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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »


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Late Night { Lena [Terminé]

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le Lun 5 Sep 2016 - 5:07

Alteo tira une dernière bouffée sur la cigarette coincée entre ses doigts puis la jeta dans le caniveau. Il fit un pas vers la jeune femme, posa son bras sur ses frêles épaules puis l'attira contre lui sans délicatesse. Nettie sentit le torse dur du jeune homme contre ses côtes ainsi que sa main hagarde sur sa clavicule, près de son sein. Elle réprima l'envie de le repousser en se fondant plus encore contre lui, tachant de se détendre au maximum. Ils marchèrent de concert jusqu'à l'entrée du casino, Alteo discutant avec les cinq autres gangsters qui les accompagnaient. Des amis à lui, pas plus futés et tout aussi saouls. C'était le genre de soirées qui exaspéraient la jeune femme. Rien ici n'était intéressant. Ni leurs conversations futiles et insignifiantes, ni les endroits stériles dans lesquels il l'emmenait sans lui demander son avis. Pourtant, elle se laissait trainer de bonne grâce, souriante, ne parlant que lorsque l'occasion se présentait, tâchant d'être légère. Car si elle voulait être de la partie lors des événements intéressants, il ne fallait pas qu'elle rechigne à l'accompagner comme un toutou.

La journée au moins la laissait-il tranquille, la plupart du temps. L'après midi, il était souvent absent, ne rentrait que dans la soirée puis sortait avec elle jusqu'au matin. Parfois cependant, il recevait la visite de personnalités qui attisaient la curiosité de Nettie. Des hommes et des femmes venus pour des transactions, des hommes et femmes au langage pointu, aux manières travaillées et à la poigne de fer. Lorsqu'elle était invitée à assister à ces discussions, Nettie ne perdait pas une miette du spectacle qui se jouait sous ses yeux. Lorsqu'elle était priée de s'en aller, la jeune femme écoutait aux portes. C'était le jeu, elle ne voulait pas perdre une miette de ce qui se disait, quitte à prendre des risques. La blonde en avait presque assez de jouer ce petit jeu d'ingénue, il lui fallait apprendre encore, plus vite. Si la patience n'avait autrefois pas été une de ses qualités, elle pouvait maintenant se targuer d'avoir atteint un nouveau seuil de placidité. Mais le comportement d'Alteo et sa belle gueule commençaient à lui taper sur le système.

Nettie sortit de ses pensées alors qu'elle pénétrait dans le casino, passant la sécurité. A la réflexion, l'établissement avait quelque chose d'intéressant. Le regard affuté, la jeune femme observa son environnement avec attention, se désintéressant ainsi de ses compagnons. L'ambiance était attrayante, attirante, il y avait quelque chose d'excitant dans ce lieu. Peut-être la folie du jeu, concept qui lui était encore totalement inconnu. Ses orbes métalliques détaillèrent la décoration travaillée, les employés, les machines, les tables où étaient groupés de nombreuses personnes. Elle se surprit à apprécier l'élégance de certains hommes, vêtus de costard, à envier la beauté de certaines femmes assises près du bar. Comme elle aurait voulu rentrer ici seule, en pleine possession de ses moyens. Marcher sans avoir besoin de se soucier d'avoir l'air d'être quelqu'un d'autre. Pourtant elle sentait le bras d'Alteo sur son épaule, son odeur boisée se mêlant aux effluves du rhum qu'il avait avalé plus tôt envahissait ses narines. Les cinq hommes les accompagnant se dirigèrent directement vers les ascenseur, ils semblaient connaître les lieux et avaient la prétention de ceux qui se sentent chez eux. Leurs regards alcoolisés se posaient sur les femmes avec envie, sur les hommes avec dédain.

Alteo, lui, marchait derrière, accompagné de Nettie. Il regardait droit devant lui, se fichant bien de ceux qu'il pouvait croiser. Si la blonde pouvait lui accorder une chose, c'était sa prestance. Il était beau, élégant même, d'une certaine façon. Sa chemise savamment ouverte sur son torse pâle, ses cheveux désordonnés et les tatouages qui courraient sur son corps lui donnaient un je ne sais quoi d'interdit que la jeune femme aurait pu apprécier s'il n'avait pas été si con. Son air goguenard et arrogant lassait la jeune femme, la lueur qu'elle décelait parfois dans ses yeux témoignait de son profond machisme. Oui, elle le haïssait, cela ne faisait aucun doute. Pourtant, elle glissa sa main sur le torse de l'homme, levant lascivement ses yeux vers lui. La blonde, à force d'observer, reproduisait à la perfection les gestes de séduction qu'elle avait vu autour d'elle. Le regard d'Alteo percuta le sien, dur. Elle sourit et les lèvres du jeune homme se peignirent d'un rictus séducteur. Ils entrèrent tous les sept dans l'ascenseur. Alteo pressa le bouton 5, les portes se refermèrent.

___________________________________

Nettie tâchait de se montrer le plus désintéressée possible. Impossible cependant pour elle de rester impassible face à ce jeu de Black Jack. Fascinée par le ballet des cartes, les annonces du croupier et les mouvements des personnes autour de la table, elle ne perdait pas une miette. Elle n'avait jamais assisté à de tels jeux, il lui avait fallut quelques minutes pour comprendre parfaitement les règles. Mais elle avait toujours été bonne observatrice. Bien sûr, elle ne jouait pas. Elle était là pour s'asseoir aux côtés d'Alteo et avoir l'air jolie, rien de plus. Une délicieuse moue ennuyée était gravée sur ses lèvres bordeaux, elle était nonchalamment installée contre le dossier de velours de sa chaise. Sa main vint remettre en place les plis vaporeux de la longue robe émeraude qu'elle portait, comme si elle n'avait rien d'autre à faire. Elle ordonna, avec un petit soupir, ses longs cheveux au centre du vertigineux dos nu qui dévoilait sa colonne vertébrale, attirant un regard d'Alteo. La jeune femme lui adressa un petit sourire, il haussa les épaules puis se concentra de nouveau sur son jeu, mordillant la peau de son pouce avec nervosité. Elle détestait ce genre de manœuvre, pourtant elle se devait de reconcentrer l'attention de l'homme sur sa personne. Et puis, c'était dans son personnage... Nettie laissa son regard trainer sur le jeu de l'Alteo, planifiant ce qu'elle aurait fait à sa place. Mais elle n'avait pas vraiment son mot à dire.

          «Monsieur, je vais vous demander de me suivre s'il vous plait.»

Nettie se redressa lentement pour regarder ce qu'il se passait à sa gauche. Gennaro, l'un des amis d'Alteo, venait de se faire aborder par une jeune femme au fort accent russe. Elle portait les couleurs du casino, une oreillette était enfoncée dans son oreille droite et son visage n'affichait pas une expression très commode. Gennaro leva un regard paresseux vers elle, affichant une expression insolente.

          « Mh ? Je peux savoir pourquoi peut-être ? »


Nettie assista, muette, à l'échange entre la Russe aux cheveux verts et Gennaro. Alteo à son côté s'était tendu, il était visiblement question d'une affaire de tricherie et Gennaro ne semblait malheureusement pas vouloir se laisser faire. Il n'avait pas l'air le moins du monde impressionné par la carrure de la femme face à lui, ni par sa jeunesse. Le jeu avait été interrompu par l'altercation et l'attention de la tablée était entièrement dirigée vers la scène. Gennaro se leva, dépassant l'employée d'une bonne tête et demie. Alteo, voyant que les ennuis ne semblaient pas s'écarter, se leva aussi. Dans un pur réflexe, Nettie se leva à sa suite et posa sa main sur son épaule pour lui intimer de rester tranquille.

          « Non Alteo, ne t'en mêl...»

          « Ta gueule ! » Son ordre avait claqué avec violence. « Depuis quand tu penses que j'ai besoin de tes conseils ?! Idiote. »

Il tourna la tête avant de voir la lueur de haine profonde dans le regard de la blonde. Elle se retint, durant un laps de temps très court, de lui cracher dans la nuque. Mais elle inspira fortement, afficha un air désolé, et se rassit. Les poings serrés sous la table. Elle se mordait la langue et gardait son attention fixée sur les chiffres inscrits sur le tapis vert de la table. Connard.
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le Mar 6 Sep 2016 - 1:19

La soirée battait son plein, le casino était bondé et une cacophonie de voix et de tintements en tous genre résonnaient dans la salle principale. Aucune fenêtre ne donnait sur l’extérieur, permettant de faire oublier aux clients l’heure qu’il était en dehors des murs du Bling Fallen. Lena aimait cela, elle aimait vivre et travailler ici. Beaucoup auraient eu hâte d’en sortir chaque matin pour retrouver le monde “réel”, mais pas elle. Même si cela faisait un an qu’elle avait été transférée, elle persistait à voir Pallatine comme un lieu irréel et se refusait presque à y appartenir entièrement. Depuis son transfert et principalement après son départ de l’institut, elle avait été placée sous la protection de Lucia, la responsable du casino. Sous ses ordres seraient plus exacte à vrai dire, mais elle n’était pas mécontente de sa patronne. Elle n’aurait pas vraiment pu espérer meilleure situation d’ailleurs. Elle avait un travail, une chambre des plus confortable et une assez grande liberté, même si elle n’en profitait que peu. C’est bien simple, lorsqu’elle ne dormait pas, elle travaillait. Cela l’aidait à occuper son esprit et chasser les pensées qui auraient pu si facilement la faire sombrer. Elle n’arrivait pas à oublier qu’on l’avait arraché à ce qu’elle avait fini par voir comme sa destinée. Venger les siens était la dernière chose qu’elle souhaitait faire avant de mourir et elle ne pourra plus jamais le faire. Alors chaque jour, ou chaque nuit plus précisément, elle s’occupait de surveiller la salle principale du casino, imaginant les vies des uns et des autres, l’aidant ainsi à fuir sa propre existence.

