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If you don't kill me, I'm going to have to kill you { Lena - Lucia

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Spoiler:
Ce rp se déroule après le rp Ezequiel - Nettie qui n'a pas encore été rédigé dans sa totalité. Du coup il évoque des événements qui se sont produits mais qui n'ont pas été écrits !


Elle tituba en sortant de l'ascenseur. Le corps parcourut de spasmes incontrôlables, elle avança lentement, vacillante sur ses escarpins aux talons vertigineux. Son être tout entier n'était que tremblements, elle parvint à peine à maitriser ses gestes lorsqu'elle porta ses mains jusqu'à sa tête. Le regard hagard, le visage blême, elle ne voyait plus rien, elle ne voulait plus rien voir. Pourtant ses pas la conduisirent dans cet interminable couloir. Agressée par la lumière blanche de l'endroit, perturbée par le silence étouffé des lieux, elle ne parvenait pas à se calmer. Ses orbes métalliques parcouraient frénétiquement les numéros des portes sans qu'elle puisse les lire, sans qu'elle puisse les discerner. Et les portes se ressemblaient toutes, et elle avait l'impression de ne pas avancer.

Elle ne se souvenait plus. Elle ne se souvenait plus de rien. Ni du numéro, ni de l'endroit, s'il était devant elle ou derrière elle. Et ses jambes semblaient ne plus vouloir la soutenir, tout lui paraissait flou. Elle était pourtant ici pour quelque chose de précis, quelque chose de net, quelque chose qui pourrait soulager la panique terrible qui faisait trembler ses os et sa chair. Mais rien, rien ne lui revenait. Sa respiration s'accéléra, elle se sentit coincée, ici, dans ce couloir, mais aussi à l'intérieur d'elle même. Les murs, trop proches, le sol, trop près, le plafond, trop bas. Sa respiration, trop forte, les lumières agressant sa rétine et le cœur qui battait si fort qu'elle craignait à tout moment qu'il ne s'arrête. La peur, la peur dans ses entrailles qui grandissait et grandissait à chaque instant.

           « Lena... »

Sa voix retentit, trop basse pour qu'elle espère qu'on l'entende, trop forte pour ce couloir fantomatique. Ses dents vinrent dévorer ses lèvres, elle porta ses doigts jusqu'à ses tempes et ses paupières affolées. Elle tenta de respirer calmement mais elle était incapable. Le son d'une porte claqua au loin, elle sursauta, se retourna, mais ne vit personne. Trop loin. Personne pour elle. Alors elle le vit. Juste là, devant ses prunelles. Le sang sur ses mains. Sous ses ongles, coincé dans les lignes de ses paumes, sombre et dégoutant. Jusque sur ses avant bras, maculant sa peau pâle avec implacabilité. Et son regard parcourut son corps. Elle entrouvrit son manteau, étrangement calme. Sa robe, blanche, couverte d'hémoglobine.

La scène lui revint par flashs. Cherchant une issue, un secours, une aide, elle se retourna vers l'autre bout du couloir. Elle voulait la voir. Elle avait besoin d'elle. Elle ne pourrait pas passer ça sans elle.

           « LENA ! »

________________________________

Quelques heures plus tôt.
Nettie se tenait devant la porte, une légère angoisse tordant ses entrailles. Sa main, douce, se posa sur la poignée de la porte pour enclencher le mécanisme et l'ouvrir. L'appartement était dans une pénombre complète, elle n'entendit rien. Il était tard après tout.
Quelle folie de revenir ici après ce qu'elle lui avait fait. Mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle devait récupérer Kleef. Elle était partie si brutalement, laissant le berger allemand derrière elle. Mais elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas le laisser ici. Ce pauvre chien qu'il battait, ce pauvre chien coincé ici comme elle l'avait elle même été. Elle ne pouvait pas se plaindre, elle, elle l'avait choisit. Lui ne pouvait pas partir selon son bon vouloir. Elle n'avait pas prévu de faire une apparition en grande pompe. Il lui suffirait d'appeler le chien, il réagissait toujours à sa voix. Il la suivrait sans hésiter, alors elle partirait.

Nettie fit un pas dans l'entrée, son talon raisonnant sur le sol dans un bruit mat. Une grimace vint déformer son visage tendu. Les lieux lui étaient si familiers, pourtant elle se sentait comme une intrus. Elle l'était, bien entendu, mais la sensation était étrange. L'Irlandaise serra son sac contre elle, évitant ainsi de heurter un quelconque objet posé sur l'un des meubles du hall. Dans un silence qu'elle voulait complet, elle se dirigea vers l'immense pièce de vie regroupant le salon et la cuisine. C'était ici qu'elle aurait le plus de chance de trouver Kleef. Alteo était là, de toute évidence, puisqu'il avait laissé la porte ouverte. Mais l'homme avait le sommeil lourd, elle avait peu de chance de le réveiller. Prenant une inspiration, elle poussa le battant de la porte et pénétra dans la pièce, silencieuse. Son regard fut attiré par la douce lumière de la cuisine. Elle entendit les bruits étouffés avant de voir ce qu'il se passait.
Alteo ne dormait pas.
La mâchoire de Nettie se décrocha littéralement sous le choc de la vision qui s'étalait sous ses yeux.

Alteo était nu.

Nettie se figea, incapable d'esquisser un mouvement. Sa présence passa inaperçue.

Alteo était nu, derrière un autre homme. Lui même nu.

La jeune femme fit un pas, reculant vers la sortie.

Et leurs souffles erratiques, leurs gémissements, leurs râles ne laissaient aucun doute sur ce qu'ils étaient en train de faire.

Elle fit un nouveau pas. La porte claqua derrière elle. Le sursaut qui secoua son corps fut violent. Ils tournèrent la tête vers elle, de concert. Etant dans la pénombre, elle doutait qu'ils puissent la voir d'où elle était.

           « Qui est là ?! » S'exclama Alteo, le souffle rendu court par la passion qu'il avait mise à l'acte.

Nettie était pétrifiée. Choquée. Elle comprenait. Elle comprenait maintenant. La façon qu'il avait eut de la toucher, de la prendre, de la déclarer et de la proclamer comme sienne, comme pour prouver aux yeux du monde qu'il... Qu'il aimait les femmes. Alteo se vêtit précipitamment, remontant le pantalon descendu à ses chevilles. Puis il descendit les quelques marches séparant la cuisine du salon et se stoppa.

           « Nettie... ? » Sa voix était blanche. Dure.

Nettie eut un mouvement de recul, elle vit du coin de l'œil le deuxième homme se rhabiller et quitter la pièce après un mouvement d'Alteo l'encourageant dans ce sens.

           « Qu'est-ce que tu fous chez moi, salope ? »


Elle ne parvint pas à répondre.

           « Qu'est-ce que tu as vu ?!! »

La colère et la peur déformaient ses traits. Elle pouvait lire la honte dans ses prunelles. Elle ne parvint qu'à balbutier une phrase malheureuse.

           « Tu... Tu couches avec... »

Il ne la laissa pas finir, envoyant valser contre le mur le premier objet qui lui tomba sous la main. Il avança vers elle à grands pas alors qu'elle se reculait contre la porte. Elle glissa ses doigts sur la poignée mais il avait déjà fondu sur elle.

           « Tu oses te pointer chez moi, petite pute. Tu sais ce que tu m'as fais, hein, tu sais ce que tu m'as fais ?! »


Il brandit devant ses yeux sa main mutilée, privée des deux doigts qu'elle avait envoyé sous le couperet. Nettie se déroba, rapide, et se précipita à l'autre bout de la pièce, fuyant son emprise malsaine. Mais il n'y avait pas d'autres issues que celle ci et celle de la cuisine, qui était hors de sa portée. Alteo avança vers elle avec la lenteur d'un prédateur, une rage folle vrillant ses prunelles. La jeune femme discerna les rails de cocaïne sur la table. Il prenait, et vu la dose, il prenait plus que d'habitude. Le cœur battant, elle tenta de rassembler ses esprits.

           « Alteo, calme toi, je ne... »

Il éclata d'un rire glacial. Cet homme ne l'avait jamais terrifiée jusqu'alors. Mais en cet instant, en voyant la folie douce qui animait son visage, elle eut peur. Il lui en voulait mortellement pour ce qu'elle avait fait. Jamais, jamais elle n'aurait du revenir ici. Au diable le chien, elle devait partir, et vite. Lui ne semblait pas de cet avis.

           « Me calmer ? Vraiment ? Ce n'est pas si simple, amour, tu m'as bien eu avec tes grands yeux de pétasse. Tu ne repartiras pas d'ici indemne, je réclame compensation. Tu m'as pris mes doigts, je vais te faire payer. »


Nettie recula contre l'accoudoir du canapé alors qu'il marchait à grands pas vers elle. Il se saisit de son visage de sa main valide, le pressant entre ses doigts tremblants de fureur.

           « Je vais te faire payer pour ce que tu as vu. Tu n'as pas intérêt à parler, PERSONNE ne doit savoir ! » Il semblait terrifié à cette idée.

Nettie le repoussa du plat de ses mains, se découvrant une force qu'elle n'aurait pas soupçonné en cet instant. Il était sûrement chamboulé. Alteo était gay. Homosexuel. Et il avait peur qu'elle le révèle. Une porte claqua au loin, sûrement l'autre homme qui était partit.

           « Tu es pathétique... » Siffla Nettie. « Tu ne sais pas ce qui t'attend si tu me fais du mal. »
           « Ce qui m'attend ? Mais Nettie. » Il eut un rire étrange. « Tu penses manquer à quelqu'un peut-être ? Maintenant que tu es revenue, tu vas sagement reprendre ta place, tu étais une bonne couverture ! Une nana comme toi ça fait bien illusion. »

Ce fut au tour de la jeune femme de rire. D'un rire sombre. Elle ne se reconnu pas dans cette effusion.

           « Tu as peur, tu as peur que je révèle à tout le monde qu'Alteo préfère les grands hommes musclés, hein ? »

Le coup partit à la vitesse de l'éclair, comme s'il n'avait pas pu supporter ce qu'elle venait de dire. Il s'écrasa sur sa joue, elle sentit les phalanges sur sa mâchoire, la morsure de ses propres dents sur ses joues, le sang dans sa bouche, la douleur. Puis le sol. Elle souffla violemment pour évacuer la souffrance qui irradiait son visage.

           « Je... » Elle toucha doucement sa lèvre et constata le sang qui macula son doigt. « J'ai visé juste on dirait... Alteo, je ne me rangerais plus à tes côtés. »

Alteo eut un reniflement dédaigneux. Il fit quelques pas vers la table basse, se désintéressant d'elle pendant quelques secondes. La jeune femme évalua les probabilités d'atteindre la porte avant qu'il ne revienne vers elle mais, avant qu'elle ait pu se redresser, il avait pointé le revolver sur son crane. Elle se figea, son sang se glaçant dans ses veines.

           « Tu ne comprends pas, Nettie, je suis sérieux. Si tu ne fais pas ce que je te dis, tu ne repartiras pas d'ici du tout. »


Il y eut un silence. Elle le regarda dans les yeux, tâchant de comprendre le sentiment qui l'animait. Lui, Alteo, la belle gueule, l'homme à femmes. Le rejeton de l'illustre homme de la famille, la figure masculine à son apogée. Lui qui semblait à présent crouler sous ces responsabilités, qui semblait dangereusement vulnérable. Lui qui était homosexuel et qui avait toujours voulu le cacher en se servant des femmes comme d'une couverture, comme d'un masque. Lui qui jouait depuis le début avec elle comme elle s'était joué de lui. Les mains de l'homme tremblaient. La lueur dans ses yeux prouvait qu'il était prêt à mettre en action ses paroles. Tout plutôt que de se déshonorer auprès de sa famille. Un grondement sourd retentit derrière Nettie, brisant le silence tendu qui s'était installé entre eux.

