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Quatre actes | Ezequiel

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http://i.skyrock.net/1542/53071542/pics/3280555574_0_6_0PJREGqT.jpg
Ysrael est une ancienne gangster ayant officié comme experte-comptable pour les Terrible Genna, une puissante famille du crime du Chicago des années 20. Ayant détourné une somme considérable d'argent durant ses années à leurs côtés, et sentant l'étau se refermer sur elle, Ysrael rencontre les agents de Pallatine en 1925. Elle quitte la Terre la même année, peu après le début du déclin de la Famille Genna.

Elle s'est depuis intégrée au mieux à Pallatine, même si certaines vieilles habitudes de son ancienne vie lui restent.

Ysrael est un serpent, une créature vénéneuse et insidieuse qu'il vaut mieux ne pas avoir pour ennemie.
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le Mer 21 Sep 2016 - 14:44
Ezequiel | Ysrael
Quatre actes

Les lumières orangées qui bordaient l'opéra de Pallatine baignaient le bâtiment d'une lueur chaleureuse. Une certaine animation régnait devant les portes d'entrée. Les gens se réunissaient, les couples se formaient. Les femmes avaient revêtu leur plus belle robe, serti leur peau des plus beaux bijoux, des plus doux parfums. Les hommes s'étaient parés de leur meilleur costume, taillé sur mesure, suivant parfaitement les lignes de leurs épaules, de leurs jambes. Un certain faste solennel émanait de ce spectacle.

Ysrael croisa les bras, appuyant sans le vouloir le galbe de sa poitrine parfaitement soulignée par un décolleté charmeur. L'air frais lui caressait les jambes, la faisant parfois frissonner dans sa robe de velours. Pourquoi diable n'avait-elle pas pris de veste …
Elle jeta un coup d’œil à sa montre. Comme bien souvent, la trentenaire était arrivée en avance. Il valait mieux cela que de se présenter en retard. Elle n'aurait pas aimé faire attendre son invité. Elle tenait à s'excuser de son comportement de la dernière fois. La jeune femme avait dû fuir en quatrième vitesse, sans réellement donner d'explication à Ezequiel. Il n'était pourtant pas dans ses habitudes d'agir de la sorte. Aussi avait-elle tenu à rattraper son manque de respect en invitant le responsable des arrivées de l'Institut à une représentation d'Aïda, un opéra auquel elle avait assisté à l'Auditorium Theatre de  Chicago lors de sa grande ouverture, le treize novembre dix-neuf-cent vingt-deux.

La brune replaça une mèche ondulée derrière son oreille. Un mouvement à gauche capta son attention. Ses lèvres carmines s'étirèrent en un sourire lorsqu'elle eût reconnu le Natif.

« Bonsoir Monsieur Blackwood. Lança-t-elle calmement. »







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le Dim 25 Sep 2016 - 17:23


Heaven help the fool who falls in love

La berline sombre dévorait le bitume à une allure régulière, les vitres teintées ne laissaient que peu de lumière pénétré l’intérieur de l'habitacle et Ezequiel patientait à l’arrière, observant les visages des piétons que la voiture croisait sur le trajet.
Il ne les reconnaissait pas tous, bien évidemment et pourtant, il se doutait qu’à un moment ou un autre, il avait eu à lire leurs dossiers, se demandant alors pourquoi ceux-ci n’avait pas attiré son attention alors qu’elle, oui.
Elle, Ysrael, la jeune femme qui l'avait invité chez lui et qui, ce soir, l’invitait à son tour.
Le Don Juan n’avait pas obtenu ce surnom sans raison. Il aimait les femmes et aimait passer du temps en leurs compagnies. Mais d’habitude, il n’allait pas plus loin qu’un soirée, qu’une nuit en réalité et pourtant… Cette femme-là avait réussi à faire ce qu’aucune autre avant n’avait réussi. Elle avait attiré son attention et piqué son intérêt à vif. Chaque fois qu’il pensait à elle, il souriait, sans même s’en rendre compte à vrai dire. Il aimait ce sentiment, il appréciait ressentir plus qu’un simple désir primaire. Même s’il avait eu de nombreuses conquêtes, il était seul et s’était fait à l’idée de rester ainsi pour le reste de sa vie.

Mais, si l’héritier Blackwood ressentait ces sentiments pour la belle gangster, il ne souhaitait pas montrer ce qui, pour lui, n’était qu’une faiblesse et mettait un point d’honneur à continuer de paraître comme l’homme froid et volage que tout Pallatine s’attendait à voir en lui.

La voiture ralentissait finalement, le chauffeur qu’il avait prit pour la soirée s’arrêta parfaitement devant l’entrée et fît le tour pour ouvrir sa portière.

Après une dernière grande inspiration, Ezequiel sortait finalement de la voiture dans son smoking flambant neuf, bien décidé à ce que le spectacle continue. Se tournant une dernière fois vers la voiture pour profiter de son reflet dans la vitre, il replaça son noeud papillon et souriait, arborant son masque des grands jours.

Il saluait sur son passage quelques visages connus, et même d’autres dont il n’avait aucun souvenir, mais qui semblait, en revanche, le connaître, puis il remarqua la jeune femme non loin des portes, l’approchant calmement.