___________________________

Lena déambulait entre les tables, les mains dans les poches. L’oreillette qui était en permanence vissée à son oreille était en lien direct avec la salle de surveillance d’où était visible les images des caméras de surveillance. Un micro lui permettait ainsi, en une simple pression sur un bouton, de communiquer avec le reste de l’équipe de surveillance. La plupart du temps, le travail était des plus calme, et puis il y avait des soirs, comme ce soir, où un peu d’agitation pouvait se présenter.

Un groupe d’hommes était entrée quelques instants plus tôt, semblant déjà tous passablement éméché. Elle avait appris à reconnaître les groupes ou individus susceptibles de poser problème et typiquement, ce type de groupe allait en causer.

Elle approcha de la table de Back Jack où ils avaient élu domicile et observa chacun d’eux discrètement, jusqu’au moment où elle surprit l’un des types en train de manipuler les cartes étrangement. Elle patienta un peu, ralentissant sa rotation autour de la table. L’homme recommença. Cette fois, elle l’avait vu clairement. Il avait récupéré l’une des cartes sur la table pour la remplacer par une autre qui était dans sa manche.

Comme prévue par le règlement, Lena indiqua la situation à la personne qui était à l’autre bout de l’oreillette juste avant d’aller inviter le tricheur à s’éloigner de la table avec elle.

Dans ce genre de situation, le casino préférait éviter de déranger le reste des joueurs de l’établissement, mais Lena sentait bien que cette fois ça ne fonctionnerait pas comme prévu. Un homme seul n’aurait pas fait de difficulté, mais celui-ci était accompagné. Il faudra la jouer fine pour éviter un incident.

S’approchant de l’homme, elle lui parla aussi discrètement que possible.

« Monsieur, je vais vous demander de me suivre s'il vous plait. »

Son accent à couper au couteau n’aidait pas à passer inaperçu autour de la table. L’homme, concerné, quant à lui, n’avait pas l’air très impressionné par la jeune fille. On ne pouvait pas vraiment lui reprocher cela à vrai dire.

« Mh ? Je peux savoir pourquoi peut-être ? »

Elle laissa échapper un soupir de lassitude. Elle n’aimait pas devoir discuter de ce genre de chose, elle avait plus souvent l’habitude de confier les tricheurs à ses collègues qui, eux, prenaient plaisir à se charger du reste à coup de barre de fer le plus souvent.

« Monsieur, je viens de vous surprendre en train de tricher, maintenant, il vous reste deux solutions : soit vous me suivez et tout se passera en douceur, soit on continue à discuter jusqu’à l’arrivée de mes collègues qui sont moins patient que moi. »

Alors que Lena était en train d’expliquer la suite des événements à la viande saoule qui venait de se lever en la surplombant d’une tête au moins, elle entendit l’un des autres hommes hurler sur la jeune femme qui l’accompagnait. Il venait de se lever à son tour et lui faisait maintenant face également.

Lena passa rapidement d’un visage à l’autre et croisa le regard enragé de la demoiselle avant d’en revenir à son compagnon. Celui-ci avait l’air presque plus enragé que son camarade, toujours aussi amorphe face aux menaces. Lena ne se démontait pas et affichait toujours un visage fermé, bien qu’elle ne fût pas vraiment rassuré de ce qui s'annonçait. Alors que le dénommé Alteo s'apprêtait à lui hurler dessus, Lena coupa immédiatement la parole de ce qui semblait être le chef de meute.

« Ecoutez, votre ami a triché et il doit quitter la table, point final. Si ça vous pose problème, je vous invite à en parler avec ma supérieur, mais je doute que ça ne change quoi que ce soit. »

Il n'aimait pas du tout sa façon de faire et ça se lisait clairement dans son regard. Une seconde de flottement eu lieu entre ses paroles et le mouvement de tête de Lena vers le second homme. Juste le temps pour elle d’apercevoir le tricheur qui levait son poing en direction de la demoiselle. Heureusement pour elle, malgré la carrure de l’homme, celui-ci était saoul et donc lent. Elle eut le temps de se décaler pour éviter le coup et attrapa le bras de l’homme, le tirant suffisamment fort pour le faire tomber au sol. Ses mouvements étaient rapides et précis. Elle pouvait une fois encore remercier Markus d’avoir ajouté les arts martiaux à son cocktail de données.

L’homme était maintenant face contre terre, Lena ayant posé un genou contre son dos et tenant son bras fermement. Il ne pourrait plus faire grand chose. En revanche, elle était toujours entourée du reste des hommes d’Alteo et n’était pas en position de pouvoir agir contre le groupe entier. C’est alors que d’autres agents de sécurités se dirigeaient vers la table en question. Ils avaient probablement reçu dans leurs oreillettes respectives l’ordre d’intervenir à leurs tours. Lena se releva alors et ses collègues emmenèrent leur paquet un peu plus loin. Alteo quant à lui hurlait qu’il voulait voir Lucia et qu’il ne sortirait pas de là avant d’avoir pu lui parler.

Qu’importe pour Lena, son travail était fait et elle avait bien besoin d’une pause. Elle s’éloigna discrètement de l’agitation pour se rendre à sa chambre qui, par chance, n’était pas bien loin.
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le Mar 6 Sep 2016 - 4:10

Nettie passa sa main sur son visage, soufflant lentement pour évacuer le flot d'émotion qui la traversait. La honte, d'abord, de se trouver en compagnie de ces hommes, la colère ensuite face à l'emportement de Gennaro, la stupidité d'Alteo, leur verve inappropriée et leurs vociférations. La haine pour avoir été traitée de la sorte. La tristesse de n'avoir rien dit, le dépit de n'avoir rien fait, l'abattement de se trouver dans la même position que celle qu'elle occupait depuis des mois.

Alteo serrait sa main fine dans la sienne, écrasant ses doigts contre sa paume parcourue de tics nerveux. Il la traina derrière lui comme un vulgaire sac tandis qu'il emboitait le pas aux agents de sécurité. Le nom de Lucia sortait de sa bouche à intervalles réguliers, il semblait vouloir s'entretenir personnellement avec elle. Car il n'était pas n'importe qui, répétait il. Peu lui importait la tricherie de son ami, il désirait être lavé de tout affront en même temps que ses compagnons. Ce n'était qu'un gosse capricieux. Lorsqu'ils s'engouffrèrent dans un couloir plus calme, Nettie arracha sa main de la poigne ferme du jeune homme. Il se retourna, surpris qu'elle bouge par elle même.

Nettie se composa un sourire doux.

         « Je vais plutôt retourner dans la salle pour vous attendre. Tout ça c'est une histoire d'homme...» Elle se détesta de prononcer ces mots bien stupides, mais elle n'avait rien trouvé de mieux.

Alteo la jaugea du regard, puis se rapprocha d'elle.


         « Ok, mais j'ai pas envie de te chercher partout. Reste dans le coin !»

Nettie hocha la tête. Il n'attendit pas plus longtemps et reprit sa route, disparaissant au coin d'une intersection. La jeune femme ne fit pas demi tour vers la salle, préférant profiter du calme et de la solitude du couloir désert. Il était si rare qu'elle se retrouve par elle même dans un endroit comme celui ci qu'elle passa de longues secondes à savourer cette tranquillité. Ses doigts fins se glissèrent sur la tapisserie élégante,  elle fit distraitement jouer son index sur les motifs tandis que ses pas l'amenaient plus avant. Elle tourna à l'opposé de la direction qu'avait prise Alteo, le pas lent et tranquille. Le couloir conduisait directement à un ascenseur.

Nettie regarda derrière elle avec hésitation.

Puis elle appuya sur le bouton d'appel de la machine, un petit sourire se glissant sur ses lèvres. Il allait sûrement la chercher, peut-être repartirait il sans elle. Tant pis, elle n'avait pas envie de suivre ses directives. Pas ce soir. L'endroit était trop attirant pour qu'elle retourne sagement s'asseoir au bar à l'attendre. La porte coulissa face à elle, dévoilant un petit espace vide, clinquant et recouvert de miroirs. Nettie s'arrêta face au panneau indiquant les étages, le doigt suspendu dans les airs. Sa bouche s'entrouvrit un instant en constatant la quantité astronomique d'étages qu'il y avait dans ce bâtiment. La jeune femme se reprit après quelques secondes, ferma les yeux, et appuya sur un bouton au hasard.

39.

L'ascension fut longue, ponctuée par le passage de quelques clients à divers étages. Nettie ne savait même pas si elle avait le droit d'être là, pourtant l'excitation simple de découvrir un nouveau lieu lui saisissait les tripes comme si cela représentait la découverte de sa vie. C'était probablement son moment de liberté de la semaine.

