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    L'art du pain | Cameron

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    Emily M. Mercier
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    L'art du pain | Cameron  Empty L'art du pain | Cameron
    le Ven 1 Fév 2019 - 11:14

    L'art du pain

    Cameron Abaddon

    L'art du pain | Cameron  52030fbcbc444af48401f74aa5dab549

    Une angoisse familière s’insinuait dans son être à mesure qu’elle voyait le temps défiler, la rapprochant mouvement d’aiguille par mouvement d’aiguille de l’arrivée de celui qui allait être son apprenti pour la journée. Elle s’était retrouvée à se proposer pour cette tâche par un concours d’accidents fortuits qui, il ne fallait pas se le cacher, étaient les majeures raisons de son dévouement. Elle n’avait rien de son mentor, la pédagogie lui échappait de même que ses mots au contact d’inconnus, mais elle voulait tout de même essayer de lui faire honneur.  Elle lui avait promis de s’occuper à sa place du jeune homme qui désirait découvrir les subtilités du métier, pour pallier son manque de temps et lui permettre de se reposer. Il en avait grandement besoin pour échapper à cette sournoise maladie, qui bien que bénigne, ne semblait vouloir le lâcher.  Il avait toujours eu cette habitude de donner sans compter, de s’investir pour cette boulangerie qui lui tenait tant à cœur, parfois au détriment de sa propre santé. Emily n’osant jamais lui dire de se reposer lors de sa formation, s’arrangeait toujours pour l’aider de son mieux se proposant pour réaliser de nombreuses gourmandises et lui épargner ainsi une partie du travail.  Mais le temps était venu de voler de ses propres ailes et laisser la place à un nouvel assistant, elle s’était émancipée créant sa propre pâtisserie. Bien évidemment son faible pour les choses sucrées avait en grande partie motivé son choix de se centrer uniquement sur cela, mais il y avait aussi son admiration pour les pains de son maître qui l’empêchait de se lancer dans ce domaine. Elle n’osait pas lui manquer de respect en reproduisant ses recettes, ah naïve Emily, si elle avait fait attention ne serait ce qu’une fois au regard de son maître lors de son apprentissage au lieu de douter, elle se serait rendu compte qu’il ne partageait absolument pas son avis. On dit que l’amour aveugle, ça Emily l’avait bien compris, mais le doute aussi…

    Elle replaça les mèches de ses cheveux derrière ses oreilles et décida de s’occuper en attendant ce fameux apprenti ainsi pourrait-elle, peut-être, calmer les tourments de son cœur ?  Elle entreprit de ranger les pains et les mets réalisés le matin même par le boulanger en vitrine. Elle soulagerait ainsi le travail de l’assistant qui devrait s’occuper de la boutique et de la confection de nouvelles denrées aujourd’hui. L’heure d’ouverture était proche et Alma, l’assistant, ne devait pas tarder à arriver. Elle ne le connaissait que peu, mais elle l’appréciait grandement. C’était un homme assez simple et passionné qui n’hésitait jamais à s’engager pleinement dans ce qu’il faisait. Il avait normalement été prévenu par le boulanger de son absence, Emily n’était là que pour lui transmettre les clés. Elle serait ensuite libre de guider Cameron jusqu’à sa propre boutique qui n’était pas ouverte aujourd’hui et qui serait donc bien plus tranquille pour enseigner.

    La clochette de la porte tinta annonçant l’arrivée d’Alma, il lui offra un salut puissant et enjoué. Elle souffla légèrement soulagée que ce ne soit que lui.
    « Bonjour Alma, je suppose qu’Harry vous a prévenu de son absence aujourd’hui ? Il m’a chargé de vous remettre les clés » dit-elle très poliment. Son éducation lui collait à la peau et la demoiselle avait du mal à se défaire de cette façon de parler assez impersonnelle.