Alteo vit la silhouette sombre du chien se profiler derrière la jeune femme, sa gueule menaçante aux canines découvertes pointée vers lui. Ses babines étaient retroussées sur sa mâchoire impressionnante. Il vint se poster devant Nettie, campé sur ses pattes. Décidé à la protéger de lui. Son maitre.

La jeune femme posa une main tremblante sur le chien, surprise de le voir se placer ainsi devant elle. L'arme d'Alteo oscilla vers le chien avant de se braquer plus fermement sur elle. Une lueur décidée passa dans les yeux d'Alteo.

           « Tu n'as pas l'air d'accord, Nettie. C'est dommage. Le clebs n'est pas assez rapide pour arrêter une balle. »

Nettie serra instinctivement les dents, ravivant la douleur du coup qu'il avait porté à son visage. La main de la jeune femme quitta la fourrure de l'animal qui gronda plus fort. Elle inspira lentement.

           « Attaque. »
Articula-t-elle.

Et l'animal bondit, plus rapide que l'éclair, sur le corps d'Alteo. La musculature de Kleef, propulsée ainsi, fit flancher le jeune homme qui s'écrasa sur le sol. C'était exactement ce qu'avait espéré Nettie, le voir ainsi en position de faiblesse pour reprendre l'avantage.

Mais elle n'avait pas prévu la morsure du chien.

Précise.

Sur la jugulaire.

Mortelle.

Le hurlement d'Alteo fut stoppé par le gargouillis qui sortit de sa bouche à l'instant où le chien planta ses crocs dans son cou.
Le sang gicla violemment.

           « Stop !! » Hurla Nettie. Mais le chien ne s'arrêta pas. « NON !!! »

Le coup de feu partit. Droit dans la tête de l'animal qui s'effondra sur le côté. Mort sur le coup. Sa cervelle fut projetée contre le mur blanc du salon.

Nettie se précipita sur Alteo, pressant ses mains tremblantes sur la gorge du jeune homme. Elle n'avait jamais voulu le tuer, elle n'avait jamais voulu qu'il meure. C'était elle qui avait donné l'ordre au chien, mais pas pour ça, pas comme ça. Pas pour le tuer, non, pas pour le tuer. Ses mains furent envahies par l'hémoglobine bouillonnante, elle tenta de maintenir la plaie fermée en des gestes maladroits. Le chien était mort, il fallait sauver l'homme. Bientôt, sa robe fut maculée de son sang. Elle ne pouvait pas détacher son regard des yeux paniqués de l'Italien qui s'était accroché à son avant bras. Ses yeux. Ses yeux accusateurs, ses yeux vengeurs, ses yeux pleins d'une rage désespérée qui fit couler les larmes sur les joues de la jeune femme.

Et le silence fut tout à coup le seul témoin de ses pleurs.

Elle resta un long moment agenouillée près de lui, les bras posés sur sa poitrine sans vie, puis avança à quatre pattes vers l'animal étendu sur le sol. Les sanglots redoublèrent dans sa poitrine.

           « Pardon... »

Sûrement l'avait il sauvé du coup de feu du jeune homme. Il était mort maintenant. Sans se rendre compte qu'il se sacrifierait pour elle, Kleef avait sauté à la gorge de cet homme qui lui voulait du mal.

Elle ne sut combien de temps elle caressa le dos du chien, irradiant son corps d'une douceur et d'une gratitude extrême. Mais ses mains étaient sèches quand elle se releva, toujours maculées de sang, mais sèches. Elle ne pouvait pas rester là. Si l'autre homme revenait et la trouvait ici...

Elle avait tué un homme...

Elle avait tué.

L'Irlandaise sut alors exactement où aller. Qui aller voir. Pas pour ses conseils, pas pour son expertise. Mais parce qu'elle avait besoin d'elle.
Ses pensées se firent alors extrêmement concises.

Un manteau, long, pour cacher.

Les mains dans les poches.

Pas de rouge au casino, pas de sang au casino.

_______________________________________________

           « LENA ! »

Nettie crispa ses mains sur son manteau, retenant un second appel qui aurait eu le malheur d'avertir des indésirables.

Mais une porte s'ouvrit. Elle se retourna, le soulagement croulant sur ses épaules lorsqu'elle discerna le visage de la jeune femme. Tout au fond du couloir. L'Irlandaise marcha à grande vitesse vers la Russe puis, perdant toute notion de retenue, fondit dans ses bras et éclata en sanglots.



Merci Ysrael ♥️♥️

La fragilité du cristal ne le rend pas faible, elle le rend délicat.

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Le bras gauche replié comme simple appuie tête, gardant suffisamment de distance entre son crâne et le sol, les yeux rivés sur le plafond, sa main droite reposant sur son estomac, suivant le rythme lent de ses respirations. Une nuit bien commune pour Lena qui va, pour changer, passer de longues heures éveillées à laisser ses idées vagabonder dans la chambre du Bling Fallen.

Cette nuit là, elle pensait à elle, à la seule personne qui parvenait à occulter la tristesse qui l’accompagnait chaque jour. Elle voyait son sourire, entendait son rire et sentait son doux parfum. C’était ces détails qui permettaient à Lena de se raccrocher à la réalité, l’empêchant de sombrer un peu plus encore. Mais depuis plusieurs jours, elle s’inquiétait aussi. Entre aujourd’hui et la nuit sur le balcon, les deux jeunes femmes s'étaient recroisées, elles avaient souvent partagé un verre et quelques mots au bar du casino, un peu plus depuis que Lucia avait pris Nettie sous son aile à son tour. Lena était toujours ravie de croiser le regard métallique de la demoiselle. Puis un soir, il y a peut-être deux semaines de ça, elle ne rentra pas. Personne ne savait où elle était, personne n’avait de nouvelle, ni Fred, ni Lucia, ni même Lena. La russe s’inquiétait et avait même dénié franchir les portes du casino pour fouiller le quartier, puis ceux encore autour, jusqu’à finir par faire le tour de l’île. Mais rien, pas un indice, pas une trace de la jeune femme. Lena s’inquiétait, mais pensait au fond d’elle-même que, peut être, Nettie avait retrouvé sa soeur, celle qu’elle était venu rejoindre ici, celle que Nettie cherchait probablement à retrouver en partie en restant proche de Lena. Alors même qu’elle était triste de ne peut être plus recroisé sa nouvelle camarade, elle était aussi heureuse à l’idée de la savoir peut être avec Victoria. Heureuse à l’idée qu’elle était heureuse. Un soupir lui fit malgré tout fermer les yeux. La tristesse de se retrouver à nouveau seule gagnait du terrain.

Un bruit résonna dans le couloir, comme un mot, un simple cri difficilement descriptible. Elle ouvrait les yeux et l’espace d’une seconde, Lena cru entendre son prénom. Impossible, personne ne venait jamais dans les étages et encore moins pour la chercher. Si quelqu’un voulait la joindre, ils appelleraient sur sa ligne directe.

« LENA ! »

La jeune fille, cette fois, se redressa et saisit son arme dans la foulée. Aucun doute, quelqu’un avait prononçait son nom et elle était pratiquement sûre de reconnaître la voix de Nettie. Elle n’eut que quelques secondes pour rejoindre la porte qui menait au couloir et pourtant, elle avait eu le temps de s’imaginer le pire. Elle sortait dans le couloir et, très rapidement, son regard se posa sur elle, planté au milieu du passage, non loin de l’ascenseur, semblant au bord de l’effondrement. L’irlandaise fonça sur Lena et s’écroula dans ses bras. Lena commençait à ressentir la respiration accélérée de son amie, son corps tremblait de toute part, ne reposant bientôt plus que sur la russe pour la maintenir debout. D’un geste rapide, elle se dégagea la main de son arme, la glissant à sa ceinture puis serra Nettie contre elle. Elle ne cherchait pas à la déplacer pour l’instant, tout ce qui importait, c’était de la rassurer. Son emprise se resserrait doucement sur elle, ses bras l’entouraient entièrement, les rapprochant toutes deux au maximum. Lena lui caressait lentement sa chevelure blonde tout en surveillant le bout du couloir malgré tout. Elle ne savait toujours pas ce qui avait pu lui arriver et ne prendrait aucun risque vis-à-vis de ça.

Après de longues secondes, voir quelques minutes, Lena avança leurs deux corps vers l’intérieur de sa chambre. Nettie n’était plus qu’une poupée de chiffon qui suivait les faits et gestes que lui indiquait Lena. Elle n’aimait pas cela, c’était bien là encore une preuve de l’état anormalement fébrile de Nettie.
Lena la fit s’asseoir sur le rebord du lit et retourna rapidement dans le couloir, allant cette fois voir jusqu’au bout de celui-ci, la main portée à la crosse de son arme.
Personne. Une bonne chose au moins.
Elle retourna dans la chambre et verrouilla celle-ci avant de se jeter à genoux devant Nettie. C’est là qu’elle le remarqua. Du sang. Elle ouvrit un peu le manteau de son amie, voyant l’état de sa robe claire. Beaucoup de sang. Beaucoup trop pour que ce soit le sien. Si Nettie avait perdu tout ce sang, elle n’aurait jamais pu tenir jusqu’au casino et pourtant, elle vérifia du regard si une blessure pouvait être remarquée. Rien. La première idée qui traversa alors l’esprit de Lena était de la débarrasser de ce sang. Pour en avoir fait l’expérience, elle savait que cette vision n’aidait en rien à se calmer.

« Il faut que tu prennes une douche ma douce, tu dois te calmer, ça te fera du bien, crois-moi. »

Elle la leva lentement, passant son bras autour de ses épaules, décidé à avancer près de la douche, non loin de là. Mais si l’idée était bonne, Nettie ne voyait pas les choses sous cet angle. A vrai dire, Lena ne savait pas vraiment comment agir avec elle. La jeune femme, toujours sous le choc, se débattait et fut prit d’une nouvelle crise de panique. Très vite, Lena s’écroula sur le sol avec elle. Elles n’avaient fait que quelques pas et il n’était pas question d’aller plus loin. Lena eut alors une autre approche. Saisissant le visage de Nettie entre ses mains, elle plongea son regard dans le sien tout en lui caressant lentement le visage, le dégageant de quelques mèches parfois. Son autre main saisissait par la même occasion l’une des mains tremblantes de Nettie.

« Calme-toi Nettie, tu dois te calmer, il faut que tu reprennes ton souffle. Regarde-moi, ne regarde rien d’autre, tu restes là, avec moi, je ne vais nulle part et tu ne vas nulle part. On restera là autant qu’il le faudra, tu m’entends ? »

Lena tentait au mieux, mais ne savait pas vraiment quoi faire, alors après quelques instants à la fixer ainsi, elle la saisit de nouveau entre ses bras et la serra contre elle, aussi fort que possible, voulant avant tout qu’elle sache qu’elle ne risquait plus rien maintenant et que Lena était là pour elle, comme elle lui avait promis tant de fois avant ça.





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Et même être contre ce corps chaud ne la calmait pas. Les tremblements avaient certes diminué mais l'orage dans son crâne se déchainait avec acharnement. Mais les bras étaient accueillants et l'odeur familière, elle pouvait entendre son cœur battre près de son oreille. Les yeux grands ouverts, incapable de fermer les paupières pour ne serait-ce que quelques secondes, elle fixait avec obstination le chambranle de la porte à sa gauche. Elle discerna une main dans ses cheveux, douce et apaisante, et se concentra sur le toucher rassurant. Lentement, après d'interminables minutes, sa respiration se calma.