Lorsqu'elle atteignit le niveau 39, Nettie était seule. Elle s'aventura timidement dans le petit sas qui distribuait les couloirs déserts. C'était fou comme ils se ressemblaient tous. Il ne semblait y avoir ici que des chambres car le couloir était criblé de portes arborant toutes un numéro de métal doré. La blonde avança lentement, savourant le calme profond de l'endroit. Elle put observer, avant de tourner dans le couloir de gauche, la ville à travers la baie vitré du petit sas. Tout brillait dans l'obscurité, la vue devait être incroyable, mais la hauteur était si vertigineuse que Nettie n'osa pas vraiment s'approcher.

L'Irlandaise entoura son buste de ses bras, le pas lent et tranquille. Il allait sans dire qu'elle marchait sans but précis, assouvissant un besoin de solitude pressant. La curiosité des lieux semblait pourtant attiser son regard. Elle s'amusa à détailler le bois des portes, leur forme et se perdit, à mesure qu'elle progressait, dans diverses pensées. Ne croisant personne, la jeune femme retira distraitement ses escarpins noirs et coinça la bride de chaque chaussure autour de ses doigts. Alors que ses orteils s'enfonçaient dans la moquette épaisse, un sourire parcourut ses lèvres. Elle se rappela les épais tapis tissés de la chambre de Victoria. Elles avaient toujours adoré y plonger leurs orteils une fois allongées à même le sol. Nettie, éprise d'une pulsion étrange, s'accroupit près du sol et passa sa main sur la moquette. En fermant les yeux, elle pouvait presque se rappeler...
Ce tout petit détail fit remonter en elle une myriade de délicieux souvenirs. Elle ne voulut pas s'en séparer, aussi ferma-t-elle les yeux pour savourer les après midis pluvieux qui lui revenaient en mémoire. Ils étaient si nombreux en Irlande.

Elle se rappelait particulièrement de ce moment précis, il s'étendait comme une éternité dans son esprit. Elle se souvenait des feuilles fauves de l'érable à l'automne et de l'herbe verte du parc qu'elles apercevaient à travers la fenêtre. La peau diaphane des mains de Victoria semblait si douce et claire, elle se rappelait de ses paumes tendues vers le plafond, alors qu'elles étaient étendues sur le dos. Victoria avait toujours aimé jouer avec les reflets que ses bagues provoquaient sur les murs et le plafond. Elle se souvenait précisément de ses doigts fins, de la lueur des luminaires qui jouait entre ses phalanges et soulignait chaque détail, de son pouce jusqu'à son petit doigt. La tâche de naissance sur son poignet droit, ses cheveux étalés près de sa nuque, sur le tapis pourpre. La marque d'un sourire sur sa joue, ses cils ronds et blonds, protecteurs pour ses yeux espiègles. Son rire.

Victoria...

Nettie s'assit lentement sur le sol, puis s'allongea à même la moquette. Elle glissa ses doigts entre les fibres, cherchant inconsciemment la main de sa sœur près de la sienne.

Le tissus fluide de sa robe émeraude épousait son corps mince étendu sur le sol. Elle avait fermé les yeux, un sourire doux flottait sur ses lèvres. Elle pouvait presque imaginer...

Perdue dans ses pensées, Nettie n'entendit pas les pas se rapprochant de son corps inerte. Le bruit parvint à ses oreilles, distant, presque comme issus d'un rêve. Elle pouvait se figurer les pas discrets de sa gouvernante, Lilly, dans les couloirs avant le dîner... Mais les pas s'arrêtèrent. Proches, très proches de ses oreilles.
La blonde ouvrit ses yeux gris, d'un coup net, se rappelant d'où elle se trouvait. Qu'elle ne fut pas sa surprise de trouver, penchée en dessus d'elle, quelqu'un. Un violent sursaut la fit se recroqueviller sur elle même, elle ne s'était absolument pas préparée à croiser une personne. La jeune femme porta une main à son cœur avant de se rendre compte qu'elle bloquait totalement le passage.

         « Désolée ! J'étais... juste... en train de me détendre.» Annonça-t-elle un peu rapidement.

Bon, bien. Maintenant elle passait pour une folle. Nettie se redressa, reconnaissant la jeune femme de la sécurité. Elle enfila ses chaussures sans attendre puis se leva, prenant appui sur le mur.

         « C'était vous, tout à l'heure. Désolée pour le comportement de mes amis.»

Nettie adressa un sourire poli à la jeune femme aux cheveux verts, ne cherchant pas d'ennuis après l'avoir vue maîtriser Gennaro en un claquement de doigts. Elle se déporta donc sur le côté pour la laisser passer, le regard posé sur le sol.
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le Mer 7 Sep 2016 - 1:57

Lena venait tout juste d’arriver dans sa chambre quand elle pesta quelques mots en russe. La femme de ménage avait encore une fois touché à ses affaires et elle détestait ça. Il faut dire que la jeune fille avait une façon assez particulière d’occuper les lieux. Elle n’utilisait pas le lit, qui était pourtant des plus confortable et préférait dormir sur une simple couverture à même le sol. Il en était de même pour le peu d’affaires qu’elle possédait. Un sac à dos contenait tout ce qui était à elle : deux ou trois t-shirts, autant de pantalons et quelques babioles sans intérêts. Le tout agglutiné dans un recoin de la pièce. En dehors de cette partie de chambre, en voyant le reste du logement, on aurait pu penser que personne n’y vivait. Si cette façon de vivre lui convenait, elle avait beaucoup de mal à faire comprendre à la dame de service que c’était ce qu’elle voulait et qu’elle ne souhaitait pas que l’on s’occupe de ses affaires. L’employé, elle, n’acceptait pas de voir ce genre de désordre et prenait un malin plaisir, jour après jour, à refaire le lit, ramasser chaque affaire sur le sol et plier convenablement les vêtements de la jeune femme dans les armoires. Autant dire qu’elles n’étaient pas faites pour s’entendre de sitôt.

Lena ne prit pas le temps de ranger ses affaires à sa manière pour autant et chercha simplement ses cigarettes. Heureusement pour elle et pour la survie de la ménagère, elles étaient toujours dans le sac à dos. Lena en glissa une directement entre ses lèvres et glissa le paquet dans sa poche arrière droite. Une fois le briquet récupéré, elle sortit dans le couloir. Après l’intervention de tout à l’heure, elle avait besoin de ce moment de détente bien mérité.

En tournant la tête vers l’autre extrémité du couloir, elle l'aperçut sur le sol. Une jeune femme était inanimée juste devant la baie vitrée de l’étage. Lena fronça les sourcils et s’avança lentement, essayant de presser le pas malgré tout. Peut-être était-elle blessée. Dans ce genre de situation, chaque seconde pouvait faire la différence, elle le savait bien. Une fois bien assez proche, elle reconnut ce visage qui s’offrait à son regard. C’était la compagne du fameux Alteo qui était partie en furie pour voir Lucia. Elle remarqua assez vite qu’elle n’avait ni blessure, ni même l’air mal en point. Non, elle semblait des plus paisible, comme ci, elle dormait, simplement. Lena la fixa, sans rien dire. Beaucoup de pensées lui traversaient l’esprit en peu de temps, mais assez vite, les yeux de la demoiselle s’ouvrirent. Brusquement, elle se releva pour se recroqueviller sur elle-même. Lena sursauta légèrement, ne s’attendant pas à ce genre de réveil brutal alors même que le temps semblait suspendu dans l’air quelques secondes plus tôt.

« Désolée ! J'étais... juste... en train de me détendre.»

Elle avait l’air gêné d’avoir été trouvé dans cette position et pourtant Lena était certainement la mieux placé pour comprendre ce genre de besoin atypique. Elle se releva rapidement après ça. Lena ne disait toujours rien. Elle avait perdu l’habitude de communiquer depuis bien longtemps et se contenter de penser que ce n’était pas grave, sans l’exprimer pour autant.

« C'était vous, tout à l'heure. Désolée pour le comportement de mes amis.»

Cette fois, la jeune fille répondit des plus sincèrement, sans expression particulière, mais toujours avec son accent russe caractéristique.

« Ce n’est qu’une bande d’idiots. Tu devrais mieux choisir ceux que tu appelles “amis” »

Lena approcha un peu de Nettie, se dirigeant vers la baie vitrée. Elle coulissa la porte et la fraîcheur de la nuit s’engouffra brusquement dans le couloir.

« Tu peux rester en tout cas, y a jamais personne qui passe ici en temps normal. »

Lena passa sur le balcon ensuite et alluma sa cigarette. Elle laissa échapper un léger soupir de soulagement, comme si cette bouffée de nicotine mêlée à la fraîcheur nocturne était son paradis. Elle ne s’occupait alors plus de Nettie, s’imaginant déjà qu’elle avait mieux à faire que de rester là et qu'elle était retournée vers l'ascenseur. Lena approcha du bord et s’appuya contre celui-ci et laissant son regard se perdre au loin, profitant de la magnifique vue que lui offrait le 39ème étage du Bling Fallen.

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le Mer 7 Sep 2016 - 2:18

              « Ce n’est qu’une bande d’idiots. Tu devrais mieux choisir ceux que tu appelles “amis” »

Nettie ne put retenir le petit rictus qui parcourut ses lèvres. Elle avait amplement tord, Nettie les avaient choisis avec soin. Certes, ils l'agaçaient, n'étaient à proprement dit pas ce qu'elle pouvait qualifier "d'aimables", Alteo était particulièrement infect avec elle... Mais ils étaient le seul moyen pour elle d'en apprendre davantage sur cette diaspora, le seul moyen pour elle de s'intégrer. De quoi avait elle l'air, à part d'une fille assez jolie à l'air candide et inoffensif ? Personne n'aurait misé sur elle, à part Ysrael peut-être. Il lui fallait faire sa place entre ces murs, prendre de l'assurance. Alteo était la première étape, bientôt il ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Peut-être, un jour prochain, aurait-elle l'influence suffisante pour obtenir ces informations sur sa sœur jumelle...