    « Merci Em’, je vais préparer encore quelques petits trucs à l’arrière, fais-moi signe quand tu pars ! »  Alma ne se formalisait plus des manières d’Emily, le boulanger lui avait expliqué pas mal de choses sur son ancienne apprentie et il avait appris à accepter ce décalage singulier. Il disparut dans le couloir menant à la cuisine laissant, de nouveau Emily seule avec ses angoisses.  Elle voulait vraiment faire honneur à son mentor, mais serait-elle à la hauteur ? Arriverait-elle à transmettre correctement son savoir ?

    La clochette tinta de nouveau coupant ses nuisibles réflexions. Elle adressa un sourire au garçon qui se tenait à la porte, réflexe archaïque qui camouflait ses incertitudes dégoulinantes.

    « Bonjour vous devez être Cameron ? Je suis Emily, Harry m’a chargé de vous enseigner exceptionnellement aujourd’hui étant donné qu’il est souffrant, j’espère que cela ne vous dérange pas ? » Elle regretta sa phrase à l’instant où elle l’avait prononcée, elle se rendait bien compte que cela sonnait ridiculement pompeux, et s’il se méprenait sur elle à cause de cela ? Et s’il ne voulait pas travailler de concert avec elle, que pourrait-elle dire à Harry ? Elle le scruta des yeux anxieuse à l’idée d’une réponse négative.


         

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    Cameron Abaddon
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    On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, mais on peut aussi être impulsif, violent, récalcitrant, irritable, boudeur, franc du collier, déloyal, mesquin, fort susceptible pour tout et n'importe quoi, débrouillard, un tantinet crétin, inconscient, trop fier, faussement orphelin, de très mauvaise foi, grognon, maladroit dans ses sentiments, plutôt roublard, énormément attaché à sa soeur, indépendant et roux.
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    Avatar : Yata Misaki | K

    L'art du pain | Cameron  Empty Re: L'art du pain | Cameron
    le Ven 1 Fév 2019 - 21:46
    Les journées d'apprentissage commençaient toujours trop tôt, surtout pour toi qui te plaisais à paresser dans la chaleur molletonnée de tes couvertures dès que l'automne pointait le bout de ses dorures. Ces matins-là, il n'y avait bien que les arômes de pain chaud à l'arrière de ta conscience pour te tirer du lit, puis les secousses de ta volonté pour ne pas arriver en retard ; d'ailleurs, tu t'étais engagé à faire preuve d'une ponctualité exemplaire, sans quoi le boulanger chargé de ta formation te claquait la porte au nez. Tu n'aurais pas su expliquer pourquoi réellement il avait accepté ta demande – s'il t'avait reconnu avec presque cinq ans de plus et qu'il avait eu de nouveau pitié de toi, s'il lui manquait des bras au point de débaucher le premier volontaire venu ou si, ainsi qu'avait fleuri sa nature, il était tout simplement charitable et attentionné. De toute façon tu n'avais pas non plus l'intention de démarcher autre part et, dans le cas où il aurait refusé, tu n'aurais sans doute pas essayé ta chance dans une boutique concurrente. À croire que tu l'avais choisi, en toute inconscience, que tu avais pressenti qu'il n'y avait que lui capable d'accueillir tes semelles décrottées et ta tignasse de carotte, tes regards sauvages et tes mauvaises manières.
    Et en effet il avait écouté ta requête, assis tous les deux dans l'atelier inondé de farines et de graines débordant des sacs de jute. T'avait laissé lui raconter ta situation, la montagne, ta sœur, la nourriture, puis avait acquiescé malgré cet inconfort que trahissaient tous tes gestes. Il t'en coûtait de réclamer une si grande faveur à quelqu'un que tu n'avais jamais côtoyé plus que cela et envers qui tu n'avais jamais réussi à te débarrasser d'un sentiment de dette ; pire, tu risquais d'alourdir cette dernière de plusieurs mois. Mais il avait eu ces mots à la fois légers de soulagement, presque reconnaissants, et mâtinés d'expectative – « C'est une vraie joie que de te voir en train de chercher une voie qui te convienne. Et si c'est celle-ci qui t'intéresse, ma foi, prouve-moi que tu es prêt. » – qui ne manquèrent pas de renforcer ta détermination.
    Ainsi avais-tu entamé ton éducation boulangère.
    Sans conteste pareille bienveillance dissimulait en retour certaines règles à adopter, de même qu'une discipline particulière. Depuis cinq semaines que tu suivais les enseignement d'Harry, il exigeait de toi une précision, une résistance et un soin que tu n'étais guère accoutumé à travailler. Les techniques de pétrissage ou de lamage, retenir les différents dosages pour confectionner les pâtons jusqu'aux températures de cuisson des baguettes, miches et viennoiseries, tout ceci nécessitait une énergie si conséquente que tu terminais tes matinées avec une seule envie en tête : retourner te coucher. Pourtant, l'habitude aidant, tu sentais à présent que tes mouvements se faisaient plus lestes qu'auparavant, que tes muscles semblaient moins endoloris les lendemains, que ton flair et tes mesures s'affinaient. Ce constat t'enthousiasmait, de te sentir meilleur – comme si pour la première fois de ton existence tu te trouvais bon à autre chose que frapper, capable d'avoir une utilité sociale. Les matins à la boulangerie, aussi fatigants fussent-ils, coloraient ton avenir d'un nuance pâte de fruits et galette.      