« Bonsoir Monsieur Blackwood. Lança-t-elle calmement. »

Il souriait de plus belle, bien plus sincèrement que durant les quelques secondes qui avaient précédé leur retrouvaille. Délicatement, il saisissait l’une de ses mains et lui fît un baisemain en bonne et due forme, n’y déposant nullement les lèvres.

«Bonsoir mademoiselle Fitzgerald, je ne vous ai pas fait attendre, j’espère ?» Il plongeait son regard dans le sien, souriant toujours. «Rassurez moi, vous n’allez pas partir en courant au beau milieu du spectacle ?»



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le Dim 25 Sep 2016 - 21:18
Ezequiel | Ysrael
Quatre actes

Ysrael profita qu'il ne fut pas trop près pour détailler la tenue de son cavalier. Sobre, chic. Définitivement séduisant. Si elle avait été une jeune adolescente aux hormones en furie, la brune aurait fondu sur le champ. Il fallait être bien sotte pour ne pas reconnaître le charme du fils Blackwood, avec sa voix profonde, ses gestes qui semblaient parfaitement contrôlés, ses réponses qui sonnaient affreusement réfléchies, et sa dégaine de tombeur. Mais il fallait surtout être bien folle pour céder trop facilement.

Le trentenaire lui accorda un baise-main qui la fit sourire d'autant plus. Ce type de salutations gardait un quelque chose de romanesque qui plaisait toujours et flattait l'égo. On se sentait pousser des airs de grandes dames des siècles passés.

« Bonsoir mademoiselle Fitzgerald, je ne vous ai pas fait attendre, j'espère ?
Absolument pas non. Je ne suis là que depuis quelques secondes, mentit-elle pour ne pas inquiéter l'arrivant.
- Rassurez-moi, vous n'allez pas partir en courant au beau milieu du spectacle ? »

Un rire délicieux franchit les lèvres de la jeune femme ; un rien d'amusement flotta dans sa voix.

« Normalement non ... »

Elle espérait ne pas avoir à fausser compagnie à son invité ce soir. Il ne manquerait plus que le plafond de sa cuisine s'effondre cette fois … Si cela devait advenir, Ysrael traduirait la catastrophe comme le signe d'un dieu qui ne voulait absolument pas la voir passer du temps avec Ezequiel. Ce qui, il fallait bien l'admettre, l'emmerderait au plus au point.

« Je suis sincèrement désolée pour la dernière fois. Elle secoua la tête. J'ai eu un souci avec ma salle-de-bains, je ne pouvais pas me permettre de rester plus longtemps. Mais, si je devais fuir à nouveau, je vous promets de ne pas le faire avant le troisième acte. »

Elle lui accorda un sourire mutin avant de porter son attention vers les portes d'entrées. La plupart des personnes restées dehors pour profiter d'une dernière bouffée de nicotine s'activaient pour retourner à l'intérieur et trouver leur siège. Cette drôle de règle avait toujours étonné l'Américaine qui n'avait connu qu'une époque où la cigarette était autorisée dans les établissements publics. En arrivant à Pallatine, elle s'était redécouvert des poumons. À force de fumer passivement, les siens avaient pris un sacré coup. Le stéréotype des mafieux coinçant continuellement entre leurs lèvres un cigare n'était pas si éloigné de la vérité. Elle avait longtemps été l'une des seules personnes de son entourage à ne pas fumer ; considérant qu'elle n'avait pas besoin de ruiner sa santé et de se couper les cheveux comme les flappers pour se sentir émancipée. Une petite réplique qu'elle s'amusait fréquemment à lancer et qui avait le don de claquer de manière cinglante, comme une gifle verbale savamment portée.

Un rapide regard sur sa montre lui indiqua qu'il était grand temps qu'ils se mettent en route. Il aurait été bien dommage de manquer l'ouverture d'Aïda.

« Y allons-nous ? »

Ysrael prit naturellement les devants, se dirigeant d'une démarche féline vers les larges escaliers de pierre qui conduisaient au bâtiment. Les décorations et le luxe des lieux lui sauta aux yeux dès qu'elle eut franchit les portes. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait, et pourtant, l'effet était toujours le même : elle se sentait minuscule dans ce décor somptueux.

« Je suppose que ce n'est pas la première fois que vous venez ? »

La jeune femme ouvrit d'un geste habile sa pochette et en dégaina les deux billets qu'elle tendit à un jeune homme chargé du placement en salle. Il psalmodia pour lui-même les noms et places inscrites sur les tickets avant d'inviter le duo à le suivre jusqu'à un balcon privé idéalement placé non loin de la scène. Un des nombreux avantages a être relativement bien placée dans la hiérarchie de la diaspora. Ysrael repoussa légèrement les longs rideaux qui faisaient office de porte au carré privé et entra. La vue depuis ce poste d'observation était imprenable. La salle bondée résonnait du bourdonnement grave des voix mêlées du public.

« Vous prendrez quelque chose messieurs-dames ? »

Ysrael détourna ses prunelles de la salle pour les tourner vers le jeune homme qui les avait conduit jusqu'ici.