Et elle se sentit marcher sans qu'elle ne puisse contrôler quoi que ce soit. L'orage grondait toujours, menace pesante sur son esprit perturbé. Un pas, deux pas, la lumière plus tamisée, la chambre peut-être. Elle ne sentait que les bras autour d'elle, cette chaleur qui lui faisait tant de bien.

Elle plia les genoux à contre cœur et sentit une surface moelleuse sous elle. Un lit probablement. Froid.

Froid.

Elle fut seule tout à coup. Son regard s'anima, cherchant avec frénésie cette présence qui l'avait quittée. Avait-elle rêvé ?

Les bras avaient pourtant été là, autour d'elle, maintenant elle ne sentait plus que le froid. Alors sa respiration s'emballa de nouveau. Elle entoura son crâne de ses deux mains, retenant les flashs qui éclataient dans sa tête. La cervelle sur le mur, les grondements et le coup de feu, le sang...

La porte qui claque, le verrou.

Nettie releva la tête, prenant conscience que ces bruits là étaient bien issus de la réalité. Lena était là, elle était revenue. Elle voulu la serrer contre son cœur mais elle était incapable de bouger.  

Lena, Lena était la seule personne à qui elle avait pensé. Rassurante, calme. Elle avait dit qu'elle pourrait l'aider et... Elle n'avait pas oublié. Mais les mains de la russe se pressèrent sur son manteau, elle découvrit le rouge, partout sur elle. La robe qui collait à sa peau par endroits, recouverte de ce liquide carmin. Nettie se força à ne pas regarder, braquant son regard sur le visage impassible de Lena qui inspectait son corps avec minutie. Leurs regards se rencontrèrent et l'Irlandaise sentit ses larmes couler de plus belle. Elle allait la juger, peut-être la jeter dehors.

             « Il faut que tu prennes une douche ma douce, tu dois te calmer, ça te fera du bien, crois-moi. »


Mais elle ne comprit pas, elle ne voulu pas comprendre. Tout ce sang... C'était trop affreux. Elle fut debout en un clin d'œil, guidée par Lena. L'amenait-elle vers la sortie ? Son corps se crispa instantanément, elle ne voulait pas partir. Les mains de sa comparse se pressèrent sur elle à mesure qu'elle cherchait à reculer vers le lit, son regard affolé cherchant quelque chose auquel elle pourrait s'agripper. Son talon dérapa, elle glissa, sans force, sur le sol. Et les tremblements reprirent, elle ne chercha pas à se relever en sentant ce nouveau flux de panique se déversant dans ses veines. Elle ne comprenait plus ce qu'il se passait, si elle était en danger ou non. Elle se sentait folle, démente, bonne à enfermer. Incapable de laver son esprit de tout ce sang, elle se sentit protester sous quelqu'un.

Des mains sur ses joues, douces. Un contact léger, comme un papillon, qui cajolait sa peau avec tendresse. L'émeraude vint remplacer le rouge lorsqu'elle remarqua les iris de Lena. Nettie serra la main qui s'était glissée contre la sienne. Elle sentait même la respiration de la jeune femme, relativement calme, et tâcha de calquer son rythme sur le sien.

             « Calme-toi Nettie, tu dois te calmer, il faut que tu reprennes ton souffle. Regarde-moi, ne regarde rien d’autre, tu restes là, avec moi, je ne vais nulle part et tu ne vas nulle part. On restera là autant qu’il le faudra, tu m’entends ? »

Elle hocha la tête tout doucement, rassurée à présent, puis se donna le temps de rassembler ses idées. Elle ne craignait rien, ici, Lena était là. Il fallait qu'elle ne reprenne absolument. Mais dès qu'elle baissait les yeux vers sa propre personne, elle voyait le sang et les sanglots menaçaient d'arracher sa gorge.

            « Tout ce rouge... » Dit elle tout bas. « Partout, il faut... L'enlever... »

La poigne de Lena la releva avec fermeté, c'était ce dont elle avait besoin. Un appuis, une prise à laquelle se rapprocher, et bien plus encore. Elle fut consciente cette fois ci qu'elle allait vers la douche. C'était donc là que la russe avait voulu l'emmener la première fois.

            « Ne me laisses pas toute seule. »
Se surprit-elle à murmurer. Pour elle même ou pour Lena, elle ne sut pas vraiment le dire.

La lumière de la salle de bain lui agressa la rétine. Ni l'une ni l'autre ne prit la peine de se déshabiller, elle ne pensa même pas à retirer ses chaussures. Et l'eau glacée s'abattit sur ses épaules, lui arrachant un cri étouffé. Elle demeura quelques secondes statique, sous l'eau, une main pressée contre sa poitrine et l'autre toujours dans la poigne de la Russe. Puis Nettie retira le long manteau qui cachait la robe. Le tissus alla choir dans un coin de la douche, elle n'y prêta plus attention. L'eau avait déjà imbibé le tissus rouge, ses jambes dégoulinaient d'un liquide sombre. Pour la première fois depuis l'accident, l'Irlandaise osa véritablement poser ses prunelles sur le vêtement.
C'était un carnage carmin, un massacre. Elle voyait la chair palpitante, elle sentait la peau en charpie sous ses doigts, réduite en lambeaux, et le sang qui pulsait sous ses mains, puis l'odeur de souffre de l'arme à feu. La flaque, le rouge, le vermeil qui brillait dans la pénombre comme un lac sombre sur le parquet. Nettie frotta ses mains avec acharnement sous l'eau maintenant tiède, griffant ses cuticules, ses paumes et ses poignets, puis, ne supportant plus ce tissus qui collait à sa peau, s'en débarrassa. Elle le jeta rageusement sur le mur, derrière elle, hors de sa vue, puis revint sous l'eau. Elle ferma les yeux, les bras ballants le long de son corps à demi nu, puis se laissa aller sous le jet salvateur. Sa main vint chercher celle de Lena qui, elle le sentait, se tenait encore tout près d'elle. Elle se pencha doucement pour retirer ses escarpins et s'approcha de la russe.

Nettie n'aurait jamais pu faire ça en temps normal. Se blottir dans ses bras, réclamer son attention, se mettre à demi nue devant elle. Ce n'était pas dans sa nature d'être si... à fleur de peau. La fragilité était bien présente chez elle, elle le savait... Mais un tel abandon de retenue... Cela ne lui était jamais arrivé. Le choc était violent, Lena devait se poser des questions quant à son attitude. De peur que ces révélations ne l'éloignent d'elle, Nettie nicha sa tête dans le cou de la jeune femme. Sans ses talons elle était ridiculement petite à côté d'elle.

            « ... Ca va un peu mieux... » Sa gorge lui faisait mal. Elle avait du crier. Elle ne s'en rappelait pas. « Je suis désolée, tellement désolée. Je... J'avais... Je n'ai pu me souvenir que de toi et... Je dois te faire peur... »

Cette fois ci elle ferma les yeux, plissant fort les paupières pour chasser les images qui envahissaient son crâne.

            « Je veux que ça s'arrête... Tout ce sang ! » Elle serra ses doigts si fort qu'elle dut lui faire mal. « Ils sont morts, c'est ma faute... »



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Lena voyait Nettie commencer doucement à retrouver ses esprits et l’aidait alors à se lever. Se débarrasser de tout ce sang la libérera déjà d’une partie du fardeau qui reposait sur ses épaules. Elle le savait bien, elle en avait fait elle-même l’expérience déjà. Même sans savoir d’où venait ce sang, elle pouvait imaginer que ça avait un rapport de prêt ou de loin avec Alteo. Tout ce que Lena espérait alors, c’était que le choc que Nettie venait de subir ne serait pas trop profond et qu’elle se relèverait. Elle l’aiderait en cela, il n’y avait pas de question à se poser là-dessus au moins.

Elles approchaient lentement de la douche, Lena ne lâchant toujours pas son amie, la gardant contre elle.

« Ne me laisses pas toute seule. »

Le coeur de Lena se serra dans sa poitrine. Jamais, pensait-elle, jamais elle ne l’abandonnerait, ni aujourd’hui, ni un autre jour. Elle l’accompagnait jusque sous la douche et ouvrit le jet d’eau qui commençait à retomber en une fine pluie sur les deux jeunes femmes. L’eau était encore froide et toutes deux étaient toujours vêtu de la tête aux pieds, mais elle ne s’en préoccupait pas. Rien d’autre que l’état de Nettie n’importait alors. La main de Lena restait dans la sienne et ses yeux la scrutaient, attentive à chaque changement de comportement. Elle avait peur pour elle, elle ne voulait pas risquer de lui laisser l’opportunité de se blesser, volontairement ou non. Le sang et l’eau avaient commencé à se mêler et à disparaître des vêtements de la jeune irlandaise. Pas assez rapidement à son goût apparemment. Nettie retira rapidement sa robe et la jeta au loin, ne supportant visiblement plus ce rouge qui la couvrait.

En quelques instants alors, Lena la réceptionna de nouveau contre elle, presque nue cette fois, toujours aussi fragile mais vaguement plus éveillée malgré tout. D’un geste approximatif, Lena coupa l’eau et resserra sa prise sur Nettie.

« ... Ca va un peu mieux... Je suis désolée, tellement désolée. Je... J'avais... Je n'ai pu me souvenir que de toi et... Je dois te faire peur... »

Sans vraiment s’en rendre compte, Lena déposa ses lèvres sur le sommet du crâne trempé de Nettie, y déposant de rapides baisers se voulant rassurants. Les doigts de l’irlandaise, alors, se serraient un peu plus autour de ceux de Lena, non sans lui causer une certaine douleur. Mais Lena s’en fichait, elle savait gérer la douleur et elle l’aurait d’autant plus supporté pour garantir la sécurité de Nettie. Puis elle lui lâcha ces mots, ceux que la russe s’attendait inconsciemment à entendre depuis qu’elles s’étaient retrouvées.

« Ils sont morts, c'est ma faute... »

Qui “Ils” ? Alteo et ses hommes ? Qu’avait bien pu faire une Nettie, elle qui semblait si fragile au premier abord. Qu’avaient-ils pu lui faire pour que la situation en arrive là ? Lena ferma les yeux et posa sa tête contre la sienne, frottant lentement sa main contre la peau humide de Nettie. Elle voulait la réchauffer, mais aussi la rassurer. La rassurer, oui, c’était devenue une idée fixe dans l’esprit de Lena, rien d’autre ne comptait ce soir.

« Tu dois te réchauffer, prends ton temps ma douce. Rien ne presse. Laisse moi faire, je m’occupe de toi, ne t’inquiètes pas, tu es en sécurité maintenant. »

Lena la fit sortir de la douche et attrapa le long peignoir blanc du casino qui était accroché sur le mur tout proche. Elle le passa autour de Nettie, l’aidant à l’enfiler et l'emmitoufla alors dans le tissu molletonné avant de la ramener contre elle. Elle frictionna quelque peu les bras de Nettie à travers le peignoir, mais celle-ci semblait toujours aussi fébrile. Elle lui rendit finalement sa main, la glissant dans la sienne, sans même qu’elle ne la réclame. Ce contact rassurait autant Nettie que Lena.
Elles avançaient alors prudemment jusqu’à la chambre, ne voulant pas la brusquer et la gardant toujours contre elle. Le contact des deux jeunes femmes était comme une bouée de sauvetage pour Nettie et la russe le savait. Elle était venue chercher Lena pour ça, pour ce soutien, pour qu’elle l’aide à tenir debout alors que tout pouvait la pousser à s’effondrer. Elle ne s’effondrera pas, pas ici, pas maintenant, Lena était bien décidée à la maintenir à flot et à l’aider à gravir cet obstacle, même sans savoir précisément ce qu’il en était.

