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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

"To be or not to be, what is the question." | PV. Santiago.

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Invité
posté le Jeu 26 Mai 2016 - 23:20 (1)
To be or not to be, what is the question.
“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. •••  Il a honte de toi.
Sinon il ne t'aurait pas fait entrer dans ton bureau, un vrai père aurait pris la peine de t'engueuler devant tout le monde pour bien foutre la honte à sa progéniture.
Mais c'est toi qui lui fait ressentir un bidule honteux, Romeo. T'es son sale secret, la chose qu'on préférerait oublier mais qui reste là comme une sangsue pour absorber l'intégralité de notre santé mentale. T'es une saloperie, Romeo. Une putain d'erreur, la trace d'un instant qui aurait dû rester plus qu'éphémère. Mais t'es là et c'est bien fait pour lui. Tu repenses à ta mère. Tu repenses à ton enfance remplie d'un espoir inavoué, qui s'est terminé bien trop vite.
Qu'est-ce que tu le hais.
Parce qu'il n'est pas là. Parce qu'il est lui-même.
T'aimerais bien un peu de son temps, qu'il t’apprenne quelques mouvements sportifs comme il le fait avec ses débutants.
T'es qu'un connard papa, et je te le rends bien.
Alors hier soir, quand tu as caressé dans le sens du poil cette minette du club pour finalement finir dans son lit, tu t'es un peu vengé. Tu détestes ça, autant que lui mais rien n'a l'exquis goût de la vengeance. De sentir la déception dans ses yeux, l'énervement serrer sa mâchoire.
Et toc. Ca, c'est pour les larmes que tu as arraché de mes prunelles d'enfant, pour celles de maman qui avaient un goût amer.
Tu gardes ta casquette bordeaux vissée en arrière comme un sale gars, assis sur le siège confortable en face de son bureau. Tu ne le regardes pas, tu ne songes pas à tenter de décrypter les émotions de son faciès car tu sais que ça sera l'inverse qui se produira : il lira en toi comme dans un livre ouvert et tu n'auras que tes yeux pour pleurer. Alors, ton nez se balade à droite et à gauche pour s'arrêter sur ta montre sans aiguilles, à chiffres. Tu l'observes, comme si c'était la plus belle chose du monde mais à la fois avec un désintéressement fugace ; tu as envie de savoir ce qu'il a à te dire. Au moins, il te parle. Ca veut dire qu'il s'en fout pas complètement de toi. A moins que ça soit pour l'honneur familial ?
Le doute. Berk. Tu te mordilles nerveusement la lèvre inférieure en te trémoussant sur place, résistant à l'envie de retirer ta veste. Ca rajoute de la nonchalance de garder ses vêtements, un cocon réconfortant qui veut dire qu'on ne va pas rester pour longtemps et qu'on ne s'installera pas.
Est-ce qu'il est debout ? Assis ? Tu n'en sais rien.
Mais t'as besoin de briser ce silence. Alors tu dis la première connerie qui te passe par la tête dans un espagnol un poil hésitant, provocant dans tes propos.
"-Alors, tu as payé comment les meubles de cet endroit "papa", tu as vendu tes autres enfants ? T'es proxénète ? Vu que tu prends les femmes pour des putes. T'as combien d'enfants ? Deux, trois... Cinq ? Ca m'étonnerait même pas, sans doute qu'on pourrait réussir à faire une pétition pour te faire crever."
C'est limite si tu ne craches pas au sol. Ta voix tonne, furieusement. On sent le regret, le reproche. Parce que sans doute, il aime un autre de ses descendants. Sans doute que toi, t'étais juste un brouillon avant la perfection.
Tu bailles, t'observes tes baskets usées, ton jean déchiré et ton tee-shirt avec un dessin d'un jeu vidéo à deux balles.
Qu'il aille se faire foutre.
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Personnage : Un homme discret, toujours habillé avec élégance, que l'on retrouve au fond d'un club privé tout aussi travaillé que lui. Voilà l'image que l'on a de Santiago, le propriétaire du Leviathan.
Mais les plaisirs distingués ne sont pas les seuls à son goût. Voir les gens se battre dans son sous-sol lui donne le sentiment d'être tout puissant. Il aime les autres, les aime profondément, mais à sa manière, avec un peu de retenue et beaucoup d'indifférence. Il les aime autant que l'argent et le pouvoir. Tout cela se vaut. Mais peut-être pas autant que lui-même. Santiago se préserve avant tout lui-même, puis les autres, ceux à qui il tient si forts qu'il pourrait basculer dans de bien sombres penchants...
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Léviathan
posté le Ven 27 Mai 2016 - 19:30 (2)
C'était la tension régnant dans la salle qui avait mis la puce à l'oreille de Santiago. Cette tension soudaine qui avait monté d'un cran lorsqu'il avait mis le pied au rez-de-chaussée, comme si tous ceux qui le connaissaient craignaient l'orage qu'il allait déchaîner dans cette pièce. Le sourire confiant ne les mettait pas à l'aise : il masquait si parfaitement la colère qui bouillonnait en lui que l'on comprenait rapidement à quel point Santiago était furieux. Il était trop civilisé pour laisser sa rage éclater telle qu'elle, mais elle existait bel et bien, perceptible sous son visage crispé. Tout cela ne signifiait qu'une seule chose : le fils si peu désiré était arrivé, comme le lui avait l'employé qui était venu le chercher au sous-sol. Ce dernier avait hésité un instant : votre f... il est arrivé. Certaines choses comme les liens du sang ne pouvaient être défaites, mais ce n'était pas une raison pour les clamer sur tous les toits. Santiago ne pouvait nier être le géniteur de Romeo. Cela ne l'obligeait pas à se reconnaître comme son père pour autant.

« Dans mon bureau. »

Il n'avait même pas regardé l'adolescent, comme s'il ne voulait pas prendre acte de sa présence. Dans son dos, il sentit la tension redescendre d'un cran. Quoiqu'il se passât entre Santiago et Romeo, ils n'en seraient pas témoins, ça les rassurait, même s'ils savaient que le patron serait de très mauvaise humeur pour les heures à venir. Le fils obtempéra, sans doute parce qu'il recherchait lui aussi cette confrontation. Santiago ne voyait pas d'autre raison à son comportement déplorable. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, Romeo avait toujours tout fait pour le contrarier. Pourquoi cela changerait aujourd'hui ?
Installé dans son fauteuil imposant, Santiago observa l'adolescent d'un œil très critique. La casquette sur sa tête le dérangeait profondément : la politesse voulait que l'on se découvre en public, mais Romeo n'avait bien entendu jamais eu l'occasion d'apprendre la politesse, c'était évident. Son éducation entière était à refaire, puisqu'il ne s'en était pas occupé lui-même. Santiago pouvait aussi critiquer le choix de ses vêtements, sa posture, et pourquoi pas son existence tant qu'il y était, mais puisqu'il avait toujours refusé de s'occuper de son garçon, il estimait que ce n'était pas à lui de le faire. Lorsqu'il critiquait Romeo, il le faisait en espérant corriger des déviances que son incapable de mère avait laissé se développer par son incompétence. Il ne fallait pas lui en demander plus.
Le silence qu'il imposait pour mettre Romeo mal à l'aise eut l'effet escompté : l'adolescent craqua et sombra dans les provocations dès le départ. Quelques années plus tôt, il n'était pas comme ça. À l'époque, il devait encore entretenir quelques espoirs envers Santiago... espoirs que ce dernier avait bien fait attention de réduire à néant dès que l'occasion s'était présentée à lui. Depuis, Santiago avait droit à bon nombre de remarques sarcastiques ayant pour objectif de lui rappeler la cruauté avec laquelle il avait abandonné une femme et son enfant dix-sept ans plus tôt.

