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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Bonnet blanc et Blanc bonnet. | Calixte

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Personnage : Ysrael est une ancienne gangster ayant officié comme experte-comptable pour les Terrible Genna, une puissante famille du crime du Chicago des années 20. Ayant détourné une somme considérable d'argent durant ses années à leurs côtés, et sentant l'étau se refermer sur elle, Ysrael rencontre les agents de Pallatine en 1925. Elle quitte la Terre la même année, peu après le début du déclin de la Famille Genna.

Elle s'est depuis intégrée au mieux à Pallatine, même si certaines vieilles habitudes de son ancienne vie lui restent.

Ysrael est un serpent, une créature vénéneuse et insidieuse qu'il vaut mieux ne pas avoir pour ennemie.
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posté le Ven 26 Aoû 2016 - 14:17 (1)
Calixte | Ysrael
Bonnet blanc et Blanc bonnet.


Memory is more often a curse than a blessing ...

Une tête blonde au sourire enjoué passa l'encadrement de porte. Elle pouffa de rire à la boutade qu'un homme dans le couloir venait de lui faire avant de porter son regard sur une jeune femme confortablement installée derrière son ordinateur. Les lèvres de cette dernière s’étirent légèrement sous ce trait d'humour. La nouvelle arrivante s'éclaircit la gorge comme pour signifier sa présence. Elle fit un pas dans la pièce mais n'osa s'aventurer d'avantage de peur d'interrompre la tâche d'Ysrael. Un immense bureau de travail cachait la partie inférieure de son corps. L'espace était sommairement aménagé. La plupart des personnes qu'elle connaissait aimaient avoir sur leur bureau des photos de proches ou des gadgets sans grande utilité qui dévoraient inutilement de la place. Ce n'était pas le cas de la brune qui se contentait d'une reproduction de son œuvre favorite de l'artiste Mucha fixée au mur.
Le claquement sec des touches de clavier s'interrompit. Ysrael leva les yeux vers sa collègue. Son sourcil s'arqua dans une expression interrogative. Les deux femmes avaient sensiblement le même âge malgré les différentes époques dont elles étaient issues. Le choc des cultures auquel elles s'étaient exposées à leur rencontre avait rapidement fait place à une forme plus ou moins aboutie d'amitié.

« Pause déjeuner. Tu viens ? »

Ysrael opina du chef. Ses prunelles vertes se perdirent un instant sur son écran. Elle fit le tour des exercices comptables sur lesquels elle travaillait et enregistra ses actions. Il ne lui fallut pas plus de dix secondes pour bondir de son fauteuil et rassembler ses affaires.

*

La trentenaire fixait le vague, une paire de lunettes de soleil vissée sur le nez. Elle engloutit machinalement un morceau de tartelette au citron, songeuse. Les doigts de sa main libre effectuaient de petits cercles discrets sur la table de restaurant. Toutes les terrasses étaient bondées, à tel point que les deux femmes avaient dû s'éloigner du cabinet comptable pour trouver une cantine qui accepterait de les accueillir. Elles avaient fini par opter pour un petit café typé parisien qui offrait une gamme de sandwiches-baguette dans le quartier de Saint-Juré.

La voix de sa collègue lui semblait bien lointaine. Ysrael s'était murée dans sa bulle, perdue dans sa réflexion. Le dossier sur lequel elle travaillait en ce moment lui donnait du fil à retordre. Et ce n'était bien évidemment pas à son travail officiel qu'elle songeait. Mais quelque chose à sa droite happa son attention. Un éclair, un coup de vent. Quelque chose qui remontait à plusieurs années en arrière. Quelque chose de frêle, de fragile, de pathétique.

La Vipère braqua ses prunelles vertes sur ce quelque chose. Ce fragment de vie. Ce rien. Elle crut le temps s'arrêter. C'était impossible. Il était mort. Elle l'avait tué. Elle l'avait fait tuer. Sa gorge se serra. Elle voyait des fantômes maintenant.

La jeune femme se redressa sur son siège. Le retour à la réalité lui fit remarquer que sa collègue la fixait, en attente d'une réponse.