« Un jack ro … elle s'interrompit, se rappelant que l'opéra ne servait pas son cocktail favori. Une coupe de crémant, pour ma part. Ou une bouteille, si vous prenez la même chose ? demanda-t-elle à Ezequiel. »






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le Lun 26 Sep 2016 - 20:10


Le sourire qu’elle lui accorda l’amusait quelque peu. Elle était magnifique dans cette robe de velours noir, mais elle devait également ressentir le froid mordant de ce début de soirée. Lorsqu’elle lui proposait d’aller prendre place à l’intérieur, il ne refusa évidemment pas. Alors qu’elle passait devant lui, il accompagnait son mouvement de sa main, simplement placée à hauteur de son dos, sans la toucher toutefois.

« Je suppose que ce n'est pas la première fois que vous venez ? »

Il prit une seconde de réflexion, le temps que l’ouvreur ne vérifie les billets tendus par la jeune femme. Ezequiel avait effectivement l’habitude de se rendre à l’opéra, sauf que c’était toujours accompagnait d’une seule et même femme : sa mère. C'était une sorte de rituel qu'ils avaient depuis très longtemps. Une sortie familiale tout d'abord puis, après la disparition de son frère et la mort de son père, ils n'y allaient plus que tous les deux.
Définitivement, il ne pouvait pas donner à Ysrael ce genre de réponse, elle en profiterait très certainement pour se moquer de lui et son image de parfait charmeur en prendrait sans nul doute un coup bien trop difficile à rattraper. Son image reposait en grande partie sur ce point de sa personnalité. L’homme qui tenait maintenant leurs billets les invitait à le suivre et ils s’exécutèrent tout deux, Ezequiel en profitant alors pour répondre.

«En effet, j’ai l’habitude de venir au minimum une fois chaque mois depuis très longtemps. Il n’y a rien qui puisse égaler l'acoustique d’un opéra.»

En voyant le balcon magnifiquement placé, il ne pouvait s’empêcher de se demander qui elle avait bien pu tuer pour obtenir cela. Cette idée lui arracha un nouveau sourire inconscient. Elle était gangster, il le savait et une ancienne membre de la mafia et pourtant, il n’arrivait pas à détester cela chez elle. C’était même presque l’inverse à vrai dire. Lui qui avait connu une vie réglée comme du papier à musique avait l’impression de frôler le danger en sa compagnie et, à vrai dire, il appréciait ce sentiment. Alors qu’il attendait pour qu’elle s’installe pour prendre place à son tour, il acquiesça à sa demande.

«Du crémant, oui, parfait, merci !» Une fois placé, il poursuivait. « Si j’avais su que les gangsters avaient de si bonnes places, j’aurai peut-être changé de diaspora finalement.»

Il lui souriait puis riait même légèrement. Changer de diaspora n’était forcément qu’une blague le concernant. Le choix que les nouveaux arrivants avaient, il ne l’avait jamais eu. Il était né pour vivre et travailler pour l’Institut Svensson et, même si Jeremiah avait fuit sa diaspora et tourné le dos à sa famille, il n’en était pas question pour Ezequiel. La disparition de son frère avait brisé le coeur de ses parents et il était bien trop proche de sa mère pour l’abandonner ainsi.

«D’ailleurs, vous ne vous êtes jamais dit que vous auriez pu recommencer une nouvelle vie dans un autre milieu que celui des truands et meurtriers de votre diaspora actuelle ?» Il se rendait compte, un peu trop tard, que cette phrase pouvait être blessante pour elle et tenta de se rattraper.« Enfin, je veux dire. Vous êtes une femme intelligente et pleine de ressource, pourquoi forcément mettre tout ceci au service des gangsters ?»



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Elle s'est depuis intégrée au mieux à Pallatine, même si certaines vieilles habitudes de son ancienne vie lui restent.

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le Mar 27 Sep 2016 - 19:45
Ezequiel | Ysrael
Quatre actes

La brune s'installa tranquillement dans un fauteuil Louis XV aux coussins rouges, parfaitement accordés au reste du décor. Il lui sembla s'enfoncer dans un confort indéniable qui ne la fit pas regretter une seule seconde d'avoir opté pour le balcon plutôt que pour la salle. Pour le commun des mortels, le coût était assez élevé, l'intimité avait un prix. Mais Ysrael avait su jouer à la perfection de ses relations pour obtenir cette place de rêve idéalement située. Les gangsters étaient partout, même dans un quartier proclamé opportuniste.

« Du crémant, oui, parfait, merci ! »

Ysrael offrit un regard au jeune homme qui les avait amené jusqu'à leur carré pour lui confirmer qu'une bouteille ferait l'affaire. L'employé disparut derrière les rideaux, on entendit ses talonnettes claquer sur le sol de marbre de l'opéra durant quelques secondes encore.

« Si j’avais su que les gangsters avaient de si bonnes places, j’aurai peut-être changé de diaspora finalement.
- Oh il n'est jamais trop tard pour cela ! plaisanta-t-elle. »

Nul doute que le gang se serait targué avec délice de la présence d'un homme comme Ezequiel dans ses rangs. Les Blackwood étaient une famille puissante et connue ; il y avait toujours de la fierté à tirer lorsqu'on éloignait un membre de l'Institut de sa destinée pourtant toute tracée. Le responsable des arrivées à Pallatine aurait été un membre de choix : c'était lui qui décidait du transfert d'une personne. Capone se serait damné pour l'avoir comme allié.