« De la part d'un petit merdeux comme toi, ce genre de remarque ne me touche pas vraiment, répondit-il d'un ton très calme, en dépit de la colère qui lui enflammait le sang et les nerfs. Surtout que si je ne me trompe pas, c'est toi qui prends les femmes pour des putes, non ? »

Santiago avait fait une erreur dix-sept ans plus tôt : pourquoi devait-il encore en assumer les conséquences aujourd'hui ? Cela était désagréable au possible, surtout quand le fruit de votre erreur venait vous rappeler votre égarement avec autant de hargne. Il avait déjà expliqué à Romeo qu'il s'était montré beaucoup plus prudent les autres fois, qu'il avait pris garde à ne pas laisser de descendance ailleurs, mais l'explication était assez mal passée. Il n'avait sans doute pas apprécié lorsque Santiago avait dit qu'il regrettait de lui avoir permis de venir au monde. Il ne se rendait pas compte que ce type de remarque pouvait être très blessante pour un fils abandonné.
De toute façon, le problème venait de Romeo, et une fois de plus, Santiago se sentait obligé d'intervenir, afin de lui éviter de se retrouver dans une situation aussi désagréable que la sienne. Un reproche de plus sur son compte.

« Hier soir. Quelques uns de mes hommes t'ont vu avec une fille dans la rue, au lieu d'être chez toi comme un enfant de ton âge devrait. Qu'as-tu à dire pour ta défense ? Vas-y, je t'écoute, je te promets que je ne t’interromprai pas tant que tu n'auras pas fini. »

Même en exprimant à voix haute la cause de son énervement, Santiago avait réussi à ne pas trop hausser la voix, mais il était évident qu'il allait exploser d'une seconde à l'autre. Les filles, c'était un sujet très sérieux. Il n'avait aucune envie d'être grand-père à quarante-et-un ans seulement, et il savait que les accidents étaient vite arrivés quand on était jeune. Où était le mal à vouloir empêcher son fils de suivre la même voie que lui ?
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posté le Ven 27 Mai 2016 - 21:52 (3)
To be or not to be, what is the question.
“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. ••• Ta paupière tique quand il t'insulte. Connard connard connard ; tu n'as que ce mot à la bouche et tu te retiens de le lui cracher à la gueule. Tes épaules s'affaissent. Au fond, ça fait mal. A chaque fois, ça brise le soupçon enfantin et innocent qui berce tendrement ton palpitant, pour le protéger de tout ça ; un cruel euphémisme.
Ca fait mal, c'est douloureux mais t'as aucun autre choix qu'encaisser durement, tu l'as cherché mais les voyelles prononcées par cet homme te ramènent sans délicatesse à la réalité. Tu souffles en l'écoutant te reprocher des trucs qu'il devrait ignorer: pourquoi est-il toujours là pour te gueuler dessus et pas pour te féliciter ?
Et en même temps, n'est-ce pas ce que tu cherches ? Tu ne sais plus.
Est-ce que tu prends des femmes pour des putes ? Non, mais ça lui ferait trop plaisir que tu t'emportes. Tu oses relever le menton pour le dévisager sans amour, juste avec ce dégoût profond que tu peux ressentir à sa vue.
Et puis, il te parle de ça. De ce que tu as provoqué et qui le met en rogne plus que tout. De quel droit il critique ta manière de vivre ? Ton éducation, tout ce que ta mère a construit malgré le fait qu'elle devait se battre pour vous nourrir ? Salopard.
C'en est trop.
Tu te lèves brusquement et plaque le plat de ta main contre le bois du bureau.
Boum boum.
Ton cœur bat à tout rompt, loin d'être préparer à exploser ainsi ; l'affront dont tu fais preuve est nouveau pour toi. Ton regard froid rencontre le sien et pendant un instant tu l'observes. Et tu dis, que ce n'est pas possible, que tu ne peux pas posséder du sang de cette créature.
A nouveau, le regret.
Parce que le mouvement impulsif que tu viens d'exécuter n'exprime rien et demeure juste provocant ; comme si tu avais besoin de ça.
Lui expliquer pourquoi tu étais avec une fille ? Bien, d'accord.
Tu recules brutalement ton siège et jettes ta casquette au sol. Au diable les conventions.
Tu as besoin de réfléchir. Vite. La douleur passe sur ton visage pour s'échouer vulgairement au sol, comme l'a fait il y'a déjà quelques années ton respect.
Tu tournes comme un lion en cage, faisant les cent pas sans prêter attention à ton père ; puis à un moment, tu t'arrêtes et passes une main dans ta tignasse teinte. Les sourcils légèrement froncés, tu comptes bien répondre à sa question.
-J'ai pas besoin de me défendre de vibrer. J'ai pas besoin de te donner des PUTAINS d'excuses pour fréquenter une chica. Tu veux que je devienne homo, c'est ça ? Ca te ferait plaisir que j'aime les hommes, histoire de ne pas avoir de descendance ? Je ne ferai pas tes erreurs, mais encore. Je les assumerai si j'ai le malheur de les faire, je ne suis pas un cobarde. Alors vete a la mierda, "padre".
Tu reprends ton souffle, les pieds vissés dans le sol. Ce n'est plus toi qui parle, mais l'adrénaline. Le surplus de sentiments négatifs qu'il a pu te faire ressentir en dix-sept ans.
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Personnage : Un homme discret, toujours habillé avec élégance, que l'on retrouve au fond d'un club privé tout aussi travaillé que lui. Voilà l'image que l'on a de Santiago, le propriétaire du Leviathan.
Mais les plaisirs distingués ne sont pas les seuls à son goût. Voir les gens se battre dans son sous-sol lui donne le sentiment d'être tout puissant. Il aime les autres, les aime profondément, mais à sa manière, avec un peu de retenue et beaucoup d'indifférence. Il les aime autant que l'argent et le pouvoir. Tout cela se vaut. Mais peut-être pas autant que lui-même. Santiago se préserve avant tout lui-même, puis les autres, ceux à qui il tient si forts qu'il pourrait basculer dans de bien sombres penchants...
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Léviathan
posté le Sam 28 Mai 2016 - 11:02 (4)
Il est sanguin, le Romeo, et dans la violence de sa réaction – ses mains claquées violemment contre la table, signe de la colère qui l'habite -, Santiago pouvait ne pas se reconnaître. La colère chez lui était froide et se dégustait lentement ; elle ne s'exprimait pas publiquement, car une sorte de pudeur l'en empêchait. Plutôt que de la laisser librement exploser, il préférait la retenir et lui convertir en cette force nocive qui lui avait permis d'arriver là où il se trouvait à présent. Santiago ne voulait pas savoir les raisons du débordement de Romeo étaient justes ou non : cette question n'avait pas d'importance dans la vie. Les gens se foutaient de vos intentions. Ils voulaient des résultats, Santiago le premier. Son regard se porta à peine sur le bureau. Il ne pensait pas que les mains rougies par le choc de son fils fussent une menace pour le bois précieux dont il était composé. Il venait de dire qu'il n'interromprait pas Romeo tant que celui-ci n'aurait pas fini de parler, et il comptait pas tenir sa parole.
L'adolescent, bien entendu, ne comptait pas se justifier, encore moins s'excuser. Il lui semblait normal de faire absolument tout ce qu'il voulait à son âge, c'est-à-dire approcher des filles s'il le voulait. Mais dans quel monde vivait-on ? Santiago se souvenait très bien d'une époque où ce type de fréquentation n'avait pour seul objectif que de préparer un mariage – et déjà à l'époque était-il déviant de cette morale rigide. À l'époque, ces règles strictes lui avaient parues stupides, mais il devait reconnaître, désormais, toute leur utilité. Elles avaient été inventées précisément pour éviter de se retrouver dans la situation actuelle de Santiago, comme si les Anciens avaient su que ce jour viendrait si jamais Santiago faisait une bévue. Dix-sept ans, c'était trop jeune. On ne comprenait pas du tout ce qu'on faisait.
Et bien entendu, Romeo faisait planer le spectre de l'homosexualité pour faire peur à son père. À cette époque, être homophobe n'était plus à la mode, il n'y avait que les transférés des vieilles époques et les rétrogrades pour avoir de sévères réticences à ce sujet – et encore, pas tous. En tout cas, pas vraiment des personnes fréquentables, parce que cela se teintait souvent d'autres nuances, comme le racisme, le sexisme... autant de mentalités assez peu appréciées par les plus jeunes générations. Santiago avait l'esprit ouvert et ne tombait pas dans ces excès... mais l'homosexualité, malgré tout, il avait du mal, même si le risque d'avoir une descendance devenait nul. Pourquoi Romeo lui demandait-il de choisir entre Charybde et Scylla ? Était-il vraiment d'aller jusqu'au bout pour le provoquer ?