« Navrée, j'ai une course à faire. Ça m'était totalement sorti de la tête. Elle se leva, laissa de quoi régler sa note. On se voit au boulot ! »

Ysrael disparut en quelques secondes à peine dans la foule. Ses yeux cherchèrent frénétiquement l'ombre qu'elle avait aperçu quelques secondes plus tôt. Dans un geste machinal, la trentenaire saisit son téléphone et pianota : « Il va falloir qu'on parle. ». Sa mâchoire se crispa. Un nuage de boucles blondes, plus loin, s'arrêta devant la vitrine d'un magasin de musique. Le portable vibra la réponse de son interlocuteur : « De quoi ? ». Elle releva les yeux de l'écran et les planta sur ce profil un peu trop connu qui ne lui disait rien de bon. La figure évanescente entra dans l'échoppe. Les doigts frénétiques d'Ysrael répondirent un simple : « De ton inefficience. ». Le portable finit sa course dans le sac de la brune, sans autre forme de procès. Elle sinua discrètement jusqu'à la devanture de la boutique.

C'était lui. Merde.
C'était impossible.

C'était impossible … Pas vrai ? Ysrael secoua la tête pour regagner un semblant d'esprit. La porte du magasin s'ouvrit à la volée. Un tintement insupportable accompagna l'entrée de la jeune femme qui se fondit presque automatiquement dans les allées de peur de se faire remarquer, gardant toujours dans son radar le revenant. Elle saisit instantanément la pochette d'un disque vinyle auquel elle jeta un simple coup d’œil pour en connaître le titre et l'artiste. Madonna … Inconnue au bataillon. Peut-être avait-elle déjà entendu certains titres de l'album, mais le nom ne lui rappelait rien.

L'Américaine lissa sa robe fourreau noire et rouge dans un geste réflexe. Elle avança tranquillement, l'air naturel, jusqu'au rayonnage dans lequel le Spectre rêvassait. Lesage promenait son regard sur divers accessoires de cello. Nom de Dieu, comment pouvait-il être vivant ?

« Un conseil à donner pour les cordes ? Elle eut un sourire. Mon neveu commence tout juste le violoncelle. Je songeais à lui acheter un nouveau jeu pour son anniversaire. »

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posté le Ven 26 Aoû 2016 - 15:22 (2)
Ysrael J. FitzgeraldFT.Calixte S. Lesage

Bonnet blanc & Blanc bonnet

feat. Ysrael J. Fitzgerald


« Fleurpageons
Les rhododendroves
Gyraient et gygemblaient dans les vabes
On frimait vers les pétunias
et les momerates embradent ».

Ces quelques paroles de poème forment une mélodie dans l’esprit dérangé du Lapin Blanc. Et c’est cette mélodie en tête que la tête blonde vaque à ses occupations. Faire le ménage chez lui, aérer, cuisiner, manger seul, ses parents et son frère refusant une fois de plus de sortir en sa présence… à croire qu’il les a réellement beaucoup énervés pour qu’ils refusent tout contact avec lui de la sorte. Il soupire doucement, se remet à la tâche, nettoyant son violoncelle, avant de commencer à jouer quelques notes. Mais alors que le rythme s’accélère, que ses mains s’affolent, que ses yeux se closent et qu’il se libère et défoule sur le violoncelle, une corde craque. Et alors, c’est le drame. Le lapin s’affole. Plus de corde à son violoncelle, cela signifie la fin. Il se lève alors d’un bond, attrape sa veste et sa sacoche, les enfile, avant d’attraper les clés de l’appartement et ouvrir la porte.

Maman ! Papa ! Christian ! Je reviens ! Je vais seulement faire quelques courses !

Une fois encore, c’est le silence qui lui répond. Il déglutit doucement, ferme la porte, avant de secouer la tête et se claquer doucement les joues. Il faut se ressaisir. Tout va bien. Ils sont là, après tout…

Ainsi, il prend le chemin de sa boutique de musique favorite. Elle est au sein du quartier, à quelques minutes à pieds et propose une large gamme de cordes pour violoncelles. Beaucoup d’accessoires pour tous les instruments, en général. Il sait qu’il devrait plutôt aller chez un luthier, plutôt que continuer à aller dans une boutique aussi « bon marché » et peu professionnelle. Mais il n’y peut rien. Il a ses petites habitudes – bien qu’il ignore d’où elles lui viennent – et il n’arrive pas à s’en défaire. Alors pour l’instant, il continue.