    Six heures vingt au clocher, tu longeas le parc silencieux d'Ivale afin de rejoindre la boulangerie, laquelle ouvrait officiellement sur les coups de la demie. Les oiseaux d'aurore pouvaient cependant toquer avant cette heure, le patron se levant dès l'aube tous les jours pour préparer ses pains, mais l'on t'avait épargné ce douloureux horaire sous prétexte de croissance – ce qui faillit t'arracher un mot malheureux quand tu l'appris de la bouche d'Alma. Par chance, bien malaxer la pâte n'était pas une affaire de taille.
    Tu ignorais tout de l'état d'Harry lorsque tu aperçus la devanture de la boutique. Ne pas le distinguer derrière le comptoir ne t'étonna pas, puisqu'il passait beaucoup plus de temps dans l'atelier qu'à servir les clients, néanmoins c'est la silhouette inconnue, quoiqu'un chouïa familière, installée à cet endroit, qui te fit hésiter une fraction de seconde avant de franchir le seuil dans un joli son de grelot. Un « b'jour » à moitié inaudible déborda de tes lèvres quand la porte se referma. Puis la créature blondinette prit la parole et, face à tant de politesse de sa part – cela ne cachait-il pas une quelconque culpabilité quant à la prétendue souffrance du boulanger ? – tu demeuras un instant muet, carpe bêta devant le froufrou d'une colombe. Qui de la perspective d'être sous la tutelle de cette personne ou de son langage en soi te mettait le plus mal à l'aise, tu ne sus trancher. Elle n'avait pourtant pas l'air de mordre très fort. L'unique comparaison qui te traversa l'esprit concernait une de ces princesses de conte de fées, celles qui dorment avec treize oreillers ou qui servent d'illustration pour la définition de « beauté », hormis pour ses drôles d'oreilles qui dépassaient de sous ses mèches, mais qui ne te surprirent guère à l'aune des spécimens que l'on croisait parfois dans Pallatine.
    « Qu'est-ce qu'il a ? » fut ta première réplique. « Alma est d'jà là ? » fut ta deuxième – quasiment rhétorique. Et sans patienter pour la réponse, en guise de troisième, tu appelas à destination des cuisines jusqu'à ce que le timbre amical de l'assistant fasse écho :
    « Ouais, Cam', je suis occupé, tu vois avec Emily ! C'est elle qui gère aujourd'hui, alors sois sage ou t'entendras parler du pays ! »
    Voilà qui était clair : pas d'échappatoire. Tu reportas dès lors ton attention sur la demoiselle ; elle t'avait posé une question, non ? D'autant qu'il n'était pas permis que ce changement de programme ruine ton humeur – si Harry lui faisait confiance, elle avait probablement des choses à t'apprendre.
    « Nan, c'pas dérangeant, t'inqu... heu... vous inquiétez pas. »
    À mieux l'observer, impolitesse dont tu ne te formalisais pas, tu devinais que tu l'avais déjà vue autrefois, à plusieurs reprises. L'endroit te reviendrait bientôt : tu l'avais juste au coin de l'œil, entre deux cils... sauf qu'à défaut de le dénicher tout de suite, tu finis par balayer le magasin de ton regard noisette à la recherche d'une tâche à accomplir – ou pour ne plus soutenir son regard bleu incandescent.
    « J'vous écoute si vous voulez m'donner des trucs à faire ? »
    Écorché, mais poli.
    Tel un apprenti.