« Non, je veux que tu deviennes responsable, répondit Santiago en insistant bien sur ce dernier mot. Et excuse-moi de vouloir t'empêcher d'avoir une descendance à ton âge, dios mio. Mais le problème, c'est que justement, tu ne penses qu'à t'amuser. Qu'est-ce que tu as dans le crâne, sérieux ? »

Des tas de choses, très certainement, mais rien qui ne plairait à Santiago. Mieux valait ne pas chercher à savoir ce que pensait ce gosse. La déception était déjà assez grande, autant ne pas aggraver son cas.

« Peut-être que si je te le disais en anglais ou en italien, tu comprendrais mieux ? PAS DE FILLE. C'est clair ? Franchement, tu n'aurais aucune difficulté à ne pas me décevoir, mais tu sembles tout faire pour. Déjà, quand tu avais abandonné l'école... quand je pense que j'ai fait l'effort de faire des études, et que toi, tu balances tout en l'air juste pour t'amuser... »

Pendant qu'il récitait ses plaintes, Santiago se leva et s'approcha de Romeo, qu'il domina de toute sa taille – pauvre enfant, il était grand, mais Santiago l'était encore plus. Son visage était neutre, mais son regard méprisant, comme s'il regardait une vermine qu'il s'apprêtait à écraser de toute urgence.

« La prochaine fois, je ne serai pas aussi conciliant. Je te foutrai une raclée dont tu te souviendras toute ta vie. Si les paroles ne marchent pas, il faudra que je songe à te dresser à la dure. »

Mais peut-être y avait-il une trace d'amour paternel en Santiago, car s'il avait toujours des reproches à faire à Romeo, il n'avait encore jamais porté la main sur lui. Quoique... il est vrai que Santiago levait rarement la main contre les autres, puisqu'il n'avait jamais à le faire.
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posté le Sam 28 Mai 2016 - 21:37 (5)
To be or not to be, what is the question.
“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. ••• Responsable ? Il se fout de ta gueule ? Lui-même sait bien le besoin de mouvement quand on est jeunes, le besoin enivrant d'en avoir toujours plus. De sentir ses frissons de danger, qui nous parcourent avec ardeur.
Il est le mieux placer pour savoir.
Et puis dresser à la dure ? Tu n'es pas un chien, pas un animal. Juste un gosse brisé qui demande un peu d'attention de son paternel. Un soupçon de fierté.
Alors à nouveau, ta mâchoire se serre. C'est une boucle infinie de déception et de colère avec lui, ce besoin de se détruire mutuellement.
Parce que dès le début, vous vous pourrissiez la vie. Chacun pense que c'est légitime de faire ça, de massacrer tout doucement, cruellement l'existence de l'autre.
Alors doucement, tu reprends ton souffle. Tu repenses à ces instants passés avec elle, les bouffées d'air frais et de joie que tu as pu ressentir en sa compagnie.
Tu dois te calmer, pour elle. Pour tout ce qu'elle a tenté de construire, les sacrifices perpétuels qu'elle a fait pour ton confort. Tu ne dois pas tout détruire. Tu dois accuser, pour mieux le casser.
Alors, tu lui souris. Tout bonnement. Un éclat de rire, mauvais. Parce qu'il n'y'a rien d'autre à faire, que tu dois lui renvoyer son mépris dans la face. Ne pas entrer dans son petit jeu et assumer tes choix.
Tu as envie de t'amuser, toi aussi. Te venger de tout. De ses menaces, de ses accusations. D'avoir brisé un petit garçon et sa mère, qui n'attendaient de lui rien de plus que de l'amour.
Il n'a pas le droit de te traiter ainsi. Il n'a pas le droit de te dire que tu dois être responsable, alors que pendant dix-sept ans il s'est contenté de fuir.
Ta voix est claire, nette. Ton ton un brin assuré, arrogant. Condescendant même ?
"Bien. D'accord. Je vais sans doute parler dans le vent car tu ne prends même pas la peine de réfléchir sérieusement à mes décisions ou mes paroles ; je ne suis qu'un moins que rien non ? Enfin, c'est ce que tu me dis. C'est ce que tu penses quand tu me traites de "petit merdeux". Tel père tel fils."
Une inspiration, tu pivotes. Pour te donner de la contenance. Pour ne plus devoir croiser son regard qui n'aspire à rien d'autre outre le fait qu'on lui obéisse.
Tu reprends ce que tu étais en train de faire avec jubilation ; tu l'as attendu pendant longtemps cette "dispute" qui pourrait te permettre de l'enfoncer même un petit peu. C'est important, pour toi. Pour ton honneur bafoué, toute la honte que tu as accumulé en étant gamin quand il se contentait de lister tout ce qui n'allait pas.
"Pourquoi voudrais-je ne pas te décevoir ? Pour avoir juste en récompense, cette indifférence ? Tu penses que quand j'avais huit ans et que je bossais encore un minimum à l'école, j'étais content de ressentir cette honte d'être moi à chaque fois que je te voyais ? Posséder l'impression de juste être un con indésirable et que les efforts qu'on fera plus tard ne seront jamais récompensés."
Un soupir tremblant.
"Tu penses que je bouffe en m'amusant ? Certes, mon métier n'est peut-être pas le plus glorieux mais j'y mets du mien. Tu sais ce que c'est de devoir nettoyer le vomi d'un gosse qui a mal digéré sa part de gâteau ? Non. Toi tu te contentes de profiter des combats des autres pour te faire du fric sur leur dos."
Tu te tournes vers lui avec hargne.
-Frappe-moi, si tu le veux. De toute manière j'ai plus rien à perdre. La seule chose qui compte pour moi, c'est maman.
Tu finis en beauté, en le critiquant comme lui l'a fait pendant dix-sept ans.
-Pourquoi me parles-tu de responsabilités ? Certes, je conçois très bien que tu ne veuilles pas que je sois davantage un déchet comme toi en ayant un enfant à mon âge. Mais n'est-ce pas toi qui pendant dix-sept ans, n'a pas pris la peine de venir me voir à mes matchs de foot contre une autre équipe ? Me prendre dans tes bras quand je pleurais car je faisais un cauchemar ? Et ne me dis pas que c'est de ma faute, que je suis une erreur car ce n'est pas vrai. A trente ans par exemple, tu étais adulte et JAMAIS tu as bougé ton cul à part pour me réprimander.
Alors tu peux me battre, me mettre sur un ring avec un molosse en face pour me dégommer la gueule mais ne t'avises pas de me faire une leçon sur les responsabilités. Plus jamais.