La vendeuse le salue chaleureusement lorsqu’il fait son entrée, avant de lui demander s’il aurait le temps de lui jouer un petit morceau sur un des violoncelles qu’ils possèdent à la vente. Elle aime tellement l’écouter jouer… Et lui, il rougit, confus, avant de baisser la tête, un sourire timide sur les lèvres et acquiescer enfin, en guise de réponse. Pourquoi pas ? Après tout, elle ne lui demande rien de compliquer. Mais avant ça, il souhaite ses cordes, histoire de ne pas, tel le petit maladroit et tête en l’air qu’il est, oublier de les acheter. Il se poste alors devant le rayonnage, avant de s’accroupir pour comparer les différentes marques, espèces, cordes possibles. Ils ont de nouvelles marques qu’il n’avait encore point vu ici. Il ne connait pas leur qualité. Mais comme le lapin est un animal curieux, il se décide à en prendre quelques jeux, afin de les tester, des fois que l’un d’entre eux lui corresponde plus que son actuel favori.

Mais, alors qu’il est en pleine réflexion et qu’il réfléchit quant à ses moyens, une voix le fait sursauter. Il lève prestement la tête, avant de rougir de plus belle, les lèvres entrouvertes. Il baisse les yeux, gêné, honteux, ne sachant que dire, que faire. Il n’a jamais été à l’aise avec les échanges sociaux et voilà qu’une parfaite inconnue, fort charmante de surcroit, lui adresse la parole. Pire. Elle nécessite son aide. Ou son avis, tout du moins. Il s’empourpre de plus belle. Et au lieu de répondre par la parole, il se relève, avant d’attraper un jeu de cordes. Il connait bien cette marque. Elle est solide. Le son est splendide. Et elles conviennent parfaitement bien aux maltraitances que peuvent imposer les débutants à leur cello. Puis il se tourne lentement vers la dame, avant de lui  tendre le petit paquet et se mettre à bégayer doucement.

Je crois bien, ma-madame… que celui-ci serait pa-parfait pour votre ne-neveu…

Mais à aucun moment il ne relève le regard. À aucun moment il n’ose la regarder dans les yeux. Les gens l’intimident. Et pourquoi lui parler, à lui, pauvre lapin insignifiant ? Il n’est qu’une créature bien trop basse dans l’échelle pour attirer l’attention d’autrui. Et pourtant… pourtant, cette femme l’a remarqué. Et elle lui a parlé. Il inspire profondément, ferme les yeux quelques secondes avant de rouvrir ses paupières.

Je s-sais d’ex-d’expérience que ces c-cordes sont parfaites p-pour un débutant… je suis m-moi-même pa-passé par là. A-Alors je vous les rec-recommande. Mais si vous n’avez p-pas confiance, v-vous pouvez toujours d-demander à la v-vendeuse. Elle s’y connait au-aussi un peu.

Un peu oui. Juste assez de quoi épuiser les stocks de sa boutique en la matière. Il respire profondément, avant d’incliner poliment la tête pour la saluer et se diriger vers la caisse avant de payer ses achats et, éventuellement, faire un essai des violoncelles avec un petit morceau, si son « amie » la vendeuse le désire toujours…

À moins que l’on ait d’autres projets pour lui ? Hmm. Qui sait… ?
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Ysrael est un serpent, une créature vénéneuse et insidieuse qu'il vaut mieux ne pas avoir pour ennemie.
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posté le Sam 27 Aoû 2016 - 14:05 (3)
Calixte | Ysrael
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Combien de fois avait-elle menti depuis sa naissance ? Dieu seul le savait. Et Ysrael s'étonnait jour après jour qu'il ne l'ait pas encore foudroyé pour la punir. Le mensonge avait ce quelque chose de nécessaire et vital, noble par moment. On ne pouvait tout simplement le dissocier de la vie d'un gangster. Les mafieux dont la langue se déliait pour dire la vérité finissait par le payer cher, c'était bien connu. Alors un tout petit mensonge, trois fois rien, une petite phrase qui ne faisait même pas s'allonger le nez … ? Personne ne la blâmerait pour ça. Encore moins si elle parvenait à ses fins par ce moyen.