Ysrael suivit des yeux le trentenaire qui s'installait. Elle détailla quelques secondes son costume impeccable, son nœud papillon parfait, avant de détourner ses orbes verts pour les laisser voguer sur les balcons d'en face. Peut-être reconnaîtrait-elle un visage familier ?

« D’ailleurs, vous ne vous êtes jamais dit que vous auriez pu recommencer une nouvelle vie dans un autre milieu que celui des truands et meurtriers de votre diaspora actuelle ? »

L'Américaine se raidit légèrement sur son siège. C'était donc ainsi qu'il la voyait … Une pointe de déception et de révolte lui pinça le cœur. Oh, elle était habituée à entendre les sermons de quidams se croyant supérieurs à elle parce que leurs mains n'étaient pas couvertes de sang. Elle connaissait par cœur les prêches de ces prédicateurs prétentieux qui pensaient la remettre dans le droit chemin. Mais elle ne s'attendait pas à un tel jugement de la part d'Ezequiel.

Peut-être l'homme avait-il senti son désarroi. Il se rattrapa comme il le put.

« Enfin, je veux dire. Vous êtes une femme intelligente et pleine de ressource, pourquoi forcément mettre tout ceci au service des gangsters ? »

Un sourire vaporeux naquit sur les lèvres rouges de la jeune femme. Elle lui accorda un regard en coin.

« Il ne vous est pas venu à l'idée que cette vie me convient parfaitement car elle reflète ce que je suis ? Une truande et une meurtrière. Elle marqua une pause. Je ne suis pas une solitaire, monsieur Blackwood, j'aime mieux vivre parmi mes pairs que m'épuiser à porter un masque pour correspondre aux attentes d'un groupe de personnes qui ne me ressemblent pas. »

Nombreux étaient ceux qui pensaient qu'Ysrael avait été piégée, qu'elle s'était laissée happer bien malgré elle dans la mafia, qu'elle avait été trop aveugle ou trop faible pour résister au chant des sirènes. La vérité, c'était qu'elle avait accepté d'entrer dans ce monde. Elle l'avait choisi. Deux fois, même. Être une gangster était ce qu'elle faisait au mieux. En arrivant à Pallatine, la transférée ne connaissait rien de ce monde ou de son époque. Elle n'avait aucun ami ici, pas même une connaissance. Et un jour un homme vint à sa rencontre pour lui annoncer que le grand Al Capone la voulait dans ses rangs, et qu'il était prêt à oublier qu'elle avait déserté Chicago.
Elle savait bien que c'était d'une ironie comique. Ysrael avait fui le monde de la pègre sur Terre car le piège dans lequel elle s'était laissée prendre se refermait sur elle. Et elle n'avait pas fait cinq pas en femme libre que déjà elle retombait dans la dangereuse mécanique de la machine infernale du crime organisé. C'était triste à en crever de rire.

Le bruit de pas approchant de leur balcon la força à se taire prématurément. Elle n'aimait pas que n'importe qui connaisse la diaspora à laquelle elle appartenait. Un serveur parfaitement guindé passa les rideaux pour déposer sur la petite table d'appoint qui meublait la gauche de la cabine deux flûtes en cristal et un seau contenant une bouteille. Le nouvel arrivant disparut aussi vite qu'il était arrivé.

Ysrael se leva dans un bond pour aller s'occuper des verres. Elle dégoupilla le crémant, versa le précieux liquide dans les contenants et en tendit un à son cavalier.

« Changer de monde n'a pas changé celle que je suis. Elle leva son verre vers Ezequiel. Santé ! »


La brune s'appuya sur la rambarde molletonnée qui délimitait du vide le balcon, faisant ainsi face au trentenaire qui l'accompagnait ce soir. Elle prit une gorgée de bulles avant de planter un regard charmeur dans celui du responsable des arrivées.

« Je vous avoue que votre réflexion m'a un peu déçu. Je m'attendais à ce que vous ajoutiez charmante aux termes intelligente et pleine de ressource. »






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le Lun 3 Oct 2016 - 22:36


En la voyant agir et en l’écoutant lui répondre, Ezequiel se rendait compte qu’il avait blessé la jeune femme. Ce n’était évidemment pas ce qu’il avait voulu. Il préféra la laisser terminer afin de ne pas ajouter encore plus d’impolitesse à ses mots déjà bien assez mal choisis jusque-là.

« Je vous avoue que votre réflexion m'a un peu déçu. Je m'attendais à ce que vous ajoutiez charmante aux termes intelligente et pleine de ressource. »

Il la rejoignait finalement, son verre à la main, ne lâchant pas une seule seconde le regard que l’américaine venait de planter dans le sien.

«Vous savez, on a rarement besoin de rappeler que le soleil brille de mille feux.» Il souriait légèrement en coin, ne se trouvant maintenant qu’à une poignée de centimètres de son interlocutrice. «Les évidences n’ont pas besoin d’être rappelées.»

Il leva ensuite son verre, se délectant du contenu de celui-ci, toujours sans la lâcher du regard. Puis, finalement, il afficha à nouveau un visage plus sérieux.