Tu vas le regretter, Romeo. Mais c'est pour la bonne cause.
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Mais les plaisirs distingués ne sont pas les seuls à son goût. Voir les gens se battre dans son sous-sol lui donne le sentiment d'être tout puissant. Il aime les autres, les aime profondément, mais à sa manière, avec un peu de retenue et beaucoup d'indifférence. Il les aime autant que l'argent et le pouvoir. Tout cela se vaut. Mais peut-être pas autant que lui-même. Santiago se préserve avant tout lui-même, puis les autres, ceux à qui il tient si forts qu'il pourrait basculer dans de bien sombres penchants...
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Léviathan
posté le Lun 30 Mai 2016 - 14:16 (6)
La satisfaction qui s'exprimait sur le visage de Santiago s'évanouit bien vite lorsqu'il se rendit compte que ses paroles n'avaient pas l'effet escompté sur Romeo. Au lieu de comprendre les raisons pour lesquelles Santiago lui adressait ces avertissements, il préférait en sourire, en rire... prendre ces reproches à la légère, comme si Santiago ne pouvait avoir raison parce qu'il avait fait l'erreur qu'il essayait désormais d'épargner à Romeo. Rien ne l'obligeait pourtant à cela. Il aurait très bien pu le laisser pourrir dans son coin jusqu'au bout : on aurait bien vu ce que serait devenu l'adolescent, en fin de compte. Santiago ne s'estimait ni injuste ni exigeant, juste incroyablement généreux en lui accordant de son temps précieux. Il prenait la peine de lui donner des ordres, pourquoi Romeo ne pouvait-il pas s'en contenter ? Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre que ce qui comptait vraiment aux yeux de Santiago était de ne pas avoir une épine dans le pied à cause de son comportement ? Et peut-être même de pouvoir être fier de lui ?
Irrécupérable. Romeo était irrécupérable, Santiago s'acharnait en vain sur lui.

« Parfaitement, tu es un moins que rien, puisque tu l'avoues toi-même. Je te félicite, avoir mis autant de temps à t'en rendre compte... j'espère que tu vas changer de comportement à présent que tu le sais. »

Ce n'était pas ce qu'avait voulu dire Romeo, mais Santiago, bien sûr, n'avait pu s'empêcher de sauter sur l'occasion de répondre de façon sarcastique. Le monologue de Romeo, où celui-ci déversait toute souffrance qui n'avait pas lieu d'être. Il n'y voyait que des plaintes d'enfant sans intérêt, et c'était pour cette raison que jamais Santiago ne s'était intéressé à ses pleurs d'enfant. Mais le traiter de déchet ? Lui mettre sur le dos la responsabilité de l'erreur qu'était devenu Romeo ? Cela, Santiago ne pouvait pas l'accepter.
Romeo lui reprochait de ne pas être là, mais il n'était pas passé par la même épreuve que lui et ne pouvait pas comprendre. Se retrouver père du jour au lendemain, sans avoir été préparé et sans l'avoir voulu, c'était une souffrance que Romeo, bien sûr, ne semblait pas vouloir reconnaître. Il ne savait pas à quel point le voir l'avait fait mal. Santiago était sincère en lui disant qu'il ne l'avait pas voulu. Il ne lui donnait pas de faux espoirs, ne pouvait être accusé de lui mentir. Mais pour une raison qu'il ne comprenait pas, l'adolescent avait souffert de cette absence, alors que du point de vue de Santiago, elle n'était pas légitime.

« Et puis, n'exagère pas. Je n'étais pas là, mais ta mère était là, et c'était amplement suffisant. Peu importe qui te prenait dans les bras quand tu faisais un cauchemar quand tu avais huit ans, non ? C'était à elle de prendre cette responsabilité, après tout, pas à moi. Je n'ai pas été consulté sur le sujet, cela ne me donne pas des devoirs envers toi. En fait, je ne devrais même pas être en train de te parler à l'heure actuelle. Je devrais t'ignorer comme je l'ai toujours fait, cela vaudrait mieux pour nous deux. »

Le regard de Santiago s'était fait plus sévère que jamais. Effectivement, Romeo avait raison en disant qu'il était un peu tard pour subitement se croire responsable de Romeo. Santiago ne prétendait pas qu'il comptait rattraper tout le temps perdu et se comporter subitement en père. Hors de question, il n'avait pas le temps. Mais il avait la faiblesse – la faiblesse – de se sentir touché lorsque son fils dérapait. Cette preuve d'amour était grosse comme le nez au milieu de la figure, et pourtant, Romeo préférait garder des griefs imaginaires à son égard. Quelle folie.

« Ma position a toujours été très claire : je ne tiens pas à m'occuper de toi, ni à reconnaître notre lien de parenté. Et si tu avais accepté ce fait dès le départ, ta vie aurait été plus facile. Malheureusement, tu as tout fait pour contrarier cette intention, tu as tenu à ce que je fasse attention à toi, et ça nous a causé des problèmes. Maintenant, tout le monde sait que tu es mon fils, et d'une façon ou d'une autre, je me dois de faire attention à ce que tu fais si je ne veux pas que ma réputation en pâtisse. C'est comme ça. Alors tu te demandes pourquoi je ne fais que t'engueuler. Tu sais très bien pourquoi. Tu veux mon attention, et la seule façon que t'as trouvé pour l'avoir, c'est de faire des conneries. Comporte-toi bien, je modifierai mon opinion à ton égard. Comporte-toi mal, et je te traiterai comme tu mérites. Tout est donc, en fait, ta faute. C'est toi qui me demandes des choses impossibles et qui attends trop de moi. »

S'éloignant de Romeo de quelque pas, il se rassit à son bureau et fit semblant de s'intéresser à son contenu, le sous-main vert, la pile de papiers sur le côté, et l'ordinateur au milieu.

« Le plus logique serait de te mettre à la porte tout de suite et de te demander de partir. De t'interdire de revenir et de faire savoir à tout le monde que je ne me préoccupe plus de toi. Et crois-moi, je suis à deux doigts de le faire. Mais je ne t'ai pas encore complètement renié, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Tu devrais t'en contenter. »