Chaque trait du visage du jeune homme fut minutieusement étudié. Ysrael plissait ses yeux de serpent pour mieux en scruter les détails lorsqu'il ne la regardait pas, et regagnait une expression douce et chaleureuse quand il tournait la tête vers elle. Elle croyait à une apparition, un mauvais tour de sa mémoire, sa conscience qui lui crachait à la gueule toutes les crasses qu'elle avait pu commettre. Les lèvres du fantôme se murent. Fragile. Cette créature d'outre-tombe était fragile. Ce n'était pas étonnant vu la manière dont sa vie et celle de sa famille s'étaient terminées. La diaspora dirigée d'une main de fer par Capone ne faisait pas dans la dentelle. Pactiser avec elle, c'était pactiser avec le diable. S'attirer sa colère, c'était signer un aller sans retour pour l'enfer. Ysrael saisit délicatement le jeu de cordes que lui tendait le jeune homme. Il fuyait son regard comme on fuirait la peste et le choléra.

Le cerveau de la brune fusait à une vitesse ahurissante. Elle tentait de comprendre ce qui avait pu clocher, quelle erreur avait été faite pour que cet homme-là soit toujours vivant. Des dossiers, elle en avait vu depuis qu'elle était devenue responsable financière des gangsters. Les familles désespérées qui empruntaient une somme exorbitante qu'ils savaient pertinemment qu'ils ne rembourseraient jamais, il y en avait. Ces familles éclatées, au bord du gouffre, qu'un simple souffle dans la nuque précipitait dans le vide. La diaspora savait d'avance qu'elles ne parviendraient jamais à régler leurs dettes. C'était là tout l'intérêt. Quand l'emprunt ne pouvait être rendu en valeur financière, les gangsters récupéraient ce qui leur était dû en piochant joyeusement dans le patrimoine de la famille ruinée. Biens immobiliers, voitures, entreprises … Les gangsters étaient des vampires qui ne lâchaient leur proie qu'après l'avoir sucé jusqu'à la moelle.
Elle se souvenait des Lesage. Ils étaient une erreur, une bavure, un débordement. Allez savoir qui avait frappé en premier. Le résultat était le même : couple abattu, maison transformée en bain de sang, et témoin gênant éliminé.

Comment ledit foutu témoin gênant pouvait-il bien se retrouver à quelques centimètres d'elle à présent ? Quel était son nom déjà ? Elle se souvenait parfaitement de la photographie que lui avait tendu l'homme qui s'était chargé de s'occuper des Lesage. Elle revoyait les yeux clairs et vides de vie d'un jeune adulte qui s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Ces yeux clairs bien vivants qui tentaient à présent de ne pas croiser son regard. Ysrael sentait bouillir la colère dans son ventre. Elle allait tuer les hommes qui s'étaient chargés du dossier de cette famille. Elle leur ferait payer leur connerie au centuple.

Le Revenant la salua poliment avant de glisser vers la caisse pour régler son achat. La brune le suivit tranquillement, intriguée. Elle s'appuya au comptoir, accorda un bonjour à la vendeuse avant de se tourner vers la figure pâle et délicate du violoncelliste.

« Je n'ai même pas eu le temps de vous remercier ! Je suis totalement perdue en matière de musique, il faut dire que je n'ai jamais joué d'aucun instrument. Enfin … J'espère que mon neveu saura tirer un son correct de ces cordes. »

Elle sourit à la jeune femme qui terminait d'encaisser son client sans réellement prêter attention à elle. Ysrael eut une inspiration volontairement hésitante.

« Dites-moi … Votre visage me semble  familier. Nous serions-nous déjà croisés ? »

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posté le Sam 27 Aoû 2016 - 15:20 (4)
Ysrael J. FitzgeraldFT.Calixte S. Lesage

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La belle inconnue le retrouve aux caisses. Et elle lui parle de nouveau, le plongeant, encore une fois, dans un profond malaise. Car il ignore comment il doit répondre. Cela dit, elle parle musique. Et musique, ça, il connait. Aussi relève t-il lentement la tête, puis le regard, pour le poser, enfin, sur la femme à ses côtés.

Si votre neveu pratique et s’entraine régulièrement il devrait réussir à produire un bon son. Pour peu que l’instrument ne soit pas mauvais. Mais je ne peux vous en dire plus. J’espère simplement qu’il possède un bon professeur et qu’il joue de manière régulière, avec son cœur.