    ___________________
    Cœur :
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    L'art du pain | Cameron  Empty Re: L'art du pain | Cameron
    le Lun 18 Fév 2019 - 8:40

    L'art du pain

    Cameron Abaddon

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    Elle ne sut interpréter sa réaction et le laissa parler avec Alma sans l’interrompre pour répondre aux questions qu’il venait de poser. Elle souffla un bon coup tentant de s’insuffler le courage qui lui faisait cruellement défaut sur le moment.

    « Nan, c'pas dérangeant, t'inqu... heu... vous inquiétez pas. » la surprit-il.
    Elle ne s’attendait pas à ce qu’il termine aussi vite sa conversation avec Alma et il faut dire qu’elle n’y avait pas vraiment prêté attention tout accaparée qu’elle était à calmer les montagnes russes qu’étaient devenu son cœur. Il ne semblait savoir sur quel pied danser avec elle et son extrême politesse en était surement la cause. Elle remua les mains devant elle gênée qu’il la vouvoie à son tour, elle n’avait en aucun cas voulut le bousculer dans ses habitudes.

    «  Hum vous n’avez pas à me vouvoyer vous savez »

    Elle voulait arranger tout malentendu avant de commencer à travailler, il était important qu’il puisse se sentir à l’aise. Harry lui avait bien fait comprendre que pour apprendre la meilleure chose était de se sentir en confiance et d’oser expérimenter, quitte à faire des erreurs.
    A l’entente de sa question elle se dit qu’elle aurait dû lui préciser auparavant qu’ils ne pratiqueraient pas ici, il fallait toujours qu’elle oublie les choses les plus importantes lorsque que le stress prenait le dessus. Elle remit de nouveau ses mèches rebelles derrière ses oreilles, jouer avec ses cheveux lui avait toujours permis de reprendre quelque peu contenance face aux autres. Ce geste familier avait quelque chose de rassurant, bien qu’ainsi ses oreilles n’en soit que plus exposées. Elle lui lança d’avance un regard d’excuse espérant que ce contretemps ne fâcherait pas les plans du jeune homme.

    « Hum avec Harry nous nous étions dit que ce serait mieux de le faire dans ma pâtisserie, elle est fermée pour la journée, ce serait plus calme pour que vous puissiez travailler…
    Et j’avais également prévu de distribuer nos réalisations aux résidents d’Ivale, ils m’ont été de grand conseil lorsque j’ai ouvert ma pâtisserie et j’aimerais les remercier et puis il n’y a rien de mieux que l’avis des clients pour savoir où nous devons nous améliorer, non ? »

    Emily se tut un moment, consciente qu’elle s’était emballée à l’idée de pouvoir partager leurs réalisations à la fin de la journée. Elle ne savait même pas si Cameron serait en accord avec cette idée et sur le moment elle avait bien oublié de prendre cela en considération, il fallait qu’elle se rattrape.