Brusquement sortie de sa rêverie, la jeune femme demeura muette comme une carpe. Son regard parcourut son interlocutrice, curieux. Elle n'avait encore jamais connu personne avec les cheveux verts. C'était un joli vert, iridescent de nombreuses teintes sombres qui tendaient vers l'émeraude. Il ressemblait à celui de sa propre robe, à bien y regarder. Nettie l'observa alors qu'elle la dépassait.

              « Tu peux rester en tout cas, y a jamais personne qui passe ici en temps normal. »

La russe fit coulisser la baie vitrée, dévoilant une terrasse que Nettie n'avait absolument pas distinguée à son premier passage. Elle écarquilla les yeux en voyant la jeune femme s'avancer près du vide, le pas tranquille et assuré. L'odeur de cigarette vint titiller les narines de la jeune femme qui fronça le nez en reculant de plusieurs pas vers l'ascenseur. Pas question pour elle de s'aventurer sur ce promontoire outrageusement dangereux. Et si elle glissait, tombait, cassait la balustrade de verre qui la séparait du vide, sombrait et s'écrasait des mètres et des mètres plus bas ? La jeune femme secoua la tête, résolue à ne pas succomber à sa curiosité, puis se retourna vers l'ascenseur et appuya sur le bouton.

Elle garda le visage résolument tourné vers la porte de métal qui tardait à s'ouvrir.
Mais elle n'avait jamais pu observer Pallatine de cette façon... L'air frais devait être revigorant, agréable, et les lumières si belles depuis ce point de vue. Peut-être verrait-elle ce qu'il se cachait derrière la ville ? Nettie s'était toujours demandé ce qui pouvait bien se profiler derrière les immeubles de la cité, montagne ou mer ? Paysages verdoyants à perte de vue ou bien... comme elle en avait lu une fois la description dans l'un des livres de son père, un désert ?

La porte de l'ascenseur s'ouvrit, dévoilant une nouvelle fois ses parois constitué de miroirs. Dans ces derniers se refléta alors la vue qui s'étendait derrière elle. Les hauts immeubles, la mince silhouette de la russe. Sûre d'elle, dressée, tranquille. Nettie serra les poings, se retourna, puis marcha à pas résolus vers le balcon, adoptant une cadence rapide. Elle déboula presque comme une furie auprès de la jeune femme, agrippant la rambarde comme si elle représentait le seul rempart face à sa mort certaine. Un sourire immense dévora son visage alors quelle observait la vue, les jambes tremblantes sur ses escarpins.

              « Oh, oh ! Ouah !! »

C'était magnifique, toutes ces couleurs comme peintes dans la nuit. Cela semblait si dérisoirement petit mais aussi immensément grand. Elle pouvait presque distinguer la silhouette des personnes de l'immeuble d'en face, leurs ombres se dessinant au travers de la lumière floue qui provenait des fenêtres. Le cœur à la renverse au dessus du vide lorsqu'elle se penchait par dessus le métal, elle regardait passer les passants, s'amusant de leur taille minuscule. Mais, très vite, le tournis s'éprit de la jeune femme. Elle se sentit aspirée par la hauteur qui se déroulait sous ses yeux. Son cœur s'accéléra lorsqu'elle sentit le vent se glisser sur ses cheveux, ses mains se serrèrent sur le métal. Puis elle s'accroupit brusquement, n'ayant plus que pour vision les genoux de la silhouette postée près d'elle.

              « Euh, c'est vraiment très très haut. » Balbutia-t-elle, davantage pour elle même que pour son interlocutrice.

Nettie se retourna lentement et alla s'asseoir contre le mur, rassurée par la droiture et la solidité du bâtiment. La jeune femme souffla lentement, ferma les yeux puis se concentra pour calmer les battements de son cœur. C'était étrange. Elle, qui plus jeune ne cessait de grimper aux arbres les plus hauts de son verger, se découvrait avoir le vertige.

              « Comment est-ce que vous faites pour vous tenir tranquillement face au vide ?»
Souffla-t-elle, un sourire dans la voix.

Nettie ramena ses jambes contre son buste. Elle finit par rouvrir à demi les yeux, profitant de la vue avec distance.

              « Oh et par ailleurs, enchaina-t-elle, je ne vois pas du ce que vous voulez dire par "mieux choisir mes amis". Si je suis avec eux c'est que cela me convient. »

Elle avait affirmé ce mensonge avec aplomb.
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le Mer 7 Sep 2016 - 3:27

Le regard de la jeune femme se perdait au loin, observant le sommet des immeubles qui traçaient l’horizon. Même s’ils étaient déjà très hauts, Lena avait presque toujours eu l’habitude de voir une ville par-dessus la sienne. La vision du ciel et de quelques étoiles suspendues au-dessus de sa tête lui donna instinctivement l’envie de lever encore un peu plus les yeux vers les cieux. Elle recrachait lentement sa fumée, celle-ci s’envolant en une fine colonne avant de se disperser assez rapidement puis inspira une bouffée d’air frais par la suite, fermant un instant les yeux. Beaucoup de souvenirs lui revinrent alors en mémoire. Le froid de son pays natal, les visages de ses proches, ceux qu’elle avait dû abandonner à une mort certaine. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle était toujours en vie et pas eux.
Soudainement, elle entendit des pas proche d’elle et tourna la tête. A cet instant précis, la jeune blonde s’agrippa à la rambarde, comme si sa vie en dépendait.

L’attention de Lena fut immédiatement happée par le regard qu’affichait sa nouvelle compagnie. Elle n’était visiblement pas habituée à une telle vue et en était émerveillée. Elle l’observa toujours silencieusement lorsque celle-ci se pencha en avant. Instinctivement, Lena se tenait prête à la rattraper en cas de problème. L’inquiétude faisait partie de la vie de Lena depuis longtemps, mais d’habitude, ce n’était que pour elle-même qu’elle s’inquiétait. Elle avait eu très souvent à faire à son instinct de survie au cours de toutes ses années à errer seule. Peut-être était-ce la fragilité visible de la jeune demoiselle qui lui rappelait ses jeunes années à New York et qui poussait l’instinct de l’agent de sécurité à s’en préoccuper.

Il n’aura finalement fallu que quelques minutes d’observation pour que la jeune fille ne s’écarte brusquement du bord et se pose au sol contre le mur du bâtiment. Elle avait l’air assailli par la peur du vide auquel elle venait d’être confrontée et la question qu’elle posa ne faisait que confirmer cette impression.

« Comment est-ce que vous faites pour vous tenir tranquillement face au vide ? »

Elle ne pouvait réprimer un sourire en entendant ces mots. Prenant son temps, comme toujours, elle tira une dernière fois sur le filtre de sa cigarette et jeta le mégot de celle-ci au loin, la propulsant dans le vide à l’aide de son index.

« J’ai eu souvent l’occasion de vivre dans des immeubles comme celui-ci. La seule différence, c’est qu’à mon époque, il y avait toujours des gens pour être encore plus haut. »

Elle se pivotait alors vers son interlocutrice et tournait le dos au vide, glissant ses mains dans ses poches. Elle s'apprêtait à poursuivre, mais la demoiselle fut plus rapide.

« Oh et par ailleurs,je ne vois pas du ce que vous voulez dire par "mieux choisir mes amis". Si je suis avec eux c'est que cela me convient. »

Lena remarqua immédiatement certains signes qui ne pouvaient la tromper. Merci encore une fois à Markus pour cela. Elle mentait, c’était évident. Et pourtant, elle semblait très sûre d’elle lorsqu’elle prononçait ces mots. Ce détail interpella Lena, mais elle n’allait pas l’ignorer pour autant. Elle ne craignait pas vraiment grand chose venant de la jeune femme.

« Tu sais ici il n’y a que toi et moi. Pas la peine de jouer les potiches modèle. Je vois bien que tu dis l’inverse de ce que tu penses. » Elle approchait ensuite tout en retirant sa veste d’uniforme et la tendait à Nettie. « Tu vas tomber malade à rester si peu couverte par ce froid. »

Elle ne portait elle-même maintenant plus qu’une chemise sur le dos et en remontant pourtant les manches jusqu’aux coudes. Elle s’adossa ensuite au mur, non loin de Nettie. Elle observa de nouveau au loin et passa lentement son pouce sur les trois cicatrices de son poignet.

« Si t’as peur de lui, je pourrais peut-être t’aider. »

Ces derniers mots étaient lancés à la manière d’une bouée de sauvetage. Lena voyait que quelque chose clochait et, dans le doute et peut être un peu à la façon des Sharks qui, au début du moins, se serraient les coudes, elle préférait s’assurer que la jeune femme sache qu’elle n’était pas seule en cas de problème.