Parce qu'il ne pouvait pas travailler correctement avec un Romeo furibond dans son bureau, Santiago décida d'aller consulter ses mails. La plupart n'avait pas d'importance et pouvait donc être expédié rapidement, même si sa concentration n'était pas optimale.
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posté le Lun 30 Mai 2016 - 17:55 (7)
To be or not to be, what is the question.
“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. •••C'est la fin du jeu, il a gagné. C'est toujours lui qui a le dernier mot, le dernier souffle ; il lit si bien en toi que c'en est flippant. Il sait tout, il a raison. Ton père ne t'a jamais promis quoi que ce soit, il ne t'a jamais caressé dans le sens du poil avec des paroles tendres sans résultat derrière.
Mais peut-on en vouloir à un enfant d'espérer ? De rêver ?
Visiblement lui en est capable.
Oui, tu as été idiot. Oui, certaines de tes erreurs ne sont pas pardonnables et pourtant lui à chaque fois, à tenter de "t'aider" en te sermonnant pour ne plus les refaire.
Aujourd'hui, c'est une grande prise de conscience. Tu voyais, buté, le monde en noir et blanc ; mais n'est-il pas nuancé par des touches de gris ? Sans doute.
Tes yeux s'écarquillent en l'écoutant parler car il n'a pas tout faux, ces dires sont justes même : tes conneries c'était pour attirer son attention mais ta fierté t'empêche de le dire. L'hésitation, l'incompréhension t'emparent toutes deux pour envenimer tes pensées qui te semblaient si nettes.
Il faut maintenant se montrer sincère, sinon c'est un pas en avant et deux en arrière. Tu encaisses silencieusement ses paroles, le visage crispé par un mélange de honte et de gêne ; cette place de soumission, ça a toujours été la tienne. En rien tu ne pourrais échanger les rôles et il faudra s'en accommoder si tu veux pas tout simplement le perdre.
Tu ne l'aimes pas.
Tu le détestes.
Mais tu as besoin de lui comme on est addict à une drogue dure, mortelle et inspirante. Ca nous donne envie de tout défoncer mais ça permet de ne pas faire de mal aux proches. Juste de la haine, un univers à part qui vous permet de déverser la colère qui reste en surplus.
Lentement, avec lassitude, tu te rassois. Le spectacle est fini. Tes épaules sont courbées, tu restes silencieux un instant en entendant le bruit familier d'un clavier.
Il est là, ton réconfort. Ils sont là, tes amis. Derrière cet écran, c'est eux qui t'arrachent des fous-rires incontrôlables, des danses de la joie sur ta chaise roulante.
Tu esquisses un mince sourire en pensant à ça.
Puis tu en reviens à la personne en face. Doucement, délicatement, tu l'effleures du regard sans t'attarder trop par peur de te brûler la rétine. On reconnaît là les mêmes yeux aux couleurs chaudes qui brillent pourtant différemment. Ta lueur à toi est chaude, passionnée tandis que la sienne est froide et calculée.
Tu restes silencieux pendant un temps, le calme après la tempête. Tu es pessimiste, Romeo. Quand certains luttent, toi tu baisses les bras. C'est une de tes faiblesses ; tu t'entêtes puis tu abandonnes juste avant de craquer. Tu changes de sujet, comme si le débordement précédent n'avait pas existé.
Tu te résous à interrompre ton paternel avec un désintérêt feint, alors que la réponse t'intéresse réellement. Il est temps de parler d'adulte à adulte.
-Pourquoi tu as commencé à venir me voir alors que tu ne voulais pas de moi ? C'est maman qui t'a demandé ? Ca aurait été mieux qu'on reste chacun de notre côté.
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Personnage : Un homme discret, toujours habillé avec élégance, que l'on retrouve au fond d'un club privé tout aussi travaillé que lui. Voilà l'image que l'on a de Santiago, le propriétaire du Leviathan.
Mais les plaisirs distingués ne sont pas les seuls à son goût. Voir les gens se battre dans son sous-sol lui donne le sentiment d'être tout puissant. Il aime les autres, les aime profondément, mais à sa manière, avec un peu de retenue et beaucoup d'indifférence. Il les aime autant que l'argent et le pouvoir. Tout cela se vaut. Mais peut-être pas autant que lui-même. Santiago se préserve avant tout lui-même, puis les autres, ceux à qui il tient si forts qu'il pourrait basculer dans de bien sombres penchants...
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Léviathan
posté le Sam 4 Juin 2016 - 15:11 (8)
Malgré l'apparence décontractée que Santiago avait prise, il se sentait tendu, vraiment tendu. Les phrases qu'il lisait n'avaient aucun sens, ou si elles en avaient un, il l'oubliait dès qu'il passait à la phase suivante. Lui demandait-on un rendez-vous ou lui réclamait-on de l'argent ? D'ordinaire, il était aisé de distinguer ces messages les uns des autres, mais il n'avait pas l'esprit à cela. Il ne cessait dans ses pensées de reprocher à Romeo ses actions, lui rejetant sur les épaules la responsabilité de tous ses actes, en particulier ceux pour lesquels il n'y était pour rien. Il le déconcentrait par sa présence, troublait son travail, l'empêchait d'avoir l'esprit tranquille. Tout ce que voulait Santiago était d'éliminer tous les obstacles de sa route pour pouvoir vivre en paix. Quel dommage que l'un des obstacles fût si difficiles à se débarrasser.
Pourtant, Romeo ne parlait pas, sans doute assommé par les paroles inhumaines de son père. N'importe qui aurait été estomaqué de la sorte, évidemment. Tout le monde ne disait pas à son fils de dégager de sa vie sans aucune arrière-pensée. Santiago avait conscience d'y être allé un peu fort, mais il fallait que Romeo comprenne. Il savait depuis longtemps que Santiago n'était pas taillé pour l'écouter, mais il devait désormais savoir aussi qu'il n'avait pas envie de le voir, que ce fût en face ou bien en entendant parler de lui. Santiago espérait tout de même voir Romeo au moins prendre la porte et s'enfuir loin de lui, en hurlant qu'il ne voulait plus jamais le revoir. Si on le retrouvait mort dans des circonstances troubles, Santiago éprouverait-il enfin le regret qu'il ne parvenait pas à faire naître en lui lorsqu'il était question de Romeo ?
Cela semblait mal parti. Bien que touché, Romeo n'avait pas quitté le bureau. Il s'était rassis comme si le poids de son corps était devenu trop lourd pour lui et qu'il ne pouvait supporter ces cruelles révélations. Santiago ne regardait pas son visage et était donc incapable de dire avec certitude ce que l'adolescent ressentait. Il ne s'inquiétait pas trop de savoir s'il l'avait blessé. La vérité faisait mal, mais elle était nécessaire, et plus vite Romeo l’intégrerait, plus vite il pourrait reprendre une vie normale.
Tiens, il lui parlait ? Romeo avait encore une question à lui poser ? Santiago refusa de le regarder et ne put apprécier l'évolution des expression de son visage, ce sourire léger qui était passé sur son visage lorsqu'il avait pensé à ceux qui l'aimaient et dont il ne faisait pas partie. La question franchit ses lèvres, si fondamentale que Santiago s'arrêta subitement – sans pour autant dévier son regard de l'écran. Il semblait s'être arrêté subitement, comme si quelque chose avait bloqué le mécanisme de son corps. Pourquoi, tiens ? Quelle réponse serait la plus appropriée ? Fallait-il être honnête, au risque de le blesser définitivement ? Fallait-il le faire partir, et accepter qu'il ne le comprendrait jamais ?

« Ce n'est pas parce que je t'ai abandonné que je t'ai oublié.Ce sont deux choses différentes. »

Romeo avait rarement l'occasion de voir Santiago ainsi : très calme, sans agressivité, le regard fixé sur l'écran, comme s'il ne lui parlait pas vraiment.

« Les gens n'oublient pas. Ils se souviennent. Et ils jugent. Ils me jugent. Je n'en ai rien à faire. Ils te jugent et m'accusent de tes déviances. Je ne veux pas être concerné, mais c'est moi qu'on accuse, en fin de compte, et ça, j'en ai quelque chose à faire. Lorsque je t'ai tourné le dos, je ne voulais plus rien avoir à faire avec toi. Mais les gens pensent différemment. Tu me fais du mal en te comportant mal, même si tu ne le comprends pas. Je ne suis pas là pour toi. Je suis là pour t'empêcher de me nuire, tout simplement. »