«Je suis navré si mes mots sur votre diaspora ont pu vous blesser. Je ne souhaitais pas vous manquer de respect. Et puis, vous avez un avantage certain sur moi. Vous avez au moins la certitude de savoir qui vous êtes. J’admire cela chez vous.»


Pour beaucoup, le fils Backwood était un homme respecté et respectable, un atout pour l’Institut et un travailleur acharné pour celle-ci. Mais personne ne, c’était jamais demandé si tout cela était un choix de sa part. Un héritier d’une famille ayant toujours fait partie de la diaspora, cela ne faisait pas de doute qu’il allait suivre leurs traces, bien sûr. Pourtant, Ezequiel pensait parfois que lui laisser le choix n’aurait pas forcément était de trop. Jeremiah avait osé, lui, braver les interdits, s’enfuir de cette prison dorée dans laquelle les deux frères avaient été programmé pour la poursuite de l’excellence Blackwood au sein de l’Institut. En dehors de rechercher son frère pour savoir s’il était toujours en vie et en bonne santé, il espérait intérieurement le retrouver épanouis dans une autre diaspora, prouvant ainsi à tous ceux qui en doutait qu’une vie loin d’un destin tout tracé pût exister, pour n’importe qui et pourquoi pas, même, pour Ezequiel lui-même.

Il détourna finalement le regard d’Ysrael, le posant en contre bas, observant la salle terminer de se remplir.

«Je crois que j’ai perdu l’habitude de penser par moi-même, le travail et ces protocoles ont finis par me faire dire des choses que je n’aurai peut-être même pas pensé par moi-même dans une autre situation.»

Un quart de tour vers elle et Ezequiel se retrouvait de nouveau les yeux faces aux siens.

«Vous êtes magnifique, ce soir comme le reste du temps. Vous avez de très bons goûts, que ce soit en matière de vin ou de musique et sans même avoir à parler de vos tenues qui feraient tomber à la renverse n’importe quel homme de la salle et ferait jalouser toutes leurs compagnes.» Il baissa un instant la tête, riant doucement, presque gêné de ce qu’il venait de dire. «Voilà, ce sont ces mots-là que j’aurai dû prononcer pour commencer.»

Il prit une nouvelle gorgée d’alcool après cela. Tant pi pour les faux-semblants. Après tout, il passait déjà bien trop de temps à devoir se cacher. Ce soir, il avait envie de simplement passer du bon temps avec Ysrael.



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Elle s'est depuis intégrée au mieux à Pallatine, même si certaines vieilles habitudes de son ancienne vie lui restent.

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le Ven 7 Oct 2016 - 3:05
Ezequiel | Ysrael
Quatre actes

Elle avait envie de le charrier, de le titiller légèrement, de voir quelle ruse il utiliserait pour se sortir de cette situation. Ysrael se savait attirante, ce qui la rendait plus dangereuse encore. Elle était une femme fatale. La compagne idéale que les hommes rêvaient d'avoir mais qu'ils ne devaient jamais posséder, pour leur bien. Une vipère. Elle mordait, empoisonnait. Ses attaques étaient rapides comme celles d'une échide.  Il n'y avait rien de plus fourbe qu'une femme sachant sa beauté.

« Vous savez, on a rarement besoin de rappeler que le soleil brille de mille feux. Les évidences n’ont pas besoin d’être rappelées. »

Un rire fluet traversa les lèvres de la trentenaire. Elle profita d'un peu de crémant pour regarder droit devant elle, se soustrayant ainsi ingénieusement au regard magnétique que lui lançait son invité. Il était proche, au point qu'elle pouvait sentir son parfum l'enserrer de ses notes sombres et boisées. Les orbes bleus du jeune homme pesèrent encore quelques secondes sur Ysrael avant qu'il ne se décide enfin à la relâcher.

« Je suis navré si mes mots sur votre diaspora ont pu vous blesser. Je ne souhaitais pas vous manquer de respect. Et puis, vous avez un avantage certain sur moi. Vous avez au moins la certitude de savoir qui vous êtes. J’admire cela chez vous. »

Un sourire vaporeux s'inscrivit sur le visage de la brune. Elle était habituée à être jugée, ne s'en offusquait plus depuis bien des années. Et pourtant, elle s'était sentie touchée lorsqu'Ezequiel avait osé lui énoncer une vérité absolue. Il avait frappé de plein fouet une corde devenue insensible avec le temps. Le fil s'était distordu, légèrement fendillé. Et sans le vouloir, la réponse qu'elle lui avait servi en parfaite machine accoutumée à rétorquer en avait fait de même pour son hôte. Encore une fois, Ysrael avait heurté là où cela faisait mal. Jamais elle ne se serait permise de remettre en question la place qu'occupait le trentenaire au sein de l'Institut Svensson. Son rôle de responsable des arrivées lui allait comme un gant, comme si cette facette de sa vie était parfaitement indissociable du reste de sa personne. En avait-il assez de n'être défini que par son travail ?