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le Mer 7 Sep 2016 - 4:46

             « Tu sais ici il n’y a que toi et moi. Pas la peine de jouer les potiches modèle. Je vois bien que tu dis l’inverse de ce que tu penses. »

Le regard métallique de Nettie se darda sur la Russe, ses sourcils se fronçant en réaction à ce qu'elle venait d'entendre. Avant qu'elle n'ait put nier en bloc, la jeune femme défit la fermeture de sa veste et la lui tendit, tout naturellement, sans même réclamer un merci. La blonde se rendit alors compte de la chair de poule sur ses bras, des frissons dans sa nuque. La russe avait noté qu'elle avait froid avant même qu'elle ne le réalise elle même. Dans un geste un peu hésitant elle se saisit du vêtement puis s'en emmitoufla.  Du tissus émanait une légère odeur de tabac, ainsi que celle d'un alcool fort que Nettie ne parvint pas à définir. A ce cocktail s'ajoutait l'odeur de la jeune femme qui s'avérait être douce, ténue et délicate. C'était étonnant, mais pas désagréable.

             « Tu vas tomber malade à rester si peu couverte par ce froid. »
             « Vous aussi.» Rétorqua-t-elle en l'observant s'asseoir près d'elle. « Je ne suis pas plus fragile que vous.»

C'était sûrement faux, très probablement même. Nettie n'avait pas reprit tout le poids qu'elle avait perdu au couvent. L'absence de sa sœur et le dépaysement face à Pallatine lui pesaient encore beaucoup. Son appétit n'était pas revenu, pourtant elle se forçait à manger pour reprendre des forces car l'état dans lequel elle était arrivé à l'institut était pour le moins déplorable. Sa silhouette avait néanmoins gardé aujourd'hui ce quelque chose de frêle qui lui était inhabituel. Toute sa vie elle avait arboré un corps élancé par l'équitation et ses sorties fréquentes dans la nature. En l'état, elle ne savait pas si elle serait encore capable de monter à une arbre. L'agilité ne se perdait pas, les muscles si.

             « Si t’as peur de lui, je pourrais peut-être t’aider. »

Une fois encore, Nettie tiqua. Qu'est-ce que cela voulait dire? Elle appréciait peu cette intrusion dans ses rouages bien huilés. Qui était cette fille ?

            « Non. Merci. Et je ne joue pas les potiches modèles. »

Devait elle paraître vexée ? La potiche modèle était en effet son personnage. L'Irlandaise se décala un peu, gênée. Cela devait vouloir dire qu'elle jouait mal son rôle, il y avait une fausse note dans sa partition. Certes, il avait été difficile pour elle de garder son calme durant l'altercation de tout à l'heure mais elle n'avait pas fait de faux pas monumental. Nettie se demanda alors ce qu'elle faisait assise ici avec cette inconnue. Elle aurait du partir, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Son interlocutrice devait faire partie des Gangsters pour travailler dans cet endroit. L'image qu'elle renvoyait était pour tout le monde, elle ne devait pas faire d'exception. Si l'on venait à entendre qu'elle se plaignait d'Alteo, tout ce qu'elle planifiait depuis le début tomberait à l'eau. Elle ne pouvait pas laisser la Russe sur cette impression.  

             « Qu'est-ce qui vous fait croire que j'ai besoin d'aide, d'ailleurs ? »
Murmura Nettie.

Elle était étrange, cette fille. Elle avait l'air si détachée de tout, calme, impassible. En un claquement de doigt, elle avait couché Gennaro, maitrisé verbalement un groupe d'hommes saouls. Elle semblait avoir bien mieux à faire que de lui proposer sa veste ou parler avec elle, pourtant elle lui offrait une aide qu'elle n'avait jamais réclamé. Ou alors, elle ne s'en était pas rendu compte. Cela la troublait. Nettie ramena la veste sur son dos entièrement nu, le regard fixé sur le sol. Elle ne savait que trop rajouter. Qu'est-ce qui la poussait à lui proposer son aide ? Faisait-elle cela avec tout le monde ?

Voulant se détacher de l'attention de sa voisine, Nettie avança, à quatre pattes, vers la balustrade de verre. Elle s'arrêta avant de l'atteindre et se pencha doucement pour observer la vue une nouvelle fois. Comme si cela la rassurait, Nettie se mit à plat ventre, réprimant un nouveau frisson d'angoisse, puis s'immobilisa. Elle ne connaissait même pas son prénom, elle ne savait même pas si elle était vraiment Russe.
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le Mer 7 Sep 2016 - 5:49
« Qu'est-ce qui vous fait croire que j'ai besoin d'aide, d'ailleurs ? »

Elle murmurait cette fois. C’était bien là une preuve de plus que quelque chose n’allait pas dans toute cette histoire. Cette jeune femme-là n’était vraisemblablement pas faite pour rester avec un rustre comme cet Alteo. Si elle restait avec, il y avait forcément une autre raison que de quelconques sentiments.

Lena ne savait pas quoi répondre à cette question pourtant. Comment lui expliquer en même temps ? Comment expliquer à quiconque qu’on lui avait téléchargé des savoirs dont, finalement, elle se serait bien passée si elle avait su ce qui lui en coûterait par la suite. Elle ne pouvait pas parler de ça avec cette parfaite inconnue. Qui sait ce qu’on aurait pu faire d’elle en sachant le potentiel contenu dans son cerveau. Et si elle se trompait sur son compte et qu’elle était bel et bien à la botte d’Alteo, l’homme pourrait lui faire toutes sortes de choses pour exploiter ses capacités et très probablement à des fins des plus horribles. Même si elle n’était pas des plus tendre, et même si elle avait pu faire ou failli faire des monstruosités dans son époque, aujourd’hui, elle était décidée à mesurer chacune des utilisations qu’elle ferait des données qui lui avaient été implanté.

Alors qu’elle restait silencieuse, réfléchissant à une possible réponse malgré tout, la jeune femme eut une réaction assez étrange. Elle s’approcha du bord sans réellement se lever, se déplaçant à quatre pattes jusqu’au bord du balcon. Lena souriait alors, amusé par le comportement de la demoiselle. Celle-ci observait la vue à travers la paroi de verre et se crispa soudainement en se plaquant au sol. Un rire échappa alors au contrôle de Lena. Ce n’était pas vraiment un rire de moquerie, mais plutôt une réaction à la délicatesse adorable dont elle pouvait faire preuve. Lena n’avait pas ressenti ce genre de sentiment depuis bien longtemps et elle tenta tant bien que mal de réprimer ce semblant de joie qui venait de l’atteindre. Elle ne voulait plus espérer et s’efforcer de repousser de toutes les manières possibles les sources possibles de bonheur qui aurait pu lui fait croire qu’elle avait bien sa place parmi les habitants de Pallatine.

Elle glissa alors sa main dans sa poche et récupéra son paquet de cigarettes. Elle se raccrochait souvent à ce genre de chose pour détourner son attention de ce qui la dérangeait. Quand la cigarette ne suffisait pas, Lena prenait un verre de vodka. Juste un, juste assez pour lui troubler légèrement l’esprit. Glissant une cigarette entre ses lèvres, elle laissa le paquet posé à ses côtés, sur le sol. Une fois allumée, elle observa de nouveau la demoiselle qui ne semblait pas avoir bougé. Finalement, elle se lança dans une réponse.

« Je ne sais pas si tu as besoin d’aide, mais ce que je vois c’est que tu t’accroches à lui alors que tout ton être n’a qu’une envie, c’est de le repousser. Que tu lui souris alors même qu’il te répugne et que tu t’ennuis à mourir à ses côtés tout en le suivant partout, faisant comme ci toutes ses activités te mettaient en joie. »

Voilà, c’était dit. Finalement, pas la peine de détailler la partie technique, la vérité des observations de Lena suffira bien à lui faire comprendre que la russe n’était pas dupe devant son paraître.

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le Mer 7 Sep 2016 - 17:39

             « Je ne sais pas si tu as besoin d’aide, mais ce que je vois c’est que tu t’accroches à lui alors que tout ton être n’a qu’une envie, c’est de le repousser. Que tu lui souris alors même qu’il te répugne et que tu t’ennuis à mourir à ses côtés tout en le suivant partout, faisant comme ci toutes ses activités te mettaient en joie. »

Nettie serra les poings face à l'énonciation de ces vérités. Ses sourcils se froncèrent, son visage se durcit. Elle planta son regard d'opale dans le vert de la Russe, tout sourire ayant disparu de son visage à présent.

             « Non, ce n'est pas vrai.» Elle força finalement un sourire sur ses lèvres.

Nettie chassa la fumée de cigarette devant son visage d'un geste net, l'air un peu guindé. Elle se fit, durant une seconde, penser à sa mère et pesta silencieusement. L'entreprise de son adolescence avait été de se différencier un maximum de la figure maternelle et voilà que, une fois à Pallatine, elle reprenait ses mimiques agaçantes. Nettie se redressa doucement. Elle aurait du se relever, sourire comme à son habitude puis tourner les talons. Mais la russe l'agaçait à viser si juste, elle lui faisait penser à Henry qui avait toujours su démêler ses mensonges. La nuit était belle, l'endroit agréable. Et surtout, elle n'avait pas envie de redescendre pour retrouver Alteo. Peut-être resterait-elle ici jusqu'au matin ? Elle était certaine en tout cas qu'il ne viendrait pas la chercher jusque là. Sa tranquillité n'était en fait perturbée que par la Russe et si elle était tout à fait honnête avec elle même... Cela ne lui déplaisait pas tant que ça. Elle aimait bien qu'on lui tienne tête, cela changeait de ses fréquentations habituelles qui ne faisaient que lui ordonner des choses.