Voilà. Envolé le malaise et les bégaiements. Lorsqu’on lance le Calixte sur le violoncelle, il regagne confiance. Car c’est sûrement le seul domaine qu’il connait par cœur ou presque. Parce que c’est sa passion. Parce qu’il veut toucher le cœur des gens lorsqu’il en joue. Parce que tout bonnement, le violoncelle, c’est tout pour lui. Et parce qu’à force d’en parler et d’y penser, il a, à l’instant, envie d’en jouer. Ses mains, ses doigts le démangent. Si bien qu’il finit d’enfourner ses cordes dans sa sacoche, avant de se tortiller les mains, l’une avec l’autre.

C’est alors que surgit une nouvelle phrase, ou plutôt une nouvelle question. Elle le fait se stopper net, réfléchir. Il dévisage la dame, penche légèrement la tête sur le côté, essayant de se souvenir. Ses lèvres s’entrouvrent légèrement, avant de se refermer. Puis il fait non de la tête, avant de venir se gratter l’arrière de celle-ci, gêné et de baisser de nouveau les yeux.

Je suis navré. Mais il me semble bien que la réponse soit non. Autrement, je m’en rappellerais… À moins que vous ne m’ayez croisé dans la rue, alors que je jouais du violoncelle. Ce qui expliquerait que je ne me souvienne pas de vous. Ou sinon…

Il marque une légère pause. Christian ne sort pas beaucoup de sa chambre, il le sait bien. Mais peut-être son frère aurait-il profité de son absence pour pointer le bout de son nez dehors ?  Ou alors, tout simplement, Calixte ne l’aurait ni vu, ni entendu sortir. Après tout, le Temps est insaisissable… Calixte l’apprend jour après jour, à ses dépens…

Il est probable que vous ayez déjà croisé mon frère. Il ne sort pas beaucoup, mais peut être avez-vous eu la chance de l’apercevoir en cette rare occasion. Auquel cas, je vous envierai… moi-même, je ne le vois plus… il est… taciturne… vit enfermé… mais je parle beaucoup trop. Veuillez m’excuser, cela ne vous intéresse sans doute pas.

Il marque une nouvelle pause, confus, les joues rougies. Puis il se concentre de nouveau sur le violoncelle et les cordes qu’il a conseillé à l’inconnue.

Enfin. Comme je vous disais, avec de telles cordes, même un débutant devrait réussir à produire quelque chose de relativement agréable à l’oreille. Mais quand bien même ce ne serait pas le cas, il faut persévérer. Et s’il casse une corde de son jeu, qu’il ne s’inquiète surtout pas. Cela arrive à tout le monde, même aux meilleurs. Et même à moi… Il ne faut pas mal le prendre. Personnellement, c’est une preuve pour moi que j’y mets mon âme et… ha, encore une fois je parle, parle et… enfin, cela ne doit sûrement pas vous intéresser non plus. Veuillez m’excuser… Je m’emporte facilement, lorsqu’on me lance sur le sujet de la musique… et surtout du violoncelle…

Il s’arrête enfin, légèrement essoufflé d’avoir autant parlé. Et surtout surpris. Il s’étonne lui-même d’avoir réussi à avoir prononcé autant de mots pour une conversation avec une seule et unique personne. Il déglutit doucement alors que la vendeuse encaisse l’inconnue, de manière pressée, avant de venir attraper le Lapin Blanc par le bras et le tirer vers un violoncelle en vente.

« Tiens ! Normalement, il est déjà accordé. Mais si tu veux vérifier, n’hésite pas. Et … attends, je vais chercher la caméra ! Ça te fera une vidéo promotionnelle ! »

Calixte a à peine le temps d’offre un regard désolé à la belle inconnue. La vendeuse à de la force et surtout, de la suite dans les idées. Et son idée, depuis peu, c’est de filmer Calixte alors qu’il joue, de manière à ce qu’il puisse poster cela sur son « site » et puisse se faire de la publicité. Il ignore pourquoi elle l’a autant pris en affection, depuis qu’il vient se fournir ici. Mais ça le gêne un peu. Autant, jouer pour un public, il peut gérer, parce qu’il peut fermer les yeux. Mais il ne supporte pas de se voir en train de jouer sur une vidéo. Pour autant… il ne sait pas dire non. Et ça part d’une bonne intention… Il se tourne alors vers l’inconnue, toujours présente, avant d’hausser les épaules, l’air désolé.