Et ça, c'était honnête. Romeo eût-il eu simplement des problèmes, Santiago ne serait pas intervenu. Romeo les causait, il venait, c'était aussi simple que cela. Il y avait cependant une différence entre penser ce genre de choses et parvenir à les exprimer à voix haute. Lorsque les mots devenaient subitement paroles, on comprenait alors tout ce qu'il y avait de honteux dans son propre comportement. Avouer, assumer, tout cela était si difficile. Les aveux se conclurent par un soupir de soulagement, parce que Santiago avait réussi à dire ce qu'il avait sur le cœur sans trahir trop sa pensée. Il avait tu le sentiment de haine qui le prenait parfois à la simple vue de Romeo, estimant que cet ajout aurait compliqué les choses. Le reste était déjà bien difficile à accepter.
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posté le Sam 4 Juin 2016 - 22:20 (9)
To be or not to be, what is the question.
“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. ••• Aïe.
C'est plus simple quand tu te contentes de t'énerver sans te poser de questions, sans chercher à comprendre. Tu es grimpé dans es montagnes russes de tes émotions, un crescendo négatif qui ne cesse de monter.
C'est douloureux.
Ca l'est toujours, avec lui. Tu penses pouvoir lui tendre la main, lui donner une raison de te sourire qu'il crache dessus intentionnellement ou non. Pourquoi t'acharnes-tu à tenter d'effacer les plus mauvais souvenirs pour que la situation vous convienne à vous deux en même temps ? Pourquoi chercher du bonheur là où il n'y'en a pas ? C'est perdre son temps, utiliser son énergie vainement et finalement se noyer. C'est un suicide involontaire.
Tu es trop sensible, trop émotif, peut-être pas assez réfléchi pour te rendre compte que c'est un combat déjà perdu, qu'à chaque fois tes espoirs seront écrasés.
C'est répétitif.
Ca t'énerves, en à peine deux minutes il a réussi à te remettre en rogne.
T'es à bout, Meo et tu continues obstinément à lutter contre la vérité. Elle te fait mal, elle blesse ton orgueil.
Vous ne vous comprenez pas, ce n'est pas possible autrement.
Il tente de te faire ouvrir les yeux, et toi de même sauf que vous êtes trop calés dans votre zone de confort, confortés dans l'idée que vos idéaux sont les meilleurs.
"Les chiens ne font pas des chats."
Sauf que toi, tu possèdes la faiblesse sentimentale de ta génitrice. Le besoin constant d'attention, le désir de sentir autour de soi des bras protecteurs et aimants.
Tu es le mélange parfait de la faiblesse et de la fierté.
Et c'est dur. Trop dur pour toi, pour ta personne qui est censée n'être qu'un simple lycéen.
Alors, pour une dernière fois. Pour tourner une page, pour permettre de l'oublier et de claquer la porte sans regret tu tentes de lui transmettre tes ressentis. Comme un enfant le ferait avec son père pour connaître son avis.
Sans agressivité mais tranquillement.
Sans être sec, mais sans être affectueux non plus.
Sur un ton soutenu qui t'est propre avec lui, comme si il était un parfait inconnu.
-Et pourquoi penses-tu ça ? Les gens s'en fichent. C'est juste de la paranoïa déplacée, ils t'accuseront de rien du tout. Je suis Romeo Michelucci, fils de Maria Michelucci et non Romeo Kovac. Je ne porte pas ton nom, pas ta marque. Ils pensent juste et encore que je suis un sale gosse car je viens de la basse populace.
Sans doute que tu as raison. Peut-être que non. La vérité est que tu aimerais que ça soit ainsi, pour te persuader que tout était inutile. Que c'était pas réel et que les efforts de ton géniteur avaient servi à rien.
Ca lui fera les pieds.
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Mais les plaisirs distingués ne sont pas les seuls à son goût. Voir les gens se battre dans son sous-sol lui donne le sentiment d'être tout puissant. Il aime les autres, les aime profondément, mais à sa manière, avec un peu de retenue et beaucoup d'indifférence. Il les aime autant que l'argent et le pouvoir. Tout cela se vaut. Mais peut-être pas autant que lui-même. Santiago se préserve avant tout lui-même, puis les autres, ceux à qui il tient si forts qu'il pourrait basculer dans de bien sombres penchants...
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Léviathan
posté le Dim 5 Juin 2016 - 10:40 (10)
L’innocence de ce jeune homme qu'il avait engendré malgré lui faisait sourire Santiago. Il est vrai qu'il ne portait pas son nom, une preuve d'affection manquante qui avait bien arrangé la vie de Santiago pendant des années. Cela donnait l'illusion qu'ils n'étaient pas liés l'un à l'autre, qu'ils n'étaient que deux étrangers que la vie ne ferait jamais rien pour les confronter l'un à l'autre. Cela donnait l'illusion que Santiago ne lui devait rien du tout ; et la réciproque d'ailleurs était vraie. Pourtant, en dépit de cette apparence, tous deux attendaient quelque chose de l'autre – et bien sûr pas ce que l'autre était prêt à donner. Santiago n'était pas dupe, et ne pensait pas que quiconque le serait.
Romeo avait l'impression, parce que leur lien de parenté n'avait jamais été assumé, que personne ne se souciait dont ils se traitaient l'un l'autre. Bien entendu, il se trompait. Les rumeurs, ragots et commérages étaient une réalité que Santiago connaissait bien. Pourquoi auraient-ils disparu à Pallatine, alors qu'ils s'étaient taillés une place de choix sur Terre ? Il fallait être naïf pour croire qu'ici, l'homme s'était amélioré. Tout le monde n'ignorait pas que Santiago était le père de Romeo, et la mère de Romeo n'y était d'ailleurs pas pour rien... venir chez lui pour lui expliquer la situation et lui demander de prendre ses responsabilités, devant témoins... elle ne pensait pas mal faire, évidemment, car elle ne s'attendait pas au rejet brusque de Santiago. Ce moment devait encore la traumatiser, la pauvre. Ce n'était pas la première fois que Santiago se montrait cruel, et certainement pas la dernière.

« Des gens savent, répondit Santiago d'un ton sec. Des gens qui pensent qu'ils ont le droit de me dire ce qu'ils en pensent, ou des gens qui ont la possibilité de nuire à ma carrière si je venais à leur déplaire. Qu'est-ce que tu crois, qu'un secret est toujours bien gardé ? Tu crois que les personnes que tu as croisées jusqu'à mon bureau n'étaient pas au courant ? Tu n'as plus six ans, pourtant, tu devrais comprendre. »

Santiago avait envie de poursuivre les réprimandes afin de lui apprendre la réalité, cette chose que Romeo avait toujours refusé de voir en face. Il ne fallait pas lui faire voir un cadavre pour lui faire comprendre qu'il était mortel ; alors pourquoi avait-il besoin d'un exemple pour assimiler des vérités ? Ceci dit, l'humeur de Santiago s'était légèrement améliorée, lui donnant la force de s'arrêter là.

« Mais tu as bien raison : c'est bien parce que tu es de la populace que les gens te considèrent comme un sale gosse. Gagne de l'argent, et tu verras que les regards sur toi changeront. »

Lorsqu'il était jeune, de l'âge de Romeo et un peu plus, Santiago lui-même n'était pas bien riche. S'il y avait bien une chose qu'il pouvait comprendre chez son fils, ce pouvait être l'impression que les gens plus riches que vous vous prenaient de haut. Santiago n'y avait pas fait attention, car il avait bien d'autres problèmes à l'époque. Mais il se sentait parfois inutile, parce qu'il ne parvenait pas à décrocher un emploi, et que ses études ne pouvaient être menées comme il l'entendait. Triste période. Santiago était heureux d'en être sorti.
Déplaçant son ordinateur sur le côté, Santiago, pour une fois, regarda son fils dans les yeux. Vous pouvez vous douter qu'il n'y avait pas la moindre trace d'amour, mais pas de colère non plus. Une idée venait de lui traverser la tête, et il avait envie d'essayer :

« Tiens, pourquoi ne descendrions-nous pas tous les deux en bas, pour voir à quoi ressemble la réalité ? Promis, je ne te taperai pas. »

La formulation en question était trompeuse : en fait, Romeo n'avait pas vraiment le choix. S'il refusait de le suivre, Santiago le mettrait à la porte. Connaissant le caractère de Santiago, cette issue n'était pas franchement difficile à deviner.
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posté le Mar 7 Juin 2016 - 21:55 (11)
Romeo Michelucci a écrit:To be or not to be, what is the question.
“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. •••
"O Roméo, Roméo, pourquoi es-tu Roméo ? Renonce à ton père et abjure ton nom ; ou, si lu l'aimes mieux, jure seulement d'être mon amant, et je cesse d'être une Capulet.
-Maman, pourquoi tu me lis ça alors que je t'ai demandé pourquoi je m'appelais Romeo ?
-Parce que, mon chéri, tu es le fruit d'un amour impossible, une erreur de jeunesse. Je suis persuadée que ton père m'a aimé à un moment. Tu comprendras quand tu seras plus grand.
-Mais je suis grand ! Je suis un moyen grand, c'est ce qu'à l'école on dit.
-Il faut attendre d'être grand grand pour comprendre ce que je te dis.
-On a combien de tranches de jambon dans son assiette quand on est grand grand ?
-Deux. Comme deux yeux, comme deux oreilles. File te coucher maintenant."