« Je crois que j’ai perdu l’habitude de penser par moi-même, le travail et ces protocoles ont finis par me faire dire des choses que je n’aurai peut-être même pas pensé par moi-même dans une autre situation. »

Il avait tout, pourtant. Un nom, un héritage, une situation. Il était beau, il était puissant. Le parfait mélange du vice et de la vertu ; une combinaison savante qui le rendait attractif et inatteignable à la fois. La gangster fronça les sourcils, incapable de comprendre ce qui, dans sa belle vie rangée, lui donnait l'envie de se laisser aller à ces confessions. Ou était-ce justement cette belle vie rangée qui pesait comme un poids sur les épaules du Natif ?
En parfait membre de l'Institut, il avait dû être formaté dès son plus jeune âge pour mieux pouvoir juger les affiliés à d'autres diasporas. Combien de temps avait-il fallu forcer pour le faire entrer dans le moule de Pallatine ? Tout à coup, Ysrael comprenait la fascination qu'avait son invité pour la Terre. Il était attiré par la liberté des hommes et femmes y ayant vécu comme un papillon de nuit vers une lumière brisant les ténèbres.

La comptable se retourna pour mieux observer la salle qui se remplissait. D'un coup d’œil, elle constata que les lumières ne tarderaient plus à s'éteindre pour laisser place aux voix des sopranos et ténors.

« Vous êtes magnifique, ce soir comme le reste du temps. Vous avez de très bons goûts, que ce soit en matière de vin ou de musique et sans même avoir à parler de vos tenues qui feraient tomber à la renverse n’importe quel homme de la salle et ferait jalouser toutes leurs compagnes. Voilà, ce sont ces mots-là que j’aurai dû prononcer pour commencer. »

Son cœur manqua un battement. La brune sentit son rythme cardiaque accélérer soudainement dans sa poitrine. Une douce chaleur enserra son corps, rendant ses jambes cotonneuses. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire ravi qu'elle s'empressa de cacher dans une gorgée de bulles. Elle se sentait comme une jeune demoiselle qui se faisait faire la cour pour la première fois de son existence. Si elle avait été une enfant, Ysrael aurait à coup sûr rougi. Mais elle était trop âgée et trop clairvoyante pour se laisser aller aussi facilement. Elle aimait séduire, voulait le séduire, sachant pertinemment qu'elle n'avait pas grand chose à faire. Elle aurait pu le faire craquer en quelques secondes seulement. Elle pouvait bien nouer ses lèvres aux siennes dans l'instant. Elle n'avait qu'un pas à faire pour se rapprocher de lui et le remercier pour ses compliments d'un baiser sulfureux. Elle en avait sans doute envie, au fond, mais refusait de se l'admettre. Le Don Juan était un tombeur, un coureur de jupons comme elle en avait connu cent. Ces hommes-là ne l'effrayaient pas en général. Elle se perdait dans leur lit, eux se perdaient dans ses bras ; elle disparaissait au petit matin. Mais Ezequiel était différent. Il était une mauvaise idée. Sa lubie qu'elle refrénait. Elle savait que l'approcher signifierait se brûler les doigts. Elle tentait de se persuader qu'elle l'avait uniquement invité pour s'excuser de son comportement de la fois passée. À force d'entendre sa conscience et son inconscient répéter en boucle cette rengaine, peut-être finirait-elle par y croire.

La gangster n'avait jamais pris la peine de revivre quelque chose de fort depuis son arrivée à Pallatine. Sans qu'elle ne le veuille, l'annonce de la mort de Mike l'avait dévasté à un point qu'elle n'aurait jamais pu soupçonner. A Chicago, lorsqu'elle s'imaginait dans dix ou quinze ans, elle s'imaginait seule. Elle avait aimé le Sicilien en sachant que leur relation était vouée à l'échec. Ils s'étaient laissés aller trop de fois à l'infidélité, avaient trop souvent cherché l'attention et la jalousie de l'autre sans jamais réussir à l'obtenir comme ils le souhaitaient. Ils n'auraient jamais pu se marier, la famille Genna ne voulait pas d'une Américaine pour bru ou belle-sœur.

Voulait-elle quelque chose de vrai, de fort ? Ce soir, elle avait envie de sentir les mains d'Ezequiel sur son corps, son souffle sur sa peau. Et pourtant elle ne faisait rien. Elle savait que c'était joué d'avance, perdu d'avance. Ysrael serait une gigantesque tâche noire sur le tableau blanc qu'était la parfaite petite vie d'Ezequiel. Sa simple condition de gangster suffirait à ternir la réputation du responsable des arrivées. Un membre de l'Institut aussi bien placé que lui ne pouvait se permettre de voir son image salie par la responsable financière d'une diaspora mafieuse. Il était déjà suffisamment risqué pour lui d'être aperçu en sa compagnie à l'opéra. Tout le monde la verrait comme un monstre essayant de profiter de sa relation pour obtenir ce qu'elle souhaitait, et par cet intermédiaire, ce que Capone souhaitait.

Cette dernière pensée la refroidit. Elle était nocive aux hommes comme lui. Ysrael resta immobile. Elle ravala ses chimères d'envies et de fantasmes pour se concentrer sur un sujet bien plus réel, bien moins dangereux.