             « C'est vrai, on ne se connait pas. Vous ne connaissez même pas mon prénom. Et moi je ne sais pas qui vous êtes ou bien même ce que vous voulez. Mais sachez que si je vous dis que tout va bien, que je n'ai pas besoin d'aide et que je suis très bien comme je suis, c'est que c'est le cas. Alteo vous répugne peut-être, mais ce n'est pas mon cas. Respectez un peu ma vie privée s'il vous plait, j'aimerais maintenant qu'on arrête de parler de ça. Et puis vous m'agacez avec votre fumée ! »

Nettie souffla sur le nuage devant elle, le nez froncé. Elle avait mit un point final aux questions de la Russe et espérait que celle ci n'aille pas plus avant dans son analyse. Mentir était fatigant et si elle était tant persuadée d'avoir raison, Nettie ne voyait pas pour quelle raison elle s'échinait à la contredire. Son regard s'attarda sur le paquet de cigarettes posé près d'elle, entre les deux jeunes femmes, puis elle l'attrapa délicatement. Elle ouvrit le petit opercule de carton et en observa l'intérieur. Quelques tubes de tabac y étaient encore, elle se saisit de l'un d'eux et l'approcha de son visage.

             « Qu'est-ce qu'il y a de spécial avec le tabac ? Personne ne fumait dans ma famille, à part mon père mais je suppose que c'était plus mondain qu'autre chose.»

Nettie darda son regard sur la russe.

             « C'est vrai, ça pue quand même pas mal. Et ça pique les yeux, qu'est-ce qu'il y a d'agréable à ça ? »

Sans chercher un quelconque accord, l'Irlandaise se saisit délicatement de la cigarette fumante glissée entre les doigts de son interlocutrice, effleurant dans ce même geste sa peau froide. Nettie n'avait pas eu tord, elle avait sûrement froid maintenant qu'elle lui avait prêté sa veste. Hésitant un peu, la jeune femme observa la braise rougeoyante et le filet de fumée avant de porter le filtre à ses lèvres bordeaux.

             « Il faut bien que j'essaye pour comprendre.» Murmura-t-elle avant de tirer une bouffée.

La fumée pénétra dans ses poumons à une vitesse effarante, la faisant instantanément tousser. La jeune femme plaqua sa main sur sa poitrine, fermant les yeux pour contrôler la quinte de toux qui agitait son corps. Bientôt, elle se mit à rire.

             « C'est définitif, je ne comprendrais jamais !»
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le Mer 7 Sep 2016 - 23:51

La jeune femme s’acharnait à vouloir convaincre Lena, mais chaque mot qu’elle prononçait n’était qu’une preuve de plus qu’elle était tombée juste.

Lena l’écoutait à moitié maintenant. Elle savait qu’elle avait raison et cela lui suffisait amplement. Elle n’avait pas l’intention de lui forcer la main pour révéler ses vrais sentiments et elle n’allait encore moins la dénoncer à son horrible rital. Non, Lena voulait simplement que la demoiselle sache qu’elle avait été percée à jour par quelqu’un qui ne lui voulait pas de mal et c’était chose faite maintenant.

Alors que Lena ne portait son attention que sur le tube de nicotine entre ses doigts, elle remarqua que sa voisine de balcon s'intéressait à son paquet justement.

« Qu'est-ce qu'il y a de spécial avec le tabac ? Personne ne fumait dans ma famille, à part mon père, mais je suppose que c'était plus mondain qu'autre chose. »

Elle tourna finalement les yeux vers son paquet puis vers le visage de la demoiselle, croisant son regard un court instant.

« C'est vrai, ça pue quand même pas mal. Et ça pique les yeux, qu'est-ce qu'il y a d'agréable à ça ? »

A ce moment-là, elle fit une chose à laquelle Lena ne s’attendait pas vraiment. Elle avança la main de la cigarette que tenait la Russe et lui récupéra délicatement. Elle eut un léger frisson en sentant leurs peaux se frôler. Ses mains étaient un peu plus chaudes que les siennes. Évidemment, même si Lena avait l’habitude de supporter le froid, elle n’en était pas moins insensible. Simplement, elle s’en fichait, elle ne prenait plus soin de sa santé depuis bien longtemps et c’était un luxe qu’elle avait continué d’ignorer sur Pallatine. Elle observait le parcours de la cigarette sans un mot, sachant pertinemment ce qui allait arriver. Tout le monde réagit de la même façon à la première cigarette.

Elle l’observait porter la cigarette à ses lèvres. Son attention se perdit un instant sur celles-ci justement. Le rouge qu’elle y avait déposé été d’une bordeaux captivant. Jamais Lena n’avait pris le temps de s’occuper de son apparence. La seule folie de ses cheveux verts lui plaisait à vrai dire. Une envie soudaine quelques années après son arrivée à New-York. Elle ne savait plus vraiment pourquoi elle l’avait fait, peut être simplement parce qu’elle en avait eu envie sur l’instant. C’était très souvent ce qui motivait Lena à cette époque. L’instant présent était tout ce qui importait, ne sachant pas s'il y aurait ou non un lendemain. C’était la seule chose qu’elle avait changée en étant à Pallatine. Là où à New York il était difficile de se procurer ce genre de coloration capillaire, ici, elle le trouvait facilement et s’en procurait des que possible, n’ayant que rarement autre chose que du vert dans ses cheveux.

La cigarette se coinça entre ses lèvres et ce qui devait arriver, arriva. La jeune femme fut prise d’une quinte de toux qui arracha un nouveau sourire à Lena par la même occasion. Dans un geste naturel, elle posa alors une main sur le haut des épaules de celle-ci, le geste se voulant simplement réconfortant.

« C'est définitif, je ne comprendrais jamais !»

La russe récupéra sa cigarette qui avait été marqué du rouge à lèvre bordeaux, justement.

Elle regarda la cigarette, souriant toujours un peu.

« Tu n’es pas habitué, voilà tout. Là où tu ne vois que les désagréments d’une odeur forte et d’une fumée agressive, moi, j’y vois un moyen de détente, d’être transporté ailleurs le temps de quelques bouffées d’air enivrantes.

Après ça, elle tira une bouffée sur la cigarette justement, inspirant longuement et gardant la fumée dans ses poumons quelques longues secondes. Lena avait toujours sa main sous la nuque de Nettie, ne s’en rendant même pas compte, captivé par ce qu’elle était en train de tenter d’expliquer à la jeune femme. Finalement, elle leva légèrement la tête, l’appuyant contre le mur et ferma les yeux, recrachant très lentement la fumée précédemment inspirée.

« C’est comme mettre sa vie entre parenthèses. Tu ne respires plus l’air vital à ta survie, tu es comme en apnée durant quelques instants. Tu profites de ce calme avant de reprendre ta vie où tu l’avais laissé. Personne ne peut te voler ces secondes. Elles n’appartiennent qu’à toi et à toi seule.

Lena réouvrait finalement les yeux et tournait la tête vers Nettie. Se rendant compte qu’elle n’avait toujours pas retiré sa main, elle s’empressa de le faire, son regard affichant une certaine gêne face aux mots qu’elle venait de prononcer. C’était la première fois qu’elle s’exprimer ainsi. Pourquoi avait-elle eu besoin de raconter ce genre de chose à cette parfaite inconnue ? La solitude commençait peut-être à la peser plus qu’elle ne le pensait.

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le Jeu 8 Sep 2016 - 3:16

Nettie rendit sans aucun regret la cigarette à sa voisine, grimaçant en sentant le goût que cela lui laissait dans la bouche. Elle fut surprise de sentir la main de la Russe se poser sur son épaule, près de sa nuque, dans un geste de compassion après l'avoir vue s'étouffer de la sorte. Le contact de ses doigts gelés lui arracha un frisson. Elle n'osa pas bouger durant plusieurs secondes, perturbée par le geste de la jeune femme qui paraissait si froide au premier abord. Mais cela avait été si naturel et spontané qu'elle ne put que se détendre.

           « Tu n’es pas habitué, voilà tout. Là où tu ne vois que les désagréments d’une odeur forte et d’une fumée agressive, moi, j’y vois un moyen de détente, d’être transporté ailleurs le temps de quelques bouffées d’air enivrantes. »

La blonde l'observa alors tirer une longue bouffée du tube de tabac, faisant voyager le pâle nuage de fumée jusqu'à ses poumons. Elle put voir quelques volutes effleurer la surface de ses lèvres entrouvertes, l'ont aurait dit les mouvements des nuages lors d'un jour d'orage. Cela semblait si délicat au contact de la pulpe de sa bouche. Lorsqu'elle recracha sa fumée, Nettie suivit les tourbillons de particules s'élever dans la nuit, formant de douces formes éphémères et presque féériques.

           « C’est comme mettre sa vie entre parenthèses. Tu ne respires plus l’air vital à ta survie, tu es comme en apnée durant quelques instants. Tu profites de ce calme avant de reprendre ta vie où tu l’avais laissé. Personne ne peut te voler ces secondes. Elles n’appartiennent qu’à toi et à toi seule. »
           « Mh... » murmura Nettie avec un petit sourire en coin.

Leurs regards se croisèrent. Soudainement, la Russe retira sa main, comme surprise par ce contact qu'elle avait pourtant initié il y avait déjà quelques minutes. Nettie à vrai dire s'était habituée à la présence de sa paume, qui s'était même un peu réchauffée sur sa peau tiède. En voyant l'air gêné dans les prunelles de la jeune femme, l'Irlandaise eut un petit sourire. Elle ne fit aucun commentaire, ne releva même pas. Ce serait plus simple pour elle d'effacer la gêne si elle ne réagissait pas. Son attention se fixa sur le quartier en face d'elles. Elle ne le regardait cependant pas vraiment, un peu perdue dans les pensées que venaient de provoquer la Russe.