Sottises. Il ne l'a jamais aimé, c'était juste de la passion pure et brute. En plus, t'es toujours pas mort : c'est bon signe ça non ? Alors tu es juste un objet gênant c'est ça ? Si il pouvait il te foutrait dans un coin de sa cave, et on t'oublierait dans un coin ; tu portes bien ton nom, un grand dramaking que je vous dis. Tu t'avachis davantage sur toi-même, ne cherchant plus à faire le fier ou autre. Bouuuuuuuh. Sale faible. T'es grand Meo, tu devrais te casser et claquer la porte : mais tu veux pas. Donc tu ne le fais pas car t'es un gosse capricieux et buté. Tu auras ce que tu veux et c'est tout. Puis... Ce que tu veux en cet instant, c'est l'attention de ton géniteur. Comme d'habitude, rien d'étonnant, de stupéfiant.
C'en est monotone, ennuyeux.
Las, tu demandes.
-Et si je gagnais plus d'argent, je remonterais dans ton estime ?
Tu détournes le regard, les bras croisés sur ton torse. Ton regard s'échoue sur la casquette encore à terre, et tu t'abaisses pour la ramasser, la triturant nerveusement.
Pis... Il propose ça. Descendre en bas, là où y'a les sacs et autres. T'aimes bien cet endroit, ça te permet de te défouler : c'est un des trucs biens de ta relation avec ton père.
Tu as accès à tout ce bordel.
Toi, ça te plaît. Ca te permet de transpirer, de tout donner. D'avoir l'impression d'être fort, sans l'être. Tu te relèves en gardant ta veste, détournant ton visage alors que Santiago avait croisé ses yeux avec les tiens.
-D'accord.

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Léviathan
posté le Mer 8 Juin 2016 - 20:52 (12)
L'enthousiasme de Romeo lorsque Santiago lui avait proposé de se rendre au sous-sol du Leviathan avait quelque chose de suspect. Quelques secondes plus tôt encore, il demandait à son père s'il pouvait gagner un peu d'estime si sa richesse augmentait, une question un peu idiote à laquelle le Chilien avait répondu par un soupir excédé. Il estimait que ce qu'il disait être très clair et en avait un peu assez de devoir se répéter et expliciter des points qui étaient d'un point de vue argumentatifs absolument parfaits, aussi parfaits que lui. Romeo devait comprendre par lui-même, et comme il manquait parfois un peu d'intelligence, ce brave gamin - certaines personnes appelaient cela de la naïveté, Santiago pensait que c'était de la bêtise pure et dure -, il allait lui falloir du temps pour saisir. Oui, l'argent était une partie du problème, et il était évident que Santiago plaçait l'argent au dessus de beaucoup choses - et pas besoin de dire où se trouvait Romeo, je pense qu'on a tous compris. Mais cela ne résolvait pas tout et, en attendait, Santiago préférait réserver son jugement, une attitude très prudente lorsqu'on était affublé d'un tel fils.
Au moins, il n'avait pas eu de difficulté à le faire accepter de descendre. Santiago aurait dû se sentir satisfait de trouver un point d'accord avec Romeo, mais non, ce n'était pas le cas. Il n'aimait pas trop l'idée de le voir traîner en bas, à répandre on ne sait quel venin contre lui et à se plaindre du manque d'affection dont il croyait être victime. En compagnie de Santiago, il risquait d'être encore pire, et comme le propriétaire était du genre très honnête, il ne ferait pas semblant de se comporter bien avec lui. Dire qu'il avait les moyens d'empêcher l'accès au sous-sol à quiconque, mais pas à Romeo. Quel comble.
Santiago attendit que Romeo sorte du bureau pour le fermer soigneusement à clé et ranger celle-ci dans l'une des poches intérieures de son beau costume. Les fermetures électroniques, c'était bien beau, mais rien ne valait la tranquillité d'une bonne clé sécurisée. Si quelqu'un parvenait à la lui voler, la situation serait de toute façon assez désespérée pour que cela ne changeât plus grand chose. Santiago ne cacha pas son geste à son fils, moins par confiance que parce qu'il le jugeait insignifiant.
Comme Santiago en personne accompagnait Romeo, personne ne vint s'interposer sur le chemin, mais les regards des employés étaient braqués sur eux. Ils ne savaient pas vraiment à quoi s'attendre, mais certains pensaient que Santiago préparait une raclée pour Romeo. Cela aurait été bien dans son style, de le faire battre par quelqu'un d'autre.
Moins d'une minute plus tard, les deux hommes étaient en bas, juste en face des arènes. Quelques combats avaient débutés il y a peu et les premiers parieurs arrivaient déjà pour essayer de prendre le pouls de la prochaine session de combat. Santiago savait aussi que ces gens-là, de vrais rapaces, s'observaient aussi entre eux pour savoir quel pari il fallait prendre. Le comportement était un peu étrange, mais tant que Santiago en profitait, il n'avait rien contre l'idée qu'un système financier parallèle se mît en place dans son sous-sol.

« Je suis sûr que tu ne comprends pas la moitié de ce qui se passe ici. » fit remarquer Santiago comme s'il parlait à lui-même.

Il avait promis de montrer le monde réel à Romeo et contourna les arènes jusqu'à un banc où se tenaient quelques combattants. Tous avaient été amochés lors de leur entraînement et étaient couverts de bleus et de bosses en tout genre. L'œil au beurre noir du premier d'entre eux était si impressionnant que Santiago en avait rarement vu d'aussi jolis. Mais l'heure n'était pas aux considérations esthétiques. Il salua rapidement les blessés légers qui se reposaient un peu avant de reprendre le combat, laissa quelques secondes à Romeo pour en faire de même et pour observer, puis annonça d'un ton grandiloquent :

« Ça, tu vois, c'est la réalité. »

Et il serra les bras, comme si l'image des blessés sur un blanc et sa conclusion étaient aussi parlantes qu'un grand discours.
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posté le Dim 12 Juin 2016 - 18:27 (13)
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“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. ••• Un sourire surfait, un regard haut comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. C'est ça qu'il voulait de toi, non ? Que tu fasses bonne figure, qu'il n'ait pas honte d'être vu par les individus qui fréquentent le club. Il a décidé de se montrer "gentil", alors toi aussi tu vas faire un effort. Plus pour ta conscience que pour lui, pour ne pas être le méchant dans la fin de l'histoire. Le fiston repenti avec le mauvais père qui ne fait rien en échange.
C'est tellement égoïste.
Mais ça lui ressemble, donc tu continues. Casquette en main, tu suis l'homme à l'imposante posture à travers les escaliers. Personne ne dit rien, ils se contentent de vous suivre du regard. Sans doute que certains ont quelque chose à demander à ton père, mais ta présence dite dérangeante leur empêche de s'approcher pour prononcer un mot. Tes yeux ne visent que devant toi, tu ne prends pas la peine d'observer les différents combats qui se déroulent sur ta droite, ni de remarquer les gros connards qui prennent des notes en fixant chaque mouvement de chaque combattant.
Il dit un truc que tu ne relèves pas, car t'en as rien à foutre. T'es juste obnubilé par ton objectif, c'est à dire te barrer le plus rapidement d'ici. Malgré la mine enjouée que tu affiches, si tu pouvais tu prendrais les jambes à ton cou.
Mais tu peux pas.
Alors tu ne le fais pas.
Puis, il te montre les blessés comme si c'était une exposition, un parfait exemple de ce qu'il appelle la "vie". Tu décides de lui lancer une pique, les dents serrées, comme tu as l'habitude de le faire. Trop têtu pour abandonner, le Meo. Même si ce n'est pas très fort, en espagnol, il doit tout de même entendre.
C'est vrai que tu t'es bien battu en essayant de comprendre ton gosse.
Tu toussotes et reprends.
-Donc tu veux dire que la vie s'est s'en prendre plein la gueule c'est ça ? "Se battre" mais être tellement faible qu'on prend des coups.
Tu grimaces en observant les hématomes et t'espères très fort.
T'espères que les gars face à vous ne parlent pas espagnol, car tu viens tout juste de les insulter de victime.
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HRPey:
Désolée pour le temps d'attente et que ça soit petit D8
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Léviathan
posté le Mar 14 Juin 2016 - 17:46 (14)
Comme Santiago l'avait dit à voix haute, il ne s'attendait pas à ce que Romeo pût comprendre du premier coup l'exemple formidable qu'il lui donnait à voir. De son point de vue, pourtant, tout cela lui paraissait pourtant clair comme de l'eau de roche, et il avait du mal à concevoir que le sens de l'image ne frappât pas son fils. Oui, assurément, ce dernier avait des difficultés à apprendre, cela expliquait sans doute toutes les difficultés qu'il lui causait. Santiago s'efforça de respirer très fort et de ne pas laisser ses sentiments prendre le dessus. Il avait pourtant très envie de coller le visage de Romeo contre l'un des visages défigurés des blessés, il avait pourtant très envie de lui hurler dessus pour le faire un peu évoluer, mais cela n'aurait eu pour seul effet que de braquer davantage Romeo, ce dont il n'avait pas besoin à ce moment précis. Pourquoi tu ne peux pas comprendre, imbécile, on serait plus heureux toi et moi si tu comprenais...