« Nous n'avions pas eu l'occasion de terminer cette discussion la dernière fois. Si vous aimez tant la Terre et son histoire, pourquoi ne pas avoir demandé à y travailler à titre d'agent ? Qu'est-ce qui vous retient à Pallatine ? Pourquoi continuer au poste de responsable des arrivées si vous vous sentez bridé ? Elle rectifia, plutôt … conditionné ? »






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le Lun 7 Nov 2016 - 18:37



« Nous n'avions pas eu l'occasion de terminer cette discussion la dernière fois. Si vous aimez tant la Terre et son histoire, pourquoi ne pas avoir demandé à y travailler à titre d'agent ? Qu'est-ce qui vous retient à Pallatine ? Pourquoi continuer au poste de responsable des arrivées si vous vous sentez bridé ? Elle rectifia, plutôt … conditionné ? »



Il porta son verre à ses lèvres tout en observant à son tour la salle remplie d’hommes et de femmes en tenus de soirée. Ce sujet, une nouvelle fois abordée par Ysrael, le mettait en porte-à-faux face à la jeune femme. S’il ne devait avoir qu’un point faible, c’était sans nul doute celui-là. Est-ce qu’il avait eu tort de dévoiler cette faiblesse devant elle ? Il aurait été facile pour lui de mentir à la gangster, mais à vrai dire, il n’en avait plus la force, pas ce soir en tout cas. De plus, il aimait être sincère avec elle. Elle faisait partie d’une diaspora dangereuse, elle l’était très probablement elle-même, mais en cette soirée qui s’annonçait déjà magnifique, le seul souhait d’Ezequiel était d’être lui même, comme protégé derrière les rideaux du balcon, comme si ces morceaux de tissu le protégeaient de tout jugement de la part des regards qui le fixaient constamment et n’hésiteraient pas à le juger au premier faux pas. Non, ce soir, il allait jouer franc jeu et advienne que pourra.


«Et bien… Comme vous le savez probablement, l’Institut Svensson chez les Blackwood, c’est un peu une histoire de famille. J’ai été élevé pour occuper le poste que j’occupe, tout comme mon frère l’a été pour me seconder à l’époque.» Il ajouta rapidement, comme pour se convaincre lui-même. « Notre enfance n’a pas été triste pour autant, bien au contraire.»


Ezequiel s’efforçait de rester tourné vers la salle, ne voulant pas risquer de croiser le regard de la belle américaine durant son récit.


« J’avais pensé le former à son tour, afin qu’il me succède une fois prêt. Ainsi, j’aurai pu terminer ma carrière sur le terrain, en effet. Car, je ne sais pas si vous le savez, mais les hommes qui sont envoyés sur Terre ne reviennent pas sur Pallatine. C’est une décision importante qu’il faut mûrement réfléchir.»



Ezequiel se demanda l’espace d’un instant s’il avait le droit de divulguer cette information puis ne s’en inquiéta pas plus que cela. A quoi bon une telle nouvelle pourrait lui servir de toute façon. Puis, cette fois, il se tourna vers elle malencontreusement, croisant ses yeux fixement dirigés vers lui. Il n’eut pas le coeur à s’en détacher, mais souriait un peu alors, comme pour cacher l’émotion qui commençait à le submerger.


«Mais mon frère a disparu du jour au lendemain, il y a bien longtemps de ça maintenant. Alors me voilà seul à pouvoir perpétuer le nom des Blackwood dans l’Institut. Notre famille ne compte plus que moi et ma mère et je n’ai pas non plus le coeur de l’abandonner seule ici.» Il soupira un instant et sourit de plus belle. « Voilà, vous connaissez la véritable personne qui se cache derrière le costume.»

Alors qu’il terminait sa phrase, les lumières de la salle commencèrent à s’éteindre.
Il se tourna alors pour indiquer les sièges à Ysrael, glissant naturellement une main dans le dos de la jeune femme, la frôlant juste assez pour indiquer la présence de celle-ci.

« Retournons-nous asseoir, voulez-vous.»


En une seconde, Ezequiel retrouva en partie son rôle de responsable des arrivées, reprenant un peu plus de contenance que durant son monologue.


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Ysrael est une ancienne gangster ayant officié comme experte-comptable pour les Terrible Genna, une puissante famille du crime du Chicago des années 20. Ayant détourné une somme considérable d'argent durant ses années à leurs côtés, et sentant l'étau se refermer sur elle, Ysrael rencontre les agents de Pallatine en 1925. Elle quitte la Terre la même année, peu après le début du déclin de la Famille Genna.

Elle s'est depuis intégrée au mieux à Pallatine, même si certaines vieilles habitudes de son ancienne vie lui restent.

Ysrael est un serpent, une créature vénéneuse et insidieuse qu'il vaut mieux ne pas avoir pour ennemie.
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le Mer 1 Fév 2017 - 1:04
Ezequiel | Ysrael
Quatre actes

Une pente glissante, un terrain dangereux. Ysrael touchait du doigt un sujet que la plupart des hommes ne souhaitaient jamais aborder. D'une part, parce qu'ils n'appréciaient guère de parler d'eux ; et d'autre part parce qu'ils appréciaient d'autant moins que l'on pointe l'un de leurs défauts. Ils étaient souvent trop fiers pour accepter les failles que pouvait comporter leur carapace. Ysrael savait pertinemment que son interlocuteur faisait miroiter l'image parfaite du fils prodige, descendant d'une famille connue, à la carrière parfaite et au sourire ravageur. Mais elle avait vu cette infime partie d'être qu'Ezequiel devait sans doute s'efforcer à refréner au quotidien pour conserver sa réputation.