           « C'est amusant les moyens que l'on peut trouver pour s'échapper.»
Dit Nettie. Elle hésita un instant puis souffla doucement. « Tu me donnerais presque envie de réessayer en disant cela. Ca a l'air beaucoup plus attrayant de ce point de vue là. Mais je crois que je ne me ferais pas au goût... Tu vois, moi pour m'évader je me couche sur la moquette et je fais la morte.»

Elle eut un léger rire puis se redressa en position assise, maintenant fermement le manteau autour de ses épaules. Elle recula précautionneusement pour s'asseoir aux côtés de la Russe, appuyant son dos contre le mur.

           « J'ai un peu perturbé ton moment de calme je crois alors, j'aurais peut-être du partir dès le début pour ne pas t'importuner. Mais j'étais bien là, cela m'a fait du bien.» Elle se retint de dire qu'elle était bien mieux ici qu'avec Alteo. « Toute l'agitation semble être ailleurs, je ne sais pas. Cet étage est peut-être un peu hors du temps, qui sait avec Pallatine. Je m'appelle Nettie, au fait. Nettie Cahill, je crois que nous venons de la même diaspora. Mais je ne t'ai jamais croisé auparavant. Je viens de 1880, cela fait un bon choc de culture...»

Elle était depuis quelques temps sortie du rôle qu'elle jouait tous les jours et ne semblait pas s'en rendre compte. Ou peut-être justement l'avait elle remarqué, mais ne désirait pas vraiment se l'avouer. Cela lui faisait du bien de pouvoir discuter simplement et, même si elle craignait de nouvelles questions venant de la jeune femme, elle prenait plaisir à être ici. Loin de souvenirs trop étouffants qui envahissaient son esprit à chaque pas qu'elle faisait, loin de la solitude d'être entourée de personnes qui ne la comprenaient pas et ne l'aimaient pas. Nettie ne ressentait pas le besoin de jouer à quoi que ce soit. La personne en face d'elle semblait être tellement discrète qu'elle ne devait pas parler à grand monde de toute façon.
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le Jeu 8 Sep 2016 - 14:36



Elle laissa la jeune femme s’installer de nouveaux près d’elle et l’écouta se présenter, sans pour autant la regarder. Depuis le regard gêné qu’elle avait pu échanger avec elle, Lena avait détourné les yeux sur la cigarette qu’elle tenait entre ses doigts. Elle remarqua alors qu’elle tremblait un peu. Le froid commençait à se faire de plus en plus mordant. Alors même qu’elle fit cette remarque, un frisson parcourra sa colonne vertébrale de bas en haut.

« J'ai un peu perturbé ton moment de calme, je crois alors, j'aurais peut-être dû partir dès le début pour ne pas t'importuner. Mais j'étais bien là, cela m'a fait du bien.»
La Russe ne réagissait pas tout de suite à la phrase, mais elle nota dans un coin de son esprit qu’elle avait réussi à la mettre en confiance. Si elle avait besoin d’aide un jour, elle saurait où aller, probablement.
« Toute l'agitation semble être ailleurs, je ne sais pas. Cet étage est peut-être un peu hors du temps, qui sait avec Pallatine. »

Elle acquiesça légèrement cette fois-ci. Pour Lena, Pallatine n’était qu’un mirage, une illusion qu’on lui offrait pour lui faire oublier sa vie précédente. Mais elle ne voulait pas l’oublier, elle aurait préféré y rester et faire ce qu’elle avait mis tant de temps à se décider à faire. On lui avait arraché cette fin qu’elle souhaitait, cette vengeance qu’elle avait promise à sa famille. Ici, elle avait l’impression de les trahir une fois de plus. Pourquoi devait-elle vivre alors qu’eux n’avaient pas eu le droit à cette chance. Elle porta la cigarette à ses lèvres une énième fois.

« Je m'appelle Nettie, au fait. Nettie Cahill, je crois que nous venons de la même diaspora. Mais je ne t'ai jamais croisé auparavant. Je viens de 1880, cela fait un bon choc de culture... »

Son attention se porta de nouveau sur sa voisine. Nettie Cahill. Elle eut la rapide réflexion que ce nom lui convenait parfaitement. Il était aussi doux qu’elle pouvait l’être. Sembler être en tout cas. Elle avait pu voir précédemment que la jeune femme ne se laissant pas tant faire que ça si on la poussait un peu trop à réagir. En cela elles se ressemblaient au moins.

« Moi c’est Lena. » Elle avait dit cela rapidement, mais se repris presque aussitôt. « Enfin non, Boom. Je préfère qu’on m’appelle Boom.» Pour Lena, son nom était son ancienne identité. Si Pallatine était une illusion, alors autant utiliser un ersatz d’identité.
« Et oué, je ne sors pas vraiment du casino. Pas souvent en tout cas. J’aime mieux rester ici. »

Là où elle avait doucement commencé à se détendre et à communiquer relativement normalement avec sa nouvelle camarade, Lena se referma aussitôt sur elle-même en abordant ces questions un peu trop personnelles à son goût. Elle ne poursuivait d’ailleurs pas et se contenta d’un sourire quelque peu crispé à l’attention de Nettie. Elle ne voulait pas paraître triste ou déprimée et pourtant, ses pensées commençaient à s’assombrir à mesure que le silence s’installait. Elle termina sa cigarette par une dernière bouffée alors et se leva pour aller la jeter dans le vide. Elle s’approcha de nouveau de la balustrade de verre et s’y pencha un peu.

« 1880.. Tu m’étonnes que ça doit te changer ici. Au moins, tu as beaucoup à découvrir, c’est une bonne chose, j’imagine. »

Elle tournait le dos à Nettie maintenant, ne voulant pas risquer de croiser son regard à nouveau, un peu honteuse d’avoir esquivé sa question. Elle fixait son attention sur les vitres de l’immeuble en face quand une nouvelle fois un frisson la fit vaciller. Se redressant à la suite de celui-ci, elle croisa alors les bras et les frictionna très légèrement.

Elle avait froid et pourtant, elle n’avait pas envie de retourner à l’intérieur. Pour elle, ce n’était pas l’étage entier qui semblait être hors du temps. Ce balcon à lui seul pouvait lui permettre de s’échapper quelques instants et, pour l’instant, cela suffisait à l’empêcher de s’effondrer sur elle-même.

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le Ven 9 Sep 2016 - 5:00

           « Moi c’est Lena. Enfin non, Boom. Je préfère qu’on m’appelle Boom. »

Quel étrange surnom. Ce fut la première chose qui passa dans l'esprit de Nettie. Jamais elle ne pourrait se résoudre à appeler quelqu'un Boom. Cela n'était ni plus ni moins qu'un onomatopée aux consonances douteuses, bien trop disgracieux pour une jeune femme telle que... Lena. Lena était un joli prénom. La jeune femme n'avait jamais croisé personne nommé ainsi, ce n'était assurément pas un nom courant au dix-neuvième siècle, en Irlande qui plus est. Rapide, concis mais joli, Lena. Et cela roulait sous la langue avec délicatesse, le L glissant sur le N avec volupté. Bien plus doux que son propre prénom, avec les tintements agressifs que provoquaient ce double T.

           « Et oué, je ne sors pas vraiment du casino. Pas souvent en tout cas. J’aime mieux rester ici. »

Triste, se dit Nettie ensuite. Pallatine était peut-être un endroit étrange et peu rassurant au premier abord, il n'en était pas moins que c'était une ville qui regorgeait de vie et de mystère. Un lieu qui mêlait les époques et les genres, le futur et le passé se confondant dans un présent incertain. Le casino était certes très intéressant, Nettie voulait bien l'admettre. Mais la vue qui s'étendait sous ses yeux lui donnait envie de sauter à pieds joints dans ces rues, dans cette marée humaine éclectique à souhait. La blonde observa Lena se lever pour rejoindre la balustrade, se penchant au dessus du vide sans même un frisson. L'Irlandaise ne fit aucun mouvement pour la suivre cette fois ci, préférant la verticalité rassurante du mur solide derrière elle. Elle observa la silhouette élancée de la jeune femme, un peu anxieuse de la voir ainsi appuyée contre la rambarde.

           « 1880.. Tu m’étonnes que ça doit te changer ici. Au moins, tu as beaucoup à découvrir, c’est une bonne chose, j’imagine. »

Son époque lui manquait parfois. La simplicité de sa vie d'avant, la liberté douce et enivrante de son adolescence. Mais surtout la présence de sa sœur jumelle. L'absence était plus dure à supporter ces derniers jours, elle se sentait particulièrement seule sans son double. Cela faisait deux ans. Deux longues années qu'elles avaient été séparées et chaque jour était plus dur que le précédent. Cela faisait précisément un an et quatre mois qu'elle n'avait plus eu de nouvelles. L'inquiétude faisait parfois place au doute, le doute s'effaçait pour laisser poindre l'espoir. Celui de retrouver sa sœur, ici, à Pallatine. Elle le désirait tant que cela la rendait malade parfois, sortir dans la rue et ne pas la croiser lui trouait la poitrine. Victoria faisait partie d'elle, sans être vraiment là. Nettie racla sa gorge nouée, fuyant une fois de plus ses pensées pour se re-concentrer sur le présent.