« Encore une preuve de la petitesse de ton cerveau, déplora Santiago d'un ton très sérieux. Je suis en train d'essayer de t'apprendre quelque chose d'utile, et tout ce que tu trouves à faire, c'est de la plaisanterie. Vraiment, c'est décevant. Tu pourrais avoir un peu de respect pour ces messieurs qui endurent la douleur en silence. Non, vraiment, tu crois que tout ce qu'ils ont fait, c'est d'attendre patiemment que leur adversaire vienne les réduire en morceaux ? C'est franchement un manque de respect envers eux, et je crois que s'ils t'avaient entendu, ils n'auraient pas hésité à te prouver à quel point tu te trompes. »

Mais le fait que la plupart d'entre eux fût incapable de comprendre l'espagnol expliquait sans doute leur absence de réaction. Pour eux, la dispute entre le propriétaire et son fils ne devait pas avoir grand sens, ce qui devait d'ailleurs aussi être le cas pour ceux qui comprenaient le sens de leur parole mais pas le fondement de leur dispute. À force de les voir toujours ainsi, ils devaient même avoir oublié la raison initiale pour laquelle ils s'opposaient si violemment. Des attentes qui ne pourraient jamais être comblées, des erreurs qui n'étaient pas assumées, des sentiments que l'on avait trop cruellement piétinés... Il était certainement trop tard pour essayer de réparer ce qui avait été brisé entre eux. Il faudrait un miracle - ou une catastrophe - pour les rabibocher.
Si jamais l'entente entre eux fût seulement possible...

« Puisque tu sembles incapable de saisir toute la beauté de cette scène, je vais devoir te l'expliquer patiemment. Je te prie de ne pas m'interrompre, à moins, bien sûr, que tu ne veuilles me prouver que j'ai raison de te considérer mal élevé. Bien. La vie, mon cher enfant, n'est pas rose. C'est une illusion de te faire croire que les choses vont s'améliorer simplement parce que tu pleures ou que tu le désires. La vie ne se déroulera jamais comme tu le veux. Tu comprends ? »

Santiago pensa que non, mais il préféra ne pas laisser son scepticisme transparaître dans son attitude. Peut-être devait-il arrêter de partir du principe que ses paroles seraient forcément vaines avec Romeo. Il devait au moins lui laisser le bénéfice du doute.

« Ce qui veut dire, concrètement, que dans la vie, il faut se battre. Parfois, tu reçois des coups, et tu en ressors blessé, mais c'est là que commence la véritable épreuve. Savoir surmonter les obstacles au moment où tu es le plus bas, sans te laisser abattre, sans te laisser aller à la fainéantise ou à te plaindre. Compris ? »

Le regard de Santiago se fit sévère, plus sévère que ce qu'il avait l'habitude de montrer. Si quelqu'un d'autre que Romeo le remarqua, il ne fit pas le moindre commentaire. Santiago avait l'air dangereux, à ce moment-là - pas le danger type "10 étoiles", plutôt le danger imprévisible et sournois que vous avez du mal à estimer. Comme si quelque chose de très mauvais allait se produire si Romeo avait le malheur de le contrarier davantage.

« Mon affection se gagne. Et naturellement, je fais tout pour gagner ton respect, comme tu as pu le constater. »

Est-il besoin de rappeler que Santiago croyait dur comme fer aux dernières paroles qu'il venait de prononcer ?
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posté le Mar 14 Juin 2016 - 22:40 (15)
To be or not to be, what is the question.
“Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur.” -Romeo and Juliet. ••• Il te prend vraiment pour un idiot ou bien ? Tu ne plaisantais pas. Tu étais tout à fait sérieux en disant qu'on s'en prenait plein la gueule dans la vie. Tu lui envoies un regard furieux quand il te traite, en somme, de gros con mais ne dis rien. On ne fait pas aux gens ce qu'on n'aimerait pas ce qu'on nous fasse n'est-ce pas ? Tu bailles, ennuyé. Depuis quand t'es respectueux ? Depuis quand t'es devenu un putain de soumis, au point de te laisser parler comme ça ?
Depuis toujours, sans doute.
On accumule, on accumule.
On saisit, on range et on n'oublie pas. C'est la rage qui te nourrit, il faut l'entretenir si on veut que ça fasse "BOUM". Et ton boum à toi, c'est souvent lui qui le provoque. Ses paroles, ses petits airs supérieurs. Et ça te fout en rage, parce que t'es tellement stupide, sentimental que t'arrives pas à te décrocher de lui. T'arrives pas à dire "stop" pour finalement laisser les choses couler, partir chacun de votre côté.
Il faudrait que tu rencontres quelqu'un qui puisse le remplacer, Meo. Faire le papa avec toi, te sermonner avec plus de justesse, en essayant de comprendre tes gestes. Mais comme il dit, la vie n'est pas toute rose n'est-ce pas ? Il ne suffit pas de pleurer, de piquer sa crise d'adolescence pour posséder tout ce qu'on désir. Peut-être que si tu essayais de faire l'inverse de ce qu'il pense que tu vas faire - c'est à dire ton petit show -, t'en foutre et l'ignorer il te laissera en paix. Peut-être que lui-même, il se dira que t'es un cas fini. Qu'il n'y'a aucune chance de te rattraper. Mais avant ça, tu veux crier ta haine une bonne fois pour toute. Cette fois-ci, c'est la bonne ; vous avez un public, des témoins. Tu vas sans doute sortir d'ici amoché, mais tu te promets, sur Tolkien, Einstein, Shakespeare et d'autres génies que tu ne tenteras plus rien pour la suite. Que tu te contenteras d'acquiescer à ses reproches, sans riposter ni agir en conséquence comme il le veut. Faire comme si il n'existait plus.
Avec une nonchalance condescendante, sans appuyer davantage sur son petit discours tout droit sorti d'un livre, tu viens t'asseoir au côté d'un des blessés sur le bord du banc. Avec un sourire qui t'est propre, alors que le mec te regarde avec cet air "m'approche pas je suis du côté du boss" tu commences à parler, d'abord tout bas sur le ton de la confidence. En anglais, bien entendu.
-Eh, tu le trouves pas lourd à blablater en espagnol ?
Tu désignes du regard ton géniteur avant de tenter, vivement avant qu'il t'empêche de le faire de te mettre debout sur le banc et de gueuler.
-Hé ! Ecoutez-mooooooi, bieeeeeen tous ! Ouais, votre boss il a un fils bâtard  Ouais, il a baisé à droite à gauche, et le Dr Leviathan il a même pas assumé le fait qu'il avait un putain d'enfant du coup il s'est contenté de l'ignorer pendant un tas d'années. Vous trouvez pas ça lâche, vous ? Alors qu'il est censé montrer l'exemple ici. J'dis ça j'dis rien. Et j'vous promets que là je vais m'en prendre plein la gueule.
Sans doute qu'il va t'interrompre en plein milieu, sans doute que tu vas chuter et te retrouver le crâne fracassé au sol. Sans doute que tu vas mourir, mais tu lui auras pourri la vie jusqu'au bout. T'es qu'un gros gamin.
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