Une fois dans la chambre, Lena allongea Nettie sur le lit, replaçant correctement le peignoir sur elle et y ajoutant une couverture par-dessus. Elle s’allongea face à elle ensuite, plaçant son regard face au sien, à quelques centimètres de ses yeux. Leurs deux mains ne se séparaient toujours pas et Lena dégageait de nouveau le visage de l’irlandaise des quelques mèches humides qui s’y était collé par endroit. Sa main glissa finalement sur sa joue puis sur sa nuque. Elle tentait de la rassurer tant bien que mal, restant attentive à chaque mouvement et chaque respiration de son amie. Elle patienta plusieurs minutes, attendant qu’elle soit calmée.

« Je suis là pour toi, tu le sais, tu es venue parce que tu le sais. Je sais aussi que c’est difficile, et que ça va être encore plus difficile maintenant ma belle, mais il faut que tu me racontes ce qui c’est passé. Il faut que tu m’expliques ce qu'il t’est arrivé pour que je puisse t’aider. »




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Nettie eut la sensation d'être une enfant. Une enfant qui sortait de la baignoire, le rire aux lèvres en contemplant sa sœur grelottante près d'elle. Et la gouvernante, Sarah, qui l'enveloppait d'un linge blanc, se saisissait de son corps et la portait près de la fenêtre pour l'abreuver du rare soleil d'Irlande. Les sourires, les caresses, la tendresse d'une mère qui n'était pas la sienne mais qu'elle aimait pourtant bien plus. La friction du tissus sur sa peau, sur son nez, dans ses cheveux, et l'accent Français de la femme qui la cajolait. Et sa sœur, si petite, se rappelait-elle, qui riait aux paroles de la gouvernante. Ses cheveux ébouriffés autour de son crâne, son air mutin et ses yeux gris pétillants. Elle pouvait presque attraper ce lien qu'elle sentait entre elles deux. C'était quelque chose d'immuable. D'impérissable et d'immortel.

Nettie ferma brutalement les paupières, sentant l'étau dans sa poitrine se serrer avec violence. Elle retint la douleur comme une digue retient la tempête, se concentrant sur la douceur de Lena. Lena n'avait rien de Sarah. Tout était différent, ses gestes n'étaient pas ceux d'une mère. C'était trop... intime. Son toucher était sûr, ferme mais tendre, loin de cet amour maternel que lui portait la femme de ses souvenirs. Son regard était franc, ses mots directs. Rassurants, mais pas aveuglants. Lena n'avait rien de Victoria, réalisa la jeune Irlandaise. C'était beaucoup trop complexe. Nettie ouvrit à demi les yeux lorsqu'elle se sentit marcher hors de la chambre. Sa main dans la sienne la rappelait à la réalité, pourtant elle ne voulait pas revenir. Elle força son esprit désormais hagard à se re-concentrer sur son environnement. Son regard se fixa sur leurs deux mains nouées.

La jeune femme se coucha sans aucune résistance, se laissant border. Cela faisait si longtemps que l'on n'avait pas prit soin d'elle de cette façon. Lena ne la repoussait pas, elle tenait sa promesse et c'était la meilleure chose qui lui était arrivée ce soir. Son regard chercha celui de la jeune femme qui s'était allongée près d'elle. L'inquiétude qu'elle y lut la rappela à sa situation, mais elle y trouva encore une fois un grand réconfort. Une compréhension, une acceptation.

             « Je suis là pour toi, tu le sais, tu es venue parce que tu le sais. Je sais aussi que c’est difficile, et que ça va être encore plus difficile maintenant ma belle, mais il faut que tu me racontes ce qui c’est passé. Il faut que tu m’expliques ce qu'il t’est arrivé pour que je puisse t’aider. »

Nettie avala difficilement sa salive. Elle lâcha un long soupir. C'était dur. Les mots ne voulaient pas sortir, trop implacables. Les images revenaient par salves mais cette fois ci elle parvint à se contrôler. S'habituerait elle à les avoir à l'esprit ? Jamais elle ne pourrait les oublier.

             « Alteo...  »

Prononcer ce nom. Un désagréable frisson parcourut son échine.

             « Est... mort. Je ne voulais pas... Il braquait cette arme sur moi et Kleef m'a protégée, il a sauté, mordu. Mais lui aussi il est mort. Le coup de feu qui était pour moi a fini... dans sa tête...  »

Nettie remonta la couverture jusqu'à son nez, le regard dans le vague. Lorsqu'elle avait ordonné au chien d'attaquer, elle avait eu en elle ce profond désir de mort. Elle avait eu si peur, si peur qu'il lui tire cette balle en pleine tête. Malgré la mort de sa sœur, malgré sa solitude, elle était encore accrochée à cette vie. L'ordre qu'elle avait donné au chien et qui l'avait condamné à la mort avait été lancé avec une telle conviction que cela la perturbait. Le sang, la violence l'avait profondément choquée. Mais le plus incroyable était qu'elle avait été capable d'ordonner au chien de tuer. Tuer pour elle.

             « Il... Kleef c'était le berger allemand d'Alteo, j'étais partie le chercher. J'adorais ce chien, il... Il était, enfin, c'était... Je ne voulais pas le tuer, je... Mais... » Sa voix était hachée et ses paroles décousues.

Nettie se rapprocha doucement de Lena. Elle était sur la couverture, étendue près d'elle, son attention braquée droit sur elle. La jeune Irlandaise releva le regard vers elle puis, en rencontrant ses orbes émeraudes, eut un pâle sourire. Elle ne sut quoi dire de plus. Sa main, fraiche, vint caresser la joue de la jeune femme avec douceur.

             « Tu es trempée Lena. Tu n'as même pas pris le temps de te changer en sortant de la douche.  »

Nettie vint se blottir contre elle. Elle sentait son corps à travers la couverture à présent humide.

             « Merci...  »

Elle ferma brutalement les yeux, mordant ses lèvres avec acharnement pour se concentrer sur autre chose que ses sombres pensées. Ces dernières semaines avaient été si dures, elle avait fait une grave en se rendant chez Alteo. Rien ne l'y avait forcé. Cela avait été stupide.

             « Je me sens sale, j'ai... J'ai l'impression que je ne pourrais jamais me laver de tout ce sang. » Elle marqua une légère pause, son regard venant se braquer. « Je n'osais pas revenir, j'ai été absente si longtemps... Lucia, elle me faisait confiance...  »



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Au contact froid de la main sur son visage, Lena ferma les yeux un instant. Elle savait maintenant. Elle savait ce que vivait Nettie, elle comprenait ce qui l’avait mis dans cet état et, pire que tout, elle savait ce que l’on pouvait ressentir lorsque l’on était responsable de la mort de quelqu’un. La principale différence était que Lena avait décidé bien longtemps à l’avance de la façon de tuer John, alors que Nettie n’avait joué que de malchance et de la loyauté de ce pauvre chien qui, en lui étant fidèle, l’avait sauvé en le payant de sa vie.

Un frisson parcourra l’échine de la russe, jusqu’à faire vaciller son corps entier une demi-seconde.

Elle avait froid. Nettie avait raison, elle n’avait pas pris la peine de se changer et l’eau dont regorgeaient ses vêtements commençait à la glacer.
Alors même qu’elle rouvrait les yeux en ayant cette pensée, Nettie se rapprochait d’elle, venant se blottir contre Lena, comme-ci leurs pensées étaient liées, comme-ci Nettie avait su quoi faire, sans qu’aucun mot n’avaient eu à être prononcé. Une simple couverture les séparait alors, mais déjà ce semi-contact lui réchauffait le corps.

Lena passa son bras autour de l’irlandaise, les rapprochant un peu plus encore, puis elle se concentra sur leur respiration et sur le silence qui les avait, une nouvelle fois, mise sous cloche, les séparant du reste du temps.

« Je n'osais pas revenir, j'ai été absente si longtemps... Lucia, elle me faisait confiance... Je ne sais pas quoi faire. J'avais trouvé un travail, elle ne voudra plus de moi. »

Leurs yeux se croisaient à nouveau. Chaque regard échangé avait l’effet d’un aimant qui rencontre le métal. Il ne leur fallait qu’un instant pour se capturer, mais une force considérable pour les séparer. Lena ne détachait plus ses yeux des siens, sa main remontant jusqu’à sa nuque, la frôlant du bout des doigts, hésitant. Pourquoi la russe avait-elle tant besoin de la protéger, et cela, depuis leur première rencontre ? Elle ne se l’expliquait pas. Elle ne voulait pas se l’expliquer. Même dans cette situation désastreuse, elle ne voulait rien d’autre que rester avec elle et la tenir dans ses bras, aussi longtemps qu’il le fallait pour qu’elle retrouve au plus vite son magnifique sourire.

« Je parlerais à Lucia, je lui expliquerais, elle comprendra. »

Lena prononçait ces mots sans en être certaine pourtant. Lucia comprendrait peut-être la légitime défense, mais l’incident de la soirée n’expliquait pas la disparition de Nettie ces dernières semaines. Pourtant, Lena ne posa pas la question, elle se fichait de la réponse. Ce qu’elle savait, c’est qu’elle ne laisserait personne toucher à un seul cheveu de Nettie. Personne. Pas même Lucia. Même si elle avait réussi à porter un semblant de confiance en sa patronne, elle la savait aussi intransigeante en ce qui concerne la trahison.

Elle glissa finalement sa main jusque sur la peau de Nettie, remontant légèrement dans sa chevelure. Lena lui souriait alors doucement, comme pour tenter, une nouvelle fois, de la rassurer. Ce n’était qu’un détail, mais elle savait que parfois, il n’en fallait pas plus pour faire chavirer une situation. Finalement, elle approcha ses lèvres du front de Nettie et y déposa un nouveau baiser, plongeant ensuite son regard dans le sien, une nouvelle fois rapidement happé par celui-ci.

« Il faut que tu t’habilles et que je me change. On va devoir régler cette histoire ce soir, mais je reste avec toi, je ne te lâche plus, d’accord ? » Elle passa une main sur sa joue, un nouveau sourire sur ses lèvres. « Je vais chercher ce qu’il nous faut. Juste là, je ne vais pas loin. Reste là, reste au chaud pour le moment. »

L’index de Lena pointait vers ce qui lui servait de lit. Une couverture à même, le sol et un sac à dos usé posé non loin de là, dans le coin de la chambre. Elle se détacha lentement de Nettie, leurs mains restant unis jusqu’à la dernière seconde.

En quelques grandes enjambées, Lena rejoignait son sac et le vidait sur la couverture. De là, elle sortit quelques affaires, deux t-shirts chiffonnés et deux jeans simples. C’était là à peu prêt tout ce que possédait Lena à vrai dire. Pendant qu’elle regroupait le tout, elle jetait des coups d’oeil régulier vers Nettie. La russe ne prenait pas la peine de cacher son inquiétude, elle qui mettait un point d’honneur en temps normal à camoufler ses émotions.

L’eau dont était couverte Lena commençait à perler sur les affaires et elle se releva alors pour se changer rapidement. Elle retira ses vêtements mouillés et les balançait dans le coin opposé à celui où elle était puis enfilait les habits secs. Seuls ses cheveux verts, reposant contre son haut, continuaient d’humidifier son nouveau t-shirt et y laissait des marques sombres sur le tissu grisâtre.