« Et bien… Comme vous le savez probablement, l’Institut Svensson chez les Blackwood, c’est un peu une histoire de famille. J’ai été élevé pour occuper le poste que j’occupe, tout comme mon frère l’a été pour me seconder à l’époque. Notre enfance n’a pas été triste pour autant, bien au contraire. »

La brune, toujours adossée au balcon, fixait le vague. Le discours du trentenaire lui rappelait étrangement celui qu'elle avait croisé toute sa vie avant Pallatine. Les métiers se transmettaient alors de père en fils, et les écarts étaient rarement acceptés. Encore moins encouragés.

« J’avais pensé le former à son tour, afin qu’il me succède une fois prêt. Ainsi, j’aurai pu terminer ma carrière sur le terrain, en effet. Car, je ne sais pas si vous le savez, mais les hommes qui sont envoyés sur Terre ne reviennent pas sur Pallatine. C’est une décision importante qu’il faut mûrement réfléchir.
- J'imagine bien que le choix ne doit jamais être facile … »

Ysrael n'avait jamais été en possession de cette information jusqu'à présent. Le visage conciliant des deux hommes qui s'étaient chargés de son transfert lui revint en mémoire. Avaient-ils quitté leur famille pour venir s'écraser sur Terre ? La gangster avait toujours ressenti autour d'elle la nostalgie et le mal du pays qui rongeait certains transférés. Elle n'avait jamais imaginé que des agents puissent ressentir l'exact même sentiment, en sens pourtant inverse. Même après cinq années à arpenter les rues de cette cité, la comptable se sentait parfois encore étrangère. Comme une petite arrivante, qui découvrait chaque jour de nouvelles choses, inconsciente de l'étendue du vaste monde qui l'entourait.

La Vipère braqua ses prunelles émeraudes sur le responsable des arrivées alors qu'il se tournait vers elle. Elle sentit, dans son regard, dans son sourire quelque peu pincé, qu'elle venait de heurter des émotions qu'elle n'aurait jamais dû connaître. La brune détourna les yeux, comme gênée d'avoir provoqué cette drôle d'expression sur les traits habituellement impassibles du Natif.

« Mais mon frère a disparu du jour au lendemain, il y a bien longtemps de ça maintenant. Alors me voilà seul à pouvoir perpétuer le nom des Blackwood dans l’Institut. Notre famille ne compte plus que moi et ma mère et je n’ai pas non plus le coeur de l’abandonner seule ici. Un soupir franchit ses lèvres. Voilà, vous connaissez la véritable personne qui se cache derrière le costume. »

La perte d'un frère. Un point commun les rapprochait donc, en dépit de tout. Ysrael s'apprêtait à glisser quelques mots désolés quand les lumières vacillantes de la salle se permirent d'interrompre son envie. Le bruissement nerveux de la foule qui s'installait avec hâte résonna à ses oreilles. La trentenaire se redressa sur ses talons, suivant du regard le geste d'Ezequiel qui l'invitait à prendre place. Elle fit un pas en avant. Son cœur s'emballa soudainement. Elle sentit, à travers le fin velours de sa robe, la chaleur de la main de l'homme dans le bas de son dos, le frôlement de ses doigts contre le tissu de son vêtement. Et, l'espace d'un instant Ysrael se laissa submerger par le sentiment de volupté qui s'insinua dans ses veines.
Mais déjà elle fermait les yeux pour regagner un rien de contenance, faire taire l'idée stupide et agaçante que ce geste avait bien plus de sens que ce qu'il voulait bien laisser présager.

La brune s'installa, les yeux rivés sur la scène alors que le lourd rideau rouge se fendait lentement pour laisser place à l'Aïda. L'ouverture, le prélude. L'envolée si douce de violons dans leurs cordes les plus hautes. Ysrael se sentit repartir huit ans en arrière. Elle revit le décor de la grande salle de l'Auditorium Theatre. Elle se souvint du frisson qui avait parcouru son corps aux premières notes de la mélodie – ce même frisson qui s'était glissé à l'instant le long de son dos pour la faire frémir. De sa main qui touchait celle de Mike à travers le fin tissu de ses gants de satin, presque timide. Et l'arrivée des violoncelles. Leurs notes sombres, graves, puis leur voix mêlée à celle des violons, comme le présage de tout ce que cet opéra serait.

Se penchant légèrement vers Ezequiel, Ysrael approcha ses lèvres de l'oreille du trentenaire. Quelques fractions de secondes s'envolèrent, son souffle glissant contre sa peau. Elle eut un léger clappement de langue, comme incertaine de ce qu'elle allait bien pouvoir lui confesser.

« Je crois que je me satisfais, d'une certaine manière, du fait que vous n'ayez pu partir sur Terre. Nous ne nous serions probablement jamais croisés, si vous aviez laissé la suite à votre frère, susurra-t-elle. »






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