet imbécile l’ai traîné jusqu’à l’Institut. Encore dans le coton, il repasse dans sa langue d’origine, obnubilé par la migraine qui lui donne envie de hurler.

« Où est-ce que tu m’as emmené ?»

D’un geste moins assuré qu’il le voudrait –son coude restant a prit cher quand ils l’ont maintenu au sol-, il essaie d’atteindre sa chaussure sous la couverture pour attraper la lame sûrement toujours sale par réflexe usuel pour se défendre. Après s’être débattu avec le tissu, il revient les mains vides sans comprendre.

« Rends-moi ma lame. Je n’ai rien à faire ici.»




+1
le Dim 9 Sep 2018 - 23:14
so i bare my skin and i count my sins
hart
Alors que le blessé se réveil, sans faire le moindre bruit dans un premier temps, Östen feuillète un bouquin qu'il s'est décidé de prendre dans la bibliothèque fouillée plus tôt. Sa lecture est rapide, ce n'est clairement pas un bouquin sur lequel il a envie de beaucoup réfléchir, il n'en retient que les grandes idées sous la lampe éclairant les pages qu'il dévore en une dizaine de secondes.

Faisant certainement semblant de ne pas remarquer que son ami est réveillé, il se retourne aussitôt que ce dernier demande ce qu'il se passe. Il prend un air surpris, bien trop expressif pour être pris au sérieux. Evidemment, qu'il ne sait pas où il se trouve, ses derniers souvenirs sont certainement ceux du bitume s'approchant dangereusement de son visage. Östen baisse les yeux un instant pour retenir où il en est dans le livre avant de le refermer.

- Ton couteau ? C'était bien trop dangereux ! Je l'ai jeté quelque part... mais ne t'en fais pas, tu es en sécurité ici ! Pas besoin d'un couteau !

Il repose le livre à sa place et commence à verser du thé froid dans deux verres.

- Tu en veux ? Je trouve pas ça très bon, mais c'est tout ce que boit mon amie.

Il commence à boire dans son propre verre en attendant la réponse d'Hart. Quelque part, ça devrait le rassurer que le contenu est bien buvable, bien que si Östen avait de mauvaises intention il n'aurait pas attendu son réveil pour tenter quelque chose.

- Elle est discrète, personne saura que t'as été emmené ici. Je pense toujours que l'institut aurait été un meilleur endroit où t'emmener, mais j'avais peur que tu m'en veuille après.

Il s'approche pour tendre le verre, son sourire ignore toute l'animosité que peut lui témoigner son poulain.


+2
le Mer 19 Juin 2019 - 0:49



Te redresser sur un coude puis péniblement assis à déjà suffit à te vider. Un mal de crâne atroce enserre tes tempes, accompagné d’un arrière-goût acide absolument épouvantable qui n’a rien à envier à ton taux d’alcoolémie loin d’être redescendu après si peu de temps. Répandre le contenu de ton estomac sur le tapis est une option des plus alléchantes, ne serait-ce que pour défaire le sourire de ce clown, et surtout temporairement éliminer un souci pour continuer ta mission. La déshydratation est plus que présente, alliée non recommandée et peu recommandable dans ton état, et pour la première fois depuis une demi-douzaine d’années, tu souhaiterais juste hurler de douleur pour évacuer la violente douleur qui émane maintenant de tout ton torse sans discontinuer. Tu n’as rien contre le sang, mais voir le tien laisser des traînées sombres sur le drap, et sentir un goutte à goutte inconnu mais sûrement ferreux glisser le long d’un nerf métallique est la pire sensation possible. Quand ta main revient vide alors que tu as repoussé sans grâce la couverture de fortune, c’est ce même sang qui ne fait qu’un tour à l’annonce de la dernière imbécilité en date du pantin qui t’observe avec un sourire horripilant depuis quelques pas. « C’est toi qui ne va pas être en sécurité si c’est vrai, Osten.» Ta voix peut manquer d’assurance grâce aux récents événements, mais tu as suffisamment d’énergie pour l’agresser et faire passer ta colère sur sa gorge si on t’en laisse l’opportunité. D’une main redevenue orpheline, tu envoie valser le verre qui te tends, laissant le bris de glace s’éterniser entre vous comme une promesse d’escalade de violence totalement invraisemblable tellement cet individu est déconnecté de la réalité. « Que je… que je t’en veuille ?» C’est bien au-delà de ça, et l’envie de l’énucléer sans aucun outil devient brusquement très tentante. Assez pour que les mots te manquent face à cette dérision, cette parodie qu’il t’impose en te traitant comme une chose fragile. Pire, un enfant, alors que vous avez le même âge et que tu le hait depuis qu’il t’a ramené à Pallatine. « Je ne retournerai j-jamais à l’Institut, JAMAIS. Jamais. Et j’aurais ta peau si tu approches de moi encore une fois. Je jure. » Ton anglais est approximatif, mais le sens y es, et tu as essayé de te lever avec aussi peu de grâce qu’il t’est accordé dans un balancement grotesque pour que tu t’appuie sur seulement une seule main. Celle-ci est maculée de sang jusqu’à l’avant-bras, comme tes vêtements, dans un relent poisseux que tu penses imbibé jusqu’à tes os tellement l’odeur est forte. Debout par un miracle quand tu es plus proche de souhaiter mourir pour taire la douleur que d’actuellement retrouver tes assaillants, tu te déplaces très, très lentement avec la ferme intention de trouver la porte. La limitation des insultes que tu voudrais balancer à l’agent n’est due qu’à ton vocabulaire peu élargi sur le sujet. « Si je trouve. J’apprends. Que c’est de toi. Je reviendrai. Ils m’ont fait ça, je te ferai pire. » L’anémie te donne des vertiges qui t’obligent à ralentir, fermer les yeux et serrer les dents pour ne pas craquer quand tu essaie d’enserrer les reliefs métalliques et coupants d’une main tremblante.

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