« Allez ma douce, à ton tour. Je te laisse faire ou tu veux que je t’aide ? »

Elle avait repris quelques forces et retrouvé en partie ses esprits. Lena voulait l’aider, mais ne souhaitait pas paraître déplacé malgré tout. Elles ne se connaissaient finalement pas tant que ça et ce n’était pas le moment de faire une gaffe.





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Nettie laissa son regard glisser sur le corps de Lena alors qu'elle retirait ses vêtements. Elle détailla sans s'en rendre compte la courbure gracieuse de son dos, sa nuque gracile, ses côtes saillantes sous sa peau pâle. La finesse de ses jambes et de sa taille, ses épaules rondes et douces. Son regard discret finit par se détourner lorsqu'il tomba sur sa poitrine, retenue dans un soutient gorge simpliste. Elle prit alors la pleine mesure de l'impudeur et de l'inconvenance de son attention. L'Irlandaise mordit sa lèvre, perturbée par la quasi nudité de son amie. Elle n'avait jamais vu de corps féminin si peu vêtu, excepté celui de sa sœur durant leur enfance. Lena se changeait certes rapidement, mais elle se changeait tout de même sous ses yeux. Et elle avait chaud, sûrement était-ce du à la gêne, cette même gêne qui colorait ses joues d'un rouge soutenu.


           « Allez ma douce, à ton tour. Je te laisse faire ou tu veux que je t’aide ? »

Nettie secoua la tête en signe de négation. Elle repoussa la couverture puis glissa ses pieds hors du lit, dans un mutisme total. Les sourcils froncés, elle se saisit des vêtements que lui tendit Lena puis défit la ceinture maintenant le peignoir de coton qui enveloppait son corps. La jeune femme ne put se retenir de jeter un regard en coin à la Russe lorsqu'elle écarta les pans de tissus, faisant glisser l'habit le long de ses épaules. Ses sous vêtements étaient trempés. Dans un geste lent, la jeune femme dégrafa le fermoir du soutien-gorge dans son dos, puis couvrit sa poitrine encore habillée de dentelle le temps qu'elle n'enfile le t-shirt posé près d'elle. Lorsqu'il fut en place, elle fit glisser les bretelles de satin le long de ses bras et retira lentement la lingerie. Puis elle se leva et passa ses pieds dans les jambes du jean noir, écartant l'idée de retirer sa culotte devant Lena. Elle attacha le bouton sur son ventre, le regard baissé. Elle n'avait pas non plus pu se résoudre à aller se changer dans la salle de bain, c'était peut-être idiot mais elle ne voulait plus la quitter.

Nettie glissa ses doigts dans ses cheveux, les démêlants pour les nouer en une queue de cheval haute. Son regard tomba sur le symbole dessiné à même le t-shirt. Intriguée, elle tira le tissus pour pouvoir le décrypter plus simplement. C'était... Une sorte de chauve souris dans un ovale jaune. L'Irlandaise n'avait aucune idée de ce que cela pouvait vouloir dire. Ce n'était pas dans ses préoccupations actuelles, à vrai dire. Elle se promit de poser la question à Lena un peu plus tard. Pour l'instant, ses pensées étaient tournées vers Lucia. Il lui fallait rassembler ses esprits avant de rencontrer la gérante du Bling Fallen, car elle ne lui fera aucun cadeau. Elle le savait pertinemment. Les histoires sur son implacabilité étaient légendaires entre les employés du casino, elle n'avait pas envie d'être la victime de son courroux.
Mais que pouvait-elle dire de plus que la vérité ? Elle n'allait pas mentir. Si Lucia ne l'acceptait pas, elle ne pourrait rien faire de plus.

A cette pensée, Nettie glissa ses doigts entre ceux de Lena. Elle les tint avec ferveur durant quelques secondes. Cela faisait plusieurs minutes qu'elle n'avait rien dit du tout, sa crise de panique l'ayant particulièrement épuisée. Ses membres se remettaient peu à peu des tremblements qui les avaient ravagés mais son esprit était toujours en alerte. L'idée même de quitter la chambre de la jeune femme la tétanisait. Peut-être avait-on déjà découvert le corps d'Alteo ? Qu'allait raconter l'homme qui était en compagnie de ce dernier ? Il l'avait vue très clairement, on viendrait sûrement la trouver pour lui demander ce qu'il s'était passé. Bien sûr, la situation était à son avantage. Il était presque certain que l'on ne se poserait pas de question quant à la cause de la mort, Alteo avait tant maltraité ce chien qu'il s'était simplement rebellé.

Mais elle avait toujours un doute, une peur sournoise que l'on découvre la vérité.

Après tout, c'était elle qui l'avait tué...

           « ... On peut y aller. » Souffla-t-elle en se levant lentement.

Elle enfila les escarpins avec lesquels elle était venue, lâchant pour quelques secondes la poigne rassurante de Lena. Elle revint cependant rapidement s'en saisir. Toute trace de sourire avait disparu de son visage gracile. Seul demeurait sur ses traits une dureté inhabituelle, une expression décidée qui contredisait la frayeur grondante au fond de ses prunelles.

           « Ne lâches pas ma main. »



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Lena s’efforçait de détourner les yeux de la beauté de son amie, fixant le lit ou détaillant encore les murs de la chambre, cherchant une échappatoire à son regard. Elle ne pouvait se détourner, de peur que Nettie, toujours fébrile, ne prenne cela pour un rejet, elle qui ce soir n’avait besoin que d’une présence à ses côtés. Mais la russe ressentait le besoin de maintenir une distance avec ce que son coeur lui murmurait à l’oreille. Ce n’était pas la première fois que Lena subissait ces émotions, mais elle ne voulait pas, elle ne voulait plus risquer d’être blessée par qui que ce soit. Et puis, Nettie ne l’aimait pas, pas comme cela en tout cas. Comme une amie, certainement, oui et elle ne voulait risquer de perdre ce lien déjà si vital à sa vie.

Son regard se posa finalement sur la dites amie, justement, lorsque celle-ci vint glisser ses doigts entre ceux de Lena, la sortant de ses pensées. Elle avait noué ses cheveux, dégageant ainsi son doux visage si triste en cette soirée. Elle ne pouvait se défaire de cette vision, elle qui aimait tant la voir sourire, elle voulait l’aider à retrouver un esprit en paix et reposé au plus vite. Nettie lui indiqua alors qu’elle était prête à surmonter la suite, même si son regard ne semblant que hurler l’inverse.

« Ne lâches pas ma main. »

Et de nouveau, les doux mots de Nettie percèrent la fine carapace que la russe tentait de placer autour d’elle.

« Je reste là, je te l’ai dit, je ne te lâcherais pas. » Elle glissait son index contre la joue de l’irlandaise, lui souriant tendrement, resserrant légèrement sa prise sur les doigts de la jeune femme. « Mais on ne peut pas partir tout de suite, je dois prévenir Fred pour qu’il vienne nous chercher. »

Lucia était prévoyante, voir même paranoïaque à vrai dire. Les plus hauts étages du Bling Fallen n’étaient accessibles que pour une poignée de privilégiés et, évidemment, Lena n’en faisait pas encore partie. Par chance, les chambres avaient toutes une ligne directe qui permettait de joindre Lucia ou Fred facilement.
Lena s’approchait du fameux combiné high-tech, ne lâchant pas la main de Nettie pour autant, l’entrainant quelque peu dans son sillage. Elle composait le numéro et attendait maintenant. Une tonalité puis une messagerie. Fred ne décrochait pas. Cette seule fois où Lena usait de ce téléphone, la seule fois où elle avait besoin de joindre Fred, il ne décrochait pas. La russe n’allait pas se laisser abattre et recommença l’opération. Une deuxième, une troisième, une quatrième fois. Toujours rien. Elle se tournait un instant vers Nettie, le regard désolé, cherchant quoi faire pour régler ce détail d’organisation.

Puis le téléphone sonna. Sans attendre une seconde sonnerie, Lena décrocha.

« Bon sang Lena, c’est toi qui m’appelles sans arrêt ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

La voix de Fred n’était pas commode et de nombreuses autres résonnaient derrière lui. Il devait être en pleine réunion, mais au diable les convenances, elle avait besoin de son aide.

« C’est une urgence, on doit voir Lucia, maintenant. On doit monter, viens nous chercher s’il te plaît. »

Si la voix de Fred indiquait son agacement, celle de Lena ne laissait pas paraître la peur qui la transcendait dans cette situation. Pourtant, Fred semblait avoir saisi l’importance de cet appel, probablement aussi parce qu’il avait confiance en elle et savait que jamais elle n’aurait insisté ainsi si elle avait pu faire autrement. Il lui indiquait alors qu’il envoyait l’ascenseur à son étage et qu’elle devait se tenir prête à monter en son bord, raccrochant presque aussitôt.

Lena se tourna alors vers Nettie, une fois le combiné déposé de nouveau.

« On doit y aller tout de suite. Je ne te lâche pas, on fait ça ensemble ma douce. »

Elle approcha finalement une dernière fois de ses affaires, ramassant sur le sol son arme laissée là peu de temps avant. Elle hésita en l’observant puis le glissa à sa ceinture en se redressant. Elle déposa finalement un léger baiser sur la tempe de l’irlandaise.

« On peut y aller. »





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Bling Fallen
Argent, pouvoir... Je prendrais tout ce que le monde possède.
Lucia a trois masques principaux.

Pour les gangsters, elle est The French. La redoutable gérante du casino de la diaspora. Avide, retors, teigneuse, cruelle et intelligente, elle a du charisme et sait s'en servir. Elle effraie ceux qui lui sont inférieurs, impressionne ses égaux et fait la fierté d'Al Capone, du moins elle aime à le croire. Elle est un trou noir aspirant tout : pouvoir, argent et l'âme de ses victimes. N'entrez jamais dans sa liste noire, on raconte qu'elle collectionne les doigts de ceux qui ont eu le malheur d'être dessus.

Pour les hommes et les femmes du casino, elle est une mère. Elle est la femme qui les a rééduqué. Qui leur a offert un travail, un logement et de quoi vivre. C'est une figure qu'ils admirent et craignent. Lucia est apprécié surtout car elle ne fait pas que s'occuper de ses employés mais aussi car elle prend en charge leur famille. Travailler pour elle assure un emploi pour les enfants dans le casino et une éducation descente. La trentenaire ne demande que deux choses en échange : une loyauté sans faille et une obéissance absolue.

Pour les habitants de Kinglaugh et tous ceux qui ne la connaissent pas. Elle est une femme généreuse, impliqué dans des œuvres de charités, des événements culturels et des orphelinats. Elle fait régulièrement des dons à toutes les associations pour les jeunes, pour la culture et l'éducation. Elle est vu comme une bienfaitrice par beaucoup.

Mais le vrai visage de Lucia est bien plus noir. Du haut du 50ème étage du casino, de ses yeux rubis, elle fixe les gens cherchant à savoir combien lui rapportera la manipulation de chaque personne. Si elle vous parle, c'est qu'elle cherche le profit que vous lui apporterez. Si elle vous aide, c'est qu'elle sait combien elle gagnera en échange. Si elle a des projets pour vous, ne vous avisez pas de la laisser tomber, une foi engagé, sachez qu'elle déteste les abandons sans excellente raison. Quand vous lui parlez vous remarquerez son énervement ou son ennui aux légers coups qu'elle donne à sa cigarette, mais c'est quand elle regarde et joue avec son verre de cognac double glace, gravés aux symboles du Bling Fallen, que vous savez qu'elle réfléchit très fort à ce que vous dites.