    « Enfin si vous le voulez bien, bien sûr »

    La passion qui la submergeait pour son métier l’amenait parfois à oublier que bien peu partageaient un engouement aussi poussé pour les gâteaux. Et elle ne voulait en aucun cas forcer faire qui que ce soit à réaliser quelque chose qu’il ne désirait pas, Harry ne lui avait pas vraiment préciser pourquoi Cameron souhaitait apprendre le métier et jusqu’à ce qu’elle le découvre elle ne ferait aucunes présomptions sur cela. Il fallait qu'elle refrène un peu ses ardeurs.

    Spoiler:
    Désolée du délai assez long, d'habitude je réponds un peu plus vite, mais là j'ai été pas mal prise par les études. Sinon cette réponse aw j'aime beaucoup, hâte de continuer ce rp avec toi  Cœur  

       

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    Cameron Abaddon
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    On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, mais on peut aussi être impulsif, violent, récalcitrant, irritable, boudeur, franc du collier, déloyal, mesquin, fort susceptible pour tout et n'importe quoi, débrouillard, un tantinet crétin, inconscient, trop fier, faussement orphelin, de très mauvaise foi, grognon, maladroit dans ses sentiments, plutôt roublard, énormément attaché à sa soeur, indépendant et roux.
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    L'art du pain | Cameron  Empty Re: L'art du pain | Cameron
    le Lun 4 Mar 2019 - 23:38
    Tu la regardes, elle te regarde – en chatons de faïence perchés sur un muret – avec trop d'incrédulité dans vos deux paires d'yeux, trop de gêne pour qu'ils puissent s'accrocher sans se fuir aussitôt, se croiser sans se dérober les uns les autres, de son côté glissant ainsi que le ressac des vagues sur une sable dorée et du tien bondissant d'une branche à l'autre dans un éclair fauve. Pour toi c'est aussi étrange de la voir que de l'entendre, quoique le timbre même de sa voix se fasse moins déroutant que ses paroles ; qui irait user de tant de courtoisie pour te demander de ne pas en faire preuve toi-même ? S'il y a bien quelqu'un ici qui devrait baisser l'échine, c'est toi, pas elle, et l'excès de déférence dont elle s'auréole te met mal à l'aise sans que tu saches ni l'expliquer précisément ni l'exhorter à se montrer plus familière. Ou peut-être le fait de la tutoyer l'amènera-t-elle à agir de même pas la suite, par mimétisme – c'est tout le réconfort que tu peux espérer.
    Les quelques repères féminins que tu es capable de convoquer pour envisager une réaction appropriée ne t'aident cependant pas beaucoup ; cette Emily possède peut-être des mimiques que tu retrouves dans ta mémoire, attachées au souvenir d'une fille désormais disparue – et tu réprimes une grimace en éprouvant ce pincement au thorax à la pensée de sa chevelure d'encre –, il y a une différence majeure entre Lorelei, Sydney ou même ta propre mère, et cette demoiselle tout en grâce et en timidité. Tu constates donc, à ton grand désarroi, que tu ne peux te rattraper à rien de connu dans ton entourage pour essayer de cerner cette fleur de sérénité. Ne reste qu'à la côtoyer pour te façonner une opinion, peu à peu, pâte à pâte, et acquiescer à ce qu'elle raconte... que, quoi ?! Si ton ouïe ne t'a pas fait défaut au moment crucial, elle a bien parlé de « distribuer vos œuvres » aux locaux ? Et en guise de remerciement pour leur soutien et conseils ? Dam, tu opterais plutôt pour la case « cadeau empoisonné » : à moins que ces gens apprécient les crèmes au beurre sans beurre ou les petits fours trop cuits, tu ne donnes pas cher de leur palais une fois qu'ils auront croqué dans tes chouquettes. Le pain, ça va, tu commences à gérer pour que ce soit a minima comestible, mais la pâtisserie... Autant te donner des moufles pour broder, tu y arriverais mieux. C'est qu'elle ne semble pas se douter une seule seconde de ton impéritie, alors que tu serais en mesure de confondre le sel et le sucre par inadvertance – par inattention – et, quelque part, cette confiance qu'elle place en toi, en vous n'est pas pour te rassurer. Tu ne souhaites pas la décevoir, non parce qu'elle ne mérite pas ton échec, mais parce que si celui-ci remonte aux oreilles de Harry, tu risquerais de te faire tirer les tiennes jusqu'à ce qu'elles soient aussi longues que celles de la pâtissière. Pression. Est-ce que cela transparaît dans ton front bas, que tu ne partages pas du tout son affectueuse assurance ? Et pourtant, tu voudrais bien qu'elle t'en prête un soupçon, ne serait-ce que pour qu'elle ne prenne pas ombrage de ton appréhension.