           « 1880 oui... Et nous sommes en 2015. Je n'avais jamais prononcé ces chiffres hors de mes cours d'Algèbre. Cela représentait pour moi un temps si lointain que je ne me donnais même pas la peine de l'imaginer ! La Nettie que j'étais n'aurais pas été déçue en découvrant Pallatine... Et pourtant parfois ça... ça me manque, le passé... Tu as l'air de venir d'un temps totalement différent, toi. Aucun livre ne parle du futur, ils disent que c'est trop fluctuant. Qu'est-ce que... De quoi ça a l'air ? »

Nettie grimaça soudainement en la voyant se pencher un tout petit peu plus au dessus du vide, sûrement sans même sans rendre compte. Elle se redressa dans un geste un peu brusque, faisant glisser la veste de ses épaules.

           « Arrête, arrête de te pencher au dessus de ce vide gargantuesque Lena, je vais avoir une attaque. Je te jure, ça me donne des palpitations. » S'écria-t-elle spontanément.

Puis elle pinça les lèvres, ne pouvant retenir le petit sourire qui dévorait ses lèvres. Elle ne pouvait se contenter d'avoir peur pour sa propre personne, la frayeur de voir quelqu'un sombrer dans la nuit dévorante la faisait frémir. De nouvelles sensations, vraiment.

           « Tu viens peut-être d'un temps où la hauteur est chose commune, mais chez moi... Ca ne l'est pas ! Je ne suis jamais montée plus haut que le saule pleureur près de l'Avonmore à la limite de notre domaine, et je m'en portais très bien avant aujourd'hui. Recule juste un tout petit peu et je te laisse tranquille.  »
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le Ven 9 Sep 2016 - 14:48



De quoi avait l'air le futur ? Comment répondre à cette question sans réduire en miettes les attentes de Nettie ?

Lena resserra ses mains déjà gelées sur la balustrade de verre à la simple idée de devoir parler de ce qu'elle avait vécu jusqu'en 2115.

Son regard se baissa vers le vide qui lui tendait les bras. Elle pourrait en finir ainsi, ici et maintenant. Peut-être qu'elle se réveillerait alors de ce cauchemar. Peut-être qu'elle se retrouverait auprès de ses proches, que tout ça n'aura été qu'un mauvais rêve bien trop long et réaliste. Son corps s'inclina légèrement en avant, comme attirait par ses pensées sombres, poussées par l'idée qu'elle pouvait mettre fin à ses souffrances, autant morales que physiques. Puis Nettie cria, comme pour rattraper Lena et la remettre sur le balcon, elle qui avait commencé à s'imaginer réaliser ce funeste plongeon.

«  Arrête, arrête de te pencher au dessus de ce vide gargantuesque Lena, je vais avoir une attaque. Je te jure, ça me donne des palpitations. »

Lena ne bougeait plus alors, fixant toujours ce qui avait été, l'espace d'une seconde, son nouvel objectif final.

«  « Tu viens peut-être d'un temps où la hauteur est chose commune, mais chez moi... Ca ne l'est pas ! Je ne suis jamais montée plus haut que le saule pleureur près de l'Avonmore à la limite de notre domaine, et je m'en portais très bien avant aujourd'hui. Recule juste un tout petit peu et je te laisse tranquille. »

Lena recula vivement cette fois, repoussant à la fois le bord et l'idée qu'elle avait eu à cet instant.

Pourquoi n'arrivait-elle pas à être heureuse, à vivre normalement ici, parmi tous ces gens qui, eux aussi, avaient certainement autant de tristesses et de regrets pour leur vie passée qu'elle pouvait en avoir.

Elle se retourna vers Nettie finalement, remarquant que la veste qu'elle lui avait précédemment prêté avait atterri sur le sol du balcon.

« Désolé, je vais éviter de m'approcher de là, tu as raison.»

Terminant sa phrase, elle était déjà proche de Nettie, se penchant pour récupérer le vêtement. Après l'avoir secoué une seconde à peine, elle se chargeait elle-même de replacer la veste sur les épaules de l'Irlandaise. Ses propres mains tremblées, son corps entier semblait gelé à vrai dire, mais elle ne s'en souciait apparemment pas.

« Je ne m'approche plus du bord si toi, tu gardes ça sur ton dos.»

Passant ses bras rapidement de part et d'autre de Nettie pour placer la veste, son regard et celui de la jeune femme se croissaient à nouveau.

Cette fois, comme pour la remercier silencieusement de lui avoir fait retrouver ses esprits, la Russe sourit sincèrement, restant ainsi durant quelques longues secondes.

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le Lun 12 Sep 2016 - 3:52

Le souffle de Nettie se relâcha dans sa poitrine lorsqu'elle vit Lena s'éloigner de la rambarde. Elle avait vraiment cru, pendant un instant, qu'elle se pencherait plus encore. Le silence qui avait suivit ses propres paroles et la façon brusque qu'avait eut la jeune Russe de se reculer l'avaient sensiblement perturbée. Si Nettie n'avait pas eu sa réaction spontanée, qu'aurait fait Lena ? Mais elle ne dit rien, ne posa pas de questions, trop peu sûre que son interlocutrice apprécie une remarque probablement déplacée.

                 « Désolé, je vais éviter de m'approcher de là, tu as raison.»

L'irlandaise plongea son regard métallique dans celui de Lena qui s'était rapprochée. Sans un mot, cette dernière se saisit de sa veste, qui était tombée près de Nettie, la secoua, puis la replaça sur ses épaules dénudées. La blonde n'avait à aucun moment remarqué la chute du vêtement, pourtant la douce chaleur lui avait manqué. Elle haussa cependant un sourcil un peu moqueur en voyant la chair de poule sur les bras de la Russe. Visiblement, elle avait au moins aussi froid qu'elle. Il aurait été bien plus simple de rentrer dans la chaleur de l'établissement, mais il se passait quelque chose sur ce balcon. Quelque chose d'agréable, de doux et d'indéfinissable qui lui donnait envie de rester assise ici toute la nuit. Une petite bulle hors du temps, un joli moment dont elle aurait plaisir à se souvenir. Pourtant, elles ne s'étaient pas beaucoup parlé.


                  « Je ne m'approche plus du bord si toi, tu gardes ça sur ton dos.»


Et Lena sourit. Avec une sincérité si touchante que Nettie ne put s'empêcher de sourire à son tour. Elle posa, l'espace d'un instant, sa main sur celle de la jeune femme en signe de remerciement, le regard pétillant, puis hocha la tête. Libérant les doigts de son interlocutrice, elle tapota l'espace libre à côté d'elle pour que cette dernière  s'y assoie et resserra le vêtement autour de ses épaules.

                  « Très bien, mais rapproches toi alors. Tu souffres du froid toi aussi, si on était plus intelligentes on serait déjà rentrées mais...»

Nettie haussa les épaules avec un petit rire, le silence qu'elle laissa planer finissant mieux sa phrase que ce qu'elle aurait pu prononcer. La blonde se déplaça lentement vers elle, collant son biceps au sien. Elle ne s'appuya pas trop, ne s'approcha pas outre mesure pour ne pas la mettre mal à l'aise. La proximité était seulement là pour qu'elles se réchauffent l'une l'autre.

Et le silence s'installa, confortable. Elle n'avait que rarement ressentit cette tranquillité dans le silence, surtout avec une inconnue. Il y avait toujours ce sentiment désagréable, la peur que l'autre se sente mis de côté, la peur de se sentir ennuyeux... Mais en cet instant, pas du tout. Cela lui semblait parfaitement naturel. Le coup d'œil discret que Nettie lança à la Russe au bout de plusieurs minutes passa inaperçu. Son regard émeraude était plongé dans la nuit, insondable. Nettie rapprocha ses genoux de son buste, laissant ses orbes orageux se perdre à leur tour dans le ciel illuminé par la ville. Les étoiles lui manquaient. Elle n'avait jamais été aussi proches d'elles, pourtant elle ne les voyait pas. La clameur lumineuse de Pallatine l'en empêchait. Les ciels étoilés d'Irlande lui manquèrent, soudain, ainsi que toute les soirées qu'elle avait passées à observer cette voûte magistrale.

                   «Dis, tu n'as pas répondu à ma question... Celle sur le futur... As tu déjà vu les étoiles ? Y-a-t'il seulement encore des étoiles ou sont elles, comme ici, gommées par de trop grandes villes à la lumière abrutissante ? »

Sa voix sonna doucement dans l'air, presque brumeuse.

                  « J'aimerais sortir d'ici et voir derrière les immeubles, ou bien au dessus d'eux. J'aimerais retrouver la nature... C'est étrange, j'ai toujours cru que plus l'on se rapprochait du soleil, plus l'on avait chaud. Je ne pensais pas qu'il faisait plus froid en hauteur...»
elle se stoppa, la bouche entrouverte. « Et as tu déjà vu la mer ? Parce que moi non. Je me demande s'il y a la mer à Pallatine. Je me demande si... Si Pallatine a  des endroits dans lesquels... Je me sentirais un peu chez moi.»

Elle avait prononcé cette phrase si bas qu'elle ne fut pas sûre que Lena l'entendit. Il y eut un moment de flottement, son visage détendu arborant un sourire fantomatique. Puis elle se força à détourner la tête vers Lena, abandonnant sa contemplation de la nuit.

                  « ... Pardon, je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça. Le froid ne me réussit pas.»

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