Une dernière chose, ne portez jamais de rouge face à elle. Ses yeux écarlates ne voient plus que cette couleur, rendant tout ce qui est rouge naturellement, invisible à ses yeux. Et si quelqu'un lui apprend que vous portiez cette couleur tant détestée... Vous allez perdre un doigt dans le meilleur des cas.

Lucia vu par Léna :
Dans la vie, on rencontre différents types de personnes. Parmi elles, il y a celles qui vous sauvent et celles qui vous détruisent. Lucia, elle fait partie de ces rares personnes qui sont capables de l’un comme de l’autre. Elle peut être une mère aimante qui redonnera un sens à votre vie, mais aussi ce bourreau qui vous fixera droit dans les yeux, sans sourciller, alors qu’elle vous ôtera cette même vie qu’elle vous avez confié. Car, plus que votre vie, c’est une part de la sienne qu’elle place entre vos mains et qu’elle espère voir protéger aux creux de vos paumes. C’est peut-être pour cette raison alors que toute trahison envers elle se payera en phalange amputée, comme si vos doigts n’étaient que le compte à rebours qui prédisait l’instant de votre mort. Mais ne craignez pas Lucia, car, si aujourd’hui vous êtes ici, c’est qu’elle aura vu en vous une capacité que vous-même n’avez jamais pu déceler. Et si vous êtes capable de l’ignorer et de passer à côté, Lucia, elle, ne gâchera jamais une chance de faire surgir cette personne à qui elle sera fière d’offrir son nom. Cette nouvelle identité est un cadeau qu’elle vous fait, à vous de vous en montrer digne et de lui offrir, en retour, votre entière loyauté, voir même, votre vie, si cela est nécessaire
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-Et moi je te dis, Amandile que tu dois mieux utiliser tes seins ! Une poitrine ça sert à séduire !!!
-La ferme Sandros, si tu veux que les clients perdent plus d’argent alors fais les perdre plus souvent !!
-On doit fonctionner en équipe ! Je te dis où tu dois faire parier le client et tu t’occupes  du reste.
-Je ne suis pas un objet, misérable mysogine, je peux te jurer que je vais te frapper si fort que tu ne sera plus capable de lancer la moindre bille.
-Viens je t’attends, sale petite…
-LA FERME !!!

Lucia frappa du poing sur la table, faisant taire immédiatement Sandros et Amandile. Ces deux-là ne s’entendaient jamais en réunion, causant tout le temps un raffut de tous les diables. Si Fred se contentait d’attendre la fin de leurs disputes avant de parler des sujets importants Lucia était bien trop sur les nerfs pour les laisser continuer de se battre. Fred eut un soupir de soulagement. Sandros fixait l’ancienne princesse de Valachie, Amandile fusillant du regard l’ancien tueur mexicain. Tous deux se détestaient autant qu’ils s’aimaient. Une attirance étrange entre deux êtres qui se jalousaient l’un et l’autre. Un amour étrange, que personne ne comprenaient… Et que les deux protagonistes niaient avec force.

-Bien… Maintenant que vous vous êtes calmés les deux amants…
-Hé !!
-La ferme, donc…
*Bili bili*
-… Donc comme je vous disais, les chiffres du casino sont de nouveau en train de remonter. Nous étions bel et bien *bili bili*dans une simple période creuse. Concernant *bili bili* nos autres services, on doit redoubler de vigilance. Al Capone nous fait part de ses  inquiétudes, on nous surveille de plus en plus et il redoute que ses cadeaux soient ouverts avant qu’il ne puisse les *bili bili* recevoir.

Par cadeaux, Lucia sous entendait tous les produits de contrebande que le casino stockait pour le compte des Gangsters. Armes, drogues,  alcools de synthèse, sujets de recherches, rapports d’espionnage… Tout ce qui pouvait se transporter, se vendre et s’échanger sur le marché noir. Tout ce qui était absolument illégal.

*bili bili*
-Bon Fred, répond ou éteint ton téléphone. Déjà que les deux se sont bouffés durant une heure. Fais vite, j’en ai marre de perdre du temps !!
-Bon sang Léna, c’est toi qui m’appelle sans arrêt ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Il continua de discuter avant de raccrocher, le visage légèrement inquiet.

-Léna a un souci avec quelqu’un, elle doit monter d’urgence apparemment. Je vais lui envoyer l’ascenseur.
-Fred… On est en pleine réunion.
-Sandros, tu sais parfaitement que Léna va un jour diriger ce genre de réunion. Elle n’appelle jamais normalement donc c’est qu’il y a urgence.
-Je ne vais pas revenir dessus, car c’est la décision de Lucia, mais sachez que je désapprouve entièrement ton choix.
-On le sait Amandile, mais ne t’inquiète pas. Je saurais la former et la transformer en la parfaite dirigeante.
-On parle de Boom !! Celle qui bosse au point de se tuer la santé !! J’approuve Amandile, mentalement elle n’est pas prête à gérer ces deux mondes !! Je ne compte plus les fois où j’ai dû la virer des salles car elle semblait sur le point de s’écrouler de sommeil. Une personne qui ne prend pas soin d’elle ne peut pas s’occuper de cet établissement !
-LA FERME !! C’EST MA DECISION ET CELLE-CI VOUS NE LA REMETTEZ PAS EN QUESTION COMPRIS ?! VOUS N’ÊTES PAS D’ACCORD ?! JE M’EN FICHE !!! LENA SERA LA PROCHAINE GERANTE QUE CELA VOUS PLAISE OU NON !! ET SI QUICONQUE SOUHAITE PROFITER DE SON ASCENSION POUR COULER MON HERITAGE… J’ai assuré ses arrières et je vous jure que les malheurs qui s’attaqueront à elle ne seront rien par rapport aux malheurs qui tomberont sur celui qui aura essayé.

Ses yeux rubis brûlaient des flammes de la colère alors qu’elle les posait sur les deux présents, Fred étant parti envoyer l’ascenseur à Léna. Le silence retomba, Sandros et Amandile n’osaient piper mots devant leur patronne.  Ils admiraient et adoraient Lucia, qui les avait tiré de l’enfer dans lequel Pallatine les avait plongés. Ce casino était leur maison, leur patronne leur sainte. Plus que du respect, c’était un amour familial qu’ils ressentaient pour elle. Lucia n’était pas que leur patronne, elle était leur mère. Sa colère était divine, sa voix avait valeur d’ordre. Mais que leur mère ai prévu de laisser sa place… Non… Pour eux c’était impossible. Si Lucia mourrait, le Bling Fallen mourrait aussi. C’était pour eux l’évidence et la prévoyance paranoïaque du fauve aux yeux rouge sonnait pour eux comme le début de la fin… Une fin qu’ils ne voulaient pas voir approcher.

Ils attendirent, le silence régnait. Amandile se tordait les mains, regardant Sandros et Lucia.

-Ma… Madame Hyfilnor ?

Les lumières sanglante tombèrent sur elle, comme les phares d’une voiture sur le pauvre petit lapin blanc. Le ton était tremblant et la perte de l’utilisation du prénom de la personne étaient bien des preuves de la peur que ressentais la rousse.

-Oui, Amandile ?
-Je… Je suis désolée… Je promets de faire des efforts.
-C’est tout ce que je vous demande. Faites l’effort de lui donner une chance. Je vous pardonne car je sais que vous êtes effrayés de la fin possible de notre casino. Mais nous devons être préparé à tous les aspects. Vous aussi, réfléchissez à qui pourrait vous remplacer.
-J’y réfléchirais.
-Je sais que tu prendras la bonne décision Sandros.

Elle eut un sourire alors que la porte s’ouvrit, laissant entrer un Fred choqué, une Léna prudente.. Non Plus que ça. Une Léna armée et portant un visage que Lucia ne s'attendait pas à voir avant longtemps. Une détermination à toutes épreuves. Une force de caractère que Sandros et Amandile voyaient enfin. Mais la voir rentrer ainsi, bien que cela fit sourire la trentenaire, l'inquiétait aussi. Armée dans sa propre maison ? Non... Quelque chose n'allait pas du tout. Et elle vit qui se tenait derrière elle...

Une invitée que Lucia ne s’attendait pas à voir : Nettie. La jeune qui les avaient abandonné était de nouveau dans le bureau. Apeurée, affolée presque. Serrant la main de Léna comme si elle allait tomber sans cette main. Sur le coup elle serra si fort son verre de whisky double glaces aux symboles du Bling Fallen qu’il éclata dans sa main, lui écorchant la paume. Les glaçons tombèrent sur la table d’acajou avec un léger bruit. Amandile se leva tout de suite pour essuyer et aller chercher des bandages, Sandros fixait les jeunes femmes et Fred les poussa devant la table, face à Lucia, avant de s’asseoir en face de Sandros, à la gauche de Lucia.

-… Nettie… Je ne pensais pas te revoir…. Alors ? Quelle est l’excuse à ton abandon ?!

Amandile serra le bandage et se retira légèrement, gardant une zone de sécurité. La colère de Lucia était palpable et elle s’attendait à ce que sa patronne jette un couteau dans la direction des fautives. Une chose était certaine… Il fallait absolument que Nettie mesure ses paroles.

Léna... Lâche Nettie de suite.... Léna.... Tu veux conserver ta main non ?

Sa voix était d'une froideur tel que personne n'en avait jamais connue. Un ordre que Lena devait obéir immédiatement mais qu'elle refusa. La main de Lucia bougea, et un couteau passa juste au dessus des mains jointes des jeunes femmes.

Fred !

Le géant s'approcha pour poser une main sur l'épaule de Léna. Elle allait devoir a lacher ou supplier sa patronne.
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Nettie serra brusquement la main de Lena en voyant le poignard de Lucia passer juste à côté d'elle. Si elle était dans une posture désagréable face à Lucia c'était uniquement de sa faute, elle ne voulait pas lui faire perdre sa place. La tension avait été à son comble lorsqu'elles avaient monté les étages pour rejoindre le bureau de la dirigeante du casino, mais en cet instant elle se sentait étrangement calme. Elle savait ce qu'elle avait à faire, c'était simple.
L'Irlandaise lâcha lentement les doigts de son amie, puis fit un pas de côté. Le visage orné d'un sourire fantomatique, elle pressa l'épaule de la Russe. Pour la rassurer, pour se donner du courage, elle ne savait pas vraiment.

« C'est bon, merci Lena. »

Elle avança, dépassant la silhouette de la jeune femme pour se mettre presque devant elle. Son regard décidé percuta celui de Lucia, qui n'avait pas l'air très commode. La jeune femme savait qu'en venant ici elle devrait assumer ses fautes, tout dire, ne laisser qu'aucune zone d'ombre. Si elle voulait que Lucia l'accepte de nouveau parmi eux, elle n'avait pas d'autres choix. Tout était parfaitement clair dans son esprit.

« Lena n'a rien à voir dans cette histoire Lucia, elle m'a simplement escortée pour que nous puissions discuter. »

Elle maîtrisait du mieux qu'elle pouvait les tremblements de sa voix. Nettie ne voulait pas avoir l'air d'une petite chose fragile en face de ces hommes et femmes de pouvoir. Pourtant elle avait l'air plus vulnérable que jamais, son visage sans le moindre maquillage montrait les signes d'une fatigue impressionnante. Ses yeux étaient encore rougis des larmes qui avaient dévalé ses joues, ses traits étaient tirés. Sa pommette violacée était le témoin du coup qu'elle avait reçu, elle sentait le sang pulser contre sa peau à l'endroit précis où la bague d'Alteo, en la frappant, avait éraflé sa peau. Amincie, affaiblie, mais plus droite que jamais. La tête haute, l'air décidé. Sa vulnérabilité la rendait forte. Lucia pourrait tout lire sur son visage lavé de tout faux semblant, de tout masque.