    « Oui, d'acc'... 'fin, c'toi qui choisis aussi. Moi j'suis là pour t'aider... » Ce n'est guère le meilleur terme que tu souhaiterais employer, néanmoins tu ne vois pas trop comment exprimer ton rôle auprès d'elle : te décréter « assistant » serait pour sûr présomptueux quand « larbin » à l'inverse aurait le mérite de la véracité, mais bonjour l'estime de soi, en compétition avec « boulet dans les pattes ». Parce que c'est vrai ; contrairement à Alma qui connaît la cuisine, le métier, l'art du glaçage et des levures, toi tu prends une place dont tu ignores parfois quoi faire, comme si tout ton corps se mettait à envahir inutilement l'espace, et tu t'estimes chanceux si tu ne renverses ni ne casses rien dans un mouvement brusque d'animal effrayé. Est-ce qu'Emily te mettrait à la porte si tu brisais un récipient ? Tu n'as même pas encore franchi le seuil de la pâtisserie que tu songes déjà à l'instant où l'on te jettera sur le trottoir à grands coups de pied au derrière – incorrigible angoisse de retourner à la fange d'où l'on t'a extrait. Et chasses cette idée en secouant la tête pour toi-même.
    « Y vont pas trouver ça bizarre qu'tu leur fasses avaler un truc infect alors que d'habitude y s'régalent avec tes gâteaux ? » Tu esquisses un rire qui meurt aussitôt dans ta gorge, faute de te juger drôle. Tu n'as pas besoin de goûter pour savoir que ce qu'elle propose d'ordinaire à ses clients sont d'authentiques délices sucrés ; il te suffit de te souvenir des mines réjouies et des exclamations d'enfants regroupés devant sa vitrine à l'arrivée du printemps, de l'impatience de leurs petites menottes agitées autour des paquets emballés avec fantaisie, de leurs doigts qu'ils lèchent avec un plaisir évident et que tu ne pouvais jusqu'à présent qu'imaginer à défaut d'avoir le droit ou l'opportunité de planter à ton tour tes quenottes dans un éclair au chocolat. Oui, t'en es sûr : elle, elle n'a pas besoin de s'améliorer – elle offre déjà tellement d'amour qu'il n'y a rien à redire. Alors si quelqu'un n'est pas content de ses préparations, tu te posteras devant le goujat pour lui éclater la face avec une tarte citron, foi de Cameron.          

    Guettant sa réponse, tu commences à reculer vers la porte de la boulangerie avant de l'ouvrir en grand, agrippant la poignée dans le creux de ton coude le temps que la blondinette franchisse le palier. Tu te garderais à l'évidence de mener l'expédition, quand bien même tu te rappelles que la pâtisserie se situe à quelques pas d'ici, car tu préfères la laisser initier le mouvement. Elle n'a pas l'air très rassurée – et tu partages ce sentiment –, mais si elle ouvre la marche, tu la suivras. Et parce que ce seul geste ne remplace pas une invitation claire et nette, tu te permets d'ajouter, à son attention : « Qu'est-ce 'tu voudrais qu'on prépare ? »
    Puisque ce on est déjà si riche de signification.

    Spoiler:
    Woops, à mon tour de mettre un peu de temps... Mais il n'y a pas de souci pour tes études. Ça fait très plaisir de découvrir tes réponses, ce rp est déjà trognon L'art du pain | Cameron  2038183076

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