Je crois bien que je n’ai pas le choix… Aussi… me feriez-vous l’honneur de rester, le  temps d’un morceau ? Je vous libèrerais par la suite, afin que vous puissiez vaquer à vos autres activités…

À peine a-t-il fini sa phrase qu’il s’en va vérifier l’accordement de l’instrument, réajuste avec patience le violoncelle, avant de tester rapidement sur quelques notes de la suite pour violoncelle de Johann Sebastian Bach. Puis lorsqu’il est satisfait, il attend patiemment que la vendeuse –Rei, de son petit nom- ne revienne et installe son matériel pour le filmer. Et puis, lorsque c’est prêt… Il place ses doigts et l’archet sur les cordes avant d’inspirer profondément et commencer à jouer le Canon en ré majeur de Johann Pachelbel, mais avec… une petite inspiration irlandaise… parce qu’il adore ces sonorités. Parce qu’il les a toujours aimé. Alors il tente, parfois, de se les approprier pour les utiliser dans d’anciens morceaux cultes que tout le monde ou presque connait, afin de leur donner un peu de… nouveauté. Oui. C’est ça… de la personnalité…

Et là, les yeux fermés, il joue. Il vit, tout simplement.
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Elle s'est depuis intégrée au mieux à Pallatine, même si certaines vieilles habitudes de son ancienne vie lui restent.

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Gangster
posté le Sam 27 Aoû 2016 - 17:57 (5)
Calixte | Ysrael
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Le jeune homme offrit quelques précieux conseils au neveu fictif qu'Ysrael s'était constitué sur le tas. Elle eut un pincement au cœur en songeant aux enfants de sa sœur … Son filleul qu'elle n'avait pas suffisamment eu le temps de choyer, son neveu ou sa nièce qu'elle ne connaîtrait jamais. L'Américaine avait fui Chicago alors que sa sœur cadette, Judyth, était enceinte de son deuxième enfant. Elle s'était volatilisée dans la nature sans dire adieu à ses proches. Tout ce qu'elle leur avait laissé était une petite lettre. Des mots griffonnés le palpitant serré, la gorge nouée, les larmes refrénées. Des mots pour les rassurer, pour leur faire comprendre qu'ils n'étaient pas à blâmer. Que les Genna n'étaient pas fautifs. Qu'elle les aimait. Qu'elle les aimait plus que tout au monde. Et qu'elle serait en sécurité à présent. Que tout se passerait bien.

Et tout s'était bien passé.
Pour elle, en tous cas ... Et les choses ne changeraient pas si elle parvenait à tirer au clair cette histoire de mort-vivant revenu la hanter. Il ne manquerait plus que la diaspora se retrouve entre de beaux draps parce qu'un témoin-gênant-éliminé s'avérait ne pas être si éliminé que cela. Toute la nostalgie qu'elle avait pu ressentir quelques secondes plus tôt s'effaça pour ne laisser place qu'à l'indignation face au travail si peu efficace des hommes qu'elle avait mandaté trois ans plus tôt.

Le fils Lesage enchaîna. La petite créature fragile semblait s'animer d'une énergie nouvelle. Ysrael nota le changement d'attitude et le bégaiement qu'il avait perdu. Cela ne l'étonnait pas, à vrai dire. Nombreuses étaient les personnes qui avaient besoin d'un peu de temps pour se détendre lors d'un échange avec un inconnu.
Elle l'écouta attentivement, son esprit tirant des fils entre présent et passé pour connecter les événements et trouver une solution tangible à cette situation surnaturelle. Lorsqu'enfin ses tympans filtrèrent un mot plus qu'intéressant. Frère. Si la brune pensa son calvaire expliqué, elle n'en fut en réalité que plus troublée lorsqu'elle entendit que ce parent-là vivait encore. Qui était l'homme mort au visage transit de peur dont elle avait vu le cliché alors ? Et bon sang, combien étaient-ils dans cette famille ? Et pourquoi ne l'avait-elle pas su plus tôt ? Ne pouvait-il pas simplement lui dire de but en blanc que ses parents et l'un de ses frères avaient été assassinés ?