« Je vous dois des excuses. J'ai disparu, ce n'était pas prévu. J'étais... Chez quelqu'un. »

Elle ne pouvait pas dévoiler l'identité d'Ezequiel. Il avait prit des risques en l'hébergeant chez lui, en lui révélant tout ce qu'elle avait apprit ce soir là.

« Je vous ai parlé de ma sœur jumelle, Victoria, vous vous en souvenez peut-être. Elle était bien à Pallatine. »

Nettie détourna le regard vers la baie vitrée du bureau, l'air profondément lasse. Une tristesse intense s'abattit sur ses traits déjà marqués par l'affliction.

« Elle est morte. »

Et tout était vide sans elle. Le mot roula dans sa bouche, le rendant plus dur que jamais. Son cœur se serra, elle eut envie de vomir. Elle ne put retenir ses gestes, ses mains vinrent couvrir son visage durant plusieurs secondes. Elle avait déjà trop pleuré, trop hurlé, trop haï pour craquer une fois de plus face à Lucia. La jeune femme ne rêvait que d'une chose, s'échapper de ce silence de plomb, dormir, dormir et oublier pour toujours. Mais elle poussa un profond soupir, laissa retomber ses mains et redressa la tête.

« Je suis resté chez la personne qui me l'a annoncé, j'étais incapable de rentrer. Il ne m'aurait pas laissé rentrer de toute façon, vu l'état dans lequel je me trouvais. Ce serait vous mentir de vous dire que j'ai voulu vous prévenir. Après cette nouvelle j'ai tout oublié, je vous ai oubliée, j'ai oublié le casino, mes amis, je ne souhaitais que le silence et le recueillement. Je n'ai aucune autre excuse. »

Nettie fixait la baie vitrée avec acharnement, il était impossible pour elle en cet instant de se confronter au regard des personnes présentes dans la pièce. Sa souffrance était trop visible et palpable pour qu'elle ait l'envie de la transmettre dans un échange de regard.

« Je suis rentrée ce soir. Pour diverses raisons, il a fallut que je me rende dans mon ancien appartement, chez Alteo. Il n'était pas sensé se rendre compte de ma présence, mais j'ai découvert des... choses... Qui m'ont beaucoup surprise et qui ont signalé ma présence. Tout a dérapé, il est rentré dans une fureur noire, il a voulu me tuer... et je l'ai tué. »

Dit comme cela, cela semblait anodin. Son ton plat et monocorde évoquait l'annonce des nouvelles du jour, rien de plus, pas un meurtre, ou un accident. Elle ne voulait plus penser au sang, à la violence et à la mort. Elle en était lasse.

« Je suis directement allée voir Lena après cela. Les détails sont compliqués à exprimer, vous savez tout Lucia... Je répondrais de mes actes, je répondrais à vos questions. Mais je n'ai pas cherché à nuire au casino. Je savais qu'en entrant dans votre établissement je me devais d'être d'une transparence à toute épreuve. J'ai failli à mes engagements, je comprends votre colère. Mais ne blâmez pas Lena, elle n'a pas cherché à mal. Elle n'avait aucune idée des raisons de mon absence... »



Merci Ysrael ♥️♥️

La fragilité du cristal ne le rend pas faible, elle le rend délicat.

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Argent, pouvoir... Je prendrais tout ce que le monde possède.
Lucia a trois masques principaux.

Pour les gangsters, elle est The French. La redoutable gérante du casino de la diaspora. Avide, retors, teigneuse, cruelle et intelligente, elle a du charisme et sait s'en servir. Elle effraie ceux qui lui sont inférieurs, impressionne ses égaux et fait la fierté d'Al Capone, du moins elle aime à le croire. Elle est un trou noir aspirant tout : pouvoir, argent et l'âme de ses victimes. N'entrez jamais dans sa liste noire, on raconte qu'elle collectionne les doigts de ceux qui ont eu le malheur d'être dessus.

Pour les hommes et les femmes du casino, elle est une mère. Elle est la femme qui les a rééduqué. Qui leur a offert un travail, un logement et de quoi vivre. C'est une figure qu'ils admirent et craignent. Lucia est apprécié surtout car elle ne fait pas que s'occuper de ses employés mais aussi car elle prend en charge leur famille. Travailler pour elle assure un emploi pour les enfants dans le casino et une éducation descente. La trentenaire ne demande que deux choses en échange : une loyauté sans faille et une obéissance absolue.

Pour les habitants de Kinglaugh et tous ceux qui ne la connaissent pas. Elle est une femme généreuse, impliqué dans des œuvres de charités, des événements culturels et des orphelinats. Elle fait régulièrement des dons à toutes les associations pour les jeunes, pour la culture et l'éducation. Elle est vu comme une bienfaitrice par beaucoup.

Mais le vrai visage de Lucia est bien plus noir. Du haut du 50ème étage du casino, de ses yeux rubis, elle fixe les gens cherchant à savoir combien lui rapportera la manipulation de chaque personne. Si elle vous parle, c'est qu'elle cherche le profit que vous lui apporterez. Si elle vous aide, c'est qu'elle sait combien elle gagnera en échange. Si elle a des projets pour vous, ne vous avisez pas de la laisser tomber, une foi engagé, sachez qu'elle déteste les abandons sans excellente raison. Quand vous lui parlez vous remarquerez son énervement ou son ennui aux légers coups qu'elle donne à sa cigarette, mais c'est quand elle regarde et joue avec son verre de cognac double glace, gravés aux symboles du Bling Fallen, que vous savez qu'elle réfléchit très fort à ce que vous dites.

Une dernière chose, ne portez jamais de rouge face à elle. Ses yeux écarlates ne voient plus que cette couleur, rendant tout ce qui est rouge naturellement, invisible à ses yeux. Et si quelqu'un lui apprend que vous portiez cette couleur tant détestée... Vous allez perdre un doigt dans le meilleur des cas.

Lucia vu par Léna :
Dans la vie, on rencontre différents types de personnes. Parmi elles, il y a celles qui vous sauvent et celles qui vous détruisent. Lucia, elle fait partie de ces rares personnes qui sont capables de l’un comme de l’autre. Elle peut être une mère aimante qui redonnera un sens à votre vie, mais aussi ce bourreau qui vous fixera droit dans les yeux, sans sourciller, alors qu’elle vous ôtera cette même vie qu’elle vous avez confié. Car, plus que votre vie, c’est une part de la sienne qu’elle place entre vos mains et qu’elle espère voir protéger aux creux de vos paumes. C’est peut-être pour cette raison alors que toute trahison envers elle se payera en phalange amputée, comme si vos doigts n’étaient que le compte à rebours qui prédisait l’instant de votre mort. Mais ne craignez pas Lucia, car, si aujourd’hui vous êtes ici, c’est qu’elle aura vu en vous une capacité que vous-même n’avez jamais pu déceler. Et si vous êtes capable de l’ignorer et de passer à côté, Lucia, elle, ne gâchera jamais une chance de faire surgir cette personne à qui elle sera fière d’offrir son nom. Cette nouvelle identité est un cadeau qu’elle vous fait, à vous de vous en montrer digne et de lui offrir, en retour, votre entière loyauté, voir même, votre vie, si cela est nécessaire
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Si, en annonçant le décès de sa sœur, Nettie avait pensé qu’elle adoucirait le cœur de mère de Lucia… Il n’en était rien. La mort d’un proche ? Elle avait depuis longtemps dépassé le stade de la pitié pour les pauvres victimes. Elle, elle avait perdu deux familles. Elle avait construit sa troisième de ses propres mains. Et elle… La traîtresse, la diablesse blonde, espérait obtenir le pardon pour si peu ? Cela était un simple miracle que la jeune femme n’ait pas été mise dehors dès ses premiers pas dans le casino. Elle aurait voulu l’interrompre, lui faire ravaler l’orgueil qu’elle lui avait servi. Mais elle continua. Elle l’écouta. Le meurtre arriva. Une autre chose qui semblait bien anodine pour la directrice du casino. Quand elle eut fini de parler, Lucia se tourna vers ses acolytes.

-Retournez chez Alteo, l’adresse est sur la liste. Verrouillez l’appartement et ne touchez à rien.

Ils partirent, laissant Lucia et Nettie face à face, Lena à l’écart et surveillée par Fred. Le silence se prolongea, lentement, lourdement. La colère de Lucia était palpable, effrayante. Lucia dévorait, de ses yeux rubis, la pauvre jeune femme qui semblait sur le point de s’écrouler. Elle secouait sa main, ne lâchant pas des yeux sa pauvre petite proie.

-Tu fuis et tu veux te recueillir pour la mort de ta sœur ? Pauvre petite chose… Oui je te comprends. Tu as tué ton ancien amant ? Je te rassure ce n’est pas ta faute. Je te pardonne, tu peux reprendre ta place. Tout va bien.

Elle laissa planer le silence avant d’éclater d’un rire froid. D’un rire venant d’un démon. Le rire s’étouffa presque aussi vite qu’il était né, coupé par le coup de poing de la patronne sur la table.

-Tu pensais que j’allais dire ça ? Hahaha ! Pauvre petite, tu as perdu ta famille ? Bienvenue dans le monde des grands mon enfant. Tu pleures d’avoir perdu ta sœur ? Si triste… Laisse-moi te conter une histoire. Une jeune fille qui vivait heureuse, une famille aimante, un toit et de quoi vivre dans le bonheur et la joie. Merveilleux tableau n’est-ce pas ? Et puis le jour de son cinquième anniversaire, on la kidnappe. On l’amène dans un endroit rempli de crasse et de cris, de rat et de vices. Sujet d’expérience et de plaisir, voilà son nouvel avenir ? Jeune ? Elle avait des clients. Adolescente ? Toujours des gens pour la demander. Elle a appris à tenir face aux drogues, elle a appris à tenir face aux assauts. Morte à l’intérieur. Puis sauvé. Elle s’en est sorti, elle a découvert une nouvelle famille. Un homme l’a épousé. Elle, qui ne voyait plus que le rouge du sang sur ce monde. Et on lui a enlevé de nouveau. D’un froid meurtre. Et alors que le désespoir la saisissait, que la mort lui tendait les bras… Elle a fini dans un monde inconnu. Un monde affreux. Un monde qu’elle a appris à mépriser autant qu’on l’avait méprisé. Un monde qu’elle a appris à dominer, pour que jamais personne ne subisse ce qu’elle a subit.

Elle reprenait son souffle, la colère lui déformant les traits.

-Vois petite enfant. Vois le monde tel qu’il est vraiment ! Le monde voudra toujours ta mort, et les gens autour de toi voudront toujours tirer quelque chose de toi. Je suis l’équilibre. Je suis ta nouvelle mère. En travaillant pour moi, tu portes le nom d’Hyfilnor, et faire ce que tu as fait est une trahison… Et le prix est connu de tous. Avant que je ne te pardonne… Tends tes doigts.
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Le regard soudain électrique de Nettie se posa sur ses propres doigts. Il se reporta sur le visage d'Hyfilnor. Une ombre se porta sur ses traits, chassant toute candeur, toute naïveté de ses yeux. Un silence profondément tendu plana sur la pièce, jusqu'à ce que Nettie claque sa main sur le bureau, dans un grand bruit mat. Comme en réponse au coup de poing de Lucia, tout à l'heure. Elle se pencha vers elle, éprise d'une colère glaciale.

« Allez, prends moi donc un doigt ou deux, si c'est ce que tu cherches. Tu crois que ça me fait peur ? Tu crois que je te respecterais davantage ? »

Son visage se renversa vers l'arrière, dévoilant sa gorge blanche qui fut remuée d'un rire incontrôlable.

« Il n'en est rien. Tu penses me connaître, Lucia ? Je n'ai plus rien à perdre. Tu sembles te targuer d'avoir plus souffert que moi, tu sembles te targuer d'avoir vécu une douleur plus profonde, plus violente, mais tu n'en sais rien. Tu ne sais pas d'où je viens, ce que j'ai traversé, peut-être me penses tu sortie d'un conte où tout est rose et joli ? Ou bien, peut-être le sais tu, après tout, Pallatine livre ses secrets à qui ose les chercher ! Mais tu ne sais pas ce qu'il se passe dans ma tête. »

Nettie plongea ses yeux métalliques dans ceux de Lucia. La fureur brillait dans ses prunelles, elle en avait trop vu pour ce soir. Mais ses mains ne tremblaient plus, elle se fichait bien de mourir si c'était pour défendre sa cause. Lucia pouvait bien prendre ses doigts, mais elle ne pouvait pas dénigrer le deuil, ni sa douleur. C'était trop.

« Je ne suis pas venue ici pour comparer ma souffrance à la tienne. Je n'ai jamais dis avoir une excuse, je t'ai dis la vérité. Quelle sorte de mère punit la vérité, la loyauté, coupe les doigts de ses enfants ? Car je te suis loyale, Lucia. Tu dois savoir que je ne m'engage jamais dans quelque chose que je ne pense pas pouvoir terminer. Comment oses tu te targuer d'être l'équilibre quand tu supprimes ma liberté ? Comment oses tu vouloir mon respect ? »

Nettie se pencha davantage sur la table, rapprochant son visage de la propriétaire du casino.

« Je suis revenue ce soir, pas pour me faire humilier, mais parce qu'ici je me sens chez moi ! Parce que, comme toi, je me suis trouvé un nouveau foyer. Le seul et l'unique, je ne pensais pas être accueillie à bras ouverts, mais... Ton dédain, ta violence, tout ça... Ca me dégoute. »

Nettie fit rouler ses doigts sur le bois de la table, la rapprocha de Lucia.

« Alors vas y, coupe ! Coupe moi la main, les doigts, le bras ! Je m'en fiche, ça n'a plus aucune importance ! On m'a coupé l'âme en deux quand j'ai perdu ma sœur, tu crois qu'un doigt m'importe ? J'ai perdu davantage qu'une famille, j'ai perdu mon âme sœur, mon double, et si tu ne peux pas comprendre le repos que j'ai pris et bien regarde moi maintenant ! »

Elle écarta soudainement les bras, offrant son corps à la merci de son regard.

« Oses me dire que tu aurais pu supporter cet état de nerfs, cette folie qui me trouble actuellement ! Oses me dire que tu supportes la provocation que je te lance tout de suite, maintenant oses me dire que tu aurais pu la supporter durant deux semaines ! Deux semaines durant lesquelles j'aurais pu te cracher au visage, pleurer en plein service, frapper, crier, hurler, ne plus manger et ne plus dormir ! Et n'imagines pas une seule seconde que je me plains ou que j'ai besoin de compassion. Si j'en avais eu besoin de ta part, je serais revenue plus tôt pour me prendre un mur. La seule raison pour laquelle j'ai besoin de toi Lucia, c'est pour être mon mentor. »

Elle laissa un silence prendre possession des lieux, le corps soulevé par sa respiration erratique. Puis, très calmement, elle reposa sa main, les doigts bien écartés.

« Vas y. Je ne plaisante pas. Coupes. Mais saches que mon respect, tu l'as déjà, ma loyauté est fièrement postée devant toi. Je t'offres tout ce que j'ai à offrir parce que je n'ai plus rien à perdre. »



Merci Ysrael ♥️♥️

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Argent, pouvoir... Je prendrais tout ce que le monde possède.
Lucia a trois masques principaux.

Pour les gangsters, elle est The French. La redoutable gérante du casino de la diaspora. Avide, retors, teigneuse, cruelle et intelligente, elle a du charisme et sait s'en servir. Elle effraie ceux qui lui sont inférieurs, impressionne ses égaux et fait la fierté d'Al Capone, du moins elle aime à le croire. Elle est un trou noir aspirant tout : pouvoir, argent et l'âme de ses victimes. N'entrez jamais dans sa liste noire, on raconte qu'elle collectionne les doigts de ceux qui ont eu le malheur d'être dessus.

Pour les hommes et les femmes du casino, elle est une mère. Elle est la femme qui les a rééduqué. Qui leur a offert un travail, un logement et de quoi vivre. C'est une figure qu'ils admirent et craignent. Lucia est apprécié surtout car elle ne fait pas que s'occuper de ses employés mais aussi car elle prend en charge leur famille. Travailler pour elle assure un emploi pour les enfants dans le casino et une éducation descente. La trentenaire ne demande que deux choses en échange : une loyauté sans faille et une obéissance absolue.

Pour les habitants de Kinglaugh et tous ceux qui ne la connaissent pas. Elle est une femme généreuse, impliqué dans des œuvres de charités, des événements culturels et des orphelinats. Elle fait régulièrement des dons à toutes les associations pour les jeunes, pour la culture et l'éducation. Elle est vu comme une bienfaitrice par beaucoup.

Mais le vrai visage de Lucia est bien plus noir. Du haut du 50ème étage du casino, de ses yeux rubis, elle fixe les gens cherchant à savoir combien lui rapportera la manipulation de chaque personne. Si elle vous parle, c'est qu'elle cherche le profit que vous lui apporterez. Si elle vous aide, c'est qu'elle sait combien elle gagnera en échange. Si elle a des projets pour vous, ne vous avisez pas de la laisser tomber, une foi engagé, sachez qu'elle déteste les abandons sans excellente raison. Quand vous lui parlez vous remarquerez son énervement ou son ennui aux légers coups qu'elle donne à sa cigarette, mais c'est quand elle regarde et joue avec son verre de cognac double glace, gravés aux symboles du Bling Fallen, que vous savez qu'elle réfléchit très fort à ce que vous dites.

Une dernière chose, ne portez jamais de rouge face à elle. Ses yeux écarlates ne voient plus que cette couleur, rendant tout ce qui est rouge naturellement, invisible à ses yeux. Et si quelqu'un lui apprend que vous portiez cette couleur tant détestée... Vous allez perdre un doigt dans le meilleur des cas.

Lucia vu par Léna :
Dans la vie, on rencontre différents types de personnes. Parmi elles, il y a celles qui vous sauvent et celles qui vous détruisent. Lucia, elle fait partie de ces rares personnes qui sont capables de l’un comme de l’autre. Elle peut être une mère aimante qui redonnera un sens à votre vie, mais aussi ce bourreau qui vous fixera droit dans les yeux, sans sourciller, alors qu’elle vous ôtera cette même vie qu’elle vous avez confié. Car, plus que votre vie, c’est une part de la sienne qu’elle place entre vos mains et qu’elle espère voir protéger aux creux de vos paumes. C’est peut-être pour cette raison alors que toute trahison envers elle se payera en phalange amputée, comme si vos doigts n’étaient que le compte à rebours qui prédisait l’instant de votre mort. Mais ne craignez pas Lucia, car, si aujourd’hui vous êtes ici, c’est qu’elle aura vu en vous une capacité que vous-même n’avez jamais pu déceler. Et si vous êtes capable de l’ignorer et de passer à côté, Lucia, elle, ne gâchera jamais une chance de faire surgir cette personne à qui elle sera fière d’offrir son nom. Cette nouvelle identité est un cadeau qu’elle vous fait, à vous de vous en montrer digne et de lui offrir, en retour, votre entière loyauté, voir même, votre vie, si cela est nécessaire
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Elle parlait et Lucia écoutait. Elle aussi était en colère, une colère suprême, et une colère que même The French comprenait. Oui, elle venait de prononcer les derniers mots qu’il fallait : elle n’avait plus rien à perdre… Enfin presque. Lucia se leva et sorti son couteau rituel, celui qu’elle utilisait pour découper les doigts de ceux qui avaient trahis la famille.
Un couteau en acier de damas 30 couches, à manche en bois et or. Une arme parfaite pour fendre d’un coup rapide la chair et les os, les rayures sur la lame semblant s’abreuver du sang de sa victime. Alors qu’elle fixait la jeune femme, Lucia abattit le couteau avec célérité et la lame traversa l’obstacle comme s’il n’était qu’une feuille de papier. Mais il n’eut aucuns cris, aucuns pleurs, à part le cri de frayeur qui échappa à Léna. Mais… Le sang n’avait pas coulé, le couteau figé entre deux doigts.
Lucia observait encore Nettie, avec une froideur sans nom, sa voix semblait venir d’outre-tombe.

-Quelle sorte de mère coupe les doigts de ses enfants ? Nettie… Tu as mal compris le deal que je t’ai proposé. Quand j’offre une vie à un employé… Il prend une partie de la mienne. La trahison n’est pas seulement ma mort, mais celle de la famille complète. Je ne veux pas de ton respect, car il m’est acquit. Ta liberté doit être comprise dans l’équilibre ? Qui en a décidé ? Tu veux rentrer dans un foyer que tu as abandonné et j’aurais dû te faire entrer à bras ouvert ? Qui en a décidé ?

La patronne se leva pour attraper la femme qui avait une tête de moins qu’elle au menton, ses yeux rubis brûlant d’une fureur sans nom.

-Ma compassion ? Tu te l’es refusée en nous abandonnant ! Tu serais venu nous en parler, je t’aurais offert le repos que tu avais besoin. Car si j’exige que mes employés suivent mes ordres, je prends soin des vies qui me sont confiées. La vie est précieuse et je suis celle qui le sait plus que tous. Tu nous as abandonné par pur égoïsme. Et cela est ton péché que tu devras porter car… Ta force de caractère a sauvé tes doigts.

La patronne laissa le feu mourir doucement, retrouvant un masque glacial, alors qu’elle se dirigeait vers Léna, toujours bloqué par Fred. La lame de son couteau effleurait la joue de son apprentie, manquant de la couper. Elle posa ses lèvres sur le front de la russe, s’amusant de son léger trouble.

-Ma douce Léna… Tu veux protéger cette fille qui a trahi notre famille… Ton intention est louable mais tout dépendra d’elle à présent, car elle n’a plus le droit à l’erreur.

De la pointe de son couteau elle entailla la paume de son apprentie, une blessure qui cicatrisera très rapidement, mais qui permit à la française de récolter un peu de sang. La lame rougit, elle se tourna vers la traitresse, léchant la lame et récoltant le fluide carmin.

-Nettie, tu es de nouveau acceptée dans la famille, je te confie de nouveau ma vie et celle de mes employés, en échange de la tienne. Mais sache que je vais t’apprendre que tout le monde à quelque chose à perdre… Et c’est pour cela, qu’à chaque erreur que tu feras, une phalange tombera… Mais pas une des tiennes, une des siennes.

Sa lame se tournait de nouveau vers Léna, un sourire froid glissant sur ses lèvres. Rien à perdre ? Non… On a toujours quelque chose à perdre.
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