La trentenaire eut une rapide moue déçue. Ses traits s'illuminèrent aussitôt. Elle n'était pas bonne actrice, encore moins bonne comédienne. Mais elle savait jouer de ses expressions faciales lorsque nécessaire. Enfant, elle avait participé à une pièce de théâtre mise en scène par son institutrice. La petite ne s'était pas plu sur les planches. Elle, elle savait observer. Elle aimait regarder. C'était sa force.

« Ce devait être votre frère dans ce cas, vous avez probablement raison. »

Ses lèvres s'étirèrent dans une expression attendrie lorsqu'elle constata le rouge monter aux joues de son interlocuteur. Quel piètre fantôme il faisait avec ses gestes maladroits et son ton peu sûr de lui. Ysrael l'aurait sans nul doute trouvé adorable si elle n'était pas si occupée à comprendre qui il était et pourquoi il était toujours en vie.

Elle s'intéressa à la suite de ses paroles, espérant qu'il lui offre une nouvelle pièce de puzzle. Mais rien. Le jeune homme était reparti dans un florilège de conseils qui seraient bien inutiles à la jeune femme. Il semblait passionné, se perdait joyeusement dans sa réflexion à haute voix. C'était beau, attendrissant. Affreusement candide et définitivement innocent.

Ysrael ouvrit la bouche pour lui répondre lorsque la vendeuse attrapa ses achats, la coupant dans son élan. Elle se contenta d'un soupir à mi-chemin entre l'amusement et le regret de ne pouvoir continuer cette conversation de suite. Le paiement fut fait à la hâte. Il ne fallait pas être devin pour comprendre les intentions de la petite demoiselle derrière sa caisse. Elle salua poliment sa cliente avant de saisir Lesage par le bras pour le traîner un peu à l'écart. L'Américaine avait toujours eu un don pour remarquer l'alchimie qui existait entre les gens. La plupart des hommes étaient incapables de remarquer qu'une représentante de la gent féminine leur courait après. Les femmes étaient bien plus douées pour cela. Et en la matière, Ysrael avait une expérience et un instinct qui ne la trompaient que rarement.

Le Fantôme se retrouva, éberlué, un violoncelle entre les mains. Il suivit la vendeuse du regard sans piper mot avant de reporter son attention sur Ysrael qu'il invita à rester le temps de son concert improvisé. La jeune femme accorda un coup d’œil à sa montre. Il lui restait moins d'une demie-heure pour retourner au cabinet. Un temps amplement suffisant. Elle hocha la tête, récupéra les affaires totalement inutiles qu'elle venait d'acquérir et les fourra tant bien que mal dans son sac. La pochette du disque de Madonna en dépassait largement.

De petits pas pressés retentirent dans la boutique. La vendeuse revint à toute hâte, une caméra de bonne facture entre les mains. Elle installa son équipement et fit signe au musicien de commencer.

Les premières notes résonnèrent. L'air était connu, mais quelque chose semblait différent. Le visage lisse du violoncelliste se ferma et s'ouvrit à la fois. Ses doigts filaient sur le manche, son archet fendait l'air comme la lame d'un mousquetaire. Ysrael fit quelques pas pour rejoindre la jeune femme occupée à filmer le morceau.

« Il est plutôt doué …
- Chut ! »

Ysrael se mordit les lèvres pour ne pas rire devant la fascination étrange qu'avait la vendeuse. Elle écouta le son se faire entre les mains d'un musicien hors pair, étonnamment transportée par la musique et la vie que l'interprète y mettait. L'émotion la transporta sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle se surprit à fermer les yeux pour mieux apprécier le Canon. Son pied battait la mesure.

Quelque chose s'arrêta. La musique s'interrompit. Ysrael ouvrit de grands yeux étonnés. Elle n'avait pas réalisé que le temps avait filé et que le morceau touchait sa fin. Quelques applaudissements brisèrent le silence, comme honteux de marquer la mort d'un moment si poétique. La jeune femme avança jusqu'au musicien.

« Je crois que j'aurai de la chance si mon neveu arrive un jour à votre niveau. J'en serai fière en tous cas. Espérons que les cordes que vous m'avez conseillé soient un premier pas vers cela. Elle marqua une pause. Vous jouez depuis longtemps, pas vrai ? C'est une passion familiale ? Votre frère est également violoncelliste ? »

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